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When the past comes to haunt you - Sharona

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# When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mer 20 Juil - 22:58 par Kassandra M. Garcia-Brown


❝When the past comes to haunt you.❞
Sharona & Kassandra
Treize heures, c'est l'heure qu'affichait le portable de Kassandra lorsqu'il s'éclaira quand elle appuya sur son bouton pour y lire l'heure.  La jeune femme avait encore un peu de mal avec le décalage horaire, mais elle commençait à s'y faire tout doucement. Bientôt, son service allait commencer, c'est pourquoi elle passa directement par la salle de bain où elle se prépara à prendre une bonne douche matinale. Sous la douche, elle avait laissé couler l'eau sur elle se remémorant un tas de souvenir dont elle avait rêvé la nuit dernière. Mais le plus perturbant pour elle, c'était que dans son rêve elle était enceinte de l'enfant qu'elle avait avorté avant son arrivée à Londres.  

Pas le temps de se morfondre, Kassie enfila un jeans troué ainsi qu'un débardeur puis elle avait pris soin de ce maquiller et de ce coiffer. Aujourd'hui était une bonne journée, du moins, c'est ce qu'elle s'était dit. C'était calme, vraiment trop calme et malgré la télévision, Kassandra s'ennuyait et elle prenait soin d'explorer à nouveaux chaque mètre carré de son nouveau chez soi. Elle s'arrêta devant une photo d'elle et de sa petite sœur, Sharona.  Parfois, elle avait des regrets sur ses choix et sur sa fuite sans donner de nouvelles. STOP. Il ne faut pas se laisser prendre par les sentiments, la jeune femme baissa alors le cadre, pour ne plus voir la photo.

Attrapant ses clés, Kassandra sortit alors de chez elle et vu qu'il faisait beau, peut-être même qu'elle aurait du monde à servir. Son boulot, elle l'aimait beaucoup bien qu'avant elle avait été jetée parce qu'elle buvait beaucoup trop, mais ça c'était avant ! Elle était repartie sûr de bonnes bases, une nouvelle vie qui serait sans enfants non voulu, hommes ni même d'ennuis en général. En voiture, c'était ainsi qu'elle s'était rendue au travail, et dans les embouteillages, elle en avait profiter pour pousser la chansonnette derrière son volant. En arrivant à destination , elle poussa la porte du lieu où elle allait passer le restant de sa journée et afficha un sourire et salua même quelques clients qui étaient déjà présents.

Elle ne mit pas bien longtemps avant de se lancer dans sa journée, elle était souriante et dynamique qu'il soit dix-huit heures ou minuit, Kassandra répondrait présente  toute souriante. Elle devait avoir servis plusieurs clients et c'était alors installée derrière le comptoir  et avait commencé à laver des verres utilisés en attendant  qu'un client se manifeste pour qu'elle puisse le servir à son tour.


© Pando
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Jeu 28 Juil - 22:11 par Sharona K. García-Brown
Jeudi 7 juillet 2016

Phil est mort. Ca fait quelques jours que c'est la seule pensée cohérente qui occupe mon esprit. Je fais tout par automatisme, comme un robot sans émotion. Je crois que c'est la seule façon que j'ai trouvée d'encaisser ça. Betty et Marlon sont inquiets, j'en suis consciente. Tristes, aussi, mais inquiets pour moi, et j'aime pas les voir se faire du souci pour moi, mais en même temps, je vois pas ce que je peux faire pour les rassurer. Phil est mort, et je sais pas comment accepter ça. Comment faire pour avancer sans lui. Je crois que je me raccrochais beaucoup trop à notre amitié, en fait, beaucoup plus que ce que je pensais. Je crois que je suis pas prête à affronter ma vie minable toute seule, sans qu'il soit là pour m'affirmer que les choses vont s'arranger, sans ses photos intempestives et mes répétitions inlassables de "je suis pas mannequin, arrête". Aujourd'hui, je regrette de lui avoir demandé d'arrêter, parce qu'il me prendra plus jamais en photo. Son coeur s'est arrêté, et le mien s'est encore gelé un peu plus. Je le savais bien, pourtant, hein ? Que tous ceux auxquels on s'attache finissent par nous quitter. C'est pas comme si j'avais pas déjà expérimenté ça.

Aujourd'hui, je me suis retrouvée à l'enterrement. Face à Seth, à qui j'ai dit je sais plus trop quelles horreurs... Un peu tout ce qui me passait par la tête. Sur le coup, j'ai réellement pensé qu'il avait pas le droit d'être là, après l'avoir jeté comme il l'a fait. Pourtant j'ai aucun droit de lui dire ça, et je suis sûre que Phil est ravi de l'avoir vu venir, de là où il est à présent. Au contraire, qu'il soit venu prouve qu'il tenait au moins un peu à mon tatoué de meilleur ami, et j'aurais sans doute dû comprendre ça. Mais je suis pas capable d'être aussi rationnelle pour l'instant. J'ai trop mal, c'est encore beaucoup  trop frais.

C'est vers Howard que j'ai dirigé ceux qui devaient organiser tout ça. Ginger, la femme qui l'a pour ainsi dire élevé à la mort de sa mère, et Logan, son demi-frère - j'aurais jamais cru le revoir dans ces circonstances-là, ce type - ont tout pris en charge, mais j'ai un peu insisté pour que ça soit la famille Taylor qui soit mandatée. Parce que ce sont les seuls que je connais, que je fais confiance à Howard pour que tout se passe bien, et puis parce que Logan a les moyens. J'ai revu mon pote de lecture dans des circonstances bien moins joyeuses que nos commentaires shakespeariens habituels. Et au final, ça non plus, je sais pas comment le gérer. Peut-être que c'est pour ça, aussi, que je me terre derrière un masque de marbre. Peut-être que je n'ai pas envie qu'il s'apitoie sur mon sort. Peut-être aussi que, quelque part, je me dis que je ne dois pas trop m'attacher à lui, parce que lui aussi va partir, un jour. Et ce jour-là aussi, ça me fera un mal de chien.

J'en ai pas beaucoup parlé à Rhiannon, ni à Lukas, ni à personne d'autre. Juste donné les grandes lignes, un peu comme au boulot, pour expliquer que j'irai pas bosser aujourd'hui. Il y avait pas grand monde à l'enterrement, mais j'ai vu Nate, qui m'a succinctement présenté ses condoléances, et ça s'est arrêté là. Il y avait la fille de l'incendie, aussi, et je me rends compte que j'ignorais qu'ils se connaissaient. Et puis quelques autres visages inconnus, sans doute de nouveaux collègues, et les gens du diner... et puis ça a été tout, et une part de moi aurait bien voulu prononcer quelques mots. Mais j'en ai pas eu la force. Logan a croisé mon regard, se demandant sans doute si je voulais approcher, mais j'ai secoué la tête, derrière mes lunettes noires, avant de baisser le visage vers mes chaussures. Intérieurement, je lui ai dit tout ce que je pouvais lui dire de beau, j'ai pensé à tellement de moments drôles, ou émouvants, qu'on a eus ensemble, mais y a pas un mot qui a réussi à s'échapper de ma gorge. Et je suis partie toute seule, après tout le monde, après être restée au cimetière je sais pas combien de temps, à regarder la pierre, même après que Howard a pris congé. Je suis restée là, les bras croisés sous la poitrine, presque en espérant revoir son sourire et ses tatouages en face de moi. Jusqu'à ce que je me sente vide et glacée, et j'ai tourné les talons, prête à rentrer chez moi et me terrer dans ma chambre.

Mais j'ai promis à Rhi' de pas rentrer seule, j'ai promis à Lukas de passer par son bar, je suppose qu'il m'a demandé ça parce que lui aussi, il s'inquiète, et je suis pas du genre à pas tenir mes promesses. J'ai pas spécialement envie de me montrer dans son bar comme ça, mais mon apparence importe peu. C'est juste que je risque clairement de coller mon poing dans la gueule du premier qui me ferait chier, et j'ai pas envie de foutre le bordel dans son bar quoi... J'ai promis, pourtant, et j'ai pris le bus pour redescendre en centre ville et pousser la porte du Starfly. J'ai retiré mes lunettes noires, dévoilant mes yeux gonflés, me promettant d'envoyer bouler le premier qui ferait un commentaire à ce sujet. Et je fais le tour de la salle du regard, m'accoutumant tant bien que mal à la pénombre tranchant avec la clarté du jour estival, à la recherche de mon proprio, mais c'est sur la silhouette d'une brunette que je m'attarde, et je reste paralysée comme l'information se fraie un passage jusqu'à mon cerveau.

Cette silhouette, je la reconnaitrais entre mille. Cette chevelure de jais, j'en connais la texture par coeur, j'y ai plongé mes doigts des heures durant, quand j'étais petite. Elle a pas encore levé le regard sur moi, mais si je savais peindre, je reproduirais sans peine la forme de ses prunelles sombres, je sais leur éclat malicieux parfois, la flamme ardente qui y brûle lorsqu'elle est en colère, l'étincelle qui y brille lorsqu'elle est heureuse.

« Kassie... »

Et comme ma voix résonne à mes propres oreilles, murmure rauque submergé par l'émotion et la surprise, je ne me reconnais pas, et je ne parviens pas à y croire. C'est impossible, elle ne peut pas être là. Elle ne peut pas se trouver dans ce bar, dans cette ville, dans ce pays. Pourtant la petite fille au fond de moi n'a qu'une envie, se jeter dans ses bras et lâcher prise, enfin. Et malgré ça, je ne bouge plus d'un poil, la bouche entrouverte, le regard rivé sur elle, incapable d'un mot de plus, ni du moindre geste.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Lun 1 Aoû - 22:09 par Kassandra M. Garcia-Brown
J’aime mon travail,  je l’aime par-dessus tout, le contact humain me plaisait énormément. D’ailleurs sans ce métier je n’aurais jamais rencontré mon ex et je n’aurais jamais été enceinte de lui. Enfin bon, c’est du passé. Je ne suis pas du genre tombeuse, ni même du genre à me taper tout le monde bien que lorsque les gens me voyaient ils avaient cette impression. Quand je sers mes clients avec un verre d’alcool, je fixe le verre repensant alors aux nombreuses  fois où je finissais saoule au point de dormir sur le pas de ma porte.  En tout cas, l’alcool est à consommer avec modération.

Si je buvais, c’était de sa faute, je noyais la peine de ma rupture et de mon avortement dans de jolis verres alcoolisés. C’était mon choix l’avortement, mais la rupture, en aucun cas je voulais…J’étais vraiment amoureuse de lui. Je n’avais plus personne, plus rien j’étais détruite. Aujourd’hui, me voilà à Londres, un nouveau job, une nouvelle vie. J’ai commis énormément d’erreurs dans ma vie et certaines que je regrette profondément. Si j’avais le pouvoir de les réparer je le ferais.

Quand je me trouve sans client à servir, je parcours alors la salle du regard, il y a des familles qui discutent devant un verre, des amis qui prennent du bon temps et d’autres personnes. Une famille, qu’est-ce que j’aimerais en avoir une, mais je les ai abandonnés lâchement. Mes parents à la limite, je m’en bassinais, mais ma petite sœur… J’ai toujours eu un pincement au cœur lorsque je repensais à elle. Sharona m’a appris énormément de choses, plus que mes propres parents, elle m’a d’abord appris à aimer quelqu’un plus fort que tout au monde, à être protectrice, à l’écoute, être de bons conseils et surtout à être gentille.

Je termine de servir une table déposant alors leur verre devant chaque personne avant de m’en éloigner. Mais dans ma course, quelqu’un prononce alors mon surnom, Kassie. Je n’ai pas l’habitude que l’on m’appelle comme ça, c’est pourquoi sur mon visage mes sourcils se sont alors froncés. La voix était féminine et douce, je  tourne alors  la tête déposant mon regard sur le visage de la jeune femme. Rond, cet ainsi que sont devenu mes yeux face à la personne devant moi. Mon petit monstre, c’était elle, ma petite sœur. Je tourne alors mon corps entier en sa direction.


«  Sharona… »

En la voyant je ressens un tas de sentiments, mais le plus manifestant était  la culpabilité. Je m’en voulais un peu plus qu’avant de l’avoir laissée…Mais je ne comprends pas vraiment ce qu’elle fait là, un tas de questions et de réflexion tournoient alors dans mon esprit. Je dépose alors mon plateau j’hésitai un court instant, mais je me risquai de la prendre dans mes bras pour la serrer très doucement. J’avais tellement mal vécu le fait qu’on me l’ait arrachée. J’ai dû surmonter un tas d’épreuves sans elle et chaque soir, je me revoyais pleurer silencieusement pour ne pas que nos parents me surprennent. Elle était tellement belle et semblait avoir bien évolué, mais je n’ai pas été là pour la voir devenir la femme qu’elle est.

« Je suis désolée… »

Ce sont les seuls mots que j’ai pu laisser sortir de ma bouche, je ne pouvais pas juste la retrouver comme cela et me mettre à lui faire la conversation comme si de rien était. J’étais sincère et cela se ressentait dans le ton de ma voix. Croyez-moi, si je pouvais changer les choses, je le ferais sans hésiter.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Jeu 4 Aoû - 6:49 par Sharona K. García-Brown
Je peux pas le croire. Je peux pas croire qu'elle soit là. Pas ici, à Londres, si loin du Texas et sans aucun indice préalable. J'ai rêvé des millions de fois ce retrouver ma soeur, de retourner la voir, là-bas, où qu'elle puisse se trouver, mais je crois bien que je n'ai jamais imaginé que je tomberais sur elle, par hasard, à Londres, dans le bar de mon proprio. Je sais pas si ma voix donne l'air que je suis douce, d'ordinaire, je parle un peu comme un charretier, et ici, avec mon accent amerloque qui ne me quitte pas, ça donne tout de suite un drôle de genre. Mais à cette instant, j'aurais difficilement pu parler moins fort sans devenir complètement inaudible et à vrai dire, je me suis pas tout à fait rendu compte que ce mot était prononcé à voix haute - enfin si on peut dire ça comme ça.

« Kassie... »

C'est juste impossible. Et si on devait en croire ses yeux écarquillés de stupeur, elle non plus ne parvient pas à y croire, mais l'information de parvient pas à mon cerveau. Seulement sa voix, qui murmure mon prénom, et confirme que la personne qui se trouve face à moi n'est pas un sosie, que c'est bien elle, là, en chair et en os, aussi belle que je l'ai toujours connue.

«  Sharona… »

Elle s'est approchée, m'a prise dans ses bras, et je suis restée bloquée, immobile, presque le souffle coupé. Je n'arrive pas à intégrer ce qui est en train de se passer, mon corps, mon cerveau, mon coeur se sont mis en veille, incapable d'analyser la situation correctement.

« Comment ça se fait que t'es là... »

Une question presque automatique, sur un ton neutre, absent, vide d'émotion. Je suis pas vraiment là, ça se peut pas, ça doit être un rêve, je me suis endormie, terrassée par la fatigue et le chagrin après l'enterrement, je suis pas encore arrivée au Starfly et je vais me réveiller en me disant que c'était un putain de rêve à la con beaucoup trop illusoire.

« Je suis désolée… »

Et puis tout est reparti d'un coup, mon coeur s'est emballé, battant à un rythme effréné comme mon esprit réalise que tout ça est bel est bien réel, que ça n'a rien d'un rêve, que ma soeur est bel et bien là, me prenant dans ses bras, et que ce contact reste un des rares que j'arrive à tolérer, même à apprécier. Mes bras se sont refermés dans son dos, et j'ai enfoui ma tête au creux de son cou, refusant qu'on voit les larmes couler sur mes joues que je ne parviens pas à retenir. Je me raccroche à elle, comme si c'était la dernière bouée de sauvetage. S'il y a un Dieu là-haut, il fait les choses bien étrangement, pour me rendre ma soeur au moment où je perds la personne qui, jusque-là, m'a tenu lieu de famille à défaut de la mienne...
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mar 9 Aoû - 19:27 par Kassandra M. Garcia-Brown
C'était bizarre, très bizarre parce qu'à l'instant même où j'avais déposé mon regard sur Sharona, j'avais pu à nouveau sentir ce lien fort qui nous unissait. Elle et moi avons vécu un tas de choses ensemble et la séparation avait été très douloureuse, si douloureuse que j'avais commis l'erreur de partir sans plus revenir. Je regrettais sincèrement et si j'en avais le pouvoir, je remonterai remonter le temps, je serais resté et j'aurais tout fait pour la retrouver rapidement. Sa voix est toujours aussi douce, son visage est toujours aussi joli sans compter son parfum qui caressait déjà mes narines.

Lorsque je me suis risquée de la prendre dans mes bras, je fus surprise de voir qu'elle ne m'avait pas repoussé. Après le mal que j'ai dû lui causer en partant et en l'ignorant... Je sens son cœur battre drôlement vite, elle semblait tout aussi chamboulée que moi. Elle me demande ce que je fais là, j'affiche alors un maigre sourire.


« Je pourrais te poser la même question... »

C'est vrai, c'était bizarre qu'elle se trouve là, au même endroit que moi et au même moment. Peut-être que le hasard faisait bien les choses ou tout simplement que nos destins sont si liés qu'on était faites pour se revoir. Nous sommes liées de tout avec Sharona et surtout grâce au sang. Je remercierais n'importe qui de m'avoir offert une petite soeur comme elle et je souhaitais à tout le monde d'en posséder une aussi parfaite que Sharona.

J'ai perdu énormément de choses dans ma vie, trop même. La perte de l'homme que j'aime et aussi le fait d'avoir tué notre bébé comme ça, en avortant... Même si je n'arrivais pas à me l'avouer, c'était douloureux. Tout aussi douloureux que de perdre ma petite sœur. Je retiens mes larmes, parce que je suis comme ça, je déteste pleurer et raconter ce qui me fait du mal. Ce que je sais, c'est que si je restais plus longtemps dans ses bras, je me mettrais à sangloter et peut-être même pleurer.

Elle me sert fort, très fort même, pour mon plus grand bonheur. Sa tête s'enfouit dans mon cou et je sens alors son souffle sur ma peau et là, je me rends compte que j'ai retrouvé une partie de moi-même.  À contre cœur, je me recule un peu d'elle déposant une main sur chacune de ses joues tenant alors son visage entre mes mains. Avec mes pouces, je vins alors essuyer le dessous de ses yeux, ou se logeait quelques larmes. Je suis plus petite qu'elle, pas de ma faute si je ne fais qu'un mètre soixante-cinq.


« Ne pleure pas, je déteste voir ce joli visage si triste... »

C'est ma sœur, ce qui lui fait mal me fait mal à moi aussi. Quand elle pleure, mon cœur se déchire et il saigne. Je tiens vraiment à elle, plus qu'à ma propre vie, je décrocherai la lune pour elle et je donnerais ma vie pour la sienne. Elle est mon seul espoir et aussi la seule personne qu'il me reste.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Sam 13 Aoû - 19:15 par Sharona K. García-Brown
Ma soeur... Elle est là, devant moi. Dans mes bras, même maintenant. Et j'arrive pas à le croire. Pourtant une partie de moi en est consciente, mais... Mais c'est tellement surréaliste qu'une autre part de moi se refuse à accepter que ça puisse être vrai.

Et en même temps, je sais qu'elle est là, donc, et je suis un peu partagée entre trop d'émotions différentes. Je lui en veux d'avoir disparu tout le temps, je suis heureuse qu'elle soit là, j'espère que notre relation pourra être comme avant, mais je ne sais pas si ça peut réellement être le cas, après tout ce qu'on a vécu, chacune de notre côté, tout ce temps... C'est un maelström tellement brouillon que je n'arrive pas à savoir réellement quelle position adoptée, et ajouté au deuil de Phil que je n'arrive pas à faire, et que je ne ferai sans doute pas avant un moment, ça crée un mélange... dévastateur.

J'ai craqué. Les larmes ont coulé, bien que je déteste ça. Alors c'est au creux de son cou que j'ai enfoui mon visage, après avoir bredouillé quelques mots sous le coup de la surprise.

« Je pourrais te poser la même question... »

Peut-être... Mais je suis là depuis près d'un peu moins de deux ans, et je connais Lukas depuis de longs mois maintenant, alors comment ça se fait que je ne l'aie pas vue avant ? Je ne sais pas depuis combien de temps elle est à Londres, je sais juste que j'aurais donné cher pour l'avoir près de moi bien avant. Avant... avant quoi au juste ? Avant la mort de Phil, mais même au-delà de ça. J'aurais tellement eu besoin d'elle toutes ces années...

Elle se recule un peu, garde tout de même son visage entre mes mains, et si je regrette un peu le contact - un des rares que je parviens encore à supporter, donc - je trouve un certain réconfort auprès d'elle. Comme toujours. Comme si le temps, la vie, ses choix ne nous avaient jamais séparées. Elle essuie mes larmes et je reprends doucement contenance, refusant de me donner davantage en spectacle moi-même.

« Ne pleure pas, je déteste voir ce joli visage si triste...
- Ca, ça va être compliqué... »

L'amertume s'entend sans doute dans mon ton de voix. Comment pourrais-je ne pas être triste ? Je viens d'enterrer la personne qui se rapprochait le plus d'une famille, ici, pour moi. Elle ne peut pas le savoir, bien évidemment, mais ça n'empêche. Et mon regard passe une seconde derrière elle, chercher Lukas du regard, oubliant complètement que je pourrais aussi éventuellement trouver Nate dans le coin, et je me demande si l'un ou l'autre, selon qui a embauché ma soeur, a réalisé qu'elle pourrait être de la même famille que moi. Ou peut-être que c'est pour ça que Lukas a voulu que je passe ? Parce qu'il s'en doutait ? Pour que je la rencontre, la retrouve ? Des García-Brown, à Londres, il ne doit pas y en avoir tant que ça, n'est-ce pas ? Surtout pas tant auxquels je puisse ressembler autant qu'à ma soeur... Je ne croise pourtant aucun regard connu, et mes prunelles sombres reviennent s'ancrer dans celles de mon aînée.

« T'es là depuis quand ?... »

C'est la première question qui me vient à l'esprit, mais tellement d'autres se bousculent dans ma tête, attendant leur tour...

« Je devrais sans doute pas t'embêter pendant ton service, je suppose que tu finis tard... »

Je connais les horaires du bar après tout... D'un autre côté, je peux bien attendre, j'ai rien d'autre à faire ce soir, le diner se passe de moi pendant quelques jours encore, paraît de toute façon que j'ai une tête à faire fuir la clientèle...
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mar 30 Aoû - 13:44 par Kassandra M. Garcia-Brown
J'ignore vraiment comment je me sens, à vrai dire je suis prise de tellement d'émotions que je ne savais pas comment je me sentais. Mais mon corps était tellement joyeux que je le sentais trembler involontairement. Jamais j'aurais pensé qu'en venant ici je retrouverais ma moitié, celle pour qui je me suis toujours battue malgré mes choix quelques peu idiot.

A l'instant précis, une chose est sûre et certaine c'est que jamais au grand jamais je la laisserait m'échapper une nouvelle fois. Je ne veux plus revivre cet enfer, jamais plus je ne veux vivre sans elle, cela est bien trop difficile. J'ai pleuré de nombreuse fois à l'abri des regards en espérant me réveiller de ce cauchemar, mais quand j'ouvrais les yeux rien n'avait changé.

Lorsque son si joli visage vint se blottir dans mon cou et que j'ai pu enfin sentir à nouveau son souffle contre ma peau, je ferme les yeux un court instant réalisant alors que tout ça n'était pas un rêve. Je ne veux plus la lâcher, je pourrai rester là pendant des jours entiers s'il le faut. À contre coeur, je me détache d'elle la regardant alors qu'elle prit doucement mon visage entre ses mains. J'essuie ses larmes, ça gâchait son si joli visage, je lui demande de ne plus pleurer et elle me répond alors que cela sera compliqué. Je sens alors que quelque chose ne va pas pour elle, mon coeur se resserre un peu, tout simplement, car je n'aime pas la voir dans un tel état, mais c'est fini, je ne la laisserais plus jamais seule.


« Je suis là maintenant, je te le promet. »

Avais-je simplement dit afin de la rassurer, je ne voulais absolument pas qu'elle pense que j'étais là et que je la laisserais une deuxième fois. Sa voix était brisée, ce n'était pas celle dont j'ai toujours eu l'habitude d'entendre, quelque chose lui était arrivée et ça me rendait malade de la voir dans un tel état. Le regard alors planté dans le mien, elle me demande simplement depuis quand je suis là.

« Depuis quelques semaines, j'étais partie avec l'idée de démarrer une nouvelle vie afin d'oublier ma peine et cela se passait bien jusqu'à ce qu'il m'arrive des trucs pas très joyeux. J'ai fait des bêtises et puis j'ai fui, pour refaire ma vie, encore.. »

J'avais honte de moi, de ce que j'avais fait autant à ma soeur, mais aussi par rapport à mon ex que j'aime encore, mon avortement et puis l'alcool. Je n'aime pas parler de moi, je préfère amplement me soucier des autres avant tout. Sharona me dit alors qu'elle ne voudrait pas m'embêter lors de mon service, j'hoche alors la tête.

« Oui, je fini tard mais.. En fait, je n'ai pas envie que tu t'en ailles ou que tu passes ton temps à attendre pour moi.»

Je l'imaginais mal m'attendre pendant des heures surtout que si elle était là, je porterais mon attention que sur elle, mais je ne voulais pas qu'elle parte, non.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mer 31 Aoû - 20:27 par Sharona K. García-Brown
Elle tremble. Je le sens. Ou c'est moi ? Je crois bien que c'est notre cas à toutes les deux. Elle essuie mes larmes, et j'ai l'impression d'être à nouveau la petite fille de cinq ans consolée par sa grande soeur. Malgré tous mes efforts pour lui assurer que tout allait bien, déjà à l'époque, il n'y a que face à elle que je ne pouvais pas cacher ma peine, et que j'arrivais à la laisser aller...

« Je suis là maintenant, je te le promets. »

J'ai tellement envie d'y croire. J'ai tellement envie de me raccrocher à sa présence, de retrouver ma grande soeur... Et en même temps, j'ai tellement peur de la voir disparaître à nouveau que je n'arrive pas à réagir. Alors je détourne la conversation sur autre chose, sur son arrivée à Londres, notamment. Je peux pas envisager qu'elle soit là depuis très longtemps, surtout pas ici, au bar de Lukas, sans que j'en aie eu vent auparavant.

« Depuis quelques semaines, j'étais partie avec l'idée de démarrer une nouvelle vie afin d'oublier ma peine et cela se passait bien jusqu'à ce qu'il m'arrive des trucs pas très joyeux. J'ai fait des bêtises et puis j'ai fui, pour refaire ma vie, encore... »

Un sourire amer étire mes lèvres. Comme quoi même après toutes ces années, et même à des milliers de kilomètres, les choses nous rapprochent, on dirait. J'ai fui aussi, les Etats-Unis et le Mexique, pour débarquer ici, refaire ma vie. Des trucs pas très joyeux, il m'en est arrivés aussi, et elle ignore encore tout. Et viscéralement, là, j'ai envie de tout déballer, de tout lui raconter, alors que je ne parle jamais de tout ça, à personne. Parce que c'est elle, parce qu'elle est ma famille, la seule qui me reste ou presque. Mais plus tard, je suppose, parce qu'elle est en service, et que j'ai beau connaître son boss, je ne voudrais quand même pas qu'elle ait des ennuis à cause de moi.

« Oui, je finis tard mais.. En fait, je n'ai pas envie que tu t'en ailles ou que tu passes ton temps à attendre pour moi.
- Ca nous laisse pas beaucoup de solution ça... »

Il y a un petit ton narquois dans ma voix, un petit peu de celle que je suis à la base, et qui s'efface trop ces derniers temps, réduite au silence par le chagrin.

« Ca ne me dérange pas d'attendre. Si je rentre, je ne vais rien faire de constructif de toute façon... Et puis je connais les lieux, à vrai dire. Ton boss, c'est mon proprio... »

Et son associé, le mec qui m'a permis de trouver mon logement, et le régulier d'un de mes potes. C'est pas que je suis à la maison ici, mais presque, au fond. Nate, il était à l'enterrement aussi, tout à l'heure, j'en avais presque oublié qu'il connaissait Phil, lui aussi. Je lui ai dit que je passais par ici, mais je crois pas qu'il vienne aujourd'hui, il avait plutôt l'air pressé de rentrer chez Tyler. Et un peu de réconfort, je suppose. Je les envie, vraiment, même si je vois ça que d'assez loin, au final, et que, ça aussi, ça me rend triste. Mais je pensais pas retrouver Kassie, à la base, et maintenant, je me demande vraiment si je vais pouvoir en trouver moi aussi, un peu de réconfort... Alors non, j'ai aucune envie de partir d'ici. J'enverrai un message à Rhi' pour qu'elle ne s'inquiète pas de ne pas me voir revenir tout de suite, mais je suis clairement partie pour rester là, dans un coin du bar, à attendre qu'elle ait fini son service. Le temps qu'il faudra. On n'est plus à quelques heures près de toute façon, pas après si longtemps.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mer 21 Sep - 20:57 par Kassandra M. Garcia-Brown
Je ne suis pas ce genre de personne tactile qui ne fait que des bisous et des câlins tout le temps, mais avec Sharona c'était totalement différent. Elle est la seule personne à qui j'arrive à me confier sans aucune gêne et aussi la seule personne que je pourrais garder dans mes bras durant des heures. Son départ m'avait laissé un vide énorme, si énorme que je n'ai pas pu continuer à vivre dans une telle situation. Quand je repense au lien que j'ai pu créer avec ma petite sœur, je me dis qu'il est tout aussi fort qu'un lien que peut avoir un parent avec son enfant tout simplement, car je donnerais ma vie pour cette adorable jeune femme.

La revoir remuait énormément de choses en moi, je ressentais tellement d'émotions que moi-même, j'avais envie de craquer, mais je ne pouvais pas. Si je ne pouvais pas craquer c'était tout simplement parce que je voyais très bien que mon mini moi n'allait pas bien et cela me rendait vraiment triste aussi. J'avais envie de me consacrer à elle, mais mon boulot m'en empêchait pour le moment, pour le coup je me disais zut, pourquoi je travaille aussi tard. Sha affirme qu'attendre ne la dérangeait pas, mais moi ça m'embêtait un peu, de savoir qu'elle était là, juste à côté et qu'elle attendait ça me mettrait hors de moi, je voulais tellement rattraper le temps perdu loin d'elle.

Heureusement pour moi à ce jour il ne semblait pas avoir énormément de monde. Tant mieux, cela me permettrait de discuter un peu avec ma plus grande fierté.
« Je pense qu'on a de la chance, parce qu'on dirait qu'il n'y a pas grand monde aujourd'hui alors, tant que je n'ai pas de client à servir, tu as cas rester près de moi. » J'avais tellement envie de discuter avec elle, de me libérer de chaque poids que je portais sur mes épaules, de l'écouter, la conseiller et lui redonner  le sourire. « Installe toi, reste près de moi, ne t'en vas pas.. Je peux t'offrir à boire ? C'est moi qui paye. » On aurait dit une enfant quand j'y pense, je ne voulais tellement pas qu'elle s'en aille que j'insistais énormément sur le fait qu'elle devait rester.

J'observais chaque détail de Sharona, elle avait tellement grandit, elle était si belle, une vraie jeune femme. J'étais parfois du genre à me sentir supérieur, me sentir comme la plus belle, mais elle détrônait tout le monde, a cet instant il n'y avait pas de plus belle personne que ma petite sœur. A cet instant précis, j'étais certaine que plus jamais je ne la laisserai filer, sa présence pour moi est totalement indispensable. « Sharona, bon sang tu n'imagines pas à quel point tu m'as manqué, j'ai envie de pleurer tellement ce moment est beau, je suis si contente de te retrouver.» Lui dis-je en affichant un sourire, les yeux pétillant.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Jeu 29 Sep - 12:42 par Sharona K. García-Brown
Ca, c'est un truc qu'on partage. Ni elle, ni moi, n'avons jamais été du genre à trop nous rapprocher physiquement des autres. Des gens que je touche, sans fuir dans la seconde, il n'y en a pas quarante mille. Il y a Tyler, mais je crois qu'il s'en passe aisément. Il y avait Ivy, mais nos contacts se font de plus en plus rares. Il y a Mack, même si on ne se voit pas autant qu'on le voudrait, et sincèrement, je sais pas comment j'aurais fait sans elle jusque-là. Et puis il y a Rhi', à présent, et le fait de vivre avec elle aide très certainement. Enfin il y a, et il y a toujours eu, ma soeur. L'unique personne dont je n'ai jamais rien eu à craindre.

Les autres, je les fuis comme la peste quand ça devient trop proche, et j'ai perdu l'affection de Nik à cause de ça. C'est pas évident à expliquer, et même quand les gens font mine de comprendre, ils se lassent, au bout d'un moment. Je sais bien que le mec de Tyler, au contraire, a l'air très à l'aise avec le contact et je vois bien qu'il sait jamais trop sur quel pied danser pour la peine, mais je me vois pas tout lui expliquer. Ou peut-être que je devrais ? J'en sais rien. Tout à l'heure, il m'a arrêtée naturellement, parce que je pétais littéralement un câble, et moi je me suis raidi instantanément. Je crois que ça aurait été n'importe qui d'autre, je l'aurais frappé. Mais... Je lui dois beaucoup trop, à lui, je crois qu'inconsciemment, ça m'a arrêtée... Heureusement d'ailleurs. Tyler m'en aurait sans doute voulu si j'avais amoché la belle gueule de son mec...

« Je pense qu'on a de la chance, parce qu'on dirait qu'il n'y a pas grand monde aujourd'hui alors tant que je n'ai pas de client à servir, tu as qu'à rester près de moi. »

J'y compte bien à vrai dire. Je hoche simplement la tête, la suit vers le comptoir.

« Installe-toi, reste près de moi, ne t'en va pas.. Je peux t'offrir à boire ? C'est moi qui paye.
- T'es pas obligée tu sais... »

Mais je proteste pas plus, je commande un soda puis me ravise. Un verre de rosé, finalement, je crois que ça m'ira mieux. Je vais pas me mettre la tête à l'envers, parce que j'ai pas envie de perdre le contrôle ici, mais j'ai quand même besoin de quelque chose, et si Mack a tenté une fois de me faire boire de la vodka, je confirme que les alcools forts, c'est vraiment pas mon truc. Rosé, donc. Doit bien y avoir ça dans le bar de Lukas, n'est-ce pas ?

« Sharona, bon sang tu n'imagines pas à quel point tu m'as manqué, j'ai envie de pleurer tellement ce moment est beau, je suis si contente de te retrouver. »

Mon verre est à peine entre mes doigts que je sens les larmes me monter aux yeux. Dis pas ça. Dis pas ça là, maintenant. Parce que je vais encore craquer, et je veux pas m'effondrer devant les clients, même s'ils sont pas nombreux.

« Toi aussi tu m'as manquée. Tellement... »

Respire, Sha. Je la regarde pas, fixe mon verre qui tourne entre mes doigts et auquel j'ai pas encore touché.

« Si tu savais comme j'ai attendu de te revoir... »

T'imagines même pas. T'imagines pas combien de fois j'en ai rêvé. Combien de fois j'ai espéré, au réveil, que tout ça n'était qu'un cauchemar, que tu serais dans la chambre d'à côté. Même une fois ici, je compte pas les fois où je me suis éveillée en pleine nuit en me demandant une seconde où j'étais avant de réaliser que non, il n'y avait pas la chambre de ma soeur juste de l'autre côté du mur. Je renie pas du tout la relation que j'ai avec mon adorable coloc', mais ça ne sera jamais pareil.

« Mais je peux vraiment pas dire que ce moment soit beau... »

Un autre jour, peut-être que j'aurais acquiescé. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, les larmes me montent encore aux yeux, parce que je suis pas vêtue de noir pour rien, parce que j'ai pas le teint cireux et des cernes de quinze kilomètres pour rien non plus. Et c'est pas pour rien, une fois encore, que je vide le verre d'un trait sans croiser le regarde de mon aînée, certaine de ne pas aimer ce que je pourrais y trouver à cet instant, que ce soit de la tristesse, une remontrance ou de la pitié...
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When the past comes to haunt you - Sharona
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