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When the past comes to haunt you - Sharona

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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Ven 7 Oct - 20:09 par Kassandra M. Garcia-Brown
Dès que mon regard c'est posé sur elle, j'ai réalisé que ma vie à Londres pouvaient reprendre sûr de bonnes bases, que peut-être que je pourrais enfin être heureuse et bien entourée de manière permanente et non pas passagère. J'ai tellement besoin d'elle pour avancer, de sentir son parfum une fois de plus pour me sentir enfin protéger quelqu'un.  Mais, j'admets également être envahie par les regrets, vraiment,  laisser Sharona était la plus grosse erreur de ma vie, je l'ai blessée et je me suis blessée par cette occasion. J'espère tout simplement ne pas avoir pu gâcher la relation que j'ai toujours entretenue avec  ma petite sœur, nous allons retrouver nos bonnes habitudes, du moins je l'espère, car elle est comme  la femme de ma vie.

Je connais très bien la personnalité de ma petite sœur et je sens qu'elle est mal, je le vois aussi. J'aimerais vraiment pouvoir l'aider, lui redonner le sourire et même si je n'ai pas cette chance, j'aimerais au moins pouvoir être là pour elle, lui montrer mon soutien. Lorsqu'elle me dit que je ne suis pas obligée de lui payer un verre, j'hoche alors la tête en  la regardant avant d'écouter ce qu'elle désire boire. Elle hésite longuement entre un soda ou bien pour un bon verre de rosé, mais elle finit alors par se rabattre sur le verre de rosé. M'activant alors, je lui accordai un sourire avant de lui servir son verre et de venir lui déposer devant son nez, sur la table.

Je lui ai manqué, c'est déjà un bon début, je suis contente de l'entendre dire cela, cela me fait vraiment chaud au cœur.  Je l'écoute attentivement et je dois avouer qu'en l'entendant parler je ressens mon cœur se serrer. Je suis si triste de l'avoir laissé et j'ai cette nette impression que dès à présent elle a un peu de mal à me regarder de la même manière qu'avant. Je n'ai pourtant pas changé si ce n'est que j'ai grandi mentalement, j'ai pris des claques et je me suis relevée plus forte. Je n'ai même plus les mots pour exprimer ma joie de la revoir.

Quand je la regarde, un tas de bon souvenir remonte alors à mon esprit, pour mon plus grand plaisir. Je la regarde, avant de me laisser tomber sur la chaise aux côtés de Sharona. J'ai tellement envie de tout lui déballer, tout ce qui m'est arrivée, de l'entendre me consoler et de me sentir mieux. J'ai parlé à personne de cette histoire et cela me ronge intérieurement, parfois le soir je m'endors en pleurant. Je la regarde alors, posant ma tête sur mon poing.


«  Je sais que le moment n'est pas le meilleur et que tu ne vas pas très bien de ton côté. Mais, j'ai besoin de te parler de moi, de ce qui m'est arrivé avant mon arrivée à Londres. J'en suis malade, cela me rend mal et tu es la seule personne avec qui je serais capable d'en parler sans avoir peur d'être jugée. Je ne connais personne ici, tu es ma seule arme, ma seule force et je ferais tout pour te garder à mes côtés. »

Je ne peux pas rester dans une telle situation, je secoue alors la tête. «  Si tu as besoin de parler, de te confier… Je n'ai peut-être pas été la grande sœur la plus exemplaire ces dernières années, mais je te promets que je vais me rattraper, je ne vais plus jamais te laisser Sharona je te le promets, ça fait trop mal d'être loin de toi. » Je sens alors mes yeux se remplir de larmes, je ne peux pas, je ne peux pas pleurer, pas maintenant, c'est pourquoi je souffle alors, pour reprendre mes esprits.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Sam 15 Oct - 12:12 par Sharona K. García-Brown
Je me fais peut-être des illusions, mais c'est ma soeur, et je ne peux pas m'en empêcher. J'ai été blessée, profondément, quand elle est partie, et je lui en veux, oui, c'est une évidence. Je me suis jamais sentie aussi seule qu'après son départ, et je vais finir par le lui reprocher, à un moment ou à un autre. Mais une chose est sûre : je ne peux pas me passer d'elle, et je n'ai pas l'intention de la repousser, j'espère ne plus jamais la voir repartir à nouveau. C'est un peu paradoxal, une part de moi a envie de lui hurler dessus, de déballer tout ce que j'ai enduré en son absence, de lui reprocher de n'avoir pas été là. Pourtant, une autre part de moi, et qui manifestement prend le dessus aujourd'hui, se fiche de tout ça, a tellement besoin de sa présence qu'elle est prête à faire table rase de toutes ces années pour simplement se raccrocher à celle qui a toujours été mon pilier auparavant.

Alors non, je n'ai pas envie de partir, de retourner chez moi m'enfermer dans ma chambre à ressasser ce que j'ai perdu, à l'instant, mais aussi par le passé, pendant tous ces mois. Il y a tellement de blessures qu'elle ignore et qui se rappellent à mon bon souvenir comme si celle de la perte de Phil réveillait toutes les autres. Mais des blessures, je ne suis pas la seule à en avoir, et mon aînée le signifie presque aussitôt qu'elle a pris place près de moi, en attendant que des clients viennent lui demander ses services.

« Je sais que le moment n'est pas le meilleur et que tu ne vas pas très bien de ton côté. Mais, j'ai besoin de te parler de moi, de ce qui m'est arrivé avant mon arrivée à Londres. J'en suis malade, cela me rend mal et tu es la seule personne avec qui je serais capable d'en parler sans avoir peur d'être jugée. Je ne connais personne ici, tu es ma seule arme, ma seule force et je ferais tout pour te garder à mes côtés. »

Je suis mitigée à l'entendre, parce que d'un côté, elle évoque le lien qui nous unit avec une telle force que ça me fait chaud au coeur, mais de l'autre, je ne suis clairement pas en état de la soutenir, et mon propre désespoir est prêt à lui exploser à la figure, à lui reprocher son absence, à lui envoyer en pleine tronche qu'elle l'a cherché, si elle a été malheureuse, parce qu'elle m'a abandonnée. C'est mesquin, cruel, même, et le verre de rosé entre mes doigts trouve mes lèvres afin de noyer les propos acerbes qui les brûlent.

« Si tu as besoin de parler, de te confier… Je n'ai peut-être pas été la grande sœur la plus exemplaire ces dernières années, mais je te promets que je vais me rattraper, je ne vais plus jamais te laisser Sharona, je te le promets, ça fait trop mal d'être loin de toi. »

Par réflexe, un reniflement méprisant m'échappe. J'ai mal, j'ai eu tellement mal toutes ces années, que ma première réaction, sauvage, est de devenir agressive. Mais elle vient de me promettre de se rattraper, de ne plus jamais me laisser, et ça ne me laisse clairement pas indifférente. Résultat, c'est presque une supplique qui s'échappe finalement de ma gorge, avant que je ne me décide à relever le regard, aussi embué que le sien, vers elle.

« T'en vas plus jamais Kassie. Je supporterais pas de te voir disparaître à nouveau. »

Et ça me fait mal de la voir ainsi au bord des larmes elle aussi. Ca me fait mal, mais ça me soulage aussi, quelque part.

« Comment on peut se faire du mal, comme ça, hein ?... »

Je crois qu'il n'y a pas de réponse à cette question. Je crois que ça sert à rien d'en chercher, et qu'on a bien d'autres choses sur lesquelles se focaliser. Même si c'est vraiment pas mon fort de parler de moi, et que je ne sais pas du tout comment évoquer toutes les merdes qui me sont arrivées depuis qu'elle est partie.

« Je viens d'enterrer mon meilleur ami... »

J'ai l'impression que ce n'est pas moi qui viens de parler. L'impression d'avoir vu mes lèvres bouger, mues par une volonté autre que la mienne, comme si j'étais spectatrice de mon propre corps, assis près du comptoir. Pourtant c'est bien ma voix, c'est bien moi qui ai prononcé ces mots. Et je vide d'un trait le reste de ce que contenait le verre qu'elle m'a servi.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Sam 5 Nov - 19:32 par Kassandra M. Garcia-Brown
Lorsque je suis arrivée à Londres mon objectif premier était de refaire ma vie et d'être enfin heureuse et d'oublier tout ce qui a pu me blesser durant ma vie passée. Bien sûr, je savais bien que je ne pouvais pas nier l'existence du passé, que je devais l'accepter et cela qu'importe ce que je pouvais bien penser ou vouloir. Retrouver ma sœur était vraiment pour moi quelque chose d'intensif et c'était comme si Dieu avait enfin écouté mes prières et m'avait rapporté mon étoile à moi, celle pour qui j'ai toujours combattu avec vaillance.

L'ambiance n'est pas vraiment morbide, enfin je veux dire par là que ce n'était pas comme si on pleurait toutes les deux à n'en plus respirer en s'apitoyant sur notre sort chacune. Mais je ne sais pas si c'est par instinct où je ne sais quoi, mais je sentais vraiment que quelque chose n'allait pas pour Sharona et c'était probablement ça qui faisait que je me sentais vraiment triste et un peu nostalgique. Je n'aimais pas cela, la sentir dans un tel état, je ne sais même pas si je devais associer cela à de la peur ou bien de la tristesse, mais pas une petite tristesse, non quelque chose de vraiment fort.

Je l'écoute alors me dire de ne plus m'en aller, car elle ne le supporterait pas. Je me déplace alors vers elle déposant un baiser sur sa tempe pour peut-être la rassurer comme je le pouvais.


« Je ne te laisse plus Sha', je te le promet. Je ne m'en vais plus, je reste avec toi et cela même si on doit encore surmonter des trucs qui me semblent invivables. »

J'essaye de prendre une voix assez neutre parce que je ne veux pas montrer que tout cela m'affecte au plus haut point. Elle demande alors comment est-ce qu'on pouvait se faire du mal comme cela. Et je dois avouer que je n'ai aucune réponse à cette question, j'étais vraiment honteuse parce que je n'avais vraiment pas été exemplaire en partant comme une voleuse.


«  Tu sais, c'est ma faute. Je n'ai pensé qu'à moi alors voilà… En fait j'ai surtout pensé que plus jamais on me laisserait te voir et l'idée m'était tellement insupportable que je suis partie. Et j'ai honte, oui j'ai honte de mon choix, mais si je dois payer toute ma vie pour ce que j'ai pu faire envers toi et envers d'autres personnes, je payerais. »

Je laisse alors un peu mon esprit diverger vers différents souvenirs autant bon que mauvais sur mon passé. Ma pensée se brise en l'entendant me dire qu'elle venait tout juste d'enterrer son meilleur ami, je sens alors mon sang ce glacer. Elle est en deuil, cela devait être pour ça que je la sentais si dévastée. Je laisse alors ma main parcourir son dos de haut en bas pour la rassurer.


« Tu sais, la perte d’un être cher c’est vraiment quelque chose d’invivable. Je ne suis pas douée pour rassurer les gens, les réconfortés, mais si tu as besoin de parler, je vais te laisser mon adresse et si tu veux, on fera un double des clés comme ça, tu viens quand tu veux. »

Je me sens un peu ridicule, on dirait vraiment une pauvre fille qui perd ses moyens à l’entente de l’aveu de sa sœur. Je sors alors mon portable pour qu’elle puisse m’y écrire son numéro, je le déverrouille et le lui passe, confiante. Je l’observe alors intensément en silence.

«  Tu sais, si cela peut te rassurer, moi je suis en deuil. Enfin, c’est totalement différent ce que je vis, mais je comprends ce que tu peux ressentir, alors n’hésite vraiment pas. »

Kassie ? Qu’est-ce qui te prend d’entamer le sujet le plus tabou à tes yeux ? Je me rends compte alors que j’avais évoqué le sujet qui me touchait le plus, je secoue alors la tête.

« Non, oublie ce que j’ai dit… »
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Ven 23 Déc - 14:07 par Sharona K. García-Brown
Londres, c'était ma nouvelle vie à moi aussi. Je sais pas ce qu'a vécu ma soeur, ce que ça représente pour elle, mais pour moi, clairement, c'était un nouveau départ, et si sur certains points, je suis plus heureuse ici qu'à Houston, je dois quand même admettre qu'il y pas mal de choses que je n'imaginais pas comme ça. Mais à vrai dire, je ne sais pas trop ce que j'aurais voulu de ma vie, au fond. Ne pas subir le sectarisme de nos parents, oui, d'accord, mais après ? Ca fera bientôt deux ans que je vis ici, et on ne peut pas vraiment dire que j'aie de grandes perspectives d'avenir. J'en avais pas plus aux Etats-Unis, d'accord, mais ça n'empêche que ma vie n'a rien d'un quelconque idéal. Et la perte d'un des êtres qui m'était le plus cher n'aide en rien, évidemment.

Alors retrouver ma soeur, comme ça, par hasard presque, c'est déroutant. Une part de moi en est ravie, prête à chercher du réconfort auprès d'elle, et j'ai terriblement envie de n'écouter qu'elle, mais il reste pourtant cette petite voix qui me répète qu'elle ne restera pas, qu'elle aussi, partira, d'une manière ou d'une autre, tôt ou tard. Elle l'a déjà fait par le passé après tout, pourquoi s'en priverait-elle à l'avenir ? Je crois que c'est ce qui me pousse à laisser sortir ces mots, cette supplique, alors que je déteste particulièrement cette façon d'être, cette vulnérabilité que je refuse de montrer au plus grand nombre. Ne m'abandonne pas Kassie, plus jamais.

« Je ne te laisse plus Sha', je te le promets. Je ne m'en vais plus, je reste avec toi et cela même si on doit encore surmonter des trucs qui me semblent invivables. »

Je veux tellement la croire. Je veux tellement y croire. Croire qu'on peut, réellement, toutes les deux, reconstruire quelque chose. Croire que demain sera plus radieux qu'aujourd'hui. Pourtant je reste encore un peu réservée, craignant qu'à nouveau, je tombe de haut. Et puis il y a ces derniers mots. Des trucs qui lui semblent invivables... Quels trucs ?

« Des trucs comme quoi ?... »

Est-ce que je m'attends à ce qu'elle me réponde ? A vrai dire, je n'en sais rien. Je sais qu'elle peut se montrer très secrète, elle aussi. Et je vois bien qu'elle est partie dans l'idée de reprendre son rôle de grande soeur, de faire en sorte que ce soit moi qui me repose sur elle, qui me confie à elle, et pas l'inverse. On n'est plus des enfants, cependant, on a grandi, toutes les deux, souffert aussi, apparemment, et j'ai pas vraiment l'intention de laisser les choses n'aller que dans un sens. Mais je veux pas la braquer non plus, je serai la première à repousser une tentative non désirée pour me pousser à la confidence, alors comme elle reprend la parole, je la laisse faire. Je reviendrai là-dessus plus tard, sans le moindre doute.

«  Tu sais, c'est ma faute. Je n'ai pensé qu'à moi alors voilà… En fait j'ai surtout pensé que plus jamais on me laisserait te voir et l'idée m'était tellement insupportable que je suis partie. Et j'ai honte, oui j'ai honte de mon choix, mais si je dois payer toute ma vie pour ce que j'ai pu faire envers toi et envers d'autres personnes, je payerais.
- C'était idiot. De peur qu'on ne te laisse plus me voir, t'as fait en sorte de plus jamais pouvoir le faire. C'est nul comme plan... »

Pas très délicat, j'en conviens, mais j'ai jamais vraiment mâché mes mots, et ça reste vrai : c'était débile comme plan. Je vois pas quel bénéfice elle a retiré en s'éloignant. En tout cas moi, j'en ai eu aucun. Mais le but c'est pas de l'accabler non plus, alors je rajoute en haussant les épaules :

« Ce qui est fait est fait, hein... »

Je vais pas la "faire payer" comme elle dit, je vois bien qu'elle souffre aussi, je crois que ça suffit. Puis même si je lui en veux toujours un peu, j'ai beaucoup trop besoin de son soutien, en réalité, et je suis bien trop soulagée de la revoir pour m'arrêter à ça, surtout aujourd'hui. Je réagirais sans doute plus violemment dans d'autres circonstances, mais la mort de Phil remet les choses en perspective. La vie est bien trop courte, maintenant qu'elle est là, j'ai pas envie de perdre du temps à lui en vouloir, on sait jamais de quoi demain sera fait.

« Tu sais, la perte d’un être cher c’est vraiment quelque chose d’invivable. Je ne suis pas douée pour rassurer les gens, les réconforter, mais si tu as besoin de parler, je vais te laisser mon adresse et si tu veux, on fera un double des clés comme ça, tu viens quand tu veux. »

Ca me fait bizarre que les choses prennent aussi facilement cette tournure. Comme si on ne s'étaient jamais quittées, presque. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, mais... je n'ai pas l'intention de refuser. Tout comme je compte bien lui filer mes clefs aussi - Si Rhi et Lukas sont d'accord cependant. D'ici là, elle me file son portable pour que j'y enregistre mon numéro et je me fais pas prier.

«  Tu sais, si cela peut te rassurer, moi je suis en deuil. Enfin, c’est totalement différent ce que je vis, mais je comprends ce que tu peux ressentir, alors n’hésite vraiment pas.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

Je pourrais vouloir qu'on reste concentrées sur moi, mais... non. Non, j'ai pas l'intention de me cantonner au rôle de petite soeur qu'il faut soutenir et protéger, j'ai dû faire sans son soutien et sa protection pendant de trop longues années, et si j'ai besoin d'elle, j'ai conscience qu'à présent, elle a tout autant besoin de moi.

« Non, oublie ce que j’ai dit…
- Tu rêves. »

Cri du coeur. Je m'énerve pas, loin de là, mais mon ton de voix reste sans équivoque : je n'en démordrai pas.

« Qu'est-ce qui t'es arrivé Kassie ? Moi c'est mon meilleur ami que je viens de perdre, toi c'est qui que tu pleures ? »

Elle a peut-être pas envie d'en parler, mais je suis pas beaucoup plus encline à évoquer Phil. Donnant, donnant, je me confie davantage si t'en fais de même de ton côté. Et mes doigts jouent avec mon verre vide en attendant sa réponse.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Sam 31 Déc - 11:28 par Kassandra M. Garcia-Brown
Lorsque je regardais Sharona, j'étais totalement consciente du fait que Sharona devait probablement m'en vouloir. Mais, c'était totalement normal à vrai dire. Je venais de débarquer à nouveau dans sa vie, comme ça, sans prévenir de la même manière que j'en étais sortie. C'était honteux, en tout cas, j'en avais honte, mais je savais que ma petite sœur finirait bien par accepter et se faire à l'idée de tout ce qui s'était produit et peut-être même me pardonner. S'il y a bien une seule chose que je désirais, c'était de retrouver ma sœur et qu'elle me laisse une place dans sa vie, comme précédemment, parce que ma petite sœur était toute ma vie, mon sang.

Mais il ne tarde pas avant que Sha' m'interroge, j'ai alors simplement passer ma main, le long de sa joue en la regardant, souriante. J'ai alors nié sa question, parce que je préférais la laisser dans l'ignorance, car je savais très bien qu'elle avait d'autre truc à gérer que moi et puis, après tout, c'était moi l'aînée, je devais veiller sur elle. Je l'écoute avec toute mon attention et j'admets quelle n'avait pas tort dans ses propos, ses mots étaient peut-être un peu durs, mais heureusement pour moi, je n'étais pas du genre à me vexer aux premières paroles de ma petite soeur et puis, elle avait toujours été comme ça . « Quand nous sommes jeunes, on fait des bêtises et puis, je n'ai pas réfléchi pour le coup..»

Je n'allais tout de même pas passer ma vie a m'apitoyé sur mon sort, en rampant aux pieds de ma petite soeur pour qu'elle me pardonne mes erreurs du passé. Mais elle a raison, ce qui est fait est fait et je ne peux plus le changer, je peux juste assumer mes actes jusqu'au bout. En fait, je pense bien que cette histoire allait me suivre toute ma vie et peut-être même après qui sait. Je lui ai alors proposé de faire le double de mes clés et elle ne semble pas réagir et je respecte entièrement cela.

J'en ai trop dit, c'était certain, j'ai remarqué ce petit air sur le visage de Sharona celui qui voulait dire : " Non, tu ne vas pas t'en tirer comme cela.". Elle me posait des questions, sur ce qu'il m'était arrivé avant que je débarque ici, je l'ai regardé un court instant. Aucune issue m'était possible, jamais elle ne me laisserait filé sans lui avoir expliqué. « C'est mon enfant que je pleure.» Avais-je dis tout simplement.

« J'ai aimé quelqu'un, un homme. Au début il n'était qu'un inconnu que je servais dans le bar où je travaillais et puis, il est venu tous les soirs, on a discuté pour finir par nous mettre ensemble. L'homme idéal, je te promets, je n'avais jamais été amoureuse d'une telle façon et puis, deux ans ont passé, je suis tombée enceinte et j'ai avorter dans son dos. J'ai alors commencé à boire énormément lorsqu'il m'a quitté et j'ai perdu mon emploi alors, j'ai voulu reprendre un nouveau départ. » J'ai alors laissé un court instant de silence avant de reprendre. « Toute ma vie, j'ai fait des erreurs, alors celle-ci ne devrait même pas t'étonner. Je regrette, je regrette tout ce que j'ai fait dans ma vie, je me sens tellement stupide, parce que cet homme je l'aime, je l'aime comme une folle tu n'as pas idée. Mais comme avec toi, j'ai tout fait foiré et à l'heure d'aujourd'hui je regrette d'avoir avorté, c'était la pire épreuve que j'ai eut à vivre, sans rire. J'étais toute seule en plus... Enfin bon.»

Je me suis alors redressée en me forçant a adressé un sourire à Sha', parce que je venais de lui dévoiler une partie de ma vie que j'essayais de cacher, car je le vivais mal encore aujourd'hui. « Mais, c'est du passé, ça va, je vais bien aujourd'hui. » Dis-je en souriant, pour sembler crédible, parce que je ne voulais pas qu'elle s'inquiète pour moi, loin de là.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mer 25 Jan - 14:08 par Sharona K. García-Brown
Nos retrouvailles, je les ai imaginées des dizaines, des centaines, peut-être des milliers de fois. Jamais je n'aurais imaginé que ce serait le jour de l'enterrement de mon meilleur ami. Je me suis jamais vue vêtue de noir dans toutes ces fantaisies, et à vrai dire, elles étaient autrement plus joyeuses que moi, aujourd'hui. Pourtant, je suis heureuse de la retrouver, au fond, malgré un peu de rancoeur. Mais il y a la douleur, lancinante, qui vrille mon coeur à chaque fois que le visage du tatoué me revient en mémoire - c'est-à-dire toutes les trois secondes à peu près - et qui surpasse tout sentiment positif. C'est tellement injuste. Il avait tellement de choses à faire, encore, il était tellement talentueux... Je ne sais pas qui ma soeur pleure, pour sa part, pas encore tout du moins, mais j'imagine aisément ce qu'elle doit ressentir, bien qu'elle tente de rester forte, et d'éluder mes questions.

« Quand nous sommes jeunes, on fait des bêtises et puis, je n'ai pas réfléchi pour le coup... »

Je hausse les épaules. Comme je viens de le dire : ce qui est fait est fait. Ca ne sert à rien de revenir là-dessus, j'ai pas vraiment envie de me replonger dans ces souvenirs douloureux, au fond. J'ai bien noté sa proposition dans un coin de ma tête, concernant son appart', je sais juste pas encore si je peux lui rendre la pareille, alors je me prononce pas immédiatement. Mais maintenant qu'elle est là, j'ai pas l'intention de la laisser filer à nouveau. Ni se défiler, donc. Hors de question qu'elle garde pour elle ce qui la fait visiblement souffrir, et je l'interroge à nouveau, attendant visiblement des réponses.

« C'est mon enfant que je pleure. J'ai aimé quelqu'un, un homme. Au début il n'était qu'un inconnu que je servais dans le bar où je travaillais et puis, il est venu tous les soirs, on a discuté pour finir par nous mettre ensemble. L'homme idéal, je te promets, je n'avais jamais été amoureuse d'une telle façon et puis, deux ans ont passé, je suis tombée enceinte et j'ai avorté dans son dos. J'ai alors commencé à boire énormément lorsqu'il m'a quitté et j'ai perdu mon emploi alors, j'ai voulu reprendre un nouveau départ. »

Je suis abasourdie par l'information. J'aurais peut-être pas dû poser la question. Bordel, c'est quoi tous ces gens qui assument pas leurs mômes ?! L'avortement de ma soeur, encore... je veux dire, si elle pensait pas pouvoir assumer cet enfant, valait sans doute mieux qu'elle ne l'ait pas - évidemment, je peux pas m'empêcher de penser à Kaspar, dont j'ai plus de nouvelle depuis cet hiver, et je me promets de lui en demander rapidement... ou à Nate, peut-être - mais si elle regrette aujourd'hui, peut-être que ça n'était pas la meilleure décision qui soit. Je comprends pas trop bien qu'elle ait avorté dans le dos de l'homme qu'elle dit avoir tellement aimé, mais je crois qu'il me manque beaucoup d'éléments pour comprendre. Ce que je comprends, c'est que ça l'a fait souffrir énormément, et c'est toujours le cas visiblement.

« Toute ma vie, j'ai fait des erreurs, alors celle-ci ne devrait même pas t'étonner. Je regrette, je regrette tout ce que j'ai fait dans ma vie, je me sens tellement stupide, parce que cet homme je l'aime, je l'aime comme une folle tu n'as pas idée. Mais comme avec toi, j'ai tout fait foiré et à l'heure d'aujourd'hui je regrette d'avoir avorté, c'était la pire épreuve que j'ai eu à vivre, sans rire. J'étais toute seule en plus... Enfin bon.
- Ca je veux bien le croire... Mais cet homme, il est où maintenant ? Pourquoi tu ne reprends pas contact ? »

Parler d'elle plutôt que de moi. Finalement, ça m'arrange pas mal. J'ai pas envie de m'étaler sur le début de cette journée, sur Phil, sur mon éclat au cimetière.

« Mais, c'est du passé, ça va, je vais bien aujourd'hui.
- C'est moyen crédible, tu sais ? »

Fais pas genre personne a vu que j'étais à deux doigts de pleurer, parce que je le vois bien, je suis pas aveugle, même la douleur m'empêche pas de lire en toi. Je lâche un soupir. Elle en parlera pas plus, je suis presque sûre qu'elle a déballé tout ça parce que j'ai insisté mais n'ira pas plus loin.

« Je sais pas ce que je peux faire pour t'apaiser un peu... Je peux même pas tenter de te rassurer, te dire que je comprends, parce que je risque pas... »

Je baisse le nez sur mon verre vide. Je suis loin d'être une très grande fan de l'alcool, mais là, j'aimerais bien voir le ballon entre mes mains se remplir comme par magie.

« Je risque pas savoir ce que c'est de se faire avorter, tout comme je risque pas de tomber enceinte de sitôt. Il y a personne dans ma vie depuis... toujours ou presque, en fait. »

Je suis pas sûre d'avoir envie de lui expliquer ce qui m'est arrivé dans ces foutus camps et en même temps... En même temps c'est ma soeur, et une part de moi a envie d'être de nouveau la petite fille qui pouvait se reposer sur son aînée. Même si j'ai l'impression que ça, c'était dans une autre vie...
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Sam 11 Mar - 13:07 par Kassandra M. Garcia-Brown
Quand j'y repensais, probablement que je méritais tout ça, toute cette haine qui se retournait contre moi, je ne comprends pas trop pourquoi j'ai pensé qu'un jour, si je reverrais Sha', elle me sauterait dans les bras, comme si de rien était. J'ai été stupide pour le coup, c'est vrai je m'en rends compte. Mais, je ne peux pas cacher le fait que je suis probablement la grande sœur la plus contente actuellement. En fait, sa simple présence me rends heureuse, pouvoir revoir son visage, sentir sa chaleur corporelle et entendre sa voix me donne l'impression d'être sur un petit nuage. Je n'ai plus envie de partir loin d'elle, je n'ai pas envie, je l'aime très fort elle est ma seule et unique famille.

Elle veut des réponses sur ce qu'il m'arrive, elle en a eu. En fait, au fil de mon discours j'avais cette impression de revivre chaque scène, chaque émotion que j'avais pu ressentir sur le moment même. Je savais plus trop où poser mon regard a vrai dire, je me sentais honteuse de tout ce que j'avais pu accomplir de mauvais. En fait, la plupart des choses que je faisais c'était mauvais et ça finissait par me retomber dessus. Sharona me demande où se trouve cet homme actuellement, en guise de réponse, j'hausse les épaules.

« Je suppose qu'il est resté là-bas, j'en sais trop rien…Quand je lui envoie un message je t'avoue qu'il ne répond pas, ce qui est compréhensible vu ce que je lui ai fait.»

Je soupire un peu en affirmant que je vais bien,  qui je dois avouer est un peu faux et elle semble le comprendre. J'hausse les épaules en regardant son verre, je ne pouvais pas juste replonger dans tout ça, c'était un peu tentant, mais je ne pouvais pas. J'ai ensuite redressé mon regard vers ma petite sœur, je n'avais pas envie, pas du tout….Je ne voulais pas parler de moi, m'étaler sur ma vie, me morfondre en quelque sorte et passer pour une pauvre petite femme sans défense et qui est très triste, je voulais sans aucun doute, garder cette image de femme forte et courageuse que j'avais. J'écoute ensuite Sharona, j'observe chacun de ses faits et gestes et j'essaye de me mettre à sa place dans un sens.

« Tu sais, on n'est pas obligé de parler de moi, en fait on ne va plus parler de moi…Parce qu'on dirait que ça te fait rappeler des trucs, enfin je pense alors…Voilà. Et puis tu sais, si personne n'est avec toi, ils ont tort, tu es la plus belle personne que j'ai pu rencontrer dans ma vie, tu as des yeux magnifiques sans oublier ce petit sourire qui n'a pas vraiment changé avec le temps…Tu es magnifique Sharona et si les autres ne sont pas capables de t'aimer dignement, moi je le ferais, tu es ma petite sœur, on a le même sang et personne ne changera ça tout comme personne ne changera le fait que je t'aime très fort. »

Pourquoi j'ai dit ça ? Je l'ignore…. Pour le coup ça me semblait bien de le dire, parce que c'est entièrement vrai, j'aime Sharona, je l'aime plus que tout au monde et je donnerais ma vie pour la sienne. En fait, je me sens un peu mal d'avoir dit ça, parce que je savais bien qu'elle était en colère contre moi, contre ce que j'avais fait. Je la regarde un instant et je me laisse porter par mes émotions, je plaque un énorme baiser sur sa tempe en laissant ma main venir faire des mouvements de haut en bas sur son dos tandis que ma pensée me criait : Je t'aime Sharona, pardonne-moi.
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Mar 28 Mar - 9:02 par Sharona K. García-Brown
Oh, au début, c'était aussi comme ça que j'imaginais nos retrouvailles. Elle revenait dans ma vie, et je lui tombais dans les bras. Je redevenais la petite fille qu'elle avait toujours connue, la dure à cuire au dehors qui s'effondre seulement auprès de sa grande soeur, et trouvait du réconfort auprès d'elle. Mais les années ont passé, et si j'ai envie de la retrouver réellement, si une part de moi me crie de lui tomber dans les bras, je ne suis pas capable de plus que ce que nous venons justement de partager. Trop d'années, trop de souffrance, aussi, et elle n'était pas là.

C'est le cas aujourd'hui, pourtant, et si je ne suis pas aussi démonstrative que je le devrais, je suis réellement heureuse de la revoir, au fond. C'est seulement que ce jour n'est pas vraiment le plus adapté aux larmes de joie. Les larmes, pourtant, se font la part belle dans nos deux vies, apparemment. Je suis pas la personne la plus empathique du monde, loin de là, mais la souffrance de ma soeur est assez criante, en réalité. Sa souffrance, sa détresse, son mal-être, échos douloureux aux miens. Elle a mis fin à sa grossesse, perdu l'homme qu'elle aimait. Et j'avoue que je reste perplexe quant à ce qu'elle a vécu, partagée entre une vague de sympathie comme elle en souffre visiblement encore, et une sorte de colère face à ce qui ressemble fortement à une monumentale connerie pour moi.

« Je suppose qu'il est resté là-bas, j'en sais trop rien… Quand je lui envoie un message je t'avoue qu'il ne répond pas, ce qui est compréhensible vu ce que je lui ai fait. »

Je ne sais pas trop quoi répondre, au risque de paraître plus froide que je ne le souhaiterais. Je me demande tout de même si elle l'aimait vraiment, ce type, pour ne pas lui avoir fait part de la situation, pour avoir pris cette décision toute seule, d'autant plus qu'elle la regrette visiblement - ce que je ne peux que comprendre. Je suis pas sûre que Dieu lui ai donné cet enfant pour qu'elle en arrive là, je pense pas que ça puisse être un genre de punition douteux pour les mauvaises décisions qu'elle a pu prendre jusque-là. J'ai plus l'impression que c'en est qu'une de plus, en fait, mais j'ai déjà énoncé en partie mon point de vue, et j'ai pas envie de la blesser davantage, de la voir s'éloigner parce que je sais pas dire les choses avec des formes.

Elle ne va pas bien, je le vois bien, je le sens sans doute plus facilement parce que ça entre en résonance avec mon propre malaise. Je la vois observer mon verre, et comme elle m'a dit avoir commencé à boire après l'avortement, j'imagine que ça doit pas être évident pour elle de me voir avec. Ca doit pas être évident de bosser ici, non plus, d'ailleurs.

« Tu sais, on n'est pas obligées de parler de moi, en fait on ne va plus parler de moi… Parce qu'on dirait que ça te fait rappeler des trucs, enfin je pense alors… Voilà. Et puis tu sais, si personne n'est avec toi, ils ont tort, tu es la plus belle personne que j'ai pu rencontrer dans ma vie, tu as des yeux magnifiques sans oublier ce petit sourire qui n'a pas vraiment changé avec le temps… Tu es magnifique Sharona et si les autres ne sont pas capables de t'aimer dignement, moi je le ferai. Tu es ma petite sœur, on a le même sang et personne ne changera ça tout comme personne ne changera le fait que je t'aime très fort. »

Ca fait trop d'un coup là. Je la dévisage un moment, un peu gênée d'être un livre ouvert sur certains points - oui, ça réveille des souvenirs, mais je les laisse passer sous silence - complètement abasourdie par le reste. La plus belle personne qu'elle a pu rencontrer, hein ? Elle a pas dû tomber sur des gens bien reluisants alors... Et puis il y a ce baiser sororal sur ma tempe qui réveille des souvenirs d'enfance que je croyais depuis bien longtemps oubliés. Je pensais pas que ça me semblerait si naturel... et elle est, définitivement, une des seules personnes à pouvoir me toucher sans que je parte en courant. Je secoue la tête, soupire, et finis par lâcher, dépitée.

« I'm a complete mess... »

Faut que j'explique, je suppose ? J'en ai pas vraiment complètement envie, et en même temps, je sens bien que j'ai besoin de l'ouvrir, et à qui d'autre que ma grande soeur je pourrais confier ça ? Je l'ai fait auprès de Mack - il y a une éternité me semble-t-il - mais je me rends bien compte qu'elle a de moins en moins de temps pour moi. Est-ce que ça va être à nouveau le même schéma ?

« C'est pas de la faute des autres, si j'ai personne dans ma vie. C'est juste... moi... Il y a beaucoup de choses que tu sais pas sur moi. »

J'ai pas vraiment envie de l'accabler davantage, mais je peux pas lui expliquer sans ramener ça à son départ... Tant pis. Elle a le droit de savoir, et j'ai besoin de ma grande soeur.

« Tu sais, quand je me suis retrouvée toute seule dans ce camp de merde... Ce que tu sais pas, c'est ce qu'il s'est passé là-bas... Il y avait essentiellement des garçons gays ou supposément gays, et puis il y avait cette fille et moi. Elle était presque majeure, moi j'étais qu'une gamine de douze ans paumée qui comprenait pas ce qu'elle foutait là. Et manifestement, je lui ai plu. Ou c'était qu'elle avait personne d'autre sous la main... 'Fin bref, elle m'a coincée dans un coin un jour où on s'est retrouvées seules toutes les deux. Je te fais pas un dessin de ce qu'elle voulait, moi j'étais tétanisée. J'arrive toujours pas à comprendre que je lui ai pas collé mon poing dans la tronche, mais ce jour-là, je sais pas, j'arrivais pas à bouger. Il s'est... rien passé vraiment, au final, parce que Tyler est intervenu, elle avait juste ses lèvres sur les miennes et les mains sur moi. Tyler, c'était un des grands, il allait avoir dix-huit ans. Ses parents étaient aussi étroits d'esprit que les nôtres. Il m'a... sauvée, si on peut dire. Et je l'ai plus lâché du séjour. »

Mack a beau m'avoir sermonné quand je lui ai raconté tout ça, parce qu'une partie de moi minimisait la chose, je sais pas dire ça autrement.

« J'arrive juste pas à avoir des contacts physiques avec qui que ce soit d'autre que toi, lui, et un peu ma coloc. Le reste du monde me frôle et je frappe sans crier gare ou je prends la fuite... »

Je soupire, vois mes mains trembler sur mon verre. Dieu que je déteste être comme ça ! Je repousse mon verre vers elle, je crois que j'en ai besoin de plus d'un, même si ça doit lui rappeler de mauvais souvenirs, à elle.

« Tyler est ici, à Londres, tu vois. Quand je suis partie et que les parents ont fait couper ma carte - ouais, ils se sont pas arrangés - il m'a hébergé quelques temps, histoire que je trouve un appart... Aux dernières nouvelles, il sort avec un type que j'arrive pas à m'expliquer tant il peut être adorable avec de parfaits inconnus. Il m'a empêché de refaire le portrait de l'ex de mon meilleur ami qui est venu à l'enterrement, c'est aussi lui qui m'a mis en relation avec ma coloc et mon proprio... Bref, il est cool. Mais je crois bien qu'il se soucie plus de mon cas que Ty', quand bien même je peux pas m'empêcher d'avoir toujours une certaine admiration pour lui. »

Et ça me fait mal, mais je peux pas lui en vouloir d'avoir sa vie de son côté. Qu'est-ce qu'il s'embarrasserait davantage d'une gamine paumée, hein ? Il en a déjà bien assez fait.

« Ca finit toujours comme ça de toute façon. Les gens restent pas. »

Tyler. Ivana. Nikolaï. Particulièrement Nikolaï. Mais avant que je parle de lui, je crois qu'il va vraiment me falloir un autre verre...
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# Re: When the past comes to haunt you - Sharona
message posté Dim 30 Avr - 18:37 par Kassandra M. Garcia-Brown
Je suis probablement la personne la plus heureuse à l’instant précis, tout simplement parce que ma route venait de recroiser celle de ma petite sœur, la seule personne pour qui je pourrais donner ma vie. Evoquer mon passer, ce que j’ai pu vivre il y a environ quelques mois me rendait un peu triste, tout simplement parce que j’aimais d’un amour sincère cet homme, je pense que jamais de ma vie j’avais croisé un homme comme lui. J’ai été stupide, parce qu’à l’heure d’aujourd’hui, en y repensant jamais je n’aurais avorté de ce petit être, surtout pas d’un enfant venant de l’homme que j’aime. I je n’avais pas avorté, cela aurait laissé une partie de lui en ma compagnie, cela m’aurait permit de me dire que d‘une façon ou d’une autre il était toujours avec moi.

J’écoute avec attention Sharona qui me parle de ce qu’elle a put vivre par le passé lorsque mes parents l’avait envoyé je ne sais où. Je me sens idiote, parce que j’aurais dû protester, dire quelque chose ou la suivre.

« J’aurais du venir avec toi, faire quelque chose pour ne pas qu’ils t’emmènent. Je regrette aujourd’hui, tu n’as pas idée à quel point je suis remplie de remords. Je n’ai pas été digne de ce que j’ai toujours été prétendu et si un jour on pouvait me punir pour cela, j’accepterais la sanction. En ce qui concerne cette fille dont tu me parles, j’espère qu’elle ne croisera jamais ma route, parce qu’autrement elle saura de quoi se chauffe une Garcia-Brown. Quand a ce Tyler, je suis prête à lui donner tout ce qu’il veut pour ce qu’il à fait, pour avoir protéger ma petite sœur pendant que je n’étais pas là. Mais je prends le relais, je ne vais pas passer dix mois à m’excuser Sha’, que tu le veuilles ou non, je suis de retour dans ta vie et je t’aime et je vais plus laisser le temps filer entre nous. Je compte sincèrement prendre soin de toi, je suis sérieuse. »

Dans ces paroles, je sens sa détresse, je la regarde avec compassion avant de prendre son verre vide entre mes mains, me dirigeant derrière le comptoir, je lui rempli a nouveau son verre et je m’en sers un par cette occasion. Me dirigeant vers elle, je pose alors son verre devant elle en m‘asseyant à ses côtés.

« A nos vies pourries. »

Dis-je avant d’engloutir le contenu de mon verre, le laissant filler dans le fond de ma gorge. Cela m faisait bizarre, parce qu’il y a à peine cinq minutes, je lui avouais avoir eut des problèmes avec l’alcool tandis que je vivais l’une des phases les plus compliquée de ma vie.

« Je vais en prendre un second. Je met les tiens sur ma note. »
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When the past comes to haunt you - Sharona
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