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I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)

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# I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Lun 12 Sep 2016 - 20:45 par Solal D. B. Fitzgerald
I'm in a trouble, i'm a troublemaker
Solal D. B. Fitzgerald + Vince D. Stafford

✻✻✻ Un putain de défilé. Après Camille, c'était Romy qui avait squatté mon appartement, du début d'après-midi, jusqu'au lendemain après-midi. Elle venait tout juste de partir, et Vince se ramenait. J'étais las, épuisé de me forcer à aller bien. Je voulais juste m'étendre, et déprimer. Et ne penser qu'à moi, rien qu'un instant. Mais je n'en avais pas le droit, on me l'interdisait. J'avais envie de remercier ces trois idiots de me le rappeler. Mais j'aimais me plaindre. Je me levais et attrapais les cendriers. L'appartement était de nouveau propre. Les bonbons et les cheveux ne jonchaient plus le sol. Mes cheveux. Putain de Romy. Putain de chewing-gum. Après des années à conserver cette longueur sauvage, il avait fallu tout couper, à cause d'un mâchement non maîtrisé de la part de Camille. C'était tout un monde qui s'effondrait. Je soupirais et me dirigeais jusqu'à la cuisine. Je vidais le cendrier dans le sac poubelle et ouvrais le frigidaire. J'attrapais une bière et retournais dans ce canapé que je ne lâchais presque jamais. La forme de mes fesses y était tatoué sur le cuir noir de l'assise. Je me laissais tomber en arrière et attrapais une clope. J'étais déjà assez défoncé comme ça pour me rouler un joint. Je l'allumais et fermais les yeux. Mes paupières étaient lourdes, ma vision trouble. Je sentais comme une pierre sur mon cœur, me privant de toute force. Je n'avais pas envie de bouger, je n'avais pas envie de pleurer. Je voulais simplement rester là et oublier. Oublier que certaines choses n'allaient pas comme je le désirais. Oublier que nous n'avions pas passé Glastonbury tous les quatre ensembles. Oublier que mon père n'était toujours pas présent. Qu'il ne l'avait jamais été. Oublier, que les autres n'étaient pas les seuls à risquer de perdre quelqu'un. Que moi aussi, je pouvais perdre les gens que j'aimais. Que je pouvais perdre Julian ou Elsa dans cet incendie de la Scala, ou que je pouvais perdre l'étrange magie qui nous réunissait, Camille, Vince, Romy & moi. J'aimais ces tarés. Mais parfois, je regrettais de les aimer autant. Je regrettais d'avoir cette incertitude, cette peur constante que ce petit bonheur dans lequel ils me faisaient vivre se termine. Qu'ils partent, qu'ils se perdent. Qu'ils meurent et m'abandonnent. Si moi j'étais exposé à la mort, eux n'étaient à l'abri de rien. Ce monde était si imprévisible, et parfois si cruel. Je soupirais et me redressais. J'ouvrais ma bière, et bus une gorgée. C'est alors que j'entendis frapper. Mon abruti était là. Je me levais, et d'un pas lourd, allais ouvrir la porte. Je ne pris pas la peine de saluer convenablement mon meilleur ami et le laissais fermer la porte. Puis, je retournais dans mon canapé. « C'est quoi l'urgence ? » Je levais les yeux vers lui et lui laissais de la place pour qu'il s'assoit. Je me rendis alors compte que cela faisait trop longtemps que je n'étais pas allé skater. Que je n'étais plus sorti de chez moi. D'ailleurs, cela faisait deux mois que je ne m'étais pas rendu aux réunions pour les Parkinsoniens précoces. Elsa me manquait. Je me tournais alors vers Vince et l'observais. Il avait vraiment une sale gueule. Je lui donnais alors une tape sur l'épaule et demandais, énervé : « Et c'est quand que t'arrêtes tes conneries ? T'attends l'overdose, connard ? » Je n'étais certes, pas le mieux placé pour parler de drogue, et d'abandon de soi. Mais je tenais à Vince, et je ne voulais pas le voir crever. C'est justement parce que j'ai peur de vous perdre que je suis dans cet état là Vince, pourquoi tu continues ? Tu cherches à m'enterrer plus tôt que prévu ? Je regardais mon meilleur ami. Quelque chose n'allait pas, quelque chose n'allait pas et depuis des mois il gardait tout cela pour lui. Nous n'étions pas des grands bavards dans cette bande des trois mousquetaires, ou en réalité nous étions quatre, comme dans l'histoire d'ailleurs. J'étais juste celui qu'on avait oublié, parce que je n'allais pas rester longtemps. Ça m'allait ainsi. Je voyais mes meilleurs amis se détruire depuis trop longtemps déjà. Et je les laissais faire, alors qu'eux faisaient en sorte que je ne me détruise pas. Vince coulait, et je devais être là pour l'aider à remonter la pente. C'était mon rôle. Cesses d'être le sol sur lequel s'échouer, Solal. Et deviens le soleil.  
✻✻✻
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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Lun 12 Sep 2016 - 22:54 par Vince D. Stafford

something was starting to take shape, out of magic and will. smoke and bone. Je restai planté là, les yeux perdus entre les rainures du sol. L’appartement de Solal m’appelait. Il chantait les psaumes d’une allégresse que je m’étais interdit depuis des jours. C’est quoi cette merde ! J’étais lassé des sentiments. Je ne comprenais pas leur étendue, ni la raison de ces changements soudains. Mon souffle se brisait au fond de ma gorge. J’étais sevré depuis le matin. Pas de drogue, seulement un million de regrets et d’incertitudes. L’expression de Romy tournoyait sans cesse autour de ma tête. Elle m’observait avec étrangeté, parce que j’avais manqué à toutes nos promesses. Je l’avais embrassé lorsqu’elle ne le voulait pas. J’avais continué, même si elle voulait que je m’arrête. Peu importait maintenant. L’équilibre était brisé. Le drame en valait-il la peine de rester humain ? En valait-il la peine de rester sobre ? J’esquissai quelques pas dans le couloir. Mes chaussures laissaient échapper un petit bruit ténu alors que je toquais à la porte. N’ouvre pas, mec. J’espérais qu’il soit absent, que la maladie, une autre occupation, l’ait contraint à quitter la ville. J’espérais que le silence tombe sur mes pensées pour que j’échappe à la fatalité d’une confession. Mais Solal était toujours là lorsqu’on avait besoin d’une oreille attentive. Un sourire aimable auréolait les contours de son expression lisse. Il marchait sur une cendre à peine refroidie. Tandis que la mienne, brûlait encore d’un feu follet. Elle cramait toutes mes perceptions. Je soufflai entre mes doigts avant de m’affaler sur le canapé. Mes genoux étaient repliés sur le sofa, mais je ne sentais déjà plus les courbes de mon corps. Je me perdais entre les coussins et les objets immobiles. Je devenais l’ombre dans laquelle s’amenuisait le silence. « C'est quoi l'urgence ? » Je relevai le menton vers la silhouette filiforme de mon meilleur ami. Je refusais de nommer l’objet de mon urgence. Je refusais de lui confier mon secret. Il me semblait terrible d’aimer Romy. Je ne pouvais pas m’arrêter sur de tels attributs après toutes ces années. Elle était mon tournesol, la fleur qui tournoyait dans les champs afin de retrouver l’éclat aveuglant du soleil. « Et c'est quand que t'arrêtes tes conneries ? T'attends l'overdose, connard ? » Je haussai les épaules avec insouciance. J’en avais assez des jugements. J’avais sombré dans l’addiction mais je contrôlais encore mes décentes. La drogue était une douce habitude, une exhibition de mes talents d’artiste. Un saxophoniste était plus talentueux, la bave en bouche ! Je soupirai en joignant les bras sur ma poitrine. Romy, t’es encore partie. Il était si difficile de me pardonner lorsque je regardais ses yeux tristes, lorsque j’effleurais ses mains décharnées. Si elle n’avait pas le courage de me détester, alors je m’éloignais pour me punir. Je frémis en vacillant vers le rebord de la table. Mon âme s’était asséchée. Je ne voulais plus parler, pourtant il fallait élever la voix pour s’exprimer. Je tendis mes jambes en grognant. Mon corps était fatigué. Je l’avais abusé dans les opiacés. Je l’avais abusé dans les erreurs.« J’ai juste envie de planer. La vraie vie c’est chiant.» Marmonnai-je invitant Solal à prendre place à mes côtés. Je repliai lentement les coudes afin de sortir mes feuilles de tabacs et les racines de cannabis. Je roulai en entonnant les notes d’une chanson populaire. Il savait déjà, il pouvait ressentir l’imminence de ma confession. Alors, je le laissai languir dans le doute. J’allumai mon joint et tirai une longue latte. Un rire cristallin résonna dans ma tête alors que je lui tendais l’objet précieux. «J’ai grave foiré avec la Romy. Tsais on galoche souvent. Mais cette fois j’ai trop merdé. Je la voulais pour vrai. Et maintenant, elle fait genre.» Je détournai mon attention. Je ne voulais pas me lancer dans une réflexion psychosomatique sur les origines de mes sentiments. Je refusais qu’on associe mon malaise à un complexe sous-jacent, à un souvenir passé ou à de la lâcheté. Je n’avais jamais envisagé Romy comme une femme. Je m’étais simplement exercé à séduire à ses côtés. Ce déclic était nouveau. Cette sensation ne m’appartenait pas.

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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Sam 17 Sep 2016 - 15:43 par Solal D. B. Fitzgerald
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✻✻✻ Je n'étais pas de bon conseils. A vrai dire, je n'étais pas bon tout court. Ma vie était à rebours. Chaque jour me rapprochait un peu plus du dernier. J'allais amener plus de douleur que de bonheur. J'étais nocif. Pour moi-même, pour les autres. Après tout, c'était mon corps qui avait décidé de se retourner contre moi, de me faire la guerre.  C'était mon corps qui refusait que je m'en sorte. J'étais une tâche bleue sur une feuille blanche. Bleue, parce que j'apportais des instants de douceurs à mes proches. Une tâche, parce qu'elle s'étalait, lentement. Elle prenait une place considérable sur la feuille, et il était impossible de voir jusqu'où elle allait glisser. Mais elle s'arrêtera, lorsque son liquide foncé atteindra les bords de la feuille. Sa place est limitée. Sa durée de vie, tout autant. Elle finira par sécher, laissant sur cette feuille, le souvenir de sa vie si peu consommée. J'étais une tâche parce que j'allais laisser une marque indélébile dans leur vie. Et cette marque allait avoir des conséquences. Je suivais mon ami alors qu'il se rendait dans le salon. Il s'installa dans le canapé, et je restais debout, quelques instants. Il voulait se défoncer. Je hochais la tête. J'étais toujours prêt à me défoncer. Je me dirigeais dans la cuisine, et fouillais dans le frigidaire. J'en sortis deux bières fraîches. Puis, j'ouvris un placard et attrapais un paquet de chips. Je revins auprès de Vince, et m'installais dans le canapé, en posant l'essentiel d'une bonne après-midi sur la table basse. J'attrapais le joint qu'il me tendit et l'apportais à mes lèvres.  Je l'écoutais parler et me tournais brusquement vers lui, horrifié : « Vous vous embrassez ? Mais pourquoi ? » Je soupirais, secouais la tête et concluais avec lassitude : « Vous êtes vraiment débiles. » Je passais une main dans mes cheveux et jetais un regard à Vince. Il était vraiment aveugle. « T'as même pas vu que j'avais plus de cheveux. » Je me levais alors et traînais les pieds jusqu'à la salle de bain. Le pot était posé sur le lavabo. Je le pris et revins auprès de Vince. Puis je posais brutalement le bocal contenant mes cheveux sur la table basse, tel un trophée. « C'est tout ce qu'il reste ». Je tournais les yeux vers lui et tirais une nouvelle latte. Puis, tout en recrachant la fumée, je lui tendis le joint. Vince n'allait pas bien. Et je voulais l'aider, mais je n'avais pas les armes pour. Je ne savais pas parler d'amour. Je ne connaissais pas l'amour. Il était attiré par Romy, et il n'y avait rien de honteux. Romy, bien qu'elle ne soit pas une femme à part entière pour moi, était jolie. Camille l'avait remarqué avant lui. Elle méritait qu'on l'aime, elle méritait qu'on tombe amoureux d'elle. Même si, c'était s'attirer de gros ennuis. Partout où elle allait, Romy était protégée par trois imbéciles. Camille, Vince et moi. Mais l'amour, cette fois, venait de l'intérieur. L'amour. Il n'avait pas besoin de me le dire, je le savais. Leur relation avait toujours été ambiguë. Ils s'étaient promis l'un à l'autre, sans pour autant formuler clairement à quoi ils s'étaient promis. Camille avait toujours été un problème dans leur histoire, et moi, j'avais été un tampon entre eux. Cette implosion, cette lutte n'aurait jamais eut lieu si l'amour n'avait pas été en jeu. Je soupirais et je posais une main sur l'épaule de Vince avant de le secouer doucement. « C'était prévisible. Au début elle était toute plate, avec ses longues jambes de mecs. Puis les nichons et le boule sont arrivés. Tu peux pas rester indifférent. » Pour moi, Romy c'était la bouffée d'air. L'esprit féminin dans ce monde de couilles. Elle amenait un peu de sa clarté, un peu de sa douceur à chaque fois qu'elle était près de moi. Mais elle appartenait à ce monde de couilles. Romy n'était ni homme, ni femme à mes yeux. Elle était les deux. A la fois une meilleure amie, et le meilleur pote avec qui je pouvais comparer la longueur de mes poils pubiens – quand il y avait. Romy c'était le coffret Deluxe dans le rayon meilleurs amis. Elle prenait de la place pour deux, sans grignoter sur celle des autres. Parce qu'elle avait ce caractère double, cette sensibilité féminine et ce je m'enfoutiste masculin. Peu importe mon état, elle était capable de me dire quoi faire. Peu importe les situations, elle comprenait. Il n'y avait aucune chance pour que mes sentiments changent à son égard. Mais pour Vince, c'était différent. Elle était la pièce manquante à son puzzle. Elle était un tout. Elle était l'autre, celle qui n'était pas lui, mais dont il ne pouvait se passer pour se sentir entier.  
✻✻✻
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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Dim 2 Oct 2016 - 10:10 par Vince D. Stafford

something was starting to take shape, out of magic and will. smoke and bone. Les heures se transformaient en minutes. Je ne pouvais pas retenir le temps, mes sentiments. Et si je restais. Il n’y avait pas de différence. Romy était un rêve. L’amour pouvait-il exister sans la peur ? J’étais paralysé. Corrompu. Ma tête tourbillonnait dans la pénombre. Je regardais Solal en silence, parce qu’il était plus grand et plus fragile. Il savait mieux. Son corps était conditionné à souffrir. Il avait une maladie compliquée, un truc génétique. Parfois mortel. Parfois tolérable. Je devinais les symptômes dans ses gestes affolés. Je lui imaginais une douleur tacite. Un secret qu’il n’avouait jamais. Hey Birdy, t’as la poisse. C’tte chienne de vie t’as pas épargné. Et je me plaignais encore. Je calquais mes frustrations sur ses malaises afin de nous créer un équilibre. Ici, on ne perdait pas l’espoir. On le consommait à petite dose, à travers la fumée, dans les narines et les fixes. Mon cœur tremblait au fond de ma gorge. Il faisait toujours ça. Je m’installai sur les coussins. Mon dos bougeait de manière hérétique sur le dossier. Le contact moelleux, presque salvateur. Mais je me courbais pour prendre le joint. J’aspirais le poison des esprits. Je me noyais dans les arabesques opiacées. Parce que j’étais au-dessus de la convention. Je voulais arriver au dépouillement total. M’évader pour vrai. Oublier Romy. « Vous vous embrassez ? Mais pourquoi ? » Je hochai la tête - Ouais et parfois on couche. On s’était offert notre virginité à cause d’un pari. Parce que je devais prouver que je n’étais pas un puceau. Et que c’était ma meilleure amie. « Vous êtes vraiment débiles. » Il avait raison. On était débiles. Peu conventionnels. Notre amitié était salit depuis des années. Je crispai mes doigts autour du filtre. « T'as même pas vu que j'avais plus de cheveux. » Je redressai lascivement les épaules. Je n’avais pas remarqué. Je ne m’intéressais plus à grand chose. Solal se leva – il prit la direction de la salle de bain et revint avec un pot. « C'est tout ce qu'il reste. » Je le fixais avec une lueur étrange. J’observais les fluctuations de sa frange ondulée. Les mèches tombaient sur son regard comme une pluie acide, couvrant ses orbites de paillettes argentées. Il avait les yeux expressifs. Il avait les yeux troués. Je pinçai les lèvres alors qu’il effleurait mon profil. Je ne voulais pas qu’on me réconforte. Mon corps dansait dans la nuit. Mon corps outrepassait tous les fantômes. «T’ressembles enfin à un mec. Tu verras ça change la vie.» Soufflai-je d’un air las. Je laissais mes mains glisser sur les rebords de la table afin d’activer ma playlist. On entendait seulement la musique, et le texte. Rien d’autre. Que nous deux. Avec Romy au milieu. Je plissai le front en sortant ma petite boite de métal. Il y avait des dessins, nos initiales gravées avec la pointe d’un couteau. « C'était prévisible. Au début elle était toute plate, avec ses longues jambes de mecs. Puis les nichons et le boule sont arrivés. Tu peux pas rester indifférent.» Je niais l’évidence. Je rejetais toutes ses affirmations. Parce que c’était des conneries. Je secouai mon sachet de coke. La paille ondulait gracieusement entre mes doigts. Puis elle atterrit dans mon nez. Je souris en m’inclinant vers le rail.« T’es aveugle ? Mec, d’où elle a du boule ? Son cul brille par son absence. Je dois me concentrer sur la Kardashian pour bander.» Je déglutis en sniffant la poudre. Je ne voulais pas penser à sa peau rosée. Aux plis de son cou, au creux de ses fossettes magnifiques. Je ne voulais pas imaginer ses lèvres crispées dans une grimace indignée. Mon esprit s’embaumait. Mon cœur grondait comme un tambour. J’étais défoncé – Le rush montait. Il montait trop vite. «C’est pas ses nichons ou sa chatte. C’est Romy – elle m’rend fou parce que c’est Romy. T'peux comprendre t'as la blonde.» Je croisai les bras en roulant sur le parquet. Je riais. J’implosais.
Les étoiles.
La lune.
Le soleil.
Romy était le tournesol qui se courbait vers toutes les lumières.
Et j’en avais aucune.

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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Lun 31 Oct 2016 - 23:57 par Solal D. B. Fitzgerald
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✻✻✻ Tu s'ras toujours seul Solal. Je baissais les yeux. J'enviais leur relation. Je vivais leur histoire par procuration. Leurs états d'âmes, leurs battements de cœur. Leur haine mêlée à l'amour, à l'incompréhension, à l'incertitude. Je vivais leurs déboires amoureux parce que je n'avais pas le temps d'aimer. J'avais passé mon existence à tenter de me dénouer de Wilson. Je n'avais pas regardé autour de moi. Je n'avais pas cherché à aimer. Et désormais, le temps filait trop vite. Glissait de mes doigts sans que je puisse arrêter le temps. Sans qui je puisse me délecter de chaque seconde. Il y avait bien Alexandra. Mais c'était une condamnée, elle aussi. Lexie n'allait pas mourir, mais elle savait que moi, si. Elle savait qu'il n'y avait pas d'avenir, elle savait que je serai à jamais ancrée dans une période de sa vie, et que je ne dépasserai pas cet instant. Elle me savait éphémère. Elle en avait conscience, et refusait tout attachement réel, décidé, évident. Et je faisais de même. Je n'étais personne pour m'incruster ainsi dans la vie de quelqu'un, pour lui donner l'amour, le bonheur. Et tout reprendre, en un seul claquement de foie. L’hépatique fulgurante m'avait bien eut. Elle m'avait possédé, emprisonné, condamné. Elle avait fait de moi sa chose, son objet. C'était elle qui dictait ma vie. C'était Wilson qui dictait mes gestes. C'était la maladie qui guidait mon cœur vers une solitude sans bornes. Je les enviais, parce qu'ils avaient le temps d'aimer. Parce qu'ils avaient la chance d'aimer. De désirer, de posséder. Parfois, je retrouvais la maîtrise de mon corps. D'autres fois, je maîtrisais le corps des autres. Je les manipulais, les touchais, les redécouvrais comme si cela pouvait me lier un peu plus à celui que j'avais perdu. Le mien. Mais ces instants ne duraient qu'un temps. Qu'une soirée. Quelques heures. Et je me perdais, à nouveau. Je perdais tout repère. Wilson reprenait le dessus, s'emparait de mon corps et me remémorait cette fatalité évidente : j'appartenais au temps. Mon corps était le temps. J'étais né entier, mais je grandissais et me décomposais. Doucement. Imperceptiblement. Pourtant, la fatigue était là. Les tremblements. La rigidité. Les psychoses. Je n'étais plus maître de mes gestes, ni de mon imaginaire. Ces ombres, constamment dans l'obscurité de mon appartement, me sussuraient qu'il n'y aurait pas de suite. Seulement quelques péripéties, en attendant le climax, puis la fin. J'allais mourir. Et mes amours, mes désirs, mes envies, j'allais les emporter avec moi, outre tombe. Je regardais le pot qui contenait mes cheveux. J'avais toujours maîtrisé ma chevelure. C'était la seule chose, physique, que j'étais parvenu à garder, à conserver, à contrôler. Et puis le chewing-gum était arrivé. Ce n'était que des cheveux, ils allaient repousser. Mais j'avais échoué. J'avais le cœur lourd, une amer sensation dans la bouche. Ma vie était faite d'échec, et pourtant, je refusais d'accepter qu'une fois de plus, je n'avais pas réussi. Je levais les yeux vers Vince, et tentais de paraître détaché. Ce ne sont que des cheveux. Je tendis une bière à Vince et répondis en apportant la mienne à mes lèvres : « Tu parles. T'as tendance à oublier que mon tableau de chasse est plus fourni que l'tien. T'auras une chance de me dépasser quand je s'rai mort et enterré. Parce que même mort, j'resterai sexy. » Je tournais les yeux vers lui. Il n'avait aucune chance de me dépasser. J'avais enchaîné les coups d'un soir. M'étais même essayé aux hommes, du moins, je n'avais pas dépassé les baisers. L'idée de toucher un organe semblable au mien m'avait refroidit bien assez vite. Tristan était resté pantois, avec ses envoies inassouvies. Et j'étais rentré chez moi, vaincu. Je tournais les yeux vers Vince, soudainement effrayé, comme s'il était capable de lire dans mes pensées. C'était un égarement dont je n'étais pas fier, car je savais qu'il ne comprendrait pas. Il pouvait parfois se montrer très con, et je savais qu'avouer un tel questionnement, c'était m'exposer à toutes sortes de remarques et de blagues pour le restant de mes jours. Je le regardais prendre son rail de coke en tiquant. Je n'aimais pas cette merde qu'il s'infligeait. Je n'aimais pas tout ce que Vince prenait, toutes ces choses qui le détruisaient. Il avait la vie devant lui, pourquoi vouloir l'abréger ? Mais je me retins de ne rien dire. Je n'avais pas le droit de juger. Après tout, je me laissais mourir. « Fais pas le chieur. On sait tous les deux que c'est une belle femme. » Soupirais-je alors en lui piquant le joint des doigts. Il fumait, sniffait, buvait. Je préférais finir son joint et ne plus quitter ce canapé durant des heures que de le laisser se détruire ainsi, sous mes yeux. Je tirais donc une latte, sans aucune intention de lui rendre le joint, et étendais mes jambes sur ses genoux. Il prenait de la place sur mon canapé, et je reprenais mon espace. Je le regardais alors, gravement. « T'en auras mis du temps avant de t'en rendre compte. Ça crève les yeux que tu l'aimes. Elle t'a attendu, sans le savoir, depuis toujours. C'était tellement inconcevable que maintenant... Bah maintenant vous êtes paumé. » Je soupirais, tirais une nouvelle latte et passais mes doigts squelettiques dans mes boucles brunes et bien trop courtes. Je fixais alors le plafond et soupirais, à nouveau. Elsa. La blonde, c'était Elsa. Il parlait sans savoir. Je ne pouvais pas l'aimer. Je lui mentais, chaque jour depuis notre rencontre. Je n'avais rien à lui offrir, rien à lui promettre. Je ne pouvais pas l'aimer. Elle était juste ma bouffée d'air. Plus conséquente que Romy, car plus intense. Plus rare. Plus douce. Elle était les milliers d'étoiles qui recouvraient mon monde. Elle était cette lueur d'espoir dans les bas fonds des enfers. Elle était celle qui m'avait donné la force de vivre. Mais elle était trop fragile pour que je ne m'autorise un tel écart. Je n'avais pas le droit de détruire ce monde merveilleux qu'elle s'était inventée. Ce monde dans lequel était n'était qu'une simple princesse. Où la maladie n'existait pas. Où la méchanceté, le vice, l'égoïsme n'existait pas. Elle était l'être le plus pur que j'avais rencontré. Et j'étais l'être le plus corrompu qu'il soit. Je baissais les yeux vers mon meilleur ami et répondis : « La blonde elle a un prénom.  Et elle au moins elle m'emmerde pas avec ses conneries. Heureusement qu'elle est là quand je n'en peux plus de vous et de vos chamailleries. » Un léger sourire étira mes lèvres. Vince ne retenait jamais rien, car Vince ne faisait jamais attention. Il vivait dans un monde dont l'élément principal n'avait toujours été que lui. Et désormais, il découvrait qu'en réalité, ce monde était régit par Romy. Il ouvrait les yeux, il apprenait à se préoccuper de son entourage, mais il avait encore du chemin à faire. Beaucoup de chemins à faire avant de comprendre qu'il n'existait pas seulement quatre types de relations : l'amour, le sexe, la haine et l'amitié. Elsa n'appartenait à aucune de ces relations.  Je l'aimais, la désirais, la haïssais, la protégeais. Mais je ne voulais en aucun cas que notre relation change. Elle était un diamant brut, et coller une étiquette sur ce que je ressentais pour elle, c'était risquer de la briser. De briser cet univers qu'elle avait construit, et qu'elle m'avait autorisé à découvrir.  
✻✻✻
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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Mar 7 Fév 2017 - 18:57 par Vince D. Stafford

something was starting to take shape, out of magic and will. smoke and bone. Cinquante secondes – une fraction de poussière. Mon esprit flottait dans la chambre comme une lumière moelleuse. Le cannabis s’embaumait sur mes vêtements froissés par l’hiver. J’étais paumé dans ma relation avec Romy. J’aurais voulu être plus délicat, avoir l’intelligence romantique pour la retenir dans mes bras. Pour de vrai. Mais je n’étais qu’un gosse de rues. Un saxophoniste désabusé qui traînait ses instruments dans les bouches du métro. Je laissais mes pensées sur les rails de fer. Solal, t’es con. T’es malade. Je voulais lui dire de fermer les yeux, de dormir un peu. Il en avait besoin. Sa mine était blafarde depuis qu’il avait cessé de s’inquiéter de l’avenir. Il n’y avait pas d’espoir pour les cœurs tordus. Mais il faisait parti de mes meilleurs amis. Je vacillais en marchant entre les meubles. Le salon dansait entre mes cils, il prenait la forme brumeuse de l’extase. La vérité, je m’étais déjà défoncé avant de venir. Mon sang bouillonnait dans mes veines, criant – hurlant à la lune éternelle. Je posais ma tête sur le canapé en souriant. Les mots étouffaient dans ma gorge. Je n’avais plus de reproches. Je rejetais les explications et mon affection. Elle était trop belle – trop intelligente pour un loser. Je ne méritais pas ses attentions. Je ne méritais ses baisers dérobés sur les pavés de la ville. On était trop vieux pour jouer au docteur. On était trop amoureux pour s’avouer nos tourments. Je soupirais en allongeant mes jambes sur la table basse. J’avais enfin senti, après plusieurs heures de vagabondages, combien ma fatigue était grande. Je bougeais mes poignets au-dessus du cendrier. Je me languissais du contact de l’acier et des vapeurs de la coke. « Tu parles. T'as tendance à oublier que mon tableau de chasse est plus fourni que l'tien. T'auras une chance de me dépasser quand je s'rai mort et enterré. Parce que même mort, j'resterai sexy.» Je ne bougeais pas – sa voix nourrissait mon apathie. De quoi parlait-on ? Tableau de chasse ? J’en avais rien à foutre des chattes. J’en avais eu assez pour une vie. A cet instant, j’étais obnubilé par les chimères de Romy. Le parfum boisé de ses cheveux sur ma peau. Merde, je tripe à l’envers. Je me redressai maladroitement sur le dossier. « T'en auras mis du temps avant de t'en rendre compte. Ça crève les yeux que tu l'aimes. Elle t'a attendu, sans le savoir, depuis toujours. C'était tellement inconcevable que maintenant... Bah maintenant vous êtes paumé. » Il gâchait mon plaisir. Je grognais en ignorant ses analyses psychologiques. Solal ne pouvait pas comprendre. C’était plus compliqué que l’amour – il y avait trop pas à perdre. Je ne mesurais pas la valeur de mes sentiments. Je n’avais aucune limite, aucun sens de l’honneur. «La blonde elle a un prénom. Et elle au moins elle m'emmerde pas avec ses conneries. Heureusement qu'elle est là quand je n'en peux plus de vous et de vos chamailleries.» Je le fixais avec étrangeté. J’imaginais des silhouettes dansantes autour de son visage saillant. Je me penchais avec lenteur, puis je claquais mes doigts sur sa joue. Je riais alors qu’il s’embourbait dans une conversation stupide. On est pas cons, mec. On a juste la flemme. D’aimer. De réaliser. De se laisser porter. J’écrasais le mégot sous ma semelle. Les traces de la cendre auréolaient mes chaussures usées, tel un voile magique. Une preuve de mon insubordination. « J’parle de personne. C’est toi qui confond une aprem fumette avec les feux de l’amour. J’aime Romy. Je l’aime pas. C’est plus la question. J’veux que ça s’arrête. J’veux qu’on redevienne comme avant – t’sais quand je détestais Camille et qu’elle couchait avec le livreur de pizza.» Je haussai les épaules avec désinvolture. «Maintenant, j’ai des envies de gonz. J’ai failli lui offrir des fleurs ce matin. Tu t’rend compte ? C’est écœurant.» Râlai-je en roulant un autre joint.

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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Dim 26 Fév 2017 - 19:37 par Solal D. B. Fitzgerald
I'm in a trouble, i'm a troublemaker
Solal D. B. Fitzgerald + Vince D. Stafford

✻✻✻ Vince semblait traverser les crises adolescentes depuis des années. Il ne grandissait pas. Il n'apprenait jamais de ses erreurs. Il restait toujours bloqué, coincé dans sa manière enfantile de voir le monde. Si tu savais comme t'es con, mon pote. Agacé, je détournais le regard et tirais une nouvelle latte sur mon joint. Il ne m'écoutait plus. Mes mots se perdaient dans le silence, volaient comme des échos sans jamais atteindre son cerveau. Je me fatiguais pour rien. Las, je me levais, et aller chercher un paquet de chips. Je le tins fermement contre mon coeur et regardais mon meilleur ami. Cherche pas à en avoir, tu m'casses les couilles. J'entrepris donc de me goinfrer de chips, pieds posés sur la table. A fixer le vide. Je n'avais rien à lui dire. A vrai dire, je n'avais pas envie de parler. Il n'écoutait jamais. Il se délectait de nos après-midi fumettes, mais il ne cherchait jamais à en tirer quelque chose. Désormais, sa présence me frustait. Elle ne me donnait aucun baume au coeur, elle ne me rendait pas heureux. Il était là, défoncé, à me parler de choses, puis à les fuir. Nos conversations ne menaient à rien. Depuis quelques temps, notre amitié ne menait à rien. Il reprit la parole, et comme toujours, je l'écoutais. Fermes ta gueule, t'es con. Je pris une longue inspiration et passais une main dans mes cheveux courts et bouclés. « Alors ta gueule si tu veux pas parler.» Lançais-je, durement. J'attrapais la télécommande, et montais le son. Et il reprit. Il m'dit qu'il l'aime pas, et la seconde d'après, il m'avoue avoir voulu lui offrir des fleurs. Je tournais la tête vers lui. Il roulait déjà un autre joint. On venait de fumer. Je me penchais vers lui, et attrapais la beuh et le grinder. Je les tenais fermement. « Tu veux que je te prépare ta seringue et ton rail de coke? Ca t'arrive de t'arrêter parfois? » J'en avais assez de m'occuper de lui, j'en avais assez d'être toujours là pour lui alors qu'il se détruisait. Je perdais mon temps, gaspillais mon énergie. Il ne méritait pas que je vive pour lui. Mais il avait la chance que Romy soit là. Il avait la chance que je sois fort, et que je tienne à lui. J'apportais une cigarette à mes lèvres et pris la télécommande. Je zappais les chaines de télévision, à la recherche d'un programme intéressant. Je préférais faire l'autruche. Je ne voulais plus lui ouvrir mon coeur, car il n'en faisait plus rien. Il avait cessé d'écouter, il s'était réfugié dans la drogue comme si cela pouvait l'aider à aller mieux. Mais il se trompait. Rien d'autre que nous n'était en mesure de l'aider, et pourtant, il ne voyait rien. J'avais le sentiment qu'il m'en voulait d'être malade, il m'en voulait d'être éphémère. Mais je n'y pouvais rien. L'hépathite fulgurante avait changé quelque chose. J'avais failli crever sous ses yeux. Il ne voulait pas me perdre. Mais moi, j'en avais assez qu'il se perdre. Je me sentais à la fois coupable, et blessé de son comportement, de cette haine silencieuse qu'il portait pour moi. Moi aussi je haissais Wilson, moi aussi j'voulais juste me défoncer la gueule. Mais je ne le faisais pas, car je tentais de rester fort. Un minimum. Je tournais la tête vers lui. « Pourquoi t'es là? » J'aimerai pouvoir me rouler en boule sous ma couette comme un fragile, mais t'es là, tu casses mon bail connard. Il tourna à son tour la tête vers moi. Il ne ressemblait plus à rien. Je voyais la fatigue, les effets secondaires de la drogue sur lui. Il allait finir par boire des 8.6 sur le parvis de la mairie, avec tous les autres alcooliques pauvres du quartier. Il se détruisait, lentement. Et parfois j'étais heureux de ne pas pouvoir vivre assez longtemps pour voir cela.
✻✻✻
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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Jeu 2 Mar 2017 - 0:07 par Vince D. Stafford

something was starting to take shape, out of magic and will. smoke and bone. Les souvenirs s’évanouissaient sous les néons de la ville. Le soleil couché sur la plaine, le tournesol meurtri sur la colline. Mes visions étaient nuancées par les voiles de l’hiver. La coke était mon amante pour la nuit. Les feuillées mâchées, la pâte fumée, la poudre suiffée - le crack inhalé, je connaissais toutes ses utilisations. Les effets de l’euphorie se répandaient dans mon coeur pour mieux l’arrêter. Solal j’vais mourir comme toi. Ma fascination m’avait conduit jusqu’au pas de sa porte. Je n’étais plus dépendant à la drogue. Le conglomérat de cristaux s’était fendillé sur ma langue. J’étais ici pour l’amitié. Pour toutes ces années perdues à se retrouver dans les corridors de Londres. M’avait-il déjà entendu jouer dans les allées du métro ? Je soufflais dans l’instrument afin de briser les vacarmes des passants. Le saxophone exprimait notre léthargie. Il exhalait mes sens. On aime pas. On s’laisse faire.  Je voulais lui prêter mes yeux, lui montrer les coeurs exténués par l’anarchie. La sainteté c’était la maladie. Solal se précipita vers la cuisine afin de ramener des chips. Je ne bougeais pas, le corps réduit entre les coussins du canapé. Je ne répondais plus à ses remarques, à ses gestes désobligeants. Le son de la télévision s’élevait contre mes tympans. Je souris sans rétorquer. Je me fichais de sa petite vendetta. De son attitude grincheuse et crispée. Les fumées du joint auréolaient mes pensées. Je me sentais libre dans ma tête, enchantée par les baisers de Romy. Je me contredisais afin de nourrir le déni. Il y avait de la vérité dans mes mensonges. Puis Solal se déroba de ma vision. Sa voix était entrecoupée par les faisceaux de lumière. Je rêvais éveillé, imaginant les courbes fluctuantes de Romy. Ses rires qui s’adressaient à la foule. Elle était magique. «  Pourquoi t'es là? » Je me tournai en furetant. Il posait trop de questions. S’était-il découvert un vagin depuis notre dernière entrevue ? Je haussai les épaules avec désinvolture. «La vérité j’avais envie d’me poser. Hanna m’a banni de l’appart. Il parait qu’il faut tirer la chasse quand tu pisses. J'me disais ici j'peux chier sur l'parquet tranquillos.» Je hoquetai sans prêter la moindre attention à ses attaques. Oui, j’avais fait une OD, ça ne m’empêchait pas d’exister. Je refusais d’être l’un de ces jukies sobres. Je refusais de sevrer un coeur qui se consumait dans les flammes du désir. « Et toi? C’est quoi ton soucis.» Déclarai-je avec lassitude. Je ne me disputais jamais. Il savait qu’il en fallait plus pour susciter mon intérêt. Je tendis mes jambes sur la table basse en soupirant. On ne parlait jamais des vrais problèmes. Parce qu’il m’en voulait d’être faible. Et que je me vengeais en détestant Wilson. J’avais choisi ma première dose, mais ce soir, la drogue glissait dans mon système à mon insu. C’était incontrôlable. Comme les symptômes et les convulsions. Tu vois c’pareil.
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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Sam 8 Avr 2017 - 13:28 par Solal D. B. Fitzgerald
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✻✻✻ Il y avait encore ces confetis éparpillés autour de lui, lorsque je fermais les yeux. Je voyais encore le regard affolé de Romy, je ressentais encore cette peur au fond de mon estomac. Dès que je fermais les yeux. Vince et moi nous étions rencontrés en échange linguistique. Il avait été mon correspondant, malgré les années qui nous séparaient. Si au départ j'avais craint de ne jamais m'entendre avec lui, il avait fallu d'une après-midi pour balayer tous les a prioris. Il avait été mon premier meilleur ami. Il m'avait convaincu de venir à Londres, d'avoir cette vie. Et je lui en voulais d'avoir songé de nous quitter. De me quitter. Je boulotais les chips dans mon canapé en regardant la télé parce que les mots ne venaient pas. Tu m'énerves Vince, je tiens à toi. Nous étions deux handicapés sentimentaux, à tenter de fuir les soucis, à tenter de fuir les conflits. Je n'avais pas envie de lui parler car il n'était pas venu le premier, lorsque ça n'allait pas. Mais je ne voulais pas qu'il parte, jamais. Car au fond, j'étais perdu sans lui. Froidement, je lui aais demandé pourquoi il se trouvait là. Et sa réponse me fit soupirer et lever les yeux au ciel. Je tirais une nouvelle fois sur le joint et répondis en laissant tomber ma tête en arrière : « Ca fait longtemps qu'on a pas mélangé nos jets, d'ailleurs. »Je n'avais pas envie de me battre. Je ne voulais pas me fatiguer à dire des choses qu'il ne comprendrait pas. Parce qu'il décidait, parfois, de se comporter en véritable autiste pour fuir les soucis. Je tournais la tête vers lui et l'observais, discrètement. Il n'était plus l'adolescent idiot et casse cou. Il n'était plus celui avec qui je faisais les quatre cent coups. Il était devenu quelqu'un d'autre. Il avait laissé ses démons le submerger, et ne parvenait pas à s'en sortir. T'es pas obligé de mourir avec moi, Vince. J'aurai voulu lui donner ma force, mon énergie. J'aurai voulu qu'il se nourrisse du peu de lumière que je reflétais pour avancer, pour vivre. Pour ne plus avoir peur. Mais je l'avais confronté au pire. Il m'avait sauvé la vie lorsque je m'étais écroulé dans les rues de Londres. Il était venu me voir plusieurs fois à mon chevet, malgré les bandages et cicatrices qu'offraient mon ventre. Il avait été là. C'était trop tôt. Nous étions trop jeunes. Je me sentais responsable de l'homme qu'il était devenu. Quelque part, j'avais contribué à sa perdition. Je l'avais détruit. Je baissais les yeux. Il me demandait quel était mon soucis. Si tu savais. Je soupirais doucement et passais une main dans mes cheveux bruns. « J'en ai pas, j'suis juste un idiot. » J'aurai voulu pouvoir m'excuser. Mais ça aurait été trop long, trop compliqué, trop difficile. La maladie je ne l'avais pas provoqué. Cette amitié, si. Mais je n'avais pas la force d'avouer mes échecs, d'avouer des échecs que j'accumulais encore aujourd'hui. Avec Elsa. Je repensais au baiser que nous avions échangé à la gay pride. J'avais voulu jouer. Mais je m'étais fait prendre à mon propre piège.
✻✻✻
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# Re: I'm in trouble, i'm a troublemaker (vince)
message posté Dim 9 Avr 2017 - 12:40 par Vince D. Stafford

something was starting to take shape, out of magic and will. smoke and bone. Ce n’était pas faute. Je n’avais pas choisi de mourir ; la drogue était une libération. Seulement ça. Je crispai la mâchoire autour de mon joint. Je savais qu’il s’inquiétait. Il ne voulait pas que je parte, que je m’échoue sur les pavés poussiéreux de Londres. Mais la tentation était plus forte que la vie. L’envie me transperçait le coeur. Elle me brûlait de ses flammes majestueuses lorsque que le fixe s’enfonçait dans mes veines. J’aimais la drogue. Je voulais prendre de l’avance sur Dieu, sur l’église et les autres. Ma passion s’émancipait dans la coke. Les junkies ne faisaient pas semblant. Ils riaient - puis ils plongeaient dans les profondeurs de l’univers. Mes pupilles étaient dilatées. Elles glissaient sur le faciès de Solal. Son expression était creuse et lassante. Je ne voulais plus parler de l’OD. J’en avais assez d’écumer les parades en hurlant mon désespoir. Ce n’était pas moi. Je ne ressentais pas la nostalgie ou la mélancolie. Tout ce que je voulais, c’était l’envol.  La discipline, la cohérence - tout le reste n’existait pas. Je m’enfermais dans la chambre de Romy pour exprimer mes sentiments dans un nuage de fumée. Je réfléchissais dans ses baisers, au creux de sa bouche et de son parfum. Le tournesol se penchait en soupirant sur mon coeur. Et je l’aimais sans savoir. Je l’aimais depuis le début. Solar me jugeait pour ma chute mais il ne voyait pas que je l’appelais. Que toutes mes douleurs courraient vers son étreinte fraternel. Nous étions les enfants de la nuit, les fous furieux, les indomptables. «  J'en ai pas, j'suis juste un idiot. » Je souris en me détachant de sa silhouette. Je ne parvenais pas à m’excuser - je n’étais pas responsable de la maladie, du sentiment d’attachement qui ne reliait depuis des années. Je n’imaginais pas la vie sans lui. Je n’imaginais les soirées et les vagabondages dans les allées du métro. Je ne savais même pas tenir le saxophone dans un monde où il était mourant. Je pressai mes doigts sur le filtre. «On est deux alors.» Je lui adressai un sourire mutin. Le silence enlaçait nos visages crispés; J’aurais voulu me jeter dans ses bras et tout avouer. J’aurais voulu lui montrer qu’il n’y avait pas de mal à être comme ça. Mais je lui en voulais. Je m’en voulais. Je détestais la vie et Romy. Je voulais tout renier à force d’amour. « Mec, je partirais pas. Même si tu le demande gentiment.» C’était la seule façon de lui dire de rester. Nous étions ensemble pour toujours - même dans l’au-delà. Les opiacés nous ramenaient toujours vers le lieu de rencontre. Le ciel. L’enfer. Quelle différence ?
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