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queen of peace long and lost + peter

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message posté Sam 26 Nov - 17:47 par Lyanna Belshaw-McAlister

i've crossed some kind of invisible line. i feel as if i've come to a place i never thought i'd have to come to. and i don't know how i got here. it's a strange place. Je tendis les bras sur la toile. Les lignes se perdaient sur le tissu. Je voyais les éclats cendrés sur crayon qui s’amenuisaient entre les plis de la soie. Les fils se déliaient sur le col afin d’entourer les plumets d’argent. Je souris en dépliant mes croquis. Puis je m’appuyais doucement sur le bord de la table. Il faisait froid – j’entendais les mugissements du vent et le cliquetis des averses sur la fenêtre. J'imaginais les passants qui se réfugiaient sous les toitures des bâtiments. L’odeur de la chaussée humide glissait sur les parois. Je me laissais complètement submerger par l'effervescence de la rue, mais je restais là, repliée contre le mur. Immobile. Silencieuse. Emerveillée par le toucher de l’étoffe. Je me tortillais, le cœur hagard, le regard couvert par les ondulations des rubans.  Liam avait un rendez-vous important. Je ne l'avais pas vu. Comme à son habitude, il s'était levé aux aurores puis il s’était noyé dans le travail. Sa stature vaniteuse se mélangeait aux vapeurs grises des cigarettes. Je savais qu’il fumait – mais je ne disais rien. Ses choix lui appartenaient. Autant que mon amour. Je souris en imaginant sa chevelure qui ceindrait la lumière, recréant le contraste entre le rêve et la réalité. Je plissais les yeux en essayant de retenir son reflet entre les voilages de l’Organza. Mais il n'était plus là. Il suffisait d’un battement de cils. Et tout pouvait disparaitre. Je vacillais dans le couloir. Ma silhouette papillonnait entre les décorations pour retrouver la chambre de Louis. Il s’était allongé dans son berceau, les mains repliées sur une peluche de lapin. Je me penchais lentement, portée par un sentiment de quiétude étrange. Mes doigts effleuraient ses joues rosées. Il grommela en me fixant d’un air enfantin. Son expression était cristalline – elle ne jugeait pas mes secrets, ni les troubles alimentaires.
« On va faire une ballade ? »
Je me tournai vers la vitre.
Il pleuvait encore.
Ce n’était pas une bonne idée.
Je roulai des yeux en le prenant dans mes bras.
« On peut aller dans la serre. Et regarder les fleurs.  »
Louis fronça les sourcils en s’accrochant à mon cou. Il tirait sur le col de mon chemisier – comme pour faire écho à mes paroles. Je le bordais avec délicatesse, puis je préparais la poussette. On se dirigea vers la station de taxi.
Le parc était immense. Ses couleurs se courbaient sur les arcs transparents du verre. Je me dirigeais vers les expositions florales. Je marchais avec élégance, les cheveux ornés de perles. Mon regard balayait l’espace. Je lisais les pancartes d’une voix suave, racontant l’histoire des plantes, l’origine des graines et leurs symboles. Louis claquait les mains. Il semblait comprendre – Je souris en traversant l’esplanade. Puis les roues de ma poussette se bloquèrent dans un conduit. Je me renfrognais afin d’analyser les dégâts. Je tentais de tirer, mais je ne faisais que m’enfoncer dans l’obstacle. Je tournais la tête en grimaçant. Puis je fis volteface en reconnaissant un visage familier. Peter Montgomery. Il s’avançait vers moi. J’ouvris subitement mon sac, afin me repoudrer le nez. Il n’avait pas changé. Sa démarche était toujours aussi animée. Je plissai les yeux – afin de capturer les souvenirs de notre relation. Mais un nuage de lumière embrouillait ma vision.
« Oh mon Dieu. Peter. » M’exclamai-je avec un accent prononcé.
Je tendis les bras afin de l’étreindre.
«Je ne t’ai pas revu depuis …  »
Je m’interrompu brusquement.
Depuis notre rupture au bord de la mer.
Les mots s’étaient enchaînés.
Les reproches – les faux semblants.
Je hochais simplement la tête. C’était étrange. La frénésie du passé se mélangeait à la surprise d’une rencontre fortuite. Je me souvenais de nos baisers – des promesses de jeunesse. L’emprunte des sentiments était parfois si forte qu’elle semblait immuable dans ma mémoire.
« Tu as l’air plus vieux. » Le taquinai-je en joignant les mains sur ma poitrine.
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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Dim 11 Déc - 15:10 par Peter Montgomery
Ever try to hold a butterfly? It can’t be done. You damage them, “he said. ‘As gentle as you try to be, you take the powder from their wings and they won’t ever fly the same. It’s kinder to let them go. ✻✻✻ Les gouttes rebondissent contre la fenêtre, et Peter observe le spectacle succinctement alors qu’il rassemble ses affaires. La réunion a duré plus longtemps que prévu, et il n’est pas convaincu à cent pour cent. Pas facile de prendre la décision sans son partenaire de toute façon. Partenaire qui aurait dû venir avec lui normalement, mais qui avait annulé à la dernière minute. Rien de dramatique en soi, ce n’était qu’un rendez-vous avec un possible fournisseur. Peter a pris des notes et pourra en discuter avec Graham dès demain. « Je vous recontacterais dans la semaine avec la réponse. Bonne journée. » Et ils se serrent la main, avant que Peter ne sorte.
Les gouttes tombent toujours, nombreuses et glaciales. Peter remonte le col de son manteau, se protégeant au maximum. Mais rien n’y fait. Autour, les passants courent, ou s’abritent sous un parapluie qu’ils ont eu le réflexe d’emmener. Peter accélère le pas, pressé d’arriver chez lui, puisqu’il n’a que peu de temps avant de devoir retourner au restaurant pour le prochain service. Pour aller plus vite, il coupe par le parc. Il habite ici depuis assez longtemps pour savoir que ce n’est pas forcément un raccourci mais au moins, il pourra être un peu à l’abri. Des arbres privés de leurs feuilles d’abord, puis le toit d’une serre. Il ralentit le rythme une fois totalement à l’abri, ne souhaitant pas s’épuiser. Il n’avait pas voulu prendre sa voiture parce que le rendez-vous n’était qu’à dix minutes à pied de chez lui, mais il le regrette en sentant les gouttes d’eau froides tomber dans son cou, goutte à goutte de ses cheveux trempés. Sans doute serait-il temps qu’il achète un manteau avec une capuche, parce qu’il n’a jamais le réflexe de prendre un parapluie, et qu’il se fait trop souvent surprendre par le temps capricieux de la capitale anglaise.
Alors qu’il considère l’idée de prendre une douche chez lui avant de repartir, quitte à être en retard mais pour éviter de tomber malade, son regard s’arrête sur une silhouette à côté de fleurs qu’il n’a pas regardées depuis qu’il est entré. Avec la pluie, les lieux sont déserts, et il est surprenant de croiser quelqu’un ici, d’autant que la personne est avec une poussette. Mais le plus surprenant, c’est la personne qu’il reconnaît alors qu’il s’approche de plus en plus. Il croit d’abord halluciner, trouver une ressemblance et mal l’interpréter. Mais il s’approche de plus en plus, et elle ressemble de plus en plus à Lya. Surtout qu’elle finit par s’approcher, l’ayant reconnu, elle aussi. « Oh mon Dieu. Peter. » C’est l’occasion ou jamais de le dire. Il répond à son étreinte, sans trop savoir ce qu’il doit faire. Il tapote une ou deux fois dans son dos, avant qu’elle ne se détache de lui. Elle sent toujours aussi bon. «Je ne t’ai pas revu depuis …  » Depuis, depuis… Depuis quand ? Depuis qu’ils en étaient arrivés à la conclusion que leur histoire était finie. Depuis que Peter avait quitté cette plage australienne, où, de leur relation, seules quelques empreintes étaient restées. Empreintes bientôt effacées par la marée montante.
« Tu as l’air plus vieux. » Plaisante-t-elle, le sortant des pensées dans lesquelles il s’était perdu. Est-il vraiment si différent ? C’était il y a... quoi ? Quatre ans peut-être ? Il n’a pas l’impression d’avoir tant changé que ça, il a surtout l’impression que c’est toute sa vie, tout ce en quoi il croyait qui a changé depuis. « Toi, tu n’as pas changé Lyanna Belshaw. » Ou, si, peut-être un peu, mais avec le temps qui a passé, il n’est plus certain. « J’ai du mal à croire que tu sois là. » Oui, c’est sans doute ça qui le perturbe. Lya appartient au passé, à l’Australie. Pas au quotidien pluvieux de Londres. Et pourtant, elle est bien là, face à lui. Toujours avec le même sourire, simplement beaucoup plus couverte que dans l’autre hémisphère. Et… avec une poussette qu’il avait un peu oubliée. Il tourne d’ailleurs la tête vers celle-ci et observe quelques secondes le petit garçon qui s’y trouve. « C’est ton fils ? » Il a du mal à y croire, pourtant c’est ce qui semble le plus logique. Et après tout, pourquoi pas ?

✻✻✻
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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Lun 12 Déc - 8:11 par Lyanna Belshaw-McAlister

i've crossed some kind of invisible line. i feel as if i've come to a place i never thought i'd have to come to. and i don't know how i got here. it's a strange place.   Le vent sifflait sur mes joues alors que la pluie bordait la serre et ses roseraies. Je souris en avançant dans l’allée. Mon cœur s’était lassé des conventions, des polémiques fanatiques de la mode et de la vie. Je m’élançais avec douceur au milieu des plantes arborisées. La poussette de Louis glissait entre mes doigts. Mais je savais qu’il était toujours là, le regard émerveillé par les mouvements des feuilles et des étoiles. Il y avait de la magie dans ses yeux. Je me penchais pour couvrir sa tête. Je l’aimais sans renoncer – sans craindre les routines du mariage et ses bonheurs simplets. Les pavés de Londres exhalaient une odeur vaporeuse dans l’espace. Je pinçais les lèvres en longeant les rangées d’orchidées. Les tiges s’étiolaient sous les lumières tamisées du parc. Je n’osais pas effleurer ces couleurs. La prestance de la fleur était magnifique car elle était solitaire. Les pétales se suffisaient aux nuances animées, aux stalles argileuses qui ornaient l’édifice. La mêlée sociale s’était dispersée sous les averses. Combien de dépressions botaniques et de vacuités existentielles se cachaient derrières les pots enlisées sur le sol ? Je lisais furtivement les descriptions. Je me perdais dans mes pensées, dans les étincelles fugaces qui perlaient à travers les parois du plastique. J’observais la silhouette de Peter sans m’approcher. Son expression portait les vestiges d’un amour blessé. Un passé que j’avais renié pour mieux épouser l’instant. Sa voix résonnait comme un chant macabre, elle était couverte par le mugissement des vagues d’Australie. Pouvait-il les entendre ? Les valves brisées en lisière de la mer. Toutes les coquilles vides et les promesses désabusées. J’avais refusé de le suivre dans ses exodes culinaires. Car ma passion était ailleurs. Les feux follets et les soirées mondaines m’attendaient dans les bâtisses de Sydney. Il n’y avait pas d’engagement entre nous. Seulement des baisers répétitifs, des secrets à moitié avoués dans une étreinte éphémère. Connaissait-il la signification des paniers d’osier qui s’étalaient sur les murs de ma chambre ? Je le fixais avec étrangeté, à la fois amusée et nostalgique. Ma main tremblait en touchant son dos. Je m’éloignais dans un geste gracieux afin de trouver refuge derrière mon sac de provisions. Le temps s’était arrêté – je bougeais avec élégance, le rythme biaisé par les cliquetis de la pluie à l’extérieur. Puis je me mis à rire en dévalant le sentier. « Lyanna McAlister.» Précisais-je en me penchant suavement vers une branche de Lilas. Le parfum boisé de la terre embaumait mon esprit. Il était si différent de mes origines, de mes anciennes aspirations. Peter m’avait connu plus jeune. Presque rebelle. Et me voilà, soutenue par le masque de bienséance. Mes cheveux ondulaient autour de mon visage racé. Je me demandais s’il avait réussi à accomplir sa destinée. Si notre déchirure en valait la peine. C’était idiot. Il m’avait sacrifié pour frire des petits oignons dans les restaurants prisés d’Europe. Je n’étais pas curieuse, ou intéressée – mais je ressentais une pointe de jalousie envers toutes ces recettes qu’il avait soigneusement dépliées dans son journal. Le gravier grinçait sous mes talons. Je soupirai en sentant le vent sur ma gorge. Je me noyais dans les courbes diaphanes du paysage. Je tendis le bras vers les épines d’une rose. Elle piquait avec amertume. Mon pouce devenait rouge et majestueux. Je haussai les épaules en essuyant les giclures sur un mouchoir en soie. « C’est peut-être ton fils aussi. » Me moquai-je en tournant les roues de la poussette. Le silence était pesant. Je gardais mon calme pendant quelques secondes. Puis je m’esclaffais en prenant Louis contre mon cou. Ses doigts dessinaient des constellations sur ma bouche. « Je plaisante. Luiz est trop beau pour être canadien.» La douleur était vive sur ma main, mais je ne formalisais plus des petites blessures. Et j’oubliais les plus grandes. Comme son départ et son invitation de le suivre. Il mentait – Il pouvait déjà anticiper mon refus. Les images se succédaient sans que je ne puisse me rattacher aux souvenirs. « Tu as l’air serein. Je suppose que tu viens d’enfourner un bœuf bourguignon.» Je humais l’odeur des épices dans son profil, les saveurs salée et citronnées de ses sentiments. On tournait en rond. On s’éloignait pour mieux se retrouver. Je n’osais pas demander s’il était marié, s’il avait des enfants ou une famille.
Je ne voulais pas savoir.
Je ne voulais pas partager.
Je berçais le visage poupin de Louis.
Je le caressais dans un geste maternel puis je continuais la ballade sans me détacher de Peter.

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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Mar 20 Déc - 12:05 par Peter Montgomery
Ever try to hold a butterfly? It can’t be done. You damage them, “he said. ‘As gentle as you try to be, you take the powder from their wings and they won’t ever fly the same. It’s kinder to let them go. ✻✻✻ Toute la scène paraît surréaliste, comme sortie tout droit d’un rêve. La pluie battante sur la serre. Le manque de lumière. La présence de Lyanna. L’enfant avec elle. Ça fait beaucoup de choses d’un coup, et Peter a déjà du mal à réaliser qu’elle soit ici, vraiment ici. Lyanna et lui s’étaient aimés, à des milliers de kilomètres d’ici, à l’autre bout de la Terre. Lyanna et lui s’étaient aimés à une autre époque. Une époque pas assez lointaine pour qu’il se souvienne encore de son sourire mutin qui l’hypnotisait, de son accent prononcé qui l’amusait, des conversations qu’ils avaient. Une époque assez lointaine pour que ses souvenirs semblent venir d’une autre vie, d’un autre homme.
Lyanna avait été la dernière femme qu’il avait aimée, avant de rencontrer Kirsten. Il avait pensé qu’elle serait la dernière tout court, qu’il avait trouvé celle avec qui il ferait sa vie. Mais il n’avait suffi que d’une offre exceptionnelle, que d’un désaccord, d’un simple refus, pour que tout s’effondre autour d’eux. Son cœur avait été brisé, et il ne pensait pas s’en relever. Du moins, pas aussi rapidement. A peine un mois plus tard, il rencontrait Kirsten, la véritable femme de sa vie. Et il ne s’était plus interrogé sur sa relation avec Lyanna après ça, parce que c’était ce qui devait arriver pour qu’il rencontre Kirsten. C’était écrit, en quelque sorte. S’il ne croit pas à tout ça en règle générale, il sait que c’était son destin que de rencontrer Kirsten, celle qui deviendrait sa femme. Et ce, même si leur destin était tragique.
Mais Peter n’avait pas repensé à Lyanna depuis longtemps, tout simplement parce qu’il était passé à autre chose plus rapidement qu’il ne l’aurait pensé. La trouver ici, ça paraît fou. Il a de plus en plus l’impression qu’il y a un Peter avant, et un Peter après Kirsten. Et celui qui avait aimé Lya n’existe plus, ou bien il est une petite voix, tout au fond. « Lyanna McAlister.» Elle le corrige, comme s’il aurait dû le deviner. Son regard se porte sur sa main gauche, où se trouve une bague. Un mari, un enfant. Forcément, il ne s’attendait pas à tant de changements. Pourtant, depuis qu’ils se sont quittés, lui aussi s’est marié, lui aussi a eu un enfant. Finalement, malgré leur rupture, ils ont vécu à peu près la même chose, chacun de leur côté. « C’est peut-être ton fils aussi. » Il fronce les sourcils, pris d’un doute. Mais l’enfant dans la poussette est plus jeune que Beth, il en est presque certain. C’est impossible qu’il soit son fils. « Je plaisante. Luiz est trop beau pour être canadien.» Peter lève les yeux au ciel. Lya a toujours pris plaisir à faire des plaisanteries, mais ça ne le fait pas rire cette fois. Est-ce parce que plaisanter sur la paternité d’un enfant lui paraît déplacé ou parce que l’amour qu’il ressentait pour Lyanna rendait toutes ses blagues amusantes ? Peter n’en sait rien.
« Tu as l’air serein. Je suppose que tu viens d’enfourner un bœuf bourguignon.» Il observe Lyanna, sans comprendre. Elle arbore un ton cynique, dont il ne comprend pas les raisons. Lui en voudrait-elle pour quelque chose ? « Je suis trempé et essoufflé, je ne suis pas serein. » Il répond, un peu sur la défensive, parce qu’il a l’impression que Lya attaque. Puis elle continue à avancer, et il suit son pas, intrigué par le comportement de son ex petite amie. « Je n’ai pas encore cuisiné aujourd’hui en fait. Je retourne au restaurant tout à l’heure. » Il voudrait lui parler du bistrot, mais n’a pas l’impression qu’elle veuille en savoir plus. Bizarre, puisque, lui, est curieux d’en savoir plus sur sa vie présente. Sur ce qu’il s’est passé depuis la dernière fois que leurs chemins se sont croisés. « Alors tu es mariée ? Je le connais ? » Le nom ne lui semble pas familier, mais sait-on jamais. Ça pourrait être quelqu’un qu’elle connaissait déjà il y a quatre ans. « Et donc… Luiz, c’est ça ? Il a quel âge ? » Il observe à nouveau l’enfant dans la poussette, bien emmitouflé, et visiblement ravi d’être ici. « J’ai une petite fille, moi aussi. Beth. » Dit-il en souriant. Elle n’a pas posé de questions, mais ça paraîtrait ridicule de ne pas parler de sa fille. Après tout, elle est la partie la plus importante de sa vie, de loin.

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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Jeu 29 Déc - 8:03 par Lyanna Belshaw-McAlister

i've crossed some kind of invisible line. i feel as if i've come to a place i never thought i'd have to come to. and i don't know how i got here. it's a strange place.   Je m’éloignais du rebord en chancelant. Les giboulées envelopaient ma silhouette alors que je longeais la veranda. Mes yeux se laissaient bercer par les dorures des pétales. L’éclat argenté des pavés sublimait l’espace. La poussette était tout à coup devenue lourde. Le visage de Luiz était figé dans mes pensées. Je l’aimais de manière inconditionnelle. Pourtant, je regrettais cette grossesse. Je ressentais la peur du vide depuis l’accouchement. La cicatrice bordait les courbes de mon ventre pour me rappeler chaque instant. Le sang. Le coma. Le réveil. Les images étaient brutales. Tout s’enchaînait à une vitesse vertigineuse. L’amour et le souvenir étaient identiques. C’était probablement la raison de ma mélancolie. Je plissais la bouche en marmonnant une berceuse italienne. Les notes de musique s’évanouissaient sous le vent. Parce qu’il pleuvait à Londres. C’était atroce. J’étais en manque de soleil, de brise estivale et de parfum mousseux. Ma peau grolerait dans une touffe de vêtement élégants. Mais je n’étais heureuse qu’un instant. J’observais mon poignet chétif. L’heure tournait. Les absences de mon mari étaient oppressantes. Le travail avait volé notre étoile. Je pensais qu’il était possible de tout abandonner, de le suivre dans un pays étranger à la conquête de la gloire et de la réussite. Mais il me laissait de côté. Je soupirais en fixant l’expression de Peter. Nous avions rompu dans les mêmes conditions. Il voulait partir loin. Et j’étais attaché à la plage. Je frémis sans oser lui sourire. L’insouciance me manquait. Les longues balades sur les rivages de Sidney et la sensation du sable sous mes pieds. La liberté fugace des nuitées sur les ponts d’Australie. Je me redressai en déployant ma bague de mariage. Je refusais d’assumer mes angoisses. Mon visage s’illuminait lorsque je me penchais vers le berceau de mon fils. Les acacias tourbillonnaient autour de nous. Tantôt rouges, parfois violettes. Je ne remarquais pas l’attitude réservée de Peter ni l’absurdité de ma conversation.  « Je suis trempé et essoufflé, je ne suis pas serein. » Direct et succinct, je ne démordais pas. Je haussais les épaules avec désinvolture. Ma frange glissait au creux de mon oreille, ponctuant l’expression morose qui se dessinait sur mon visage. Je ne lui en voulais pas. C’était les séparations que je détestais Toutes, sans aucune exception. « Je n’ai pas encore cuisine aujourd’hui en fait. Je retourne au restaurant tout à l’heure. » Toujours les mêmes excuses. Je me souvenais de ses discours enflammés, de sa passion culinaire et de ses voyages incessants. J’avais presque honte de mon appétit, des troubles alimentaires qui avaient crispé mon estomac pendant des années. Je n’avais jamais su apprécier ses talents. Je n’avais jamais su l’aimer. Mes pommettes s’étiraient alors que j’effleurais le bonnet de Louis. Je me sentais mal. Ma tête tournait si vite. J’essayais de reprendre mon souffle mais ma poitrine semblait engourdie. Un frisson parcouru mon bras. « Alors tu es mariée? Je le connais ? » J’acquiesçais en silence. Je n’avais pas la force de lutter – ou de continuer ce bras de fer. Tout à coup, les symptômes me rattrapaient. Le dégout. Le déni. L’odeur nauséabonde de la nourriture. Mon univers était malsain. La beauté se chiffrait sur les saillies osseuses. Le reste n’était qu’omissions. « Et donc Luiz… C’est ça ? Il a quel âge? J’ai une petite fille moi aussi. Beth. » Mon cœur était serré – je me tournais avec lenteur. Ce n’était pas de la jalousie. Ni une compétition. Quelque chose s’était brisé en moi. Un rêve ancien. Je croyais que le temps m’avait guérit, mais je me revoyais encore à la surface du miroir. Maigre. Insatisfaite. Je me raclais la gorge en attrapant la main de mon fils. Ses caresses exhalaient une force magique. Il m’avait insufflé la vie après la mort, car je n’avais pas pu le quitter malgré l’hémorragie. « Liam a grandi à Sydney. Peut-être l’as-tu croisé quelque part. Mais j’en doute. » Je m’inclinais en souriant. Il avait une enfant – il avait avancé aussi. Je rajustais le col de mon chemiser en le regardant. « Beth, quel joli prénom. Louis a deux ans. Mais il est très en éveil pour son âge. » Murmurai-je d’une petite voix. La pluie reprenait ses droits sur mes ressentiments. Je tenais dans un équilibre instable. Je déglutis en me cramponnant à l’accoudoir de la poussette. Mes jambes étaient flageolantes dans le froid. Peut-être aurais-je mieux fait de rester cachée dans mon appartement. Les cliquetis de l’eau sur la serre troublaient ma démarche. J’observais Peter sans comprendre. « Je suppose que tu es marié aussi. Je la connais ? » Je me braquais en prononçant ces mots. Je mimais une expression intéressée en m’approchant. Je ne voulais pas songer à nos directions différentes. Je me voyais encore sur la plage, dans ses bras.
Je ressentais la force de son étreinte.
Mais nous avions changés.
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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Lun 16 Jan - 13:44 par Peter Montgomery
Ever try to hold a butterfly? It can’t be done. You damage them, “he said. ‘As gentle as you try to be, you take the powder from their wings and they won’t ever fly the same. It’s kinder to let them go. ✻✻✻ Le soleil australien est loin derrière eux. Aujourd’hui, c’est la pluie qui l’emporte, comme bien souvent dans la capitale anglaise. Deux lieux radicalement différents, opposés même. Peter a toujours réussi à trouver des qualités à tous les endroits où il est resté assez longtemps, sans forcément se soucier du climat. Froid ou chaud, pluvieux ou non, ce n’est pas ce qui lui importe le plus. Non, il choisissait plutôt par rapport à la culture et à la cuisine locale, pour découvrir toujours plus de choses. Aujourd’hui, s’il est toujours à Londres, c’est d’abord pour les personnes qui y sont présentes. Au départ, c’était principalement Hayley, et puis le nombre avait augmenté progressivement, et il s’était installé pour de bon. Maintenant, avec le restaurant et ses proches, sa vie est à Londres et il ne compte pas déménager encore. Ses jours à voyager à travers le monde sont passés, et ça ne le dérange pas.
Bien sûr, il préférerait éviter de telles averses, mais elles font partie du lot quotidien ici, ou presque. Rien à voir avec le soleil éclatant qu’il y a sûrement en ce moment à Sydney, mais ça ne le dérange pas. Fût un temps, Peter s’était imaginé rester à Sydney, y construire sa vie, avec Lyanna. Et finalement, c’était le travail qui avait pris le pas sur tout ça. Une offre qu’il faudrait être fou pour refuser. Et Peter l’avait acceptée, même si ça avait signé la fin de sa relation avec Lya. Elle aurait pu venir avec lui mais elle était restée de son côté de la Terre, et ç’avait été fini, aussi simplement que ça. Mais ce n’était pas pour le climat que Peter serait resté en Australie, ç’aurait été pour elle. Et finalement, il avait pris la bonne décision en partant pour l’Allemagne, vers un emploi de chef dans un restaurant mondialement réputé. Entre lui et Lyanna, ce n’était pas écrit. Non, il devait partir pour pouvoir rencontrer Kirsten. Et il l’avait fait. Et il ne regrette pas une seconde sa décision. Peu importe où il en est aujourd’hui.
Face à Lyanna, veuf, père célibataire qui vit avec sa sœur, propriétaire d’un restaurant. Il a bien changé depuis la dernière fois que leurs chemins se sont croisés. Mais il ne changerait rien. Absolument rien. A part ce pour quoi il n’a pas eu le choix. « Liam a grandi à Sydney. Peut-être l’as-tu croisé quelque part. Mais j’en doute. » Il ne le connaît sûrement pas, c’est plus logique. Ça aurait pu être un ami qu’elle avait déjà à l’époque, c’est pour ça qu’il posait la question. « Beth, quel joli prénom. Louis a deux ans. Mais il est très en éveil pour son âge. » Il hoche la tête, un peu étonné que Lya soit ce genre de parent, à vanter sans cesse les qualités de son enfant. Après, peut-être qu’il se trompe, mais pourquoi le préciser sinon ? Comme si c’était une compétition maintenant qu’elle sait qu’il a aussi un enfant. « Beth aura bientôt trois ans, elle vient de commencer l’école. » Il donne simplement les informations, sans vouloir surenchérir. Tous les enfants sont différents, nul besoin de les comparer. « Je suppose que tu es marié aussi. Je la connais ? » Elle pose la question en réutilisant les mots de Peter. Son attitude laisse penser qu’elle lui en veut. Pourtant, elle a tourné la page, elle aussi. A quoi bon garder une rancœur contre lui ? « J’en doute, j’ai rencontré Kirsten en Allemagne. » Répond-t-il, tout simplement. « Mais non, je suis… je ne suis plus marié. Elle n’est plus là. » Le mot ‘décédée’, il a toujours du mal à le prononcer. Même sans le dire, il a une expression triste sur le visage, comme à chaque fois qu’il parle de Kirsten. Il ignore si Lya va comprendre ou non, il espère simplement qu’elle n’insistera pas sur le sujet. Et il en profite d’ailleurs pour aborder autre chose. « Alors qu’est-ce que tu deviens ? Toujours dans la mode ? » Il espère dissiper cette atmosphère étrange entre eux. Après tout, elle a compté pour lui, ça serait dommage de ne plus jamais la revoir. Et peut-être qu’au fond, la présence lumineuse de Lyanna avait manqué à sa vie.

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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Mar 7 Fév - 22:11 par Lyanna Belshaw-McAlister

i've crossed some kind of invisible line. i feel as if i've come to a place i never thought i'd have to come to. and i don't know how i got here. it's a strange place.   Je regardais autour de moi ; des visages inconnus, des hommes entrain de fumer sur la chaussée et les cultures vivrières de la serre. Mes yeux glissaient sur les structures de marbre bordant les allées des jardins. La pluie cliquetait autour de la grande esplanade afin de créer une musique entraînante. Pourtant, je me sentais piégée dans mon corps. Mon souffle était une apathie, une longue complainte qui roulait dans mon gorge avant de s’épandre sur mes poumons. Depuis combien de jours, n’avais-je pas mangé ? Je ne réalisais pas l’ampleur de ma fatigue ni les fluctuations de mon humeur. J’observais la carrure de Peter avec une expression songeuse. J’avais ressenti le frisson de notre premier baiser pourrir dans mes entrailles. J’appuyais ma tête sur la rampe en souriant. Il était trop tard à présent, j’avais oublié les raisons de notre rupture. Les images se succédaient dans une routine affligeante. Tous les jours se ressemblaient à Londres. La brume, les nuages et l’hiver. Je bougeais mes pieds sur les cailloux. Les pans de ma robe effleuraient les branches verdoyantes. La nostalgie accompagnait mes vagabondages dans l’allée. Mon fils m’observait avec douceur, ses paupières tremblaient au gré de mes mouvements – comme s’il anticipait la chute, comme s’il pouvait comprendre ma lassitude. Je soupirais en sortant mon miroir de poche. A l’aide d’une petite houppette, je poudrais le bout de mon menton afin d’entretenir une apparence lisse. J’étais belle dans ma maladie. J’étais belle et vénéneuse. « Beth aura bientôt trois ans, elle vient de commencer l’école. » Sa voix tourbillonnait autour de mes joues. Elle s’accompagnait de gerçures, du toucher glacial du vent. Je me redressais dans un geste élégant. Remarque-moi, je suis un souvenir. Je vacillais, écoutant le vacarme immense qui faisait rage dans ma poitrine. Je souris à l’idée qu’il puisse lever le voile sur mon secret. Mon anorexie – le manque d’entrain, ce n’était plus important. Peter. Kirsten. Beth. Je déglutis en imaginant l’expression sa fille. Elle avait son regard étincelant, l’allure innocente et joviale. « J’en doute, j’ai rencontré Kirsten en Allemagne. Mais non, je suis… je ne suis plus marié. Elle n’est plus là. » Je lui adressai un haussement de sourcils. Ou était-elle ? Partie ? Morte ? Je tendis les bras vers le bord de la poussette. Mes hanches s’agitaient en traînant les roues sur le chemin de graviers. Je ne voulais pas commenter. Ce n’était pas mon rôle. Mes souliers grinçaient sur le sol mouillé. Je perdais de l’énergie. C’était tellement absurde. « Alors qu’est-ce que tu deviens ? Toujours dans la mode ? » Mon cœur imprimait mon malaise sur mon bustier. Ma respiration était saccadée. J’essayais de maintenir l’équilibre que nous voulions à accomplir mais le visage de Peter était aussi lointain que l’horizon. Je haletais en repliant les jambes. « Peter, je ne me sens pas bien. » Couinai-je en fermant les yeux. Je ne me souvenais plus de cet instant.  Mes paupières étaient noires alors j’imaginais une danse merveilleuse entre les fleurs. Je respirais le parfum boisé des compositions botaniques en me laissant choir sur le banc. « Je suis désolée. J’ai besoin de quelques minutes. » Il faisait trop froid. Je crispais les poings afin de cacher mes tremblements. J’avais peur pour Louis. Ma faiblesse était sa damnation. Les battements de mon cœur s’accéléraient. J’étais totalement désarmée, vaincue. Je voulais tomber à genoux devant lui. Et pleurer pour ce corps que je ne parvenais plus à aimer.
Mais même ça. J’en en avais pas la force.
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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Sam 18 Fév - 10:14 par Peter Montgomery
Ever try to hold a butterfly? It can’t be done. You damage them, “he said. ‘As gentle as you try to be, you take the powder from their wings and they won’t ever fly the same. It’s kinder to let them go. ✻✻✻ Lyanna était le genre de femme difficile à saisir, à comprendre, et surtout à garder. Peter ne s’en était pas rendu compte, pas avant de la quitter. Il avait voulu qu’elle vienne avec lui, sans forcément y réfléchir. Il était amoureux et ne voulait pas que ça s’arrête. Alors il lui avait demandé de le suivre à l’autre bout du monde, sans forcément réaliser ce que cela impliquait. Un changement total de vie, qu’elle n’avait pas prévu et dont elle ne voulait sans doute pas. Partir dans un pays étranger où elle ne connaîtrait que lui. A posteriori, il n’est pas surprenant qu’elle ait refusé, qu’elle l’ait laissé partir seul. Il aurait pu s’en douter. Il ne pouvait pas lui demander de changer toute sa vie. L’opportunité était pour lui, pas pour elle. Mais visiblement, un autre avait réussi à la convaincre, à la faire quitter l’île australienne, à lui passer la bague au doigt. C’était pour Peter qu’elle avait refusé de partir. Mais c’était sans doute le destin. Et peut-être que son destin était d’être avec ce Liam dont elle parle.
Perdu dans ses pensées, troublé de la trouver ici, Peter ne remarque pas le visage trop pâle de Lya. Il ne la regarde pas, pas vraiment. Il ne pose pas son regard sur elle bien longtemps, comme si ça la rendrait trop réelle. Mais elle est réelle. Elle est là, sous cette serre où seul règne le bruit des gouttes de pluie venant s’écraser contre le verre. Mais elle paraît si loin à la fois. Dans son monde à elle. Un monde auquel il n’appartient pas. Un monde qu’il n’avait fait qu’effleurer, sans jamais pouvoir y entrer réellement. « Peter, je ne me sens pas bien. » Cette fois, il la regarde vraiment. Assise sur un banc, elle n’a pas l’air bien en effet. Il se rapproche, un peu gêné à l’idée de ne rien avoir remarqué. « Je suis désolée. J’ai besoin de quelques minutes. » Elle est pâle, trop pâle. Et elle semble presque grelotter. Vêtue d’une robe et d’un manteau léger, ce n’est pas vraiment surprenant. Mais elle semble malade. « Qu’est-ce qui t’arrive ? » Il s’assied à côté d’elle, et passe ses bras autour de son corps frêle. Pas la sensation dont il se souvient. Mais plus rien n’est pareil entre eux, le temps a passé, alors comment comparer ? « Tu es gelée. » Dit-il en glissant sa main sur son bras, un geste vain pour essayer de la réchauffer. Il est vraiment inquiet pour elle, d’autant que ça n’a pas l’air de s’arranger. Il ressent les frissons qui traversent le corps de son ex petite amie, et il ne peut rien y faire. Il ne sait même pas si sa présence aide ou si elle empire les choses. « Tu as mangé aujourd’hui Lya ? » Demande-t-il, se souvenant que ça arrivait souvent à la jeune australienne de rater un repas ou deux. Mais il ne l’a jamais vue dans un tel état.

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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Sam 18 Fév - 21:16 par Lyanna Belshaw-McAlister

i've crossed some kind of invisible line. i feel as if i've come to a place i never thought i'd have to come to. and i don't know how i got here. it's a strange place.   Je chancelais maladroitement entre les roseraies. Où que j’aille, je ne souhaitais pas créer le malaise. Je ne voulais pas dévoiler mes troubles alimentaires et la fatigue inhérente à mon anorexie. C’était si difficile de prononcer les mots. De poser un diagnostique sur une condition qui datait depuis si longtemps. Peter ne m’avait jamais aimé. Il ne comprenait pas quelle angoisse, je ressentais. Quelle solitude, je pensais. On m’avait emprisonné dans une routine étouffante. Ici. Dans le Royaume-Uni. Au milieu des inconnus. Dans un pays qui m’avait presque appartenu. Ma mère était arrivée sur les terres promises afin de nouer des torsades d’osier sur les roches. Elle avait aimé un riche aristocrate imbu de pouvoir. Il lui avait tendu la main afin de la porter au sein de sa bienveillance romantique. Mais le manoir Belshaw l’avait perdu dans ses couloirs glacés. Nella n’était pas digne de sa gloire. Elle n’était pas digne d’être une épouse pour l’héritier. Alors ils étaient partis en Australie. Ils avaient quitté les injustices des codes morales pour s’aimer au-delà des conjonctures. Mon héritage était un spectateur inculte. Omise à mon destin de lumière, aux privilèges d’une culture sans passion. J’avais grandi sur l’écume de Dysart, de l’autre côté de l’Océan. J’avais grandi sans ma famille, mais mon esprit avait imprimé chaque détail - chaque aspect de la noblesse galloise. Il était si facile de deviner mes origines, mes goûts si classiques. Mon visage se tourna vers l’entrée de la serre. La pluie glissait sur les sentiers étroits des jardins. Le vacarme enveloppait mon esprit engourdi. Je me crispais sans écouter les dialogues de Peter. Sa voix accompagnait ma chute alors que je me cramponnais à son coude. Tu m’as demandé de te suivre. Et j’ai refusé. Je l’observais avec étrangeté. Ma bouche gardait les marques de ses baisers volés sur les bords de la chaussée. Je me souvenais de la gare, des aéroports, de tous nos à dieux. Je m’étais bornée à interpréter le rôle de la petite amie déchue. Je l’avais laissé filer vers ses grandes ambitions. Puis j’avais enchaîné les crises de douleur et les longues nuits d’insomnies. J’étais malheureuses sans amour. Et aujourd’hui, j’avais l’impression de l’être d’avantage avec mon mari. Il posa son bras autour de mes hanches. Mon profil se penchait, naturellement, presque révérencieux, vers le col de sa chemise.« Qu’est-ce qui t’arrive ? » Je humais son parfum en fermant les yeux. Le vertige étouffait mes pensées. L’histoire avait renversé son cours. Je me retrouvais dans l’étreinte d’un ancien amant afin d’expier mes faiblesses. « Tu es gelée. » Je ne distinguais plus la réalité. Ma main remontait sur sa poitrine afin de suivre les fluctuations de son coeur maladroit. Il avait vieillit aussi. Je déglutis en m’appuyant sur son épaule. « Je n’ai plus froid maintenant. » Je ne reconnaissais pas les mots qui sortaient de ma gorge. Des mots qu’on avait planté sur les dunes de Sydney. Des mots qui me faisaient mal lorsque je les criais. « Tu as mangé aujourd’hui Lya ? » Je n’avais plus la force de m’indigner - de me relever pour l’insulter. Mes yeux étaient rivés sur la poussette de Louis. Je m’inquiétais pour lui. J’avais peur de mes absences, de cette sensation de faiblesse étouffante. J’avais mangé un autre jour. Et j’espérais que ce repas soit suffisant. J’espérais que mon estomac cesse ses caprices. Et qu’une gorgée de vin puisse me délivrer de ma maladie. « Non. » Je ne voulais plus mentir. Il savait déjà. « Je n’ai pas envie. » Marmonnai-je en m’éloignant sur le banc. Je devais partir maintenant. Assez de cet étalage de sentimentalisme. Assez de ces reproches voilés. Je plaquais mes talons sur le sol en me redressant, mais au moment de marcher, mes jambes se perdaient sur le sol. Je n’y arrivais pas. Je n’y arrivais plus.

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# Re: queen of peace long and lost + peter
message posté Dim 19 Fév - 19:03 par Peter Montgomery
Ever try to hold a butterfly? It can’t be done. You damage them, “he said. ‘As gentle as you try to be, you take the powder from their wings and they won’t ever fly the same. It’s kinder to let them go. ✻✻✻ L’Australie est loin. Trop loin. Lyanna appartient à une autre vie, à un autre Peter. Si elle lui a jamais appartenu. Et sous ce paysage fleuri mais assombri par la pluie battante, ça ne pourrait pas été plus vrai. Et pourtant, aussitôt qu’il se rend compte de l’état de Lya, Peter ne peut que s’inquiéter. Il n’a aucune idée de ce qui lui arrive, ni de ce qu’il peut faire pour l’aider. Dans la poussette, le petit garçon tend le cou pour voir ce qu’il se passe, sans doute inquiet pour sa mère, lui aussi. Se sent-elle mal l’espace d’un instant ou cela dure-t-il depuis longtemps ? Tout ce que sait Peter, c’est que toute force semble avoir abandonné son corps. Elle se laisse faire et Peter l’encercle de ses bras, espérant que sa présence puisse changer quelque chose. Il regarde au loin, parfois les fleurs pâles, parfois la poussette juste devant eux. Il n’a pas besoin de regarder Lya pour savoir qu’elle ne va pas bien.
Mais, peu à peu, il sent ses frissons diminuer. Le rythme de son cœur battant ralentir. « Je n’ai plus froid maintenant. » Il tourne la tête un instant, pour observer son visage posé sur son torse. Elle n’a peut-être plus froid, mais elle est toujours blanche, beaucoup trop blanche. La main de Peter continue de faire des allers-retours sur son épaule, sans trop savoir s’il veut encore la réchauffer, ou plutôt la réconforter. Et puis il pose une question qui l’inquiète un peu. Une question qui dérangeait déjà Lya quand ils étaient ensemble. Même si Peter lui proposait ses plats préférés, il n’était pas rare qu’elle parte dormir sans avoir mangé. Mais le sujet avait tendance à énerver la jeune femme, alors Peter n’insistait pas. Et il ne s’était jamais plus inquiété que ça, parce qu’elle allait bien. Mais aujourd’hui, elle semble différente. Comme l’ombre d’elle-même. Et, comme il ne l’a pas vue depuis des années, il ne sait pas si c’est seulement aujourd’hui, un mauvais jour, ou si elle est tout le temps ainsi, si c’est la femme qu’elle est devenue. « Non. » La réponse est simple, claire. « Je n’ai pas envie. » Sans équivoque. Et pourtant, Peter n’est pas plus avancé. Il ne sait pas comment l’aider. Il ne veut pas qu’elle se braque, ce qu’elle risque fortement de faire. D’autant qu’elle s’éloigne déjà de son étreinte, signifiant qu’elle refuse son aide. Comme elle refuserait sans doute l’aide de n’importe qui d’autre. Et sa réaction laisse Peter penser que ce n’est pas qu’aujourd’hui. Et qu’elle n’a peut-être pas mangé depuis plusieurs jours. Impuissant, il l’observe se relever. Rapidement, elle perd l’équilibre et il ne lui faut qu’une demi-seconde pour la rattraper. Une main venant saisir la sienne, l’autre dans son dos. Il ne peut pas la laisser ainsi. Il se doit d’essayer, au moins. « Il faut que tu manges Lya. Ton corps en a besoin. » Sa faiblesse aujourd’hui en est la preuve. Mais est-ce que cet argument peut la faire réagir ? Elle doit bien savoir qu’elle ne va pas bien. « Et ton fils a besoin d’une super maman. » Dit-il doucement, avec un sourire apaisant. Il ne veut pas qu’elle puisse mal réagir à ses paroles, mais il sait aussi qu’il doit l’aider. Ou essayer tout du moins. « J’habite à deux pas, venez chez moi et je te préparerais tout ce que tu voudras. » Dans la mesure du possible bien sûr, ça dépend ce qu’il a dans son frigo et dans ses placards. Mais il veut essayer de la convaincre. Sauf qu’il est tout sauf certain que ça soit la meilleure façon de le faire. « Ou au moins quelques morceaux de sucre, pour te donner un peu d’énergie. Tu en as besoin. » Elle ne peut pas dire le contraire alors qu’elle peine à tenir debout. Seulement l’amener jusqu’à son appartement risque d’être compliqué.

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