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Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎

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# Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Lun 23 Jan 2017 - 22:31 par Lilly R. Adams

   
La roue tourne. Il faut savoir encaisser les coups. Il faut faire preuve d'endurance. Faire le dos rond. Laisser passer l'averse. Survivre au déluge. La plupart du temps, le balancier finit par s'inverser. Pas toujours, mais souvent. Samuel & Lilly
   

   
Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right you're right

   
Celui qui a inventé la fac, c’est un parfait crétin. Non en fait, dans une autre vie, j’aurais surement été intéressée par l’histoire de l’art. J’aimais bien, pour être franche. C’est un peu le centre de l’option que j’ai choisie et l’architecture me passionne, mais ça me passionnait avant, en Espagne quand tout allait bien. Aujourd’hui j’ai envie de partir, de profiter, de voir des gens et de vivre ma vie de jeune fille de dix-neuf ans. Alors à part dessiner sur le verso de ma feuille au lieu de prendre des notes, je ne fais rien de bon. Au moins, j’emmerde personne et le prof peut continuer son cours tranquillement. Et puis dans ma poche, mon iphone vibre. Le message me fait sourire alors que la proposition est alléchante : aller faire un tour après les cours avec ce nouveau gars que j’ai rencontré. Pourquoi pas ! Je veux dire : évidemment, quelle question. Ca m’empêchera de pourrir toute seule dans ma chambre à rien foutre alors que mon père n’est même pas rentré de son travail et que ma mère oublie qu’elle a une fille parce qu’elle aussi a son travail. Faire des enfants pour ne pas s’en occuper, c’est vraiment irréfléchi. Ah mais non, suis-je bête, ils n’ont même pas fait exprès, mes parents à moi.

Lorsque la sonnerie annonce la fin du cours, je range mes cours et mon dessin par la même occasion et sans attendre mes copines, je descends la volée d’escaliers à toute vitesse, pressée de sortir de ces bâtiments. Je m’empresse de rentrer chez mon père pour me changer, m’apprêter et ressortir. Pendant un instant, j’eus un moment d’hésitation, puis à l’aide d’un stylo et d’une feuille de papier j’indique "Si tu me cherches, je suis chez maman. XoXo Lilly". J’étais certaine qu’il n’appellerait pas pour vérifier, ou que ma mère ne répondrait pas. Elle était bien trop occupée dans son travail et lui avait d’autres choses à faire que de la harceler pour savoir si c’était bien vrai. De toute façon, ça n’aurait pas été la première fois que je veuille parfois retourner une heure ou deux chez ma maman. J’avais pour but d’essayer de rentrer avant même que lui termine sa journée, mais au cas où, ça me couvrirait. Du moins c’était ce que je pensais. Je sortis non sans tomber sur la vieille dame d’à côté. Celle-là, elle ne pouvait pas me lâcher, mais au fond je la trouvais sympa. Un peu dur de la feuille, mais sympa « Tu vas où comme ça ma petite Lilly ? » Peut-être aussi un peu curieuse, même si je la soupçonne d’être un espion pour mon père. « Euhhh. Chez ma maman. Elle va se marier alors je l’aide à trouver une robe de mariée, les essayages c’est important ! » Mensonge. Ma mère n’allait pas se marier, du moins j’espérais que non et si vraiment ça arrivait, il valait mieux pour elle que je ne participe pas à ses essayages de peur de foutre le feu à la robe qu’elle choisirait. « Ah bonnnn elle va se marier ? Mais ton père ne m’a rien dit ! » A chaque fois, j’essayai de m’enfuir, mais rien à faire, elle me tenait la jambe pour des conneries « Aaaah ben je sais pas. Il le sait peut-être pas, j’en sais rien moi. Bref, j’y vais Mme Hawkings, bonne fin d’aprem ! » Je n’attendais même pas de savoir la fin de sa phrase que j’étais déjà partie.  Julian m’avait donné rendez-vous dans un pub dans le centre et je lui avais promis d’être là à l’heure pour une fois.

Dans ce bar, il y avait de tout pour avoir le sourire : de l’alcool et de la musique. Le temps filait et moi je m’amusais, c’était vraiment le pied. En voyant l’heure sur la montre du gars à côté de moi, j’activais Julian « Julian ramène moi stp sinon mon père va me saouler. »  Le jeune homme me regardait avec un sourire aux lèvres. Je ne voyais pas ce qu’il y avait de drôle « On se roule un joint avant alors » Dans la précipitation, je pris ma veste et mon sac  « Ouais s’tu veux mais grouille on y va »  et je tirais le gars par le bras sans qu’il n’ait le temps de dire quoi que ce soit de plus. Julian était un gars que je trouvais particulièrement séduisant. Le genre d’homme qui ne me laissait pas indifférente, parce qu’il n’entrait pas dans la case "gentil petit toutou ennuyeux". Avec lui je vivais des choses qui me faisaient presque oublier que je n’aimais pas Londres. Dans la voiture, alors que l’odeur du joint remplissait l’habitacle, je me laissais presque bercée par la sensation que ça procurait. J’étais moins en stress et si j’étais certaine que mon père était déjà rentré, je me rappelais que de toute façon, je lui avais laissé un mot. Pas très loin de l’endroit où il vivait, Julian avait garé sa voiture sur le côté. Il coupa le moteur et se glissa sur la banquette arrière sous mon regard interrogateur. Lorsqu’il me fit signe de le rejoindre, je pris quelques secondes et m’installa à califourchon sur ses genoux. Le sourire malicieux, je lui pris le joint entre les doigts, tirai un coup dessus, puis attirée par ses lèvres, l’embrassai. En fait, ce qu’il se passait autour de nous n’avait plus aucune importance. Pas même de savoir l’heure qu’il était, si mon père était rentré ou pas, si ma mère avait essayé de m’appeler ou autre chose. Ce soir, le temps s’arrêtait et moi je profitais. Encore.

   
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Mer 25 Jan 2017 - 15:44 par Samuel A. Adams
Le loft était étonnamment calme. Samuel coula un regard vers son réveil qui lui indiquait qu'il était 9h passé. Il frotta son visage, toujours allongé sur le dos dans son lit. Il n'entendait rien. Pas de porte qui claque, pas de musique trop forte à décoller le papier peint, pas de plaintes dirigées envers le monde et ses habitants, rien. Samuel traduit donc que Lilly était partit. Il poussa un soupire de soulagement avant de se rappeler que c'était pas très sympa comme attitude. Seulement il fallait reconnaître qu'une matinée sans heurt était bien plus agréable que les levers bruyants de sa fille. Il avait terminé sa garde à 3h, si bien qu'il avait dormit un peu moins de six heure. C'était pas dérangeant, il était habitué. Et puis l'avantage quand on avait ce genre d'horaire et une gamine fugueuse, c'est qu'on pouvait toujours vérifier qu'elle était couché en rentrant du travail. Samuel avait passé une tête curieuse dans sa chambre et vu sa tignasse brune émergée de sous la couette. Au moins, elle n'avait pas découché cette nuit là. Et a priori, elle était même allé en cour ce matin, un vrai triomphe pour un père en pleine évaluation. Si en tant que chirurgien il n'avait plus rien à prouver, en tant que père, il semblait constamment jugé. Samuel se leva, profitant de sa solitude pour traverser la pièce en boxer. Il avait longtemps habité seul, mais depuis l'arrivée de Lilly, il avait dû modifier son rythme de vie. Ce n'est pas qu'il n'aimait pas la présence de sa fille, au contraire, il était heureux de passer du temps avec elle, même si le cohabitation n'avait rien d'évident. Mais Samuel était un homme assez solitaire en ménage qui appréciait de vivre comme bon lui semblait. Par acquis de conscience, il avait jeté un regard dans sa chambre, vide de son occupante. Celle-ci était un bordel innommable qu'il préféra ignorer. Un problème à la fois.

Après avoir bu un café et prit une douche chaude, il retrouva le chemin de l'hôpital. Il était en avance, si bien qu'il prit le temps d'acheter un assortiment de douceurs à la boulangerie du coin. Ainsi, quand il débarqua dans son service, les infirmières et les internes se jetèrent sur lui comme s'il s'agissait d'une gourmandise à lui seul. Ne vous y tromper pas, il ne faisait pas ça pour la drague ou se faire bien voir, non c'était plus subtil que ça. Samuel avait remarqué qu'une petite attention permettait à tous de travailler dans une meilleure ambiance. Alors offrir quelques friandises à ces dames les empêchaient de se montrer morose, du moins en règle général. Et puis son poste de chef était encore tout frais, si bien qu'il n'avait pas envie qu'on le voit comme un mec imbus de lui même, autoritaire ou devenu trop important pour se montrer avec le petit personnel. Samuel n'avait rien changé des ces habitudes. Il aimait passer rapidement aux urgences afin de saluer les collègues mais aussi repérer si certains cas avaient besoin de son aide. Ensuite il passait à l'accueil où il offrait à chaque secrétaire un large sourire, puis il terminait sa course à l'étage de chirurgie où il passait en salle du personnel afin de serrer quelques mains.

La journée était terminé quand il repassa la porte de chez lui. D'ordinaire, il serait resté d'avantage mais il avait allégé quelque peu son emploi du temps pour passer la soirée avec Lilly. Il faisait des efforts pour que son travail passe après sa fille. De réels efforts. Mais quand il arriva, il vu le mot de sa fille posé en évidence sur la table de la cuisine. Impossible de savoir de quand datait cette information. Évidemment, elle n'indiquait rien sur son heure retour. Il tenta de lui envoyer un message qui resta, bien sur, sans réponse. Il fut tenté d'appeler Callie, mais c'était en partit reconnaître qu'il ne faisait pas confiance à sa fille ou alors qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait. A cet instant, son portable sonna. C'était sa secrétaire qui lui rappelait qu'il avait oublié de signer les papiers de sortie de sa patiente. En soit, cela pouvait attendre demain qu'il arrive étant donné que la sortie était prévue à 10h, mais Samuel préféra régler ça ce soir. Il avait choisi son loft parce qu'il était tout prêt du travail, alors il avait le temps de faire l'aller retour, en espérant que Lilly serait rentré à son retour. Il descendit la volée de marche de l'immeuble, les mains dans les poches. Il aimait ce quartier pour sa tranquillité et le fait que peu de personne n'y vivait vu que les logements avaient été créé dans un bâtiment industriel. Le concept du neuf dans du vieux n'était pas du goût de tout le monde, mais Samuel s'y plaisait bien. Il fit quelques pas quand une silhouette attira son regard. De là où il était il n'était pas vraiment sur, aussi il avança dans la direction de la voiture garée au coin. Il se figea. Plus de doute possible, la brunette a l'arrière de la voiture était bien Lilly. Il pressa le pas. Bien prêt maintenant, il distingua nettement sa silhouette mais aussi celle d'un type sur lequel elle était perché. Il frappa à la vitre où plutôt il tambourina, furieux. A l'intérieur, il les vit sursauter mais comme ça n'allait pas assez vite à son goût, il ouvrit brutalement la portière arrière. « Chez ta mère hein ? », dit-il, la voix maîtrisée malgré sa main toujours accroché à la poignée, nerveuse.
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Mer 25 Jan 2017 - 23:30 par Lilly R. Adams

   
La roue tourne. Il faut savoir encaisser les coups. Il faut faire preuve d'endurance. Faire le dos rond. Laisser passer l'averse. Survivre au déluge. La plupart du temps, le balancier finit par s'inverser. Pas toujours, mais souvent. Samuel & Lilly
   

   
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Dans ce bar, la musique allait tellement fort que je sentais mes oreilles bourdonner sur le rythme de ce qui passait actuellement dans les baffles. C'était de la musique qui n'était pas du tout de mon goût, et d'ailleurs je ne connaissais pas, mais très honnêtement c'était le cadet de mes soucis. Le jour où j'irai dans un endroit pour la musique, à part les boites de nuits, c'était pas prêt d'arriver. Et encore, parfois les boites de nuit, même si elles passent de la musique de merde, on arrive parfois à s'amuser à condition de tomber sur de bonnes personnes. Ou pas. Si la journée m'avait parue particulièrement ennuyante et si, à plusieurs reprises, j'avais eu envie d'aller voir ailleurs plutôt que de rester les fesses vissée sur ces chaises dans l’amphithéâtre, j'avais réussi à tenir jusqu'au bout. Exploit, mademoiselle Adams. Très honnêtement, je n'écoutais même pas ce qui se disait autour de moi. J'étais ailleurs, le cerveau déjà bien embrumé par ce que j'avais bu et/ou fumé. En plus de ça, c'était impossible de se comprendre. Une main d'un type posée sur ma taille me ramena sur la terre ferme et c'est aussi à ce moment que je vis l'heure. L'heure de rentrer en fait.

Avec moi, j'avais entrainé Julian pour qu'il me reconduise. Le deal c'était que s'il me reconduisait, on se grillait un joint avant que je ne rentre. J'avais accepté, mais pour être sûre qu'il me suive, je l'avais tiré en dehors du bar. A l'extérieur, l'air était frais, peut-être un peu trop pour la simple petite veste que j'avais décidé de prendre. La nuit était tombée et peu de gens se baladaient encore dans les rues de Londres. A peine arrivée près de la voiture de Julian, je sentis mon téléphone portable vibrer dans ma poche. En voyant qu'il s'agissait de mon père, je levai les yeux au ciel et le fourrai tout aussi vite là où il se trouvait. Ce soir j'avais décidé de m'amuser un peu sans me prendre la tête avec ce que pourrait penser mes parents. De toute façon, avec un peu de chance il serait rappelé pour une urgence et encore une fois, je me retrouverais toute seule. Comme à peu près... 5 jours sur 7. A se demander ce que ma mère espère en m'envoyant chez lui, puisque de toute façon il n'était pas là. Peut-être que si je devenais patiente, qu'il s'occuperait de moi, vu qu'apparemment il leur donne beaucoup plus de leur temps et d'attention qu'à sa propre fille « Eh, tu montes Lilly ? » La voix de Julian me ramena à nouveau sur terre et sans le faire attendre plus longtemps, je grimpai dans son véhicule.

Arrivée dans la rue où se trouvait le bâtiment de mon père, il s'arrêta le long d'un trottoir. Apparemment, j'avais déjà oublié son deal, mais pas lui. Il m'entraina sur la banquette arrière afin de disposer d'un peu plus de place et je l'y rejoins sans trop me faire supplier. Je m'installai sur ses genoux et en l'observant bien, je le trouvais particulièrement séduisant. Comme si ce soir c'était différent, mais cette impression seul l'effet néfaste du joint me la donna. Oh Julian était un garçon très attirant, mais ordinairement, j'étais un peu plus réservée à ce niveau. Je mettais un peu plus d'écart, un peu plus de distance. Mais pas ce soir, parce qu'inconsciemment, j'avais envie de me dire que durant cette journée particulièrement pourrie, j'aurais au moins fait quelque chose qui me plaisait. J'avais pas non plus envie de dépasser certaines limites, mais je voulais m'amuser, séduire et me faire désirer. C'était un peu le genre de truc qu'on a envie à 19 ans, encore plus avec un joint entre les mains. Je passai une main dans ma tignasse brune et alors que mes lèvres rejoignirent les siennes, je sentis ses mains se balader le long de mes cuisses et puis de mes hanches. A ce moment précis, c'était comme si plus rien n'avait vraiment d'importance. Enfin ça c'était ce que je pensais.

Un bruit sourd contre la vitre nous fit sursauter et en voyant le visage de mon père, je sentais non seulement la honte, mais aussi la colère monter « Oh putain » Peut-être aussi que je ne m'y attendais pas. En fait pas du tout, et sur le coup je nous avais trouvé réellement stupides de s'être arrêtés à deux pas du bâtiment de mon père. Même pas une minute après, il ouvrit la portière et moi je levais les yeux en l'air, me bougeant pour sortir du véhicule. En effet, je lui avais dit que j'allais chez ma mère, alors que je n'avais jamais pensé m'y rendre. Je savais très bien qu'elle n'était pas là de toute façon alors amère, je lâchai un « C'est con, elle était pas là. J'ai tué mon temps comme je pouvais » En fait, j'avais même pas été jusque chez elle. Si je le prenais pour un con ? Peut-être oui. Mais pour le coup, il l'avait cherché. J'ouvris la portière avant du véhicule pour récupérer ma veste et le reste de mes affaires et sans me retourner, je pris le chemin de l'immeuble où se trouvait le loft de mon père. Comme une furie, je grimpai jusqu'au loft et balançai ma veste et mes affaires sur mon lit « Tu te rends compte que tu viens de me taper la honte de ma vie là ? T'es qui pour me faire ce coup là au fait ? Alors que t'es jamais là, que je passe presque tout mon temps toute seule dans cette ville pourrie ?! » Je lançai un regard noir à mon père et repris « J'ai rien fait de mal, j'ai tué personne okay ? Alors tu m'expliques pourquoi tout d'un coup tu t'es rappelé que j'existais ? Pour un gars qui voulait pas de gosse, j'te trouve vachement impliqué tout d'un coup. »

   
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Mar 31 Jan 2017 - 12:43 par Samuel A. Adams
Samuel pouvait avoir un tempérament explosif. C'était assez rare de le voir, mais ça pouvait arriver. En grandissant, cette aspect de sa personnalité c'était atténué, mais en de rares occasions, elle pouvait refaire surface. Il savait qu'il tenait ça de son adolescence. Pourtant, il avait eut une adolescence assez classique. Il s'était rebellé contre ses parents de temps à autre, surtout pour faire comme les autres. Il avait fait le con, il avait fait le mur, mais jamais au même point que sa fille. Néanmoins, il savait qu'il avait été restreint par le cadre constant qui régnait chez les Adams, mais aussi par tous ses frères et sœurs dont il se devait de donner l'exemple. Non, il savait qu'il tenait ça de la mort de Danny. La perte de son meilleur ami avait causé une vrai fêlure en lui. Danny représentait sa faille principale, l'ami qu'il n'avait pas pu sauver, celui qui aurait dû lui survivre. Même si il avait choisi de faire médecine pour atténuer quelque peu sa peine, il n'avait rien oublié de la douleur de perdre Danny et parfois, cela ressortait en colère qu'il gérait plutôt mal. Lilly n'avait jamais dû voir son père en colère, du moins pas au point de le voir déraper et foutre son poing dans la gueule d'un type. En de rares moments, Mister Hyde prenait le dessus sur le Dr. Adams. Quand Samuel avait vu le type dans sa voiture, son sang n'avait fait qu'un tour. Pourtant, il ne faisait pas de mal à sa fille, elle avait plutôt l'air d'être bien. Sauf qu'il avait l’impression de réagir comme un père normal face à une telle situation. Quel père pouvait accepter de voir sa petite fille à califourchon sur un type avec un joint dans la bouche ? Hein ? Personne ! Pas un père sensé du moins. Il avait beau jouer le père cool et compréhensif, il n'appréciait pas de voir son enfant avec un homme surtout quand le dit bonhomme semblait plus âgé. Il ouvrit alors la porte sans ménagement. Si Lilly semblait surprise au départ, là, elle était plutôt en colère contre lui. Bon, ça il gérait, il y était habitué. Il se dégagea de l'ouverture pour la laisser sortir sans quitter des yeux le gars qui lui, n'avait pas bougé. « C'est con, elle était pas là. J'ai tué mon temps comme je pouvais ». Samuel coula un regard vers sa fille, prenant sur lui pour ne pas lui hurler dessus. Il n'aimait pas hausser le ton contre elle, leur relation était assez compliquée comme ça sans qu'il est besoin de jouer de l'autoritarisme. « Remonte à la maison ! », dit-il simplement d'une voix tendue et colérique. Il s'attendait à ce que Lilly réplique mais elle récupéra ses affaires et prit le chemin du loft, furieuse mais obéissante. Une fois qu'elle eut le dos tourné, Samuel se retourna vers le type. « Si je te vois encore traîner dans le coin, je serais pas aussi conciliant, t'as compris ? ». Et pour ponctuer son geste, il lui arracha le joint de la bouche et le jeta à terre. Il s'attendait presque à ce que le jeunot lui fonde dessus mais il n'en fit rien. Au moins, il avait un peu de jugeote, c'était déjà pas si mal.

Samuel monta les marches quatre à quatre et rejoint Lilly, furieuse, qui n'avait pas attendu de voir si il était derrière pour dégueuler sa haine. « Tu te rends compte que tu viens de me taper la honte de ma vie là ? T'es qui pour me faire ce coup là au fait ? Alors que t'es jamais là, que je passe presque tout mon temps toute seule dans cette ville pourrie ?! ». Pendant une fraction de seconde, Samuel cru voir Callie. Le ton de sa voix, se regard chargé de colère, tout en elle lui faisait penser à son ex. Il n'y avait rien d’anormal la-dedans, après tout, c'était elle qui l'avait mise au monde et avec ça, sûrement tout un tas de ressentiments à son égard. Néanmoins, c'était bien sa fille qui lui faisait face, avec toute l'arrogance de son jeune âge. « Je suis ton père, même si tu le veux pas, même si t'a décidé que j'étais uniquement qu'un chéquier, je suis ton père bordel ! ». Il tentait de garder son calme parce qu'il était bien conscient que se mettre à son niveau ne ferait qu'aggraver la situation. Il devait rester l'adulte dans cette histoire. « J'fais au mieux pour être présent. Ce soir j'étais là, j'avais pris ma soirée mais toi tu préférais batifoler avec ce type et surtout me prendre pour un con en disant que t'étais chez ta mère ! ». Samuel ne supportait pas d'être prit au dépourvu. Il aimait contrôler et quand Lilly le mettait au pied du mur avec son mensonge, ça le mettait hors de lui. « J'ai rien fait de mal, j'ai tué personne okay ? Alors tu m'expliques pourquoi tout d'un coup tu t'es rappelé que j'existais ? Pour un gars qui voulait pas de gosse, j'te trouve vachement impliqué tout d'un coup. »  C'était son argument favoris. Mais même si elle l'utilisait à tord ou à raison, cela lui faisait toujours mal de l'entendre. Et il soupçonnait Lilly de le savoir et d'en jouer. La première fois qu'elle lui avait dit, il avait sentit une terrible douleur dans la poitrine. Il savait ce que ça représentait : la culpabilité et le remord. Samuel croisa les bras sur son torse et la fixa. « Tu vas me le faire payer pendant combien de temps ? ». Il n'allait pas nier, cela ne servait à rien. Lilly savait la vérité sur sa naissance et quelque part, Samuel en était soulagé. Quand elle était enfant, Callie et lui avaient choisi de lui taire cette vérité, mais en grandissant Callie avait jugé bon qu'elle soit au courant. Pour elle, cela ne changeait pas grand chose parce que Callie l'avait aimé et élevée avec tout l'amour possible. Mais pour Samuel, cela n'avait fait qu'augmenter le gouffre entre eux. « Tu es là aujourd'hui, tu vis sous mon toit et je suis ton père, peut importe que tu le veuille ou non. Donc tu peux continuer de me faire payer ça, mais en attendant, t'es ma fille Lilly et j'te ferais pas le plaisir de te laisser tranquille ». Il n'avait pas bougé, campant au milieu de sa chambre tel un videur de boite de nuit. Trop souvent, il avait fuit face au conflit, mais là, il ne pouvait plus fermer les yeux.
@Lilly R. Adams
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Jeu 2 Fév 2017 - 14:56 par Lilly R. Adams

   
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La soirée aurait pu être sympa. C’aurait pu passer comme une lettre à la poste si Samuel Adams n’avait pas des imprévus qui rythmaient sa vie. En fait, si on réfléchissait bien, même moi j’étais un imprévu dans sa vie. Il ne s’attendait pas à être père, il l’a été plus tôt que prévu. Et puis voilà que maintenant, il avait sa fille chez lui. Ca non plus j’étais pas sûre qu’il l’ait prévu. Peut-être qu’il s’était aussi imaginé avoir un garçon, plutôt qu’une fille. A la place il avait une demoiselle de dix-neuf ans qui lui versait toute sa rancœur à longueur de temps. J’en étais consciente que j’étais loin d’être facile et conciliante. Qu’il devait faire avec moi, apprendre à être un père. Quand on a un bout de chou de quatre ou cinq ans c’est un peu plus gérable. Parce qu’à part jouer avec, on ne s’inquiète pas s’il ou elle reviendra de la nuit, ou au petit matin. Avec un petit bout on ne s’inquiète pas de peut-être retrouver quelqu’un dans son lit, de le surprendre avec de l’alcool ou des joints, voir pire. Non, tout ça si j’avais quatre ou cinq ans, n’existerait pas. Si j’étais assez tordue, j’en viendrais même à penser que ma mère avait voulu m’envoyer chez lui pour lui laisser la partie la plus compliquée dans l’éducation de sa fille. Elle avait fait le plus facile en soi, et ça sonnait un peu comme un « ben voila, assume un peu. Je l’ai pas faite toute seule, ça t’apprendra ». Heureusement pour lui, ou pour eux j’étais pas encore assez tordue pour me dire que ma mère pensait quelque chose de similaire. Lorsque ma mère m’avait annoncé que j’allais devoir vivre chez lui, j’avais littéralement peté un câble. Non seulement je ne voulais pas partir de l’Espagne, de là où j’avais grandi. Je ne voulais pas laisser mes amis, mon entourage pour aller vivre avec lui alors qu’à part quelques coups de fil et quelques vacances passées chez lui, je ne le connaissais pas vraiment. Certes, c’était mon père, mais depuis le jour où j’ai appris que je n’étais qu’un simple imprévu, j’avais décidé que je ne serais sa fille que de nom et de sang. Evidemment, tout ça c’était ce que j’avais décidé. C’était aussi ce que je voulais montrer et même si je préférais vivre chez ma mère, parce que j’avais l’impression d’en être beaucoup plus proche, inconsciemment je lui en voulais d’être si absent. C’est qu’au fond j’avais besoin qu’il soit là. Je ne sais pas trop pourquoi, mais devais-je vraiment trouver une explication ? Pour le moment du moins, je cherchais juste à espérer que je n’étais pas juste la fille qu’il a eu par erreur. Alors qu’il n’avait rien demandé, rien voulu. Ma mère non plus au final, elle ne l’avait pas voulu, mais elle s’était rattrapée en s’occupant de moi. Malgré tout la racine du problème restait le même et même si je lui en voulais moins qu’à mon père, je lui en voulais quand même.

Ce soir-là, j’avais juste pensé à ma petite personne. Parce que attendre calmement au loft que mon père ne rentre, c’était pas possible. Du moins pas ce soir-là et puis de toute façon, la proposition de Julian avait été plus qu’intéressante. Ca m’empêchait d’ermiter et si mes parents voulaient que je me plaise à Londres, c’était pas en restant enfermée dans une tour quelque part parce qu’ils ont décidé d’être chiants et surprotecteurs. Le problème ici, c’était que le service d’ordre était renforcé. En Espagne, je n’avais que ma mère à gérer, là j’avais mon père en plus alors je devais trouver des plans et des astuces pour pouvoir quand même profiter de ce que j’avais prévu. Ce soir-là c’était bien parti sauf que les imprévus de mon père ont, encore une fois, tout bousillés. Il ne lui a pas fallu longtemps pour percuter que je n’étais pas chez ma mère, comme je lui avais dit et encore moins de temps pour me dire de rentrer. J’avais vraiment eu l’impression d’être une gamine de 12 ans à qui son père lui donnait des ordres devant un gars qui aurait potentiellement pu lui plaire. Mais allez faire comprendre ça à votre père. Et puis avec un joint dans la main, je doute qu’il ait envie de le savoir. Alors pour ne pas me ridiculiser un peu plus, j’avais quitté le la voiture, récupéré mes affaires et sans plus attendre, j’étais remontée balançant mes affaires sur mon lit par la même occasion.

Certes, il était mon père, mais ce qui m’énervait, c’est qu’à mes yeux, il l’était juste quand ça lui chantait. Quand il avait envie de se donner une figure paternelle peut-être « Ah oui, t’es mon père ? Bah vu que tu l’es à temps partiel, visiblement, tu pourrais peut-être penser à me faire un planning pour me dire les jours où tu décides de l’être. Je suis sûre que tes patients et tes copines ont plus de chance que moi au niveau de ton temps libre ! » Je cherchai un élastique pour attacher mes cheveux, mais repris de plus belle « c’est peut-être ça que vous devriez faire avec maman. Un planning pour savoir à qui j’appartiens et quel jour. C’est la seule chose que vous savez faire avec moi de toute façon, me renvoyer l’un à l’autre telle une balle de tennis. Mais ce que moi je pense de tout ça, personne n’en a rien à cirer ! ». Peut-être qu’en fait j’aurais dû rester à ce bar au lieu de me dire qu’il allait peut-être s’inquiéter de savoir pourquoi je ne rentrais pas. Au moins, on l’aurait peut-être loupé et on n’en serait pas là « Même le mec de maman a plus de temps libre que toi. C’est peut-être lui que je devrais appeler papa, tu penses pas ? » Bon, là c’était violent comme réflexion et je m’en rendis compte un peu tard. Maintenant c’était dit et trop tard pour être retirée. D’autant plus que je n’aimais pas Macsen et il avait encore plus droit à ma rancœur que Samuel. Parce que lui, c’était du non stop et sans réelle raison. J’imaginais que si ma mère m’avait entendue, elle me ferait comprendre que j’avais été trop loin. Je savais qu’elle n’avait jamais voulu qu’un autre homme ne remplace mon père dans ma vie, pas même moi au final « Quel exploit papa, vraiment. T’as pris ta soirée pour ta fille ? Dis-donc, c’est rare ça pour un père. Est-ce que je dois faire en sorte d’être ta patiente pour pouvoir me dire que tu te donnerais vraiment dans ton rôle de père ? ou c’est encore le médecin qui prendrait le dessus ? ».

Batifoler. Dans un langage commun à tous, c’était pas très poussé. Mais dans un langage familier, ça pouvait vouloir dire beaucoup de choses. Je ne savais pas vraiment dans quel sens il avait voulu le placer, ce mot, mais je voyais à peu près où il voulait en venir « Ah parce que si je t’avais dit que j’allais dans un bar avec des amis en attendant que tu reviennes, t’aurais été d’accord ? Le problème avec vous, c’est que j’ai pas le choix d’agir comme ça sinon je suis bonne à rester enfermée. Je suis plus un bébé, j’ai dix-neuf ans et il y en a d’autres qui, à dix-neuf ans ont déjà fait beaucoup plus que ce que moi j’ai pu faire aujourd’hui ! » Je marquai une pause, fronçant les sourcils « Et pour ta gouverne, on batifolait pas. » Je m’assieds sur mon lit le regard vers mon téléphone qui se trouvait sous mes yeux. Sa question était une bonne question. Combien de temps comptais-je lui faire payer ? Si j’étais pas aussi rancunière, peut-être que j’essaierai de faire un effort. Le problème dans cette histoire c’est que si ici je me trouvais au cœur de mon problème de tous les jours, avec d’autres j’évitais de parler de mes soucis ou simplement de cet homme qui se tenait debout près de l’entrée de ma chambre. Parce que s’il était en partie un problème dans mon bien être, il était aussi la personne dont j’avais le plus besoin dans ma vie en ce moment. Mais ça, il fallait encore que je l’accepte. Dans la vie de tous les jours, il était un sujet tabou, une blessure ouverte qui ne voulait pas cicatriser. Alors la réponse à sa question était difficile « Je sais pas. Pour toi c’est facile, ça t’empêche pas d’avancer. Moi j’ai pas eu le choix, je dois faire avec » avais-je répondu d’un ton beaucoup plus calme, mais pas plus serein ou plus joyeux. C’était une vérité qui me blessait, peut-être parce que la situation me le rappelait tout le temps. C’est le problème quand on est l’enfant de quelqu’un, c’est que quand on est petit on a pas le choix, alors les parents imposent et choisissent pour eux et plus tard, les enfants doivent vivre avec ça « Vous n’avez pensé qu’à vous. Vous ne vous êtes jamais demandé quels bagages j’allais devoir me trimbaler plus tard. Et l’avortement ça existait déjà à ce temps-là. Si c’était pour vous séparer un an après, vous auriez très bien pu y penser. Au moins on aurait pu dire que dans l’histoire, vous n’auriez pas juste pensé à vous ». Si elle avait avorté, certes je n’aurais pas existé. Je ne pense pas que c’est le meilleur choix. En fait, pas du tout. Ils auraient tout simplement pas dû se séparer, c’est tout « Et puis toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Pour savoir ça j’aurais préféré ne pas le savoir. Encore une fois vous n’avez pensé qu’à vous. » Encore une fois, j’avais dit ça avec un timbre de voix moins élevé que cinq minutes plutôt. En fait, j’étais blasée de tout ça. C’était épuisant d’être une enfant pas aussi désirée qu’on le pensait.

   
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Lun 6 Fév 2017 - 13:05 par Samuel A. Adams
Assumer. C'était pourtant un mot qui ne faisait pas peur à Samuel. Il n'était pas fuyard, il n'était pas du genre à tourner le dos à ses responsabilités. Pourtant, dans la tête de Lilly, c'était bien ancrée dans ce sens là. Il se doutait bien que leur situation familiale laisser imaginer quelque chose dans ce genre là. Comment ne pas imaginer un tel scénario quand on voyait la façon dont ils s'adressaient l'un à l'autre ? Lilly détestait son père, elle semblait le rendre responsable de tous ses malheurs. Samuel ne savait pas comment Callie avait abordé tout ça avec Lilly. Lui avait-elle dit que Samuel n'avait pas assumé, qu'il avait désiré secrètement leur fuite ? Lui avait-elle parlé de son manque d'engagement dans l'éducation de sa fille ? En tout cas, aujourd'hui, un fossé c'était creusé entre père et fille. Alors oui, la venue de Lilly dans sa vie l'avait perturbé parce qu'il n'avait que 19 ans et qu'il était effrayé à l'idée de devoir s'occuper d'un nouveau né alors qu'il dormait cinq heure par nuit et le reste du temps la tête plongé dans les bouquins. Mais quand Callie avait décidé de la garder, Samuel n'avait pas hésité à la suivre. Lilly aurait beau en penser ce qu'elle voulait, il n'avait pas quitté le navire à l'annonce de la grossesse, non, cela c'était installé progressivement. Samuel s'était aligné sur les envies de Callie, il ne pouvait pas vivre avec l'idée d'avoir un enfant quelque part dont il ne se serait pas occupé. Il avait été présent pendant la grossesse, pendant ces longs mois où le ventre de Callie grossissait à mesure des saisons. Il s'était tenu debout près d'elle lors de l'accouchement, lui serrant la main, encaissant sa douleur dont il aurait voulu la décharger. Il avait vu Lilly venir au monde, avait plongé ses yeux dans les siens tandis qu'elle gigotait sur le ventre de sa mère. Comme tout bon père, il avait coupé le cordon ombilical, l'avait langé le temps que Callie se remette. Il était là. Quand Callie était rentré de la maternité affaiblit mais heureuse, il était encore là à l'installer sur le canapé avec un grande tasse d'eau chaude, à mettre Lilly au lit pour lui accorder quelques heures de repos. Il avait fait au mieux, mais à voir le regard noir de sa fille, le mieux c'était rien. Ce n'était pas l'acharnement de Callie, ni sa patience, ni sa présence. Oui, il n'était pas le père de l'année, mais il n'était pas un enfoiré qui avait lâché la fille au moment où elle lui annonçait attendre un bébé. Et même avec les années qui suivirent, Samuel n'avait jamais refusé de la voir ou de lui parler au téléphone, il n'avait jamais voulu que les choses dérapent à ce point. Jamais.

 « Ah oui, t’es mon père ? Bah vu que tu l’es à temps partiel, visiblement, tu pourrais peut-être penser à me faire un planning pour me dire les jours où tu décides de l’être. Je suis sûre que tes patients et tes copines ont plus de chance que moi au niveau de ton temps libre ! ». L'adolescence c'était vraiment une période ingrate. Des reproches, des sauts d'humeur, des passages à l'acte, bref une période que Samuel avait toujours redouté. Si s'occuper d'un bébé était angoissant, devoir affronter un ado en pleine rébellion avait de quoi vous terrifier d'avantage. Il pouvait comprendre le nombre de parents qui baissaient les bras face à leurs adolescents révoltés. Mais lui ne pouvait plus le faire. Lilly était une jeune adulte aujourd'hui mais elle vivait sous son toit. Elle ne savait rien de l'autonomie, de la manière dont on pouvait se gérer seule. Ses études, sa nourriture, tout lui était payé, elle ne faisait même pas partit de ces gosses boursiers qui devaient trouver un petit job pour joindre les deux bout. Heureusement pour elle, Callie et Samuel avaient tous deux des revenus lui permettant d'assurer son train de vie. « Mon temps libre je le passe ici Lilly. Et si c'est un planning que tu veux, je peux te l'afficher sur le frigo à côté de celui de ta fac... Ah non, il n'y est pas, donc que ce qui me prouve que tu es en cour et pas à sécher ? ». Bon, il dégageait un peu le sujet, mais il était dans son droit. Il n'allait pas la laisser faire sa loi. Samuel pouvait difficilement tiré un emploi du temps du moment que la plupart du temps, il ne savait même pas à quelle heure il finirait. Son travail était rythmé par les urgences et comme son nom l'indiquait, des choses difficilement programmables. Quant à ses copines, Samuel avait rompu avec Lorena. Sa vie tournait donc autour de son boulot et de sa fille. « C’est peut-être ça que vous devriez faire avec maman. Un planning pour savoir à qui j’appartiens et quel jour. C’est la seule chose que vous savez faire avec moi de toute façon, me renvoyer l’un à l’autre telle une balle de tennis. Mais ce que moi je pense de tout ça, personne n’en a rien à cirer ! ». De nouveau la rebelle. Il en oubliait presque quelle jeune fille elle était derrière toute cette colère, cette rancœur. Il avait l’impression de la connaître uniquement sous ses traits là et c'était assez perturbant. « Il me semble que tu fais ce que tu veux la majeur partie du temps ! Et si on t'écoute, tu veux repartir en Espagne sauf que nous somme encore responsable de toi ». Il s'abstient de dire qu'ils le seraient, Callie et lui, toute sa vie. Quand on faisait un enfant, il n'y avait pas de date limite d'éducation, simplement un âge où on espérait qu'il serait assez grand pour se gérer. Mais Samuel n'avait pas l'intention de fermer les yeux sur sa fille simplement parce qu'elle était majeur. Il avait bien comprit que la majorité n'était qu'un âge, aucunement un gage de responsabilité. Et à regarder Lilly, elle était tout sauf capable de s'assumer seule. « Même le mec de maman a plus de temps libre que toi. C’est peut-être lui que je devrais appeler papa, tu penses pas ? ». Samuel esquissa un sourire. Ce genre de réflexion l'amusait plus qu'autre chose. Il n'allait pas entrer dans son jeu parce qu'il soupçonnait que cela lui ferait trop plaisir. Et puis Samuel avait 38 ans, il n'allait pas se mettre au niveau d'une gamine de 19 ans. Quant à Callie, il la connaissait assez pour savoir qu'elle mettrait un point d'honneur à ce que cela n'arrive jamais. Sa fille était une Adams et elle le resterait. « Je ne pense pas, non. Mais tu peux essayer, ça ne change pas le fait que c'est mon nom inscrit sur ton acte de naissance ». « Quel exploit papa, vraiment. T’as pris ta soirée pour ta fille ? Dis-donc, c’est rare ça pour un père. Est-ce que je dois faire en sorte d’être ta patiente pour pouvoir me dire que tu te donnerais vraiment dans ton rôle de père ? ou c’est encore le médecin qui prendrait le dessus ? ». Son ton sarcastique avait de quoi agacer Samuel. Pour le coup, il ne savait pas de qui elle tenait ça. Lui avait toujours utilisé l'humour pour détendre les situations en péril ou pour décompresser devant une urgence, mais Lilly semblait utiliser ça pour faire mal. Il aurait largement préféré qu'elle tienne ça de lui. « T'as fini ton cinéma ? ». Il commençait à perdre patience. Vraiment. « Ah parce que si je t’avais dit que j’allais dans un bar avec des amis en attendant que tu reviennes, t’aurais été d’accord ? Le problème avec vous, c’est que j’ai pas le choix d’agir comme ça sinon je suis bonne à rester enfermée. Je suis plus un bébé, j’ai dix-neuf ans et il y en a d’autres qui, à dix-neuf ans ont déjà fait beaucoup plus que ce que moi j’ai pu faire aujourd’hui ! Et pour ta gouverne, on batifolait pas. ». Lilly partit s'asseoir sur son lit, visiblement épuisé par sa mise en scène. Néanmoins, Samuel pouvait entendre sa douleur. Elle était sa fille après tout, il arrivait à la décoder de temps en temps. Il savait bien qu'elle lui en voulait pour son absence, qu'elle lui faisait payer pour toutes ces années où ils avaient été séparé. Alors elle s'attaquait à son sujet favoris, elle s'attaquait aux personnes responsables de tous ces maux : ses parents. Il fit un pas dans sa direction. « Si tu m'avais demandé, tu aurais pu être surprise de ma réponse. Ce que tu ne comprend pas Lilly, c'est que je ne demande qu'à te faire confiance mais tu met tout en œuvre pour que je doute de toi. A 19 ans j'étais en fac de médecine et avec ta mère on t'attendait. On était déjà autonome. Toi tu fume des pétards et tu passe tes fin de journées dans la voiture d'un gars plus âgé que toi. Comment tu veux que te considère comme une fille responsable avec ça ? ». A son âge, Callie et lui étaient dans d'autres projets, dans une nouvelle vision de la vie avec l'arrivée imminente de leur fille. Ce n'est pas pour autant que Samuel espérait la même chose pour Lilly, non, il souhaitait qu'elle trouve sa voie et qu'elle s'assume. « Je sais pas. Pour toi c’est facile, ça t’empêche pas d’avancer. Moi j’ai pas eu le choix, je dois faire avec ». Samuel fut ému mais ne le montra pas. La voix de Lilly semblait chargé d'émotion et pendant une seconde, il crut entrevoir la fillette d’antan. Celle qui réclamait ses bras, qui riait à ses grimaces, qui demandait à ce qu'il lui lise une histoire avant qu'elle ne s'endorme.  « Vous n’avez pensé qu’à vous. Vous ne vous êtes jamais demandé quels bagages j’allais devoir me trimbaler plus tard. Et l’avortement ça existait déjà à ce temps-là. Si c’était pour vous séparer un an après, vous auriez très bien pu y penser. Au moins on aurait pu dire que dans l’histoire, vous n’auriez pas juste pensé à vous ». « Je sais. Mais tu peux avancer Lilly. C'est pas parce qu'on ne t'a pas désiré qu'on ne t'aime pas ta mère et moi. » Il avait fait un pas, à sa façon. Il avait du mal à s'ouvrir avec elle, peut être qu'elle ne lui laissait jamais aucune marge de manœuvre. Face à elle, il se sentait étranger, débutant, alors qu'il aurait tout donné pour retrouver leur câlins d'autrefois quand tout était plus simple, quand elle ne savait pas, quand elle avait simplement besoin de son papa. « Ta mère voulait te garder, elle t'as aimé à la minute où elle à sut qu'elle t'attendait. J'ai été plus long à comprendre, mais je n'ai pas regretté de t'avoir eu. Je sais que tu penses le contraire, mais je suis très heureux d'être papa ». Quant à la séparation, Samuel n'en parlait pas ou très peu. Il savait qu'il avait fait l'erreur de sa vie ce jour là. Pas un jour ne passait sans qu'il pense au départ de Callie avec Lilly dans les bras, aux placards vides, à l'absence de rire dans l'appartement. Il s'était refait le film un millier de fois dans sa tête à se dire qu'il aurait dû les retenir, qu'il aurait dû leur dire à quel point il les aimaient. « Et puis toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Pour savoir ça j’aurais préféré ne pas le savoir. Encore une fois vous n’avez pensé qu’à vous. » La blessure de sa fille faisait échos à la sienne. Il eut envie de la prendre dans ses bras mais il craignait qu'elle ne le repousse et il n'était pas sur de le supporter. Ils étaient tous deux épuisés, plongés dans leurs souvenirs.
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Mer 15 Fév 2017 - 1:25 par Lilly R. Adams

   
La roue tourne. Il faut savoir encaisser les coups. Il faut faire preuve d'endurance. Faire le dos rond. Laisser passer l'averse. Survivre au déluge. La plupart du temps, le balancier finit par s'inverser. Pas toujours, mais souvent. Samuel & Lilly
   

   
Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right you're right

   
Lorsque j’étais petite et que je vivais avec ma mère en Espagne, je ne savais pas encore l’envers du décor. A ce moment là je me sentais mieux, plus sereine aussi sans doute. Oui mon père vivait loin et comme chaque enfant, ce n’était pas facile. Mais un jour ma mère m’a dit de lui dessiner ce que je voulais lui raconter la prochaine fois que je le verrais. Comme ça je n’oublierais pas et lui, ça lui fera un souvenir.  Ce que j’ai fait. A chaque fois, je lui faisais un dessin et quand j’allais le voir, et bien je le lui donnais en lui expliquant pourquoi j’avais fait ce dessin. En grandissant, les visites se sont espacées et les dessins se sont multipliés. C’est enfantin comme truc et pourtant c’est devenu un moyen d’expression. Avec le temps mes dessins se sont affranchis, aujourd’hui j’en fais des planches de BD que je garde pour moi, dans une boite. Toute ma vie passe par ces dessins. Les moments importants de ma vie : des bons, des moins bons, les coups de blues comme la joie. Chaque souvenir, chaque chose que j’avais besoin d’exprimer, se trouve sur ces nombreuses feuilles de papier. Au fur et à mesure des années, la boite s’est transformée en caisse pour pouvoir y mettre le tout. Et aujourd’hui, cette caisse se remplit encore et pourquoi ? Pour rien, parce que personne ne les voit. Je pense que je n’ai pas envie de les montrer. C’est pas fait pour ça. A la base c’était juste un moyen d’expression entre lui et moi. Aujourd’hui, même ça, c’est devenu éphémère. Certaines personnes écrivent des lettres, d’autres tiennent un journal intime et moi je fais des planches de BD destinées à mon père, mais que je ne lui donne pas. Mon entourage connaît ma passion pour le dessin, les plus proches d’entre eux savent qu’il s’agit de planches de BD, mais personne ne sait la réelle raison, ni ce qu’elles racontent. Si je le voulais, peut-être que lui glisser la boite pleine de dessin dans son salon lui feraient comprendre certaines choses, mais ça voudrait dire s’ouvrir. Mettre le doigt sur mes moments de tristesses, de colère, mais aussi pointer son absence à lui du doigt. La souligner, la fluorer. La mettre en avant. Et ce n’était pas le but, parce que moi même je ne voulais pas l’admettre.

« Mon temps libre je le passe ici Lilly. Et si c'est un planning que tu veux, je peux te l'afficher sur le frigo à côté de celui de ta fac... Ah non, il n'y est pas, donc que ce qui me prouve que tu es en cour et pas à sécher ? » Je ne suis pas la fille la plus assidue au cours. C’est vrai. Peut-être que je sèche deux ou trois heures par semaines, mais de là à dire que je passe ma vie à sécher, il y avait un fossé. Malgré tout, j’aimais ce que je faisais à la fac au point d’y rester la majeure partie du temps. « Et qu’est-ce qui te prouve que je sèche ? A la fac j’y vais. Peut-être pas à tous les cours, parce qu’il y en a des plus inutiles que d’autres, mais j’y vais la plupart du temps ! Aujourd’hui par exemple, j’y suis allée jusqu’à la fin. Mais après je ne m’attends pas à ce que tu me crois. » En général, je séchais souvent les deux dernières heures du vendredi. Parce que je savais que ma mère finissait sa journée plus tôt et donc, j’en profitai pour aller chez elle. Si elle sait que je sèche ? Non. Enfin je crois qu’elle s’en doute, mais qu’elle aussi a surement dû sécher des cours dans sa vie et que ça ne l’a pas foutue dans la merde pour son avenir, alors elle passe outre, tant que je n’abuse pas. « Mais si tu veux mon planning, suffit de le demander. » Je cherchai dans mon agenda ledit planning et barrai les deux dernières heures du vendredi où j’écrivais ‘’Maman’’ à côté « Et contrairement au tien, moi, il ne risque pas d’être là pour décorer. Je doute que l’école m’appelle pour y faire des heures sup’ si tu vois ce que je veux dire.  Toi, tes collègues on dirait qu’ils savent rien faire quand t’es pas là. »  A côté de ça, je ne connaissais pas la politique de l’hôpital, mais s’il fallait toujours son aval pour une simple intervention, qu’il y vive carrément dans son hôpital. Mais dans ce cas, il était hors de question que je reste ici « Il me semble que tu fais ce que tu veux la majeure partie du temps ! Et si on t'écoute, tu veux repartir en Espagne sauf que nous somme encore responsable de toi » Je fronçai les sourcils. C’était pas ce qu’il m’avait montré il y a dix minutes. Si j’avais pu faire ce que je voulais, on ne serait pas ici à en parler « Tu trouves que me foutre la honte comme tu l’as fait c’est me laisser faire ce que je veux ? Et forcément que je veux retourner en Espagne. C’est la que j’ai grandi, il y a mes amis et ma famille ! » Certes j’avais aussi de la famille ici. J’avais mes parents ici, mes tantes paternelles, mais ma famille du côté de mon père je les connaissais déjà moins. Je n’avais pas grandi avec, je n’avais pas passé beaucoup de temps avec eux et aujourd’hui, j’avais beau porter le nom Adams, je me sentais assez étrangère pour vouloir participer à des repas de famille ou des trucs comme ça. Alors qu’en Espagne j’avais grandi avec les sœurs de ma mère, avec mes grands-parents. Encore une fois, c’était un choix que mes parents avaient faits et que moi je devais subir « Moi je ne trouve pas qu’envoyer sa fille vivre chez son père alors qu’elle l’a peut-être vu dix fois dans sa vie, c’est être responsable. Encore moins dans ce pays » Lorsque ma mère m’avait annoncé que j’allais vivre chez lui, j’avais littéralement peté un câble. Déjà parce que j’avais toujours vécu avec elle et que j’avais pas envie d’aller ailleurs. Et puis en plus parce que je n’avais pas ce truc qu’ont les enfants avec les parents divorcés. Leur père ou leur mère, c‘est presque pareil, parce qu’avant ils ont grandi avec les deux. Moi j’ai juste grandi avec ma mère. « Je ne pense pas, non. Mais tu peux essayer, ça ne change pas le fait que c'est mon nom inscrit sur ton acte de naissance ». Je le regardai avec un air de défi sur le visage et ajoutai avec tout mon sérieux « oui, enfin ça, ça se change facilement. De toute façon c’est pas comme si je me reconnaissais dans ton nom. Je suis une étrangère dans ta vie et dans ta famille par la même occasion. »  Je n’avais pas vraiment dis ça dans le but de le blesser, mais plus pour lui annoncer les faits. Tout ça était vrai, puisque je n’avais pas grandi avec lui. Et concernant sa famille, c’était un peu compliqué. Je n’avais rien contre ses sœurs, elles étaient même très gentilles, mais je n’avais pas non plus la même complicité qu’avec les sœurs de ma mère. C’était une triste réalité. Et encore, mon cadre familiale étant tellement bancale à mes yeux que j’étais pas le genre de fille à ressentir ce besoin de moments en famille. Pour le moment, la seule personne avec qui j’avais besoin de passer du moment, c’était ma maman. Même si on se prenait la tête, même si en ce moment c’était compliqué, je savais que j’avais besoin que parfois, elle soit là quelque part. Mon père quant à lui, c’était une autre histoire. Beaucoup plus compliquée, plus douloureuse aussi alors pour le moment, je ne cessais de vouloir le rejeter « Si tu m'avais demandé, tu aurais pu être surprise de ma réponse. Ce que tu ne comprend pas Lilly, c'est que je ne demande qu'à te faire confiance mais tu met tout en œuvre pour que je doute de toi. A 19 ans j'étais en fac de médecine et avec ta mère on t'attendait. On était déjà autonome. Toi tu fume des pétards et tu passe tes fin de journées dans la voiture d'un gars plus âgé que toi. Comment tu veux que te considère comme une fille responsable avec ça ? » Ca, par contre j’en doutais fort. « Ah donc demain si je te dis que je vais en soirée, tu dirais oui ? Parole ? » et pour rebondir sur la suite, je me lançai dans la provocation « T’aurais préféré que je le ramène dans mon lit ? Tu m’excuseras de ne pas vouloir devenir une grosse baleine à 19 ans. Maman elle a voulu prendre 20 kg en neuf mois, c’est son problème. Faut vivre avec son temps, c’est tout. » C’était sans doute une réponse toute faite, mais l’ère d’aujourd’hui semblait beaucoup plus axée sur les drogues « Et puis ça va, c’était pas de la coke non plus. Ca aide juste à se détendre ces trucs là, comparé à la cocaïne. » Si j’avais déjà poussé l’abus jusqu’à consommer de la cocaïne ou une autre drogue plus forte, la réponse est non. Mais ça aussi c’était un petit coup de pression, juste comme ça.

A la suite, le ton avait changé. Mon ton surtout. Parce qu’on avançait sur une pente assez glissante pour ne pas se peter la figure au final. Du moins moi, parce que comme je lui disais, moi je devais vivre avec, sans forcément le vouloir et avancer comme ça c’était compliqué. Il fallait savoir se retrouver dans toute cette histoire. En tant qu’enfant, j’aurais préféré que mes parents ne se séparent pas. Encore moins à cause de moi. Parce que j’aurais pu passer plus de temps avec mon père et parce que n’aurais pas l’impression de devoir composer sans filet. C’était épuisant, parce qu’à 19 ans, on avait besoin de repère. Si mes copines trouvaient sa cool d’avoir des parents qui gagnaient bien leur vie, moi je ne voyais pas ça de la même façon. J’avais surtout l’impression que seul leur travail comptait, alors savoir qu’ils avaient de l’argent, je m’en fichais pas mal. Ou à moitié. Parce que moi, j’étais au milieu des deux. A attendre, mais attendre quoi au juste ? « Oui, mais si j’étais pas née ça aurait été différent quand même. » Dans sa phrase c’est surement le groupe de mots « pas désirée » qui était le plus violent. La relation entre mes parents étaient relativement inconnue à mes yeux. Lorsqu’ils étaient encore ensemble j’étais trop petite pour comprendre quelque chose et depuis, il n’y avait eu que des coups de téléphone dont je n’étais même pas à côté pour entendre. Alors non, en fait je ne savais même pas le genre de couple qu’ils étaient, ni même le genre d’ex qu’ils sont. Pour ce qui était d’avancer, c’était plus facile à dire qu’à faire. Déjà rien que de me changer de quotidien quand ça les arrangeait ne m’aidait pas vraiment. Sans parler que je ne savais pas trop vers qui me tourner, puisque avec eux ça semblait houleux. « Avancer sans filet c’est pas facile. Surtout quand on n’est pas funambule… » autrement dit, il me manquait quelques piliers pour arriver à avancer. Certes, j’avais ma mère, mais elle ne faisait pas tout. Elle ne pouvait pas prendre la place de mon père. Alors j’essayais de composer, toute seule. Mais c’était compliqué.  « Ta mère voulait te garder, elle t'as aimé à la minute où elle à sut qu'elle t'attendait. J'ai été plus long à comprendre, mais je n'ai pas regretté de t'avoir eu. Je sais que tu penses le contraire, mais je suis très heureux d'être papa » Sur mon lit je ne levai pas la tête dans un premier temps. Mais ça ne m’empêchait pas d’écouter. Pour un papa heureux je le trouvais peu présent. Ou bien c’était moi qui en demandait de trop. Mes amies avaient aussi un père qui travaille, et ça n’est pas autant un problème pour elles que ça ne l’est pour moi. Peut-être parce que pour moi c’est tout nouveau, ou bien parce que les seuls souvenirs que j’ai, c’était quand j’étais toute petite. Alors bonjour les souvenirs. Je crois que je me rappelle plus des fois où je lui faisais des dessins que des moments passés avec lui. J’ai eu l’habitude que ma mère me mette au centre de son monde, alors j’ai ce besoin d’avoir l’attention des autres sur moi. Ou du moins de mes parents. Je crois que pour être honnête, je jalouse peut-être ses patients qu’il voit tous les jours. C’est très con, mais c’est vraiment ce que je ressens « Papa ? » finis-je par réagir. Dans un soupir j’hésitais à ajouter ce qui suivait dans ma jolie tête brune « Tu crois que si j’existais pas et que si maman n’était jamais tombée enceinte, vous seriez encore ensemble ? Avec peut-être une autre famille que celle qu’on a là ? » Autrement dit une famille éclatée et en plein conflit. C’était une question très sincère, une question à laquelle je n’avais aucune réponse et que je n’avais jamais osé demandé ni à ma mère, ni à mon père avant aujourd’hui.


   
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Mar 21 Fév 2017 - 12:57 par Samuel A. Adams
Il avait souvent entendu que devenir parent était la plus grande aventure de la vie. Plus le temps passait, plus Samuel était en accord avec cette idée. Il se rendait compte de la patience et de la détermination de ses parents à élever cinq enfants. Callie et Samuel étaient pourtant des personnes sur d'elles, des personnes volontaires qui ne reculaient pas devant les obstacles. Mais avec Lilly, ils semblaient face à un mur, à un obstacle bien plus imposant que le reste de leur vie. S'occuper d'un enfant relevait du parcours du combattant. Il fallait veiller sur lui, le protéger, ne pas l'étouffer tout en le gardant à l’œil, être ni trop présent ni trop lointain, être strict mais pas tortionnaire... Bref, c'était comme lire un manuel en sens inverse, comme déchiffrer un livre dans une autre langue. Être parent relevait d'un vrai travail d'équilibriste. Callie semblait en avoir saisit les principales règles. Etait-ce parce qu'elle était une mère ? Etait-ce cette histoire d'instinct maternel ? En tant que médecin, Samuel savait très bien que cela n'existait pas. On ne naissait pas mère, on apprenait à l'être. Certaines mères n'étaient pas doté de cet « instinct », elles devaient apprendre et cela mettait du temps. Callie n'était pas destiné à devenir mère aussi tôt et Samuel encore moins à endosser son rôle de père. Ils étaient si jeunes quand elle tomba enceinte. Ils étaient à milles lieu d'imaginer devenir parents alors qu'ils étaient plongé dans leurs études, qu'ils allaient boire des verres dans les Pubs avec les copains après leurs longues journées. Mais malgré cela, Callie avait tout de suite su comment s'y prendre avec Lilly. Elle lui chantait des comptines de son pays, trouvait des astuces pour la calmer et apaiser ses maux. Elle semblait être faite pour ça. Pour être mère. Alors que Samuel n'était visiblement pas préparé et avait dû apprendre sur le tard. Si en tant que médecin il pouvait diagnostiquer ces maladies d'enfant, il était souvent prit au dépourvu devant une crise de larme.  « Et qu’est-ce qui te prouve que je sèche ? A la fac j’y vais. Peut-être pas à tous les cours, parce qu’il y en a des plus inutiles que d’autres, mais j’y vais la plupart du temps ! Aujourd’hui par exemple, j’y suis allée jusqu’à la fin. Mais après je ne m’attends pas à ce que tu me crois. » Et si Lilly avait grandit, si ces crises de larmes de bébé avaient fait place à ces crises d'adolescente rebelle, Samuel en était toujours étonné. Il avait été privé de plusieurs années avec elle, alors il tentait vainement de rattraper son rôle de père comme il pouvait. Devait-il faire preuve d'autorité en cet instant ? Devait-il lui laisser une marge de manœuvre et lui accorder sa confiance cette fois-ci ? « Si tu le dis. N’empêche que j'aimerais avoir ton emploi du temps. Et crois le ou non, tes cours m’intéressent ». Lilly c'était mise dans la tête que Samuel se foutait de tout en ce qui la concernait. Mais c'était faux. Il était curieux de savoir ce qu'elle étudiait, ce qu'elle faisait après les cours, ce qu'elle aimait dessiner...  « Et contrairement au tien, moi, il ne risque pas d’être là pour décorer. Je doute que l’école m’appelle pour y faire des heures sup’ si tu vois ce que je veux dire.  Toi, tes collègues on dirait qu’ils savent rien faire quand t’es pas là. » Mais au contraire de lui, Lilly ne s’intéressait pas à la vie de son père. Elle semblait avoir mit une barrière infranchissable entre eux. Il savait que c'était sa carrière qui avait créée une telle distance, qui était à l'origine de tout ça. Lilly avait donc occulté la profession de son père, la tenant sûrement pour responsable de tous ces maux. Il ne lui en voulait pas vraiment pour ça. Elle finirait par comprendre, du moins l'espérait-il. « Ils savent très bien faire leur boulot, je te rassure. Mais je suis Chef de la chirurgie, alors j'ai plus d'obligations ». C'était un fait. Lilly le savait bien sûr, mais elle était braqué à cette idée dés le départ et têtue qu'elle était, elle n'était pas prête d'accepter le nouveau statut de son père.

« Tu trouves que me foutre la honte comme tu l’as fait c’est me laisser faire ce que je veux ? Et forcément que je veux retourner en Espagne. C’est la que j’ai grandi, il y a mes amis et ma famille ! » Samuel mit les mains sur ses hanches. Jamais elle ne cesserait de lui rappeler ce détail. Lilly prenait-elle conscience que c'était l'Espagne, en partit, qui avait fait d'eux des étrangers ? Samuel avait toujours adoré le côté latin de Callie. Il aimait sa façon de rouler les r, sa cuisine épicée, sa chaleur andalouse. Mais quand elle le quitta pour retourner y vivre, il se mit à détester ce pays d'exil où sa famille avait prit la fuite. C'était stupide, mais c'était sa façon à lui de faire payer l'addition à quelqu'un. « J'ai grandis et vécus en Australie jusqu'à mes 30 ans et je m'en suis très bien sortit en arrivant ici. Tu n'est pas plus bête qu'une autre Lilly ». Son ton était devenu un peu plus sec qu'il le voulait. Mais il disait vrai. En arrivant à Londres, il avait laissé derrière lui une partie de sa famille et tous ces amis et collègues. Avec le temps, il avait retrouvé ses sœurs et c'était fait d'autres connaissances. Lilly était une jeune fille pleine de ressource, il ne s'en faisait pas pour elle. « Moi je ne trouve pas qu’envoyer sa fille vivre chez son père alors qu’elle l’a peut-être vu dix fois dans sa vie, c’est être responsable. Encore moins dans ce pays » Londres était devenu sa terre d'adoption, mais il rêvait souvent de Sydney. Il n’oubliait pas ses racines, il avait simplement accepté que sa vie se passe au Royaume-Uni dorénavant. « C'est toi qui me parle de responsabilité ? Je te rappelle quand même que si tu vis ici, c'est uniquement par ta faute. Si tu ne t'étais pas mise dans des histoires de merde, tu n'en serais pas là. » Il trouvait ça important de la mettre face à ces propres erreurs, il n'était jamais trop tôt pour ça. A 16 ans, Samuel avait perdu son meilleur ami alors qu'il conduisait le scooter qui le mena à sa perte. Il n'y avait pas d'âge pour prendre conscience de sa propre réalité. Si Lilly était venu vivre chez lui, c'est parce qu'elle avait mentit, avait dupé sa mère mais aussi parce qu'elle c'était accoquiné avec les mauvaises personnes.  « oui, enfin ça, ça se change facilement. De toute façon c’est pas comme si je me reconnaissais dans ton nom. Je suis une étrangère dans ta vie et dans ta famille par la même occasion. » Lilly la tigresse était lancée. Elle avait cette façon désarmante de venir le piquer là où cela faisait mal. Elle tenait sûrement ça de sa mère. Aujourd'hui, elle semblait déterminé à le blesser, à le mettre face à sa réalité. Seulement Samuel ne voulait pas lui donner cette satisfaction. « Alors pourquoi tes tantes ont de tes nouvelles ? Pourquoi ta grand-mère me demande tout le temps de tes nouvelles ? Tu fais comme toujours Lilly, tu te victimise. » Il était agacé à présent. Samuel savait que ses sœurs étaient en contact avec sa fille, même si cela n'était pas régulier. Amanda et Charlotte avaient toujours tenu à perdurer le lien avec leur nièce. Samuel ne pouvait être qu'heureux de cette initiative. « Ah donc demain si je te dis que je vais en soirée, tu dirais oui ? Parole ? T’aurais préféré que je le ramène dans mon lit ? Tu m’excuseras de ne pas vouloir devenir une grosse baleine à 19 ans. Maman elle a voulu prendre 20 kg en neuf mois, c’est son problème. Faut vivre avec son temps, c’est tout. Et puis ça va, c’était pas de la coke non plus. Ca aide juste à se détendre ces trucs là, comparé à la cocaïne. » Il fixa sa fille comme si ce n'était pas la sienne. Lilly était en mode provocation, son mode de défense favoris. Elle semblait vouloir l'atteindre à nouveau, mais elle ne connaissait sans doute pas assez son père pour savoir que cela lui passait au dessus. La provocation était l'arme des faibles à ses yeux. « Coke ou pas, c'était de la drogue. Et tu veux te détendre de quoi ? De trop travailler ? Je t'en pris, pas à moi. En tout cas, je ne veux pas recroiser ce type ici ou même près du loft, c'est bien compris ? ». Son ton ne laissait pas de place à la négociation. Il ne plaisantait pas. Si ce gars venait à tourner autour de chez lui, il se ferait un plaisir de l'envoyer lui-même aux urgences. Lilly ne l'ignorait pas, Samuel avait été champion de boxe plus jeune et il gardait de beaux restes de cette autre vie.

« Oui, mais si j’étais pas née ça aurait été différent quand même. » Évidemment. Mais avec des si, on refaisait le monde. Samuel était un homme de l'instant, il ne souhaitait pas vivre dans le passé mais plutôt se tourner vers l'avenir. Il savait, néanmoins, que le passé avait encore une emprise sur lui, que ses regrets d'antan pouvaient le rattraper. Mais il aurait bientôt 40 ans et il ne voulait pas se laissé happer par ses vieux démons. Mais Lilly avait raison, sa naissance avait bouleversé sa vie, tout comme celle de Callie, à différents niveaux pourtant. Aucun d'eux ne pouvait remonter le temps pour savoir ce que serait leur vie sans elle. Et ce n'était pas plus mal comme ça. « Avancer sans filet c’est pas facile. Surtout quand on n’est pas funambule… » Il aimait beaucoup l'image, si bien qu'il se surprit à sourire. Il sentait la détresse de sa fille, mais la poésie qui s'en dégageait avait de quoi le toucher également. Le regard de Lilly c'était voilé, elle semblait se perdre dans un univers où il n'était pas le bienvenu. « Tu as des filets Lilly... Si je te jure. Tu as ta mère, tes oncles et tes tantes et tu m'as moi ». Il sentit son regard sur elle, il pouvait presque lire dans son esprit. Elle n'en n'était pas convaincu, comme à chaque fois qu'il lui parlait. Il se posa sur le lit à côté d'elle. Il était peiné de voir que sa fille ne lui faisait pas confiance, qu'elle pensait ne pas pouvoir s'appuyer sur lui. « Papa ? » Le ton doucereux de sa fille le ramena à lui. Il tourna son visage vers elle, attendant la suite. Il n'était pas sur d'être prêt pour une nouvelle confrontation. « Tu crois que si j’existais pas et que si maman n’était jamais tombée enceinte, vous seriez encore ensemble ? Avec peut-être une autre famille que celle qu’on a là ? » Samuel s'adossa au mur contre lequel était posé le lit. Il laissa son regard fixer quelques instants le plafond. Lilly lui laissa le temps de la réflexion, se doutant sûrement qu'une telle question nécessitait un temps de préparation. « Je n'en sais rien. Peut-être... Peut-être pas. Ta mère est une femme formidable que j'admire beaucoup. Peut-être qu'elle aurait croisé la route d'un autre homme et qu'elle aurait fini par partir quand même. » Il ne parlerait pas de lui car il était toujours convaincu aujourd'hui, qu'il n'aurait pu la quitter pour une autre. Leur histoire était belle, il ne l'aurait jamais gâché consciemment. Il avait imaginé faire sa vie avec elle et lui aurait ensuite demandé de l'épouser. Et sans doute que plus tard, ils auraient eut un enfant. Mais personne ne pouvait rejouer l'histoire. « Mais la question se pose pas. Tu es là. Tu es sa fille. Tu es ma fille. Ni toi ni moi ne pourrions réécrire le passé ».
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Lun 27 Fév 2017 - 15:40 par Lilly R. Adams

   
La roue tourne. Il faut savoir encaisser les coups. Il faut faire preuve d'endurance. Faire le dos rond. Laisser passer l'averse. Survivre au déluge. La plupart du temps, le balancier finit par s'inverser. Pas toujours, mais souvent. Samuel & Lilly
   

   
Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right you're right

   
Beaucoup de jeunes disaient qu’avoir des parents plus jeunes étaient une chance. Je ne sais pas si moi je vois ça de la même façon, parce que j’ai pas l’impression d’être en phase, ou d’être comprise. Parfois, ma mère arrive à sortir un peu la tête hors de l’eau et j’ai une lueur d’espoir qu’elle comprenne vraiment et puis je me rends compte qu’en fait, non. A croire que quand tu deviens adolescent, la communication entre toi et tes parents s’envole avec ton innocence enfantine. Et pourtant, certains parents sont beaucoup plus réac que les miens. Beaucoup plus vieux jeux aussi. Alors j’aimerais vraiment savoir où se trouvent ma chance à moi dans l’histoire. Parce que les miens, ils n’ont tout simplement pas le temps. Enfin surtout mon père. Ma mère arrive à se rattraper, ou bien c’est le fait d’avoir grandi avec elle qui aide à ce que la pilule passe mieux. Je sais qu’elle n’a pas toujours été occupée et je pense même que pour le moment, c’est juste depuis qu’elle s’est mise à son propre compte en tant que chargée de communication qui fait qu’elle est occupée. Mais alors pourquoi à elle j’arrive à trouver une excuse mais pas à mon père ? Sans doute parce que pour ma mère, j’ai pas l’impression d’avoir passé mon enfance sans elle. Bien au contraire, elle a toujours été mon principal repère, aujourd’hui encore. Mais aujourd’hui c’est plus compliqué, juste parce qu’à mes yeux elle a pris de mauvaises décisions me concernant. A croire que me demander mon avis n’était même pas envisageable, sans doute parce qu’elle savait très bien que j’allais refuser

« Si tu le dis. N’empêche que j'aimerais avoir ton emploi du temps. Et crois le ou non, tes cours m’intéressent ». Comme ça, il y en a au moins un que ça intéresse. Non pas que je m’en fous de ce que je vois en cours, mais je ne sais pas si c’est vraiment ce que je veux faire plus tard. J’aime le dessin, j’aime l’histoire et l’architecture en générale. Mais je ne sais pas si j’ai envie de faire ça toute ma vie, ou bien si c’est simplement le fait de devoir rester assis sur des bancs à écouter des professeurs parler qui me démotive totalement  « A défaut de m’intéresser moi... » Néanmoins, je lui donnais l’emploi du temps, comme il le demandait. Je me demandais comment lui il lui était venue en tête d’avoir voulu être médecin, tout comme je me demandais comment ma mère aimait travailler dans les affaires. Mais encore fallait-il leur demander, ce que je n’avais pas envie de faire. Ou pas maintenant. J’avais une vraie passion pour le dessin au point de dessiner sur tout, partout. Sur mes feuilles de cours comme sur le carton entourant le bloc note. Au verso de mon emploi du temps, je m’étais amusée à représenter le Taj Mahal parce qu’il s’agissait d’un monument pour lequel j’éprouvais une fascination extrême. Pourtant, en cours, on ne parlait jamais du Taj Mahal alors qu’à mes yeux, c’était probablement le monument le plus réussi dans le monde. Mais c’était une question d’avis, sans doute. « Ils savent très bien faire leur boulot, je te rassure. Mais je suis Chef de la chirurgie, alors j'ai plus d'obligations » J’imaginais bien qu’être chef de chirurgie apportait son lot d’obligation, d’administratif et d’heures en plus sans doute. Mais elle se demandait pourquoi avoir accepté ça alors que déjà en tant que simple chirurgien il ne débordait pas de temps libre ? « J’aimerais pas être à ta place le jour où on te demandera de choisir entre ta vie privée et ta vie professionnelle, sincèrement. » avais-je lâché avec beaucoup d’amertume dans la voix. Parce que j’étais certaine que si ce jour était arrivé, on reviendrait à la case départ. Le jour où ma mère avait décidé de claquer la porte et de partir, sauf que là, c’est moi qui partirais toute seule sans doute. Parce que j’étais persuadée que son boulot passerait toujours avant.

Je n’aimais pas Londres. En fait depuis le jour où ma mère m’avait dit que j’allais devoir vivre là-bas, j’avais décidé que je n’aimerais pas cette ville et maintenant que j’y suis, je ne l’aime toujours pas. Rien ne fait que je pourrais m’y plaire et le climat n’aide pas alors que moi je venais d’un pays où il faisait chaud. C’était une excuse facile, mais même, je n’aimais pas. La mentalité ne me plaisait pas et pourtant c’est pas comme si on m’avait laissé le choix. Alors quand mon père compara son expérience à la mienne je fronçai les sourcils « Justement. Moi j’ai pas trente ans et en plus de ça, toi on t’a pas forcé à venir alors que moi on ne m’a pas demandé mon avis. Et juste comme ça, l’Australie ou l’Angleterre, ça reste l’anglais. Moi j’ai commencé mes études d’archi en espagnol, je me retrouve à devoir bouffer du vocabulaire architectural en anglais ! Ca non plus ça m’aide pas à aimer ce que je fais. Mais ça, maman et toi ça vous passe au-dessus de la tête. » Bon, l’anglais n’était pas un énorme problème en soi. Ma mère avait eu le réflexe de me l’apprendre assez jeune justement parce que j’avais un père australien. Malgré tout, ma langue maternelle restait l’espagnol. Avoir un vocabulaire de tous les jours et tenir une conversation, ça ne me posait aucun problème, mais la terminologie d’architecture en anglais était plus compliqué, bien que pas non plus inaccessible, mais ça restait déroutant et j’étais parfois totalement larguée. Mes amis, je savais que ma mère rêvait que je les change et je pense que c’était une des raisons pour lesquelles elle m’avait fait venir ici. Sauf que visiblement, c’était pas mieux ici. Le problème ne venait pas de l’endroit, mais de moi. Je choisissais mal mes amis, mais peut-être vraiment changer de fille ? « Et vous espérez que ça ira mieux ici grâce à quoi ? Grâce à toi alors que t’es jamais là ? Me dis pas que maman est aussi naïve que ça ? » je marquais une pause puis finalement, repensai à ce qu’il avait dit. Ouais, le problème c’était justement parce que c’était uniquement à cause de mes conneries « Et je suis contente de savoir que si je vis ici c’est JUSTE pour ça. Vraiment. Autrement dit si j’étais une fille toute mignonne, toute sage, toute gentille qui dit oui amen à tout, jamais il ne te serait venu à l’idée d’accepter que je vienne. En même temps j’en attendais pas moins de ta part. » Peut-être que la conclusion était un peu abusée, mais au fond j’étais tellement persuadée d’être un fardeau dans sa vie que je n’arrivais pas à prendre ses paroles autrement. Après, si j’étais un si gros fardeau que ça, je ne demandais pas mieux de retourner vivre chez ma mère. Vraiment « Ca, ce sont des relations à distances et des nouvelles via des moyens de communications. Charlott ça se limite aux réseaux sociaux et Amanda, aux SMS. Ce qui veut dire que si j’ai pas envie de répondre, je réponds pas et on cherche pas plus loin. Ma grand-mère elle passe par toi, c’est pas pour autant que moi je la connais. Mais si un jour vous venez subitement organiser un diner de famille Adams, excuse-moi, mais je ne me sentirais pas vraiment concernée par ce diner justement parce que je ne connais pas tout ce joli monde. Autrement dit, comme je le disais : je serais étrangère » Néanmoins, je ne le lui reprochais pas à lui cette distance entre moi et sa famille. Le fait est qu’il est australien, qu’il y a vécu une partie de sa vie et que ma mère est espagnole et qu’elle aussi y a vécu une partie de sa vie, avec moi « Et ce n’est pas un reproche, c’est une constatation, je sais que t’y es pour rien. » Néanmoins c’était un fait : je me sentais plus Dos Santos que Adams. Mais quand j’en avais parlé à ma mère, sa réponse avait été toute faite : laisse-toi le temps. « Coke ou pas, c'était de la drogue. Et tu veux te détendre de quoi ? De trop travailler ? Je t'en pris, pas à moi. En tout cas, je ne veux pas recroiser ce type ici ou même près du loft, c'est bien compris ? » Je levais les yeux au ciel. De toute façon je n’allais surement pas le revoir de sitôt vu la honte qu’il m’avait tapée « Ah ben ça, y’a plus aucun risque maintenant.  T’as pas répondu à ma question. Si demain je te dis que je vais en soirée, tu dirais oui ? »

Dans mes filets c’est vrai que j’avais au moins ma mère. Je savais que si je l’appelais pour simplement discuter, elle me consacrerait autant de temps que je le souhaite, mais c’était pas suffisant. En Espagne j’avais mes grands-parents et au moins Mila en plus de ma maman. Mais ici j’avais une maman trop occupée malgré tout, un père surbooké et des oncles et tantes vers qui je n’osais pas me tourner réellement parce que justement, je ne les connaissais pas suffisamment pour ça. Alors blasée, je soupirai, les yeux rivés vers mon iphone. Le doigt pressant l’unique bouton du téléphone faisait apparaitre un selfie pris avec ma mère justement. Puis verrouillai le téléphone pour le lancer plus loin sur mon lit « C’est pas très solide comme filets » Enfin si, mes parents oui. Parce que j’étais pas assez bête pour ne pas leur faire confiance aussi bien un qu’à l’autre, mais pour les autres c’était plus délicat. Je n’étais pas le genre de fille à dévoiler ma vie facilement ni à faire confiance aussi facilement alors je ne pense pas avoir le déclic d’aller vers eux si vraiment j’avais un problème « ça ne te saoul pas d’avoir une fille et de ne pas savoir grand-chose d’elle si ce n’est les infos sur sa carte d’identité et quelques infos en plus ? » c'était une vraie question, pour voir comment lui vivait le fait de ne pas trop me connaitre. Oui, il connaissait les infos à connaitre sur son enfant, comme son identité, sa date de naissance ou encore son groupe sanguin. Mais est-ce qu’il savait beaucoup d’autres choses me concernant ? Il pouvait comprendre que j’avais une passion pour l’Inde ou encore pour les USA en jetant un œil dans ma chambre ou que je vouais un vrai culte au Taj Mahal juste par la légende qui l’entoure tout comme son architecture. Mais à part ça ? Savait-il autre chose ? D’un autre côté, c’était la même chose pour moi, je ne savais pas grand-chose de lui à part qu’il passait une partie de sa vie dans un hôpital et d’autres infos que ma mère avait bien voulu me donner quand j’étais petite. La question que j’avais posé semblait lui donner matière à réfléchir. Alors qu’il s’était installé à côté de moi sur mon lit, je le regardais en attendant la réponse. Si ma mère était une femme formidable, ça dépendait des moments. Enfin elle restait mon modèle sur terre, c’est vrai, mais je lui en voulais beaucoup pour la décision qu’elle avait prise. Malgré tout, j’avais besoin qu’elle soit là quelque part, qu’elle m’appelle ou que moi encore je lui envoie un texto de temps en temps. « Pour des ex vous n’êtes pas en trop mauvais terme, si ? Enfin j’ai une amie qui a des parents divorcés, que j’aille chez sa mère ou chez son père, ils ne peuvent pas s’empêcher de très mal parler de leur ex. Maman elle fait pas ça et pourtant elle peut être très chiante. Bon elle a l’autre con de Macsen, mais si vraiment elle voulait s’engager dans une autre histoire, ils seraient déjà mariés, elle aurait déjà eu d’autres enfants etc. Ici il espère comme un con et elle, elle repousse tout le temps en disant qu’elle a trop de travail. Enfin ça ne me regarde pas après… » Je ne m’occupais pas de la vie privée de ma mère, mais je la connaissais assez pour savoir que si j’abordais le sujet avec elle, elle aimait bien l’esquiver, elle « C’est votre truc à vous deux de choisir le travail comme excuse en fait. » Le menton appuyé sur mes genoux qui eux étaient repliés contre moi, j’adressai un léger sourire à mon père « Dommage, t’aurais pu avoir une fille moins chiante, mais pas moins canon » ajoutais-je toujours avec le sourire. Je ne me prenais pas autant au sérieux physiquement, mais j'aimais bien jouer le jeu. J’étais consciente que j’étais pas la fille la plus facile au monde, mais c’était ma façon de m’exprimer. Du moins en ce moment  « Tu sais, il est pas méchant Julian. Bon il est un peu con je te l’accorde, mais la vie est plus simple avec lui, c’est tout. »


   
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# Re: Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
message posté Mer 8 Mar 2017 - 17:14 par Samuel A. Adams
Samuel se sentait toujours en décalé face à ses collègues et leur vie de famille. Pendant les pauses cafés, il était toujours propulsé au milieu de ces toubibs parlant de leurs petits derniers ou de la rentrée en primaire de l’aîné. Pourtant, il n'était pas le plus vieux d'entre eux. Seulement dans la médecine, les médecins avaient tendance à avoir des enfants plus tard que la moyenne. La durée des études avaient de quoi en faire pâlir plus d'un, tout comme le peu de temps disponible pour mener une vie de famille. Les internes croulaient sous les cours théoriques et leurs heures à l'hôpital. Les résidents étaient obnubilés par leur choix de spécialité et acceptaient toutes les heures supplémentaires à la recherche du cas parfait pour entamer leur dernière phase. Ce n'était qu'une fois la résidence finie que les gens se mettaient à songer à fonder un foyer. Samuel avait tout fait à l'envers. Il était devenu papa alors qu'il entamait se deuxième année de médecine. A l'époque, il n'était pas interne, il potassait ses nombreux cours pour atteindre le doctorat lui permettant de décrocher une place d'interne dans un des hôpitaux du coin. Alors que ses collègues passaient des nuits blanche à la bibliothèque ou au laboratoire, Samuel jonglait avec les biberons et les couches. Il n'avait jamais oublié le regard ahuri de son maître de stage quand Samuel lui avait demandé quelque jour pour s'occuper de son bébé qui venait de naître. Ça paraissait déjà fou pour un jeune adulte de devoir s'occuper d'un bébé, mais c'était encore plus choquant quand cela venait d'un tout jeune étudiant en médecine. Cette époque de sa vie c'était résumé à ses journées d'étude et ses nuits blanche à jongler entre les cris de nourrisson de Lilly et des litres de café pour préparer ses TP. Bref, un mode de vie qui avait amené beaucoup de remarques de la part de ses enseignants ou de ses futurs collègues chirurgiens. « J’aimerais pas être à ta place le jour où on te demandera de choisir entre ta vie privée et ta vie professionnelle, sincèrement. » Ce choix, il l'avait déjà fait, bien malgré lui, des années plus tôt. Il avait vu Callie emmené Lilly à des milliers de kilomètres de lui. Il avait alors privilégié sa carrière, ne lui restant que ça. Mais Lilly se trompait si elle pensait que cela ne lui avait rien fait. Si les heures de silence qui avaient suivi leur départ furent d'abord un soulagement, le silence était devenu de plus en plus pesant avec le temps. Il avait finit par s'accoutumer aux gazouillements de Lilly, à ses traces de pieds humides sur la carrelage de la salle de bain, et même à ses doudous traînant un peu partout. Seulement Lilly ne lui laissait jamais le temps d'oublier tout ça et lui rappelait cette épreuve en permanence. Aujourd'hui, il estimait qu'il n'avait plus à faire de choix. Sa fille vivait chez lui et il travaillait à deux pas de son loft. En quoi cela était-il égoïste de favoriser deux vies ? Il pouvait très bien être chirurgien et père en même temps, tout comme le faisait bon nombre d'autres praticiens. Seule Lilly ou encore Callie, trouvait à y redire. « J'ai pas à le faire », se contenta-t-il de dire d'une voix forte. « Justement. Moi j’ai pas trente ans et en plus de ça, toi on t’a pas forcé à venir alors que moi on ne m’a pas demandé mon avis. Et juste comme ça, l’Australie ou l’Angleterre, ça reste l’anglais. Moi j’ai commencé mes études d’archi en espagnol, je me retrouve à devoir bouffer du vocabulaire architectural en anglais ! Ca non plus ça m’aide pas à aimer ce que je fais. Mais ça, maman et toi ça vous passe au-dessus de la tête. »  C'était sa faute, peut être, s'il était tombé amoureux d'une espagnole ? A croire que Lilly ne manquait jamais d'argument pour dénoncer la vie pourrie qu'elle menait ici. Samuel avait toujours apprécié que sa fille soit bilingue, une capacité dont il n'était pas doté. Il estimait qu'avec la société actuelle, sa fille avait un avantage face aux autres de ses camarades de part sa facilité à parler deux langues. Quand Lilly avait disparue en Espagne, elle commençait tout juste à babiller, si bien que Samuel avait raté ses premiers mots. Il n'avait jamais parlé autrement qu'en anglais avec elle et Lilly était une gamine intelligente qui n'avait eu aucun mal à jongler entre deux langues.  « Et vous espérez que ça ira mieux ici grâce à quoi ? Grâce à toi alors que t’es jamais là ? Me dis pas que maman est aussi naïve que ça ? » Samuel darda son elle un regard sévère. Il avait beau être en désaccord avec Callie sur pas mal de chose, il ne supportait pas que Lilly parle d'elle en ces termes. Il avait toujours mit un point d'honneur à instaurer le respect de l'autre à sa fille, notamment quand il s'agissait de la femme qui l'avait mise au monde.  « Et je suis contente de savoir que si je vis ici c’est JUSTE pour ça. Vraiment. Autrement dit si j’étais une fille toute mignonne, toute sage, toute gentille qui dit oui amen à tout, jamais il ne te serait venu à l’idée d’accepter que je vienne. En même temps j’en attendais pas moins de ta part. » A nouveau, la jeune adulte se servait de ses dires contre lui. De qui tenait-elle cette facilité à tourner tout en son sens ? Pas de lui, sûrement de sa mère. « Tu vas arrêter de te plaindre ? Tu ne fais que ça depuis tout à l'heure. Ce qui est sur, c'est que si tu étais une petite fille toute mignonne comme tu dis, tu te serais pas fait les fréquentations que tu as. Et détrompe toi, j'aurais été ravi de t'avoir plus tôt, mais pour cela il aurait fallut que tu accepte de me parler au téléphone ». Il avait encore ce goût amer dans la bouche. Samuel avait cherché pendant longtemps à garder le contact avec sa fille, par téléphone et même par skype afin de pouvoir voir son visage. Mais Lilly avait grandit et elle avait de moins en moins de temps à consacrer à ce père du bout du monde. Avec les années, ses passages chez lui c'étaient espacé puis avaient fini par disparaître. Les contacts téléphoniques c'étaient fait de plus en plus court également. Callie lui avait trouvé des excuses au départ, ne voulant pas le blessé alors qu'elle savait qu'il était peiné de cette distance entre eux. Puis Samuel avait fini par comprendre : Lilly n'avait pas envie de lui parler, voilà tout.

« Ca, ce sont des relations à distances et des nouvelles via des moyens de communications. Charlott ça se limite aux réseaux sociaux et Amanda, aux SMS. Ce qui veut dire que si j’ai pas envie de répondre, je réponds pas et on cherche pas plus loin. Ma grand-mère elle passe par toi, c’est pas pour autant que moi je la connais. Mais si un jour vous venez subitement organiser un diner de famille Adams, excuse-moi, mais je ne me sentirais pas vraiment concernée par ce diner justement parce que je ne connais pas tout ce joli monde. Autrement dit, comme je le disais : je serais étrangère ». De nouveau, il la toisa durement. Il savait qu'elle pensait chaque mot, que cela était aussi facile à dire que c'était douloureux. Il continuait d'espérer qu'elle avait eut envie de cette vie là, qu'elle ne s'en n'était pas simplement détourné. Seulement lui même avait raté beaucoup d’événements de famille, sans compter ceux où il avait dû s'absenter en plein court du repas. Contrairement à sa fille, les membres de sa famille avaient accepté cela. Ils n'étaient plus étonné de le voir sortir de table en s'excusant avant de sauter dans un taxi ou sur sa moto. Mais ils n'étaient pas sa fille. Chacun avait sa propre vie, ils ne dépendaient pas de lui comme d'une fille dépend de son père. « Tu sera jamais une étrangère. T'es une Adams. Et tu t'es jamais demandé comment j'avais vécu le fait de passer mes noëls ou les anniversaires sans ma fille ? ». Encore des jours qu'il n'oubliait pas. Devoir répondre à sa mère que sa petit-fille vivait en Espagne et affronter le regard lourd d'émotion de son père étaient, encore aujourd'hui, les moments les plus dur de sa vie. « Ah ben ça, y’a plus aucun risque maintenant.  T’as pas répondu à ma question. Si demain je te dis que je vais en soirée, tu dirais oui ? »  Tant mieux, au moins le message était passé. Il n'avait aucune envie de recroiser ce type dans le coin. « Je te dirais qu'on verra en fonction de ton comportement ». C'était sûrement la phrase la plus éducative qu'il avait pu lui sortir. Il avait fini par apprendre des conversations de ses collègues quant à l'éducation qu'ils offraient à leurs adolescents. Alors certes sa fille était majeur, mais elle vivait sous son toit et il n'était pas assez laxiste pour la laissé faire sa loi chez lui. « ça ne te saoul pas d’avoir une fille et de ne pas savoir grand-chose d’elle si ce n’est les infos sur sa carte d’identité et quelques infos en plus ? » Il soupira. Pas par ennui, mais plus parce qu'il voyait où elle voulait en venir. Samuel avait apprit à connaître sa fille au travers de ses contacts avec Callie. Celle-ci lui glissaient quelques informations qu'il avait soigneusement enregistré. Il ignorait ce qui pouvait se passer dans la tête d'une jeune fille de 19 ans. Elle devait avoir un groupe de musique favoris, ainsi qu'un parfum de glace et un film fétiche, comme tout le monde, mais il devait bien reconnaître qu'il ignorait ces informations. Il se souvenait néanmoins de sa passion pour les animaux du zoo, un parc où il l'emmenait souvent quand elle venait passer les vacances chez lui. Il revoyait son regard écarquillé devant les éléphants ou encore sa surprise face aux singes qu'elle aimait imiter devant une foule amusée. Il savait que, petite, elle adorait qu'il chantonne sur du Michael Jackson et qu'elle mettait ses deux mains dans le plat à gâteau pour ensuite se lécher les doigts. Mais aujourd'hui, il avait de nombreuses lacunes sur ce qui l'animait, ce qui la faisait sourire ou même pleurer. « Je demande qu'à apprendre. Je suis partant pour des soirées avec toi où tu m'étalerais tes goûts musicaux. Je suis partant pour un ciné, une pièce de théâtre ou un match de basket, peu importe. Dit moi et on le fait tous les deux ». Il essayait de s'ouvrir un peu à elle. Ils étaient tous les deux emproit à leurs propres craintes, tentant de mettre un peu moins de distance entre eux. Il regrettait de ne rien partager avec sa fille, il était prêt à tout tenter pour se rapprocher d'elle, si elle lui en laissait l'occasion. Un léger silence s'installa, Lilly méditant sûrement la-dessus. Ils étaient tous les deux sur le lit, un rare moment où ils ne s'affrontaient pas, où Samuel pouvait profité de l'espace personnel de sa fille, s'imprégnant des lieux. Elle avait customisé sa chambre, la rendant plus accueillante, plus à l'image de la jeune femme qu'elle était aujourd'hui. « Pour des ex vous n’êtes pas en trop mauvais terme, si ? Enfin j’ai une amie qui a des parents divorcés, que j’aille chez sa mère ou chez son père, ils ne peuvent pas s’empêcher de très mal parler de leur ex. Maman elle fait pas ça et pourtant elle peut être très chiante. Bon elle a l’autre con de Macsen, mais si vraiment elle voulait s’engager dans une autre histoire, ils seraient déjà mariés, elle aurait déjà eu d’autres enfants etc. Ici il espère comme un con et elle, elle repousse tout le temps en disant qu’elle a trop de travail. Enfin ça ne me regarde pas après… » Samuel ne pouvait s’empêcher d'avoir une oreille attentive concernant la vie de son ex. Malgré les années qui c'étaient écoulé depuis leur rupture, Samuel avait toujours eu une réelle affection pour Callie. Une part de lui était sans doute encore amoureux d'elle et à chaque fois qu'il posait le regard sur sa fille, il y retrouvait les traits de la Dos Santos. Il est vrai que Callie, tout comme lui, ne semblait pas s'ouvrir à une relation très sérieuse. Il ne l'avait jamais questionné à ce sujet, n'étant pas en droit de le faire. Il s'était toujours attendu à ce qu'elle l'appelle un jour pour lui annoncer qu'elle allait se marier ou qu'elle attendait un autre enfant, mais cela n'était jamais arrivé. Pour une raison qui lui échappait, Samuel en était soulagé. Pourtant, leur histoire avait prit fin 18 ans plus tôt et l'eau avait coulé sous les ponts depuis. « Ta mère et moi on est des adultes intelligents, voilà tout. On a toujours voulu s'entendre pour ton bien. Ni elle ni moi ne voulions faire la guerre à l'autre. » Il ne parla pas de Macsen. Après tout, il ne connaissait pas ce type, mais il espérait seulement qu'il se rendait compte de la chance qu'il avait en sortant avec Callie. Lui serait peut-être assez futé pour ne pas la laissé filer. « C’est votre truc à vous deux de choisir le travail comme excuse en fait. » Ils échangèrent un sourire complice, le premier vrai depuis leur échange houleux. « Dommage, t’aurais pu avoir une fille moins chiante, mais pas moins canon » Samuel lui donna un petit coup dans l'épaule, comme pour lui signifier qu'elle ne se prenait pas pour n'importe qui. Mais il ne pouvait lui donner tord. Samuel était fière de sa fille. Elle était brillante, effrontée certes, mais rusée, pleine de ressource. Et elle était belle, sublime, une beauté volée à sa mère. « Je peux pas avoir une fille moche. T'as vu mes gênes sérieusement ? ». Il plaisantait. Il n'avait jamais joué sur son physique, il n'était pas de ces types qui roulaient des mécaniques. Néanmoins, il avait toujours aimé prendre soin de lui, ne voulant pas devenir un vieux croulant à la bedaine bien grasse. « Tu sais, il est pas méchant Julian. Bon il est un peu con je te l’accorde, mais la vie est plus simple avec lui, c’est tout. » Lilly n'avait pas changé de position, les genoux repliés contre sa poitrine. Il la regarda, cherchant à capter son visage mais elle semblait absorbé dans ses pensées. Il avait envie d'être d'accord, mais quelque chose en lui le bloquait. Était-ce ce regard ahuri qu'il avait croisé chez Julian ? Ou alors cet air nonchalant avachit comme un prince dans sa voiture ? « En quoi est-elle plus simple ? Il t'apporte quoi ? », demanda-t-il simplement, sur le ton de la discussion, ne voulant pas reprendre leur bataille habituelle. Il aimait la présence de sa fille tout contre lui, il ne voulait pas briser ce simple contact entre eux. Durant ces quelques instants, Lilly semblait fragile, dans une demande d'attention de se père qu'elle aimait tant autrefois. « Tu voudrais pas faire un sport de combat ? Juste comme ça, histoire que tu sache te défendre en cas de besoin. Je veux bien servir de cible pour que tu t’entraîne ». Il ne plaisantait pas, même si il la laissait prendre ses propres décisions. Seulement, en tant que père, il serait plus rassuré de savoir que sa fille était capable de se défendre face à un type lui voulant du mal.
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Take off your clothes, blow out the fire don't be so shy you're right ;; Samuel ♥︎
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