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Hier encore j'avais vingt ans ┊Indianna.

Guyliner.
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Guyliner.

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() message posté Mar 7 Nov - 23:46 par Ethan I. Hemsworth

Hier encore j'avais vingt ans
Ethan & Indie
The very basic core of a man's living spirit is his passion for adventure. The joy of life comes from our encounters with new experiences, and hence there is no greater joy than to have an endlessly changing horizon, for each day to have a new and different sun.

Je m’étais senti merdeux plusieurs fois de m’être éloigné. En un sens, j’avais pris la fuite moi aussi. J’étais parti en Australie et aurais pu ne jamais en revenir. J’y avais trouvé refuge pendant des années. Plus d’une dizaine d’année en fait. Dix ans durant lesquels je m’étais marié, étais devenu un patron responsable et impitoyable, et surtout papa pour la première fois. Dix années magnifiques passées sans trop me soucier de ce qu’il restaient des vestiges de ma vie Irlandaise. Ce qu’était devenue notre petite bande, ce qu’était devenue Indie, je m’en souciais parfois, me disant que Connor serait sûrement déçu s’il voyait que je n’étais plus là pour veiller sur elle. Oh bien sûr nous avions gardé contact, je la croisais quelques fois lors de mes visites dans la capitale anglaise, furtivement. Mais je retournais vite auprès de ma famille, et elle… Elle je ne savais même pas où ses pas la guidaient quand nous nous disions au-revoir. Je ne savais presque plus rien de sa vie. Indie n’en savait pas beaucoup plus de la mienne. Mais nous semblions d’accord sur un point essentiel : cela devait changer. Pour de bon. Alors j’espérais que Connor nous voyait. Pour N’importe où il se trouvait, j’espérais sincèrement qu’il assistait à nos retrouvailles. Nos vraies premières retrouvailles depuis que la vie nous l’avait arraché. Qu’il arrivait à lire en nous, connaissait mes intentions. Qu’il était apaisé. Parce que j’aurais aimé pouvoir lui dire que j’étais là maintenant. Que je serai là. Pour Indie. Pour Nolan. Pas comme lui l’aurait été, ça je ne le pouvais pas. Jamais. Ça me révoltait au fond, de savoir que Nolan ne pourrait jamais compter sur lui. Si je pouvais être un substitut pour lui, un référent masculin pour l’aider en grandissant, je voulais l’être. Je me doutais que son oncle ne m’aurait pas trouvé trop mal dans ce rôle. Il me restait à faire mes preuves auprès de sa mère. « La liste serait trop longue. » Que l’Irlandaise ait quelques mystères en réserve ne m’étonnait même pas. Mystérieuse, elle l’avait toujours été. Je me doutais bien que depuis notre séparation des tas de choses lui étaient arrivés. Nous nous étions quittés pas encore adultes. Elle avait eu une vie, tout simplement. Comme moi. Tout le monde a des choses à cacher, il parait. « Tu t’en tireras pas comme ça. » Non. Je comptais bien la faire parler. Juste pas maintenant. Loin de moi l’envie de la mettre mal à l’aise. Nul doute néanmoins que l’Irlandaise se souvienne à quel point je pouvais être têtu. J’allais revenir à la charge, tôt ou tard, c’était prévisible. Je jetais régulièrement des coups d’oeil à Nolan, comme happé par cette image nouvelle. Il me fallait l’enregistrer, me familiariser avec l’idée qu’Indiana était devenue mère. Un jour, son petit garçon ressemblerait peut-être à Connor. Je craignais toujours d’oublier son visage après tant de temps. Mais non. Je savais très bien d’où venait ces cheveux bruns, cette douceur dans le visage. Que le petit s’en sorte bien s’il tenait d’elle, c’était une évidence. Pas si mal un sacré euphémisme. Sa mère avait peut-être des failles, comme tout le monde, elle n’en était pas moins une femme forte, déterminée, talentueuse et généreuse. Et puisqu’il ne semblait pas y avoir de père dans le tableau familial, je ne voyais pas comment il pourrait ne pas tenir de la femme qui l'élevait.

Dire tout ce que je retenais depuis tout ce temps, enfin. J’attendais le grand soulagement qui ne vint pas. En tant que psychologue, je savais mieux que personne qu’il n’y avait rien à dire dans ce genre de situation. L’imposer à Indianna me paraissait malhonnête. Je n’avais pas envie de la rendre triste, ou, pire coupable. A en juger le nuage troublant son regard encore joyeux cinq minutes plus tôt, c’était raté. Je changeais vite de sujet, tentative maladroite d’arranger ça, me raccrochant à sa main. Sauf que je n’avais pas choisi un sujet des plus joyeux non plus. Imaginer ce qu’était d’élever un enfant seul s’avérait difficile. Amanda était une mère formidable. Jamais je n’aurais à me demander ce que je pourrai dire à Ava, angoisser en me demandant quand poserait-elle des questions sur son autre parent, si celui-ci reviendrait un jour, si elle m’en voudrait de ne pas faire partie d’une famille classique. Non jamais je ne me poserai toute ces questions. Même séparé d’Amanda, nous étions tous les deux présents pour Ava. Pas claire du tout cette séparation d’ailleurs… Je ne m’en plaignais pas ! N’ayant pas du tout envie de la tourmenter avec des questions de ce genre - les questions sans réponse, le pire de tout - je continuais mes confidences dramatiques dans un dernier effort, incapable de dater les évènements et laissant l’Irlandaise calculer. Ava soufflerait bientôt sa neuvième bougie. Putain… Tout ce gâchis. Je réalisais de moins en moins. Chaque fois je me prenais le temps qui s’était écoulé en pleine face. « Personne ne peut supporter ça Ethan, on peut juste avancer. Ne te blâme pas. Vous avez chacun accusé le coup à votre façon je pense. » Elle disait vrai. Combien de fois avais-je moi-même tenu ce genre de discours à des patients ? Pourquoi ça ne prenait pas sur moi ? Je voulais l’écouter. De tout mon coeur. Mais ça rentrait pas. Moi et ma saloperie de fierté, à me croire au-dessus des autres. Je pensais le supporter moi. En deux ans, j’aurais dû faire mon deuil ? Tous les jours à l’hôpital des parents se retrouvaient endeuillés, à commencer par Helga qui avait perdu un fils en âge de marcher. Le mien n’avait même pas vu le jour. Qu’est-ce que cela aurait été alors si je l’avais vu grandir avant de le perdre ? Sauf qu’Amanda et moi le connaissions déjà, ce fils, avant même de découvrir son visage. Tout un univers l’attendait. Une chambre, une famille. Tout un tas de trucs rien que pour lui. Comme s’il était déjà parmi nous. C’était l’aspect vicieux d’un tel coup du sort : il n’était pas né que déjà il nous manquait, laissant derrière lui tout un monde. Des tas d’objets à débarrasser, autant que pour quelqu’un qui aurait vécu une vie entière. Et chacun de ces objets nous rappelait qu’il n’avait pas vécu. Ce genre de pensées sordides ne cessait de m’obséder. « Tu me connais, je me suis toujours crû mieux que tout le monde. Je me disais non, pas nous... » J’essayais de faire bonne figure, en plaisanter pour mieux réussir à en parler. Hors de question de l’inonder de mon malêtre. Nous étions deux vieux amis renouant autour d’une bonne bière, leurs enfants heureux jouant et riant ensemble. Indie ne devait pas être triste. Surtout pas à cause de moi.

Sur ma lancée, je fis la blague de trop. « Tu ne m'as jamais fait fuir Ethan. C'était moi le problème, pas toi. » Bien joué idiot. Je ne pensais pas être le problème. Ni à l’époque ni maintenant. La mort de Connor était le problème, un problème insoluble. Ce n’était un secret pour personne. « Hey je disais ça bêtement. Je le sais que j’étais parfait. J’ai toujours été parfait. » Peut-être que là ça passerait mieux ? Je pouvais difficilement faire pire comme boutade. « T’as jamais été un problème Indie. J’ai eu mon lot de peine c’est sûr mais je t’en ai jamais voulu tu sais. » Bien sûr les regrets m’avaient longtemps habité. Celui de ne pas m’être montré assez présent ou alors trop étouffant. Mais depuis le temps, je m’en étais remis. Sans compter que je n’aurais peut-être jamais eu l’idée de mettre un pied en Australie si Indie ne m’avait pas quitté à l’époque. Ma femme et moi serions sûrement restés des étrangers. Tout de suite je me sentais juste très con de l’avoir fait culpabiliser. « Et puis tu peux te vanter d'être la seule femme à m’avoir largué, c’est pas rien ! » Je levais la main un instant pour montrer mon alliance, agitant les doigts malicieusement. « Amanda ne compte pas. » Quoi ? J’étais toujours marié non ?! « C’est peut-être moi qui devrais te demander de ne pas laisser Ava devenir comme moi. » Ça, en revanche, je le pensais. J’aimais Ava plus que tout au monde, pourtant la peur de ne pas être à la hauteur n’était jamais très loin. Ma plus grande peur : finir comme mon père, n’être qu’un étranger pour ma propre fille. Cette peur avait ressurgi lorsque je ne lui avais pas donné le petit-frère tant espéré. Encore plus quand Amanda l’avait emmenée loin de moi. « Arrête de dire ça. Tu es un homme formidable, un ami génial et un père aimant. Et t'es même canon. » Pas le temps de dire ouf, je me retrouvai le regard prisonnier du sien. Si j’avais voulu fuir, ses mains sur mon visage m’en auraient empêché. Wow elle ne plaisantait pas ! Je ne me rappelais pas cet air sérieux sur son visage. « Le dernier point est irréfutable. » D’où elle était, elle devait se prendre mon sourire rieur de pleine face. « Ethan, c'est horrible ce qui vous est arrivé à Amanda et toi, mais c'est pas la fin. Tu as Ava et si tu aime encore Amanda, tu dois faire quelque chose. Crois en l'expérience d'une nana qui a toujours fait capoter ses relations amoureuses. » Oui je l’aimais. Et oui, je n’avais pas réussi à sauver mon fils, mais je pouvais encore sauver ce qui restait de ma famille. « C’est drôle que tu me dises ça. » Bon là elle devait me prendre pour un fou. Ses paroles n'avaient rien d'une plaisanterie. « C’est ce que j’avais dit à Richard quand j’ai rencontré Amanda la première fois, tu dois faire quelque chose » Je réalisai soudain. « C’est vrai tu ne sais pas comment on s’est rencontré ! C’était à la soirée d’un ami, Richard, un truc assez chic, et en parfait gentleman j’ai ruiné sa robe avec un verre de rhum. » Gentleman, ouais, l’ironie. « C’était pas mon premier verre bien sûr, et je ne me suis même pas excusé. Non, je lui ai reproché à elle de se trouver sur mon chemin et ça alors qu’elle m’avait complètement tapé dans l’oeil ! » Oui bon, sympa l'anecdote, mais la pauvre ne devait toujours pas comprendre où je voulais en venir. « J’ai saoulé Richard des jours entiers pour qu’il ré-organise quelque chose afin de la revoir, et t’imagines à quel point j’ai dû ramer pour rattraper le coup. » Le message était clair, je ne comptais pas abandonner. « Tout ça pour te prouver que je suis un type coriace. » Lui retournant son clin d’oeil complice, je ramenais nos bières vers nous. « On a trinqué ? » Pas dans mes souvenirs. « À nos amours et nos plus beaux capotages ! Et le plus important : notre amitié. » Lançai-je, d’humeur poétique en faisant tinter verre contre verre. « Ces capotages dont tu parles, ils étaient intentionnels pas vrai ? » Je posais la question en repensant à sa phrase. Je compris qu’elle n’avait pas changée sur ce point, elle restait celle qui quittait l’autre. Étrangement, je n’avais pas imaginé les choses autrement dès l’instant où elle avait débarqué avec la petite tête brune. Pourtant, elle aurait pu ouvrir son coeur à quelqu’un. « Tu ne me disais pas ça parce que tu as des regrets au moins ? » Toute cette histoire de faire quelque chose, d'en croire sa propre expérience… Je devais m’assurer qu’elle était heureuse.
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() message posté Lun 20 Nov - 19:50 par Indianna L. McCarthy

Hier encore, j'avais vingt ans...
Ethan & Indie


« Tu t’en tireras pas comme ça. » Nouveau clin d’œil complice, nouvelle esquisse de sourire. Oh si, elle s'en tirerait comme ça. Elle ferait comme toujours, elle jouerait le jeu, le doute. Indianna fonctionnait comme ça. Parce qu'elle ne voulait pas lui dresser une liste de ses tords, de ses erreurs ou de ses doutes. Pourtant, elle criait qu'elle s'assumait, qu'elle était indépendante et qu'elle ne vivait que pour le présent. C'était vrai, elle était entière et sincère, mais il existait toujours une infime partie d'elle qui continuait de se souvenir et de rêver à autre chose. Mais il était hors de question de s'y attarder car cela ne lui ressemblait pas. Elle ne voulait pas s'enfermer dans ses souvenirs d'autrefois, ceux qui faisaient mal en tout cas. D'ailleurs, elle n'avait jamais été de ceux qui déprimaient sur ce qu'ils avaient perdu. Sans doute parce qu'elle avait vu sa propre mère sombrer dans la dépression après la mort de son père mais surtout après le décès de Connord. Alors oui, bien sur qu'Indie avait souffert et sans doute qu'une partie d'elle ne s'en remettrait probablement jamais, mais elle avait choisi de vivre, d'avancer, de se battre. Elle avait fait ses choix, comme celui de partir de Belfast, de vivre sa vie à quatre mille à l'heure pour ne plus penser, pour ne pas trop réfléchir. Elle avait choisi de voyager, d'aider son prochain, plutôt que de se morfondre sur ce frère qu'elle avait perdu. Et quelque part, elle s'était probablement leurré elle-même, jouant le déni de sa perte en se pensant intouchable. Mais en regardant Ethan, en retrouvant celui qu'il l'avait connu très tôt et qui l'avait accompagné un bout de chemin après la mort de Connord, elle savait qu'une façade persistait. En parlant d'eux, de leur passé commun, elle pouvait reconnaître qu'elle avait fait certains choix de vie par rapport à ce qu'elle avait perdu. Et si elle pouvait duper certaines personnes, elle ne pourrait pas berner l'homme assis en face d'elle. Et quelque part, elle n'en n'avait pas envie.

Mais perdre un jumeau, ce n'était sans doute pas la même douleur que de perdre un enfant. Du moins Indianna ne pouvait que l'imaginer pour ne pas avoir traversé cela. Au moins, elle, elle avait eut seize belles années en compagnie de Connord. Mais la vie était injuste et lui avait volé son frère alors qu'il avait encore des tas de choses à vivre. Et elle avait raflé la vie du petit garçon d'Ethan, avant même que celui-ci ne puisse connaître ses parents. « Tu me connais, je me suis toujours crû mieux que tout le monde. Je me disais non, pas nous... » Indianna coula un regard tendre vers son ami. Elle connaissait très bien cette sensation. Comment imaginer qu'un truc pareil pouvait arriver ? Bien sûr, parfois, on y songeait mais toujours en nuançant, en se disant que le risque était moindre. On se pensait intouchable. Oui, Indianna le savait mieux que quiconque : la mort pouvait frapper n'importe qui n'importe quand. Qu'il soit soldat engagé pour défendre son prochain, jeune homme au futur prometteur ou jeune bambin qui a tout à découvrir. Elle ne nota même pas sa manière de parler de lui parce qu'elle savait qu'il n'en n'était rien. Ethan était un homme humble, qui n'avait simplement pas pu envisager une seconde que son enfant ne survive pas. « Quel âge avait-il ? » Parce qu'elle ignorait si cet enfant avait vu le jour ou non. Elle ignorait même comment il avait disparu, mais elle ne voulait pas le lui demander, pas directement. Elle devinait à quel point cela pouvait être douloureux d'en parler. Pas que cela fasse une grande différence, mais au moins elle pouvait se le représenter, ce petit bonhomme. Une fraction de seconde, elle imagina sa vie sans Nolan. Mais le trou noir, lé néant. Parce que cette grossesse l'avait sauvé, elle lui avait redonné foi en l'espoir, en l'humanité, elle l'avait réconcilié avec elle-même. Peut être qu'elle aurait tout de même tenu le choc, peut être pas, mais une chose était sur : elle ne pouvait plus imaginer sa vie sans son fils.

« Hey je disais ça bêtement. Je le sais que j’étais parfait. J’ai toujours été parfait. T’as jamais été un problème Indie. J’ai eu mon lot de peine c’est sûr mais je t’en ai jamais voulu tu sais. » Elle le toisa, surprise. Il ne lui en avait jamais voulu, vraiment ? C'était sans doute un peu stupide de reparler de ça aujourd'hui, mais ça faisait partit d'eux. Ni l'un ni l'autre se sentirait autant en confiance s'ils n'avaient pas eu cette histoire commune. Et elle ne songeait pas à leur idylle adolescente, non, mais à leur deuil, à leur perte commune. Et Indianna avait toujours pensé qu'Ethan lui en voulait d'être partie comme ça, de l'avoir quitté, avec une raison qui ne concernait qu'elle. Cependant, elle savait qu'il comprenait, au delà du chagrin et de la rancune sûrement, il comprenait son besoin de mettre de la distance entre la mort de Connord et elle-même. « Moi je m'en suis voulu...au début » Parce qu'elle ne pouvait pas dire que cela avait duré longtemps. Sûrement une manière à elle de se protéger des adieux et des regrets. « J'ai été égoïste de te quitter comme ça mais... Tu sais que j'avais besoin de ça, pas vrai ? » Elle le suppliait presque d'aller dans son sens, alors que cela s'était déroulé presque 18 ans plus tôt. Pourtant, s'il lui en voulait encore, elle ne serait probablement pas là à l'écouter lui livrer sa plus grosse blessure. Mais elle avait besoin de l'entendre de sa bouche. Il n'y avait pas de prescriptions pour les pardons et les remords, si ? « Et puis tu peux te vanter d'être la seule femme à m’avoir largué, c’est pas rien !  Amanda ne compte pas. »  Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'irlandaise. Pour le coup, elle, on ne l'avait jamais quitté. Il faut dire qu'elle avait toujours tout fait pour ne pas en arriver là, en choisissant de partir avant que cela ne devienne trop sérieux, trop compliqué à gérer pour elle. Son côté égoïste, sans doute. « Non bien sûr qu'elle compte pas, elle, tu l'a épousé ». Nouveau sourire en direction du Hemsworth. Indianna ne croyait pas vraiment en l'institution du mariage, mais elle était toujours soufflé par ceux qui osaient franchir le pas.

Ethan lui raconta comment il avait rencontré Amanda. Indianna ne pu s’empêcher de sourire quand il lui expliqua avoir été tour à tour maladroit puis rabageois puis finir par devenir coriace. Une qualité qu'elle lui reconnaissait bien là. « Elle a de la chance de t'avoir, tu sais ? Et si t'es si coriace que ça, alors tu vas bouger ton cul d'irlandais et tout faire pour que ça marche à nouveau entre vous, comprit ? ». Elle ne pouvait dire ça sans accompagner son laïus d'un franc sourire. Néanmoins, elle n'en n'était pas déconneuse pour autant et espérait sincèrement qu'Ethan allait pouvoir la reconquérir. Elle jouait sur le registre de la provocation comique pour ne pas retomber dans le discours nostalgique car elle n'était pas sur que cela allait vraiment changer la situation. « On a trinqué ? » Indianna leva sa bière, presque terminée, mais il n'était jamais trop tard pour ça. « À nos amours et nos plus beaux capotages ! Et le plus important : notre amitié. » Oui, leur amitié vieille comme le monde mais qui n'avait pas prit fin malgré ce qu'ils avaient pu traverser l'un et l'autre depuis. « Tu sais que tu es mon plus vieil ami ? Et ce qui est paradoxale, c'est t'es aussi mon premier amour. Putain, ça nous rajeunis pas tout ça » Non, pas du tout même, mais le temps ne semblait pas avoir trop d'emprise sur eux pour l'instant. Bien qu'ils soient tous deux parents solo, Indianna savait qu'Ethan avait encore largement le temps de rectifier son histoire avec Amanda. Quant à elle, elle savait qu'elle n'aurait jamais sa famille parfaite, mais elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.  « Ces capotages dont tu parles, ils étaient intentionnels pas vrai ? » Ethan semblait lire dans ses pensées. Elle fit la moue, buvant une autre gorgée de sa bière. « Oui, dans l'ensemble, ils le sont tous », admit-elle, une grimace navrée sur son visage. Elle se montrait sous son vrai jour avec Ethan. Et puis, il ne semblait pas surprit, il avait été le premier à se heurter à son tempérament et à ses décisions parfois nébuleuses.  « Tu ne me disais pas ça parce que tu as des regrets au moins ? ». Des regrets... Indianna termina sa bière et la reposa doucement sur la table. « Tu sais bien que je suis pas du genre à en avoir... », commença-t-elle. Et c'était vrai. En partie. « C'est juste que je regrette parfois la façon dont je fais les choses. J'ai pas toujours tout affronté avec classe, j'ai pas toujours été si forte que tu le pense ».

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