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Hier encore j'avais vingt ans ┊Indianna.

Guyliner.

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Guyliner.

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() message posté Mar 7 Nov 2017 - 23:46 par Ethan I. Hemsworth

Hier encore j'avais vingt ans
Ethan & Indie
The very basic core of a man's living spirit is his passion for adventure. The joy of life comes from our encounters with new experiences, and hence there is no greater joy than to have an endlessly changing horizon, for each day to have a new and different sun.

Je m’étais senti merdeux plusieurs fois de m’être éloigné. En un sens, j’avais pris la fuite moi aussi. J’étais parti en Australie et aurais pu ne jamais en revenir. J’y avais trouvé refuge pendant des années. Plus d’une dizaine d’année en fait. Dix ans durant lesquels je m’étais marié, étais devenu un patron responsable et impitoyable, et surtout papa pour la première fois. Dix années magnifiques passées sans trop me soucier de ce qu’il restaient des vestiges de ma vie Irlandaise. Ce qu’était devenue notre petite bande, ce qu’était devenue Indie, je m’en souciais parfois, me disant que Connor serait sûrement déçu s’il voyait que je n’étais plus là pour veiller sur elle. Oh bien sûr nous avions gardé contact, je la croisais quelques fois lors de mes visites dans la capitale anglaise, furtivement. Mais je retournais vite auprès de ma famille, et elle… Elle je ne savais même pas où ses pas la guidaient quand nous nous disions au-revoir. Je ne savais presque plus rien de sa vie. Indie n’en savait pas beaucoup plus de la mienne. Mais nous semblions d’accord sur un point essentiel : cela devait changer. Pour de bon. Alors j’espérais que Connor nous voyait. Pour N’importe où il se trouvait, j’espérais sincèrement qu’il assistait à nos retrouvailles. Nos vraies premières retrouvailles depuis que la vie nous l’avait arraché. Qu’il arrivait à lire en nous, connaissait mes intentions. Qu’il était apaisé. Parce que j’aurais aimé pouvoir lui dire que j’étais là maintenant. Que je serai là. Pour Indie. Pour Nolan. Pas comme lui l’aurait été, ça je ne le pouvais pas. Jamais. Ça me révoltait au fond, de savoir que Nolan ne pourrait jamais compter sur lui. Si je pouvais être un substitut pour lui, un référent masculin pour l’aider en grandissant, je voulais l’être. Je me doutais que son oncle ne m’aurait pas trouvé trop mal dans ce rôle. Il me restait à faire mes preuves auprès de sa mère. « La liste serait trop longue. » Que l’Irlandaise ait quelques mystères en réserve ne m’étonnait même pas. Mystérieuse, elle l’avait toujours été. Je me doutais bien que depuis notre séparation des tas de choses lui étaient arrivés. Nous nous étions quittés pas encore adultes. Elle avait eu une vie, tout simplement. Comme moi. Tout le monde a des choses à cacher, il parait. « Tu t’en tireras pas comme ça. » Non. Je comptais bien la faire parler. Juste pas maintenant. Loin de moi l’envie de la mettre mal à l’aise. Nul doute néanmoins que l’Irlandaise se souvienne à quel point je pouvais être têtu. J’allais revenir à la charge, tôt ou tard, c’était prévisible. Je jetais régulièrement des coups d’oeil à Nolan, comme happé par cette image nouvelle. Il me fallait l’enregistrer, me familiariser avec l’idée qu’Indiana était devenue mère. Un jour, son petit garçon ressemblerait peut-être à Connor. Je craignais toujours d’oublier son visage après tant de temps. Mais non. Je savais très bien d’où venait ces cheveux bruns, cette douceur dans le visage. Que le petit s’en sorte bien s’il tenait d’elle, c’était une évidence. Pas si mal un sacré euphémisme. Sa mère avait peut-être des failles, comme tout le monde, elle n’en était pas moins une femme forte, déterminée, talentueuse et généreuse. Et puisqu’il ne semblait pas y avoir de père dans le tableau familial, je ne voyais pas comment il pourrait ne pas tenir de la femme qui l'élevait.

Dire tout ce que je retenais depuis tout ce temps, enfin. J’attendais le grand soulagement qui ne vint pas. En tant que psychologue, je savais mieux que personne qu’il n’y avait rien à dire dans ce genre de situation. L’imposer à Indianna me paraissait malhonnête. Je n’avais pas envie de la rendre triste, ou, pire coupable. A en juger le nuage troublant son regard encore joyeux cinq minutes plus tôt, c’était raté. Je changeais vite de sujet, tentative maladroite d’arranger ça, me raccrochant à sa main. Sauf que je n’avais pas choisi un sujet des plus joyeux non plus. Imaginer ce qu’était d’élever un enfant seul s’avérait difficile. Amanda était une mère formidable. Jamais je n’aurais à me demander ce que je pourrai dire à Ava, angoisser en me demandant quand poserait-elle des questions sur son autre parent, si celui-ci reviendrait un jour, si elle m’en voudrait de ne pas faire partie d’une famille classique. Non jamais je ne me poserai toute ces questions. Même séparé d’Amanda, nous étions tous les deux présents pour Ava. Pas claire du tout cette séparation d’ailleurs… Je ne m’en plaignais pas ! N’ayant pas du tout envie de la tourmenter avec des questions de ce genre - les questions sans réponse, le pire de tout - je continuais mes confidences dramatiques dans un dernier effort, incapable de dater les évènements et laissant l’Irlandaise calculer. Ava soufflerait bientôt sa neuvième bougie. Putain… Tout ce gâchis. Je réalisais de moins en moins. Chaque fois je me prenais le temps qui s’était écoulé en pleine face. « Personne ne peut supporter ça Ethan, on peut juste avancer. Ne te blâme pas. Vous avez chacun accusé le coup à votre façon je pense. » Elle disait vrai. Combien de fois avais-je moi-même tenu ce genre de discours à des patients ? Pourquoi ça ne prenait pas sur moi ? Je voulais l’écouter. De tout mon coeur. Mais ça rentrait pas. Moi et ma saloperie de fierté, à me croire au-dessus des autres. Je pensais le supporter moi. En deux ans, j’aurais dû faire mon deuil ? Tous les jours à l’hôpital des parents se retrouvaient endeuillés, à commencer par Helga qui avait perdu un fils en âge de marcher. Le mien n’avait même pas vu le jour. Qu’est-ce que cela aurait été alors si je l’avais vu grandir avant de le perdre ? Sauf qu’Amanda et moi le connaissions déjà, ce fils, avant même de découvrir son visage. Tout un univers l’attendait. Une chambre, une famille. Tout un tas de trucs rien que pour lui. Comme s’il était déjà parmi nous. C’était l’aspect vicieux d’un tel coup du sort : il n’était pas né que déjà il nous manquait, laissant derrière lui tout un monde. Des tas d’objets à débarrasser, autant que pour quelqu’un qui aurait vécu une vie entière. Et chacun de ces objets nous rappelait qu’il n’avait pas vécu. Ce genre de pensées sordides ne cessait de m’obséder. « Tu me connais, je me suis toujours crû mieux que tout le monde. Je me disais non, pas nous... » J’essayais de faire bonne figure, en plaisanter pour mieux réussir à en parler. Hors de question de l’inonder de mon malêtre. Nous étions deux vieux amis renouant autour d’une bonne bière, leurs enfants heureux jouant et riant ensemble. Indie ne devait pas être triste. Surtout pas à cause de moi.

Sur ma lancée, je fis la blague de trop. « Tu ne m'as jamais fait fuir Ethan. C'était moi le problème, pas toi. » Bien joué idiot. Je ne pensais pas être le problème. Ni à l’époque ni maintenant. La mort de Connor était le problème, un problème insoluble. Ce n’était un secret pour personne. « Hey je disais ça bêtement. Je le sais que j’étais parfait. J’ai toujours été parfait. » Peut-être que là ça passerait mieux ? Je pouvais difficilement faire pire comme boutade. « T’as jamais été un problème Indie. J’ai eu mon lot de peine c’est sûr mais je t’en ai jamais voulu tu sais. » Bien sûr les regrets m’avaient longtemps habité. Celui de ne pas m’être montré assez présent ou alors trop étouffant. Mais depuis le temps, je m’en étais remis. Sans compter que je n’aurais peut-être jamais eu l’idée de mettre un pied en Australie si Indie ne m’avait pas quitté à l’époque. Ma femme et moi serions sûrement restés des étrangers. Tout de suite je me sentais juste très con de l’avoir fait culpabiliser. « Et puis tu peux te vanter d'être la seule femme à m’avoir largué, c’est pas rien ! » Je levais la main un instant pour montrer mon alliance, agitant les doigts malicieusement. « Amanda ne compte pas. » Quoi ? J’étais toujours marié non ?! « C’est peut-être moi qui devrais te demander de ne pas laisser Ava devenir comme moi. » Ça, en revanche, je le pensais. J’aimais Ava plus que tout au monde, pourtant la peur de ne pas être à la hauteur n’était jamais très loin. Ma plus grande peur : finir comme mon père, n’être qu’un étranger pour ma propre fille. Cette peur avait ressurgi lorsque je ne lui avais pas donné le petit-frère tant espéré. Encore plus quand Amanda l’avait emmenée loin de moi. « Arrête de dire ça. Tu es un homme formidable, un ami génial et un père aimant. Et t'es même canon. » Pas le temps de dire ouf, je me retrouvai le regard prisonnier du sien. Si j’avais voulu fuir, ses mains sur mon visage m’en auraient empêché. Wow elle ne plaisantait pas ! Je ne me rappelais pas cet air sérieux sur son visage. « Le dernier point est irréfutable. » D’où elle était, elle devait se prendre mon sourire rieur de pleine face. « Ethan, c'est horrible ce qui vous est arrivé à Amanda et toi, mais c'est pas la fin. Tu as Ava et si tu aime encore Amanda, tu dois faire quelque chose. Crois en l'expérience d'une nana qui a toujours fait capoter ses relations amoureuses. » Oui je l’aimais. Et oui, je n’avais pas réussi à sauver mon fils, mais je pouvais encore sauver ce qui restait de ma famille. « C’est drôle que tu me dises ça. » Bon là elle devait me prendre pour un fou. Ses paroles n'avaient rien d'une plaisanterie. « C’est ce que j’avais dit à Richard quand j’ai rencontré Amanda la première fois, tu dois faire quelque chose » Je réalisai soudain. « C’est vrai tu ne sais pas comment on s’est rencontré ! C’était à la soirée d’un ami, Richard, un truc assez chic, et en parfait gentleman j’ai ruiné sa robe avec un verre de rhum. » Gentleman, ouais, l’ironie. « C’était pas mon premier verre bien sûr, et je ne me suis même pas excusé. Non, je lui ai reproché à elle de se trouver sur mon chemin et ça alors qu’elle m’avait complètement tapé dans l’oeil ! » Oui bon, sympa l'anecdote, mais la pauvre ne devait toujours pas comprendre où je voulais en venir. « J’ai saoulé Richard des jours entiers pour qu’il ré-organise quelque chose afin de la revoir, et t’imagines à quel point j’ai dû ramer pour rattraper le coup. » Le message était clair, je ne comptais pas abandonner. « Tout ça pour te prouver que je suis un type coriace. » Lui retournant son clin d’oeil complice, je ramenais nos bières vers nous. « On a trinqué ? » Pas dans mes souvenirs. « À nos amours et nos plus beaux capotages ! Et le plus important : notre amitié. » Lançai-je, d’humeur poétique en faisant tinter verre contre verre. « Ces capotages dont tu parles, ils étaient intentionnels pas vrai ? » Je posais la question en repensant à sa phrase. Je compris qu’elle n’avait pas changée sur ce point, elle restait celle qui quittait l’autre. Étrangement, je n’avais pas imaginé les choses autrement dès l’instant où elle avait débarqué avec la petite tête brune. Pourtant, elle aurait pu ouvrir son coeur à quelqu’un. « Tu ne me disais pas ça parce que tu as des regrets au moins ? » Toute cette histoire de faire quelque chose, d'en croire sa propre expérience… Je devais m’assurer qu’elle était heureuse.
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() message posté Lun 20 Nov 2017 - 19:50 par Indianna L. McCarthy

Hier encore, j'avais vingt ans...
Ethan & Indie


« Tu t’en tireras pas comme ça. » Nouveau clin d’œil complice, nouvelle esquisse de sourire. Oh si, elle s'en tirerait comme ça. Elle ferait comme toujours, elle jouerait le jeu, le doute. Indianna fonctionnait comme ça. Parce qu'elle ne voulait pas lui dresser une liste de ses tords, de ses erreurs ou de ses doutes. Pourtant, elle criait qu'elle s'assumait, qu'elle était indépendante et qu'elle ne vivait que pour le présent. C'était vrai, elle était entière et sincère, mais il existait toujours une infime partie d'elle qui continuait de se souvenir et de rêver à autre chose. Mais il était hors de question de s'y attarder car cela ne lui ressemblait pas. Elle ne voulait pas s'enfermer dans ses souvenirs d'autrefois, ceux qui faisaient mal en tout cas. D'ailleurs, elle n'avait jamais été de ceux qui déprimaient sur ce qu'ils avaient perdu. Sans doute parce qu'elle avait vu sa propre mère sombrer dans la dépression après la mort de son père mais surtout après le décès de Connord. Alors oui, bien sur qu'Indie avait souffert et sans doute qu'une partie d'elle ne s'en remettrait probablement jamais, mais elle avait choisi de vivre, d'avancer, de se battre. Elle avait fait ses choix, comme celui de partir de Belfast, de vivre sa vie à quatre mille à l'heure pour ne plus penser, pour ne pas trop réfléchir. Elle avait choisi de voyager, d'aider son prochain, plutôt que de se morfondre sur ce frère qu'elle avait perdu. Et quelque part, elle s'était probablement leurré elle-même, jouant le déni de sa perte en se pensant intouchable. Mais en regardant Ethan, en retrouvant celui qu'il l'avait connu très tôt et qui l'avait accompagné un bout de chemin après la mort de Connord, elle savait qu'une façade persistait. En parlant d'eux, de leur passé commun, elle pouvait reconnaître qu'elle avait fait certains choix de vie par rapport à ce qu'elle avait perdu. Et si elle pouvait duper certaines personnes, elle ne pourrait pas berner l'homme assis en face d'elle. Et quelque part, elle n'en n'avait pas envie.

Mais perdre un jumeau, ce n'était sans doute pas la même douleur que de perdre un enfant. Du moins Indianna ne pouvait que l'imaginer pour ne pas avoir traversé cela. Au moins, elle, elle avait eut seize belles années en compagnie de Connord. Mais la vie était injuste et lui avait volé son frère alors qu'il avait encore des tas de choses à vivre. Et elle avait raflé la vie du petit garçon d'Ethan, avant même que celui-ci ne puisse connaître ses parents. « Tu me connais, je me suis toujours crû mieux que tout le monde. Je me disais non, pas nous... » Indianna coula un regard tendre vers son ami. Elle connaissait très bien cette sensation. Comment imaginer qu'un truc pareil pouvait arriver ? Bien sûr, parfois, on y songeait mais toujours en nuançant, en se disant que le risque était moindre. On se pensait intouchable. Oui, Indianna le savait mieux que quiconque : la mort pouvait frapper n'importe qui n'importe quand. Qu'il soit soldat engagé pour défendre son prochain, jeune homme au futur prometteur ou jeune bambin qui a tout à découvrir. Elle ne nota même pas sa manière de parler de lui parce qu'elle savait qu'il n'en n'était rien. Ethan était un homme humble, qui n'avait simplement pas pu envisager une seconde que son enfant ne survive pas. « Quel âge avait-il ? » Parce qu'elle ignorait si cet enfant avait vu le jour ou non. Elle ignorait même comment il avait disparu, mais elle ne voulait pas le lui demander, pas directement. Elle devinait à quel point cela pouvait être douloureux d'en parler. Pas que cela fasse une grande différence, mais au moins elle pouvait se le représenter, ce petit bonhomme. Une fraction de seconde, elle imagina sa vie sans Nolan. Mais le trou noir, lé néant. Parce que cette grossesse l'avait sauvé, elle lui avait redonné foi en l'espoir, en l'humanité, elle l'avait réconcilié avec elle-même. Peut être qu'elle aurait tout de même tenu le choc, peut être pas, mais une chose était sur : elle ne pouvait plus imaginer sa vie sans son fils.

« Hey je disais ça bêtement. Je le sais que j’étais parfait. J’ai toujours été parfait. T’as jamais été un problème Indie. J’ai eu mon lot de peine c’est sûr mais je t’en ai jamais voulu tu sais. » Elle le toisa, surprise. Il ne lui en avait jamais voulu, vraiment ? C'était sans doute un peu stupide de reparler de ça aujourd'hui, mais ça faisait partit d'eux. Ni l'un ni l'autre se sentirait autant en confiance s'ils n'avaient pas eu cette histoire commune. Et elle ne songeait pas à leur idylle adolescente, non, mais à leur deuil, à leur perte commune. Et Indianna avait toujours pensé qu'Ethan lui en voulait d'être partie comme ça, de l'avoir quitté, avec une raison qui ne concernait qu'elle. Cependant, elle savait qu'il comprenait, au delà du chagrin et de la rancune sûrement, il comprenait son besoin de mettre de la distance entre la mort de Connord et elle-même. « Moi je m'en suis voulu...au début » Parce qu'elle ne pouvait pas dire que cela avait duré longtemps. Sûrement une manière à elle de se protéger des adieux et des regrets. « J'ai été égoïste de te quitter comme ça mais... Tu sais que j'avais besoin de ça, pas vrai ? » Elle le suppliait presque d'aller dans son sens, alors que cela s'était déroulé presque 18 ans plus tôt. Pourtant, s'il lui en voulait encore, elle ne serait probablement pas là à l'écouter lui livrer sa plus grosse blessure. Mais elle avait besoin de l'entendre de sa bouche. Il n'y avait pas de prescriptions pour les pardons et les remords, si ? « Et puis tu peux te vanter d'être la seule femme à m’avoir largué, c’est pas rien !  Amanda ne compte pas. »  Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'irlandaise. Pour le coup, elle, on ne l'avait jamais quitté. Il faut dire qu'elle avait toujours tout fait pour ne pas en arriver là, en choisissant de partir avant que cela ne devienne trop sérieux, trop compliqué à gérer pour elle. Son côté égoïste, sans doute. « Non bien sûr qu'elle compte pas, elle, tu l'a épousé ». Nouveau sourire en direction du Hemsworth. Indianna ne croyait pas vraiment en l'institution du mariage, mais elle était toujours soufflé par ceux qui osaient franchir le pas.

Ethan lui raconta comment il avait rencontré Amanda. Indianna ne pu s’empêcher de sourire quand il lui expliqua avoir été tour à tour maladroit puis rabageois puis finir par devenir coriace. Une qualité qu'elle lui reconnaissait bien là. « Elle a de la chance de t'avoir, tu sais ? Et si t'es si coriace que ça, alors tu vas bouger ton cul d'irlandais et tout faire pour que ça marche à nouveau entre vous, comprit ? ». Elle ne pouvait dire ça sans accompagner son laïus d'un franc sourire. Néanmoins, elle n'en n'était pas déconneuse pour autant et espérait sincèrement qu'Ethan allait pouvoir la reconquérir. Elle jouait sur le registre de la provocation comique pour ne pas retomber dans le discours nostalgique car elle n'était pas sur que cela allait vraiment changer la situation. « On a trinqué ? » Indianna leva sa bière, presque terminée, mais il n'était jamais trop tard pour ça. « À nos amours et nos plus beaux capotages ! Et le plus important : notre amitié. » Oui, leur amitié vieille comme le monde mais qui n'avait pas prit fin malgré ce qu'ils avaient pu traverser l'un et l'autre depuis. « Tu sais que tu es mon plus vieil ami ? Et ce qui est paradoxale, c'est t'es aussi mon premier amour. Putain, ça nous rajeunis pas tout ça » Non, pas du tout même, mais le temps ne semblait pas avoir trop d'emprise sur eux pour l'instant. Bien qu'ils soient tous deux parents solo, Indianna savait qu'Ethan avait encore largement le temps de rectifier son histoire avec Amanda. Quant à elle, elle savait qu'elle n'aurait jamais sa famille parfaite, mais elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même.  « Ces capotages dont tu parles, ils étaient intentionnels pas vrai ? » Ethan semblait lire dans ses pensées. Elle fit la moue, buvant une autre gorgée de sa bière. « Oui, dans l'ensemble, ils le sont tous », admit-elle, une grimace navrée sur son visage. Elle se montrait sous son vrai jour avec Ethan. Et puis, il ne semblait pas surprit, il avait été le premier à se heurter à son tempérament et à ses décisions parfois nébuleuses.  « Tu ne me disais pas ça parce que tu as des regrets au moins ? ». Des regrets... Indianna termina sa bière et la reposa doucement sur la table. « Tu sais bien que je suis pas du genre à en avoir... », commença-t-elle. Et c'était vrai. En partie. « C'est juste que je regrette parfois la façon dont je fais les choses. J'ai pas toujours tout affronté avec classe, j'ai pas toujours été si forte que tu le pense ».

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() message posté Mar 16 Jan 2018 - 2:57 par Ethan I. Hemsworth

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Bien sûr qu’elle s’en tirerait comme ça. Ça me fait mal de le reconnaitre, mais je ne pouvais pas lutter contre Indie. Je n’avais jamais pu. Pourtant je suis sacrément buté comme type, pas du genre à lâcher le morceau. Je peux faire tourner la même blague, la même petite allusion pendant des jours, jusqu’à ce que la personne craque, ou jusqu’à me faire haïr parfois -il faut toujours prendre des risques-, mais Indianna maitrisait l’art de la parade mieux que personne. Si je me lançais dans ce petit jeu, la partie pouvait durer des années ! Alors je me montrais sage, me concentrant sur la conversation qui devenait plus sérieuse. Plus difficile à suivre aussi, parce que c’était la première fois que j’abordais certains sujets sensibles en toute honnêteté. Personne ne savait que j’étais séparé à l’hôpital. Je portais toujours mon alliance, c’était tout ce que les gens avaient besoin de savoir. En dehors de mon travail, j’avais tenté d’éviter tout contact humain en me cloitrant tous les soirs dans un pub, ce qui n’était pas la meilleure des idées pour n’aborder personne… Mais des personnes spéciales comme Milo ou Helga étaient venus me cueillir… Pourtant j’étais resté vague. Très vague. Je n’avais parlé à personne de la fuite d’Amanda à l’autre bout du globe, pour la simple raison qu’il m’était insupportable que quelqu’un ait une mauvaise image de la femme que j’avais épousée. Parler de notre enfant perdu… Ouais… Il n’y avait pas mieux placé qu’Indianna en cet instant pour se rendre compte que la blessure saignait encore. Mais j’essayais. Parce que c’était elle. Parce que je n’avais pas envie de lui mentir. Parce que je ne craignais pas le jugement de sa part. Peut-être aussi parce qu’elle devait connaitre ce sentiment affolant de perdre une partie de soi. Contrairement à Amanda, je n’avais pas porté notre fils, évidement, pourtant on m’aurait arraché l’avant-bras que je m’en serai plus vite remis. Je l’avais senti grandir à travers elle, et je l’avais vu, lui, dans ma tête, il était déjà là.

Je confiais à l’irlandaise mon excès de confiance en moi -oh non pas que ça n’ait jamais été un secret-, essayant de mettre des mots sur cette conviction étrange qu’on a parfois d’être intouchable, ce ‘’ça n’arrive qu’aux autres’’ quand vous nagez dans le bonheur, que vous avez tout… Alors vous oubliez que tout peut vous être repris. Elle pouvait comprendre ça. La fille, la soeur, la mère qu’elle était pouvait le comprendre, j’en étais sûr. Elle avait subi bien plus de pertes déchirantes dans sa vie. Et elle restait là à m’écouter. Malgré tout, ce n’était pas si facile d’expliquer ce que ce sentiment avait fait naitre en moi à qui ont avait repris une vie avant même de la donner. Avant même de me laisser une chance. J’essayais, oui, quand elle me demanda « Quel âge avait-il ? » là, je réalisai mon omission. Ma tête dût se figer un instant, perdue dans l’immensité de ma bêtise. Peut-être s’imaginait-elle un petit homme plein de vie comme Nolan, un enfant qui avait vécu, couru partout, crié, anéanti nos nuits… J’eus soudainement honte de lui avouer qu’il n’avait même pas eu le temps d’être baptisé. « Amanda était presque à terme. » Presque. Le vice. La cruauté de la dernière minute, du dernier instant où tout bascule. Gardant ma fierté, je n’en dis pas plus. Le coup du mari qui n’a pas retenu le diagnostic des médecins parce qu’il était sous calmants, y’a plus flatteur non ? Deuil périnatal. Voilà de quoi ma femme et moi souffrions. Je passai les détails volontairement, sur la honte qui vous assaille quand vous ne parvenez pas à faire ce deuil, quand vous vous lamentez de votre sort alors que d’autres parents perdent des enfants ‘’bien réels’'. Des familles comme j’en vois tous les jours dans mon travail et face auxquelles je ne peux que me taire parce que je sais que si je perdais Ava un jour, Ava que je voyais grandir d’année en année, je n’y survivrais pas.

Putain ce que c’était déprimant. J’aimais lui parler. J’aimais cette complicité, cette sincérité entre nous, heureux de constater que les années éloignés l’un de l’autre ne les avaient pas entachées. Mais je ne l’avais pas invitée pour qu’elle reparte chez elle les larmes aux yeux et la boule au ventre. Ce fut ainsi que, voulant la faire rire, je me sentis juste idiot. Je l’ai bien dit non ? A quel point je peux être entêté ? Et bien ça marche aussi avec la bêtise. Ne trouvant rien de mieux que de forcer davantage le trait en affirmant être l’homme parfait pour lui montrer que je plaisantais, le résulta s’avéra meilleur. Elle parut surprise devant mon détachement, au moins elle n’avait plus cet air coupable et désolé sur le visage. Pas sur le coup en tous cas. Non, je ne lui en voulais pas. Non, pas même à l’époque. Qui sait combien de temps j’aurais tenu si une maladie improbable avait foudroyé mon frère du jour au lendemain ? Qui sait si je n’aurais pas complètement pété les plombs dans la seconde ? « Moi je m'en suis voulu...au début » Et merde… J’aurais voulu dire quelque chose qui lui fasse oublier tout ça, quelque chose vraiment drôle et vraiment intelligent. Rien ne me vint. Je ne suis pas toujours si malin que j’en ai l’air. « J'ai été égoïste de te quitter comme ça mais... Tu sais que j'avais besoin de ça, pas vrai ? » Ok, là, je marchais sur des oeufs. Oui, bien sûr que j’avais crû que nous surmonterions cette épreuve ensemble, si je l’avais trouvée égoïste par contre ? Je n’étais pas des plus altruistes en ce temps-là, alors… « Je le sais oui. Je ne peux qu'imaginer ce que tu as dû surmonter, et encore... Tout ce qui compte c'est que tu aies réussi. » Perdre un jumeau… Elle avait géré cette épreuve à sa façon, c’était un besoin, elle venait de le dire. Rien qu’on puisse réprimer indéfiniment. Même si je m'étais battu davantage pour la retenir je n’aurais probablement pas réussi. Une pensée que je me gardais bien de formuler à haute voix, ne voulant pas assombrir la toile du passé d’une couche de remords supplémentaire. À la place, je poursuivais sur un ton plus léger, me vantant au passage qu’elle était la seule femme à m’avoir largué. Enfin son sourire reprit place sur son visage. J’espérais qu’il n’en bouge plus. J’imaginais qu’Indie avait largué beaucoup d’hommes après moi, une intuition, lui enviant presque de ne pas connaitre la douleur d’être celui qui reste sur le carreau. « Non bien sûr qu'elle compte pas, elle, tu l'a épousé » Exact ! Je hochai la tête dans ce sens, lui renvoyant son sourire amusé.

Encouragé, je mis mes talents de conteur à son service, narrant ma première rencontre avec Amanda. Une histoire qui avait toujours eu son petit succès chaque fois qu’elle avait été racontée, par moi ou par Amanda, bien que nous n’avions jamais le même points de vue et nous reprenions sans cesse, ce qui ajoutait du crédit à la mise en scène je suppose. Sûrement qu’elle avait moins plue à Charlotte la première fois qu’Amanda la lui avait racontée, elle avait dû me prendre en grippe instantanément, mais ça, c’était une autre histoire. « Elle a de la chance de t'avoir, tu sais ? Et si t'es si coriace que ça, alors tu vas bouger ton cul d'irlandais et tout faire pour que ça marche à nouveau entre vous, compris ? » Je le savais… Cela faisait longtemps que je n’en étais plus sûr… J’étais cependant prêt à en avoir le coeur net. Par chance, ma perplexité ne dût pas avoir le temps d’apparaitre sur mon faciès qu’un éclat de rire prit aussitôt sa place, laissant à Indie l’occasion d’admirer toute mes dents. « Ton cul d’Irlandais » c’était ça la cause de mon rire. « Chef ! Oui Chef ! » Je dus parler un peu fort parce que j’entendis le silence depuis la chambre de ma fille. Sûrement en train de se demander ce qui m’avait pris. À tous les coups, quand la mère de Nolan partirait, sa nouvelle copine Ava se ferait un malin plaisir de me rappeler qu’alors comme ça c’est Indianna la chef. Pas franchement le moment opportun pour trinquer, pas du tout à en juger le niveau de liquide qui restait dans la bouteille d’Indie, mais ne pas le faire aurait été un sacrilège. « À nos amours et nos plus beaux capotages ! Et le plus important : notre amitié. » C’était aussi ma façon de lui signifier combien sa présence et notre amitié étaient importantes pour moi. Ce qui fit mouche. « Tu sais que tu es mon plus vieil ami ? Et ce qui est paradoxale, c'est t'es aussi mon premier amour. Putain, ça nous rajeunit pas tout ça. » Putain, ouais. Tentant, de sortir une phrase de vieux con à la ‘’le temps passe tellement vite’’. Le jeune con que j’étais n’aurait sûrement pas apprécié, alors je m’abstins. « Comment ça vieil ami ? Je me trouve très bien conservé. Mais y’a intérêt à ce que je conserve ma médaille de longévité ! » Paradoxale, peut-être, mais j'en étais fier et heureux. Puis vingt piges ça méritait bien une médaille d’honneur, non ? Ma plus vieille amie ne tarderait pas à en mériter une pour me supporter de nouveau au quotidien maintenant que nous nous retrouvions tous les deux dans la même ville.

J’osais finalement lui en demander plus sur ces capotages auxquels elle faisait allusion. Il m’était impensable de la laisser franchir le pas de ma porte hantée par les regrets, que ce fut sur notre histoire ou sur n’importe quoi qu’elle avait pu faire, précisément parce que je savais comment ils vous rendaient fous, comment ils vous tuaient à petit feu. « Oui, dans l'ensemble, ils le sont tous. » Elle fit cette moue qu’elle faisait toujours, celle qui lui donnait l’air d’une enfant se cachant pour avouer une bêtise. Est-ce que c’en était une ? Est-ce qu’ils l’étaient tous ? Qu’ils le soient m’aurait surpris. Avec elle, je ne savais pas bien si rien ne pouvait me surprendre ou bien si elle me surprenait tout le temps. « Tu ne me disais pas ça parce que tu as des regrets au moins ? » Je lui laissais le temps nécessaire, elle aurait aussi bien pu ne pas me répondre si elle ne le souhaitait pas, je ne m’en serai pas formalisé. Je voulais simplement lui retourner l’épaule et l’oreille qu’elle me prêtait depuis tout à l’heure. « Tu sais bien que je suis pas du genre à en avoir… » Ça oui, c’était bien pour ça que je posais la question, parce que ça m’étonnait qu’elle en ait, justement. « C'est juste que je regrette parfois la façon dont je fais les choses. J'ai pas toujours tout affronté avec classe, j'ai pas toujours été si forte que tu le penses. » Je sentis mes sourcils me lâcher. Le mouvement sûrement magistral, moitié étonné, moitié perplexe, un air de défi sur les lèvres venu parfaire la pose. Je me lançai, tant pis si je passais pour un psychanalyste chiant. Je pris une inspiration et risquai de viser totalement à côté. « Traite-moi de psy à deux balles si tu veux, mais si tu trouves que tu as mal agi envers quelqu’un, si ce quelqu’un a quand même compté, excuse-toi simplement auprès de lui. Quelques mots parfois ça peut aider à se sentir mieux. Et crois-moi ça me coûte de te dire ça, parce que j’aimerais autant garder l’exclusivité dans la catégorie ex devenu ami. » Je ne manquais pas d’autodérision, déjà ça pour moi. Pire, même si je faisais mine d’exagérer, en réalité j’étais complètement sincère avec mes exigences de petit privilégié dans le répertoire de ses conquêtes. Mais si elle y était arrivée avec moi, à faire les choses avec classe, à réparer, pourquoi pas avec d’autres si ça lui faisait du mal ? « Bien sûr que tu es forte. Parfaite, non, il n’y a que moi qui atteigne la perfection, mais forte, bordel pas qu’un peu ! T’auras du mal à me prouver le contraire. » Voilà la raison à mon air défiant, ce qui avait motivé ma petite provocation de milieu de tirade. Ma marque de fabrique. Nous avions raté des étapes de la vie de l’autre, il y en avait sûrement que je ne soupçonnais même pas, pourtant je savais qu’elle avait été forte dans chacune d’elles. Je le savais de la même manière dont je savais qu’elle avait eu besoin de partir, il y a presque vingt ans. Je savais voilà tout.
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() message posté Dim 4 Fév 2018 - 19:31 par Indianna L. McCarthy

Hier encore, j'avais vingt ans...
Ethan & Indie


Parler de la mort ne lui faisait plus aussi mal qu'auparavant. Pour autant, elle ne pouvait pas dire qu'elle s'y était faite. Parce que le manque serait toujours présent, tapis dans l'ombre, invisible à l’œil nu mais encore flamboyant dans sa poitrine. Oui, Indianna avait prit du recul face à ses pertes, face à cette faucheuse qui lui avait ravit les deux premiers hommes de sa vie. Néanmoins, elle savait que cela ferait toujours partit d'elle et qu'elle n'aurait jamais plus cette innocence face à la vie. Vie, qu'elle trouvait magnifique, pleine de passion, mais également cruelle et violente. Mais Indianna avait choisi de ne plus la subir, mais bien de la prendre avec défi, de l'apprécier à sa juste valeur plutôt que de se morfondre sur ce qu'elle avait déjà perdu. Déjà... Parce que le temps passait et qu'elle n'était plus la gamine d'autrefois attendant que son père passe la porte d'entrée, la soulève du sol pour la faire tournoyer dans les airs. Non. Elle n'était plus non plus cette adolescente rêveuse qui aimait chicaner son jumeau quand celui-ci faisait une fausse note. Indianna n'était plus ces deux filles là, elle était devenue adulte et son père, ainsi que Connord, faisaient partit de son passé. En tout cas, l'irlandaise avait choisi de le voir ainsi afin de ne pas s'enterrer dans cette tristesse, dans ce chagrin, qui emportait sa mère un peu plus chaque jour. Une raison supplémentaire d'avoir quitté Belfast, d'avoir mit de la distance avec cette femme qui lui rappelait beaucoup trop ce qu'elle avait perdu et ceux qu'elle ne reverrait jamais.

Aussi, parler de la mort lui était moins douloureux qu'autrefois. Elle avait cheminé depuis, elle avait fait face à la mort des autres, face à la détresse de tant de gens... Et elle avait même choisi d'en faire son métier en animant ces ateliers qui venaient faire front à la colère, au chagrin et à la perte.  « Amanda était presque à terme. » Oh. Indianna soutint le regard de son ami. C'était une bien piètre consolation. A nouveau, Indianna effleura son ventre en imaginant combien cette douleur avait dû être insupportable, combien elle devait l'être encore... Parce qu'elle n'était pas certaine qu'on se remettait un jour de ça. Et dans le regard de son ami, elle lut cette douleur encore bien présente, bien vivace, qui venait résonner dans la pièce comme un coup de massue. Comment faire le deuil d'un enfant qui n'avait pas de visage, qu'on avait seulement imaginer sous des traits parfaits ? Aucune idée, il n'y avait d'ailleurs aucune réponse à cela. Ils avaient enterré leur fils avant même que celui-ci ne pousse son premier cri et c'était bien assez horrible comme cela. Une seconde, une fraction de seconde, Indianna imagina sa réaction si cela lui était arrivé. Mais elle, elle n'avait pas d'Ethan auprès d'elle, elle était seule face à cette grossesse, face à tout ce que cela comprenait. Personne pour lui tenir la main, personne pour l'encourager à tenir bon tandis que la douleur irradiait ses entrailles. Comme beaucoup de choses dans sa vie, Indianna avait tenu à affronter cette étape seule et quand elle observait le visage mutique d'Ethan, elle réalisait qu'elle avait eu beaucoup de chance. « Je le sais oui. Je ne peux qu'imaginer ce que tu as dû surmonter, et encore... Tout ce qui compte c'est que tu aies réussi. » Là encore, la mort s'invitait à la discussion. Mais cela n'était pas aussi lourd à porter qu'elle l'aurait pensé. Face à ce que venait de lui livrer Ethan, Indianna se sentait même un peu égoïste de songer à son frère. Parce qu'il était bien question de lui ici, comme souvent quand les deux irlandais se retrouvaient ensemble. Qu'ils le veuillent ou non, ils seraient à jamais lier à Connord, lui qui été à l'origine de leur histoire, du groupe, de tout ce qui avait constitué la plus belle période de sa vie. Et cela ne lui fit pas de mal de se souvenir, même si elle sentait, comme à chaque fois que son visage s'imposait à elle, une légère pression dans sa poitrine. Avait-elle réellement réussi à surmonter tout ça ? Oui, sans doute. Elle avait mit le temps mais le temps ne finissait-il pas par cicatriser les blessures ? En tout cas, elle se sentait en paix aujourd'hui. Indianna aurait voulu ajouter un million de mots à tout ça mais elle rien ne vint sinon un franc sourire. Un sourire pour dire merci de ne pas m'en avoir voulu, merci d'être toujours là.

Indianna était heureuse de le voir rire à nouveau. Elle avait toujours aimé l'entendre rire, cela faisait partit de ces petits plaisirs de la vie. Comme à chaque fois que Nolan venait poser sa petite tête brune contre sa poitrine, elle ressentait une bouffée d'amour qui venait réchauffer tout son être. A priori, sa petite remarque avait fonctionné car en plus de rire, Ethan approuva d'un « Chef ! Oui Chef ! » qui semblait sincère. « Fais gaffe, je pourrais y prendre goût », dit-il avec un clin d’œil. Elle n'avait nullement la prétention de diriger qui que ce soit, mais elle trouvait ça amusant. De toute façon, Indianna n'était plus la dirigeante d'autrefois, cela ne lui correspondait plus aujourd'hui, même si elle n'avait pas son pareil pour manier son petit monde, surtout ses conquêtes. Mais ça, elle se garderait bien de le lui dire. « Comment ça vieil ami ? Je me trouve très bien conservé. Mais y’a intérêt à ce que je conserve ma médaille de longévité ! » Indianna haussa les épaules, faussement concerné. Puis elle termina sa bière d'une seule traite. « Bin, t'es plus tout jeune quand même. T'es papa. Tu te voyais papa quand on sortait ensemble, sérieusement ? Regarde maintenant, on est là à parler du bon vieux temps avec nos mômes à côtés. Y en a un que ça ferait bien rire », dit-elle avec un large sourire. Pas besoin de le nommer, Ethan savait très bien à qui elle faisait allusion. Et puis elle aimait se dire qu'il trouverait ça trop cocasse. « Mais pour la médaille, y a que toi qui peut la demander de toute façon ». Elle songea un instant à Daley. Ils se connaissaient depuis aussi longtemps, mais cela faisait un moment qu'elle était sans nouvelle du Brady...

Ethan la voyait vraiment comme une belle personne. Cela lui faisait chaud au cœur, néanmoins, elle savait dans le fond, qu'elle n'était pas toujours ainsi. Le pire, c'est qu'Ethan avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir, de la voir autrement que comme une gentille fille. Pourtant, avec son discours et ses sourires, il venait l'accueillir comme une amie, une sœur, comme une personne qui ne l'avait jamais blessé.  « Traite-moi de psy à deux balles si tu veux, mais si tu trouves que tu as mal agi envers quelqu’un, si ce quelqu’un a quand même compté, excuse-toi simplement auprès de lui. Quelques mots parfois ça peut aider à se sentir mieux. Et crois-moi ça me coûte de te dire ça, parce que j’aimerais autant garder l’exclusivité dans la catégorie ex devenu ami. » Indianna pensa à toutes ces personnes qu'elle avait blésé sans le vouloir. Souvent des ex, des conquêtes, des personnes avec qui elle pensait être honnête mais qui avaient tout de même ressentit de la trahison de sa part. A bien y réfléchir, Ethan était le seul qu'elle n'avait pas dupé de la sorte. Il était sa plus longue relation sentimentale, l'une des rares qu'elle n'avait pas trahi en allant voir ailleurs. Oui, Ethan n'était pas seulement le détenteur de la longévité en amitié mais aussi de sa relation sentimentale la plus vrai. Mais elle ne lui dirait pas, de crainte de lire de la pitié dans le regard de son ami. « Je devrais commencer à faire une liste alors », plaisanta-t-elle, mais à moitié seulement. Devait-elle s'excuser auprès de sa mère aussi ? « Bien sûr que tu es forte. Parfaite, non, il n’y a que moi qui atteigne la perfection, mais forte, bordel pas qu’un peu ! T’auras du mal à me prouver le contraire. » A ces mots, elle eu envie de pleurer, sans vraiment comprendre pourquoi. Parce qu'Ethan la touchait, parce qu'il venait refléter ce qu'elle avait oublié. Son image d'elle semblait intouchable. « Tu te souviens quand on s'est croisé pour la première fois à Londres, y a quoi, 5 ans environ ? », demanda-t-elle. Ethan hocha la tête et elle poursuivit. « Je t'ai mentit quand je t'ai dis que tout allait bien pour moi. J'étais à la rue Ethan. Je dormais dehors, je vivais de la manche et... Enfin j'étais paumé. Y avait rien de fort chez moi à ce moment là. Ma meilleur compagnie c'était l'alcool et un peu de drogue », termina-t-elle, laissant ses yeux plongés dans le vide. Puis lentement, elle osa affronter le regard d'Ethan.

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() message posté Hier à 18:42 par Ethan I. Hemsworth

Hier encore j'avais vingt ans
Ethan & Indie
The very basic core of a man's living spirit is his passion for adventure. The joy of life comes from our encounters with new experiences, and hence there is no greater joy than to have an endlessly changing horizon, for each day to have a new and different sun.

Est-ce que je m’y étais fait ? À la perte, à la mort… Pas vraiment. La vie m’y obligeait car il fallait bien avancer. J’avais dû avancer après la mort de Connor, parce que d’autres amis comptaient sur moi, Indie comptait sur moi. J’avais dû avancer après la perte du bébé, parce que j’avais Ava, parce que ma perte me semblait moindre comparé à celle qu'endurait Amanda, parce que notre petite fille avait besoin de son père et de sa mère. Et pourtant, Amanda s’était montrée plus forte que moi. Je détestais l’admettre. Rejeter toute la faute sur elle parce qu’elle était partie aurait été bien plus facile. Je devais me rendre à l’évidence, elle avait évolué, s’était reconstruit une vie à Londres. Elle allait bien. Alors que de mon côté, je peinais encore à évoquer ce qu’il s’était passé. Il fallait qu’Indianna me pose LA question pour que j’admette que le bébé n’avait jamais vu le jour. J’avais un peu honte, de ne pas totalement me remettre de la mort d’un être sans identité propre, dont le corps n’avait jamais été animé par le souffle de la vie, tandis que la femme en face de moi avait perdu son jumeau. C’était presque comme perdre son reflet dans le miroir. Honte, aussi, d’avoir agi par égoïsme. C’était le départ de ma femme que j’avais le moins supporté dans tout ça. Elle n’avait pas eu besoin de moi, ne s’en était pas remise à moi, je n’avais pas suffi à la guérir et ça, je ne le digérais pas. Parce qu’en dépit de tout ce qu’on s’était infligé, de l’histoire d’amour de dix ans que nous avions déchirée, moi j’avais toujours besoin d’elle. J’avais besoin d’elle près de moi pour guérir. Moi, j’étais resté sur le bas côté. Moi, moi, moi, voilà pourquoi je fermais ma gueule. J’appréciais qu’Indie en fasse de même. Je savais qu’il n’y avait pas de mots pour ce genre de nouvelle, pas même de phrase toute faite comme pour un décès standard. Pas de, toute mes condoléances, rien, et c’était mieux comme ça. Je refusais de noyer ma camarade d’états d’âme tristes comme la pierre. Ouais, quel grand prince… En réalité je n’étais pas prêt à tout déballer. J’avais étouffé tellement de choses pendant tellement longtemps. Je m’ouvrais suffisamment pour lui accorder ma confiance. Revers de la médaille, je lui donnais ainsi suffisamment d’informations pour qu’elle puisse imaginer le pire. Sa façon de passer sa main sur son ventre me donnait raison. Moi-même je m’étais imaginé ce qu’était la perte d’un frère. Du sien. Du mien. Imaginer son souvenir, son image qui vous suivait partout où vous alliez, son absence envahissante tout autour de vous. Je l’avais vu, Connor, bien longtemps après son décès. Il me suffisait de regarder Indianna pour voir son souvenir, son manque. Maintenant que je la retrouvais, ce n’était plus pareil. Penser à lui n’était plus douloureux. Je l’imaginais se tenir près de nous et écouter nos bêtises avec un sourire attendri sur le visage. Je repensais à lui avec nostalgie, me demandant si le temps oeuvrait de la même façon sur sa soeur.

J’aimais me plaindre, me morfondre. Je ne pouvais pas dire le contraire puisque c’était l’activité à laquelle je m’adonnais le plus depuis des mois, tout particulièrement dans les bars, tard le soir. Ou les soirs quand je me retrouvais seul dans l’appartement, plus rares. Cet après-midi, j’innovais. Alors non, je ne comptais pas la passer comme ça, à pleurer sur mon sort, à n’avoir que de mauvaises nouvelles à annoncer à mon amie. Je profitais de sa remarque, de son ordre plutôt de me bouger mon cul d’irlandais pour repartir sur plus de légèreté. Qu’elle pourrait prendre goût à se faire appeler chef ne m’étonnait pas du tout. Je la trouvais plus sûre d’elle que jamais, sans douter qu’elle n’avait pas toujours évolué dans ce sens, ne pouvant pas considérer ma ‘’plus vieille amie’’ sans son tempérament de feu. Mais si de son côté elle me trouvait vieux, alors nous avions un gros problème. « Bin, t'es plus tout jeune quand même. T'es papa. Tu te voyais papa quand on sortait ensemble, sérieusement ? Regarde maintenant, on est là à parler du bon vieux temps avec nos mômes à côtés. Y en a un que ça ferait bien rire » Je manquai de m’étouffer avec ma bière. Elle visait juste, et tapait fort. La paternité ne m’était jamais venue naturellement. Contrairement à certains, je ne m’étais jamais rêvé père, n’avait jamais su que je le serai un jour. Donner la vie avait longtemps été source d’angoisse, la crainte que l’enfant hérite des troubles psychologiques familiaux jamais très loin. Jusqu’à l’arrivée d’Amanda dans ma vie. Elle avait balayé toute mes peurs. « Plus tout jeune mais parfaitement conservé ! Pour le reste, t’as raison, on est devenu comme les vieilles personnes dont on se moquait, toujours à ressasser le passé et à s’inquiéter pour leurs mômes, ça va pas du tout. » Connor ne serait pas le seul à rire. Je secouais la tête, imitant la blonde en terminant ma bière cul sec, l’air faussement dépité. Je m’attendais presque à l’entendre lui, Connor, se foutre de note gueule autour de cette table. Parfois, je m’attendais à le voir débarquer comme un vieil ami que je retrouvais après des années à nous être perdus de vue. J’avais retrouvé Indie de cette manière, les années sans nous voir m’avaient presque fait oublier qu’il ne pourrait en être de même pour Connor. Mais l’impression que c’était possible m’était agréable. « En parlant de lui, tu ne devineras jamais qui vit à l’étage juste en dessous ! » Autre chose que j’avais presque oubliée. « Noah. Tu sais, le p’tit joueur de pipeau. » À l’époque, il trainait toujours avec mon frère et moi. J’étais sûr qu’elle se souviendrait de lui et que la nouvelle la ferait sourire. « Du coup, désolé, toi tu ne remportes qu’une demi-médaille. » Parce que je connaissais Noah depuis aussi longtemps qu’elle, mais elle restait ma plus vieille amiE.

Le problème en tant que psy’, beaucoup de gens s’attendaient à ce que vous les psychanalysiez à chacune de leurs paroles. À croire que je n’avais que ça à faire, analyser tout ce qui sortait de la bouche de n’importe qui. Ma profession suscitait un sentiment entre la méfiance et la crainte. Si je prenais plaisir à m’en amuser parfois, je n’avais pas envie de jouer au vilain professeur Xavier avec l’irlandaise. Les grands discours bien pensant, les phrases toute faites qui moralisaient les gens au lieu de les aider, je détestais ça. Ce n’était pas ce que je souhaitais lui apporter, pourtant, je me risquais à le faire. Un risque, oui, parce que je ne connaissais quasiment rien de la personne qu’elle avait été toute les années où la vie nous avait séparés. Si elle prétendait ne pas avoir toujours tout géré avec classe, et bien ce n'était pas non plus mon cas. Ma mère et mon frère ignoraient tout de ma séparation, ce que je me gardais bien d'avouer, tout comme Indie devait se garder de me parler de certaines choses. Quelques étaient ces choses, peut-être que lui suggérer de se racheter était trop simple, voire candide de ma part. « Je devrais commencer à faire une liste alors » Se voulant encourageant, mon sourire cachait de l’inquiétude. Pas qu’elle ait blessé autant de personnes qu’elle le laissait entendre, mais de l’ampleur des séquelles laissées par les abandons successifs qu’elle avait subis. Il ne s’agissait pas seulement de Connord, de son père aussi. Nous avions cette perte en commun. Cela renforça ma première impression : elle était forte. Peu importe ce qu’elle disait. « Tu te souviens quand on s'est croisé pour la première fois à Londres, y a quoi, 5 ans environ ? » J’acquiesçais simplement. Evidemment je me souvenais. Je sentais qu’elle essayait d’amener une révélation, un contre-argument susceptible de me faire changer d’avais. Raté devance. J’étais convaincue de mon incapacité à la voir autrement qu’en femme forte. « Je t'ai menti quand je t'ai dit que tout allait bien pour moi. J'étais à la rue Ethan. Je dormais dehors, je vivais de la manche et... Enfin j'étais paumée. Y avait rien de fort chez moi à ce moment là. Ma meilleur compagnie c'était l'alcool et un peu de drogue » Si je n’étais pas déjà vissé au tabouret, il aurait fallu que je m’assoie. En pleine digestion de la nouvelle, j’étais content qu’Indie ne garde pas ses yeux dans les miens. Je me souvenais bien de cette journée, cinq ans auparavant. Nous étions tombés par hasard l’un sur l’autre alors que je portais Ava dans mes bras. Je n’en étais pas revenu de la trouver là. Elle, s’était extasiée du petit bout de fille que je tenais. Puis nous avions parlé de tout et de rien, pris des nouvelles de l’autre. Rapidement, parce qu’Ava s’impatientait, parce que la jeune femme avait à faire… du moins… m’avait-elle dit. Alors nous nous étions quittés avec le sourire aux lèvres et la promesse de reprendre contact. « Et depuis quand il ne faut pas être fort pour survivre à la rue ?! Qu’est ce qui t’était arrivé ? Comment tu t’en es sortie ? » De toute les questions qui me passaient par la tête, je n’en posais que deux, la première purement rhétorique. Deux me semblait raisonnable, ces deux-là les plus importantes de la liste. « Je regrette de ne pas t’avoir aidée. » Lachai-je finalement, baissant les yeux quand elle les relevaient. Par sincérité. Parce que j’en ressentais le besoin. Je ne déplorais pas le fait qu’elle ne m’avait rien dit mais de n’avoir rien remarqué, de ne pas avoir su voir au-delà des apparences. J’étais trop heureux voilà cinq ans, trop centré sur mon bonheur pour voir son malheur, trop centré sur ma famille pour voir sa solitude. Maintenant je voyais clair, me prenant la bataille d'émotions qu’elle gérait de pleine face. J’entrepris des mouvements lents pour me rapprocher d’elle, jusqu’à passer un bras autour de ses épaules. C’était un peu tard pour me manifester, mais tant pis.
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