Bienvenue sur le forum.
Nous vous souhaitons une agréable visite sur London Calling.
Version #22 !
LC vient d’enfiler sa 22ième version, dont vous trouverez tous les détails par ici.
La chasse aux fleurs.
Une chasse aux fleurs est en cours où mêmes les allergiques peuvent jouer. Plus d'infos.
On a besoin de vous !
Si vous avez des idées, des suggestions ou autre à nous faire par quant à l’intégration sur le forum, rendez-vous par .
Encourager le forum en votant.
Aidez-nous à faire connaître London Calling en votant sur le top-site, merci. Plus d'infos.



Partagez|

not above love + flora

avatar
It's only gossip if you repeat it.
It's only gossip if you repeat it.
» Date d'inscription : 30/05/2014
» Messages : 5921
» Pseudo : like animals (noha)
» Avatar : sebastian stan
» Âge : 31 yop yop
» Schizophrénie : theodore (dornan); lyanna (vikander); vince (fernandez) ; gale ( barnes)
# not above love + flora
message posté Mar 14 Fév - 20:39 par Julian P. Fitzgerald

he insisted that stars were people so well loved, they were traced in constellations, to live forever. La musique s’élevait gracieusement dans la salle. Ses notes possédaient l’harmonie d’un orchestre philharmonique. Mais il n’y avait qu’un homme derrière le violon. Quatre cordes. Un seul archet. Les gémissements de l’instrument glissaient sur mon âme. Je le sentais tirer - aussi fort et passionnément, afin de m’étreindre dans un solo lancinant. Mon coeur était meurtri par l’hiver. J’observais les silhouettes ondulant sur les tables. La distance se creusait peu à peu. Je n’appartenais pas à ce monde. Je venais des faubourgs, à côté du bar de la tamise. Là où les clients dansaient la sixième anglaise au rythme d’une radio usée. L’alcool était mousseuse sur les futs de bière. On avait plus peur du ridicule lorsqu’on avait pas le sou. Car on était nés ivrogne. On avait  grandit dans le plaisir de l’ivresse. Je relevai la tête afin de sonder les alentours. Je respirais l’odeur de ma mère dans les couloirs du palace, son élégance transcendante maquillait les courbes de son visage mesquin. Je ne comprenais pas. Comment avait-il pu aimer une femme vénale ? Verra Parsons semblait hors d’atteinte. Elle brillait dans une galaxie différente. Je crispai les poings en m’égarant dans les allées. Je la détestais. Je voulais tellement la détester. Mais quand je frôlais son bras en passant dans le vestibule, je réalisais que sa présence me manquait encore. Je me perdais à nouveau dans les souvenirs de mon enfance. Je revivais ces nuits de solitude, couché sur le parquet de la chambre, les doigts crispées sur le ventre. Le silence tuait le temps. Mais l’absence d’une mère avait fait de moi un objet. J’étais le monstre des métamorphoses. Le fils déchu, abandonné, animé par les regrets et la colère. Mes semelles claquaient sur le carrelage alors que j’avançais vers l’assemblée. Les journalistes se hâtaient sur le chemin. On voulait analyser les critiques de Paul Parsons, l’entendre parler des réformes législatives qui avaient fait basculer l’Angleterre depuis le brixit. Mais je savais qu’il ne détenait aucune réponse. L’épouse de fer tenait les ficelles. Il n’était qu’une marionnette. Tous les politiciens étaient des menteurs. Des êtres ostentatoires, guidés par la cupidité et le pouvoir. Je regardais mon poignet. Les aiguilles de la montre roulaient sous le verre. Il était l’heure de prendre place. Je m’installais au fond de la pièce. Pendant un instant, j’hésitai à fumer une cigarette. C’était stupide. Mais je pouvais utiliser la fumée pour attirer l’attention. Le scandal pour faire tourner les têtes. Mais Vera semblait ignorer mon existence. Je n’étais qu’une rature sur son passé. Un enfant qu’elle avait oublié d’aimer. Elle se pencha gracieusement vers sa chaise. Ses mains étaient parées de bijoux et de poudre diamantine. Je fixais ses gestes et ses sourires. Elle s’exécutait avec un justesse protocolaire. Sa fille était là. Flora chancelait entre les invités afin de rejoindre le trône. Quel ironie, que je sois placé au milieu de ma famille. Le col de ma chemise irritait ma gorge. Je suffoquais dans mes pensées. Mon esprit devenait toxique, il me rappelait chaque blessure. Toutes les larmes. Je m’approchai lentement. Je tirais sur la chaise, mais personne ne remarquait pas mon arrivée. La conversation était déjà lancée. Je pinçai les lèvres en cherchant son regard. « En effet, mon cher Wilson. L’ouvrage de Stendhal est un réel délice littéraire. Mais la chartreuse de Parme demeure incontestablement, une critique politique et diplomatique de l’Italie du 19ème siècle. Je doute que nous puissions nous identifier à cela aujourd’hui … » Sa voix était glaciale. Elle s’enfonçait dans ma poitrine comme une lame tranchante. Je fronçai les sourcils en prenant la parole. « Vous aimez lire, Vera? » Déclarai-je d’un air solennel. Je tendis les jambes sous la table afin de toucher son pied. « Ne dites rien. Je sais déjà quel genre de femme vous êtes. L’illusionniste. La reine. Ils pensent que vous m’avez brisé le coeur. Mais vous avez ruiné ma vie. » Affirmai-je en citant, une réplique du livre de Vladimir Nabokov. J’acquiesçai après avoir instauré le malaise. Je bus ma coupe de champagne d’une traite avant de disposer. A cet instant, je rêvais d’une cigarette. Une longue latte de nicotine pour anesthésier la douleur. J’étais indigné à chaque rencontre. Elle me troublait par son arrogance. Car malgré tous mes efforts, je ne parvenais jamais à garder ma dignité.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 27/05/2015
» Messages : 2576
» Pseudo : timeless. (bérénice)
» Avatar : margot elise robbie
» Âge : vingt huit ans
» Schizophrénie : victoria (l. collins), hanna (h. roden) & lydia (p. tonkin)
# Re: not above love + flora
message posté Sam 18 Fév - 21:35 par Flora Parsons

♢♢♢
/ What do you say to people when they ask you
how it feels to lose everything?
When every planet in your solar system has exploded ? /

Les pans de sa longue robe de soirée flottaient sur le sol du palace. Le tissu caressait ses jambes nues, il la dérangeait, la chatouillait un peu trop. Sa poitrine était compressée, sa respiration difficile. Le haut de la robe n’était plus ajusté, était trop petit pour sa poitrine qui se développait. Mère ignorait pour sa grossesse. Elle gâcherait la nouvelle, rendrait Flora misérable. Aiden avait beau être l’héritier d’une famille riche et importante, il ne lui plaisait pas. Vera trouvait à redire, en permanence. Son souffle était saccadé. Elle voulait sortir, voulait prendre l’air, retirer cette robe affreuse. Mère l’avait choisi, lui avait imposé la minute où elle avait passé le pas de la porte. Ce sera celle-ci, et pas une autre. Parce que les apparences étaient importantes. En tant que fille d’un homme politique connu, d’un homme politique renommé et adulé, elle ne devait pas faire de faux pas. Et cela commençait par son look. Flora n’y prêtait guère attention. La politique ne l’intéressait pas. Le comportement de ses parents était pathétique. Son père jouait gracieusement la marionnette, se laissait manipuler par cette femme vile et vénale qu’était sa mère. Le public était inconscient, aveuglé par la réalité. Vera tenait les ficelles, et Flora le savait. La musique titillait ses oreilles. Le violoniste était exceptionnel. Sa baguette s’agitait avec grâce sur les cordes de l’instrument. A lui seul, il parvenait à envoûter la salle et ses invités. Flora se glissa dans la foule. Une main sortit de nulle part la happa, pour l’accaparer et commencer une conversation sans intérêt. Du coin de l’œil, elle pouvait apercevoir la silhouette de sa mère onduler parmi ses admirateurs. Ce monde, Flora le détestait. Elle l’avait subi, toute sa vie. Son éducation s’était faite d’une main de fer. L’amour que lui portait son père, n’était pas suffisant pour effacer, pour gommer l’abus et la domination. Les galas et les réceptions, la politique, les strass et les paillettes, Flora n’en voulait pas. Elle n’a jamais manqué de rien, mais n’a jamais eu la liberté qu’elle souhaitait. Même aujourd’hui, même à vingt-sept ans. Parce qu’on échappe pas à Vera Parsons, parce qu’elle ne tolère pas l’insolence et le non. Elle ne devait pas venir, ce soir. Sa présence n’est clairement pas nécessaire. Mais il faut renvoyer l’image d’une famille soudée, d’une famille unie, qui partage la même opinion sur le Brexit. Elle s’excusa auprès de la dame, engagée dans un débat houleux avec une tierce personne qui les avait rejoint, pour aller s’asseoir à leur table. Un léger soupire s’échappa d’entre ses lèvres, alors qu’elle s’installa sur sa chaise. Sa mère s’installa quelques minutes plus tard. Leur conversation n’était qu’un bruit de fond, pour elle. Elle ne les écoutait pas. Ses doigts jouaient avec le pied de sa flûte en cristal. Le liquide dorée du champagne brillait avec la lumière des lustres. Les bulles flottaient avec aisance. Elle ne le boirait pas, se contenterait de l’admirer, toute la soirée, souhaitant pouvoir ingurgiter la boisson amère et pétillante pour rendre la soirée plus agréable. « Vous aimez lire, Vera? » Flora releva la tête, pour toiser du regard l’inconnu. Rares étaient les personnes qui s’adressaient à sa mère en l’appelant par son prénom. Elle inspirait plus de peur que de sympathie, et les courageux n’étaient pas nombreux. « Ne dites rien. Je sais déjà quel genre de femme vous êtes. L’illusionniste. La reine. Ils pensent que vous m’avez brisé le cœur. Mais vous avez ruiné ma vie. » Son front se plissa. Les invités présents autour de la table se turent. Un malaise s’installa, autour de la table. Flora ne comprenait pas la démarche de cet homme. Ils pensent que vous m’avez brisé le cœur. Mais vous avez ruiné ma vie. Il se leva avant qu’elle ne puisse parler, avant que quelqu’un ne puisse interfère. Flora croisa brièvement le regard de sa mère, plus froid, plus dur que d’habitude. Le connaissait-elle ? Sans trop réfléchir, elle se leva, pour suivre cet inconnu. Ses pas se pressèrent, le cliquetis de ses talons se faisait plus bruyant sur le sol en marbre. L’air frais de l’extérieur la fit frissonner. Sa tenue n’était clairement pas adapter pour la fraicheur du soir. L’homme était adossée contre le mur, prêt à allumer une cigarette. « Vous aurez beau en savoir toujours plus sur une chose, vous ne pourrez jamais tout savoir d'elle : c'est sans espoir. » Déclara-t-elle, s’approchant doucement. Elle était intriguée, clairement. « Damien Tammel, un autiste génie. Je n’ai pas lu tout lu, parce que je ne suis pas particulière fan des mathématiques, mais…certains passages étaient intéressants, » souffla-t-elle, cherchant du regard l’homme. L’éternité dans l’heure était un cadeau d’un client, qu’elle avait parcouru malgré elle. Flora lisait, plus que sa mère, autant que son père, quelque chose qu’elle tenait de lui, pour une fois. « Ça semblait affreusement personnel, à table. Personnifier, changer le tu en vous. Connaissez-vous ma mère ? » S’enquit-elle, plissant les yeux.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
It's only gossip if you repeat it.
It's only gossip if you repeat it.
» Date d'inscription : 30/05/2014
» Messages : 5921
» Pseudo : like animals (noha)
» Avatar : sebastian stan
» Âge : 31 yop yop
» Schizophrénie : theodore (dornan); lyanna (vikander); vince (fernandez) ; gale ( barnes)
# Re: not above love + flora
message posté Sam 4 Mar - 1:57 par Julian P. Fitzgerald

he insisted that stars were people so well loved, they were traced in constellations, to live forever. Si je pouvais pardonner, elle ne valait plus la peine d’être mère. La rancune était une morsure qui s’accrochait. Mon esprit était enlacé aux souvenirs. Je la revoyais encore dans les couloirs de la maison, les cheveux flottant sous les brises du vent. Vera - maman, je ne savais plus comment lui adresser mon amertume. Elle semblait si hautaine. Son silence suffisait à m’émouvoir car je ressentais quelque chose. Je sentais encore l’empreinte de son dernier baiser sur ma joue. Evidemment, je l’avais imaginé. Je l’avais tracé du bout des doigts jusqu’à ce qu’il devienne réel. Sa bouche n’avait cessé d’éblouir mes rêves. Sa voix soupirait pour me consumer dans une trêve qui n’existait pas. J’étais crispé autour de la table, au milieu de ces aristocrates stupides. Je refusais de me mélanger trop longtemps. Je n’avais pas ma place dans cette famille. La nonchalance des invités suffisait à m’irriter. Pourtant, je ne parvenais pas à me déshabituer de la présence des Parsons. Ils étaient une figure emblématique des systèmes politiques du pays. Vera ne bougeait pas. Comme une statue de marbre. Mes larmes coulaient au creux de sa coupe de champagne. Et elle en buvait chaque gorgée avec délectation. Je la méprisais. Mais j’avais besoin d’elle. De sa reconnaissance. Je sombrais dans l’illusion songeuse, qu’un jour, elle puisse nous revenir. Mon père l’attendait parfois. Il lui arrivait de susurrer son prénom dans l’ivresse. Son coeur n’entendait plus la chute. Il s’était dissout sur les marches de escaliers menant jusqu’à la porte. Là ou elle avait déposé les clés et une lettre d’Adieu. Ou peut-être avais-je imaginé cette attention aussi. C'était superflu. La danse du violon sublimait la cérémonie. Je me sentais vaciller sous l’emprise de l’alcool. Le parfum léger des fleurs entourait ma poitrine. Pendant un instant, je me sentais flotter dans l’espace. Etranger, aux côtés de ma mère. La belle ironie. La belle époque. Peu importait. Les nuages cheminaient autour de ma tête et le long de mes flancs, les frissons se dissipaient dans une vague qui encerclait mes pieds. Je m’élevais puis je tombais dans mes regains d’énergie. Je n’avais pas la force de lutter alors je finissais par capituler. Les citations des autres ne pouvaient pas clamer ma cause. Je fronçais les sourcils en crispant les doigts autour de mes genoux. Je me renfrognais en me levant. J’étais prêt à disposer.« Vous aurez beau en savoir toujours plus sur une chose, vous ne pourrez jamais tout savoir d'elle : c'est sans espoir. » Je me tournai vers la jeune femme. Elle était blonde et magnifique, le regard courroucé par cet éclat lunaire que je retrouvais parfois, dans mon reflet. Flora Parsons, l’enfant élu. Celui qu’il était permis d’aimer au détriment des autres. Ma tête s’inclinait dans sa direction. Très haut ma cime s’estompait dans les nuages. J’étais submergé par les fragrances de l’éther. Par les reliefs de la voute. « Damien Tammel, un autiste génie. Je n’ai pas lu tout lu, parce que je ne suis pas particulière fan des mathématiques, mais…certains passages étaient intéressants, » J’aspirais la fumée en la fixant avec arrogance. Son intrusion était déplacée - Ne serait-il pas plus honorable de retourner à l’intérieur ? Près de ses parents et des mensonges ? Je secouais les épaules avec un sourire. « Ainsi l’Amour jamais ne se suffit à lui-même, Ainsi toujours est-il riche en son royaume ; Ainsi cherche-t-il à rejoindre la Beauté Et mendit-il éternellement le royaume. » Récitai-je dans un air solennel. « Je sais tout d’elle, Mademoiselle Flora. Je sais tout de vous aussi. » Je pinçai les lèvres en m’avançant vers sa silhouette. Ma mâchoire tremblait au contact du vent. Pourquoi avais-je choisi de me présenter ici ? Ma réussite ne lui importait pas. En réalité, elle lui était encore plus éphémère que sa relation avec mon père. Vera était une manipulatrice - j’avais hérité son intelligence professionnel. Mais j’étais aussi brisé par son abandon. « Ça semblait affreusement personnel, à table. Personnifier, changer le tu en vous. Connaissez-vous ma mère ? » Je n’avais pas de réponse à lui donner. Je n’étais qu’une fraude - une erreur de jeunesse. J’agitais mon poignet afin d’épandre mes cendres sur le sol. « Je suis poli. Voilà tout. » Sifflai-je avec sarcasme. Je me tenais sur le côté, le visage crispé par la déception. J’aurais espéré que ce soit Vera qui me suive, qu’elle daigne m’accorder une seconde d’attention. Mais l’attente était vaine et je devais me contentais de sa réplique exacte. « Pourquoi êtes-vous si curieuse? N’avez-vous, donc, pas le courage de questionner votre mère? » Les jardins étaient tout à coup devenus muets. Il n’y avait pas de joie dans les alentours. Les roseraies semblaient ternes, sans aucune exhalaison. « Désolé, je n’ai pas le temps de vous faire la cour. Vous n’êtes pas mon style. Tout d’abord vos gouts littéraires laissent à désirer. Ensuite, vous avez un air de Harley Quinn et je n’ai pas envie de me retrouver avec une batte dans la face. » M’enquis-je avec susceptibilité.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 27/05/2015
» Messages : 2576
» Pseudo : timeless. (bérénice)
» Avatar : margot elise robbie
» Âge : vingt huit ans
» Schizophrénie : victoria (l. collins), hanna (h. roden) & lydia (p. tonkin)
# Re: not above love + flora
message posté Sam 22 Avr - 18:30 par Flora Parsons

♢♢♢
/ What do you say to people when they ask you
how it feels to lose everything?
When every planet in your solar system has exploded ? /

Les pans de sa robe flottaient sur le sol marbré. Cette robe longue et fluide, qui comprimait sa poitrine. Les serveurs valsaient entre les invités, plateaux argentés à la main, coupes de champagne et vins en tout genre, parfaitement disposés sur la surface plate. Flora méprisait ces réceptions, ces galas où les faux sourires coloraient des visages sans émotions. Elle y baignait, depuis petite. Elle avait dû se tenir le dos droit sur sa chaise, dès son plus jeune âge. Courir entre les jambes des convives, se cacher sous les nappes immaculées, être une petite fille normale n’avait jamais été dans ses cartes. Du coin de l’œil, elle pouvait voir sa mère se pavaner, flotter entre les invités avec une aisance tellement naturelle. Vera Parsons était dans son univers, dans son monde. Ce monde qui l’accueillait à bras ouverts, qui lui donnait la reconnaissance, le pouvoir dont elle avait toujours rêvé. Ce monde que sa fille unique n’avait jamais voulu. La déception pouvait se lire, même encore aujourd’hui, dans ses yeux. Ils brillaient avec une lueur malsaine, mauvaise. Chaque geste, chaque parole énoncée était une excuse pour critiquer, pour descendre, réduire en cendre. Elle fonctionnait comme ça, Vera. Blesser, jusqu’à écorcher la surface de son épiderme, jusqu’à ce que la douleur morale, devienne physique. Un soupire s’échappa d’entre ses lèvres, alors que Flora jouait machinalement avec le pied de son verre. Sa mère était bien trop occupée à réciter un discours préparé à l’avance aux personnes malchanceuses attablées avec eux, pour remarquer ses gigotements. Les minutes défilaient avec lenteur. Le temps s’arrêtait souvent, durant ces événements. L’ennui était presque mortel. Cet homme, au regard si familier, aux yeux si bleus, brisa cette monotonie. Il attisait sa curiosité. Flora ne put s’empêcher de quitter la table sans un mot, pour disparaître dans l’immensité des couloirs. La décoration presque baroque, presque too much, défilait sous ses yeux. Mais son attention était sur la silhouette du jeune homme, qu’elle suivait avec un peu trop d’entrain, un peu trop d’intérêt. Ce n’était pas dans ses habitudes d’agir ainsi. Seulement, elle ne pouvait retenir ses pieds, ne pouvait s’empêcher de le rejoindre à l’extérieur. La brise souleva ses cheveux, caressa sa peau, la faisant frissonner. La fumée de sa cigarette s’évaporait sous forme de nuage blanc et opaque. D’un geste lent, elle le balaya, l’envoyant voler plus loin. « Je sais tout d’elle, Mademoiselle Flora. Je sais tout de vous aussi. » Son front se plissa, alors qu’elle toisa cet inconnu d’un regard froid. Ils pensaient tous, tout savoir. Mais personne ne savait réellement, n’est-ce pas ? Les faux semblants, la réussite, le jeu d’acteur, n’étaient qu’une façade à la triste vie familiale qu’ils avaient mené. Un foyer sans amour, sans tendresse, rempli de contraintes et de sévérité. Elle laissa échapper un rire malgré elle. Ses bras se croisèrent au-dessus de sa poitrine par mécanisme de défense. « Vous pensez tout savoir. Vous êtes journaliste, n’est-ce pas ? » S’enquit-elle, un sourcil arqué. « Les journalistes ont tous cet air supérieur, pensent tous avoir la science infuse. » Elle secoua doucement la tête, reculant d’un pas. Sa proximité la dérangeait. Flora n’aimait pas les journalistes. Ils n’étaient que des fouines, se mêlaient de ce qui ne les regardaient pas. Ils s’immisçaient dans son quotidien tous les jours, à toute heure. Parce que la presse à scandale adorait, adulait les politiciens. Ils étaient tous aussi pourris et mesquins que sa propre mère. « Pourquoi êtes-vous si curieuse? N’avez-vous, donc, pas le courage de questionner votre mère? » Elle pinça les lèvres, plongeant son regard dans le sien. Flora ne devait pas être curieuse. Vera ne tolérait pas les questions, surtout à son sujet, surtout quand Flora les posait. Les réprimandes de sa voix dure résonnaient dans son esprit comme une vieille chanson entêtante. « Je ne vais pas lui demander si elle vous connaît. C’est une femme importante, elle n'est pas amenée à connaître tous les petits journalistes, » déclara-t-elle, son ton plus sec que ce qu’elle aurait voulu. Elle se surprenait parfois à lui ressembler, dans des moments comme celui, dans des moments où son interlocuteur la prenait de haut, pour une stupide petite blonde. « C’est à vous que je pose la question. Comment connaissez-vous ma mère ? Lolita est son livre préféré. » La lune, haute dans le ciel, se reflétait sur les roseraies. Les feuilles si vibrantes, semblaient pâles dans l’obscurité de la nuit. C’était calme et silencieux, presque perturbant. Cet inconnu, dont elle ignorait tout, l’intriguait plus qu’elle ne voulait l’admettre. Et ça l’agaçait. « Amusant. Vous, vous ressemblez étrangement au Chapelier Fou. Peut-être que je devrais être celle qui doive se méfier, » souffla-t-elle, pas le moins du monde amusée.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
It's only gossip if you repeat it.
It's only gossip if you repeat it.
» Date d'inscription : 30/05/2014
» Messages : 5921
» Pseudo : like animals (noha)
» Avatar : sebastian stan
» Âge : 31 yop yop
» Schizophrénie : theodore (dornan); lyanna (vikander); vince (fernandez) ; gale ( barnes)
# Re: not above love + flora
message posté Mer 3 Mai - 22:20 par Julian P. Fitzgerald

he insisted that stars were people so well loved, they were traced in constellations, to live forever.Parce qu’on ne se connaissait pas. Parce que j’étais le frère qu’elle ne savait pas. Mes yeux glissaient sur son visage. Ils l’effleuraient dans une caresse muette, déplorant la distance et les mensonges de Vera. Approche, un peu. Je m’étais conditionné à la détester. A juger son univers et son éducation. Flora Parsons avait réussi à garder notre mère. Et je n’étais qu’un rejeté - une ombre qui étouffait sous les ondoiements des lustres. J’avais appris à décortiquer les livres, à remplacer l’affection par la violence. Je me sentais mieux après un shot d’alcool. Après avoir appuyé mes poings sur le mur. La douleur physique chassait le vide. Elle me rendait vivant. Je déglutis en serrant ma cigarette entre mes lèvres. Ses mots n’avaient aucune signification. Ils se perdaient dans les bruits de la salle de réception. Je redressais la tête avec un sourire narquois. Je ne craignais pas ses oppositions. Je ne craignais pas nos différences. Notre sang était identique. Il se reflétait dans nos yeux - aussi bleus - aussi transperçants que les profondeurs de l’océan. Je tirais sur la fumée. Je la respirais jusqu’à m’en brûler les bronches. Elle exhalait ce charme parfait, l’élégance indolente des privilégiés. Sa voix résonnait avec mépris dans mes oreilles. Elle réduisait mes efforts - elle jugeait mon métier. Je n’étais pas un journaliste pour tabloïds. J’étais le messager de la vérité, la plume acérée qui déplorait le monde et ses injustices. Je m’étais spécialisé au hasard. Ma présence était indépendante de sa famille. « Je ne vais pas lui demander si elle vous connaît. C’est une femme importante, elle n'est pas amenée à connaître tous les petits journalistes,» Je secouais les cendres de mon filtre avec amusement. Le tabac se consumait entre mes doigts, jaillissent sous la brise de la véranda pour s’écraser au sol. Sans couleurs. Sans vie. Je me raclais la gorge en haussant les épaules. « Vous pensez qu’elle a été importante toute sa vie? » Son obsession du pouvoir l’avait hissé au rang des divinités. Mais elle avait aimé mon père. Elle s’était enfouie en Ecosse en promettant d’embrasser l’éternité. J’observais la silhouette de Flora. Mon souffle résonnait sous ses yeux. Il frôlait ses pommettes racées afin de lui murmurer mon nom. « C’est à vous que je pose la question. Comment connaissez-vous ma mère ? Lolita est son livre préféré.» Je fronçais les sourcils. Lolita était le livre préféré de beaucoup de personnes. Il s’agissait d’une oeuvre emblématique. Je gardais mes réflexions, préférant écraser mon mégot sous la semelle de ma chaussure. Mon regard transperçait l’horizon. Je soupirais en tendant les bras. Mes muscles étaient engourdis par la parade des hypocrites. Papa, je me suis assis dans la table de maman. Elle m’a regardé. Mais elle n’a rien dit. Ma poitrine s’était alourdie sous les frictions du vent. Mon col était oppressant, il se tordait sur ma peau brûlante. J’étais la flamme et son contraire. La rage et la passion. « Ah. Il y a donc des choses que vous savez de votre mère. » Le sarcasme suintait à travers mes prunelles. Je me mordis la lèvre dans un expression soucieuse. Mon visage se découpait sous les néons des lampadaires bordant les jardins. Les roseraies étaient magnifiques. Ils se déployaient pour accueillir l’humidité de la nuit. Et nous étions las. Nous étions des inconnus. «  Amusant. Vous, vous ressemblez étrangement au Chapelier Fou. Peut-être que je devrais être celle qui doive se méfier.» Je cherchais le compliment. Mais il n’y en avait pas. Je me détournais en esquissant quelques pas dans les escaliers menant jusqu’au sentier. « Le chapelier n’est pas fou sans raison. » Déclarai-je en joignant les mains. « Ne croyez pas je suis ici pour voler vos secrets. Imaginez, pour une seconde, que je sois l’un d’eux.  » Je l’invitais à m’accompagner pour une ballade au milieu des buissons. Mon coude se repliait dans l’attente de son arrivée. Je songeais au premier contact. Je me demandais s’il lui était possible de noter les similitudes entre ses postures et les miennes. « Il fait froid. Peut-être devrais-je vous donner ma veste. » Je n’exprimais aucune émotion. Mes yeux étaient translucides lorsqu’ils lui témoignaient ma courtoisie. Flora Parsons n’était pas une femme. C’était une soeur. Une usurpatrice. Vera avait été ma mère avant elle. Et elle continuait à l’être encore, dans un coin fantastique de ma mémoire. Je n’avais pas oublié. Elle était partie.
Revenir en haut Aller en bas
not above love + flora
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Page 1 sur 1
» Absolarion Love.
» Love me now or hate me forever!
» « CENTRAL PARK » New York i love you .
» Mangas-Love RPG ♥
» Love et Story

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
London Calling. :: Zone 1-2-3 :: Central London :: Westminster-