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There are some things you learn best in calm, and some in storm. ┊Charlotte.

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# There are some things you learn best in calm, and some in storm. ┊Charlotte.
message posté Mer 22 Fév - 1:11 par Ethan I. Hemsworth
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Charlotte + + Ethan
On est heureux de ce qu’on n’avait pas prévu, et c’est un détail de ce qu’on n’avait pas prévu qui nous fout en l’air.

Il y'a des jours comme ça où pas grand chose ne va. Des jours où tout semble plus dur que d'habitude. Des gestes simples du quotidien qui, sans savoir trop pourquoi, demandent un effort particulier. Comme se lever, affronter le froid, mettre un pieds devant l'autre jusqu'à son lieu de travail. Même saluer ma secrétaire requit un effort de ma part, si exiger que personne ne me dérange comptait comme une salutation. Au vu des cernes qui lui tombaient jusqu'aux joues, je crois que ce fut réciproque. Il faut avouer que le bon docteur Hemsworth avait fait des siennes la veille. Je ne garde pas un souvenir limpide de ma soirée, si ce n'est que j'avais appelé la pauvre Eddie à trois heures et quelques pour annuler mes rendez-vous du matin. La logique voudrait qu'il me fut facile de me lever en commençant l'après-midi. Non. Pour comprendre pourquoi ce ne fut pas le cas, il faudrait reconstituer le puzzle de ma soirée, plus précisément l'ordre dans lequel se sont enchainés les verres. Ouais, on ne va pas se mentir, j'avais passé la soirée dans un pub, à ruminer plus qu'à boire quoi que je sache parfaitement faire les deux en même temps, comme trop souvent ces derniers temps. Autant dire qu'en joignant ma secrétaire en pleine nuit, j'avais à peine cherché à m'en cacher. Je me demandais même si elle n'avait pas pu sentir l'odeur de l'alcool à travers le combiné. Cette idée m'amusait. Parce que, franchement, qu'est ce que son téléphone faisait encore allumé au beau milieu de la nuit ? Il attendait un appel d'urgence de son patron sans pitié, bien sûr. A croire qu'elle le cherche, qu'elle aime ça, ce n'est pas possible autrement. Peut-être qu'elle ne peut carrément pas se passer de moi. Pauvre femme. Toujours est-il que ça ne fait pas bon genre, d'annuler des rendez-vous quand bon me chante. Mon arrivée cet après-midi là se fit d'ailleurs remarquer, autant qu'on pouvait remarquer un psychologue dans un hôpital rempli de chirurgiens et de chercheurs. Je ne suis clairement pas le maillon fort de la chaine alimentaire. Je suis carrément celui dont la tête risque de sauter en cas de coupe budgétaire, juste après les aides-soignantes et peut-être les assistantes comptables comme Eddie. Alors je peux encore torturer Eddie sans trop m'inquiéter.

Je ne sais pas trop ce qu'elle pouvait penser de toute mes cachoteries, mais j'aurais aimé le savoir. Sûrement s'imaginait-elle que j'avais des problèmes avec ma femme. Ce ne serait pas totalement faux... Juste pire, puisque je n'avais plus vraiment de femme. Je me battais donc avec son fantôme. Penser que tout s'arrangerait une fois que je l'aurais retrouvée, que les doutes se calmeraient et que je pourrai dormir tranquille la nuit était une terrible erreur. Une belle connerie, aussi, puisque mon esprit n'avait jamais été autant assailli que depuis que je l'avais revue à la sortie de l'école. A force d'y voir Ava en douce, il fallait bien qu'Amanda me surprenne un jour. Depuis, je rêvais qu'elle prenait la fuite de nouveau, l'emmenant à l'autre bout du monde une nouvelle fois, ce dès que je fermais les yeux plus de cinq minutes. Je voyais Amanda, son regard sur moi quand je restais trop longtemps assis derrière un comptoir -c'est-à-dire souvent-, n'arrivant pas à identifier la déception, la colère ou la pitié dans son regard. Je la chassais, à chaque fois, terminant ma nuit aussi tranquillement que je le pouvais. J'étais lâche. Assez courageux pour être venu à Londres, trop lâche pour reposer un verre. Tout devenait plus difficile les semaines où je ne voyais pas Ava, parce que quand je ne la voyais pas pendant plusieurs jours, je n'avais plus que mon travail pour me rattacher à la réalité, surtout, je me retrouvais sans preuve concrète des engagements qu'avait pris Amanda de ne plus laisser nos histoires interférer dans la vie de notre fille. Il n'empêche que plusieurs jours par semaine, je n'étais pas là pour elle. Je n'étais pas un père. Enchainer les séances me faisait prendre conscience que je passais plus de temps avec les petits jeunes un peu déboussolés et les plus grands en souffrance de l'hôpital qu'avec mon propre enfant. J'étais plus présent pour eux que pour ma fille. Ai-je besoin de préciser que cette situation ne me plaisait pas ?

Officiellement, je consultas des dossiers quand j'entendis des voix s'échauffer derrière la porte. En réalité, j'étais perdu dans mes pensées plus que joyeuses, ce que, visiblement, quelqu'un refusait de me laisser faire. Plutôt quelqu'une. C'était bien une voix, à n'en pas douter. Mais une voix ne pouvait pas s'énerver seule n'est-ce pas ? Alors je pariai sur deux femmes. Je savais encore distinguer des voix féminines de voix masculines, encore heureux, tout comme je savais distinguer quand ça chauffait. Le silence s'abattit brutalement quelques secondes. Le calme avant la tempête, songeai-je, hésitant à rester à l'abri ou à jouer les héros. Foutu orgueil. Je passais le pas de la porte, l'ouvrant avec force et rapidité pour appuyer à la fois mon mécontentement face au bruit et la surprise de mon apparition. Sauf que je fus coupé net dans mon numéro de médecin autoritaire. Et merde... Qu'avait dit Milo déjà ? Quelque chose comme "Ca a du créer un sacré bordel chez les Adams. Tu ne vas pas tarder d'avoir tout ce petit monde sur le dos, à mon humble avis... Et sans vouloir t’affoler." Alors autant j'avais partagé des pauses café très agréables avec Samuel, autant cette fois... Devais-je m'affoler, là, tout de suite ? J'aurais dû prêter plus attention à la prophétie de celui dont on ne doit pas prononcer le nom. « Docteur… votre femme… J'... » Mon regard croisa celui de la blonde devant moi, l'identifiant immédiatement comme la personne remontée et entêtée de la scène. Ah, c'est donc ça... Je poussai un grand sourire sorti de nulle part. « Merci Eddie. », plus grand encore en m'adressant à "ma femme". « Entre, ma chérie. » Difficile de réprimer un ricanement en prononçant ces mots. J'attendis qu'elle entre et refermai la porte derrière nous. Quelque chose à sa tête me disait que ça risquait de chauffer, je ne voulais pas offrir à Eddie le plaisir d'entendre ça. Tiens, qu'est-ce qu'on dit pour saluer quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis plus d'un an ? « Bonjour Charlotte. » Pas mieux en magasin. Même si j'avais bien spécifié ne pas vouloir être dérangé sous aucun prétexte, le numéro des jumelles pouvait marcher sur ma secrétaire, mais moi, si je n'étais pas tombé dans le piège à l'époque où Amanda et moi sortions à peine ensemble, ce n'était pas pour tomber dedans maintenant. Bien que la ressemblance fut frappante -merde, ce foutu ricanement-, surtout avec ce petit air renfrogné sur le visage et cette allure déterminée. Je savais encore différencier ma femme de sa soeur jumelle, dieu merci. « Si tu voulais une séance tu aurais pu prendre rendez-vous, je t'aurais trouvé un créneau. » Quitte à être grillé...
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# Re: There are some things you learn best in calm, and some in storm. ┊Charlotte.
message posté Mer 22 Fév - 18:52 par Charlotte R. P. Adams
But she wished she had the guts to go up to him and say hello. Or possibly break his legs, she wasn't sure which. ✻✻✻ Je ne devrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, en théorie je n’ai rien à avoir dans leurs histoires. Seulement en pratique c’est différent. Il s’agit d’Amanda, de ma sœur, de ma jumelle, et je ne peux pas ne rien dire ou faire. Je suppose qu’elle l’avait envisagé avant de me raconter ce qui s’est passé, elle me connaît suffisamment pour cela. Peut-être que je ne devrais pas, mais la voir comme cela je ne supporte pas. J’ai parfaitement conscience qu’elle a des tords dans la situation, a commencé par le fait d’avoir pris Ava pour débarquer à Londres sans prévenir Ethan, mais ce qui est fait est fait. On ne peut pas changer le passé, et il n’y a aucun moyen pour qu’il récupère le temps passé sans sa fille, et sa femme. Non, ce qui m’inquiète plus c’est de le savoir ici, et apparemment il ne semble pas vouloir partir. Je peux comprendre, après tout Ava est sa fille, et Amanda toujours sa femme, mais ce n’est pas pour autant que cela est une bonne chose. Je ne sais pas vraiment comment se situe Amanda par rapport à tout cela, perdue sans aucun doute. Mais je n’en sais pas plus, n’ayant pas voulu la brusquer après leurs retrouvailles. Alors, il est temps d’aller voir le camp adversaire pour avoir sa vision des choses. Je n’ai pas vu Ethan depuis très longtemps, mais cela n’a pas d’importance. Pour Amanda il n’y a pas vraiment grand-chose que je ne pourrais pas faire. Grâce à Samuel j’ai pu obtenir quelques informations, comme son lieu de travail par exemple. Je ne devrais probablement pas y aller, mais c’est plus fort que moi. Comme s’il fallait que je le vois de mes propres yeux pour le croire, pourtant, je sais très bien qu’il est à Londres. J’aimerais aussi savoir ce qu’il attend d’Amanda. Après ce qu’elle a traversé ses derniers temps, il me semble normal de devoir veiller sur elle, plus que d’ordinaire j’entends. Et tant pis si cela le dérange. Tant pis s’il pense que ce ne sont pas mes affaires, il savait très bien à quoi s’attendre dès le début. L’une ne va pas sans l’autre. Ça peut être pénible pour les autres, nous avons souvent eu le droit à ce genre de remarque, mais cela n’a jamais rien changé. Et ce n’est pas maintenant que cela va changer non plus. Non, l’une ne va pas sans l’autre, c’est à prendre ou à laisser. Certains ont fini par laisser, d’autres ont tenu bons. À voir ce qu’Ethan en pense maintenant.
Je ne mets pas longtemps à trouver son bureau, mais apparemment cela sera plus difficile de le voir. Enfin, il suffit de me faire passer pour Amanda. Je ne sais pas s’il se présente comme un homme marié, ou non, mais le fait de savoir que sa femme est ici devrait peut-être le faire sortir. C’est l’avantage d’être la copie conforme de sa sœur, il est plus facile de piéger les gens. Seulement il semblerait que sa secrétaire ne soit pas totalement de cet avis, puisqu’elle ne semble pas vouloir me laisser passer, pour ne pas le déranger. Elle ne semble pas comprendre que je ne bougerais pas d’ici sans avoir vu Ethan que cela lui plaise ou non. Cette femme commence à m’énerver fortement, ce qui n’est pas la meilleure idée qui soit, mais elle cesse presque immédiatement de parler quand la porte s’ouvre pour laisser sortir Ethan. Il est donc bien là. Je suppose qu’il ne lui faudra pas longtemps pour savoir qu’il s’agit de moi et non d’Amanda. « Docteur… votre femme… J'... » Subitement elle semble avoir perdu tout son caractère. Si elle m’avait laissé passer tout de suite, nous aurions tous gagné du temps. « Merci Eddie. » J’ai l’impression qu’il n’est pas tout à fait à l’aise, sûrement la surprise de me trouver ici. « Entre, ma chérie. » Je tique légèrement, mais ne dis rien. En revanche, j’adresse un immense sourire à la fameuse Eddie, en passant devant elle, je lui avais bien dis que je finirais pas entrer dans son bureau. La porte se referme derrière moi, nous laissant seuls. Je suis encore étonnée de le trouver ici, non pas à Londres, mais dans ce bureau. Apparemment ils ont tous les deux décidés de prendre un réel nouveau départ. « Bonjour Charlotte. » J’étais sûre qu’il ne se laisserait pas avoir. Cela n’a jamais marché, et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Sans attendre qu’il me le propose, je prends place sur un des fauteuils en face de son bureau. Après tout, nous avons des choses à nous dire, ou peut-être seulement moi. « Si tu voulais une séance tu aurais pu prendre rendez-vous, je t'aurais trouvé un créneau. » Et moi qui avais presque décidé de me montrer gentille pour commencer, il faudrait peut-être que je change d’avis. « Non, je trouvais qu’une visite surprise était mieux. Apparemment c’est à la mode. » D’accord, il était dans son droit de venir pour voir sa fille, mais cela n’excuse pas tout pour autant. « Alors comme ça, tu es ici… » Ce n’est pas une question, mais une simple constatation. Tous réunions à Londres, et aucun moyen d’échapper les uns aux autres. « Ça fait longtemps ?» Je suis curieuse de savoir depuis combien de temps il a retrouvé Amanda et Ava, enfin s’il veut bien me répondre. Je doute que cette rencontre ce passe facilement.

✻✻✻
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# Re: There are some things you learn best in calm, and some in storm. ┊Charlotte.
message posté Sam 8 Avr - 1:50 par Ethan I. Hemsworth
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On est heureux de ce qu’on n’avait pas prévu, et c’est un détail de ce qu’on n’avait pas prévu qui nous fout en l’air.

Me retrouver avec Charlotte dans mon bureau me faisait drôle. J’aurais aimé que cette rencontre soit anodine, naturelle comme autrefois. J’aurais aimé qu’elle soit là parce qu’elle est ma belle-soeur et qu’elle n’a pas besoin de quelconque motif pour passer me dire bonjour. J'aurais aimé que ce soit comme au temps de Sydney, un énième passage à l’improviste qu’on ne relève même plus. Au temps de Sydney… L’époque bénie et regrettée. Ce sera donc ça ma vie maintenant ? Chialer sur un passé perdu dès que l’occasion se présentera ? Je serrais la mâchoire depuis qu’elle était entrée dans mon refuge aussi puissamment que je le pouvais, à défaut de me montrer aimable, parce que je ne tenais pas franchement à m’écrouler devant la soeur de ma femme. Sa présence ici avait un gout de déjà vu. Un parfum lointain, celui d’un souvenir limpide u’on revoit comme on rembobine un film, celui dans lequel j’ignorais encore que je ferai ma vie à Sydney. L’impression familière et assez amusante qu’elle venait ici pour assurer les arrières de sa soeur tout comme elle le faisait quand je commençais à fréquenter Amanda. Une décennie s’était écoulée depuis mon premier rancart avec celle qui deviendrait ma femme, mais il faut croire que certaines choses ne changent pas. Il n’y a pas à dire, cette attitude de grande soeur protectrice me plait. M’assume. Que Charlotte ait l’air très impliquée dans son rôle et pas du tout d’humeur à plaisanter décuplait mon plaisir sans la moindre culpabilité à l’horizon. Pas mon genre. Je trouvais cela attendrissant, cette protection, cette sorte de fusion inexplicable et quasi mystique entre les jumelles. Déjà parce que j’étais bien content d’avoir affaire à une soeur plutôt qu’à un grand-frère super protecteur qui, avec ma veine, aurait fait deux têtes de plus que moi et deux fois ma largeur, Samuel n’ayant jamais joué ce rôle, aussi parce je me reconnaissais un peu là-dedans. Je surprotège mon frère depuis des années, vérifier la fiabilité de ses fréquentations est devenu un réflexe depuis trop longtemps pour que je me remette en questions. Mais à ce moment-là c’était clairement moi qu’on remettrait en question. Depuis combien de temps n’avais-je pas tenu le rôle de la personne pas fiable…

Moitié perdu dans de vieux souvenirs, moitié surpris, ou inquiet, difficile à dire, je tentais de trouver un indice sur son visage à elle. Qu’est-ce qu’il fallait dire, ne pas dire. La diplomatie n’a jamais été un point fort. Ca ne s’est guère améliorer depuis que j’ai quitté mes fonctions de banquier. Un sentiment libérateur m’envahit quand j’arrive à décrypter l’étonnement dans ses yeux. Je brise la glace le premier, l’appelant par son prénom pour mettre fin à la blague. Je rirai bien de ma secrétaire qui doit être en train de régaler tout le service du dernier potin : scoop, le docteur Hemsworth est marié et je sais à quoi elle ressemble. Ou peut-être, connaissant Eddie, quelque chose d’un goût un tantinet acerbe, à la Comment ça doit chauffer dans le bureau du psy, sa femme avait l’air vachement remontée. Celui-là me plait bien, sachant alors même qu’elle n’a pas encore prononcé un mot que je ne vais rien faire pour détendre l’atmosphère. Un sourire légèrement tendre traverse pourtant mes lèvres en repensant au fait que la petite mascarade du twist des jumelle n’a jamais marché. Amanda ne m’a pas eu la première fois. Charlotte ne m’aura pas maintenant. Elle s’installe sur un fauteuil, aussitôt je grimace. Intérieurement j’espère. Je suis trop tendu pour faire attention à ma gueule qui a tendance à parler d’elle-même. Ca, ça veut dire qu’elle compte rester là un moment, qu’elle a la dose de trucs à déballer. Après tout, j’ai l’habitude. « Non, je trouvais qu’une visite surprise était mieux. Apparemment c’est à la mode. » Si j’avais pu imaginer une seule seconde qu’il s’agisse bien d’Amanda, la véritable identité de mon interlocutrice m'aurait frappé à ce moment-là. Tout ce qu’elle pouvait obtenir en répondant à ma première provocation, c’était un sourire que certains auraient qualifié de mauvais, moi, je préfère opter pour insolent. « Toi qui t’y connais en mode, il y en a une qui fait fureur, c’est le kidnapping de petite fille, tu as dû en entendre parler. » C’était sorti. Des mots Secs. Froids. Presque détachés. Trop détachés pour croire qu’ils sortaient de ma bouche. Ce fut en balançant ça que je compris. La femme en face de moi n’était pas une kidnappeuse d’enfant. Elle ne m’avait pas pris ma fille. Elle ne l’avait pas emportée loin de moi sans que je ne puisse rien faire. Amanda l'avait fait. Mais je n’avais que Charlotte sous la main et plus assez de self-control pour me montrer aussi calme, patient et compréhensif avec elle que je l’avais été avec sa copie. Jamais je n’aurais pu dire une telle chose à Amanda, malgré la tragique vérité dans mes propos, jamais. Mais à Charlotte... Malheureusement, la ressemblance physique ajoutée à la distance inhabituelle qui régnait entre nous faisait d'elle le parfait placébo à ma douleur. Je compris que tout allait sortir. Tout ce que je retenais enfoui depuis des mois, tout ce qui me rendait malade. Charlotte, que je considérais complice de l’enlèvement de ma fille devenait le réceptacle de ma douleur et ma colère. C’était peut-être injuste, peut-être même lâche. Si cela pouvait la défouler elle aussi, je voulais bien lui servir de punching-ball en échange. J’étais un type plutôt généreux dans le fond.

« Alors comme ça, tu es ici… » …Là non. Ce genre de phrase n’aidait pas, vraiment pas. Ce n’était clairement pas une question, je sentais qu’elle avait du mal à réaliser, mais c’était une perche à laquelle il était dur de résister. Je puisais toute mes réserves contre l’impulsivité pour ne pas répondre quelque chose de facile et débile du style ‘on dirait’ ou ‘en chair et en os’. A la place, je m'adossais nonchalamment contre mon bureau, croisant les bras tel un professeur dans l'attente d'une intervention plus pertinente. J'aurais aimé qu’elle se rende compte de la bonne fois dont j’essayais de faire preuve sous mes grands airs. « Ça fait longtemps ? » Une vraie question. Si ça fait longtemps ? Depuis l’été. Un été à pister les lieux favoris de Charlotte sur son blog et les réseaux sociaux dans l’espoir de la croiser dans l’un d’entre eux accompagnée d’Amanda. Était-ce le bon moment de la remercier pour sa productivité sur le net ? J’étais finalement tombé sur Amanda accompagnant Ava à l’école et là… foutu avant même de réaliser ce que je faisais. « Pourquoi, je t’ai manqué ? » Je la cherchais. J’évitais la discussion sérieuse qu’elle voulait visiblement avoir, évinçant ses questions par pur sadisme, parce que j’estimais connaître mieux que personne la frustration de n'obtenir aucune réponse. « Toi pas vraiment. Mais sûrement parce qu’Ava me manquait beaucoup trop pour que je pense à toi. Et moi, tu crois que je lui ai manqué ? » Le ton mielleux, plus ironique que nécessaire, je dissimulais un vrai trouble, une jalousie coriace envers celle qui avait profité de ce dont j’avais été privé. Je savais que j’avais manqué à ma fille. Je m’en voudrai toute ma vie. Pour l’instant, il était plus facile d’en vouloir à Charlotte. « Désolé, j’ai l’habitude que les personnes assises sur ce fauteuil répondent à mes questions et non qu’elles m’en posent. » Ça ne l’empêcherait pas d’en poser, mais ça ne voudrait pas dire qu’elle obtiendrait gain de cause. Je comptais l’agacer encore un petit moment.
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# Re: There are some things you learn best in calm, and some in storm. ┊Charlotte.
message posté Ven 2 Juin - 17:47 par Charlotte R. P. Adams
But she wished she had the guts to go up to him and say hello. Or possibly break his legs, she wasn't sure which. ✻✻✻ Je ne devrais probablement pas m’en mêler, c’est Amanda qui doit régler ses problèmes avec Ethan. Malheureusement, je ne peux pas non plus la laisser toute seule dans cette histoire. En l’épousant, Ethan savait très bien à quoi s’attendre, nous allons par deux, que cela plaise ou non. Pourtant, je n’ai jamais été méchante avec lui, je l’ai d’ailleurs toujours bien aimé. Il rendait ma sœur heureuse et s’était la seule chose qui m’importait. Seulement les choses ont fini par tourner, et ils se sont retrouvés tous les deux malheureux. Aujourd’hui, si je suis ici, c’est parce que je ne sais pas quelles sont ses intentions. Est-ce qu’il compte s’en prendre à Amanda de l’avoir laissé, d’être partie avec Ava ? Est-ce qu’il veut arranger les choses, ou bien les empirer ? Je ne sais pas, et c’est pourquoi je me retrouve ici, dans son bureau à espérer obtenir des réponses. Je doute, que cela soit si facile, après tout je ne suis pas réellement concernée par toute cette histoire. « Toi qui t’y connais en mode, il y en a une qui fait fureur, c’est le kidnapping de petite fille, tu as dû en entendre parler. » Bien évidemment, cela n’est pas surprenant. Je n’ai jamais approuvé ce qu’a fait Amanda, il ne méritait pas cela. Seulement, s’il pense que je vais prendre son parti il se trompe totalement. De plus, ce n’est pas moi qui lui ai pris sa fille. « Oui, il paraît que ça se fait à la sortie de l’école… » Moi aussi je suis au courant des choses, même s’il était en droit de vouloir voir Ava, ils n’auraient jamais dû être séparés. La tension est palpable, il n’a pas l’air de vouloir m’aider, et je n’ai pas non plus envie de partir aussi rapidement. Je m’en voudrais presque, s’il ne s’agissait pas d’Amanda. Je ne suis pourtant pas désagréable, pas encore du moins, j’aimerais juste savoir ce qu’il attend exactement. Mais visiblement, je sens bien qu’il n’est pas très heureux de me voir, je dois sans aucun doute lui rappeler sa femme en plus du reste. « Pourquoi, je t’ai manqué ? » Je rigolerais bien, mais cela ne me semble pas être la bonne réaction. Pourquoi m'aurait-il manqué ? « Toi pas vraiment. Mais sûrement parce qu’Ava me manquait beaucoup trop pour que je pense à toi. Et moi, tu crois que je lui ai manqué ? » J’ai la vague impression, qu’il est en train de me mettre le départ de ma sœur et de leur fille sur le dos. C’est sans aucun doute beaucoup plus facile de me blâmer que de s’en prendre à la vraie responsable. Seulement, je ne suis pas sa femme, et ce n’est pas avec moi qu’il faut qu’il règle ses comptes. « Tu sais très bien que oui. » Inutile de mentir, cela serait ridicule. Bien évidemment qu’il a manqué à Ava, elle n’a pas cessé d’en parler et de poser des questions à Amanda. Mais encore une fois, ce n’est pas à moi de régler leur problème de couple, je suis seulement ici pour m’assurer, qu’il ne compte pas se venger sur ma sœur. C’est à ce moment-là qu’il devra se méfier de moi, cependant, pas pour l’instant. « Désolé, j’ai l’habitude que les personnes assises sur ce fauteuil répondent à mes questions et non qu’elles m’en posent. » Je lui adresse un sourire poli, pour lui indiquer que je n’ai pas l’intention de partir, ni d’arrêter de lui poser des questions. Quoique, jusqu’ici je ne l’ai pas tellement fait. Je suis encore étonnée de le savoir ici, et plus de voir qu’il a changé de métier. Ce serait presque amusant de faire la comparaison entre sa situation et son nouvel emploi. Mais je garderais mes commentaires pour moi. Cela ne sert à rien de l’attaquer gratuitement, et injustement. Ces derniers mois, on dû être asse douloureux pour lui. « Ethan… » Je ne sais pas tellement comment m’y prendre. Nous n’avons jamais été très proches tous les deux, pas au point d’avoir une réelle amitié en dehors d’Amanda. « Tu peux t’en prendre à moi tant que tu veux, si ça peut te faire plaisir. Mais tu sais aussi bien que moi, que je ne suis pas la cause de la situation. » Je n’ai jamais encouragé Amanda à le quitter, et encore moins à prendre Ava sans lui dire un mot. « Je sais qu’Amanda a des tords, mais s’il te plaît elle est encore fragile. » Tout comme je sais qu’il a souffert de tout cela. Je n’évoque pas la fausse-couche de ma sœur, qui est le point de départ de toute cette histoire, parce que cela fait beaucoup trop écho à ma propre histoire. Ce n’est certainement pas le moment de repenser à tout cela.

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