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There are some things you learn best in calm, and some in storm. ┊Charlotte.

Guyliner.
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() message posté Mer 22 Fév - 1:11 par Ethan I. Hemsworth
A storm with long blond hair
Charlotte + + Ethan
On est heureux de ce qu’on n’avait pas prévu, et c’est un détail de ce qu’on n’avait pas prévu qui nous fout en l’air.

Il y'a des jours comme ça où pas grand chose ne va. Des jours où tout semble plus dur que d'habitude. Des gestes simples du quotidien qui, sans savoir trop pourquoi, demandent un effort particulier. Comme se lever, affronter le froid, mettre un pieds devant l'autre jusqu'à son lieu de travail. Même saluer ma secrétaire requit un effort de ma part, si exiger que personne ne me dérange comptait comme une salutation. Au vu des cernes qui lui tombaient jusqu'aux joues, je crois que ce fut réciproque. Il faut avouer que le bon docteur Hemsworth avait fait des siennes la veille. Je ne garde pas un souvenir limpide de ma soirée, si ce n'est que j'avais appelé la pauvre Eddie à trois heures et quelques pour annuler mes rendez-vous du matin. La logique voudrait qu'il me fut facile de me lever en commençant l'après-midi. Non. Pour comprendre pourquoi ce ne fut pas le cas, il faudrait reconstituer le puzzle de ma soirée, plus précisément l'ordre dans lequel se sont enchainés les verres. Ouais, on ne va pas se mentir, j'avais passé la soirée dans un pub, à ruminer plus qu'à boire quoi que je sache parfaitement faire les deux en même temps, comme trop souvent ces derniers temps. Autant dire qu'en joignant ma secrétaire en pleine nuit, j'avais à peine cherché à m'en cacher. Je me demandais même si elle n'avait pas pu sentir l'odeur de l'alcool à travers le combiné. Cette idée m'amusait. Parce que, franchement, qu'est ce que son téléphone faisait encore allumé au beau milieu de la nuit ? Il attendait un appel d'urgence de son patron sans pitié, bien sûr. A croire qu'elle le cherche, qu'elle aime ça, ce n'est pas possible autrement. Peut-être qu'elle ne peut carrément pas se passer de moi. Pauvre femme. Toujours est-il que ça ne fait pas bon genre, d'annuler des rendez-vous quand bon me chante. Mon arrivée cet après-midi là se fit d'ailleurs remarquer, autant qu'on pouvait remarquer un psychologue dans un hôpital rempli de chirurgiens et de chercheurs. Je ne suis clairement pas le maillon fort de la chaine alimentaire. Je suis carrément celui dont la tête risque de sauter en cas de coupe budgétaire, juste après les aides-soignantes et peut-être les assistantes comptables comme Eddie. Alors je peux encore torturer Eddie sans trop m'inquiéter.

Je ne sais pas trop ce qu'elle pouvait penser de toute mes cachoteries, mais j'aurais aimé le savoir. Sûrement s'imaginait-elle que j'avais des problèmes avec ma femme. Ce ne serait pas totalement faux... Juste pire, puisque je n'avais plus vraiment de femme. Je me battais donc avec son fantôme. Penser que tout s'arrangerait une fois que je l'aurais retrouvée, que les doutes se calmeraient et que je pourrai dormir tranquille la nuit était une terrible erreur. Une belle connerie, aussi, puisque mon esprit n'avait jamais été autant assailli que depuis que je l'avais revue à la sortie de l'école. A force d'y voir Ava en douce, il fallait bien qu'Amanda me surprenne un jour. Depuis, je rêvais qu'elle prenait la fuite de nouveau, l'emmenant à l'autre bout du monde une nouvelle fois, ce dès que je fermais les yeux plus de cinq minutes. Je voyais Amanda, son regard sur moi quand je restais trop longtemps assis derrière un comptoir -c'est-à-dire souvent-, n'arrivant pas à identifier la déception, la colère ou la pitié dans son regard. Je la chassais, à chaque fois, terminant ma nuit aussi tranquillement que je le pouvais. J'étais lâche. Assez courageux pour être venu à Londres, trop lâche pour reposer un verre. Tout devenait plus difficile les semaines où je ne voyais pas Ava, parce que quand je ne la voyais pas pendant plusieurs jours, je n'avais plus que mon travail pour me rattacher à la réalité, surtout, je me retrouvais sans preuve concrète des engagements qu'avait pris Amanda de ne plus laisser nos histoires interférer dans la vie de notre fille. Il n'empêche que plusieurs jours par semaine, je n'étais pas là pour elle. Je n'étais pas un père. Enchainer les séances me faisait prendre conscience que je passais plus de temps avec les petits jeunes un peu déboussolés et les plus grands en souffrance de l'hôpital qu'avec mon propre enfant. J'étais plus présent pour eux que pour ma fille. Ai-je besoin de préciser que cette situation ne me plaisait pas ?

Officiellement, je consultas des dossiers quand j'entendis des voix s'échauffer derrière la porte. En réalité, j'étais perdu dans mes pensées plus que joyeuses, ce que, visiblement, quelqu'un refusait de me laisser faire. Plutôt quelqu'une. C'était bien une voix, à n'en pas douter. Mais une voix ne pouvait pas s'énerver seule n'est-ce pas ? Alors je pariai sur deux femmes. Je savais encore distinguer des voix féminines de voix masculines, encore heureux, tout comme je savais distinguer quand ça chauffait. Le silence s'abattit brutalement quelques secondes. Le calme avant la tempête, songeai-je, hésitant à rester à l'abri ou à jouer les héros. Foutu orgueil. Je passais le pas de la porte, l'ouvrant avec force et rapidité pour appuyer à la fois mon mécontentement face au bruit et la surprise de mon apparition. Sauf que je fus coupé net dans mon numéro de médecin autoritaire. Et merde... Qu'avait dit Milo déjà ? Quelque chose comme "Ca a du créer un sacré bordel chez les Adams. Tu ne vas pas tarder d'avoir tout ce petit monde sur le dos, à mon humble avis... Et sans vouloir t’affoler." Alors autant j'avais partagé des pauses café très agréables avec Samuel, autant cette fois... Devais-je m'affoler, là, tout de suite ? J'aurais dû prêter plus attention à la prophétie de celui dont on ne doit pas prononcer le nom. « Docteur… votre femme… J'... » Mon regard croisa celui de la blonde devant moi, l'identifiant immédiatement comme la personne remontée et entêtée de la scène. Ah, c'est donc ça... Je poussai un grand sourire sorti de nulle part. « Merci Eddie. », plus grand encore en m'adressant à "ma femme". « Entre, ma chérie. » Difficile de réprimer un ricanement en prononçant ces mots. J'attendis qu'elle entre et refermai la porte derrière nous. Quelque chose à sa tête me disait que ça risquait de chauffer, je ne voulais pas offrir à Eddie le plaisir d'entendre ça. Tiens, qu'est-ce qu'on dit pour saluer quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis plus d'un an ? « Bonjour Charlotte. » Pas mieux en magasin. Même si j'avais bien spécifié ne pas vouloir être dérangé sous aucun prétexte, le numéro des jumelles pouvait marcher sur ma secrétaire, mais moi, si je n'étais pas tombé dans le piège à l'époque où Amanda et moi sortions à peine ensemble, ce n'était pas pour tomber dedans maintenant. Bien que la ressemblance fut frappante -merde, ce foutu ricanement-, surtout avec ce petit air renfrogné sur le visage et cette allure déterminée. Je savais encore différencier ma femme de sa soeur jumelle, dieu merci. « Si tu voulais une séance tu aurais pu prendre rendez-vous, je t'aurais trouvé un créneau. » Quitte à être grillé...
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() message posté Mer 22 Fév - 18:52 par Charlotte R. P. Adams
But she wished she had the guts to go up to him and say hello. Or possibly break his legs, she wasn't sure which. ✻✻✻ Je ne devrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, en théorie je n’ai rien à avoir dans leurs histoires. Seulement en pratique c’est différent. Il s’agit d’Amanda, de ma sœur, de ma jumelle, et je ne peux pas ne rien dire ou faire. Je suppose qu’elle l’avait envisagé avant de me raconter ce qui s’est passé, elle me connaît suffisamment pour cela. Peut-être que je ne devrais pas, mais la voir comme cela je ne supporte pas. J’ai parfaitement conscience qu’elle a des tords dans la situation, a commencé par le fait d’avoir pris Ava pour débarquer à Londres sans prévenir Ethan, mais ce qui est fait est fait. On ne peut pas changer le passé, et il n’y a aucun moyen pour qu’il récupère le temps passé sans sa fille, et sa femme. Non, ce qui m’inquiète plus c’est de le savoir ici, et apparemment il ne semble pas vouloir partir. Je peux comprendre, après tout Ava est sa fille, et Amanda toujours sa femme, mais ce n’est pas pour autant que cela est une bonne chose. Je ne sais pas vraiment comment se situe Amanda par rapport à tout cela, perdue sans aucun doute. Mais je n’en sais pas plus, n’ayant pas voulu la brusquer après leurs retrouvailles. Alors, il est temps d’aller voir le camp adversaire pour avoir sa vision des choses. Je n’ai pas vu Ethan depuis très longtemps, mais cela n’a pas d’importance. Pour Amanda il n’y a pas vraiment grand-chose que je ne pourrais pas faire. Grâce à Samuel j’ai pu obtenir quelques informations, comme son lieu de travail par exemple. Je ne devrais probablement pas y aller, mais c’est plus fort que moi. Comme s’il fallait que je le vois de mes propres yeux pour le croire, pourtant, je sais très bien qu’il est à Londres. J’aimerais aussi savoir ce qu’il attend d’Amanda. Après ce qu’elle a traversé ses derniers temps, il me semble normal de devoir veiller sur elle, plus que d’ordinaire j’entends. Et tant pis si cela le dérange. Tant pis s’il pense que ce ne sont pas mes affaires, il savait très bien à quoi s’attendre dès le début. L’une ne va pas sans l’autre. Ça peut être pénible pour les autres, nous avons souvent eu le droit à ce genre de remarque, mais cela n’a jamais rien changé. Et ce n’est pas maintenant que cela va changer non plus. Non, l’une ne va pas sans l’autre, c’est à prendre ou à laisser. Certains ont fini par laisser, d’autres ont tenu bons. À voir ce qu’Ethan en pense maintenant.
Je ne mets pas longtemps à trouver son bureau, mais apparemment cela sera plus difficile de le voir. Enfin, il suffit de me faire passer pour Amanda. Je ne sais pas s’il se présente comme un homme marié, ou non, mais le fait de savoir que sa femme est ici devrait peut-être le faire sortir. C’est l’avantage d’être la copie conforme de sa sœur, il est plus facile de piéger les gens. Seulement il semblerait que sa secrétaire ne soit pas totalement de cet avis, puisqu’elle ne semble pas vouloir me laisser passer, pour ne pas le déranger. Elle ne semble pas comprendre que je ne bougerais pas d’ici sans avoir vu Ethan que cela lui plaise ou non. Cette femme commence à m’énerver fortement, ce qui n’est pas la meilleure idée qui soit, mais elle cesse presque immédiatement de parler quand la porte s’ouvre pour laisser sortir Ethan. Il est donc bien là. Je suppose qu’il ne lui faudra pas longtemps pour savoir qu’il s’agit de moi et non d’Amanda. « Docteur… votre femme… J'... » Subitement elle semble avoir perdu tout son caractère. Si elle m’avait laissé passer tout de suite, nous aurions tous gagné du temps. « Merci Eddie. » J’ai l’impression qu’il n’est pas tout à fait à l’aise, sûrement la surprise de me trouver ici. « Entre, ma chérie. » Je tique légèrement, mais ne dis rien. En revanche, j’adresse un immense sourire à la fameuse Eddie, en passant devant elle, je lui avais bien dis que je finirais pas entrer dans son bureau. La porte se referme derrière moi, nous laissant seuls. Je suis encore étonnée de le trouver ici, non pas à Londres, mais dans ce bureau. Apparemment ils ont tous les deux décidés de prendre un réel nouveau départ. « Bonjour Charlotte. » J’étais sûre qu’il ne se laisserait pas avoir. Cela n’a jamais marché, et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Sans attendre qu’il me le propose, je prends place sur un des fauteuils en face de son bureau. Après tout, nous avons des choses à nous dire, ou peut-être seulement moi. « Si tu voulais une séance tu aurais pu prendre rendez-vous, je t'aurais trouvé un créneau. » Et moi qui avais presque décidé de me montrer gentille pour commencer, il faudrait peut-être que je change d’avis. « Non, je trouvais qu’une visite surprise était mieux. Apparemment c’est à la mode. » D’accord, il était dans son droit de venir pour voir sa fille, mais cela n’excuse pas tout pour autant. « Alors comme ça, tu es ici… » Ce n’est pas une question, mais une simple constatation. Tous réunions à Londres, et aucun moyen d’échapper les uns aux autres. « Ça fait longtemps ?» Je suis curieuse de savoir depuis combien de temps il a retrouvé Amanda et Ava, enfin s’il veut bien me répondre. Je doute que cette rencontre ce passe facilement.

✻✻✻
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() message posté Sam 8 Avr - 1:50 par Ethan I. Hemsworth
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On est heureux de ce qu’on n’avait pas prévu, et c’est un détail de ce qu’on n’avait pas prévu qui nous fout en l’air.

Me retrouver avec Charlotte dans mon bureau me faisait drôle. J’aurais aimé que cette rencontre soit anodine, naturelle comme autrefois. J’aurais aimé qu’elle soit là parce qu’elle est ma belle-soeur et qu’elle n’a pas besoin de quelconque motif pour passer me dire bonjour. J'aurais aimé que ce soit comme au temps de Sydney, un énième passage à l’improviste qu’on ne relève même plus. Au temps de Sydney… L’époque bénie et regrettée. Ce sera donc ça ma vie maintenant ? Chialer sur un passé perdu dès que l’occasion se présentera ? Je serrais la mâchoire depuis qu’elle était entrée dans mon refuge aussi puissamment que je le pouvais, à défaut de me montrer aimable, parce que je ne tenais pas franchement à m’écrouler devant la soeur de ma femme. Sa présence ici avait un gout de déjà vu. Un parfum lointain, celui d’un souvenir limpide u’on revoit comme on rembobine un film, celui dans lequel j’ignorais encore que je ferai ma vie à Sydney. L’impression familière et assez amusante qu’elle venait ici pour assurer les arrières de sa soeur tout comme elle le faisait quand je commençais à fréquenter Amanda. Une décennie s’était écoulée depuis mon premier rancart avec celle qui deviendrait ma femme, mais il faut croire que certaines choses ne changent pas. Il n’y a pas à dire, cette attitude de grande soeur protectrice me plait. M’assume. Que Charlotte ait l’air très impliquée dans son rôle et pas du tout d’humeur à plaisanter décuplait mon plaisir sans la moindre culpabilité à l’horizon. Pas mon genre. Je trouvais cela attendrissant, cette protection, cette sorte de fusion inexplicable et quasi mystique entre les jumelles. Déjà parce que j’étais bien content d’avoir affaire à une soeur plutôt qu’à un grand-frère super protecteur qui, avec ma veine, aurait fait deux têtes de plus que moi et deux fois ma largeur, Samuel n’ayant jamais joué ce rôle, aussi parce je me reconnaissais un peu là-dedans. Je surprotège mon frère depuis des années, vérifier la fiabilité de ses fréquentations est devenu un réflexe depuis trop longtemps pour que je me remette en questions. Mais à ce moment-là c’était clairement moi qu’on remettrait en question. Depuis combien de temps n’avais-je pas tenu le rôle de la personne pas fiable…

Moitié perdu dans de vieux souvenirs, moitié surpris, ou inquiet, difficile à dire, je tentais de trouver un indice sur son visage à elle. Qu’est-ce qu’il fallait dire, ne pas dire. La diplomatie n’a jamais été un point fort. Ca ne s’est guère améliorer depuis que j’ai quitté mes fonctions de banquier. Un sentiment libérateur m’envahit quand j’arrive à décrypter l’étonnement dans ses yeux. Je brise la glace le premier, l’appelant par son prénom pour mettre fin à la blague. Je rirai bien de ma secrétaire qui doit être en train de régaler tout le service du dernier potin : scoop, le docteur Hemsworth est marié et je sais à quoi elle ressemble. Ou peut-être, connaissant Eddie, quelque chose d’un goût un tantinet acerbe, à la Comment ça doit chauffer dans le bureau du psy, sa femme avait l’air vachement remontée. Celui-là me plait bien, sachant alors même qu’elle n’a pas encore prononcé un mot que je ne vais rien faire pour détendre l’atmosphère. Un sourire légèrement tendre traverse pourtant mes lèvres en repensant au fait que la petite mascarade du twist des jumelle n’a jamais marché. Amanda ne m’a pas eu la première fois. Charlotte ne m’aura pas maintenant. Elle s’installe sur un fauteuil, aussitôt je grimace. Intérieurement j’espère. Je suis trop tendu pour faire attention à ma gueule qui a tendance à parler d’elle-même. Ca, ça veut dire qu’elle compte rester là un moment, qu’elle a la dose de trucs à déballer. Après tout, j’ai l’habitude. « Non, je trouvais qu’une visite surprise était mieux. Apparemment c’est à la mode. » Si j’avais pu imaginer une seule seconde qu’il s’agisse bien d’Amanda, la véritable identité de mon interlocutrice m'aurait frappé à ce moment-là. Tout ce qu’elle pouvait obtenir en répondant à ma première provocation, c’était un sourire que certains auraient qualifié de mauvais, moi, je préfère opter pour insolent. « Toi qui t’y connais en mode, il y en a une qui fait fureur, c’est le kidnapping de petite fille, tu as dû en entendre parler. » C’était sorti. Des mots Secs. Froids. Presque détachés. Trop détachés pour croire qu’ils sortaient de ma bouche. Ce fut en balançant ça que je compris. La femme en face de moi n’était pas une kidnappeuse d’enfant. Elle ne m’avait pas pris ma fille. Elle ne l’avait pas emportée loin de moi sans que je ne puisse rien faire. Amanda l'avait fait. Mais je n’avais que Charlotte sous la main et plus assez de self-control pour me montrer aussi calme, patient et compréhensif avec elle que je l’avais été avec sa copie. Jamais je n’aurais pu dire une telle chose à Amanda, malgré la tragique vérité dans mes propos, jamais. Mais à Charlotte... Malheureusement, la ressemblance physique ajoutée à la distance inhabituelle qui régnait entre nous faisait d'elle le parfait placébo à ma douleur. Je compris que tout allait sortir. Tout ce que je retenais enfoui depuis des mois, tout ce qui me rendait malade. Charlotte, que je considérais complice de l’enlèvement de ma fille devenait le réceptacle de ma douleur et ma colère. C’était peut-être injuste, peut-être même lâche. Si cela pouvait la défouler elle aussi, je voulais bien lui servir de punching-ball en échange. J’étais un type plutôt généreux dans le fond.

« Alors comme ça, tu es ici… » …Là non. Ce genre de phrase n’aidait pas, vraiment pas. Ce n’était clairement pas une question, je sentais qu’elle avait du mal à réaliser, mais c’était une perche à laquelle il était dur de résister. Je puisais toute mes réserves contre l’impulsivité pour ne pas répondre quelque chose de facile et débile du style ‘on dirait’ ou ‘en chair et en os’. A la place, je m'adossais nonchalamment contre mon bureau, croisant les bras tel un professeur dans l'attente d'une intervention plus pertinente. J'aurais aimé qu’elle se rende compte de la bonne fois dont j’essayais de faire preuve sous mes grands airs. « Ça fait longtemps ? » Une vraie question. Si ça fait longtemps ? Depuis l’été. Un été à pister les lieux favoris de Charlotte sur son blog et les réseaux sociaux dans l’espoir de la croiser dans l’un d’entre eux accompagnée d’Amanda. Était-ce le bon moment de la remercier pour sa productivité sur le net ? J’étais finalement tombé sur Amanda accompagnant Ava à l’école et là… foutu avant même de réaliser ce que je faisais. « Pourquoi, je t’ai manqué ? » Je la cherchais. J’évitais la discussion sérieuse qu’elle voulait visiblement avoir, évinçant ses questions par pur sadisme, parce que j’estimais connaître mieux que personne la frustration de n'obtenir aucune réponse. « Toi pas vraiment. Mais sûrement parce qu’Ava me manquait beaucoup trop pour que je pense à toi. Et moi, tu crois que je lui ai manqué ? » Le ton mielleux, plus ironique que nécessaire, je dissimulais un vrai trouble, une jalousie coriace envers celle qui avait profité de ce dont j’avais été privé. Je savais que j’avais manqué à ma fille. Je m’en voudrai toute ma vie. Pour l’instant, il était plus facile d’en vouloir à Charlotte. « Désolé, j’ai l’habitude que les personnes assises sur ce fauteuil répondent à mes questions et non qu’elles m’en posent. » Ça ne l’empêcherait pas d’en poser, mais ça ne voudrait pas dire qu’elle obtiendrait gain de cause. Je comptais l’agacer encore un petit moment.
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() message posté Ven 2 Juin - 17:47 par Charlotte R. P. Adams
But she wished she had the guts to go up to him and say hello. Or possibly break his legs, she wasn't sure which. ✻✻✻ Je ne devrais probablement pas m’en mêler, c’est Amanda qui doit régler ses problèmes avec Ethan. Malheureusement, je ne peux pas non plus la laisser toute seule dans cette histoire. En l’épousant, Ethan savait très bien à quoi s’attendre, nous allons par deux, que cela plaise ou non. Pourtant, je n’ai jamais été méchante avec lui, je l’ai d’ailleurs toujours bien aimé. Il rendait ma sœur heureuse et s’était la seule chose qui m’importait. Seulement les choses ont fini par tourner, et ils se sont retrouvés tous les deux malheureux. Aujourd’hui, si je suis ici, c’est parce que je ne sais pas quelles sont ses intentions. Est-ce qu’il compte s’en prendre à Amanda de l’avoir laissé, d’être partie avec Ava ? Est-ce qu’il veut arranger les choses, ou bien les empirer ? Je ne sais pas, et c’est pourquoi je me retrouve ici, dans son bureau à espérer obtenir des réponses. Je doute, que cela soit si facile, après tout je ne suis pas réellement concernée par toute cette histoire. « Toi qui t’y connais en mode, il y en a une qui fait fureur, c’est le kidnapping de petite fille, tu as dû en entendre parler. » Bien évidemment, cela n’est pas surprenant. Je n’ai jamais approuvé ce qu’a fait Amanda, il ne méritait pas cela. Seulement, s’il pense que je vais prendre son parti il se trompe totalement. De plus, ce n’est pas moi qui lui ai pris sa fille. « Oui, il paraît que ça se fait à la sortie de l’école… » Moi aussi je suis au courant des choses, même s’il était en droit de vouloir voir Ava, ils n’auraient jamais dû être séparés. La tension est palpable, il n’a pas l’air de vouloir m’aider, et je n’ai pas non plus envie de partir aussi rapidement. Je m’en voudrais presque, s’il ne s’agissait pas d’Amanda. Je ne suis pourtant pas désagréable, pas encore du moins, j’aimerais juste savoir ce qu’il attend exactement. Mais visiblement, je sens bien qu’il n’est pas très heureux de me voir, je dois sans aucun doute lui rappeler sa femme en plus du reste. « Pourquoi, je t’ai manqué ? » Je rigolerais bien, mais cela ne me semble pas être la bonne réaction. Pourquoi m'aurait-il manqué ? « Toi pas vraiment. Mais sûrement parce qu’Ava me manquait beaucoup trop pour que je pense à toi. Et moi, tu crois que je lui ai manqué ? » J’ai la vague impression, qu’il est en train de me mettre le départ de ma sœur et de leur fille sur le dos. C’est sans aucun doute beaucoup plus facile de me blâmer que de s’en prendre à la vraie responsable. Seulement, je ne suis pas sa femme, et ce n’est pas avec moi qu’il faut qu’il règle ses comptes. « Tu sais très bien que oui. » Inutile de mentir, cela serait ridicule. Bien évidemment qu’il a manqué à Ava, elle n’a pas cessé d’en parler et de poser des questions à Amanda. Mais encore une fois, ce n’est pas à moi de régler leur problème de couple, je suis seulement ici pour m’assurer, qu’il ne compte pas se venger sur ma sœur. C’est à ce moment-là qu’il devra se méfier de moi, cependant, pas pour l’instant. « Désolé, j’ai l’habitude que les personnes assises sur ce fauteuil répondent à mes questions et non qu’elles m’en posent. » Je lui adresse un sourire poli, pour lui indiquer que je n’ai pas l’intention de partir, ni d’arrêter de lui poser des questions. Quoique, jusqu’ici je ne l’ai pas tellement fait. Je suis encore étonnée de le savoir ici, et plus de voir qu’il a changé de métier. Ce serait presque amusant de faire la comparaison entre sa situation et son nouvel emploi. Mais je garderais mes commentaires pour moi. Cela ne sert à rien de l’attaquer gratuitement, et injustement. Ces derniers mois, on dû être asse douloureux pour lui. « Ethan… » Je ne sais pas tellement comment m’y prendre. Nous n’avons jamais été très proches tous les deux, pas au point d’avoir une réelle amitié en dehors d’Amanda. « Tu peux t’en prendre à moi tant que tu veux, si ça peut te faire plaisir. Mais tu sais aussi bien que moi, que je ne suis pas la cause de la situation. » Je n’ai jamais encouragé Amanda à le quitter, et encore moins à prendre Ava sans lui dire un mot. « Je sais qu’Amanda a des tords, mais s’il te plaît elle est encore fragile. » Tout comme je sais qu’il a souffert de tout cela. Je n’évoque pas la fausse-couche de ma sœur, qui est le point de départ de toute cette histoire, parce que cela fait beaucoup trop écho à ma propre histoire. Ce n’est certainement pas le moment de repenser à tout cela.

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() message posté Sam 28 Oct - 1:49 par Ethan I. Hemsworth
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On est heureux de ce qu’on n’avait pas prévu, et c’est un détail de ce qu’on n’avait pas prévu qui nous fout en l’air.

J’aimais bien Charlotte. Je m’étais toujours bien entendu avec elle. Sans pouvoir prétendre que nous étions particulièrement proches, nous nous entendions bien. Du mois je le crois. Dieu sait pourquoi je me montrais si froid avec elle… Si. Je le savais très bien. Dieu n’avait rien à voir là-dedans. Je n’avais pas besoin de lui pour savoir ce qui me prenait. Je n’allais pas bien. Pas bien du tout, et ça depuis des mois, tous ces mois séparés d’Amanda. Être ici à Londres n’avait pas arrangé grand chose contrairement à ce que j’avais espéré. Tout me revenait en pleine face. Voir la jumelle de ma femme débarquer sur mon nouveau lieu de travail avait tout emmêlé dans mon cerveau. J’étais paumé, fatigué, cela suffisait pour qu’un scénario tout à fait différent m’embrouille l’esprit. J’imaginais Amanda à sa place, parce que c’est comme ça que nos retrouvailles auraient dû se passer. Elle aurait appris ma présence en ville au bout d’un moment, sûrement par Samuel ou une autre connaissance commune à l’hôpital et aurait déboulé dans mon bureau pour savoir quelles étaient au juste mes intentions envers elle et Ava. C’est ainsi que je l’avais imaginé du moins. Mais ça ne c’était pas du tout passé comme prévu. A croire que rien ne se passait comme prévu ces dernières années. « Oui, il paraît que ça se fait à la sortie de l’école… » Pourquoi j’avais envie de sourire ? Y’avait rien de drôle putain ! J’étais mort de honte en vérité, d’avoir agi ainsi dans l’ombre, d’avoir foutu la trouille de sa vie à la femme que j’aimais. Et Ava… Je lui avais de porter un secret peut-être trop lourd pour ses épaules de petite fille. Oh elle est douée pour garder les secrets. On pourrait la soudoyer avec toute sorte de choses, même un voyage à Disney-land que ça ne suffirait pas à la faire craquer. Mais tout de même, je n’aurais pas du faire ça. C’est ce que j’aurais aimé dire à Charlotte au lieu de la regarder avec un sourire d’abruti arrogant. « À la sortie de l’école, dans les maisons en Australie… un vrai fléau ! » Elle devait le savoir pourtant, je ne lâchais jamais rien. Je pouvais être vraiment chiant, disons-le clairement. Mais Charlotte n’était pas du genre à lâcher le morceau non plus, en plus de ça elle avait une bonne répartie, ce qui m’encourageait à continuer de jouer au con. J’étais bon à ce jeu-là, malheureusement pour elle. Si je continuais, tout ce que j'allais gagner ce serait une gifle et une chute de dix étages dans son estime. C’était pas ce que je voulais. Mais à en croire la manière dont je lui parlais, elle pourrait croire que si. Malgré ma désinvolture, elle restait calme, tant dans ses réponses tempérées que dans son attitude, ferme et déterminée. Elle n’avait clairement pas l’intention de laisser tomber. Ça non. J’eus même droit à un sourire lorsque je lui fit clairement comprendre que je pourrai la faire sortir de mon cabinet si elle comptait me soumettre à un interrogatoire. Dans l'absolu, je pourrai, mais elle s’accrocherait sûrement si fort au premier meuble lui passant sous la main qu’il faudrait mobiliser toute l’équipe de sécurité pour la déloger. Ouais, je connaissais assez les Adams pour savoir que quand ils ont quelque chose en tête, c’est carrément fichu d’avance. Je me tus à la seconde où elle prononça mon prénom. On ne jouait plus, très bien. Toujours adossé contre mon bureau, je finis par m’assoir sur un coin, signe que je rendais les armes. « Tu peux t’en prendre à moi tant que tu veux, si ça peut te faire plaisir. Mais tu sais aussi bien que moi, que je ne suis pas la cause de la situation. » Je m’en prenais à elle parce que c’était facile. Parce que je pensais faire éclater ma colère et ma douleur sur Amanda à la seconde où je lui ferai face et que je n’avais éprouvé que culpabilité et impuissance le moment venu. C’était injuste, idiot sans doute, mais je m’en foutais. Je m’accordais ce plaisir égoïste. Ça me défoulait. Elle n’était pas la cause de la situation, non, d’ailleurs j’acquiesçai d’un signe de tête en entendant ses paroles. Pourtant je lui en avais voulu de ne pas m’avoir prévenu. Pas vis-à-vis de moi, mais d’Ava. Ava qui avait besoin de moi. Ava à qui j’avais manqué, elle même le reconnaissait comme une évidence. « Je sais qu’Amanda a des tords, mais s’il te plaît elle est encore fragile. » Fragile ? Mon coeur manqua un battement, un bond intérieur poussé par l’espoir que, peut-être, sa vie loin de moi n’était pas si idyllique qu’elle semblait l’être ? « Tu veux boire quelque chose ? J’ai du thé, c'est plutôt pas mal en gage de paix, non ? » A mon tour de lui adresser un sourire, maigre, un peu honteux. Ma proposition sortait sans doute de nulle part, c’était simplement le mieux que je pouvais faire sur l’instant. Manquerait plus que je lui avoue de vive voix qu’elle avait raison ! Au fond, je n’avais rien contre l’idée de discuter avec elle. Elle faisait pour Amanda ce que j’avais moi-même fait pour mon frère des tas de fois. Et si je l’avais vu débarquer un beau jour son gamin sous le bras, j’aurais sûrement fermé ma gueule moi aussi. J’aurais refermé la porte derrière lui et l’aurait gardé près de moi en sécurité, lui offrant mon soutient, comme je l’avais fait toute ma vie. « Je redoutais plus Samuel dans le rôle du grand frère protecteur qui vient s’assurer que je ne veuille pas de mal à Amanda. » C’était dit sur le ton de la plaisanterie, sans aucune animosité. Je me montrais plus léger, faisant simplement allusion aux élans bagarreurs que pouvait avoir l’ainé Adams quelquefois, me souvenant de celle où il avait cassé la gueule du copain de Lilly. D'après ce qu’elle m’avait raconté, c’était mémorable ! « Tu crois que je pourrai lui vouloir du mal hein ? J’peux pas t’en vouloir, vu la super impression que j’ai dû faire… » Je parlais de cette fameuse histoire à la sortie de l’école bien sûr. Mais pas que. Je me doutais du portrait peu glorieux qu'Amanda avait dû dresser de moi à sa soeur en débarquant à Londres. « J’espère qu’Amanda ne pense pas ça… » Non pas que le fait que Charlotte puisse le penser ne m’importais pas, simplement, j’avais l’impression que ça se passait plutôt bien entre Amanda et moi jusqu’à présent. Si l’on prenait en compte le contexte de nos retrouvailles... particulier. « Ecoute. Je vais jouer cartes sur table. Je te demande de ne pas lui dire que je travaille ici. Tu sais que les hôpitaux et elle… Et si en plus tu me dis qu’elle est fragile… Je tiens à lui en parler moi-même. S’il te plait. » Évidemment, en la voyant entrer ici j’avais eu la trouille. Elle venait de découvrir ma nouvelle identité, problème, je tenais à la garder secrète. Je n’y croyais plus trop maintenant, connaissant le lien fusionnel qui unissait les jumelles. Que l’une puisse cacher quelque chose à l’autre me paraissait complètement impossible. Je lui tournais le dos volontairement pour préparer deux tasses de thé. Ça lui laissait le temps de retourner tout ça dans sa tête, de me maudire pour oser lui demander une telle chose, sans doute.
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() message posté Mar 7 Nov - 15:46 par Charlotte R. P. Adams
But she wished she had the guts to go up to him and say hello. Or possibly break his legs, she wasn't sure which. ✻✻✻ « À la sortie de l’école, dans les maisons en Australie… un vrai fléau ! » Je me retiens de lever les yeux au ciel pour éviter d’envenimer la situation. D’autant plus qu’il n’a pas tout à fait tort. Amanda n’aurait jamais dû agir ainsi, c’était sans aucun doute une décision trop rapide et pas réellement réfléchit. Mais il est difficile de changer les choses désormais. Et je ne lui avouerais pas que je suis d’accord avec lui. Je n’aurais pas aimé être à sa place quand tout cela est arrivé, pas plus que je n’aurais aimé être à celle d’Amanda. De toute façon, toute cette histoire est compliquée, et je pense qu’ils ont chacun leurs tords. Bien évidemment, je ne peux pas ne pas prendre parti pour ma sœur, même si j’ai toujours bien aimé Ethan. D’ailleurs si je suis ici, ce n’est pas tant pour me disputer avec lui, contrairement à ce qu’il doit penser, mais pour m’assurer qu’il ne s’en prendra pas à ma jumelle. Malgré ses décisions, malgré leurs problèmes, et malgré le fait que cela ne me concerne pas directement. Mais quand il s’agit d’Amanda, je ne peux pas rester dans mon coin et ne rien faire. Peut-être qu’elle m’en voudra, mais tant pis, ce n’est pas grand-chose pour savoir ce qu’il veut. Visiblement me crier dessus, et s’en prendre à moi. Si cela peut lui faire plaisir, ça ne me dérange pas, dans le fond il sait aussi bien que moi que je ne suis pas le problème. Ce n’est pas moi qui suis partie avec Ava sans donner de nouvelle. Visiblement, il semble plus enclin à m’écouter, ce qui me semble être un bon début. Je ne sais pas réellement comment lui dire tout ce que je voudrais, parce que je ne peux pas trahir ma sœur, et que je ne veux pas non plus m’imposer dans leurs histoires. « Tu veux boire quelque chose ? J’ai du thé, c'est plutôt pas mal en gage de paix, non ? » Sa proposition me surprend, m’attendant à ce qu’il réponde avec plus de véhémence. Mais je suis soulagée qu’il préfère discuter plus calmement, n’ayant pas envie de me disputer avec lui. Ce n’est pas le but, je suis ici uniquement pour ma sœur. « Pourquoi pas. » Je ne suis pas venue pour cela, mais je ne vais pas refuser alors qu’il semble vouloir faire un effort. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de véritablement m’attarder non plus, parce que c’est étrange de se retrouver ici, tous les deux. Sans ma sœur, nous n’avons jamais été véritablement amis, même si nous nous sommes toujours bien entendus. « Je redoutais plus Samuel dans le rôle du grand frère protecteur qui vient s’assurer que je ne veuille pas de mal à Amanda. » Sa remarque me fait sourire. Sans aucun doute mon frère est du genre assez protecteur s’il le faut, mais lorsque cela concerne une de nous deux, l’autre le devient beaucoup plus. Je ne suis pas du genre violente, ni qui sait met en colère facile, mais pour ma jumelle je serais prête à tout. « Ne jamais sous-estimer des jumelles. » Nul doute que depuis le temps, Ethan doit bien être au courant, mais cela ne fait pas de mal de le rappeler. Ma seule préoccupation est de savoir pourquoi est-ce qu’il est ici. Enfin, je sais très bien que c’est sans aucun doute pour Ava et Amanda, mais je ne sais pas ce qu’il compte faire. « Tu crois que je pourrai lui vouloir du mal hein ? J’peux pas t’en vouloir, vu la super impression que j’ai dû faire… » Forcément prendre sa fille à la sortie de l’école sans informer personne, ressemble plus à une vengeance personnelle qu’à autre chose. Même si je peux comprendre, je n’approuve absolument pas. Ce n’est vraiment pas la meilleure façon de régler leurs problèmes. Et c’est justement cela qui m’inquiète, qu’il veuille se venger de ma sœur, et il lui faire payer d’être partie du jour au lendemain en emmenant leur fille. Je ne pourrais pas supporter qu’il lui fasse du mal, peu importe qu’elle ait fait la même chose. « Je ne sais pas ce que tu lui veux justement… » Autant être franche, puisque c’est la principale raison de ma présence ici. Vouloir se venger serait logique, et peut-être mérité par rapport à ce qu’il a dû vivre, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’Amanda, et que je me dois de savoir pourquoi est-ce qu’il est ici. « J’espère qu’Amanda ne pense pas ça… » Ce n’est pas à moi de lui dire ce qu’elle pense. Je doute de toute façon qu’elle puisse envisager cela, et en temps normale je ne le penserais pas non plus. Mais puisque toute la situation est particulière, et qu’il y a clairement un manque de communication entre eux, je préfère tout envisager. D’autant plus après leurs retrouvailles. « Ecoute. Je vais jouer cartes sur table. Je te demande de ne pas lui dire que je travaille ici. Tu sais que les hôpitaux et elle… Et si en plus tu me dis qu’elle est fragile… Je tiens à lui en parler moi-même. S’il te plait. » Encore une fois je suis surprise. Je ne peux pas mentir à Amanda, c’est impossible, et ceux même si je comprends Ethan. Mais je sais très bien que le revoir à aussi bouleverser ma sœur, et apprendre qu’il est à Londres pour de bon, du moins pour un moment, puisqu’il a un emploi ici, ne ferait qu’en rajouter une couche. « Tu ne peux pas me demander ça. » Ce n’est pas juste, et surtout je ne peux pas lui cacher une telle chose. Elle a le droit de savoir, et rien ne me dit qu’il finira réellement par lui dire. De plus, si elle apprend que j’étais au courant et que je n’ai rien dit… Non, il n’a pas le droit de me demander une telle chose. « Tu sais très bien, que ça m’est impossible. » Entre lui, et elle, la question ne se pose même pas. Et tant pis pour ne pas me disputer avec lui.

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() message posté Sam 20 Jan - 1:46 par Ethan I. Hemsworth
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Charlotte + + Ethan
On est heureux de ce qu’on n’avait pas prévu, et c’est un détail de ce qu’on n’avait pas prévu qui nous fout en l’air.

Je pouvais continuer longtemps comme ça. Quitte à devenir vraiment lourd. J’aimerais dire que je me serai arrêté avant que ça dégénère. Mais non. Je me connaissais assez pour savoir que je n’aurais pas résisté à une nouvelle répartie de Charlotte. Non, si elle me répondait, j’en ferai de même et ainsi de suite jusqu’à ce que je me retrouve plus seul que jamais dans mon bureau. Alors seulement, j’aurais commencé à regretter mes actes. Par chance je n’eus pas à regretter quoi que ce soit, car elle ne renchérit pas à ma provocation. Pourquoi cette provocation d’ailleurs ? Plus poussée que dans mon état normal j’entends… Peut-être parce que j’avais mal pris sa remarque sur les visites surprises. Ouais, ça devait être ça. Comment ne pas repenser à celle que j’avais rendue à Ava, à cet instant de panique incontrôlable ? Comment ne pas prendre sa remarque personnellement et comment ne pas me sentir coupable ? C’était passé de travers. Je faisais le beau devant ma presque ex belle-soeur, comme si j’exultais de la situation, papillonnant dans mon environnement de travail pour paraitre à mon aise, détaché. Au fond, je me sentais misérable. Surtout, pas du tout en position de force. Mais, au fur et à mesure de mes paroles, je réalisais qu’il me restait encore assez de dignité pour vouloir le cacher. Particulièrement à Charlotte. Je ne tenais pas franchement à ce qu’elle remarque à quel point je pouvais être désœuvré sans sa jumelle et qu'elle lui rapporte mon état peu glorieux. Inspirer de la pitié à Amanda n’était pas dans mes plans. Est-ce que j’avais seulement un plan ? Sans doute devais-je paraitre toujours un peu nonchalant quand je lui proposais à boire. Du thé, je n’avais que ça ici. Mais je me souvenais que Charlotte en buvait. « Pourquoi pas. » Je passais donc de l’autre côté du bureau sans réfléchir davantage, pensant à moi-même que ça lui laissait le temps de souffler et de se réjouir : pendant que je mettais la bouilloire en marche et que je sortais les tasses, je ne parlais pas. Sûrement pas pour lui déplaire. Pour pas que les minutes ne soit trop longues -je ne tenais pas à ce que l’ambiance redevienne pesante-, j’osais une petite comparaison entre elle et Samuel, m’amusant du fait qu’elle se montrait plus redoutable que lui dans le rôle du frère protecteur. Une remarque qui sembla l’amuser un peu, aussi. Ouf. Je n’aurais pas supporter un bide. « Ne jamais sous-estimer des jumelles. » Je lui retournai son sourire. Je ne l'ai pas sous-estimée, jamais. Sa présence ne me surprend pas. Rien ne me surprend en fin de compte. Elle, ici, ses questions… Je m’y attendais depuis le jour où j’étais tombé sur Samuel au détour d’un couloir. Ça devait bien finir par arriver. Juste le temps que l’info remonte à ses oreilles, du reste, il n’y avait rien qu’elle n’aurait pas fait pour Amanda que je n’aurais pas fait moi-même pour mon frère. Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’il n’y avait aucun intérêt à se mettre la jumelle de sa femme à dos, pourtant je n’étais pas passé loin. C’était facile de lui reprocher tout un tas de choses à elle, même si ça n’avait pas vraiment de sens, c’était tellement plus facile qu’à Amanda… Je pouvais bien lui dire tout ce qui me passait par la tête, je ne craindrais pas de cauchemarder le soir même qu’elle disparaissait de nouveau avec ma fille. A elle, je pouvais lui poser la question, parce que je n’avais pas peur que sa réponse me brise le coeur. « Je ne sais pas ce que tu lui veux justement… » Un miracle se produisit. Juré, un miracle ! Quel miracle ? Moi qui ne répondit pas ‘Et tu ne le sauras pas’ ou quelque chose dans ce gout-là. Je l’avais pensé tellement fort. Non, elle ne le saurais pas. Elle ne pouvait pas savoir ce que je ne savais pas moi-même. Vraiment ? Si. Je le savais, un peu, tout au fond de moi… Mais là encore, hors de question que ça remonte jusqu’à l’intéressée. « Aucun mal c’est juré. » Peut-être un peu faible. Pas certain que ma parole valait de l’or à ses yeux. « J’aurais pas pu tu sais. Me venger, j’aurais pas pu. » Je voulais vraiment qu’elle comprenne, je ne pouvais pas être plus sincère. « Quand je l’ai vue tout en panique les joues pleine de larmes alors que je pensais ramener tranquillement Ava… Je me suis senti horriblement mal. » Pas vengé, ni fier, ni d’humeur à en profiter pour lui faire payer leur absence. Rien. Que de la culpabilité et de la bêtise. Charlotte était franche avec moi, j’étais donc franc avec elle. Elle n’aurait pas mieux comme réponse de toute façon. Amanda et moi nous étions dit combien nous étions désolés ce jour-là, ça faisait assez, trop même pour que je me confonde en excuse devant sa soeur. J’espérais qu’elle me croit incapable de causer du tort à ma femme ou à ma fille, si non j’espérais qu’elle s’en rende compte avec le temps. Parce que je comptais bien rester à Londres. J’étais calme, franc, bien qu’énigmatique sur les bords, mon changement d’attitude visant aussi à préparer le terrain pour la suite… Le vrai problème à sa présence dans mon bureau selon moi. À propos de préparer le terrain, je posais un plateau avec les deux tasses de thé dessus sur le coin de mon bureau, lui tendant poliment la sienne avant de boire quelques gorgées. Un geste qui aurait mieux marché s’il y avait eu du rhum à l’intérieur, pour me donner du courage. « Ecoute. Je vais jouer cartes sur table. Je te demande de ne pas lui dire que je travaille ici. Tu sais que les hôpitaux et elle… Et si en plus tu me dis qu’elle est fragile… Je tiens à lui en parler moi-même. S’il te plait. » La bombe était lancée. Je sus par avance ce qu’elle allait me répondre. « Tu ne peux pas me demander ça. » Bien sûr j’avais vu juste. Le pacte éternel des jumelles. Je composais avec depuis mes vingts ans, je savais à quoi m’attendre. Mais je ne suis pas le seul. L’australienne et moi n’avions pas partagé nombreux tête-à-tête, pourtant nous nous étions assez vus en compagnie de sa copie pour savoir quelle tête de mule j’étais. Pas tout de suite, pas tout de suite, je me mordis la langue, luttais pour la laisser m’accabler. « Tu sais très bien, que ça m’est impossible. » Rien n’est impossible. Encore une réplique qui resta dans ma tête. Demander à Charlotte de cacher quelque chose à Amanda, autant dire une mission suicide. Ça tombait bien, j’adorais les challenges. « Si je peux, parce que c’est à moi de le lui dire. » Je lui laissais quelques secondes pour digérer mon aplomb avant d’ajouter, déterminé. « Elle sait déjà que je suis à Londres pour le long terme, pour le reste, je veux simplement faire les choses en douceur. » J’imaginais sa tête si je lui avais livré l’information après avoir failli lui causer une crise cardiaque à la sortie de l’école, pas sûr qu’elle y aurait survécu. Non, je n’aurais pas pu mieux m’y prendre si mon but avait été de lui causer un malaise, ou de la pousser à prendre le premier avion disponible vers Dieu sait où. Je sentais bien qu’elle m’en voulait de lui demander ça, mais pourquoi ne l’aurais-je pas fait ? Je n’avais plus rien à perdre. « Bon. La Saint-Valentin est dans quoi ? Une semaine à peine ? Si je te promets de lui en parler ce jour-là, tu crois que tu pourrais tenir une petite semaine ? » Allez, avec son don pour le surmenage ça ne devait pas être chose impossible. J’osais une moue suppliante, regard écarquillé, bouche en coeur et mains prête à prier. Toute la panoplie du mari désespéré. Tant pis si je ne faisais que l’agacer. Je venais tout de même de renoncer à ma règle d’or : ne pas lui dévoiler mes véritables intentions envers Amanda. Lui jurer que je ne lui voulais aucun mal était une chose, lui avouer même à demi mot que je comptais la surprendre pour la Saint-Valentin en était une autre.
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