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(ethan & helga) + friends are medicine for a wounded heart, aren't they?

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hello darkness, my old friend, i've come to talk with you again.

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() message posté Mar 7 Mar - 0:48 par Helga S. Lindholm
@ethan i. hemsworth & @helga s. lindholm + friends are medicine for a wounded heart, aren't they?
Nous étions en tout début d'après midi. Je pianotais nerveusement l'accoudoir de la chaise à roulette où j'étais installée, attendant patiemment la fin de mon temps de travail. Il ne restait plus que quelques minutes. Encore quelques instants, et je pourrais partir. Je terminais de passer en revue l'inventaire des dernières acquisitions du musée, songeant rêveusement à l'après midi qui s'offrait à moi. Non pas qu'il allait se passer quelque chose d'extraordinaire, mais j'étais une de ces personnes qui savait se contenter des petits bonheurs. Lorsqu'on a connu tant de chagrin, le moindre petit rayon de soleil dans sa vie peut donner le sourire. C'est ce que m'apportait Ethan, en autre. Je ne le connaissais que depuis quelques mois, et notre relation était pour le moins atypique. En effet, il était mon psychologue, du moins, à la toute base. Maintenant, je le considérais d'avantage comme un ami. Est-ce que c'était courant de prendre son thérapeute pour un ami proche ? Peut-être étais-je une de ces vieilles folles qui, au bout d'une discussion avec une personne, apparente la relation avec cette dernière comme de l'amitié ? Non, c'est bien plus que ça. Ethan et moi étions amis, je partageais ses peines comme il partageait les miennes. Et cet après-midi, il allait venir avec sa fille pour faire une visite du musée. Je lui avais proposé ça, un peu sur un coup de tête je dois l'avouer, lors de notre dernière séance ensemble. C'était la première fois que je voyais Ethan en dehors de son cabinet. J'avais cette sensation à la fois d'excitation, mais aussi de crainte. Et s'il me trouvait assommante ? Mais cela pourrait être pire encore, si c'était sa fille qui se mettait soudainement à bailler d'ennui devant moi.


✽✽✽


Après m'être longuement perdu dans mes pensées, j'ai finalement regardé l'heure qu'il était sur ma montre, avant de me rendre compte que je pouvais enfin m'en aller. Un petit soupire de soulagement s'échappa de ma bouche, tandis que je refermais le gros porte-document. Je m'entreprit ensuite de le ranger dans l'un des tiroirs, sous le bureau en bois qui se trouvait devant moi. Je me levais ensuite, passant mes mains sur mon chemisier afin d'en faire disparaître les plis disgracieux. La chemise que je portais était une de mes favorites ; d'un blanc éclatant, elle remontait jusqu'en haut de mon cou, habillant ce dernier d'un joli col en dentelle noire. Les boutons de pressions alignés verticalement au centre étaient d'un raffinement tel qu'on pouvait aisément deviner qu'il s'agissait d'un vêtement de marque. J'étais loin de rouler sur l'or, mais comme toutes femmes qui se respectent, j'aimais les jolies choses, et par dessus tout, les beaux habits. A ce moment-là, je me sentais à l'aise ; Le pantalon noir que j'avais accordé avec mon haut épousait parfaitement mes formes, et lorsque je croisais mon regard dans un miroir avant de quitter la pièce -arrangeant par la même occasion le chignon négligé que j'avais tant bien que de mal tenté de peaufiner le matin-même- je me fis la réflexion que j'avais plutôt bonne mine aujourd'hui. Cela ferait sûrement plaisir à Ethan de me voir ainsi, lui qui avait le plus souvent l'habitude de me voir dans des états lamentables.


✽✽✽


Enfilant mon long manteau noir, je quittais le bureau quelques instant plus tard. Je marchais au pied de course, le bruit de mes talons raisonnant dans les longs couloirs du musée afin de rejoindre la sortie de ce dernier. J'espérais pouvoir fumer une cigarette avant qu'Ethan arrive avec sa fille, ce qui me ferait le plus grand bien. Apercevant au loin la grande entrée du British Museum, je sortais avec empressement un mégot de son paquet et mon briquet. A peine avais-je un pied à l'extérieur, que la cigarette avait déjà rejoint mon bec. Je me recroquevillais légèrement afin de l'allumer, puis finis par expirer de bien-être face à la sensation de soulagement que me procurait ces brèves moments pourtant si mauvais pour la santé. Le soleil avait fait son apparition dans le ciel, et même si l'air était encore frais, je sentais sa douce chaleur se répandre sur ma peau exposée. Je l'observais brièvement, mes yeux se plissant face à son éblouissement.


✽✽✽


Quelques minutes plus tard, je rentrais à nouveau dans le musée, les mains plongées dans les poches de mon manteau. Je finis par en sortir mon téléphone portable, regardant si je n'avais pas reçu de messages. Ne voyant rien de spécial s'afficher sur l'écran, je finis par me diriger vers l'accueil. Ethan et sa fille ne devraient plus tard à présent, me disais-je tout en observant le cadran de ma montre. Je regardais les gens aller et venir, la plupart avec un large sourire aux lèvres. Un léger rictus se dessina sur les miennes alors que mes yeux s'étaient arrêtés sur un groupe d'enfant ne dépassant pas les cinq ans. Ils semblaient émerveillés par ce qu'ils voyaient autour d'eux, et tout excités à l'idée de visiter les lieux. Mes pensées se dirigèrent vers mon fils durant un court instant, où mon sourire s'estompa à mesure que mon esprit s'y perdait. Je fus cependant vite ramener à la réalité par une voix à la fois agaçante et stridente. « Alors Helga, tu fais des heures supp' aujourd'hui ? J'te croyais déjà partie moi. » C'était une des hôtesses -ou devrais-je dire, mégères- de l'accueil, qui venait de m'adresser la parole. Levant sans retenue les yeux au ciel, je me tournais vers elle, un air blasé sur le visage. « Non, j'attends quelqu'un, c'est tout. » Le ton que j'avais employé, froid et distant, laissait clairement entendre que je ne souhaitais pas poursuivre cette conversation. Pourtant, la jeune femme, cheveux blonds étincelants et sourire parfait ancré sur le visage, n'avait apparemment pas l'intention de s'arréter là. « Ah oui, quelqu'un ? Tu m'intéresse là, c'est qui ? » Demanda-t-elle, ses dents mastiquants avec peu d'allure un chewing-gum rose. Un sourire hypocrite se dessina à mon tour sur mes lèvres, et je m'approchais d'elle avec élégance et prestance. « Excuse-moi... Ashley, c'est ça ? Je n'ai pas eu l'impression que toi et moi partagions ne serait-ce qu'une once d'affinité pour que je me sente obliger de me confier à toi, alors si tu te contentais plutôt de retourner travailler, hein ? » La jeune femme blonde, un regard exprimant une déroute certaine, se mit à bégayer une réponse inintelligible, que je ne pris pas la peine de relever. Je me contentais simplement de savourer ma victoire. Je m'appuyais contre le comptoir de l'accueil, envoyant le coup de grâce, devant les yeux ébahis d'Ashley et de ses collègues. « Et tu me feras le plaisir de jeter ce chewing-gum, on dirait une chèvre en train de mastiquer de l'herbe. » Chose que la jeune femme s'empressa de faire, avant que je ne tourne les talons, marchant un peu plus loin. Je n'eus que très peu de temps pour savourer le fruit de ma répartie, puisqu'au milieu de l'immense entrée du musée, se dessinait une silhouette que je reconnaitrais entre mille. Ethan arrivait enfin. Je m'empressais de le rejoindre, la même prestance m'animant que celle avec laquelle j'avais quitté les hôtesses d'accueil. A la hauteur du trentenaire, je finis par dégainer un large sourire, ne contenant pas mon enthousiasme. « Salut Ethan ! » Je dirigeais ensuite mon regard plus bas, mon sourire s’agrandissant un peu plus. « Coucou toi ! Tu dois être Ava, ravie de faire ta connaissance jeune fille ! » Je relevais enfin les yeux vers mon ami. « Alors, comment tu vas ? Prêt pour en prendre plein la vue ? »



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Guyliner.
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() message posté Sam 29 Avr - 3:39 par Ethan I. Hemsworth

 the wounded hearts
Helga & Ethan
I once shone but now I'm old, give my secrets up like gold. There's a fire beneath my feet. Lights the longest losing streak. I just can't get peace of mind. There's a piece that I can't find. So what if I run ? Where would I run to ?

Un jean, un t-shirt, une chemise et un cuir. Ce n’est pas censé être compliqué. Pas pour moi. Je suis abonné au jean et au blouson de cuir depuis mes dix-sept ans. Je pourrai bien venir au travail en vieux pull du dimanche, qui s’en foutrait puisqu’on m’oblige à porter une blouse blanche ? Et je la porte, cette horreur, tel le bon petit travailleur éthique et responsable depuis que mon assistante guette le moindre faux pas pour me faire la peau. J’aime les belles fringues, l’odeur du vrai cuir, celui qui a vieilli comme un bon malte. Mais depuis que j’ai quitté le monde de la finance, chaque matin m’offre un bonheur nouveau : ne pas enfiler de costume. Je me demande pourquoi je n’ai pas encore brulé mes cravates dans un rituel satanique. Après tout, qu’est-ce qui me retient ? Je vis seul. Personne ne me jugera pour mettre le feu à quelques bouts de tissus balancés dans une poubelle. Ce matin pourtant, je suis resté des plombes planté devant ma penderie à effleurer quelques vestiges de ma vie d’homme d’affaire. Des vestes et des gilets de costume aux tissux nobles. Tout ce cirque pour ne pas faire tâche aux côtés d’Helga. C’est qu’elle a de l’allure Helga. Une prestance digne d’une lady de l’époque victorienne. Parfois, j’ai l’impression qu’elle sort d’un vieux film culte, héroïne d’un chef-d’oeuvre Hitchcockien. Elle m’a vu dans mon gros sweet du dimanche. Celui avec le col roulé qui donne la douce illusion d’être encore au chaud sous la couette, recroquevillé dedans et protégé du monde extérieur. Ridicule, je sais. Pourtant je me suis obstiné, passant toute les vestes en revue. Une fois le dilemme de la veste parfaite résolu, vint le tour de la chemise. Très important la chemise, il faut choisir le bon ton, suffisamment neutre sans être fade, puis du veston, sans hésitation assorti à la veste. Et ce foutu cinéma a recommencé pour le pantalon. C’est seulement rendu à cette étape que j’ai décidé d’arrêter d’être con, gardant mon fidèle blue jean. Une paire de chaussures de ville marron, parce que ça rend bien avec le bleu sombre de l’ensemble, enfin je crois, et j’estimais enfin pouvoir faire le coq devant la nordique.

Helga Lindholm. Un enfant. Décédé. Voilà, c’était tout. Trois mots pour la mort d’un enfant dans un dossier de la taille d’une pochète en papier fin pleine de poussière. D’accord. La poussière, c’était entièrement de ma faute. J’avais laissé une pile de petites pochettes comme celle-ci s’entasser sur un coin d’étagères sans y jeter un oeil, parce que, de tous les noms qui y figuraient, très peu s’étaient manifestés jusqu’à moi. Ce nom là était spécial. S’il prenait la poussière dans un coin, c’était parce que je voulais qu’il en soit ainsi. Pendant très longtemps, je n’avais pas eu le courage de la prendre, de l’ouvrir, même si j’avais compris depuis un moment ce que je trouverai à l’intérieur. J’avais pu formuler ces quelques mots dans ma tête bien avant d’avoir ce maigre dossier en mains. Je savais que le lire, pourtant, rendrait ces petits mots réels. Trois mots qui auraient pu figurer dans un dossier identique avec mon nom inscrit à la place sur l’étiquette. Ethan Hemsworth. Un enfant. Décédé. Les mots se mêlaient à la lecture. Le H. Le E. Chaque fois je lisais mon propre nom. C’était fatal. Contrairement aux autres dossiers entassés, celui-là n’était pas la digne succession de mon prédécesseur, pas non plus un patient qu’il avait emporté avec lui en quittant l’hôpital. C’était un nouveau dossier, de maigres informations que j’avais exigées pour comprendre qui m’avait recommandé auprès de cette femme endeuillée, et pourquoi. Après chaque séance avec elle, je regardais cette feuille d’un air grave, celui d’un homme en pleine réflexion dramatique, intense, alors qu'en réalité mon esprit se vidait. Cet enfant n’avait pas de nom, pas d’âge, pas de personnalité. Il était inscrit sur ce bout de papier parce qu’il constituait un motif à des années de suivi psychologique pour la femme l’ayant mis au monde. De tous les hommes, de toute les femmes susceptibles de franchir ma porte, il avait fallu que ce soit cette femme qui entra, entreprit la démarche de prendre rendez-vous avec moi, parce qu’on m’avait recommandé, parce qu’elle m’avait choisi. Alors elle avait débarqué une première fois, l’absence dans les yeux que portent les gens en deuil, le chagrin enfoui précieusement au fond de son coeur comme dernière compagnie. Je n’avais encore rien demandé, rien lu, lui ouvrant la porte de mon cabinet de façon machinale. Pourtant j’avais su, ses yeux parfait miroir des miens, plein de larmes qu’elle ne pouvait me cacher, parce que les mêmes menaçaient de couler de mes propres yeux chaque jour que Dieu faisait. Si je n’avais pas encore compris, l’illumination m’aurait frappé à la minute où son regard bleu de glace s’était posé sur les dessins d’enfants envahissant fièrement les murs autour de nous. « Quoi ? Vous n’aimez pas l’art ? » Je crois qu’elle avait souri sans le vouloir, le mot art réchauffant instantanément le bleu de ses yeux malgré la pire entrée en matière qui soit. Quelque chose de piquant dedans m'interpella, quelque chose de supérieur, qui refusait de considérer des gribouillis d'enfant comme de l'Art mais qui comprenait la tendresse dans mes propos. Et elle l’avait-elle vue ?  La source de larme intarissable derrière mes iris d’une teinte semblable aux siennes ? Avait-elle remarqué que leurs couleurs s'étaient elles aussi éteintes ? Ou bien l’aplomb de ma remarque avait fait diversion ? « Celui-là est de mon frère. » Elle l’avait repéré très vite, alors j’avais précisé, content qu’il ne sorte pas du lot seulement pour moi. Alors on a parlé art. C’est ainsi que j’ai rencontré Helga. C'est ainsi que la glace a fondu tout doucement. J’ai l’impression qu’on n’a jamais cessé de parler depuis. 

Je ne me privais pas non plus de me pavaner dans la rue jusqu’à l’école de ma fille. Ni devant la majorité de mères attendant à la sortie. Jouer le mâle solitaire, objet de curiosité de ces dames, balancer le sourire confiant du papa du mercredi en pariant sur laquelle oserait me demander qui est la maman ? en premier, mon petit plaisir de la journée. Je les imaginais s’attrouper autour d’Amanda en quête de potins dès le lendemain et j’étais fier. Vivre seul me faisait apprécier les plaisirs simples de la vie. Oui, c’est ironique. « Paaa… pa ? » …? Ah. oui. J’oubliais, parfois, qu'elle était si petite du temps où nous visions à Sidney, que je rentrais si tard le soir, déjà dévêtu de mes apparats d’homme important et respectable. La surprise ne l’empêcha pas de courir jusqu’à moi. « Il est pas beau, ton papa ? » La taquinai-je d’un grand sourire à l’évidence déjà convaincu de mes charmes. « Si. » J’attendais… Encore un petit effort… « T’es plus beau que les autres papas. » Ah. Voilà qui est mieux. Le jour viendrait où je pourrai me brosser. « On y va ? C’est bien aujourd’hui ? » « Oui, Helga nous attend. » Apparemment, le programme de notre après-midi l’enthousiasmait autant que moi. Pas n’importe quel programme en effet, une visite du Musée d’histoire naturelle, le fief de mon amie Helga. J’avais parlé d’elle à Ava comme d’une amie très spéciale qui gardait tous les trésors de la terre dans son Musée. Ouais, j’avais bien vendu la chose. Pas de risque, je savais qu’avec elle je ne craignais rien en sur-vendant l’expédition. Elle était un puy de connaissances intarissable, ma fille curieuse de tout.

Ses yeux du même bleu que les miens, d’abord gênés quand je coupai la file d’attente à l’entrée sans aucune hésitation, puis rieurs en passant devant tout le monde m’enchantèrent. A force de passer à l’improviste, j’avais pris l’habitude d’entrer sans qu’on ne me demande rien, habitude bien trop agréable. Aussi, je n’eus pas besoin d’avancer bien loin dans le hall ni de chercher notre guide des yeux très longtemps. « Et tu me feras le plaisir de jeter ce chewing-gum, on dirait une chèvre en train de mastiquer de l'herbe. » Pas de doute, c’était elle. Le rire de ma fille éclata, surprise par l'écho de sa voix raisonnant dans la grande salle. « On dirait toi quand tu parles à Eddie. » J’étouffais un rire à sa remarque. Visiblement, l’art de la répartie me rapprochant de mon amie n’échappait à personne. Je la vis très vite arriver jusqu’à nous, remarquant instantanément la blancheur éclatante de son chemisier. Très chic, comme toujours. Je ne regrettais pas ma tentative de costume. « Salut Ethan ! » Je lui souris d’un sourire aussi éclatant que sa chemise, cherchant un compliment à lui formuler pendant qu’elle saluait Ava. « Coucou toi ! Tu dois être Ava, ravie de faire ta connaissance jeune fille ! » « Moi aussi madame. » Aucun doute, l'aura de la "madame" opérait sur ma fille, apparemment impressionnée. Mais, comme elle tenait de son père, pas assez pour avoir la langue coupée. « Papa m’a dit que c’est toi la chef du Musée, c’est vrai ? C’est vraiment toi qui garde tous les trésors ? » J’haussai un sourcil interloqué en direction de ma fille. Depuis quand remettait-elle ma parole en doute ? Le temps de ma parole souveraine était-il déjà révolu ? Reportant mon attention sur la gardienne des trésors, je la gratifiais d’un sourire faussement innocent. « T’as vu ça, je t’ai bien vendue. Tu as la pression. » Mes yeux devaient pétiller autant que ceux d’Ava. « Alors, comment tu vas ? Prêt pour en prendre plein la vue ? » Nous nous regardions Ava et moi, hochant la tête. Deux gamins pressés. « Très bien. Je te suis aveuglément. » Nous étions mercredi. Mercredi était déjà un jour joyeux en lui-même car c’est ma journée hebdomadaire avec ma fille. Ce mercredi là était plus spécial que les autres encore. Je le passais au Musée avec ma fille et Helga. Alors, pour une fois, mon très bien était sincère. « Tu as bonne mine, ça fait plaisir à voir. » Si elle m’avait déjà vu dans mes habits décontractés des jours moroses, je l’avais vue les yeux coulants de chagrin, cernés d’un violet maladif, les cheveux ébouriffés à force de passer ses doigts nerveusement dedans. Là, elle rayonnait. Le regard vif et le chignon impeccable. Je trouvais important de le lui dire. « Tu voyais pas un psy ? Il doit être doué. » Je ne résistai pas à l'envie de me vanter au passage. Le compliment m'apparaissait plus naturel ainsi, même les lèvres pincées pour essayer de garder un semblant de sérieux et les yeux fuyant le courroux de la brune. Une pression se ressentit sur mon bras. Ava tirait dessus, déterminée à nous faire avancer.
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() message posté Lun 10 Juil - 2:17 par Helga S. Lindholm
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À vrai dire, difficile de rater l'entrée de mon ami sur mon lieu de travail. Et je pense qu'au moment où je le rejoins d'un pas aussi déterminé qu'enjoué, la plupart des dames et demoiselles autour de nous ont dû me lancer un regard noir, envieuses. C'est la première fois que je le vois aussi élégant, et je dois avouer que je me sens chanceuse d'être accompagnée par un si bel homme en cette journée. Non pas que je cherche à draguer Ethan, non ça, ce n'est même pas une chose auquel je songe ; Ethan est mon ami, l'un des plus précieux que j'ai à Londres. Je ne risquerais pas un seul instant de tout perdre pour répondre avidement au péché de la chair. Et puis de toute manière, le brun ténébreux et bien trop occupé avec ses propres histoires de cœur en ce moment. Mais tout de même, l'idée de faire enrager dans leur coin mes collègues de travail me fait jubiler. Combien de fois ont-elles murmuré dans mon dos que je n'attirerais même pas un ivrogne jusqu'à mon lit avec mon sale caractère et ma garde-robe tout droit sortie de l'époque victorienne. Aujourd'hui, même si l'avis des autres ne m'intéresse guère, j'ai tout de même de quoi leur faire fermer leur clapet ; c'est tout de même une petite victoire personnelle. Ou juste par pure charognerie, peut-êre. Mais je n'ai pas invité mon ami à me rejoindre au musée pour cette raison. À la base, c'est exclusivement pour passer un après-midi avec lui et sa fille, que je n'ai jamais vu de chair et d'os jusqu'à présent ; seulement en photo, ou lors de récit trépident raconté par Ethan. Le British Museum semble être l'endroit idéal pour passer un bon moment et briser la glace avec elle ; Parce que oui, c'est comme un besoin essentiel, j'ai toujours envie de me faire apprécier des enfants. Et je pense qu'il n'y a pas à chercher très loin pour comprendre pourquoi. Manque affectif dû à la perte d'un être cher, me soufflerait Ethan le psychologue. Pas l'ami bien évidemment.

Arrivée à leur hauteur, je les salue, et je souris surtout. Le genre de sourire sincère et bienveillant qu'on ne voit pas souvent sur ma figure entre ces murs ; certains de mes collègues se souviendront de ce sourire en le voyant aujourd'hui à mes lèvres comme l'écho d'un temps aujourd'hui révolu où tout était plus simple dans ma vie. Mais ces collègues-là se comptent sur le doigt d'une main, la plupart étant arrivé bien après le drame en question. À présent au musée, je n'offre que des sourires polis, sans goût ni saveur. Pourtant je l'aime ce travail, mais je ne peux pas non plus faire semblant que tout va bien, ni prétendre vouloir me faire aimer des autres, puisque ce n'est pas le cas.  « Moi aussi madame. » Nul doute que la petite fille m'offre une réponse sincère ; après tout quand on connait son père, on sait que ce n'est pas dans les moeurs de la famille de ne pas être franc. Alors ça me fait chaud au cœur. Et je souris de plus belle en réponse, exposant au grand jour ma dentition régulière. « Papa m’a dit que c’est toi la chef du Musée, c’est vrai ? C’est vraiment toi qui garde tous les trésors ? » L'air interloqué de mon ami ne m'échappe pas, et je ne peux m'empêcher de m'exprimer d'un rire léger en les regardant tous les deux. Heureusement que le vrai « chef du Musée », aussi appelé le conservateur général, n'est pas à côtés de nous, il ne serait pas content d'entendre ça. Mais puisqu'il n'est pas présent avec nous, autant en profiter et jouer le jeu. « C'est exact. Mais les plus gros, je les garde dans un endroit très spécial. Et si tu es sage, je vous y conduirais peut-être toute à l'heure.  » Ai-je alors répondu d'une voix douce, me penchant vers elle et exécutant un clin d'oeil à la fin de ma phrase. Puis je me suis relevée à la hauteur d'Ethan, posant une main sur mes hanches. « T’as vu ça, je t’ai bien vendue. Tu as la pression. » Je dois dire que jusqu'ici on ne m'avait encore jamais appelé « Chef du musée », et je n'avais jamais avouer posséder moi-même les trésors de celui-ci. Peut-être que d'ici une dizaine d'année, je pourrais prétendre à ce haut titre, lorsque j'aurais grimpé les échelons, seulement pas aujourd'hui. Mais à l'âge d'Ava, on a encore une forme d'innocence qu'il faut savoir préserver, et je n'allais pas l'encombrer d'un jargon ennuyeux pour rétablir la stricte vérité. Je souris en retour à mon ami, haussant les épaules et esquissant un air espiègle. « Quelle pression ? Tu n'as dit que la stricte vérité à ce que je vois.  » Ai-je ajouté d'un ton ironique.

Nous commençons à avancer doucement vers l'une des nombreuses salle du musée. Il est clair que nous ne pourrons pas tout faire aujourd'hui, l'endroit est tellement vaste. Le bâtiment est constitué de plusieurs étages avec beaucoup d'expositions différentes. Mais j'ai déjà mes idées sur les salles que j'allais leur faire visiter cette après-midi. Alors nous marchons, tandis qu'Ethan m'exclame qu'il me suit aveuglément à présent. Un sourire ravi reste planté sur mes lèvres, et ne semble pas vouloir se dissiper. Ethan, c'est le genre d'ami qui me fait oublier le temps de quelques minutes, quelques heures, toutes mes angoisses et mes souffrances. Au début, je pleurais dans ses bras, extirpant ma douleur contre son torse sous forme de grosses larmes salées. Maintenant je ris à ses côtés, et j'en oublie de regarder ma montre parfois tellement je m'y sens bien. Je le regarde, admirative, lui marchant en toute confiance avec sa fille. Et encore une fois, je me sens chanceuse d'être là, à côtés d'eux, et pas quelques mètres plus loin, envieuse de ne pas les connaître, de ne pas faire partie de leur vie et de contribuer à rendre leur vie meilleure.« Tu as bonne mine, ça fait plaisir à voir. » Finit-il par me dire alors qu'on échange un long sourire tous les deux. C'est vrai qu'aujourd'hui, je vais bien. J'en aurais presque rougis, si seulement je rougissais. Ce n'est pas le cas, et en plus, je n'ai pas de quoi me sentir gênée ; c'est le compliment sincère d'un ami à un autre ami.  Je me contente de sourire à pleine dent à présent, et de baisser les yeux sur l'accoutrement de mon interlocuteur, prête à rebondir là dessus. Mais Ethan me coupe dans mon élan, ajoutant un instant plus tard « Tu voyais pas un psy ? Il doit être doué. » Je ne peux m'empêcher de rouler des yeux, puis de rire. Il n'en manque pas une pour se vanter, Ethan. Mais il a raison, c'est en grande partie grâce à lui que ça va mieux. Je sais pas dans quel état je serais aujourd'hui si je n'étais pas allée le voir ; probablement allongée sur mon lit, entouré d'un gros tas de mégot et de bouteilles d'alcool, le regard vide et le teint morose. Je ne dis pas que je vais bien tous les jours à présent, mais il y a une amélioration par rapport au temps où ça n'allait jamais. Mais ça, ce n'est pas un fait qu'on peut facilement m'extirper de la bouche. « Je dois avouer qu'en plus d'être très élégant avec une chemise, il s'en sort pas trop mal dans son travail. Mais ne lui répète pas surtout, il trouverait un nouveau moyen de s'en vanter.  » Ai-je répondu d'un ton sarcastique. Puis Ava s'est empressé de tirer le bras de son père, apparemment encore plus impatiente que nous deux de voir ce que renferme le musée. On échange un regard complice avec Ethan après avoir détourné les yeux tous les deux vers sa fille, puis nous décidons d'avance enfin vers la première salle ; je leur fais prendre directement les escaliers vers le troisième étage, mon préféré et de loin.

On arrive dans un petit couloir qui nous mène jusqu'à un très long couloir, celui de l'exposition sur l'Ancienne Egypte. Il y a d'innombrables statues, représentation de hiéroglyphes, mais aussi de momies et de cercueils. L'époque égyptienne, c'est une période qui me passionne, sûrement parce qu'elle est vraiment différente des autres, et qu'elle a encore beaucoup de chose à cacher. Alors je tenais à commencer par cette partie-là. « Ici on est dans la partie consacré à l'Egypte Ancienne. Le début de cet ère est estimé à environ -3150 avant Jésus Christ, jusqu'à à peu près 30 avant ce dernier, lorsque les romains ont fait la conquête de l'Egypte. C'était il y a très longtemps donc.  » Ai-je commencé à dire en faisant face à Ethan et Ava tout en souriant, m'improvisant guide pour l'après midi. J'essaye cependant de simplifier cette visite au maximum pour la petite fille, afin d'éviter de la perdre dans de trop vastes ou ennuyeuses explications. « Dans cette civilisation, on appelait les rois des « pharaons ». Il y a eu entre autre Ramsès II, ou Cléopâtre VII. Les Egyptiens ont laissé de nombreux vestiges du passé le long d'un fleuve qu'on appelle le Nil, tel que les pyramides, des tombeaux et des temples dédiés à leurs dieux, qui étaient très différents des nôtres d'ailleurs.  » Je continue un petit moment mes explications, avant de me marcher le long du couloir. On se dirige directement vers la statue immense qui surplombe la pièce. « C'est une représentation de Ramsès II. C'est le plus célèbre des souverains sous l'Egypte Antique. Il a régné environ soixante-six ans, ce qui était remarquable à l'époque. Pour la petite anecdote, Ramsès II était roux, et était atteint d'une maladie qui fait qu'à la fin de sa vie, il était un peu comme le bossu de notre dame. Mais ça a été un redoutable soldat tout de même.  » Ai-je ajouté tout en regardant la grande statue du pharaon. On continue un long moment ainsi, alternant les statues et les hiéroglyphes. J'essaye d'apprendre à Ava certaines des significations de ces derniers pour qu'elle puisse de la péter en classe plus tard. Puis on arrive vers la fin du couloir, là où se dresse de nombreuses momies encore bien embaumés dans leur bandages. « L'une des particularité de l'Egypte Antique a été la momification. On ne retrouve pas ce genre de coutume dans beaucoup de civilisations. Les égyptiens faisaient ça dans le but de conserver le corps des morts le plus longtemps possible. Ils croyaient en l'immortalité en quelque sorte. Une fois qu'ils avaient momifié le corps d'un défunt, ils le plaçaient dans des sarcophages. Même les animaux étaient momifiés parfois.  » Nous observons un moment les momies, mais pas trop longtemps, Ava est jeune tout de même, je ne voudrais pas qu'elle fasse des cauchemars ; certaines de ces momies ne sont pas rassurantes. La visite de cette partie nous prend en tout une bonne heure, le temps de bien tout regarder. Une fois que le couleur fut parcouru en long, en large et en travers, je jette un œil à ma montre, et m'exclame d'un ton enjoué. « Vous avez une petite faim ? Parce qu'il y a le « Great Court Restaurant » juste à côté. Il vaut vraiment le coup d'oeil, et ils font d'excellentes glaces, je les ai moi-même toutes testé.  » Me suis-je alors exclamé en adressant un sourire complice à Ava. « Après si vous voulez, je vous montrerais un de mes nombreux trésors caché. Je suis sûre qu'il vous plaira à tous les deux.  » Ai-je conclu dans un murmure, adoptant un air faussement mystérieux, tout en faisant les gros yeux pour les impressionner. À ce moment-là, je me sens parfaitement à l'aise et détendue, comme si je suis exactement à l'endroit où je suis supposée être.



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