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we don't have to rush when you're alone with me / theanna

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message posté Mar 21 Mar - 21:30 par Hanna W. Stafford

♢♢♢
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you don't have to run, I know what you've been through /

Une douce odeur de sauce s'émanait de la casserole, alors qu’Hanna découpait avec dextérité une tomate. Les tranches étaient parfaitement tranchées fines. Des gestes qu’elle connaissait, qu’elle avait appris à maîtriser au fil du temps. Ses études de médecine et son travail de chirurgienne, étaient loin derrière elle, maintenant. Elle avait troqué la blouse blanche contre un tablier, contre une vie de famille. Un choix qu’elle assumait pleinement, qu’elle ne regrettait. Son regard se tourna au dessus de son épaule, et se posa sur deux silhouettes familières qu'elle pouvait apercevoir depuis sa position dans la cuisine. La télévision était allumée, mais un duo de rires capta son attention. Deux chevelures identiques et clairsemées dépassaient, et un sourire se dessina sur ses lèvres. Theo ne s’asseyait que rarement sur le sol. Parce que n’était pas hygiénique, pas propre, personne ne devrait le faire, surtout pas lui, pense aux microbes Hanna. Mais pour lui, pour leur fils, pour passer du temps avec, pour jouer, il faisait ce sacrifice. Elle reporta son attention sur sa préparation. Ses talents de cuisinière s’étaient améliorés, et sa spécialité était devenue les pâtes à la bolognaise. Un calme et une sérénité vibraient dans ses veines. Elle continuait de trancher, encore et encore, par automatisme, dans le vide. Son front se plissa, alors que ses gestes ne s’arrêtaient pas. Le couteau qu’elle tenait fermement dans sa main disparut. Les lumières, si fortes, devinrent tamisées. Les rires s’étaient tus. Une étrange sensation s’empara d’elle, remonta le long de son dos et la fit frissonner. Elle se tourna, prenant la direction du salon. Le parquet grinça sous ses pieds. « Theo ? » S’enquit-elle, doucement. Sa voix résonnait. Son regard scanna la pièce, alors que son pouls s’accéléra. Elle n’entend plus que lui, dans ses oreilles, dans ses tempes, au bout de ses doigts. Quelque chose n’allait pas. Elle continua de s’avancer, plissant légèrement les yeux face à l’obscurité, jusqu'à ce que ses orteils plongent dans un liquide chaud et épais. Du sang. Noir. En abondance. Un hoquet de surprise s’échappa d’entre ses lèvres. L’enfant, leur fils, jouait dans cette mare de sang. Ses petits doigts potelés s’agitaient et remuaient le liquide. Il humait une chanson, une comptine apprise à la crèche. L’air quitta ses poumons, et un cri déchira sa gorge, quand ses yeux se posèrent sur Theodore. Sur son corps, souillé par le sang. Sur ses yeux bleus, ouverts, sans vie. Il ne bougeait pas, ne respirait pas.
Son cœur s’emballa. Il battait de plus en plus vite.
Son souffle s’arrêta presque.
Sa vision se troubla.
Puis le néant.
Elle ouvrit les yeux, se redressant subitement dans son lit. La sueur perlait sur son front. Elle haletait, cherchant désespérément de l’air. Toujours plus d’air. Sa main se posa sur sa poitrine vibrante. Elle tourna la tête pour regarder Theo, vivant, avant de se lever pour aller jusqu'au balcon attenant à la chambre. Il fallait qu’elle sorte, qu’elle prenne l’air. Des qu'elle fermait les yeux, tout ce qu’elle pouvait voir, c'était corps sans vie de Theo, le vide dans ses yeux. La fraîcheur extérieure caressa la peau nue de ses jambes et de ses bras. Une vague de frissons lui parcourut le corps, mais la sensation était la bienvenue. Sa peau était encore humide, comme fiévreuse, alors ça lui faisait du bien. Tellement de bien. Hanna avait l’habitude des cauchemars. Après la mort d’Ethan, elle ne passait pas une nuit sans en faire. Il avait hanté ses nuits pendant des mois, et des mois. Ces cauchemars rythmaient son quotidien, pendant un moment. Puis ils avaient fini par s'atténuer, avec le temps. Comme tout le reste. Elle rentra finalement, le froid difficile à supporter si peu vêtue. Si certains jours, la température était plus clémente et plus douce, les nuits n’en restaient pas moins fraîches. Londres était toujours Londres. Elle s’adossa contre le mur près de la baie vitrée, les mains enroulées autour de ses biceps. Theo était réveillé, il la fixait. Ses yeux brillaient, une lumière provenant des immeubles voisins captait ses pupilles. C'était une vision qui la soulageait, rassurait. Ses yeux brillaient. Hanna croisa son regard, avant de se racler la gorge. « J’ai rêvé que t’étais mort, » souffla-t-elle, brisant le silence qui régnait dans la pièce.
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# Re: we don't have to rush when you're alone with me / theanna
message posté Mar 21 Mar - 23:35 par Theodore A. Rottenford

in her dream i know i am falling. but there is no up or down, no walls or sides or ceilings, just the sensation of cold and darkness everywhere. when i open my mouth, nothing happens and i wonder if you fall forever and never touch down, is it really still falling? i think I will fall forever. Je respirais son parfum sur les draps. Nos doigts s’étaient détaché un instant, voltigeant entre les plis du tissu. S’aimer du lit jusqu’à la tombe. S’apprivoiser un moment, enivrés par le corps à corps intense entre l’aigle irlandais et la colombe de Bristol. Je refusais de songer à nos rencontres – de nommer les objets du désir qui animait cette pensée. La vérité était une illusion que j’avais oublié de croire. Je souffrais dans la morosité des hivers londoniens car la volonté de puissance avait brisé mon idéal. Je soupirais en enfonçant ma tête dans l’oreille. Mon sommeil était léger, perturbé par les cheminements des images de Belfast. Le clan m’avait déchu en m’offrant le trône. Babi m’avait abandonné pour ne plus me voir partir. Avant que je ne succombe entre les cuisses d’une autre. Avant que je ne lui tourne le dos. Notre promesse s’était évanouie sur les rivages mousseux de la mer du Nord. Je sentais la houle s’élever dans mon esprit. Le mépris et la rivalité avaient fini par s’installer entre nous. Peut-être que la moitié seconde de mon cœur, voulait dominer à son tour. Ma vanité prenait les traits d’une brune sulfureuse. Elle s’émancipait loin de mon bon vouloir, des règles imposées par ma politique hargneuse. Je soupirais en grommelant une injure irlandaise. Le temps au temps. La mort aux traitres. Les paroles de Hanna tournoyaient autour de ma tête. Et si Babi était impliquée dans le trafic de drogue ? Il fallait la tuer et mourir après. Il fallait la punir et souffrir de ses chimères pour toujours. Je fronçai les sourcils sans parvenir à me réveiller. Ma conscience était suspendue entre les ombres de la nuit. Je n’avais pas senti les sursauts de Hanna, ni le mouvement brusque qui l’avait propulsé sur le balcon. Une douce brise était tombée sur mon visage. Les émotions s’épandaient sur mes paupières. La porte de la baie vitrée grinça légèrement, et je me redressai en ouvrant le tiroir de ma table de chevet. Mon arme n’était jamais là. Je pressai le canon contre ma paume avant de discerner la silhouette de mon amante. Sa démarche était vacillante entre les meubles de la chambre. Elle frissonnait en arborant une expression grave et sérieuse. Je me levai afin de la rejoindre contre le mur. Le canon était chargé, mais seuls mes doigts vibraient contre l’acier. « J’ai rêvé que t’étais mort, » J’arquai un sourcil, presque amusé par son affirmation. Je ne pouvais pas mourir – Il y avait beaucoup de choses à accomplir. Je déposai mon revolver sur le rebord afin de me pencher sur son regard. Ses prunelles pétillantes, sublimaient l’espace morne. Elle s’inquiétait à cause de la mafia. Mais j’avais survécu pendant trente-quatre ans. Ma mère était une méduse redoutable, une créature dont la chevelure était faite de serpents. Je savais qu’elle me protégeait. La famille me protégeait. Nos perceptions étaient différentes. Nos représailles se payaient par le sang et la douleur. «Et tu t’es levée pour élaborer un super plan de vengeance ?» Je souris en haussant les épaules. Mon pouce glissait sur ses boucles rougeoyantes. Son reflet se matérialisait sous mes doigts. Elle était si belle, elle en devenait irréelle. D’un geste délicat, je bisoutai le creux de sa joue. « N’y penses pas maintenant. Il est tard.» Ma voix n’était pas réconfortante. Elle oscillait entre les striations du vent. Je n’avais aucune garantie – parfois, j’avais la certitude de mourir avant la concrétisation de ma gloire. Le danger me guettait. « Viens, Hanna.» Déclarai-je l’emprisonnant dans une étreinte factice.
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message posté Ven 24 Mar - 20:14 par Hanna W. Stafford

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L’obscurité avait quelque chose d’oppressant, mais de réconfortant à la fois. Il était facile de se perdre dans le noir, d’avancer à l’aveuglette. Il était facile de remplacer des problèmes existants par d’autres. Les pensées avançaient trop vite, trop rapidement, prenaient des chemins inattendus. Comme un labyrinthe sans fin, où chaque tournant l’éloignait davantage de la sortie. Hanna tombait, et tombait, dans un puits sans fond, sans lumière. Parce que seule avec elle-même, dans le confort de son lit, elle n’entendait que le son de ces voix dans sa tête. Parfois, elles l’étouffaient, l’empêchaient d’avancer, l’enfonçaient continuellement dans ce vortex obscur. Puis parfois, Hanna chérissait la noirceur des nuits. Parce que, dans son sommeil, elle trouvait du réconfort dans ses rêves, dans les scènes plus heureuses qui se jouaient dans son esprit. Ces fois étaient de plus en plus rares. Les vies où elle se voyait heureuse, son fils dans ses bras, n’étaient presque plus. Les morts la hantaient. Jour et nuit. Ethan, son patient. Theodore. La mort la suivait comme une ombre maussade, dont elle ne pouvait pas se défaire. C’était un mauvais remake de Peter Pan, où son ombre se moquait perpétuellement d’elle. La sueur rendait sa peau moite et collante. Elle voulait prendre une douche pour éliminer cette fine couche d’eau humide, pour effacer les restes de son cauchemar. Mais il était tard. Les étoiles ne brillaient pas, se cachaient derrière d’épais nuages gris. L’air qui remplissait ses poumons était frais, apaisant. Son regard croisa celui de Theo, quand elle regagna la chaleur de la chambre. Il était là, physiquement présent et vivant. Immaculé, toujours trop propre. Elle se surprenait encore à se demander comment ils en étaient arrivés là. Les lumières des lampadaires se reflétaient sur le manche du revolver de Theo. Elle avait l’habitude de le voir, à force. Elle n’était même pas surprise qu'il la prenne comme une menace, une intruse au sein de sa demeure. Il dormait d’un sommeil léger, toujours un œil ouvert et la main sur son arme. La mafia était un monde qu’elle apprivoisait, progressivement. Par baby steps. Il se gardait d’énoncer et d’évoquer certains détails. Et Hanna ne le poussait pas, pas encore. Ce qu’elle s’était imaginé n’égalait pas la réalité. Il n’y avait que dans les films que la mafia prenait forme. Alors qu’en réalité, elle n’existait que par murmures, par sous-entendus et ouïes dires. C’était nouveau, pour elle aussi. Perturbant et déroutant. « Hmm, hmm. J’ai planifié la mort de tes ennemis, un à un, » déclara-t-elle, sans y mettre trop de conviction. Ses ennemis. Ils devaient être nombreux, ne se comptaient probablement pas sur les doigts d’une main. Elle ferma les yeux au contact de ses lèvres sur sa joue. « N’y penses pas maintenant. Il est tard. » Elle haussa les épaules avec désinvolture. C’était plus facile à dire, qu’à faire. Les images de son corps sans vie s’affichaient à chaque fois qu’elle fermait les paupières. Le sang remplissait la pièce. Et l’enfant. L’enfant s’amusait, comme il s’amuserait dans un bain d’eau chaude. « Viens, Hanna. » Elle se laissa étreindre sans protester. Sa joue reposait contre le torse nu de Theodore. Sous sa peau, elle pouvait entendre son cœur battre. Le bruit en lui-même était plus réconfortant que son étreinte. Elle ferma les yeux. « Il y avait un enfant. Un petit garçon, qui te ressemblait tellement. J’ignore son nom, mais je sais qu’il était de toi, et de moi. Il était beau, » murmura-t-elle dans un sourire. « Il était assis à côté de ton corps, il jouait dans ton sang, » finit-elle, à voix basse, rouvrant les yeux pour regarder Theo. « J’ai plus envie de dormir, » confia-t-elle, se détachant doucement de lui.
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# Re: we don't have to rush when you're alone with me / theanna
message posté Dim 26 Mar - 22:48 par Theodore A. Rottenford

in her dream i know i am falling. but there is no up or down, no walls or sides or ceilings, just the sensation of cold and darkness everywhere. when i open my mouth, nothing happens and i wonder if you fall forever and never touch down, is it really still falling? i think I will fall forever. Puis le monde s’était éteint. Je me tournai vers les portes coulissantes du balcon. Le souffle de la nuit avait glissé contre la vitre comme le tiraillement jappé d’un animal endormi. L’ardeur de l’hiver s’effaçait peu à peu, emportée par les soupirs des rideaux. Je me redressai en longeant le mur. La silhouette de Hanna me semblait si lointaine, à l’autre bout de l’horizon. Nous étions nés différents. Sa constellation avait frôlé mon étoile mais les néants de la galaxie avaient absorbé ce contact. Je ne me souvenais plus de notre premier baiser. Je ne me souvenais pas de la première fois. J’attendais la suite. Je me languissais d’une continuité entre nos étreintes. Son rêve avait prédit ma chute. Je souris en absorbant les fluctuations de sa voix. Elle pouvait être l’oracle salvateur. Celui qui contait l’histoire du peuple irlandais déchu parmi les morts. Elle portait le signe de cette divination et toute la splendeur des landes perdues sous les brumes de Belfast. Je me penchai vers son menton, le coeur bordé par le parfum doucereux de sa peau. Les perles acides de la sueur glissaient sous mes doigts. Je la touchais. J’effleurais chaque instant. Mon regard s’amenuisait sous la lampe de chevet. Il retrouvait l’éclat du métal et du canon. Mon arme n’avait plus rien de surprenant. Mon étiquette, le masque, tous les morceaux cassés de ma personnalité prenaient formes sur sa paume fébrile. Je comprenais sa terreur. Il n’y avait pas de garantie dans la mafia. Nous étions les enfants de la lutte, et chaque combat, accueillait ses défaites et ses victoires. Il n’y avait pas d’absolu. Je me raclai la gorge en caressant sa frange brillante. « Hmm, hmm. J’ai planifié la mort de tes ennemis, un à un, » En quelques heures seulement? Avait-elle sous estimé le nombre ? Je soufflai sur son oreille en frottant ma barbe contre sa joue. Mes gestes étaient félins et langoureux. Peut-être diaboliques. Car les poils piquaient. Ma présence piquait. Et bientôt mon baiser piquerait aussi. « Il y avait un enfant. Un petit garçon, qui te ressemblait tellement. J’ignore son nom, mais je sais qu’il était de toi, et de moi. Il était beau. Il était assis à côté de ton corps, il jouait dans ton sang. J’ai plus envie de dormir, » Je relavai la tête avec nonchalance. Une extrapolation de son fils. Du patient. De la peur de l’inconnu. Je pinçai les lèvres en la ramenant dans mes bras. Son corps était prisonnier de mon silence. Je respirais son odeur sous le tissu moite de sa robe de chambre en la menant jusqu’au lit. Je n’étais pas prêt à faire des efforts pour expliquer, avec logique et pragmatisme, la situation. Je n’étais pas l’élu du clan. Je choisissais d’offrir ma vie à la cause. Je ne pouvais pas arrêter ces pulsions religieuses. Je m’assis au bord du lit en tenant les courbes de Hanna. «Je n’aime pas le sang. Contrairement à ce que tu pourrais croire. Je ne pense pas qu’il y a du mal partout autour de la mafia. Si tu ouvres les yeux, si tu regardes avec plus d’attention, tu comprendrais.» La pègre avait accueilli plusieurs familles défavorisées. Elle avait construit des églises et des orphelinats dans les sociétés en marge d’Irlande Du Nord. Nous avons volé pour donner. Nous avons tué pour survivre. Puis le plaisir s’est mêlé au devoir. J’empoignai sa main afin d’y déposer mon revolver. « Tue-moi maintenant ou laisse-moi vivre pour toujours. Voilà le principe. De quoi as-tu peur Hanna ? Ma disparition ou de celle de notre fils?» M’enquis-je d’un air calme. Je ne voulais pas d’enfants. Elle le savait. Pourtant, je tentais d’analyser ses paroles. J’essayais de la retrouver à mi chemin entre ma folie et sa sainteté.
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message posté Jeu 30 Mar - 23:22 par Hanna W. Stafford

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Elle se sentait bien dans ses bras, dans le confort de son étreinte. C’était ironique, dans un sens. Il avait le pouvoir de la détruire, de la changer à jamais. Les arabesques de son tatouage, de son clan, se reflétaient comme des ombres sur les murs. L’Irlande, Belfast, les Rottenford. Ils faisaient partie d’un monde qu’elle apprenait à découvrir, morceau par morceau. La complexité de la personnalité de son amant se dessinait sous ses yeux, comme un puzzle qui prenait finalement forme. C’était effrayant, et terrifiant, elle ne pouvait pas prétendre le contraire. Son rêve n’était purement que la traduction de son état d’esprit actuel. Elle était fatiguée, moralement, physiquement. La mort avait cet impact. Alors oui, c’était ironique, qu’elle se sente en sécurité dans ses bras. Elle se laissa guider jusqu’au lit, et se cala entre ses jambes. Ses mains se courbèrent autour de ses épaules, avant de caresser sa nuque, ses joues. Sa barbe piquait sous son épiderme, mais c’est comme ça qu’elle l’aimait. Elle posa son regard dans le sien. Le bleu était plus intense dans l’obscurité de la nuit. Ses yeux étaient captivants, et tellement brillants. « Je n’aime pas le sang. Contrairement à ce que tu pourrais croire. Je ne pense pas qu’il y a du mal partout autour de la mafia. Si tu ouvres les yeux, si tu regardes avec plus d’attention, tu comprendrais. »Si elle comprenait. Ça semblait si évident pour lui. Il avait grandi entouré de mafieux, dans une famille mafieuse. Hanna, elle, ne connaissait la mafia que par le biais des informations, par les films comme Le Parrain, et d’autres. « Explique-moi et je comprendrais. » Hanna était studieuse, l’avait toujours été. Sa soif de connaissance l’avait poussé à vouloir en connaître toujours plus sur le corps humain. A vouloir le soigner, le guérir. Sa nature curieuse l’obligeait à réfléchir, à comprendre. Mais Theo ne lui parlait pas, évoquait à peine le sujet, parfois. Alors elle n’ouvrait pas les yeux, elle ne faisait pas attention. Parce que parfois, elle n’avait pas l’impression que c’était réel, que c’était sa vie. Elle regarda l’arme qu’il venait de déposer dans sa main. Le manche était lourd, plus lourd qu’elle l’aurait imaginé. « Tue-moi maintenant ou laisse-moi vivre pour toujours. Voilà le principe. De quoi as-tu peur Hanna ? Ma disparition ou de celle de notre fils? » Elle déglutit, en relevant la tête pour le regarder. « On n’a pas de fils. » Elle ne pouvait pas avoir peur de perdre quelque chose qui n’était pas, qui n’existait pas. Ils n’avaient pas de fils, n’en auraient probablement jamais. Elle ne voulait pas risquer la vie d’un autre enfant. Elle releva la main pour pointer le bout du canon contre le front de Theo. « Ils sont morts à cause de moi. Peut-être que toi aussi, tu mourrais à cause de moi. » Parce que la mort la suivait comme une ombre, mais peut-être qu’elle était la mort, après tout. Un sourire se dessina sur ses lèvres, un sourire vide, dénué de chaleur, avant de relever le revolver vers elle. Le métal gris était froid contre sa tempe. Il contrastait avec la chaleur de sa peau, avec la sueur qui perlait toujours sur son front. Son doigt effleurait doucement la gâchette. « Si je te tue, tu crois que j’aurais le courage de me tuer après ? » Demanda-t-elle, dans un murmure. Elle laissa retomber sa main le long de son corps, avant de lâcher le revolver contre le matelas. Ses mains encadrèrent le visage de Theo. Elle se pencha légèrement pour venir effleurer ses lèvres avec les siennes. « Tu me laisserais faire ? » Pas une fois, y avait-elle songé. Parce qu’Hanna n’était pas une lâche, parce qu’elle voulait se battre, même si elle n’avait plus aucune raison de le faire.
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message posté Dim 2 Avr - 15:41 par Theodore A. Rottenford

in her dream i know i am falling. but there is no up or down, no walls or sides or ceilings, just the sensation of cold and darkness everywhere. when i open my mouth, nothing happens and i wonder if you fall forever and never touch down, is it really still falling? i think i will fall forever. Malheur à toi, que le Dieu sur Terre soit né mortel. Je fermai lentement les yeux. Les nuages de Londres étaient voilés par les souvenirs de Belfast. J’étais l’étranger - expatrié loin des landes de la famille. Je baissai la tête sur les rainures du parquet. La surface luisante du bois glissait sur mes prunelles assombries. La métamorphose s’était imposée dans mon esprit, sans que je ne puisse lutter - sans que je ne puisse échapper aux appels de la gloire. Après des années à servir le celte irlandais et son église, j’avais fini par capituler. Je ne reconnaissais plus mon reflet ni l’étrangeté de ces pensées qui cheminaient autour de ma tête. Babi ne voyait qu’une ombre. Et les autres étaient des aveugles qui ne voyaient que l’éclat argenté de mon revolver. Ils ne comprenaient pas la douleur profonde de la marginalité ni la plainte et la ferveur que j’avais voué au clan. Je soupirai en longeant le mur. La silhouette de Hanna s’amenuisait dans le silence. Elle semblait couler sur mes joues, telle une larme bénie par le ciel. Je souris en la rejoignant, car malgré son sommeil agité et le deuil de tous ces enfants, elle gardait une expression sublime. Mon regard était élancé sur ses courbes. Il était uniquement dirigé vers sa bouche, vers le désir qui m’émouvait encore. Sa tristesse était une joie colorée de noire. Elle brillait au creux de la nuit afin d’éblouir le coeur de mes rêves. La terreur, le meurtre, elle ne semblait pas réaliser que j’étais mort avant de la rencontrer. «   Explique-moi et je comprendrais.» Je la contemplais sans briser l’équilibre. Mon coeur s’éveillait de son ensorcellement. Il semblait s’évader de la crypte. Tellement étranger. Tellement expatrié. Hanna était perdue pour moi. Comme toutes les autres, elle n’existait que dans le crépuscule. Et quand la nuit reprenait ses droits, toutes les émotions s’évanouissaient dans son ombre.«  On n’a pas de fils.  Ils sont morts à cause de moi. Peut-être que toi aussi, tu mourrais à cause de moi. » Elle me coupait la parole, avant même que je n’aie le temps de l’interroger sur ses craintes. L’arme pendait à son bras. Elle était celle avec le pouvoir. Son corps se muait dans l’harmonie de la chambre. Elle pouvait poser son doigt sur la détente, puis lassée par le contact, fatiguée par la lourdeur du canon, elle pouvait simplement lâcher prise et m’offrir le sommeil. Mes sens étaient engourdis. J’attendais la réponse - j’admirais la beauté de son chagrin. On ne s’appartenait pas. Elle pouvait m’abandonner, me laisser plonger dans les profondeurs. «Si je te tue, tu crois que j’aurais le courage de me tuer après ?» Ses mains s’étaient éteintes sur le matelas. Je ressentais son étreinte avec difficulté. Mon torse était soulevé par les vibrations de mes poumons. Je ne me souvenais plus du sentiment de peur. Elle aurait pu tiré la première. «Tu me laisserais faire ? » Je crispai la mâchoire en me penchant vers sa tempe. Je l’avais déjà laissé, en lui donnant mon arme. Mais elle n’avait pas saisi l’opportunité. Il ne s’agissait pas de lui donner la permission de tuer. Il fallait oser se salir. Elle n’était pas prête pour mon univers. Sa fragilité s’épandait sur mon âme comme une cicatrice argentée. Doucement, j’embrassai son front. «Ton instinct c’est de guérir, Hanna. Je suis ton antipode. Comment peux-tu m’adorer?» Je souris en la retenant dans mon cou. Son parfum embaumait mes rêves. J’effleurais ses cheveux, les bretelles de sa robe  de chambre et le bord de son épaule. Sa peau était immaculée. Pas de tatouage. Pas de trèfle. Je me redressai en soupirant. «Ils ont fait des choses horribles. Les Hommes d’Irlande. Ils ont tué des enfants, des femmes. Ils se sont tué entre eux. Parfois, on a juste besoin d’un peu de courage pour y arriver.» Je saisis la crosse en faisant tourbillonner Hanna dans mes bras. Son dos se pressait contre mon ventre. Ensemble, les bras tendus vers le balcon, on observait les fluctuations des rideaux dans la brume. «On a besoin d’un peu d’aide pour se découvrir.» Murmurai-je en léchant son oreille. Je m’approchais des portes coulissantes en la guidant. Les arbres ondulaient sous le vent. J’appuyais avec elle. La balle tremblait sous nos paumes enlacées. Il n’y avait pas de sang, seulement les fumées du plomb.
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message posté Sam 8 Avr - 20:15 par Hanna W. Stafford

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Le canon du revolver ne s’amoindrissait pas sous sa prise. Elle avait beau serrer les doigts, le métal argenté ne bougeait pas. Il était même froid. Trop froid, trop rigide. A l’opposé des organes qu’elle avait pu manipuler. Eux étaient chauds, mous pour la plupart. Ils cessaient de fonctionner correctement, si l’emprise était trop forte, trop étroite. Ils saignaient. C’était paradoxale. Hanna guérissait. Le revolver blessait. Elle abandonnait ses croyances, ses habitudes. Elle se perdait, progressivement, elle se laissait mourir. Pour lui. Pour Theodore. Parce qu’il lui donnait envie de continuer, lui donnait envie de vivre une vie différente à ses côtés. L’arme retomba avec un léger bruit contre le matelas. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu’elle cala sa tête dans le creux du cou de Theodore. « Je peux te retourner la question. Tu sais que les opposés s’attirent ? » S’enquit-elle, soufflant légèrement face à cette expression ridicule. « On est plus que nos instincts. Peut-être que j’ai en moi la capacité de blesser, comme tu as la capacité de guérir. » Ses mains caressaient délicatement la peau de ses épaules, alors qu’elle releva la tête pour croiser son regard. Les cicatrices de son passé prenaient forme sous ses doigts. Les landes d’Irlande, la pression de son clan, se dessinaient devant elle, au fur et à mesure qu’elle comprenait. « Ils ont fait des choses horribles. Les Hommes d’Irlande. Ils ont tué des enfants, des femmes. Ils se sont tué entre eux. Parfois, on a juste besoin d’un peu de courage pour y arriver. » Du courage. Elle en avait, plein. Elle avait parfois l’impression qu’elle n’avait pas sa place dans cet univers si compliqué. Elle n’avait pas baigné dedans, elle avait juste rencontré Theodore. Il l’emprisonnait avec ses sentiments et ses baisers. Pourtant, elle n’avait pas envie de faire demi-tour. Elle voulait renaître, tel un Phoenix. Elle voulait s’envolait de nouveau, avec une paire d’ailes rouges flamboyantes. Seulement, elle ne le trouvait pas, le courage. Un sens de moralité l’empêchait de tirer, l’empêcher de s’abandonner totalement. Parce qu’Hanna vivait à travers ses émotions. Ils étaient son moteur, ils la poussaient à agir. Et lui, il était peut-être sa salvation. Elle posa ses mains sur l’avant-bras de Theodore, admirant l’horizon. La ville était calme la nuit. Le vent agitait les voilages. Quelques lumières brillaient dans les immeubles voisins. Elle se laissa guider sans broncher. « On a besoin d’un peu d’aide pour se découvrir. » Elle frissonna. Le coup de feu résonnait au loin, comme un écho. La force du tir l’avait poussé un peu plus contre le torse solide de Theodore. Son regard était fixé sur le bout du canon, sur la fumée qui s’y échappait. Sa main vibrait encore avec une infinité de petits picotements. Elle comprenait la puissance qui s’emparait de ces hommes et femmes armés. Elle la ressentait, cette puissance. Ça lui faisait peur. Son cœur s’emballa, cogna un peu plus fort contre sa cage thoracique. Sa respiration s’accéléra et s’évapora sous forme de fumée de vapeur. Elle se tourna pour faire face à Theo. Ses yeux étaient humides, sa gorge légèrement serrée. « Aide-moi ? » Demanda-t-elle, dans un murmure. « Mais ne me laisse pas, parce que c’est toi qui vas me donner du courage, » continua-t-elle, agrippant sa nuque.
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# Re: we don't have to rush when you're alone with me / theanna
message posté Dim 23 Avr - 18:30 par Theodore A. Rottenford

in her dream i know i am falling. but there is no up or down, no walls or sides or ceilings, just the sensation of cold and darkness everywhere. when i open my mouth, nothing happens and i wonder if you fall forever and never touch down, is it really still falling? i think i will fall forever. Mes souvenirs étaient pleins d’images déformées. La vapeur brûlante du canon éclairait l’horizon alors que je tenais les bras de Hanna. Elle ne tremblait pas tout de suite. Son pouls jaillissait dans ses veines afin de s’épandre sur ma peau. Je la sentais en moi. Comme si le coup de feu nous avait rapproché. Comme si l’équilibre s’était établi entre la destruction et la guérison. Nos silhouettes fusionnaient dans une accolade fugace. Mon souffle glissait sur son cou. On tombait amoureux d’un corps. On tombait amoureux d’un silence qui bougeait entre les buissons gracieux du quartier asiatique. Mon esprit s’enlisait dans ses pensées muettes. Je remontais le long de sa poitrine. J’effleurais ses joues, ses yeux - ce sourire. Elle avait tellement mal. Son expression s’illuminait tristement sur son visage. Je voulais dessiner un sourire mais elle avait perdu un enfant. Et il y en avait un millier encore à perdre. Je ne pouvais pas effacer les larmes que je ne voyais pas. Je ne pouvais pas la pousser à me rejoindre dans mes convictions familiales. Mais elle avait le droit de savoir jusqu’à la limite accordée. Je respirais à travers les ondulations de la nuit. Son rêve n’était qu’une extension de notre avenir. Parce que j’étais mort bien avant qu’elle enfante. J’étais mort avec Jamie - et mon coeur n’avait plus de sens. Il perpétuait les mêmes histoires et les mêmes combats. Ne pouvait-elle pas comprendre ? Que tout l’affection que je donnais était périssable ? Je ne pouvais pas épouser et me stabiliser dans ces relations humaines. Je m’éloignais pour la laisser s’agripper à ma nuque. Ses doigts étaient glacés au contact de mes cheveux. Puis elle murmurait dans mon oreille. Elle en oubliait de tenir le canon. « Aide-moi? Mais ne me laisse pas, parce que c’est toi qui vas me donner du courage,» Je la soulevais contre mon torse. Elle était si légère sous ma prise. Une enfant perdue parmi les étoiles. Une enfant perdue dans ses sentiments. Je l’appuyais sur la balustrade du balcon, suspendue entre le vide et ma protection. Je m’approchais dangereusement du bord, la faisait presque vaciller de l’autre côté. «Fais-moi confiance.» Murmurai-je en lui intimant de lâcher prise. Nos corps s’étreignaient dans la fraîcheur de Londres. Et je me penchais encore. Sans perdre l’équilibre, je secouais ses coudes. Mes yeux brillaient sous le clair de lune. Le vent murmurait mes confessions. Il s’enroulait sur ses clavicules saillantes. «Tu es la seule à choisir de tuer ou de guérir. Mais je suis là. Je ne peux pas d’aider mais je peux te protéger.» Je déposais un baiser sur sa joue en la redressant violemment. Sa poitrine se soulevait contre ma main. Je m’avançais vers les portes coulissantes afin de retourner dans la chambre. Je la déposais sur mon lit. «Je suis désolé pour ton rêve mais je ne compte pas crever chez moi. Je mourrais dehors, sur les plaines verdoyantes de Belfast. Peut-être seras-tu là pour me pleurer. Peut-être que le cortège te seras interdit. Peu importe, là ou je serais, il y aura pas de différence.» Souffai-je en la couvrant avec les draps. La lutte avait commencé. Et elle n’était pas prête à me suivre. Elle n’était pas prête pour la malédiction Rottenford.
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message posté Mar 9 Mai - 18:03 par Hanna W. Stafford

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L'arme glissa entre ses phalanges, pour finir sur le sol du balcon et le bruit sourd résonna dans la nuit. Le vide l'appelait. La gravité l'attirait, l'incitait à lâcher prise, implorait le poids de son corps. C'était tentant. Tout cet espace, sombre et infini. Une éternité dans le silence, dans le noir. Une éternité de sérénité. Loin de tout, loin de la vie. Elle s'imaginait tombant, encore et encore. Le vent dans les cheveux, les larmes dans les yeux. Elle s'imaginait embrasser cette chute, elle s'imaginait se résigner, parce que c'était l'issue la plus simple, la plus facile. Son regard s'éleva vers le ciel couvert. Les étoiles se faisaient timides, presque invisibles, à quelques exceptions. Les nuages gris semblaient être en parfaite harmonie avec ses sentiments. Il pouvait la lâcher, et lui accorder la paix. Les cours de catéchismes s'immiscèrent dans un coin de son esprit. La vie après la mort était un concept superflu, stupide, un moyen de s'assouvir de ses pêchés, d'imaginer un monde meilleur. Elle ne voulait pas y croire. Le paradis n'existait pas. Ses doigts s'agrippèrent un peu plus aux cheveux de Theodore, à la peau fraîche de ses épaules. Ses empreintes laissaient des traces rouges sur son derme. Elle ne voulait pas y croire, pourtant, des années de peine paraissaient plus attirantes qu'une éternité avec ses pensées, et ses pertes. Le cœur au fond de la gorge, elle pris une grande inspiration. L'air brûla ses poumons. Elle voulait hurler, crier, pleurer. Mais les larmes restaient figées au coin de ses yeux, les mots coincés, ses lèvres scellées. « Fais-moi confiance. » L'étreinte de ses bras semblait lointaine. La distance entre eux se créait davantage, alors que le vide se rapprochait. Doucement, tout doucement, son emprise se desserra. La confiance qu'elle lui avait accordé il y a quelques mois, n'avait pas faibli. Leurs univers étaient différents, leurs croyances aussi. Il tuait, elle guérissait. Pourtant, elle se sentait en sécurité, même suspendue au dessus du vide. Son pouls pulsait violemment dans ses veines, jusqu'au bout de ses doigts. Lentement, ces derniers s'enroulèrent autour de la balustrade en métal. « On a toujours le choix d'aider, » murmura-t-elle, dans le calme de la nuit. Son corps entier se lova contre lui. Elle s'enfonça dans les draps, ses yeux olives posés sur lui. « Je suis désolé pour ton rêve mais je ne compte pas crever chez moi. Je mourrais dehors, sur les plaines verdoyantes de Belfast. Peut-être seras-tu là pour me pleurer. Peut-être que le cortège te seras interdit. Peu importe, là ou je serais, il y aura pas de différence. » Un mince sourire gracia ses lèvres, alors qu'elle éleva la main pour venir caresser sa joue. « J'espère que tu seras celui qui pleurera en premier, » souffla-t-elle, retirant sa main pour la laisser retomber sur les draps en coton. Hanna avait connu la perte. La tristesse s'épandait sur son âme, colorait son sourire d'un voile terne. Elle ne voulait plus perdre, elle ne voulait plus être seule dans son désespoir. C'était égoïste, et altruiste à la fois. Mais il comprendrait. Peut-être. Hanna s'était brisée et s'étalait en millier de morceaux sur les tombes des êtres chers. A ses pieds. Et pour l'instant, naïvement, bêtement, elle pensait qu'il pouvait être celui qui aurait le pouvoir de recoller les morceaux, malgré la noirceur de ses secrets.
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# Re: we don't have to rush when you're alone with me / theanna
message posté Sam 27 Mai - 20:19 par Theodore A. Rottenford

in her dream i know i am falling. but there is no up or down, no walls or sides or ceilings, just the sensation of cold and darkness everywhere. when i open my mouth, nothing happens and i wonder if you fall forever and never touch down, is it really still falling? i think i will fall forever. Je me retournais pour amorcer la chute. Hanna se laissait guider par mes instincts. Ses yeux m’envoutaient, comme un craquement d’allumettes dans la nuit, créant une lucarne dans le ciel qui s’échancrait sur l’horizon. Je pinçais les lèvres sans effleurer sa bouche. Il n’y avait pas d’autre issue. Pour aimer un homme comme moi. Il fallait plonger dans l’abysse. Elle ne pouvait pas échapper à mon influence. Les couleurs de Belfast se distillaient dans ma chair. Je respirais les vapeurs des landes sur sa peau. Et le souvenir des roches et de la rivière se dessinait dans ma mémoire. Oh Alexein. Ma tête s’inclinait sur son épaule. Je la tenais fermement contre la balustrade avant de hisser son étreinte vers ma poitrine. Toutes les existences étaient vouées à la mort. Et cet instant me semblait fugace. Nous étions périssables. Et peut-être étions-nous dans le vice. Mais la passion n’était pas un crime. Je pressais ses cuisses sur mes côtes afin de la maintenir en apnée. Son visage s’imprimait sur mes paupières. Je me penchais en l’attirant vers le corridor. Nous étions seuls dans le silence des pensées. Je ressentais son amertume et la peur de l’inconnu. Mes doigts glissaient sur la dentelle de sa nuisette. Nos silhouettes s’amenuisaient sous les néons de la lampe de chevet. Notre rencontre n’était pas une danse légère que le corps consacrait. Et la vérité sur ma famille n’était pas une déclaration dont les mots semblaient plus graves que les autres. Ce soir, le ciel se déchirait sur ses prunelles. J’effleurais sa joue, comme pour effacer le temps. La tristesse se creusait sur ses pommettes alors que je la guidais sur le bord du lit. Je murmurais les chants de l’Irlande et la mort imminente de ses enfants. J’étais né dans la lutte constante des clans, entre le besoin d’impressionner et la limite du pécher. Le poison de la méduse roulait sous mes ongles. Jamie était mort - et je ne l’avais pas oublié. Ma voix ne s’affirmait pas. Le cri de désespoir retentissait en moi. Il n’avait jamais cessé de s’élever dans mon coeur. Comment pouvait-elle espérer me donner ce châtiment encore une fois ? « J'espère que tu seras celui qui pleurera en premier,» Je voulais imaginer un seul jour sans prendre la fuite sans la quitter, mais le trouble demeurait immuable sur les lattes de la ville. Le sang apparaissait sur les parois d’une pièce colorée, servant le désir infime de la pègre de régner sur le chaos des forces. Je la rejoignais sur les draps, emprisonnant ses bras sous doigts. Hanna ne comprenait pas. Je refusais de lui transmettre mon héritage. Les femmes étaient ma pire faiblesse. Ma mère l’avait prédit en m’éloignant de Belfast. Mais je ne pouvais atteindre la paix sans l’embrasser. Je ne pouvais pas m’éloigner sans la toucher. Je pressais mes lèvres sur son front en souriant. «Tu devrais apprendre à me connaitre avant de tenir de tels propos.» Je relevais le coussin afin de me caler à ses côtés. Il était trop tard pour notre amitié. Je ne voulais pas des relations conventionnelles. Je ne cherchais mon âme soeur. J’étais le souverain d’une organisation secrète. Notre histoire était étrange et même si je tentais de la contrôler, elle finissait par échapper à ma prise. La lune s’émancipait sur ses cils. Je m’approchais dans le glissement mélodieux de sa respiration, retenant son poignet contre ma paume. «Hanna tu es l’une des femmes les plus belles au monde. Et malgré ta beauté, j’arrive encore à me convaincre que notre relation est seulement sexuelle. Tu ne me dois rien. Si tu penses que mon univers est trop sombre je ne t’empêche pas de partir. Tu en as encore la possibilité. Parce que si je te veux complètement, tu seras prisonnière.» Murmurais-je dans son oreille. Elle choisissait sa douleur. Le chagrin volontaire. Le deuil imposé. Ce combat du sentiment prémonitoire où la vision noire et la surdité cruelle me disputaient à l’espoir impossible du salut. Je ne pouvais pas adopter une autre famille, ailleurs que la pègre. J’avais longtemps pensé que Hanna possédait la faculté singulière de lire les signes cachés et annonciateurs du désastre. Elle pouvait décrypter la profondeur des drames passés pourtant, elle était encore là. Enlacée par le souffle glacé d’un baiser de rêve. Prisonnière de la promesse que je ne formulais pas : la protéger de moi.
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