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If nothing, my life has a good sense of humor┊Tulasi.

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# If nothing, my life has a good sense of humor┊Tulasi.
message posté Ven 24 Mar - 5:30 par Ethan I. Hemsworth
life has a good sense of humor
Ethan ⊹ Tulasi
He didn't believe in psychiatrists, he said. But actually he did believe in them, so much that he was afraid of them.

Je posai mon portable sur le bureau et le temps se figea. Je ne sais combien de temps exactement le monde autour de moi cessa de tourner. Replié sur le siège, à moitié affalé sur le bureau faisant face, mon corps ne bougeait pas, suspendu là, abattu. Seul signe de vie notable, mon avant-bras tremblait, celui qui avait tenu le téléphone. Mes yeux fixaient les tremblements d’un regard morne dans l’attente qu’ils s'apaisent. Quand ma main reposa enfin calmement sur le bureau, je la fixais encore. J’imagine que mes yeux prirent leur temps pour envoyer l’information à mon cerveau pour le moins inerte suite à cet appel. Pour tout l’alcool que je pouvais boire parfois… souvent, pour toute les nuits à lutter contre un sommeil inévitable, j’espérais être victime d’une hallucination, me réveiller d’un cauchemar aussi flou qu’étrangement réaliste. J’aurais repris conscience là la tête entre les mains accoudé à mon bureau, aurais respiré lentement, puis aurais repris le cours de ma journée, faisant entrer le prochain patient sur ma liste de rendez-vous. Je me suis vraiment posé la question, de savoir si j’avais pu boire la veille au point de rêver les yeux ouverts ? Mais puisque je restais planté là et que rien ne se passait, je serrai les doigts jusqu’à ce qu’ils forment un poing ferme rasant tout sur son passage. J’envoyais valser tout objet à ma portée d’un seul passage, fou de colère. Des cadres photo se renversèrent sur le sol, brisant les visages de ma fille et de mon frère en mille morceaux de verre. Calme-toi bordel. « J’ai peur qu’il rechute. » Les mots de ma mère à l'autre bout du combinet se répétaient tandis que je ramassais les éclats par terre, encore et encore, mélodie vicieuse chuchotée à mon oreille. J’aurais pu mettre sans dessus dessous toute la pièce, elle ne se serait pas tue, je le savais. Je n’avais rien à ma portée pour la faire taire qu’un acte désespéré qui finit par me pousser hors de mon cabinet, dans le grand couloir blanc froid de l’hôpital qui ne réussit qu’à m’angoisser davantage. Tu ne vas quand même pas faire ça. Echo du jeune Ethan de quinze ans en guerre contre les psychiatres qui lui volent son frère, les hommes qui lui foutent les jetons bien plus que n'importe quel psychopathe échappé d’un bouquin de Stephen King. La trentaine passée et malgré la blouse blanche sur mes épaules, ce gosse est toujours planqué quelque part au fond de moi, et autant dire qu’il se chiait dessus en voyant les grosses lettres SERVICE PSYCHIATRIQUE apparaître au bout d’un énième couloir immaculé.

Je m’arrêtais un instant devant la porte du bureau du responsable du service, à l’écart le plus possible comme par mesure de sécurité. Je froissais une des photos que j’avais gardé sur moi en arrangeant le désordre que j’avais mis dans mon bureau. Dessus le visage d’Adam m’offrait un sourire éclatant. S’il fallait que je passe la porte d’un ‘confrère’ pour que ce sourire reste à sa place, je me foutais bien que ce confrère soit un affreux psychiatre. J’allais entrer là-dedans avec ma nonchalance habituelle, lui poser des questions en prétextant qu’il s’agissait d’un de mes patients, ou bien lui faire le coup du ‘'j’ai un ami qui…’’ et dans le pire des cas il penserait que ce serait moi le taré. J’étais franchement plus à ça prêt. Ouais, j’allais entrer et… sur le point de toquer, j’entendis une voix étrangement familière. Etrangement désagréable aussi. La voix se rapprocha et, planqué dans l’entrebâillement de la porte, je m’y collais pour apercevoir la personne. Cette voix… Pourquoi me donnait-elle une impression désagréable comme pourrait l’être une crise d’urticaire. Des bruits de talons résonnèrent rapidement en ma direction, alors je la vis passer, droit devant moi sans qu’elle me remarque. « Tiens tiens. » Elle était presque à l’autre bout du couloir. Encore trois secondes et elle aurait disparu de mon champ de vision. Trois secondes et elle n’aurait même pas pu m’entendre. Mais non, trop facile, je savais toujours quand ouvrir ma gueule, même in extrémiste, pile à temps pour qu’elle se retourne. Je lui fis même mon plus beau sourire. Aucun doute, même à plusieurs mètres de moi, elle pouvait constater la blancheur écarlate de ma dentition. Je ne connaissais même pas son prénom. Elle avait bien dû le donner, à cette conférence mémorable où je l’avais vue. Enfin vue… Si ce n’était que ça… J’aurais juste croisé une jolie femme. Non, ''rentrer dans le lard’’ serait un terme beaucoup plus approprié pour décrire ma rencontre avec Madame les psychologues ne sont pas assez bien pour la grande psychiatre que je suis je vais vous pourrir votre intervention dans un amphithéâtre bondé d’étudiants sans pitié. C’est plus long qu’un prénom, mais ça me plait plus que n’importe quel petit nom dont ses parents pourraient l'avoir affublée. « Oh mon dieu, vous êtes perdue. » Perdue dans son chemin, ou dans son intégrité. Pensée que je gardais pour moi-même, enchanté d’avance de voir l’incompréhension et surement -j'espérais- l’agacement sur son visage. « Vous foncez tout droit sur le territoire des psychologues, fuyez ! » Parce que c’était bien là que menait le couloir qu’elle empruntait avant que je l’interrompe, alors que je me trouvais moi-même en territoire ennemi. Le ton faussement affolé, les mains levées en l'air en signe d'alerte et un sourire moqueur au coin des lèvres pour parfaire le tout, je m’étais avancé en plein milieu du couloir pour qu’elle puisse me reconnaitre. Tomber par hasard sur cette femme sur mon lieu de travail… Soit c’était une drôle de coïncidence, soit la vie avait un sacré sens de l’humour.

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# Re: If nothing, my life has a good sense of humor┊Tulasi.
message posté Ven 7 Avr - 17:03 par Tulasi N. Kapoor
If nothing, my life has a good sense of humor
Ethan & Tulasi

I told my psychiatrist that everyone hates me. He said I was being ridiculous - everyone hasn't met me yet. ✻✻✻ Les patients défilaient dans son bureau toute la journée ; Tulasi était une femme d'action qui ressentait le besoin de se plonger dans l'adrénaline de son travail pour oublier ses tracas quotidien, même si certains patients avaient le don de lui en causer d'autant plus. Quand elle avait commencé ses études de médecine pour obtenir le titre de psychiatre sa volonté de s'occuper de cas lourds s'était tout de suite imposée à elle, non pas qu'elle considérait des personnes dépressives comme indignes d'être suivies par sa personne mais elle estimait que son expérience devait être apportée à des personnes plus dangereuses afin de mettre toutes les chances de leur côté ; les dépressifs pouvaient être suivis par des psychologues, elle estimait qu'ils n'avaient pas forcément besoin d'un suivi médical. La jeune indienne avait beau exceller dans son métier, elle ne pouvait s'empêcher de porter un jugement négatif sur certaines catégories de patients, son métier était toute sa vie et elle se moquait bien de paraître prétentieuse ou méchante, elle estimait le travail des psychologues moins conséquent que celui des psychiatres et que - par conséquent - c'était à eux de s'occuper des cas les plus légers, ceux n'ayant pas forcément besoin d'un suivi psychiatrique. Tulasi avait beau être philanthrope dans la vie de tous les jours, ainsi qu'avec ses patients, elle pouvait être une véritable peste quand il s'agissait de son travail, elle avait tellement trimé pour en être là qu'elle se sentait toujours obligée de prouver qu'elle était la meilleure, une véritable compétition qui ruinait parfois ses relations avec ses collègues. Autre fait qui lui était souvent reproché également : son incapacité à se tenir éloignée de ses patients ; elle répondait à leurs coups de téléphones à n'importe qu'elle heure du jour et de la nuit, elle refusait parfois que les infirmiers - pourtant habilités pour - emmènent ses patients en sortie, elle refusait tout simplement qu'une personne extérieure vienne fouiner dans ses affaires, elle était proche de ses patients et ce fait faisait froncer les sourcils et retrousser le nez de ses collègues. Mais à quoi bon continuer de lui faire la remarque ? Elle n'en démordait pas jugeant qu'elle préférait les traiter comme des humains que comme des criminels, peu lui importait le regard que certains posaient sur elle quand elle défendait corps et âme un tueur sanguinaire, elle faisait son travail. C'était d'ailleurs le sujet de la discussion avec le responsable du service psychiatrique, elle avait beau trouver des solutions et aider ses patients sur le chemin de la guérison elle devait apprendre à s'éloigner d'eux.
Jugeant qu'elle ne pouvait avoir gain de cause auprès de son supérieur, et ne voulant pas provoquer une dispute et risquer son poste, elle s'était contentée de baisser la tête en affirmant essayer de faire des efforts par la suite, puis avait prit la porte. Elle en avait terminé avec ses consultations à l'hôpital pour aujourd'hui, dans quelques heures elle allait enchaîner sur une visite à domicile imposée par l'église, même si elle n'appréciait pas franchement les agissements de ses deuxièmes patrons elle devait bien admettre que le décor était plus agréable que de longs couloirs blanc, interminables, et empli d'une odeur de mort et de médicaments mélangés. Elle s'apprêtait à disparaître dans l'angle d'un couloir quand une voix qui lui rappelait vaguement quelque chose vint chatouiller ses oreilles « Oh mon dieu, vous êtes perdue. » Il ne manquait plus que lui, elle n'avait pas besoin de se retourner pour connaître l'identité de son interlocuteur, une vague connaissance qu'elle avait eu le plaisir de rencontrer lors d'une conférence, un psychologue qui avait souhaité étaler sa science auprès de nombreux étudiants. Pourquoi devenir psychologue alors que le métier de psychiatre était bien plus gratifiant ? il ne fallait pas mettre n'importe quoi dans la tête de ces étudiants. La conférence, plutôt qu'être utile, s'était terminée en un débat - règlement de compte autour de leurs professions respectives. Et il fallait bien évidemment qu'elle ne tombe sur lui dans un couloir de l'hôpital. « Merci de vous en soucier mais ce n'est pas moi qui suis dans l'aile psychiatrique sans avoir les compétences requises. » elle inclina la tête sur le côté tout en croisant les bras sur sa poitrine, qu'est-ce qu'il pouvait lui l'énerver celui-là, et pourtant il était plutôt son genre d'homme mais tant pis, elle n'allait tout de même pas être aimable avec quelqu'un de cette profession. Il était certainement le psychologue avec lequel elle se montrait la plus désagréable, mais en même temps il l'avait bien mérité, à la provoquer au beau milieu d'une conférence. « Vous foncez tout droit sur le territoire des psychologues, fuyez ! » Tulasi haussa un sourcil en le voyant lever les mains en l'air faussement affolé, il se foutait de sa gueule là, non ? oui, il se foutait clairement de sa gueule. Elle leva les yeux au ciel en soupirant « et on laisse un pitre dans votre genre exercer ? » elle fit claquer sa langue contre son palais de manière hautaine « quand je dis que les psychologues sont frustrés de ne pas avoir réussi médecine, ils embauchent vraiment n'importe qui. » la guerre était déclarée.


✻✻✻
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# Re: If nothing, my life has a good sense of humor┊Tulasi.
message posté Jeu 8 Juin - 1:16 par Ethan I. Hemsworth
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He didn't believe in psychiatrists, he said. But actually he did believe in them, so much that he was afraid of them.

Pour que ma mère m’appelle, qui plus est en pleine journée, la situation ne devait pas être rose. D’ordinaire, elle ne le faisait jamais, n’appelant que pour me demander des nouvelles d’Ava, me glisser subtilement à l’oreille que je n’en donnais pas assez par moi-même ou que je n’envoyais pas assez de photo de sa petite fille qu’elle ne voyait jamais. Certainement pas pour m’alarmer sur l’état de santé de mon petit frère, plus depuis qu’elle s’était émancipée de la banque qui nous avait tous nourris pendant des années. C’était grâce à l’entreprise familiale que j’avais pu me consacrer à mes études pendant autant d’années sans trop me soucier de comment j’allais payer mon appartement d’étudiant, pas plus que celui que nous voulions partager avec Amanda à l’époque, ni des frais du mariage plus tard. Bizarrement, je n’avais jamais eu à me soucier de l’argent pendant des années, et ce n’était que maintenant que les Hemsworth avaient quitté la finance que le monde semblait léger. Alors non, ma mère ne m’aurait pas appelé, même s’il s’agissait de son deuxième fils, maintenant qu’elle avait tout le loisir d’être à ses côtés à Belfast. J’avais senti la gêne dans sa voix malgré son ton toujours un peu distant, celle d’une mère qui sait que je m’étais occupé d’Adam sûrement plus qu’elle. J’étais son joker, son appel au secours. J’étais surtout impuissant coincé dans mon bureau entre deux rendez-vous pour lesquels je n’avais aucune motivation. Le prochain sur la liste n’était pas Helga mais un rendez-vous tout ce qu’il y a de plus professionnel en lien avec l’association des parents d’enfants malades de l’hôpital. Je ne pouvais pas prendre la liberté de reporter, non, j’allais devoir faire face l’esprit hanté par des pensées envers mon frère. C’est ainsi qu’à défaut de pouvoir me vider la tête, ni de me téléreporter sur le champ à Belfast, je me retrouvai planté devant une porte prêt à toquer au bureau d’un psychiatre. Chose que je m’étais toujours interdite. Pour quoi faire tiens ? Entrer et demander Excusez-moi de vous déranger monsieur j’aimerais savoir si mon frère et fou et s’il faudrait l’enfermer puisque je ne peux plus être H24 avec lui comme quand j’avais dix-sept ans ? Ma version de dix-sept ans aurait surgit du passé pour me coller une baigne si elle avait pu. Merde. J’étais devenu psychologue spécialement pour ça. Je n’en revenais pas moi-même. Non, j’étais vraiment sur le point d’entrer et faire le coup de l’ami d’ami qui… C’est juste à titre informatif me répétai-je plusieurs fois, la main levé dans le vide, frôlant la porte. Je me mis à penser qu’il n’y avait peut-être personne de l’autre côté, où que quelqu’un allait sortir en trombe et tomber sur moi. Ca eût le mérite de me faire sourire, mais pas de me faire relever la tête. Les yeux baissés par la honte jusqu’au sol et le poing hésitant, quelques claquements de talons providentiels m’empêchèrent de commettre l’irréparable. Quelques pas dans un couloir et je retrouvais toute ma splendeur. D’un coup je rayonnais, espiègle, allant me planquer pour surprendre l’individu passant par là. Ce bruit ne pouvait pas me tromper, je ne l’avais que trop entendu quelques jours -semaines ?- auparavant claquer dans les couloirs de l’université. Mes oreilles avaient dû subir le même supplice à la sortie de l’amphithéâtre, après sa tentative de ruiner mon intervention. Mais là, je me sentais soudainement pousser des ailes, attendant impatiemment que ces talons arrivent jusqu’à moi. J’aurais aimé voir ma tête à me pavaner ainsi en plein couloir, l’interpeller en faisant preuve d’un bien mauvais jeu d’acteur. Ce que je vis, sans aucun doute, fut sa tête à elle, et sa réaction en reconnaissant mon visage. Avec un peu de chance, elle avait peut-être reconnu ma voix avant ça, et avait déjà développé une poussée d’urticaire. L’hypothèse me fit sourire davantage tandis qu’elle me gratifiait d’un accueil aussi glacial que sa répartie, bras croisés sur sa poitrine. Geste défensif tout à fait classique. Je le connais bien et l’appelle le vous ne passerez pas, mes patients en sont fans. « Merci de vous en soucier mais ce n'est pas moi qui suis dans l'aile psychiatrique sans avoir les compétences requises. » Je l’énervais et ça me plaisait. Oh pas comme ce mythe idiot qui voudrait qu’énerver une femme soit bon signe pour la séduire, non, c’était purement égoïste. J’avais besoin d’un psychiatre, et ma pire rencontre dans le domaine m’était apparue juste sous le nez, telle une piqure de rappel. Impossible de rester de marbre. J’avais deviné à ses discours enflammés pendant la conférence qu’elle portait son métier dans son coeur, jusque dans ses tripes, comme moi. Regrettable, nous étions sûrement les mêmes dans le fond, nous aurions pu nous respecter, nous comprendre, parce que le même idéalisme, la même passion nous habitaient, au lieu de ça nous nous évertuions à nous rentrer dedans parce que nous n'étions pas dans le même camp. Condamnés à perpétuer la vieille guerre psychiatre contre psychologue. Ce serait presque triste, presque, parce que l’adversaire était trop douée pour que je m’en prive. « Mais justement, je m’apprêtais à demander quelques renseignements, un peu d’humilité n’a jamais fait de mal à personne. » Moi qui parle d’humilité, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Je ne me montrais même pas désagréable, juste poli, m’exprimant tel un apprenti plein de bonne volonté, même si le ton sonnait faux évidemment. Bon joueur, je lui laissais une porte de sortie. Elle aurait vraiment pu me tourner le dos et s’enfuir. Oh bien sûr elle m’aurait beaucoup déçue. Mais je n’eus pas à me remettre d’une quelconque déception puisqu’elle resta droite su ses talons devant moi. Elle riposta avec mépris : yeux levés aux ciels, soupirs lassés, fin de phrase appuyé, la totale. « et on laisse un pitre dans votre genre exercer ? » Difficile de me montrer sérieux en tant que « pitre ». Son choix de qualificatif m’étonna, en bien, plus étonnant encore. Sur l’échelle des noms d’oiseaux j’aurais plutôt misé sur un ‘’imposteur’’ dans la catégorie poli ou un ''connard'' dans les plus directs qu’un ''pitre''. C’était mignon, pitre. Je fis d’ailleurs une petite moue attendrie. « En toute impunité ! » Elle devait être contente que je lui donne raison. Une nouvelle fois je ne bronchais pas, m’exprimant avec politesse et assez calmement, comme si je me trouvais devant une amie qui me taquinait. « quand je dis que les psychologues sont frustrés de ne pas avoir réussi médecine, ils embauchent vraiment n'importe qui. » Ça aurait dû me vexer, mettre à mal ma vanité. Je reconnaissais qu’elle n'avait pas peur de frapper fort. Mais pour ça, il aurait fallu que médecine ait un jour fait partie de mes ambitions. Un air étonné pu se lire sur mon visage quand j’haussais un sourcil perplexe. « Ah je ne risque pas d’avoir réussi médecine, puisque je n’ai pas fait médecine mais psychologie. Psychologie, psychologue, ça se tient m’voyez. » J’avais observé Milo, mon ancien beau-frère, rendre pas mal de gens dingues tout en gardant un flegme inaltérable, apparemment je prenais exemple sur lui, annonçant cela avec nonchalance et osant une réplique culte de south park. Allait-elle être encore plus révoltée d’apprendre que je n’avais carrément pas mis un pied en médecine ? Je poursuivais sans trop lui laisser le temps de se remettre du choc. « Mais c’est drôle, je pense aussi que les psychiatres sont des médecins ratés qui se sont rabattus sur la psychiatrie à défaut de pouvoir entrer en neurologie. Ça expliquerait sûrement qu'ils se vengent sur leurs patients en les transformants en zombies. » Les instituts psychiatriques... Je les avais trop bien connus. Trop et trop jeune. Une vraie foire là-dedans, où des vrais malades mentaux se retrouvent assis à la même table que des dépressifs. Retrouver son frère shooté aux médocs perdu au milieu de types en camisole à quinze ans à peine, ça marque. Ça marque à vie.

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# Re: If nothing, my life has a good sense of humor┊Tulasi.
message posté Lun 26 Juin - 17:29 par Tulasi N. Kapoor
La jeune indienne leva les yeux au ciel, exaspérée par sa rencontre avec un psychologue dans les couloirs de l'hôpital ; habituellement elle se contentait de tracer son chemin sans s'attarder sur ses collègues d'une branche de l'esprit proche de la sienne mais cette fois-ci il ne s'agissait pas d'un simple psychologue ennuyeux à mourir mais du plus exaspérant qu'il lui avait été donné de rencontrer durant sa carrière. Ils étaient semblables, deux passionnés de leur métier œuvrant pour la santé de leurs patients mais avec des méthodes diamétralement opposés, l'un utilisant la méthode douce de la parole que l'autre jugeait inefficace, et l'autre imprimait des ordonnances avec une liste impressionnante de médicaments, apposant sa signature sur un formulaire d'hôpital psychiatrique, des méthodes peu appréciées par les psychologues. Ils se confortaient dans leur guerre de métier parce qu'ils étaient incompatibles. Leur conférence commune avait viré au fiasco le plus total, un débat de sourd qui n'avait eu aucune utilité pour les étudiants présents dans la salle exceptée celle de montrer que la guerre entre les deux corps de métier existait toujours, elle perdurait au fil des années. Mais cette fois-ci Tulasi était intriguée de trouver son ennemi dans les couloirs de l'aide psychiatrique de l'hôpital, dans sa tête des scénarios commençaient à se former, peut-être qu'il était là pour compromettre leurs expériences, pour persuader leurs patients de se diriger vers la psychologie, elle n'en savait rien mais elle se méfiait. « Mais justement, je m’apprêtais à demander quelques renseignements, un peu d’humilité n’a jamais fait de mal à personne. » elle arqua un sourcil, pourquoi cherchait-il à obtenir des informations sur la psychiatrie ? Sa curiosité piquée au vif, elle planta son regard dans celui de son interlocuteur comme si elle pouvait déceler ce qui se passait dans son esprit. Tulasi avait intégré une université de renom dans sa ville natale, la seule chose que ses parents avaient laissé faire sans montrer leur désaccord pour la simple et bonne raison qu'une fille dans la médecine faisait bon genre, elle avait été l'une des meilleures élèves, peut-être même la meilleure, et était particulièrement fière de tenir son cabinet de psychiatre au centre de Londres, tout comme elle se réjouissait d'être demandée à l'hôpital. Sans doute était-elle une des mieux placées pour lui apporter les informations qu'il cherchait mais jamais ni l'un ni l'autre n'accepterait de dresser le drapeau blanc de la paix. « Vous avez enfin compris que l'avenir est dans la psychiatrie et vous comptez reprendre vos études pour changer de métier ? » parce qu'elle avait toujours sous-estimé les psychologues, elle était médecin spécialiste de l'esprit, elle était habilitée à soigner les malades, à leur prescrire des médicaments et des personnages loufoques lui volaient des patients simplement en les écoutant pleurer. La vision des psychologues envers les psychiatres n'était pas meilleure. Elle avait souvent entendu que leur but était simplement de faire grimper leur compte en banque, qu'ils se moquaient bien de la santé de leur patient dès lors qu'ils les envoyaient dans un hôpital psychiatrique pour se shooter aux médicaments. Mais parfois il n'y avait pas d'autres solutions, si elle n'avait aucune envie de consoler une personne suite à un décès ou une rupture amoureuse - ce qu'elle laissait aux psychologues avec grand plaisir - elle ne démordait pas sur le fait qu'une dépression était une maladie à soigner par des médicaments et que les psychologues n'étaient pas aptes à le faire, encore moins à soigner des schizophrène. « Ah je ne risque pas d’avoir réussi médecine, puisque je n’ai pas fait médecine mais psychologie. Psychologie, psychologue, ça se tient m’voyez. » elle leva les yeux au ciel, elle savait très bien qu'il voyait là où elle voulait en venir mais il faisait exprès de la pousser à bout. Elle hésitait à tourner les talons, elle jeta un coup d’œil à sa montre qui lui indiqua qu'elle avait encore le temps avant de se rendre à son rendez-vous, elle ne voulait pas permettre à Ethan de penser qu'elle le fuyait, elle n'allait pas lui servir une victoire sur un plateau d'argent « Et par conséquent vous n'êtes pas médecin, vous ne devriez pas avoir un droit de regard sur la santé des gens. » ils étaient puérile à entretenir la guerre mais le psychologue se révélait être un excellent adversaire doté d'une bonne répartie. Si de son côté son dégoût pour la psychologie se résumait surtout à cela, elle se demandait pourquoi Ethan éprouvait autant de haine envers les psychiatres, peut-être une expérience douloureuse ? Ou elle avait raison, peut-être avait-il loupé sa première année de médecine et s'était ensuite réorienté vers la psychologie en pensant toucher à un domaine similiaire. « Mais c’est drôle, je pense aussi que les psychiatres sont des médecins ratés qui se sont rabattus sur la psychiatrie à défaut de pouvoir entrer en neurologie. Ça expliquerait sûrement qu'ils se vengent sur leurs patients en les transformants en zombies.. » il se trompait complètement, la neurologie ne l'avait jamais intéressé, les lésions du cerveau entraînant des maladies comme parkinson, la paralysie cérébrale ou la sclérose en plaque n'était pas un domaine pour elle, elle préférait largement se pencher sur la science de l'esprit, les troubles comportementaux - même si elle grimaçait quand ses collègues neurologues s'occupaient des maladies psychiatriques. « Même si certains neurologues s'occupent des maladies psychiatriques, nous n'intervenons pas sur les mêmes domaines. Il y a une réelle différence entre les troubles comportementaux et les maladies neurologiques suite à une lésion. Vous saisissez la différence entre un trouble bipolaire et une tumeur cérébrale ou bien c'est trop technique pour vous ? » elle marqua une pause, un sourire naissait lentement sur ses lèvres rouges « Je constate que vous faites bien de venir demander des renseignements, parce que les électrochocs c'est terminé maintenant. Nos patients ne sont pas des zombies. »
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