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we're going somewhere where the sun is shining bright / hal

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message posté Ven 24 Mar - 20:40 par Hanna W. Stafford

♢♢♢
/ Just close your eyes and let's pretend
we're dancing in the street /

Hanna n’avait plus la notion du temps. Quel jour il était, quelle heure, quel mois. Le temps défilait sans qu’elle ne s’en préoccupe plus que ça. Elle subissait le temps, plus qu’elle n’en était témoin. Les journées passaient plus lentement en dehors de l’hôpital. Le rush et l’adrénaline que lui procuraient les urgences et les opérations, avaient laissé place à une sorte d’oisiveté. Son travail lui manquait, parfois. Le contact avec les enfants, ce contact si pure et si innocent, lui manquait davantage. Mais Hanna n’était plus faite pour ça, plus maintenant, plus après les échecs et le deuil. C’était trop douloureux, trop difficile de remettre les pieds dans l’édifice qui avait accueilli tant d’années de sa vie. Ses études, son internat, un enlèvement de l’appendice, son accouchement. Tant de moments clés de sa vie, qu’elle avait laissé derrière elle en posant sa lettre de démission. Ses proches ne l’avaient pas compris, ne le comprendraient peut-être jamais. La médecine était toute sa vie. Petite, quand toutes les autres petites filles inventaient une vie à leurs poupées, les habillaient, les coiffaient, Hanna, elle, les démembrait pour les réparer ensuite. Seulement, aujourd’hui, elle n’avait plus les épaules assez solides. Alors elle sortait, redécouvrait Londres, oubliait de manger, de dormir. Le deuil était une émotion bizarre. Ce sentiment de vide ne la quittait pas. C’est comme si une part d’elle était morte, ce soir-là, avec son patient qui n’avait que quatre ans, qui n’avait rien connu d’autre que la souffrance, jour après jour. Elle autorisait à présent les larmes qu’elle avait retenues pendant trois ans. Elle s’autorisait, désormais, à pleurer son fils. Le soleil s’était couché depuis quelques heures, déjà. Le ciel londonien obscur brillait à travers la fenêtre de sa chambre. Le miroir en pied lui renvoyait l’image d’une femme qu’elle ne reconnaissait pas. Ses cheveux ondulaient et brillaient toujours autant, mais son visage s’était aminci. Ses pommettes étaient plus saillantes, plus voyantes que d’habitude. Sa clavicule ressortait davantage. Les os de ses côtes, de ses hanches étaient plus apparents. Elle n’avait jamais faim. Theodore la poussait à manger quand ils étaient ensemble, parce qu’il lui rappelait, par le simple fait de cuisiner. Toute seule, elle occultait cet acte pourtant nécessaire. Elle enfila rapidement un pull, un jean et ses chaussures, avant d’attraper une bouteille de cidre sans alcool située sur le comptoir de la cuisine, et un sachet de donuts posé à côté. C’était un détour qu’elle avait fait avec plaisir, cet après-midi, en achetant le cidre. Les donuts n’étaient pas un vrai repas, masi peu importait. Le chemin jusqu’à l’appartement de Hal était assez rapide en transport. Elle ne l’avait pas prévenu, ne le faisait jamais. C’était le principe de débarquer à l’improviste. Pourtant, elle savait qu’elle ne le dérangeait jamais. Parce que leur amitié était simple et belle, comme ça. Parfois, elle se dit qu’elle aurait dû l’épouser lui, que ça aurait été beaucoup plus simple, qu’elle aurait été beaucoup plus heureuse. Son poing s’écrasa contre la porte, avant qu’elle ne révèle la tête blonde de son policier préféré. « J’ai pris du cidre sans alcool et des donuts, » déclara-t-elle, levant ladite bouteille et le sachet. Elle savait qu’il adorait les donuts, qu’ils avaient une place particulière dans sa vie. Alors peut-être qu’elle arriverait à l’amadouer avec ces derniers. Une bonne bouteille de Chardonnay aurait été préférable, pour tout ce qu’elle s’apprêtait à lui dire. Elle avait la descente facile dernièrement, mais elle faisait attention. Mais Hal, elle ne pouvait pas risquer sa sobriété, elle ne voulait même pas le tenter. « J’ai démissionné, » lança-t-elle, s’engouffrant dans l’appartement. « J’espère que t’as ta soirée de libre, j’ai quelques trucs à te raconter, » dit-elle, déposant un baiser dans le creux de sa joue.
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# Re: we're going somewhere where the sun is shining bright / hal
message posté Lun 27 Mar - 11:34 par Hal Manning
Depuis quelques jours, Hal avait l'impression de vivre au commissariat, tous les policiers étaient sollicités vu le contexte à Londres. Dans des semaines comme celle-là, il aurait adoré être en mesure de pouvoir boire une vodka après le travail, simplement pour évacuer la pression. Le plus ennuyeux restait sans doute les textos incessants de sa mère pour lui ordonner de faire attention à lui, de ne pas prendre trop de risques. Elle était actuellement en Inde, mais elle trouvait le temps de couver son fils, ce n'était pas étonnant, toute la planète avait vu les images de ce qui s'était passé à Londres. Il y avait tellement de choses à faire au commissariat, que Hal ne voulait pas rentrer chez lui, retrouver son chat n'était pas une perspective des plus réjouissantes. S'occuper l'esprit était le meilleur moyen pour lui de lutter contre son envie de boire, c'est lorsqu'il se retrouvait chez lui seul, sans rien à faire que cela se compliquer. Alors, il avait enchaîné les heures, remplaçant ses collègues qui en avaient besoin. Jusqu'à ce que son rabat-joie de chef lui tombe dessus et lui ordonne de prendre le reste de sa journée, il avait bien essayé de protester, mais apparemment il avait une tête à faire peur. Même pour rassembler ses affaires et quitter son uniforme, Hal prend beaucoup plus de temps que d'habitude, en disant au-revoir à tous les policiers présents par exemple, ce qu'il n'aurait jamais fait en temps normal. Sur le trajet jusqu'à chez lui, il enchaîne les cigarettes quand il n'est pas confiné dans le métro nauséabond. Il serrait les dents en constatant les incivilités des usagers, mais il devait se rappeler qu'il était en civil et que ce n'était pas à lui de leur faire la morale. Lorsqu'il arrive chez lui, il râlait encore contre son boss, car selon lui, il n'était absolument pas fatigué. Résultat, dix minutes après s'être installé confortablement dans son canapé pour regarder une série policière, il s'était endormi comme une masse. De temps en temps, il se réveillait en sursaut à cause de coup de feux dans l'épisode, mais il ne mettait pas longtemps à se rendormir. Résultat, il avait passé son après-midi à dormir sans réussir à voir un épisode en entier, au moins il avait réussi à recharger un peu ses batteries. Il était tellement sollicité au travail dernièrement, qu'il avait besoin de relâcher un peu la pression, même s'il avait eu du mal à l'accepter quand son supérieur l'avait suggéré. C'est son chat qui vient le réveiller définitivement en réclamant ses croquettes avec insistance, il devrait investir dans un distributeur automatique, car il était persuadé d'avoir déjà oublié de le nourrir dans la semaine. Après être sorti de la douche, il s'apprêtait à fouiller dans son tiroir à prospectus pour commander à manger quand on tape à sa porte. Si un voisin essayait encore de faire sauter une de ses contraventions, Hal allait craquer. Il avait suffit qu'un d'eux découvre son métier, pour que l'information se répande dans tout l'immeuble. « J'ai pris du cidre sans alcool et des donuts, ». Il fronçait les sourcils en ouvrant la porte, mais son visage s'illumine en découvrant Hanna et la mention de donuts. « Rentre ! ». Sa porte serait toujours ouverte pour Hanna, quoi qu'il arrive, mais elle le connaissait assez pour savoir que débarquer avec des donuts était toujours une bonne idée. « J'ai démissionné, ». Il cligne des yeux sans vraiment comprendre ses paroles, Hanna était chirurgienne, il ne la voyait pas faire autre chose. Tout comme il ne se voyait pas faire un autre métier que celui de policier. Qu'est-ce qui avait bien pu justifier une telle décision ? Hal l'avait admiré pour être capable de continuer à bosser avec des enfants, après la mort de son fils, peut-être que ses démons l'avaient finalement rattrapé. « J'espère que t'as ta soirée de libre, j'ai quelques trucs à te raconter, ». Il se doutait bien, il était curieux de savoir ce qu'elle comptait désormais faire. Si elle envisageait une reconversion ou non. Elle dépose un baiser sur sa joue et il est agréablement surpris de constater qu'il ne lui faut pas dix secondes pour s'en remettre. Il referme la porte de l'appartement en ne se gênant pas pour la faire claquer, ses voisins l'ennuyait, il leur rendait à sa façon. Il lui dérobe la bouteille des mains et observe l'étiquette avec dédain. « J'ai tout mon temps, mais tu sais que cette merde ça revient à du jus de pomme gazéifié, t'aurais pu tout aussi bien prendre du champomy... ». Il était toujours mal à l'aise quand ses proches étaient obligées de prendre des boissons sans alcool à cause de lui, personne ne connaissait l'existence du cidre sans alcool avant d'être obligé d'en acheter. Son regard se pose sur Hanna et il regrette automatiquement ses paroles un peu dures, elle faisait des efforts pour le soutenir, il le voyait. « Désolé, je suis un peu à cran à cause du boulot. ». Il se dirige vers son canapé et dépose la bouteille sur la table, envoyant voler quelques affaires à l'autre bout du salon pour faire un peu de place. Il l'invite à s'asseoir sur le canapé d'un geste de la main et se saisit d'un paquet de gobelets en plastique qui se trouvait sous la table, il n'avait pas le temps de faire la vaisselle. Comme s'il se préparait intensivement pour ce qu'elle a à dire, il se positionne en tailleur sur son fauteuil, en s'appuyant confortablement contre les oreillers. « Je suis prêt, raconte moi tout ! ». Même s'il était un peu ronchon, cela n'était jamais contre Hanna. Il n'aurait jamais pu être en colère contre elle. Il était toujours intéressé par ce qu'elle avait à dire et ce qui se passait dans sa vie.
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# Re: we're going somewhere where the sun is shining bright / hal
message posté Mer 12 Avr - 23:28 par Hanna W. Stafford

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Ses démons la suivaient, partout où elle allait. A chaque coin de rue, elle croisait un enfant. Un enfant qui, étrangement, ressemblait à ceux qu’elle avait perdu. Des cheveux clairsemés, des yeux clairs, un jeune âge, haut comme trois pommes. Un sourire espiègle, une malice dans les yeux. Elle savait, au fond, qu’elle les imaginait, ses traits de ressemblance. Que son esprit, ses yeux, lui jouaient des tours. Elle en rêvait la nuit, toutes les nuits. Dès qu’elle fermait ses paupières, ils étaient là. Bleus, morts, immobiles. La faucheuse lui rendait visite dans ses songes. Elle fauchait ses proches, un à un. Le sang pourpre envahissait les murs, les rues, le ciel. Le visage et le corps des autres. Alors elle ne dormait plus, ou que d’un œil. Elle ne mangeait plus, parce que la fatigue coupait son appétit. Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. La légère brise qui troublait les branches des arbres, qui faisaient tourbillonner les feuilles et voler ses cheveux arrivait même à la secouer. Son poids diminuait à vue d’œil, ses vêtements ne lui allaient plus. Pourtant, elle ne faisait aucun effort pour aller mieux. Elle se complaisait dans ce deuil, dans cette tristesse et cette misère. L’appartement d’Hal a cette odeur rassurante, apaisante. Cette odeur qui n’est propre à lui. Quelque chose à mi-chemin entre le parfum viril pour homme, le cuir ancien et…Hal. La porte révéla son ami, les sourcils froncés, et pendant un instant, elle se demanda si elle avait bien fait de venir le déranger à l’improviste. Elle passa néanmoins le pas de la porte, sac et bouteille sous le bras. Sans attendre Hal, elle se dirigea instinctivement vers le canapé. La bombe était jetée, comme une grenade au milieu d’une rue bondée. Elle avait démissionné, elle avait quitté le travail pour lequel elle s’était tellement battue. Son ambition avait été écrasante. Sa vie de couple en avait subi les conséquences. Son enfant en avait subi les conséquences. Elle avait vécu pour la médecine pendant tellement longtemps. Depuis sa plus tendre enfance, depuis qu’elle savait lire et écrire, depuis qu’elle comprenait que les gens malades pouvaient guérir. Mais ce n’était pas le cas, pas tout le temps. Certains n’avaient pas de chance et souffraient de maladies incurables, fatales. Elle avait naïvement pensé qu’elle pourrait les soigner, devenir le prochain prix Nobel de médecine. Mais c’était stupide. Parce que la mort la suivait comme son ombre. Dans un soupire, elle se laissa tomber sur le canapé, après retirer son manteau. « J'ai tout mon temps, mais tu sais que cette merde ça revient à du jus de pomme gazéifié, t'aurais pu tout aussi bien prendre du champomy... » Une grimace traversa son visage. « J’aime pas le champomy, » lança-t-elle, en haussant les épaules de façon désinvolte. « Pour être honnête, je voulais du jus de raisin, » souffla-t-elle, sur un ton amusé. Son attention n’était pas de lui manquer de respect. Son alcoolisme et le combat qu’il avait mené contre ce dernier ne méritaient pas d’être dénigrés. Le choix de boisson lui importait peu. Ils auraient pu boire de l’eau. Ce qu’elle voulait, c’était passer du temps avec Hal, pour oublier un peu le chaos de sa vie. « Désolé, je suis un peu à cran à cause du boulot. » Elle agita la main, pour ignorer sa remarque. Elle attrapa le gobelet qu’il lui tendait, le liquide ambré le remplissant jusqu’en haut. Les bulles chatouillèrent son palais quand elle en pris une gorgée. L’amusement qui colorait son visage disparaissait doucement, alors qu’elle se redressa. Ses coudes étaient posés sur ses genoux, et son regard croisa celui d’Hal. « J’ai perdu un patient…un enfant que je suivais depuis deux ans maintenant. » Sa voix était basse, tremblante. Elle n’aimait pas en parler, jusqu’à maintenant. « Il est mort dans mes bras et…je sais pas. C’était la goutte d’eau de trop, j’ai pas supporté, alors j’ai démissionné, » finit-elle, avant de prendre une autre gorgée. C’était douloureux, un poignard qu’on lui enfonçait péniblement dans le cœur, à chaque fois. Elle ne se le pardonnerait jamais, même si elle n’était pas vraiment responsable. Sa vie reposait sur ses épaules, et elle l’a laissé tomber.
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# Re: we're going somewhere where the sun is shining bright / hal
message posté Lun 17 Avr - 18:11 par Hal Manning
La présence d'Hanna dans son appartement avait une saveur particulière, il serait toujours heureux d'être en sa compagnie, mais il avait la sensation que c'était différent cette fois. Son arrivée ne s'était pas accompagnée de l'amertume habituelle, des regrets de ne pas être l'homme de sa vie. Hal n'avait pas oublié sa révélation, elle fréquentait un autre flic, il n'était même pas le seul policier de sa vie. Les signes étaient positifs, il semblait enfin réussir à tourner la page Hanna, ou tout du moins à ne plus regarder en arrière, à se torturer l'esprit sur ce qu'ils auraient pu être. Sa rencontre avec Lyanna n'y était pas étranger évidemment. Toutefois, il doutait d'être un jour totalement guéri d'Hanna, elle s'était enfouie tellement profondément dans son cœur, qu'il doutait qu'une autre puisse la déloger complètement un jour. Il l'espérait au fond. Il rêvait de connaître un amour dévorant et dévastateur, même si cela lui faisait peur. Puis, que cet amour soit réciproque surtout. Il aimait celle qui ne l'aimait pas en retour et ne désirait point celle qui l'aimait. Pendant un moment, il avait pensé à arrêter de voir la rousse pendant quelques temps pour réussir à tourner véritablement la page, mais il n'avait jamais réussi à s'y résoudre. Bien qu'elle ne lui portait pas la même affection, Hanna était une amie fidèle et irremplaçable. Leur relation était précieuse, même si elle ne prendrait jamais la route d'une relation de couple. Ils pourraient toujours partager des moments comme celui-ci, autour d'un verre de cidre ou d'autre chose. Il lui prêterait toujours une oreille attentive, quoi qu'elle ait à dire. Hal porte son verre de cidre à ses lèvres, même s'il s'agissait de la dernière chose qu'il ait véritablement envie de boire. Déjà qu'il n'était pas particulièrement amateur de cidre avec alcool, qu'il considérait comme une boisson pour mineurs. « J'ai perdu un patient…un enfant que je suivais depuis deux ans maintenant. ». Il comprenait mieux comment elle avait pu en venir à cette décision, bien qu'il se doutait que ce n'était pas la première fois qu'elle perdait un patient. Rien qu'à regarder sa posture, c'était évident que la situation était encore douloureuse et qu'elle en souffrait. Après les longues études et tous les sacrifices qu'elle avait fournis, elle avait du être sacrement chambouler pour laisser son métier derrière elle. « Il est mort dans mes bras et…je sais pas. C'était la goutte d'eau de trop, j'ai pas supporté, alors j'ai démissionné, ». Il suffisait qu'elle en parle pour qu'Hal visualise la scène, il avait la gorge nouée en s'imaginant ce que son ami avait ressenti, ce qu'elle ressentait encore. Sa réaction naturelle était de vouloir la prendre dans ses bras, d'essayer d'absorber une partie de cette peine, mais il était incapable de combattre la mort. Le deuil était une émotion trop puissante pour être rationalisée ou amoindri. Il le voyait à chaque fois qu'une famille de victimes se retrouvait dans les locaux du commissariat. Alors, il se contente de poser une main réconfortante sur son genou, plus serait futile. « Je suis désolé ! ». Pour cet enfant qu'il ne connaissait pas, pour cette profession qu'elle avait rêvé d'exercer, mais qu'elle était forcée d'abandonner. Les mots lui manquait, qu'est-ce qu'il pouvait bien dire d'autre face à de tels aveux. « Franchement tu méritais au moins du cidre avec alcool pour traverser ça... ». L'alcool avait toujours été sa solution à tout, en cas de coup dur ou lorsqu'il avait quelque chose d'heureux à célébrer. Cela semblait criminel de se priver du soutien de l'alcool face à une telle épreuve. Certes, il savait qu'Hanna était une personne forte, bien plus forte que lui malgré les apparences. Elle s'était relevée après la mort de son fils et il n'avait aucun doute qu'elle finirait par remonter la pente et tirer une part de positif. Parfois, un choc était nécessaire pour se décider à aller de l'avant. « Je crois qu'ils embauchent au commissariat, stu veux tu peux me filer ton CV. ». Sa tentative d'humour est hésitante, mais il aurait donné n'importe quoi pour éloigner les pensées négatives de son esprit et faire apparaître son sourire qu'il aimait tant.
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message posté Ven 19 Mai - 15:15 par Hanna W. Stafford

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Hanna connaissait la perte. Les hôpitaux accueillaient des malades, mais gardaient les morts. Des résidents s'amusaient à raconter aux internes que les couloirs étaient hantés par les âmes de tous ces patients qui ont perdu la vie sur une table d'opération. Hanna n'y avait jamais cru. Elle était trop terre à terre, trop réaliste pour croire à des histoires de fantômes. Ce patient n'était pas le premier qu'elle perdait sous ses mains expertes et agiles. Elle les comptait, parce qu'on n'oublie jamais. Elle les comptait, pour se rappeler, pour s'améliorer, pour faire mieux, toujours mieux. C'était son mantra, celui qui l'avait propulsé aussi haut, aussi vite. Il ne fallait pas s'attacher, donner trop d'importance. Ils n'étaient que des patients lambdas. Des enfants malades, qui nécessitaient le plus grand soin et la plus grande attention. Ils n'étaient pas son fils, ni sa famille. Pourtant, elle s'était laissée piégée, comme une débutante. Elle l'avait laissé prendre une place importante dans son cœur, avec ses grands yeux bleus et son nez retroussé. Il n'était pas le premier patient qu'elle perdait, mais elle s'était promis qu'il serait le dernier. Ses rêves de prix, de récompenses et carrière internationale, étaient bien loin derrière elle, aujourd'hui. Son ambition et son intelligence l'auraient sûrement – un jour – poussé plus loin. Aux États-Unis, peut-être. Ou à l'autre bout du monde. Mais elle avait choisi de faire ce qu'elle s'était refusée de faire il y a trois ans. Tout abandonner, tout lâcher. Arrêter de se battre et d'espérer. L'appartement de Hal était familier. L'odeur, la décoration, le canapé moelleux, son sourire. La réaction de Hal était attendue. Sa démission avait surpris tout le monde, en avait déçu certains. Le regard que portait ses parents sur elle avait changé, et la fierté qui brillait, auparavant, dans leurs yeux s'était progressivement éteinte. Mais Hal ne la jugeait pas, gardait ce même œil bienveillant et chaleureux sur elle. Parce que leur amitié était simple et précieuse comme ça. Ses doigts glissaient autour du gobelet en plastique. Elle posa la paume de sa main libre sur celle de son ami, pour la serrer rapidement. Elle aussi, était désolée. Désolée d'avoir fait des promesses, désolée de les avoir brisé. Désolée qu'il ne vive pas un jour de plus. Pourtant, toutes les excuses du monde ne changeraient pas le cours des choses. « Franchement tu méritais au moins du cidre avec alcool pour traverser ça... » Elle laissa échapper un léger rire, croisant son regard. Le liquide ambré pétillait, alors que Hanna porta le verre à ses lèvres. La fraîcheur du cidre glissa dans sa gorge, et si elle devait être honnête, l'amertume et la brûlure de l'alcool manquaient quelque peu. Mais boire était trop facile. Perdre le contrôle l'était tout autant. Les bouteilles vides qui traînaient dans un coin chez elle en étaient la preuve. Alors le cidre sans alcool semblait être une meilleure alternative. « Je préserve mon foi ! Je savais que t'étais une mauvaise influence sur moi, » lança-t-elle, sur un ton qui se voulait taquin. L'atmosphère était tendue, mais elle n'en voulait pas de cette gêne, Hanna. Il n'y avait pas de tabous entre eux, jamais. Du moins, c'est ce qu'elle espérait. La situation était grave, mais elle ne voulait pas qu'il s'apitoie sur son sort. « Je crois qu'ils embauchent au commissariat, stu veux tu peux me filer ton CV. » Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres, alors qu'elle arqua un sourcil. « Plaisante pas trop, je vais avoir besoin de travailler, » souffla-t-elle, accompagnant sa remarque d'un clin d'œil. Son avenir était incertain. Qu'allait-elle faire ? Où ? Les révélations de Theodore et son appartenance à la Mafia lui pesaient encore sur la conscience. Sa curiosité la poussait à vouloir en savoir plus, à en découvrir plus. La personnalité mystérieuse de son amant prenait forme sous ses yeux. La Mafia allait au-delà de tout ce qu'elle aurait pu s'imaginer. Même dealeur et revendeur de drogue semblait presque plus réaliste. C'était un monde secret et sélectif. Et Theo l'avait partagé avec elle. Seulement, ce secret, elle ne pouvait pas le dire à Hal. Et ça, aussi, ça lui pesait sur la conscience. Elle se racla doucement la gorge, avant d'attraper la bouteille de cidre et d'en resservir un peu. « Et toi alors, quoi de neuf ? Toujours célibataire ? »S'enquit-elle, doucement.
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# Re: we're going somewhere where the sun is shining bright / hal
message posté Hier à 10:45 par Hal Manning
Policier, médecin, pompier. Ils savaient qu'en choisissant l'un de ses métiers, ils finiraient irrémédiablement par être confrontés à la mort, pourtant l'habitude ne rendait pas la chose plus facile à supporter. C'était des meurtres irrésolus et particulièrement sanglants qui l'avait fait dérailler et tomber dans l'alcool. Peut-être qu'il aurait dû faire le choix de quitter la police pour préserver sa santé mentale et ne pas sombrer dans la boisson. Sauf qu'il ne se voyait pas faire autre chose de sa vie, il avait déjà du mal à imaginer Hanna faire un autre métier, mais c'était encore pire pour lui. « Plaisante pas trop, je vais avoir besoin de travailler, ». Il était sans doute trop tôt pour envisager une reconversion, mais il n'avait aucun doute qu'elle finirait par retrouver quelque chose qui lui plaisait. Elle s'était donnée les moyens de devenir chirurgienne, elle finirait forcément par retomber sur ses pieds. Toutefois, il doutait que le commissariat soit un environnement adapté, l'ambiance était toujours pesante. Les gens y venaient toujours pour des choses peu réjouissantes, un peu comme à l'hôpital. Il ne conseillerait jamais à personne de venir travailler dans un commissariat, même s'il s'agissait de survivre en touchant un salaire à la fin du mois. Son verre de cidre descendait à une vitesse limitée, mais il lorgnait avec insistance sur les donuts, incapable de résister bien longtemps à ses douceurs préférées. « Et toi alors, quoi de neuf ? Toujours célibataire ? ». Elle pose sa question, quand il venait de s'engouffrer un énorme morceau de donuts dans sa bouche. Il est content de ne pas pouvoir répondre de suite et d'être obligé de mâcher quelques secondes. C'était toujours étrange d'évoquer sa vie amoureuse avec Hanna, celle qu'il avait toujours considéré comme l'amour de sa vie. Un amour à sens unique, tragique. Pourtant, il était conscient que s'il voulait avancer et conserver son amitié avec elle, il devait être capable de parler de ça sans être gêné. Puis, il était sûr que ce sujet de conversation réussirait à lui changer les idées pendant quelques minutes et qu'elle oublie son patient l'histoire d'un instant. « J'ai rencontré quelqu'un, mais y'a un petit problème... ». Jusqu'ici, il n'avait évoqué sa rencontre avec Lyanna avec personne, mais il savait qu'Hanna ne le jugerait jamais et pourrait comprendre l'enjeu moral. Il avait déjà détruit un mariage dans sa vie, le sien, il ne tenait pas vraiment à être la cause d'un deuxième divorce. « Elle est mariée. Enfin, il s'est rien passé, juste un baiser comme ça, mais j'arrête pas d'y penser, je me refais le film en boucle ! ». C'était étrange à expliquer, mais il n'avait jamais été aussi emballé par une femme en dehors d'Hanna. Même son ex-femme n'avait été qu'une illusion pour tenter d'oublier la rousse. Pour la première fois, il se sentait capable de tomber amoureux pleinement, mais la personne qui provoquait tant de tumultes chez lui n'était pas libre. « Je suis pas un briseur de couple. J'ai jamais trompé personne, même quand mon mariage partait en couille. J'ai pas envie d'avoir ça sur la conscience, mais j'ai envie de la revoir, c'est plus fort que moi. ». Il regardait le fond de son verre avec tristesse, il allait finir par croire qu'il était maudit et que les femmes qu'il aimait ne lui étaient jamais destinées.
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