Bienvenue sur le forum.
Nous vous souhaitons une agréable visite sur London Calling.
Version #22 !
LC vient d’enfiler sa 22ième version, dont vous trouverez tous les détails par ici.
La chasse aux fleurs.
Une chasse aux fleurs est en cours où mêmes les allergiques peuvent jouer. Plus d'infos.
On a besoin de vous !
Si vous avez des idées, des suggestions ou autre à nous faire par quant à l’intégration sur le forum, rendez-vous par .
Encourager le forum en votant.
Aidez-nous à faire connaître London Calling en votant sur le top-site, merci. Plus d'infos.



Partagez|

dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)

avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 16/03/2017
» Messages : 525
» Pseudo : bermudes.
» Avatar : lili reinhart.
» Âge : 23 yo.
» Schizophrénie : kiddie, la licorne.
# dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)
message posté Mer 29 Mar - 17:32 par Lioba Roy-Stozzi
Tu t’es réveillé, t’étais pas chez toi. Rien de surprenant. Ni ça, ni le fait que ce soit à l’autre bout de la ville. Il est pas réveillé, pas encore. Alors tu te lèves doucement, sans faire de bruit. Les oiseaux chantent, et t’as presque envie d’aller leur mettre du scotch sur le bec. Tu veux pouvoir partir, tranquillement, sans que la personne à tes côtés se réveille. Tu sais plus son prénom, et t’es persuadée de pas lui avoir donné le tien. Tu te rhabilles, dans le silence le plus complet. Parfois, tu te dis que ta vie serait vachement plus simple si tu te posais avec quelqu’un, que t’arrêtais d’aller à droite à gauche. Et après, tu te souviens que si ça arrivait, à un moment, tu devrais forcément le ou la quitter. Parce qu’un jour, tu devras retourner en Sicile. Et que ce jour là, tu perdras tout le monde. Il n’y aura pas de soucis avec les gens que tu connais à peine, que t’as vu une fois ou deux, que t’oublies jusqu’à ce que tu les revois. Mais t’as peur pour la souffrance que tu vas ressentir quand tu devras quitter les autres. T’as peur. Tu sors de chez la personne, et tu te retrouves dans une rue. Inconnue. Hier soir, t’étais probablement un peu trop imbibée. Tu sais, par l’architecture des bâtiments que t’es probablement loin de chez toi, mais où exactement, c’est un mystère. Maintenant que t’es sortie, en bras de l’immeuble, tu souris en entendant les oiseaux chanter. T’aimes bien le son qu’ils font. C’est doux, joyeux aussi, un peu. Et ça te mets toujours de bonne humeur, qu’importe le moment. Tu te souviens, chez toi, dans votre grande maison, quand tu devais aller prendre l’air à cause de Timeo, ou de tous les autres. Et tu te souviens des oiseaux. Ils chantaient, ils communiquaient entre eux. Et c’était beau. Et même si en sortant, tu pleurais, alors tu te mettais à sourire.

T’avances, seule, dans les rues encore désertes. Les gens, c’est pas tous des lève-tôt à Londres. Et surtout pas un Dimanche matin. Avoir la rue pour toi, pourquoi pas. Avoir les bus pour toi, c’est encore mieux. Tu t’arrêtes à une station et t’attends. Tu sais pas où t’es, tu sais pas où le premier bus que tu prends vas, mais tu t’assois. Et tu traverses Londres dans un bus. Tu te rends vite compte qu’il va pas dans la direction de chez toi, mais tu restes dedans, les yeux dans le vide, dirigés vers le paysage. Et lorsqu’il arrive au terminus, le chauffeur te sourit. “Le prochain, il va à Brixton.” Tu le remercies d’un hochement de tête, d’un sourire. Tu montes dans le bus suivant. Et tu descends devant chez toi.

Tu sais que ta cousine est là-haut, probablement endormie sur la canapé, après t’avoir attendue toute la soirée. Tu t’en veux presque de lui faire ce coup là, de plus en plus. En général, tu rentres vers deux heures du matin, elle t’attend, elle se bat pour garder les yeux ouverts. Mais depuis une semaine, ton rythme est plus perdu, tu rentres à 8h00, tu t’habilles et tu repars au travail. Et tu la vois plus, ta cousine. Elle te manque. Quand tu ouvres la porte, sûre chose, la voilà, allongée sur le sofa, un oreiller dans les bras, ses cheveux blonds qui pendent de l'accoudoir. “J’suis désolée.” Tu l’embrasses sur le front, elle réagit pas. Elle doit dormir comme un loire. T’éteins la télé qu’elle avait laissé allumée et tu vas t’allonger dans ta chambre. Les peintures au mur te rappellent tout ce que t’as vécu jusqu’à aujourd’hui. Et l’une d’elle en particulier te rappelle de pas t’attacher. Des gens, que t’auras plus jamais l’occasion de revoir. Une fille, que t’as retrouvé par chance ici. Mais toutes les autres personnes, des pauvres âmes perdues dans les ruelles de Palerme. Ils te manquent. C’est un éternel souvenir de ta règle la plus importante. Un souvenir permanent que cette règle, y’a quelques personnes pour qui elle compte pas. Ton portable à la main, tu souris à la photo de profil d’une certaine personne que t’as envie de voir. Avec qui tu as envie de passer du temps. Juste pour passer le temps avec quelqu’un que tu aimes. Juste pour te rappeler que l’amour fraternel, c’est pas réservé aux liens du sang. Tu lui envoies un texto rapide : “G., tu viendrais pas me voir aujourd’hui ?” Et t’attends, allongée sur ton lit jusqu'à entendre la sonnette de porte, à aller ouvrir, et à te retrouver face à la personne que t'as le plus envie de voir en ce moment. Parce que Goliath, c’est ton petit frère à Londres. Celui qu’est plus âgé que toi et que tu feras tout pour mettre à l’aise, pour protéger.
j'aime qu'on se comprenne
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 21/03/2017
» Messages : 153
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : ezra miller.
» Âge : vingt-sept ans.
» Schizophrénie : helga s. lindholm.
# Re: dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)
message posté Jeu 6 Avr - 13:13 par Goliath B. Chamberlain
DANS UN MONDE SANS MIROIR, ON SERAIT LES SEULS À SE VOIR
LIOBA ROY-STOZZI & goliath b. chamberlain
Le dimanche, c'est le jour où je me lève le plus tard. Il m'arrive parfois même de ne sortir des bras de Morphée qu'en début d'après midi. J'ai beau de ne pas avoir de travail contraignant qui justifierait mon statut de larve en ce jour béni, je n'arrive pas à me débarrasser de cette mauvaise habitude. Oswald me rappelle souvent qu'il serait pourtant apprécié que je participe à la messe du dimanche. Et tous les samedis soirs, je me dis que « C'est sûr, demain matin j'irais à la messe ». Et puis le lendemain, j'ouvre un œil et il est déjà quatorze heures. Mais je vais à l'Eglise le lundi pour confesser ma flemmardise et me faire pardonner. Et toutes les semaines c'est comme ça depuis près de trois ans. Certains diront que je suis un mauvais chrétien, Oswald le premier ; Mais est-ce que je dois vraiment m'en vouloir ? Mes médicaments me fatiguent et m’assomment. Et puis, je ne poste jamais de vidéos sur ma chaîne Youtube le dimanche, et c'est sûrement pour ça que je m'accorde ce répit. En même temps, quelle idée de faire la messe le dimanche matin ; Le samedi soir ça aurait arrangé beaucoup plus de monde. Après tout, personne ne dort le samedi soir, n'est-ce pas ? Je sais que ça ne collerait pas, parce que le dimanche c'est le premier jour de la Résurrection et de la Rédemption ; Le samedi ce n'est que le dernier jour de la Création. Ca n'aurait aucun sens de mettre la messe le samedi soir. Mais disons que si ça avait été organisé comme ça, j'y serais allé plus souvent.

Quand j'ouvre les yeux, je suis allongé dans mon canapé. Les rayons du soleil se frayent un chemin jusqu'à mon visage, caressant ma peau d'une douce chaleur envoutante. Je crois que j'étais en train de faire un mauvais rêve, mais les derniers souvenirs de celui-ci s'estompent rapidement lorsque je me redresse à l'aide de mes bras. Je ne me suis pas réveillé naturellement, j'ai entendu mon téléphone sonner, et j'ai l'impression qu'il est plus tôt que d'ordinaire. Je regarde l'écran de mon portable avec une certaine appréhension, croyant qu'il s'agit d'Oswald me sermonnant à propos de ma nouvelle absence à la messe. Je vois qu'il est dans les environs de huit heures, et que c'est un message de Lioba qui apparaît que le téléphone. Mon cœur s'emballe, je trouve ça étrange qu'elle me contacte aussi tôt, surtout un dimanche matin. « G., tu viendrais pas me voir aujourd’hui ? » lis-je avec précipitation sur mon écran. J'enfouis ma tête dans un des coussins, expirant un grognement et laissant mon bras droit ballant à côté du canapé. Il est trop tôt pour que je me décide à faire quelque chose. J'aimerais bien me rendormir et ne me réveiller que dans quelques heures. Mais après une dizaine de minutes à batailler, je dois me rendre à l'évidence que je rejoindrais pas Morphée avant ce soir. Je finis par me lever, et ma tête tourne pendant quelques secondes. Lupin semble surprit de ce réveil matinal. Il me scrute du coin de l'oeil depuis son immense couchette, comme craignant que ce ne soit qu'une fausse alerte -un passage aux toilettes peut-être- et qu'il n'aura pas sa gamelle tout de suite. Pourtant, la première chose que je fais, c'est de lui servir sa nourriture. L'odeur des croquettes pour chien me donne la gerbe, je ne sais pas comment il fait pour avaler ça. Lupin se jette jusqu'à sa gamelle pour l'engloutir en quelques secondes, m'offrant quelques léchouilles baveuses sur les mains par la même occasion. Je ris, lui donnant en retour quelques caresses alors qu'il mange. « Toujours de bonne humeur toi. » Ce dernier se met à aboyer joyeusement comme pour me répondre, et je lui chuchote « Lupin ! Arrête tu vas réveiller Darius et tous les voisins si ça continue ! » pour le réprimander. Jusqu'avant ce moment, je n'avais pas vraiment penser à mon colocataire. Je me rappelle qu'il avait passé la soirée avec moi, nous avions décidé de regarder un film tous les deux ; je pense m'être m'assoupit vers la fin de ce dernier, et Darius avait dû aller se coucher silencieusement, me laissant dormir seul sur le canapé portant encore nos deux odeurs mélangés.

Maintenant que je suis bien réveillé, j'hésite entre aller à la messe qui commence à neuf-heures, ou promener mon chien. J'aurais pu faire les deux en même temps si Lupin n'était pas aussi imposant qu'un poney. Je récupère mon téléphone sur la table basse à côté du canapé; il est huit heures vingt passées. Je finis par répondre rapidement à Lioba sans vraiment regarder ce que j'écris, l'esprit distrait par le bruit provenant de la chambre de Darius.  « ÇA MARCHE L., JE VAIS D'ABORD PROMENER RAPIDEMENT LUPIN ET JE PENSE ALLER À LA MESSE POUR UNE FOIS QUE JE SUIS DEBOUT UN DIMANCHE MATIN !   » J'envoie le message avant de me rendre compte de ce que je viens d'écrire. Je m'empresse d'en rédiger un deuxième toujours à l'intention de Lioba. « Oups, pardon pour les majuscules L., je suis pas encore bien réveillé je crois !     » Puis je repose mon téléphone, avant de me diriger vers la porte de la chambre de mon colocataire dont les bruits en amenant m’intrigue plus que de raison. Je plaque doucement mon oreille contre cette dernière ; Darius fait simplement sa prière. J'aurais aimé lui dire que je vais m'absenter pour la matinée, mais je n'ose pas le déranger. Je lui enverrais un message sur la route, ça sera mieux.


☆☆☆


Je me prépare rapidement, promène Lupin pendant une vingtaine de minute, avant de le ramener à l'appartement et de pédaler à vélo jusqu'à la Saint-George's Cathedral. J'arrive essoufflé mais satisfait; je vais assister à ma première messe du dimanche matin depuis un très long moment. C'est beaucoup moins excitant une fois l'adrénaline retombée; à part les paroles incompréhensibles du prêtre et les quintes de toux qu'ont certaines personnes autour de moi, c'est le silence et l'ennui le plus total. La somnolence me gagnerait presque, si je ne m'accrochais pas à l'idée qu'après ce dur moment à passer, je me rends chez Lioba. Au bout d'une heure environ, la messe prend fin, et je file le plus rapidement possible, sans même chercher du regard Oswald qui devait se trouver quelque part non loin. J'enjambe ma bicyclette et un moment plus tard, je me retrouve devant chez mon amie. J'accroche mon vélo à un grillage pas très loin de là, puis je sonne à l'entrée. Lioba m'ouvre seulement quelques instants plus tard. Je suis surpris de la rapidité avec laquelle elle m'accueille chez elle, à croire qu'elle faisait le guet devant sa porte depuis plus d'une heure. Je lui dégotte un sourire amical avant de m'exclamer « Hey Lioba ! » Je lui embrasse la joue avant de rentrer à l'intérieur de sa demeure. J'aime l'odeur rassurante que je sens à chaque fois que je vais chez elle; ça m'évoque un mélange de vacances et de quand j'allais voir mes grands-parents. Je me dirige automatiquement vers la chambre de mon amie, faisant le moins de bruit possible puisque je vois que sa cousine est encore assoupie. Lioba, ça fait un moment que je la connais, c'est drôle parce que c'est un peu comme ma grande-soeur; elle me protège et me rassure quand j'en ai besoin. Ça se voit que j'ai l'habitude de venir parce que je n'ai pas hésité une seconde pour trouver sa chambre, et je me suis direct allongé sur son lit une fois que je suis rentrée dans la petite pièce. Je suis pas du genre à être très à l'aise chez les autres; mais dans sa chambre c'est différent. Ici, c'est un peu comme si c'était chez moi, je m'y sens bien. J'aime l'odeur de la pièce, la couleur rassurante des murs. Je croise mes bras sous ma tête, retirant mes chaussures à l'aide de mes talons, et adresse un nouveau sourire à Lioba. « Alors tu vas bien ? Je t'avoue que je me suis un peu inquiété de recevoir ton message aussi tôt, je me suis dis que t'avais peut-être un truc qui allait pas ou quoi, tu vois. » finis-je par dire dans un ton mélangeant l'inquiétude et la tendresse.


electric bird - @LIOBA ROY-STOZZI.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 16/03/2017
» Messages : 525
» Pseudo : bermudes.
» Avatar : lili reinhart.
» Âge : 23 yo.
» Schizophrénie : kiddie, la licorne.
# Re: dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)
message posté Ven 7 Avr - 14:29 par Lioba Roy-Stozzi
En l’attendant, tu regardes les murs, tu regardes les toiles. Certaines sont de Juls, certaines de Goliath. Certaines te font sourire, d’autres moins. Beaucoup moins. Tu voudrais peindre aujourd’hui, t’aimerais peindre ta cousine, t’aimerais qu’elle pose pour toi. Mais elle dort. Elle dort et tu refuses catégoriquement de la réveiller. C’est de ta faute si elle dort sur le canapé, si elle est toujours pas debout, fraîche de sa bonne nuit et prête pour une journée endiablée. C’est de ta faute parce que hier, t’as pas respecté tes habitudes, mais qu’elle si. Et qu’elle t’a attendu, et attendu. Maintenant que t’y penses, elle a même dû essayer de le combattre, le sommeil, quand il lui est arrivé dessus. Elle a dû se dire qu’elle devait t’attendre. Absolument, coûte que coûte. Et toi, hier soir, t’as pas pensé à elle. T’aurais pu lui envoyer un message, un texto, c’était la moindre des choses. Mais non, non, tu l’as pas fait. Parce qu’hier, t’étais occupée. Et qu’hier, t’as fait passé ton bonheur, ton extase avant elle, avant ta famille. Avant celle qui t’a recueilli les bras ouverts. C’est dans ces moments là où tu te fais la réaction que t’es pas une bonne personne. Alors tu regardes tes toiles, t’attends, tu fermes les yeux à un moment. Tu plonges dans un sommeil rapide, réparateur, ces genres de micro siestes qui sont les meilleures choses au monde. Tu prends ton portable et voit deux textos consécutifs de Goliath. Ils te font sourire les messages. Et tu l’attends, tu sais qu’il va venir, t’en est heureuse. Mais t’as cette culpabilité lancinante qu’est là, toujours là. T’aimerais pouvoir la prendre dans tes bras, ta cousine, et aller la coucher dans son lit, mais t’arriveras jamais à la porter sans la réveiller, et ça, c’est hors de question. Elle a besoin de dormir. Elle a besoin de récupérer de ces heures que t’as l’impression de lui avoir volé. Quand la sonnerie retentit, t’es à côté d’elle, de ta cousine. Tu lui caresses les cheveux, t’excusant, encore et encore. T’es étonnée que la sonnerie la réveille pas, mais après tout, tant mieux. “Hey Lioba !” Tu lui souris, lui réponds un salut rapide. Il t’embrasse sur la joue, et tu souris à ce geste si normal pour lui. Toi, t’as l’habitude d’embrasser les gens sur les joues, mais c’est jamais juste pour des salutations, jamais. Après tout, dans les réunions de richos Italiens, la bise, c’est pas une pratique connue, loin de là. Alors ça te fait sourire. Parce que pour lui, c’est innocent, c’est une façon de saluer. Pas pour toi. Mais tu t’es habitué. Pour lui. Il rentre chez toi comme s’il rentrait chez lui, et toi, ça te dérange pas. De la part de quiconque d’autre, si, de la part de quiconque d’autre, ça t’aurait rendue folle un être si malpoli. Mais pas lui. Parce qu’après tout, chez toi, t’as un peu l’impression qu’il est chez lui.

Il file dans ta chambre et tu le suis, non sans lancer un dernier regard à ta cousine, toujours assoupie sur le canapé. Quand toi, t’arrives dans ta chambre, lui, il est déjà allongé sur ton lit, comme si c’était une chose totalement normale. Et à y réfléchir, c’est un peu le cas. Il retire ses chaussures rapidement, et comme l’hôte irréprochable que t’es, tu vas les chercher pour les mettre à la porte de ta chambre. Ca te fait lever les yeux au ciel. Parce que ce genre de trucs, ton petit frère les faisaient H24 là-bas, à Palerme. Et que tu passais toujours après lui pour ramasser ses affaires. C’est Goliath qui te sors de tes rapides souvenirs de ta vie d’avant : “Alors tu vas bien ? Je t'avoue que je me suis un peu inquiété de recevoir ton message aussi tôt, je me suis dis que t'avais peut-être un truc qui allait pas ou quoi, tu vois.” Tu souris à son inquiétude évidente. Tu t’dépêches de t’allonger à côté de lui et d’enrouler deux trois de tes doigts dans ses cheveux. Et tu le regardes, et tu lui souris. “Nan, pas de problème, t’en fais pas. Tout va bien. J’avais juste envie de te voir aujourd’hui, j’sais pas pourquoi. Et toi ? Tu vas bien ? La colocation, la famille ? Ça se passe bien ?
j'aime qu'on se comprenne
Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 21/03/2017
» Messages : 153
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : ezra miller.
» Âge : vingt-sept ans.
» Schizophrénie : helga s. lindholm.
# Re: dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)
message posté Mar 16 Mai - 15:24 par Goliath B. Chamberlain
DANS UN MONDE SANS MIROIR, ON SERAIT LES SEULS À SE VOIR
LIOBA ROY-STOZZI & goliath b. chamberlain
Allongé sur le lit de Lioba, je fixe le plafond le temps qu'elle me rejoigne. Puis je ferme les yeux un instant. Je l'entend entrer dans la chambre à son tour, mais elle ne s'installe pas tout de suite à côté de moi. Alors mes paupières s'ouvrent, et je l'observe. Elle a pris mes chaussures et les a posé à l'encadrure de la porte. C'est vrai qu'elle me l'a déjà répété plein de fois qu'on ne doit pas rentrer dans les chambres avec les chaussures. C'est une des règles de sa maison. Mais moi, j'oublie à chaque fois. Et du coup à chaque fois, c'est Lioba qui place mes baskets là où elles devraient être. Je la vois lever les yeux au ciel, et je sais à quel point ce comportement peut l'agacer. Mais au fond d'elle, elle ne m'en veut pas. Et c'est pour ça que je fais glisser ma tête face à plafond, le fixant une nouvelle fois. Et puis je lui demande de ces nouvelles, exprimant mon inquiétude sans même cherche à le cacher. Lioba finit par me rejoindre ; elle s'allonge à côté de moi, et elle me sourit. Je sens ses doigts s’emmêler dans ma chevelure. C'est le genre de geste qui me détend, j'adore qu'on me touche les cheveux, et elle le sait. Mes grandes sœurs me l'ont souvent fait aussi, du temps où l'on habitait tous ensemble dans la maison familiale. Du temps où même si les choses n'étaient pas parfaites, même si mon père m'haïssait au plus au point, ma mère et mes sœurs m'ont offert un peu d'amour et de réconfort. Et je retrouve cet amour et ce réconfort dans le geste de Lioba. Je reste un moment nostalgique, me rappelant le temps où tout était plus simple. Le temps où ma seule préoccupation avait été de pourrir la vie de mon père, au moins autant que lui ne m'a pourri la mienne. Aujourd'hui, c'est tellement plus compliqué. Je n'ai plus mes parents sur le dos, je gagne plutôt bien ma vie. Mais il y a cette maladie, cette foutue maladie qui me ronge de l'intérieur à petit feu. Et il n'y a rien que je puisse faire pour arranger les choses. Pas de Maman qui enfile son costume de super-héro et qui me sauve de cette situation. Pas de grandes-soeurs qui me protègent du mal. Il n'y a que moi et la solitude dans laquelle je me suis enfermée en prenant le décision de ne parler de tout ça à personne. Alors du coup j'y pense souvent, je tourne les choses en boucle dans ma tête, comme dans ces moments-là, et ça me fout la boule au ventre. J'ai l'impression qu'il y n'a aucune d'échappatoire. Et pour de vrai, il n'y en a pas. Jamais personne n'est sorti vainqueur de la mort, et la maladie qui me ronge me rapproche peut-être un peu plus près des bras osseux de la Faucheuse.

Mais heureusement cette fois, il y a Lioba. Elle est là, avec sa queue de cheval habituelle, ses grands yeux bleus, son regard doux et sa gueule angélique. Elle me fait penser à Deborah, plus jeune évidemment, avec la même douceur dans ses traits. Elle ne le sait pas, mais ça me fait vraiment du bien qu'elle soit là. Elle ne sait pas tout ce qu'il se passe dans ma tête, et à quel point ça va mal. Mais sa seule présence me fait du bien, et calme mes angoisses. Je lui souris en retour. Elle me dit que tout va bien, qu'elle avait juste envie de me voir. Ça me fait plaisir d'entendre ces mots sortir de sa bouche. Je dois avouer qu'au réveil je n'étais pas décidé à venir, mais maintenant que j'étais là, collé ses côtés, son souffle chaud s'engouffrant dans mes cheveux, je me sens bien. Et plus encore : je n'ai envie d'être nulle part ailleurs qu'ici. Si quelqu'un entrait dans la chambre de Lioba à ce moment là, elle avec sa main dans mes cheveux, nous deux allongés sur son lit, il n'en faudrait pas plus pour que cette personne croit que nous sommes en couple. Et pourtant c'est loin d'être le cas. La relation entre la jolie blonde et moi, ça se rapproche d'avantage de l'amour fraternel plus qu'autre chose. Et nous partageons ce même avis sur la situation. Elle me rappelle mes grandes-soeurs, se comporte avec moi comme si j'étais son petite frère. Ce qui est plutôt drôle vu que c'est moi le plus âgé de nous deux. Mais nous avons trouvé cet équilibre parfait qui nous convient à tous les deux. Parfois, j'ai envie de lui parler de ma maladie, lui dire que j'ai le sida, que mon avenir est incertain. Et puis à chaque fois, je m'y résigne, parce que je ne veux pas gâcher le moment avec mes problèmes, et parce que j'ai honte aussi. C'est un problème grave, c'est pas le genre de chose que l'on peut balancer entre le fromage et le dessert. Et c'est pour ça qu'à ce jour, il n'y a qu'une seule personne qui soit au courant. Et puis Lioba me demande « Et toi ? Tu vas bien ? La colocation, la famille ? Ça se passe bien ? », et j'ai une fois de plus envie de tout lui dire. Mais ça ne sort pas. À la place, je me cache derrière mon sourire, ma meilleure arme. Et je fixe à nouveau le plafond. « Ouais ça va. J'ai l'impression que Darius est sur la réserve avec moi, il est du genre mystérieux, tout ça. Mais bon, je pense qu'avec le temps ça passera. » Ça aussi ça m'angoisse. Mais c'est plus facile d'en parler. « Et puis l'autre fois, on parlait de tout et de rien, et je sais plus trop comment, on en est venu là parler d'homosexualité, et je l'ai senti hyper fermé d'esprit. Du genre limite homophobe tu vois. Et ça m'a vraiment dérangé. » Ai-je ajouté d'un ton incertain fronçant les sourcils, en ancrant mon regard dans l'azur de ses yeux. Mon sourire s'est éteint au fur et à mesure que j'ai parlé. Je n'ai pas besoin de me justifier du pourquoi ça m'a dérangé, puisque Lioba sait déjà que je suis bisexuel, et du genre hyper ouvert d'esprit. Mais j'ai ressenti le besoin d'en parler à Lioba, comme on parlerait de ses inquiétudes à sa grande-soeur. Pour qu'elle me rassure, qu'elle me dise un truc gentil qui balayerait toutes mes inquiétudes. En la regardant, je ne peux m'empêcher de murmurer « Il faudrait que j'envoie un message à Deborah aussi, ça fait longtemps que j'ai pas eu de ses nouvelles. » tout en posant ma main sur le papier peint du mur. Je sens les gondolements des motifs sous mes doigts, contours que je connais déjà par cœur. Et puis je me tourne, et me retrouve allongé sur le ventre. L'un des côtés de ma tête repose sur mes bras que j'ai croisé, et je regarde une nouvelle fois la belle italienne à côté de moi. Beaucoup de garçon aimerait être à ma place, j'en suis certain. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je repense à la cousine de Lioba, endormie sur le canapé. Et je connais exactement la raison pour laquelle elle n'est pas dans son lit. Cette pensée se peaufine en question, passant finalement la barrière de mes lèvres. « Tu es rentrée tard cette nuit ? J'ai vu que ta cousine dormait sur le canapé. » C'est un rapprochement que seule Lioba peut comprendre, mais elle sait qu'elle ne peut pas me mentir. Et moi aussi je m'inquiète pour elle, je n'aime pas la savoir dehors en plein milieu de la nuit, même si ça me dérange souvent de parler de ce qu'elle peut bien faire durant ces moments-là.


electric bird - @LIOBA ROY-STOZZI.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
MEMBRE
» Date d'inscription : 16/03/2017
» Messages : 525
» Pseudo : bermudes.
» Avatar : lili reinhart.
» Âge : 23 yo.
» Schizophrénie : kiddie, la licorne.
# Re: dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)
message posté Jeu 25 Mai - 12:51 par Lioba Roy-Stozzi
T’as envie de l’écouter. C’est pour ça que tu voulais le voir. Pour être avec quelqu’un, avec une valeur sûre. Avec la personne que tu sais que t’oublieras pas. Que tu sais que tu laisseras pas. Tu repartiras peut-être ouais. En Sicile. Peut-être ouais, t’épouseras l’autre enflure. Peut-être. Mais tu garderas Goliath prêt de toi, d’une manière ou d’une autre. Qu’il soit physiquement présent ou juste par téléphone, pas conversations à distance. Il est celui sur lequel tu t’appuies depuis que t’es arrivée. Il est celui qui importe. Alors forcément ouais, tu veux l’entendre parler. Tu veux l’entendre de répondre, te raconter sa vie. Ouais,tu veux l’entendre parler de sa coloc’. Tu veux l’entendre parler de sa famille, de ses amours. Est-ce que tout se passe bien ? Pour lui ? Est-ce qu’il a besoin de toi ? Est-ce qu’il a besoin d’être rassuré ? Tu passes tes mains dans ses cheveux, c’est déjà un moyen, pour toi, de le calmer. De te calmer aussi, un peu. “Ouais ça va. J'ai l'impression que Darius est sur la réserve avec moi, il est du genre mystérieux, tout ça. Mais bon, je pense qu'avec le temps ça passera.” Tu souris. Ouais, toi aussi t’espères. Personne n’a besoin d’être sur la réserve avec Goliath, il est pas comme ça. Toi, tu le vois comme ça. Pour toi, oui, Goliath, c’est la personne à qui tu peux tout dire. A qui tu peux parler. Sans aucune crainte qu’il en reparle derrière, qu’il réagisse mal, qu’il te reprenne. Qu’il se vexe, qu’il s’énerve ou rien. Non. Goliath, il est juste là, à écouter, à parler. Goliath est formidable. Et t’aimerais tellement que tout le monde puisse le comprendre. Que tout le monde le voit comme toi, tu le vois. “Et puis l'autre fois, on parlait de tout et de rien, et je sais plus trop comment, on en est venu là parler d'homosexualité, et je l'ai senti hyper fermé d'esprit. Du genre limite homophobe tu vois. Et ça m'a vraiment dérangé.” Tu le regardes. Ouais. Tu comprends que ça l’ait dérangé, ton Goliath. Si Darius se révèle réellement être homophobe, y’a des grandes chances que ça colle pas entre eux. Et ce s’rait pas cool, que ça colle pas entre eux. Tu comprends pas comment quelqu’un peut ne pas coller avec Goliath. Il te regarde, Goliath, quand il parle. Et toi, tu lui souris, continuant de passer ta main dans ses cheveux. Tu lui souris. Tu sais pas quoi faire d’autre. Tu sais pas quoi dire. Alors tu souris, juste. Parce que ton sourire, il transmet que t’es avec lui. Que quoi qu’il puisse lui arriver, à Goliath, tu resteras à ses côtés. Avec lui. Que c’est un des seuls que tu trahiras pas. Jamais.

Il faudrait que j'envoie un message à Deborah aussi, ça fait longtemps que j'ai pas eu de ses nouvelles.” Oui. Deborah. C’est sa soeur, Deborah. T’as du la rencontrer une fois, à une fête de Goliath. Mais t’es pas certaine que ça ait réellement collé avec elle. Non, ça a probablement pas collé d’ailleurs. Et ça a pas forcément pas collé non plus. Tu sais pas. Et c’est franchement pas important pour le moment. Parce que pour le moment, y’a Goliath, toi. Tes mains dans ses cheveux. Et il parle. Il te parle de Darius. Il parle de sa possible homophobie. Oui. Et c’est ça qu’est important. Parce que t’as pas envie que Goliath, il se retrouve à habiter avec un homophobe. “Tu es rentrée tard cette nuit ? J'ai vu que ta cousine dormait sur le canapé.” Toi, qu’était perdue dans tes pensées, retrouve un peu conscience de la réalité. Tes yeux regardent ceux de Goliath. Pas longtemps. Parce que rapidement, tu baisses les yeux. T’as pas été correcte envers ta cousine. Elle t’attendait. Tu le savais qu’elle t’attendait. Et pourtant t’as fait ça. Pourtant, t’es partie avec un homme, et t’es revenue qu’au petit matin. “Hm. Ouais. Je suis rentrée ce matin. Mais Goliath. Parlons pas de ça, tu veux ? C’est compliqué.” Tu lui souris, et tes mains s’enlèvent de ses cheveux. Tu t’assois et tu te lèves du lit. Tu t’approches d’une des toiles qui se trouvent dans ta chambre et tu passes tes doigts dessus. Ta cousine est peinte dessus, sourire étendu sur le visage. “Elle a de la chance, ma cousine. Elle a pas à s’inquiéter de partir. Elle vit librement. Je suis contente pour elle.
j'aime qu'on se comprenne
Revenir en haut Aller en bas
dans un monde sans miroir, on serait les seuls à se voir (Goliath)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Page 1 sur 1
» La place d'Haïti dans le monde
» Un peu d'humour dans ce monde de brute
» Les multinationales dans le monde
» Elliot Carver ◄► Y’a déjà assez de conneries dans le monde pour que j’en rajoute
» Solution pour lutter contre la faim dans le monde.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
London Calling. :: Zone 1-2-3 :: South London :: Brixton-