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(fb) The art life feat. helga

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message posté Mer 29 Mar - 20:53 par Kenzo A. Armanskij
The art life
Helga & Kenzo

Flashback, Octobre 2016 ✻✻✻ Mes doigts parcouraient nerveusement la toile. Ils étaient tremblants, impulsifs. Peu à peu, le visage de Zola apparaissait. Il était sombre, les traits en étaient presque imperceptible. C'était ainsi que je le voyais désormais. Il ne semblait être que l'incarnation d'un souvenir. Il n'était plus, l'homme que j'avais quitté par trop d'amour. Désormais, il était la feignasse sur le canapé. Il y encrait la forme de son arrière-train et l'appuyait un peu plus chaque jour en vidant les bouteilles de bières et les paquets de Chips. Il ne prenait aucune responsabilité. Il me laissait faire, attendait que je l'apprenne. Nous avions trouvé un appartement, mais l'absence de fiche de paye de mon amant nous avait écarté de la liste des futurs locataires. J'étais fatiguée. J'étais fatiguée de devoir toujours tout lui dire. Il ne voulait pas travailler. Il me voulait juste moi, et Louis. Son bonheur, c'était nous. Mais je voulais le voir adulte, je voulais le voir agir, et malgré tout l'amour qu'il nous portait, il restait un adolescent plein d'amour et bercé d'illusions. Je soupirais et m'essuyais le front du revers de la main. Et je sentis un liquide froid s'y étaler. Je soupirais et regardais le dos de ma main. Il était lui aussi plein de peinture. Alors je me levais et me dirigeais jusqu'au lavabo, dans la seconde pièce de mon local de peinture. Je me rinçais les mains tout en fredonnant la musique qui tournait actuellement sur mon téléphone. The poet act de Philip Glass faisait partie des chansons qui m'inspiraient, qui libéraient mon imagination. J'avais donc créé une playlist que je mettais toujours pour peindre. Bien décidée à finir ma toile, je retournais donc dans la pièce principale et me figeais. Une femme venait d'entrer. Elle observait avec attention autour d'elle. Je fronçais les sourcils et croisais les bras. Je me sentais violée. C'était mon intimité, non un musée. Je m'avançais vers elle, et me grattais la gorge. Mais lorsqu'elle se retourna, je restai pétrifiée. Je crus d'abord reconnaître celle qui m'avait tout apprit avant de m'abandonner. Mais son regard était différent. Elle ne semblait ni surprise, ni heureuse, ni honteuse de me revoir. A vrai dire, elle ne semblait même pas me connaître. Troublée, je m'avançais et lançais, peu assurée : « Je ne crois pas vous avoir invité à entrer. » Soudainement irritée par cette intrusion, j'arrêtais la musique et me dirigeais vers ma toile. Je la ramassais et la tournais de façon à ce qu'elle ne la voit pas. Je regardais autour de moi. Des dizaines de toiles se trouvaient là, affichées ou entassées les unes sur les autres contre les murs de la pièce. Je soupirais et piétinais sur place. Elle continuait d'observer, lentement, tranquillement. Et elle ne partait pas. Je me grattais à nouveau la gorge mais elle m'adressa un sourire qui me fit raidir. Je restai là, le souffle coupée. C'était une violation de domicile. Mais soudainement, je m'en foutais. Elle jugeait attentivement mes toiles, mon travail. Mon jardin secret. Quelque part je voulais la chasser et lui faire oublier ce qu'elle avait déjà entrevu, mais d'un autre côté, je voulais entendre ses avis. Elle semblait s'y connaître. Mais ma timidité, mon incertitude reprenait le dessus et je me grattais une nouvelle fois la gorge. C'était ma vie qu'elle contemplait. C'était mes sentiments qu'elle jugeait. C'était moi, qu'elle voyait. Sur ces toiles. Le puzzle géant d'une femme aux trop frêles épaules.
✻✻✻
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# Re: (fb) The art life feat. helga
message posté Jeu 6 Avr - 22:24 par Helga S. Lindholm
Je ne sais pas ce qu'il m'a prit. Ce n'est pourtant pas mon genre de pénétrer dans l'intimité des gens. Moi-même je déteste ça ; je n'aime pas quand on me pose des questions trop personnelles, quand on arrive à l'improviste chez moi alors que ce n'était pas prévu. Et comme disait ma sainte mère autrefois « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ». Oui mais seulement voilà ; l'odeur de peinture dans la cage d'escalier a attiré mon attention. Ce n'était pas la première fois que je sentais ce doux parfum, l'un de mes préférés. Au début j'ai cru que ce n'était que le fruit de rénovation chez un de mes voisins. Mais l'odeur était persistante. A chaque fois que je descendais les escaliers, elle était là, comme une invitation, comme pour me narguer. Au fil des jours, mon odorat s'est affuté, et j'ai reconnu l'odeur de la peinture fraîche sur une toile plutôt que celle qu'on utilise sur les murs. Ce parfum m’obsédait, je voulais voir, je voulais savoir. J'en ai été jusqu'à essayer de repérer l'appartement d'où cela provenait. Je suis loin de connaître toutes les autres personnes qui vivent dans le même immeuble que moi, mais de ceux dont j'avais pu voir le visage, et les mains, c'était surtout les mains l'indicateur, aucun d'entre eux n'est peintre.

Quoi qu'il en soit, ce jour-là, j'ai passé une mauvaise journée, une très mauvaise journée. Sur le chemin du retour, je n'ai qu'une seule hâte : m'enfouir sous la couette bien moelleuse de mon lit. J'arrive devant l'immeuble où j'habite. Rapidement, j'en viens à enjamber les marches des escaliers. Je sens de nouveau cette odeur de peinture. Elle n'a jamais été aussi forte, aussi prenante. Elle m'enivre, je me laisse guider par elle. La petite porte de l'appartement d'où elle semble provenir est entre-ouverte. La tentation est trop forte. Je veux l'ouvrir ; je dois voir de mes propres yeux ce qu'il s'y cache. Je pousse la porte, elle grince légèrement. Je me mord la lèvre, une peur de me faire prendre la main dans le sac comme un enfant de quatre ans s'empare de mes tripes. Mais j'avance quand même. Personne n'est dans ce qui s'apprête à être la pièce principale. C'est lumineux et épuré. Je marche doucement, prudemment. Je tombe enfin sur l'objet de mes convoitises ; plutôt même, les objets. Des toiles, il y en a plein ici. Elles sont toutes magnifiques, je ne sais plus où poser les yeux. J'en tremble presque, j'ai l'impression d'avoir découvert le secret du siècle. Alors que pourtant, ce n'est rien de plus qu'un local de peinture. Je reste figée devant la toile posée sur le chevalet ; c'est celle-là qui m'obsède à présent. Je ressens tant de douleur et de noirceur en la contemplant. J'ai presque envie de la toucher, comme pour essayer d'en enlever la tristesse. Elle me fait penser à la façon dont je me perçois ; l'ombre de moi-même, terne et détestable. Des coups de pinceaux ont été jeté avec rage sur cette toile, ça se voit. Si j'avais dû faire une toile me représentant, je l'aurais fais de la même façon. Mais j'aime les émotions qu'elle transmet. Je m'y attarde plus que de raison. En vérité, je suis tellement absorbée par ce qui se trouve devant moi que je n'entend même pas les bruits de pas, vieux parquet craquelant sous le poids. Une voix féminine qui m'interpelle quelques instants plus tard dans un raclement de gorge, me faisant presque sursauter.Je me tourne dans sa direction, et je découvre une belle jeune femme, avec de longs cheveux bruns, et de grands yeux bleus. Elle me regarde interdite. « Je ne crois pas vous avoir invité à entrer. » me dit-elle d'un ton à la fois troublé et irrité. Je l'observe un instant, les sourcils froncés, les bras croisés ; je lui trouve des faux airs avec moi lorsque j'étais bien plus jeune. J'ignore sa remarque, bien trop intriguée par tout ce que je viens de découvrir ; une jeune femme aussi talentueuse que belle, juste en dessous de chez moi. Mon interlocutrice se dépêche de retourner la toile posée sur le chevalet, celle que j'ai déjà observé un moment. Je hausse légèrement les épaules, j'ai bien compris qu'elle ne voulait pas que je regarde ses œuvres. Mais je ne pouvais pas partir, pas maintenant. Je dirige mon regarde vers d'autres toiles. Celles-ci sont plus colorées, mais tout aussi travaillées. Je commence à m'approcher de l'une d'entre elles, je voudrais la voire de plus près ; toucher ses reliefs, pouvoir imaginer chaque coup de pinceau qu'elle a pu donner sur cette toile. Mais j'entends la jeune femme réitérer son raclement de gorge. Je l'irrite, je le sens. Je me tourne une nouvelle fois vers elle, et cette fois, je lui adresse un sourire courtois. Le genre qui veut dire « Je vous ai entendu, mais je sais que j'ai l'avantage sur la situation alors j'en profite. » Je vois bien qu'elle est impressionnée, en plus d'avoir l'air agacée. Alors je continue d'observer.

Je fais quelques pas en arrière, je regarde une autre toile. Un détail me titille sur celle-là, mais d'aussi près je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Alors en m'éloignant, peut-être que j'arriverais à capturer ce qui me dérange. Je sens que j'y suis presque. Mais j'entends la jeune femme se racler la gorge une troisième fois. Je détache mes yeux de la peinture et plante mon regard de marbre dans celui de mon interlocutrice. Plusieurs mètres nous séparent, je m'adresse à elle d'une voix affirmée et calme. « J'habite dans cet immeuble, et ça faisait plusieurs jours que je sentais l'odeur de peinture. Ça m'intriguait, et puis aujourd'hui vous avez laissé votre porte ouverte alors je suis rentrée pour voir. » Je finis par me rapprocher quelque peu d'elle, et lui adresse un autre sourire. « Je m'excuse pour mon incivilité mademoiselle. Je m'appelle Helga Lindholm. A qui ai-je l'honneur ? » Mon accent nordique raisonne dans la pièce. Je me dirige vers un calepin abandonné dans un coin du local, et récupère un crayon de papier trainant par terre. Une fois les deux objets récupérés, je tourne les talons vers la peintre et lui adresse une nouvelle fois la parole. « Puis-je vous emprunter ceci ? Je voudrais vous montrer quelque chose. » finis-je par demander d'un ton assuré, les yeux emplit de charisme et d'assurance, tout en ayant l'air sûre de pouvoir apprendre quelque chose d'essentiel à la jeune femme.




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# Re: (fb) The art life feat. helga
message posté Mar 11 Avr - 20:27 par Kenzo A. Armanskij
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Flashback, Octobre 2016 ✻✻✻ Je purgeais mes douleurs grâce à la peinture. Sur ces toiles, c'était ma vie. Mes ressentis. Mes souffrances. Je les gardais enfermées à double tour car j'avais trop peur qu'on me ternisse, qu'on tente de modifier ces choses peintes avec le coeur et du bout des doigts. J'avais conscience de mes faiblesses et je tentais de les corriger. Mais c'était autre chose le regard des autres. Il m'était insupportable de voir ma rage, de voir ma violence et mon côté destructif dans mes oeuvres. Je ne voulais pas que d'autres, voient cela. Que d'autres me voient telle que je suis. Cette femme s'était invitée dans mon intimité sans aucune permission. Je m'étais préparée à ce que cette situation arrive un jour, pourtant, désormais que j'assistais au regard critique de cette femme, j'en étais chamboulée. Elle ressemblait à Suzon. Et quelque part, j'avais l'espoir et la crainte qu'il s'agisse d'elle. J'avais beau manifester mon mécontentement, elle ne partait pas. Il fallu une troisième raclement de gorge pour qu'enfin, elle daigne ouvrir la bouche. Impénétrable sa voix calme à l'accent nordique s'empara de l'espace. Tu n'es donc pas ma soeur. Soulagée, je poussais un soupir et fronçais les sourcils. Je devais régler ces problèmes d'odeurs rapidement, avant de ne recevoir des plaintes ou d'autres visites incongrues. Elle se présenta et m'invita à faire de même. Je gardais les bras croisés et répondais, médusée : « Kenzo Armanskij. » Je la regardais s'éloigner et attraper un calepin et un crayon à papier. Elle me demanda ma permission, et je hochais la tête. Je balayais lentement la pièce des yeux. Une boule se forma dans mon estomac. J'en avais la boule au ventre. Seuls Lexie, Julian et Zola avaient vu mes toiles. Ils étaient les seuls à me connaître assez pour que j'accepte enfin de leur ouvrir cette partie de moi. Mais jamais personne d'inconnu n'était entré ici. C'était la première fois. Et je craignais qu'on juge mon travail, qu'on me juge. J'avais toujours vu la peinture comme mon exhutoire, mais je n'avais jamais souhaité considérer cet art comme commerce. Je ne voulais pas qu'on m'ôte cette innocence. Je voulais continuer de peintre par besoin pulsionnel. Helga semblait vouloir m'apprendre quelque chose. J'avais vu son regard, j'avais perçu ses expressions face à la découverte de mes toiles. Elle était amatrice d'art, s'en était certain. Je la voyais gribouiller nerveusement dans le calepin et fronçais les sourcils en demandant : « Vous êtes artiste-peintre? » Si c'était le cas, alors Helga était un ange tombé du ciel. Un signe d'espoir. Un souffle d'encouragement. Je levais les yeux vers elle. Sa beauté dévastatrice m'intimidait. J'aurai voulu me montrer impolie et la foutre à la porte, mais j'éprouvais un respect pour elle qui m'en empêchait. Je voulais entendre ce qu'elle avait à me dire.
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# Re: (fb) The art life feat. helga
message posté Mar 9 Mai - 14:23 par Helga S. Lindholm
La jeune femme en face de moi semble vraiment perturbée par ma présence, et qui ne l'aurait pas été ? J'ai pénétré son intimité sans aucun scrupule, et lui ai servi une excuse plus que discutable. On ne rentre pas chez les gens parce qu'on sent une odeur de peinture à l'huile, et j'en suis parfaitement consciente. Peut-être est-ce les anti-dépresseurs qui me font délirer ? Non, Ethan m'a prescrit des médicaments naturels qui n'ont aucun effet secondaires. Il s'agit juste là, de ma curiosité à l'apogée de sa puissance ; elle m'a poussé à passer le seuil de la porte entre-ouverte pour voir ce qui se cache entre ces murs. Je ne suis pas déçue ; les toiles sont aussi belles les une que les autres. Et je reste un moment à les observer.

Je suis finalement satisfaite de pouvoir mettre un nom sur les œuvres que je contemple. Kenzo Armanskij. Ça sonne bien comme un nom d'artiste dans ma tête. Ma bouche émet un petit « Hmm.  » d'intéressement, même si mon esprit est d'avantage concentré sur la toile que j'ai observé quelques instants auparavant. Alors je me dirige finalement vers le fond de la pièce pour prendre un calepin et un crayon à papier jonchant tous les deux le sol. Je passe ma main sur le carnet recouvert par une fine couche de poussière. Kenzo me donne l'autorisation de lui emprunter son matériel d'un hochement de tête et je lui souris en retour. « Merci.  » lui ai-je répondu d'un ton courtois. J'ouvre donc le calepin et m'arrête sur la première feuille blanche que je vois. Je me replace vers la toile, toujours la même, celle dont un élément me dérange. Entre temps, j'ai découvert de quoi il s'agit, et je veux que la jeune femme à mes côtés s'en rende compte aussi. Peut-être qu'elle-même l'a déjà remarqué ; ou peut-être qu'elle sait que quelque chose cloche sans pouvoir mettre le doigt dessus. Il est parfois difficile de critiquer ses propres œuvres parce que c'est quelque chose qui vient directement de nous, de notre esprit. Pas facile d'être objectif et de demander à notre cerveau de déceler les erreurs de notre propre travail ; c'est un peu la même chose lorsqu'on écrit quelque chose. On peut relire dix fois notre texte, on arrive pas toujours à en extraire les fautes d'orthographes.

Je commence donc à gribouiller sur la feuille blanche. Mes sourcils se froncent alors que je m'adonne à la tâche avec le plus grand des sérieux. Je jette parfois des petits regards furtifs vers Kenzo, qui semble tout aussi curieuse que troublée. Elle se demande sûrement ce que je fais, et c'est bien évidemment légitime. Plusieurs minutes s'écoulent, et je continue de dessiner sur le carnet. On entend le crissement du crayon de papier sur la feuille rêche que je tiens entre mes doigts. Et puis, du silence, finit par raisonner une question. « Vous êtes artiste-peintre?  » J'aurais aimé pouvoir affirmer que oui, mais ça aurait été mentir. Entre les bras de Morphée, dans mes rêves les plus doux, je l'ai été. Aussi étrangement que cela puisse paraître, cette question me blesse au plus profond de mon âme. Cette ambition perdue, qui a vacillé pour laisser place à la dure réalité. Le rêve d'une gamine laissé aux oubliettes sous la contrainte. Je lui réponds, sans pour autant m’arrêter de dessiner. En fait, je ne lui adresse même pas un regard, je suis bien trop concentrée sur ma tâche. « Non. J'aurais aimé l'être, mais la vie ne m'a pas fait ce cadeau.  » Je marque une pause, jetant un long regard sur la toile. Puis mes yeux se baissent à nouveau sur le bout de papier. « Mais je suis conservatrice au British Museum, alors la peinture ça me connait.  » Chaque tableaux qui ornent les murs du musée, je les connais par cœur ; j'ai pu en observer les moindres détails, j'ai pu imaginer tous les coups de pinceaux qu'ont donné leur propriétaires. Je connais leur odeur à tous, la sensation qu'ils laissent sous les doigts ; leur défauts, même les plus indétectables. J'aime mon métier plus que tout au monde, et je suis une passionnée. Mais au fond de moi, les remords d'avoir abandonné mon rêve, celui de ne me consacrer qu'à mes œuvres -et pas celles des autres- rongent mon être. J'aurais aimé être cette femme courageuse qui prend des risques, qui croit en son talent. Mais j'ai préféré l'assurance d'une vie modeste à la place. Et je pense que c'est tout à fait compréhensible n'est-ce pas ? « Et vous, vous l'êtes ?  » sous-entendu, artiste-peintre. Kenzo est jeune, mais elle pourrait très bien s'être abandonné à sa vocation de peintre contrairement à moi. Je donne finalement mon dernier coup de crayon, et place le calepin devant les yeux de la jeune femme, tout en jetant un œil vers la toile. J'ai reproduit les grandes lignes de son tableau -il s'agit d'une peinture d'un paysage- ce qui fait qu'on comprend de suite duquel j'ai voulu représenter sur la feuille blanche. « Quand j'ai regardé votre toile, je me suis de suite dis qu'il y avait quelque chose qui clochait, mais j'ai eu du mal à comprendre quoi. En fait, il y a juste un soucis de perspective.  » Sur le calepin, il y a la version corrigée de sa toile, avec les bonnes proportions et une perspective parfaitement respectée. Je lui adresse un air confiant tout en posant une main sur son épaule. « Ne vous méprenez pas surtout, en vérité il y a un nombre incalculable d'oeuvres qui ont ce genre de défauts, mais je ne peux pas m'empêcher de les exposer au grand jour à chaque fois.  » Finalement, je hausse légèrement les épaules et émet un petit rire malicieux, osant ensuite un sourire plus attendrissant.



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message posté Dim 14 Mai - 18:01 par Kenzo A. Armanskij
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Flashback, Octobre 2016 ✻✻✻ Je peignais depuis toujours. Petite déjà, je m'enfermais dans ma chambre pour gribouiller sur des feuilles blanches. Suzon, ma grande soeur, avait été la seule à comprendre mon intérêt pour le dessin et pour l'art, et m'avait de nombreuses fois acheté des cahiers de mandalas ou de dessins à colorier pour m'habituer aux mélanges de couleurs. Et puis lorsqu'elle avait quitté la maison, je m'étais mise à travailler encore plus. J'avais l'espoir que cela la fasse revenir. En vain. Elle avait une autre vie. Mes parents n'avaient jamais cherché à comprendre le sens de mes dessins, trop aveuglé par leur ego. Pour eux, je n'étais qu'une enfant bizarre. Un fardeau. Une gamine presque muette qui gribouillait sur des feuilles blanches. Sans trop y réfléchir, j'avais fais des études d'art, parce que ça avait été une évidence. Mais ils n'avaient toujous pas compris. Ils n'avaient pas cherché à comprendre, en vérité. Jamais. C'était Zola et Alexandra qui m'ont poussé à continuer. Quand bien même je ne parvenais plus à rien. Même lorsque je ne parvenais plus à peindre, ils me soufflaient de reprendre. De m'accrocher. Parce que j'étais douée en cela, et qu'ils avaient compris. Que c'était mon âme sur ces toiles. La peinture était devenu mon jardin secret. Ce que je ne dévoilais jamais. Et pourtant, j'envisageais toujours d'en faire ma vie. Mais je craignais que la vente n'enlève toute la magie. Tout le plaisir. Helga détaillait mes oeuvres, et c'était comme si, au fond, elle m'ouvrait le coeur pour en déceler chaque secret. Je me sentais bafouée. Mais j'étais curieuse. Curieuse de me confronter à un avis critique, extérieur. Connaisseur. Je l'observais, un long moment, dessiner dans mon calepin. Je sentis mon estomac se tordre, inquiète de connaître les défauts de mon travail. A mon tour, j'observais la toile qu'elle tentait de reproduire. Quelque chose clochait, comme dans toutes mes toiles de paysage. Je ne parvenais jamais à retranscrire clairement ce que je m'imaginais, ce qui donnait lui à une représentation déformée, ou fantasmée. Je finis par lui poser la question qui me brûlait aux lèvres. Etait-elle ce que je souhaitais devenir? Elle finit par me répondre qu'elle ne l'était pas, et je sentis de la dureté dans sa voix. Elle ne m'avait pas accordé un regard, trop occupée à dessiner. En silence, je me remis à observer ma toile en plongeant mes mains dans les poches arrières de mon jean. Mais elle me coupa dans mon analyse, en me retournant la question. « Non... Je... Je suis secrétaire pour un journaliste au Times. J'ai un diplôme d'art mais... J'aimerai le devenir, c'est juste que... » J'ai peur. Je haussais les épaules, comme pour terminer ma phrase laissée en suspend. J'avais devant moi une connaisseuse d'art et sans que je ne l'ai planifié, elle allait finir, peut-être, par me donner l'avis qui me déciderait à sauter le pas, ou à abandonner. Mon estomac se tordit encore plus à cette pensée. Je soufflais, angoissée. Quelques instants plus tard, elle avait terminé de dessiner. Tout en l'écoutant attentivement, je fis des allers retours entre son dessin, et le mien, pour en voir les différences. Elle avait raison. C'était un de mes soucis. J'avais toujours eut du mal à évaluer les distances et les différentes profondeurs d'un paysage. Grâce à ses schémas, je comprenais plus mes erreurs. J'attrapais le calepin à deux mains et l'observais plus attentivement. Puis je m'approchais de ma toile et traçais une ligne invisible dessus. Je me grattais la gorge et me tournais vers Helga : « Merci, j'ai toujours du mal avec la perspective. C'est un de mes plus gros problème. Quand je regarde votre dessin ça me paraît évident et je saurai refaire le tableau corrigé. Mais lorsque j'en commence un nouveau, c'est toujours le même soucis qui s'impose : je n'arrive pas à visualiser la différence et les échelles de plans et à les reproduire... » Je soupirais et mon regard se promena sur les toiles visibles du local. C'était le même soucis un peu partout, mais fort heureusement, j'étais particulièrement douée lorsqu'il s'agissait de peindre ceux que je connaissais. Parce que je connaissais leur visage par coeur. Hésitante, je regardais la dernière toile terminée de Louis. J'aurai aimé lui demander ce qui clochait dans celle-ci, mais je n'osais pas. Quelque chose m'en empêcha. J'avais peur de ne pas savoir reproduire à la perfection le visage de mon enfant.
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message posté Ven 2 Juin - 18:51 par Helga S. Lindholm
À mesure que les minutes passent, mon intéressement pour mon interlocutrice est grandissant. La première fois que j'ai posé les yeux sur elle, seulement quelque instant auparavant donc, j'ai eu cette impression de me voir à travers un miroir avec quelques années de moins. Je ne passe pas mes journées à m'inspecter le visage, mais j'ai bien remarqué que certains de nos traits sont communs. À commencer par nos yeux bleus, nos cheveux bruns par exemple. Mais ce qui est d'autant plus étrange, en dehors du fait de ces similitudes physiques, et que nous aimions bien peindre toutes les deux, c'est la phrase que Kenzo prononce juste après. Elle n'est pas non plus peintre, une simple amatrice me confesse-t-elle. Elle a un diplôme d'art, tout comme moi, mais travaille comme journaliste. La fin de sa phrase, je l'ai murmuré dans ma tête, comme un écho à mes propres pensées d'autrefois. « J'ai peur, je n'ose pas franchir le pas ». Une fois de plus, nous nous ressemblons bien plus qu'il est permis de le penser. Et cela me trouble, je ne peux le nier. Un autre « Hmm. » s'échappe de ma bouche, tandis que je termine mon dessin. J'avoue que sur le moment, au délà du fait que je suis bien trop concentrée pour réfléchir à tête posée, je ne sais pas vraiment quoi lui dire. Après tout, quel était le pourcentage de chance de rencontrer une jeune femme qui me ressemble autant ? J'ai vraiment l'impression d'avoir à faire au miroir de mon passé, là juste devant moi. Et j'aurais pu simplement n'en avoir rien à faire. Parce que le passé, c'est le passé. Et Kenzo n'a pas grand chose à faire là dedans en vérité, n'est-ce pas ?

Pourtant, une once de fierté dans la voix, je me permets de la corriger en lui montrant mon dessin, désignant sa toile. Et une pensée coincée entre mes méninges me force à le faire ; non pas par égocentrisme, et pas non plus dans le but de la rabaisser. Mes actes sont bien plus nobles à vrai dire. Je veux juste l'aider. Et je me demande bien ce qu'il me prend ; ce n'est pas dans mes habitudes de secourir une graine d'artiste en détresse. J'aurais très bien pu lui faire la réflexion, lui dire simplement « Il y a un problème de perspectives sur votre toile, sachez-le » et m'en aller un air arrogant plaqué sur le visage. Parce que c'est comme ça que j'ai l'habitude d'être après tout. Je n'ai pas toujours été comme ça non ; fut un temps où tout allait bien dans ma vie, où j'étais heureuse et comblée. Mais la mort et la douleur sont passés par là, laissant leur trace imperceptible pour le commun des mortels. Je ne m'ennuie plus d'avoir l'air sympathique avec la plupart des gens, et ces mêmes personnes me trouvent alors souvent froide et ennuyante. Mais ils ne savent pas ce que j'ai pu endurer.

Quoi qu'il en soit, je lui fais part de mes corrections concernant sa peinture, et je me permets même de la rassurer. Comme si j'avais été soudainement touché par une sorte d'empathie divine. Oui après tout, même les plus grandes toiles ont leur soucis de perspectives, ce n'est pas la fin du monde loin de là. Et ça n'enlève pas à Kenzo ni son talent, ni la beauté de ses peintures. La preuve en est, la jeune femme à mes côtés finit par me remercier. Je me sens épris d'un certain soulagement en écoutant ses paroles. J'aurais été embêté qu'elle prenne mal mes remarques alors que ce n'est que dans le but de l'aider bien au contraire. Je lui souris d'une façon bienveillante, comprenant exactement où elle veut en venir le long de sa tirade. Ma main jusque là sur son épaule, glisse sur son bras et retrouve sa place initial sur ma hanche. « Comme je vous l'ai dis, vous n'avez pas de quoi vous sentir incompétente en la matière. » J'aurais pu simplement lui dire que ce qu'elle fait est beau, mais les mots ne sortent pas. C'est un peu comme si j'avais peur qu'après ça, la jeune femme se mette à se reposer sur ses lauriers. Il est clair que ce qu'elle a du talent, mais je reste totalement neutre sur mes paroles. Un peu comme un professeur traiterait son élève : de manière strict mais bienveillante. Je crois qu'en quelque sorte je me suis sentie ainsi à ce moment-là. Et c'est sûrement pour cela que je me sentie la liberté d'ajoute un instant plus tard, me déplaçant dans la pièce à la recherche d'autres œuvres à contempler « Vous souffrez simplement d'un manque d'entraînement si vous voulez mon avis, rien de dramatique en soit. » J'observe les autres toiles, me rendant compte que lorsqu'il s'agit de portrait, tout est parfait. Autant les ombres que les lumières, les couleurs que les proportions. Je n'ai jamais vu les personnes dont les toiles ont été inspiré, mais je mettrais ma main à couper qu'elles sont toutes très ressemblantes avec leur modèles. Je finis par poser mes yeux sur Kenzo, abordant une mine plus fermée et froide. Comme si j'adressais ce message à mon ancien moi, mon moi du passé. « En tout cas, c'est bien dommage que vous ne vous consacriez pas à la peinture. Je veux dire, d'après ce que j'ai devant moi, vous n'avez rien à faire derrière un bureau au Times. »



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# Re: (fb) The art life feat. helga
message posté Dim 4 Juin - 16:19 par Kenzo A. Armanskij
The art life
Helga & Kenzo

Flashback, Octobre 2016 ✻✻✻J'étais troublée. J'avais devant moi une femme, qui au final ne semblait pas être Suzon, mais tout simplement la femme que je pourrai devenir. Elle avait cette même aura sombre et cette fragilité camouflée sous des airs aimables et tirés. J'étais bras balants, à la regarder corriger mon tableau sur le calepin, lorsqu'un sourire s'étira sur mon visage. Si au début, je m'étais sentie méfiante à l'entrée de cette inconnue dans mon jardin secret, désormais, je bénissais cette intrusion. Des cours d'art, j'en avais pris une grande partie de ma vie, et mes professeurs m'avaient toujours guidés et encouragés. Mais Helga s'y connaissait et jamais personne ne s'était interessée à mes toiles de cette manière. Je me sentais touchée qu'on porte un intérêt à mes oeuvres. Lorsqu'elle me tendit le calepin, j'observais attentivement ma toile et son dessin. L'erreur était flagrante. Je grimaçais doucement et soupirais. Elle tenta de me rassurer et je tournais la tête vers elle pour lui sourire. C'était gentil, et étrangement, une confiance silencieusement naissait à son égard. Je manquais d'entraînement, et c'était certain. Je peignais avec le coeur, pas avec l'esprit. Je ne réfléchissais que très rarement à ce genre de détails parce que peindre me permettait de me libérer. Je reposais le calepin et m'éloignais d'Helga pour aller prendre une nouvelle toile. Je l'installais sur le chevelet et sortais les pinceaux et la peintre. Puisqu'elle était là, j'allais profiter de sa présence. Je levais la tête vers elle et demandais : « Vous êtes pressées? J'aimerai abuser de votre gentilesse... » J'affichais un sourire sincère et fermais les yeux quelques instants. Je visualisais le salon dans laquelle j'avais grandit. Mon père, Viktor. Ma mère, Elise. Ma soeur, Suzon. Et moi, petite et invisible. J'adoptais un point extérieur, situé à l'entrée. Les murs beiges, le mobilier en bois. Le parquet grinçant et les lustres allumés. Le point de fuite devait être la jointure des deux murs. Je ne voulais pas que la toile réaliste, mais qu'elle représente mon émotion intérieure. Alors je commençais à tracer des traits, et tentais de retrouver l'image identique à celle qui m'était restée en mémoire. La voix d'Helga me sortit quelques instants de ma réflexion et je souris. Elle avait raison, je n'avais pas grand chose à faire au Times, mais j'avais des obligations. Je posais mes yeux sur elle et lançais d'une voix douce : « Je sais... Mais j'ai un petit garçon de six ans à nourrir... » Je ne pouvais abandonner le salaire stable que je gagnais chaque moi. Zola et moi avions un foyer à construire, et pour l'instant nous ne vivions que de ce que je gagnais. Je la sentis se rapprocher de moi et venir dans mon dos, pour observer ce que je faisais. Hésitante, je tournais la tête vers elle pour m'assurer que je ne me trompas pas déjà. Mais elle n'eut pas besoin de parler, car je me rendis compte avoir oublier de tracer les traits du plafond. Alors, je me repris et m'arrêtais quelques instants pour tourner la tête vers Helga : « Vous peignez toujours? Vous pouvez prendre une toile, et vous installer. Si vous voulez... » Je désignais l'arrière salle dans laquelle se trouvait les autres toiles vierges et les chevalets. Je lui adressais un sourire, mais je la sentis hésitante. Et je compris. Cette femme avait renoncé à ses rêves, à sa passion. Elle avait vécu des choses difficiles, et ne s'en était toujours pas remise. Cette femme, c'était moi dans quelques années. Si je restai au Times, c'était moi si je continuais d'avoir peur. Et je ne voulais pas devenir ainsi. J'en avais déjà beaucoup trop, des regrets.
✻✻✻
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(fb) The art life feat. helga
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