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Vanishing point (julian)

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# Vanishing point (julian)
message posté Mar 11 Avr - 21:29 par Kenzo A. Armanskij
Vanishing point
Julian & Kenzo

✻✻✻ Je fixais l'horloge. Il était presque l'heure que je rentre chez moi, pourtant, depuis une heure, les minutes semblaient s'écouler lentement. Je ne savais pas si c'était les beaux jours qui me donnaient envie de bouger, ou si c'était tout simplement, moi, qui étais fatiguée. En soupirant, je tentais de me concentrer sur le dossier que Julian m'avait demandé de lire. Il m'avait sélectionné plusieurs sujets sur lesquels je devais faire plus ample recherches afin de voir lesquels seraient les plus intéressants à aborder pour le prochain numéro du Times. Toute l'après-midi durant, je m'étais donc acharnée sur ce dossier dans le but de le boucler avant dix-huit heures. Lasse, je fermais le porte document et m'étirais. Le téléphone sonna àlors et je répondis. J'écoutais un homme me demander Julian. Je regardais l'heure. Sa réunion se terminait dans cinq minutes. J'indiquais donc à l'homme de patienter quelques minutes et lui demandais la raison de son appel. Papiers. Divorce. Je manquais de m'étouffer et restais silencieuse quelques secondes. Puis je raccrochais. Je fronçais les sourcils. Julian n'avait rien dit. Du moins, il m'avait tenu au courant des disputes entre Eugenia et lui. Je savais que les choses n'allaient pas comme il l'aurait voulu. Mais j'étais convaincue qu'il m'en parlerait, avant toute procédure. Je me sentais vexée. Et blessée. Je me levais, et observais le bureau de mon boss et meilleur ami. Il était encore vide. Alors je fis les cent pas, les derniers minutes restantes. Quelque part, je comprenais qu'il ne m'en ai pas parlé. Mais je ne l'acceptais pas. J'aurai voulu l'accompagner dans cette épreuve. Lorsqu'enfin la porte de la salle de réunion s'ouvrit. J'attrapais mon sac, éteignais l'ordinateur et sortais de mon bureau. Je marchais à toute vitesse vers Julian qui venait de rejoindre son bureau. Il me vit approcher et fronça les sourcils. J'entrais en trombe dans la pièce et fermais la porte derrière moi. « Tu divorces?! » Je posais les mains sur mes hanches et le regardais d'un air accusateur. T'aurais du me dire Julian. Pour que je sois là pour toi. Son expression changea et je soupirais. Mes épaules redescendirent, et je posais mon sac sur le siège. Je m'approchais de lui et vins passer mes bras autour de son cou. Je le tins contre moi, l'arrière de sa tête contre mon coeur. J'aurai voulu panser ses blessures. Comme avant. Je l'embrassais sur le front et desserai mon étreinte. « Je suis désolée pour toi... Mais j'aurai aimé l'apprendre de ta bouche plutôt que de celle de ce foutu secrétaire d'avocat que tu dois rappeler, par ailleurs. » Je le regardais quelques instants puis fermais les dossiers qu'il avait devant lui. Je sauvegardais ses données sur l'ordinateur, et lorsque j'eus fini, j'attrapais sa main et le tirais pour qu'il se lève. « Allez viens, on va bouffer et se boire une bière. » Je lui souris. Je ne voulais pas qu'il soit malheureux. Alexandra était partie, il ne me restait plus que lui. Je ne voulais pas le perdre, lui aussi.
✻✻✻
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Lun 1 Mai - 20:05 par Julian P. Fitzgerald

he couldn’t get any farther away inside from his skin. he couldn’t get away.   Les collaborateurs continuaient de parler. Leurs voix se mélangeaient aux murmures dans ma tête. Les mots. Les lettres. Les titres. Je me perdais dans un tourbillon de silence. Je clignais parfois les yeux, acquiesçant avec détachement aux décisions de la direction. Harley me regardait au coin. Les sourcils froncés. La bouche crispée. Les prunelles arrêtées. Elle juchait mon expression mais je ne quittait pas ma forteresse de solitude. Je refusais de l’honorer par une réponse. On m’avait mis sous ses ordres. Elle était en charge de ma rubrique depuis que j’avais décidé de me lancer en privé. Et cette sensation de chute, cette impression d’avoir été dévalorisé malgré mon expérience et mon talent, me brûlait l’estomac. Je soupirais en me levant. La chaise grinçait sous mes paumes alors que je me tournais vers la porte de la salle de réunion. Les heures s’étaient consumées entre les murs. Je n’avais pas vu le temps passer. Je n’avais pas réalisé qu’il était presque l’heure de partir. Je soupirais en traversant le couloir. La silhouette de Kenzo se dessinait de l’autre coté des bureaux. Elle me juchait, comptait les mouvements disharmonie de ma silhouette débonnaire. Encore une bagarre dans un bar du centre-ville. Encore une démarche boiteuse et l’envie de boire jusqu’à en brûler mes entrailles. Elle entra en trombe, troublant les flux de mes pensées. Je savais. Je comprenais. «  « Tu divorces?! » Je levai brusquement la main. Lui intimant le silence. L’oubli. Toute une myriade de supplications. Je ne voulais plus en parler. J’en avais assez de ressasser mon échec marital. Ginny était partie. Le pays de Galles. Tombouctou. L’enfer. Peu importait. « Je suis désolée pour toi... Mais j'aurai aimé l'apprendre de ta bouche plutôt que de celle de ce foutu secrétaire d'avocat que tu dois rappeler, par ailleurs. » Je haussai les épaules en grimaçant, m’éloignant de son étreinte et de la chaleur de ses bras. Elle posa son sac et je compris qu’il était temps de partir. Je me redressai afin de ranger mes affaires. Mon paquet de cigarettes, mon porte-feuille, mes clés. Il en fallait si peu pour être heureux. « Allez viens, on va bouffer et se boire une bière. » Je grommelais la suivant jusqu’à l’entrée du bâtiment. Ma voix n’était qu’un murmure qui se distillait dans le vent. Je ne comprenais pas. Je ne voulais pas comprendre les raisons de son départ. Je m’installais derrière le volant. Puis au moment d’établir le contact, je me tournais vers Kenzo. Je souris d’un air désabusé, laissant mon mépris s’évader dans l’habitacle. « Je me suis acheté une voiture de sport. Tu aurais pu capter. Les filles se colorent les cheveux. Les garçons achètent de gros engins. » Je coiffais ma frange avec lassitude. « Je ne t’ai rien dis. Je ne voulais pas que ce soit réel. Et je ne voulais pas chercher le réconfort entre tes cuisses. Je ne suis bon qu’à ça. » J’étais devenu amer et sarcastique. Ma gorge se crispait alors que je démarrais afin de sortir du parking.  
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Mar 2 Mai - 23:44 par Kenzo A. Armanskij
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Julian & Kenzo

✻✻✻ Il suffisait que je ferme les yeux, et je retrouvais les personnes que nous étions avant. Avant que je ne décide de me trancher les veines dans ma baignoire d'Alexandra. Avant que j'abandonne ma vie de strip-teaseuse. Etrangement, cette femme là me manquait, car à l'époque, j'avais encore quelque chose à attendre de la vie. Mais aujourd'hui, j'avais un fils, j'avais un homme. Un travail. La stabilité. Mais ce n'était toujours pas moi. Au fond j'étais restée la même qu'à mes dix-neuf ans. J'aimais mon enfant, mais je n'avais toujours pas la force de l'élever, de l'élever et d'être une mère. Une femme. Toute ma vie, j'avais souhaité avoir une vie normale, une famille normale. Mais je m'étais tant accomodé de la différence, que désormais, ce qui semblait normal me paraissait lassant. Je ne voulais pas être comme toutes les autres femmes. Je ne voulais pas respecter le destin. Il m'avait déjà trop emmerdé. Je voulais faire mes propres choix. Mais désormais, je me sentais coincée, engagée dans un combat que je n'ai pas les épaules de surmonter. Je n'étais pas prête à assumer ce rôle. Et Zola encore moins. La peur semblait lui avoir fait perdre dix ans d'âge mental ces derniers mois. Il n'était plus le même. Nous n'étions plus les mêmes. Au fond, quelque chose s'était brisé. Au fond, notre amour était passé. Mais je ne voulais pas y croire. Je l'avais cru âme soeur toute ma vie, comment se faisait-il que désormais, il ne l'était plus? Parce que tu es morte le jour où tu t'es tranché les veines Kenzo. Ce jour où tu as tiré un trait sur ton passé. Ce jour là, j'avais abandonné. J'avais renoncé à la belle histoire que l'on s'était promis. J'avais accepté d'être seule, dans la vie, comme dans la mort. Et je n'avais jamais cessé d'être seule. Agissant parce qu'il me semblait que c'était les meilleures choses à faire. Mais aujourd'hui, Alexandra était partie. Zola ne m'était jamais revenu. Nous étions perdus. Mais je retrouvais, parfois, la lumière. J'aimais mon fils comme Norman Bates aimait le sien, et cet amour, aussi fusionnel, me trouait le ventre. Je ne voulais pas qu'il finisse par me tuer, comme il l'avait déjà presque fait. Alors je n'insistais pas lorsque Julian ne répondit pas. Je savais ce que c'était. Moi non plus, il m'arrivait de ne plus vouloir parler. Je me contentais de préparer mes affaires, bien décidée à sortir en compagnie de mon ami ce soir. Nous étions, toujours, au fond, ces jeunes brisés. Il me suivit à l'extérieur du bâtiment, boudeur, et me fit monter dans une belle voiture. J'observais l'engin, surprise mais indifférente et montais dedans. Les mecs, c'est con. « Tu dis n'importe quoi. Ca fait trois ans que t'as pas tenté de t'y replonger. » Lançais-je gravement en m'attachant. Je tournais la tête vers lui et l'observais tandis qu'il conduisait. J'étais inquiète pour lui. Inquiète de son état, inquiète de la suite des évènements. Julian était fragile, facilement brisable. C'était un mec cassé, de tous côtés. Je soupirais doucement et passais une main derrière mon oreille pour y replacer une mèche de cheveu : « Le grand amour n'existe pas, Julian. » Je m'y étais résout. Depuis que la vision de Zola au réveil était devenu une évidence, et non plus un bonheur quotidien. C'était normal qu'il soit là. Mais je n'étais pas normale. J'étais Kenzo. Brune, la peau clair, les yeux gris, les taches de rousseurs, la fleur fânée. Rejetée, même par ses parents. Cela ne me suffisait plus. Zola ne me suffisait plus. Je l'avais perdu dans des rêves devenus trop lointains pour que je les discerne distinctement. Alors non, le grand amour n'existait pas. Car j'avais moi-même, perdu mon seul, et unique amour. Tout comme Julian. Tout comme nous tous, peut-être. Un jour.
✻✻✻
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Sam 6 Mai - 14:46 par Julian P. Fitzgerald

he couldn’t get any farther away inside from his skin. he couldn’t get away.   Il y avait tant de choses à dire. Des vérités à dérouler sur les murs de Londres. Mais je n’avais pas de voix. Ma gorge se crispait dans un nuage de fumée que j’avais inhalé pour étouffer mes souvenirs. Je ne voulais plus penser à Ginny. Je ne voulais sentir son parfum et l’illusion qu’elle avait miroité durant des années. L’amour était lassant - il avait brisé mon coeur. Je pinçais les lèvres en relevant la tête vers la rue. Les pavés était humides car le ciel pleurait. Ses larmes s’écrasaient sur la vitre de la voiture alors que les phares clignotaient dans l’obscurité. Je brulais. Je me consumais dans l’apathie. Le Times avait repris mon talent. Mais il ne m’accordait plus la liberté d’écrire et de modifier mes articles. Ma punition était la normalité. Je n’étais qu’un journaliste parmi les autres. Un collaborateur dont la langue s’écorchait au fond de son palais. Je soupirais en crispant les mains autour du volant. Ma nouvelle voiture était puissante. Elle tranchait l’air alors que le moteur vrombissait dans la nuit. J’aimais le bruit et la vitesse. J’avais perdu mon appartement et mon journal - et pour payer les dettes, j’avais vendu mon âme au diable. Je vivais dans la démesure, exhalant le parfum d’une luxure qui ne m’appartenait pas. J’étais riche de ma tête. Pas d’argent. Je déglutis. Kenzo ne savait pas encore. J’avais retrouvé ma mère. Elle s’appelait Vera et elle était magnifique. Son élégance italienne happait tous les regards. Et sa voix. Ses paroles. Son indifférence. Elle m’avait reconnu dans le silence. Mais elle avait préféré ignore ma présence. Je n’étais qu’un fils abandonné. Le fruit d’un amour interdit avec cet homme bourru de la compagne écossaise. George était un ivrogne. George s’oubliait dans les landes verdoyantes d’un paysage celtique. Il s’enivrait dans les chants de la cornemuse. Et je devenais comme lui. Je buvais pour noyer le chagrin. Et je me languissais sans le vouloir, du visage d’une amante qui m’avait quitté. Ce n’était pas une romance. Mais une malédiction. Une douleur répugnante qui se dessinait dans mon flanc. Je m’arrêtais au carrefour. La joue de Kenzo se posait sur mon épaule. Mais je ne bougeais pas. Je refusais de trouver du réconfort dans ses bras.« Le grand amour n'existe pas, Julian. » Mon prénom résonnait dans l’habitacle. Il se déchirait sur les coussins alors que les feux changeaient de couleur. Nous étions à l’arrêt, suspendus dans un souffle glacé. Je la fixais sans ciller. Envisageant la chute. Envisageant le retour du vice. Mon coeur se serrait dans ma poitrine. C’était outrageux. Je soupirais en clignant les yeux. Comment lui expliquer ? La solitude s’enroulait autour de ma poitrine. Elle m’inspirait la vie, la folie - l’ivresse. La transe était passagère. Je hochais la tête en fonçant dans les quartiers. Je ne commentais pas. Elle avait raison - ou pas. Je trouvais une place de parking devant le club de striptease. Je descendis en grommelant. « Suis-moi. » Je poussais la porte afin de m’installer devant le comptoir. Les silhouettes se muaient au fond de la salle. Elles bougeaient, bordel. Les femmes bougeaient et j’avais voué mon coeur à une autre. Fragile. Cassée. Handicapée. Je voulais seulement la sauver. Je voulais être un héros pour une cause perdue. « La bouffe est bonne. Le spectacle est mieux. » On vient d’ici Kenzo. On vient d’ici - depuis trois ans.  
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Sam 6 Mai - 20:58 par Kenzo A. Armanskij
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✻✻✻ C'était un retour en arrière. Un voyage dans le temps, il y a trois ans. Lorsque nous étions deux coeurs brisés, désespérés, à rechercher le réconfort dans la faiblesse de l'autre. Je m'étais nourri de sa douleur, il s'était délecté de la mienne. Et ensembles, nous avions su nous comprendre, nous combler même l'espace d'une nuit. Comme si s'accabler sur toutes les horreurs du monde nous permettait de mieux entrevoir ce qu'il y avait de positif. Mais nos entrevues avaient été une drogue. Durant ces dernières années, nous avions laissé notre passé derrière nous. Pour mieux avancer. Pour mieux rechuter. Sa déception à l'hôpital m'avait donné la force de ne plus abandonner. Nous étions devenus notre propres pilliers. Je regardais la route disparaître sous les roues de la voiture. De la belle voiture, comme si la beauté apparente pouvait cacher toute la noirceur qui avait envahit son coeur. Ils étaient lourds, ce soir. Désespérés, déçus par l'amour, déçus par la vie. En quoi pouvions nous croire, encore? J'étais triste, mais apaisée. Parce qu'il n'avait pas changé, parce qu'il restait cette même boule de colère, prête à flancher dans ses moments de silence. Je le sentais. Je le savais. Il ne répondit pas à ma remarque. Parce qu'il n'y avait rien à répondre. Il ne pouvait me contredire, il avait échoué, lui aussi. Il finit par s'arrêter. J'avais respecté son silence, parce qu'il respectait toujours les miens. Je tournais la tête, et eus un sourire espiègle. Une boîte de strip tease. Retour aux origines. A la chute. Au commencement. Je le suivais à l'intérieur et observais les danseuses se déhancher vulgairement. Il y a peu, je me trouvais à leur place. Les barres de pol dance m'avaient manqué, les regards vicieux m'avaient manqué. Pas individuellement. J'avais detesté tout cela, je détestais encore. Mais c'était celle que j'étais à l'époque qui me manquait. Celle qui s'autorisait l'abandon et l'échec. Celle qui s'était relevée. Je suivais Julian jusqu'au comptoir et commendais un Mojito. On alla s'asseoir et je regardais autour de nous.  « J'envie ces filles. Elles sont libres. Je l'étais, à l'époque. » Toi aussi tu l'étais, en quelque sorte. Seulement prisonnier d'un amour jamais consommé, mais libérée de toute déception. Il allait divorcer, j'allais me séparer. Nous étions prisonniers de notre destinée. De la fatalité. Je l'observais longuement. Parce que nos coeurs étaient brisés, notre relation pouvait changer. J'avais su contrôler mon désir à son égard, jusqu'à même l'oublier, jusqu'à en ôter toute ambiguité. Mais ce soir, ce soir, je me sentais prête à faiblir. Je me sentais comme ces soirs là. Ces soirs là où il était venu me voir danser, et où je finissais toujours, pas passer mes nuits à ses côtés. Parce que j'en avais besoin, de ces instants. Parce que j'avais besoin de me sentir femme dans ses bras. De sentir à nouveau quelque chose. Quelque chose de réel. Quelque chose d'essentiel. Je soupirais. J'en voulais à Zola de n'avoir pas changé. D'être resté le gamin de huit ans dont j'étais tombée amoureuse. D'être resté à jamais, mon premier amour.
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Dim 7 Mai - 15:07 par Julian P. Fitzgerald

he couldn’t get any farther away inside from his skin. he couldn’t get away.   Je vais bien, tu sais. Je retrouvais ma place. Celle déchue. Celle qui s’était effondrée dans un souffle d’hiver. Je me tournais vers les alentours de la ville. Les lumières s’amenuisaient sous mes yeux alors que les pneus se déchiraient sur le bitume. Je respirais les saveurs nacrées de la liberté. Je ne voulais plus retourner en arrière. J’avais pris la décision, un soir de cuite avec Walt. J’avais fixé le goulot la bouteille pour comprendre. Mon esprit vacillait dans l’ivresse, mais la vérité sortait toujours de la bouche des ivrognes. Mon reflet criait - il m’intimait le départ, le regain d’énergie dans le deuil. Ce mariage était une erreur. Le sacrifice ne méritait pas l’effort. J’en avais assez d’être une ombre derrière le fauteuil. Parce que l’amour ne suffisait pas à combler le vide. Et la distance se dessinait entre nous, le corps et le métal - nous étions opposés. Tout nous séparait. La santé, le feu et la passion. Ma colère s’écoulait dans mes veines comme un poison. Je l’aimais. Je l’adulais. Elle était la seule à panser mes blessures. A me faire ressentir quelque chose. Mes poings se crispaient sur le volant de la voiture. Le moteur crachait sa puissance sur la nuit qui défilait entre les bâtisses et les galeries marchandes. J’avais gagné ma solitude. Elle m’avait manqué et ce soir, elle m’étouffait. Je me concentrais sur la route. Je connaissais le chemin. Je l’avais parcouru un millier de fois durant ces trois années. Les lieux de perdition étaient l’échappatoire des âmes torturées. Le silence s’imposait dans ma bouche. Je ne pouvais pas commenter. Je refusais de tomber dans le piège de la confession. Je haussais les épaules en me garant dans le parking. Mes jambes s’élançaient dans le vent, agrippant les larmes de pluie qui tombaient sur l’allée. La lumière scintillait derrière la vitre du club. Je me posais sur le comptoir, les doigts crispés sur le verre qui se remplissait déjà. La saveur mousseuse rencontrait ma gorge. Elle lui insufflait de courage, l’apathie à nouveau. « J'envie ces filles. Elles sont libres. Je l'étais, à l'époque. » Je souris en me tournant vers le pool. La liberté ne se mesurait pas par les battements de cuisses et les pourboires. Kenzo semblait avoir oublié ; la saleté, l’absence de respect et la vanité écrasée sur la plateforme de danse. Je pinçais les lèvres en allumant une cigarette. La nicotine s’épandait sur mon visage. Elle me rappelait les images de notre première rencontre, dans un endroit similaire, avec des silhouettes et des musiques identiques. Je ne voulais pas retourner dans le passé. Je ne voulais redevenir le jeune écrivain perdu dans les tourments d’un amour inaccessible. « Il n’y a rien à envier. Elles essaient de gagner des sous. Mais elles finissent dans le mal, les poings liées par les remarques répugnantes de ces Hommes qui ne voient qu’un morceau de viande. Sans le coeur. Sans la femme. »  Je tendis la jambe afin de pousser son tabouret. Je l’invitais à se lever. « Il n’est pas trop tard. Danse, Kenzo. Si ce n’est que ça. Si la liberté c’est ça. Attrape- là. » Je haussais les épaules en aspirant une longue latte. Mes lèvres se pressaient avec avidité autour du mégot. Je voulais m’étourdir dans l’alcool. M’étourdira dans le tabac. Me noyer dans la vie.  
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Mer 10 Mai - 21:51 par Kenzo A. Armanskij
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✻✻✻ Dans les bras de Julian j'avais tant de fois idéalisé le même homme qu'aujourd'hui je rejetais à nouveau. Je n'avais pas appris de mes erreurs, mais désormais, j'allais évoluer moi aussi. Il allait falloir que je le quitte une nouvelle fois, mais cette fois en plein jour. Je n'allais pas m'échapper cette fois ci car je suivais mon coeur. Et mon coeur me hurlait qu'on ne s'aimait plus. Je tournais la tête vers Julian. Lui aimait encore sa femme, il aimait encore tous ces moments furtifs qui l'avaient rendus heureux. Il aimait encore Eugenia, mais c'était elle qui ne l'aimait plus assez. J'étais plus chanceuse que lui. J'avais la possibilité de faire un choix, alors que lui, n'en avait pas. Aucun. Il était désormais face à un mur et il devait le briser pour passer de l'autre côté, pour avancer. Je le laissais me conduire jusqu'à cette boîte de strip tease. Pour la première fois, j'entrais comme cliente. Pour la première fois, c'était moi qui allais payer pour voir les autres se dénuder. En haussant les épaules, j'avais suivi mon ami. Mes yeux parcouraient la salle. Il avait raison. Il n'y avait rien à envier en ces filles. Mais au fond, c'était moi-même que j'enviais. C'était le courage que j'avais eut à l'époque de me dénuder chaque soir. Mes yeux se posèrent sur une jeune fille. Elle devait avoir tout juste vingt ans, et déjà elle se déhanchait dans une mécanique bien trop parfaite pour qu'elle soit récente. Trop jeune. Je fronçais les sourcils, et honteuse d'avoir envié cela un instant, je bus une gorgée de mon cocktail. Julian pousa mon tabouret et je me levais afin de ne pas tomber. Il me lança de danser et je fronçais les sourcils, vexée : « J'ai pas non plus dit que j'voulais faire le tapin. » Je soupirais et récupérais mon tabouret pour m'asseoir à nouveau dessus. Je lui jetais un regard et lançais : « Puis tu peux te moquer, moi au moins je joue pas à faire encore plus le misérable que je ne le suis déjà. Regarde ta tronche, tu es devenu moche. » Je lui adressais mon éternel sourire en coin et parcourais la salle avec agacement. Je voulais m'en aller. « Qu'est ce que tu viens foutre ici? Tu trouveras pas d'autre Kenzo. Je suis la seule et l'unique. » Je lui envoyais un regard méprisant et m'allumais à mon tour, une cigarette. Je soupirais. Au fond nous étions tous les deux perdus, tous les deux à la recherche de rêves inconnus. A la recherche d'un bonheur qu'on semble toujours atteindre mais qui s'éloigne lorsqu'on le touche du bout des doigts. Je voulais trouver un peu d'apaisement. D'un coup sec, je terminais mon mojito et en commandais un autre. Il voulait qu'on se saoûle? Je le suivais, quoiqu'il fasse. Je le regardais, avec un air de défi et lançais : « Mais toi, danse. Tu verras, ça fait un bien fou. » Je lui souris. Il pouvait me hurler de partir, je serai toujours là. Toujous prête à le rattraper à la moindre petite faiblesse.
✻✻✻
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Sam 20 Mai - 18:15 par Julian P. Fitzgerald

he couldn’t get any farther away inside from his skin. he couldn’t get away. Le silence se versait sur mes yeux comme un poison. Je humais les saveurs nacrées de la nuit en me penchant vers l’insigne brillante du club de striptease. Je guettais les étoiles avec ce sentiment de plus en plus oppressant de solitude. Eugenia ne m’avait pas quitté. Elle avait brisé mon cœur. Et malgré sans absence, je guettais sans comprendre. Je respirais son souffle dans le corridor vide. Sa voix franchissait la porte fermée, elle montait par la fenêtre afin de gazouiller dans mes pensées. La promesse éternelle s’ébranlait dans le vrombissement des moteurs, en bas de la rue et de son agitation. Je n’avais pas essayé de rattraper sa chute. Je voulais me séparer mais je n’avais pas le courage d’arrêter ce mariage. Je soupirais en pressant les lèvres autour de ma cigarette. La fumée se tortillait sur mon menton. Elle me guidait vers les souvenirs de Paris, lorsque le monde se résumait aux promenades autour de la Seine en compagnie de Victoria. Les cloches de la cathédrale de Notre Dame semblaient si proches de nous. Elles s’élançaient au gré du vent, faisant trembler les murs de la capitale française. J’aurais dû l’épouser au détour d’Angers ou de Poitiers. La prendre dans la mairie et l’obliger à gribouiller sur un papier administratif. Elle était la seule à rester à mes côtés. Ma meilleure amie amnésique, celle qui oubliait ses souffrances pour garder le sourire. Mes poings se crispaient sur mon verre de whisky. Je n’avais pas peur de l’ivresse. Ce que je craignais était encore plus grand. Je furetais en agitant ma frange. Mon expression était blême, dégoulinante. Je réprimais un gémissement, les mains agrippées au comptoir qui faisant face à la piste. Les danseuses ondulaient sur le pool, me livrant un plaisir éphémère qui ne m’intéressait plus. Il y avait tellement de contradictions dans l’esprit d’un Homme si peu amoureux. Kenzo s’offusquait de mes taquineries. Mais je ne me moquais pas. Je poussais la folie jusqu’aux extrêmes. Si le passé lui manquait, elle pouvait encore sombrer dans l’abysse. Mes épaules s’agitaient, portés par les rythmes de la musique. « Heureusement que mon talent ne se mesure pas à la gueule. Moche et intelligent, ce ne sont que des détails. » La flamme de la cigarette se hissait sur les stalles. Elel courbait l’échine face à la rudesse de la pluie. Je souris, insouciant et léger. Kenzo ne pouvait pas m’atteindre avec son mépris. Car celui que je ressentais était toujours plus grand. Je ne m’aimais plus. Depuis la rupture, je ne parvenais plus à retrouver la paix. Mon esprit vacillait, il tanguait vers les rivages inconnus d’une sensation que je ne parvenais pas à nommer. L’inspiration m’avait quitté. L’imagination, l’inventivité. Je n’étais qu’une coquille. Une brèche entre l’obscurité et la lumière. Je vidais mon verre et en me tournant vers elle. « Je ne danse pas. Mais je peux coucher. » Pendant un instant, mon regard se figeait sur sa bouche. Je ne cillais pas. Je ne me détournais pas. Seule ma voix demeurait intacte. Elle était suspendue entre nos silhouettes qui se cherchaient sans trouver la force de se relever. Kenzo se fourvoyait. Je ne cherchais pas sa compassion ou sa présence, ce soir. J’ignorais les promesses de guérison. Parce que tout ce qui restait de mon couple, était triste. Je soupirais sur le cendrier afin d’éparpiller les mégots sur la table. Je ne savais pas pourquoi j’avais choisi cet endroit. Deux ans après, nous revenions sur nos pas, sans trouver le chemin de la maison. La nostalgie ne suffisait pas. Plus rien ne suffisait à combler le vide.
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Jeu 25 Mai - 21:29 par Kenzo A. Armanskij
Vanishing point
Julian & Kenzo

✻✻✻ La lumière m'avait aveuglé. En premier lieu. Et puis je l'avais senti me brûler la peau, lentement. J'avais courbé l'échine, n'avais plus osé lever les yeux vers le soleil. Je m'étais trompée. Le cauchemar n'était pas terminé. Je n'étais pas si loin de celle qui se déhanchait nus dans les bars de strip tease. Je n'étais pas si loin de celle qui vendait son corps contre quelques billets, dont elle se foutait, finalement. Je n'en étais pas si loin, parce que je n'avais toujours pas retrouvé l'espoir. Depuis un an désormais, j'apprenais à connaître mon enfant et je me rapprochais un peu plus de la vérité. Mais je craignais toujours, au fond, un élément perturbateur. Je n'y croyais pas. Je n'y avais jamais cru. J'étais retournée aupès de Zola parce que je m'étais convaincue que ça avait été un signe, de retrouver Louis. J'avais voulu croire que nous n'étions pas brisés. Qu'il y avait encore de l'espoir pour nous. Mais ça, je n'y croyais plus. Depuis longtemps. Depuis que j'étais tombée enceinte. Notre amour avait été trop consommé. Trop vite. A toute allure. La magie des premières années nous avaient quitté. Nous n'avions plus de projets d'avenir, car nous y étions arrivés, à cet avenir. Un enfant, un appartement, un travail stable. Nous n'avions plus rien à attendre, ensembles. Nous avions déjà tout accompli, et c'était Louis. Cet enfant merveilleux, parfait mélange de deux parents, qui s'aimaient autrefois. Deux parents qui n'avaient pas encore l'habitude de s'aimer. Je soupirais et levais les yeux vers les néons colorés. Je les avais trop fréquentés, ceux-là. A corps perdu. A coeur perdu. Je détournais les yeux vers Julian et soupirais d'agacement. Je ne l'aimais pas comme ça. Lorsqu'il haïssait le monde, moi y compris. Lorsqu'il mettait une distance entre nos coeurs alors qu'ils étaient liés depuis le premier jour. Tu m'as sauvé. C'est à moi de te sauver maintenant. Je ne répliquais pas et me contentais de vider lentement mon verre. Nous n'étions pas au même endroit, et pourtant nous étions semblables à ce qu'on se contentait d'être il y a trois ans : là. On se contentait d'être là. Sans se sentir obligés d'en parler, on ne croyait en rien. Alors nous n'étions plus rien. A nos yeux. Je contemplais le sol. Il allait falloir parler, pour oublier. Mais Julian était tenace. Muet comme une tombe. Impénétrable. Sauf lorsque c'était moi qui ouvrais sa cage thoracique pour accéder à son coeur. Je soupirais à ses mots et levais les yeux au ciel :  « Ah ouais? Et t'as prévu de payer laquelle? » Je montrais les strip teaseuse du menton et haussais les sourcils. Et je pinçais les lèvres, atteinte. Je ne voulais pas qu'il trouve une autre Kenzo, une autre coeur brisé capable de me remplacer. De me voler ce lien unique que nous avions. Je jetais un regard noir aux danseuses et terminais mon verre d'une traite avant de lancer d'une voix grave :  « J'me casse, ça me saoule ici. » Je me dirigeais vers la sortie et allumais une cigarette une fois à l'extérieur. Je fumais lentement, et bientôt Julian m'avait rejoint d'un pas las. Je le regardais, bras croisés, à attendre. A attendre qu'il cesse de faire le con, et qu'il parle. Putain. Je titubais quelque peu et repris mes esprits. J'avais bu trop vite, mais qu'importe. Le résultat était le même. Nous avions l'air de deux cons, là. Tous les deux.  
✻✻✻
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# Re: Vanishing point (julian)
message posté Sam 3 Juin - 21:14 par Julian P. Fitzgerald

he couldn’t get any farther away inside from his skin. he couldn’t get away.   Je ne bougeais plus. La fumée recouvrait mes yeux. J’étais incapable de voir au-dehors. Seul, je ne comprenais pas les ondulations de la foule. Je ne comprenais pas les silhouettes brillantes qui se dénudaient sur l’estrade. Mais je fumais. De grâce, je suçais la pulpe de mes doigts jusqu’à en sentir le sang dans ma bouche. La vitre se penchait vers mes joues. Elle reflétait un visage agonisant sur le miroir. Une image glacée à laquelle le temps donnait l’illusion du mouvement. Mon esprit était suspendu entre les bourrasques du vent. Il se protégeait des vacarmes de la rue. Des éclaboussures des souvenirs. Kenzi me transperçait le coeur. Elle posait un regard attentionné sur les blessures qui se déployaient sous mes paupières. Elle connaissait la valeur de Ginny et du sacrifice. Je m’étais promis de la chérir pour l’éternité. J’avais lutté contre mes démons colériques et les opinions des autres. Sa famille ne m’aimait pas. Elle ne m’avait jamais aimé. Je le méritais probablement. Je méritais les malheurs du monde et son effondrement. Je soupirais en agitant mon mégot sur le comptoir. Mes gestes étaient insolents. Ma pensée était dégradante et silencieuse. Je me refusais l’accalmie des lucides. L’alcool ne rendait pas ivre. Elle rendait réaliste. Je croisais les jambes sur le tabouret, la tête fixée sur les rebords du pool et de ces femmes qui se vendaient pour le plaisir éphémère. Ces femmes que j’avais adulé. Que j’avais courtisé pendant des années. Kenzi était l’une d’elle. Elle était l’étoile qui s’inclinait vers mon tombeau. J’esquissais un sourire lointain. Je ne pouvais plus lui en parler. J’en avais assez d’exprimer les sentiments et leurs revers. C’était obsolète. Le divorce serait bientôt prononcé. Et je serais libéré des fantômes de Cardiff. Je serais libérée de la petite fille aux cheveux bruns, roulant sur les graviers pour tremper ses jambes dans les ressacs de la mer. « Sois pas comme ça. » murmurais-je alors qu’elle se levait pour quitter la salle. Je demeurais immobile, bordé par les rythmes exotiques de la musique. Mes jambes étaient paralysées. Je ne parvenais pas à la rattraper. Alors, je la laissais prendre de l’avance sur nous. J’étais minable - la vapeur de l’alcool se condensait sur mes bras. Je me noyais dans les enchevêtrements de la bruine. J’aurais voulu remonter le temps, retrouver le désespoir de nos premières rencontres. Nous étions les maîtres de nos coeurs. Les seigneurs des âmes condamnées. Mais on se perdait toujours. On ne retrouvait plus le chemin. Je soupirais en payant la note, puis je m’engageais dans le couloir. Je m’arrêtais à ses côtés, les yeux perdus sur la chaussée. Je me penchais afin d’allumer ma cigarette sur la sienne. Je grimaçais, avant de me laisser choir contre la muraille. « Je t’avais dis que j’étais con en ce moment. » C’était ma façon d’excuser mon comportement. J’en avais assez - de tout, de la lutte, de l’ivresse. « Je culpabilise, Kenzo. Je le vis pas mal. Je vais réellement bien. Je l’ai aimé pendant des années. Et maintenant, je ne regrette pas son départ. C’est horrible. Je me sens comme une merde.» Je déglutis en aspirant les volutes de fumée.  
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