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You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James

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MEMBRE

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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Mer 10 Mai - 19:08 par James M. Wilde
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Moira
& James




Il se sent à son aise, dans ces lieux étrangers qui revêtent des atours de familiarité dès lors qu'elle les traverse. Il se sent presque bien, les heures à dépérir s'éteignent au profit des minutes où le lien continue de se tisser, les conjuguant d'une étrange manière. Mais le lien les enserre, le lien les corrompt, trop de mots sont passés sous silence pour les voir tous remplacés par des oeillades dociles. Les sourires sont ces déclarations qu'ils taisent, les gestes mesurés les blessures qu'ils ignorent. Jusqu'à ce que le naturel devienne une tare, jusqu'à ce qu'un seul geste perturbe le jeu de dupes pour le donner à la tyrannie d'une vérité bien trop crue, bien trop nue. Sous ses doigts, le tressaillement de l'infamie, contre sa paume le violent rejet de toute sa présence alors que son propre corps réagit viscéralement à elle, aux projections qu'il tend dans la virulence de l'affront. Il retourne à leur ancien théâtre, il retourne aux hurlements qui y furent poussés et il y a en lui quelque chose qui palpite, qui palpite encore, qui demande à s'imposer quand elle refuse tout contact. Sa respiration s'enflamme et des sensations inégales dévalent son échine, la contradiction est infâme. Et derrière elle, la tristesse est plus abrupte encore, elle cisaille ses pensées et vient précipiter son souffle quand elle pose son regard sur lui, figée dans ses craintes, interdite dans ce qu'il analyse comme du dégoût. Sa main demeure, sa voix tremble presque lorsqu'il confie :
_ N'aies pas peur, je t'en prie... N'aies pas peur.
C'est une litanie pleine de douceur qu'il parvient à excaver de ses angoisses, une litanie si douloureuse que tout son visage blêmit avant qu'il ne relâche l'étreinte de ses doigts, dans la rapidité des coupables qui ne cessent de se juger. Ses yeux dans les siens, il sent la putréfaction des mêmes fantômes revenir l'assaillir et il recule, il recule devant eux, avant que son dos ne rencontre l’ilot central qui lui interdit toute retraite. La gorge serrée, il l'entend balbutier, des excuses pour toute parade, des excuses pour étancher la peine qui n'en est que plus grande, le contact un bref instant rompu, de corps comme d'esprit. Il ne lit plus ses prunelles, la stupeur approfondit les siennes. Et elle se fait violence pour l'affronter, quand il peine à ne pas se dérober. Sa main glisse dans ses cheveux pour venir recouvrer un semblant de contenance qu'il ne parvient toutefois pas à arborer. La légèreté s'est enfuie, ne restent que les stigmates du combat qu'il a entaché de ses perversions. Elles tournent, elles tournent dans son esprit, elles cherchent à taire ce qui doit être dit. Il la regarde toujours lorsqu'il décide de balayer toute facilité, repousse les arguments les plus simples qui consisteraient à se mirer dans les reflets factices des dérobades, et préférer un élan pacifique quand la vérité de ses injures hurlent autour d'eux. Il a porté plus de ravages ce jour-là, bien plus qu'il ne l'avait imaginé.

Le silence devient lourd, il cherche à ressaisir ses affects qui tourbillonnent et lui soulèvent le coeur. Il aimerait tant gommer les traces de l'effroi sur le visage de Moira, il aimerait tant prétendre encore... Encore un peu pour qu'ils retrouvent l'aisance qu'ils parvenaient tout juste à frôler. Mais d'aisance, plus un seul soupçon, la peine empreint ses traits avant qu'il ne se décide à parler. Et à trier enfin le faux du vrai, quitte à ce que sa déclaration ne nourrisse un peu plus le brouillard dans lequel ils naviguent, ne se connaissant plus à se connaître trop. Le soupçon d'amertume distille dans l'air un ton mesuré, il s'appuie à l'ilot mais sa posture trahit la tension nerveuse qui demeure dans chacun de ses muscles.
_ Tu n'as pas à t'excuser... Je me souviens très bien de ce que je t'ai fait subir, de la dureté de mes gestes, de l'horreur de mes mots. Je n'aurais pas dû aller aussi loin mais...
Ses yeux se font plus perçants, et si sa voix demeure adoucie par ses remords, le constat placide lui donne des accents bien plus fermes :
_ ... Je n'ai pas menti. Je n'ai fait que rendre vulgaire ce qui existe depuis longtemps. Depuis le tout début, Moira. Tu sais le genre d'homme que je peux être, je ne vais pas prétendre ne t'avoir jamais regardée ou encore désirée.
Il hausse subrepticement les épaules en l'observant sans déguiser ce qu'il sous-entend dans son discours. Il a au moins la délicatesse de ne pas rejoindre les sursauts de sa trivialité, sans doute trop ébranlé par sa réaction pour vouloir la provoquer jusqu'à ce qu'elle reconnaisse ce qu'ils ne peuvent continuer à ignorer. Il laisse quelques secondes s'écouler avant de compléter le fond de sa pensée :
_ Tu me connais suffisamment pour savoir que je ne m'embarrasse pas des entraves, tout du moins pas de celles qui confineraient à l'hérésie. Il faudrait être aveugle pour ne pas te trouver attirante. Ce que je veux dire, c'est que nous avons bien fonctionné jusqu'à présent, ça n'a pas à changer, tu n'as pas à me craindre...
Et pourtant, elle en a toutes les raisons, et il le sait. Car dans l'opprobre, reviennent toutes les tensions qui vinrent le tenailler, rendre sa vie amorphe à la savoir amputée depuis que Moira n'y paraissait plus, il connaît l'obsession, il en sait tous les travers, et s'il s'est toujours maîtrisé, il s'en est fallu de très peu pour que dans le bureau ne se joue une toute autre scène. Il se frotte la nuque, ses cheveux presque entièrement secs, toutefois il frissonne, il sent encore la brutalité de leurs corps opposés, le parfum de sa chair révulsée par ses murmures.
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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Dim 14 Mai - 15:50 par Moira A. Oaks





Elle connaît ce regard. Elle le connaît tant qu’elle pourrait en dessiner chaque nuance. Il s’est glissé toutes les nuits dans sa tête. Il a épié tous ses gestes, investi tous ses cauchemars. Il ne l’a plus quittée depuis qu’elle se l’est infligé ce jour-là, son bras plaqué en travers de ses épaules trop maigres, quand, pour la première fois, c’est elle qui l’a fait trembler. Ce regard, il l’a encore cette seconde perdue où il garde la main sur sa taille, elle le retrouve, cette même peur emprisonnée au fond des prunelles, cette même douleur imprégnée dans les iris, et il la pénètre avec la même violence, ravage toutes ses défenses qu’elle n’a cette fois pas la force de tenir, car elle n’a plus aucune colère sur laquelle s’appuyer, aucun sentiment d’injustice pour justifier ses coups. La peine se glisse sous sa peau, envahit ses yeux et fait trembler ses lèvres. Le murmure de James la cueille plus encore, fait fuir son regard. Elle ne supporte pas de voir la blessure involontairement infligée. Mais elle sent la cassure dans le geste trop rapide qui lui fait rompre le contact alors qu’elle laisse sa main tomber de son front sur la surface du meuble. Les excuses balbutiées ne lui offrent qu’un secours de façade. La douleur s’intensifie encore à chaque pas qui éloigne James jusqu’à ce qu’il rencontre l’ilot central dans son dos. Moira respire. Elle ne laisse que quelques secondes s’évanouir entre eux, se force à se retourner pour réinstaurer le lien qu’elle craint d’avoir encore fragilisé quand ils cessaient à peine de le mettre à mal. Le silence pèse sur ses épaules. Elle ne parvient pas à y mettre un terme. Ses yeux s’accrochent à ceux de James, y lisent un miroir si parfait qu’il la désarçonne complètement. La même souffrance. La même peur. La peur d’avoir brisé l’essence de ce qu’ils étaient. La peur de s’être à jamais perdus dans des intensités trop grandes qu’ils ne peuvent s’empêcher de provoquer dès qu’ils sont dans la même pièce. La peur de la blessure inguérissable, de la blessure de trop.

James laisse échapper les mots en un souffle qui semble beaucoup lui coûter. Sa posture est si tendue qu’elle craint de le voir vaciller à chaque instant, abandonné par ses dernières forces qu’elle imagine bien frêles sur son visage émacié. Elle garde les yeux rivés sur lui alors qu’il revient sur le cœur de leurs maux, ces phrases qu’elle n’est pas parvenue à oublier malgré toutes les raisons que lui a donné Joe, parce qu’il y a eu ce geste, il y a eu ce regard… La morsure est encore trop  fraîche. La coupure encore trop vive. Il le sait. Elle entend ses remords dans chaque tremblement de sa voix. Ils ne lui rappellent que ceux qui lui tiraillent le ventre alors qu’elle se maudit pour ce rejet qu’elle vient de réitérer, comme pour s’être laissée flouer par une caricature qu’elle aurait tant dû deviner. Mais soudain, ses mains se crispent sur le rebord du plan de travail et c’est son monde entier qui vacille.

« … Je n’ai pas menti. » Son souffle se bloque alors qu’elle s’agrippe au meuble pour s’empêcher de chanceler. Elle fixe James de longues secondes. Il hausse seulement ses épaules raides. Mais dans sa tête, ce sont toutes ses grandes constructions qui s’effondrent, tous ses jolis mensonges assemblés qui s’écroulent. L’illusion rassurante d’un rôle poussé à l’extrême disparaît au prix de quelques mots, crucifiée par la seule idée que la vérité ait été enlaidie plutôt qu’inventée. Les propos tenus dans la fièvre qui les a vus s’affronter lui reviennent encore. Elle les rappelle tous. Elle les dissèque. Ils la dévorent. Et leurs conséquences l’étranglent quand James affirme pourtant qu’ils ne devraient rien changer, car si elle ne peut plus fermer les yeux sur ces instincts qu’il lui livre, elle ne peut pas non plus ignorer ceux qu’il réveille en elle au moment où il ruine la seule barrière qui retenait tout.
- Et si cela changeait quelque chose pour moi ?
Elle tient son regard une seconde à peine avant de lever les yeux vers le plafond en se mordant les lèvres car elle sait tout ce qu’elle livre en une seule phrase. Il n’y a jamais eu de secrets entre eux. Ils se lisent trop facilement pour se mentir. Mais elle étouffe les dernières omissions entre ses doigts qu’elle serre à les briser sur le plan de travail, parce que James change tout. Il change cet accord tacite qui devait entériner les règles de leur jeu. Il change la signification de trop de gestes, de trop de paroles, de trop de regards… Il brouille les limites qu’elle pensait infranchissables, et il ouvre la porte à des sensations qu’elle s’était toujours défendue d’éprouver. Les tentations s’immiscent dans son corps comme des aiguilles sous la peau. Elle sait les avoir senties plusieurs fois. Elle sait les avoir toujours impitoyablement refoulées. Et pourtant elles reviennent siffler à son oreille. Elles tenaillent son ventre et enflamment ses sens. Les fourmillements gagnent ses mains. Elle les imprime plus encore sur le meuble. La bataille dans sa tête se répercute dans ses muscles et elle sait l’illusion qu’elle ne peut entretenir. Elle ferme les yeux une brève seconde. Son soupir délivre tout ce qu’elle ne se permet pas encore de dire. Mais James la lit. Il la lit toujours. Il la connaît trop. Et elle ne veut rien lui cacher.

Elle revient difficilement à lui en passant une main dans ses cheveux. Le malaise sclérose sa posture alors qu’elle lutte pour ne pas baisser le regard. L’hésitation alourdit encore le silence qui les enserre. Mais elle a trop confié pour se taire. Sa voix murmure :
- Tu parles toujours comme s’il n’y avait que toi à craindre…
Et pourtant ils sont deux à tout risquer. Deux à tout frôler. Et alors qu’elle le regarde, elle n’est pas sûre de voir en lui le plus grand danger, car il est une règle qu’il a trop rapidement oubliée :
- On ne participe pas à un jeu si on a jamais rêvé même un instant de remporter la partie.


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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Lun 15 Mai - 19:11 par James M. Wilde

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Il a l'impression que le bord de l'îlot central est littéralement en train de s'insérer entre ses vertèbres. Et il s'y glisse tant de désarroi, et de douleur, tant de frustration et de langueurs qu'il a fallu repousser à l'aube de nuits trop multiples pour qu'il ne les oublie. Le malaise cisaille la moelle osseuse, donne à ses jambes une structure amollie par la frayeur, et si ses doigts tremblent en quête de réconfort, jusqu'à rencontrer la froideur du verre, ce sont les sensations qui se peignent sur elle qu'il ressent, encore et encore, à s'en écoeurer. Sa main se brusque autour de l'objet de sa convoitise, ses doigts l'enferment plutôt que de l'enfermer elle, et mécaniquement, avec la mesure de ceux qui ne savent plus qu'esquisser des gestes calculés, il le porte à ses lèvres et le vide d'un trait. Il s'oublie dans le miroir de l'âme qu'elle offre, une âme déformée par ses soins, qui fut fièrement farouche, adroitement mutine, pour n'être plus que perdue, perturbée, puis statufiée par ce qu'il laisse choir comme ultime confidence. La confidence qui n'en est plus une quand à chaque fois que leurs corps se frôlent, se touchent, se rencontrent, il y a dans le regard de James l'étincelle de ses dévorations, les envies terribles qu'il a tressées dans la chair de Moira, pour ne la croire que sienne, et parvenir à toucher l'âme sans se rendre compte que l'on finit par en racler l'os. Il cherche la blancheur cadavérique de la vérité, l'éblouissement du tragique dans leur camaraderie sur fond de désir. Un désir qu'il assume pour ne plus savoir le contraindre, un désir qu'il exhume dans la honte de sa posture qui pourtant fait tout pour le porter devant elle sans faire montre de fuir. Ses bras se croisent quand il repose le verre, sa gorge s'assèche dans les secondes qui suivent et il a soudain le besoin de hurler pour qu'elle réagisse. Un besoin qu'il entrave, à côté de tous les autres, une kyrielle honnie qui finira par le noyer sous ses psalmodies. Ses yeux ne quittent pas les siens, il y a l'idéal renversé à leurs pieds, qui agonise, et il voudrait voir sur elle rejaillir ce qu'il est venu mettre en lumière, il aimerait trahir sur sa mine cendreuse tous les signes déjà si longuement analysés qu'il ne parvient plus à les reconnaître. Sont-ils l'exacte réalité ou bien la peinture dévoyée du fantasme ? Le malaise devient poison, ses veines douloureuses abreuvent des muscles sclérosés, qu'il n'est même plus en mesure de bouger. Qu'attend-t-il si ce n'est qu'elle avoue ? Souhaite-t-il réellement qu'elle le fasse quitte à ne plus pouvoir ravaler ce qui continue de le hanter et qui exsangue ses lèvres trop serrées pour ne plus rien dire ? Elle semble aussi abîmée que lui par la révélation, et il se sent trembler quand il entrevoit les ravages supplémentaires qu'il vient de soigneusement opérer. Ces ravages-là, il les aime. Tout ce qui la corrompt complait à sa nature quand il sait qu'il n'y a que lui qui put en rejeter l'ivraie sur elle, c'est une corruption qui l'affole autant qu'elle le laisse embrassé dans des sensations inavouables. La phrase tombe, un cadavre supplémentaire pour tenir les autres au tombeau. Une phrase qui conforte les peurs et les envies, toutes ensemble. Sa voix est presque sépulcrale quand il appuie l'état de fait :
_ Sans la ritournelle de nos mensonges, il y a la sensation d'être donnés sans fard. Plus rien pour nous protéger. Tu crois que les notes changent parce que te voilà obligée de les entendre... La mélodie reste la même. Nous demeurons face à face, quand nous faisions semblant d'être côte à côte.

Ses doigts rentrent dans son avant bras, l'assaut d'une douleur pour se rappeler à un présent qui vacille et se pourfend dans une voie révélée, qu'ils ont sans doute tous les deux voulu emprunter depuis le départ. Et cela il le voit, il ne peut plus l'ignorer, ou croire encore affabuler lorsqu'il l'observe. Il la voit, il la voit étrangler ses angoisses entre ses mains serrées, il la voit chercher l'appui de l'éther quand l'air devient palpable entre eux, irrespirable, il la voit affronter la mise à mort de la facilité qui fut quotidienne. Et tout saigne, et tout crisse. Le décorum n'est plus, il n'y a qu'elle et lui dans un vide abyssal. Ses doigts s'enfoncent plus encore dans sa chair pour y puiser la sensation quand il croit ployer sous le sentiment. Il traque ses gestes, il appelle ses mots. C'est son soupir qui le rencontre et s'étiole sur sa peau bientôt recouverte d'un délectable frisson. Il la voit oui. Il ne pourra plus l'enfermer dans le carcan de ces distances ébauchées par leurs dialogues fantasques. Il ne pourra plus, car elle souhaite le rejoindre, il en a une certitude qui geint dans l'horreur de ce qu'elle implique. Et si elle ne se retient plus, il faudra l'effrayer. Et si elle n'a plus peur, il faudra rappeler les fers qu'il demeure seul à porter, et qui viendront la mordre elle aussi. Ses yeux la quittent, la peine glisse sur ses cils qui alourdissent ses paupières, il regarde le sol quand elle interrogeait les nues. Face à face. Et diamétralement opposés pourtant. Un léger sourire se peint sur sa bouche quand elle ne fait que compléter ce que son soupir livrait déjà. A l'intérieur de lui, l'ouragan. L'obsession se repaît des certitudes, la convoitise crispe plus encore ses doigts qui cherchent à s'inventer tels des serres pour venir l'enclaver. L'enclaver elle pour tout avoir. Les révélations, la chair, et l'âme derrière. Et il l'entend, ce raclement, ce raclement sur les os dénudés.
_ Si je nourris des craintes, c'est bien parce que je t'ai ressentie... à de nombreuses reprises. S'il n'y avait que moi sur la pente, je t'assure que j'aurais pris ce que je souhaite pour m'en défaire une dernière fois. Car le dégoût que tu as obtenu dans le bureau aurait été notre seul héritage. Mais je ne veux pas me défaire de toi, et tu sursois à l'écoeurement, quoique je fasse.
Il secoue la tête, presque désabusé, comme s'il eut été plus simple de briser les liens devenus innombrables. A l'aune d'un passé devenu un monstre à ne plus pouvoir être lu sans le filtre des envies qu'ils conjuguent, et qui ne s'attachent pas uniquement à la musique, c'est l'aveu qu'elle fait qui le porte à la jauger, ses prunelles rétrécies par ce qu'elle délivre en se délivrant elle. Il broie son propre bras pour s'empêcher de la rejoindre, et imposer tout ce qui surnage dans la déliquescence de ses esprits enténébrés. Il lui faut des secondes trop longues pour se rappeler ce qu'elle ignore. Se rappeler du dernier frein qu'il échafaude à l'obsession. Ses iris fondent sur elle, le visage de la possessivité est entier, il ne le maquille pas, il le laisse s'apposer avant de le substituer à une concession adoucie par tout ce qu'elle sous-tend. Il est venu lui dire quelque chose ce soir, lui dire ce qui complète ses "à jamais" pour les substituer aux toujours de ses démons. Ses yeux redeviennent éminemment tendres, presque coupables, il égraine sa phrase sans se risquer à briser la distance. Un murmure, un soupir pour compléter le sien :
_ Sauf que ce soir, je n'ai plus envie de jouer... Je n'en ai plus envie, Moira.
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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Ven 19 Mai - 18:43 par Moira A. Oaks





La mélodie hurle à ses oreilles. Le bruit de fond devient un hymne. Le thème se renforce et se répète. Il prend toute la place. Les notes sont les mêmes, mais leurs cris l’assourdissent. Moira n’entend plus qu’eux, et l’impuissance la paralyse. Ses yeux restent ancrés aux sien. Elle ne sait plus ce qu’elle veut entendre. Elle perd le rythme. Elle oublie les pas. Son souffle s’alourdit à chaque seconde. Elle remarque la main de James qui se crispe sur son propre bras. Sa tension lui rappelle celle qui visse ses mains sur le meuble. La tétanie devient douloureuse. Elle se l’inflige pour s’empêcher de sombrer.
- La mélodie reste la même, c’est son intensité qui change. Tu sais comme moi qu’un refrain ne se joue jamais deux fois de la même façon.
Et voilà trop longtemps qu’ils le répètent, trop longtemps qu’ils font mine de ne pas entendre la puissance qu’il gagne à chaque regard qu’ils échangent. Les provocations ont maquillé le crescendo de leurs sens, fait passer pour un rôle poussé à l’extrême les mots et les gestes qui frôlaient des limites toujours plus troubles. Les indices qu’elle dissémine dévoilent une vérité qui se lit déjà sur son visage. James sait tout ce qu’elle espère encore une naïve seconde pouvoir nier. Elle cherche des réponses sur la blancheur du plafond, mais le vide qu’il lui renvoie se fait miroir de celui qui l’enserre quand elle s’éreinte à vouloir contrer des forces imparables. Un soupir lui échappe. D’autres aveux le suivent et elle sent James la sonder avec un soin qu’il ne prend plus la peine de camoufler. La pente… Il n’y a jamais été seul. Il l’a embarquée avec lui dès les premières notes de Hoodoo dans son bureau. Il a accepté qu’elle s’y aventure en la laissant s’emparer de sa cigarette ce premier jour. Il l’a condamnée à l’y suivre en l’emprisonnant dans cette fausse étreinte qui l’a entravée contre le lambris du studio. Il s’y est laissé guider à son tour par les provocations qu’elle lui renvoyait. Cette pente, ils l’ont façonnée au gré de leurs incartades, en ont minimisé l’inclinaison en prétextant toujours l’illusion du jeu, ont exploité les failles de ses règles troubles pour les mener toujours plus loin. Cette pente, ils l’ont faite de plus en plus raide, de plus en plus dangereuse, et jamais ils n’ont été plus proches d’en tomber. Moira aurait pu rebrousser chemin. Elle aurait pu décider de s’en détourner. Elle n’en a jamais eu la force alors qu’elle en avait toutes les raisons. Et James les lui rappelle dans le mouvement las qui fait balancer sa tête un instant. Moira réentend les complaintes de Welsh tonner dans son bureau : « Ça va aller jusqu’où ? » « Ça va aller jusqu’où ? » … Toujours plus loin. Toujours plus. Tant qu’ils tiennent encore.

Elle ne détourne plus le regard. Elle ne cherche plus d’esquive. Les mots de James ont déjà refermé leur dernière issue. Ils s’impriment dans ses chairs. « Je ne veux pas me défaire de toi... » Qu’il sache alors. Qu’il reconnaisse ce qu’il sait déjà. Qu’ils se regardent dans la vérité crue de ce qu’ils sont sans plus aucun mensonge pour prétexter la comédie quand trop de vrai se cache aux détours de leurs phrases. L’évidence se matérialise entre ses lèvres et les yeux de James se teintent d’une profondeur qui l’irradie toute entière. Elle le sent si proche du vide à son tour, à faire blanchir ses doigts sur les mailles de son pull sans jamais une seule fois la priver de son regard. Un frisson s’empare violemment de toute sa colonne quand Moira ne sait plus pendant de longues secondes si elle craint ou attend un geste qu’il n’esquisse pourtant pas. L’expression de James change doucement. La chaleur se pare d’une délicatesse qui la surprend tout d’abord, alors que son murmure l’atteint comme un coup en pleine poitrine.

Son cœur s’alarme quand le plan de travail devient le dernier appui de ses maigres résolutions. Son souffle, ses mains, ses jambes… Tout tremble dans un dernier sursaut qu’elle ne parvient cette fois pas à mater. Sa réserve s’étrangle. Sa féminité s’envole. Et elle sonde son regard pour trouver en lui les derniers freins capables de la retenir car tous ses fers se désagrègent sous ses doigts. Elle le lit et sent toutes ses peines. Elle voit toutes ses peurs. Mais toujours pas le rejet qu’elle cherche. Toujours pas la seule mise en garde capable de l’arrêter. Son souffle s’accélère. Ses mains lâchent le meuble. Elles tremblent du mal qu’elles se sont fait et de la douceur qu’elles demandent. Elles tremblent à sentir dans leurs paumes la chaleur des promesses tant de fois arrachées. La démarche est lente. Tout s’appesantit. Moira le transperce de son regard. Chaque pas est un défi qu’elle lui lance, une chance qu’elle lui laisse de fuir. Un seul geste. Une seule crispation. Un seul signe pour la repousser. C’est tout ce qu’elle demande. Mais il se fige, se fige jusqu’à ce qu’elle se trouve à sa hauteur. Un dernier frisson la parcourt, la dernière supplique de sa conscience prête à rendre les armes. Et sa main se lève aussi lentement que sa voix presque inaudible :
- Parce que tu sais que tu as déjà perdu.
Ses doigts se posent sur la clavicule, à l’endroit précis où sa colère s’est abattue dans le bureau. Sa paume vient effacer les marques de l’affront pour y imprimer une chaleur d’une toute autre nature. La peau se tend sous ses phalanges. La sensation est exquise. Elle s’approche encore. Ses yeux ne le quittent pas une fois alors que sa main remonte lentement à la naissance de l’épaule. Elle murmure :
- Et moi aussi.
Un dernier regard. Une dernière seconde pour tout arrêter. Une dernière échappatoire avant la damnation qui les perdra tous les deux. Les limites se troublent. Les principes se fanent. Il n’y a plus qu’eux, dans cette pièce, plus que les serments qu’ils violent pour en honorer les plus viscéraux, les seuls enfermés à jamais sous le verre de leurs présents. Sa dernière offrande, elle la lui donne enfin, elle la lui donne sans plus aucun masque. James a brisé le dernier d’un souffle. Il rejoint les autres délaissés à leurs pieds. Et dans un dernier élan, elle vient goûter sur ses lèvres la certitude de l’avoir départi de tous les siens.  

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message posté Ven 19 Mai - 19:38 par James M. Wilde
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Moira
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Et sur la dernière syllabe, tant d'échos de cette lassitude qui l'a tenu moribond sur le fil de leurs jours désunis. L'inéluctable est là, dans ce jeu qui s'achève et qui n'a plus lieu d'être. L'inéluctable se trace et se ressent dans l'ossature douloureuse d'une carcasse abandonnée aux flammes, à ces feux dévorants dont il ne cesse de se défendre depuis qu'elle l'a étreint dans le studio, depuis qu'elle a accepté de boire de nouveau les promesses qui s'échappaient de ses lèvres, promesses démentes d'un être toujours donné à des extrêmes farouches. Qui souvent se combattent. Qui parfois se rejoignent. Comme ce soir. Et la lassitude empreint ses traits, mais n'atteint guère son regard, elle se fane sur sa peau quand elle ne peut distiller le repentir dans des prunelles qui s'arriment à Moira pour deviner ce qu'il connaît déjà. Il la sait au moment du soupir, il la comprend alors qu'elle refuse de l'abandonner dans les aveux qui les condamnent tout à fait. Plus de retour en arrière. Il la sent au moment même où elle décide d'abandonner l'ancrage pour se jeter dans l'incertitude ralentie des pas qu'il détoure, et qui sonnent tous comme une mise en garde. Un pas. Son coeur. Un pas de plus. Tachycardie. Il ne bouge pas, il ne bouge plus. Sa conscience ricane et se tire allègrement, il n'a jamais su l'écouter, encore moins lorsqu'il s'agit de la scarifier au fil acéré des notes de ses désirs. Se dérober à Moira tient de l'impossible, il y a dans  chaque battement, dans chaque pas, l'envie qui se verse dans tout son corps, qui nacre sa peau, qui brutalise ses muscles toujours tendus. Il respire son choix, ce choix qui brûle chaque alvéole de ses poumons à chaque fois qu'il se risque à quémander une respiration entièrement corrompue par l'attente enfin meurtrie par cette rencontre. Il demeure mutique, sculpté dans ses contradictions qui crèvent toutes à force d'une passion qui grandit dans les replis de son être, qui rampe dans le lit souillé de sa raison. Plus de place nulle part pour les résolutions, elles s'effondrent, les peurs hurlent, geignent, grognent de n'être plus les uniques démons qui violent ce territoire déjà trop visité, son décor immuable dévoilé aux couleurs de l'infamie. La passion pulse, la passion se courbe pour s'infiltrer entre les maigres barrières qui s’échafaudaient dans l'angoisse maladive, elle mordille jusqu'à faire saigner les plaies à peine refermées. Elle déborde de ses iris pour dévaler jusqu'à elle, et dans cette fixité malsaine il y a l'écho d'un monstre qui la toise. Et qui se plaît à voir ses prières dévoyées de nouveau exaucées. Sa main sur sa clavicule le chasse, le grain de sa voix le silence un bref instant. Qui perd ce soir ? Qui perd, lui ou le monstre ? Qui perd, lui ou elle ? Elle ou lui ? Elle et lui... Elle est lui, son parfait reflet, celui de toutes ses convoitises. Il n'a plus rien à dire, il oublie dans ses murmures ce dont il devait se méfier, il oublie dans ses yeux les décisions bientôt irradiées par sa caresse. Le froid de la vitre dans la mémoire. La vitre cède, il n'y a plus qu'à tomber. Sa silhouette ne bouge guère, son corps semble se mouvoir sous sa peau qui s'électrise, Moira est partout, devant lui, à l'intérieur déjà... Qui perd ? Qui perd ?

Les esquives, il les repousse, les lignes de fuite deviennent des portes closes derrière lesquelles il se dérobe. Les incohérences versent leur propre langage, il y a une telle clarté soudain, les prunelles tracent toutes ces phrases devenues interdites. Il ne bouge pas, il sait enfin pourquoi. Il ne bouge pas car il l'attend. Il a passé des jours à l'attendre, des éternités déraisonnables à la convoquer dans les secrets de ses pensées. La réalité implose pour subir le fantasme révélé quand elle le rejoint, ses lèvres sur les siennes, le goût de leurs serments sur la douceur qu'elles impriment. Il ferme les yeux pour mieux la voir, et dans le noir l'étreindre pour la garder. Les ténèbres se referment, il glisse ses bras autour d'elle, l'innocence factice du seuil de sa demeure bientôt viciée par ses instincts, ses doigts froissent son chemisier, attirent sa silhouette pour la damner à la sienne toujours tendue par des alarmes qu'il choisit d'ignorer. Il gomme les peurs qui gisent dans sa tête pour les inscrire dans son dos qu'il redécouvre, l'une de ses mains remonte jusqu'à la nuque dans un élan de possession fébrile qui déborde de toutes les sensations violentées par l'urgence. Le geste n'est pas farouche, il se fait l'écho de ces serments maudits qui le relient à elle dans un futur déjà trop trouble pour qu'il s'en méfie. Il caresse, il attire encore, il veut qu'elle ressente la fureur de son corps, quand il lui offre entièrement la sensualité de sa bouche. Une minute, il s'oublie, une minute, il se donne. Le baiser devient une confidence, l'étreinte un écrin pour la recueillir. Tant de lui, et tant d'elle. Qui perd ? Qui perd ? Son coeur se saccade alors que la passion menace de fissurer l'enveloppe trop fragile de deux corps enlacés et pourtant incomplets. Sa main sur sa nuque se fait plus animale, il donne trop, il ne prend pas suffisamment, le déséquilibre fait chanceler la douceur pour la transfigurer. Une minute, il a goûté à ce qu'ils devraient être, une minute seulement. Ce qu'ils devraient être s'il n'était pas corrompu. Ce qu'ils devraient être si elle n'était pas tentatrice. La passion hurle, le désir entonne ses intensités, ses doigts se glissent pour mieux la toucher, lassés des artifices de l'étoffe ils cherchent les délices de sa peau pour l'embraser. Embrassé à elle, les instincts de James le griffent, échappent un soupir presque menaçant où la frustration brise l'envolée aux prémices incertains. La bête sait, la bête veut, et la peur s'étouffe dans les promesses du plaisir. Les précautions s'abandonnent, elles meurent au moment même où il s'arrache à sa bouche pour la regarder, la regarder une fois de plus pour ne pas croire qu'il rêve. Pour ne pas croire qu'il crève dans ses folies bientôt encerclées par ses sens. La regarder une fois de plus. Une fois de trop. Il inverse les rôles, la confronte à son tour à l'îlot qui fut le frein à toutes les fuites, la bloque comme pour s'empêcher lui-même d'écouter ce qu'il ne veut plus entendre. La peur toutefois, la peur dans cette main qui tremble alors qu'elle se porte à son visage pour le frôler. Si tu savais, si tu savais... Que devais-je te dire, que devais-je te dire ? Le baiser éteint les questionnements dans une brutalité plus éloquente, l'envie d'elle soudain si prégnante que les boutons de son chemisier ne suivent plus véritablement la cadence. Et sur sa langue, le feu du mensonge. Sur sa langue tous les non-dits qui demeurent, et qui la meuvent à chaque fois en le faisant frissonner. Et sous ses doigts la tourmente, celle de ce désir qu'il ne supportera plus d'interdire. Et dans son coeur, les battements fous des certitudes qui se fracassent en menaçant de se dédoubler. Qui perd, s'il ne parvient plus à savoir qui il est ? Qui perd ?
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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Sam 20 Mai - 23:22 par Moira A. Oaks





Le refrain se tord dans son esprit. Il sonne. Il s’infléchit. Les notes se corrompent. C’est toute la mélodie qui change, le rythme qui s’ébranle. Sa main sur son épaule trace les lignes d’un nouveau couplet. Les paroles s’impriment sur ses lèvres avec la facilité des obsessions connues par cœur à force de s’interdire d’y penser. La musique reprend. Elle ne l’a jamais quittée, plus depuis qu’il l’a laissée s’y perdre avec lui la première fois près du piano, plus depuis qu’il l’a laissée s’empoisonner à ses furies, goûter à la fièvre qu’il est le seul à savoir provoquer chez elle. Les instincts sont les mêmes. Mais sa réponse change tout. Elle change tout car elle la libère de toutes ses entraves. Elle change tout car elle pourfend tous leurs mensonges. Les chaînes dévalent le long de son dos qui se tend sous ses mains quand James l’enserre. Les frissons se jouent de tous ses muscles, derniers sursauts d’une conscience qu’elle décide de taire quand les sensations qu’il déchaîne dévorent ses doutes pour ne laisser que le désir abrupt qu’elle n’en peut plus d’étrangler. Elle se presse contre son corps, suit l’appel qu’il dessine sur sa nuque, réminiscence d’un soir qu’elle garde gravé dans ses chairs, un soir dont elle se répète chaque serment, dont elle embrasse chaque promesse. Sa main remonte le long du cou, suit la ligne de sa mâchoire. La prise se fait plus ferme, appuie l’avidité de sa bouche quand ses inspirations s’alourdissent à chaque caresse qu’il échoue contre sa peau. Ses doigts se glissent sous son chemisier. Elle écrase un soupir contre ses lèvres. Combien de fois s’est-elle interdite de l’approcher ? Combien de fois a-t-elle retenu les gestes qu’elle ne libérait que dans la folie de leurs affronts, quand les frontières se brouillaient dans la rage qu’ils nourrissaient tous les deux ? Ses mains descendent le long de son torse, explorent les reliefs de son corps à travers les vêtements qui la narguent. La frustration excite ses sens. Elle l’entretient encore pour mieux l’exploiter. Mais elle n’est pas la seule à mener la danse et James s’écarte, freine brutalement quand tout se dérobe sous leurs pieds. Elle a le réflexe de s’accrocher à son pull et ne desserre sa prise que lorsqu’elle comprend qu’il ne veut que la voir. Leurs yeux se croisent. Elle ne lui cache aucun des feux qui l’animent. La musique… La musique encore qui résonne dans sa tête. Elle ne l’oubliera plus. Et son souffle épouse le rythme quand James pousse son corps à prendre sa place contre l’îlot.

L’arête du meuble rentre dans sa colonne et son ventre se tord à sentir les instincts se déchaîner en son sein. Moira se tétanise lorsque la main de James tremble sur les lignes de son visage et qu’elle trouve dans son regard les reflets d’une inquiétude qu’elle n’est pas sûre de savoir déchiffrer. Son cœur se perd dans un rythme confus. Elle inspire sans parvenir à calmer le tourbillon de ses pensées. Ne te perds pas, James… Ne te perds pas. Sa main vient lentement se poser sur sa poitrine, rassure d’un geste s’il est nécessaire qu’il la sente. Je suis là. Reste avec moi. Reste encore. Son baiser chasse la peur qui menaçait de les étreindre, et Moira répond avec la même fougue, s’empare de sa nuque comme d'un ancrage pour s’empêcher de tomber. La mélodie s’accélère. Tout devient avide, viscéral. Elle ne sent que la morsure de son chemisier contre son cou lorsqu’il finit par céder. Les premiers boutons suivent ses courbes jusque sur le parquet, dévoilent son corps dans une précipitation qui lui arrache un soupir étouffé. Le souffle de James s’imprime sur sa peau nue. Elle frissonne et se laisse enivrer. Sa jambe remonte pour le caler contre sa cuisse. Ses gestes s’embrasent comme pour le marquer. Elle glisse ses doigts sous son tshirt, réalise combien ses mains sont froides tant elle a l’impression de se brûler. Le feu sur sa peau. Le feu dans la sienne. La communion s’inscrit dans chaque élan, chaque tremblement, chaque griffure. La perdition est entière, gagne des atours d’évidence, mais elle laisse durer la chute, les maintient à l’orée des plaisirs les plus brutaux dont ils ne peuvent pourtant plus se détourner. L’impatience s’immisce dans leurs veines. Son poison les fait frôler l’insensé. Moira s’empare de son pull, le tire vers le haut avec son t-shirt pour l’en débarrasser et découvre pour la première fois les lignes de son corps qu’elle sait tout de suite trop maigre même pour lui. Elle s’écarte pour l’observer, passe ses doigts sur la proéminence de ses côtes comme pour apaiser les stigmates d’une absence dont elle a trop sous-estimé les effets. Ses paumes passent à l’arrière de son dos. Elle se love dans son cou pour l’embrasser. Il y aurait encore tant à dire, tant à confier quand les regrets continuent de peser sur sa poitrine et de vicier son esprit. Sa langue suit la jugulaire, caresse la ligne de vie qu’elle n’a jamais tant voulu protéger. Mais la douceur ploie encore. L’urgence fait se comprimer ses mains qui s’aventurent sur des territoires qu’elle envahit les uns après les autres. Son regard revient à lui quand elle descend à la limite de son jean. Le défi est entier. Mais elle sait que James ne l‘arrêtera plus. La fébrilité de ses doigts les fait frôler son ventre quand elle déboucle sa ceinture. Elle revient s’emparer de ses lèvres, goûter encore au sel de la déraison qui n’a jamais été plus salutaire. Elle ne veut que lui. Trouver dans l’étreinte les feux oubliés dans la putréfaction de ses chairs. Réveiller la femme qu’elle se souvient avoir été, celle qu’il a devinée dès le premier jour et qu’elle n’a jamais pu lui offrir. Elle veut imprégner sa chair pour qu’il ne puisse jamais l’oublier. Entendre la musique. L’entendre à s’en assourdir. Car c’est tout ce qu’il reste. Tout ce qu’il reste.


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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Dim 21 Mai - 2:31 par James M. Wilde



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That won't change how it feels
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Making me feel eternally missed
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En un seul souffle son monde bascule et se mordore à chaque fois qu’elle le touche pour le transfigurer. Les couleurs avivées par sa fièvre forment une gangue soudain prégnante qui enserre son esprit pour le faire imploser au moment où il la recueille entre ses bras décharnés. Le rythme s’emballe quand les harmonies se rencontrent pour se fracasser, les sons deviennent des hurlements inconnus qui martèlent son crâne, sa bouche indiscrète boit toutes les folies si longtemps enfermées en son sein, remplace les mots promis par des désirs insoumis. Il n’en connaît plus la saveur et pourtant la traque dans des réflexes ancestraux, recouvre les parcours abandonnés au seuil de sa prison et s’y élance avec l’infinie liberté qui en écorche tous les sillons jusque sur sa peau soulevée par les frissons que Moira y instille. La cage est ouverte sur le vide, le spasme de la chute secoue son âme qui ne souhaite que défaillir à leurs pieds. Et se fracasser. Se fracasser. À la sienne. Me fracasser contre toi, briser les os pour sustenter les iniques appétits que tu provoques, les contraindre à vomir leurs flammes pour mourir sur le bûcher de tes passions. Ses mains cherchent à profaner, sa bouche à déchirer pour voir jaillir le sang dont il crève de s’abreuver, éteindre la soif inextinguible qu’elle a un jour provoquée, en croyant s’inviter dans sa musique quand il ne pouvait jurer que de l’y perdre. Et la semer, et la semer. La contraindre aux ténèbres pour arracher les siennes et les envahir à son tour. La folie guette, elle a vu dans les yeux de Moira les notes les plus altières, les sonorités les plus viciées, elle tisse ses fils qui mènent la danse désincarnée de deux corps qui s’enlacent, de deux âmes qui s’entachent pour mieux se découvrir broyées par la même difformité. Mais la folie se frustre, son pantin n’est plus totalement aliéné entre ses griffes, la main étrangère s’invite pour l’apaiser et ses yeux un bref moment perdus dans les lointains qu’eux seuls ont su dévisager reviennent à elle pour la brûler. Je suis là. Je suis là. Tu es enfin à moi. Enfin… Ses lèvres données dans un serment brutal qui se confond à tous les autres, les boutons roulent au sol, entrechoquent le désaccord de ses esprits qui divaguent déjà à se sentir écartelés. L’étoffe lâche, abandonne la partie pour retomber inerte sur un champ de bataille dont ne s’occupent plus les protagonistes, James la dévore de ses mains avant de couler ses iris sur le grain de sa peau qui s’offre à ses brûlures, il en note les nuances, s’imagine déjà les dévaster pour en dessiner d’autres, ses gestes incertains rétablissent un empire sur sa taille, son pouce trace chaque côte avant de dessiner l’évidence de sa nudité arrogante de femme qu’il devinait déjà sous l’humidité du chemisier. L’éloquence dévoilée lui arrache une respiration rauque, ce que l’imaginaire a nourri se voit violemment complété par la trivialité des sens, la caresse se transfigure, referme l’avidité de la paume de sa main en un geste possessif alors que sa bouche dévale les frissons de son cou offert, en sculpte la beauté du bout de sa langue qu’il ne songe plus qu’à dévoyer. Ses dents saillent, il sent les détours de Moira qui balade la pulpe de ses doigts presque glacée contre lui, alors qu’il continue de se consumer, amaigri par la privation et par l’assaut renouvelé de son incessant désir. Le feu embrase les chairs, l’invitation de sa cuisse provoque la menace de ses reins en un mouvement primaire qui fait se contracter ses muscles, James ébauche un murmure contre son épaule, les sensations sont si vives qu’il parvient à peine à maîtriser la violence qui s’excite dans son coeur. Le sang déchaîné dans ses veines embrume sa vue qui se trouble, il se presse plus encore contre elle comme pour demander une délivrance qu’il se met pourtant à craindre. La danse de ses lèvres atermoie sur sa peau, il s’en détourne, se détache légèrement d’elle alors qu’il la perd de vue dans son mouvement qui le pousse à se débarrasser de son pull et de son t-shirt. Les stigmates se révèlent sous la lumière crue, ses iris replongent dans les siennes pour les confronter. Il se suspend à son geste, le souffle court avant de poser son front contre le sien dans un geste d’amant. C’est terminé. C’est terminé. Je te le jure. J’aimerais te le jurer. Un autre serment, pour oublier tous mes mensonges et devenir une fraude à mes propres regards. Ses doigts tremblent dans ses cheveux qu’ils dévalent pour apaiser les craintes, quand les mots sont devenus impuissants, tous silencés par l’aube de leurs plaisirs.

Il penche la tête pour lui donner accès à son cou qu’elle embrasse, il sent sa langue, la pulsation de son sang qui cherche à la rejoindre, il ferme les yeux, ne se rappelle plus les peurs qui s’évadent encore. Elles vivent, elles meurent, elles reparaissent, elles incendient ses chairs, elles glacent sa peau. Les doigts de Moira se font beaucoup plus aventureux quand James cherche à fusionner avec ses courbes en une oscillation sensuelle. La limite inviolée par leurs libéralités, et pourtant tant de fois franchies dans ses esprits malades. Ses yeux fondent sur elle, l’invitent autant qu’ils semblent la mettre en garde, il n’est pas capable de l’arrêter, il n’est plus capable de freiner les promesses trompeuses d’une liberté qui pourtant les menacent tous les deux. Le glas métallique de sa ceinture rappelle des échos qui susurrent des phrases oubliées. James… James… Je le sens, je sais l’effet que je produis sur toi… James… Il ne sait plus qui parle, il sait pourtant qu’il la regarde toujours, le souffle saccadé, la posture presque interdite, il se sent perdre pied, appeler à lui des instincts honnis pour la ravager, sa main se referme brusquement sur sa cuisse pour la plaquer plus indécemment à lui s’il est possible, les doigts de Moira glissés entre leurs deux corps qui communient de façon imparfaite. La tension de son désir déjà lové dans sa paume, il frémit, contraint tous les mouvements qu’il rêve de destiner à la brutalité d’une étreinte qu’il peint derrière ses paupières déjà closes, leurs lèvres se scellent dans une nouvelle incandescence. Il la veut. Il la veut tant. Il la veut à en oublier toutes les retenues qu’il s’inflige depuis des années, et les cris déjà portés deviennent des grognements animaux, bruits de mastication qui cherchent à consommer les chairs dénudées. J’ai l’envie de te prendre et de t’avilir. De t’avilir jusqu’à ce que tu geignes la folie que mes assauts inscriront sous ta peau. Encore. Encore. Et encore. Il mord sa lèvre inférieure, ses douceurs défaillent sous le poids des envies inavouées, elle est bien trop avide de lui pour qu’il ne se retienne. Il la sent entièrement confiée dans l'étreinte, déraisonnable dans une foi aveuglée par ses soupirs, et la douleur est aussi vive que l’anticipation de son plaisir, son besoin d’elle plus violent encore contre sa main. Les doigts de James se contraignent aux caresses quand ils cherchent volontiers à marquer la chair, à bleuir la peau, à massacrer le velours pour en sentir les fibres et toutes les arracher. Il lui faut de nombreuses secondes pour cesser de malmener ses lèvres qu’il abandonne, les yeux toujours fermés, sa bouche retournant aux territoires harmonieux de sa clavicule. Son souffle enfiévré sur sa peau, sa langue suit des chemins inédits avant de venir goûter avec une langueur apprêtée la soie de son sein sur lequel il échoue, jusqu’à repousser les terreurs de ses nuits qui reviennent pervertir ses pensées. Bien plus inaccessible, il se joue du déséquilibre pour suivre du bout des doigts sa cage thoracique, le creux de son abdomen, enfin fureter à son tour sur le bouton de son pantalon qu’il désentrave sans préavis. L’une de ses mains la plaque d’autorité aux arêtes saillantes du meuble qui les soutient sans faillir, l’autre s’immisce entre eux et franchit toutes les indiscrétions en quête des charmes qu’il cherche à pénétrer pour la fasciner tout à fait. Ses pensées se calment au rythme des caresses de sa langue, deviennent indéchiffrables dans la lenteur qu’il égraine du bout des doigts. Il veut ses gémissements. D’autres sons pour envahir sa tête, et y braver l’horreur, d’autres accords pour chasser la disharmonie de la bête qui agresse ses chaînes depuis que les souvenirs se distillent dans sa prison de ténèbres. Chante pour moi, je t’en prie. Ses doigts ne se contentent plus de jouer la douceur d’un anodin tempo, ils prennent possession d’elle, se glissent dans la chaleur de sa passion pour découvrir la clameur d’un refrain qu’elle ne peut qu’entamer seule. Chante pour moi, offre-moi les brisures de ta voix pour oublier les cris à l’intérieur, fais-les taire, je t’en conjure. Toi seule peux les arrêter, toi seule si tu m’empêches de les entonner à mon tour. Ses mouvements sont plus avides, inféodé à son plaisir il parvient à reprendre l’entière maîtrise de son corps qui pourtant se meurt de rencontrer à nouveau les entraves quand il croyait pouvoir enfin s’en délivrer.
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message posté Mar 23 Mai - 22:12 par Moira A. Oaks





Il a suffi d’un geste, un geste pour silencer une dernière fois les objections d‘une moralité honnie qu’elle bafoue du bout des lèvres chaque fois qu’elle se risque à rencontrer sa peau, un geste pour oublier les voix hurlantes dans son esprit, pour taire les cris terrifiés d’une prudence trop brutalisée.Tout s’étrangle à l’instant où il s’abandonne, où il fait reposer sa tête contre la sienne et accepte de lui offrir les cicatrices des blessures qu’il a endurées pour elle. Ses doigts sur ses côtes, son front contre le sien, Moira ferme les yeux pour respirer la certitude de l’avoir retrouvé, d’avoir laissé derrière eux les souffrances d’une lutte qui ne devait pas être la leur. Elle s’imprègne de l’odeur de sa peau, remonte une main sur sa joue quand la deuxième cherche toujours à effacer les traces de l’infamie dessinée sur l’ossature trop saillante de sa cage thoracique. Elle écoute la rencontre de ce soupir perdu qu’ils échappent entre deux respirations trop précipitées, dans cette seconde suspendue qui pare les ardeurs d’une tendresse troublante qu’elle grave dans sa mémoire comme un trésor. Son pouce tremble sur sa pommette, trace les mots qu’elle n’a pas besoin de prononcer pour que James les entende. Le désir brut ploie juste un instant, parenthèse envoûtante dans la rugosité des sens. Mais les instincts brûlent encore et leur tyrannie reprend possession de leurs gestes quand elle se perd dans la chaleur de son cou. Ses mains parcourent les muscles de son dos, suivent la ligne saillante de la colonne, retombent de chaque côté des flancs pour rencontrer le tissu rêche de son jean. Le tempo s’accélère. La ceinture rend les armes. Elle libère James pour l’enfermer dans une entrave dont elle est seule maîtresse. Son orgueil de femme donne à ses regards des allures prédatrices. Ses yeux le sondent pour ne rien perdre des frissons qui le parcourent. Le souffle qu’il exhale broie ses dernières inhibitions. Elle vient chercher ses lèvres pour achever sa possession. Le pouvoir l’enivre. Elle se sent transportée par la seule idée de l’assujettir. Mais la main de James sur sa cuisse renforce les envies qui la ravagent, elle croit mener la danse quand c’est lui qui la dirige. Ses baisers deviennent morsures. Elle se tend à chaque caresse de son souffle. Chaque élan qu’il dessine sur son corps s’attire les mêmes répercussions. Leurs désirs se défient dans une gradation insupportable. La domination n’est qu’un leurre qu’ils se passent à loisir. James s’arrache à sa bouche, explore à son tour les territoires sur lesquels il a déjà tous pouvoirs. Elle se penche en arrière pour n’entraver aucun de ses gestes, se raccroche à sa nuque pour garder son équilibre précaire qui semble vaciller à chacune de ses inspirations. Ses soupirs s’approfondissent à l’appel de sa langue. Elle se tend sous ses assauts, le laisse prendre l’avantage quand l’inclinaison de son corps l’empêche naturellement de l’atteindre. Sa main tentatrice remonte et se referme sur son épaule quand celle de James vient braver toutes les indécences. Elle inspire encore, ferme les paupières pour mieux se laisser emporter. Les caresses de James ont une saveur de vengeance. Elle lui laisse savourer sa riposte quand tout autour d’elle se trouble. Elle échappe un grondement rauque qui échoue dans son cou, mais James ne lui laisse plus de répit. Ses lèvres chérissent quand ses doigts profanent. La rupture est exquise. Moira glisse sa tête contre sa tempe pour s’empêcher de perdre pied. Ses ongles s’enfoncent dans son épaule. Les gémissements remplacent les souffles, elle s’oublie un instant et se laisse envahir. Chaque tremblement accentue la morsure de l’îlot dans son dos, seul ancrage à la réalité quand tous ses sens se brouillent dans les déchainements que James provoque. Un frisson encore. La crispation la prend toute entière.
- James !
L’appel n’est qu’un souffle précipité. Sa main se plaque sur son poignet quand elle affermit brutalement sa prise sur sa nuque. Sa déglutition est laborieuse. Elle se force à retrouver les carcans de ses sensations, s’interdit l’abandon quand elle est la seule à le frôler. Son souffle haletant soulève sa poitrine quand James se redresse, il caresse son oreille les quelques secondes que Moira s’accorde pour repousser la perdition. Sa main sur sa nuque se glisse sur sa mâchoire pour l’inciter à la regarder. Il n’y a dans ses yeux plus aucun doute sur les sensations qu’elle veut retrouver. Elle veut le voir. Elle veut l’admirer. Elle veut sentir chaque tremblement sous sa peau pour qu’il se répercute dans la sienne. Son regard se réchauffe de tous les feux que James vient d’attiser. Il y a tant de désir qu’aucun mot ne peut plus le formuler. Ses mains se risquent de nouveau à le toucher, s’impriment plus durement sur la peau à mesure que les réflexes lui reviennent. Moira sait ce qu’elle cherche à réveiller. La manœuvre n’est nullement dissimulée. Elle ondule contre lui, vient chercher les instincts qu’elle devine dans ses prunelles et qu’il n‘a pas encore libérés. Elle veut toutes les nuances de sa possessivité qu’il lui a tant de fois faite entrevoir. Elle veut sentir la prégnance de cette envie qu’il lui a soufflée dans son bureau. Les souvenirs envahissent son esprit quand ses mains reviennent provoquer tout ce qu’il a minutieusement repoussé. Cette étincelle dans ses yeux, elle l’y a vue tant de fois… L’avidité reprend possession de ses gestes. Elle le veut dans la complétude de leurs corps enchevêtrés. Elle le veut dans l’union la plus crue qu’ils se sont toujours refusée. Pour toutes les fois où elle s’est interdit de l’avoir. Pour toutes les brides qu’ils n’ont cessé de resserrer. Ce soir, plus aucune n’est là pour mordre sa chair. Elle n’acceptera plus aucun fer. Seulement les siens. Et c’est elle qui l’attire quand son dos revient épouser la dureté de l’îlot.

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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Mer 24 Mai - 12:10 par James M. Wilde
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& James




Longer les récifs suffisamment acérés pour le mordre et croire encore être le maître qui les dessine, quand ils ne font que destiner la chute, pour recevoir sa peau, trancher ses chairs, boire ses humeurs macabres pour toutes les peindre... Les peindre sur l'infinie tentatrice entre ses bras entravée, murmures de la luxure sur ses lèvres, le sel des sentiments sur sa langue. Qui es-tu ? Qui es-tu ?

Il ne croit jamais rien avoir connu de plus absolu que le velours de sa main lorsqu'elle se fait prédatrice aux gestes assurés. Les regards de James se perdent à se troubler, il ne voit que les airs suggestifs, les promesses qui jouissent des mélodies souffreteuses de leurs souffles entrelacés. Chaque frisson, il le lui doit, chaque exquise contracture qui saisit la léthargie fantomatique de son corps trop maigre, il la lui abandonne. Il y a dans ses caresses des vérités qu'ils se rendent, celles d'avoir toujours souhaité être l'un à l'autre sans jamais se le permettre, par peur de l'indignité de leur monde qui ne devait guère basculer dans l'empire de leurs passions reliées. Il ne la laisse pas opérer très longtemps, le combat reprend car perdre ses instincts c'est pour lui côtoyer celui qu'il s'interdit de seulement songer à adopter, elle y trouverait toutes les noirceurs qu'elle n'a pu qu'entrevoir, elle perdrait l'absolu pour ne plus croire qu'en l'horreur d'une nature que pourtant elle provoque sans cesse. Il cherche à se perdre sur sa peau, trace des routes qui lui arrachent tant de souffles, tant de murmures qui s'étanchent en un cri à peine porté, délicate aria de sa peine, il aimerait la prolonger. Ses poumons qui exhalent le plaisir sous la forme d'une interdiction, son prénom pour mise en garde. Sa bouche quitte les terres de ses exactions, la frustration le fait grogner, il n'est plus véritablement là lorsqu'il la regarde, et s'il revient, c'est incomplet, parti dans des ailleurs où elle n'est qu'un écho. Des cris, des gémissements, une peau corrompue par la transpiration. Échevelée, à bout de ses résistances, les lèvres entrouvertes, les prunelles brûlantes d'avoir trop frôlé la délivrance qu'il souhaitait lui apporter, elle est animale, divine, fatale. Il la laisse récupérer mais explicite ses menaces alors que ses doigts viennent se poser sur sa gorge pour la retenir ou la convier, obligé de reparaître dans la cruauté d'un instant qui le voit affronter des envies devenues si nombreuses qu'il ne parvient plus à les identifier. Il cherche à affermir le carcan de ses déterminations, mais sa respiration cajole son oreille au moment où il la relâche, Moira flatte sa nuque, suit l'ossature de sa mâchoire pour qu'il daigne enfin revenir à elle, plutôt que de persister à courir entre les secrets de ses ombres. La main de James choisit de reposer, alanguie sur sa taille, et ses prunelles se figent dans les siennes, une froideur distanciée qui se mâtine en une fureur déchaînée quand elle se risque de nouveau à le toucher, plus manipulatrice que jamais, et il se sent ployer. Ployer vers elle, le souffle étranglé, les gémissements rendus rauques de tout ce qu'elle envenime en apposant ses tentations sur tout son corps. Il la sent, il la veut, il la regarde même, ensorcelé par son désir de femme, enfermé entre ses bras, embrassé à elle, répondant à chaque ondulation par des mouvements qu'elle convoque de ses doigts si graciles. Enivré par sa liberté, il ne sait plus que boire, sa bouche, sa peau, ses respirations enflammées, ou bien ses doutes, ses peurs, et ses désirs entièrement dévoilés par les prémices d'un plaisir qui imprègne ses yeux.

La voir, la toucher, la sentir s'inviter contre lui, le réclamer dans l'harassante joute, c'en est trop. Tout corrèle, se précipite, son souffle est erratique et il ne parvient plus à la considérer, maîtresse indomptée de ses sens. Tout devient trop prégnant, presque poisseux, envahit ses esprits comme ses iris si sombres qu'elles semblent fusionner avec ses prunelles dilatées. C'est insupportable, ses doigts pénètrent sa peau pour la marquer, le besoin de la prendre hurle en contractant ses muscles, les ciselant sous sa peau blême depuis longtemps brûlante. S'il la laisse continuer, il la ravagera, il la prendra là, jusqu'à la blesser pour que le monstre puisse festoyer de ses chairs profanées. Les idées se morcèlent, le désir l'enserre, excave la voix provocatrice de l'amante de ses tourments, elle est partout, jusqu'aux creux de son ventre, à lécher le carmin de ses crimes pour en déchaîner les enfers. Le souffle laborieux, il ne réfléchit pas, coupe court à ses visions si palpables qu'elles deviennent des cauchemars éveillés qui galopent sous sa peau enfiévrée, il l'arrache à lui d'une main, ôte son visage enchanteur à ses regards dévorants, l'oblige à se détourner sans grande douceur, même s'il a ce réflexe désarmant de retenir le choc qui l'aurait précipitée face à l'îlot et ses lignes trop dures, ses doigts glissés contre son ventre nu pour la retenir, avant de n'obéir qu'à des instincts depuis longtemps ancrés. Métronome de rencontres désincarnées, il la désentrave de son pantalon à une vitesse précipitée, et sa jambe vient écarter les siennes sans attendre la permission sous-tendue par sa respiration rendue à l'anarchie. Un blanc. Un arrêt où la contemplation revient narguer ses obsessions. Déchéance d'une beauté avilie dans des échos trop prophétiques. Tu la veux, tu l'as voulue dans les solitudes de tes nuits, les yeux ouverts sur les souvenirs partagés. Tu as voulu son corps, tu as voulu son âme. Il ne te reste plus qu'à les prendre. La prendre. Ainsi offerte, ses désirs rendus au comble des interdits frappent contre sa cage thoracique comme pour la rompre, il cherche à ne considérer qu'une silhouette anonyme, mais même de dos, c'est elle qu'il voit. C'est elle qui fait trembler son bras lorsqu'il le tend pour caresser avec une lenteur de prédateur l'un des creux de ses reins, c'est elle qui transfigure son geste brutal en une danse langoureuse, qui frôle, qui goûte, qui trace chaque vertèbre jusqu'à emmêler ses doigts dans ses cheveux. C'est elle. Elle qui l'obsède, elle qui le tient, elle qui manipule ses sens. Il ferme les yeux pour la faire disparaître, mais c'est pire encore car ses parfums l'assaillent, et la respiration de James s'alourdit, un gémissement s'étrangle dans sa gorge, ses doigts enroulent les mèches pour la cambrer. Sa bouche près de son oreille. Son nom abandonné dans la contrainte. Moira... Le chant de l'opprobre, le timbre du vice, les éclats de la douleur. Il disparaît. Il disparaît quand son corps la possède, enfouit sa violence en elle sans plus pouvoir repousser l'appel empoisonné qui continue de gémir à l'intérieur de lui. Les gestes mesurés se perdent déjà, il cherche les échos des entrevues placides quand c'est lui qui écroule tous ses repères à recouvrer la sensation rejetée, enterrée, précipitée dans la mort, oubliée dans les silences scellés sous une pierre tombale. La sensation d'être incomplet, la sensation d'être estropié, une âme désagrégée entre les griffes du néant. Sauf lorsqu'il se rend à elle, sauf quand elle le prolonge et l'enserre ainsi pour lui rappeler ce qu'il est. Ce qu'il est et qui est monstrueux, qui n'aurait jamais dû survivre. Ce qu'il est et qui ne sait se soumettre aux limites apposées par les carcans d'une communauté dont il refuse encore et toujours de faire partie. Ce qu'il est... Ce qu'il est... Et qui détruira les serments échoués sur une autre, qui n'a offert que le présent en gage de futurs déjà désavoués. Ces fausses promesses ne suffiront pas, elles ne suffiront pas. Menteur. Tu ne sais que mentir depuis que tu as élevé des murs pour rappeler ceux que d'autres avaient choisi pour toi. Sa gorge se serre, ses instincts rejoignent l'écrin des chairs adulées, elle est tout ce qu'il cherche, tout ce qu'il trouve, tout ce qu'il veut s'approprier. Et il la dérobera, et il la déchirera, et il la brisera de ses avidités. Il le souhaite avec une folie renouvelée, sa main quitte sa taille pour s'inviter contre son ventre, puis toujours plus avant pour la noyer dans des plaisirs indécents. Si elle l'obsède, alors qu'elle boive sa frénésie jusqu'à s'y noyer toute entière. Pardonne-moi. Pardonne-moi, Moira. Ses réactions le ravagent quand il aurait voulu la ravager elle, la perdition le meurtrit. La mâchoire serrée, il tente de ravaler l'horreur aux oripeaux d'une divinité trompeuse. Il repousse avec hargne le sentiment qu'il est incapable de supporter. Pas avec elle, pas comme ça, pas ici, pas maintenant. Jamais. Jamais. Ça ne devrait pas l'atteindre, elle ne devrait pas l'atteindre. La mécanique reprend, s'invite dans la danse afin de le sauver, il se distingue de ses passions pour n'en tirer que le désir dégradé, presque dégradant. Ses caresses rompues à ce genre d'exercice demeurent, ses coups de reins sont opérés avec une patience assassine, Il rouvre les yeux, ne regarde que sa peau, et les détails de sa main qui s'y accroche de nouveau pour la mouvoir en un rythme imposé. Rien. Si ce n'est le plaisir. Rien d'autre, si ce n'est l'ivresse la plus crue. Sa posture suit ses soupirs, incline sa tentation, précipite l'assaut pour silencer l'effroi d'une communion trop parfaite pour seulement survivre. Il préfère la renier plutôt que de l'abandonner à la bête qui continue de la guetter, se rend lointain quand il devrait ne savoir que se confier. Il ne fait que la prendre, refuse de se donner, rétablit des barrières infâmes à chaque respiration rythmée par leurs corps emmêlés. Son esprit se cloisonne, il ne peut la laisser l'envahir en retour. Pas ici. Pas maintenant. Jamais.
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MEMBRE

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# Re: You can't resist making me feel eternally missed _ Moira&James
message posté Dim 28 Mai - 19:02 par Moira A. Oaks





Les ongles rentrés dans sa peau, elle aimerait la déchirer pour voir tout ce qu’elle cache, la forme la plus crue de cette possessivité qu’il dévoile encore quand ses doigts se referment sur sa gorge. Moira se tend, sa respiration s’accélère. Un instant seulement, l’inquiétude vient lécher le bas de son dos, rappeler cette partie de lui qu’elle ignore, ces risques qu’elle consent sans même en connaître pleinement la nature. Un instant elle le craint, elle le craint car elle sait qu’elle ne saura le fuir, que toutes les menaces ne crieront jamais assez fort pour éteindre la musique qui hurle à ses oreilles : son souffle, ses gémissements, les frottements de sa peau, les battements de son cœur, leurs voix étouffées dans l’étreinte… Sa main s’anime de la certitude de ne pas pouvoir s’en détourner. Elle vient caresser sa mâchoire pour le récupérer. Les prunelles de James la sondent. Elle apparaît dans toute sa convoitise. Et la peur retourne s’enfouir sous les instincts qui la commandent. L’urgence imprimée sous ses doigts, le désir consumant dans ses paumes, Moira change le rythme pour accélérer la perdition, pousse James aux extrêmes les plus tentateurs pour les condamner tous les deux au dernier acte de leur déraison. Le regard du musicien s’enflamme. Elle le tient avec une volonté brutale. Mais elle trouve soudain dans ses iris une nuance qu’elle ne sait pas comment lire. Elle sent ses doigts devenir de plus en plus durs sur ses courbes, sa respiration s’alourdir sans plus uniquement suivre le tracé de ses caresses. Il y a dans les tremblements sous sa peau quelque chose qui lui échappe, une partie du combat qui semble se jouer sans elle. Moira le fixe, manque de tendre la main pour le ramener à elle encore une fois. Mais James coupe brutalement court à tous ses gestes et il la force à se tourner d’un mouvement si brusque qu’elle se serait heurtée au meuble s’il n’avait pas eu la présence d’esprit de la retenir. Ses mains retombent sur l’îlot. Moira ne freine aucun de ses élans, laisse mourir ses doutes quand les sensations reprennent l’ascendant sur tout ce qui bataille dans son esprit. Son ventre se tord lorsqu’il la dénude. Elle répond à ses appels sans plus chercher à le contrer. Elle s’attend à ce qu’il s’empare d’elle dans l’instant, mais ses mains se figent sur elle et Moira se tend plus encore, décontenancée par le silence qui les enserre après avoir tant été bravé par leurs soupirs. Elle hésite une longue seconde avant de se retourner pour le voir, mais ne croise pas son regard qui continue d’admirer son corps ainsi offert. Sa respiration reste bloquée dans ses poumons, dernier réflexe d’une condamnée qui n’attend plus que sa damnation. Les doigts de James échouent dans le creux de ses reins. Elle ferme les yeux pour accueillir sa caresse qui remonte le long de son dos. Les rôles se brouillent encore lorsqu’elle elle ne fait que recevoir après avoir tant provoqué. Elle ne sait plus qui mène la danse quand elle continue pourtant de se jouer. Les mains de James font se contracter tous ses muscles. Le sentir si proche tient de la folie pure, et elle se modèle à ses désirs quand il l’incite à se cambrer. Elle sent son souffle sur sa nuque. La dernière seconde est grisante. Et son murmure résonne jusque dans le creux de son ventre.

Ses mains s’agrippent au bord de l’îlot quand il s’empare enfin d’elle. Elle ne retient ni ses sensations ni le gémissement qui la libère. Elle se donne dans tout ce qu’il connaît déjà, dans tout ce qu’il a deviné dès le premier jour dans son bureau, dans tout ce qu’il a réveillé la nuit du gala dans le studio, dans tout ce qu’il a sublimé dans ses bras en revenant à elle après l’avoir perdue dans ses ténèbres, dans tout ce qu’il l’a empêchée de nier, sa main sur sa taille, quand toutes leurs défenses se sont écroulées. Elle lui abandonne toutes ses peurs et toutes ses réticences, tous ses doutes, toutes ses envies, et pourtant jamais elle ne s‘est sentie si complète qu’à cet instant précis, quand la fusion tant consommée de leurs esprits se confond enfin à celle de leurs corps. Elle oublie le vide. Elle oublie le vertige incessant d’une vie portée au bord du gouffre. Elle se raccroche au déchainement de ses sens. Elle se raccroche à lui, à toutes ses promesses qu’il dessine encore sur sa peau. La main de James descend le long de son ventre. Son corps se crispe sous l’assaut de ses doigts, mais sa tension se modèle pourtant pour ne plus être la seule résultante de son plaisir, car un autre frémissement s’infiltre sous sa peau pour corrompre ses sens, une impression qui grandit à chacun de ses coups de reins jusqu’à prendre toute la place. Elle le sent qui se perd. Elle le sent qui s’enfuit. Il se retient. Il se refuse. La complétude se tord, ne reste que l’union triviale de leurs corps enchevêtrés. Les yeux de Moira se rouvrent, voient défiler les souvenirs de tant d’hommes avant lui, de toutes ces étreintes venues tromper sa solitude quelques secondes et la rendre plus criante encore dans la fadeur de leur révélations. Rien que des corps. Rien que des instincts. Rien qu’une mécanique connue par cœur, exécutée par habitude, répétée par besoin et achevée par dégoût. Cette distance, elle la sent s’installer entre eux, malgré la main qu’il repose sur sa hanche pour continuer la danse. Elle la sent et tout son corps la rejette. Pas avec lui. Pas avec toi. Elle ne peut s’y résoudre. Elle ne peut même y croire. Car il y a plus. Elle veut plus. Et elle ne peut concevoir un seul instant être la seule à sentir ce désir qu’il étouffe à chaque geste trop étudié, trop réfléchi, trop machinal qu’il échoue contre sa peau. Le rejet la consume. Elle refuse de le laisser faire. L’une de ses mains se glisse sur la sienne, toujours entre ses cuisses, pour l’empêcher de reculer, et son corps se redresse lentement. Tu n’as pas le droit de me fuir. Tu l’as promis, James. Tu as arrêté de courir. Tu as promis d’arrêter… Son dos épouse son torse. Elle glisse sa pommette sur la douceur de sa joue, et sa main libre attrape délicatement sa nuque, fourrage dans ses cheveux trempés par la sueur. Elle retourne le chercher, le tire de ses remparts, abat la cloison qu’il a eu la folie  de bâtir pour les séparer. Sa prise sur sa main se fait plus ferme. C’est ici, avec moi, maintenant… Tu es venu me chercher, James. Tu es venu. Les rôles se métamorphosent. Elle redevient son égal. Et son plaisir se décuple dans la sensation qu’elle en retire. Son souffle soupire à son oreille. Elle ne le laissera plus partir. Elle n’en a plus le choix car il est là, gravé dans sa tête, gravé dans son cœur, gravé dans sa peau.

©️ ACIDBRAIN
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