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what the fuck is the love (matteo)

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# what the fuck is the love (matteo)
message posté Mer 10 Mai - 21:16 par Kenzo A. Armanskij
what the fuck is the love
Matteo & Kenzo

✻✻✻ Je ramassais mes sacs et poussais un grognement. Zola avait promis de m'aider pour acheter de nouvelles fringues pour Louis, et pourtant il n'était pas là. Panne de réveil paraît-il. Il avait fini par m'appeler aux alentours de treize heures, la tête dans le cul, le cerveau dans le pathé. Comme d'habitude, il promessait mais n'agissait pas. Je ne cessais d'attendre qu'il se manifeste, qu'il intègre le fait qu'il allait enfin devoir s'occuper d'un enfant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Il était resté bloqué à ses dix-neuf ans. Il était resté naïf, et aveuglé par l'espoir. Mais il n'y avait plus d'espoir. On ne s'aimait plus. On aimait notre enfant, mais nous ne nous aimions plus, nous. J'avais trop changé, il avait trop stagné. J'avais des envies de grandeur qu'il n'envisageait même pas encore. Je voulais m'accomplir professionnellement parlant. Je ne voulais plus être une secrétaire, mais quelqu'un. Réussir. Alors que lui, enchaînait les entretiens d'embauche sans jamais être pris, car la motivation, il ne la trouvait pas. Il voulait se goinfrer de cochonneries devant la télé avec son fils. Ou passer des heures dans mes bras, devant la télé. Comme si tout allait bien. Mais les choses n'allaient plus. Je soupirais et levais la tête vers une enseigne de magasin. Je haussais les épaules et grimaçais. Je n'avais rien à perdre après tout. J'entrais et pris l'escalator pour rejoindre le rayon enfant. Je parcourais les rayons, à la recherche de fringues pour un enfant de sept ans qui en paraît dix. Je n'aimais pas faire les magasins pour les autres. Je n'avais jamais d'idée, jamais de coup de coeur. Ca m'emmerdait. Je reviendrai avec Louis. Lasse, je reposais tous les articles à leur place et m'apprêtais à quitter le magasin lorsque je heurtais quelqu'un. Je levais la tête et surprise, je découvris Matteo. Il n'avait pas changé depuis la dernière fois. Je lui souris poliment et lançais : « Désolée, j'suis distraite. » Je repris ma marche, et me figeais alors. Je me tournais brusquement vers lui, et hésitante lançais : « Ca va? » Prétendre ne pas l'avoir reconnu avait été stupide, mais instinctif. Je n'avais pas eut envie de lui raconter ma vie, mes problèmes amoureux. Ou même prétendre que tout allait bien. Mais c'était ridicule, et je ne pouvais l'ignorer. Je lui adressais un sourire désolé, et grimaçais. Faut pas m'en vouloir, je suis un peu spéciale, tu te souviens? Je comblais les quelques pas qui nous avait séparé et demandais : « Tu trouves ton bonheur ou comme moi tu commences à avoir envie de taper sur tout ce qui bouge? » Je ris doucement et regardais autour de moi. C'était étouffant, les magasins. Je fixais l'extérieur et m'imaginais à l'air frais. J'avais bien besoin de boire un coup, et de me poser, quelques minutes. Je reportais mon attention sur Matteo. Ca faisait longtemps. Il avait été le seul que j'avais accepté de revoir plusieurs fois sans avoir le statut de plan cul. Il n'avait pas non plus été un copain. Il avait un entre deux, mais un entre deux qui m'avait convenu à l'époque. J'avais décidé de cesser de le voir pour Zola, et désormais que je m'apprêtais à le larguer, Matteo réapparaîssait. Karma bitch. Je lui souris. Au fond, j'étais contente de le revoir, il avait compté, pendant une courte période. Je n'oubliais jamais ceux qui avait compté.
✻✻✻
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# Re: what the fuck is the love (matteo)
message posté Ven 9 Juin - 20:17 par Matteo Brown
what the fuck is the love ✻✻✻ Je suis un mec oui et mon péché mignon c'est faire du shopping. Bah quoi ? Faut pas avoir une paire de seins et des extensions pour aimer ça. J'aime être à la mode, soigner mon physique. Je ne suis pas une précieuse qui fait un malaise dès que j'ai une tache de café sur la manche de ma chemise mais disons que j'aime être à la mode. Posséder les choses dernier cri, être élégant. J'aime plaire et surtout, ça me fait plaisir et je cesserai jamais de me faire plaisir. Il faut penser à soi parfois. Je suis bien heureux de ne pas avoir de femme car je crois que j'aurais du mal à lui offrir des vêtements. C'est mon côté macho qui ressort, okay, pardon. J'ai toujours pensé qu'à ma gueule avant et ça ne changera pas.
Donc me voilà, sourire aux lèvres, cheveux parfaitement coiffés, en train de faire les boutiques dans une rue très appréciée de Londres. Je fais quelques magasins, je choisi quelque chose, je l'essaie, et je le remets à sa place. Je me lasse vite des choses, je vous l'avais déjà dit ? Je soupirais puis je décidais de faire la dernière boutique. Y'avait un peu de tout, des vêtements pour femme enceinte, pour enfants, ados. Et je me suis perdu. Je sais pas comment mais je me suis retrouvé dans le rayon des enfants. Je suis un peu mal à l'aise car les gens pensent surement que je suis père alors que non, j'ai horreur des mioches.
Tandis que j'essayais de faire marche arrière pour reprendre l'escalator ni vu ni connu, je croisais Kenzo. Impossible de la nier, elle est plantée là devant moi et elle m'adresse quelques mots. Je reste immobile, mes bras toujours tendus que je les laissais tomber le long de mon corps. Elle me demande si ça va. Je cligne plusieurs fois des yeux, surpris de la voir ici, dans ce rayon.«  Oui oui, je... je me suis perdu dans le magasin. Ne pense pas que je suis papa, c'est faux, seigneur non. » dis-je mort de rire en faisant une grimace. Mais je ravalais un peu mes dents en me rendant compte qu'elle, Kenzo, avait pas l'air d'être perdue, comme si elle venait faire ses achats spécifiquement dans ce rayon. Elle attend un heureux événement ? Oh merde j'ai peur d'être trop indiscret. « Et toi tu... es dans ce rayon. » pensai-je tout haut. Je me mordis la joue, comme une envie de me baffer et je passais une main sur ma nuque pour me détendre. Je suis quand même pas très doué, je suis plutôt maladroit. Sans doute car avec elle, on a eu un petite histoire, pas très sérieuse mais voilà, ça restait une relation. Et je suis un peu gêné de pas avoir cherché à prendre de ses nouvelles. Je suis qu'un pauvre type qui n'est pas très présent pour ses amis, on me le reprochera toujours. « Pas encore, comme je te dis, je me suis perdu dans le magasin. » pauvre petit. Le petit Matteo est perdu, ses parents sont appelés à l'accueil. Pitoyable. Mais je sais où est la sortie Kenzo, ne t'en fais pas. Moi et l'orientation il faut du temps.

✻✻✻
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# Re: what the fuck is the love (matteo)
message posté Lun 19 Juin - 21:43 par Kenzo A. Armanskij
what the fuck is the love
Matteo & Kenzo

✻✻✻ Il y a des rencontres hasardeuses, imprévues. Inattendues. En prévoyant de faire les magasins pour Louis aujourd'hui, je ne m'étais pas préparée à retomber sur le passé. Ce passé. Celui pendant lequel je ne croyais plus en rien, pas même en moi-même. Je parcourais lentement les rayons sans me douter que bientôt, les souvenirs allaient refaire face. Matteo avait changé. Il semblait avoir muri, avoir pris plus de maturité, ou peut-être d'assurance. Notre flirt remontait à un an et demi désormais, et la vie ne nous avait pas réunit. Des choses, j'en avais vécu depuis notre dernière rencontre, et j'étais convaincue que lui aussi. Du moins, je l'espérai : il n'est jamais bon de stagner. Sans trop savoir, je me retrouvais tétanisée devant lui, probablement parce que je n'avais plus rien à voir avec la jeune femme paumée qu'il avait fréquenté. Je lui souris doucement, gênée, et détournais le regard lorsque je l'entendis parler. Finalement, il ne semblait pas avoir changé à l'entente de ses mots. Vingt-sept ans et toujours adolescent. Il était fréquent que les hommes murissent plus lentement que les femmes. C'est d'ailleurs ce que j'avais longtemps rapproché à Zola, qui bercé des illusions imaginait le paradis sans jamais se donner pour le mériter. Gênée par son explication, je déglutis et piétinais sur place en resserrant mon étreinte autour des sacs de vêtements. Elle était là, la césure. J'étais devenue une femme, j'avais une autre vie. Du jour au lendemain on m'avait catapulté dans une autre réalité. Je relevais les yeux vers Matteo et haussais les épaules, l'air coupable. Je me sentais honteuse, et pourtant il n'y avait pas de quoi. J'étais fière de mon enfant, de ma nouvelle vie. J'étais fière d'être arrivée là où j'étais, mais j'avais le sentiment d'être une inconnue à cet instant. Seulement un an et demi nous avait séparé, et j'avais pourtant la sensation de n'avoir pas posé mon regard sur son visage depuis une éternité. Je t'aurai presque cru irréel. Après tout, où était la limite entre le réel et l'iréel? Des années durant j'avais cru à une vérité qui n'était pas la vérité. J'avais cru la vie trop cruelle, le monde sans espoir, mon âme perdue. Mais je m'étais trompée. La personne que j'avais été aujourd'hui n'avait été le fruit que de pures illusions, mais la vérité m'avait libéré, et désormais, je voyais un peu plus clair. Nous étions tellement différents désormais. Il me retourna la question, et c'était à prévoir. Je fis la moue et répondis, le regard fuyant en remettant une mèche derrière mon oreille : « J'avais quelques courses à y faire. Mais rien de bien intéressant décidément. » Ce n'était pas un interrogatoire. Je n'avais aucune obligation à répondre. Je relevais les yeux vers Matteo. Si tu veux en savoir plus, il va falloir me tirer les vers du nez. En réalité, j'en avais assez de raconter la même histoire sans cesse. Je voulais oublier une grande partie de l'histoire et ne reprendre qu'à la fin. Qu'à cet instant : une mère faisant les magasins à la recherche de vêtements pour son enfant. Comme toutes les mères. C'était banal, c'était le quotidien. Mais je l'aimais ce quotidien car il avait un sens dans cette existence. J'avais un sens dans cet univers. Je tournais les yeux vers la sortie et en haussant les épaules je dépassais Matteo et je rejoignis le dernier escalator qui menait au rez-de-chaussée : « Je sors du magasin, donc si je peux te guider. » Je posais ma main sur la rembarde de l'escalator et regardais au loin, silencieuse. Je sentais Matteo derrière moi, lui aussi silencieux. Quelle ambiance à Oxford Street. Une certaine gêne semblait nous clouer le bec, à tous les deux. Peut-être que lui aussi l'avait senti, cette différence.
✻✻✻
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