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FB / and she'll always have your back (w/jake)

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message posté Sam 20 Mai - 23:56 par Sofia O. Cavendish


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J’avais passer toute ma matinée à cuisiner, mais je le faisais pour la bonne cause. Telle une maman poule, j’avais peur que mon frère meurt de faim parce qu’il vivait seul dans un appartement. Sûrement parce que j’avais peur qu’il ne sache pas allumer un four, même pour y mettre une pizza surgelé. Certes, il n’était pas débile, mais quand ça touchait à la cuisine, Jake était doté d’une certaine fainéantise. Et il profitait bien de fait que sa gentille grande soeur aimait passer des heures derrière les fourneaux pour se remplir le ventre. J’avais traversé la ville bien chargé, que ça soit de brownies, comme de plats qu’il pourrait se réchauffer la semaine devant un match de football ou quelque chose comme ça. J’avais précisé que j’étais une maman poule ? Passer la matinée derrière les fourneaux m’avait entre autre permis de me détendre et d’oublier la semaine que je venais de passer. Entre réunions, dossiers à lire, calendrier à coordonner, j’avais donné. Mon fiancé avait en plus de ça rajouter la cerise sur le gateau, en m’informant que l’on devrait aller voir ses parents demain : de quoi parfaire et consolider un mensonge qu’on s’évertuait à tenir en attendant qu’ils meurent. Comme c’était gentil ! J’allais jouer à la petite fiancée parfaite, pendant que je saurais pertinament que mon meilleur ami était tout, sauf mien. Pas que ça me dérange : je n’étais en aucun cas jalouse. Mais il semblait tout doucement se plaire dans ce mensonge, qui avait entrainé non seulement sa famille mais aussi la mienne. Depuis qu’ils étaient au courant qu’on allait se marier, ils étaient tous en train d’y foutre leur grain de sel. Ma mère m’envoyait presque tous les jours des photos de robes de mariée. Pas que l’idée de me marier un jour et de porter une belle et longue robe blanche n’ait jamais effleurée mon esprit, mais si on pouvait repousser ce mariage arrangé au plus loin possible, ça nous arrangerait tous. Et puis imaginez le malaise quand mon « mari » me quitterait pour un homme et que je savais depuis le début qu’il n’était en rien attiré par les courbes féminines ? Généralement toutes ces femmes n’apprenaient l’homosexualité de leur mari qu’au moment du divorce, pas même avant le mariage.
Je me charge alors de toutes les préparations destinées à remplir le ventre de mon frère et demande à l’homme qui vivait avec moi de bien vouloir m’y déposer. Bah oui, chargée comme j’étais, je ne donnais vraiment pas cher de ces gâteaux avec tout l’amour du monde. Deux sacs bien remplis au bout des bras, je monte les escaliers qui mènent à son appartement. J’entends déjà son chien, Luke, qui s’excite devant la porte. A croire que mon allergie aux chats avait conditionné toute la famille Cavendish à n’avoir que des chiens.
J’ouvre la porte, sachant que mon petit frère l’a bel et bien laissé ouverte depuis que je lui ai annoncé que je viendrai lui rendre visite en ce samedi après midi. Je pose mes sacs, caresse brièvement Luke Skywalker et reprends mon chemin vers la cuisine. Bien qu’uniquement vêtue d’un jean et d’un pull, ayant laissé le tailleur au bureau, je porte tout de même des talons. Comme quoi, en plus de ne pas assumer son âge, on pouvait aussi ne pas assumer sa taille. Jake est assis sur son canapé, ordinateur sur les genoux. Je connais par coeur sa mine travailleuse, et bien qu’ils soient sur la page de la BBC, son visage n’exprimait rien de sérieux.
 « Bah pourquoi tu tires la gueule ? T’as vu un mort ou quoi ? »
Sans attendre sa réponse, mes pieds me dirigent vers la cuisine où je range moi même ce que j’ai cuisiné exclusivement pour lui ce matin là.
 « Je t’ai fait des brownies, comme d’habitude et puis je me suis laissée tenté par la recette du boeuf bourguignon. C’est Vicky qui m’avait offert le bouquin de cuisine française alors je vais devoir lui en faire aussi si ça te plait. »
Je prends la dernière boite au fond du sac et me dirige vers lui en lui la tendant.
 « Tiens, prends donc un muffin au lieu de tirer la gueule. »

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message posté Sam 3 Juin - 19:28 par Jake O. Cavendish
february 2017 / flashback ✻✻✻ Les gouttes de café coulent dans la cafetière, inlassablement. Jake les entend depuis le salon, mais ne se lève pas encore. Il sait bien que le liquide sera trop chaud, et aussi, il n’est pas sûr d’avoir besoin de plus de café. Il n’arrête pas d’en boire depuis ce matin, et continue depuis qu’il est rentré du travail. Ce qui n’est pas forcément une bonne idée s’il veut pouvoir dormir ce soir. Mais c’est plus fort que lui, quand il n’a rien à faire, il aime avoir une tasse de café entre les mains. Et aujourd’hui, il ne parvient pas à se concentrer sur son travail. Heureusement, il est en avance et n’a pas de pression derrière lui, mais il voudrait bien y arriver. Sauf qu’à chaque fois qu’il reprend son ordinateur devant lui, il se retrouve à penser à Timéo.
Papa. Il est papa. Ça lui fait toujours bizarre. D’accord, ça fait quelques mois qu’il était au courant de la possibilité, mais le savoir officiellement, ça change tout. Ça vient bouleverser toute sa vie comme un boulet de canon dans un jeu de chamboule-tout, ne laissant aucune chance au reste de sa vie de rester stable. Tout doit se réorganiser, et même lui, doit apprendre à penser d’une façon totalement différente. Les changements sont en train de s’organiser, avec Lou-Ann, maintenant qu’il a réellement pris sa décision. Dans la chambre d’amis, les affaires pour Tim commencent à s’amasser, et il faudrait qu’il range tout ça correctement. Sauf qu’il ne sait pas exactement comment faire tout ça. En fait, il a tout un tas de choses à faire, sans savoir comment. A commencer par annoncer à sa famille qu’il a un fils. Il aurait déjà dû le faire, il le sait. Et plus il attend, pire c’est. Sauf que ce n’est pas le genre de nouvelle qui s’annonce comme ça. Avant, il se disait qu’il voulait être sûr et certain avant de l’annoncer à sa mère. Mais maintenant, il n’y a plus de doute permis. Et il sait qu’il va devoir se lancer.
Jake a beau essayer de déconnecter de tout ça pour avancer son boulot, son ordinateur reste toujours sur la page d’accueil du site de la BBC, avec une page blanche à côté. Il ignore pourquoi il continue d’essayer, il devrait savoir qu’il n’arrivera à rien aujourd’hui. Il devrait plutôt décrocher son téléphone et appeler Lou-Ann pour discuter encore, ou sa sœur pour lui annoncer la nouvelle. Au lieu de ça, il reste assis dans le canapé, et finit par allumer la télé. Zappe sans rien trouver. Finit par l’éteindre à nouveau. Recommence à réfléchir au lit qu’il doit acheter pour Timéo. Jusqu’à maintenant, il utilisait un lit d’appoint que lui avait prêté une voisine. Maintenant, il serait temps d’en acheter un vrai. Alors il part sur un site en ligne, pour regarder ce qu’ils proposent, mais réalise rapidement qu’il ne connaît pas la taille dont il a besoin pour Timéo. Il sait à peu près quelle taille il fait, mais ignore s’il faut un lit à barreaux, sans, en forme de voiture ou même superposé. Il y a trop de choix. Et, surpris par la porte qui s’ouvre derrière lui, il referme automatiquement la page, et se tourne vers l’entrée.
Il est d’abord surpris de voir Sofia avant de réaliser qu’elle l’avait prévenue le matin et qu’il avait oublié entre deux. Elle porte deux sacs qui semblent bien remplis, et il sait parfaitement ce qu’ils contiennent. « Bah pourquoi tu tires la gueule ? T’as vu un mort ou quoi ? » Il n’avait même pas réalisé qu’il ne souriait pas, comme il le fait d’habitude pour la saluer. Il sort à peine de toutes ses pensées qui tournent en rond dans sa tête, et il a du mal à revenir sur terre. Alors qu’elle part dans la cuisine, il pose son ordinateur sur la table basse et le ferme. Ce qu’il aurait dû faire depuis un moment déjà. « Je t’ai fait des brownies, comme d’habitude et puis je me suis laissée tenté par la recette du boeuf bourguignon. C’est Vicky qui m’avait offert le bouquin de cuisine française alors je vais devoir lui en faire aussi si ça te plait. » Rien d’étonnant à cela. Sofia adore cuisiner et, par conséquence, faire profiter ses cadets de ce talent dont ils n’ont pas hérité. Souvent, le frigo de Jake se retrouve rempli des petits plats de Sofia. Parfois, elle agit comme une seconde maman pour eux, comme si la leur ne les couvait pas assez. Jake repart souvent avec des plats quand il dîne chez sa mère, mais elle ne va pas jusqu’à lui amener à manger chez lui. Si la pratique est assez inhabituelle, elle évite que le frigo de Jake ne soit rempli que de plats préparés. Et il sait bien que ce n’est pas la peine d’essayer de refuser.
« Tiens, prends donc un muffin au lieu de tirer la gueule. » Pas le choix, il prend le muffin, et croque dedans, en essayant de faire un semblant de sourire. Pas facile quand il est en train de mâcher. « Hum, c’est bon. C’est à quoi ? Myrtilles ? » Sa grande sœur se surpasse toujours, rien d’étonnant à cela. Il ne croit pas avoir déjà été déçu par un de ses plats. « C’est quoi un bœuf bourguignon déjà ? Tu testes les recettes sur moi pour être sûre de ne pas empoisonner Vicky ? C’est vrai que ça serait dommage, elle sort à peine de l’hôpital. » Vraiment, ça serait un comble. Mais ça ne dérange pas du tout de Jake de jouer les gouteurs, surtout pour les petits plats de sa sœur. « Et j’fais pas la gueule, je… » Il s’arrête, hésitant. Il sait qu’il devrait se lancer, mais ne sait pas comment commencer. « Tu veux du café avec ton muffin ? J’ai un truc à te dire. » Il ne lui laisse pas le temps de répondre qu’il va déjà dans la cuisine, chercher la cafetière et deux tasses, qu’il remplit une fois revenu au salon. Ça lui laisse un peu de temps pour réfléchir à comment lui annoncer tout ça. Sauf que les tasses se remplissent trop vite, et qu’il n’a toujours pas trouvé la façon idéale d’apprendre à sa grande sœur qu’elle a un neveu qui vient d’apparaître dans sa vie. Alors il boit une gorgée plutôt que de continuer, même sous le regard insistant de Sofia. Il a besoin d’un peu plus de courage avant de se lancer.

✻✻✻
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message posté Lun 5 Juin - 0:06 par Sofia O. Cavendish


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C'était ma mère qui m’avait transmis cet amour pour la cuisine. Petite, j’avais été curieuse et je trainais dans les jupes de ma mère lorsqu’elle préparait le repas. Très vite, elle m’avait laissé participer à la préparation du repas. Contrairement à Jake ou à Vicky, j’avais toujours été intéressée par les petits plats de ma mère, la façon dont on préparait un repas et ce que l’on célébrait en l’offrant à nos proches. Chaque repas, durant mon enfance ou mon adolescence, signifiait pour moi un moment de communion avec ma famille, où l’on échangeait à propos de notre journée, où l’on riait. Même si maman continuait toujours de réunir ses trois enfants autour d’un bon petit plat, je cuisinais maintenant beaucoup plus qu’elle. Que ça soit pour mon meilleur ami, ou bien pour mon petit frère et ma petite soeur. Je m’étais de l’amour dans chacun de mes plats et je ne pouvais tirer meilleure satisfaction que de les voir se resservir -ce qui arrivait quatre vingt dix neuf pour-cent du temps. J’aimais à croire que je réunissais ma famille lors de mes brunchs ou de mes diners. Et j’aimais surtout croire que c’était ma mère qui m’avait appris à faire ça. Pour moi, ma mère m’avait aussi appris à aimer. C’était nian-nian et cul-cul à souhait, mais malgré les épreuves qu’avait traversé notre famille, on continuait toujours à se retrouver autour de bons petits plats, qu’ils soient concoctés par moi, ou même ma mère. Mon père ? Il n’était devenu qu’un fantôme, qui m’envoyait une carte de voeux électronique pour me faire voir qu’il existait ensemble.
J’aurai pu passer tout mon temps dans ma cuisine pour mon frère. Une partie de moi avait peur qu’il mette le feu à son appartement en tenter de faire chauffer une pizza au four, et l’autre se disait que c’était un bon moyen de maintenir un lien constant entre nous. J’avais ce besoin de le materner, de me sentir proche de lui. J’avais peut-être peur de le perdre parce qu’au final le départ de notre père avait été comme une grande claque dans la gueule à laquelle personne ne s’attendait. Et puis c’était mon petit frère ; je n’avais pas besoin de me trouver des raisons pour l’aimer -peut-être un peu trop mais l’important, c’était bien que je l’aimais.
« Hum, c’est bon. C’est à quoi ? Myrtilles ? » dit-il la bouche pleine.
Je soupire alors. Et après on s’étonnait que je ne veuille pas le laisser seul dans une cuisine ?
« C’est des framboises idiot. Des gamins de maternelles seraient plus capables que toi pour reconnaitre des fruits. »
Je lui ébouriffe alors les cheveux, parce que c’était ma façon de me moquer de lui et de lui rappeler que sa grande soeur serait toujours plus intelligente que lui, justement parce qu’elle était sa grande soeur.
« C’est quoi un bœuf bourguignon déjà ? Tu testes les recettes sur moi pour être sûre de ne pas empoisonner Vicky ? C’est vrai que ça serait dommage, elle sort à peine de l’hôpital. »
Et j’avais été tous les jours à son chevet, vérifiant par ailleurs que Clay n’ose même pas poser un pied dans sa chambre. Tous les jours, je lui avais raconté ma journée. Tous les jours, pendant quatre mois, j’avais attendu qu’elle se réveille. Tous les jours, pendant quatre mois, j’avais fait office de soutien devant ma mère alors que mon petit coeur avait peur qu’elle ne se réveille jamais. Je frappe alors Jake sur l’épaule.
« Arrête de dire des trucs débiles comme ça. Jamais je vous ferai du mal. Sauf si vous le méritez. » soufflais-je, la moue boudeuse. « Et puis un boeuf bourguignon » commençais-je en faisant attention à ma prononciation. « C’est des morceaux de boeuf, avec des carottes, des oignons, et surtout du vin. La cuisine française très cher »
Le vin. Ah le vin. Bien un des seuls trucs que j’aimais bien chez les français, avec leur cuisine bien évidemment.
« Et j’fais pas la gueule, je… » dit-il en se levant.
« Quoi, t’as pas fait caca ce matin ? » je lui réponds avec un petit rire puéril.
Je sens déjà la tête qu’il va me tirer : ses yeux vont être blancs tellement il va les lever au ciel et il va soupirer.
« Tu veux du café avec ton muffin ? J’ai un truc à te dire. »
Il se faufile déjà dans la cuisine, sans même attendre ma réponse.
« Café plus potins, je dis oui ! J’espère que c’est rien de grave quand même. T’es pas malade ? Dis moi que t’es pas malade ? T’as eu une promotion, c’est ça ? Dis moi avant que mon petit coeur n’explose de stress, s’il te plaît. »
Je me laisse alors tomber dans le fond du canapé, presque impatiente de savoir ce qu’il se passait dans la vie de Jake pour qu’il tire une tête d’enterrement.
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message posté Mer 7 Juin - 16:45 par Jake O. Cavendish
february 2017 / flashback ✻✻✻ C’est loin d’être inhabituel que Sofia débarque comme ça, avec des sacs remplis de nourriture. Au contraire, ça arrive assez souvent. Un peu comme les courses que Jake ne fait presque jamais. Sauf que là, la nourriture arrive déjà toute prête, il suffit de tout faire réchauffer et le tour est joué. Jake a bien essayé de refuser, estimant que cela représentait trop de travail pour sa sœur et que ce n’était pas son rôle, mais Sofia ne lui avait pas laissé le choix. Seul, il ne se nourrit pas correctement, alors elle doit bien le faire pour lui. Et puis ça lui plaît de cuisiner pour son frère et sa sœur. Essayer de négocier avec Sofia n’est pas des plus utiles. Et ses plats sont délicieux, assez pour le convaincre d’arrêter d’essayer.
« C’est des framboises idiot. Des gamins de maternelles seraient plus capables que toi pour reconnaitre des fruits. » Forcément, elle se moque de lui. Mélangé dans tout ça, ce n’est pas facile de reconnaître un fruit. Surtout que ce n’est pas son point fort, effectivement. « T’es sûr ? J’aurais pourtant juré. » Certes, il lui offre encore plus d’occasions de se foutre de lui, sauf si elle a menti et que c’était en fait aux myrtilles, comme il le pensait. Mais il peut très bien se tromper, et la deuxième bouchée lui met le doute encore plus. Mais il a d’autres problèmes plus urgents que ça et ne compte pas se focaliser sur un détail aussi ridicule. « Arrête de dire des trucs débiles comme ça. Jamais je vous ferai du mal. Sauf si vous le méritez. » Il plaisantait, bien sûr, mais c’était assez malvenu. Trop tôt pour en rire sans doute. Mais savoir que Vicky va mieux, ça lui fait réellement plaisir. « Et puis un boeuf bourguignon. C’est des morceaux de boeuf, avec des carottes, des oignons, et surtout du vin. La cuisine française très cher » Tous les aliments ont l’air très bon, alors aucun doute que le plat doit l’être aussi. Jake sera toujours impressionné de tout ce que peut faire Sofia dans une cuisine. Elle ne manque jamais d’idées. Il faut dire qu’elle a une sacrée collection de livres de recettes, car il s’agit d’un des cadeaux les plus faciles à lui faire. Peu importe le livre, elle est toujours contente de découvrir de nouveaux plats à essayer. « J’te ferais ma critique culinaire après, comme d’habitude. » En général, ses critiques ne sont pas très développées, surtout que tout est toujours très bon, mais c’est surtout pour la remercier de tout ça.
Finalement, Jake décide qu’il est temps de parler de Timéo à Sofia. Commencer par annoncer qu’il a quelque chose d’important à lui dire est un bon début, surtout qu’il sait que sa sœur est curieuse. « Quoi, t’as pas fait caca ce matin ? » Il lève les yeux au ciel. « Très drôle. » Ils ont beau être adultes tous les deux, ça ne les empêche pas d’être particulièrement immatures quand ils sont l’un avec l’autre. Jake ne tarde pas à revenir, avec deux tasses et la cafetière. Il sait bien qu’il est temps de se lancer, mais ignore comment le faire. Ce n’est pas le genre de choses qu’on annonce tous les jours. Ou même deux fois dans une vie. « Café plus potins, je dis oui ! J’espère que c’est rien de grave quand même. T’es pas malade ? Dis moi que t’es pas malade ? T’as eu une promotion, c’est ça ? Dis moi avant que mon petit coeur n’explose de stress, s’il te plaît. » C’est assez injuste de la faire attendre ainsi mais ce n’est pas volontaire. Il s’assied à côté d’elle sur le canapé. « J’suis pas malade, voyons. J’ai super bonne mine, comment tu peux penser ça ? » Il plaisante pour se détendre un peu, mais ça ne fonctionne pas vraiment. « Non, c’est plutôt une bonne nouvelle. Enfin je crois. » Finalement, incapable de trouver comment entamer la discussion, il sort son téléphone et ouvre l’application photo, pour en trouver une de Timéo. Il tourne le téléphone vers Sofia. « C’est Timéo… C’est mon fils. » La bombe est lancée, et il lit parfaitement la surprise sur le visage de sa grande sœur. « Je viens de l’apprendre et… c’est compliqué. » C’est le cas de le dire. Il préfère d’ailleurs ne pas entrer dans les détails tout de suite, au risque de voir Sofia partir en état de choc. « Et c’est Lou-Ann la maman, j’sais pas si tu te souviens d’elle. »

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