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remember that tonight it was the beginning of always + babi

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# remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Lun 22 Mai - 23:55 par Theodore A. Rottenford

for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. Ma position n’avait pas changé. Je ne croyais pas aux secondes chances. Je ne pardonnais pas les fautes, les traitrises et les baisers voilés. Babi avait oublié notre promesse. Sa petite vendetta m’avait contraint à adopter une politique de tolérance à la drogue. Clover était toujours là, saupoudrant les ruelles de Londres et de Belfast. Sa création demeurait après le départ, les représailles et la rupture. On ne pouvait pas lutter contre l’addiction des autres. Je soupirais en crispant les doigts autour de ma veste. Nous partagions les mêmes idéaux. L’amour, tout comme la mafia, était une fleur vénéneuse dont le poison devenait mortel lorsqu’il se distillait dans le coeur. Sa voix me revenait encore, chargée de douleurs et de confessions. La tristesse de Babi rongeait mes yeux. Elle me rendait humain à nouveau. Je soupirais en humant les saveurs salées de la mer. Le goudron exhalait son odeur autour des grandes bâtisses de la capitale. Elle était revenue. Je pouvais sentir sa présence, juste là, à quelques mètres, la chevelure broussailleuse et l’allure aiguë au milieu des passants. Elle levait le bras afin de diriger les étoiles sur la voûte céleste. Elle possédait le pouvoir absolu sur l’univers. Je me penchais lentement, extirpant mon corps de l’habitacle. Les silhouettes s’élançaient entre les allées de Camden town, mais elles finissaient par disparaitre sous les néons des réverbères. Je marchais en titubant. Mes pensées cheminaient autour de ma tête. Je me sentais vaciller au gré des vents et des souvenirs irlandais. Son sourire se déchirait sur mes paupières. Pourquoi maintenant? Je m’étais aventuré sur les voies qui permettaient de dépasser la notion du temps. J’avais souvent évoqué les valeurs de l’église, sous une forme badine ou sérieuse. Je me fichais de la convention tant qu’elle me permettait de maintenir l’équilibre au sein du clan. Tu manques. La distance m’avait amené à une existence solitaire. Et si le voisinage de nos appartements avait occasionné une rencontre dans les escaliers ou les corridors de la ville, nous aurions pu retrouver l’esquisse d’un sourire au fond de la nuit. Son absence m’avait rendu silencieux. Je perdais ma lucidité dans ses enchantements. Babi était la cause inéluctable de mon isolement. Je poussais la porte du bar dans un mouvement lascif. Les planches grinçaient sous ma démarche assurée. Je laissais les stores fermés en traversant la pièce. Pour première fois, j’attendais. J’ignorais tout de son séjour en Russie et de ses quêtes de vérité. J’avais respecté sa décision de me quitter, car contrairement à ce qu’elle pensait, je ne me réjouissais pas de ses malheurs. Je m’avançais au milieu des meubles. Les assiettes étaient disposés sur la table. J’avais l’impression étrange et très contradictoire, d’avoir passé des heures à contempler cet espace - à le décorer selon ses gouts et ses envies de libertinage. Je m’assis péniblement au bout du comptoir. J’avais entendu sa requête et lui avais donné ma bénédiction. Il ne manquait plus que son retour. Je soupirais en comptait les claquements de la chaussée. J’anticipais les retrouvailles. La porte s’ouvrit dans un grincement mélodieux. Babi entra, et je me penchais vers l’âtre crépitant de la petite cheminée. Je me redressais, la silhouette droite et raide. Ma tête se baissait afin d’accueillir son image. Son visage semblait couvert du même onguent que les plis de sa robe. Je m’approchais lentement, le coeur au bord des lèvres. Elle semblait différente - encore plus belle que dans le temps. Je croisais les bras sur ma poitrine pour m’abandonner à l’ombre qui baignait les murs austères de l’établissement. Mon profil affichait ma réserve. On ne s’était pas vu depuis mille ans. Je n’avais pas pris une ride, mais elle avait gagné de l’espoir. Loin de mon emprise maléfique. Loin de la soumission que je voulais imposer au nom de la passion. Je claquais les clés sur la table en haussant les sourcils. «Je n’ai pas trouvé de nom. Tu aurais encore râlé parce que j’impose encore mes idées. » Marmonnai-je d’une voix rauque. Que pouvais-je faire ? Mon influence n’admettait pas d’user les confessions sentimentales. Je fermais les yeux dans la pénombre. «Il y a un flingue derrière le comptoir. Le même que j’ai utilisé. » Elle comprenait mon allusion. Son beau-père. Je haussais les épaules d’un air ténébreux. J’avais chéri ce canon, je l’avais astiqué en revoyant les séquences violentes et la couleur du sang. Et maintenant, je lui rendais. Je lui donnais tout ce qui me restait de nous. «Costigan, sers-moi ton premier verre. » Sifflai-je en déboutonnant le col de ma chemise. «Je sais ce que tu penses, et tu as raison. Je veux te garder ici pour avoir un oeil sur toi. » Parce que je m’inquiétais de ses absences. Je m’inquiétais si Babi disparaissait ailleurs.  
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# Re: remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Dim 28 Mai - 0:24 par Babi J. Costigan


for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. Les silhouettes citadines des buildings se dessinaient dans le ciel tandis que l’oiseau de fer traversait l’épaisse couverture nuageuse. J’avais les prunelles fixe. Scrutatrices. Comme si je pouvais le voir depuis le ciel. loin des yeux, loin du cœur mes pensées n’avaient pas pris la couleur du pourpre de l’autre côté des frontières. Obnubilé par les secrets et révélations. Par Gale. D’ailleurs sa joue s’était posée sur mon épaule le temps du vol. Ses traits s’étaient apaisés dans l’atmosphère et la tristesse avait roulé au coin de ses yeux, glissait contre mon épaule. Je profitai de ce moment de sérénité – de ce moment où il ne parlait pas, pour apposer le voile enfantin sur les angles de son visage. Sous les néons artificiels du commissariat, son allure était déjà mélancolique et les années l’avait intensifié. L’appareil se posait sur le tarmac. L’air s’était soudainement alourdi et son ombre vint couvrir les lueurs du soleil. Avant de partir, j’avais imposé la distance qui nous séparait aujourd’hui. Mais son image s’était gravée sous mes paupières. Avant de descendre de l’appareil, je ne pris pas la peine de réveiller l’anglais, pour ne pas effacer ce sourire qui bordait ses lèvres. Pour ne pas le confronter dans la réalité du quotidien. Je me redressais en me glissant entre les corps des passagers sans lui jeter un regard, l’esprit déjà empourpré. La lumière mauve de la rue me brulait les yeux. Le vent ne parvint pas à soulager l’angoisse des retrouvailles. Parce qu’aujourd’hui, je comprenais que je devais lâcher prise. Que ses sentiments n’était pas sincères, seulement contraints par une promesse passée. L’obsession s’était amplifiée, mais il n’était question que de possession. Mon cœur et mes pensées n’avaient pas d’importance. Il s’attachait juste aux souvenirs de la petite fille aux genoux calleux.  Au beau père répugnant et la tâche de pourpre sur les fibres du persan. Il ne voyait pas la femme d’aujourd’hui.  Le poison s’était distillé dans le cœur. tu m’as fait penser que tu étais mien, mais tu voulais juste mon attention, tu ne voulais pas mon cœur Un sms. Une adresse connue. Je fronçais les sourcils en laissant mon regard rouler sur le paysage. Un pied sur le sol britannique et il le savait déjà. Je ne répondis pas, préférant me rendre à mon appartement le confrontant à la lenteur du temps. La secousse des sentiments. Je pris le temps de me préparer. Me dénouer sous la chaleur des jets d’eau et les vapeurs de parfum. Pour une fois, la lenteur de gens ne m’exaspérait pas. Je m’accommodais à leur allure telle une ombre valsant entre les vices humains. Je remontais l’allée en longeant les pavées. Je ne comprenais pas pourquoi ce quartier, ce bar, ces ruines. Bugsy s’était laissé emporter par la vengeance m'opposant à mes choix. En brûlant les vestiges d’une relation illusoire. L’incandescence des flammes me brûlait encore la peau et les arômes de la fumée vint me prendre à la gorge, accrochés aux murs de la rue. Sa silhouette se découpait à travers la vitrine. Grande et majestueuse. J’en apprécier les contours comme si c’était la première fois. Malgré tout, il m’avait manqué et j’aurais aimé que la réciproque soit de mise. Je pris un instant pour le regarder, pour effacer la vague de sentiment qui me submergeait. Glaciale et incandescente. Une grande inspiration et je poussais la porte. Mes prunelles longeaient les murs. Il se dégageait une odeur de peinture fraiche. Je fis glisser ma main contre les murs du bout des doigts. Le décor était fait de pourpre et de vert. La liberté jaillissait des murs, mais je n’osais pas le regarder. Pas encore. Avec lenteur, je tournais sur moi-même pour m’émerveiller de la renaissance irlandaise. «Je n’ai pas trouvé de nom. Tu aurais encore râlé parce que j’impose encore mes idées. » je levais les cils dans sa direction lorsque les vibratos de sa voix me touchèrent. J’aurais aimé sourire. Le pendre dans mes bras et lui dire qu’il m’avait manqué, mais mes pieds étaient cloués au sol. Je flanchais déjà.  J’aurais aimé lui manquer comme il me manquait. Mais il m’offrait de nouveau une prison. «Il y a un flingue derrière le comptoir. Le même que j’ai utilisé. » toujours sans un regard, je me glissais derrière le bar pour effleurer le révolver. L’allusion ne m’était pas étrangère, le cœur battant au bout des doigts lorsqu’il se posèrent sur l’acier. Les paupières fermaient, pour la première fois, je pu voir la scène de mes propres yeux en matérialisant les faits. Pourtant, malgré ce que j’avais pu dire, je ne voulais pas lui enlever sa victoire, alors je fis glisser le révolver sur le bar. Je veux que tu le gardes. je veux que tu gardes un bout de nous je n’avais toujours pas posé la question, parce que je connaissais la réponse. Ce lieu. Ces retrouvailles. «Costigan, sers-moi ton premier verre. » un léger sourire borda mes lèvres. Je pris un verre et une bouteille de whisky irlandais. Il n’avait pas besoin de le dire, je connaissais son préféré. Et sans glaçon. Comme il me l’avait demandé, je fis glisser le verre jusqu’à ses mains, m’imprégnant du liège du comptoir. Sa vitesse de réaction tenait du sifflement, du jaillissement et de la morsure fatale lorsque ses griffes se refermèrent sur le verre. «Je sais ce que tu penses, et tu as raison. Je veux te garder ici pour avoir un oeil sur toi. »  Ses grands yeux, très vifs, pouvaient se transformer en fente derrière lesquelles chacun de ses mouvements signifiait aux autres que lui faire du mal ne servait à rien parce que, quoi qu’il arrive, il trouverait toujours le moyen de faire pire. Je me servis un verre avant de m’avancer vers son échine courbée. Je m’asseyais sur le bar, à ses côtés en tenant le verre entre mes cuisses.  Alors tu m'as menti. Tu ne me fais plus confiance soufflais-je en haussant les épaules, les yeux au fond du verre. Pour le nom, regarde-moi et dis-moi ce qui te viens à l’esprit.  je relevais enfin les yeux sur son visage. Le temps s’était écoulé avec lenteur. Les années avaient passé et cette fois-ci, j’étais celle qui était partie, le laissant sur le bord de la plage  tu ne m’as même pas demandé comment ça s’était passé   parce que tu t’en fou je m’allongeais sur le comptoir en posant mon verre sur mon ventre qui ce dernier, remontait au rythme de ma respiration pesante.  j’aime bien la décoration. Je suppose que je dois te remercier
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# Re: remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Dim 28 Mai - 16:47 par Theodore A. Rottenford

for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. Je m’installais sur le comptoir. Mes pensées se distillaient sous les émanations de la lumière accrochée au plafond dont j’avais grimpé les échafaudages pour coller une photo de Belfast. Elle était plus jeune sur l’image. Son regard se perdait sur l’horizon, tandis que je la tenais dans mes bras. Je revoyais les images de notre enfance sur les lisières de la rivière. Elle était la seule personne importante. J’avais la dégaine orgueilleuse et la chevelure sauvage. Je l’aimais à chaque fois. Je l’aimais jusqu’à en tuer une petite fille. Mes paupières s’illuminaient en glissant sur son visage. Mon étoile s’était transformée en lucarne. Et elle se réduisait sur la voûte pour plonger la salle dans l’obscurité. Je n’élevais plus la voix. Je n’imposais pas ma vanité dans cette relation. J’ouvris la bouche. Le temps s’écroulait entre deux soupirs. J’ignorais ses aventures. Je n’appartenais plus à ses quêtes de vengeance. Ici, je devenais un bureaucrate. Un dictateur au milieu d’une foule de visages irlandais. J’intimais les ordres et la mer se jetait sur les roches saillantes de Belfast. Mes décisions étaient étroites. Je n’avais plus peur de blesser. Le règne du fils de la méduse était violent. Je ressentais la colère et la déception dans un flux intermittent. Mon esprit combattait en sa vie la plus intérieure. Parce que j’étais entouré de doutes et d’absence. La sienne, plus que toutes les autres.  Je crispais les mains sur la table avant que le repentir et l’échec ne me punissent. Le pouvoir de la divinité se déchirait sur la nuit, au travers des grandes vitres reluisantes qui s’ouvraient sur la rue. Babi m’avait laissé entrevoir l’avenir. Mes étendards flottaient victorieusement au sommet de la colline. Mais sans elle, le pouvoir n’avait plus de goût. La saveur du clan se transformait en cendres sur ma langue. Je soupirais en repliant les genoux sur le tabouret. Elle parlait - alors ma poitrine tremblait. La mer s’élevait au-dessus des nuages afin de submerger l’espace. Les crevasses, les roches et notre petite cabine s’embrasaient dans les flammes d’une passion fatiguée. Il ne restait que nos respirations saturées par les odeurs de souffre sur la table, un verre et une bouteille disposés en souvenir d'une vierge brune et d’un jeune garçon plein de promesses. Je me redressais lentement. La silhouette de Babi tranchait mes yeux. Je ne réagissais pas, laissant la douleur s’épandre sur mon profil engourdi. Nous étions emmêlés dans le conflit, silencieux au coeur de la nuit. Les murs se dressaient entre nos confessions. Je levais le bras afin d’actionner la machine à musique. Les mugissements de la cornemuse se tortillaient entre les plis des rideaux. J’écoutais la chanson en inclinant la tête. Je supposais que nous étions les victimes du système. Nous n’avions jamais eu de chance de survie. Mon exil avait tout cassé. Et son arrogance avait fait le reste. Maintenant, je me tournais vers une autre. Je choisissais le chemin tracé par ma mère pour atteindre l’absolution. Ma gorge s’enserrait dans la terre, troublée par les lamentations des êtres du monde. Jamie était mort par ma faute. Et ce soir, c’était moi, que je tuais. Laisser Babi, était une forme de suicide émotionnel. Nos gestes étaient suspendus dans la clarté des lumières. Aucun étreinte. Aucun signe. Mes semelles crissaient sur le plancher, tandis que je me tournais vers les pancartes. Son groupe préféré. Un trèfle. Un tableau du rivage. Puis le revolver derrière la caisse. «  Je veux que tu le gardes.  » Je souris avec entendement. Il n’y avait aucun mot à prononcer. Les confessions étaient une affliction. Je tenais le canon en faisant rouler la crosse. Lentement, je me tournais vers le pilier pour laisser échapper le feu. Le bruit avait retenti entre les sièges avant de creuser un trou dans le plâtre. Maintenant, elle avait une partie de nous. Les sentiments luttaient contre le vent. Je me penchais afin de saisir le verre d’un geste vif. «  Alors tu m'as menti. Tu ne me fais plus confiance. » Je bus une lampée de whisky en me levant. Je m’avançais dans sa direction, au gré des cris de McColgan. Les sifflements rythmés des chansons irlandaises embaumait l’espace. Elle était stupide de penser que je pouvais l’oublier - ou qu’il m’était possible de vivre loin d’elle. J’effleurais sa joue en hochant la tête. Je lui faisais confiance. J’avais seulement besoin de la garder, de la protéger. La promesse ne s’arrêtait pas parce qu’elle décidait de partir. Je crispais ma prise sur son nuque. «  Pour le nom, regarde-moi et dis-moi ce qui te viens à l’esprit.  » Je l’observais en silence. Mes prunelles s’éclairaient au contact de ses yeux. J’avais l’impression de reprendre mon souffle, après des heures en apnée, noyé dans l’amertume et l’attente. Mon coeur s’émancipait dans ma poitrine. Et l’oiseau de fer reprenait son envol. Je plissais la bouche. «Fanacht.»* Je murmurais en m’éloignant. « Tu ne m’as même pas demandé comment ça s’était passé. »  Je m’installais en sirotant ma boisson. Je n’avais pas eu le temps de demander. Je haussais les épaules en pinçant les lèvres. Elle semblait différente, plus affirmée. «Raconte-moi alors.» Ma voix était adoucie par les effluves maltées. Je gouttais à l’ivresse de l’illusion. Un instant de zèle, où nous étions amis avant le départ. Elle avait tiré sur Bugsy pour moi. Et il avait brûlé son bar. C’était sa récompense. « J’aime bien la décoration. Je suppose que je dois te remercier.  » Je grimaçais en sentant le feu se glisser dans mon gosier. Les souvenirs se transformaient en fragments poétiques. Je gardais la marque de ses coups sur ma cuisse. Jamais, elle ne serait la même. Je voyais enfin la finalité de ces bouillonnements terrestres. De notre déchirure et de la séparation. «Je connais des gouts. Un peu pittoresque mais convivial. Il y a une scène pour les bands, je sais que tu aimes t’entourer de groupies. » Je vidais le verre d’un geste sec. «Je suis content que tu sois revenu. » Je sifflais en détournant le regard. On évitait le blanc des yeux pour garder la distance. Les paupières étaient le miroir de l’âme. Et la mienne se jetait entre mes cils pour la rejoindre dans une étreinte interdite.


*Reste
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# Re: remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Dim 28 Mai - 23:47 par Babi J. Costigan

for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. Je soupirais l’amertume irlandaise. Le poison du trèfle s’était distillé dans mes veines pour gagner mon cœur. Je revoyais nos silhouettes courbaient sur les berges. Le visage penchait dans le vide et nos reflets onduler sur les rives. Nos rires insouciants bordaient les chemins de halage les teintants des couleurs de l’arc en ciel. Mais aujourd’hui, le courant emportait les traits de son visage vers l’horizon et je ne faisais pas –plus- l’effort de les modeler sous mes doigts. Mon cœur lui avait appartenu depuis des décennies sans qu’il ne tende la main vers ma joue pour la caresser et emprisonner mes sentiments au creux de sa paume. Lorsque je songeais à l’intensité de ses prunelles, mon cœur battait avec la force des flammes crépitantes dans un hivers brutale. Pourtant, les flammes s’amenuisaient parce que je n’avais plus le souffle pour les entretenir. Il n’y avait plus rien à sauver Puis le vent glacée de Moscou avait soulevé mes cheveux dans la brume et son parfum s’était accroché à ma peau. J’appréhendais le moment où mes yeux se poseraient sur ses formes. Je voulais être forte et oublier la couleur des sentiments. Brûler les papillons volant dans mon ventre qui essayaient de s’échapper pour rejoindre la lucarne de ses yeux. Alors je m’arrêtais devant la fenêtre pour apprécier la saveur de ses formes. Pour imprimer son corps sous mes paupières et ne pas flancher sous la chaleur de sa voix. Je voulais étouffer la surprise. Ne pas montrer l’émoi des retrouvailles.Je n’arrivais plus à comprendre ses agissements. Ses pensées s’emmêlaient dans un désordre qui m’était à moi aussi, devenu incohérent. Je passais le pas de la porte et Belfast se dessinait sous mes pieds. Finalement, Theodore arrivait encore à me surprendre. Les murs étaient teintés de souvenir et de complicités. J’avançais dans la nostalgie du passé et à chaque pas, je remontais les années pour retrouver celui qui m’avait quitté sur la plage abandonnée. Je voulais tendre la main et emmêler mes doigts dans ses boucles cuivrées, laisser tomber ma paume pour glisser contre sa barbe hirsute. Ce n’était qu’un leurre. Elle paraissait piquante et hostile pourtant, elle était douce et sécurisante. Mon corps tout entier était attiré par le sien. J’aurais aimé avoir le courage de le serrer contre ma poitrine sans ressentir le déchirement. Mais Theodore me rendait faible et revancharde. Et ma jalousie avait brûlé sous la langue de millions de personne tel un poison mortel et brutal. Il n’y avait pas d’issu. Pour eux et pour nous. L’acier du canon brillait sous la lumière faiblarde de la pièce, elle participait au mythe irlandais. Parce que dans un recoin, se trouvait des pièces d’or et des fées envoutantes. Cet arme prenait tout son sens seulement entre ses mains. Son sourire me fit baisser les yeux, je ne voulais pas qu’il ricoche sur mon visage. Theodore avait été ma première et mon unique peine de cœur, le seul à qui j’aurais pu l’offrir sans condition. mais la vie est une garce. La vie est une méduse Le silence, puis la détonation. Mon corps tout entier vibrait sous la secousse. Je m’approchais du mur afin de laisser mes doigts épouser les rebords du trou. Il ne manquait que ça pour en faire un bar de chez nous souriais-je en lissant la balle cabossée entre mes doigts. Je la levais devant mon œil aguerris. Alors c’était l’une d’entre elles. Elle semblait si petite entre mes doigts. Après avoir servis deux verres, je m’allongeais sur le bar en admirant le cuivre de la balle. Sans m’en lasser. Les notes s’écrasaient contre les murs. L’instant était parfait et je lui en voulais de me faire ressentir. Je voulais oublier mon humanité et me couvrir du pourpre des ennemis. Me plier aux ordres de la méduse. Car c’était elle qui tirait les ficelles, utilisant seulement les angles parfaits de son fils. Je frissonnais en sombrant sous ses effleurements brûlants, avec la douloureuse impression que ses doigts s’enfonçaient dans ma chair. Ses yeux était incandescent. Si intense que j’eus l’impression de me retrouver nue devant lui. Le seul capable de voir à travers les masques burlesques que j’apposais sur mon visage . «Fanacht.» ma lèvre se déchirait sous mes dents Tá mé anseo * soufflais-je en tournant le visage. «Raconte-moi alors.»Je me redressais légèrement pour boire quelques gorgées avant de claquer mon crâne contre le bois du comptoir à nouveau. Je songeais aux traits mélancoliques et à la chevelure ébène de Gale. A ses lèvres rougies par le froid et à son regard ténébreux. A l’enfant et à l’adulte. Je serrais la balle entre mes doigts en m’asseyant sur le comptoir, balançant mes jambes au grès des bourrasques russes.  Il m’a conduit dans la cellule dans laquelle mon père a été enfermé. Durant deux années après que sa mort ait été annoncé à Belfast. La mafia l’a tué. je terminais mon verre, le liquide ambré roulait dans mon gosier mais la brûlure ne me fit pas mal. Elle était délicieuse. Il s’appelle Gale et nous nous étions déjà croisé aux détours d’un commissariat. J’avais 6 ans je ricanais en repensant à l’excentricité de la situation.  Pour l’instant, il ne veut pas m’en dire plus. Alors j’attends mais ça me ronge de plus en plus. J’arrive pas à comprendre. je baissais les épaules en soupirant.. quelqu’un essaye d’étouffer l’affaire. Notre tête a été mise à prix là-bas je n’avais pas voulu alarmer Gale de peur qu’il n’abandonne ma quête de vérité en se repliant dans ses retranchements. Égoïstement, je l’entrainais dans le sillage mortel pour redorer l’image d’un mort. Mais nous étions déjà condamnés. je posais la balle contre ma peau nue. Elle me brûlait la peau. Alors j’imaginais la déchirure et le pourpre. Je serais vigilante. Ne t’inquiètes pas.  «Je connais des gouts. Un peu pittoresque mais convivial. Il y a une scène pour les bands, je sais que tu aimes t’entourer de groupies. Je suis content que tu sois revenu. » je me penchais en arrière d’un geste vif pour attraper la bouteille et nous servir un autre verre. La musique décorait la pièce. Et mon cœur se reposait enfin.   Tu te souviens de cette soirée. On a fini chez toi. Ils ont joué pour nous jusqu’à tomber ivre sur le sol. Médusa nous a tous chassé au petit matin et on a fini notre nuit sur le Moher. Tu savais que McColgan avait un trèfle tatoué sur la fesse gauche ? je riais avec légèreté, les prunelles voilées par les souvenirs.  Je suis content que tu sois revenu. » mon index glissait autour du verre. Je comptais jusqu’à trois pour relever mon regard dans le sien, lorsque lui l’avait détourné. J’appréhendais cette soirée. J’ai faillis ne pas venir soufflais-je en portant le verre à mes lèvres. comment tu vas toi ?  qu’est-ce que tu deviens depuis cent ans ?


* Je suis là

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# Re: remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Dim 4 Juin - 9:48 par Theodore A. Rottenford

for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. Le canon vibrait sur ma paume. La fumée brûlait mon poignet : une balle sur le mur. Une cicatrice enchantée. Un souvenir de nous, alors qu’on se quittait dans l’obscurité. Babi avait choisi - tel qu’elle le méritait. Une femme libre et sans contraintes. Hors du temps et de l’espace. Sa chevelure se noyait dans la nuit. Elle était ce voile effrayant, la nuance vespérale qui s’épandait sur la ville qui s’endormait. Je l’observais en silence, imprimant son visage sur mes paupières, respirant la saveur acide de ses rébellions. Elle avait cessé de pleurer sur la plage. Parce qu’elle n’attendait plus mon retour. Elle ne s’imaginait plus les contours de ma silhouette sur le rivage. Le sable avait englouti les confessions. Nos trèfles se rejoignaient dans une ligne échancrée. La trahison éveillait les sentiments. Je ne parvenais plus à prendre les décisions du clan. Je ne considérais plus les victoires et le pouvoir. Les murs de Belfast soupiraient, murmurant son prénom dans le silence de la rue. Je fermais les yeux, revoyant les éclats lumineux de la petite église et de notre taverne irlandaise. La photo datait de la belle époque, lorsque ses jambes n’étaient pas assez hautes pour se hisser sur le comptoir, et que je devais poser les mains sur ses hanches pour la soulever. Je pinçais les lèvres en rangeant mon arme. Je l’avais tué - Un million de fois j’avais tiré sur la gâchette. Sa poitrine était criblée. Je l’avais déformé pour elle. Parce qu’il avait souillé le corps parfait de la petite. J’étais amoureux de ses chimères, de la pureté qu’elle avait perdu à répétition. Et lorsqu’elle s’en était allé, je me sentais incomplet. Je déglutis en me tournant vers la salle. Les tables se dressaient sous les couleurs du Nord. Nous avions choisi, selon ses goûts, selon ses envies d’émancipation. La mélodie était éternelle. Elle glissait sur les murs afin de nous lier dans les étreintes de Belfast. Ce n’était pas un à dieu. Il n’y en avait pas. Je voulais m’excuser sans le déclarer, sans avoir à prononcer les mots. Babi pouvait sentir l’amertume sur mes vêtements. Son flair décortiquait les sentiments des autres. Mais depuis des années, elle était passée devant ma loyauté. Elle avait oublié de me respirer. «  Il ne manquait que ça pour en faire un bar de chez nous.  » Toujours cette comparaison. La-bas, ici. Je me tournais vers la porte. La vitre se reflétait sur la chaussée grise. Comme chez nous. Je me sentais apatride depuis des années, exilé à Londres pour le bien de la famille. Mon existence se réduisait aux requêtes du clan. A ses envies. Ses manigances. « Tá mé anseo. » Non. Tu n’es plus là. Et moi aussi. Je ne suis que la coquille vide de Belfast. Le coeur renversé, succombant aux charmes anglais. Pour oublier. Pour te laisse la chance que tu exigeais de nous. Mon obéissance avait un prix. La distance. Le silence. La torture. Tout ce que je ressentais lui appartenait. Ma gloire et mon ignominie. J’avais tué à cause de ses erreurs. Et je ne regrettais pas la petite fille. Je ne regrettais pas le cortège macabre et ses chants religieux. C’était la règle. Ils le savaient tous. Je n’étais pas humain pour les autres. Seulement Babi. Je soupirais en me penchant sur mon verre. La saveur maltée s’épandait sur mon gosier. Mais il n’y avait pas d’ivresse. Il n’y avait plus l’enchantement de l’insouciance et les images de notre enfance. J’étais lassé de ressentir. La mélancolie me fatiguait. Je plissais les yeux en laissant mes doigts racler la surface du bois. Je ne voulais plus juger ses choix. Elle était partie en Russie, sur les traces de skull. Et tout ce que j’avais retrouvé était une veille photographie. Ma mère n’avait jamais été aussi heureuse, que pendu au bras de la bête. Elle s’appelait encore Clara O’Cealleigh dans ce temps. Elle semblait libre de prendre son envol. Je ne l’avais connu comme ça. Je suspendis mes mouvements. Son récit prenait forme. « … Notre tête a été mise à prix là-bas.  » Je serrais le poing. Personne ne pouvait menacer un irlandais en Russie. Il y avait un pacte entre les deux gangs. Personne, sauf une amie. Je grommelais dans ma barbe. Je soupçonnais déjà la méduse. J’esquissais un rictus serré. «Je peux t’aider?» Elle me l’avait interdit - parce qu’elle était assez grande pour tout comprendre. Je reculais en me levant. Mes jambes se dépliaient au rythme de la musique. « u te souviens de cette soirée. On a fini chez toi. Ils ont joué pour nous jusqu’à tomber ivre sur le sol. Médusa nous a tous chassé au petit matin et on a fini notre nuit sur le Moher. Tu savais que McColgan avait un trèfle tatoué sur la fesse gauche ? »  Je souris. Les images se succédaient sur les façades du bar. Quatre silhouettes grisées par les mugissements celtiques. Quatre enfants qui se prenaient pour des héros. « J’appréhendais cette soirée. J’ai faillis ne pas venir. Comment tu vas toi ? » Je soupirais en posant une main sur son épaule. Mon pousse appuyait sur le trèfle. Je n’étais un homme qu’elle pouvait fuir. Je l’aurais retrouvé. Je lui aurais imposé ma présence à nouveau. «Tu dois toujours venir. C’est la règle. » Je pinçais les lèvres en esquissant un rictus glacé. Je marchais entre les décorations. Je gardais tous ses secrets. Je la surveillais de loin, sans avoir le droit de l’étreinte et de l’approcher. «Tu t’attends à ce que je te dise que je vais mal? Tu sais que ça n’arriveras pas. »C’est un enfer sans toi. Je ne respire plus. Les réunions me tuent, parce qu’il n’y avait pas ton odeur. Il n’y avait pas ta voix grinçante qui s’élève pour leur rappeler que je suis digne de ma place. Je ne suis pas l’expatrié. Je suis seulement, las.
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# Re: remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Lun 5 Juin - 18:05 par Babi J. Costigan

for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. La voute céleste avait décidé de nous écraser. Les étoiles étaient tombées avec la force des météores dans les eaux ténébreuses de Belfast. La noirceur des abysses s’était enlisée entre les branches, couvrant la lumière salvatrice. L’océan avait emporté les arabesques de notre histoire vers des rives inconnues. J’avais cent fois effleuré son visage, du bout des doigts, du bout des cils, mais le voile de l’inconnu couvrait ses traits. Les saveurs de son parfum se mélangeait aux autres, parce que je ne pouvais plus le rendre particulier sans contraindre mon cœur et ma raison à souffrir. Tout aurait pu être différent si la méduse n’avait pas usé de son chant macabre pour l’éloigner. Nous aurions pu être heureux, malgré les couleurs verdoyantes du trèfles sur l’épaule. Le souffle argenté de l’acier était froid, pourtant il me brûlait la peau. Theodore était ma rédemption et ma damnation. Il m’avait sauvé pour me condamner à ses côtés. Il me retenait dans son sillage, mais la chute était sa fin. Mes ongles raclaient la surface des meubles et mes souvenirs rasaient les vagues de l’océan. Je m’imprégnais de l’ambiance de cet endroit. Il pensait me faire plaisir, que ma volonté prenait la direction des siennes. Mais l’euphorie avait laissé place aux couleurs de la vérité. Il disait vouloir honorer mes désirs, me laisser l’espace dont j’avais besoin pour me reconstruire. Cependant, aujourd’hui, il avait la clé de mon intimité qu’il avait tapissé contre les murs de ce bar. Ce n’était qu’une nouvelle cage aux parois plus scintillantes. Une prison enchantée. Je veux te garder ici pour avoir un œil sur toi . Clover n’avait pas rencontré la douceur de ses lèvres, l’humidité de son palais, mais son poison s’était distillé dans ses veines pour enlacer ses sentiments. Le doute teintait son regard lorsqu’il le posait sur moi. Son souffle n’était que mensonge.  Mais il me manquait. Je me languissais de l’odeur du cuir dans lequel nous nous asseyons pour savourer un malte irlandais. Le regard perdu sur les lumières de la nuit à parler de tout et de rien, dans un silence bruyant. De l’acidité de ses lèvres contre les miennes ou de la chaleur de ses doigts contre ma peau. Notre complicité était profonde et sincère. Elle avait éclos comme le bouton de rose aux premières lueurs du soleil sur le sommet de la montagne. Fatalement. « Je peux t’aider? » le regard posé sur la balle, j’acquiesçais des mouvements circulaires sur son contour. La fraîcheur Russe caressait mes pommettes racées. Le cœur au bord des lèvres, je n’osais pas redresser mon regard. S’il m’aidait, il allait profiter pour revenir hanter mes journées en s’engouffrant dans la faille. Il n’attendait que ça , que je lui donne la permission. Je redressais le regard en esquissant un léger rictus. «  Tu m’écriras un bel éloge funèbre ?  » demandais-je en haussant une épaule, le rire au bout des lèvres. Consciente que la colère russe pouvait être dangereuse. «  Je ne pense pas que ça soit une bonne idée Theodore… » je ne pense pas que je sois capable de te résister si je devais m’approcher de ton ombre. Je ne suis pas assez forte. Tu comprends ? Le regard noyait dans le liquide ambré, j’essayais de fuir le moment. Je terminais la dernière gorgée, claquant le verre contre le bois dans une ultime tentative de diversion. Du bout des doigts, je ramenais une mèche derrière mon oreille lorsque sa main roula contre ma peau. Elle montait à la source pour toucher le point culminant. Et subitement, le trèfle se mit à brûler. Reconnaissant son créateur. «Tu dois toujours venir. C’est la règle. » Le trèfle était une malédiction. Et je ne pouvais pas lutter contre la morsure de ses doigts, ni celle de son ombre. «  La règle de qui ? Du chef ou de l’ami ?   » soufflais-je en capturant ses prunelles tandis que mes doigts s’étaient posé sur les siens pour chasser son geste. J’aurais aimé qu’il respecte nos limites. Mais nous nous étions toujours confondus entre les frontières de l’amitié et du plaisir, parfois en alliant les deux sans pour autant franchir le pas. Bien trop peureux pour ressentir. Bien trop effrayer pour assumer. Cependant, la frustration était un sentiment puissant. Aussi dévastateur qu’hypnotisant. Aujourd’hui, je ne savais plus à qui j’avais affaire, Theodore avait acquis de multiple personnalité au fur et à mesure des années. «Tu t’attends à ce que je te dise que je vais mal? Tu sais que ça n’arriveras pas. » Je fermais les paupières. J’imaginais ma main épouser les formes de sa mâchoire. Sa joue se presser contre ma poitrine et mes bras s’enrouler autour de ses épaules. L’amertume suintait à travers ses vêtements, mais la fierté recouvré les arômes. Avant, je n’aurais eu aucun doute sur le sens caché de ses phrases, mais aujourd’hui j’étais arrivé à la conclusion qu’il n’y en avait pas. Tout ceci n'était qu'une illusion. «  Non, au contraire. J’espérais que tu me dises que tout allait bien.  » l’ébauche d’un sourire traversa mes lèvres rapidement, je sautais du bar pour déambuler entre les tables  Je m’attendais à ce que tu me racontes ton séjour en amoureux à Boston. Que tu me parles de tes intentions lorsque tu imposes sa présence autour de la table.  les rumeurs se propageaient déjà quant à une nouvelle recrue à la chevelure flamboyante. tu m’as déjà brisé. Tu cherches à m’achever ? Je ne bougeais plus, paralysée dans l’attente d’une réponse qui ne m’étais pourtant pas inconnue. J’avais besoin de l’entendre de ses propres lèvres. J’avais besoin d’entendre le prénom de ma remplaçante  «  Je te préviens. Je ne supporterais pas qu’elle me prenne ça aussi  »  elle m’a déjà pris le plus important. Toi. Et je n’étais plus que l’esquisse d’une femme. La maladie gorgeait mes veines alors que les siennes étaient vives et saines. La faiblesse ne colorait pas ses joues et il avait décidé de détourner ses pupilles sur sa silhouette. La douleur que j’avais tenté de fuir me prenait à la gorge. Subitement. Et j’étais impuissante face aux sentiments. Les poings serrés, je contractais la mâchoire en soupirant. tu n’as même pas tenté de me retenir. Tu t’es contenté de m’écouter sans te battre. «  Tu n’es pas obligé de rester. Tu peux partir si tu veux. Tu as sûrement mieux à faire. Je suis capable de faire le tour du propriétaire. Je n’ai jamais eu peur du noir  » je chassais l’émotion d’un battement de cil. Le regard intense. Je lui offris un mouvement de tête avant de m’engouffrer dans les cuisines. Je me dirigeais vers l’évier pour passer mon visage sous l’eau froide et reprendre mes esprits. tu penses qu’on pourra redevenir ami un jour ?

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# Re: remember that tonight it was the beginning of always + babi
message posté Lun 19 Juin - 0:57 par Theodore A. Rottenford

for last year's words belong to last year's language. and next year's words await another voice. and to make an end is to make a beginning. Mon souffle l’emportait encore, loin des vacarmes de la ville et de ses bâtisses grisonnantes. Babi, je t’aurais pris dans ma valise. Les souvenirs se déchiraient sur les vitres. Et je saignais sur les morceaux de verre. Je saignais en effleurant les contours de son visage. La cicatrice ne bougeait pas. Elle demeurait immuable entre les plis de sa joue. Ce que j’avais fait. Ce que j’avais espéré. Il n’y avait plus rien, maintenant. Je n’étais qu’une coquille sans le sentiment et le pouvoir. En haut, j’étais démuni. Le sommet de la montagne s’enfonçait dans ma chair. Je devenais cet aigle solitaire dont les ailes battaient dans le vide. Il était trop tard pour revenir sur les sentiers de Belfast. Les petits cailloux s’étaient usés sur les souliers des passants. On se fatiguait à ne pas guérir. On se fatiguait à respirer les landes. La passion se consumait sur les cloches de l’église. Je pouvais l’entendre d’ici, ses tintements et ses stalles se rejoignaient sur l’horizon de pourpre. Les marques ensanglantés remplissaient les dorures de la maison. J’avais tué cet homme. Et maintenant, il revenait me hanter. Il murmurait son prénom dans la nuit. Je t’avais prévenu. C’est une sorcière. Ma tête se penchait silencieusement. Mon coeur murmurait nos promesses d’enfants. On tombe du ciel. On s’écrase dans la boue. Mes soupirs s’élevaient dans ma gorge. Je la fixais sans parler - sans répondre aux sollicitations du passé. Ma main tremblait sur le comptoir. L’espace courrait trop vite. Il prenait la fuite hors du temps. Nous étions les entités du mystère, les âmes vagabondes au bout de la lune. Je soupirais en me redressant. Mon dos se courbait sur les meubles. J’avais choisi cette pièce que je ne contrôlais pas. J’avais choisi de l’aimer dans la rancune. Jusqu’à en crever dans l’attente. Sa chevelure était mousseuse sur la photo. Son regard ressemblait aux étoiles. Quelle dommage. Tous les astres étaient morts, ce soir. Je pinçais les lèvres en avalant une gorgée de whisky. Le liquide roulait dans mon oesophage. Il laissait des trous dans mes poumons. Je ne connaissais plus l’ivresse. Il n’y avait que la douleur inhérente à l’absence. Une soeur. Une âme. Un tout. J’étais incomplet à cause d’elle. «  Tu m’écriras un bel éloge funèbre ?  » Mes yeux s’ouvraient comme une lucarne dans le ciel. L’expression carnassière. Le reflet prédateur. Je tournais la tête vers le révolver. «Non. Mais je t’offrirais les plus belles représailles de l’histoire. Costigan, tu ne peux pas mourir. Je crèverais les yeux de Belfast.» Je murmurais avec amertume. Ma voix étouffait dans l’émotion. Il était hors de question de la perdre à nouveau. Je grinçais les dents en me détournant de son visage. La pièce lui appartenait déjà. Elle exhalait son odeurs. Je ressentais ses ondoiements sur ma poitrine. Une poussière d’étoile. Une poussière de nous. «  La règle de qui ? Du chef ou de l’ami ? » Babi chassait mon étreinte. Je me repliais dans mon manteau, les lèvres crispées sur la confession. Tu me manques tout le temps. Je haussais les épaules avec désinvolture. Je n’étais plus le chef - je n’étais même pas un ami. Je glissais les mains dans mes poches en souriant. «Aucun des deux. Je ne sais pas ce que je suis pou toi.» Minaudai-je avec un accent rustique. Mes yeux furetaient autour d comptoir, comblant la distance qui s’instaurait entre nos silhouettes. La nostalgie remplissait les rainures du sol. Si seulement. Notre complicité devenait une abomination. Je serrais les poings. «  Non, au contraire. J’espérais que tu me dises que tout allait bien. Je m’attendais à ce que tu me racontes ton séjour en amoureux à Boston. Que tu me parles de tes intentions lorsque tu imposes sa présence autour de la table.  » J’étais suspendu entre ses lèvres. Le son ondulait sur mes oreilles mais je ne l’entendais pas. Amoureux. Sourd. Maintenant, aveugle. La pénombre transperçait mes yeux. Je me redressais afin de m’appuyer sur le support. «  Je te préviens. Je ne supporterais pas qu’elle me prenne ça aussi.  » J’ignorais ses sifflements stridents. Elle n’avait plus le droit d’imposer son statut. Je contractais les bras en lui tournant le dos. J’esquissais quelques pas dans le couloir. Mes choix n’étaient pas commandité par mon envie de la blesser. Ils s’imposaient les uns après les autres. «  Tu n’es pas obligé de rester. Tu peux partir si tu veux. Tu as sûrement mieux à faire. Je suis capable de faire le tour du propriétaire. Je n’ai jamais eu peur du noir  » L’eau ruisselait sur le carrelage de la cuisine. La voix interdite par l’émotion, je marchais dans son ombre sans broncher. Je la fixais avec étrangeté - à la fois émerveillé et torturé. Elle pensait que c’était facile de l’oublier. Même avec Hanna. Même avec n’importe qui. J’ouvris la bouche. «Babi, je reste malgré toi. Elle en peut pas te prendre quelque chose qui n’existe plus. » Je n’étais qu’une ombre - un fantôme. «Tu seras toujours adulée par les clans. Par le fils de la méduse. Tu es juste trop bête pour le voir. » Je posais une serviette sur son épaule. Lentement, je me penchais sans la toucher, sans retrouver le contact. «Qu’est-ce que tu veux faire du bar? » Sifflai-je sur sa nuque. Elle pouvait trafiquer et assembler les armes. Mais pas de drogue. Surtout pas Clover.
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