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lust for life + hanna

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where no eagles fly

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# lust for life + hanna
message posté Dim 28 Mai 2017 - 3:14 par Theodore A. Rottenford

as if she was on fire from within. the moon lives in the lining of her skin. BOSTON - USA Mon regard s’égarait sur Crane Beach, scrutant en vain le grand désert d’eau qui s’étalait sur l’horizon. Les bateaux ne revenaient jamais sur la plage abandonnée, car nous étions esseulés sur le sable, entourés par les sifflements tempêtueux des vents âpres du Nord. Les vestiges du village colonial s’éclairaient sous les émanations des  réverbères à gaz, bordant les lisières du parc et les graviers de la chaussée menant à la petite maison de campagne. Je hochais lentement la tête - mon esprit était suspendu sous l’écume des vagues. La brume descendait sur le rivage. Je ne bougeais pas, les mains courbées sur les hanches de Hanna. Son coeur m’appartenait dans le silence d’une longue nuit de printemps, parallèle à la gorge du tombeau qui enserrait la terre dans l’ombre obscure du deuil. Je humais les parfums de la liberté. Et paradoxalement, je me noyais sous les jougs de la mafia. Nous marchions sur les traces des fondateurs du clan. Les sièges électoraux ployaient sous les pressions irlandaises. Je grommelais en redressant le menton. Mon nom se murmurait dans l’alcôve emmurée de la mairie, intimant les ordres venus d’ailleurs. Ils ne m’aimaient pas, tous. Les alliés ennemis. Les alliés trompeurs. Mon souffle s’épandait sur l’espace comme le dernier baiser de la brume opaque, murmurant dans l’ultime frémissement des lèvres l’adieu au monde. Je crispais les joues en effleurant le dos de Hanna. Mes doigts se cachaient sous les plis de ses vêtements. Je la déshabillais dans un soupir haletant - la voix obstruée par les sentiments qui se dévoilaient en secret. Ses cheveux s’enroulaient sur mon visage. Je souris en frottant ma barbe dans sa nuque. Elle se muait sous mes étreintes, comme une branche de magnolias qui retrouvaient peu à peu sa magnificence. On meurt jeunes. Elle était l’incarnation de la beauté mystérieuse. Je retrouvais les flammes de la passion au creux de sa nudité. Hanna était l’hymne de la pure douleur. Elle me poussait au coeur de la déréliction lorsque, lâche et silencieux, je perpétuais l’égoïsme initial de ma destinée. J’étais éphémère et misérable, mais plein de miséricorde et de promesses religieuses. L’encre comblait la vanité qui se satisfaisait dans le meurtre. J’étais sourd aux menaces des hommes politiques. Je n’avais pas peur des manigances. Les paroles se rejoignaient lorsque les portes rouges s’ouvraient au seuil des éléments. Le trèfle de la famille était gravé sur mon épitaphe. Je ne craignais pas les autres. L’unité perdue du clan, retrouvée en pensée, devinée dans les textes de la sagesse celtique se reflétait dans une confession délicate. «Hey.» Je murmurais doucement. Le paysage chancelait entre mes paupières, mais je ne voyais que son sourire immuable sur les plis de sable. Nous sommes heureux au soleil. Je crispais ma prise sur son poignet afin de la border dans un instant de tendresse. Mon pouce roulait sur son menton alors que je fixais son regard. «J’espère que tu ne t’ennuie pas trop.» Je pinçais les lèvres en lui dérobant un baiser. Les sentiments étaient biaisés par l’ambiance tourbillonnante de Boston. Le royaume de Whitey se dessinait devant nous. Meurtres, extorsion de fonds, blanchiment d'argent, corruption et trafic d’armes, la mafia n’avait jamais été aussi puissante. La police ne pouvait pas assumer la protection de ses témoins. Car ils mourraient avant d’atteindre la barre. Ici, je n’étais que le fils de la méduse. Les vrais parrains tiraient les ficelles d’en haut. L’intelligence sournoise laissait place à la gâchette, assurant la succession des patrons du gang de Winter Hill régnant sur la capitale du Massachusetts. Hanna avait rencontré les chefs cruels,a autour des tables de diner. Elle émergeait dans un univers de violence machiste et cruelle. J’étais l’un de ces misogynes. Ma bouche s’étirait autour des verres d’alcool. Ma bouche riait aux blagues irrespectueuses. Les irlandais n’étaient pas racistes. Ils détestaient tout ce qui était différent. Je me penchais vers sa joue. «Je que ce n’est pas facile. Mais on s’habitue à l’hypocrisie.» Je soupirais contre sa peau. «Hanna. Je tuerais pour toi.» Cette affirmation n’avait pas de sens pour elle. Mais elle signifiait mon acceptance et celle des clans de Belfast. Je souris en avançant sur le sentier. Le silence s’imposait au bout de ma langue. Elle ne portait pas le tatouage, et pourtant, j’étais prêt à brandir le canon. Je la fixais avec étrangeté, tendant le bras afin de l’inviter à me suivre dans les jardins de notre maison d’hôtes. La ballade était harmonieuse, clairsemée par les éclats de la lune grise qui se dessinait sur sa robe d’albâtre. Hanna était divine - comme une évidence qui disparaissait sous les arabesques du ciel. Une évidence qui devenait mensongère.  
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# Re: lust for life + hanna
message posté Dim 4 Juin 2017 - 18:34 par Hanna W. Stafford
Le ciel et l’océan se rejoignaient, ne faisaient plus qu’un. L’horizon était invisible, impossible à dissocier de l’étendue bleue. La brume et les nuages se mélangeaient. Une impression d’immensité s’épandait sur son être. Les Etats-Unis surplombaient le monde. Tout était grand ici, démesuré. Boston n’était qu’un fragment de cette folie. Elle se sentait petite, ici. Dans sa course aux bonnes notes, dans la routine de sa vie, Hanna n’avait jamais pris la peine de voyager. Les cultures européennes et américaines lui étaient totalement étrangères. Les grandes villes américaines, elle ne les avait vu que dans ces films à grand budget. Elle, qui avait soif de savoir, soif de connaissance, se retrouvait presque perdue. L’accent chantant des américains lui caressait les oreilles, alors que son accent typiquement anglais empoissonnait sa langue. C’était bizarre, comme sensation, d’être simplement une étrangère. Le vent balayait le désert blanc et les vagues venaient s’écraser sur le rivage. L’eau salée était fascinante. Grande, infinie. Elle se noyait et suffoquait, rien qu’en perdant son regard sur la mer agitée. Le soleil se couchait lentement. Des nuances d’orange et de rose coloraient le ciel. C’était beau. Presque romantique. Ses orteils s’enfonçaient dans le sable humide. Ses prunelles fixaient l’océan. Les doigts de Theodore brûlaient leurs empreintes sur ses hanches. Il la tenait dans le creux de ses mains. L’affection allait au-delà des nuits passionnées sous les drap. Hanna lui avait donné son cœur, son corps, son être tout entier. Elle s’était abandonnée, un soir, sur son balcon. Elle avait choisi de se laisser immerger dans cet univers de violence et de meurtre. Le vent avait encouragé sa chute, mais les mains agiles de son amant l’avaient retenu. Il était l’ancre qui l’empêchait de sombrer. La lumière du phare qui éclairait son tunnel sombre. C’était paradoxale, et complètement irraisonnable. L’encre noire du trèfle irlandais planait au-dessus d’eux. Ses feuilles éclatantes s’enroulaient autour d’elle, et l’attiraient toujours plus bas. Dans les tréfonds d’un mode de vie qui l’étonnait jour après jour. La mafia était présente dans chacun de leurs pas, de leurs mots, de leurs gestes. Même ici, à l’autre bout du monde. Elle les avait rencontrés, ces chefs puissants, qui paraissaient presque indétrônables. Leurs blagues misogynes et leur manque de tact, creusaient un peu plus les rides sur son front. Theo se confondait parmi eux, avec une aisance qui la rendait jalouse. Parce que, là aussi, elle se sentait comme une étrangère. Elle n’était pas de ce monde, ne le serait probablement jamais. L’Irlandais lui devenait de plus en plus familier, et le whisky ne lui brûlait plus la gorge. Et malgré toute l’affection qu’il lui portait, ça n’effaçait en rien cette sensation. « J’espère que tu ne t’ennuie pas trop. » Un sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu’elle lui rendit son baiser. Elle pouvait se perdre dans le bleu gris de ses yeux. Il était similaire à celui de l’océan. Aussi bleu, aussi profond. Ses doigts dansèrent doucement sur sa barbe naissante. Ils agissaient comme un couple dans les rues agitées de la capitale du Massachussetts. Leurs doigts se liaient facilement, et Hanna s’épanouissait pour la première fois depuis longtemps. Les rêve – cauchemars – étaient toujours fréquents, rythmaient ses nuits, rendaient sa peau moite et humide. Mais elle avançait. Ou du moins, elle avait l’impression d’avancer. « Non, j’aime bien être ici. C’est apaisant, » souffla-t-elle, dans un haussement d’épaules. Le sable glissait sous ses pieds, alors qu’ils s’avançaient vers la maison d’hôtes où ils résidaient. « Je sais que ce n’est pas facile. Mais on s’habitue à l’hypocrisie. » Elle s’était déjà habituée. Elle ne les entendait plus. Leurs conversations n’étaient que des murmures derrière la musique des bars souterrains. « Je sais. » Ils ne lui adressaient pas vraiment la parole, ces gens-là. Sauf cet homme, avec l’accent piquant, qu’elle trouvait étrange, singulier même. « Hanna. Je tuerais pour toi. » Un frisson parcouru son corps. Elle ne saurait dire s’il était provoqué par les paroles en elles-mêmes, ou par la profondeur de sa déclaration. Il ne mettait pas de mots sur leur relation, jamais. Tuer pour quelqu’un semblait si dérisoire. Pourtant, ça semblait si facile pour lui. Elle refusait de l’admettre, parfois. Refusait de le voir pour l’homme qu’il était vraiment. Mais elle ne pouvait pas l’ignorer. Pas quand ses mains portaient les stigmates de l’implication dont elle faisait preuve pour le rejoindre à mi-chemin. Son bras s’enroula autour de la taille de Theodore. La brise agita ses mèches auburn, qu’elle coinça derrière son oreille. « J’ai pas besoin que tu le fasses. Tu m’apprends à me défendre non ? » S’enquit-elle dans un haussement d’épaules.
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# Re: lust for life + hanna
message posté Mar 20 Juin 2017 - 0:07 par Theodore A. Rottenford

as if she was on fire from within. the moon lives in the lining of her skin. BOSTON - USA La voix interdite sur les vagues de l’océan, mes yeux regrettaient la douceur nacrée des montagnes de Belfast. Je voulais remonter le temps - partir la bas pour toujours. Mais lentement, je m’approchais de sa silhouette. Lentement, mes ailes se déployaient sur ses joues. Les souffles de la mer se distillaient entre ses cheveux. Hanna. Le coeur. La passion. Une femme. Le vent étouffait dans son étreinte. Parfois, j’imaginais la vie ailleurs, vagabonde et sans attaches. Puis je me réveillais au fond des fosses, la tête plongée dans les douleurs de la vie domestique. Je préférais la planche roulante de la guillotine - les courbes tranchantes du couteau et les pétarades du plomb dans le révolver. Elle le savait désormais. Je ne changeais pas. Depuis mille ans, j’étais le pantin des irlandais. Ma mère m’avait vendu pour trois livres d’Opium. Je me redressais, le visage enivré de plaisir. Le paysage s’amenuisait sur les lignes de l’horizon, voilé par le silence et la liberté. Ce n’était qu’une trêve passagère. Un moment d’égarement loin des poussières et des caveaux du Nord. Je m’obsédais encore à trouver une raison au pouvoir. J’étais attiré par l’ivresse sans abandonner le contrôle. Tout se calculait. La minutie de mes gestes et de mes amours. Le choix de rester et de me détourner de Babi. Les pions brûlaient sur le damier. Je n’étais pas son maître. J’étais le roi fou, caché dans les jupons de la reine noire. Un soupir filtra entre mes lèvres. Je ne voulais pas croire les mensonges de la mafia. Mais je les avais façonné. J’avais assemblé toutes les pièces sur les parchemins de l’église. Cette histoire perlait dans ses yeux. Les cadavres s’empilait dans la cave de la maison. Jazz, si tu comprenais. Tu penses que tu pourrais m’aimer encore ? Je glissais la main sur sa hanche. Le parfum de Hanna aurait pu faire sensation. Mais plus rien ne faisait sensation. Mon coeur était un organe isolé et perdu, que personne ne pouvait approcher. « Non, j’aime bien être ici. C’est apaisant. » Sa voix n’était qu’un murmure. Je déposais un baiser sur sa bouche, comme un soupir musical, tout ébahi et généreux. Elle n’avait pas dompté la bête. La tueur était encore là - sauvage et écarlate. Il grinçait les dents sur ma conscience. Je marchais à ses côtés jusqu’au sentier menant à la maison d’hôtes. Ma confession était portée par le vent. Les dunes de sables se mussaient dans mes bras repliés. Je me tournais une dernière fois, fixant les mouvements du ressac sur les roches. Mon sourire se détachait du paysage. Rapidement. Tout d’un coup. « J’ai pas besoin que tu le fasses. Tu m’apprends à me défendre non ? » Je restais suspendu dans le vide. Je ne pouvais pas être là. Il ne s’agissait pas de la sauver - mais de punir ceux qui lui faisaient du mal. Parce que ce jour arrivait. Les brumes s’effilochaient sur les bordures de la clôture. Les souvenirs caligineux s’évaporaient pour laisser place aux reflets de ses yeux. Je posais mon doigt sur son menton. Les promesses des celtes irlandais glissaient au bout de ma langue. «Tu me crois invincible mais je suis seulement, trop fier pour admettre la douleur.» Murmurais-je en serrant son poignet. Mon dos était couvert de cicatrices et de horions, vestiges et réminiscences d’une enfance dans la pègre. Je posais la main sur la porte, dévoilant les lueurs argentées du vestibule. On marchait à l’intérieur - la garde baissée, la tête perdue dans les nuages. Je ne remarquais pas les traces d’infractions dans le salon ni la position irrégulière du cadre sur le couloir. «Je dois appeler le maire.» Déclarais-je en faisant glisser mon manteau sur le canapé. Mon arme était resté dans la poche - hors de la portée de ma main. Je m’oubliais dans les directives du clan. Il fallait conclure le deal avec l’organisation de Boston afin de protéger Belfast. Ma démarche s’enlisait dans les meubles pour se noyer dans l’anti-chambre. J’agitais le combiné, les bras secoués par un élan de fureur incoercible. «Je ne lécherais jamais le cul des ritals … » Ma colère était coupée par le bruit. Je fis volte face en courant vers l’entrée. Elle était là - le regard rongé par le néant. Le regard griffé par la malédiction. Celle de mon nom. De mon amour. «Qu’est-ce que tu as fais?» Hurlais-je en lui dérobant le révolver. Elle n’avait pas le droit de salir sa conscience. Hanna, ne devient pas moi.
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message posté Mer 12 Juil 2017 - 18:06 par Hanna W. Stafford
Le temps semblait figer, comme suspendu. Le regard rivé sur l’océan, elle ne voyait que ses ondulations, que ça houle. Le vent léchait sa peau, s’emmêlait dans ses cheveux. Elle avait toujours eu les cheveux longs, Hanna. Rouges, certains diraient. Rouges, comme le sang, comme la vie, comme la mort. Sa vie n’était qu’une succession de tragédies, toutes plus rouges les unes que les autres. Sa peau diaphane, presque transparente, reflétait de ce rouge vif, vibrant. Le sable pouvait se dérober sous ses pieds, pouvait l’engloutir, l’aspirer, l’étouffer. Elle pouvait s’imaginer la sensation de papier de verre au fond de sa gorge, ses poumons, son estomac. Mais les mains de Theodore l’encraient dans la réalité. Boston brillait par ses secrets et ses buildings. Les tréfonds des ruelles regorgeaient de trésors cachés. Il suffisait de les ouvrir, ces boîtes, pour y découvrir les mystères sombres et morbides de ces hommes d’apparence correcte. Une boîte de Pandore, à la portée de tous. Seulement, les gens préféraient fermer les yeux. Ils naviguaient à l’aveuglette, et faisaient confiance à des menteurs, des tueurs, des traitres. Mais qui était-elle pour juger ? Elle aussi, mentait, tuait, trahissait. Elle se nourrissait des baisers de Theodore. Sa bouche était l’oasis au milieu du désert qu’était devenue sa vie. Elle s’enlisait, jour après jour, dans les dunes brûlantes, et sa seule source de réconfort était cet homme pour qui elle tombait un peu plus chaque jour. C’était stupide, cette expression. Tomber amoureuse. Pourtant, elle était tellement vraie, tellement réelle. On tombait la tête la première, dans un gouffre sans fin, dans l’abysse des sentiments. Le cœur se réchauffait dans des étreintes passionnées et des mots tendres. Il n’y avait pas de lumière au bout du tunnel, quand on tombait amoureux. Il n’y avait que du noir, du flou, du sombre. Que de la confiance aveugle. Parce qu’elle lui avait donné le sien, de cœur. Elle s’en rendait compte maintenant. Elle était sa prisonnière, enchaînée par des chaînes invisibles qui portaient son nom. La fraîcheur de la soirée rosissait ses joues pâles et le bout de son nez. Elle rougissait, Hanna. Par tous les temps. Ensoleillé, pluvieux, frais. Elle se laissait guider par Theodore, et ses pas mesurés. La maison d’hôte avait ce charme qu’on ne voyait que dans les films américains. Il ne manquait plus qu’une clôture blanche, vieillie avec le temps, pour qu’elle en oublie que ce n’était pas le décor d’un film. Mais il n’y avait personne autour. Pas de voisins, pas d’autres maisons. Juste eux, perdus au milieu de la nature sauvage de côte Atlantique. Elle le vu, mais elle ne l’entendit pas. Sa silhouette imposante se faufilait contre les murs, glissait comme une ombre le long des meubles. Vêtu de noir, il était difficile de la voir dans la pénombre de la pièce. Une arme dépassait comme une extension de sa main. Et Theodore se trouvait là, à quelques mètres. Ses gestes étaient irréfléchis, quoique logiques. Le canon chaud tremblait dans ses mains moites. Ses bras étaient tendus, droits comme un i. En plissant les yeux, elle pouvait presque voir une légère fumer s’échapper du bout de l’arme. Le bruit sourd de la détonation résonnait encore dans ses oreilles, à travers les acouphènes, à travers les cris et le regard perçant de Theodore. Elle regardait sans voir. L’arme lui roula des mains, et un nœud lui noua l’estomac. Du sang. Tellement de sang. Du rouge, rouge, rouge. Vif et brillant, qui coulait et jonchait le sol. Du sang, encore du sang. Et Theodore. Oh, Theodore. Elle déglutit et humidifia ses lèvres sèches du bout de la langue. « Il allait te tuer, » murmura-t-elle, le regard perdu dans celui bleuté de l’homme. Sa voix était lointaine, même à ses propres oreilles. « Il allait te tuer, et j’ai pas réfléchi. Ton manteau était posé là, avec ton arme, et… » Son regard glissa vers l’homme, étendu par terre. Vers ce corps inerte et sans vie. « Il faut qu’on l’emmène à l’hôpital, » souffla-t-elle, ses pas la guidant inconsciemment vers lui.
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# Re: lust for life + hanna
message posté Aujourd'hui à 11:27 par Theodore A. Rottenford

as if she was on fire from within. the moon lives in the lining of her skin. BOSTON - USA Le silence murmurait sur les vitres de la maison. Je n’étais qu’un grain de sable dans un océans de malfrats. Un tueur parmi les autres. Un commandant aigri, affaibli par les sentiments de faiblesses et les chants des sirènes. La méduse m’avait prévenu, un jour. Je me perdais dans la malédiction de mon nom. Je les aimais malgré tout. Cette Babi. Cette Jasmine. Hanna et toutes les femmes du monde. Mes yeux se plissaient sur la pénombre. Mon univers coulait sur les murs de Boston. La mort, un lot réservé à l’humanité entière. Nous étions l’apanage des Seigneurs. Un avilissement qui touchait les coeurs. J’observais les arbustes sur les dunes de sable, enchantés par la lourdeur du temps, ondulant librement dans les sifflements de la mer. Il faisait froid, la nuit. Cela permettait à mon mépris de se jeter sur la mafia. Cela me donnait le courage de me livrer à une ébauche de colère. La querelle qui opposait les clans me faisait presque oublier mon amertume. Je m’éveillais peu à peu. Mes bras s’alanguissaient comme des griffes monstrueuses vers la table. Je voyais les traînées de sang sur le sol. L’ocre roulait sur mes prunelles. Ne touche jamais mon arme. Je soufflais en posant un genou près du cadavre. Je tâtais le pouls en hochant la tête. Au fond, la bataille faisait rage, pliant et dépliant mes doigts dans un mouvement mécanique pour lutter contre la colère qui s’infiltrait dans mes membres. J’étais tombé dans le piège. Je devais reconnaître mon erreur de calcul. Je m’étais mis sur les bras une invitation à dîner avec les traitres de Belfast, avec toutes les obligations que cela impliquait : les politesses, les bavardages, les étalages de forces. J’y avais convié une amie. Une étrangère aux moeurs irlandaises, simplement pour me prouver une puissance de caractère qui me faisait outrageant défaut, maintenant qu’elle avait appuyé sur la gâchette. Je ne voulais pas salir ses mains. Je ne voulais pas souiller son coeur dans les méandres de mon enfance. Je grinçais les dents en auscultant le corps. Il était presque glacé, l’expression tiré par les premiers signes de la rigidité cadavérique. « Il allait te tuer, » Elle murmurait dans un souffle étouffé. Je ne me détournais pas. Je n’y arrivais pas. « Il allait te tuer, et j’ai pas réfléchi. Ton manteau était posé là, avec ton arme, et… » Je plissais le front en relevant la tête. Ce n’était pas une excuse. « Il faut qu’on l’emmène à l’hôpital, » Je me redressais en prenant mon manteau. Je le jetais sur le sol afin de couvrir le corps, puis je me mis à marcher. Deux pas. Dix pas. Cent pas. Mes pensées cheminaient autour de ma tête. Je regardais autour des vestibules. Je ne connaissais pas ces lieux. Les décorations m’étaient complètement étrangères. Je marmonnais en enroulant le tapis autour de l’homme. Je dépoussiérais mes manches en m’activant autour du couloir. «Non.» Ma voix était tranchante. Il était hors de question de déclarer une blessure par balle dans un pays étranger, là où mon influence était limitée par les systèmes judiciaires américains. Je fronçais les sourcils en la regardant. «Ne bouge pas. Ne fais rien. Il est trop tard. » Je donnais les ordres. Et je voulais qu’elle obéisse. Naturellement, elle devait m’obéir. Je transportais le corps vers la porte. Je sortis mon téléphone. La conversation était courte. Je formulais mes recommandations et les irlandais se chargeaient du reste. Je fis volte face. Je déglutis en lui faisant signe de me suivre dans la salle de bain. L’eau ruisselait sur ma peau maculée de sang. Ce n’était pas les blessures qu’on lavait. Mais nos âmes meurtris par la corruption. Je la regardais à travers le miroir. Je soupirais en ravalant mes sermons. Toutes ces choses arrivaient coup par coup. C’était trop rapide et trop brutal. Je l’avais entrainé - ma faute et jamais la sienne. «C’est mon arme. Il y a mes empruntes.» Je me tournais afin de me saisir de on poignet tremblant. Je ne pouvais pas exiger sa compréhension. C’était sa loyauté que je désirais. J’apposais mes doigts sur les siens. «Ma main. Pas la tienne.» Mon pouce glissait lentement sur sa joue. «Tu m’as sauvé mais je ne veux pas que tu le fasses à nouveau. Tu n’es pas comme nous, Hanna.» Et c’était sa plus belle qualité. Sa différence. Je me penchais afin d’embrasser son front puis je serrais sa tête sur ma poitrine en soupirant. «bí cróga.» Sois courageuse.

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