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Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)

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# Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Lun 29 Mai - 0:23 par Kenzo A. Armanskij
Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
Zola & Kenzo

Hammersmith, Mai 2017 ✻✻✻ Je pris une dernière bouffée. Une dernière bouffée d'air dans cette chambre où j'en avais tant de fois manqué, d'air. Dans cette chambre où j'avais tant pensé à ce que j'avais perdu, à ce que j'avais laissé derrière moi. Cette chambre pleine de regrets, cette chambre où je n'avais jamais été heureuse. Elle était vide désormais. Vide de meuble, vide de sens, vide de vie. Je n'avais plus aucune raison de rester, et pourtant, je ne voulais plus partir. J'y avais mes souvenirs dans cet appartement d'Hammersmith. Je m'y étais échouée. Et quelqu'un avait tenté de m'y reconstruire. Ce quelqu'un dont l'absence se ressentait lourdement depuis quelques mois. Surtout aujourd'hui. Je regardais les murs vierges et attrapais le dernier carton, les larmes aux yeux.. Je fermais la porte derrière moi. Mes yeux se dirigèrent vers la porte de la salle de bain. Cette salle de bain. Celle où j'avais tenté de mettre fin à mes jours. Celle où elle m'avait sauvé. Où elle était parvenue, par son amour, par son amitié à redonner sens à ma vie. Elle avait su faire le choix pour moi, elle avait su me retenir de mourir parce qu'elle savait que c'en était pas terminé avec moi. Elle l'avait senti, quand bien même, je ne ressentais plus rien. Qu'un trou béant. Qu'une douleur sans limites. Elle était parvenue à me sortir d'abysses dans lesquels je m'étais plongée. Elle m'avait sauvé la vie, et désormais, elle était partie. Moi, je n'avais su la sauver. Je l'avais laissé couler. J'avais feint de ne rien voir, de ne rien entendre, de ne rien comprendre. Parce que je ne voulais pas vivre sans elle. Mais désormais, dans cet appartement vide, c'était comme si elle n'avait jamais existé.Alexandra. Mes yeux restaient figés sur la baignoire, autrefois couleur rouge sang. Je serrais la mâchoire. Une larme roula sur ma joue et brusquement je laissais tomber le carton et donnais un coup de pied dans la porte en hurlant. D'un geste brusque, je claquais la porte. Cette partie là, je voulais l'oublier. Ma plus grosse erreur, mon seul véritable instant de faiblesse. Je restai là essouflée, passant les mains dans mes cheveux en tentant de reprendre mes esprits. Je ne voulais plus partir. Je ne voulais plus laisser cet appartement dans lequel elle semblait vivre encore à moitié. Symboliquement. Il avait été à son nom. Sur la boîte aux lettres, on pouvait encore lire Alexandra Wood-Bower. Elle avait fini par rajouter mon nom, pour être sûre que je ne l'abandonnerai plus jamais. Mais elle avait fini par m'abandonner. Lentement, et sans ramasser le carton, je marchais jusqu'à sa chambre, dont la porte était restée entre-ouverte. Je n'étais toujours pas parvenue à vider la pièce. A enlever l'armoire dans laquelle elle avait rangé ses vêtements. J'y sentais encore son odeur. Je ne voulais pas ôter le miroir devant lequel elle s'était tant regardé. Enlever tout ce qui avait fait son quotidien, tout ce qui lui avait appartenu et qu'elle avait laissé derrière elle. Comme moi. Je sursautais. La porte claqua et je séchais mes larmes d'un geste brusque. J'affichais mon éternel sourire au coin. Pourtant c'était lui, c'était Zola. Mais ces derniers temps, je n'étais plus sûre de rien. J'avais cru être en sécurité, être enfin sûre que tout rentrerait dans l'ordre. Mais le départ de Lexie avait tout chamboulé. Mes sentiments, mes désirs, mes peurs. Elle m'avait forcé à vivre avec son absence, elle m'avait confronté à ma plus grande peur. De quoi devais-je avoir peur désormais. Je revins dans le salon et Zola fronça les sourcils en apercevant le carton renversé sur le sol. Je haussais les épaules et fis la moue. « Tu sais bien... Je suis pas très douée. » Je poussais un long soupir et laissais mes cheveux retomber sur mon visage, pour qu'il ne remarque pas mes yeux mouillés. Mais c'était Zola, il allait forcément le remarquer. Je voulais juste croire un instant qu'il pouvait me laisser triste, pour une fois, sans me laisser m'expliquer. Laisse-moi, avec mes démons. En tremblant, je ramassais les vinyles renversés. Bientôt il vint m'aider, mais je le vis se figer devant la porte entre ouverte de la chambre maudite. Il ne dit rien, mais je n'avais pas besoin qu'il parle pour comprendre. J'étais faible. Faible et hantée par un fantôme. Je restai silencieuse, et serrais un peu plus la mâchoire. Je ne voulais pas pleurer, et pourtant je finis par me laisser tomber sur les fesses, et laissais ma tête tomber entre mes genoux. Un bel avenir s'offrait à nous, à la famille dont nous avions toujours rêvé. Ensembles. Lui, moi et Louis. Pourtant, partir, c'était accepter qu'elle ne reviendrait pas. C'était l'abandonner, véritablement. Je ne pouvais abandonner ma meilleure amie. J'avais besoin d'aide. Je relevais les yeux vers Zola, vers celui que j'avais toujours pensé être l'homme de ma vie. Même si tu ne m'aimes plus, aides-moi à surmonter ça. Aide-moi à accepter qu'elle m'a abandonné. Pour toujours.
✻✻✻
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Lun 5 Juin - 0:36 par Zola Monroe

parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
kenzo armanskij & zola monroe
Je pris un temps fou à me décider. Planté devant cette maudite porte. C’était peut-être l’une des dernières fois que je la verrais, d’ailleurs. Je me revoyais encore, il y a quelques années, complètement pété, m’arrachant les phalanges à force de cogner contre cette porte, gueulant comme un perdu le prénom de Kenzo. Je revois aussi Alexandra me dire de foutre le camp et de dégager avant qu’elle ne prévienne les flics. Je revoyais aussi tous ces instants précieux, ces fleurs parmi les pierres, ces moments de grâce que Kenzo et moi avions pu partager dans cet appartement. Ça n’était pas le mien, et pourtant j’y avais des souvenirs, douloureux et magnifiques. Malgré tout, je me sentais presque incapable d’y entrer pour une dernière fois. Une page qui se tournait, probablement. Cela faisait toujours cette sensation, ce pincement au coeur, de laisser derrière soi tout un pan de notre existence. Ça n’était pas que le départ précipité et brutal d’Alexandra m’attriste particulièrement, non. Mais il attristait Kenzo, oui. Alexandra avait eu le mérite d’être là pour elle quand je ne l’étais pas, elle avait pris soin de Kenzo quand j’étais occupé à nous détruire, moi et notre couple. Je n’osais imaginer l’état d’esprit de Kenzo, à l’intérieur. La page devait être encore plus difficile à tourner pour elle. Elle était sensible, au fond, surtout quand il s’agissait de personnes qu’elle appréciait. Kenzo ne le disait pas. Elle ne disait jamais. Et pourtant, je n’avais pas besoin de mots pour décrypter ce qu’elle pensait, ce qui lui brisait le coeur et ce qui lui retournait les tripes. Je n’avais pas besoin de l’avoir en face de moi pour savoir qu’elle était déchirée, déchirée par le manque et par l’incompréhension. Je prenais une grande bouffée d’oxygène, un peu nerveux à l’idée de devoir faire face à tous les souvenirs qui se cachaient, comme embusqués, dans l’appartement d’Alexandra. Je devais rentrer, et ne pas fuir. Même si fuir mes problèmes pour éviter de faire face à mes responsabilités était l’une de mes spécialités.

J’entrais. Kenzo était dans la salon, terriblement vide, des yeux rougis qu’elle avait tenté de cacher, mais qui ne trompait personne. Des cartons à ses pieds, renversés. Quelque chose de terrible se dégageait de la pièce. Là était la fin, la fin d’Alexandra, de son amitié avec Kenzo. C’était terrible, je n’avais aucune difficulté à l’imaginer. Kenzo était dépitée, comme hagarde, toujours aussi faible face à l’abandon de sa meilleure amie. Elle essayait de ne rien laisser paraître, c’était dans sa nature. Se protéger, toujours être forte, ou du moins sembler l’être. Toujours tenter de sauver les apparences. « Tu sais bien... Je suis pas très douée. » expliqua-t-elle brièvement. Un petit sourire se dessina sur mon visage. C’était un sourire entendu, un sourire sans grande signification. Il n’y avait rien à dire, aucune signification à donner. Kenzo n’y arrivait tout simplement pas. Elle se mit frénétiquement à ranger quelques vinyles, comme une machine. Ses mains tremblaient et elle respirait bruyamment. Je la regardais faire, et l’aidais, sans jamais la lâcher du regard. Finalement, au bout de quelques instants, ce qui devait arriver arriva. Elle s’effondra sur le sol et se replia sur elle-même ; elle rentra sa tête entre ses genoux, sa façon à elle de se protéger, de mieux rentrer dans sa carapace. C’était à moi d’intervenir. Si Alexandra avait pu être son soutien quand rien n’allait dans notre couple, alors j’allais être son pilier aujourd’hui face à l’absence d’Alexandra. Je m’accroupis à ses côtés et passa mon bras autour de ses épaules. Kenzo releva la tête, et ce que je pus lire dans son regard océan me déchira. Elle était perdue, je le sentais. Une page se tournait, définitivement, le début d’une nouvelle vie à mes côtés, et avec Louis. Mais cela l’effrayait. Cela l’effrayait de devoir mener une vie sans son amie de toujours. Cela l’effrayait de devoir se montrer forte sans son pilier sur lequel se reposait, cela l’effrayait de devoir faire face à son rôle de mère et à moi sans Alexandra. Sans attendre qu’elle fonde en pleurs, j’attirai celle qui était pour moi la femme de ma vie contre moi. La sentir près de moi suffisait à me réconfortait un peu, à écarter ce mal-être que j’avais senti dans ses yeux et à faire déguerpir ce frisson qui me tordait l’échine. « Ça va aller » murmurai-je, « ça va toujours, au bout du compte ». C’était une phrase bateau. Oui. Mais elle était terriblement vrai. Nous surmontions les épreuves que la vie pouvait nous balancer, toutes. Le départ d’Alexandra n’en n’était qu’une parmi tant d’autres. « Elle serait fière de toi, tellement fière de toi, tu sais » continuai-je. Elle l’avait toujours été, pensai-je intérieurement. « Moi je le suis, en tout cas. Ça va être difficile, mais tu verras, tout ira bien. Oui. Tout ira bien ». Mon optimisme puant, mielleux. Toujours. Le pire, c’est qu’au fond j’y croyais. J’étais persuadé que l’avenir nous offrirait des jours meilleurs, que nous allions enfin devenir des parents, que Louis nous reviendrait, que notre couple n’en serait que plus fort. J’y croyais comme un imbécile, mais si une partie de moi savait que rien ne serait facile. Rien. Mais Kenzo avait besoin de ces mots, elle avait besoin de réconfort, besoin de croire encore - tout comme moi..
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Lun 5 Juin - 23:11 par Kenzo A. Armanskij
Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
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Hammersmith, Mai 2017 ✻✻✻  Un mois. Ca sembait si proche, et à la fois si loin. Un tout petit mois, ce n'était rien comparé aux années qui s'étaient écoulées. Mon bébé m'avait été arraché. Je ne l'avais pas entendu pousser ses premiers cris. Je ne l'avais pas tenu au creux de mes bras. Je ne l'avais pas mit au monde, on me l'avait arraché. Arraché. Tout comme mon coeur. Je me revoyais encore, à vomir mes tripes et à espérer y laisser le foetus. Je me voyais encore pleurer dans les bras d'Alexandra et lui dire que ma vie était foutue. Que j'allais être comme Elise, ma génitrice. Toujours absente, toujours maladroite et détestable. La peur m'avait laissé croire que je n'étais pas destinée à être mère. Mais elle s'était transformée lorsque j'avais senti mon ventre plat. Vide. Comme je l'avais été, ces six années. Incapable de parler, tétanisée. Détruite. D'avoir compris trop tard, d'avoir tant hait. Un si petit être, si fragile. Et merveilleux. Louis avait grandit à l'intérieur de mes entrailles, et il était parvenu à la perfection parmi tant d'horreur. Je n'étais pas à la hauteur. Je n'étais pas à sa hauteur. Louis était un enfant doux, intelligent et curieux. Il donnait le sourire aux gens et ne perdait que très rarement le sien. Mon enfant était un ange triste, toujours protecteur, mais à jamais seul. Aucun autre enfant n'avait vécu ce qu'il avait vécu. Il changeait de famille, il changeait d'identité, il changeait de vie. Le cauchemar se transformait en rêve, mais à quel prix? Il grandissait, d'un coup. Il perdait son innocence en entrant dans le monde des grands, ce monde fait de vices et de mensonges. D'échecs et de renaissances. Mais il s'adaptait, brillamment. C'était toujours merveilleux de l'entendre m'appeler maman. De le serrer dans mes bras, de l'écouter me raconter ses histoires. De l'entendre me dire que je lui avais manqué. Mais j'avais peur qu'il ne m'aime jamais vraiment. Qu'il s'attache à une image, à l'idée de la mère parfaite, et que je ne sois pas cette mère parfaite. Cette princesse des contes de fées, la maman disparue de cendrillon. Louis rêvait d'un conte de fées, faits de jeux et de triceraptops géants. Mais la vie était cruelle. Elle m'avait arraché à mon bébé, et désormais, elle me donnait une seconde chance. Mais pour combien de temps? Les rêves étaient-ils éternels? Etait-il possible que jamais rien ne nous fasse baculer dans le cauchemar? J'avais peur. Terriblement peur. Je craignais que mon enfant ne s'en sorte pas, qu'il n'accepte pas la réalité, et que les traumatismes le submerge. J'étais trop jeune. Mais j'en avais envie, et je me sentais prête à donner corps et âme jusqu'à mon dernier souffle pour cet enfant. Notre enfant. Je relevais les yeux vers Zola. Cette seule personne qui ne m'avait jamais quitté, qu'importe les circonstances. Il n'avait jamais cessé de m'aimer. Alors pourquoi tu ne me regardes pus comme avant? Je battais des cils et reniflais. Je n'avais jamais envisagé qu'Alexandra puisse m'abandonner, et désormais, toutes mes croyances s'en étaient allées. Retournées. Balayées. Par le vent glacial qu'elle avait provoqué dans ma chute. Ce jour là, en rentrant du travail. Un vendredi soir. Notre soir. Ce soir là, j'avais mangé une pizza seule. Entièrement. Puis une seconde. Celle d'Alexandra. Parce que le livreur, connaissant nos habitudes, s'était pointé à vingt-et-une heures pour retourner le couteau dans la plaie. Seule, j'avais regardé des émissions de la téléréalité, dans l'espoir que ça la fasse revenir que je tombe aussi bas. Elle n'était pas revenue. Ca faisait six mois. Sans nouvelles, sans un mots. Comme si elle était morte. Et partir d'ici, c'était l'enterrer. Enterrer ces années d'amitié, enterrer celle qui m'avait sauvé la vie. Qui m'avait permis de rencontrer mon fils. Je me blottis dans les bras de Zola et pleurais doucement. Mon coeur battait toujours un peu plus fort près de lui. Je plongeais mon visage dans le creux de son cou et respirais doucement. Je l'écoutais me réconforter, et hochais doucement la tête. Il avait raison, j'avais les épaules pour surmonter cette épreuve. Mais je ne le voulais pas. Pas sans elle. Je n'avais pas encore fait mon deuil. J'avais encore quelque chose à lui dire, des au revoirs. Des adieux. A jamais. Je levais la tête vers Zola et lui montrais mon poignet. Du cellophane entourait ma peau, sur laquelle était gravé à l'encre noir toujours en arménien. Je reniflais, et passais doucement la main sur mon visage en haussant les épaules.  « Je voulais qu'elle reste quelque part... » Peut-être qu'elle était fière, en effet. Mais elle n'était pas là pour me le dire. Elle m'avait abandonné. Et elle 'm'avait emporté, avec elle.
✻✻✻
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Ven 9 Juin - 12:50 par Zola Monroe

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Je détestais la voir comme ça. Je détestais voir Kenzo malheureuse. Au fond, quand elle souffrait, je souffrais aussi. Ses larmes étaient les miennes. Alors, oui, c’était une vision des choses un peu pompeuse et qu’on croirait directement sorti de je ne sais quelle comédie romantique. Moi-même, j’avais du mal à croire à toutes ces balivernes que l’on dit et redit sur l’amour. Et pourtant, quand je voyais Kenzo, ces expressions toutes faites prenaient forme, prenaient vie dans la sienne. C’était comme si je n’étais pas complet sans elle ; surtout, je n’étais que l’ombre de moi-même quand elle n’était pas là pour me pousser, pour me motiver, pour que je continue à me battre. Sans elle, je serais sans doute mort à l’heure actuelle, drogué à mort dans une ruelle sombre, au fond d’un caniveau. Je lui devais tout. Je lui devais de ne pas être un déchet complet ; c’était bien grâce à elle et pour elle que je m’étais toujours battu contre ces vieux démons. Tout cela occultait presque le fait qu’elle, et plus précisément notre relation, était ce pourquoi j’avais sombré en premier lieu. Mais cela n’était qu’un détail, comparé à tout ce que la jeune femme avait pu apporter de bien dans ma vie. Elle m’avait donné un fils, n’était-ce pas là le plus important ? On pense souvent aimer quelqu’un, et puis la femme que vous aimez vous donne un enfant, et vous découvrez alors une toute autre forme d’amour. Une toute autre façon d’apprécier quelqu’un. Le mariage n’était qu’un lien insignifiant et superficiel à cause de ce que pouvait représenter la naissance d’un enfant. J’aimais Kenzo, et je n’avais pas honte de le dire ou de le prouver. Toutefois, l’idée que notre amour était devenu une habitude me repoussait. Je refusais de le croire, je le refusais en bloc, peut-être parce qu’au fond je savais qu’il y avait une part de vérité dans ce constat. Même si je me refusais souvent à l’avouer, notre relation était au point mort, ces temps-ci. Je l’aimais toujours, c’était indéniable, mais peut-être que… qu’une sorte d’étincelle s’était éteinte. Mais je refusais en tout point d’admettre que notre amour était une habitude. Qu’au fond, je n’avais toujours connu qu’elle. Oh, il y avait eu d’autres femmes, évidemment, mais aucune d’entre elle n’avait été Kenzo. Aucune d’entre elles ne m’avait apporté ce que Kenzo m’avait apporté. Elles ne m’avaient pas donné le plus magnifique des garçons, elles ne m’avaient pas donné Louis. Louis qui, bientôt, arriverait dans notre foyer. Je n’avais jamais perdu espoir, depuis que j’avais appris son existence. Ce bonheur, le plus pur de tous, nous avait été arraché à sa naissance ; on nous avait privé de notre enfant et notre amour en avait pris un sérieux coup. Mais aujourd’hui, Louis balayait tous mes doutes. Enfin, nous allions être des parents, et j’étais persuadé que tout irait pour le mieux après. Louis allait être notre bénédiction, je le croyais.

L’image de Kenzo pleurant au milieu de ce salon vide balayait d’un revers tous mes doutes, toutes mes idées niaiseuses et mes inquiétudes à propos de notre relation. Là, alors que la jeune femme sanglotait doucement dans mes bras et que je tentais de la réconforter face à départ d’Alexandra, là, tout prenait son sens. Il n’y avait plus qu’elle et moi dans ce bas monde. Est-ce que ça n’avait pas toujours été le cas, au fond…? Tous mes doutes et toutes mes inquiétudes s’envolaient face aux larmes de celle que j’aimais. Je n’avais toujours voulu que son bonheur, et même si je ne pouvais rien faire quant à départ d’Alexandra, j’espérais au moins parvenir à sécher ses larmes. Je voulais être là pour elle, qu’elle sente qu’elle pouvait s’appuyer sur moi quand les choses n’allaient pas - je savais bien que Kenzo, même envers moi, demeurait quelqu’un de secret. Elle n’était normalement pas du genre à s’épandre en pleurs et en sentiments. Preuve en était qu’elle ne m’avait probablement jamais dit qu’elle m’aimait ; et même si je n’en n’avais pas besoin, j’espérais qu’un jour, Kenzo ait assez confiance en moi pour s’abandonner complètement, s’abandonner comme moi j’avais pu le faire. Kenzo renifla, et, doucement, se redressa. Elle me tendit son poignet qui, entouré de cellophane, portait une inscription. Quelque chose en arménien, et même si je n’en comprenais ni l’alphabet, ni le sens, je me doutais qu’il s’agissait d’un tatouage important, avec une signification très personnelle. Même si j’étais triste pour elle, j’étais aussi touché de sa réaction. Alexandra aurait probablement apprécié. « Je voulais qu'elle reste quelque part... » Je lui souris doucement. J’avais toujours trouvé leur amitié merveilleuse, et j’aurais aimé avoir pu connaître quelque chose de similaire - j’étais certes proche de Tancredi, mais je savais aussi que notre amitié ne ressemblait en rien à celle de Kenzo et d’Alexandra. « Tu sais, on dit qu’il y a trois degrés dans la disparition » soufflai-je. « Le premier, c’est quand la personne disparaît physiquement. Le deuxième, c’est quand tout ce qu’elle a crée de tangible est détruit » Je marquai un temps d’arrêt. « Le troisième, c’est quand il n’y a plus personne pour se souvenir d’elle ». Peut-être que Kenzo allait me rétorquer que ce n’était qu’un tissu de connerie, et surtout que ça ne lui ramènerait pas Alexandra, mais je trouvais cette idée réconfortante, se dire que personne n’avait jamais disparu tant qu’on s’en souvenait encore. Je m’étais désespérément raccroché à cette idée, après le décès de ma mère, et ça m’avait aidé à faire mon deuil. « On ne peut rien changer pour Alexandra. Mais tu as encore le pouvoir de la faire vivre, encore un peu ».
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Dim 18 Juin - 23:11 par Kenzo A. Armanskij
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Hammersmith, Mai 2017 ✻✻✻  J'étais passée à l'acte. Parce que je demeurais déjà en enfer, et que je ne pouvais m'attendre à pire. Je n'avais pas supporté de repousser Zola une fois de plus. Alors je m'étais taillée les veines et j'avais regardé l'eau se colorer doucement. J'avais fermé les yeux, apaisée. Et puis à mon réveil, elle pleurait et me suppliait de rester avec elle. Je n'avais su lui demander l'aide dont je nécessitais. Je m'étais sentie pesante, encombrante. J'avais voulu disparaître et alléger son coeur. Mais en la voyant ainsi paniquée à l'idée que je meurs, j'avais compris qu'elle aussi avait besoin de moi. Elle m'avait montré que je servais à quelque chose, que mon but avait une existence. Aujourd'hui, elle n'avait plus besoin de moi, mais Louis avait besoin de moi. Et Zola. Du moins, j'en avais été convaincue, jusqu'à il y a quelques temps. Jusqu'à ce qu'Alexandra parte. Je n'avais plus de certitudes sauf celle d'être mère, et d'avoir un rôle à tenir. Je ne voyais que ce qui s'imposait à moi, mais le monde et les gens étaient devenus un mystère. Je n'étais plus réellement là. J'agissais mécaniquement parce que j'y étais habituée, mais mon esprit navigait sans cesse entre passé et futur. Entre ce que je ne retrouverais jamais et entre ce que j'allais vivre avec mon fils. Sans elle. Je relevais les yeux vers Zola. J'avais voulu mourir, parce que la réalité, je ne la supportais plus. Il avait failli mourir pour les mêmes raisons. Nous étions des survivants. Nous avions survécu à la perte d'un enfant et nous en avions été récompensé. Quelle était la récompense pour la perte d'une meilleure amie? Le bon d'achat pour une nouvelle copine? Je ne voulais pas quelqu'un d'autre, j'avais besoin de ma meilleure amie. Il fallait croire que j'étais condamnée au deuil, perpétuel. La vie était trop courte, les relations encore plus. Nous sommes des êtres fragiles, instables, cruels. Mais nos liens se doivent de survivre à tout. Même à l'abandon. Je regardais mon poignet et j'eus un sourire aux mots de Zola. Il avait raison. Je n'oublierai jamais Alexandra, et elle resterait à toujours en moi. Je ne parviendrai jamais à penser à elle. Je passais les mains dans mes cheveux, pour me reprendre et pris une longue respiration : « C'est vrai, mais... » Je pris le temps de respirer, le regard dans le vide, puis je fronçais les sourcils en secouant la tête : « Je n'ai jamais perdu de proche... Louis c'était différent, je n'étais pas habituée à sa présence comme je l'étais à celle d'Alexandra. J'ai la sensation que tout cela n'a jamais existé, ou que quelque chose a changé. Que je vais changer, parce que je me suis construite à ses côtés... » Je reniflais doucement et levais les yeux vers celui que j'aimais depuis toujours. Tout est si différent désormais. J'attrapais ses doigts et les serrais entre les miens. Je vins à nouveau me blottir contre lui et je soufflais : « Il ne me reste que nous, Zola... Si tu me quittes... » Je laissais ma phrase en suspend. Si tu me quittes, je n'aurai plus rien. Je voulais que tout se passe pour le mieux, mais les choses semblaient décidées à foirer. Et je ne voulais pas décevoir la seule personne que je n'avais pas encore déçue : mon enfant.
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Mer 2 Aoû - 17:43 par Zola Monroe

parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
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Je détestais cela. Je détestais voir Kenzo comme cela, la voir pleurer, la voir se briser en un million de petites larmes, comme ça, en face de moi. Je détestais cela, parce qu’égoïstement, quand elle souffrait je souffrais aussi. Je me trouvais toujours niais quand je me faisais cette réflexion, et pourtant, elle était vraie. Kenzo faisait partie de moi, peut-être plus que je ne faisais partie d’elle, et je détestais la voir comme cela. Je détestais voir les larmes sillonner ses joues et taire son sourire, son rire, sa joie. Je détestais la cause de ces larmes, et pourtant je n’en voulais pas à Alexandra en particulier. J’en voulais au sort, au destin et à toutes ces conneries auxquelles je ne croyais pas, pourtant je leur en voulais car voilà que je retrouvais Kenzo au milieu d’un salon vide, sans savoir quoi faire pour sécher ses larmes. Car qu’aurais-je pu faire…? Ramener Alexandra, alors que je ne savais pas diable où elle était ? Non. Je ne pouvais rien faire pour aider Kenzo, si ce n’était la réconforter, lui offrir mon épaule pour pleurer et mes oreilles pour épancher son chagrin. Rien d’autre. Je me sentais inutile car incapable d’offrir autre chose à Kenzo que ma présence, présence qui ne changeait rien à l’absence d’Alexandra, de son amie qui avait toujours été là pour elle. La voir ici me brisait le coeur et balayait d’un coup toutes mes inquiétudes sur nous. Kenzo se blottit contre moi tandis que j’essayais, tant bien que mal, de prononcer quelques paroles vides de sens mais qui - peut-être ?- réconforterait un peu la brunette. Je n’étais pas bien doué pour tout cela. Pour les belles paroles, les mots doux, ceux qui coulent comme une liqueur blanche et apaisante sur les plaies du coeur. Ça n’avait jamais été mon truc, et je me trouvais bien désarçonné quand je me retrouvais à réconforter quelqu’un. Pourtant, je faisais de mon mieux, car à l’instant, j’étais le seul en capacité de prodiguer une quelconque aide à Kenzo. Et au fond, avait-elle besoin de cela ? Peut-être pas. Peut-être avait-elle simplement besoin de moi, de savoir que j’étais là pour elle et que je le serais encore pour longtemps ; que si Alexandra était partie, moi, je ne partirai pas. Je ne partirai plus. Peut-être que tout n’était pas parfait que ce tableau qu’était notre vie, mais tout se construisait, lentement certes, mais solidement. Peut-être qu’elle avait juste besoin de ça, de moi, et de pleurer un coup. De commencer la longue et douloureuse période qui allait s’ouvrir devant elle, le deuil de cette amitié si belle et pure qu’elle partageait avec Alexandra. Elle était comme une soeur pour elle, peut-être plus. Je n’osais imaginer la douleur que j’éprouverais si Eli venait à disparaître ; et je n’étais même pas proche de lui. Alors, je n’imaginais pas l’ampleur de la souffrance de Kenzo, souffrance encore amplifiée par l’incompréhension.

Kenzo essaya de se reprendre, ou du moins de reprendre un peu de contenance. C’était tout elle, ça. Elle ne s’allouait que peu de moments de faiblesse, elle détestait cela. Je l’avais bien compris, depuis tout ce temps, et qui aurait pu la blâmer ? Moi ? J’étais tout pareil. Je détestais apparaître faible et fragilisé. C’était peut-être cette foutue fierté qui nous avait blessé à tant de reprises. Même dans les pires moments, il nous était difficile de nous ouvrir complètement l’un à l’autre, ou d’exprimer avec sincérité tout ce qui nous pesait sur le coeur. C’était ainsi que nous étions, que nous fonctionnions. « Je n'ai jamais perdu de proche... Louis c'était différent, je n'étais pas habituée à sa présence comme je l'étais à celle d'Alexandra. J'ai la sensation que tout cela n'a jamais existé, ou que quelque chose a changé. Que je vais changer, parce que je me suis construite à ses côtés... » Ses paroles eurent un drôle d’effet sûrement, ou plutôt trouvèrent-elle un écho particulier, amer, dans ma propre expérience. Je comprenais parfaitement ce qu’elle ressentait et ce que perdre un être cher pouvait nous faire ressentir. J’avais vu mon monde voler en éclats quand ma mère était décédée, et ce même si sa maladie n’avait laissé que peu de place à l’espoir. J’avais cru que rien ne serait jamais comme avant, que je sourirais ou ne rirais plus, que tout deviendrait noir sans elle. Pendant un temps, ce fut le black-out total dans ma vie. Et puis, le temps avait fait son effet. « C’est ce que l’on croit, et ça n’est jamais facile, au début… Tu crois que tout changera, et je ne vais pas te dire le contraire, tout va changer, mais… » Je tâchai de bien choisir mes mots. « Le soleil continuera de se lever le matin et de se coucher le soir. Aussi difficile que cela puisse te sembler maintenant, la vie va reprendre son cours et le temps effacera les larmes… Ça sera toujours douloureux, mais on vit avec, après un certain temps ». C’était comme ça que j’avais vécu mon deuil, du moins. J’avais passé des jours sombres, difficiles, et puis la lumière était réapparu. « Il ne me reste que nous, Zola... Si tu me quittes... » Je l’entourai de mes bras, presque ému par ce qu’elle me disait là. J’étais touché, car il n’était pas dans sa nature de se montrer si… fragile, presque, dépendante. Mais non, nous serions toujours là. Ça avait toujours été nous, face au reste du monde. « Pas possible, Kenzo. On reste toujours, nous, Kenzo. Dans la tempête, tout le temps. C’est nous, ça l’a toujours été et ça le sera toujours » J’attrapai sa main entre les miennes et l’embrassai sur le front. « Promis ». Je me raccrochai à cette idée toujours plus fort.
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Jeu 3 Aoû - 16:13 par Kenzo A. Armanskij
Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
Zola & Kenzo

Hammersmith, Mai 2017 ✻✻✻ La peur me prenait au ventre, elle me paralysait, m'empêchait de réfléchir logiquement. La frustration, je l'avais toujours connu. Pendant quinze ans, j'étais restée silencieuse. Pendant quinze ans, j'avais cherché du réconfort que je n'avais rencontré que tardivement. Au collège, elle était arrivée et avait découvert chacun de mes secrets. Elle avait su me faire parler même quand je n'avais pas la force de me tourner vers Zola. Et puis il y avait eut la maladie, et tout s'était enchaîné si vite. En un rien de temps, elle était devenue fragile, inestimable. Je m'étais promis de ne jamais la perdre, de ne jamais l'abandonner mais elle avait fini par partir. Emmenant avec elle toutes mes promesses. Je m'en voulais. Je m'en voulais de ne pas avoir su la retenir alors qu'elle avait été là pour réparer mon coeur. Cet échec, je n'étais pas certaine de m'en relever. Qu'importe l'envie et la volonté, il resterait là, dans un coin de mon coeur. A me rappeler que j'avais condamné celle qui m'avait sauvé la vie. Un instant, j'avais songé à la suivre, à la retrouver. Mais je ne pouvais plus partir. Je ne pouvais plus accepter d'être faible et imprévisible car j'avais fait d'autres promesses. Celles de rester à jamais auprès de Louis, et de Zola. En partant, elle s'était convaincue qu'on se porterait mieux sans elle. Mais elle n'avait pas réfléchit aux conséquences. Comme moi, ce jour là, dans cette baignoire. Je séchais mes larmes et relevais les yeux vers Zola. Je voulais m'enfuir. Je voulais tourner dos à mes responsabilités et ne plus faire semblant. Ces derniers mois, je m'étais mis à croire que tout finirait par s'arranger. Qu'un jour, je serai véritablement heureuse et que les plaies du passé allaient finir par se refermer. Mais je m'étais fourvoyé, j'avais espéré trop vite. Trop fort. Elle était devenue mon sacrifrice. A contre coeur, j'avais fini par lui annoncer mon déménagement à venir. J'avais su, à cet instant, que quelque chose se brisait. La fin de notre jeunesse, la fin de nos années de galères commune. Après m'avoir guidé des années entières, nous avions compris qu'elle n'avait plus rien à m'apprendre. En devenant mère, je m'étais assumée. J'avais grandit, j'avais enfin assumé mes responsabilités. J'étais assez mature pour prendre les bonnes décisions. Mais je ne m'étais pas doutée que c'était à moi désormais de la guider. Et tout était allé si vite. Je regardais le carton renversé en reniflant doucement. Un silence glacial régnait dans l'appartement. Il était temps que je fasse mon deuil, mais je ne le voulais pas. Je ne voulais pas regarder l'avenir et m'y voir sans elle à mes côtés. Il y a dix-sept ans, j'avais accepté qu'on abandonne, et j'avais pris la main que me tendait ce petit garçon sous cet arbre. Aujourd'hui encore, ce même petit garçon me tendait la main, m'invitait à le suivre qu'importe le coût. Il demandait ma confiance, mais j'avais trop peur de lui accorder, une seconde fois. Parce qu'il avait fini par m'abandonner lui aussi. Il avait cessé de comprendre, il avait été mes démons comme mon remède. Parce qu'il y a quinze ans, je ne m'étais pas doutée que je perdrai définitivement ma soeur. Plus un coup de fil, plus une visite. Plus rien. Suzon était partie et je n'avais pas cherché à la retenir.
Mais Zola s'était battu pour moi. Pendant six ans. Il m'avait prouvé la pureté de ses sentiments, et sa loyauté à toute épreuve. Mais je n'y croyais plus. Je ne croyais plus aux belles paroles et aux gestes venant du coeur. Je ne croyais plus en l'amitié ni même en l'amour car aucun des deux n'avait su retenir tout ceux que j'avais un jour perdu. Zola en faisait parti. Malgré tout l'amour que je lui portais, j'étais partie en pleine nuit, car plus rien n'était en mesure de réparer les pots cassés. Nos coeurs brisés. Nos âmes mêlées et entrechoquées. La boule au ventre était revenue. Elle me tiraillait les entrailles, et pesait lourdement alors que je tentais de reprendre un peu d'oxygène. Son nom, l'incertitude. L'incertitude de chaque décision, de chaque mouvement, de chaque pensée. Je n'étais plus sûre de rien, ni même de moi-même. De ce que je désirais au fond de moi. Elever Louis, était-ce un choix au final? Retrouver Zola l'avait-ce été ? Lorsque j'avais vu notre enfant dans ce parc, tout avait changé. Le monde entier s'était retourné et je m'y étais sentie connectée. J'avais compris qu'il était temps d'oublier le passé et d'avancer. Mais je commençais à croire que je m'étais seulement accroché aux fantômes de notre adolescence. A ces jeunes épanouis dans leur bulle et innocents que nous étions à l'époque. Nous débordions d'amour, et d'envie de partager. Nous nous étions tout donné et je n'aimais pas cette sensation d'avoir déjà tout conquis. La passion n'était plus là. Je regardais longuement Zola. Il était celui sans qui je n'étais pas entière, il était une partie de moi-même. Mais ce n'était plus pareil. Rien n'était plus pareil. Il reprit la parole, et je l'écoutais attentivement. Un sourire s'afficha au bord de mes lèvres et je renifle doucement. J'attrape ses doigts entre les miens et les sers doucement. Après tout ce temps, il trouve encore les mots justes. Ceux qui me touchent au fin fond de mes entrailles. J'humecte mes lèvres en silence et hoche la tête. Le décès de Madame Monroe en avait retourné plus d'un. Je me souviens encore avoir entendu la voix de mon amour au téléphone, tremblante, faible. Son décès m'avait boulversé. Elle m'avait accueillit comme son propre enfant. Sa seconde fille. J'avais passé de nombreuses après-midi à l'aider à cuisiner un repas au domicile Monroe. Avec tendresse elle m'avait raconté les premières années de son aîné et toute la fierté qu'elle portait à son égard. Qu'importe ce qu'en disait Charles. J'avais eut peur pour Zola à cet instant. J'avais eut peur qu'il n'y survive pas, et il avait bien failli en mourir de chagrin. Mais comme moi, il avait survécu. Comme nous le faisions toujours, il s'était relevé. J'en étais capable, mais je ne voulais pas avoir à faire l'effort. J'en avais déjà trop fait des putains d'effort. En vingt-cinq ans d'existence, tout ce que j'avais obtenu j'avais du le mériter. J'avais du me démener. Pour quitter le quotidien insupportable de mon domicile familial, pour supporter les pertes et les galères de la vie, pour vivre, tout simplement. J'avais de frêles épaules, et elles avaient déjà bien trop supporté. J'avais trop enduré. J'étais fatiguée, fatiguée de prouver ma force au monde entier pour y trouver ma place. Pour y trouver un sens. Mon seul point d'encrage était tangible. Il avait déjà cédé, une fois. Mais la peur de perdre Zola était la plus grande de toute. Elle l'avait toujours été. J'en avais fait les frais, j'avais vu ce que je devenais, sans lui à mes côtés. Cette fois ci, elle n'allait pas être là pour me relever. Cette fois-ci, j'allais sombrer. Mais comme toujours, Zola fit preuve d'un optimiste sans borne. Il me prit dans ses bras et je m'y blottis. Mon coeur se calma à proximité du sien. Je fermais les yeux et respirais doucement tout en l'écoutant me promettre de ne jamais me quitter. Je voulais y croire. Mais le danger, c'était que je le quitte à nouveau. A force de ne plus croire en notre amour. Le danger, c'était que je fuis à nouveau. Que je sois à nouveau cette tempête; cette furie que rien ni personne ne peut raisonner. Je n'y avais pas le droit. Ce dont j'avais manqué toute mon enfance, je l'avais enfin trouvé. Une famille. Des liens sanguins sur lesquels compter, dont je ne pourrai jamais me défaire. Zola était mon sang, ma chair tout autant que Louis. Dans cette immense univers, nous avions été façonnées comme âmes complémentaires. Il était le ying de mon yang. L'enfer de mon paradis. Le soleil de mes nuits. Nos prénoms, assemblées, semblaît être un remède à toutes les blessures. Nous étions destinés à nous aimer, mais pas à nous détruire. La vie avait fait basculé le rêve en cauchemar. Elle avait fait ressentir nos pires instincts, nos pires vices. Le mirage était brisé. Nous avions compris qu'il nous était impossible de nous défaire l'un de l'autre. Je ne voulais plus être enchaînée au destin, je voulais aimer. Sans douter. Sans me poser de questions. Je reniflais à nouveau et m'éloignais de Zola. Je ramassais le carton, et commençais à tout y remettre. Puis je l'amenais jusqu'au comptoir de la cuisine. Je soupirais, en regardant Zola qui lui aussi s'était relevé. Je n'avais pas répondu à sa promesse. Non, ça n'avait pas toujours été nous contre le monde entier. A certains moments, nous nous étions perdus, à certains moments, nous n'y avions plus cru, tous les deux. Je ne voulais pas l'encourager dans cette croyance stupide. Nous n'avions pas la force d'affronter le monde, car c'est à peine si nous avions celle d'y survivre.   « Arrêtes, Zola. Ca fait presque vingt ans que tu me sors cette connerie. » Je tournais la tête vers lui, un peu plus dure. Il ne m'aidait pas à croire en ces foutaises. Ces nuits là, contre ce poteau à moitiée nue, c'était moi et moi seule contre le monde entier. Dominée sur le plan de travail dégueulasse d'un client, c'était encore moi. Seule dans cette baignoire à me tailler les veines, c'était toujours moi. Avec énervement, je commençais à ranger correctement les affaires dans le carton pour pouvoir le fermer, sans y parvenir. Je finis par poser violemment ma main sur le comptoir et lançais hystérique :   « Tu l'aimes notre vie? Tu l'aimes tout boulot? T'es prêt à vivre comme ça jusqu'à la fin de tes jours? A accepter sans ouvrir ta bouche? » Peut-être était-ce cela finalement, notre plus grande douleur. Au fond, nous n'avions rien choisi. Nous avions juste pris et accepté les évènements que la vie nous avait imposé. Nous n'avions pas choisi de nous aimer, c'était arrivé comme ça. Tout comme le fait d'être parents. Tout comme ces hasards et retournements de situation qui nous ont mené jusque là. Dans cet appartement vide. Coincé entre le passé, et l'avenir. A ne plus savoir quel chemin emprunter, quelle main attraper, quelle personne aimer.
✻✻✻
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Mer 16 Aoû - 15:47 par Zola Monroe

parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
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Je m’y accrochais. Encore, et toujours, presque comme un forcené. Je me raccrochais à cette idée d’éternité parce que c’était elle qui me faisait tenir le coup, quand les choses se compliquaient. Parce qu’elles se compliquaient toujours, entre Kenzo et moi. Il y avait des hauts, des hauts formidables, des périodes où je ne pourrais me sentir mieux, mais il y avait aussi des bas, beaucoup de bas. Des bas qui avaient parfois duré des mois, par le passé. C’était cette idée qui m’avait aidé quand rien n’allait, qui m’avait empêché de perdre complètement espoir à Manchester. C’était la pensée que j’étais peut-être en train de foutre en l’air ce concept d’éternité qui m’avait poussé à mettre un terme à mon alcoolisme, qui m’avait aidé à combattre plus férocement mes vieux démons et mes addictions. C’était l’idée que Kenzo et moi, ça serait pour toujours. Ça pouvait paraître con, et surtout incroyablement naïf. J’avais pourtant pas l’impression d’être aucune de ces deux choses. Con, ouais, je pouvais l’être, j’en étais conscient, mais certainement pas naïf. J’en avais trop vu dans cette vie pour l’être. Et malgré tout, j’en étais persuadé, j’étais certain que Kenzo et moi, ça s’arrêterait pas du jour au lendemain. Il pourrait nous arriver n’importe quoi dans le futur, et peut-être qu’un jour nous allions rompre, une nouvelle fois, mais au final, il y aura toujours quelque chose qui fera que nos chemins se recroiseront. Ça nous était déjà arrivé, ça se produirait de nouveau. Et puis, il y avait Louis. Louis qui avait tout bousculé dans nos vies, bouleversé tout ce que j’étais et ce que Kenzo aussi était. Nous n’étions plus pareils depuis sa naissance, tout comme nous étions encore différents après sa perte. Et nous n’étions plus les mêmes non plus depuis son retour dans nos vies. Nous avions changé ensemble et nous étions encore et toujours tous les deux. Louis était ce qui nous unissait et qui unirait pour la vie, et ce quels que soient les chemins que nous serions amenés à emprunter. C’était peut-être cela que j’aimais le plus, chez ce gosse. Le fait qu’il soit le plus merveilleux lien qui puisse exister entre Kenzo et moi, bien plus que toutes ces conneries de voeux et de mariages. Louis était notre amour incarné dans le plus adorable des petits garçons. Alors la réponse me vint rapidement quand Kenzo me confiait ses craintes. Non, je ne la quitterai pas. Je ne la quitterai plus jamais. C’était simple : nous, c’était pour toujours. Ç’avait toujours été ainsi. Depuis que nous étions gosses, c’était elle et moi, et souvent contre le reste du monde. Contre nos proches, contre mon père, contre ceux qui avaient voulu nous éloigner, ceux qui avaient voulu nous enlever notre chair, contre mes démons. Nous contre eux, et ç’avait toujours fonctionné. Bien sûr, ce chemin n’avait pas toujours été facile, et nous avions parfois abandonné, parce que oui, l’amour n’était pas censé être un combat permanent, éreintant. Il y avait eu des moments où nous n’y avons plus cru, moi le premier, et où nous avions cessé de nous battre. Mais ça n’avait pas fonctionné. Je le disais sans crainte et sans honte, j’étais incapable de vivre sans elle. Je ne savais pas vivre sans elle, peut-être parce qu’après tout, je n’avais jamais vécu sans elle. Jamais, excepté ces quelques mois que nous avions passé loin de l’autre, quand j’étais à Manchester. Des mois d’enfer, certainement. J’avais connu d’autres femmes, d’autres expériences, mais rien n’était comparable à ce que Kenzo était pour moi. Je lui faisais une promesse, qui en vérité était dite depuis longtemps : c’était pour toujours. Même si nos chemins devaient se séparer à nouveau… C’était cela que je craignais, en vérité. Qu’un jour nous n’implosions, que nous nous détruisions. Que nous reproduisions nos erreurs passées, que nous en revenions à nous faire du mal. Je savais que Kenzo le craignait aussi. Rien n’était simple ; ça ne l’était jamais, avec nous, de toute façon. Notre relation était aussi forte qu’elle était fragile, abîmée. C’était un fil que l’on avait trop tiré, et j’avais souvent peur que tout craque, se fissure, que tout ne m’échappe.

« Arrêtes, Zola. Ca fait presque vingt ans que tu me sors cette connerie. » Les mots frappèrent, durement. J’étais décontenancé par le changement d’attitude qui venait de s’opérer. Quelques instants plus tôt, Kenzo semblait si fragile, si pleine de doutes ! Comme d’habitude, je n’avais pas su trouver les mots pour la calmer. Comme d’habitude, nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes. Kenzo se montrait souvent réticente à cette idée d’éternité, celle qui me plaisait tant. Mon coeur se mit à battre plus fort, alors que je ressentais soudainement une grande lassitude. C’était toujours pareil, au final, et cela me fatiguait. Je me battais et j’espérais, comme un con, alors qu’elle doutait, toujours. Elle doutait de moi, elle doutait de nous. Elle ne croyait pas en nous, surtout, alors que moi, j’aurais pu parié sur ma vie. Elle doutait de nous ! Comme si la vie ne nous avait pas prouvé, à tant de reprises, que nous finissions toujours par nous retrouver. « Tu l'aimes notre vie? Tu l'aimes tout boulot? T'es prêt à vivre comme ça jusqu'à la fin de tes jours? A accepter sans ouvrir ta bouche? » La page qui refusait de se tourner, ce passé que nous ne parvenions pas à oublier. Toujours les mêmes rancoeurs qui revenaient, encore et encore, et nous, comme pantins de tous ces évènements passés, incapables d’avancer. J’étais blessé par sa réaction, blessé qu’elle n’apprécie pas comme moi ce que nous avions. La vie avait pu se montrer chienne avec nous, et pourtant je me sentais simplement heureux, heureux de pouvoir être avec elle, de pouvoir retrouver Louis, bientôt. Mais ça n’était pas suffisant pour elle, de ce que j’en comprenais. « Si j’aime mon boulot ? Si j’aime mon boulot, vraiment ? » lâchai-je avec colère. « Je le déteste mon boulot, Kenzo, et tu le sais, tu le sais très bien même ! Je le fais pas pour moi, ce putain d’taf qui m’bouffe et qui m’plaît pas, je le fais pas pour moi ! J’le fais parce qu’il y a quelques mois, t’es venue m’chercher et tu m’as dit de me bouger le cul. J’l’ai fait, et c’est tout. Je m’en plains pas, parce que c’est ce qu’il faut faire » Je m’emportai. Je m’emportai mais je trouvais ma colère légitime. « J’aime pas ce que je fais, et si j’ai un jour l’opportunité de faire autre chose, je le ferai. J’accepte pas sans broncher, Kenzo, mais faut savoir faire des concessions, parfois. Parce que tout c’que j’veux, moi, c’est pas compliqué : toi, moi et Louis. Nous trois, un toit sur la tête et de la bouffe dans nos assiettes ». J’étais agacé, profondément blessé, aussi, parce que ce que je voulais n’était pas ce qu’elle désirait. « C’est pas ça que tu veux, Kenzo ? C’était pas cette vie que tu aimerais ? » Je me retournai brutalement et donnai un violent coup de pied dans le mur. Cette foutue colère que je renfermai comme une boule au fond de moi, et qui explosait d’un coup. Kenzo ne la méritait pas vraiment, mais il avait suffit de quelques paroles pour que tout cela resurgisse. Mes doutes, mes peurs. Elle avait mit le doigt sur ce qui me faisait souffrir. Non, je n’aimais pas ma vie, actuellement. Je n’aimais pas vivre dans la peur de la perdre, elle ou Louis. Je n’aimais pas mon taff non plus. Et je me détestais, je détestais devoir vivre constamment sur le fil, de savoir qu’à la moindre erreur, qu’au moindre moment d’inattention, mes anciens problèmes, mes addictions, pourraient revenir au grand galop et nous faire tous tout perdre. Je détestais tout cela. Et pourtant je continuai, sans broncher, juste parce que je savais, ou du moins j’espérais avec tant de ferveur, que demain la vie serait plus simple, que demain Louis nous reviendrait et que nous serions heureux, encore, et pour longtemps. « On se bat, Kenzo, c’est comme ça. On se bat depuis toujours, mais bientôt ça s’arrêtera. Louis sera avec nous ». Je lui lançai un dernier regard, puis j’attrapai ma veste d’un revers de main. Sauf si elle comptait me retenir, je n’avais plus rien à faire ici. Je n’avais plus la force de me bagarrer avec elle, pas ce soir, pas quand nous étions si près du but.
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Jeu 24 Aoû - 15:27 par Kenzo A. Armanskij
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Hammersmith, Mai 2017 ✻✻✻ Désormais, j'avais tout. Tout ce que j'avais cru perdu, révolu. Inatteignable. J'avais récupéré Zola, et j'étais sur le point de récupérer Louis. Mais ce n'était toujours pas suffisant , ce n'était pas ce que je voulais au fond. Je ne omprenais pas le sens de ces acquisitions parce qu'il me manquait encore quelque chose pour en profiter pleinement. Je ne vivais pas, j'existais. J'acceptai les épreuves de la vie sans chercher à les éviter. Je n'aimais plus Zola comme avant et visiblement, lui aussi avait oublié ce que c'était d'aimer. Comme de nombreux couples, nous avions oubliés d'être des amants. Nous étions devenus des parents. Nous vivions désormais pour Louis, mais pas pour nous. Et je ne le supportais pas. Je ne supportais pas d'être ainsi si peu mettre de mon destin. Je voulais sourire du lever au coucher, sentir mon cœur s'accélerer au contact des bras de Zola autour de mon corps frêle. Je voulais m'endormir paisible et ne plus réfléchir à comment agir. Je voulais vivre, respirer, profiter. Et pourtant, tout était dur. Tout semblait être une épreuve à traverser, à braver. Mais la lumière qui se dessinait au loin, je ne l'atteignais jamais. Mon cœur était resté trop sombre, trop brisé. Zola était toujours là pour me remonter le moral, pour me souffler les bons mots et calmer mes élans. Mais jamais je n'apaisais les siens. Il n'était jamais serein car je ne le lui laissais pas l'occasion de l'être. Je m'étais forcée à grandir, et je l'avais forcé, lui aussi, à grandir. Cet éclat dans son regard s'était éteint, tout comme la flamme de notre amour. Et il n'y avait personne pour comprendre. Personne d'autre que Julian. Pourtant, il était celui qui mettait en péril ma relation avec Zola. Il était celui qui mettait toujours l'accent sur ce qui n'allait pas. Mes battements de cœur étaient pour lui, car je le savais interdit. Et je ne l'aimais pas. Je ne l'avais jamais aimé comme Zola, mais c'était plus facile à ses côtés. C'était plus facile d'être faible, c'était plus facile de rejeter la vie et de faiblir car je savais qu'il serait là pour me ramasser à la petite cuillère. Je ne croyais plus en rien. Je ne croyais plus en notre amour, ni même en notre relation car trop longtemps elle avait été ma plus grande souffrance. Comment reprendre sa vie et ne plus avoir peur ? Chaque surprise était suivie d'un malheur. Louis était revenu, mais Alexandra était partie. Que fallait-il encore que je vive pour être sereine ? Pour ne plus craindre de perdre ce que j'aimais ? J'avais beau tenter de voir plus loin, un mur immense se dressait à l'horizon. Je n'avais plus les clefs du bonheur, j'en avais perdu le chemin, l'idée. Je regardais Zola, avec dureté et les mots sortirent sans que je puisse les contrôler. La boule de feu était brûlante, et elle n'était prête qu'à une chose : éclater. Zola connaissait mes colères, il connaissait ma rage. Mes peurs. C'était un cercle vicieux. Nous finissions toujours par revenir au point de départ. Il n'y avait pas d'échappatoire et pourtant j'avais longtemps lutté pour en trouver l'issue. Zola hurla à son tour, et malgré moi, un sourire apparut au coin de mes lèvres. C'était cette rage et cette passion qu'il nous manquait. C'était cette colère qui guettait et n'éclatait jamais. Encore une fois, j'avais raison et je le forçais à voir les choses telles qu'elles étaient. Ses mots me rassurèrent dans un sens. Je n'étais pas dans l'erreur, je n'étais pas en plein délire. Nous étions tous deux malheureux, malgré cette petite famille que nous tentions de reconstruire. Nous luttions pour le même confort, mais nous n'avions jamais pris le temps de nous retrouver. De nous aimer à nouveau. Tout du long de sa prise de parole, j'étais restée silencieuse. Son coup de pied dans le mur me fit sursauter. Enerve toi mon amour, fais sortir toute cette rage. C'est ce que je veux, c'est ce que je souhaite. Lorsqu'il eut fini, je m'avançais vers lui en silence et posais mes mains sur ses joues avec douceur. Je collais mon front au sien et soufflais : « Non Zola, ce n'est pas ce que je veux. » Je soupirais doucement et fermais les yeux. J'embrassais doucement ses lèvres et le regardais, mes bras autour de son cou. « Je veux qu'on s'aime comme avant Zola. Je ne veux pas qu'on se sente obligés de faire tous ces efforts, je veux qu'on le désire... » La maturité nous avait gagné, mais la passion nous avait quitté. Nous nous épuisions tous deux à la tache sans jamais prendre le temps de profiter de ce que nous avions obtenu. Je caressais doucement sa joue et embrassais la commissure de ses lèvres, puis sa joue, et enfin son cou. Je m'y blottis et y respirais bruyamment. Ce n'était pas sensé être si douloureux. Je m'éloignais et il en fit de même. Il ajouta quelques mots, mais je n'y croyais pas. Il prit sa veste et me tourna le dos. Ne me tourne pas le dos. Ne me fuis pas, encore une fois. Ma douceur s'envola et je le suivais à pas lourd. J'attrapais la veste qu'il venait de prendre et la jetais au sol. Je lui fis face et déboutonnais sa chemise avant de la faire tomber sur le sol. Mes mains vinrent rencontrer sa peau, et je caressais doucement son torse. Je la plaquais contre le mur. Je l'embrassais avec envie et je le sentis resserrer son étreinte autour de moi. Cette folie, cette haine, c'est ce qui nous réunissait désormais. Toujours les mêmes rancœurs, toujours les mêmes douleurs. « Ne me tourne pas dos Zola. » Je le regardais avec colère et fis glisser mon haut sur le sol. Je me collais à lui et lui glissais à l'oreille. « Je veux que tu m'aimes Zola. Comme tu m'aimais avant Louis... » Les larmes aux yeux, je le regardais, presque suppliante. Je ne lui demandais plus de se battre pour Louis, mais de se battre pour nous. Pour moi. Pour ce qui demeurait encore perdu aujourd'hui.
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# Re: Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
message posté Dim 17 Sep - 23:56 par Zola Monroe

parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies
kenzo armanskij & zola monroe
Elle m’avait fait perdre mon sang-froid. Pas que ce soit difficile, bien au contraire. Je m’étais habitué au fait d’être impulsif. J’avais longtemps lutté contre ce sale trait de caractère, contre cette espèce de colère toujours ancrée au fond de moi et qui parfois resurgissait brutalement - j’avais lutté avant de me rendre compte que je n’y pouvais rien. Une broutille et j’étais parti pour des heures, parfois. Kenzo m’avait fait perdre mon calme, calme que j’essayais tant bien que mal de conserver depuis l’instant où j’avais senti la conversation tourner. Non, non, Kenzo. Nous n’étions pas venus là pour nous disputer, pas encore une fois, pas après le départ d’Alexandra. Nous étions trop blessés pour avoir une discussion, ou même une dispute, qui soit un minimum sensée. Et pourtant, voilà que ces mots m’avaient mis hors de moi, ou pas loin. J’étais agacé, parce qu’elle n’avait pas les mêmes idées que moi. Elle n’avait pas la même vision que moi de ce que devait être notre avenir - et bien qu’elle ait mis le doigt sur ce qui n’allait pas entre nous ces derniers temps, sur ce que j’essayais de fuir et de ne pas regarder depuis des mois, je me sentis soudainement bien seul. Seul, comme si je réalisais soudainement que j’étais le seul sur la barque à ramer contre le courant. Parce que c’était bien ça, c’était bien ce que je faisais depuis des mois, voire des années ; je ramais. Je tâchais de m’en sortir depuis des années et de m’en sortir malgré toutes les merdes qui avaient pu me tomber dessus, je me battais constamment, à chaque minute, contre moi-même, contre mes vieilles obsessions, mes vieux démons qui sans cesse menaçaient de tout faire chavirer. Je me battais constamment pour ne pas claquer la porte au nez de mon père et l’envoyer se faire foutre, pour ne pas lui dire qu’il n’avait rien fait de bon pour moi dans la vie à part m’offrir ce job de merde que je détestais, et pourtant, malgré toute cette haine, viscérale, grandissante, brute, que je conservai en moi, je serrais les dents. Je serrais les dents pour ne rien dire, pour continuer d’avancer en gardant ma grande gueule fermée. C’était pour Kenzo que je faisais tout cela, toujours et encore pour elle, pour atteindre ce but dans la vie que nous nous étions fixé il y a des années. Parce que je n’oubliais pas, moi. Je n’oubliais pas ce pour quoi nous nous battions : pour être réunis, enfin, pour gagner ce combat depuis trop longtemps engagé pour récupérer notre fils, la chair de notre chair, dont l’enlèvement nous avait brisé, il y a de cela trop d’années. Je n’oubliais pas, et j’avançais comme un acharné contre vents et marées. Je continuais de ramer malgré les galères et les difficultés, mais aujourd’hui, et en quelques phrases, Kenzo venait de me faire réaliser que depuis tout ce temps, j’étais seul à me battre. Elle ne voulait pas ce que je voulais, et me blâmait pour tous les sacrifices que je faisais. Ouais, je faisais l’impasse sur mon bonheur, je mettais une croix sur celui-ci, sur mon petit bonheur égoïste, je faisais une croix sur ma carrière, et je vivais en me raccrochant uniquement à elle et à ce qui nous unissait, notre fils. Et elle me blâmait pour cela à travers son regard brûlant, elle me blâmait de ne pas être assez heureux, elle me blâmait de me raccrocher désespérément à l’espoir qu’un jour, enfin, tout cela cesserait, et que nous serions heureux. Parce que ce bonheur d’être enfin réunis, ensemble pour toujours, putain, c’était tout ce à quoi j’aspirais.

« Je veux qu'on s'aime comme avant Zola. Je ne veux pas qu'on se sente obligés de faire tous ces efforts, je veux qu'on le désire... » Je ne ployai pas. Je ne l’écoutais presque pas, je ne l’écoutais plus. La rage s’était emparée de moi et faisait bouillir mon sang, me faisait perdre mes facultés. Je ne sentis pas ses baisers ni son corps contre le mien. Je ne sentais plus rien, je n’avais plus qu’une idée : m’en aller. J’en avais assez entendu, et il m’était trop insupportable, trop douloureux, de l’entendre réduit mon rêve en miette. Kenzo avait mis le doigt sur une plaie jamais soignée. Je m’étais trop bercé d’illusions, comme si tout irait pour le mieux. Parce que c’était ce que je voulais, merde. Je voulais que tout aille bien, et j’étais sincèrement convaincu que l’arrivée de Louis serait la clé de tout, la clé de notre bonheur. Je le savais, j’en étais certain, mais Kenzo ne l’était pas. Elle remettait en doutes nos efforts, elle remettait en doute mes efforts. Mes sacrifices. Je n’étais pas prêt de me calmer. Elle me faisait trop mal, me blessait trop profondément. Me poussait dans mes derniers retranchements, mettait à mal mes illusions. Blessé en plein coeur, la colère était mon seul refuge. La colère comme dernière défense, comme unique retranchement face aux attaques lancinantes de mon amour. Elle s’approcha de moi, je la repoussai. J’attrapai ma veste et lui tournai le dos pour ne plus la voir, pour ne plus voir son regard bleu que je ne parvenais plus à supporter. Je voulais m’en aller. Mais Kenzo n’était pas d’accord avec cela. Elle m’arracha ma veste des mains et l’envoya balader. Faisant preuve d’une force que je ne soupçonnai pas chez elle, elle m’attrapa et, me plaquant contre le mur, défit ma chemise. J’étais surpris, évidemment, par ce revirement de situation, mais toujours bouillonnant de rage, comme un animal blessé dont l’excessive fierté restait le seul moyen de tenir le cap, je ne réagis pas. Je me contentais de la regarder d’un regard brûlant, méfiant, colérique. « Ne me tourne pas dos Zola. » Kenzo ressera son emprise sur moi et défit son propre haut, à son tour. Elle m’embrassait, et la tête me tournait. Mes bras vinrent enlacer sa taille fine, et je devinais du coin de l’oeil ses courbes délicieuses que je connaissais si bien. Son corps familier et magnifique se découvrait devant moi. J’oscillai alors entre un désir ardent et ma rage toujours aussi présente, et je ne savais à laquelle de ces deux muses céder. « Je veux que tu m'aimes Zola. Comme tu m'aimais avant Louis... » Elle planta son regard larmoyant dans le mien, et doucement, imperceptiblement, ma colère s’adoucit un peu, juste assez pour me permettre d’articuler quelques mots sans que ma voix ne m’échappe dans un tremblement. « Tu me fais du mal, Kenzo. Vraiment. Tu me blesses ». N’était-ce pas là l’histoire de notre relation ? N’était-ce pas là tout ce que nous étions capable de construire ? Un empire de souffrance, une histoire tragique. Je posai mes lèvres sur les siennes, pensant que son contact, comme toujours, me calmerait, un peu, juste assez pour continuer.« Je veux que tu sois heureuse, mais parfois, j’sais pas comment m’y prendre ». Je la serrai un peu plus fort contre moi, mes mains descendant un peu plus bas. Dire que je l’aimais exactement comme lorsque nous avions dix-neuf ans aurait été une bêtise. Notre amour souffrait de son âge. Nous nous étions habitués à nous aimer, et il fallait juste… se battre pour celui-ci, garder la flamme intact. « Tu crois qu’on ne s’aime plus ? » demandai-je brutalement, tout en embrassant délicatement son cou. Je me posai la question, parfois. Si ce n’était pas devenu une habitude, finalement. Ou simplement de l’amitié, de la tendresse. Pourtant, j’étais sûr de moi : j’aimais Kenzo. Différemment que quand nous avions dix-neuf ans, oui, mais je l’aimais, je l’aimais toujours plus fort, de jour en jour.
hammersmith ; mai 2017
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Parfois mon sang ne fait qu'un tour parce que j'ai peur que tu m'oublies (kenzola)
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