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(Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.

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# (Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.
message posté Jeu 8 Juin - 17:55 par Juliette D. De Beaulieu
Life doesn't come with a manual, it comes with a mother

J'y ai murement réfléchi. Ce n'est pas une décision que j'ai pris à la légère. L'idée me trotte depuis l'automne dernier, alors qu'on m'a appelé depuis l’hôpital de Londres au beau milieu de la nuit. Et elle s'est faite tranquillement une place entre mes méninges, toujours présente dans mes pensées. Jusqu'à ce que j'y pense sérieusement, jusqu'à ce que ça me hante, et que je finisse par prendre ma décision ; celle d'emménager à Londres. Ça ne s'est pas fait en un jour, parce qu'à Paris j'avais des obligations. J'ai dû renoncer à mon rôle de présidente dans le club de lecture que j'ai fréquenté des années durant, j'ai cédé la place à une de mes plus proches connaissances. J'ai également dû marchander avec mon agent pour pouvoir continuer d'écrire depuis Londres. Parce que lui, ça ne l'arrange pas vraiment que je change de pays. Mais les allers-retours, je pourrais les assumer, et c'est ce que je lui ai assuré lors de notre longue conversation. Parce que je les faisais déjà avant ces trajets, dans un sens, et puis dans l'autre. Quand j'habitais à Paris et que je montais jusqu'en Angleterre pour voir Solal. Maintenant, je devrais descendre vers la ville des lumières depuis Londres, et je préfère largement que ce soit dans ce sens-là. Au final ça ne me change pas énormément. Mais qu'au moins j'aurais mon fils près de moi, je pourrais surveiller son état de santé et être là pour lui à n'importe quel moment. Mon agent ne sait visiblement pas ce que c'est que d'avoir un fils malade, voir même d'avoir un enfant tout court. Sinon, il n'aurait pas râlé ou montré son exaspération devant ma détermination à m'en aller. Il aurait compris ce que c'est que de s'inquiéter à chaque seconde qui passe pour son enfant, se demander si tout va bien et si nous ne sommes pas en train de rater quelque chose d'important dans sa vie. Je ne veux pas être cette mère absente pour son fils ; même si pour mon Solal je suis plutôt de celles qui sont hyper-protectrices et qui ne le laisse qu'à peine respirer. Mais j'assumerais ce rôle jusqu'au bout, car la peur de le perdre me ronge au plus profond de mon être ; et au final, le plus important pour moi, c'est de pouvoir me construire de nouveaux souvenirs avec lui sans avoir à le regretter plus tard.  La maladie de Solal est comme une bombe à retardement, tout aussi capricieuse et imprévisible. On ne sait malheureusement pas quand elle atteindra son apogée et qu'elle me prendra le seul être que j'ai véritablement aimé ; d'un amour sincère et pur qui n'a jamais failli un seul instant, une seule seconde, ni même du tout.

Nous sommes une belle journée de mai, et lorsque je déballe mon dernier carton, donnant avec enthousiasme un coup de pied dedans pour l'éloigner définitivement de mon champ de vision, il est environ quinze heures. Je m'assois lourdement sur l'un des fauteuils en cuir de mon nouvel appartement, soupirant de fatigue. Mon dos me fait affreusement souffrir. C'est le début de la vieillesse ma pauvre, ai-je pensé tout en renversant ma tête en arrière. Je ferme les yeux un instant, savourant le silence et la décontraction de mes muscles. Mais la journée est loin d'être fini. En vérité, le plus excitant reste à venir. Cela fait une semaine que j'ai officiellement emménagé à Londres, mais j'ai souhaité le faire savoir à Solal le jour où le dernier bibelot du dernier carton serait extrait de son papier bulle. Mon fils n'est pas encore au courant de mon arrivée dans cette ville, le Grand Brouillard comme certain l'appelle. Je lui ai déjà parlé de la possibilité que j'y emménage ces derniers mois, mais le jeune homme ne m'a pas semblé y croire avec beaucoup d'espoir. À moins qu'il ait eu envie de croire que je ne viendrais jamais m'installer à Londres. Je sais que pour lui, je suis parfois étouffante, je sousponne même que mon fils ait quitté le pays en premier lieu pour s'éloigner de mon omniprésence sur lui et ses moindres fait-et-gestes. Mais malheureusement -pour lui donc-, on ne renie pas qui on est, surtout quand on est une mère aussi angoissée que moi. Voilà pourquoi en l'espace de quelques mois, j'ai réussi à tout arranger pour pouvoir m'installer dans un appartement confortable à Brixton. Je ne suis qu'à quelques pâtés de maison de mon fils, ce qui m'offre beaucoup d'avantage, dont celui de pouvoir lui rendre visite à n'importe quel moment à présent.

C'est donc à la fois pressée et enjouée que je retire l'ensemble que je porte actuellement, confortable pour déballer les cartons, certes, mais pas vraiment le genre de tenue pour aller dehors. Et j'opte pour un chemisier blanc avec un pantalon noir taille haute, et j'enfile par dessus un blazer de la même couleur que ce dernier. Je me poste rapidement devant l'un des miroirs se trouvant dans le salon, passant ma main gauche dans mes cheveux que j'ai récemment coupé court -la semaine dernière-. C'est plus pratique pour les coiffer le matin je l'admet, mais j'ai encore du mal à m'y habituer et il m'arrive de sursauter en voyant mon reflet. Ma chevelure me manque. Je prends une grande inspiration et offre un sourire à mon miroir, puis enfile une paire de talon noir pour compléter ma tenue. J'attrape enfin mon sac-à-main et quelques instants plus tard, je suis déjà dehors.

Sur le chemin, j'allume une cigarette que je tiens entre mes doigts tremblant. Je suis toute excitée à l'idée d'annoncer à Solal que je vis à seulement quelques mètres de lui ; j'ai hâte de voir sa réaction. Il ne s'attend pas à ce que je sois sur Londres, mais la surprise risque d'être encore plus grande après l'annonce de la nouvelle. En seulement quelques minutes, j'arrive devant chez lui, juste le temps de terminer ma cigarette, de l'écraser sur le rebord d'une poubelle et de la jeter à l'intérieur. Et je sonne, tout en trépignant sur place. Un instant plus tard, la porte s'ouvre, et le minois familier de mon fils m’accueille. Sans grande hésitation je le prends doucement dans mes bras, un large sourire aux lèvres. « Mon Solal ! » me suis-je exclamée avec grand enthousiasme. Je me détache calmement de lui pour l'admirer un instant. Je passe mes mains fines sur le contour de ses joues fraîches, et ajoute « Que tu es beau ! » d'un ton enjoué, ancrant mon regard maternel dans les plus beaux yeux qu'il m'ait été donné de voir ; ceux de l'être que j'ai créé.


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# Re: (Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.
message posté Lun 19 Juin - 23:40 par Solal D. B. Fitzgerald
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Solal & Juliette De Beaulieu

Ma tête avait encore cogné le trottoir. Une crise de plus. Une énième consultation. Rien d'inquiétant. Soit disant. Comme d'habitude. Pourtant, je crève lentement. Je roulais des yeux et soupirais en me laissant tomber contre le dossier de mon canapé. J'attrapais mon téléphone et ouvrais l'application de facebook pour me changer les idées. L'échec. Je restai bloqué quelques instants sur la photo d'Alba qui venait de s'afficher : la dernière page que j'avais consulté. Je ne l'avais pas revu depuis la soirée sur la péniche. Où nous nous étions embrassés, sans limites. On était cons, je le savais. Mais je ne savais me raisonner, car j'avais trop peur de perdre Romy. L'espace d'une soirée, j'avais voulu me foutre des promesses de l'amitié et vivre rien que pour moi-même. Mais la colère de Romy avait été dévastatrice. Elle avait causé une autre chute. Et la visite à l'hôpital. Alors je n'avais pas envoyé de message à Alba. Malgré mon désir, je m'étais contenté de suivre son actualité sur les réseaux sociaux, pour la rendre un peu plus réelle. J'avais trop peur, trop peur de l'aimer et de m'en brûler les ailes. Mais la vérité, c'est que je l'aimais déjà, du moins je le supposais. Je n'étais jamais tombé amoureux, mais j'étais convaincu que quelque chose était différent avec elle. Elle m'obsédait. Chaque nuit, je ressentais ses soupirs dans le creux de mon cou. Chaque nuit, je revoyais sa bouche, son sourire, son regard. C'était insoutenable, mais tellement savoureux. Le bonheur qui s'emparait de moi en sa présence était incomparable. Elle me rendait rayonnant. Agacé je balançais le téléphone sur le canapé et soupirais en laissant retomber ma tête en arrière. Et comme je le faisais toujours pour oublier mes soucis, je roulais un joint. Lentement, je commençais à le fumer, en repensant à cette soirée, à ces baisers. Mais on cogna à la porte et je sursautais en regardant en direction de la porte, sourcils froncés. Je n'attendais personne. Et si c'était Alba? Je sentis mon coeur s'accélerer et un sourire se dessiner sur mes lèvres tandis que je posais le joint dans le cendrier. Je me levais et me précipitais à la porte pour ouvrir. Mais mon sourire resta figé, et disparut. Juliette. Elle me prit dans ses bras, déçu mais agréablement surpris je la serrai contre moi et je m'éloignais d'elle en souriant. Elle fit son inspection régulière et je souris en l'entendant me dire que j'étais beau. Comme toujours Maman. « Normal, on dit que ma mère est une déesse. » Je la laissais entrer, et refermais la porte derrière elle. Je la laissais s'installer dans le salon et tentais de cacher le joint entamé. Mais je vis son regard dessus, et un sourire moqueur apparut sur ses lèvres. Juliette la sista. La bédaveuse. Je ne m'en étais toujours pas remis. Je la laissais quelques secondes pour lui faire couler un café. Je la connaissais par coeur. Je m'en fis un à moi aussi et revins auprès d'elle. Je m'asseyais à mon tour et lui demandais surpris : « Comment se fait-il que tu sois là M'man? Tu m'avais pas dit que tu venais à Londres. J'aurai au moins pu ranger l'appart... » Tentais-je de m'excuser en balayant la pièce du regard. Je la regardais alors et reculais brusquement, choqué: « Eh mais t'es blonde! P'tain j'avais pas percuté. Ca te va bien, ça... change... » Je fronçais les sourcils. C'était une drôle de coincidence, moi qui avais du abandonner mes cheveux quelques mois plus tôt. Un renouveau capilaire. Nouveau look pour une nouvelle, comme l'émission de Cristina Cordoba que je regardais défoncé quand je vivais encore à Paris. Avec Juliette. Je souris en la regardant. Elle était si belle. Intérieurement, comme physiquement. Elle était ma déesse, elle était la femme qui m'avait mis au monde, et qui se battait pour ma vie depuis toujours. Celle qui ne m'oublierait jamais. Elle était celle à qui on allait m'arracher. Tôt ou tard.
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# Re: (Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.
message posté Mar 4 Juil - 21:29 par Juliette D. De Beaulieu
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J'ai le cœur qui bat à tout rompre. Je ne sais même pas vraiment pourquoi. C'est un mélange d'excitation et d'appréhension. J'ai une grande nouvelle à annoncer à Solal. Pas n'importe laquelle, pas une nouvelle sans importance. Une nouvelle qui va le surprendre. Dans un sens, peut-être qu'il ne sera pas totalement ravi d'avoir sa mère sur son dos encore plus souvent que d'habitude. Peut-être que l'idée que j'habite à seulement quelques pâtés de maison ne sera pas un enchantement total. Mais je me dois d'être près de lui, peu importe l'endroit où il a envie de vivre. Peut-être que ça ne le surprendra pas autant que je l'imagine ; après tout, une mère de quarante-cinq ans qui se farcit des allers-retours entre Paris et Londres au moins une fois par mois, ce n'est pas difficile d'imaginer qu'elle préfèrerait être directement sur place. Ce n'est pas une histoire d'argent dont il est question, mais d'énergie ; je ne suis pas infaillible, malgré les discours que je tenais à mon fils lorsqu'il n'était qu'un tout petit être haut comme trois pommes. Mais non mon chéri, maman est éternelle, que je lui disais. Maman est peut-être éternelle, mais Maman en a marre de prendre l'avion à l'aube parce qu'elle a reçu un appel de l'hôpital au beau milieu de la nuit. C'était une situation à retardement, et la finalité était plus que prévisible en vérité ; mais peut-être que Solal n'en avait pas conscience jusqu'ici. Et j'espère juste au plus profond de mon être qu'au moment venu il ne le prendra pas mal et ne rejettera pas cette décision.

La porte finit par s'ouvrir, et je passe l'entrée d'un pas enjoué pour prendre mon fils dans mes bras. Je remarque directement qu'il s'est coupé les cheveux alors que je passe une main dans sa nuque pour le tenir contre moi ; parce qu'après c'est le genre de chose que les mères détectent instantanément, d'où mon compliment à son égard. Mais cheveux longs, courts, rasés, Solal restera toujours le plus beau jeune homme sur cette planète. Parce qu'il est ma création, probablement la seule dont je pourrais me vanter de manière infinie sans me lasser. « Normal, on dit que ma mère est une déesse. » Je ris de bon cœur, laissant un peu plus longtemps mes mains sur ses joues et finissant par pincer l'une d'elle, un sourire aux coins des lèvres. «  Oh arrête, tu sais bien que les déesses n'ont pas de rides, elles. » Solal ferme la porte derrière nous, et je passe à l'inspection des lieux, posant mes yeux partout autour de moi. L'endroit n'a pas changé d'un poil. L'appartement est un peu en désordre, mais je n'y prête pas grande attention ; par habitude peut-être, ou simplement parce que mon esprit est bien trop occupé par le joint que Solal tente tant bien que de mal de me cacher. Ça me rappelle des souvenirs, ceux de cette soirée que j'ai passé avec lui et sa petite amie Romy. Ce soir-là n'est plus très clair dans mon esprit d'ailleurs. Mais j'ai appris que mon fils fumait des joints donc, et son ami -Vince si ma mémoire n'est pas encore défaillante- m'a même confié qu'il se droguait et que « c'est lui qui lui avait tout appris ». De quoi bien rassurer une mère initialement inquiète et lui faire avoir un arrêt cardiaque. Mais je crois que j'étais bien trop défoncée pour me raisonner cette soirée-là. Et au final, ce n'est pas plus mal pour Solal à qui j'aurais passé un bon savon devant ses amis si j'avais été dans mon état normal. J'avoue ne pas avoir tout compris à leur discussion et à ce qu'il se tramait entre eux trois, mais en tout cas si cette soirée avait été organisée dans le but de me faire comprendre que mon fils était entre de bonnes mains, ça avait été un échec lamentable.

Voyant Solal ranger le joint en question, je ne peux m'empêcher de m'exclamer sur le ton de l'ironie «  Ça va mon chéri, je crois qu'on a déjà dépassé ce stade-là, n'est-ce pas. » faisant référence à cette fameuse nuit. Le ton que j'emploie n'est pas vraiment ironique tout compte fait, mais plutôt cynique, et assez froid en vérité. Évidemment, en tant que mère, ça ne me plait pas de savoir que mon fils fume des joints, même si je ne suis pas un modèle à suivre de ce côté là non plus. Moi aussi je fume, essentiellement des cigarettes depuis l'âge de mes dix-huit ans. Et la drogue douce, j'y ai déjà goûté mainte et mainte fois ; alors qui devrais-je être pour le réprimer ? Mais je reste sa mère, et j'ai donc tout de même le droit d'avoir mon mot à dire sur les agissements de mon unique fils. Je décide cependant de ne pas en dire d'avantage à ce sujet, trop obnubilée par la nouvelle que je dois lui annoncer. Je m'assois sur le canapé, passant nerveusement mes mains sur mes cuisses. Je regarde Solal préparer deux cafés, et je souris en le regardant faire ; il est toujours plein de petites attentions envers moi, et ça me fait plaisir. Il finit par me rejoindre sur le canapé, je continue de fixer le moindre de ses faits et gestes. J'attrape la tasse qu'il me tend, l'attrapant avec mes deux mains et l'amenant doucement à mes lèvres. « Comment se fait-il que tu sois là M'man? Tu m'avais pas dit que tu venais à Londres. J'aurai au moins pu ranger l'appart... » Je bois une gorgée de mon café, sentant mon cœur s'accélérer. Trop chaud ce café. Je repose la tasse devant moi, offrant un énième sourire à mon fils. «  Oui je voulais te faire une surprise... » Ai-je commencé à dire calmement. Je me prépare à continuer dans ma lancée et à reprendre la parole, mais Solal me coupe brusquement dans mon élan. « Eh mais t'es blonde! P'tain j'avais pas percuté. Ca te va bien, ça... change... » Je lui souris à nouveau, à pleine dent cette fois. Et bien, que de compliment aujourd'hui. «  C'est vrai tu aimes ? Je les ai coupé la semaine dernière, j'ai l'impression que c'est un peu trop court, ça me fait bizarre. » Ai-je répondu en passant inconsciemment une main dans mes cheveux tout en gloussant doucement. «  Mais j'avais envie de changement. » Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours eu les cheveux longs, et bruns surtout. J'ai bien eu des périodes où ils étaient mi-longs à la limite, mais jamais aussi courts que ça. Je reprends ma tasse de café et la pose à nouveau jusqu'à mes lèvres. Puis je passe mon autre main dans les boucles de la tignasse de Solal « Je vois que toi aussi tu les as coupé d'ailleurs mon Sol, ça te dégage le visage, c'est bien. » Ai-je ajouté d'un ton doux et sincère. J'ancre mon regard dans celui de mon fils un instant, puis me concentre à nouveau sur ma tasse de café. «  D'ailleurs, en parlant de changement, je voulais t'annoncer une grande nouvelle. » Je pose le mug que je tiens entre les mains après avoir bu une autre gorgée, et pose fermement mes mains sur mes cuisses, regardant avec détermination et enthousiasme mon fils. «  Voilà... J'ai emménagé à quelques pâtés de maison de chez toi ! » Ai-je finis par dire d'une traite, un grand sourire aux lèvres et le cœur battant à cent mille.



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message posté Mer 5 Juil - 1:25 par Solal D. B. Fitzgerald
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Solal & Juliette De Beaulieu

Quitter Paris avait été mon meilleur choix. Lorsque nous avions quitté Edimbourg, Juliette et moi, nous avions laissé derrière nous le fantôme de Léopold. Nous avions accepté qu'il ne reviendrait jamais. Qu'il resterait ce vide sur les photos, ce vide dans l'appartement. La voix que je n'entendrai jamais chaque soir, celle que je ne craindrais jamais. En partant, nous avions accepté que c'était nous, contre le monde entier. Mais à Paris, je m'étais senti si dépendant d'elle. J'avais contrôlé chacun des ratés de son coeur sans en être conscient. Chaque jour, je l'avais vu de plus en plus inquiète à l'idée de me perdre. Elle s'était accrochée à moi, et j'en avais fait autant. Nous avions oublié que le monde continuait de tourner autour de nous, et qu'il ne s'arrêterait pas en même temps que les battements de mon coeur. Alors j'étais parti. Parce que c'était mieux ainsi. Parce que si même si j'avais besoin de sa présence, cette relation nous tuait lentement. Je voulais vivre pour moi, et je voulais qu'elle vive à nouveau. Et même si ma santé ne s'était pas améliorée, je me sentais mieux loin d'elle. Plus libre. Libre de ne pas faire semblant. En ouvrant la porte, je m'étais attendue à apercevoir Alba. Ce visage dont je rêvais depuis trop longtemps déjà. Le bonheur était tout proche, et pourtant, je ne parvenais pas à l'atteindre. Car j'avais trop peur. Pourtant, la peur n'existait pas, seulement dans mon imaginaire. Mais elle était trop puissante. J'avais déjà trop perdu, et si peu gagné. Elle me serra dans ses bras, comme elle le faisait toujours. Sa présence m'enleva un poids du coeur, mais en déposa un autre. Ca ne va pas, maman. Le bonheur est une chose complexe. Il semble évident dès lors qu'on en connaît les pièces nécessaire. Mais il est si instable, si brisable qu'il n'en devient jamais palpable. Autour de moi, tous les éléments sont réunis pour contribuer à mon bonheur, mais l'assemblement jure. La colle destinée à en coller les pièces ne fixe pas. Je suis cette colle, un échantillon raté. Un nouveau produit avorté. Pas terminé. Si l'une pièce venait à s'en détacher, je n'aurai plus aucune utilisé. Je disparaitrai en laissant derrière moi des vies fragmentées. Celles reliées à la mienne. Qui étais-je pour condamner ces êtres innocents? Ces êtres qui avaient fait l'erreur de m'aimer. J'affichais un sourire, comme je le faisais toujours. « Des rides? Où ça? » La beauté de Juliette s'éteindrait en même temps que moi, mais j'aimais à la retrouver toujours aussi belle, à chaque fois. Je nous installlais dans le salon, et ramenais deux tasses de café. Je tentais tant bien que mal de cacher le joint entamé mais comme toute les mères, elle le remarqua et me fit une remarque. L'air coupable, je la regardais et restai silencieux. J'étais toujours l'enfant, elle restait l'autorité suprême. Je m'asseyais sagement et la laissais trifouiller mes cheveux. Ce que je n'aimais pas, lorsqu'il ne s'agissait pas d'elle. Ou d'Alba. Curieux de connaître les raisons de sa venue, je la questionnai. Elle avait voulu me faire une surprise. Je souris et coupais court à la conversation pour parler de sa nouvelle coupe de cheveux. Je la sentis flattée et elle ma raconta son envie de changement. Je haussais les épaules lorsqu'elle me complimenta et lançais : « J'ai pas trop eut le choix... Le chewing-gum de Camille a fini dans mes cheveux et Romy a du massacrer mes cheveux pour l'enlever. Du coup voilà... Ils étaient déjà coupés lorsque tu es venue la dernière fois, mais je suis retourné chez le coiffeur depuis, c'était pas possible... » Je pris une longue inspiration et bus une gorgée de mon café. Il était brûlant, mais qu'importe. Je commençais à souffler dedans lorsque ma mère reprit la parole. Et pas des moindres. Je manquais de m'étouffer en essayant de boire une nouvelle gorgée et restai figé, le regard braqué sur le liquide noir et fumant. Juliette, à Londres. Tout le temps. Juste à côté. Je sentis mon pouls s'accélérer et la tête me tourner. Lentement et en tentant de paraitre calmen je redéposais la tasse sur la table et m'installais dans le canapé. Je me grattais la gorge et relevais les yeux vers ma mère : « Maman... » Ma voix s'évanouit dans le silence. Je fuyais le regard de ma mère quelques instants et repris, après une longue inspiration : « Tout va bien, je t'assure. Tu n'étais pas obligée de t'installer ici. Ton travail? Et les grands-parents, tout seuls à Paris.... » Ils partiront avant moi. Je l'espère. Je ne voulais pas la repousser, ni même l'accueillir à bras ouvert. Elle venait de prendre la pire décision. Celle qui finirait par nous tuer, tous les deux.
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# Re: (Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.
message posté Mar 18 Juil - 23:36 par Juliette D. De Beaulieu
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J'écoute Solal me raconter sa mésaventure qui lui a couté ses cheveux d'un sourire distrait. Au fond, la seule chose qui tourne en boucle dans ma tête en ce moment, c'est cette envie de lui annoncer que j'ai emménagé à Londres. Mais je souris, amusée par l'anecdote que mon fils m'offre. Ça me rappelle les histoires qu'il me racontait à la sortie de l'école ; lorsque je venais tous les jours le chercher à quatre heures et demi avec son goûter, et qu'il me comptait les péripéties de la journée dans la cours de récré. Cette époque me manque, celle de insouciance, où le bonheur semblait simple et à portée de main. Pourtant, quand je vivais cette vie, je n'en étais pas pour autant satisfaite. Fatiguée par mon travail de caissière, croulant sous les crédits pour offrir ce qu'il y avait de mieux à mon enfant, je ne profitais de rien. Et pourtant, j'avais tout. Un enfant que je croyais en excellente santé, et puis la jeunesse et la beauté. Mais rien ne sera plus jamais comme avant, n'est-ce pas ? Pourtant, la décision que j'ai prise, celle de vivre à seulement quelques mètres de Solal, c'est un peu une quête du bonheur perdu, pas vrai ? Je n'en ai qu'à peine conscience, mais c'est bien ce qu'il se passe. « C'est vrai que j'avais remarqué que tes cheveux étaient plus courts la dernière fois. » Ai-je commencé à répondre en me concentrant pour repenser à ma dernière visite. « Mais je n'ai pas osé te dire que ta coupe était plus qu'approximative. Je me suis dis que c'était peut-être la mode ou que sais-je. » Ai-je conclu tout en m'exclamant d'un petit rire moqueur à la fin de ma phrase. Je ne comprends pas tout aux jeunes, et à leur mode de vie. Je n'avais pas envie de passer pour une maman as-been, même si vraisemblablement, je ressemble de plus en plus à ça. J'essaye de m'intéresser à ce qu'aime Solal, mais la plupart du temps, il joue au fils renfrogné qui ne veut pas tout partager avec sa mère ; et je ne peux évidemment pas lui en vouloir, n'est-ce pas ?

Pourtant, alors que je lui annonce que j'ai emménagé à Londres, et dans le même quartier que lui qui plus est, je prend l'engagement de m'intéresser plus que jamais à la vie de mon fils. J'ai tout laissé tomber en France pour le rejoindre. Et quel genre de mère, à part une mère indigne peut-être, en aurait fait autrement ? Au fond de mon cœur, je sais que j'aurais dû prendre cette décision bien plus tôt. Solal souffre d'une maladie grave, d'une bombe à retardement. Je ne veux plus perdre une seconde et être loin de lui. Je ne suis pas aveugle ; je sais que l'une des motivations pour lui d'être parti aussi loin, c'était surtout de s'éloigner de moi. Je l'étouffais à Paris, je ne suis pas idiote. Et c'est pour ça que j'ai accepté qu'il s'en aille ; je voulais son bonheur, tout comme il voulait le mien. Mais difficile d'en faire autrement. Je ne veux pas qu'il souffre d'avantage, je ne veux pas qu'il manque de quelque chose. Qui ne voudrait pas offrir ce qu'il y a de mieux à son enfant ? Aujourd'hui, je ne suis pas sûre qu'être loin de lui le rende réellement plus heureux ; Moi en tout cas, ça ne me rend pas plus heureuse. Même à plusieurs heures d'avion de moi, Solal reste malade, Solal reste fragile. Certes, une fois parti, j'ai pu me concentrer sur mon travail, voyager au quatre coins du monde, rencontrer de nouvelles personnes. Mais tous les chemins mènent à Rome, comme on dit. Tout me ramène à Solal, parce qu'il est la seule chose auquel je tienne plus que ma vie. Il y a mes parents bien sûr, mais ce n'est pas pareil. Ce n'est pas le même amour. Et voilà qu'aujourd'hui, une fois de plus, je me retrouve devant Solal, mais cette fois avec cette grande nouvelle. Je ne repartirais plus à Paris dans les jours qui viennent. Je reste là, pour toujours. Cependant, mon sourire s'éteint doucement, alors que j'observe le regard fuyant de mon fils. « Maman... » Je savais que sa réaction ne serait pas criarde, qu'il n'allait pas sauter de joie. La nouvelle ne le réjouit pas autant que moi, j'en ai bien conscience. Pour lui, je suis un fardeau au quotidien puisque je suis sa mère après tout. « Tout va bien, je t'assure. Tu n'étais pas obligée de t'installer ici. Ton travail? Et les grands-parents, tout seuls à Paris.... » Je reprends ma tasse de café entre mes mains, et boit plusieurs gorgées. Bien sûr que si, je suis obligée de m'installer ici, dans quel monde vis-tu Sol ? Je suis d'un calme olympien, alors que je devine l'inquiétude sur le visage de Solal. Inquiétude pour mes parents, ou pour lui, je ne saurais le dire. Puis je repose le mug devant moi, et sourit doucement. « Ça fait un petit moment que j'y pensais, alors je me suis arrangée avec mon manager pour ce qui est du travail. J'écrirais mes prochains romans ici, à Londres, je lui enverrais mes manuscrits par courrier et on fera des conférences sur Skype s'il le faut. » Je hausse les épaules et jette ma main en arrière tout en exposant mes propos, comme si je balayais par la même occasion le travail de mon esprit, le cadet de mes soucis en ce moment. « Et puis j'ai trouvé un petit boulot de scénariste dans une compagnie théâtrale pour compléter mes revenus. C'est plutôt bien payé en plus. » J'hoche la tête et offre un sourire satisfait à mon fils, m'approchant plus près de lui. « Quant à tes grands-parents, ne t'en fais pas pour eux, ils vont bien, et j'irais les voir souvent. Je ferais le même trajet que je faisais pour toi, mais dans le sens inverse ! » Je n'ose pas le penser, mais mon inconscient le crie pourtant haut et fort. Ils sont en meilleur santé que mon tout petit. Loin de moi l'idée de penser que j'aurais préféré que ce soit l'inverse, mais dans l'ordre des choses, est-ce que ça ne devrait pas être le cas ?

J'essaye de convaincre Solal, dans mes mots et mes expressions que c'était la meilleure décision à prendre, et qu'il n'y a rien que je n'ai à regretter de mon départ. Mais j'ai comme l'impression qu'il ne va pas être facile à convaincre. Alors je pose doucement ma main sur celle de mon fils, refermant mes doigts autour du sien. « Sol, je sais que cette décision ne te fait pas plaisir et tu aurais sûrement préférée que je t'en parles avant... » Ai-je commencé à dire d'une voix douce et compréhensive. Je le vois bien dans tes yeux, je te connais par cœur. « Mais tu n'as rien à craindre, je ne serais pas tout le temps sur ton dos, j'ai de quoi m'occuper à Londres. » Je ressers l'emprise de mes doigts sur les siens, passant mon autre main sur l'une de ses joues. Puis je me détache de lui dans un silence, portant de nouveau ma tasse de café à mes lèvres. « Et ne t'inquiète pas, je comprends que tu aies besoin d'être seul avec tes amis, ta copine Romy, je respecterais ton intimité. » Ai-je conclu en offrant un sourire taquin à mon fils.

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# Re: (Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.
message posté Lun 31 Juil - 16:29 par Solal D. B. Fitzgerald
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Solal & Juliette De Beaulieu

J'avais passé la majeure partie de ma vie collée à ma mère. Aujourd'hui, elle me manquait, et c'était certain, mais j'avais su couper le cordon ombilical, j'avais envoyé chier Oedipe et j'étais partie. Quitter Juliette avait été la plus dure décision de mon existence, mais je n'avais jamais regretté. Car en quelques années seulement, elle s'était épanouie professionnellement parlant. Elle avait apprit à vivre sans moi, à exister par elle-même après s'être dédiée intégralement à ma vie. J'étais heureux de la voir ici, j'étais toujours heureux de la voir. J'aimais ces imprévus, j'aimais ne pas savoir quand retourner auprès de Juliette. J'aimais qu'elle débarque sans prévenir comme aujourd'hui. Mais c'était toujours à double tranchants. Car je n'allais pas bien, et je ne voulais pas qu'elle sache, Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète comme elle l'avait toujours fait. Je parlais de mes cheveux avec nonchalence, même si les couper avait été une épreuve. Romy connaissait chacune de mes faiblesses, elle les devinait avant même que je ne fasse quoique ce soit. Je n'avais pas honte d'être faible devant elle, je n'avais pas peur de pleurer pour des détails futiles. Notre amitié était là pour ça. Mais devant Juliette, c'était différent. Depuis toujours je tentais de lui faire croire que j'étais assez fort pour tout supporter, mais ce n'avait évidemment jamais été le cas. Je lui souris doucement comme pour appuyer ses paroles. Je la regardais parler, un triste sourire aux lèvres. Si tu savais dans quelle merde j'me suis foutue maman. Alba était finalement devenu le cadet de mes soucis. Alexandra avait fini par me donner de ces nouvelles, et nous avions conversé, le temps d'une semaine et demi. Elle ne m'avait pas avoué les raisons de son départ, mais elle s'était excusée, ce qui suffisait à lui pardonner ses moindres erreurs. Je savais qu'elle cachait quelque chose, quelque chose me concernant, mais je n'avais pas cherché à en savoir plus. J'avais déjà bien assez de soucis à régler. Je soupirais, tentant de ne pas attirer les soupçons de ma mère et passais une main dans mes cheveux. Mais bientôt, je manquais de m'étouffer avec ma propre salive. Ma mère avait emménagé juste à côté, comme si ce n'était pas suffisant de débarquer à Londres, il avait en plus fallu qu'elle devienne ma voisine. Je la regardais, en essayant de ne pas lui montrer ma peur et mon rejet. J'avais vingt-cinq ans bordel, Je vivais grâce aux aides, je n'avais pas d'emploi, ni même de vie stable. Mais j'avais ma vie, que j'avais choisi. Je l'écoutais tenter de me rassurer alors que tout ce que je souhaitais faire, c'était la foutre à la porte. Mais c'était Juliette, elle méritait tout mon respect. Qu'importe les situations. Je serrais la machoire et baissais la tête. Puis, comme pour me faire accepter la situation, je récupérais le joint entamé et le rallumais. Elle avait réfléchi à tout. Je n'étais pas seul ici, je n'avais pas besoin qu'on me protège, qu'on me surveille. Je manquais d'air et elle venait de percer la derrière bouteille d'oxygène. Je sentais la panique m'envahir, mais je tirais avidement sur le joint, afin de calmer mes nerfs. C'était un combat intérieur, qui ne se voyait pas à l'extérieur car j'avais apprit à faire semblant devant Juliette. Elle pose alors sa main sur la mienne : je connais ce geste, elle tente de me rassurer. Mais ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas. Avec le temps, j'avais l'espoir qu'elle se soit rendu compte de la distance à avoir entre nous. Je n'en étais plus certain, et ça me terrifiait. Ne t'accroche pas, je vais finir par partir. Et puis elle prononça le prénom de Romy et j'explosais de rire, malgré moi. Ce fut à mon tour d'attraper ses mains entre les miennes, pour réparer mes erreurs et lui éviter le choc. Je la regardais dans les yeux et honteux avouais : « Romy n'a jamais été ma copine Maman... On voulait te rassurer. J'en avais une de copine, elle s'appelait Alexandra. Elle... » Je ravalais ma salive et me levais brusquement, lâchant les mains de ma mère. Je m'approchais de la fenêtre, comme pour cacher mes émotions et ma voix tremblante et concluais : « Elle est partie, parce qu'elle sait qu'elle va mourir dans quelques semaines... » Je braquais mon regard sur celui de ma mère. C'était ça ma vie des déceptions, des départs, des regrets. Etait-elle certaine de vouloir en faire partie? Mes meilleurs amis étaient des drogués, ma vie était minable. A première vue, je semblais être le mec génial et être plein de ressources. Mais cette image cachait bien des douleurs. Alexandra n'était pas seulement partie. Non. Elle avait fait comme moi, il y a quelques années : elle s'était cachée pour mourir, seule.
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# Re: (Solal), life doesn't come with a manual, it comes with a mother.
message posté Ven 18 Aoû - 19:21 par Juliette D. De Beaulieu
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Solal et moi, nous n'avons jamais eu la même conception des choses concernant notre relation. En même temps, il est difficile d'en être autrement. Je suis sa mère, il est mon fils. Même si à Paris, j'ai eu conscience d’étouffer mon fils, le laissant à contre-coeur partir vivre sa vie à Londres, je n'en demeure pas moins sa mère. L'instinct maternel reprend toujours le dessus. Les premières années après le départ de Solal, j'ai beaucoup voyagé, j'ai reconstruis ma vie. Pour la deuxième fois de ma vie, j'ai été égoïste ; la première fois, c'est lorsque j'ai quitté mes parents pour vivre mon histoire d'amour avec Léopold en Écosse. Et jamais au grand jamais je ne pourrais regretter ce geste. Même si en soit, le père de mon fils est la pire chose qu'il me soit arrivé, c'est grâce à lui que j'ai Solal après tout. Mais peu importe ; comme je l'expliquais plus haut, grâce à ces années en solitaire, j'ai pu me reconstruire une dignité. Avant, je n'étais qu'une mère subvenant à peine aux besoins de sa petite famille. J'ai pu devenir quelqu'un, laisser ma trace sur cette planète en écrivant des livres, en recevant un prix. J'ai parcouru le monde que je n'avais jamais vu autre part qu'à travers des images, ou derrière un écran. Oui, je suis devenue quelqu'un de plus important, j'ai enfin fais quelque chose de ma vie. C'est ce que je voulais lorsque j'avais dix-sept ans. Devenir importante, avoir l'air exceptionnelle. Et dans les yeux de Léopold, c'est l'impression que j'avais. Adolescente, je n'étais rien de plus que la bonne fille à ses parents. J'avais besoin de plus, alors je me suis jetée dans la gueule du loup. Sans comprendre ce qui m'attendait. J'ai bien vite compris que je m'étais bercée d'illusion. J'y ai cru jusqu'au bout pourtant, malgré nos disputes, malgré le fait qu'on se déchirait, qu'on se consumait à petit feu. Et le jour où il est parti, je n'étais presque plus rien. Juste la maman de Solal. Rien d'autre.

Et aussi étrangement que cela puisse paraître, pendant un temps, ça m'a suffit. J'avais mon fils, son sourire qui n'était adressé qu'à moi, ses gazouillis contre mon épaule. Je me suis habituée à être comme tout le monde, chose que je ne pensais pas qui arriverait un jour. Toute ma vie, je me suis persuadée d'être prédestinée à une vie exceptionnelle. Alors ça a été dur, très dur ; plusieurs fois j'ai failli tout laisser tomber. Mais à chaque fois, j'ai retrouvé Solal le soir après le travail, et la vie reprenait tout son sens. Ma vie était simple, j'en appréciais les moindres petites choses. C'était différent de ma vie d'aujourd'hui, mais je crois que d'une certaine façon, tout cela me manque un peu. Solal pense que sa vie est mieux maintenant qu'il est loin de moi, loin de Paris. Et que la mienne est meilleure elle aussi. Mais ce n'est pas vrai. J'ai beau avoir réalisé de belles choses, des projets fous, Solal reste mon fils, une partie de mon être est placé en lui. Aujourd'hui je suis romancière, scénariste, mais je suis aussi une mère, pour ne pas dire avant tout. Et une mère doit s'occuper de son fils, peu importe qu'il n'approuve ou pas.

Je vois bien la déception dans les yeux de mon fils. J'ai beau avoir ma main sur la sienne, un sourire rassurant sur mes lèvres, je vois bien que ça ne change rien. Il est déçu, désemparé. Il se sent prit au piège. Parce que je sais qu'il aime sa vie de maintenant. Presque sans moi dedans. Mais j'ai comme cette impression ; toujours cette instinct de mère sûrement. Quelque chose ne va pas avec Solal. Il est malade, ça ce n'est pas nouveau. Mais il y a autre chose. Il se drogue. Ce n'est qu'un joint, celui qu'il allume devant moi en ce moment-même, celui qu'il a fumé la dernière fois en compagnie de ce Vince et cette Romy. Mais Solal ne fumait pas avant, quand il vivait avec moi à Paris. Ce n'est pas anodin. Est-ce que je ne devrais rien dire ? Être ce genre de mère qui laisse passer, qui se persuade que ce n'est pas grave, qui fait semblant ? Et puis, il ne me parle jamais des cours. Est-ce que seulement se rend-il en classe ? Solal a beau penser ce qu'il veut, que sa vie va devenir un cauchemar à cause de ma venue à Londres, cela m'est bien égal.

Et puis, mon fils se met à rire au moment où le prénom de Romy passe la barrière de mes lèvres. Je ne comprends pas sur le coup. J'écarquille les yeux, et fronce légèrement les sourcils. Qu'ai-je dis de si drôle ? Solal me prend les mains, j’arque un sourcil alors qu'il me regarde avec cet air ; Celui quand il a fait une bêtise. Je sais d'or et déjà que la suite ne va pas forcément me plaire. « Romy n'a jamais été ma copine Maman... On voulait te rassurer. J'en avais une de copine, elle s'appelait Alexandra. Elle... » D'accord, première nouvelle. Je me sens bien imbécile sur le coup. Tout cela n'était qu'une mascarade, et au fond, si je n'avais pas été défoncé durant cette soirée, je l'aurais probablement remarqué, n'est-ce pas ? Solal semble hésiter à continuer sa phrase, alors je caresse le côté de sa main avec mon pouce pour l'encourager à continuer. Mes sourcils se sont arqués d'inquiétude, et mon fils se lève d'un coup pour rejoindre l'une des fenêtres de l'appartement. « Elle est partie, parce qu'elle sait qu'elle va mourir dans quelques semaines... » Et puis il se tourne vers moi brusquement, posant sèchement son regard dans le mien, tentant du mieux que possible de cacher ses émotions. Mon Sol a l'air triste, et ça me fend le cœur. « Oh, Solal... » Ai-je commencé à dire d'une voix à la fois compréhensive et attristée. Dans quoi s'est-il embarqué encore. Je sais qu'il n'a pas besoin d'encore plus de souffrance dans sa vie qu'il n'en a déjà. Je me lève pour le rejoindre, et pose ma main sur son bras droit, exécutant des mouvements lents de haut en bas pour le réconforter. « Pourquoi ne pas m'avoir parlé d'Alexandra ? » Ma main dérive vers ses cheveux frisés et je caresse sa chevelure en souriant doucement. « Je n'ai pas besoin qu'on me rassure tu sais, tu peux tout me dire... Je suis ta mère après tout. » Ai-je conclue d'une voix douce et rassurante. Je veux en savoir plus à présent. Sur cette Alexandra, et sur toutes les autres choses que Solal me cache. Parce qu'à ce moment présent, j'ai la douce impression que mon fils tente furtivement de m'éloigner le plus possible de sa vie; et ça, je ne le tolèrerais jamais.


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message posté Mer 13 Sep - 17:03 par Solal D. B. Fitzgerald
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Solal & Juliette De Beaulieu

Il fut un temps où je ne répondais qu'au nom De Beaulieu. Parce qu'à l'époque, j'avais accepté l'absence de mon père comme une preuve de faiblesse. Je n'éprouvais aucun besoin de prouver mon appartenance à cette famille parce que c'était dans mes gênes. C'était inévitable. Mais désormais, j'avais laissé mon nom maternel pour celui de mon progéniteur, pour celui qui m'avait oublié, délaissé, abandonné. Je voulais aujourd'hui qu'on sache que j'existais, qu'avant ses autres enfants, il y avait moi. Et que contrairement à ce que l'on pouvait croire, il y aurait toujours moi. Une branche unique et éteinte dans son arbre généalogique. J'avais laissé le nom de ma mère, sans pour autant l'oublier. Tout comme j'avais laissé ma mère sans jamais l'oublier. Cela faisait des années que je l'avais laissé à Paris, et la liberté, je ne l'avais jamais trouvé. Certes, elle n'était plus là pour me rappeler à quel point j'étais fragile, mais tout était allé de travers. Derrière moi, je n'avais laissé que des pots cassés, des histoires inachevées. J'avais éloigné Juliette de moi car je me savais toxique. Car qu'importe mes choix, je ne faisais que stagner, au bout du compte. Parce que près de moi, elle se sentait impuissante et inutile. Elle regardait son seul enfant dépérir à vue d'oeil, et elle se laissait tomber avec lui. Je n'étais jamais parvenu à lui faire comprendre à quels dangers elle s'exposait. Mais elle n'avait jamais voulu comprendre non plus. Elle s'occupait depuis trop longtemps d'un enfant condamné, elle en avait laissé sa vie de côté. Mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir rassuré en comprenant que c'était insupportable de se savoir si loin de moi. J'avais beau tenter de l'éloigner, c'était elle et moi contre le monde entier, comme ça avait toujours été. Je n'étais pas rassuré, mais je n'ajoutais rien. Ca ne servait à rien de protester, Juliette avait pris sa décision. Et je ne voulais pas la repousser, et lui briser le coeur. Alors, je ne dis rien, tentais de chasser toutes les peurs qui m'envahissaient peu à peu. Je capitulais, comme je l'avais toujours fait. Elle me rendait plus sage et meilleur, mais je n'en supportais pas l'idée. D'être si raisonnable alors que le temps filait si vite. Pour une fois, je l'acceptais dans ma vie. Parce qu'elle ne m'en laissait plus le choix. Je lui avouais honteux la mascarade avec Romy. Non rien n'allait en vérité. Vince frôlait l'overdose, ma vie sentimentale était un champ de mine. Ma santé, un désastre. Mon père, inexistant. Mais Juliette était là, pour toujours et à jamais. Je m'éloignais d'elle, me rapprochant de la fenêtre car il m'était impossible de l'inclure dans ce que je m'apprêtais à lui dire. Alexandra était un autre échec. Je m'y étais accroché mais elle m'avait abandonné. Et j'en comprenais les raisons. Elle ne tarda pas à venir me rejoindre et me caressa le bras, puis les cheveux, comme si j'avais encore huit ans. Et j'aimais avoir huit ans avec elle. Je pouvais tout oublier. Je fuyais son regard et marmonnais : « Parce que comme pour tout, j'avais peur d'avoir trop d'espoir. T'en parler aurait rendu les choses plus réelles. » Je soupirais et chassais doucement sa main de mes cheveux. Je caressais ses doigts, pour qu'elle ne m'en veut pas de prendre cet espace et m'éloignais un peu plus, bras croisés. J'étais face à un mur. Je pouvais tout lui déballer et la détruire à nouveau, ou faire le Solal. Redevenir cet enfoiré manipulateur qui chassait toute personne de son entre. Mais elle était Juliette. Malgré tout, elle me rendait tangible, fragile, enfant. « Le problème, maman, c'est que tout foire. Wilson me bouffe la vie, et je ne veux pas qu'il te bouffe la tienne. Je suis pas heureux, je suis pas malheureux non plus. Quand je vois Romy, Vince et Camille, on est biens ensembles. Tout va bien, et ça rend le quotidien un peu moins lourd. Je sors beaucoup, j'ai pas mal d'amis, j'ai pas à me plaindre. Mais dès que c'est plus profond, dès qu'il s'agit de moi. Rien ne va plus. Je ne peux pas travailler. Je ne peux pas avoir de copine, avoir une famille parce que je suis pas Léopold. Je veux pas entamer quelque chose et tout laisser inachevé derrière. On peut espérer ce qu'on veut maman, mais je survivrais pas à ce truc... » Je pris une profonde inspiration et levais doucement le regard vers Juliette. Elle était bouche bée, tremblante. C'était dur pour elle, d'entendre les choses et de les intégrer. Je relaissais tomber mes bras et vins la prendre dans mes bras, pour la rassurer. Je la sentais faiblir dans mes bras alors je resserai mon étreinte et caressais doucement sa tête, sans la lâcher. « Je suis désolé. Je voulais pas t'inquiéter, mais puisque tu as décidé d'emménager ici, tu dois savoir. Si tu t'en inquiètes, non je n'ai pas abandonné et oui j'essaye de vivre tous les jours. Mais la vie n'est pas simple, malade ou pas. Je ne veux juste pas que tu sois malheureuse à cause de moi... » Je pris une longue inspiration et me détachais d'elle. Puis j'attrapais sa main et la fis s'asseoir dans le canapé. Je m'installais à côté d'elle, tremblant moi aussi. Parce que je connaissais la force de Juliette. Elle était bien supérieure à la mienne.
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