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♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)

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# ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Dim 11 Juin - 17:45 par Matthew J. Sullivan

♫ Anything could happen ♪
ft. Breena A. Donnelly
J’avais entendu toutes sortes de choses sur le métier de flic. A quel point c’était un métier exigent, dangereux, physique, dur psychologiquement, ingrat même. On l’entendait tellement, répété sans cesse à l’école de police, lu des dizaines et des dizaines de fois sur les réseaux sociaux, qu’on pensait y être suffisamment préparé.
Pourtant il n’en était rien. Moi, Matthew Sullivan, jeune bleu débutant, ayant fait toutes sortes de petits jobs esclavagistes pour combler les fins de mois difficiles, j’apprenais – difficilement - depuis quelques semaines, la réelle définition du mot « travail ». Une journée entière de paperasse, suivie d’une planque pendant une bonne partie de la nuit, et c’était dans un état zombiesque que je me retrouvais, l’aube à peine levée, à faire péniblement le chemin qui me restait à parcourir pour retrouver le minuscule studio dans lequel je ne faisais plus guère que dormir, tant ma vie ne ressemblait qu’à un enchaînement décousu de travail et de soirées, le plus alcoolisées possible la plupart du temps.
Je n’avais plus guère le temps de me poser devant la télé des heures durant à végéter devant des programmes toujours plus abrutissant. Pourtant, je les aimais bien ces programmes débiles, devant lesquels je pouvais poser mon cerveau et arrêter de penser. Vous savez ces programmes créés pour vous faire croire que votre vie est géniale comparée aux cas sociaux relatés et exposés à travers les émissions sensationnalistes aux musiques mélancoliques qui veulent à tout prix vous arracher une larme. Entre vous et moi, on a tous déjà regardé, tantôt pour se moquer, tantôt pour se rassurer de n’être finalement pas si lamentable qu’on le croit, non ?

Arrivé au pied des 7 étages qu’il me restait à monter pour retrouver mon chez moi impersonnel et inconfortable, je me félicitais de la tournure qu’avait prise ma vie, loin de ce que j’avais imaginé il y a encore quelques années. J’avais réussi à trouver ma voie, difficile certes, tout en gardant l’essentiel. Et à mes yeux, l’essentiel se résumait en trois mots : sorties, sports, amis.
Dans le grand bruit de multiples cliquetis et grincements que provoquaient les trois verrous prohibant l’entrée de la demeure, la porte d’entrée pivota sur elle-même, dévoilant l’espace de vie dans lequel je me mouvais depuis plus de deux ans déjà. Tout était simple et sobre : des murs blancs, dépourvus d’une quelconque décoration particulière – à l’exception sûrement des traces ci et là laissées par les précédents habitants – des meubles juste ce qu’il fallait pour ranger le peu que je possédais, la plupart récupérés auprès d’amis ou de ma famille. Je n’étais ni doué pour la déco, ni matérialiste. Et pour le peu de temps que j’y passais, mon appartement, bien que limité, me convenait tel qu’il était.

Balançant clés et veste sur le canapé, filant sous une bonne douche chaude – un « The Final CountDown » chanté à tue-tête résonnant dans la salle d’eau – qui me fit comprendre que peu importe mon niveau de fatigue, il n’était pas encore l’heure pour moi de me réfugier dans les bras de Morphée. Et dans cette situation je ne connaissais qu’un seul remède. Me dirigeant vers la cuisine - préparant pancakes, œufs brouillés et bacon – je ne pensais plus qu’à une séance de jogging qui ne manquerait pas d’achever mes dernières forces. Mais c’était ce dont j’avais besoin.

J’engloutissais mon repas en bien moins de temps qu’il n’avait fallu pour le préparer, et à peine quelques minutes plus tard, je dévalais 4 à 4 les marches du vieil immeuble du cœur de Londres, aux loyers outrageusement chers, pour rejoindre un parc non loin de là, régulièrement fréquenté par ceux qui comme moi, voulaient décompresser ou simplement prendre soin d’eux. Ou même parfois, par hasard, faire une rencontre…
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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Lun 12 Juin - 21:42 par Breena A. Donnelly


❝Anything could happen❞
Matthew & Breena
Mes journées, il n’y a pas encore longtemps, se résumaient par métro, boulot, dodo. Je n’avais plus gout à rien. La seule chose qui me faisait du bien, c’était la visite de Rhiannon avec Camille. Ma meilleure amie et ma filleule me faisaient du bien ! Elles permettaient de m’évader et de surmonter la tristesse qui remplissait mon cœur depuis maintenant six mois. Mais hormis cela, rien d’autre ne me donnait envie. Ni la lecture, ni les films, ni la cuisine. Il y avait une chose positive dans mon malheur, je n’étais plus un zombie. Je pense que le fait d’avoir repris le boulot, me faisait du bien. Passé ma journée au musée, m’aidait à me changer les idées, à m’occuper l’esprit. Pendant ce moment, je ne pensais pas à Aleksi, ni au fait qu’il me manquait énormément.

Je ne savais pas si c’était l’effet Camille, mais peu de temps après que ma meilleure amie m’ai demandé d’être la marraine de sa princesse, j’avais recommencé à reprendre encore plus du poil de la bête. Les bouquins qui ornaient ma bibliothèque, ne faisaient plus office de décoration, ni ne prenaient la poussière. J’avais recommencé à lire et ma passion revenait petit à petit. Tout comme celle qui concernait la cuisine, j’avais recommencé à faire des pâtisseries, autant pour mes proches que pour mes collègues au musée. Bref, la Breena d’avant était de retour. Même si il y aurait encore des moments où je ne serais pas au top. Je savais que la vie continuait et que je devais avancer, mais j’allais devoir aussi apprendre à vivre sans celui que j’aimais.

Bon faire des pâtisseries, c’était bien, mais à chaque fois, je me sentais obligée de les manger ! Si mon morale me remerciait, ce n’était pas le cas de ma balance !!! Moi qui adorais faire du sport, pour me tenir en forme mais aussi pour garder la ligne, même si ce n’était pas une obsession, je ne faisais plus rien. Et comme, je ne souhaitais pas avoir des soucis de santé, ni à la longue, ressembler à un bonhomme Michelin ! Alors je m’étais motivée, en mettant mon réveil à 07h du matin, le lendemain matin, à aller courir.

A 07h pétante mon réveil sonna, mais je ne l’entendis pas. Lorsque j’ouvris les yeux, il était aux alentours de 08h30 !

« Hé merde ! Je n’ai pas entendu ce foutu réveil ! Trop tard pour aller courir. »

Je pris la direction de la douche, m’habilla et pris un petit déjeuner avant de prendre la direction du musée où je commençais à 10h30. Ma journée se passa plutôt bien. Les groupes avec qui je fis les visites, étaient sympas et attentifs à ce que je disais. Je rentrais donc chez moi vers 17h30. Une fois chez moi, je rangeais mes affaires puis me mi à tourner en rond ! Je ne savais pas trop quoi faire ! Rhiannon qui devait passer pour diner avec moi, avait dû annuler car elle avait une traduction à rendre assez rapidement. Ce qui signifiait, pas de repas à préparer. N’ayant ni envie de lire, ni envie de regarder quoique ce soit à la télévision, je décidais de tout de même me préparer quelque chose à manger ! Une salade ferait l’affaire ! Ce fut pendant cette préparation que l’idée d’aller courir me vient à l’esprit vu que je n’avais pas eu l’occasion de le faire du matin, autant le faire ce soir non ? Mais une fois que j’eus terminé de préparer mon repas, ben vous savez quoi? L'envie de sortir m'était passée. Je m'installais donc devant la télévision et reportait mon jogging au lendemain et là c'était certaine, j'irais...

J'avais mis mon réveil à 06h30 et contrairement à la veille, je l'avais entendu. Une fois réveillée, je sautais dans mes vêtements de sport puis pris la direction de la cuisine, j'avalais un petit quelque chose et pris une bouteille d'eau. Une fois prête, je pris la direction du parc. Je savais qu'à cette heure, là, il n'y aurait pas encore beaucoup de monde.

Je n’avais plus couru depuis longtemps, je commençais donc doucement ! Je me rendis vite compte que cela me faisait du bien et m’avait manqué ! Me trouver au grand air, et me dépensé me faisaient du bien. Je courais depuis un bon quart d’heure lorsque mon pied vint percuter une pierre ! En temps normal, je n’aurais rien eu, mais là, ma cheville se tordit légèrement, rien de grave, mais douloureux tout de même.

« Ouille… »

Je m’étais directement arrêtée, mais je n’avais pas fait attention que je n’étais pas toute seule.
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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Lun 19 Juin - 18:30 par Matthew J. Sullivan

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Pour beaucoup le sport était une corvée, une tâche ingrate qu’on laisse de côté, éternellement remise à plus tard. Mes amis, s’ils avaient toujours le temps pour une soirée arrosée à coup de litres de bière, lors desquelles ils ingurgitaient leur poids en burgers, disparaissaient soudainement lorsqu’il s’agissait de se maintenir en forme. Des années et des années que je voyais, autour de moi, le désastre engendré par la malbouffe. Et alors que tous ces produits industriels, remplis de gras de sucre et de sel, étaient de plus en plus légion, ceux qui faisaient du sport, eux, se raréfiaient. La société s’était transformée de sorte qu’aujourd’hui, avoir une bonne hygiène de vie au quotidien relevait du miracle. Les tonnes de produits toxiques rejetés dans l’air, la surconsommation qui poussait les industriels à produire des produits qui n’étaient plus ce qu’ils étaient censés être, remplis de vide, de substances qu’on ne connaissait pas, contribuait grandement à augmenter la prolifération de maladies toujours plus mortelles les unes que les autres. Et si le sport n’était pas un remède miracle, il permettait au moins de ne pas aggraver les choses…

En ce qui me concernait, je n’avais besoin d’aucune motivation pour aller courir ou aller à la salle. J’avais toujours vu ça comme un plaisir, une activité – la seule – qui me permettait de me vider la tête, et de canaliser un tempérament parfois un peu trop affirmé. Quelques jours sans activité physique, et je ne tenais plus, devenant presque invivable, agressif parfois, mais surtout insupportable. Faire du sport me faisais du bien, autant physiquement que mentalement, presque comme une drogue, dont la dose me manquait parfois.

Trente minutes à présent que je faisais le tour du parc à bonne foulée, sous une chaleur qui grimpait à mesure que le soleil montait dans le ciel. Les minutes passant, le parc se remplissait d’autres coureurs, profitant que la journée soit à peine entamée – et la chaleur encore supportable – pour s’adonner à leur exercice physique quotidien. C’était l’un des parcs les plus prisés par les sportifs, mais pas seulement. On y croisait toujours du monde, la population y changeant selon les heures de la journée. Le midi, nombreux étaient les employés de bureau ou les étudiants s’y retrouvant pour déjeuner au soleil. En fin d’après-midi, on y retrouvait les pères et mères de famille surveillant leurs enfants, s’adonnant aux joies des balançoires, des toboggans, et autres jeux installés ci et là dans le parc. En début de soirée et tôt le matin, c’était les joggeurs qui s’y retrouvaient, avant ou après le travail, dans le but souvent de rechercher un peu plus de fraîcheur que le reste de la journée.

Plongé dans mes songes – comme bien trop souvent à mon goût – je remarquais à peine la jeune femme derrière laquelle je courais depuis presque 5 minutes. Pire, je me rendais seulement compte de l’endroit vers lequel pointait mon regard, et je décidais immédiatement de relever les yeux. Si j’avais toujours aimé les belles formes, ce n’était pas une raison pour la passer aux rayons X.
La seconde qui suivit, la jeune femme percuta un obstacle, manquant de tomber, sa cheville se bloquant légèrement. Elle s’arrêta immédiatement, laissant échapper un petit cri de douleur, ne me laissant d’autre choix que de m’arrêter pour m’assurer que tout allait bien. Après tout je suis un gentleman non ?

« Besoin d’aide mademoiselle ? »

Je me rapprochais d’elle, lui tendant mon bras afin qu’elle s’appuie dessus, regardant autour de moi afin de repérer un banc sur lequel elle pourrait éventuellement s’asseoir.

« Votre cheville a tourné, il doit probablement s’agir d’une foulure, rien de bien grave, mais il vaut mieux éviter de poser votre pied par terre… »


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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Mer 28 Juin - 20:59 par Breena A. Donnelly


❝Anything could happen❞
Matthew & Breena
Je n’avais plus chaussé mes baskets depuis bien longtemps. J’avais peur qu’après autant de temps sans sport, je ne parviendrais pas à retrouver mes marques, les sensations que j’éprouvais quand à l’époque j’allais courir. Mais ce qui m’effrayait aussi un peu, était que j’apprécie plus autant le jogging ! Pourtant la course à pied, s’était comme faire du vélo, cela ne s’oubliait pas. Et je l’espérais car chaque fois que j’avais l’occasion d’aller courir, cela me faisait un bien fou ! Je pouvais évacuer ma frustration à cause du boulot, les mauvaises ondes que j’avais pu accumuler, le stress. Bref c’était une très bonne manière pour évacuer ce qu’on avait de négatif en soi. Et pour moi c’était la seule manière que j’avais pour vraiment évacuer tout le négatif en moi ! Et franchement, j’en avais énormément accumulé ces derniers temps. Me plonger dans un livre ou m’occuper de ma filleule ne suffisaient pas ! J’avais vraiment besoin de tout évacuer, la tristesse, la colère, le manque de l’être aimé…

Pour moi seul le jogging était mon remède. J’avais essayé une fois d’aller en salle de sport, mais ce n’était vraiment pas mon truc, mais alors pas du tout ! Pourquoi ? Ben comment dire ? Je pouvais comprendre que certaines personnes aimaient se rendre dans ce genre d’endroit pour faire, entre autre, de la musculation. Mais ce que je n’appréciais pas de trop c’était ceux qui était bien musclé, venaient plus dans ce lieu pour pavaner que pour vraiment s’entrainer. Heureusement les salles de sports n’étaient remplies que de ce genre d’individu. Puis le peu de fois où je m’y étais rendue, j’avais eu l’impression qu’on me dévisageait, qu’on me regardait des pieds à la tête ! Bref, je ne m’y sentais pas à l’aise pour continuer à y aller. Soit au moins en allant faire un jogging, on pouvait profiter pour être à l’extérieur…

La seule chose que j’avais espérée en allant courir était de me détendre. Je n’avais pas imaginé que ce moment qui devait être agréable, allait se transformer en désastre. En effet, je venais de me tordre la cheville. Tout cela en venant percuter une pierre qui se trouvait sur le chemin. L’air de rien, cela faisait assez mal. Durant la période que j’avais couru, je n’avais pas fait attention qu’on me suivait et encore moins une fois que je m’étais blessée. Je fus donc surprise d’entendre quelqu’un me demander si j’avais besoins d’aide.

« Euh non, je crois que cela devrait aller. »

Sur ses mots, je posais mon pied à terre et voulu faire un pas, mais ce fut une mauvaise idée…

« Euh tout compte fait, je ne crois pas… »

Pendant ce temps, le jeune s’était rapproché de moi et m’avait présenté son bras pour que je puisse m’appuyer dessus. Ce geste tombait à point, sans attendre, j’acceptais son aide ! De plus il avait raison, poser mon pied n’était pas une bonne idée.

« Merci. Vous avez raison, ce n’est pas une bonne idée de poser mon pied à terre. Je pense qu’il y a un banc, juste derrière le bosquet. »

Je devais m’asseoir, un pour éviter de poser mon pied et ensuite pour que puisse voir les dégâts que j’avais pu faire. Heureusement le banc n’était pas très loin. Il se trouvait juste derrière le bosquet qui a était sur notre gauche.
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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Lun 10 Juil - 21:08 par Matthew J. Sullivan

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ft. Breena A. Donnelly
En cet instant, j’avais l’impression que rien de ce qui avait eu lieu dans ma vie ces trois derniers mois n’avait semblé plus se rapprocher d’un rencard que cette rencontre inopportune. C’était dire à quel point ma vie intime était devenue un gouffre abyssal. Je n’avais jamais su refuser les plaisirs de la compagnie d’une belle fille. Les nombreuses soirées auxquelles je m’adonnais avaient toujours été un prétexte – pas franchement dissimulé – de séduire, rencontrer, échanger. Séducteur, loveur, dragueur étaient souvent les qualificatifs qui revenaient pour me décrire en soirée, même si c’était toujours fait dans le respect et sans trop de lourdeur, sauf après le 7ème shot de tequila, où les seuls mots qui parvenaient à sortir de ma bouche n’étaient qu’un flot incompréhensible de phrases de forceur bafouillées et d’insultes en cas de refus. Somme toute un jeune homme normal, profitant de sa jeunesse, qui ne se sent pas prêt à être totalement adulte et à accepter les responsabilités que ça engendrait. Pourtant ces derniers temps, c’était le calme plat, pas d’histoire sans lendemain, de sex friend ou d’histoire plus sérieuse. Rien qu’un célibataire, oscillant entre son travail, le sport, et le peu de vie sociale qu’il parvenait difficilement à conserver.

« Merci. Vous avez raison, ce n’est pas une bonne idée de poser mon pied à terre. Je pense qu’il y a un banc, juste derrière le bosquet. »

Alors qu’elle m’agrippait le bras et que je la guidais vers le banc, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un mélange de satisfaction et de déception. La satisfaction d’aider, la raison qui m’avait poussé à faire le métier que je faisais aujourd’hui, et la déception de savoir que ma session de running, à peine entamée, était déjà terminée. Les sessions de formation aux premiers soins auxquelles j’avais assisté lors de ma formation à l’académie de police, avaient au moins eu le mérite de préparer à ce genre d’incidents. Et il valait mieux pour la jeune demoiselle qu’elle laisse sa cheville au repos une bonne journée. Quitte à l’aider à rentrer chez elle. Je n’étais plus de service, mais avais-je réellement besoin de porter mon insigne pour faire mon travail de citoyen ?

Vous y avez cru ? Genre vous pensez vraiment que le fait qu’elle soit une fille ne change rien à ma manière d’agir ? Naïfs que vous êtes !

Certes j’aidais tous ceux dans le besoin, homme ou femme, jeune ou vieux, valide ou handicapé, mais soyons honnête un instant… qui n’aurait pas essayé d’en profiter ? Je ne savais rien d’elle, si ce n’était son sourire charmant et la sensation de sa peau douce sur mon bras. Non je ne suis peut-être pas le gendre idéal, l’homme qui se préserve pour une seule femme. Mais je savais que si je trouvais LA femme, elle me ferait oublier toutes les autres. En attendant je profitais du célibat. Et puis comment trouver la bonne si on ne tente pas sa chance ?

Je me penchais au-dessus de la cheville de la grande blessée afin de vérifier son état. Elle semblait déjà avoir commencé à gonfler. Je levais les yeux vers la demoiselle, cherchant son approbation.

« Il faudrait retirer vos chaussures pour éviter de comprimer votre cheville… vous permettez ? »

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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Dim 16 Juil - 18:21 par Breena A. Donnelly


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Jusqu’au jour d’aujourd’hui, je ne m’étais jamais blessée. Pourtant j’étais tous le temps sur mes jambes, à circuler dans les différentes pièces du Musée, ou à courir entre la salle ou on donnait une petite jeune aux œuvres qui en avaient besoin et la réserve du Musée. Mais aussi pour prendre mon bus afin de me rendre sur mon lieu de travail ou bien pour rentrer chez moi. Bref mes pieds étaient sollicités toute la journée. Heureusement pour eux, je n’avais pas obligation de porter des chaussures à talon lorsque je travaillais ! On pouvait mettre des ballerines. Pour aller courir, j’avais aussi de bonnes chaussures, des baskets prévues pour cela, mais hélas cela ne m’avait pas aidé à éviter l’accident. Au moment où mon pied s’était tordu, en plus de la douleur, j’avais ressenti un peu de stress. En effet, je n’avais croisé encore personne, et je pensais que j’allais devoir rester là un bon moment. Mais c’était sans compter la présence d’un autre sportif qui si trouvais non loin derrière moi.

Le jeune homme était rapidement venu auprès de moi s’assurer que tout allait bien et en même temps il m’avait conseillé de ne pas poser le pied à terre ! Bon il avait raison, et heureusement il y avait un banc pas très loin, car franchement, je ne me voyais pas rester sur un pied.

Ce fut en m’appuyant sur le bras de mon sauveur que je me dirigeais vers le banc. Je fus bien soulagée une fois que je me retrouvais assise sur le banc. Cela faisait du bien et je pouvais regarder un peu mieux l’état de ma cheville. Mais avant de cela, je tenais à remercier le jeune homme.

« Merci pour votre aide. »

Je lui avais souris en lui répondant. En y réfléchissant, je ne pense pas que j’y serais arrivée toute seule. Je n’avais pas fait attention sur le moment, mon cerveau trop occupée, par la douleur, à quoi ressemblait la personne qui venait de m’aider ! Je savais juste, par sa voix que c’était un homme, un charmant jeune homme, même. Chose que je venais de remarquer. Mais ce n’était pas la seule chose que j’avais remarqué, ce dernier était aussi bien musclé. C’était la première fois depuis quelques mois que je faisais plus attention à un homme que je croisais. Mais ce n’était pas le but, là c’était ma cheville qui était la plus importante.

« Euh si vous le dites. Je vous fais confiance sur ce point. »

Lui répondis-je en commençant à enlever ma basket. En ôtant ma chaussure, je ne pus réprimer une grimace de douleur. Était-ce un mauvais signe ? Ma blessure était-elle plus important que je ne le pensais ? J’espérais bien que non.

« Bon cela donne quoi ? »

En posant cette question je voulais savoir si cela commençait tout de même à gonfler ou non ?
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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Jeu 20 Juil - 22:08 par Matthew J. Sullivan

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ft. Breena A. Donnelly

« Bon cela donne quoi ? »

La cheville à peine libérée de son étreinte, laissait déjà apparaître une petite enflure, mon pronostic était visiblement le bon. Une simple foulure, douloureuse certes, mais rien qu’une bonne journée de repos ne saurait arranger. A condition de ne pas d’efforts inutiles.

« Une foulure, c’est bien ce qu’il me semblait. Une bonne journée de repos sans vous appuyer sur votre cheville, un peu de glace pour arrêter le gonflement et ça devrait se résorber tout seul. »

Voyez-vous ça, le jeune Matty jouant à l’apprenti médecin… Trois ans plus tôt, la simple chute aurait suffi à me donner un fou rire irrépressible, agrémenté d’une petite insulte que j’aurais très probablement mérité. Ces petites choses me faisaient prendre conscience que malgré le fait que je restais cet ado légèrement abruti à ses heures, je continuais à grandir, pas trop vite, à mon allure. N’allez pas m’imaginer dans 5 ans avec des chemises à bretelles, vestes en tweed, verre de vin à la main, discutant des tanins et aromes d’une bouteille qu’un seul salaire n’aurait pas servi à payer. Je préférais de loin la vodka immonde qu’on trouvait au fin fond de l’épicerie du coin et qu’on coupait avec tout ce qu’on trouvait sous la main pour en effacer au mieux le goût. Je tenais à ma gueule de bois du dimanche matin, que je n’échangerais pour rien au monde contre une escapade champêtre en famille. J’avais une vie simple, elle me convenait.

Je prenais le temps de m’asseoir sur le banc, à côté de la jeune femme, réfléchissant au meilleur moyen de l’aider à rentrer chez elle. Si l’idée d’appeler une unité qui patrouillait dans le coin pour ramener la blessée semblait être l’option la plus rapide et efficace, elle n’avait pour seul contrainte que le fait que je n’avais pas l’habitude d’aller courir les poches pleines. L’autre option consistait à la raccompagner jusque chez elle, ce qui impliquait que je n’étais pas prêt de rentrer chez moi. Rien réellement ne m’obligeait à rester. J’aurais pu faire comme les quelques égoïstes qui étaient passé à côté de nous sans même jeter un regard, sans proposer leur aide. C’était la société actuelle, remplie d’individualités, d’indifférence, d’égoïsme… Peut-être que j’avais un regard différent à cause de ma vocation, qui avait remis pas mal de choses en perspective. Quoiqu’il en était, je me sentais le devoir, l’obligation, d’agir face à une situation qui l’exigeait. Et puis dans ces situations, j’aurais apprécié aussi qu’on me tende la main, pour me proposer une aide désintéressée, sincère. Quelle que soit la solution que la demoiselle choisirait, je n’avais pas l’intention de la laisser seule tant qu’elle ne m’aurait pas prouvé qu’elle était capable de se débrouiller par elle-même.

« Maintenant que je suis coincé avec vous, je peux peut-être vous appeler par votre prénom ? »

Ponctuant ma phrase par un sourire, je préférais autant rendre ce moment le plus agréable possible. J’essayais toujours d’être de bonne compagnie, de remonter le moral quand ça n’allait pas, de faire des blagues, pas toujours drôle, parfois même carrément lourdes, mais qui suffisaient à penser à autre chose. Se lamenter n’avait jamais été une solution aux problèmes, et j’avais toujours, depuis gosse, préféré voir le verre à moitié plein, à chercher les remèdes plutôt qu’à cultiver le mal. S’il y avait une leçon à retenir de la vie, c’est qu’elle savait se montrer cruelle, dure, injuste, mais aussi douce et belle à qui jouait le jeu. Pour cela il fallait accepter de faire les efforts, de se faire violence, et de surmonter les obstacles. Je plongeais alors mon regard dans les yeux de la joggeuse du dimanche, à présent à la recherche d’une réponse.

« Vous avez un téléphone sur vous ? »



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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Mar 8 Aoû - 21:48 par Breena A. Donnelly


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Oter ma chaussure n’avait pas été des plus facile ! En effet, cela était quelque peu douloureux. Comme je n’étais pas médecin, ni infirmière, j’avais préféré laisser faire le charmant jeune homme. Puis je n’avais pas trop envie de voir les dégâts que j’avais pu causer à ma pauvre cheville. Je crois que j’avais un peu peur de savoir le résultat…

« Vous me rassurez si vous me dites que ce n’est qu’une simple foulure. Par contre, pour la journée de repos, je vais devoir m’arranger. En attendant, je vais appliquer ce que vous me conseillez. »

Oui je travaillais le lendemain et avec mon métier de guide, garder le repos pour ne pas marcher sur mon pied, cela allait être un peu difficile. Mais je savais ce qu’il me restait à faire ! Je préviendrais le musée et je prendrais un jour de congés ou si quelqu’un changeait de jour avec moi, je lui rendrais l’appareil. Dans mon malheur, j’avais de la chance, on était une belle équipe et on savait s’entraider ! Tout en réfléchissant à comment j’allais m’en sortir demain avec le boulot, j’avais oublié une chose importante…

« Ah oui et aussi, un grand merci pour votre aide et diagnostic. »

Le remercier était la chose la plus importante et j’avais omis de le faire. Honte à moi ! Une fois que mon sauveur eu terminé d’examiner ma cheville, il s’installa à mes côtés sur le banc. Bon, maintenant que je savais ce que j’avais, était une chose. Maintenant, comme j’allais rentrer chez moi. Et là c’était tout autre chose ! Je n’étais pas trop inquiète, je trouverais bien une solution.

« Euh oui, vous êtes coincé avec moi et j’en suis navrée. Et je m’appelle Breena. Et vous ? »

Cela ne me dérangeait pas qu’il m’appelle par mon prénom. J’en avais profité pour lui retourner la réponse, car j’avais envie de savoir comme se prénommait mon gentil samaritain. Puis s’était plus agréable et sympathique de connaitre le prénom de son sauveur…

« Dites-moi, vous devez travailler dans le médical pour vous y connaitre de la sorte ? »

La manière dont il avait examiné ma cheville et le diagnostic qu’il avait donné montrait qu’il avait des bases en médecine… Mais dans beaucoup de job on pouvait trouver des notions médicales. Allez savoir, peut-être qu’il ne travaillait pas du tout dans ce genre de boulot et qu’il avait juste suivi une formation de secouriste.

« Euh si j’ai un quoi ???»

Un téléphone qu’il te demande, si tu as un téléphone ??? Hé l’irlandaise redescend sur terre me disait ma conscience. Je venais d’être quelque peu troublée par le fait que le jeune homme venait de plonger son regard dans le mien.

« Si j’ai un téléphone, oui bien sûr… »

Heureusement pour moi, je m’étais reprise rapidement et je lui avais répondu dans la foulée de ma première remarque. J’espérais qu’il ne m’avait pas trouvé bizarre. Sur mes mot, je sorti mon portable de ma poche !
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# Re: ♫ Anything could happen ♪ (ft. Breena)
message posté Mer 16 Aoû - 18:34 par Matthew J. Sullivan

♫ Anything could happen ♪
ft. Breena A. Donnelly

Ce petit moment improvisé en compagnie d’une belle inconnue était à peu près tout ce que j’espérais depuis quelques temps. Certes les circonstances étaient quelques peu différentes des rencontres habituelles dans des bars, ou les soirées auxquelles je m’incrustais régulièrement, mais peu importait. Etre assis sur ce banc, par une belle et chaude matinée, en charmante compagnie, valait largement les soirées dépravées où se mêlaient les effluves d’alcool et fumées épaisses de cigarette. M’importait surtout le jeu de la séduction. Ce moment où l’on fait connaissance, où l’on se jauge, des centaines d’idées se bousculant dans la tête à chaque seconde, cette adrénaline naturelle qui éveille les sens et les décuple. C’était la première étape, mais aussi la plus importante, celle qui décidait de la suite que prendrait la relation. Ces quelques phrases banales, échangées avec pudeur, dont on se souviendrait encore des années après, qu’on raconterait à ses amis, sa famille, ses enfants peut-être, étaient surement parmi les plus importantes d’une vie.

« Enchanté, moi c’est Matthew. Autant être cash, vouvoyer c’est pas mon truc, pour moi c’est juste une barrière pour empêcher les gens de communiquer librement. On se trouve tellement de bonnes excuses pour éviter les interactions sociales, pas besoin de les compliquer par des protocoles pompeux… Désolé, je suis plutôt du genre à dire ce que je pense, pas une qualité aux yeux de tout le monde, mais ça vaut bien mieux que l’hypocrisie ambiante. »

Y’avait plus basique comme entrée en matière, plus mielleux aussi, plus « bienséant » mais les codes de bonne conduite aseptisés je m’en contrefichais. Je ne laissais personne influencer ma façon de penser et de dire les choses. J’étais qui j’étais, et il n’y avait pas une seule personne dans ce monde normalisé qui m’obligerais à être différent de qui j’étais

« Sinon je suis flic. Enfin, disons plutôt un petit bleu qui sort fraîchement de l’académie et qui a encore tout à apprendre. Ce qui explique les quelques notions en matière de secourisme… »

J’avais ponctué ma dernière phrase par un petit sourire malicieux. Nos regards se croisaient, se fuyaient, puis se recherchaient, nos yeux se plongeant dans ceux de l’autre pendant une infime seconde qui paraissaient une éternité. Le regard était un langage universel, il ne mentait pas. Pour autant, il était parfois difficile de le déchiffrer, et celui de Breena m’intriguait. Elle semblait troublée, mais j’étais incapable de savoir si mon charme naturel opérait, ou si la situation la mettait mal à l’aise. Elle détourna le regard, semblant s’échapper de ses pensées, fouillant dans sa poche pour en retirer son téléphone qu’elle me passa. Je commençais à tapoter l’écran tactile, dirigeant mon doigt vers le bouton d’appel, avant de relever mon regard vers Breena.

« Un simple oui et dans quelques minutes madame pourra monter dans son carrosse. Ça vaut le coup non ? »


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