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Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson

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MEMBRE

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# Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Mer 28 Juin - 19:00 par Howard Taylor

 
"I wanna be drunk when I wake up
On the right side of the wrong bed"

Un petit cachet bleu pour le déjeuner, le jaune c'était pour le dîner et surtout, ne pas oublier le petit rose avant de se coucher. Le blanc au souper si le besoin s'en faisait. Doucement le pilulier se vidait et Howard angoissait à mesure qu'il n'avait plus rien à se mettre sous la langue. Le docteur Fawkes avait pourtant préconisé six mois de traitement, six mois seulement, mais mieux valait se soigner toujours plus. Huit mois plus tard les pilules constituaient la majeure partie de son alimentation. James n'avait pas été content de voir son fils dans cet état : un jouet cassé, inapte au travail, emmerdant ! Il avait eu du mal à percuter qu' Howard avait besoin d'aide. Un jour, un peu avant Noël, alors que père et fils sortaient chercher un corps à l'hôpital d' Hammersmith , une pluie torrentielle s'était abattue sur eux. Il pleuvait si fort qu'ils ne s'entendaient plus parler, plus penser. Le vent, en faisant danser toute cette flotte, formait même des MURS d'eau très visibles à l’œil nu. James était devenu fou. Son costume bordel, ses chaussures en cuir, son allure ! Pendant qu'il gesticulait partout, Howard était resté planté là, immobile, absent. Son cerveau avait débranché la prise, simplement. James avait eu be au brailler son prénom à s’époumoner sur tous les toits de Londres, rien n'y faisait.  Détrempé jusqu'aux os, le regard vide, muet comme une tombe, Howard allait mal et Taylor avait enfin daigné à raquer davantage chez le psy de son rejeton (même s'il lui faisait considérablement perdre son temps). Junior avait déjà séjourné en hôpital psychiatrique mais Fawkes avait dit que ce n'était pas judicieux de l'enfermer cette fois-ci. Howard faisait une vilaine dépression, voilà tout. Le verdict était tombé. Il avait besoin de cachets, de repos et SURTOUT de divertissement, de sorties ! Howard avait donc expressément cessé de travailler, hors de question qu'il reçoive les gens dans cet état, et mangeait ses pilules pour qu'il cesse enfin de répéter en boucle son délire psychotique religieux. Depuis Noël, il débitait tout un tas de conneries sur Dieu, sur l'Enfer, sur le Purgatoire, sur les damnations et tout ce qui s'en suivait. Vingt-cinq décembre :les crèches, les guirlandes, les Messes, les Osties, Howard était devenu fou.

Amaigrit comme un cancéreux en phase terminale, des valises noires sous les yeux, une barbe hirsute naissante, incapable de parler, tout juste de marcher, son état ne s'améliorait pas. Meredith Taylor avait pris les choses ne mains. Elle aussi avait eu du travail, mais un semblant d'instinct maternel l'avait poussée à sortir son fils. Plus jeune, alors qu'elle vivait au Pays de Galles avec sa famille, elle raffolait du sport. Le championnat de tennis à Wimbledon n'était sans doute pas sa meilleure idée, mais elle appliquait à la lettre les conseils du docteur. Howard avait suivi en silence en oubliant qu'il détestait à la fois le sport et la foule ! Ils avaient eu de bonnes places, mais ça, le jeune homme s’en fichait littéralement. Qui jouait aujourd'hui ? Il avait entendu un type hystérique hurler au micro le nom d'un suisse : Federer, tonnerre d'acclamations, il devait être bon... Un autre nom aux consonances serbes impossible à prononcer ainsi qu'un espagnol, accompagné d'une nouvelle vague d'applaudissement. A sa droite, un gros connard obèse, affichant fièrement son admiration sur toutes ses fringues jusqu'à la casquette, lui renversa un peu de bière sur l'épaule. Il s'excusa dans un rire gras en proposant à l’anglais un peu de son pop corn écœurant. Pathétique. Si le regard d' Howard avait pu tuer, ce type se serait aussitôt retrouvé sur la liste d'attente de la maison Taylor.

Remonté, Howard n'était pas au bout de ses surprises... Deux rangs plus bas, un tête blonde un peu trop familière à son goût, même de dos. Son cœur s’alarma enfin, il était reparti : il retrouvait cette angoisse tant chérie d'autrefois !  Haletant comme un chien, il plongea finalement une main dans le paquet de pop corn du débile d'à côté et en lança un sur la tête de l'homme en ligne de mir. Si son imagination ne lui jouait pas des tours, il était vraisemblablement dans la merde ! L'homme se retourna et... Stupeur ! Outch... Le coup de pied dans la fourmilière de son cœur était douloureux. Edgar Dwight Anderson. Et dire que sa mère était là.... Merveilleux !

 
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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Jeu 29 Juin - 0:47 par Edgar Anderson
En apparence, Edgar allait mieux que jamais.
Oh, il y avait bien eu une période où il avait inquiété sa cousine et colocataire - qui avait été déléguée à sa surveillance rapprochée par ses parents après sa fugue de plusieurs mois, l'année précédente. Après Halloween, il avait disparu de la circulation. Pendant des semaines. Après quinze jours d'appels manqués, il avait fini par décrocher son téléphone, annoncé qu'il était sur une montagne au bord de la Méditerranée, puis à nouveau cessé de donner des nouvelles jusqu'à ce que les premières neiges le chassent de son spot d'escalade.
À son retour en décembre, il était égal à lui-même, et s'était employé à remettre en ordre sa vie londonienne chamboulée par les déplaisants événements d'Halloween.
La première personne qu'il avait appelée était Sarah. Elle ne l'avait pas attendu pendant qu'il s'était évaporé dans la nature, mais elle avait accepté son invitation à dîner, et la suivante, et plus de six mois plus tard, elle continuait de le supporter. En contre-partie, Edgar s'abstenait d'aller voir ailleurs, et se pliait sans (trop) râler à toutes les obligations du bon petit ami, même si ça impliquait de faire le pingouin à beaucoup trop de galas et - il en frémissait d'avance - de devoir rencontrer la belle-famille en ayant l'air fréquentable.
Candice avait été moins facile à amadouer. Retrouver un Edgar si assagi lui mettait la puce à l'oreille. Elle aurait dû en être contente, maintenant elle n'avait plus besoin de mentir aux Anderson qui s'enquéraient des dernières frasques de leur rejeton. Malgré ça, elle avait été pénible pendant quelques semaines, essayant de le piéger à répétition en lançant le nom d'Howard aux moments où il semblait s'y attendre le moins. Edgar avait éludé toutes les questions avec des yeux au ciel ou de francs éclats de rire (« Mais tu vas arrêter de m'imaginer une vie aussi invraisemblable ?! »). Il était toujours difficile de savoir ce que Candice avait en tête, mais, convaincue ou pas, elle avait fini par lui foutre la paix.
Et puis Edgar semblait aller mieux que jamais.
Il avait arrêté l'ecstasy, il ne se retournait plus la tête en soirée, il s'investissait plus que jamais dans son travail, passait le reste de son temps avec la jolie Sarah.
Il ne dormait jamais avec elle, cependant. Insomniaque de toujours, il repartait au travail ou rentrait chez lui, où personne n'était là pour le voir avaler une bouteille de whisky entière afin de trouver le sommeil.
Bref, Edgar allait très bien, et maintenant c'était l'été, le soleil brillait, tout ça tout ça. Sarah leur avait dégoté des tickets pour le tournoi de Wimbledon et témoigné un tel enthousiasme qu'Edgar n'avait pu qu'accepter de l'accompagner. Polo blanc et Ray-Ban, une charmante jeune femme élégante à son bras, il ressemblait comme rarement au fils de bonne famille qu'il était.
Alors que dans les gradins l'excitation commençait à monter, Edgar sentit un petit truc lui percuter l'arrière du crâne. Surpris, il se retourna. Presqu'immédiatement, son regard croisa celui de quelqu'un... qu'il n'aurait jamais pensé croiser là.
Un instant, il se heurta aux prunelles bleues d'Howard Taylor.
Sa pomme d'Adam fit un brusque va-et-vient tandis que la stupéfaction apparaissait brièvement sur son visage. Il se détourna pour chercher le projectile qui l'avait atteint et localisa un pop-corn sous son siège. Edgar se tourna à nouveau vers Howard, lui jeta un regard faussement sévère par-dessus ses lunettes de soleil, et lui ré-expédia le pop-corn en visant son front.
Okay, toutes ses réactions d'enfant de huit ans n'avaient pas disparu.
Edgar se remit face au match, mais les gesticulations des joueurs lui passaient bien au-dessus. Au bout d'un moment, il se rendit compte qu'il était en train de se tordre violemment les doigts et croisa les bras pour se forcer à arrêter. Malgré tout, impossible de se concentrer sur le jeu. Il avait besoin d'une clope, oh bordel, il avait tellement besoin d'une clope.
« Je reviens, souffla-t-il à Sarah.
- Quoi ?! Mais ça vient juste de... »
Edgar l'interrompit d'un baiser bref. Depuis qu'il avait découvert l'efficacité de cette astuce, il ne s'en lassait pas. C'était infiniment pratique pour la faire taire et au passage esquiver toute conversation indésirable.
« Je reviens » répéta-t-il gentiment, avant de prendre la fuite.
Une fois sorti des gradins, fumer était à nouveau autorisé et Edgar s'empressa de tirer une cigarette de sa poche. Peut-être même qu'il devrait en fumer deux en même temps. Il avait terriblement besoin de nicotine, de beaucoup de nicotine.

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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Jeu 29 Juin - 15:23 par Howard Taylor

 
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Ce cauchemar, Howard l'avait fait plus d'une fois : recroiser Edgar au hasard d'un coin de rue sans s'y attendre le moins du monde, mais cette fois c'était réel. REEL ! Tout s'était passé si vite qu'il n'avait même pas remarqué la présence de... SARAH. Elle était là, toute rayonnante avec sa joie de vivre écœurante et la fraîcheur de sa beauté qui agissait sur Howard comme un poignard dans ses viscères. Une affreuse nausée montait dans sa gorge à mesure qu'ils s'échangeaient des baisers furtifs, à chaque fois qu'elle avait l'audace de sourire. Jamais il n'avait été aussi aigri de prendre du bonheur en pleine face, sans doute parce que ça n'allait pas fort en ce moment, et qu'égoïstement, il aurait aimé voir qu'il n'était pas le seul, mais.... Mais Edgar avait l'air d'un vrai coq en pattes, parfait ! Quand il fit volte-face vers lui, l'air grave sous les verres opaques de ses lunettes et qu'il renvoya le projectile sur son front, Howard tomba de haut. Non mais il se prenait pour qui exactement ce petit pédant dans son polo blanc et ses binocles de Croisette ? Il serra les poings mais le peu de force qu'il avait accumulé ses derniers temps ne lui permettait pas de les garder fermés.
Soudain, l'américain se leva (en ne manquant pas d'embrasser cette fille qu'il avait passé la soirée du 31 octobre dernier à fuir...). Quand le blond disparu de son champ de vision, Howard ne tint plus en place. Sa mère lui lançait des regards interrogateurs dont il se serait volontiers passé.

« - Howard très cher, vous allez bien ?
- Fort bien mère, j'ai... J'ai simplement oublié mon traitement dans la voiture, je n'en ai pas pour longtemps. Veuillez m'excuser... »

Encore un mensonge éhonté, il s'était pourtant promis de réduire le débit, résolution prise en même temps que celle d'arrêter la drogue ainsi que toute autre substance qui aurait pu le replonger dans un état qui l'empêcherait de garder le contrôle sur lui-même. Les cachets échappaient à cette restriction, mais fallait dire qu'il n'avait plus personne avec qui pécher, ça lui facilitait les choses.
En évitant de se faire remarquer par Sarah, Howard se fraya un chemin entre les supporters, fermant à moitié les yeux pour éviter la crise d'angoisse. Il ne tarda pas à remarquer Edgar dehors, fumant à toute allure sur sa cigarette. Hésitant, le sang battant à plein régime dans ses tempes et dans les veines de ses mains, Howard ne cessait d'entrouvrir la bouche pour la refermer aussitôt. Productif...

Huit mois nom de Dieu ! Il était persuadé qu' Edgar avait encore fuit à toutes jambes chez lui, comme... La dernière fois. Le hasard était une vraie garce, pour une fois qu'il mettait le nez dehors, fallait qu'il tombe sur Anderson, la poisse ! D'autant plus que ce dernier avait l'air tout autant enchanté que lui de le revoir... Parfait comme climat pour engager une conversation !

« Si je t'avais lancé un kébab, ça aurait fait l'affaire ? », Howard puisait sur ses dernières ressources d'humour. Il n'avait pas franchement envie de rire, mais il n'avait pas réussi à attaquer de but en blanc.

« Alors hum... Comme ça tu sors avec Sarah, finalement... », pas mal pour un mec qui ne voulait pas mettre les pieds dans le plat... Le « finalement » était tinté d'un soupçon de mépris clairement repérable à son intonation, mais il n'avait pas pu le dissimuler.

« Toutes mes félicitations... ! », il n'aurait pas reçu la palme du meilleur menteur sur ce coup là, d'habitude il faisait ça un peu mieux, il n'était vraiment pas en forme !

 
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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Jeu 29 Juin - 19:56 par Edgar Anderson
Edgar s'accrochait à sa cigarette en faisant les cent pas. Il tirait trop fort, la moitié de la clope était partie en fumée en trois taffes. Il pensait déjà à la cigarette suivante quand, en faisant une énième volte-face, il tomba sur Howard. Ça le stoppa net.
Ils ne s'étaient pas vus depuis tellement longtemps... Edgar ne l'avait pas spécialement évité. Plus exactement, il n'avait rien eu à faire pour l'éviter. Ils n'évoluaient pas dans les mêmes mondes, ils n'avaient aucune raison de se croiser. Ce qui, en toute honnêteté, n'avait pas dérangé Edgar.
Il n'aurait jamais pensé croiser l'anglais ici. Il n'avait pas spécialement pensé le re-croiser un jour, d'ailleurs.
« Si je t'avais lancé un kébab, ça aurait fait l'affaire ? »
Edgar exhala doucement sa fumée.
« Hum. Ou ça m'aurait assommé », réfléchit-il à haute voix en se représentant un énorme wrap lui tombant dessus de nulle part.
L'image fut vite chassée lorsqu'Howard reprit la parole.
« Alors hum... Comme ça tu sors avec Sarah, finalement... »
L'intonation méprisante du dernier mot lui tira un rictus ironique, mais il ne releva pas.
« Toutes mes félicitations... ! »
On n'aurait pu rêver félicitations moins convaincantes. Edgar hocha la tête alors que son rictus s'agrandissait.
« Merci ! J'ai vraiment de la chance... C'est une fille formidable ! »
Ordinairement, afficher le bonheur parfait avec Sarah était un jeu d'enfant. Mais face à Howard, son sourire rouillait un peu.
Il se tut un instant, le temps d'aspirer la fin de sa cigarette sans se priver de dévisager Howard. Il jeta le mégot d'une pichenette négligente et reprit avec une désinvolture insupportable :
« T'as fait un régime ? Faut que t'arrêtes, ça te va pas. »
Howard semblait avoir rétréci dans ses vêtements. Ou alors il était plus voûté que d'habitude ? Et puis il était difficile de ne pas remarquer ses joues émaciées ni les cernes qui lui dévoraient le visage. L'anglais avait une mine atroce, vraiment. Mais quelle qu'en soit la raison, Edgar s'en fichait. Pourquoi se serait-il intéressé à Howard - ou à plus forte raison, inquiété pour lui ? Les petites affaires du jeune Taylor le laissaient parfaitement indifférent, et son ton narquois l'indiquait clairement.
Une cigarette, il avait besoin d'une autre cigarette.
Edgar se servit puis rangea son paquet sans en proposer à Howard. Il ne voulait, ne pouvait pas l'approcher d'un centimètre de plus. Il prit son temps pour allumer sa cigarette mais dès qu'il eut fini, son regard revint se fixer sur l'anglais, instantanément. Plus il l'observait, plus quelque chose se nouait désagréablement derrière ses côtes. Cependant, Edgar ne parvenait pas à détourner les yeux d'Howard. A la place, il croisa les bras sur la bizarrerie qui commençait à s'agiter dans sa poitrine.
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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Jeu 29 Juin - 22:53 par Howard Taylor

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« Hum. Ou ça m'aurait assommé », bien il ne s'était certes pas esclaffé, mais au moins il lui avait décroché un mot, pas comme tout à l'heure, l'incident du pop corn... Arrgh, rien que d'y repenser, Howard sentait déjà son sang bouillir de rage ! Enfin... L’anecdote de la sucrerie catapultée dans un championnat de Tennis n'irritait pas Howard autant que...

« Merci ! J'ai vraiment de la chance... C'est une fille formidable ! »

Sarah.

Il ne savait pas ce qui le gênait le plus entre ses compliments vaseux (ah bon, il savait en faire ? Première nouvelle...), ou son semblant de sourire vainqueur. Les deux cumulés c'était juste à gerber ! Howard réprima un frisson de dégoût dans l'échine et secoua la tête d'un air blasé. Franchement imaginer Edgar heureux en ménage était quelque chose d'inconcevable. Pas qu'il ne le mérite pas, non, c'était juste que... Bah... NON !

« J'imagine... Elle a l'air... » idiote ! « Sympathique. .. On a brièvement fait connaissance... », grommela Howard qui n'hésitait pas à remuer le couteau dans la plaie, même si cela allait impliqué qu'il avale le double de sa dose de cachets avant de s'endormir.

« Je... J'ai quelqu'un, moi aussi ! », heiiiin ?! Il avait sorti ça comme ça, réflexe de survie ! Il avait rougit instantanément (ce qui, au passage, n'avait pas fait de mal à son teint blafard).

« Elle... Elle s'appelle Bonnie. Je... Elle... On s'est rencontrés dans un parc, elle lisait Le portrait de Dorian Grey... », bordel il avait un éventail d'auteurs prolifiques à sa disposition et c'était OSCAR WILDE qu'il avait choisi, parfait Howard ! Il n'aurait pas pu trouver plus cliché !

Jetant son mégot d'un air nonchalant, Edgar avait l'air impassible, et ça le rendait amer. Il n'aimait pas ce calme avant la tempête. Il l'appréciait révolté ou hilare mais pas... Comme ça ! Il..-

« T'as fait un régime ? »
Plaît-il ? « Faut que t'arrêtes, ça te va pas. », décréta le Jean Paul Gauthier en herbe en s'allumant une nouvelle cigarette. NON, pas Jean-Paul Gauthier !

Howard passa ses deux mains ouvertes sur son ventre et haussa un sourcil. Il ne préférait pas repenser à la dernière fois qu' Edgar avait pu... Constater sa corpulence. Agacé par le souvenir qui refusait de s'estomper, il shoota dans une petite pierre sous sa chaussure d'un air renfrogné. C'était difficile d'agir normalement, ses cachets devaient sans doute lui détraquer un peu l'humeur...

« Hum. Je n'ai jamais été très gourmand... »
, eh c'était pas un mensonge ça ! Un par omission sans doute.

L'anglais était si faible et si dérangé qu'il ne lui vint même pas l'idée de fumer. Cela faisait d'ailleurs un moment qu'il n'avait pas touché à la cigarette, addict à une autre genre de drogue, une qui devait en théorie, le guérir. Il été devenu obsédé par le fait de se soigner, comme si un parasite rongeait l'intérieur de son corps depuis quelques mois et qu'il fallait l'anéantir.

« Toi t'as pas changé... Enfin... Dis-moi que c'est juste pour l'occasion que t'as enfilé ce polo, parce que permets moi d'être tout aussi sincère en retour : c'est hideux. Mais... Mais après tout... Après tout si ça plaît à Sarah... ! ». Aaaargh !, voilà que revenait la bestiole grouillante dans les marécages de ses entrailles. Elle grattait avec son ongle la paroi de sa chair tendre. Howard tenta de masquer sa moue de dégoût dans un sourire qui puait l'hypocrisie à plein nez.

« Peut-être qu'elle pourrait s'entendre avec Bonnie ! », Howard Taylor : ou le type le plus impulsif et le plus idiot de toute l'Angleterre ! Quelle excellente idée, sauf que sans la Bonnie en question, ça allait être grandement compromis...


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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Ven 30 Juin - 16:57 par Edgar Anderson
Edgar n’avait pas l’impression d’avoir convaincu Howard que Sarah était formidable. Enfin peu importait, ce n’était pas comme s’il essayait de les mettre ensemble – quelle horreur. L’adjectif « sympathique » lui avait tiré un début de sourire ironique, mais il s’était rembruni aussitôt lorsqu’Howard lui avait rappelé qu’il s’étaient déjà rencontrés. Huh. En effet. Non pas qu’Edgar avait oublié (malheureusement), mais, disons qu’il n’invoquait pas souvent le souvenir de cette soirée. Enfin pas délibérément. Quelles étaient les chances que Sarah reconnaisse Howard, elle ? Ils ne s’étaient croisés que brièvement… il faisait sombre… et puis Howard était déguisé, il ne se ressemblait pas du tout. Les réflexions d’Edgar furent brutalement stoppées par une annonce inattendue :
« Je… J’ai quelqu’un, moi aussi ! »
Oh.
Edgar n’avait pas encore pleinement assimilé l’information qu’Howard se lança dans les détails. Bonnie, parc, lisait… Les mots étaient simples mais leur agencement le laissait perplexe.
Donc. Howard, une copine ?
Et il rougissait rien que de parler d’elle. Comme c’était mignon.
Bref. Autant s’appliquer à fumer, en scrutant Howard sans trop savoir ce qu’il attendait de cette inspection, ses bras étroitement serrés contre lui.
À son commentaire sur la nouvelle apparence de l’anglais, ce dernier ne se priva pas de répliquer dans la même veine en qualifiant son polo d’hideux.
« … Mais après tout… Après tout si ça plaît à Sarah… !
– Exactement » répliqua Edgar, plus sèchement que nécessaire.
Qu’est-ce qui, au juste, pouvait faire penser à Howard que son opinion sur sa tenue pouvait l’intéresser, et encore moins l’influencer ? Edgar espérait sa réponse suffisamment glaciale pour ne pas laisser planer le doute. Les histoires d’Howard ne l’intéressaient pas, et son avis non plus.
« Peut-être qu’elle pourrait s’entendre avec Bonnie ! »
La perspective d’une sortie de couples n’aurait probablement pas dû être aussi oppressante. Edgar croisa un peu plus les bras et prit sur lui pour afficher une bonne humeur aux abonnés absents depuis qu’Howard l’avait rejoint.
« Sûrement ! Bonnie est venue avec toi ? »
Il ne savait pas trop s’il était curieux de rencontrer la créature qui avait FINALEMENT réussi à conquérir l’inaccessible Howard, ou s’il espérait qu’elle ne soit pas là pour repousser l’échéance de se retrouver à quatre. Maintenant il mettait le doigt dessus ; sortir à deux couples, c’était un truc que ses parents faisaient… Pas lui, certainement pas, il n’était pas dans la catégorie des gens sérieux comme ça.
« Faut que tu m’en dises plus… »
Finalement, tout ce qu’Howard avait dit avait fini de lui monter au cerveau, et il était assez incrédule.
« Genre, tu as abordé une fille dans un parc ? Toi ? … On t’a mis le couteau sous la gorge ? »
Il était resté sur un Howard que la moindre attention féminine paralysait, sans parler du fait de parler à quelqu’un d’inconnu.
Mais bon… De l’eau avait coulé sous les ponts, depuis Brighton et la fille sortie de nulle part qui avait fait paniquer Howard au point qu’Edgar avait dû le secourir.
« Enfin, c’est cool ! Et elle a pas trop l’air de te laisser dormir… » ajouta-t-il, le sourire mi-narquois mi-grivois tandis que ses yeux s’attardaient à nouveau sur les cernes d’Howard.
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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Sam 1 Juil - 12:24 par Howard Taylor

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« Sûrement ! Bonnie est venue avec toi ? »... BONNIE ! Bon Dieu, il fallait absolument qu'il retienne ce prénom. C'était le premier prénom qui lui était venu à l'esprit, celui d'une jeune femme qu'il avait rencontré lorsqu'il avait été interné à l'hôpital, justement. Elle avait mit du temps à l'apprivoiser, mais finalement ils étaient devenus proches. Enfin « proches »... C'était un bien grand mot, mais ils partageaient au quotidien une relation plus ou moins stable qui pouvait s'apparenter à de l'amitié.

« Non ! Non, elle... Elle a eu un empêchement, malheureusement. », même lui ne se croyait pas. C'était ridicule et ça n'allait pas continuer en s'améliorant, évidemment qu' Edgar allait lui poser des questions et il n'était pas préparé à tout ça. S'il avait su ce matin qu'ils allaient se croiser, il se serait concentré pour bien ficeler son scenario.

« Faut que tu m’en dises plus… Genre, tu as abordé une fille dans un parc ? Toi ? … On t’a mis le couteau sous la gorge ? »

Il ne savait pas bien s'il devait se sentir vexé ou en accord avec lui. C'est vrai que s'il se regardait en face ne serait-ce qu'une minute, il se serait rendu à l'évidence en un rien de temps. Il n'était pas fait pour ce genre de choses, pour toute situation social en général d'ailleurs ! Alors pourquoi continuait-il de s'obstiner à mentir comme ça ?!

« C'est si surprenant que ça ? En réalité... C'est elle qui m'a... » dragué ? Ce mot dans sa bouche sonnait très mal, impossible de dire ça. « Elle m'a abordé. Alors j'ai... Enfin on a discuté un peu, rien de bien original : un peu de littérature, un peu de... Travail ! Enfin tout ça ! ».

Il sentait qu'il n'était pas très bon à ce jeu là et qu'il pouvait craquer à tout moment, il fallait qu'il soit fort et surtout concentré !


« Enfin, c’est cool ! Et elle a pas trop l’air de te laisser dormir… », marmonna-t-il dans un curieux sourire enjôleur qui lui rappelait de bien désagréables souvenirs. Ce fut long avant que l'insinuation monte au cerveau. Howard faisait des gros yeux en attendant que la pièce tombe, il balbutiait des onomatopées incompréhensibles. Soudain... Rougissement de l'extrême.

« Ohh ! Oui, euh... Elle est... En forme ! », pitié... ! « Bien euh... Alors, dis-moi... », il n'avait aucune fichue idée de la question qu'il voulait lui poser, en réalité. Il avait envie de le provoquer, de lui en vouloir pour oublier qu'il avait sa part de responsabilité, mais il était incapable de provoquer les choses aussi efficacement. Il y avait clairement un abcès à percer.

« Edgar... »
, là c'était grave. « On est toujours amis ? »... C'était une approche comme une autre ! A vrai dire, il avait lâché ça comme ça pour deux raison : la première parce que le mot « pote » ne lui semblait pas approprié à la situation ni à son vocabulaire, mais surtout parce qu'il était exténué. Il avait de plus en plus de mal à rester debout, il avait mal au squelette, à l'intérieur, il était faible. Alors... Mince ! Il n'allait pas y passer la nuit ni passer par quatre chemins. Le sparadrap était arraché, à Edgar de jouer.

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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Lun 3 Juil - 19:47 par Edgar Anderson
Attention les yeux, il était temps d'en savoir plus sur l'épique épisode d'Howard Taylor trouvant l'amour au parc.
« Elle m'a abordé. (Décevant mais pas surprenant.) Alors j'ai... Enfin on a discuté un peu, rien de bien original : un peu de littérature, un peu de... Travail ! Enfin tout ça ! »
Edgar haussa les sourcils.
« De travail ? » répéta-t-il à mi-voix.
Ils avaient parlé de travail ? Reformulons : Howard avait réussi à séduire quelqu'un en lui parlant de cadavres ? OK, maintenant la curiosité l'emportait ; il se demandait quel genre de fille cette Bonnie pouvait bien être. Probablement une employée de morgue ou une gardienne de cimetière, c'était ce qui paraissait le plus cohérent. Bigre. S'il avait raison, quel couple de choc ça faisait.
Edgar étant Edgar, il ne s'était pas privé d'un sous-entendu sexuel. Et, Howard étant Howard, il mit bien cinq minutes à se ressaisir. Son rougissement fut absolument remarquable, et fit revenir en Edgar un écho de l'hilarité folle qui ne le prenait qu'avec l'anglais. Howard lui avait manqué, en fait.
Cette pensée spontanée fut à peine formulée qu'elle l'énerva. Non, Howard ne lui avait PAS manqué. Edgar se renfrogna, furieux contre son cerveau qui lui envoyait des bouffées d'affection tout à fait hors de propos.
« Alors, dis-moi... »
Ouille. Ça commençait mal. Ce ton et ces mots étaient un immanquable prélude au genre de conversation qu'Edgar ne voulait pas avoir. Il n'avait pas envie de parler sérieusement, ni de parler tout court. Que ce soit à Howard ou à quiconque d'autre, d'ailleurs. Pourquoi personne ne voulait jamais comprendre ça ? (Spéciale dédicace à Candice et à son inassouvible curiosité.)
« Edgar... »
De pire en pire. Il venait de se rappeler qu'il DÉTESTAIT qu'Howard prononce son prénom.
« On est toujours amis ? »
Mais qu'est-ce que c'était que cette question ?
Edgar leva les yeux au ciel avec tellement d'emphase qu'il fut convaincu que même le fait d'avoir des lunettes de soleil n'avait pas caché son agacement.
« Mouais, 'fin bon, si ça te fait plaisir » répondit-il, le ton aussi désinvolte que son haussement d'épaules.
Comme si le sujet ne l'intéressait pas le moins du monde. Ce qui était le cas, hein.
« Pourquoi tu poses des questions débiles ? »
Mauvaise question. Il ne tenait pas du tout à savoir pourquoi. Vite, une diversion. Le meilleur moyen de détourner l'attention était encore d'attaquer aveuglément.
« Enfin j'espère qu'au moins tu les épargnes à ta copine, elle va pas te supporter longtemps sinon ! »
S'il n'avait rien trouvé de plus acerbe à dire, du moins son ton se chargeait-il de véhiculer le mépris voulu.
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MEMBRE

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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Lun 3 Juil - 23:57 par Howard Taylor

"I wanna be drunk when I wake up
On the right side of the wrong bed"

« De travail ? », Howard se flagellait mentalement pour sa cruelle inexpérience vis à vis de la gente féminine, à l'égard du couple en général. Il brodait doucement son tissu de mensonges en oubliant que les filles fantasmant sur les croque-morts ne couraient pas les pages de tous les contes de fées. Confus, penaud, il tenta de se donner une contenance :

« Ouais, tu te rends compte ! Heureusement que je suis craquant ! » HA-HA ! … Échec cuisant pour l'humour. Jamais il n'avait utilisé ce terme pour qualifier quelque chose et encore moins quelqu'un, mais c'était sorti spontanément.

Une fois les banalités imaginaires échangées, il était temps de mettre correctement les deux pieds dans le plat, pas simplement les orteils. Bien sûr que sa question n'était pas très futée, il en avait bien eu conscience en la formulant, mais elle amenait à viser plus loin que le crédule : « Eh dis, on est toujours copains ? » !

« Mouais », mauvaise réponse. « 'Fin bon, si ça te fait plaisir.  Pourquoi tu poses des questions débiles ? »

Pourquoi ?! Il ne manquait pas d'air ce type... Là, vraiment, il commençait à le chauffer ! Le blond aurait fièrement arboré un immense panneau « va te faire foutre » autour du cou, ça n'aurait vraiment pas été pire ! D'ailleurs, c'était exactement ce qu'il lui avait subtilement suggéré à leur dernière rencontre, juste avant de se séparer.

« Enfin j'espère qu'au moins tu épargnes ta copine, elle va pas te supporter longtemps sinon ! ».

Là c'était trop. Autant Howard s'écrasait volontiers en présence de son père, autant face à Edgar, il avait une tolérance limitée à l'humiliation.

« Je te demande pardon ? Mais pour qui tu te prends au juste ? Elle n'est pas TOI, Edgar ! Tout le monde n'est pas nécessairement forcé d'être méprisant et condescendant pour se sentir vivre tu sais ! Parfois ça fait du bien d'être avec quelqu'un dont le hobby n'est pas de te juger en permanence ! », sans doute ! En vérité il n'avait aucune idée de ce qu'on pouvait ressentir dans ce cas là, c'est pourquoi c'était sans nul doute son pire mensonge, celui qui avait le plus d'impact sur sa réelle colère, il discernait son cruel besoin de reconnaissance et saluait sa solitude étouffante. Howard sentait son sang affluer dans toutes les zones de son corps, si bien qu'il failli en perdre l'équilibre. Un amas de sentiments contradictoires se pressa aux portes de son cerveau pour prendre la parole en premier.

« Tu es bien trop bon avec moi, tu es bien brave...-  », il posa sa paume ouverte sur son cœur dans une moue faussement émue. « - Mais je ne t'oblige à rien ! Si notre pseudo amitié, n'a pas lieu d'être à tes yeux alors tu sais quoi? Je te libère de ton fardeau : cet interminable bénévolat ! ».

Il failli se trouver mal cette fois. Cette scène, il l'avait imaginé des dizaines de fois sans jamais se croire assez fort pour sauter le pas. Il rejetait son propre dégoût de lui-même sur ce que lui offrait Edgar et s'était donc toujours senti comme un poids pour l'américain.

« Seigneur... ! Tu me rends DINGUE ! Si... Si on s'est... Retrouvés chaque fois malgré... Malgré tout, je pensais que c'était parce que, pour toi, nous deux ça comptait un peu plus qu'un vulgaire : si ça peut te faire plaisir ! Tu sais ce qui me ferais plaisir ? Que tu comprennes enfin que je tenais à toi... A notre amitié grotesque et atypique, bâtie sur rien mais qui tenait ! ».

Utiliser le passé lui labourait le cœur, il assumait presque le fait de se sentir dévasté par la situation. Là, celle-ci, cette situation là.

« Maintenant que tu as Sarah, t'as plus le temps pour ça je présume. Oui, huit mois que j'ai pas entendu le son de ta voix et tu as l'audace de me demander ça? C'est moi qui pose des questions débiles ? ».

Ses yeux se voilèrent de larmes, et il enfonça du même coup ses ongles dans la chair de ses paumes pour les refouler. Il en avait sa claque de chialer pour un rien, c'était la faute de ces maudits médicaments qui détraquaient son humeur et sa vulnérabilité. La semaine dernière il avait sangloté parce qu'un chauffard avait fauché un pauvre chat sur la route (et en plus, Dieu savait à quel point il n’appréciait pas les animaux), et le jour suivant il s'était effondré parce qu'il avait mal boutonné sa chemise... Mais cette fois, même s'il se plaisait à rejeter la faute sur son traitement pour éviter de comprendre combien Edgar le blessait sincèrement, Howard sentait qu'il était réellement malheureux en cet instant précis.

« Tu m’écœures. Oh, t'en fais pas va, je sais bien que tu t'en moques comme d'une guigne, mais... », il craqua. De gros sillons de larmes perlèrent sur ses joues rougies par la colère. Il sentait qu'il était face à un tournant décisif de sa vie, ses sensations ne le trompaient pas. Il se sentait fort, il sentait un semblant de courage alimenter ses organes. C'était maintenant ou jamais !

« Tu as passé toutes ces années à me fuir sans raison pour finalement revenir sans une seule explication, bah tu vois... Cette fois je vais te faciliter la tâche et te faire gagner du temps. Contrairement à ce que tu sembles penser, je n'ai pas besoin de toi pour exister, Edgar Anderson. Alors euh... Comment dire ? ».

Son cœur allait lâcher, c'était sûr.

« Au revoir. Tu me saoules », un brin trop théâtral à son goût mais merde, il l'avait dit ! Il fit volte face, et même si ses jambes tremblaient, il ne se retourna pas. Il se contenta de prier très fort pour qu'il le rattrape, pour qu'il rattrape également la grosse connerie qu'il venait de planter là, dans le décor, mais c'était peine perdue. Non là vraiment, Howard, t'as tout foiré, tout clôturé. Bien joué !

W.B

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# Re: Un partout, la balle au centre ft. Edgar Anderson
message posté Jeu 13 Juil - 22:50 par Edgar Anderson
Ça y était, Edgar avait déclenché tous les feux de l'enfer sur lui. Comme prévu, Howard avait pris la mouche - un peu plus que prévu, même. Il répondit avec une colère qui ne fit qu'aller crescendo. Bon, n'oublions pas que l'objectif initial de la manoeuvre était d'éviter à Edgar de parler. De ce point de vue-là, on pouvait considérer que c'était une réussite : Howard était devenu intarissable et ne lui laissait plus aucune chance d'en placer une. En revanche, plus Edgar l'écoutait, plus il avait envie d'être ailleurs que face aux quatre vérités qu'on lui balançait au visage.
« ... alors tu sais quoi ? Je te libère de ton fardeau : cet interminable bénévolat ! »
La courte pause qui suivit lui laissa tout juste le temps de rétorquer, sardonique :
« Pas trop tôt ! »
Et déjà Howard reprenait. Au milieu de sa diatribe émergea un « je tenais à toi » qui fit tiquer Edgar, un peu, parce c'était terriblement réciproque, tellement réciproque qu'il ne l'aurait jamais formulé, même pas en pensée, sous peine d'être écrasé par combien il tenait à Howard.
« Maintenant que tu as Sarah, t'as plus le temps pour ça je présume. »
Clairement pas, en fait c'était bien le but, mais ça c'était encore quelque chose qui resterait tu.
Edgar n'avait toujours pas réussi à quitter Howard du regard ; il vit les yeux de ce dernier commencer à rougir, puis briller anormalement.
Oh non, pas ça...
« Tu m’écœures. (... Touché.) Oh, t'en fais pas va, je sais bien que tu t'en moques comme d'une guigne (Zut, devancé), mais... »
Patatras. Howard se mit à pleurer pour de bon.
À cette vue, Edgar fut pris d'une détresse tout à fait disproportionnée. Il enfonça les ongles dans ses bras maintenant serrés si fort contre lui qu'ils n'allaient pas tarder à fusionner avec ses côtes, histoire de prévenir tout mouvement indésirable vers Howard. Au bout de quelques secondes, il n'y tint plus et se mit à fixer le sol. Le sol au moins ne risquait pas de lui serrer la gorge par sa simple vue.
Pendant ce temps, l'anglais continuait de vider son sac.
« ...je n'ai pas besoin de toi pour exister, Edgar Anderson. »
Il fallait le reconnaître, rarement Edgar avait pris une gifle sous la forme de son propre nom.
« Au revoir. Tu me saoules »
Edgar releva la tête, rendu à moitié incrédule par cette volte-face hautement mélodramatique. Non mais... il était sérieux, là ? Monsieur lui faisait une scène monstrueuse puis s'en allait, drapé dans sa dignité ? Il ne pouvait pas le laisser partir theâtralement comme ça, pas sans lui remettre les pendules à l'heure.
« Attends une minute... »
Soudain furieux, Edgar le rattrapa à grands pas et le saisit par le bras, le retournant brutalement. Ils étaient maintenant à moins de trente centimètres l'un de l'autre, et Edgar ne réalisait pas que ses jointures blanchissaient sur le bras d'Howard.
« Non mais tu t'es vu ?! » éructa-t-il tandis que la fureur commençait à se déployer dans ses veines.
Edgar n'avait qu'une patience très limitée quand on lui criait dessus. Et il n'aimait pas du tout qu'on lui tourne le dos.
En fait, il avait l'impression de s'être fait plaquer. Sauf que, contrairement à l'indifférence qu'avait suscitées ses précédentes ruptures, cette scène-ci le mettait en colère.
« T'es vraiment qu'une putain de drama-queen ! cracha-t-il. C'est toi qui m'écoeures, avec ton... ton putain de cinéma, là ! »
Il foudroya Howard du regard.
« Pauvre chéri, huit mois sans que je te parle ? Mais tu aurais pu venir me voir toi-même je te signale ! »
Son ton se fit d'autant plus cinglant qu'il faisait preuve d'une épouvantable mauvaise foi. Tomber sur Howard sur le pas de sa porte aurait été une très mauvaise surprise. Néanmoins, il se basait sur des faits véridiques : c'était généralement lui qui allait chercher Howard - et peu importait que ce soit parce que les gens normaux ne partent pas à l'aventure au milieu de la nuit.
« La vérité, c'est que j'ai une vie, moi, alors tu m'excuseras de ne pas toujours avoir le temps de me coltiner un putain de boulet handicapé social et geignard ! »
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