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troublemaker (solal)

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# troublemaker (solal)
message posté Mer 5 Juil - 16:40 par Alba N. Teller


❝ troublemaker ❞
Solal & Alba
Lorsque je m'étais levée ce matin, je n'avais qu'une chose en tête. Solal. Son doux prénom résonnait dans ma tête encore et encore, comme une chanson qu'on chante à tue-tête et dont on ne se lasse jamais. J'avais envie de le revoir, de replonger mes yeux dans les siens. Après l'épisode du métro et de la péniche, tout s'était chamboulé dans ma tête. Je ne savais plus ce que je ressentais. J'étais totalement perdue. Et j'espérais que le fait d'aller voir Solal arrangerait tout ça, ou pas. Et puis, Il ne m'avait pas donné de nouvelles depuis et je ne savais pas si il allait bien. J'avais beau faire comme si je me fichais éperdument de lui, je m'inquiétais quand même un minimum. Je tenais peut-être à lui aussi. Mais rien qu'un peu. Après m'être préparée pendant une demi-heure environ, j'avais réfléchi à ce que j'allais pouvoir faire. Je n'allais pas aller voir Solal comme ça en lui demandant comme il allait. Je me l'étais interdit. Je ne voulais pas non plus qu'il se fasse des illusions comme moi je m'en faisais parfois. J'avais l'impression qu'il y avait quelque chose de fort entre nous. Quelque chose qui nous lierait pour l'éternité. Solal me repoussait toujours pourtant. Et cela me blessait, alors j'allais faire comme lui. Moi, Alba Noha Teller, j'allais ignorer quelqu'un qui m'attirait constamment. Nous étions comme un aimant et du métal, nous gravitions l'un autour de l'autre. Adossée au mur de ma chambre, les yeux dans le vide, je réfléchissais à tout ça. D'ailleurs j'y réfléchissais beaucoup trop et je pris la décision d'aller le voir sans explications. Après tout, serait-ce à moi de me justifier ? C'était lui qui me repoussait tout le temps. Déterminée, je pris la direction de Brixton, le quartier où il habitait.

J'étais devant la porte de son lieu de vie. Dans quelques secondes j'allais toquer et Solal m'ouvrirait. Peut-être sera-t-il-il de mauvaise humeur et il me dirait de m'en aller. Peut être que je verrai apparaître le magnifique sourire qui me hante depuis le nouvel an. De toute façon, j'allais me brûler les ailes. M'en mordre les doigts. Me faire repousser, le provoquer, et me faire ignorer. C'était un schéma qui se répétait en boucle. Et tout ça à cause de Romy. Tout était de sa faute.  Et Solal, tel un meilleur ami modèle, ne fera jamais rien pour contrarier Romy. Je pris mon courage à deux mains et toquait enfin à la porte. Je ne savais pas quoi lui dire. La porte s'ouvrit et je vis le visage angélique de Solal apparaître. Je plongeais mes yeux dans les siens et ce moment sembla durer des heures entières. Nous étions assez proche et je déposais délicatement et rapidement  mes lèvres sur les siennes puis sourit. « Alors je t'ai manqué ? » C'était pour " vérifier " si je ressentais encore quelque chose. Et cela n'arrangeait rien. Le sentiment naissant en moi semblait en vouloir plus, bien plus. Je détournais le regard un instant. Je ne savais pas comment il allait réagir. Mais ce dont j'étais certaine, c'est qu'il fallait que je teste cela plus souvent. Je le fixais en attendant qu'il réponde. J'étais impatiente d'entendre sa réplique cinglante.



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# Re: troublemaker (solal)
message posté Jeu 6 Juil - 1:24 par Solal D. B. Fitzgerald
Troublemaker
Solal D. B. Fitzgerald & Alba N. Teller

Juliette. Ici. A Londres. De ma fenêtre, j'apercevais son immeuble au loin. Par précaution, j'avais tiré tous les stores, de peur qu'elle ne m'observe aux jumelles. Inquiet, je passais mes journées à guetter la porte, et les fenêtres. Elle était ici, alors elle était partout. Depuis qu'elle avait débarqué toute souriante pour m'annoncer que je perdais mon indépendance, je n'avais pas quitté l'appartement. J'avais pour ainsi dire coupé contact avec le monde entier. Je craignais de la croiser au premier pas dans le monde réel. J'avais peur de m'échouer devant elle et de ne rien pouvoir y faire. Juste d'accepter de ne plus avoir le contrôle.C'était à nouveau l'enfer. Comme à Paris, j'allais devoir faire semblant. De me battre pour survivre, et d'aimer la vie. Je haissais cette putain de vie, mais je voulais vivre. Je haissais ce qu'elle avait fait de moi, ce qu'elle m'avait obligé à traverser, mais j'y croyais au fond. J'avais tant d'espoirs, tant d'envies pourtant déjà réduites à néant. C'est compliqué de vivre. Ah ça, tu l'as dit Jamy. Depuis la soirée péniche, plus rien n'allait. Le monde semblait avoir changé. Je ne me sentais plus petit, perdu dans toute cette masse. Je connaissais la direction, je refusais juste de l'emprunter. J'étais lucide, tout était limpide. Il n'était qu'un vulgaire jeu d'échec. J'en étais le roi, et j'y avais trouvé ma reine. Je voyais chaque personne de ma vie tenter de me protéger d'un mal que personne ne pouvait guérir. Il suffisait de quelques débordement, d'une bonne manoeuvre de la vie pour me mettre à terre. Et mat. Je soupire et passe la main dans mes cheveux. Lentement, je retourne vers le canapé, m'y affale et commence à rouler un bédot. J'allume la télé et mets les clips. Je laisse les clips défiler tandis que je commence lentement à fumer. Je ferme les yeux, me détends, et tente de ne plus penser à rien. De ne plus penser à elle. De ne plus penser à maman. Lentement, ma main vient apporter le doux remède à mes lèvres tandis que j'écoute la musique. Mais j'entends frapper et je me redresse brusquement en sursautant. Maman. Par réflexe je commence à écraser le joint, et puis je me rappelle qu'elle sait. Alors je hausse les épaules et le pose sur le rebord du cendrier. Je me lève et me dirige jusqu'à la porte. Je m'arrête quelques secondes devant le miroir. Mauvaise mine. Juliette va être insupportable. Je soupire et ouvre la porte. Mais je me fige. Ce n'est pas ma mère. C'est encore pire. Alba. Je la regarde dans les yeux, la bouche ouverte, sans savoir quoi dire. Elle s'avance alors vers moi et m'embrasse furtivement. Je fais les gros yeux et me ressaisis. Ca va pas bien ou quoi? Je fronce les sourcils et recule quelque peu, troublé. Si elle m'a manqué? Non. Tellement. Je la regarde sourcille et réponds : « J'me suis pas brossé les dents aujourd'hui et j'ai vomi hier soir. » Grossier et charmant, ma spécialité. Ce tissu de mensonge allait la repousser, je l'espérai. Comme toujours. « Indigéstion. Vénère. » Je hochais la tête en claquant de la langue pour appuyer mon propos. Je tournais alors les talons, l'invitant à me suivre et soupirais et lançais par dessus mon épaule : « Le mieux que j'peux te proposer c'est un candy up. » J'avançais lentement en dodelinant, sans m'en rendre compte. Des ailes m'auraient-elles poussé dans le dos? Je me tournais à nouveau vers elle et demandais brusquement : « Comment tu sais où j"habite? T'es flic? » Je la toisais de haut en bas. Mais mon regard s'arrêta lentement, sur chaque parcelle de son corps. Un peu trop longtemps, et troublé je me dirigeais jusqu'à la cuisine américaine pour aller me cacher derrière le frigo et prétendre chercher quelque chose à boire. Je respirais lentement, et tentais de reprendre le contrôle de mon corps que je sentais prêt à trembler. Je voulais qu'en relevant la tête, elle ne soit pas dans le salon, j'aurai voulu avoir rêvé cet instant. Mais non, elle était là, et moi, j'étais pétrifié. Incapable de lui demander ce qu'elle souhaitait boire. Sans trop savoir comment formuler des mots qui semblaient si clairs dans mon esprit, je restai là, le bras sur le frigo, la bouche ouverte, à la regarder. Solal, échec... Et mat.
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# Re: troublemaker (solal)
message posté Mar 11 Juil - 15:11 par Alba N. Teller


❝ troublemaker ❞
Solal & Alba
J'étais totalement inconsciente. Je n'avais pas réfléchi aux conséquences. Je n'aurai pas dû aller voir Solal. Ni l'embrasser. J'aurais dû faire comme si il n'existait pas, comme si il ne comptait même pas un minimum pour moi.  Je m'étais jetée dans la gueule du loup sans même m'en rendre compte. Et il allait sûrement me repousser. Mais j'avais l'habitude. Pourtant, cela me blessait à chaque fois qu'il le faisait. J'avais cru défaillir lorsqu'il avait ouvert la porte. Il m'avait fixé, se demandant sûrement ce que je faisais là. Après l'avoir embrassé, il s'était reculé et avait fait les gros yeux. Mais pour l'instant, il n'avait rien dit. Impatiente, j'attendais sa réplique cinglante. Finalement, elle arriva assez vite à mon goût. « J'me suis pas brossé les dents aujourd'hui et j'ai vomi hier soir. » C'était un classique chez Solal de remballer les gens comme ça. De me rembarrer comme ça. J'avais froncé les sourcils et je le regardais dans les yeux. Il n'allait pas gagner à ce jeu là. « Indigéstion. Vénère. » Je lui lançais un sourire hypocrite. J'espérais que ça allait l'énerver encore plus. « Ah ouais, t'as raison. C'est tellement ton genre ces trucs là, j'aurais dû y penser ! Tout ce que je voulais c'était le provoquer, qu'il réagisse enfin. Il m'invita à le suivre ce qui me surpris énormément. « Ça ne te gêne pas que j'entre chez toi ? Nan désolée, je pensais que c'était réservé aux gens que tu n'ignorais pas... » J'observais la réaction de Solal, guettant le moindre signe d'énervement. J'étais totalement perdue. Je ne savais plus quoi dire. En un instant, tout avait changer. Comme par magie.   « Le mieux que j'peux te proposer c'est un candy up. » Je regardais Solal de la tête aux pieds.  « Comment tu sais où j"habite? T'es flic? » . Je le fixais. Je ne savais plus quoi répondre. J'observais donc les murs de son appartement. Ils étaient neutres. Sans trop de décoration.   « Ouais, c'est possible. »   J'avais remarquer  qu'il fixait un peu trop mon corps. Peut-être que Solal n'était pas si indifférent qu'il le prétendait. Il avait l'air de trembler. Il avait le bras sur le frigo et m'observait la bouche ouverte. Mais pourquoi me repoussait il encore ? La réponse à cette question me paraissait tellement évidente mais j'espérais avoir complétement tort. C'était à cause de Romy. Romy Teller. Il ne voulait pas " la trahir " et il pensait qu'en me rejetant de cette façon, je l'oublirais, je ne penserais plus à lui. Je ne pouvais point oublier Solal. Il était partout dans ma tête, dans mon esprit et peut-être dans mon cœur. Je n'en étais pas certaine.


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# Re: troublemaker (solal)
message posté Jeu 20 Juil - 22:17 par Solal D. B. Fitzgerald
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Solal D. B. Fitzgerald & Alba N. Teller

Je nageais en plein cauchemar. Depuis qu'Elsa avait cessé de me parler, tout partait dans tous les sens. Je n'avais qu'une épaule sur laquelle me reposer : celle de mon cousin Julian. Parce qu'Alba avait sa place dans mon trouble, je n'osais aller vers mes meilleurs amis. Parce que cette histoire, nous y étions tous quatre. Au fond, les rivalités entre nous avaient toujours engendré des conflits. Depuis des années, le coeur de Romy balançait pour Camille, comme pour Vince. Elle avait fini par se décider, mais j'avais assisté à chaque retournement de situations. J'avais consolé tantôt l'un, tantôt l'autre. Il nous fallait des épreuves pour se prouver notre amitié, et j'espérai, que comme toujours, les choses finiraient par rentrer dans l'ordre. Et puis il y avait Juliette, ma mère. Elle avait débarqué ici sans prévenir, et avait tout chamboulé. Je craignais mes démons intérieurs, mais je fuyais l'extérieur. Je ne savais plus où poser pied à terre. J'étais perdu, confus. Et alors que je m'étais attendu à la trouver là, ce fut Alba qui se pointa chez moi. Ironie, puisque j'avais espéré trouver Alba en ouvrant à Juliette. Dans un élan de faiblesse. Elle était là, belle comme un coeur et tout sourire. Et un étrange rictus s'était emparé de mon visage. Je ne voulais pas la laisser entrer dans ma vie, ni même dans mon appartement. Mais j'étais trop faible pour lui claquer la porte au nez, alors je l'invitais à me suivre. Comme j'avais autorisé Alexandra à entrer dans ma vie. Et désormais, je la savais morte. Elle avait fini par m'envoyer un message, au cours du mois de Juin, afin de s'excuser de m'avoir abandonné alors que je lui avais ouvert mon coeur. Durant quelques jours, nous nous étions parlés, se donnant des nouvelles, prenant soin l'un de l'autre même à distance. Je la savais morte, car depuis, elle n'avait plus rien envoyé. Elle n'avait pas pu m'abandonner une seconde fois. La nouvelle n'avait pas encore été confirmée, mais j'en étais persuadée. Ma petite-amie était décédée, et malgré toutes mes promesses, je n'avais pas su l'accompagner. Je n'étais pas accablé, pas encore. J'avais besoin de preuves, j'avais besoin de voir sa tombe et d'y pleurer pour ressentir une quelconque tristesse. Pour le moment, ce n'était pas réel. Mais Alba, elle, l'était. Et je faisais la même erreur avec elle. Je la repoussais tantôt, mais l'invitais à entrer. Et mon trouble était plus grand encore. Elle m'enlevait toute parole, elle me tétanisait. Son regard allait finir par me refroidir, pour de bon. Je soupirais à ses paroles en levant les yeux au ciel et lui lançais, avec lassitude : « T'arrêtes jamais d'être une peste? Je t'ai fais entrer, accorde moi dix secondes de répit Alba. » Puis, dans l'idée de cacher ma gêne derrière la porte du frigidère, j'allais chercher de quoi boire. Je ne saurai jamais de quelle manière Alba a trouvé mon adresse, ni même ce qu'elle espérait en venant ici. Mais j'étais à la fois heureux, et paniqué à l'idée qu'elle soit ici. Chez moi. Seule avec moi. Hébété, je finis par refermer la bouche et attrapais deux bières et un candy-up à la fraise. Restons basique. Je revins auprès d'elle et déposais le tout sur la table. Le lait fraise jurait étrangement parmi les pochons de beuh vides et les bières, mais ça ne changeait pas de mon quotidien. J'étais un enfant dans un corps d'adulte. Je la regardais et m'asseyais sur le canapé le plus éloigné d'elle. Ridicule mais nécessaire. J'attrapais une bière et l'ouvrais avec mon briquet puis l'apportais à ma bouche. Puis je rallumais le joint entamé et levais les yeux vers elle : « Je peux faire quelque chose pour toi? » Je la regardais, impassible. Tentant de réprimer mon excitation quant à sa présence, et ma peur d'elle, et de moi-même, et de ce qui se passer en un rien de temps. Alors, je baissais à nouveau les yeux vers ma bière, et fuyais son regard. Et son visage. Et je tentais de ne pas sentir son parfum. Je soupirais bruyemment. Parce qu'au fond, je voulais que l'on retrouve cette soirée sur la péniche. Je voulais qu'on s'abandonne, encore et pour toujours. Mais je connaissais la vie, cette pute, et je savais qu'une telle décision me reviendrait en plein visage. Je ne devais pas céder. Pour rien au monde. Sinon, elle allait finir par en mourir, elle aussi.
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