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you are unforgettable, i need to get you alone (benedict)

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# you are unforgettable, i need to get you alone (benedict)
message posté Ven 7 Juil - 21:34 par Charlie O. Maas-Cahill
Charlie O. Maas-Cahill & Benedict S. Hughes
⚜ YOU ARE UNFORGETTABLE, I NEED TO GET YOU ALONE⚜

Je pris lentement mon souffle, le regard fixé dans le miroir en face de moi. J'attrapais le crayon et tentais de durcir les traits. Puis, j'attrapais mes cheveux et les coiffais en deux couettes hautes. Satisfaite, je me souris à moi-même et me levais. Maquillage d'auguste terminé, je n'avais plus qu'à revêtir mon costume, une combinaison moulante en haut et évasé aux jambes, légère. Accompagné de motifs colorés et vifs. Une tenue classe, mais fantaisiste. Je m'y glissais puis attrapais la veste à paillettes rose pâle avec laquelle je débutais mon numéro. Je me regardais dans le miroir. J'étais prête à y aller. Je glissais mes pieds dans mes chaussons et me dirigeais jusqu'aux coulisses. J'y retrouvrai mes collègues que je saluais et commençais à m'étirer. Le dompteur venait de commencer son numéro. J'avais dix minutes devant moi. Lentement, je réveillais chacun de mes muscles, tout en soufflant. L'appréhension, c'était la meilleure partie. Plus elle était grande, mieux était la représentation. L'éternelle boule au ventre vint s'installer dans mon bas ventre et je respirais un peu plus fort, pour me détendre. Les dix minutes passèrent lentement, comme toujours. Le dompteur fit rentrer ses lions et me jeta un regard alors que la piste s'assombrissait pour accueillir mon arrivée. Les techniciens placèrent le tapis sur la piste et s'évanouirent dans l'ombre. Je m'avançais et la musique débuta. Lentement, je marchais jusqu'au centre de la piste en faisant semblant de découvrir le monde qui m'entourait. Avec grâce, je fis les présentations en écrivant mon pseudonyme sur mon ardoise et laissais mon bras tomber brusquement et l'ardoise tomber au sol. Je fis mine d'être surprise, et commençais à bouger mes membres frénétiquement. Et lentement, je me mis à danser. Et puis je me laissais glisser au sol dans un gradn écart facial et mon corps commença à se tordre. Et plus je repoussais les limites du corps humain, plus mes expressions faciales traduisaient la surprise et l'horreur de mon personnage. De Chapline. Le temps passa vite, comme chaque représentation. Je me sentais bien, là. Sous les projecteurs. A briller. Bientôt la musique s'arrêta et je cessais de danser, figée. Et mes yeux tombèrent sur un visage connu. Benedict. J'eus un léger sourire et je retournais dans l'ombre après avoir salué les tribunes.Ils ne restaient que trois numéros avant le salut final. Je restai donc là, à regarder mes collègues comme je l'avais toujours fait. Et lorsque ce fut l'heure d'aller saluer les spectateurs, j'y retournai, avec plaisir. Je retournais dans ma loge où je me démaquillais et laissais tomber mes cheveux sur mes épaules. Je me débarassais de ma combinaison et enfilais un jean taille haute et un top crop. Je glissais mes pieds dans mes pumas suède et réunissais mes affaires. Je quittais alors le chapiteau en faisant au revoir de la main à tout le monde. Je me dirigeais jusqu'aux cages des animaux, certaine de l'y trouver. Je ne m'y trompais pas, il était là, je le reconnus à la couleur de ses cheveux roux. Je m'approchais de lui, et timide lançais : « Enco-re là? Je vai-ais finir parr crroi-re que vous êtes tombés amou-reux de moooi.. » Je lui adressais un regard et un sourire en coin en m'approchant de la cage des tigres devant laquelle il se trouvait. Je lui fis signe de regarder ma main et je m'approchais de Benzal, le jeune tigre qui se trouvait en face de nous. Il s'approcha doucement de ma main et la sentit, puis il la lécha et je me mis à caresser sa tête. Je tournais la tête vers Benedict et lui tendis la main. Il la prit et je fis le même schéma, pour laisser l'animal décider de s'il voulait des caresses de cet inconnu tout en reconnaissant mon odeur. Benzal s'approcha doucement et lécha celle de Benedict. Je gardais ma main autour de la sienne tandis qu'il caressait le jeune tigre et lorsque je vis la queue de l'animal remuer, je tirais la main de Benedict en arrière. Benzal était impatient. Je me tournais vers le jeune professeur et lançais sévère : « Ne faites ja-mais ce-la sans moi!. » Et je lui souris. J'étais contente de le voir. Troublée, mais contente.
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# Re: you are unforgettable, i need to get you alone (benedict)
message posté Dim 9 Juil - 0:15 par Benedict J. Hughes
You are unforgettable, I need to get you alone

Les paysages sont flous, les lignes sont courbées, tordues, dérangeantes. Il fait sombre, si sombre, je ne vois pratiquement rien autour de moi. Je ressens la peur, l'angoisse, la solitude. Ma poitrine se lève vite, si vite; j'ai l'impression que mes poumons pourraient en sortir à tout moment. Je connais trop bien cette ambiance lugubre qui règne, et je la déteste par dessus tout. C'est celle de mes terreurs nocturnes. Mes crises d'angoisses. Je m'y perd une fois de plus sans même m'en rendre compte. Je suis là, passif, contraint de revivre encore et encore ces cauchemars. Ça ne s'arrête jamais. Je marche dans le noir, je pense distinguer un chemin de terre. J'ai l'impression d'être mort, ou presque. Je me sens triste et dénué de vie, comme si à présent, toute l'énergie de mon corps l'avait quitté. Je ne sais pas si j'avance, ou si je recule. Les pierres craquent sous mes pieds. Je voudrais courir alors que mes jambes semblent peser une tonne chacune. Alors je continue de marcher sur ce long chemin de terre. Et puis au bout, ce miroir. Ce foutu miroir. Je ne peux pas l'esquiver, je suis contraint de me regarder dedans. Une fois de plus. Je suis hideux, les traits de mon visage sont flasques, le teint blanc comme un linge, les lèvres gercés. Mes cheveux tombent par poignet à vue d'œil, on distingue le haut de mon crâne, nu. Je passe une main sur ma tête. Je me répugne. Mon cœur s'accélère, alors que mon reflet me répète inlassablement "Tu vas mourir Benedict." C'est vrai, je vais mourir. Et tu es toujours là pour me le rappeler n'est-ce pas? Conscience, au garde à vous lorsque je ferme les yeux, lorsque mon corps se laissent aller à Morphée. Tu es la pire des amis. Et soudain, à travers le miroir, je vois cette lumière. Je me retourne, et je la vois. Elle danse en haut de cette montagne, semble aussi légère qu'une plume, aussi belle qu'une rose. Elle se déplace telle une déesse, comme si la gravité n'avait aucun impact sur elle. Elle a les traits doux, même si elle fronce un peu les sourcils. Son corps se balancent, ses longs cheveux dorés reflètent la lumière et lui donnent des allures d'ange. Peut-être est-elle l'une d'entre eux. Peut-être est-elle celle qui m'emportera dans les cieux. Mais étrangement cela n'a plus d'importance. Je sens mes jambes se dégourdir, et je cours vers elle, je la rejoins. Charlie, quelle genre de créature es-tu?

J'ouvre difficilement les yeux. Doucement le rêve se dissipe, et je sens une douleur irradiant vers ma nuque à peine suis-je éveillé. Je me suis encore endormi dans mon canapé hier soir, et mon corps semble se rebeller face à cette décision. Je vois que la porte de la chambre de Shinya est fermée, signe qu'il n'est pas encore debout, normalement. Je regarde l'heure sur ma montre. 7:54 am. En mémoire me revient le fait qu'on est dimanche. Donc tout est normal jusque là. Outre le fait que je suis toujours atteint d'une maladie incurable, tout va bien. Je m'assois sur le canapé, posant fermement les deux pieds à terre. Je passe mes deux mains dans la tignasse rousse qui me sert de chevelure, puis frotte énergiquement mes yeux. Au bout de quelques minutes, je suis debout.

Elle reste dans ma mémoire toute la matinée. Mes rêves, je m'en rappelle souvent, puisque ce sont bien souvent des cauchemars; mais celui de cette nuit était différent des autres. Je ne saurais dire si au final ça avait été un bon ou un mauvais rêve, mais en tout cas il ne peut pas sortir de ma tête; pas même quand je suis à la messe de neuf heures, mes doigts recroquevillés sur le dossier du banc devant moi, la tête encastrée dans mes mains récitant les paroles du prêtre comme une deuxième langue. Pas même sous la douche à onze heures, après une longue promenade avec Lupin qui me fait courir d'un bout à l'autre du quartier. Ce chien a trop de force. Pas même à midi, alors que je mange tranquillement avec Shinya, discutant de tout et de rien; de l'école, de sa troupe de théâtre. Elle me revient toujours en mémoire. Charlie c'est cette fille que j'ai rencontré au cirque. Depuis elle n'est pas vraiment sortie de ma tête. Charlie, c'est pas le genre de femme que tu rencontres partout; d'ailleurs avant elle je connaissais personne comme ça. Une créature envoûtante, gracieuse. Ça m'avait pas fait title au début, quand elle est venue me voir derrière le cirque en me disant qu'elle me connaissait. Et elle a dit qu'elle travaillait ici, au cirque. Elle l'a dit avec une certaine difficulté d'ailleurs, mais j'ai trouvé ça touchant. Alors j'ai voulu voir ce qu'elle faisait, et j'ai acheté un billet. J'aime pas trop les cirques; les clowns ne sont pas très rassurants, avec leur grand sourire, leur grand yeux; ils ont cet air maléfique sur le visage qui me donnerait presque des frissons. Et je n'aime pas la façon dont sont traités les animaux. Mais j'ai voulu voir ce qu'elle faisait sous ce chapiteau, c'était plus fort que moi ; Je l'ai vu, avec son maquillage de clown. Et je les ai trouvé tout à coup moins effrayants ces gens-là ; et puis elle a dansé, et j'ai pu contempler l'élasticité de son corps. Je n'avais jamais vu ça en vrai auparavant. C'était magique, irréel. À ce moment là, elle était la plus belle chose que j'avais jamais vu de ma vie. Une nouvelle espèce, entre la femme et le serpent peut-être. Et c'est plus fort que moi, j'ai envie de la revoir.

Quelques heures plus tard, je suis de nouveau devant ce cirque. Pull en maille légère noir et jeans, j'ai bafouillé à Shinya des explications sans grande conviction, et je suis sorti. J'ai acheté un autre billet au guichet, pour la voir une deuxième fois. Je me trouve ridicule, je ne sais même pas pourquoi je fais ça. J'ai pris ma caméra, mais je ne suis pas sûre de la raison ; un vlog, ou simplement le prétexte d'un vlog. Je rentre dans le cirque, et je m'installe à une place vers le devant. Et les numéros défilent sans que j'y accorde une grande importance. Jusqu'au moment où je reconnais cette musique, et cette silhouette. Je sers la caméra plus fort entre mes mains. Je voudrais prendre une séquence en vidéo, mais mes yeux ne décrochent pas de Charlie. J'ai l'impression d'être à la limite entre le rêve que j'ai fais la nuit dernière, et la réalité. Une étrange sensation s'empare de moi, un sentiment de flottement, comme si j'étais encore endormi. La musique m'envoûte, tous comme ses pas de danse. Je ne décroche pas non plus mon regard de son visage, essayant de capter le moindre de ses micros-expressions. Elle fronce les sourcils, de plus en plus. Comme dans mon rêve. Et puis c'est la fin. Nos regards se croisent un instant, mais je reste de marbre. Je n'ose pas sourire, ni faire un geste de la main. Idiot. Charlie salue le public, et sort en quelques enjambés gracieuses de la scène. Et moi, je me lève et je sors du cirque à mon tour, parce que j'ai besoin d'air. Le vent frais de la fin de journée me caresse le visage ; Je sais vraiment pas ce que je fais là, je sais pas dans quoi je m'embarque, dans quoi j'ai envie de m'embarquer. Je saurais pas l'expliquer. Est-ce normal d'être fasciné par quelqu'un, de vouloir mieux la connaître pour la cerner ? Je ressens ce besoin qu'il en soit ainsi. Mais là, je pense juste à rentrer chez moi. Je tourne autour du cirque pour récupérer mon vélo, puis j'entends les grognements des tigres. Alors je m'approche d'eux, et je souris. Ils sont tellement beaux. Je lâche mon vélo par terre pour les observer derrière les barreaux. « Enco-re là? Je vai-ais finir parr crroi-re que vous êtes tombés amou-reux de moooi.. » J'ai failli sursauter. À la place, je me suis vivement retourné. Elle a troqué son costume et son maquillage de scène pour des habits décontractés. Jolie. J'ai du mal à la regarder dans les yeux, alors je détourne le regard, et je fixe les tigres à côté de nous. Je me racle la gorge, et fronce un peu les sourcils, intimidé. « Non, je... Rien à voir. » Quelle répartie. Ma surprise et mon anxiété m'ont fait temporairement perdre mon second degré. Mais je me reprends vivement en ajoutant, toujours les yeux rivés sur les barreaux. « Je voulais simplement filmer quelques séquences pour une vidéo, c'est tout. » Il faut juste pas qu'elle demande à voir les séquences inexistantes en question. Je jette un regard furtif vers elle, esquissant un sourire sincère, écho à celui qu'elle m'offre en retour. « Désolé de vous décevoir. » Ai-je ajouté toujours d'une timidité certaine, mais d'un ton plus léger. Et puis Charlie passe sa main à travers les barreaux, et je m'en horrifie presque ; jusqu'à ce que je vois que le jeune tigre lui lèche la main. Plus les minutes passent, plus cette jeune femme s'avère être un véritable mystère pour le commun des mortels. Tout le monde aurait hésité à mettre sa main dans une cage de tigre, mais elle n'a pas titillé une seconde. Et puis elle me tend la main, signe que je devrais l'attraper avec l'une des miennes. Je sens le rouge me monter aux joues. Se tenir la main, ce n'est pas le genre de chose qu'on fait quand on vient de se rencontrer. Mais je me laisse doucement guider, pas très sûr de ce que je suis en train de faire. J'ai juste très envie de caresser le tigre, moi aussi. Alors je tend la main vers lui, incertain. Mon cœur s'emballe, je déglutis difficilement et pendant une seconde, j'imagine ma main être déchiquetée entre les crocs acérés de la belle bête. Je ferme les yeux, tentant de contrôler ma respiration. Et puis au final, je sens quelque chose mouiller et chatouiller le bout de mes doigts. J'ouvre les yeux, et je me vois obtenir le même traitement de la part du tigre que Charlie quelques instants auparavant. Un large sourire se dessine sur mes lèvres, et mes yeux s'emplient de joie. C'est la première fois que je fais ça. Je jette un regard vers la jeune femme, puis me concentre à nouveau sur ma main, tenue dans la sienne ; je commence à caresser la bête, laissant un gloussement s'échapper de ma bouche. Je souris comme un enfant, mais le temps d'un instant, ça n'a plus d'importance. « Il est vraiment magnifique. » N'ai-je pu m'empêcher de m'exclamer dans un murmure. Et puis Charlie retire ma main, peut-être a-t-elle senti l'anxiété du tigre monter ; j'ai vu qu'il remuait la queue moi aussi. « Ne faites ja-mais ce-la sans moi!. » L'ai-je alors entendu dire d'une note plus sérieuse. Je la regarde une nouvelle fois, ne contenant plus le sourire béat sur mes lèvres. Pourquoi, est-ce que vous seriez jalouse que je fasse ça sans vous ? « Non, bien sûr que non. » Dis-je plus timidement. Je me racle la gorge, gêné par le silence qui s'installe à présent. Dis n'importe quoi. « Je crois que je n'ai pas eu l'occasion de vous dire que votre prestation... Enfin, c'est vraiment beau, et inhabituel. » Avance d'un pas, recule de dix Ben. Je lui adresse un autre sourire, et détourne les yeux, le regard soudainement plus attiré par les alentours plutôt que par la jeune femme en face de moi.


☆☆☆ Beerus
@CHARLIE O. MAAS-CAHILL
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# Re: you are unforgettable, i need to get you alone (benedict)
message posté Dim 9 Juil - 19:00 par Charlie O. Maas-Cahill
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Je ne voyais pas le monde comme tout le monde. Je n'en faisais pas partie. Seulement lorsque je dansais, lorsque mes mouvements trouvaient leur sens dans l'espace. Seulement durant ces quelques minutes de représentation pendant lesquelles j'existais, où je trouvais sens et but. J'avais conscience de ma différence, et je ne la criais pas sur tous les toits. Ma vie était différente. Contrairement aux autres enfants, je n'avais pas fréquenté les bancs de l'école. Parfois, pas plus de deux mois c'était certain. Mon monde à moi n'existait pas vraiment. Tout y était au même niveau. Rien n'était plus grave qu'autre chose. J'avais vu mon père mourir sur le coup et ma mère se vider de son sang. Mais ce n'était que des images. Elles finiraient bien par partir un jour, et l'existence était si fragile. Je savais que ce qui importait était éphémère, comme les étoiles. Mes étoiles. Celles qui m'avaient guidé jusqu'au devant de la scène. Celles qui s'allumaient dix minutes pour m'éclairer, et me faire briller. Les projecteurs finissaient dans le noir, eux aussi. La lumière nous matérialisait dans l'espace. Sans elle, nous étions aveugles. Elle était supérieure à nous. Alors, nous étions bien plus fragiles encore. J'avais compris la vie grâce à des schémas et des motifs. J'étais habituée. J'avais eut un ami. Arsène. Et aujourd'hui, il n'était pas là. La vie était un éternel cycle. Je m'étais mariée pour échapper à la galère et à la solitude. Et aujourd'hui, je fuyais ce qui m'avait permis de m'en sortir en retrouvant ce à quoi j'avais échappé la première fois. J'étais livrée à moi-même. Et au fond, je l'avais toujours été. Mes choix, c'est moi qui les avais fait. J'aurai pu décider d'être scolarisée et de poursuivre un cursus plus "normal". Mais j'avais été attirée par ces étoiles moi aussi. Le spectacle coulait dans mon sang. J'avais suivi ma voie. Et alors que je jouais les femmes parfaites, j'avais compris ce qu'était au fond, la solitude. Et ça ne me dérangeait pas. Les artistes sont des gens à jamais seuls, torturés par leurs propres démons dont ils ne se débarasseront jamais. Parce qu'ils ne le souhaitent pas, parce que c'est ce qui leur permettent d'exprimer quelque chose dans l'art. Et donc d'exister malgré ce qui tente de les achever. Je l'avais compris trop tôt. Incapable de faire preuve d'affection envers mes proches. Parfois, je sentais le regard discret de ma mère sur moi. Elle tentait de déchiffrer mes pensées, de trouver ce que mon sourire constant pouvait cacher. Il n'y avait rien à trouver, aucun mal ne me détruisait. J'avais cette distance avec le monde qui me permettait de prendre les évènements avec dignité. Rien ne m'achevait, car il y avait toujours mieux à trouver. Dans mon art. L'art, c'était d'ailleurs la seule chose à laquelle j'avais accepté de m'accrocher. Si on me l'enlevait, je n'avais plus rien. Mais il continuerait d'exister qu'importe mon destin. Il était palpable, il existait dans le monde bien plus que les humains et leurs relations. Ca ne servait rien d'aimer, tout le monde finissait par partir un jour ou l'autre. De nombreuses fois, je m'étais questionnée sur les sentiments que j'éprouvais pour mon meilleur ami. Et j'en étais arrivée à la conclusion que je ne savais pas ce que c'était d'aimer. Il avait tout pour me rendre heureuse. Il me comprenait, il était beau, intelligent, drôle. Mais le soir, avant de m'endormir, je ne pensais jamais à lui en espérant me retrouver dans ses bras. Nos nombreux ébats sexuels avaient eut lieu parce que lui en avait rêvé, et moi, parce que j'en avais eut envie. Seulement envie, sur l'instant. Je n'avais jamais désiré un homme au point de tout faire pour l'avoir. Au contraire, tous venaient à moi. Probablement parce que je n'étais pas facile à avoir. Je soupirais et quittais ma loge. Je travaillais avec cette compagnie depuis quelques mois déjà, et pourtant, je n'avais toujours tissé de liens. Avec personne. Je ne parvenais pas à aller vers eux, à braver mon handicap car aucune personne ne semblait plus intéressante qu'une autre. C'était cruel, mais je me fiais aux premières impressions. Et rien ne m'avait encore intrigué pour que j'ose faire le premier pas. Alors comme d'habitude, je fuyais pour aller rejoindre la seule personne qui avait provoqué une émotion plus importante que les autres.
Benedict.
Dehors, l'air était frais malgré le soleil éclatant. Il était là, devant la cage aux tigres, à les regarder sans oser les approcher. J'eus un sourire aux bords de mes lèvres. Je l'avais découvert pour la première fois sur youtube. J'étais tombée par hasard sur l'une de ses vidéos, et son charisme m'avait laissée scotchée à ce qu'il disait tout le long de la vidéo. Et j'avais regardé toutes les autres, m'imprégnant à jamais de sa voix et de son visage. Et puis un jour, je l'avais reconnu devant ces mêmes cages. Ses cheveux roux, ses tâches de rousseur. Sans hésiter, je l'avais abordé. Sans me poser de questions, sans avoir peur. Et il était venu à la représentation qui avait suivit. Et dans le noir, j'avais pu voir des étoiles briller dans ses yeux. Le rouge m'était monté aux joues, et pourtant, personne n'aurait pu le voir sous mes couches de maquillages. J'avais ressenti sa fascination, et elle m'avait intimidé en retour. Je n'avais pas envie de le décevoir, et de briser ce que mon corps avait su lui transmettre, par ses gestes. Il était rare que quelque chose m'amène ainsi vers les autres. Avec lui, ça avait été naturel, il transpirait la sincérité. Comme avec Arsène. Mon coeur se serra. Oui, parfois je ressentais des choses. J'avais grandi à côté de cet homme qui avait aussi été un frère et un amant. Nous avions tout partagé, mais je ne lui avais pas tout donné. Pas ce qui comptait le plus à ses yeux : mon amour. Pourtant, je lui avais ouvert mon coeur, je m'étais confiée à lui, m'étais réfugiée dans ses bras dans les moments durs. Mais j'avais épousé son père, brisant la promesse qu'on s'était fait de toujours être ensembles. De toujours être amis. J'étais devenue sa belle-mère, sensée représenter une certaine autorité sur lui alors qu'il était l'homme qui m'avait tout appris. Je n'avais pas mérité son amour, alors j'étais partie. Surtout pour lui. Pour lui éviter de me voir malheureuse enchaînée à son père. Il était la seule personne qui me restait, et pourtant je lui avais tourné dos. Je m'étais sentie trop fragile, trop faible à ses côtés alors j'avais décidé de le quitter. Pour toujours. Du moins je l'espérai. Certains auraient tendance à dire que j'ai fais preuve de lâcheté. Mais rien n'est plus courageux que d'abandonner son seul repère pour s'aventurer seule dans la vie. Je levais les yeux vers Benedict pour lui parler. C'était sans doute une mauvaise idée d'approcher quelqu'un de cette manière, mais je m'en foutais. Je ne regrettais pas d'avoir connu Arsène, alors le risque était à prendre. Je le vois fuir mon regard alors que je tente de capter le sien. Alors moi aussi je finis par regarder les tigres tandis que je l'entends se racler la gorge. Je souris en coin, amusée par sa gêne, et repose mon regard franc sur lui. Il bégaye, lui aussi, que je me trompe. Je ris doucement et hausse les sourcils. Puis il reprend en prétextant vouloir filmer mon numéro. Je m'approche un peu de lui, surprise et réponds : « Je ne vous ai pas vu re-garrrder la camérrra pendant mon num-éro.... » Je hausse les épaules en souriant. A vrai dire je ne l'avais pas vu tout du long de ma représentation, seulement à la fin. Mais je trouvais amusant de le taquiner, et de faire monter le rouge qui ne tarda pas à envahir ses joues. Je souris à nouveau, amusée. Amusée, mais troublée. Il s'excusa de me décevoir et je plongeais mon regard dans le sien, en souriant doucement. Par mécanisme. J'étais incapable d'aimer, je n'attendais pas son amour en retour. Et je ne l'espérai pour ainsi dire pas. Je n'avais jamais eut le coeur brisé, mais je semblais en comprendre l'idée. Benedict était touchant et gentil, il était capable en quelques secondes, de coller un sourire sur mon visage. Il mettait en confiance à la fois qu'il destabilisait par ses regards fuyants et ses attitudes témoignant de son malaise. De la même manière que j'avais compris sa fascination pour mon numéro, j'avais ressenti son intérêt pour les fauves. Il était si mystérieux, mais si facile à comprendre. Alors, dans le but de lui offrir un souvenir qu'il n'aurait peut-être pas l'occasion de vivre un jour, je passais ma main à travers les barreaux pour caresser l'animal. De nombreuses fois, je m'étais retrouvée à devoir le nourrir, ou à essayer de le dompter avec son propriétaire. Alors je montre au tigre et aussi à Benedict comment les choses fonctionnent. Puis je lui tends ma main, l'invitant à me faire confiance. Je vois ses joues rougir et je ris doucement avant d'attraper sa main. Et je le mène jusqu'à Benzal. Je le sens tendu et effrayé, je tourne la tête un instant vers lui et je le vois, yeux fermés. Mais lorsque l'animal vient lui lécher les doigts, il les rouvre et rit. Il rit comme un enfant et complimente l'animal. Et je retire sa main, sentant l'animal s'agiter sous tant d'animation autour de lui. Je redeviens plus sérieuse, et je sens quelque chose scintiller dans le regard de Benedict à mes mots. Destabilisée, je fuis son regard et tente de m'excuser : « Il n'est pas mé-chant, il a tendance à paniqqqquer lorsqu'il sent tr-op de monde autour de lui et que son maître n'est pas là. Il res-te dangereux. » Et je baisse le regard. Au fond, je voulais qu'il se souvienne de moi comme celle qui lui avait permis de caresser un tigre. Je ne voulais pas me sentir inutile. Je voulais qu'il revienne. Il me coupa néanmoins dans mon malaise pour me complimenter sur mon numéro. Touchée et surprise, je relevais les yeux vers lui et piétinais sur place en jouant avec mes mains. Je déglutis, tentant de retrouver le contrôle, sans y parvenir. Alors, je plongeais la main dans ma poche et en sortis une cigarette. J'en proposais une à Benedict, plus détendue alors que je sentais l'odeur du tabac provenir de celle calée entre mes lèvres. Je l'allumais et relevais les yeux vers lui, alors que c'était à son tour de me fuir : « Merci.. » Ne parvenant pas à capter son regard une nouvelle fois, je m'avançais vers lui et passais un bras autour du sien pour l'inviter à me suivre. J'avais envie de marcher, et de profiter de ce mois de juillet ensoleillé dans Hyde Park. En silence, on se mit à marcher. Sûrement trop occupés à chercher nos mots pour vraiment se confronter l'un à l'autre. Puis après avoir tiré lentement sur ma cigarette je me détachais de lui et demandais, doucement : « Qu'esst-ce qqque vous ensei-gnez dé-jà?. » Je relevais la tête vers lui, en souriant. Ses yeux rencontrèrent les miens une fraction de seconde, puis tous deux mal à l'aise, notre regard alla rencontrer le sol. Peut-être pour nous rappeler que la terre était la seule chose concrète à laquelle on pouvait réellement se raccrocher.
 
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message posté Sam 5 Aoû - 16:55 par Benedict J. Hughes
You are unforgettable, I need to get you alone

Très clairement, je ne sais plus où me mettre. Je regrette un moment de ne pas avoir enfourché mon vélo et de ne pas être rentré chez moi quand j'en ai eu l'occasion. Mais j'ai été amadoué par les tigres dans ces cages, comme un enfant devant un magasin de jouet ; je n'ai pu me résigner à partir. Et pourtant j'aurais dû. Ça m'aurait épargné cet instant gênant où je n'ai aucune excuse valable pour avoir assisté une seconde fois à la représentation de Charlie. Du moins, aucune excuse moins gênante que la vérité. C'est vrai, c'est aussi simple que ça ; j'ai voulu la revoir, parce qu'elle occupe beaucoup de mes pensées ces derniers temps. Grand Dieu, j'ai même rêvé d'elle la nuit dernière. Mais ce n'est clairement pas convenant de dire ça à une jeune femme. Alors j'invente à la va-vite cette excuse stupide qui ne tient pas la route. Je ne suis bien évidemment pas venue au cirque pour filmer des séquences. J'aurais au moins pu faire semblant et enregistrer un ou deux moments. Histoire d'avoir l'air crédible, mais même pas. Je m'entends encore la redire, cette phrase stupide et je regrette mes mots à peine sont-ils sortis de ma bouche. Quel idiot je fais. Ça sonne tellement faux. La réaction de Charlie ne fait pas attendre. « Je ne vous ai pas vu re-garrrder la camérrra pendant mon num-éro.... » Ça paraît logique, vu que ce n'est pas le cas. Je n'ai pas pu décrocher mon regard de toute la prestation, pas même pour allumer ma caméra. Je me sens mal de ne pas être honnête avec elle. « Une horrible vérité vaut toujours mieux qu'un doux mensonge », cette réplique phare de ma mère raisonne dans ma tête. Mais disons que la vie de personne n'est en jeu cette après-midi n'est-ce pas ? Je ne reviens pas sur mes mots, et me contente de sourire. Je ne souhaite pas non plus en rajouter une couche, même si je sens que la jeune femme n'est pas totalement convaincue par mes mots. Et puis l'impensable se produit. En l'espace de quelques minutes, je me retrouve à caresser un tigre avec l'aide de cette fille aux boucles d'or. Et je me rappelle mes regrets d'il y a un instant, ceux où je me suis reproché de ne pas être parti à temps. Finalement, je ne regrette plus rien du tout ; je sens au fond de moi que je suis là où je suis supposée être. Je souris à pleine dent, et la sensation des poils tout doux du tigre sous la paume de ma main me fait glousser comme un gamin.

Puis Charlie devient plus sérieuse, et retire soudainement nos mains de la cage. Je comprends vite que le tigre commence à s'agiter, alors je ne bronche pas. J'aurais voulu caresser l'animal plus longtemps, parce que ce n'est pas tous les jours qu'on en a l'occasion, mais je n'en fais pas la réflexion pour autant. « Il n'est pas mé-chant, il a tendance à paniqqqquer lorsqu'il sent tr-op de monde autour de lui et que son maître n'est pas là. Il res-te dangereux. » M'avoue-t-elle plus timidement. Je remarque automatiquement sa gêne nouvelle, et ne saurait dire si c'est mon regard qui l'a déstabilisé, ce dernier ayant peut-être trahi mes pensées. Je souris à son attitude, et mais finis par me concentrer sur ses mots. Je comprends parfaitement où Charlie veut en venir. Salazar, mon serpent, a le même comportement. Avec moi il est pacifique, mais en présence d'autres personnes il devient parfois plus anxieux et agressif. Ce sont des animaux sauvages avant tout, pas des bêtes de compagnie. Et ils n'ont aucun ordre à recevoir de nous, humain, s'ils en décident autrement. Je me sens soudainement redevable à la jeune femme pour avoir enlevé ma main à temps. J'aurais été bien embêté de devoir vivre le restant de mes jours avec un seul bras valide. Toujours souriant, je relève les yeux jusqu'à les planter dans ses iris bleutés. « Je comprends, ne vous inquiétez pas. » Ai-je finis par répondre, non pas sans hésiter à rajouter quelques autres mots. Je vous promets que si jamais l'envie de caresser des tigres me prend, c'est à vous que je m'adresserais dorénavant. Mais je n'ai finalement pas osé. Est-ce que j'aurais dû ? Ou peut-être que je serais passé pour un gros lourd. J'imagine que je ne le saurais jamais.

Charlie me rend tellement anxieux. Je ne crois pas avoir autant transpiré en parlant avec une fille depuis mes quinze ans. J'ai dû mal à saisir toutes les émotions qui me traversent, mais j'ai vraiment envie de lui faire bonne impression. Alors je la complimente sur sa prestation au cirque. Et dans un premier temps, Charlie ne me répond pas ; je la sens elle aussi très gênée. Peut-être que cela devrait me rassurer de ne pas être la seule personne ici à l'être. Mais au contraire, cela m'angoisse encore plus. J'ai peur de dire quelque chose de travers et de la gêner au point qu'elle s'en aille soudainement. Elle sort une cigarette de son paquet, et m'en propose une par la même occasion. « Non merci. » Ai-je répondu tout en plongeant mes mains dans les poches de mon jean en souriant poliment. Fut un temps où je fumais moi aussi. Lorsque j'étais beaucoup plus jeune, pour provoquer mon père. Et de temps en temps lorsque j'étais invité à des soirées ; surtout par politesse, mais aussi parce que des fois, certaines personnes m'intimidaient tellement que n'osaient pas refuser. Mais depuis que je sais que j'ai le SIDA, j'essaye vraiment de limiter les dégâts sur ma santé. Je la regarde allumer sa cigarette, et son visage se détend à vue d'oeil. Je me sens dans un sens coupable de rendre Charlie anxieuse à tel point que seul le tabac puisse l'apaiser un temps soit peu. Peut-être que je devrais la laisser, ai-je alors pensé, sans pour autant oublier le fait que c'est elle qui est venue me voir en premier. J'ai alors chassé cette mauvaise pensée de mon esprit. Mon regard se pose une nouvelle fois sur la cage aux tigres. Puis, un timide « Merci » s'immisce finalement jusqu'à mes oreilles, ce qui me fait vivement relever le regard vers la jeune femme, avant qu'il ne fuît une nouvelle fois en direction des environs. Et sans laisser un temps de répit à mon esprit déstabilisé, Charlie s’approche à nouveau de moi pour cette fois passer son bras autour du mien. Cette proximité, je ne m'y habituerais pas d'aussi tôt. C'est bien la seule personne au monde qui se soit agrippé à moi en si peu de temps. Non pas que cela me dérange, bien au contraire. C'est juste inhabituel. D'où je suis, je sens l'odeur de ses cheveux, à moins que ce soit son parfum. En tout cas, ça sent bon, c'est le principal.

Je marche à côté d'elle, sans savoir quoi dire. Je n'ai pas envie de parler pour ne rien dire, je ne veux pas faire mon intéressant. Plusieurs fois, j'ai envie de lui dire pourquoi je suis vraiment venu la voir. Mais je m'y résigne à chaque fois. Je profite plutôt du climat, doux pour la saison, du soleil haut dans le ciel, et de cette brise qui caresse nos cheveux. Et puis, après un petit moment, j'entends Charlie me demander ce que j'enseigne. Je ne crois pas lui avoir déjà dis que j'étais professeur, mais je sais que la jeune femme me connait grâce à internet, et j'ai forcément déjà dû faire référence à mon statut d'enseignant dans une de mes vidéos. Cependant, je n'ai jamais dis sur internet où est-ce que j'exerçais mon métier. À part les personnes qui me côtoient au quotidien, peu de gens sont au courant en fait. Je la regarde, osant croiser son regard azur avant de le fuir à nouveau, et resserrant inconsciemment l'emprise de mon bras contre le sien, comme si ça me rassurait un peu. « La chimie. À la Lady Margaret School. C'est une école pour les jeunes filles de onze à dix-huit ans. » Ai-je répondu à la fois doucement et machinalement, la dernière phrase s'extirpant de ma bouche comme une récitation. C'est quelque chose que j'ai tellement l'habitude de dire en même temps, difficile d'en faire autrement. « Mais promettez-moi que cela restera entre nous. Je n'ai pas très envie que des abonnés se mettent à rôder près de l'école dans l'espoir de me voir. » Ai-je rajouté sur un ton plus sérieux accompagné d'un autre sourire. Je ne rigole pas à ce sujet, car je ne voudrais pas perturber l'école avec mes activités d'en dehors des heures de travail. Un autre silence s'installe, alors qu'autour de nous, des enfants rient, plusieurs chiens courent dans tous les sens. Lupin aurait aimé que je le promène ici aujourd'hui. Il faudra que je l'amène, ça fait longtemps qu'on s'est pas promené tous les deux ici. Ça pourrait me faire une excuse pour retourner près du cirque. Bon dieu je parle comme un psychopathe. Soudain, une question traverse la barrière des lèvres, alors que j'observe un groupe d'enfant jouer un peu plus loin. « Et vous ? Je veux dire, vous êtes allé à l'école ici, à Londres, ou autre part peut-être ? » Au vu du fort accent de Charlie (je parierais sur un accent nordique), il est fort à parier qu'elle n'a pas passé sa vie en Angleterre. Ma question me paraît alors un peu stupide sur le coup. Mais peut-être que cela me permettra d'en savoir un peu plus sur elle. D'où elle vient, ce genre de chose que silencieusement, j'aimerais savoir ; Je ne sais pour quelle raison d'ailleurs. Peut-être parce qu'au fond, même si je déteste l'admettre, j'ai envie de m'attacher à elle, alors que je m'étais pourtant promis de ne plus jamais le faire.


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# Re: you are unforgettable, i need to get you alone (benedict)
message posté Dim 6 Aoû - 2:21 par Charlie O. Maas-Cahill
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Je n'avais pas d'attaches. Et à vrai dire, je n'en avais jamais vraiment eut. La vie d'artiste m'avait apporté certaines compétences, mais m'avait ôté bien des choses. Alors que tous les enfants du même âge se retrouvaient chaque jour dans la même cour d'école, moi j'étais restée sous le chapiteau. A regarder, à apprendre, à inventer. Le cirque avait été ma seule école, mais j'y avais manqué d'amis. Puis d'amour. Par automatisme, mon grand frère était devenu mon meilleur ami, puis mon amant. Arsène avait joué tous les rôles car c'est ainsi que l'on vivait dans les métiers du cirque : en touchant à tout, en devenant tout. Il était pour ainsi dire le seul à avoir retenu mon attention, à avoir provoqué un sentiment de manque après mon départ tout simplement parce que je m'étais trop habituée à sa présence. Il était probablement mon seul ami. Mais après avoir vu mes parents chuter de ce trapèze, j'avais compris que les amis, comme la famille, finissent par partir un jour. On ne peut jamais prédire l'avenir, mais les choses sont incertaines en même temps qu'elles sont évidentes. Je m'étais contentée de cette amitié, parce qu'elle avait été facile. Certes réelle, mais facile. Nous avions grandit ensembles comme au sein d'une même famille. Il m'avait épaulé et avait prit soin de moi comme un grand-frère aurait pu le faire. Il avait assumé tous les rôles, mais je m'en étais lassé. J'avais fini par trop le voir. Pas ne plus désirer nos entrevues coquines, par ne plus vouloir passer du temps avec lui. Il me reliait au passé. Il me reliait à l'accident de mes parents et à mon mariage presque forcé. Il me rappelait tout ce que je n'avais pas prévu et qui s'était dressé sur mon chemin. Je l'avais trop vu, alors j'avais décidé de l'oublier. Alors non, je n'ai aucune attache. Aucune envie de rester avec tel ou tel personne, aucune envie d'appeler une personne en particulier. Dans mon art et dans mon monde, j'avais toujours été seule. Je m'étais toujours contentée du calme et du silence car c'est ce dont j'avais besoin pour être le plus détendue possible. Encore une fois, je m'y étais habituée. Mais ce qui ne l'était pas, habituel, c'était cette situation. C'était cette gêne, ces regards fuyants, ce noeud dans ma gorge. Benedict avait d'abord été un porte parole derrière un écran. Quelqu'un dont j'avais suivi les quelques vidéos parce que je les avais trouvé sensées. Et désormais, il s'était incarné en chair et en os. Et étrangement, il ne ressemblait plus en rien au youtuber devant sa caméra. Il était d'autant plus fascinant. Il n'avait pas répondu au sujet de la caméra, mais je n'y fis pas attention. Je n'avais pas besoin qu'il me le dise pour que je comprenne : mon art l'avait attiré. Je l'avais happé, emmené dans mon univers et il tentait encore d'en comprendre le language. Je souriais doucement et le fis toucher le tigre avant de le soulager de cette conversation gênante. Encore une fois, il n'avait plus rien à voir avec le youtuber. Il semblait tellement plus humain, tellement plus fragile. Une longue gêne s'installa entre nous alors que j'ôtais sa main de la cage. Cette fascination, je voulais la nourrir. Je voulais occuper ses pensées et le charmer à jamais. Je voulais qu'à quatre-vingt ans, il raconte encore l'histoire de cette contorsionniste nommée Charlie mais appelée Chapline. Je voulais qu'il ne m'oublie jamais. Marquer sa nuit d'étoiles et ne jamais la quitter. Être un remède dans les moments dur, un doux souvenir. Je n'avais pas d'attaches, non. Mais je demandais celle des autres. Je demandais à ce qu'on m'aime car au fond, je n'avais jamais aimé. Je voulais qu'on m'en donne la couleur, pour que je sache au moment venu. Pour ne pas passer à côté. Parfois, j'hésitais à appeler Arsène, mais je ne le faisais jamais. Il était celui qui sûrement, m'avait le plus aimé. Mais je l'avais abandonné. Parfois, et lorsqu'il ne me craignait pas, Benedict avait la même lueur qu'Arsène dans son regard. Il avait été charmé, et ce fut une toute autre chose de l'entendre me l'avouer. En quelques sorte. Gênée, j'allumais ma cigarette pour garder cette assurance minable et factice. Je n'étais pas douée pour parler, mais encore moins pour communiquer. Finalement, et après l'avoir remercié, je l'invitais à m'accompagner dans ma promenade. Voulant rompre le silence, je le questionnais quant à son métier. Je vis un drôle d'air dans son visage et détournais la tête pour cacher mon rougissement. Il ne m'en avait jamais parlé. C'était un détail que j'avais apprit dans une de ses vidéos. Néanmoins, il me répondit et je l'écoutais attentivement. Pour une enseignant dans une école de filles, il restait néanmoins très mal habile avec la gente féminine. J'eus un sourire attendri au coin des lèvres et levais les yeux vers lui. Il me demandait de ne rien dire et je levais la main en guise de promesse. Je lui souris et répondis : « Je suis mue-tte comme une tom-be.. » Suite à cet humour noir, je pouffais doucement de rire et regardais autour de nous les grandes étendues verdâtres. C'était joli, en cette saison. Mon premier été à Londres, et je l'espérai, le tout premier. Hésitante néanmoins, je revins prendre le bras de Benedict. Nous étions vieux jeu, mais je m'en foutais des préjugés. Il resta encore un long moment silencieux puis me questionna sur mon passé. Soudainement surprise et destabilisée, je restai quelques instants à regarder dans le vide, pensante. Je sélectionnais ce que finalement, je souhaitais dévoiler, ou pas. D'une petite voix je finis par répondre : « Non. En fait, je ne suis pas beau-coup allée à l'école. Quelqqques mois.. Je suis nééée à Amster-dam maaais j'ai vécu un peuu partttout en Eu-rope.. » Je lui souris poliment. C'était suffisant. C'était toujours suffisant.
 
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