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() message posté Dim 9 Juil - 22:49 par Frank Turner
Frank & Ethan Welcome to the FireHouse BFF(F)Je n'aime pas les gens ! Et si l'on s'arrêtait à cette réplique, l'on pourrait aisément croire que je suis du genre pas sociable ! Je vous concède une part de vérité dans cela. Il est vrai, que je ne suis pas le genre de type que l'on sort avec entrain. D'ailleurs rare sont ceux qui me sortent. Je suis à Londres depuis une vingtaine d'années environ et pour tout, vous avouez, je me suis fait peu de véritables amis. Toujours adepte de l'approximation, je vous dirais qu'on peut les compter sur les doigts d'une main (la gauche). C'est encourageant hein ? Après si l'on ajoute les collègues et autres, bien sûr que le cercle social s'agrandit, mais pour moi ça ne compte pas. Je n'accorde du temps qu'aux victimes et à mes amis et comme eux sont peu nombreux, je suis forcé de reconnaître que mon boulot a une place plus conséquente sur ma vie privée. Ma vie est si palpitante, je vous jure ! Quoique ces derniers temps l'ironie tente à disparaître, au profit d'un emploi du temps assez chargé. Ça commence par la fusillade. Pas de morts, juste une bande d'adolescents en panique pour la plupart et quelques petites blessures. Sans réfléchir, j'ai dégainé la cape de super-héros et me suis précipité à l'intérieur. Mes collègues parlent d'inconscience, d'héroïsme pour pallier à un manque de reconnaissance…Je les emmerde tous autant qu'ils sont à penser que je ne suis qu'une tête brûlée en mal de sensations fortes. Des vies étaient en danger, le temps de la réflexion était un luxe que nous ne pouvions nous payer, alors j'ai foncé. La balle s'est logée dans mon épaule, rien de grave. Bon de vous à moi, j'ai douillé sévère et je douille encore pas mal. Je remercie toutefois l'inventeur de la Vicodine et un collègue concilient qui m'en a apporté il y a peu. Ne manquant pas de me sermonner d'avoir quitté l'hôpital comme un voleur. Ai-je oublié de préciser que j'en ai fait qu'à ma tête, encore une fois ? Vous l'aurez compris, les ordres ce n'est pas mon truc, mais je peux toutefois me prémunir de la moindre attaque et vous dire que si j'ai mis les voiles, c'est pour la bonne cause. Et si toutefois, j'ai encore quelques détracteurs, je les emmerde tous autant qu'ils sont. C'est dit !

Mon visage porte encore les stigmates des coups. Rien de bien méchant que l'on se rassure, une coupure à l'arcade sourcilière gauche et à une lèvre inférieure. De nous deux, c'est l'autre connard qui a pris le plus. Quel autre connard me diriez-vous ? Hey, je ne vais quand même pas tout vous servir sur un plateau doré. Un peu de suspens que diable ! Disons que j'ai cassé la gueule à un pervers narcissique et que je peux me féliciter d'avoir encore joué les héros, sauf que cette fois, je m'en balance totalement. Mon esprit est ailleurs pour ne rien, vous cachez et à cet instant, c'est de la présence d'un ami dont j'ai besoin et pas n'importe lequel. Ethan Hemsworth ou mon BFFF. Ne cherchez pas à comprendre, c'est un code entre nous et mieux vaut ne pas comprendre croyez-moi. Ce type est un ami, non que dis-je, c'est mon pote, l'un des doigts de ma main gauche. On s'est rencontré il y a plus d'un an, mais passé la petite embrouille de moto (oui, je n'aime pas que l'on approche ma bécane d'un peu trop près) et les quelques verres que je lui ai ensuite payé, j'ai compris très rapidement que ce gars deviendrait un pote, le genre qui pourrait aisément me faire sortir malgré mon caractère d'ours mal léché. Le genre que l'on se plaît à nommer bro en toute circonstance. Le genre que l'on appelle quand rien ne va. Bon, j'avoue que rien ne va, mais que par le biais des quelques sms que nous avons échangés, je n'ai rien laissé paraître. J'ai encore un peu de fierté quand même.Je ne suis pas ce genre de personne de toute façon. L'excuse d'un bœuf entre pote et d'une aide pour des travaux achevés serait suffire pour le faire débarquer. Ça et une bonne bouffe doublée d'une bonne boisson cela va de soit.

Oui, les travaux étaient achevés depuis quelques jours. Rachel désireuse de me faire une petite surprise, avait fait appel à des professionnels pendant ma courte convalescence pour terminer les travaux, me délestant ainsi de cette charge devenue, pesante, je le confesse. La firehouse était donc à présent terminée. L'ascenseur du bas fonctionnait à merveille. La cuisine à l'américaine me rappelait sans cesse mon chez-moi américain. L'îlot centrale, où la belle promesse de soirée conviviale lorsque le mode « sociable » sera activé. Tout était parfait, à sa place, mais il manquait quelque chose…quelqu'un. Rachel avait mis les voiles le lendemain de la soirée de cauchemar, 48 h auparavant. Depuis je n'avais que très peu de nouvelles. Le strict minimum dira-t-on, mais pas assez pour moi. La savoir dans un hôtel, loin, sans protection, ne me rassurait pas, vraiment pas du tout. Mais je devais m'y faire, c'était sa décision. Mon portable vibra à nouveau, me sortant aussitôt de mes pensées confuses. Une fois encore mon BFFF me pondit un roman, qui eut l'effet de me faire sourire aussitôt. Sacré Ethan, je ne pouvais ne pas lui répondre, c'était évident.

« Aller le BFFF, ramène-toi avec le matos, je t'attends avant le coucher du soleil. C'est connu, les meilleures bières se sirotent avant le coucher du soleil. Et c'est quoi cette histoire d'opération secrète avec tonton Ethan ? Bowie n'a rien voulu me dire… Mouais te connaissant, j'ai de quoi flipper. Aller à toute. Le code de l'entrée, c'est 2829. Oui, j'ai un digicode pour moi tout seul. Le summum de la branchitude hein ?! Par contre, n'aie crainte, j'ai un peu la gueule dans le cul + mon plâtre, on peut dire que je ne suis pas très swagg. Faudra faire avec. Mes amitiés à Madame ! »

J'ai pressé la touche « envoyée » sans prendre le temps de me relire. Puis, non sans difficulté, j'ai quitté mon Oxford, un vieux fauteuil club en cuir marron, style vintage que j'ai payé une blinde, mais dans lequel mon cul aime se poser. Puis, je me suis dirigé vers mon tourne-disque, y ait glissé sans surprise « Ashes to ashes » de Bowie attendant patiemment l'arrivée d'Ethan à qui j'avais beaucoup de choses à raconter.
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() message posté Mer 23 Aoû - 0:40 par Ethan I. Hemsworth



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Je n’ai pas beaucoup d’amis. Je n’en ai jamais eu. Je pourrais m’étendre sur tout un tas de défauts, m’épancher sur mon enfance de paria et terminer mon monologue sur une morale mielleuse à base d’on est tous différent et il faut s’accepter les uns les autres. Mais non. Je n’en ferai rien. En vérité, je n’ai pas eu une enfance si anormale que ça, si l’on considère qu’avoir un frère en hôpital psychiatrique n’a rien de trop dingue. Je n’étais pas le petit gamin réservé toujours en marge, dans son coin. J’ai même toujours eu une sacrée grande gueule. Il n’empêche que je peux compter mes amis sur les doigts d’une main. Et ça d’aussi loin que ma mémoire s’en souvienne. Quoi que, est-ce qu’un ancien beau-frère compte ? Ce n’est pas censé être une pièce rapporté à la famille ? Et une patiente ? Je parie que c’est très peu recevable sur l’échelle de l’amitié, et je ne parle même pas de celle du professionnalisme et de l’éthique. Ces deux-là je les emmerde royalement depuis que je travaille en tant que psychologue. Parce que je les aime, ces gamins. C’est là tout le paradoxe : je peux me foutre royalement des gens, je peux être un sacré connard quand je veux -diriger une banque, ça aide-, mais eux, je les aime. Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi. Je les regarde comme je regarderai mon frangin. Je le vois souvent en eux parfois. Ca doit expliquer bien des choses en fin de compte. Mon frère… C’est la raison principale au fait que mes proches sont triés sur le volet. Très longtemps nous n’avons été que tous les deux, sans trop d’enfants autour de nous, ceux s’aventurant à jouer avec nous étant rares. Ouais, les mômes peuvent être cruels. Ils l’étaient avec Adam, « Adam le barjot ». Pour moi seul mon frère comptait, alors s’il était seul, je tenais à l’être avec lui. Les choses se sont améliorés au lycée, j’ai rencontré une fille, ses amis sont devenus les miens ainsi que ceux de mon frère peignant souvent avec elle pendant que les autres et moi-mêmes répétions. Un groupe, ouais, carrément. Je crois que ma sociabilité a atteint son pic à cette époque-là. Après ça, il y a eu l’Australie, Amanda, l’intime conviction que j’aurais pu vivre en parfaite autarcie avec elle et rien qu’elle. C’était sans compter sa fratrie nombreuse bien sûr, mais elle constituait la majeure partie de mon cercle sociale. Pourquoi je raconte tout ça ? Peut-être parce qu’en arrivant à Londres, je pensais que ce serait encore pire. Ca l’a été dans un sens, impossible de compter les soirées passées seul à cuver dans un bar, à chialé la perte du grand amour de ma vie. Puis un petit miracle s’est produit. Ce petit miracle s’appelle Frank. Sans lui, il n’y aurait peut-être pas eu d’Indianna, ni d’Helga, ni aucune autre amitié. Je serai surement resté au chaud dans ma solitude. Enfin, si je dois rendre justice à cette histoire, c’est plus à sa Harley qu’à Frank lui-même que je dois tout ça, à commencer par notre amitié. Une bécane somptueuse, autant que la mienne, celle que je venais de vendre à l’époque. Pas que j’en avais eu envie… Elle était là, pile sur mon chemin, reluisante. Je me souviens avoir marché, l’air de rien, puis être revenu sur mes pas, ne pouvant pas passer à côté. Je n’ai pas mis les mains dessus, j’ai quand même des manières ! Mais putain, c’était pas l’envie qui m’avait manquée ! Le fameux Frank en revanche, je crois bien qu’il a manqué de m’en foutre une. Ce que je comprends. Qu’un inconnu reluque votre bijou avec insistance, d’une c’est louche, de deux ça flatte autant que ça agace. On sait que le type est super envieux, oh ça je l’étais, béa d’admiration, complètement perdu dans ma nostalgie, mais on souhaite juste qu’il s’éloigne. Je m’en serai sûrement collé une à sa place, parce que je n’aurais pas été d’humeur à taper la causette, sûrement pas, alors que ce genre de type espère souvent le contraire. Ils sont là à vous tenir la jambe pour vous entendre baragouiner tout plein de termes techniques dont ils pigent à peine la moitié… Je ne lui ai toujours pas demandé si c’était parce que moi je m’y connaissais vraiment, ou si ma belle gueule m’a sauvée, pour qu’il fasse l’effort de me taper la discute plutôt que de me virer. Ça a d’abord chauffé bien sûr, mais c’est ce qu’il a fini par faire. Sans ça je n’aurais toujours pas d’autre meilleur ami qu’Adam.

Aller le BFFF, ramène-toi (...) Le code de l'entrée, c'est 2829. Oui, j'ai un digicode pour moi tout seul. Le summum de la branchitude hein ?! Par contre, n'aie crainte, j'ai un peu la gueule dans le cul + mon plâtre, on peut dire que je ne suis pas très swagg. (...)

Ca, ce n’était que le énième sms échangé, sans doute le plus court, et surtout une invitation que je ne pouvais pas décliner. La dernière phrase avait toute son importance, la partie « pas très swap » précisément. Un détail ? Non. Le détail qui me poussa à enfiler ma plus belle chemise et mes pompes italiennes. J’hésitais à oser le veston pour en ajouter une couche mais abandonnai l’idée, ne voulant pas être trop mauvais. Je me voyais bien lui afficher tout mon swap en pleine figure, juste pour le plaisir. Ca le ferait sûrement rire, je l’espérais, parce qu’il en avait bien besoin. Ouais… Dans tous ces sms, beaucoup d’évènements s’étaient entremêlés. Un ‘’connard narcissique’’ tout d’abord avec lequel il s’était battu, une fusillade dans un collège dans lequel il était intervenu, s’était blessé au passage, et finalement, une femme. Je dois avouer que c’était elle qui me rendait le plus curieux, mais aussi le plus inquiet. Cette histoire sentait l’amour impossible à plein nez. Je me demandais si je devais vraiment abandonner ma mission avec Bowie, lui qui voulait trouver une amoureuse pour son père.

Frimeur !

Tapai-je vite fait avant de filer. Je n’avais plus de superbe Harley moi, rien que mes pieds. En bon irlandais, j’étais sûrement sensé prendre la voiture pour faire dix mètres, alors traverser Londres d'est en ouest à pieds… Seulement j’avais pris la voiture tous les jours pendant plus de dix ans quand je vivais en Australie, j’en avais marre. Trop de pensées m’assassinaient tout le temps l’esprit pour que je me concentre sur la route de toute façon. Je marchais d’un pas pressé, ne voulant pas faire languir le BFFF trop longtemps, essayant de remettre tous les éléments concernant ses dernières mésaventures en ordre, partagé entre l’excitation de le voir et l’inquiétude de ce qu’il pourrait me révéler. Au premier Italien croisant ma route, je m’arrêtai pour commander deux pizzas -j’avais promis de me charger de la bouffe- et cherchai le numéro de la caserne non loin de là. Ouais, une caserne. Monsieur ne se refuse rien. Comme il m’avait fait de la peine avec son bras dans le plâtre, et qu’apparemment c’est un devoir moral de soutenir nos héros nationaux, je transportais avec moi une petite sacoche pleine d’outils pour l’aider à avancer ses travaux. Je n'avais rien dit quand il avait fait allusions aux travaux restants et à son bras plâtré dans un de ses sms, préférant le surprendre.

28/29 c’est l’âge que tu prétends avoir quand tu dragues ?

C’était juste pour l’informer de mon arrivée imminente. Sacoche sur l’épaule et pizzas sous le bras, un air de musique très familier m’accueillit avant le maître des lieux.

« T’en as jamais marre de celui-là ? »

De la pure provoc’. Bowie, c’est sacré ! J’aime bien, bon, je penche plus pour Iggy, mais ça, je me garde bien de le dire devant Frank. Ouais, Bowie c’est son Dieu. Dire que n’importe qui est mieux que Bowie dans la maison de Frank c’est commettre un blasphème. En parlant de la maison de Frank…

« Bordel de merde. Tu t’es bien foutu de ma gueule. »

Je soulevais ma sacoche à bout de bras pour lui montrer tout l'attirail à l’intérieur. Inutile donc. Sans tout cet encombrement, je me serai volontiers arrêté chez un fleuriste. Un bouquet de roses bien "ringard" pour fêter notre bromance. Mais entre le romantisme -je ne peux pas accepter que les roses soient ringardes- et la faim, il fallait bien choisir ! Pas sûr qu'il mérite ni les fleurs ni la pizza par ailleurs. La firehouse n’avait plus rien du gros chantier qu’elle était la dernière fois que j’étais venu. Je n’avais pourtant pas rêvé, il m’avait bien parlé de travaux à faire. Bordel de merde Je cherchais déjà les instruments des yeux. De là où j’étais, je ne voyais qu’une impression globale du lieu et c’était déjà dingue ! Je me demandais ce que donnait le studio de répète de ses rêves. M’avançant un peu dans l’espace, je déposai les pizza sur le comptoir de cuisine, explorant au passage, toujours sous l’aval du propriétaire.

« T’as une marraine la bonne fée ? »

J’ignorais encore avoir tapé dans le mille.  


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() message posté Mer 23 Aoû - 23:48 par Frank Turner
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« Ashes to ashes » continuait à tourner sur le tourne-disque, laissant quelques notes enivrer la pièce. J'arrive presque à m'imaginer vingt ans en arrière, face à la mer de San Francisco, lors de ce que l'on pouvait appeler à l'époque, des soirées dansantes. Oui, je sais, le terme paraît peut-être un peu désuet. Mais pas autant que la multitude de cocktails qu'ils servaient à ces soirées d'été. Il y en avait pour tous les goûts. Fraise, pomme, pastèque, chocolat, banane et j'en passe et des meilleurs. Nous assistions même à quelques mélanges d'étonnants qui conduisaient certains à se précipiter vers la plage ou dans les bouées pour vomir cette indigeste potion. Ah les années 80 ! C'était bien, c'était audacieux, c'était kitsh. Tout ça pour en revenir à « Ashes to ashes » qui continue à tourner sur la platine. Quelle histoire me diriez-vous ! Voilà que le Major Tom de Space Oddity, l'astronaute perdu dans l'espace se transforme ici en toxico en plein délire. « We know Major Tom's a junkie » Ceux qui arrivent à me fréquenter, connaissent ma dévotion pour David Bowie. Une dévolution qui m'a poussé à offrir à mon fils, en guise de deuxième prénom, le patronyme d'un génie. À sa mort, j'ai décidé de me remettre aux vinyles et me suis procuré toute une collection de disques que je me plais à écouter sur cette machine qui ravit mes oreilles. Je suis un nostalgique, par chance Bowie est encore trop jeune pour me traiter de Has-been, ce que je ne suis pas voyons. Oui, je ne suis pas du genre mp3, mp4 ou que sais-je encore. D'ailleurs, si je le pouvais, je me procurais un walkman pour écouter mes cassettes. Bon ok, je suis un de ceux qui pensent que « c'était mieux avant » Ceux qui n'ont pas connu les quarante-cinq tours, les walkmans et les cassettes, ne peuvent pas savoir, ils ne peuvent pas comprendre. Personne ne le peut d'ailleurs ! J'ai commencé à écouter Bowie quand j'étais plus jeune, comme des millions d'adolescents, j'imagine. Je ne saurais vous dire pourquoi lui et pourquoi sa musique, alors que les autres se cantonnaient aux Michael Jackson, Madonna et autres icônes de la décennie des 80's. Bien sûr je n'y étais pas insensible, cependant le seul qui avait grâce à mes yeux se nommait entre-autre Ziggy Stardust « Heroes » me faisait rêver, « Space Oddity » planait et « Life on Mars » me procurais mille et une sensation, que j'étais tout bonnement incapable d'expliquer. J'écoutais Bowie souvent, mais plus encore lorsque j'allais mal. Son génie, sa folie, sa musique offraient plus de couleurs à ma vie, du moins à l'une des périodes les plus sombres de ma vie. Ce n'est peut-être pas anodin que je l'écoute encore aujourd'hui.

Mon portable vibra à nouveau. Peut-être, devrais-je opter pour le mode normal, au risque de passer à côté d'appels importants. C'est une habitude chez moi, j'ai cette fâcheuse tendance à toujours mettre mon portable en vibreur. Il est sûrement temps de prendre de nouvelles habitudes. Ainsi, je déverrouille l'écran tactile de mon portable qui laisse apparaître en guise de fond d'écran, le visage de Rachel et le mien par extension. Je me souviens encore de ce selfie, près du musée de Madame Tussaud. Oui, en bon anglais d'adoption que je suis, je ne pouvais me résoudre à ne pas lui présenter ce musée, qui nous a bien fait marrer au passage, et ce, malgré la horde de touristes (merci les vacances d'été) et la chaleur. Si j'avais su, j'aurais opté pour des sandales types spartiates, au lieu de me taper les vieilles converses et le jean qui va avec. Personne n'a jamais pensé à inventer un ventilateur de poche en de telles circonstances ?! Et alors que je me souviens encore de nos blagues d'adolescents, je me laisse peu à peu dévorer par cette triste mélancolie inhérente à la nostalgie d'une période révolue. Par chance, en m'enquérant de l'arrivée de mon nouveau texto, je ne puis m'empêcher de réprimer un léger sourire. Ethan encore et toujours cet abruti. Le seul capable de me faire sourire à cette heure. D'ailleurs et ce même, si je le voulais, je ne saurais vous expliquer notre lien, tant il est atypique. Je ne connais Ethan que depuis une année à peine, mais à nous voir ensemble, l'on pourrait aisément croire que nous nous connaissons depuis des années. Nos histoires se ressemblent elles aussi, j'imagine que c'est pour ça que nous nous sommes si bien trouvés. Je m'enquiers donc de son message, certainement le plus court jamais reçu, mais pas assez pour me délester de l'envie de lui envoyer un autre micro roman de mon cru.

« Frimeur moi ? Depuis, quand tu me prends pour un gros Bill ?! Namého ! Je pourrais frimer lorsque tu auras laissé parler ton côté artistique sur ce merveilleux plâtre qui grime mon bras gauche ! Je suis sûr que je pourrais en tirer un bon prix sur Ebay. Frimeur ! Pfff »

Sans hésiter j'appuis sur « envoyer » et déjà je me sens mieux, fier de nos gamineries. Il faut quand même que je range un peu, certes les travaux sont finis, mais la tasse de café, le verre et la bouteille bien entamé de Jack Daniels me semble en trop sur la table basse du salon. Ni une ni deux, le surplus disparaît non sans mal. C'est fou tout ce que je fais avec ma main gauche d'ordinaire. Euh…. Oui, j'imagine que dit comme ça, c'est comme qui dirait un peu louche. Passons, c'est mieux comme ça. Je rejoins dès lors la cuisine et constate presque avec surprise que le frigo est plein. « -Rachel ! » murmurais-je pour moi-même avant de sortir de quoi se faire un petit apéro. « -Je vais lui faire un super cocktail tropical tiens ! Avec de la pastèque » Oui, je parle seul, ça m'arrive, mais que l'on se rassure tout va bien. À noter aussi ma nouvelle addiction à ce fruit gorgé d’eau. Je vais quand même ne pas me risquer à me faire amplement charrier. Finalement, il n'y a rien de mieux que deux bonnes bières bien fraîches et peut-être même une bonne bouteille. Mais out le grand plateau, avec un bras dans le sac ce n'est même pas la peine d'y penser. J'entreprends donc plusieurs aller-retour entre l'îlot central et le grand salon où je dépose tout sur la table basse qui fait face à mon imposant canapé. Punaise, je l'ai payé une blinde celui-là, mais ça valait le coup. Canapé qui ne vaudra toutefois jamais mon fidèle Oxford, style vintage.

Et voilà que mon portable sonne. Je n'ai tellement plus l'habitude de l'entendre agir de la sorte qu'il me faut bien trois voire quatre secondes pour percuter. Ethan encore et toujours et de toute évidence, il semble être arrivé à bon port. J'ai d'ailleurs à peine le temps de lire le message que l'on frappe déjà à ma porte. Sans attendre une seconde de plus et le sourire aux lèvres, je me précipite vers la porte pour faire face à un Ethan de toute évidence bien équipé. « -Pour ta gouverne, c'est 35/37 mon échelle de drague. Et on peut dire que Mr est très swagg en plus de ça. Tu l'as fait exprès hein ?! » dis-je gaiement en lui faisant de la place pour le laisser entrer. Et à peine arrivé, le voilà déjà en train de remettre en question la playlist musicale. Attention Ethan, tu t'aventures en terres hostiles là ! « -C'est une déclaration de guerre là ! Bowie c'est sacré, et même si à présent, il bouffe les pissenlits par la racine, je continuais à lui déclarer mon amour. Même bon, je te tolère, Iggy Pop ce n'est pas si mal » Je savoure l'instant pour mieux me foutre de sa pomme en le voyant constater que le sac d'outils qu'il porte à son épaule est de trop. « -Il me fallait bien une excuse pour te faire bouger tes petites miches. Et puis voir la tronche que tu tires, ça n'a pas de prix. » Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'avait pas fait les choses à moitié, le contenu de sa sacoche en disant long. « -Ah comme c'est mignon ! Perso, je préfère les pizzas aux outils, mais c'est original. Tu veux que je les mette dans un vase ?! » dis-je en continuant à le charrier gentiment. « -Fais comme chez-toi en tout cas. » Je l'accompagne vers l'îlot central le laissant déposer les pizzas sur le comptoir avant qu'il ne se retourne pour me poser la question qui tue.

« - Ouais ça se pourrait bien » J'avance vers le frigo cogitant déjà à ce que je pourrais dire de plus tout en me saisissant de deux bières. J'en tends une à mon comparse. « -Savoure, de base, je voulais faire des cocktails à la pastèque, c'est ma nouvelle lubie. » Puis je ne sais pas pourquoi, je suis devenu un peu plus sérieux « - C'est Rachel qui a fait appel à une société pendant que j'étais à l'hosto contraint à bouffer la merde et à rester sagement allongé. Tu sais, elle bosse au GOS. Tu as certainement déjà dû la croiser. Elle est en pédiatrie. Pas grande, magnifique pourtant, les cheveux sombres, regard pétillant, une petite cicatrice sur la lèvre inférieure. Enfin bref ! Les gars ont vraiment du sacré boulot. Ils m'ont même installé cette foutue climatisation. Et comme tu le vois, on a de la place, beaucoup de place. » Oui vous l'avez remarqué, j'essaie non sans mal, de dévier le sujet histoire de ne pas passer pour le gros blaireau amoureux et triste d'être confronté à l'impossibilité d'un tel amour. D'ailleurs, qui a parlé d'amour ?! « -Alors, comment tu trouves ?! »
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Guyliner.

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() message posté Sam 21 Avr - 12:23 par Ethan I. Hemsworth



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Apprendre que Frank avait un fils avait fait remuer quelques émotions enfouies. Pas vraiment le bon terme, enfouies. Poussées sous la surface, contenues dans une illusion d’oubli en seraient de plus justes. C’était à chaque fois pareil, de toute façon. Il suffisait que je croise un petit garçon dans un parc, que je tombe sur un visage faussement familier à la sortie de l’école pour que j’y repense. Une torture mentale que je commençais à croire infinie. Evidemment, c’était pire lorsqu’il s’agissait du fils d’une connaissance plus ou moins proche. Quelqu’un que j’étais forcément amené à revoir, à connaitre, parce que cela impliquait que je finisse par connaitre également son modèle réduit. Difficile à dire, au fond, ce que j’appréhendais le plus, que le fantasme crée par un visage jusqu’alors inconnu se brise ou, au contraire, devienne réel. Je me disais qu’un jour je croiserais bien un gamin qui me ferait dire ouais, ce p’tit gars ça aurait pu être mon fils. Avec le petit Starman un peu plus que les autres. A cause de son prénom. Bowie. J’aimais bien Bowie. En dépit de mes taquineries envers Frank. Mon frère adorait Bowie. Je ne compte plus les morceaux appris au piano pour le divertir. Comment lui ne pouvait-il pas me faire penser à mon fils. Moi qui n’imaginais pas mon fils ne pas ressembler pas à mon frère ? Mais je n’avais plus de fils. Je n’aurai plus jamais de fils. Simple non ? Depuis le temps ça aurait dû me rentrer dans le crâne. Mais non. Avec Frank, avec Indianna, avec Rebecca, chaque fois la même musique. Pas du genre douce.

En apparence, ça allait. Mieux. À une époque pas très lointaine, apprendre que Bowie se trouvait chez sa mère m’aurait soulager. Cette fois-ci j’avais souri en pensant à lui et à sa façon de m’appeler tonton Ethan. J’appréciais sa compagnie, comme j’appréciais celle d’autres petits garçons, jouais avec, chose encore impensable quelque semaines en arrière. J’arrivais de nouveau à sourire pour des choses légères, infimes. Des petits moments anodins pour tout le monde. Admirer une Harley et, pour la première fois depuis des mois, sourire en pensant à Amanda au lieu de retenir des larmes de rage. Sourire devant la photo de ma fille en fond d’écran au lieu de me morfondre sur le temps passé loin d’elle. Rire en écrivant un sms. Rire de ma propre bêtise - j’avais failli oublier à quel point mon humour faisait des ravages -. Rire en lisant la réponse. Je me retenais de taper quelque chose en réponse pour ne pas risquer de me taper une belle gamelle le nez rivé sur le téléphone avec ce que je trimballais. Je décidais de vanter mes talents artistiques plus tard. Une fois à bon port, en revanche, aucune mesure de sécurité ne me retient. Aucun filtre non plus. À vrai dire, j’en savais fichtrement rien si Frank drague ou pas. Inquiétant non ? Je connaissais l’essentiel, s’il draguait, ce n’était plus à l’ordre du jour, au vue de ses derniers sms ne parlant que de la mystérieuse femme de sa vie. Raison de ma venue chez lui, d’ailleurs. J’aimais mieux me dire que seul le plaisir de voir ma gueule le motivais, mais il fallait bien admettre l’évidence : C’était moi, les pizzas que j’apportais, les outils aussi même s’il ignorait encore ce détail, le plaisir de m’entendre déverser un tas d’insultes irlandaises quand il me parlerait du responsable de son plâtre et de son blâme, et, surtout, surtout, cette mystérieuse femme hantant ses pensées. J’étais bien placé pour le savoir.

« Pour ta gouverne, c'est 35/37 mon échelle de drague. Et on peut dire que Mr est très swagg en plus de ça. Tu l'as fait exprès hein ?! » Maintenant je savais. Ah. Oui. La chemise «swagg » ne s’accordait pas de façon évidente avec le matos que je portais. « C’est très court comme échelle. Quoi ? Moi ? Tu sais bien que c'est naturel chez moi. » La carte du charme naturel. Ma préférée. Je faisais le guignol, plus concentré à lui renvoyer la balle qu’à regarder où j’avançais, bien loin d’analyser l’environnement dans lequel je me trouvais. C’était la bonne vieille caserne pleine de travaux pour trois vies entières aux airs de squat de groupe de rock garage. Comme d’habitude. Et comme d’habitude Bowie tournait en boucle. « C'est une déclaration de guerre là ! Bowie c'est sacré, et même si à présent, il bouffe les pissenlits par la racine, je continuais à lui déclarer mon amour. Même bon, je te tolère, Iggy Pop ce n'est pas si mal » Ma tronche d’offensé s’offusque, dodeline. Non, non. Bouffer les pissenlits par la racine ? Qu’est-ce que c’était cette façon de parler de la mort du divin ? « Wah, c’est vachement émouvant, mais c’est pas à lui que tu déclares ton amour. » Mettre les pieds dans le plat, tout simplement. J’haussais les épaules, feignant l’ignorance sur sa dernière remarque, progressant comme si de rien n’était à l’intérieur. Et voilà, je percutai, laissant ma sacoche tomber nonchalamment au sol. « Bordel de merde. Tu t’es bien foutu de ma gueule. » Tout ce qui me vint sur le moment. Bordel. Justement. Y’avait plus de bordel. « Il me fallait bien une excuse pour te faire bouger tes petites miches. Et puis voir la tronche que tu tires, ça n'a pas de prix. » J’hausse un sourcil désapprobateur, comme s’il avait besoin d’une excuse. De ma tronche… « Celle d’un mec qui a sacrifié un pack de bière pour rien. » Bah ouais, j’avais pas quatre bras. Ni une générosité ultra-extensible. « Ah comme c'est mignon ! Perso, je préfère les pizzas aux outils, mais c'est original. Tu veux que je les mette dans un vase ?! » Oui, tiens, au moins il restait les pizzas. « Très bonne idée ! » J’affichais un large sourire. « En hommage au chantier qu’était cet endroit. Ce serait poétique. » Poétique mon cul, je voulais juste le voir foutre des spatules et rouleaux de peinture dans son plus beau vase. ''L’endroit'', je n’arrivais même pas à le qualifier proprement. Un truc trop gigantesque pour être un loft ? Un putain de truc ? Très bien ça. « Fais comme chez-toi en tout cas. » Pas besoin de me le dire deux fois. Je m’en allais déposer les pizzas sur le comptoir. Le grand comptoir de sa grande cuisine.

Une marraine la bonne fée donc, intéressant. Le rapprochement avec sa rencontre d’une femme ne se fit pas immédiatement. Je n’imaginais pas qu’une réelle marraine in disguise ait pu faire tout ça. Sauf s’il s’agissait de Mary Poppins. Ou de la reine d’Angleterre. « Savoure, de base, je voulais faire des cocktails à la pastèque, c'est ma nouvelle lubie. » Je rêvais où il me parlait de pastèque tout en me tendant une bière ? « Plait-il ? » Frank en train de siroter de la pastèque ? Frank ! Puis c’était quoi cette histoire de cocktail sans rhum ? « Ta marraine la bonne fée c’est la fée Détox ? » Détox. Comment je connaissais ce mot d’abord ? Je brandis ma bière, non merci à la pastèque. Puis c’était tombé. Entre deux gorgées. Un prénom d’abord. Rachel. Le GOS ensuite. Peu à peu, je percutais, imbriquant ses paroles aux sms que nous avions échangés. J’hallucinais aussi. Le docteur Parker-Davis mariée à un pervers narcissique. Le docteur Parker-Davis embarquée dans une bagarre entre deux hommes. Le docteur Parker-Davis. Cette femme droite, discrète voire distante, acharnée de travail, que seul un enfant parvenait à faire sourire. Cette collègue à laquelle je n’imaginais aucune vie privée du tout. Et j’étais bien placé pour le savoir, moi le gars marié mais séparé qui voyait sa fille en douce pour pas que la mère s’enfuie de l’autre côté du globe une deuxième fois. Moi le gars qui passait cinquante pour-cent de son temps dans son bureau, les cinquante restant dans les bars. Aucun jugement là-dedans, juste… Une bière n’allait peut-être pas suffire. « Ouais ouais, pas besoin de me chanter sa beauté, je sais qui je croise tous les jours dans mon service. » Taquin ? À peine… Le voilà qui ramenait la conversation aux travaux, l’air de rien. Je laissais passer, toujours en train d’emboîter les pièces du puzzle. « Alors, comment tu trouves ?! » Sans déconner ? « Etonnant. Improbable. Et un brin inquiétant. » Evidemment je ne parlais pas de sa décoration intérieure, plutôt de ses révélations. Tout à coup bien sérieux moi aussi, nulle intention de forcer des confidences ne m’animait. J’aurais détesté cela. Je détestais parler d’Amanda à autrui depuis qu’elle n’était plus une part intégrante de ma vie. Tout garder pour moi, ma façon de la garder elle comme on garde un secret, dernier recours pour qu’elle reste tout à moi. « Qu’est-ce qu’il va se passer maintenant que l’autre connard a ses deux bras et une femme et toi la moitié de ça ? » Parce que la question se posait. « Et pour info je trouve que c'est pas mal. J’attends de voir le studio. Mais rappelle-moi de ne jamais t’inviter. » Chez moi, sous entendu, parce que c’était loin de rivaliser ne serait-ce qu’avec ses toilettes. Cette fois je parlais bien de son intérieur, pas par politesse, me rattraper après avoir éludé sa question précédemment, non, je lui offrais une porte de sortie. On pouvait parler rénovation tout l’après-midi s’il préférait. Il pouvait rebondir sur mes paroles et me montrer son espace dédié aux répétitions, je le suivrais avec enthousiasme, sans relever combien de références à Rachel j’étais sûr de trouver dans ses maquettes.


EXORDIUM.



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() message posté Sam 28 Avr - 19:06 par Frank Turner



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FUCKING
FRIENDS
FOREVER

Je pense, inconsciemment (mon analyse n'est pas fiable, le travail du neurone n'étant pas une spécialité) que cette envie de faire venir Ethan n'est pas seulement dû au plaisir de manger une bonne pizza ou de se siffler quelques bières en sa compagnie. Non ce n'est pas une manifestation de mon inconscient qui m'empêche de mettre des mots sur mes maux, mais juste un problème de fierté. Oui, voilà, le coq que je suis se cherche encore des excuses pour ne pas mettre en exergue le fait que j'ai besoin de parler et qu'Ethan est en cela la seule personne en qui j'ai suffisamment confiance pour le faire. Je sais qu'il ne me jugera pas, du moins pas injustement, peut-être (c'est même sûr) qu'après lui avoir fait le résumé de mes mésaventures, j'aurais le droit à un regard réprobateur, mais venant de lui, je ne m'en offusquerais pas, au contraire, je tâcherais de prendre sur moi et écouterais avec attention chacune de ses paroles, si du moins il consentait à me sermonner. Mais pour l'heure nous n'en sommes pas encore à de telles extrémités. Laissons-nous le temps des retrouvailles, bien que la séparation ne soit pas de longue durée, j'aviserais par la suite. Mais le moins que l'on puisse dire, après avoir échangé sur la décadence d'un génie à qui je dédiais mon amour malgré les pissenlits, c'est que mon psy d'ami fut le premier de nous deux à mettre presque totalement les pieds dans le plat. Moi qui voulais aviser, je ne pensais pas devoir le faire aussi rapidement. Bien mal acquit qui croyait prendre !

Je me suis senti con en attendant sa remarque sur la déclaration. Avait-il compris ? Étais-je donc devenu si prévisible. « - Ouais peut-être ! » fut la seule réponse que je fus capable d'articuler. Par chance, n'étant pas à cours de branches, je décidais tout naturellement de m'y raccrocher en espérant que si d'aventures Ethan décidait de mettre à nouveau les pieds dans le plat, j'y serais un peu mieux préparer. Ainsi, passé l'introduction en bon et due forme, je pus mieux profiter de la tronche de mon ami se rendant compte que je l'avais bien berné quant à la progression des travaux qui étaient à présent terminés. « - Moi, me foutre de ta pomme ? Non mais tu connais, je n'oserais pas ! » et la gueule d'ange fournit en prime tendait à faire de moi cet être innocent que je n'étais plus présentement. « - Wow ton sens du sacrifice t'honore crois-moi ! Je ferais ériger une statue en ton honneur et j'y ferais mettre sous la stèle bien en évidence « un vibrant sacrifice de bière par amitié » Qu'en dis-tu ? » Nous échangeons un sourire complice qui me rappelle à quel point cette amitié aussi récente soit-elle m'apporte « - Ca plus les outils à mettre dans mon plus beau vase. Ça fera de la décoration, aussi atypique soit-elle ! » La déco et moi ça fait deux ! Avant, lorsque je portais encore mon alliance, je laissais à Megane le soit de s'occuper de la décoration. N'y voyait aucune tendance misogyne, elle avait juste de meilleurs goûts que moi dans ce domaine et nous délester ainsi de la moindre faute de goût.  Enfin bref, il me faudra un bon vase, si d'aventure, je vais jusqu'au bout de l'idée. Note : ne jamais me mettre au défi, le cas échéant, comme un ado attardé, je suis capable de faire n'importe quoi et Rachel en sait quelque chose.

Rachel, il fallait bien que j'en parle et autant le faire en usant d'humour, tout en causant cocktail pastèque et bonne fée, tandis qu'Ethan laissait courir sur moi, un regard mêlant surprise et interrogation. « - Bah quoi !? C'est pas dégueulasse les cocktails à la pastèque. Bien sûr, loin de moi l'idée de les ériger sur la haute marche du podium, rien ne vaut une bonne bière, un bon Whisky ou un cocktail avec du rhum. Mais ça fait du bien de temps en temps. Et puis d'où tu connais ce mot « détox » ? Ne me dis pas que toi, tu t'y mets ? » Non ce n'était pas son genre, peut-être avait-il entendu cela au travail, au cour d'une consultation. Les accrocs de la détox ce n'est pas ce qui manque par ici ! Rachel revint à nouveau dans la conservation, décidément, j'en arrivais à me demander si j'étais capable d'avoir une discussion sans l'évoquer une seule fois. Comment le pourrais-je ? Depuis qu'elle avait quitté la caserne, sans un mot, je n'avais de cesse de penser à elle, de me demander si, où qu'elle soit, tout se passait bien, si elle avait la maîtrise de la situation et si son ... l'homme avec qui elle partageait un semblant de vie, était dans les parages. « - Hum... Oui, c'est vrai, j'oubliais, tu travailles aussi au GOS. » Moi, tête en l'air ? À peine ! Une fois encore, je me sentais en déséquilibre, il me fallait de nouvelles branches pour m'y accrocher, voir des rames pour m'éloigner de ces eaux troubles. Toutefois, la réflexion d'Ethan sur ce qui devait être son avis sur les lieux, m'étonna d'une part, mais m'obligea surtout à reconsidérer mes priorités dans la conversation. Ainsi, je délestais ma bière de deux gorgées avant de longuement soupirer. Je n'avais aucune obligation et je savais qu'Ethan ne s'en offusquerait pas si je choisissais de faire la sourde oreille, mais j'avais besoin de parler et tant pis pour la fierté.

« - Très honnêtement en ce moment c'est un peu compliqué. Je pense que je vais avoir des problèmes. Quels genres ? Je l'ignore, mais le mari a le bras long. Je vais sûrement être mis à pied au mieux. Le pire, c'est que si je pouvais retourner en arrière, je ferais exactement la même chose. Enfin bref, tu l'auras compris, ma vie commence à être compliquée » Je l'ignorais à ce moment-là, mais en quelques mots, je venais d'énoncer mon funeste avenir au sein de la police. Je n'étais pas devin et pourtant quelques jours plus tard, on me notifia ma mise à pied. Fin juin, j'ai donc quitté Londres pour l'Irlande afin d'y retrouver mon oncle, l'homme à qui je devais beaucoup et qui, je l'espérais, me permettrait de me recentrer. Durant cette période, Rachel ne communiquait que très peu avec moi renforçant mon inquiétude. Cependant, je tenais Ethan au courant sans trop entrer dans les détails (honte à moi).

« Hello ! Journal de bord de ton bff (f) préféré !
J'espère que ta tronche de cake se porte bien, quant à moi ce n'est pas pour aujourd'hui les collants. J'ai suivi tes conseils Doc ! J'ai pris le ferry ce matin pour aller faire un petit tour sur les îles d'Aran. J'ai tenté la randonnée sur Inis Oírr. Ok, je ne suis pas un marcheur, je me suis chopé quelques ampoules, mais ça valait le détour. C'était sublime, un truc de dingo ! Là direction le pub, c'est dingo aussi, mais moins fatiguant. Aller, je me prends une petite Guinness pour te faire honneur. J'ai hâte de découvrir le chef d'œuvre de ma petite choupinette.

À plus tard !
Ps : Continue à surveiller Rachel et tiens-moi au courant si le trou de cul l'emmerde !
Ton bfff »

Débuta dès lors une longue série d’échanges entre nous. J’y mettais un point d’honneur au vu de notre lien. Il m’arrive même (souvent) d’adjoindre des clichés à mes sms, une façon pour moi de lui faire partager le délire avec un peu plus de réalisme.

« Preuve que du fin fond de l'Irlande « profonde » je pense à toi BFFF. Elle était corsée en plus celle et pas assez fraîche, mais n'est-ce pas l'attention qui compte ! Les pubs sont sympa par ici, les buvettes aussi s'en parler des musicos qui moins de balais dans le derche que par chez nous ! J'espère qu'on aura l'occasion d'y aller ensemble pour se faire une virée de mâle alpha. J'entends par là de l'éclate, boire à n'en plus pouvoir. Je vais bientôt rentrer, ta tronche de cake rassit m'a manqué. Et comme je vais devoir passer en commission ça ne sert plus à grande chose de jouer les vagabonds. J'espère que ma gueule d'ange va les convaincre de me faire une fleur. Je ne m'imagine pas à la circulation !

Embrasse les femmes de ta vie ! À plus tard

Ton BFFF !»

Le 15 juillet, me voilà de retour à Londres. Le sentiment était mitigé, le lendemain, j'ai assisté à mon conseil de discipline. De mitiger, je passe à dépiter. Maxwell trou du cul Davis a eu ma tête. Certes, il n'était question d'un allongement de la mise à pied, n'étant pas naïf, je savais que quoique je tente, cette mise à pied était appelée à durer. Et voilà que le mois de juillet passe, emportant avec lui, bon nombre de péripéties diverses et variées. Et me revoilà, portable en main, à profiter, sur la terrasse, du soleil de cette douce fin de journée. Ça et le barbecue que je viens d'acheter. Un prétexte en somme pour faire appel à mon BFF.

« J'ai acheté de quoi faire des orgies de barbak ! Viens à la caserne, qu'on se fasse une soirée entre mecs à l'ancienne ! J'ai pas mal de trucs à te raconter
Ton BFFF ! »

EXORDIUM.



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