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fb / Mi casa es tu casa (Shinya)

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() message posté Mar 11 Juil - 17:15 par Benedict J. Hughes
Mi casa es tu casa

⋰M⋰a⋰i⋰ ⋰2⋰0⋰1⋰7⋰ On est samedi aujourd'hui. Et qui dit samedi, dit correction de copies quand on est professeur. L'année scolaire touche doucement à sa fin, et cela se fait ressentir. Le soleil commence à se faire une place plus importante dans le ciel ; la chaleur de ses rayons s’immisce partout dans la ville, et baigne mon appartement d'une lumière réconfortante. Je suis confortablement installé sur ma chaise, accoudé à mon bureau et concentré à corriger le dernier examen d'une de mes classes. Je suis plutôt fier des résultats de mes élèves pour l'instant, et cela me met de bonne humeur ; je chantonne doucement un air irlandais tout en poursuivant mon travail. Mon bureau se trouve dans la pièce principale de l'appartement. Avant, il était dans l'une des deux autres pièces de mon logement, mais j'ai dû déplacer toutes mes affaires (entre autre tout mon matos pour mes vidéos Youtube) dans le salon pour dégager l'espace. Et cela pour une raison tout à fait évidente : bientôt, j'aurais un colocataire. Du coup, mon bureau est à présent installé dans le salon, contre un demi-mur vitré qui sépare cet espace de celui de la cuisine. J'aime bien cet appartement ; la première fois que je l'ai vu dans une annonce sur internet, j'ai de suite eu le coup de cœur. C'était celui-là que je voulais louer, pas un autre. Il faut dire qu'il est plutôt atypique. L'immeuble est un ancien établissement industriel qui a été désaffecté puis refait à neuf. Du coup, toutes les fenêtres sont gigantesques, les murs sont en briques peint en blanc, le sol est en vieux parquet qui craque, et tous les tuyaux sont apparents sur le plafond. Je suis au dernier étage, sans ascenseur bien évidemment, mais c'est moi qui est la meilleur vue de tout l'immeuble. Entre les deux immenses fenêtres de mon salon, j'ai installé une grande bibliothèque. Le plafond est tellement haut que pour accéder aux dernières étagères, il faut dégainer la grande échelle. L'autre particularité de mon appartement, c'est qu'il y a des plantes partout ; dans le coin cuisine, mais encore plus sur le petit balcon. En fait, il ne sert qu'à ça avec moi, à entre-poser des plantes. Le propriétaire n'était pas sous le charme de l'idée, mais vu que ça fait plusieurs années que je lui loue, il a finis par s'y faire. Le terrarium de Salazar est à côté de la porte d'entrée, collé contre le mur qui se trouve en face des fenêtres du salon ; C'est un grand aquarium de plusieurs mètres de haut et de large, qui prend beaucoup de place donc, et qui demande encore plus d'entretien. La couchette de Lupin quant à elle, se trouve dans ma chambre, à côté de mon lit. Mais la plupart du temps, il dort sur le canapé en cuir -si ce n'est pas moi qui lui ait piqué la place-, ou sur le tapis en fausse peau de bête juste devant.

À l'aide de mon index, je repousse habillement mes lunettes vers le haut de mon nez, et m'attaque à une autre copie d'élève. Les électrons sont nettement plus petits que le noyau, ils sont mobiles et tournent autour du noyau. Très juste. J'ajoute une annotation positive dans la marge de la feuille. On pourrait croire que c'est le propriétaire de mon appartement qui m'a contraint à avoir un colocataire, mais en vérité c'est l'inverse. C'est moi qui ait demandé. Parce que déjà, le loyer n'est pas donné, et même si je ne suis pas à plaindre, couper en deux le montant sera un peu plus décent. Mais la raison principale est que je me sens seul. Je veux dire, j'ai mes animaux, j'ai mes collègues de travail, les élèves. Mais je me sens seul dans cet appartement. La solitude ne m'a jamais dérangé, je me suis toujours fait à elle. Mais ces derniers temps, à cause de ma maladie surtout, je sors moins, je profite moins de la vie. Je ne vois plus grand monde aussi. J'ai beau avoir presque un million d'adonné sur ma chaîne de vidéo, au final le soir, je suis seul, à manger devant la télévision. Je n'ai pas envie de me retrouver un ou une petite-amie, et j'ai du mal à aller vers les gens pour me faire de nouveaux amis. Alors la colocation me semble être la réponse parfaite à mes attentes. J'ai posté une annonce sur internet, et j'ai déjà reçu plusieurs appels, même plusieurs visites. Mais le feeling n'est pas très bien passé. Cet après midi, je dois recevoir une nouvelle personne. Je ne sais pas exactement à quel heure il doit arriver cependant ; C'est un jeune homme, répondant au nom de Shinya. Il ne m'en a pas dit vraiment plus sur lui, à part que les animaux ne le dérange pas, et que les conditions de location le satisfait. Je ne sais pas à quoi il ressemble, ni même quel est le son de sa voix vu que nous avons discuter brièvement par message. J'ai le téléphone en horreur, les textos, c'est mieux. Alors je croise les doigts. Peut-être que cette fois-ci, ce sera la bonne.

Je termine de corriger mes copies, et quelques instants plus tard, la sonnerie de mon téléphone retentit ; je pense qu'il s'agit de Shinya, mais en fait, c'est l'alarme me rappelant de prendre mes médicaments. Je soupire, et je me dirige vers la cuisine pour m’exécuter. Mes pilules se trouvent dans l'un des tiroirs, bien rangés ; un peu comme si je cherchais à cacher un crime à l'humanité. Puis, je commence à me faire du thé. Je fais bouillir l'eau, puis sort du lait frais de mon frigo. C'est comme ça que se boit. Soudain, on frappe à la porte. Là, c'est sûrement Shinya. L'immeuble ne possède pas de digicode ou quelconque autre sécurité qu'une porte d'entrée qui reste ouverte toute la journée, alors ça ne peut être que lui. Je me dirige en trois enjambées jusqu'à l'entrée, et ouvre doucement la porte. Zut, j'ai oublié d'enlever mes lunettes. Trop tard. Je me retrouve quelques secondes plus tard face à face avec une personne que je n'avais jamais vu avant. C'est forcément lui, oui. Je me racle rapidement la gorge, et lui offre un sourire amical. « Hum, salut, tu dois être Shinya. Entre. » Je lui cède le passage pour qu'il puisse s’exécuter puis referme la porte derrière lui. À chaque fois, c'est la même chose, je ne sais jamais comment engager la discussion. « Tu veux du thé ? J'étais en train de m'en préparer. » Ai-je finis par demander tout en me dirigeant une nouvelle fois vers la cuisine. Ce n'est pas la plus singulière des façons de commencer une visite, mais ça fera l'affaire.


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Pour mieux visualiser l'appartement de Benedict, en gros il ressemble à ça    
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() message posté Mer 12 Juil - 0:39 par Shinya Nakamura
MI CASA ES TU CASA
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Samedi matin, le réveil sonne. Comme à son habitude, Shinya tend son bras ramolli par la fatigue pour écraser le bouton qui permet d'éteindre l'appareil, mais aujourd'hui, il ne prend pas une demie heure à traîner dans son lit avant de se lever. Il ne lui faut que quelques minutes pour se frotter les yeux, dégager ses cheveux décolorés qui lui gênent la vue et s'extirper des draps, car il est terriblement excité à l'idée du programme de sa journée : visiter un nouvel appartement. Cela fait à peine un an que Shinya vit à Londres, et il n'a encore jamais eu son propre logement. Jusque-là, il a seulement vécu chez un ami d'amis tokyoïtes, un homme adorable qui a accepté de l'héberger jusqu'à ce qu'il se mette assez d'argent de côté pour emménager ailleurs. Shinya a écumé les annonces pendant plusieurs semaines avant qu'il ne tombe sur celle d'un certain Benedict Hughes. Les photos de l'appartement l'ont tout de suite fait rêver : le grand espace du salon, les murs blancs et la décoration sombre et sobre étaient tout à fait à son goût. Il s'est quasiment jeté sur son téléphone pour contacter le locataire, craignant que quelqu'un d'autre soit plus rapide que lui et prenne sa place. Des appartements, Shinya en a déjà visité une multitude, mais il n'a reçu que peu de réponses favorables du fait de son petit salaire, ou bien il a refusé des logements qu'il a trouvé trop petits par rapport au nombre de colocataires. Vivre à trois dans quarante mètres carrés, ce n'est pas pour lui. À Tôkyô, il a vécu dans des appartements si minuscules, avec sa mère, qu'il ne supporte plus de manquer de place. Cela lui donne l'impression de rapidement étouffer et, surtout, lui rappelle une vie dont il ne veut plus avoir affaire. Après quelques échanges de mails avec Benedict Hughes, il a été convenu que Shinya vienne visiter l'appartement un samedi du mois de mai. Jusqu'au jour J, le japonais s'est senti excité comme une puce, pressé de découvrir les lieux en vrai.

Shinya est terriblement nerveux. Il n'arrête pas de songer à l'idée que le locataire puisse s'avérer être un homme désagréable ou peu ouvert d'esprit, car il serait alors incapable de vivre avec lui. L'appartement lui semble si parfait qu'il se dit qu'il y a forcément anguille sous roche. Après plusieurs semaines à visiter encore et encore des logements pour ne jamais trouver satisfaction, comment tout pourrait être aussi bien ? Le japonais peine à garder l'esprit clair tandis qu'il se prépare. Il lui faut d'ailleurs près d'une heure pour choisir sa tenue. Trop colorée, trop sombre, trop excentrique... Et s'il paraissait trop étrange et qu'il faisait peur à Benedict ? Le temps s'écoule sans que Shinya ne s'en rende compte, et c'est à la dernière minute qu'il réalise qu'il risque de se mettre en retard à cause de ses craintes idiotes et de sa mauvaise manie à toujours vouloir être parfait. Il finit par enfiler en vitesse un t-shirt noir avec des motifs blancs et un pantalon beige, sans avoir le temps de se coiffer. Ses cheveux lisses lui retombent constamment dans les yeux quand il dévale l'escalier puis sort dans la rue ; ça l'énerve mais il est trop tard pour y faire quoi que ce soit. C'est avec une boule au ventre que Shinya finit par arriver au pied de l'immeuble de Benedict. Il lève les yeux vers le haut du bâtiment, se demandant à quelle fenêtre correspond l'appartement qu'il va visiter, mais il est incapable de le reconnaître. Il s'avance timidement jusqu'à la porte et pénètre directement dans la résidence, comme le lui a indiqué le locataire dans ses textos. L'immeuble ne possède aucun système de sécurité, ce qui ne le dérange pas du tout. Les jambes de Shinya sont un peu tremblantes tandis qu'il grimpe les marches et, lorsqu'il atteint le seuil de la porte, il lui faut quelques minutes avant de daigner frapper. Son cœur se met à battre la chamade jusqu'à ce que Benedict lui ouvre. La surprise, c'est exactement ce qui saisit le japonais quand il découvre à quoi ressemble le jeune homme. Sans savoir pourquoi, il l'imaginait plutôt hipster, mais avec ses grosses lunettes et son allure, il a plutôt l'air d'un bobo. « Oui, c'est moi. Bonjour. » Comme Shinya est beaucoup plus petit que Benedict, il est obligé de lever la tête pour s'adresser à lui. Le locataire semble un peu particulier, mais l'asiatique préfère ne pas s'arrêter à ses premières impressions. Après tout, on ne sait jamais. Shinya s'avance dans l'appartement et s'extasie aussitôt sur le grand salon. Il le trouve superbe et le grand espace ne peut que le séduire. Il se retourne vivement vers Benedict lorsque celui-ci lui propose du thé. S'il y a bien une chose que les anglais et les japonais ont en commun, c'est leur attrait pour cette boisson. « Oh oui, bien sûr. Merci beaucoup. » Aussitôt, Shinya penche vite fait sa tête en avant. Même après un an de vie à Londres, il a gardé cette manie tout à fait nippone, un peu comme son accent très prononcé, avec ses "l" et ses "r" qui ressemblent tous deux à des "r" roulés. Il regarde Benedict s'enfuir dans la cuisine et en profite pour observer la pièce, sans trop oser la parcourir pour ne pas paraître irrespectueux. Il s'extasie en repérant la bibliothèque, ainsi que les grandes fenêtres qui apportent une belle luminosité. L'endroit est atypique, si superbe qu'il est quasi semblable à la couverture d'un magazine de décoration. Quand le britannique revient, Shinya lui demande aussitôt : « Depuis combien de temps vous vivez ici ?  C'est vraiment joli ! »
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() message posté Jeu 20 Juil - 15:04 par Benedict J. Hughes
Mi casa es tu casa

Bon il aime le thé, c'est déjà un bon point. Non pas que ça aurait été rédhibitoire, je suis quelqu'un de tolérant après tout. Tout va bien se passer, cette fois c'est la bonne. Je me répète inlassablement cette phrase dans ma tête, alors que tremblant, je finis de préparer le thé dans la petite cuisine. Je suis un peu anxieux, je dois l'avouer ; comme à chaque fois que quelqu'un vient chez moi, en fait. Je suis une personne très réservée, et de ce fait, j'ai du mal à m’accommoder à l'idée qu'on vienne empiéter sur ma vie privée. Cet appartement, c'est mon petit coin rien qu'à moi. Mais il va bien falloir que je lâche prise si je veux trouver un colocataire. Parce que c'est ce que je veux, vraiment. Et si j'ai l'air étrange, je vais tous les faire partir en courant. Shinya a l'air d'être gentil, et un peu intimidé aussi. Il faut dire que je fais bien une tête de plus que lui, j'imagine que ça ne doit pas être réconfortant, même si je n'ai pas une carrure très impressionnante au delà de ma grande taille. Je prends deux tasses dans l'un des meubles de la cuisine, les remplie convenablement avec du thé bien chaud, et posent tout sur un plateau en fer rond. J'ajoute une petite tasse de lait, parce qu'étant un irlandais de pure souche, je ne le bois que comme ça, mais je ne connais pas les goûts de Shinya. Imposer ce qu'on aime, ça serait partir du mauvais pied avec peut-être, qui sait, mon futur colocataire.

Je rejoins mon visiteur du jour avec le plateau, lui adresse un sourire timide avant de détourner le regard et de tout poser sur la petite table basse du salon. Par la même occasion, j'enlève mes lunettes et les pose à côté. Au même moment, Shinya s'adresse à moi, et je le rejoins en quelques enjambées, d'avantage à l'aise maintenant que je n'ai plus totalement l'air d'un ringard avec mes cul-de-bouteilles sur le nez. « Depuis combien de temps vous vivez ici ?  C'est vraiment joli ! » Je lui adresse un sourire, touché par le compliment qu'il m'offre. Je réponds sans hésiter, quoi que fuyant son regard, comme à mon habitude lorsque je ne connais pas bien la personne. « Oh, ça fait déjà plusieurs années. Quatre ou cinq ans, je ne sais plus exactement. » Je marque une petite pose, me grattant l'arrière de la nuque tout en réfléchissant à la date exact. « Ça fait cinq ans, oui, c'est ça. En tout cas, merci du compliment. Enfin, l'appartement n'est pas à moi, mais j'ai entièrement fais la décoration. » Avant, j'habitais dans un appartement à Hammersmith. Le quartier était vraiment très sympa, mais j'ai voulu changer pour celui-là lorsque j'ai adopté Lupin. Il nous fallait plus de place. J'aurais pu déménager une nouvelle fois après ma séparation avec Ambre, mais je n'ai pas réussi à partir d'ici. Il y a encore des traces d'elle, et des souvenirs surtout. Mais j'aime cet appartement, alors j'ai appris à vivre avec. Je sens le rouge me monter aux joues; parce que même si bafouiller relève du quotidien pour moi, ce n'est pas dans mes habitudes de me mettre en avant. Je n'ai pas envie qu'il me prenne pour un vantard, surtout que ce n'est vraiment pas le cas. J'enchaîne sur un autre sourire, osant poser quelques secondes mon regard clair dans celui de Shinya. « Hm, tu veux t'asseoir ? » Je lui indique le canapé, devant lequel j'ai posé le plateau avec le thé.Je me rends soudainement compte que depuis le début, je tutoie Shinya alors qu'il m'a vouvoyé. Ça me met d'autant plus mal à l'aise. Bon sang, j'espère qu'il ne me trouve pas malpoli. Je prends la liberté de m'avancer et de m'asseoir avec lui. Je prends avec précaution l'une des deux tasses et la lui tends en fixant le récipient brûlant. « Attention c'est un peu chaud. Il y a du lait si tu aimes le boire comme ça. » Ai-je ajouté tout en montrant le plateau. Une fois qu'il a récupéré la sienne, je m'empresse de rajouter du liquide lactée dans ma tasse avant de touiller quelques secondes mon thé. Je l'amène à mes lèvres et en boit une gorgée avant de le reposer sur la table basse. Et puis, j'entends gratter à la porte de ma chambre. Lupin s'est réveillé et ça ne lui plait pas que la porte soit fermée ; j'avais pris la précaution de l'enfermer pour qu'il ne saute pas sur Shinya à peine celui-ci aurait passé l'encadrure de la porte. De toute façon, ce gros bêta dormait à point fermé il y a encore quelques minutes. Je me relève donc et me dirige vers ma chambre, posant ma main sur la poignet pour ouvrir la porte. Lupin se jette dans le salon en l'espace d'une seconde, et repère directement le nouvel invité. Sa queue vacille de droite à gauche avec beaucoup d'enthousiasme, signe de sa bonne humeur habituelle. Je laisse ainsi la porte de ma chambre ouverte et rejoint mon chien, le voyant s'approcher prudemment de Shinya. « Je te présente Lupin, c'est un dogue allemand. Il est vraiment très gentil, juste un peu trop chaleureux et baveux parfois. » Le dogue allemand finit par se coller à mon invité pour le renifler un instant, puis lui offre une grosse léchouille sur la main, avant de s'allonger devant le canapé, sur le tapis, exposant son ventre à la vue de tous et bousculant la table basse par la même occasion. C'est drôle, il a toujours l'impression d'être mignon et minuscule, mais non, maintenant c'est un monstre qui prend généralement toute la place, peu importe l'endroit où il se trouve. Je glousse un instant en observant la scène, avant d'enjamber Lupin et de m'assoir à nouveau à côté de Shinya.

Ma tasse de thé entre les mains, j'hésite à lui parler du troisième habitant de cet appartement, puisqu'il a fait fuir les derniers visiteurs. Mais bon, de toute façon, il faudra bien qu'il le voit un jour. « J'ai aussi un serpent. Un python vert pour être exact. Il vit dans le terrarium, là-bas. » Je lui montre du doigt l'emplacement du grand aquarium, que Shinya avait sûrement dû déjà remarquer puisqu'il est plutôt imposant. Mais il est éteint à ce moment de la journée, du coup, on ne voit pas forcément quel secret il renferme à l'intérieur. « C'est la raison pour laquelle je t'ai demandé si la présence d'animaux ne te dérangeait pas. Et c'est aussi pour ça que j'ai du mal à trouver un colocataire, entre autre. » Me suis-je empressé de rajouter, lui offrant un regard incertain, avant de boire une autre gorgée de mon thé.


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() message posté Sam 29 Juil - 23:49 par Shinya Nakamura
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C'est le tintement des tasses sur le plateau en fer qui trahit Benedict quand il revient dans le salon. À ce bruit, Shinya se retourne aussitôt vers lui pour lui demander depuis combien de temps il vit ici. Il remarque que son hôte a retiré ses lunettes et que cela lui donne une toute autre allure. Dorénavant, il ne ressemble plus à un bobo trop sérieux. Il a même l'air plus élégant. L'absence de l'épaisse monture des lunettes révèle les nombreuses tâches de rousseurs qui parsèment les joues de Benedict. Shinya songe au fait que cet homme a véritablement une peau de roux, mais ce n'est pas une mauvaise critique venant de sa part. Au Japon, les étrangers restent encore peu présents comparés aux japonais de pure souche, c'est la raison pour laquelle l'asiatique aime tant Londres. Ici, on trouve des gens d'origines si diverses qu'on ne se lasse jamais d'admirer ce qui les rend beaux, chacun à leur façon. « Ça fait cinq ans, oui, c'est ça. En tout cas, merci du compliment. Enfin, l'appartement n'est pas à moi, mais j'ai entièrement fais la décoration. » Le regard du britannique ne cesse de fuir celui de Shinya, ce qui le met un peu mal à l'aise. Il tente d'en faire abstraction en regardant aussi ailleurs. « Ah, c'est bien ! »  Une réponse plus explicite aurait été meilleure, mais à quoi bon occuper une conversation en racontant des futilités ? S'il y a une chose que le japonais déteste faire, c'est de parler pour ne rien dire. Alors que son regard se rive vers le sol, il remarque le tapis en fausse peau de bête installé devant le canapé. Ce n'est pas vraiment dans ses goûts, car il craint toujours de trouver un tas de poussière dans ce genre d'objet, mais il ne va pas laisser tomber cet appartement pour si peu. Son attention se détourne encore vers les livres de la bibliothèque, cette fois-ci pour lire les titres qui s'y trouvent, dans la tentative de cerner son éventuel futur colocataire. Sciences, chimie, quelques romans... Voilà de quoi donner une image sérieuse de Benedict. Jusqu'ici, Shinya doit admettre qu'il a du mal à comprendre cet homme. Avec un intérieur pareil, il l'imaginerait bien designer ou architecte, mais dans ce cas, pourquoi possède-t-il des livres scientifiques ?

« Hm, tu veux t'asseoir ? » D'un geste vif, il se retourne vers son hôte qui le regarde. « Oh, oui bien sûr. Merci ! » En quelques enjambées, Shinya atteint le canapé et s'y installe en callant ses mains jointes entre ses genoux. Il regarde les deux tasses de thé encore fumant installées devant lui, avec l'air d'un enfant qui attend sagement son quatre heures au bord de la table. Shinya adore le thé, il serait capable d'en boire à volonté, mais son médecin lui a préconisé de limiter sa consommation pour éviter de trop manquer de fer. Benedict finit par s'asseoir à côté de lui, puis lui tend l'une des tasses en lui disant de faire attention de ne pas se brûler. L'asiatique ne remarque même pas le langage un peu familier de son hôte, sans doute parce qu'il a l'habitude de côtoyer des univers dans lesquels les gens se parlent quasiment tous comme s'ils se connaissaient. Dans les quartiers un peu underground où grouillent les artistes, il est rare de se vouvoyer. Si Shinya a jusque là utilisé un langage soutenu, ce n'était que pour faire bonne impression mais, ironiquement, il n'attend pas de son interlocuteur qu'il en fasse autant que lui. Qui sait s'il ne se mettra pas à tutoyer Benedict d'ici un instant, sans même s'en rendre compte. « Merci mais je n'aime pas trop le lait. C'est comme le sucre, je préfère ne rien mettre dans mon thé. » Mettre du lait dans son thé ? C'est une chose qui lui semble plutôt étrange, d'ailleurs il observe scrupuleusement  le britannique quand celui-ci en verse dans sa boisson. Shinya souffle sur le liquide chaud, tenant fermement sa tasse devant son visage. Il tente d'en prendre une gorgée mais se ravise aussitôt en se brûlant le bout de la langue. Au même instant, quelque chose se met à gratter à une porte, de quoi surprendre le japonais qui sursaute et manque de renverser son thé. En quelques instants, un gros chien surgit dans le salon et s'approche doucement. Heureusement que l'animal ne s'est pas empressé de rejoindre Shinya, ou ce dernier aurait sûrement pris peur au point de ne pas vouloir le laisser approcher. C'est avec une grande spontanéité qu'il s'exclame : « Mais qu'est-ce que c'est que ce chien !? » Le petit asiatique a l'air de se recroqueviller sur lui-même, bien qu'il laisse Lupin s'approcher. Cette bête doit faire la même taille que lui, une fois dressée sur ses deux pattes arrières. Instinctivement, Shinya lui tend la main pour le laisser le renifler, sans s'attendre à recevoir un grand coup de langue qui le dégoûte. Il laisse d'ailleurs échapper un cri de surprise avant de frotter sa main contre son pantalon, non sans hésitation à l'idée qu'il se retrouve avec de la bave sur ses vêtements. L'animal se couche aussitôt sur le sol, ventre en l'air, attendant peut-être des caresses de la part de son nouvel invité. Mais non, bien que Shinya fasse confiance en la gentillesse de Lupin, il rechigne à le toucher sans le connaître. Il n'a jamais possédé d'animal de compagnie auparavant, d'abord parce que sa mère détestait ça, ensuite parce qu'il n'en a jamais eu l'occasion une fois installé en Angleterre. De ce fait, il ne se sent pas toujours à l'aise avec les bêtes, ne sachant comment celles-ci peuvent réagir à son contact. S'il se retrouve à emménager dans cet appartement, il saura cependant s'adapter à la présence de cet adorable monstre à quatre pattes. Lorsque Benedict revient s'installer sur le canapé, Shinya en profite pour entamer son thé en continuant de regarder Lupin. Bien qu'il le trouvait intimidant aux premiers abords, il reconnaît que ce chien a plutôt l'air de se comporter comme un bisounours et cette idée le fait sourire. « J'ai aussi un serpent. Un python vert pour être exact. Il vit dans le terrarium, là-bas.  C'est la raison pour laquelle je t'ai demandé si la présence d'animaux ne te dérangeait pas. Et c'est aussi pour ça que j'ai du mal à trouver un colocataire, entre autre. » Un python vert... C'est bien le dernier animal auquel il aurait songé. Par ailleurs, il n'aurait jamais su ce que désignait ce mot en anglais s'il n'avait pas connu les célèbres Monty Python - on apprend des mots étrangers de façon parfois étonnante ! Les yeux de Shinya s'agrandissent brusquement. Le terme python lui donne l'image d'un immense serpent prêt à se rouler autour de lui pour l'étouffer, ce qui n'a rien de rassurant. « Mais... Il est inoffensif ? Enfin, je veux dire, il est grand comment ? » Le regard du japonais se pose sur le grand terrarium que Benedict lui a indiqué. En rentrant dans l'appartement, il n'a pas vraiment fait attention à ce côté du salon, au point d'à peine remarquer la cage en verre plongée dans le noir. À vrai dire, il aurait pu la prendre pour un aquarium renfermant quelques poissons, rien d'autre. « Je n'ai jamais vu de serpent en vrai. Est-ce que tu le touches, parfois ? Il n'a jamais essayé de t'étouffer ? »  Shinya a replié l'une de ses jambes contre lui pour pouvoir se tourner sur le canapé et regarder le terrarium. Il a l'air soudainement agité par l'idée de voir un serpent, comme un gosse dans un zoo. Même si cela lui fait franchement peur, il doit admettre qu'il trouve excitante l'idée qu'on puisse en posséder un chez soi. Si Benedict craignait de le faire fuir avec cette nouvelle, il a de quoi être rassuré, mais il ne doit pas pour autant s'attendre à ce que Shinya accepte de toucher son animal.
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() message posté Sam 5 Aoû - 14:54 par Benedict J. Hughes
Mi casa es tu casa

J'ai du mal à concevoir qu'on puisse boire son thé sans du lait, parce qu'après tout c'est comme ça que je l'ai toujours bu aussi loin que je m'en souvienne. Cependant je n'en tiens pas plus rigueur que ça. Après tout, il est vrai que dans la plupart des pays du monde, on boit le thé comme Shinya. Mais c'est surtout le bruit provenant de ma chambre qui me fait radicalement oublier ce détail. Lupin est réveillé et gratte à la porte. On peut l'entendre très distinctement couiner comme si quelque chose l'effrayait. Il n'a pas l'habitude que les portes soient fermées ; en temps normal, tout est grand ouvert dans l'appartement. Alors je m'empresse de lui ouvrir, et il se jette dans le salon à toute allure, repérant automatiquement Shinya. La réaction de ce dernier me fait sourire en coin, tandis qu'il se recroqueville en s'exclamant d'un « Mais qu'est-ce que c'est que ce chien !? » . Bien que Lupin soit le chien le plus trouillard du monde (il est toujours aux aguets lorsque je le sors le soir et aboie au moindre froissement du vent entre les feuilles des arbres), il est vrai que sa taille imposante inspire la crainte. Mais quand on apprend à le connaître, on se rend vite compte qu'il s'agit d'une bonne pâte comme on les aime. Je m'assois de nouveau aux côtés de notre invité du jour, bien que celui-ci garde une bonne distance entre lui et le chien dans un premier temps. Il n'a pas l'air d'avoir apprécié la langue du chien sur sa main, et je me retiens de glousser en observant la grimace de dégout sur son visage. Puis, à mesure que les secondes défilent, et que Lupin lui montre ses meilleurs attraits, je sens le jeune homme se détendre et être plus réceptif au dogue allemand. C'est une bonne chose. Il garde toujours cette distance entre lui et l'animal, mais avec le temps je suis sûr qu'ils pourraient devenir de bons amis. Il est difficile de ne pas apprécier Lupin, mais certaines personnes n'aiment tout simplement pas les animaux, et ne sont donc pas réceptifs lorsqu'ils le voient. Mais je sens bien que Shinya n'est pas comme ça. Le fixant un moment avant de lui parler du python qui loge lui aussi entre ces murs, j'ai tout le plaisir d'observer la moindre de ses réactions face à Lupin. J'en déduis assez rapidement qu'il n'a jamais eu d'animal de compagnie, sans pourtant en être certain. De toute évidence, il ne sait pas quelle attitude aborder avec le chien et le regarde d'un œil attentif comme s'il essayait de déchiffrer le mystère planant autour de cet animal. Mais je sens en lui cette envie d'en apprendre plus.

Et cette impression se confirme alors que j'aborde le sujet sensible de cet appartement : Salazar, un python vert de plus d'un mètre vivant dans le terrarium du salon. Venant de Shinya, je m'attendais à toutes les réactions négatives possibles et imaginables, particulièrement à celles que j'ai déjà vécu et que je redoutais ; des gens s'excusant de devoir quitter les lieux précipitamment, d'autres hurlant tout en me traitant de malade mental. Bref, Salazar provoque bien souvent de mauvaises réactions ; il n'en mérite pas tant. Effectivement, il s'agit bien d'un animal sauvage ayant vécu une partie de sa vie en Nouvelle-Guinée. Évidemment qu'il peut mordre, évidemment qu'il peut se montrer agressif. Mais il ne sortira jamais en pleine nuit de son terrarium pour trouver une proie humaine. Salazar n'est pas un meurtrier. Les serpents sont bien souvent incompris, quel dommage. Mais étrangement, Shinya ne fuit pas. Il ne s'excuse pas de devoir s'en aller, il ne hurle pas. Il reste là, à côté de moi, sa tasse de thé entre les mains, l'air interrogateur. « Mais... Il est inoffensif ? Enfin, je veux dire, il est grand comment ? » me demande-t-il d'un ton méfiant. C'est de loin la meilleure réaction que j'ai pu constater sur un potentiel colocataire jusqu'à présent. J'en suis tellement surpris que j'observe quelque secondes le jeune homme, mes yeux clairs grands écarquillés. Puis je le vois déviant son regard vers le terrarium. Il a l'air d'être d'avantage curieux qu'effrayé. Je me racle la gorge et dépose ma propre tasse de thé sur la table basse. J'en profite ainsi pour répondre à ses questions, le regard toujours posé sur le jeune homme. « Je ne dirais pas qu'il est inoffensif pour être tout à fait honnête. On parle quand même d'un animal sauvage qui a été arraché à son habitat naturel il y a deux ans. Il se montre très méfiant vis-à-vis des humains. » Je me lève du canapé, offrant au passage un caresse à Lupin qui commence à me suivre. Au bout d'un pas ou deux, je me retourne vivement vers le chien, et pointe mon doigt sur lui. « Non Lupin, tu restes là ! » Le dogue allemand s'exécute sans même brocher et retourne s'allonger sur le tapis en fausse fourrure tandis que je m'approche du terrarium sous l'oeil attentif de Shinya. « Il mesure un mètre vingt environ, et pèse un peu plus d'un kilo. Ce n'est pas un très grand serpent, même si son nom pourrait le laisser penser. Lorsque je l'ai récupéré il tenait dans une boîte à chaussure. C'est un ami travaillant dans une association animale qui l'a sauvé d'un braconnage en Nouvelle-Guinée. Et puis il l'a ramené en Angleterre à la fin de sa mission. Il ne savait pas trop quoi en faire. Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a confié avoir tout de suite pensé à moi. Et grâce au statut qu'il a dans son association, j'ai pu obtenir une dérogation pour le garder avec moi. » Une fois à la hauteur du grand aquarium de plusieurs mètres, je jette un regard à travers la vitre pour voir si l'animal qui y loge dort. Dans la pénombre du terrarium, je n'y vois pas grand chose ; Mais au bout de quelques instants j’aperçois le feuillage bouger. Salazar est réveillé lui aussi. Il doit se demander ce qu'il se passe à l'extérieur et ce qui provoque toute cette agitation.

Je me tourne vers Shinya, dont toute l'attention est maintenant portée vers la cage vitrée. « Je n'ai jamais vu de serpent en vrai. Est-ce que tu le touches, parfois ? Il n'a jamais essayé de t'étouffer ? » Ses question me font froncer les sourcils, et je détourne vivement le regard. Depuis quelques instants, je parle de serpent, de python avec un étranger, tentant de répondre à ses questions, bien qu'innocentes, telles que « Ton serpent il est grand comment ? Ça t'arrive de le toucher ? » et cela me met mal à l'aise. Peut-être ne s'en rend-il pas compte, puisque de toute évidence Shinya n'est pas un anglais pur souche ; Son accent est sûrement l'une des premières choses qui m'a sauté « aux oreilles ». J'ai moi-même un très fort accent irlandais, mais je n'arrive pas à situer celui de mon invité. Quoi qu'il en soit, la tournure de ses phrases portent à confusion. Je n'imagine même pas ce que penserait une personne qui prendrait la conversation de cours (je suis pratiquement sûr qu'elle penserait qu'on parle tout à fait d'autre chose). Je me sens honteux d'avoir l'esprit mal placé à cet instant, et le rouge me monte un peu aux joues. Je détourne le regard vers le terrarium, faisant mine d'observer le serpent dans l'obscurité de son habitat. Bon, calme-toi, fais pas tout foirer bon sang ! Tentant de faire abstraction de mes pensées impures, je réponds, d'une voix moins confiante et timide qu'auparavant. « Je-Oui, ça m'arrive. Il n'aime pas trop qu'on le manipule en général, mais il s'est habitué à moi. » Je marque une pause, reprenant ma respiration alors que doucement, j'appuie sur l'interrupteur se situant sur le côté du terrarium. Plusieurs spots éparpillés à différents angles de l'aquarium s'enclenchent alors dans un « pop » significatif, diffusant une douce lumière tamisée. Au milieu de la végétation verdoyante, on ne distingue pas Salazar du premier coup d'oeil. Il faut dire qu'en plus d'être de la même couleur que les plantes, l'aquarium est très grand pour lui. Il a un millier de cachette là-dedans. Mais je voulais qu'il ait de la place (le terrarium est plus haut que moi, et fait à peu près deux mètres de long). Surtout qu'à la distance où se trouve Shinya à ce moment-là, je crains qu'il ne le voit pas pour l'instant. « Et non il n'a jamais essayé de m’étouffer. Au début il tentait de me mordre, j'étais obligé de mettre des gants pour le prendre. Mais maintenant il se montre plutôt pacifique. » Je regarde à nouveau à travers la vitre, puis jette un regard vers le jeune homme. « Tu peux venir là si tu veux, on le voit d'ici. » Ai-je ajouté tout en offrant un sourire amical à mon invité. Je me sens heureux de pouvoir faire voir Salazar à Shinya, d'autant plus que ce dernier m'a confié n'avoir jamais pu observer de serpent avant aujourd'hui. Ceci dit s'il habite ici, il aura le loisir d'en voir tous les jours.

Un instant plus tard, Shinya s'étant approché, je lui offre un sourire complice ; sûrement le plus long échange de regard qu'on ait eu jusqu'à présent. Le jeune homme doit sûrement sentir que je suis à mes aises lorsqu'il s'agit de parler d'animaux. Puis je reporte l'attention vers le terrarium, posant mon index sur la vitre dans une direction et mon autre main sur ma hanche. « Il est là, au fond à droite, derrière la grosse branche. Tu le vois ? » Je lui laisse le temps d'observer le terrarium pour repérer la bête sauvage. Je souris de toutes mes dents, regardant moi-même à travers la vitre le serpent se déplacer lentement. Salazar s'approche de nous et lève significativement la tête, nous fixant avec ses grands yeux jaunes pâles. « Hey salut mon grand ! » Sa langue sort furtivement de sa gueule avant de rentrer tout aussi rapidement. On reste un long moment à s'observer mutuellement, et je reprends la parole soudainement. « Il a l'air de plutôt bonne humeur aujourd'hui. Je pense qu'il te laissera même le caresser ! » Et sans attendre son accord, j'enclenche le petit loquet reliant les deux vitres de devant. Le terrarium s'ouvre comme un portail, et l'odeur de la flore humide arrive très rapidement jusqu'à mes narines. Dans un mouvement très délicat, comme on prendrait un nourrisson mais encore plus doucement que ça, j'attrape le serpent et le laisse s'entortiller autour de mon bras droit. Il sort ainsi de son terrarium que je referme à l'aide de mon autre main libre. « Salazar, dis bonjour à notre invité ! » Me suis-je exclamé enthousiaste mais doux, tout en me plaçant face à Shinya. Je garde une certaine distance de sécurité au cas où le python réagirait mal à cette entrevue, tenant la tête du serpent à proximité de ma main gauche. Mais Salazar se contente simplement de tirer une nouvelle fois furtivement la langue, observant le jeune homme avant de glisser vers mon avant bras puis remontant dans mon cou. Ne voulant pas forcer la main à mon invité, je me contente simplement de lui sourire à nouveau timidement, oubliant totalement la gêne d'il y a encore quelques instants et restant immobile jusqu'à réaction de la part de Shinya.


☆☆☆ Beerus
@shinya nakamura
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() message posté Mer 9 Aoû - 2:41 par Shinya Nakamura
MI CASA ES TU CASA
The roadside trees visible from the window are beautiful
When the door opens, it seems as if you were coming in
Garo - Gakuseiga no Kissaten

Bien que Shinya apprécie les animaux, il sait qu'il lui faudra du temps avant de se sentir à l'aise avec Lupin. En vingt-huit ans d'existence, il n'a jamais eu l'occasion de côtoyer un chien de façon quotidienne et c'est la raison pour laquelle il ne sait jamais comment réagir avec cet animal. En observant le dogue allemand, Shinya se souvient d'un été, lorsqu'il était encore un enfant. Il avait repéré un adorable chiot alors qu'il se promenait dans une rue commerçante avec ses parents. Tirant sur le bras de son père qui le tenait par la main, il l'avait amené avec lui jusqu'en face de la vitrine de l'animalerie. Très vite, il avait supplié ses parents d'acheter le chiot, mais son père lui avait gentiment répondu que ce n'était pas un jouet, que ça ne s'achetait pas sur un coup de tête, mais que si d'ici plusieurs semaines il en souhaiterait toujours un, ils pourraient y réfléchir. Sa mère avait coupé court à la conversation en refusant fermement qu'ils achètent le moindre animal, arguant que "ces choses" étaient tout simplement trop sales et puantes. Cet argument, pourtant non valable, avait suffit pour que la petite famille n'adopte jamais de chien. Lorsque la mère de Shinya refusait quelque chose, tout le monde devait s'y plier. Son père ne s'opposait jamais à elle, comme il cédait à tous ses caprices. Cette femme a toujours été égoïste, rien d'autre qu'elle-même ne l'intéresse. Parfois, Shinya songe que s'il ne lui avait pas servi à hameçonner un homme pour l'entretenir, elle l'aurait sans doute abandonné ; il aurait été alors adopté et peut-être aurait-il été plus heureux ? Ces pensées ne traversent que brièvement l'esprit du japonais, à tel point qu'il les oublie rapidement. Ce n'est pas le moment de déprimer, après tout, les choses vont mieux maintenant qu'il est loin de sa mère et de son ancien métier.

Après le chien, vient le python. Lorsque Benedict lui avait demandé dans un message s'il serait dérangé par la présence d'animaux, Shinya avait pensé à un chien, un chat ou encore des poissons rouges, mais sûrement pas à un reptile. Il n'est pas surprenant que le jeune irlandais ait dû essuyer plusieurs refus avant d'accueillir Shinya. Si l'asiatique lui-même a bêtement pu songer à l'idée que le python soit capable d'étouffer son propriétaire, alors pourquoi d'autres personnes ne l'auraient pas fait ? Certes, la crainte de mourir assassiné par cet animal ne lui vient pas en tête car il fait assez confiance en Benedict pour que le terrarium reste bien fermé ou pour que le python ne se montre pas agressif. Si cet homme n'était pas capable de s'occuper correctement de son serpent, il en aurait probablement déjà subi les frais. Qui plus est, pourquoi chercherait-il un colocataire si le reptile était susceptible de poser des problèmes ? Benedict semble surpris par les deux premières questions de Shinya concernant son python. Pendant un instant, le japonais craint d'avoir tenu des propos stupides, c'est pourquoi il reste silencieux un long moment, laissant à son hôte le temps de se diriger jusqu'au terrarium et de lui répondre. « Il mesure un mètre vingt environ, et pèse un peu plus d'un kilo. Ce n'est pas un très grand serpent, même si son nom pourrait le laisser penser. Lorsque je l'ai récupéré il tenait dans une boîte à chaussure. » Étant donné la taille du terrarium, Shinya s'attendait à ce que le python soit beaucoup plus grand, mais il faut admettre que de savoir qu'il mesure moins d'un mètre cinquante a quelque chose de rassurant. Du canapé, le japonais n'aperçoit rien du contenu du terrarium plongé dans la pénombre. Il reste cependant assis, à distance, comme si la peur le retenait malgré sa curiosité et son excitation. Aux nouvelles questions que Shinya lui lance, Benedict semble encore réagir d'une étrange façon. En remarquant le froncement de sourcils de son hôte, il a l'impression d'avoir dit d'autres imbécilités. Cette fois-ci, il décide de se taire et se recroqueville un peu dans le canapé, affichant le même air qu'un enfant capricieux qui vient d'être vexé par les reproches d'un adulte. S'il y a une chose que Shinya déteste, c'est de se sentir stupide. Lorsque Benedict lui répond d'une voix hésitante, il l'interprète comme de la gêne mélangée à de la déception. Et s'il était déçu par le comportement ou la réaction de son invité ? L'asiatique est si persuadé d'avoir mal agi qu'il n'a ni remarqué le double sens de ses phrases, ni le simple malaise de l'irlandais... Ce n'est qu'à l'instant où l'on perçoit le son des lumières qui s'enclenchent que la mine déconfite de Shinya se dissipe. Il se redresse un peu, tentant de mieux apercevoir le contenu de l'immense cage en verre, mais tout ce qui lui apparaît n'est qu'un tas de plantes. Quand Benedict se tourne vers lui pour l'inviter à s'approcher, le petit japonais lance un regard un peu craintif. Ce n'est pas le serpent qui lui fait peur, c'est l'angoisse de ne pas faire ce qu'il faut pour plaire.

C'est avec hésitation que Shinya se lève, puis s'approche du terrarium. Il semble surpris lorsque Benedict lui sourit. Aurait-il mal interprété les réactions de ce dernier quelques minutes plus tôt ? Par politesse, l'asiatique sourit à son tour, mais il faut admettre qu'il ne sait plus vraiment sur quel pied danser. Qui plus est, il ne cesse de songer au fait qu'il n'a même pas été capable de comprendre tout ce que Benedict lui a raconté à propos de son python. Shinya en a cerné le plus important, mais le mot "braconnage" lui est encore inconnu, bien qu'il ait cerné qu'il ne définissait pas quelque chose de bien. Heureusement qu'en ce qui concerne la Nouvelle-Guinée, les japonais utilisent une transcription du mot anglais, ou il aurait été incapable de savoir de quel pays il s'agissait. Suivant du regard l'endroit indiqué par Benedict, Shinya se rapproche de plus en plus de la grande baie vitrée. Son visage la frôle presque quand il aperçoit enfin Salazar. Ses yeux s'écarquillent aussitôt et il s'exclame tel un enfant : « Oh oui, je le vois ! »  D'un seul coup, c'est comme si la mauvaise humeur de Shinya s'envolait. Il ne lui faut pas grand-chose pour qu'il retrouve le sourire. Sa main manque de se poser contre la paroi en verre tandis que Benedict salue son animal, mais il retient son geste de justesse pour ne rien salir. Un peu plus et il s'appuyait contre le terrarium, simplement pour mieux regarder le python dont la langue s'est mise à vibrer. « Il a l'air de plutôt bonne humeur aujourd'hui. Je pense qu'il te laissera même le caresser ! » A-t-il bien entendu ? Shinya se redresse brusquement et observe Benedict avec un air incrédule. Bien qu'il lui ait avoué ne jamais avoir touché de serpent auparavant, il ne s'attendait pas à ce que son hôte lui propose de le faire là, maintenant. Le japonais n'a même pas le temps de répondre, que Benedict ouvre déjà le loquet qui retenait le terrarium fermé. Il recule vivement de deux pas, peu rassuré, et observe l'animal s'entortiller autour du bras de son propriétaire. Le python ne semble pas agressif, il se mouve calmement et avec une discrétion surprenante. Les yeux écarquillés et les lèvres entrouvertes, Shinya ne détache plus son attention du serpent, comme s'il s'attendait à ce que celui-ci disparaisse d'une minute à l'autre et qu'il s'enfuit on ne sait où. « Salazar, dis bonjour à notre invité ! » Les bras de l'asiatique se croisent et il les serre contre lui, affichant clairement sa crainte face au python. Shinya fait un effort surhumain en ne reculant pas plus encore, mais il n'a pas envie de décevoir Benedict, ni même de perdre son sang froid. Lui qui était si excité à l'idée de voir Salazar, il semble brutalement moins sûr de lui. « Tu... Tu es sûr que je peux le toucher ? Il ne me connaît pas, je ne voudrais pas lui faire peur... »  Non, ceci n'est pas une excuse. Qui plus est, ce n'est pas le genre de Shinya de se défiler. Lorsqu'il ne veut pas faire quelque chose, il le dit toujours clairement car il est d'une nature un peu trop franche. Il ignore totalement à quoi se fient les serpents pour se repérer dans leur environnement, ou même encore pour reconnaître ceux qui les entourent, mais que ce soit par l'odorat, le toucher ou il ne sait quoi encore, une chose reste certaine : le python ne l'a jamais rencontré auparavant. Et il n'a peut-être pas envie d'être caressé par un inconnu. En deux pas, Shinya se rapproche craintivement de Benedict et de son python. Ses bras toujours autour de lui-même, il lève ses yeux vers son interlocuteur, l'air interrogateur et la mine farouche. « Je peux vraiment le caresser ? Ça ne le dérangera pas, c'est sûr ? » Il suffit que Benedict lui donne une dernière fois son accord pour que Shinya daigne enfin tendre son bras et que, tout doucement, il effleure les écailles de l'animal. La sensation que lui procure ce toucher lui est tout à fait nouvelle et le surprend au premier contact. Il relève d'ailleurs brièvement sa main l'espace d'une seconde, surprit aussi par Salazar qui ne reste pas totalement immobile. Shinya hésite à recommencer et sa main reste tendue un petit instant près de l'animal avant qu'il ne la retire finalement. Préservant une petite distance entre lui, Benedict et le python, le petit japonais croise le regard de son hôte avec un sourire un peu timide. « C'est surprenant à toucher. Mais il est plutôt calme. » Il est rare de voir Shinya ne pas se montrer arrogant ou trop sûr de lui, mais le fait qu'il soit en contact avec un animal l'incite probablement à se montrer plus naturel. Ce n'est pas la peine de surjouer ses émotions quand il ne s'agit pas d'échanger avec un être humain uniquement.
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() message posté Sam 19 Aoû - 0:09 par Benedict J. Hughes
Mi casa es tu casa

Au final, le malaise se dissipe assez rapidement. Tout comme Shinya ne semble pas percevoir mon mal être quant à ses choix de mot qui sonneraient presque comme un double sens, je manque également de remarquer que le jeune asiatique s'est vexé face à ma réaction ; je suis obnubilé par l'idée de lui montrer mon python. Mon visiteur finit d'ailleurs par s'approcher du terrarium après que je lui ai proposé de le faire, et je perçois très distinctement un sourire se former sur ses lèvres lorsqu'il voit Salazar derrière la vitrine. « Oh oui, je le vois ! » Dit-il alors que je jette un regard vers lui. Je suis plutôt content de l'effet que produit le serpent sur Shinya. Beaucoup aurait reculé face à la vue de cet animal sauvage, mais je vois bien que le jeune homme est surtout fasciné par ce qu'il a devant lui. Il manque de s'appuyer sur la vitre, ce qui en soit ne m'aurait pas dérangé, c'est plus ou moins fait pour ça après tout. Mais il se retient et se redresse. Je lui annonce finalement que je vais sortir Salazar du terrarium pour qu'il puisse le toucher. Caresser un serpent, c'est une sensation qui ne se compare à rien d'autre au monde ; rien à voir avec le fait de câliner un chat par exemple. Après avoir ouvert le grand aquarium, je récupère délicatement le python. La peau de Salazar est glacée, puisqu'il fait partie de ces animaux ayant la particularité d'avoir le sang froid. Sous mes doigts, ses écailles sont lisses et glissantes. Ce n'est pas agréable, ni rassurant comme sensation ; ce n'est pas comme passer sa main sur la tête de Lupin, ou toucher le duvet sur le dessus de ses oreilles. Disons que c'est différent, incomparable; mais on peut s'y habituer assez facilement. Salazar se déplace le long de mon bras et remonte doucement, plongeant sa tête dans le creux de mon cou après avoir observé quelques instants Shinya. Monsieur fait son timide et en même temps je ne peux que le comprendre. Il n'est pas habitué à voir de nouvelles têtes à part la mienne et celle de Lupin -qu'il n'apprécie pas particulièrement au passage-. Le jeune homme en face de moi semble hésiter un instant à s'approcher, ou reculer. Je ne cherche en aucun cas durant ce court instant à l'inciter à s'approcher de moi. Il doit avoir confiance en lui pour caresser le python. Les animaux sentent la peur et l'hésitation, et ça les rend anxieux. C'est dans ces moments-là qu'ils ont tendance à attaquer. Un geste trop brusque, ou trop hésitant, et l'animal sauvage pourrait se jeter sur lui comme une proie. Mais je tiens Salazar a une bonne distance au cas où. Et je garde un œil sur le moindre de ses mouvements. Je connais le serpent, et je sais qu'il n'est pas d'une nature très agressive. Il a un très fort caractère ; il n'aime pas qu'on le soulève, ni qu'on le dérange lorsqu'il dort. Il ne faut pas non plus le caresser s'il n'en a pas envie. Là il peut montrer les crocs, et mordre. Salazar est du genre teigneux, je ne peux que l'admettre ; mais jamais il ne se jettera à la gorge d'une personne sans aucune raison apparente. Est-ce qu'on peut parler d'un serpent civilisé pour autant ? Je ne pense pas. Comme je l'ai déjà dis, il s'agit là d'un animal sauvage, on ne pourra jamais prévoir la moindre de ses réactions. Mais j'ai confiance en lui. J'ai envie de croire qu'il a compris que Shinya est notre invité et qu'il se doit de se montrer respectueux par conséquent.

De son côté, le jeune asiatique semble toujours emprunt à l'hésitation, tandis que le python continue de se promener sur mes épaules. « Tu... Tu es sûr que je peux le toucher ? Il ne me connaît pas, je ne voudrais pas lui faire peur... » Voyant les bras croisés contre son corps frêle, je comprends instinctivement que mon invité n'est pas à l'aise et semble craintif quant à la situation présente. Si je le connaissais mieux, je l'aurais sûrement taquiné en répondant que c'est lui qui a l'air d'avoir peur du serpent et non l'inverse. Bien qu'il soit vrai que je sente la nervosité de Salazar aussi; Shinya n'a pas tord sur ce point. Tous les deux sont mal à l'aise à valeur égale je dirais. Je tiens à rassurer le jeune homme, et tout en passant ma main droite sur le corps lisse du serpent, je m'exclame doucement. « Non, ne t'inquiète pas. C'est vrai qu'il est un peu nerveux, il n'a pas l'habitude de voir des étrangers. Mais il ne te fera rien. » Je souris à mon invité, tentant de le rassurer. Je sens qu'il veut sauter le pas et s'approcher pour caresser l'animal. Mais il reste encore sur la retenue. Le python redescend sur mon bras gauche, relevant de temps à autre la tête vers Shinya, comme pour vérifier que celui-ci n'a pas bougé de l'endroit où il se trouve. Et l'asiatique finit par faire quelques pas dans ma direction, toujours cette crainte emprunte sur les traits de son visage, et dans son comportement aussi. « Je peux vraiment le caresser ? Ça ne le dérangera pas, c'est sûr ? » Toujours en souriant, je pose à nouveau ma main sur l'animal pour le rassurer. « Oui, c'est sûr. » L'ai-je rassuré d'une voix calme tout en alternant mon regard sur le jeune homme puis sur le serpent. Shinya tend le bras tout à coup, prêt à poser ses doigts sur le python, et je ne le quitte plus des yeux. « Ne sois pas brusque, mais pas trop hésitant non plus. Les animaux ressentent la peur et ne savent pas toujours comment réagir. » Ai-je ajouté d'une voix toujours aussi monotone pour ne pas brusquer l'échange qui tente de se créer. Je vois que le jeune homme ralentit sa cadence et que sa main finit sa course sur les écailles lisses de Salazar. Ce dernier ne réagit pas énormément, il se contente de relever la tête et de tirer la langue à nouveau, observant de ses grands yeux jaunes la personne en face de lui. Il semble plus intrigué qu'autre chose. On peut dire que Shinya est vraiment tombé sur un bon jour. D'ordinaire, Salazar ne se montre pas aussi courtois lors d'un premier échange. Je souris de toutes mes dents, fier de l'attitude qu'adopte l'animal, mais également heureux que mon invité ait eu le courage de le caresser. Ce n'est pas tout le monde qui en aurait eu le cran. « C'est surprenant à toucher. Mais il est plutôt calme. » Finit par dire le jeune homme en retirant sa main. J’acquiesce doucement tandis que le serpent s'accroche plus vivement à mon bras. « C'est vrai. Il n'est pas toujours comme ça, la plupart du temps il est grincheux. Mais aujourd'hui ça va. Et je ne saurais l'expliquer, mais je pense qu'il t'aime bien. » Ai-je répondu d'un ton enjoué. Je n'ose pas rajouter que si ça avait été le contraire, Salazar aurait sûrement chercher à le mordre lorsqu'il aurait posé ses doigts sur lui, parce que ce n'est jamais très rassurant d'entendre ce genre de chose. Et puis de toute manière, leur premier échange -peut-être le début d'une longue liste qui sait- s'est bien déroulé, alors pas besoin de dramatiser là dessus. Sentant que le serpent se montre de plus en plus agité et nerveux, je me rapproche du terrarium avec lui. « Oui, je te repose Salazar, ne t'inquiète pas. » Me suis-je exclamé en m'adressant au serpent, tout en ouvrant l'une des portes vitrées du grand aquarium.

Un instant plus tard, je referme à l'aide du gros loquet le terrarium et me tourne vers Shinya. Je lui adresse un sourire satisfait, osant croiser son regard un instant, puis baissant les yeux pour finalement le dépasser de quelques pas. Je me dirige en plusieurs enjambées vers le salon. Je me baisse pour récupérer ma tasse de thé, et pose mes lèvres sur la bordure pour gouter à la température du liquide s'y trouvant. Le thé est affreusement tiède. D'après moi, il n'y a rien de pire que de boire du thé froid. Je jette un regard vers Shinya, lui adressant un autre sourire timide, avant de me charger de remettre les deux tasses sur le plateau en fer. « Je suis désolé, avec toutes ces histoires d'animaux notre thé s'est refroidi. Je vais en remettre à chauffer. » Je me suis relevé et j'ai tourné les talons, m'empressant de retourner à la cuisine sans lancer un autre regard au jeune homme au début, le plateau métallique en main. Puis je me suis brusquement arrêté, faisant vaciller ma tête vers l'asiatique. « D'ailleurs tu peux venir avec moi à la cuisine pour voir à quoi elle ressemble, si tu veux. » C'est vrai qu'au final, le jeune homme n'avait pas vu grand chose de l'appartement ; je suis décidément un hôte plus que douteux. Une fois dans la cuisine -qui au final n'est que la continuité de la pièce principale regroupant le salon, la salle à manger et mon coin bureau- et après avoir vidé nos deux tasses dans le lavabo, en quelques gestes parfaitement maitrisés, voilà que j'ai remis du thé à chauffer sur la gazinière. Puis je retourne dans le salon un instant plus tard. Lupin est toujours de ce même côté, en train de dormir sur le tapis. Après avoir jeté un bref regard dans sa direction, je pose mes yeux clairs sur mon interlocuteur principal. Je me racle la gorge, retrouvant soudainement ma timidité et ma gêne habituelles, le regard fuyant comme toujours. « En attendant que notre thé chauffe, je me disais que peut-être... Je pourrais te faire visiter le reste de l'appartement ? Après tout, je ne pense pas qu'à la base tu sois venu pour caresser un serpent. » Me suis-je exclamé d'une voix à la fois gênée et amusée.

Je lui adresse furtivement un autre sourire, avant de me diriger vers une première porte, pas très éloignée du terrarium. Il s'agit de mon ancien bureau -que j'ai déplacé à proximité de la cuisine-. La pièce a été réaménagé en deuxième chambre dans l'éventualité qu'un colocataire s'installe ici un jour. J'ouvre la porte et laisse passer Shinya en premier, pour qu'il découvre les lieux ; la chambre n'a rien d'extraordinaire en soit. Il n'y a qu'un lit couvert de draps gris en satin, une penderie sur le côté droit de la pièce, et quatre murs blancs. Une grande fenêtre orne l'un d'entre eux et laisse entrer la lumière du jour, ce qui rend la pièce pratiquement vide beaucoup moins austère. Au plafond est suspendu un gros luminaire en rotin tressé qui ressemble à un bol qu'on aurait mit à l'envers et accroché là ; au milieu s'y trouve une grosse ampoule. Le sol est un vieux parquet ciré comme le reste de l'appartement. Je compte laisser à mon futur colocataire le choix de décorer sa chambre de la façon dont il le souhaite. Je me tourne vers Shinya, et lui adresse un sourire amical avant de regarder autour de moi. « Donc ici, ce serait hypothétiquement ta chambre. Elle fait treize mètres carrés. On dirait une chambre d'hôpital comme ça, mais tu pourras la décorer comme bon te semble, accrocher des tableaux, des étagères, ce genre de choses... Tant que tu n'exploses pas un mur le propriétaire est d'accord. » Ai-je dis sur un ton enjoué. Ma voix raisonne dans la pièce presque vide, tout comme chaque pas que l'un de nous fait. Je regarde un instant Shinya qui observe ce nouvel environnement, et me risque à lui poser la question qui me trotte dans la tête depuis quelques minutes. « Hmm, du coup l'appartement te plaît pour l'instant ? » Et quand je demande « l'appartement », j’englobe mes animaux et moi-même dedans. Ce n'est pas la peine de continuer la visite si quelque cloche pour le jeune homme après tout.


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() message posté Jeu 24 Aoû - 2:22 par Shinya Nakamura
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The roadside trees visible from the window are beautiful
When the door opens, it seems as if you were coming in
Garo - Gakuseiga no Kissaten

Quelle situation étrange ! Depuis qu'il a pénétré dans cet appartement, Shinya n'en a vu qu'une infime partie : le salon. Et c'est dans cette pièce encore que les deux hommes se trouvent, un python vert dans les bras de Benedict. De la part de l'hôte, ce n'est pas un tort d'avoir commencé par présenter ses animaux à son invité. Après tout, Shinya aurait très bien pu être séduit par le logement, mais refuser de s'y installer à la dernière minute en découvrant que non seulement un chien, mais en plus un reptile, y vivaient eux aussi. À la vue de Salazar et à la crainte que celui-ci lui a inspiré aux premiers abords, le japonais comprend mieux pourquoi Benedict lui a expliqué avoir du mal à trouver un colocataire. Il en faut cependant beaucoup plus pour faire fuir Shinya. Lui qui est d'une nature curieuse et ouvert d'esprit, rares sont les fois où il a pu être choqué ou écœuré par les tendances hors normes d'autrui. C'est avec une certaine hésitation que l'asiatique finit par céder à la tentation de caresser le python, rien que pour découvrir à quoi ressemble la texture de sa peau au toucher. Il doit prendre énormément sur lui-même pour relâcher ses bras et tendre sa main vers l'animal, mais une fois qu'il a commencé à effleurer Salazar, c'est presque comme si la peur de Shinya s'envolait. Peut-être est-ce dû au fait que l'animal reste relativement calme malgré sa nervosité, ou bien est-ce parce que Benedict a déjà acquis la confiance de son invité. Il faut ajouter à cela le fait que Shinya a toujours été du genre à foncer tête baissée, sans trop se poser de questions. Peu de choses, pas même la peur, ne l'arrêtent quand il a une idée en tête.  C'est tout doucement, et en suivant les consignes de Benedict, que l'asiatique caresse le reptile, sentant sa peau lisse sous ses doigts. Il a l'impression de glisser dessus comme sur une surface lisse, ça n'a rien à voir avec tous les autres animaux qu'il a déjà eu l'occasion de toucher. Un sourire se dessine sur ses lèvres quand il retire sa main et son regard croise celui de son hôte à l'instant où il fait une remarque sur la texture de la peau de Salazar, ainsi que sur son calme. « C'est vrai. Il n'est pas toujours comme ça, la plupart du temps il est grincheux. Mais aujourd'hui ça va. Et je ne saurais l'expliquer, mais je pense qu'il t'aime bien. » Shinya laisse échapper un petit rire à la remarque de Benedict, un peu flatté. Jusqu'ici, il semble que les animaux de cet appartement l'apprécient, ce qui est un premier point positif. Après quelques minutes en-dehors de son terrarium et face à un inconnu, il est évident que Salazar commence à se montrer nerveux, ce qui n'effraie aucunement le japonais qui se contente de regarder Benedict remettre l'animal dans son espace attitré. À cet instant, l'atmosphère est sereine et Shinya se sent bien. Il se dit que contrairement à ce qu'il s'imaginait quelques minutes plus tôt, les choses ne vont pas si mal et son hôte ne semble pas désappointé par son nouveau candidat à la colocation. Les deux hommes s'échangent même un sourire pendant un bref instant, juste avant que Benedict ne retourne vers le canapé. Dans son terrarium, le python se remet à son aise et l'asiatique l'observe faire. S'il emménage ici, il est persuadé qu'il ne se lassera pas de le regarder tous les jours.

« Je suis désolé, avec toutes ces histoires d'animaux notre thé s'est refroidi. Je vais en remettre à chauffer. » Le thé, Shinya l'avait complètement oublié ! Il a à peine le temps de se retourner vers Benedict que celui-ci s'enfuit déjà en direction de la cuisine, mais il s'arrête à la dernière minute pour l'inviter à le suivre. Le japonais le rejoint rapidement, excité à l'idée de découvrir une nouvelle pièce de l'appartement. La cuisine n'a rien d'exceptionnel en soit, mais Shinya apprécie le fait qu'elle soit en continuité avec le salon et la salle à manger. L'espace est ouvert et aéré, exactement comme il les aime. Qui plus est, il remarque rapidement les nombreux plans de travail disponibles dans la cuisine. Lui qui adore cuisiner, il ne pourrait pas rêver mieux comme endroit ! Il s'imagine déjà avec les ustensiles et la nourriture éparpillés un peu partout pendant qu'il s'affairerait aux fourneaux. Comme un gosse, Shinya est presque en extase et il laisse échapper un discret « Sugoi ! », à peine audible ; ce qui signifie que c'est génial, en japonais. Les deux hommes quittent rapidement la pièce pour retourner dans le salon. Cette fois-ci, Shinya remarque au passage le bureau installé contre le demi-mur vitré, avec ses copies encore installées dessus et du matériel dont il ne comprend pas exactement l'utilité - il s'y connaît peu en enregistrement vidéo, tout comme il ignore assez le concept de youtuber. Il n'a pas le temps d'y prêter attention, car très vite Benedict s'adresse de nouveau à lui. « En attendant que notre thé chauffe, je me disais que peut-être... Je pourrais te faire visiter le reste de l'appartement ? Après tout, je ne pense pas qu'à la base tu sois venu pour caresser un serpent. » Shinya rit volontiers à la plaisanterie de son hôte. En effet, il ne s'attendait pas à caresser un python en arrivant ici. C'est une expérience qu'il a trouvé amusante et plaisante, mais ce n'est pas la priorité de sa visite. Il hoche la tête pour répondre de façon favorable à la proposition de Benedict, puis repousse doucement les quelques mèches de cheveux qui effleurent ses cils et le dérangent. Avec un sourire aux lèvres, Shinya frappe deux fois des mains, qu'il porte juste devant sa poitrine. Il le fait si subtilement qu'on entend à peine ses paumes se percuter. C'est encore une mauvaise manie à la japonaise, de celles qu'on lui a déjà reproché d'avoir parce qu'elle lui donne un côté un peu naïf ou enfantin, ce qu'il n'est pourtant pas. « Très bien, je te suis ! » On ne peut se montrer plus enthousiaste et démonstratif que Shinya. Depuis qu'il se sent un peu plus à l'aise, il n'hésite plus à laisser aller ses émotions, comme à son habitude. Cependant, il ne surjoue rien et il n'en a pas non plus envie. La comédie, le japonais ne la pratique que lorsqu'il est en groupe et qu'il a envie d'attirer l'attention sur lui.

C'est sur les pas de Benedict que Shinya poursuit sa visite en direction d'une nouvelle salle : sa future chambre - si toutefois son hôte le sélectionnera pour la colocation. À l'invitation de l'irlandais, l'asiatique pénètre le premier dans la pièce. Il est surpris par la sobriété et l'aspect épuré de cette dernière, mais il comprend rapidement pourquoi lorsque Benedict lui explique que ce sera hypothétiquement sa chambre. Leurs pas et leurs voix résonnent presque dans l'espace vide et Shinya trouve cela un peu dérangeant. Aux premiers abords, il n'a pas de quoi rêver, mais puisque son hôte lui indique qu'il aurait la possibilité de décorer la pièce à son goût, il s'avère qu'il n'y aura pas de problème. Le gros luminaire en rotin ne lui plaît pas spécialement, mais avec une décoration adaptée, il pourrait avoir un sacré cachet. Pourquoi ne pas le repeindre en gris, si le propriétaire serait d'accord ? Le japonais s'avance de quelques pas dans la pièce et prend le temps de tout observer. Il a déjà quelques idées pour arranger cet endroit à sa guise et il se sent terriblement joyeux d'avoir cette opportunité. Pourrait-il rêver mieux ? « Hmm, du coup l'appartement te plaît pour l'instant ? » Shinya se retourne vivement vers Benedict. Il est évidemment séduit par cet endroit et cela se remarque à la mine enjouée qu'il affiche. « Il est génial ! Tout me plaît ! » L'asiatique jette un dernier regard à la grande fenêtre de la chambre. Il aime les pièces lumineuses, de plus, treize mètres carrés c'est largement suffisant pour lui seul, étant donné qu'il y a déjà un grand salon de disponible en tant qu'espace commun. Laissant échapper un petit rire, il ajoute presque aussitôt en détournant son attention sur Benedict : « Si jamais je m'installe ici, je promets de ne pas casser de mur. De toute façon je me retrouverais dans le salon, ce n'est pas terrible. » Que ce soit l'appartement, l'hôte ou les animaux, Shinya le sait déjà : tout lui convient parfaitement. C'est sans aucun doute le meilleur logement qu'il a eu l'occasion de visiter et il rêve déjà de s'y installer. La chute n'en serait que plus douloureuse s'il ne devait pas obtenir l'aval de Benedict et du propriétaire... Sa mine amusée s'assombrit d'un seul coup quand il songe à son salaire et à sa situation professionnelle. On ne peut pas dire que Shinya soit dans une mauvaise situation, mais quand il compare le cachet de cet appartement à la hauteur de son revenu, il a la désagréable impression de ne pas pouvoir être à la hauteur. D'une nature franche et directe, il évite de tourner autour du pot et décide de poser les questions qui fâchent dès à présent. « Est-ce que ma situation et mon salaire conviendront ? Nous en avons à peine parlé... Si je n'ai pas ce qu'il faut, il ne faut pas hésiter à me le dire, je préfère être informé maintenant. » Les iris sombres de Shinya se plantent dans ceux de Benedict en attendant sa réponse. Il sent son cœur qui s'emballe un peu, effrayé de se retrouver confronté à une éventuelle déception. Bien sûr, si l'irlandais avait estimé que son invité ne serait pas adapté, il ne se serait probablement pas montré aussi sympathique. Qui plus est, il l'aurait déjà prévenu si son salaire n'était pas assez élevé pour la colocation. Tout cela n'empêche pas Shinya de s'inquiéter. Après tout, il ne sait même pas si d'autres personnes sont déjà sur cette annonce.

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() message posté Sam 11 Nov - 17:56 par Benedict J. Hughes
Mi casa es tu casa

À mesure que le temps passe et que la visite se déroule, je sens Shinya de plus en plus enthousiaste à l'idée d'habiter dans cet appartement. Ce qui me fait sourire, car de toutes les entrevues que j'ai eu jusqu'ici, aucune ne s'est jamais aussi bien passée. En vérité, ça a toujours été plutôt catastrophique. En effet ; entre les personnes qui ont fui le plus rapidement possibles en entendant le mot « serpent » ou en entrevoyant la bête dans son terrarium, et ceux qui m'ont mis mal à l'aise, cette visite-ci s'annonce finalement très prometteuse. Je pense pouvoir affirmer que la présence de Shinya m'est agréable et que je pourrais très facilement m'y accommoder. Et c'est tout ce dont j'ai besoin : d'une personne avec qui je pourrais parler ou partager le soir les événements de ma journée devant un repas chaud. L'idée de manger un soir de plus assis seul à la grande table en bois du séjour me mortifie. Je ne veux plus avoir à vivre ça. Mon caractère, mes habitudes et mon train de vie m'ont petit à petit enfermé entre quatre murs dont aujourd'hui j'aimerais m'extirper. Et je pense que la compagnie de Shinya à mes côtés de façon quotidienne pourrait m'être plus que bénéfique. Mais encore faudrait-il qu'il habite réellement ici, n'est-ce pas ?

Après avoir fais un rapide tour de la cuisine, je montre finalement la deuxième chambre au principal intéressé. Je regarde le jeune homme faire quelques pas dans la pièce vide, un sourire béat ne quittant plus ses lèvres. Je pense pouvoir deviner que ce qu'il voit lui plait, et ne peut m'empêcher de sourire à mon tour en le regardant faire. Il finit par rigoler en s'exclamant « Si jamais je m'installe ici, je promets de ne pas casser de mur. De toute façon je me retrouverais dans le salon, ce n'est pas terrible. » Un rire léger s'extirpe à mon tour d'entre mes lèvres. Je croise les bras contre mon buste, continuant sur la même note d'humour. Par timidité, je pose mes yeux tout autour de moi sans jamais croiser le regard de mon interlocuteur. « Et bien, l'avantage c'est que tu aurais une chambre de presque soixante-dix mètres carrés, mais en effet, j'imagine que tu manquerais un peu d'intimité. » Je finis par poser mon regard sur Shinya un instant, constatant un changement d'expression s'opérer sur les traits de son visage.

Il prend une mine plus sérieuse, et plante finalement ses prunelles sombres d'une façon qui me force à garder un contact visuel, chose qui me met toujours mal à l'aise. Je sens le rouge me monter aux joues, mais avec un peu de chance ça ne se verra pas. J'envie tellement ceux qui ne rougissent jamais. Parce que moi j'ai toujours l'impression qu'on me grille à huit cent kilomètres quand ça m'arrive. Mais peu importe, mes pensées futiles se coupent nettes lorsque le jeune homme finit par me dire d'une voix franche et sans détour : « Est-ce que ma situation et mon salaire conviendront ? Nous en avons à peine parlé... Si je n'ai pas ce qu'il faut, il ne faut pas hésiter à me le dire, je préfère être informé maintenant. » Je passe ma main à l'arrière de ma tête, grattant le haut de ma nuque puis rabattant mes cheveux vers l'avant. Je le regarde quelques secondes, avant de lui adresser un nouveau sourire. Je fixe la fenêtre de la chambre, observant la rue et les passants à l'extérieur. « Et bien, après en avoir longuement parlé avec le propriétaire, je peux te certifier qu'il n'y a pas vraiment de conditions particulières pour habiter ici. » Hésitant quelques secondes avant de reprendre la parole, je finis par justifier ma phrase précédente d'un : « Tu sais, sans vouloir paraître prétentieux, j'ai toujours payé le loyer seul et sans problème. Je n'ai jamais eu de colocataire avant, c'est une grande première. » Je marque une pause, omettant volontairement les raisons qui me poussent à avoir un colocataire à présent. Je poursuis en souriant, un peu gêné. « Alors peu importe ton salaire et ta situation, le seul prérequis c'est que mon futur colocataire s'entende bien avec moi. Et qu'il n'est pas peur des animaux. Pour le reste, on s'arrangera entre nous. » Ai-je conclus d'une voix douce et calme.

Puis un son crissant et aigu retentit dans l'appartement, me faisant tourner sur moi-même en direction du salon. Lupin relève la tête soudainement, surpris par le bruit. Je considère à nouveau Shinya en plantant mes yeux dans les siens, haussant les sourcils. « Oh crap, j'ai oublié le thé ! » Et en quelques enjambées je rejoins la cuisine, alors que la théière vibre de toutes ses forces et émet ce vacarme qui m'horripile à chaque fois que je l'entend. Il faut vraiment que j'achète une machine plus moderne, ai-je pensé tout en récupérant des nouvelles tasses dans un des placards du dessus. Je verse du thé dans les deux petites tasses en porcelaine puis revient un instant plus tard dans le salon. Je pose en direction de Shinya, sur la table basse en face de la télévision, une des deux tasses, signifiant qu'il s'agit de la sienne et lui offrant un nouveau sourire. Je réitère l'opération du lait dans ma coupe de thé et apporte le liquide à mes lèvres. Chaud, beaucoup trop chaud. Je finis par jeter un autre regard au jeune homme. Peut-être cela n'est-il pas justifié, mais je le sens encore un peu sur la réserve. Je décide donc de me confier à mon tour, souhaitant le rassurer et le mettre en confiance. Fuyant légèrement son regard une fois de plus, je finis par fixer mon chien, et ajoute d'un ton hésitant « Je sais que tu dois trouver ça un peu bizarre qu'il n'y ait pas d’exigence concernant tes revenus, ce genre de chose... Mais je te promet, ce n'est pas une arnaque. Moi aussi je suis dans une situation particulière, et on ne va pas se mentir l'un à l'autre, je suis un peu spécial aussi. » Je marque une pause, offrant un sourire timide à mon interlocuteur. Je ne suis pas idiot, je sais très bien ce que les autres pensent de moi en général. Ils n'aiment pas vraiment pas présence, du moins autant que je n'apprécie pas la leur. Je reprends la parole après avoir bu deux gorgées de mon thé, me brulant le palais et la gorge au passage. « Ça ne convient pas à tout le monde. D'ailleurs avant toi, personne ne s'était jamais aventuré aussi loin dans la visite de cet appartement, c'est pour te dire. » Je conclue ma phrase et caresse d'une main l'arrière de la tête de Lupin, qui tire joyeusement la langue et me regarde avec toute l'affection qu'il peut offrir.

Puis, piqué d'une curiosité nouvelle, je demande un instant plus tard. « Tu as visité beaucoup d'appartement avant celui-là ? » Souhaitant en savoir d'avantage sur le jeune homme, puis aussi voulant lui donner l'opportunité de s'ouvrir à moi. Je n'ai pas envie d'accaparer totalement la conversation, bien que ce genre de comportement ne me ressemble pas en temps normal. Je rajoute du lait dans ma tassé de thé pour tenter de refroidir le liquide ambré, le rapportant une fois de plus à mes lèvres une fois mon geste exécuté. Mieux, beaucoup mieux. Assis sur le canapé, je croise ma jambe droite sur la gauche ; Et en quelques traites, je finis mon thé, accompagnant ma dégustation de quelques gâteaux secs posés sur le plateau en fer. Lupin me regarde faire, un air pénaux sur le visage. Je ne peux résister à lui en donner un, qu'il ne prend même pas la peine de savourer d'ailleurs, et rigole doucement avant de jeter à nouveau un regard bienveillant dans la direction de Shinya.


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