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fb / Mi casa es tu casa (Shinya)

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() message posté Mer 13 Déc - 16:07 par Benedict J. Hughes
Mi casa es tu casa

Ma situation n'est pas la plus claire qu'il soit. Et je peux comprendre l'incompréhension de Shinya. Peut-être devrais-je opter pour l'option de la sincérité ? Lui dire que je me sens seul dans ce grand appartement, que je vois peu de monde ces derniers temps parce que je suis malade et que les médicaments me fatiguent beaucoup ? A-t-il envie de savoir que je ne suis pas quelqu'un de très avenant, qui se cloître parfois pendant des jours chez lui sans voir quiconque, et qui n'a pas eu de relations sérieuses depuis trois ans ? Ce n'est pas la meilleure façon de se vendre. Et si je veux ne serait-ce qu'espérer avoir un colocataire un jour, je ne dois pas m'y prendre de cette façon c'est sûr. Peut-être aurais-je simplement dû inventer des conditions, des dossiers compliqués à me remettre pour que le propriétaire les étudient. La vérité est qu'il s'en fiche éperdument. Nous ne serions pas vraiment colocataire, mais unis sous un contrat qu'on appelle « contrat solidaire ». C'est à dire que mon futur colocataire et moi donnerions chacun une part pour payer le loyer dans son ensemble, sans que celle-ci soit déterminé à proprement parlé sur le papier. C'est pour cela qu'il me faut quelqu'un digne de confiance, quelqu'un d'honnête qui ne me la fera pas à l'envers. C'est ridicule, mais je veux juste un compagnon. Quelqu'un avec qui je pourrais discuter de mes journées et avoir une réponse en retour. Mes animaux, je les adore. Mais je suis bien obligé d'avouer que le contact humain me manque parfois. J'ai toujours été quelqu'un de timide et de renfermé sur lui-même. Mais les choses ont vraiment empiré lorsque j'ai été diagnostiqué séropositif à cause de mon ex-petite amie. J'ai perdu toute confiance en l'espèce humaine. Je me suis sentis trahi, faible. Aujourd'hui, la blessure commence doucement à se panser. Mais je ne peux qu'être confronté à la réalité ; j'ai changé. Les contacts physiques me font peur. Depuis combien de temps n'ai-je pas enlacé une personne ? J'ai peur de redonner ma confiance en quelqu'un. J'ai peur d'aimé, et d'être aimé en retour. J'ai peur d'avoir mal à nouveau. Alors j'ai construis ces barrières invisibles et infranchissables. Je ne me confie jamais à personne. Et parfois, j'ai l'impression d'exploser. Oui, un colocataire, ça serait l'idéal. Mais que puis-je dire à Shinya pour le convaincre ; Lui qui me regarde les sourcils froncés, la mine renfrognée ? C'est légitime d'avoir des doutes. Le jeune homme n'est pas dupe, et seul un idiot accepterait d'emblée une proposition pareille. Il me confie ne pas trop savoir quoi en penser, puis quelques instants plus tard avoir besoin de temps pour réfléchir à l'idée de cette colocation. Je hoche la tête, le regardant avec un air penaud. Que pourrais-je faire d'autre ? Ça ne sert à rien de le brusquer, de balancer des arguments à tout va. Je préfère laisser faire les choses naturellement. Je n'insiste pas, et me contente de lui répondre d'une voix effacée. « Je comprends, c'est tout à fait légitime. » Puis je me replonge dans ma tasse de thé, engloutissant plus de la moitié de son contenu en quelques gorgées. Je remarque que Shinya se met à se dandiner sur le canapé. En l'observant plus attentivement, je ne peux qu'en déduire qu'il se sent mal à l'aise face à la situation. Je me sens responsable, coupable, et gêné de voir mon invité se sentir de cette façon.

L'ambiance devient plus lourde et oppressante, alors qu'un long silence s'en suit. Je tente donc de changer de sujet, ne sachant pas quoi dire d'autre. Je demande à mon interlocuteur s'il a déjà visité beaucoup d'autres appartements avant aujourd'hui. Ma demande brise ainsi le silence lourd de la pièce et semble même surprendre Shinya. Celui-ci finit par me répondre d'une voix légèrement étranglée par le thé brûlant dans son gosier. « Oui, j'ai dû en visiter quatre, je crois. Mais ils étaient tous très petits. Je suis peut-être exigeant, mais je ne veux pas vivre dans un endroit où tout le monde se marche dessus. »  Je hoche de nouveau la tête, affichant mon approbation à ce qu'il dit. J'avoue n'avoir jamais eu à me plaindre de ce côté-là. Étant jeune, ma famille et moi vivions dans une grande maison campagnarde à Galway. Au début, je dormais avec mes autres grands frères, et puis au fur et à mesure qu'ils se sont en allés vivre leur indépendance, je me suis retrouvé dans une chambre gigantesque pendant plusieurs années. Ensuite j'ai vécu dans un petit studio à Londres pour mes études. Mais comme je vivais seul encore une fois, j'ai eu assez de place pour moi. J'ai finalement emménagé dans l'appartement où je vis actuellement lorsque j'ai débuté sur Youtube et que j'ai adopté Lupin. Je me demande où vivait Shinya avant, pendant son enfance, son adolescence. Mais ça serait impoli de lui soutirer des informations de cette façon, de manière aussi brutale. Je garde ces questions pour plus tard. Si jamais le jeune homme accepte de vivre ici, j'aurais tout le loisir de lui demander après tout. « C'est vrai que se loger à Londres ça peut rapidement devenir un vrai casse-tête, je suis passé par là moi aussi quand j'étais étudiant. » Ai-je finalement répondu à Shinya avant de reprendre une gorgée de mon thé.

Je me sens plus tendu à mesure que les minutes défilent. J'ai l'impression de vivre un ascenseur émotionnel. J'étais stressé de recevoir Shinya, puis je me suis détendu en lui présentant l'appartement et mes animaux. Et maintenant, j'ai l'impression que nous régressons, et qu'une forme d’austérité s'est installée dans la pièce. Sûrement car Shinya pense que le jeune homme trouve douteux qu'un si bel appartement lui soit accessible. Il plante soudainement son regard dans le mien, et je ne peux faire autrement que détourner les yeux, bien trop intimidé par cet échange. « Qu'est-ce que tu voulais dire tout à l'heure, par je suis dans une situation particulière ? » Il est vrai que cette phrase a de quoi interpeller les plus curieux. On pourrait imaginer tout et n'importe quoi. Que je suis un évadé de prison, ou un dangereux criminel. Ou simplement un homme avec des pratiques bizarres et singulières. Bien heureusement je ne suis rien de tout ça. « Oh, et bien... » Je commence ma phrase, ne sachant pas trop comment la continuer sans paraître encore plus louche que je n'en ai déjà l'air aux yeux de mon interlocuteur. Je pose ma tasse de thé à présent vide sur la table basse, et entoure mon genoux gauche de mes deux mains entrelacées et pose timidement mes yeux dans son regard sombre. « Comme tu le sais je suis professeur dans un établissement privé. Mais je suis aussi Youtubeur en parallèle. Tu as peut-être d'ailleurs déjà remarqué tout le matériel audio-visuel sur mon bureau. » Je marque une petite pause. Voyant le regard dubitatif du jeune homme, je me lève et me dirige vers mon espace de travail. « Attends, je vais te montrer. » Je récupère mon ordinateur portable avant de rejoindre une nouvelle fois Shinya sur le canapé. En quelques manipulations, j'allume l'engin et me retrouve rapidement sur mon compte Youtube. Je tourne l'écran en direction de mon invité en regardant par dessus son épaule à une distance raisonnable. « Je fais essentiellement des vidéos de vulgarisation scientifique et des expériences un peu farfelues. Mais ça m'arrive aussi de faire des expéditions ou des urbex. J'ai aussi fais plusieurs vlog de mes voyages. » Une flamme d'excitation traverse mes yeux alors que je lui raconte tout ça. Je manque délibérément de faire remarquer à Shinya que la chaîne est tout de même assez développée et qu'à ce jour elle possède pratiquement un million d'abonnés même si sur l'écran c'est clairement identifiable. Je ne dis pas non plus qu'aujourd'hui je vis confortablement grâce aux partenariats et aux placements de produits. Parce que ce n'est pas dans mes habitudes de me vanter après tout. Je laisse le temps à Shinya de scruter le contenu de l'écran avant de reposer l'ordinateur sur la table basse. « Du coup l'appartement peut s'avérer être parfois très animé lorsque je tourne une vidéo ici, et ça peut ne pas plaire à tout le monde. Sans parler du fait qu'un mec qui parle tout seul devant une caméra ça peut paraître plus qu'étrange. » Un sourire léger s'affiche sur mes lèvres tandis que je tente un peu d’auto-dérision. J'ai dû mal à exprimer à Shinya le fait qu'en vidéo je n'ai pas vraiment le même comportement qu'en ce moment-même. Devant ma caméra, c'est comme devant mes élèves ; je me sens traversé par une énergie lumineuse, par la passion qui me pousse à faire ces deux activités que j'aime tant. Je suis beaucoup plus extraverti, excentrique. Ça pourrait ressembler à un dédoublement de personnalité si on ne me connait pas bien. Mais c'est juste moi, ma façon d'être. Un passionné qui en oublie d'être timide quand on le lance sur les sujets qu'il aime.

Je reprends l'un des petits gâteaux posé sur plateau en métal. Je laisse en premier lieux à Shinya l'occasion de réagir face à tout ce que je viens de lui exposer, avant de poursuivre un instant plus tard. Je prends pour l'occasion un air beaucoup plus sérieux et un ton beaucoup plus incertain, fuyant son regard à tout prix. « Écoute Shinya... Je vais pas te mentir. J'ai conscience que tout ça à l'air fou. Mais la vérité c'est que je suis quelqu'un de très solitaire par moment. Je me sens seul dans ce grand appartement. J'ai beau faire du bruit quand je suis devant ma caméra, quand je suis devant mes élèves. Une fois que c'est fini, c'est le silence. J'ai bien mes animaux pour me tenir compagnie, mais c'est pas pareil que de parler à un humain. Je demande pas à ce que mon colocataire gagne des mille et des cents, je demande pas à ce qu'il vienne de la banlieue chic de Londres. Je veux juste une personne avec qui parler le soir. Qui m'écoute, et qui me raconte sa journée à son tour. Je veux juste... Un ami, une personne de confiance, c'est tout. » J'ai l'air pitoyable. Je réprime les larmes qui menacent de tomber. C'est le mieux que je puisse dire à Shinya. Parce que je pourrais pas en dire plus. Je pourrais pas lui dire que je suis malade, ça serait comme véritablement mettre des mots sur ce qu'il m'arrive. Et ça je peux pas.


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() message posté Jeu 4 Jan - 1:28 par Shinya Nakamura
MI CASA ES TU CASA
The roadside trees visible from the window are beautiful
When the door opens, it seems as if you were coming in
Garo - Gakuseiga no Kissaten

Il n'y a aucun doute sur le fait que Benedict soit l'une des personnes les plus particulières que Shinya ait pu rencontrer. C'est le genre d'homme qui vous inspire d'abord la sympathie par sa douceur et son évidente timidité, malgré son allure un peu étrange, mais ses maladresses le rendent plus ou moins insaisissable. Le japonais déteste ne pas réussir à cerner les gens, car il ignore ensuite comment il doit se comporter avec eux. Il ne sait pas quoi penser de Benedict, bien qu'il refuse de croire que cet homme puisse lui vouloir du mal. Au fur et à mesure que ses idées se bousculent dans sa tête, Shinya se demande pour quelle raison son hôte peut-il bien chercher un colocataire, alors qu'il a expliqué un peu plus tôt qu'il n'en avait jamais eu et qu'il n'avait pas besoin d'aide pour payer son loyer. C'est à se demander s'il n'est pas l'un de ces vieux garçons solitaires, qui restent cloîtrés chez eux et finissent par souffrir de leur solitude. Ce n'est pas le genre de portrait qui fait rêver, mais l'asiatique se dit qu'il pourrait plus ou moins coller avec l'image que Benedict a pu lui donner de lui jusqu'ici. Un équivalent plus juvénile et masculin du cliché de la grand-mère qui vit seule avec ses chats : un jeune homme qui vit seul avec son python et son chien. Shinya s'en amuserait s'il était assez mauvais pour en être capable. Un silence terriblement pesant s'installe après que le japonais a avoué qu'il a besoin de temps pour réfléchir. Il a envie de dire oui, juste pour tenter le coup et parce qu'il a toujours été trop impulsif pour faire des choix raisonnés. Sa réponse, il l'a presque lorsqu'ils se mettent brièvement à discuter des appartements que Shinya a déjà visité.

À chaque fois que leurs regards se croisent, Benedict détourne son attention. Shinya l'a remarqué depuis un moment et c'est une chose qui le dérange. Il lui est gênant de ne pas pouvoir directement regarder son interlocuteur droit dans les yeux. Qui plus est, discuter de sujets qui lui semblent futiles commence un peu à lui déplaire. Quitte à devoir faire un choix rapidement en ce qui concerne une éventuelle colocation, autant qu'ils apprennent à se connaître plus vite. Shinya n'a pas envie de tourner éternellement autour du pot et c'est sans aucune pudeur qu'il finit par demander à Benedict ce qu'il voulait signifier par le fait qu'il soit dans une situation particulière. Avant d'obtenir une réponse, il s'imaginait que son hôte lui annoncerait avoir un léger problème psychologique, ou peiner à construire des relations sociales. Autant avouer que d'apprendre que Benedict est un youtuber le surprend complètement. Ce n'est pas le genre de réplique à laquelle l'asiatique s'attendait, d'abord parce que l'univers de YouTube lui est assez étranger, ensuite parce qu'il n'aurait pas imaginé Benedict capable de diffuser des vidéos de lui-même. Comment un homme aussi réservé peut-il se révéler aussi extraverti par le biais d'un écran ? Tandis que le jeune britannique s'en va récupérer son ordinateur portable pour montrer son travail à Shinya, celui-ci comprend brusquement les raisons pour lesquelles il a remarqué des livres de sciences et de chimie dans la bibliothèque. Un sourire amusé se dessine sur ses lèvres quand il songe à Benedict effectuer des explorations urbaine. Serait-il plus casse-cou qu'il n'y paraît ? Les deux hommes, installés côté à côte sur le canapé, ont les yeux rivés sur l'écran d'ordinateur où s'affiche la chaîne YouTube de l'irlandais. « Oh, ça a l'air cool ! » Même en étant inculte au sujet des youtubers, Shinya réalise qu'un million d'abonnés, ce n'est pas rien. Cela peut paraître stupide, mais l'idée que cet homme soit un peu connu sur la toile le rassure. Être populaire ne signifie pas qu'on est une personne meilleure, néanmoins Shinya se dit que si Benedict devait lui faire un mauvais coup pendant leur colocation, il aurait de quoi pourrir sa réputation. C'est une sécurité complètement absurde, mais pour le japonais elle paraît plutôt correcte. « Du coup l'appartement peut s'avérer être parfois très animé lorsque je tourne une vidéo ici, et ça peut ne pas plaire à tout le monde. Sans parler du fait qu'un mec qui parle tout seul devant une caméra ça peut paraître plus qu'étrange. » Malgré les tensions passées, Benedict réussit à arracher un rire à Shinya, grâce à son autodérision. À l'instant où son hôte a commencé à parler de sa chaîne Youtube, l'atmosphère s'est détendue. Benedict semble plus lumineux et plus vif, si ce n'est passionné. « Tenir une chaîne Youtube, ce n'est pas commun, mais ce n'est pas si particulier. Je devrais m'habituer à te voir parler seul devant une caméra, si ce n'est que ça ! » Shinya laisse échapper un rire un peu sonore, puis son regard se dirige de l'écran de l'ordinateur, posé sur la table basse, jusqu'à Benedict. « C'est vraiment ça que tu décris comme particulier ? C'est tout ? » Sa tasse de thé tiède et presque vide entre ses mains, le japonais hausse un sourcil. Un sourire étire à la fois ses lèvres. Il a l'air amusé mais, en réalité, il se demande si Benedict n'a vraiment que l'existence de son activité virtuelle à lui révéler, d'où son interrogation pleine de sous-entendus.

À l'instant où Shinya a posé sa question, Benedict semble beaucoup plus sérieux et, encore une fois, son regard se fait fuyant. Sa réaction arrache au japonais un air un peu suspicieux et le laisse silencieux, alors qu'il attend d'obtenir une réponse. « ...la vérité c'est que je suis quelqu'un de très solitaire par moment. Je me sens seul dans ce grand appartement. J'ai beau faire du bruit quand je suis devant ma caméra, quand je suis devant mes élèves. Une fois que c'est fini, c'est le silence. J'ai bien mes animaux pour me tenir compagnie, mais c'est pas pareil que de parler à un humain. Je demande pas à ce que mon colocataire gagne des mille et des cents, je demande pas à ce qu'il vienne de la banlieue chic de Londres. Je veux juste une personne avec qui parler le soir. Qui m'écoute, et qui me raconte sa journée à son tour. Je veux juste... Un ami, une personne de confiance, c'est tout. » Shinya pourrait se défiler face aux confessions de Benedict, et craindre de se retrouver face à un pauvre garçon rongé par la solitude et appelant à l'aide, pourtant il ne bouge pas et se contente de l'écouter. Il a toujours été empathique et incapable de se moquer des autres, à moins d'être en mauvais termes avec eux.  L'expression du visage de Shinya se fait soudainement sérieuse, il n'y a plus une once de joie ou d'amusement. Il prend quelques secondes avant de répondre à son interlocuteur, en laissant d'abord échapper un soupir qui ne signifie pas qu'il s'ennuie, mais plutôt qu'il essaie de peser ses mots avant de prendre la parole. « Tu m'as dit que tu n'avais pas eu de colocataire avant. Depuis combien de temps vis-tu seul ? J'imagine que ce doit être pesant... » À défaut de pouvoir regarder Benedict dans les yeux, car celui-ci ne cesse de le fuir, Shinya détourne son attention sur le contenu de sa tasse. Il n'a jamais vécu seul et il ignore ce que ça peut faire de n'avoir personne à qui parler. Il suppose néanmoins que ce ne doit pas toujours être facile. Benedict a raison, des animaux, même si on les aime, n'apportent pas la même chose qu'un humain, ne serait-ce que par l'impossibilité de tenir une conversation avec eux. « Benedict... Pour être honnête, j'ai envie d'accepter cette colocation, parce que cet appartement est génial et que l'idée d'avoir des animaux me plaît. Je n'en ai jamais eu. » Shinya sourit à ce propos, songeant au nombre de fois où il a pu réclamer des animaux à ses parents, en vain. Il aura fallu attendre vingt-huit ans pour qu'il arrive à en avoir (dans le cas où il s'installerait ici). Sur un ton moins grave, histoire de détendre l'atmosphère, il poursuit : « Je veux... Je veux juste être sûr que ça se passera bien, parce qu'on ne se connaît pas. Je veux bien croire que tu cherches avant tout quelqu'un pour vivre avec toi et, dans ce cas, je suis d'accord pour m'installer ici. Je ne suis pas quelqu'un de difficile et ça ne me dérange pas de discuter avec les autres, au contraire. » L'asiatique redresse vivement sa tête pour croiser le regard de Benedict. Il attend que celui-ci le capte avant de reprendre la parole. « On n'a qu'à essayer. Ça marche. Mais si dans un mois ça ne se passe pas bien, je partirai. Est-ce que ça te convient ? » Sa voix se fait douce et ferme à la fois. Un sourire qui se veut rassurant étire ses lèvres, tandis qu'il attend la réponse de Benedict. Shinya est prêt à accepter la proposition de son hôte, mais il n'est pas assez fou pour s'enfoncer dans des plans étranges sans imposer ses conditions. Après tout, pourquoi ne pas essayer de s'installer ici ? Avant maintenant, la visite s'est bien déroulée, et le japonais a eu tant d'étoiles dans les yeux qu'il sait qu'il regretterait de ne pas tenter cette colocation. De toute façon, si elle se passe mal, il aura toujours des amis pour l'accueillir en attendant qu'il se trouve un autre logement.
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() message posté Ven 19 Jan - 18:22 par Benedict J. Hughes
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Je me sens pitoyable ; Et en même temps, une étrange sensation s'est emparée de moi. Comme si le temps d'un instant, un poids s'était envolé de mes frêles épaules. J'avais oublié la sensation que cela pouvait procurer de se confier à quelqu'un d'autre, même si je suis resté très évasif sur les raisons d'une telle solitude dans ma vie, et de cette envie d'avoir un peu de compagnie. Au fond de moi, j'ai ce ressenti, ce murmure, cette intuition, que Shinya n'est pas là par hasard aujourd'hui. Peut-être est-ce Dieu qui me l'a envoyé pour m'aider à retrouver le chemin à suivre. J'ai essuyé beaucoup de déception avec les autres candidats pour cette colocation, mais dès les premières minutes d'échange avec le jeune homme, j'ai senti que quelque chose était différent. Un bon feeling comme on dirait dans le jargon. Et on ne parle pas là de cette manière étrange qu'il a de s'accoutrer, de ses cheveux blonds platines qui ornent son cuir chevelu, ni même de ses origines. Car ce n'est pas une de ces choses qui m'aient vraiment effleuré l'esprit à un quelconque moment. Mais plutôt sa façon de se comporter, sa curiosité naturelle, sa tolérance. Ce sont des détails insignifiants pour beaucoup ; mais j'ai toujours eu le soucis du détail. J'ai toujours su regarder au delà des parcelles, au delà des enveloppes externes. Quelque part, peut-être est-ce un don, même si je pense juste posséder un certain talent d'observation. Et je sais, je sens que Shinya vaut la peine d'insister un peu plus, de se confier pour convaincre. J'ai conscience qu'il me trouve étrange ; et qui ne le penserait pas. La plupart des gens qui ne me connaissent pas pensent la même chose, j'en ai conscience. Je suis cet homme extravagant, celui qui n'ose pas regarder dans les yeux quand il parle ; celui qui rougit alors qu'il n'a pas encore osé prononcer le premier mot de sa phrase, celui qui ne se confie jamais sur sa vie. Je dérange, la plupart des gens ne m'apprécient pas car je les mets mal à l'aise. Qui pourrait faire confiance à un tel homme dès lors sa première rencontre avec lui ? Certainement pas mon interlocuteur, qui semble posséder un esprit assez affûté et vif pour ne pas se laisser berner par l'alléchante proposition d'habiter dans ce vaste appartement.

Après lui avoir fait la présentation de ma chaîne Youtube, je m'explique finalement sur le fait que vivre avec moi peut s'avérer être pour le moins atypique. Ce n'est pas tous les jours que votre colocataire se met à parler seul devant une caméra qu'importe le jour et l'heure. Mais cela ne semble pas déstabiliser plus que ça le jeune homme à qui je m'adresse, qui me rétorque presque aussitôt après avoir esquisser un rire franc. « C'est vraiment ça que tu décris comme particulier ? C'est tout ? » Peut-être ai-je exagéré la situation aux yeux de mon interlocuteur. Mais je continue de penser que ce genre de pratiques peut déranger. Et cela de manière justifiée ; quoi de plus désagréable que de se réveiller le dimanche, jour béni et de repos pour la plupart, et de découvrir la salle à manger, la cuisine ou même le salon de son appartement sans dessus-dessous ? Les expériences que je fais devant ma caméra sont parfois un peu rocambolesques. Je suis donc agréablement surpris par la réaction de Shinya, qui me confirme d'autant plus qu'il est le candidat idéal à mesure que les minutes passent. Je sens cependant que sa question est à double sens. Je mettrais ma main à couper qu'il cherche à creuser un peu plus, voir s'il n'y a pas anguille sous roche, ou squelette dans le placard comme disent plus communément les anglais. C'est sûrement la raison pour laquelle je me sens obligé de me dévoiler, sans non plus rentrer dans les détails. Et qu'une longue tirade de ma part s'en suit. Je reprends à peine ma respiration tant les mots semblent vouloir sortir de ma bouche à un vitesse folle. Mon accent irlandais se fait d'ailleurs plus omniprésent, comme s'il n'y avait durant ce bref instant, plus aucune barrière pour me retenir. Les phrases sont balancées telles qu'elles sont pensées dans l'air, adressées à ce jeune homme qui prend une teinte beaucoup plus sérieuse à mesure que les mots défilent jusqu'à ces oreilles. Pas une seule fois je ne regarde Shinya, bien trop embarrassé par mes propres confessions. Ce n'est pas dans mon habitude de faire ce genre de chose. Mais j'ai bien compris qu'il faut savoir faire des concessions si on ne veut pas que quelque chose nous file entre les doigts aussi vite qu'il ne se présente.

Au final, alors que je termine de parler, je m'attends à toutes les réactions possibles et inimaginables venant de la part du jeune homme. Une raillerie, une remarque déplacée, un gros blanc suivi d'un « Je ne sais pas quoi te dire », voir même une fuite de sa part. Je conçois l'idée qu'un parfait inconnu se confit à lui est un peu gênant. Mais j'ai joué ma dernière carte, celle de l'honnêteté, celle qui prône tant de valeurs chez moi. Un silence de quelques secondes s'installe une nouvelle fois dans la pièce, tandis que le ronflement paresseux de Lupin se font entendre durant ce bref instant. Puis Shinya soupire, ce que je comprends comme une difficulté à mettre des mots sur la situation. Si je pouvais m'enfuir à ce moment précis, je le ferais. Mais je reste stoïque, bien trop angoissé au final; regardant les alentours comme si quelque chose de plus intéressant se passait ailleurs. Ce qui n'est pas le cas. À l'extérieur, sur la petite terrasse qui sert de jardin pour mes nombreuses plantes, un papillon jaune et noir s'est délicatement posé sur l'une d'elles. Je l'observe un moment, admirant la délicatesse et l'élégance avec laquelle les insectes volants atterrissent toujours. C'est finalement Shinya qui me sort de mes pensées, en demandant premièrement « Tu m'as dit que tu n'avais pas eu de colocataire avant. Depuis combien de temps vis-tu seul ? J'imagine que ce doit être pesant... ». Je tourne le regard vers lui, ancrant mon regard honteux, similaire à celui un enfant pris sur le fait en train de faire une bêtise. On reste tous un peu juvénile dans nos têtes, ça prend parfois du temps de se sentir pleinement adulte ; Mais je me sens toujours plus petit et vulnérable face à eux. Le pire, c'est devant les filles. Je souris en coin de bouche sans aucune joie pour autant, abordant un air penaud. « Ça doit faire trois ans environ. Mais ça n'a pas toujours été aussi difficile. Pendant... Pendant un moment, j'ai cru que ça serait mieux ainsi, que je vive seul. Finalement, j'imagine qu'aucun être humain ne peut vivre éternellement terré dans sa solitude sans devenir totalement fou. » Je finis par regarder mes mains, jointent sur mes cuisses, elles-même légèrement écartées. Et contre tout attente, un instant plus tard, Shinya reprend la parole, affichant un sourire plus confiant. Il me dit avoir envie d'accepter ma proposition. Je tourne vivement la tête dans sa direction, haussement les sourcils dans une expression de d'étonnement, un sourire enthousiaste à peine caché sur les lèvres. Le jeune homme poursuit ses explications en concluant sur une proposition d'une période d'essai d'un mois. Il veut essayer d'habiter ici pendant trente jours, et c'est déjà plus que ce que personne ne m'est jamais offert jusqu'à présent. Mon sourire s’agrandit, alors que je clignote des yeux, n'en croyant pas mes oreilles. J’acquiesce durant toute la dernière réplique de Shinya, déjà bien trop heureux de recevoir une telle proposition. Je mord la lèvre inférieure de ma bouche charnue, tentant de contenir du mieux que je peux le large sourire euphorique qui pourrait s'en échapper à tout instant. J'ai peut-être réussi à me libérer quelque peu d'un poids en me confiant au jeune homme, gagnant ainsi son empathie ou sa confiance, que sais-je. Mais ma timidité elle, est toujours à l'honneur, et je ne m'autorise ainsi pas véritablement à lâcher prise en exprimant mon exaltation. Je finis simplement par dire, toujours un sourire aux lèvres, et presque automatiquement après les derniers mots de Shinya. « Oui, d'accord, faisons ça. » J'ose me rapprocher quelque peu du jeune homme, tout en gardant une distance raisonnable. Et doucement, je pose ma main sur son avant-bras, une teinte de sincérité et de reconnaissance traversant la prunelle claire de mes yeux. « Je... Merci Shinya. Merci de me laisser une chance, vraiment. » Mon ton est mesuré, d'un calme cependant joyeux, trahissant mon enthousiasme évident. Je finis par lâcher le bras de mon interlocuteur à la hâte, me demandant soudainement si ce n'est pas exagéré et soudain d'avoir provoqué ce contact physique. Je ne suis pourtant que très peu tactile d'ordinaire, et peut-être n'est-ce là que la meilleure façon d'exprimer ma reconnaissance.

Shinya partit une vingtaine de minutes plus tard, après encore quelques banalités échangées à propos de son emménagement prochain. Sourires et détente ont finalement été maîtres d'honneurs après ce début d'entrevue plutôt tumultueux. Une fois que la porte d'entrée se referma derrière le jeune homme, je ne pus contenir un sourire à pleine dent, et un rire silencieux trop longtemps réprimés ces dernières minutes, avant de me reprendre et de me racler la gorge. L'après-midi toucha doucement à sa fin, et une lumière réconfortante, donnant l'impression d'être enveloppé dans du coton, se diffusa dans la grande pièce principale. Assis confortablement sur le canapé, dans le coin salon, où jonchait encore sur la table basse les tasses de thé et le plateau en métal, j'envoyai un mail à Shinya pour lui faire parvenir une liste non exhaustive des pièces justificatives à me remettre le plus rapidement possibles pour que je les transmette à mon tour au propriétaire de l'appartement. Et dans la case objet de ce message, quelques mots, peut-être le début d'une nouvelle aventure : Mi casa es tu casa.


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