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It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)

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hello darkness, my old friend, i've come to talk with you again.

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# It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)
message posté Mar 18 Juil 2017 - 21:19 par Helga S. Lindholm
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.

Il y a des jours comme ça où je déteste mon travail. La journée a pourtant bien commencé ; je me suis levée sur les coups de sept heures, de pas trop mauvaise humeur en plus. J'ai bu un long café dans ma tasse préférée, celle avec des roses peintes sur une porcelaine blanche. J'ai fumé ma première cigarette de la journée, et puis j'ai pris une longue douche. La journée s'annonçait ensoleillée, alors j'ai enfilé une robe noire à manche courte, avec des détails de dentelle blanche partant du haut de mon cou jusqu'au dessus de ma poitrine. Et j'ai plongé mes pieds dans une de mes paires de talon ouvertes fétiches, laissant entrevoir le bout de mes cuticules. Je suis partie à l'heure de chez moi, les mains pleines de dossiers, mon sac à main accroché à mon épaule droite et mes cheveux relevés dans un chignon sophistiqué. J'ai pris le métro comme tous les matins, et un jeune homme a insisté pour que je prenne sa place dans le wagon. J'ai alors pu lire tranquillement le journal local, comme tous les matins, pour me tenir au courant des dernières nouvelles. Le soleil a caressé ma peau de la sortie du métro jusqu'à mon lieu de travail, m'offrant un réconfort qui ne se refuse pas. Oui, la journée s'annonçait bien, et je suis presque arrivée au musée avec le sourire. Et puis je suis arrivée à mon bureau, et un mot m'attendait patiemment derrière la porte. J'ai ouvert l'enveloppe tout en déposant mes dossiers sur l'une des tables. Ce qu'il était écrit m'a automatiquement fait froncer les sourcils. D'un pas déterminé, laissant la pièce en plan sans prendre la peine de la refermer, je me suis dirigée vers le bureau de mon supérieur, le conservateur général du musée. C'est lui le chef ici. J'ai frappé à sa porte, toujours le papier dans la main, et une fois que la permission d'entrée me fut accordé, j'ai agité la feuille, la mine fermée, le regard noir. « Je dois passer la nuit à travailler avec l'un des restaurateurs ? » Dites moi que c'est une blague, par pitié, une blague de très mauvais goût, il faut que ça en soit une, ai-je pensé tout en fixant droite comme un piquet mon supérieur. Il était assis confortablement sur son fauteuil en cuir, une cigarette au bec. Il s'est tourné vers moi, un sourire carnassier sur le visage. « Bonjour Mademoiselle Lindholm. » Il n'a pas répondu à ma question, et m'a regardé comme si je ne méritais pas vraiment de réponse. Je déteste cet homme ; je le méprise, il est dégoutant, arrogant, manipulateur. Mais c'est mon chef, et par dessus tout, je ne peux m'empêcher de l'admirer ; il possède le poste que je convoite. « Avec tout le respect que je vous dois Monsieur, est-ce que c'est une blague ? Je travaille déjà toute la journée aujourd'hui, et ce n'est pas de mon ressort de traiter seule avec l'un de vos restaurateurs ! » Je me suis emportée, haussant un peu le ton, et mes sourcils se sont froncés autant qu'ils l'ont pu. « Helga, j'ai conscience que vous n'êtes « que » conservatrice de patrimoine, mais je sais également que vous avez des ambitions. Voyez ça comme une première mise à l'épreuve, d'accord ? Et puis avec la saison estivale il y a bien trop de travail pour trop peu de personnel. » Il a marqué une pause, se levant de son fauteuil et se postant devant moi. Et puis il a posé ses deux grosses mains rugueuses sur mes épaules frêles, et son regard gris dans mes yeux azurs. « Je sais que vous en êtes capable. » Il a jeté la cigarette dans sa poubelle après l'avoir écrasé sur son bureau. « Et puis vous verrez, Edward est un charmant garçon. Vous allez bien vous amuser. » Il a tourné les talons et s'est de nouveau assis dans son fauteuil, s'appuyant de tout son poids contre le dossier. « Mais attention, pas de bêtise hein ? » S'est-il empressé de rajouter, haussant un sourcil d'un air évocateur. « Töykeä henkilö. » ai-je murmuré tout en claquant la porte de son bureau. Grossier personnage.

☆☆☆

C'est ainsi que je me retrouve à dix-neuf heures, encore au British Museum. Je suis dans mon bureau, terminant de relire l'un de mes nombreux dossiers. Je regarde la montre accrochée à mon poignet droit, et soupire. Et c'est un instant plus tard, avec nonchalance que je sors de mon bureau, une pochette remplie de feuille et un stylo fixé sur la devanture dans les mains, me dirigeant vers l'exposition traitant de la Grèce Antique. L'idée de passer la nuit à passer au crible des statues et des jars ne m'enthousiaste gère ; d'autant plus que je dois le faire avec ce restaurateur, Edward O'Sullivan. Je n'ai rien en particulier contre lui en vérité, il a l'air d'être quelqu'un de tout à fait respectable. Mais par automatisme, je ne m'entend avec aucun de mes collègues. Il n'y a que Breena à ce jour que j'apprécie, et encore, mon affection est intérieure, cachée au plus profond de moi. Je ne veux pas mélanger mon travail avec ma vie privée, tout simplement car ma vie privée est un véritable chaos à ce jour. Mon travail, c'est la dernière chose qui me sert de pilier dans ce monde pour que je ne m'écroule pas. J'ai besoin de ce job, et je ne veux donc pas tout mélanger, de peur de tout perdre. Et de toute façon, la plupart des mes collègues sont particulièrement détestables et imbus d'eux-même. Alors ça ne donne pas vraiment envie de les connaître d'avantage, ou d'essayer de me faire apprécier d'eux ; ça fait bien longtemps que j'ai abandonné l'idée de me faire apprécier des autres. De toute façon, à quoi ça sert ? Certains ne me tolèrent qu'à peine parce que je suis une femme, parfois même leur supérieure. Tandis que d'autre s'amusent à proliférer des rumeurs ridicules sur moi. C'est le risque quand on ne parle à personne de ses malheurs. Mais ça ne regarde que moi, et de toute façon, personne ne pourrait comprendre ce que ça fait de tout perdre. J'ai déjà parlé à Edward une ou deux fois, enfin, c'est plutôt lui qui m'a parlé ; je me suis contentée de marmonner dans ma barbe en finnois, ma langue maternelle. Papoter avec lui, ça ne m'intéresse pas. C'est un collègue comme un autre, et peu importe les raisons qui le poussent à vouloir engager la conversation avec moi. Il n'en tirera pas plus que les autres qui se sont risqués à vouloir me connaître. Personne n'a envie de me connaître ; ma vie n'a rien de trépidant, d'amusant, de fascinant. Je ne suis qu'une femme qui a perdu son fils unique, divorcé avec son mari, et qui voit un psychologue pour se sortir d'une dépression vieille de sept ans. Rien d'amusant, j'avais prévenu.

Une fois arrivée dans la première salle dédiée à l'exposition de la Grèce Antique qui se situe au rez de chaussée du Musée, je me dirige directement vers Edward que j’aperçois un peu plus loin. Je le rejoins d'un pas déterminé, ne lui offrant qu'un regard froid et distant en guise de salutations. « Vous êtes déjà là, bien. » Le ton employé est presque surpris, étonnée qu'il soit arrivé avant moi. J'ouvre ma pochette cartonnée et en sort une feuille que je pose par dessus. « Je ne vais pas vous cacher que plus vite on ira, plus vite je pourrais rentrer chez moi et dormir, alors si on pouvait s'activer... » Je fais quelques pas vers une première statue grecque, dont j'annote le nom sur un coin de ma feuille. « Vous avez commencé à regarder s'il y avait des pièces à restaurer ou vous n'avez encore rien fais ? » Ai-je demandé d'un ton mi-interrogateur, mi-accusateur, ma voix aux accents nordiques raisonnant dans la salle vide. Je ne vais pas cacher mon mécontentement de me retrouver à travailler de nuit avec lui, même si je sais qu'au fond ce n'est pas de sa faute ; en vérité, ce n'est pas le fait de travailler en particulier avec lui qui m'insupporte, mais bien de faire des heures supplémentaires de nuit, alors que je pourrais me prélasser devant un vieux film dans mon canapé en cuir. Mais peu importe, Edward est la seule personne sur qui je peux me défouler sur le moment, pauvre de lui.


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# Re: It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)
message posté Lun 24 Juil 2017 - 22:53 par Edward O'Sullivan
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.
Helga & Edward

   
Cela ne faisait que quelques semaines qu'Edward avait prit son poste au British Museum et pourtant, il se sentait déjà à son aise. Un peu comme s'il avait travaillé ici depuis toujours, le jeune homme semblait connaître par cœur les moindres recoins, les moindres œuvres qui peuplaient chacune des salles du musée et tous les secrets de chaque exposition. Mais au fond, le conservateur n'avait aucun mérite puisque bien plus que son lieu de travail, le musée représentait l'expression de sa plus grande passion. Il n'était d'ailleurs pas rare de le voir déambuler dans les allées du bâtiment en dehors de ses horaires normaux, se mêlant parfois au flux des visiteurs qui se pressaient et dont il avait longtemps fait partie durant son enfance. En effet, Ed avait l'impression de connaître cet endroit depuis toujours tant il l'avait fréquenté bien des années plus tôt, principalement en compagnie de son grand-père. Et à présent, il savourait le fait de pouvoir travailler dans ce lieu qui l'avait tant fait rêvé. Soucieux de ne pas faire de vagues pour éviter que son passé tumultueux vienne à ressurgir, le jeune homme se contentait avec une grande satisfaction de suivre les instructions de ses supérieurs et de restaurer chacune des pièces qui lui étaient confiées avec le plus grand soin. Mais ce soir, c'était une mission un peu particulière à laquelle il avait été assigné. Sa journée de travail s'achevait et pourtant Edward ne s'apprêtait pas à rentrer chez lui, bien au contraire. Pour lui, une seconde journée démarrait et pour une fois, il ne se contenterait pas d'errer à travers les allées du musée avec son regard d'enfant et son air rêveur collé au visage. Non, cette fois, c'était bien son travail qui se poursuivait d'une manière un peu particulière et surtout, en bonne compagnie. Lui qui avait pour habitude de travailler seul sur chacune des œuvres qu'il traitait se trouvait ravi de pouvoir partager un moment avec une collègue... et quelle collègue ! Helga Lindholm, cette femme qui l'intriguait tant et qu'il n'était pourtant pas encore parvenu à approcher malgré ses quelques tentatives. Alors, presque inconsciemment, Edward s'était réjoui de passer la soirée en compagnie de la belle brune, espérant pouvoir enfin percer le mystère qui l'entourait et apprendre à la connaître sans se heurter à ces quelques mots presque grognés dont il devait se contenter jusqu'à présent.

L'heure à laquelle il était censé retrouver Helga approchant à grand pas, Ed avait été incapable de contenir son empressement et ce fut donc avec quelques minutes d'avance qu'il fit irruption au beau milieu de la salle dédiée à la Grèce Antique. Très vite, il fut bien évidemment happé par les œuvres environnantes et seul le bruit des talons de la jeune femme sur le sol vinrent le ramener à la réalité. A peine arrivée, la brune planta le décor de manière glaciale, ce qui ne suffit pourtant pas à décourager Edward. Au contraire, il ne fut même pas surpris de recevoir un tel accueil, préférant même esquisser un léger sourire en entendant Helga évoquer le moment tant attendu où elle pourrait quitter cet endroit et aller se coucher. « Je viens tout juste d'arriver, je n'ai pas encore regardé tout ça en détail. » répondit Edward à la question presque provocatrice de sa collègue, esquissant un petit mensonge au passage puisqu'il connaissait presque parfaitement la plupart des pièces qui les entourait. « Mais je n'ai pas rien fait ! » poursuivit-il en reprenant les mots d'Helga et en filant fouiller dans le sac qu'il avait déposé dans un coin de la pièce. Quelques instants plus tard, et même s'il se doutait qu'il risquait de s'attirer les foudres d'Helga, le jeune homme dégaina la bouteille isotherme qui ne le quittait jamais et servit une dose de café chaud dans les deux tasses qui l'accompagnaient. Sans attendre, il en tendit une en direction de la jeune femme et pour couper court à toute tentative de protestation, enchaina : « On aura bien besoin de ça, c'est un préalable obligatoire pour être plus efficaces... » Après tout, plus aucun visiteur ne traînait dans les parages et même si les gardiens avaient un œil sur l'ensemble du musée, rien ne les empêchait de transigeait avec quelques règles. Entamant son propre café avec enthousiasme, Ed reporta rapidement son attention sur sa voisine et le plus naturellement du monde, questionna : « Ca vous arrive souvent de travailler en soirée ici ? Non pas que je m'en plaigne, au contraire, c'est plutôt sympa d'avoir tout ça pour nous ! »

   
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# Re: It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)
message posté Jeu 3 Aoû 2017 - 14:37 par Helga S. Lindholm
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.

Le sourire en coin d'Edward a le don de m'agacer intérieurement, mais je tente extérieurement de rester de marbre. Peut-être a-t-il conscience que cette situation est loin de me plaire et que cela l'amuse. En tout cas, c'est ce qu'il transparait, tandis que de mon côté, c'est avec une détermination sans égal que je sors une feuille de ma pochette cartonnée et y annote une première statue. « Statue d'Aphrodite, deuxième siècle après Jésus Christ. » Le restaurateur quant à lui, n'a pas l'air d'avoir hâte de se mettre au travail, contrairement à moi. Il me répond, toujours un sourire sur les lèvres, entre l'espièglerie et l'amusement. « Je viens tout juste d'arriver, je n'ai pas encore regardé tout ça en détail. » Évidemment, ça aurait été trop beau qu'il soit là depuis des heures et qu'il ait pris la liberté de faire l'inventaire des pièces de cette galerie tout seul, nous faisant ainsi gagner un temps précieux. Je ne peux pas m'empêcher de lever les yeux au ciel, prise d'une lassitude que je ne tente même plus de cacher. Je veux rentrer chez moi. Un soupire d'agacement s’extirpe entre mes lèvres, et je tourne les talons, me retrouvant dos à Edward. Je tente de me concentrer sur cette première statue, fronçant les sourcils et tentant de faire abstraction de cette migraine qui commence tout juste à se loger dans le creux de ma tête. « Mais je n'ai pas rien fait ! » Les mots de mon camarade raisonne dans la pièce avec un enthousiasme que je ne partage évidemment pas. Que veut-il dire par là ? Le restaurateur m'intrigue et je me tourne à nouveau dans sa direction, le regardant rejoindre ses effets personnels. Cela semble trop beau qu'il ait travaillé par avance sur notre tâche à accomplir cette nuit, et c'est pour ça que je le regarde faire, dubitative, tout en croisant les bras, plaquant ainsi ma pochette cartonnée contre mon flan droit. Finalement, Edward sort un bouteille isotherme et deux tasses qu'il pose sur le bas-côté pour les remplir. La bouteille à peine décapsulée, l'odeur du café chaud chatouille presque immédiatement mes narines, et mes sourcils se froncent d'avantage. Se moque-t-il de moi, est-ce que tout cela n'est qu'un jeu pour lui ? Je m'approche de lui dangereusement en quelques enjambées, furieuse. « Non mais vous vous croyez où Edward ? Au Starbuck peut-être ? » Ma question est bien évidemment sarcastique, balancée dans un aboiement mécontent, alors que je le regarde avec de grands yeux inquisiteurs. Mon collègue ne se démonte pour autant pas, et sert tranquillement son café bien chaud dans les tasses ; ce qui m'agace d'autant plus, je ne peux le nier. Je sens que la nuit va être longue si on commence comme ça. Je continue de l'observer, désarmée de constater son calme face à la situation. « On aura bien besoin de ça, c'est un préalable obligatoire pour être plus efficaces... » Je ne peux contester le fait qu'un long café bien chaud, ça ne serait pas de refus à ce moment-là de la journée, et surtout en vue du programme de la soirée. Edward a raison, bien évidemment c'est incontestable. Mais je trouve cela exagéré que l'on campe lui et moi dans la galerie pour se délecter d'un café. Ce n'est pas un salon de thé ou la cuisine de son appartement, c'est une pièce renfermant parfois des objets datant de dix-neuf siècles. On ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi. Et si le conservateur en chef regardait les caméras demain et qu'il voyait cette scène sur l'écran ? Il me passerait un savon à coup sûr. Sans parler des gardiens qui pourraient arriver à tout moment pour voir si nous ne sommes pas en train de dévaliser le musée. Ils ne seraient alors pas déçus de la scène.

Edward me tend une des deux tasses avec insistance, et je reste un instant à réfléchir avant de déposer ma pochette cartonnée sur la table collée contre un des murs, et d'empoigner le récipient d'un geste sec. J'expire un petit « Hmm. Merci. » dubitatif tout en lui lançant un regard noir. Je m'éloigne un peu de lui, de quelques pas. Je pourrais toujours l'accuser si jamais quelqu'un apprenait ce qu'il se passe à ce moment précis. Je tiens le café entre mes deux mains, me délectant de la chaleur et de l'odeur qui s'en dégagent. Je ne peux le nier, le restaurateur marque un bon point, et il attire à présent toute mon attention. J'avoue ne m'être jamais intéressé à lui avant ce soir, les méninges bien souvent trop encombrés par mon travail ou par la tristesse qui s'est emparée de moi il y a maintenant sept ans. Même lorsqu'il m'a adressé la parole auparavant, je n'ai jamais pris le temps de l'observer, de le passer au peigne fin dans mon esprit. Edward est un collègue comme les autres, bien qu'il soit agréable à regarder cependant. De grands yeux bleus, une barbe négligée parsemé de poils grisonnants, c'est un homme charmant comme il en existe beaucoup à Londres ; bien que celui-là semble être attiré par les transgressions de règle et l'espièglerie. Mon camarade semble bien trop heureux d'avoir réussi son coup, buvant tranquillement son café un sourire aux lèvres tandis que je continue de l'observer un moment du coin de l'oeil. Il a une carrure bien proportionnée, un beau grain de peau légèrement bronzé ; j'en déduis qu'il n'a pas toujours vécu à Londres, et une bouche charnue, que j'imagine, beaucoup rêverait d'embrasser. Est-ce que je devrais me méfier de lui ? Je me méfie toujours des autres, et particulièrement des collègues de travail. Qui sait quelle idée farfelue pourrait lui traverser l'esprit en ce moment. Mais peut-être que je me fais trop film, peut-être souhaite-il juste être amical avec moi en m'offrant un café. Mais on est jamais sûr de rien, surtout avec les hommes. « Ca vous arrive souvent de travailler en soirée ici ? Non pas que je m'en plaigne, au contraire, c'est plutôt sympa d'avoir tout ça pour nous ! » Edward me sort soudainement de mes pensées en me posant cette question, et je détourne le regard, fronçant une nouvelle fois les sourcils. J'apporte à mes lèvres ma tasse de café et en boit plusieurs gorgées avant de reposer le récipient sur la table. J'appuie mon dos contre cette dernière, posant mes mains fermement sur la planche du dessus. « Non, c'est la première fois en pratiquement dix ans. » Je marque une petite pause, apportant une nouvelle fois ma tasse de café à mes lèvres. « Monsieur Franklin m'a dit qu'en ce moment, le musée manquait de personnel pour tout le travail qu'il implique. Mais je le soupçonne d'avantage d'être un gros sadique, ou de vouloir nous tuer par l'épuisement. » Ai-je ajouté sur le ton de la provocation et du sarcasme, offrant à Edward un regard complice. « Mais si je n'étais pas là depuis neuf heures ce matin, je serais probablement d'accord avec vous. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir cet endroit de nuit, sans aucun visiteur aux alentours. J'ai l'impression d'être dans « La nuit au musée », pas vous ? » Ai-je demandé en regardant Edward. Après quoi, je bois les dernières gorgées de ma tasse de café, que je repose, l'abandonnant sur la table avant de récupérer ma pochette cartonnée. « J'espère juste que ces statues ne vont pas se mettre à bouger tout à coup comme dans le film. » Ai-je murmuré un peu trop fort tout en jetant un regard vers les statues grecques en face de nous. Je me rend tout à coup compte que je me mets à déblatérer comme une vraie pipelette, racontant des inepties dû à mon imagination trop débordante, et peut-être à cause de la fatigue aussi. Je fronce une nouvelle fois les sourcils, et prend un air beaucoup plus froid et distant. « Bon, et si on se mettait au travail maintenant ? »


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# Re: It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)
message posté Sam 5 Aoû 2017 - 17:14 par Edward O'Sullivan
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Helga & Edward

   
Edward savait bien que son comportement pouvait paraître un peu décalé, et il se doutait aussi qu'il risquait à tout moment de s'attirer les foudres de sa collègues, mais cela ne l'empêchait néanmoins pas d'agir comme bon lui semblait. Comme souvent, il avait envie d'un bon café et savait aussi que celui-ci leur permettrait d'aborder cette soirée de travail avec plus d'énergie, et donc plus d'efficacité. Et pour ce qui était de l'interdiction de faire entrer ce genre de victuailles dans une salle contenant autant d'œuvres précieuses, Ed comptait sur la compréhension des gardiens. Après tout, Helga et lui travaillaient ici et leur passion commune les obligeait à rester extrêmement prudents, même lorsqu'Edward décidait de leur faire transgresser quelques règles. Au pire, si l'un des gardiens venait à leur chercher des noises, le jeune homme pourrait toujours l'amadouer en lui offrant également un café, ce qui à ses yeux ne se refusait clairement pas. Mais avant même qu'un gardien ne vienne s'opposer à lui, Edward devait commencer par dompter sa collègue qui s'offusqua bien évidemment de le voir déballer ses petites affaires au beau milieu de la galerie. Et alors qu'elle l'accusait de se croire au Starbucks, le restaurateur ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire, sans pour autant interrompre son service. Imperturbable, il finit par tendre l'une de ses tasses à Helga en scrutant sa réaction avec une certaine curiosité, s'amusant de la voir hésiter et peser le pour et le contre avant de se saisir de son dû. Une fois de plus, et même alors qu'elle le remerciait, le ton de la jeune femme était sévère et ses gestes secs, en opposition avec la délectation qu'elle sembla montrer en enveloppant sa tasse de café avec ses mains. Satisfait d'avoir finalement fait mouche, Edward entama à son tour son breuvage non sans remarquer les regards que sa collègue posait à présent sur lui.

Soucieux de ne pas laisser un trop grand silence s'imposer, Ed enchaina rapidement en tâchant d'instaurer un échange cordial avec Helga, qui sembla d'ailleurs répondre favorablement à ses attentes. Bien sûr, les questions du restaurateur furent tout d'abord accueillies avec un froncement de sourcil, mais la jeune femme finit tout de même par y répondre d'un ton un peu plus posé. Mieux, elle ironisa même sur leur situation en adressant du même coup un regard complice à son voisin, qui l'accueillit avec la plus grande satisfaction ainsi qu'un large sourire. Visiblement, Helga ne portait pas Monsieur Franklin dans son cœur et même s'il n'avait pas été embauché depuis très longtemps, Edward sentait qu'il pourrait partager cet avis très prochainement. Soudainement inarrêtable, la conservatrice relança même la conversation en évoquant la ressemblance avec le film "La nuit au musée", ce qui surprit totalement son interlocuteur mais suffit à le ravir une nouvelle fois. « Complètement ! » lança-t-il avec enthousiasme alors qu'Helga semblait déjà vouloir se reconcentrer sur son travail, laissant tout de même échapper un « J'espère juste que ces statues ne vont pas se mettre à bouger tout à coup comme dans le film. »  à peine audible. Captant tout de même sa réflexion, Edward réprima un petit rire en songeant que contrairement à elle, il adorerait se retrouver au beau milieu d'une des scènes de ce film. Mais avant qu'il n'ait pu répondre quoi que ce soit, sa voisine exprima le souhait de se remettre au travail. Terminant alors les dernières gorgées de sa tasse de café, Ed fouilla de nouveau dans son sac pour en sortir un crayon et un carnet parsemé de croquis et autres gribouillis qui lui donnaient l'allure d'un cahier d'étudiant. Et après être venu se poster aux côtés de sa collègues, il y griffonna ses premières notes de la soirée. Même si le jeune homme avait eu l'impression de parvenir à détendre un peu l'atmosphère quelques instants plus tôt, Helga avait à présent retrouvé toute sa froideur et cette espèce de méfiance qui semblait la caractériser. En somme, tout ce qui avait intrigué Edward dès le premier jour où il avait croisé son chemin. Mais alors qu'il s'approchait de la première statue et en scrutait les moindres détails, le jeune homme décida de poursuivre sur sa lancée en reprenant : « Alors vous travaillez ici depuis dix ans... » début-t-il avec une pointe d'admiration dans la voix. « C'est une chance, vous devez connaître tous les recoins du musée ! C'était aussi mon cas il y a quelques années, mais beaucoup de choses ont changé depuis... » observa Edward, en se remémorant les heures entières qu'il avait passées en ces lieux, seul ou accompagné par son grand-père, à la recherche du détail qui lui aurait échappé lors de sa visite précédente. Tout en discutant, le restaurateur scrutait de son regard passionné chaque recoin de la statue, annotant ça et là quelques éléments dans son carnet abîmé par le temps et les ratures. Puis, l'air de rien et sans détacher ses yeux de l'œuvre qu'il étudiait, Edward reprit innocemment : « Et sinon, c'est une habitude de se vouvoyer entre collègues ? Non parce que... je suis plutôt partisan du "tu". Et puis maintenant qu'on a partagé un café... » ajouta-t-il en tentant de rester le plus sérieux possible alors que son œil, lui, traduisait tout son amusement.

   
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# Re: It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)
message posté Mer 16 Aoû 2017 - 2:51 par Helga S. Lindholm
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.

J'ai dû mal à comprendre quelles sont les réelles intentions de mon collègue de travail. Il est là, un sourire fichtrement parfait aux lèvres. Pire encore, il se montre ridiculement avenant avec son café tout prêt. Alors que moi je n'ai qu'une envie : partir d'ici, rentrer chez moi et rejoindre la douceur de mes draps. Mais pas Edward. Lui, il a l'air d'être heureux de se trouver ici. Sa joie de vivre est contagieuse, dissipant presque ma mauvaise humeur. Presque, oui. Avant qu'un sourire ne s'échappe de mes lèvres, je me reprends instinctivement. Je fronce les sourcils, et je demande à ce qu'on commence à travailler. Pas d'attaches, jamais. Surtout pas avec les collègues. Le peuple ne doit jamais voir la reine de glace fondre à vue d'oeil, c'est la règle. Certains savent ce qui se cache sous cette carapace. C'est comme la partie immergée d'un iceberg ; et il n'y a pas besoin de gratter beaucoup pour comprendre ce qui m'anime. La souffrance, la perte, ce trou béant dans mon cœur qu'aucune personne ne peut combler. Ni les mots rassurants d'Ethan, et pas même les gestes tendres de Jude. Parfois durant de bref moment j'oublie, et je souris, rigole de bon cœur ; Mais dès que je me retrouve dans le silence de la nuit, ma conscience reprend toujours le dessus. Elle me rappelle que je suis seule, tourmentée par la mort de mon unique fils, divorcée d'un homme qui m'a déchiré le cœur. Et c'est comme si je n'avançais plus à présent, que ma vie privée s'était arrêtée il y a de ça sept ans ; l'année où j'ai sombré. Il y a bien eu quelques histoires : Indianna, Violet entre autre. Mais rien qui puisse raviver la flamme, rien qui puisse ramener la Helga d'avant. Mais tout cela est gardé bien au chaud sous une couche de glace impénétrable pour le plus grand nombre. Edward n'est pas autorisé à savoir qui je suis réellement. Je me méfie de lui encore plus des autres. Malgré sa sympathie évidente, je me dis que quelque chose cloche forcément. Qui me dit qu'il ne cherche pas à en savoir plus sur moi pour ensuite le raconter à tous nos autres collègues? Je suis déjà assez sujette aux rumeurs en tout genre comme ça, pas besoin d'en rajouter d'avantage.

Alors on commence à travailler, dans le silence le plus total, après avoir soufflé d'un ton strict « Vous n'avez qu'à commencer par les statues de droite, et je ferais celles de gauche. » qui ne laisse pas la place au débat. Et puis j'ai rejoins mon propre côté. J'ai conscience d'avoir mis un grand froid dans la pièce, mais si je devais me sentir mal pour toutes les fois où c'est déjà arrivé je n'en finirais plus. Du coin de l'oeil je vois Edward s'approcher des statues. De mon côté, j'annote les premiers détails qui me viennent à l'esprit en observant la fameuse statuette d'Aphrodite. Dans un calme presque oppressant -je me demande à ce moment-là s'il ne vaudrait pas mieux que je réengage la conversation car après tout nous devons nous concerter puisqu'il s'agit d'un travail de groupe-, j'entends distinctement le crissement du crayon de mon collègue sur son vieux cahier, et je ne peux m'empêcher de jeter un regard par dessus mon épaule pour l'observer plus attentivement. De là où je suis, son carnet ressemble d'avantage à celui d'un aventurier de type Indianna Jones qu'à un cahier de restaurateur d'oeuvre d'art. Les feuilles sont jaunies et des schémas débordes de tous les côtés. Edward fronce légèrement les sourcils, abordant une mine très sérieuse alors qu'il regarde attentivement l'une des statues devant lui avant de se replonger dans son carnet. Je n'ose rien dire, par crainte de le déranger. Et aussi parce que si on interrompt nos travaux toutes les deux minutes, nous ne sortirons pas d'ici avant le lever du jour. Et ça, ce n'est décidément pas dans mes plans. Alors je continue moi aussi de travailler, me forçant à ne plus regarder mon collègue de travail pour éviter toute dissipation. Mais cela ne dure finalement pas longtemps. « Alors vous travaillez ici depuis dix ans... » Commence à dire Edward. Sa voix grave raisonne dans la large pièce essentiellement vide. Je lève les yeux au ciel, dérangée par sa nouvelle intervention. N'arrête-t-il donc jamais de parler ? Comment veut-il qu'on avance s'il fait ça tout le long ? Je remarque cependant que l'information n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. « C'est une chance, vous devez connaître tous les recoins du musée ! C'était aussi mon cas il y a quelques années, mais beaucoup de choses ont changé depuis... » Continue-t-il alors que jusqu'ici je faisais mine de ne pas l'entendre. Je me tourne vers lui un instant, l'étudiant sans pour autant répondre directement. Il est là, observant la salle, et son regard s'imbibe soudainement d'une lueur nostalgique. Je ne comprends pas bien où il veut en venir cependant. Peut-être a-t-il déjà travaillé ici, ou simplement était-il un visiteur régulier du musée autrefois. « Je connais assez bien les lieux oui. Il m'arrive parfois de jouer les guides lorsque certains manquent à l'appel. Mais il paraît que je ne suis pas très bonne à ça. « Pas très agréable » est le terme qui revient le plus souvent à la fin de mes visites guidées, et ni vous ni moi ne pourrons dire le contraire là dessus. » Ai-je finalement répondu dans un haussement d'épaule, la tête penchée vers ma pochette cartonnée. Je fais mine d'annoter des informations sur la statue devant moi en même temps. Mais en réalité, j'ai dessiné un rond sur le coin de ma feuille, que j'ai retracé de plusieurs coups de crayon.

Le silence finit par retrouver sa place dans la pièce un court instant. Je passe de statue en statue, annotant chaque nom et chaque détail qui me parait important pour déterminer si oui ou non, chacune d'entre elles doit aller faire un tour en restauration. Je pense que cette fois, Edward n'ouvrira plus la bouche, du moins jusqu'à ce qu'on ait fait le tour des statues présentes dans la grande salle. Peut-être l'ai-je dissuadé de parler en insinuant que j'ai conscience d'être désagréable la plupart du temps, mais que je ne compte pas y remédier pour autant. Finalement, l'homme aux cheveux châtains ne se démonte pas et reprend une nouvelle fois la parole. « Et sinon, c'est une habitude de se vouvoyer entre collègues ? Non parce que... je suis plutôt partisan du "tu". Et puis maintenant qu'on a partagé un café... » Je le regarde, ses yeux joyeux trahissant l'amusement qui semble l'habiter. Je lève un sourcil, l'inspectant une nouvelle fois longuement, avant de détourner ma tête vers une nouvelle statue. « Nous avons peut-être partagé un café, mais nous ne nous connaissons pas plus qu'il y a une heure ou un mois. En dehors de votre nom et de votre métier je ne sais absolument rien de vous. Et je n'ai pas pour habitude de tutoyer des inconnus. » Je marque une pause, fronçant les sourcils, légèrement agacée par les propos d'Edward. Même si ce dernier ne se trouve qu'à deux ou trois mètres de moi, je le sens commencer à empiéter mon espace vital. Il veut que l'on se tutoie, et ensuite, quelle sera la prochaine étape ? Va-t-il me demander un câlin parce qu'il en est aussi partisan ? « Et pour ce qui est de votre question, oui, je vouvoie pratiquement tous mes collègues de travail.» Le ton employé est glacial et distant, trahissant mon agacement évident. C'est bien loin de la façon dont Edward s'adresse à moi. Un long silence s'en suit, et je me sens coupable de l'avoir remballé de cette manière. Le trentenaire ne semble pas bien méchant. En fait, c'est tout le contraire. Il s'est vraiment montré amical avec moi depuis le début. Pas seulement aujourd'hui, mais depuis son arrivée au British Museum en fait ; lorsque l'on se croise dans l'enceinte de notre lieu de travail, il m'adresse toujours un sourire et un bonjour bienveillant. Peut-être ne mérite-t-il pas tant de méfiance de ma part. Mais qu'est-ce qui me dit qu'il ne se joue pas de moi ? Dans le doute, j'adresse un regard sincère à mon interlocuteur. « Ne le prenez pas mal Edward. C'est juste que j'ai du mal à m'entendre avec les gens qui travaillent ici. J'adore mon métier, mais les autres ne sont pas toujours tendres avec moi... » Je marque une courte pause pour reprendre mon souffle, ne manquant pas de remarquer l'air interrogateur de mon collègue. « Et ça essentiellement parce qu'ils me trouvent étrange et que je suis hostile avec eux. Ils s'amusent à m'épier pour en savoir plus sur ma vie, et à raconter des rumeurs idiotes sur moi. Ce qui en soit ne m’atteins pas, c'est plus agaçant que blessant. Mais je pense que vous pouvez comprendre que du coup, j'ai de quoi me méfier de vous. » Ai-je conclu d'un ton serein, souhaitant expliquer calmement les choses à Edward. Peut-être qu'il ne sait rien de tout ça, ou peut-être fait-il partie de cette catégorie de collègue que je n'aime pas. Je ne suis pas du genre à faire des amalgames; Mais dans les deux cas, j'espère l'avoir définitivement dissuadé de vouloir faire ami-ami avec moi. Qu'il soit sincère ou manipulateur, Edward n'a pas envie d'entrer dans ma vie, c'est certain. Je me replonge finalement dans mes notes, me raclant la gorge. Je me sens gênée de m'être ouverte si facilement à cet homme, et il est difficile pour moi de reprendre le travail comme si de rien n'était à présent.


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# Re: It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)
message posté Dim 20 Aoû 2017 - 23:05 par Edward O'Sullivan
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.
Helga & Edward

   
Même s'il avait cru entrevoir que sa collègue se détendait un peu, cette impression ne fut que de courte durée et la jeune femme ne tarda pas à reprendre les choses en main. Helga était clairement là pour faire ce qu'ils avaient à faire le plus rapidement possible, en communiquant le moins possible avec Edward, tout ça pour quitter les lieux dans les plus brefs délais. Mais le restaurateur, lui, avait une toute autre vision des choses. Quitte à devoir rester au musée en soirée, il comptait bien profiter un peu du calme des lieux et de cette ambiance si particulière qui s'en dégageait en l'absence des masses de visiteurs qui défilaient ici à longueur de journée. Et plus que tout, Edward entendait bien profiter de ce moment pour apprendre à connaître cette collègue si mystérieuse qui avait retenu toute son attention dès l'instant où il l'avait rencontrée. Pour l'heure, il se heurtait malheureusement à l'équivalent de ces statues qu'ils étaient en train d'examiner, mais le jeune homme savait se montrer têtu lorsque cela en valait la peine. Et sans trop savoir pourquoi, il avait la certitude qu'Helga en valait la peine. Alors, ignorant ses nombreux signes d'agacement, il poursuivait la conversation tout en griffonnant quelques notes sur son carnet. Edward apprit ainsi qu'il arrivait à Helga de jouer les guides à travers les allées du musée, bien que ces expériences ne soient visiblement pas très concluantes pour les visiteurs. Bizarrement, cette remarque fit sourire le jeune homme qui n'avait pas quitté sa collègue des yeux, observant distraitement ces dessins qu'elle semblait tracer sur ses papiers. Les visiteurs qualifiaient ses prestations de "pas très agréables" et pourtant, Ed ne put s'empêcher de songer qu'au contraire, le fait d'arpenter les allées du musée en sa compagnie devait être passionnant.

Après un bref silence, ne comptant décidément que sur lui-même pour entretenir un semblant de dialogue avec sa collègue, Ed relança la conversation en s'aventurant inconsciemment sur un terrain visiblement glissant. Pour lui, tutoyer ses collègues de travail était quelque chose de tout à fait normal, et sa question avait été des plus innocentes. Mais bien vite, il réalisa qu'il venait de commettre une erreur en touchant un point sensible. Retrouvant toute sa froideur habituelle, Helga le renvoya en effet dans ses foyers en précisant bien qu'il n'était qu'un inconnu pour elle et que, par conséquent, il ne devait pas compter sur elle pour le tutoyer. Un peu surpris sur le coup, le restaurateur ne se démonta pas pour autant et tout en haussant les épaules, répondit avec aplomb : « C'est faux, vous savez aussi que je suis accro au café et que je fais souvent ce dont j'ai envie quitte à outrepasser quelques règles... Et je peux même vous dire que je suis né à Londres il y a 36 ans, que j'ai fait mes études en Italie et que j'y ai travaillé pendant des années... » Se livrant un peu au passage, après tout c'était de bonne guerre, Edward espérait de nouveau détendre l'atmosphère mais ce fut en réalité l'inverse qui se produisit. Plus sèche que jamais, la jeune femme conclut qu'elle vouvoyait effectivement la majorité de ses collègues, anéantissant du même coup toute tentative de réplique d'Edward. Il l'agaçait clairement depuis qu'elle l'avait rejoint ici et même si son objectif de la soirée avait été de mieux la connaître, il ne souhaitait absolument pas se la mettre définitivement à dos. Commençant à se résigner, le restaurateur décida donc de se taire et se replongea immédiatement dans l'examen de la statue suivante. Mais après quelques instants d'un silence de plus en plus lourd, et contre toute attente, ce fut finalement Helga qui reprit la parole et débuta des explications qui intriguèrent son collègue. Edward se redressa lentement alors qu'il écoutait le discours de la jeune femme avec la plus grande des attentions, captant le regard étonnamment sincère qu'elle lui adressait. Et visiblement, l'incompréhension put se lire dans ses yeux puisqu'Helga ne tarda pas à poursuivre ses explications sans qu'il ne prenne la peine de les lui réclamer. Au fur et à mesure de l'avancement de son discours, les sourcils d'Edward se fronçaient alors qu'elle lui dépeignait un portrait peu engageant de leurs collègues respectifs. Visiblement, la conservatrice faisait l'objet d'un certain nombre de rumeurs et de la pression incessante des autres personnes qui travaillaient au musée, ce qui expliquait très clairement cette méfiance presque maladive qui était la sienne. « Quel intérêt...? » souffla le jeune homme, sans comprendre pourquoi elle faisait l'objet de tant d'acharnement. Peut-être était-ce un indice pour lui. Une raison qui pourrait expliquer cette lueur si familière qu'il avait tout de suite reconnue dans on regard et qui l'intriguait encore tellement aujourd'hui... Mais quoi qu'il en soit, le comportement qu'elle décrivait était ignoble et inacceptable, et le jeune homme ne souhaitait absolument pas être associé à ce genre d'agissement. « Vous me croirez si vous voulez, et je suis presque sûr que vous ne me croirez pas, mais je peux vous assurer que je ne suis pas adepte de ce genre de gamineries. » déclara Edward, soucieux de gagner la confiance d'Helga même s'il était conscient d'être encore très loin du compte. Les autres avaient peut-être leurs raisons d'agir ainsi, mais le restaurateur avait la curieuse certitude qu'il se placerait toujours du côté d'Helga, quelles que soient les choses qui lui étaient reprochées. C'était idiot, et comme elle l'avait légitimement précisé quelques instants plus tôt, il  ne la connaissait pas. Pourtant, quelque chose lui disait qu'ils pourraient se comprendre un jour, quel que soit le temps que cela prendrait. « Oui... oui, je vois. » répondit-il, concevant effectivement que la jeune femme puisse se méfier de n'importe quel nouvel arrivant dans l'équipe du musée. Un peu décontenancé par ces aveux, Edward se retourna finalement vers les statues qu'il était censé étudier en tentant de se remettre au travail. Mais cette fois, il lui était impossible de ne pas cogiter sur tout ce qu'il venait d'apprendre. Et après un énième silence, le jeune homme reprit sans broncher : « Je sais que ça vous ennuie d'être ici avec moi... Et je vous agace certainement avec mes questions. Mais... j'vous trouve pas étrange. Pas comme vous semblez l'entendre en tous cas. Et même si vous pouvez paraître hostile, je suis sûr qu'au fond vous feriez une excellente collègue de travail. » déblatéra-t-il en accélérant la cadence, écumant les quelques statues qu'il lui restait encore à examiner de son côté. Puis, revenant à des considérations plus professionnelles pour respecter la volonté de sa collègue, Edward la rejoignit en questionnant : « Qu'est-ce que vous avez de votre côté ? » tout en jetant un coup d'œil aux notes de la jeune femme par-dessus son épaule, et en esquissant un sourire en coin lorsque son regard s'arrêta sur le rond approximatif qu'elle avait gribouillé en lui parlant.

   
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