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It is said that late night conversations make you learn a lot about people. (Edward)

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hello darkness, my old friend, i've come to talk with you again.

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() message posté Mar 18 Juil - 21:19 par Helga S. Lindholm
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.

Il y a des jours comme ça où je déteste mon travail. La journée a pourtant bien commencé ; je me suis levée sur les coups de sept heures, de pas trop mauvaise humeur en plus. J'ai bu un long café dans ma tasse préférée, celle avec des roses peintes sur une porcelaine blanche. J'ai fumé ma première cigarette de la journée, et puis j'ai pris une longue douche. La journée s'annonçait ensoleillée, alors j'ai enfilé une robe noire à manche courte, avec des détails de dentelle blanche partant du haut de mon cou jusqu'au dessus de ma poitrine. Et j'ai plongé mes pieds dans une de mes paires de talon ouvertes fétiches, laissant entrevoir le bout de mes cuticules. Je suis partie à l'heure de chez moi, les mains pleines de dossiers, mon sac à main accroché à mon épaule droite et mes cheveux relevés dans un chignon sophistiqué. J'ai pris le métro comme tous les matins, et un jeune homme a insisté pour que je prenne sa place dans le wagon. J'ai alors pu lire tranquillement le journal local, comme tous les matins, pour me tenir au courant des dernières nouvelles. Le soleil a caressé ma peau de la sortie du métro jusqu'à mon lieu de travail, m'offrant un réconfort qui ne se refuse pas. Oui, la journée s'annonçait bien, et je suis presque arrivée au musée avec le sourire. Et puis je suis arrivée à mon bureau, et un mot m'attendait patiemment derrière la porte. J'ai ouvert l'enveloppe tout en déposant mes dossiers sur l'une des tables. Ce qu'il était écrit m'a automatiquement fait froncer les sourcils. D'un pas déterminé, laissant la pièce en plan sans prendre la peine de la refermer, je me suis dirigée vers le bureau de mon supérieur, le conservateur général du musée. C'est lui le chef ici. J'ai frappé à sa porte, toujours le papier dans la main, et une fois que la permission d'entrée me fut accordé, j'ai agité la feuille, la mine fermée, le regard noir. « Je dois passer la nuit à travailler avec l'un des restaurateurs ? » Dites moi que c'est une blague, par pitié, une blague de très mauvais goût, il faut que ça en soit une, ai-je pensé tout en fixant droite comme un piquet mon supérieur. Il était assis confortablement sur son fauteuil en cuir, une cigarette au bec. Il s'est tourné vers moi, un sourire carnassier sur le visage. « Bonjour Mademoiselle Lindholm. » Il n'a pas répondu à ma question, et m'a regardé comme si je ne méritais pas vraiment de réponse. Je déteste cet homme ; je le méprise, il est dégoutant, arrogant, manipulateur. Mais c'est mon chef, et par dessus tout, je ne peux m'empêcher de l'admirer ; il possède le poste que je convoite. « Avec tout le respect que je vous dois Monsieur, est-ce que c'est une blague ? Je travaille déjà toute la journée aujourd'hui, et ce n'est pas de mon ressort de traiter seule avec l'un de vos restaurateurs ! » Je me suis emportée, haussant un peu le ton, et mes sourcils se sont froncés autant qu'ils l'ont pu. « Helga, j'ai conscience que vous n'êtes « que » conservatrice de patrimoine, mais je sais également que vous avez des ambitions. Voyez ça comme une première mise à l'épreuve, d'accord ? Et puis avec la saison estivale il y a bien trop de travail pour trop peu de personnel. » Il a marqué une pause, se levant de son fauteuil et se postant devant moi. Et puis il a posé ses deux grosses mains rugueuses sur mes épaules frêles, et son regard gris dans mes yeux azurs. « Je sais que vous en êtes capable. » Il a jeté la cigarette dans sa poubelle après l'avoir écrasé sur son bureau. « Et puis vous verrez, Edward est un charmant garçon. Vous allez bien vous amuser. » Il a tourné les talons et s'est de nouveau assis dans son fauteuil, s'appuyant de tout son poids contre le dossier. « Mais attention, pas de bêtise hein ? » S'est-il empressé de rajouter, haussant un sourcil d'un air évocateur. « Töykeä henkilö. » ai-je murmuré tout en claquant la porte de son bureau. Grossier personnage.

☆☆☆

C'est ainsi que je me retrouve à dix-neuf heures, encore au British Museum. Je suis dans mon bureau, terminant de relire l'un de mes nombreux dossiers. Je regarde la montre accrochée à mon poignet droit, et soupire. Et c'est un instant plus tard, avec nonchalance que je sors de mon bureau, une pochette remplie de feuille et un stylo fixé sur la devanture dans les mains, me dirigeant vers l'exposition traitant de la Grèce Antique. L'idée de passer la nuit à passer au crible des statues et des jars ne m'enthousiaste gère ; d'autant plus que je dois le faire avec ce restaurateur, Edward O'Sullivan. Je n'ai rien en particulier contre lui en vérité, il a l'air d'être quelqu'un de tout à fait respectable. Mais par automatisme, je ne m'entend avec aucun de mes collègues. Il n'y a que Breena à ce jour que j'apprécie, et encore, mon affection est intérieure, cachée au plus profond de moi. Je ne veux pas mélanger mon travail avec ma vie privée, tout simplement car ma vie privée est un véritable chaos à ce jour. Mon travail, c'est la dernière chose qui me sert de pilier dans ce monde pour que je ne m'écroule pas. J'ai besoin de ce job, et je ne veux donc pas tout mélanger, de peur de tout perdre. Et de toute façon, la plupart des mes collègues sont particulièrement détestables et imbus d'eux-même. Alors ça ne donne pas vraiment envie de les connaître d'avantage, ou d'essayer de me faire apprécier d'eux ; ça fait bien longtemps que j'ai abandonné l'idée de me faire apprécier des autres. De toute façon, à quoi ça sert ? Certains ne me tolèrent qu'à peine parce que je suis une femme, parfois même leur supérieure. Tandis que d'autre s'amusent à proliférer des rumeurs ridicules sur moi. C'est le risque quand on ne parle à personne de ses malheurs. Mais ça ne regarde que moi, et de toute façon, personne ne pourrait comprendre ce que ça fait de tout perdre. J'ai déjà parlé à Edward une ou deux fois, enfin, c'est plutôt lui qui m'a parlé ; je me suis contentée de marmonner dans ma barbe en finnois, ma langue maternelle. Papoter avec lui, ça ne m'intéresse pas. C'est un collègue comme un autre, et peu importe les raisons qui le poussent à vouloir engager la conversation avec moi. Il n'en tirera pas plus que les autres qui se sont risqués à vouloir me connaître. Personne n'a envie de me connaître ; ma vie n'a rien de trépidant, d'amusant, de fascinant. Je ne suis qu'une femme qui a perdu son fils unique, divorcé avec son mari, et qui voit un psychologue pour se sortir d'une dépression vieille de sept ans. Rien d'amusant, j'avais prévenu.

Une fois arrivée dans la première salle dédiée à l'exposition de la Grèce Antique qui se situe au rez de chaussée du Musée, je me dirige directement vers Edward que j’aperçois un peu plus loin. Je le rejoins d'un pas déterminé, ne lui offrant qu'un regard froid et distant en guise de salutations. « Vous êtes déjà là, bien. » Le ton employé est presque surpris, étonnée qu'il soit arrivé avant moi. J'ouvre ma pochette cartonnée et en sort une feuille que je pose par dessus. « Je ne vais pas vous cacher que plus vite on ira, plus vite je pourrais rentrer chez moi et dormir, alors si on pouvait s'activer... » Je fais quelques pas vers une première statue grecque, dont j'annote le nom sur un coin de ma feuille. « Vous avez commencé à regarder s'il y avait des pièces à restaurer ou vous n'avez encore rien fais ? » Ai-je demandé d'un ton mi-interrogateur, mi-accusateur, ma voix aux accents nordiques raisonnant dans la salle vide. Je ne vais pas cacher mon mécontentement de me retrouver à travailler de nuit avec lui, même si je sais qu'au fond ce n'est pas de sa faute ; en vérité, ce n'est pas le fait de travailler en particulier avec lui qui m'insupporte, mais bien de faire des heures supplémentaires de nuit, alors que je pourrais me prélasser devant un vieux film dans mon canapé en cuir. Mais peu importe, Edward est la seule personne sur qui je peux me défouler sur le moment, pauvre de lui.


☆☆☆ Beerus
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() message posté Lun 24 Juil - 22:53 par Edward O'Sullivan
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Helga & Edward

   
Cela ne faisait que quelques semaines qu'Edward avait prit son poste au British Museum et pourtant, il se sentait déjà à son aise. Un peu comme s'il avait travaillé ici depuis toujours, le jeune homme semblait connaître par cœur les moindres recoins, les moindres œuvres qui peuplaient chacune des salles du musée et tous les secrets de chaque exposition. Mais au fond, le conservateur n'avait aucun mérite puisque bien plus que son lieu de travail, le musée représentait l'expression de sa plus grande passion. Il n'était d'ailleurs pas rare de le voir déambuler dans les allées du bâtiment en dehors de ses horaires normaux, se mêlant parfois au flux des visiteurs qui se pressaient et dont il avait longtemps fait partie durant son enfance. En effet, Ed avait l'impression de connaître cet endroit depuis toujours tant il l'avait fréquenté bien des années plus tôt, principalement en compagnie de son grand-père. Et à présent, il savourait le fait de pouvoir travailler dans ce lieu qui l'avait tant fait rêvé. Soucieux de ne pas faire de vagues pour éviter que son passé tumultueux vienne à ressurgir, le jeune homme se contentait avec une grande satisfaction de suivre les instructions de ses supérieurs et de restaurer chacune des pièces qui lui étaient confiées avec le plus grand soin. Mais ce soir, c'était une mission un peu particulière à laquelle il avait été assigné. Sa journée de travail s'achevait et pourtant Edward ne s'apprêtait pas à rentrer chez lui, bien au contraire. Pour lui, une seconde journée démarrait et pour une fois, il ne se contenterait pas d'errer à travers les allées du musée avec son regard d'enfant et son air rêveur collé au visage. Non, cette fois, c'était bien son travail qui se poursuivait d'une manière un peu particulière et surtout, en bonne compagnie. Lui qui avait pour habitude de travailler seul sur chacune des œuvres qu'il traitait se trouvait ravi de pouvoir partager un moment avec une collègue... et quelle collègue ! Helga Lindholm, cette femme qui l'intriguait tant et qu'il n'était pourtant pas encore parvenu à approcher malgré ses quelques tentatives. Alors, presque inconsciemment, Edward s'était réjoui de passer la soirée en compagnie de la belle brune, espérant pouvoir enfin percer le mystère qui l'entourait et apprendre à la connaître sans se heurter à ces quelques mots presque grognés dont il devait se contenter jusqu'à présent.

L'heure à laquelle il était censé retrouver Helga approchant à grand pas, Ed avait été incapable de contenir son empressement et ce fut donc avec quelques minutes d'avance qu'il fit irruption au beau milieu de la salle dédiée à la Grèce Antique. Très vite, il fut bien évidemment happé par les œuvres environnantes et seul le bruit des talons de la jeune femme sur le sol vinrent le ramener à la réalité. A peine arrivée, la brune planta le décor de manière glaciale, ce qui ne suffit pourtant pas à décourager Edward. Au contraire, il ne fut même pas surpris de recevoir un tel accueil, préférant même esquisser un léger sourire en entendant Helga évoquer le moment tant attendu où elle pourrait quitter cet endroit et aller se coucher. « Je viens tout juste d'arriver, je n'ai pas encore regardé tout ça en détail. » répondit Edward à la question presque provocatrice de sa collègue, esquissant un petit mensonge au passage puisqu'il connaissait presque parfaitement la plupart des pièces qui les entourait. « Mais je n'ai pas rien fait ! » poursuivit-il en reprenant les mots d'Helga et en filant fouiller dans le sac qu'il avait déposé dans un coin de la pièce. Quelques instants plus tard, et même s'il se doutait qu'il risquait de s'attirer les foudres d'Helga, le jeune homme dégaina la bouteille isotherme qui ne le quittait jamais et servit une dose de café chaud dans les deux tasses qui l'accompagnaient. Sans attendre, il en tendit une en direction de la jeune femme et pour couper court à toute tentative de protestation, enchaina : « On aura bien besoin de ça, c'est un préalable obligatoire pour être plus efficaces... » Après tout, plus aucun visiteur ne traînait dans les parages et même si les gardiens avaient un œil sur l'ensemble du musée, rien ne les empêchait de transigeait avec quelques règles. Entamant son propre café avec enthousiasme, Ed reporta rapidement son attention sur sa voisine et le plus naturellement du monde, questionna : « Ca vous arrive souvent de travailler en soirée ici ? Non pas que je m'en plaigne, au contraire, c'est plutôt sympa d'avoir tout ça pour nous ! »

   
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() message posté Jeu 3 Aoû - 14:37 par Helga S. Lindholm
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Le sourire en coin d'Edward a le don de m'agacer intérieurement, mais je tente extérieurement de rester de marbre. Peut-être a-t-il conscience que cette situation est loin de me plaire et que cela l'amuse. En tout cas, c'est ce qu'il transparait, tandis que de mon côté, c'est avec une détermination sans égal que je sors une feuille de ma pochette cartonnée et y annote une première statue. « Statue d'Aphrodite, deuxième siècle après Jésus Christ. » Le restaurateur quant à lui, n'a pas l'air d'avoir hâte de se mettre au travail, contrairement à moi. Il me répond, toujours un sourire sur les lèvres, entre l'espièglerie et l'amusement. « Je viens tout juste d'arriver, je n'ai pas encore regardé tout ça en détail. » Évidemment, ça aurait été trop beau qu'il soit là depuis des heures et qu'il ait pris la liberté de faire l'inventaire des pièces de cette galerie tout seul, nous faisant ainsi gagner un temps précieux. Je ne peux pas m'empêcher de lever les yeux au ciel, prise d'une lassitude que je ne tente même plus de cacher. Je veux rentrer chez moi. Un soupire d'agacement s’extirpe entre mes lèvres, et je tourne les talons, me retrouvant dos à Edward. Je tente de me concentrer sur cette première statue, fronçant les sourcils et tentant de faire abstraction de cette migraine qui commence tout juste à se loger dans le creux de ma tête. « Mais je n'ai pas rien fait ! » Les mots de mon camarade raisonne dans la pièce avec un enthousiasme que je ne partage évidemment pas. Que veut-il dire par là ? Le restaurateur m'intrigue et je me tourne à nouveau dans sa direction, le regardant rejoindre ses effets personnels. Cela semble trop beau qu'il ait travaillé par avance sur notre tâche à accomplir cette nuit, et c'est pour ça que je le regarde faire, dubitative, tout en croisant les bras, plaquant ainsi ma pochette cartonnée contre mon flan droit. Finalement, Edward sort un bouteille isotherme et deux tasses qu'il pose sur le bas-côté pour les remplir. La bouteille à peine décapsulée, l'odeur du café chaud chatouille presque immédiatement mes narines, et mes sourcils se froncent d'avantage. Se moque-t-il de moi, est-ce que tout cela n'est qu'un jeu pour lui ? Je m'approche de lui dangereusement en quelques enjambées, furieuse. « Non mais vous vous croyez où Edward ? Au Starbuck peut-être ? » Ma question est bien évidemment sarcastique, balancée dans un aboiement mécontent, alors que je le regarde avec de grands yeux inquisiteurs. Mon collègue ne se démonte pour autant pas, et sert tranquillement son café bien chaud dans les tasses ; ce qui m'agace d'autant plus, je ne peux le nier. Je sens que la nuit va être longue si on commence comme ça. Je continue de l'observer, désarmée de constater son calme face à la situation. « On aura bien besoin de ça, c'est un préalable obligatoire pour être plus efficaces... » Je ne peux contester le fait qu'un long café bien chaud, ça ne serait pas de refus à ce moment-là de la journée, et surtout en vue du programme de la soirée. Edward a raison, bien évidemment c'est incontestable. Mais je trouve cela exagéré que l'on campe lui et moi dans la galerie pour se délecter d'un café. Ce n'est pas un salon de thé ou la cuisine de son appartement, c'est une pièce renfermant parfois des objets datant de dix-neuf siècles. On ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi. Et si le conservateur en chef regardait les caméras demain et qu'il voyait cette scène sur l'écran ? Il me passerait un savon à coup sûr. Sans parler des gardiens qui pourraient arriver à tout moment pour voir si nous ne sommes pas en train de dévaliser le musée. Ils ne seraient alors pas déçus de la scène.

Edward me tend une des deux tasses avec insistance, et je reste un instant à réfléchir avant de déposer ma pochette cartonnée sur la table collée contre un des murs, et d'empoigner le récipient d'un geste sec. J'expire un petit « Hmm. Merci. » dubitatif tout en lui lançant un regard noir. Je m'éloigne un peu de lui, de quelques pas. Je pourrais toujours l'accuser si jamais quelqu'un apprenait ce qu'il se passe à ce moment précis. Je tiens le café entre mes deux mains, me délectant de la chaleur et de l'odeur qui s'en dégagent. Je ne peux le nier, le restaurateur marque un bon point, et il attire à présent toute mon attention. J'avoue ne m'être jamais intéressé à lui avant ce soir, les méninges bien souvent trop encombrés par mon travail ou par la tristesse qui s'est emparée de moi il y a maintenant sept ans. Même lorsqu'il m'a adressé la parole auparavant, je n'ai jamais pris le temps de l'observer, de le passer au peigne fin dans mon esprit. Edward est un collègue comme les autres, bien qu'il soit agréable à regarder cependant. De grands yeux bleus, une barbe négligée parsemé de poils grisonnants, c'est un homme charmant comme il en existe beaucoup à Londres ; bien que celui-là semble être attiré par les transgressions de règle et l'espièglerie. Mon camarade semble bien trop heureux d'avoir réussi son coup, buvant tranquillement son café un sourire aux lèvres tandis que je continue de l'observer un moment du coin de l'oeil. Il a une carrure bien proportionnée, un beau grain de peau légèrement bronzé ; j'en déduis qu'il n'a pas toujours vécu à Londres, et une bouche charnue, que j'imagine, beaucoup rêverait d'embrasser. Est-ce que je devrais me méfier de lui ? Je me méfie toujours des autres, et particulièrement des collègues de travail. Qui sait quelle idée farfelue pourrait lui traverser l'esprit en ce moment. Mais peut-être que je me fais trop film, peut-être souhaite-il juste être amical avec moi en m'offrant un café. Mais on est jamais sûr de rien, surtout avec les hommes. « Ca vous arrive souvent de travailler en soirée ici ? Non pas que je m'en plaigne, au contraire, c'est plutôt sympa d'avoir tout ça pour nous ! » Edward me sort soudainement de mes pensées en me posant cette question, et je détourne le regard, fronçant une nouvelle fois les sourcils. J'apporte à mes lèvres ma tasse de café et en boit plusieurs gorgées avant de reposer le récipient sur la table. J'appuie mon dos contre cette dernière, posant mes mains fermement sur la planche du dessus. « Non, c'est la première fois en pratiquement dix ans. » Je marque une petite pause, apportant une nouvelle fois ma tasse de café à mes lèvres. « Monsieur Franklin m'a dit qu'en ce moment, le musée manquait de personnel pour tout le travail qu'il implique. Mais je le soupçonne d'avantage d'être un gros sadique, ou de vouloir nous tuer par l'épuisement. » Ai-je ajouté sur le ton de la provocation et du sarcasme, offrant à Edward un regard complice. « Mais si je n'étais pas là depuis neuf heures ce matin, je serais probablement d'accord avec vous. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir cet endroit de nuit, sans aucun visiteur aux alentours. J'ai l'impression d'être dans « La nuit au musée », pas vous ? » Ai-je demandé en regardant Edward. Après quoi, je bois les dernières gorgées de ma tasse de café, que je repose, l'abandonnant sur la table avant de récupérer ma pochette cartonnée. « J'espère juste que ces statues ne vont pas se mettre à bouger tout à coup comme dans le film. » Ai-je murmuré un peu trop fort tout en jetant un regard vers les statues grecques en face de nous. Je me rend tout à coup compte que je me mets à déblatérer comme une vraie pipelette, racontant des inepties dû à mon imagination trop débordante, et peut-être à cause de la fatigue aussi. Je fronce une nouvelle fois les sourcils, et prend un air beaucoup plus froid et distant. « Bon, et si on se mettait au travail maintenant ? »


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() message posté Sam 5 Aoû - 17:14 par Edward O'Sullivan
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Edward savait bien que son comportement pouvait paraître un peu décalé, et il se doutait aussi qu'il risquait à tout moment de s'attirer les foudres de sa collègues, mais cela ne l'empêchait néanmoins pas d'agir comme bon lui semblait. Comme souvent, il avait envie d'un bon café et savait aussi que celui-ci leur permettrait d'aborder cette soirée de travail avec plus d'énergie, et donc plus d'efficacité. Et pour ce qui était de l'interdiction de faire entrer ce genre de victuailles dans une salle contenant autant d'œuvres précieuses, Ed comptait sur la compréhension des gardiens. Après tout, Helga et lui travaillaient ici et leur passion commune les obligeait à rester extrêmement prudents, même lorsqu'Edward décidait de leur faire transgresser quelques règles. Au pire, si l'un des gardiens venait à leur chercher des noises, le jeune homme pourrait toujours l'amadouer en lui offrant également un café, ce qui à ses yeux ne se refusait clairement pas. Mais avant même qu'un gardien ne vienne s'opposer à lui, Edward devait commencer par dompter sa collègue qui s'offusqua bien évidemment de le voir déballer ses petites affaires au beau milieu de la galerie. Et alors qu'elle l'accusait de se croire au Starbucks, le restaurateur ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire, sans pour autant interrompre son service. Imperturbable, il finit par tendre l'une de ses tasses à Helga en scrutant sa réaction avec une certaine curiosité, s'amusant de la voir hésiter et peser le pour et le contre avant de se saisir de son dû. Une fois de plus, et même alors qu'elle le remerciait, le ton de la jeune femme était sévère et ses gestes secs, en opposition avec la délectation qu'elle sembla montrer en enveloppant sa tasse de café avec ses mains. Satisfait d'avoir finalement fait mouche, Edward entama à son tour son breuvage non sans remarquer les regards que sa collègue posait à présent sur lui.

Soucieux de ne pas laisser un trop grand silence s'imposer, Ed enchaina rapidement en tâchant d'instaurer un échange cordial avec Helga, qui sembla d'ailleurs répondre favorablement à ses attentes. Bien sûr, les questions du restaurateur furent tout d'abord accueillies avec un froncement de sourcil, mais la jeune femme finit tout de même par y répondre d'un ton un peu plus posé. Mieux, elle ironisa même sur leur situation en adressant du même coup un regard complice à son voisin, qui l'accueillit avec la plus grande satisfaction ainsi qu'un large sourire. Visiblement, Helga ne portait pas Monsieur Franklin dans son cœur et même s'il n'avait pas été embauché depuis très longtemps, Edward sentait qu'il pourrait partager cet avis très prochainement. Soudainement inarrêtable, la conservatrice relança même la conversation en évoquant la ressemblance avec le film "La nuit au musée", ce qui surprit totalement son interlocuteur mais suffit à le ravir une nouvelle fois. « Complètement ! » lança-t-il avec enthousiasme alors qu'Helga semblait déjà vouloir se reconcentrer sur son travail, laissant tout de même échapper un « J'espère juste que ces statues ne vont pas se mettre à bouger tout à coup comme dans le film. »  à peine audible. Captant tout de même sa réflexion, Edward réprima un petit rire en songeant que contrairement à elle, il adorerait se retrouver au beau milieu d'une des scènes de ce film. Mais avant qu'il n'ait pu répondre quoi que ce soit, sa voisine exprima le souhait de se remettre au travail. Terminant alors les dernières gorgées de sa tasse de café, Ed fouilla de nouveau dans son sac pour en sortir un crayon et un carnet parsemé de croquis et autres gribouillis qui lui donnaient l'allure d'un cahier d'étudiant. Et après être venu se poster aux côtés de sa collègues, il y griffonna ses premières notes de la soirée. Même si le jeune homme avait eu l'impression de parvenir à détendre un peu l'atmosphère quelques instants plus tôt, Helga avait à présent retrouvé toute sa froideur et cette espèce de méfiance qui semblait la caractériser. En somme, tout ce qui avait intrigué Edward dès le premier jour où il avait croisé son chemin. Mais alors qu'il s'approchait de la première statue et en scrutait les moindres détails, le jeune homme décida de poursuivre sur sa lancée en reprenant : « Alors vous travaillez ici depuis dix ans... » début-t-il avec une pointe d'admiration dans la voix. « C'est une chance, vous devez connaître tous les recoins du musée ! C'était aussi mon cas il y a quelques années, mais beaucoup de choses ont changé depuis... » observa Edward, en se remémorant les heures entières qu'il avait passées en ces lieux, seul ou accompagné par son grand-père, à la recherche du détail qui lui aurait échappé lors de sa visite précédente. Tout en discutant, le restaurateur scrutait de son regard passionné chaque recoin de la statue, annotant ça et là quelques éléments dans son carnet abîmé par le temps et les ratures. Puis, l'air de rien et sans détacher ses yeux de l'œuvre qu'il étudiait, Edward reprit innocemment : « Et sinon, c'est une habitude de se vouvoyer entre collègues ? Non parce que... je suis plutôt partisan du "tu". Et puis maintenant qu'on a partagé un café... » ajouta-t-il en tentant de rester le plus sérieux possible alors que son œil, lui, traduisait tout son amusement.

   
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J'ai dû mal à comprendre quelles sont les réelles intentions de mon collègue de travail. Il est là, un sourire fichtrement parfait aux lèvres. Pire encore, il se montre ridiculement avenant avec son café tout prêt. Alors que moi je n'ai qu'une envie : partir d'ici, rentrer chez moi et rejoindre la douceur de mes draps. Mais pas Edward. Lui, il a l'air d'être heureux de se trouver ici. Sa joie de vivre est contagieuse, dissipant presque ma mauvaise humeur. Presque, oui. Avant qu'un sourire ne s'échappe de mes lèvres, je me reprends instinctivement. Je fronce les sourcils, et je demande à ce qu'on commence à travailler. Pas d'attaches, jamais. Surtout pas avec les collègues. Le peuple ne doit jamais voir la reine de glace fondre à vue d'oeil, c'est la règle. Certains savent ce qui se cache sous cette carapace. C'est comme la partie immergée d'un iceberg ; et il n'y a pas besoin de gratter beaucoup pour comprendre ce qui m'anime. La souffrance, la perte, ce trou béant dans mon cœur qu'aucune personne ne peut combler. Ni les mots rassurants d'Ethan, et pas même les gestes tendres de Jude. Parfois durant de bref moment j'oublie, et je souris, rigole de bon cœur ; Mais dès que je me retrouve dans le silence de la nuit, ma conscience reprend toujours le dessus. Elle me rappelle que je suis seule, tourmentée par la mort de mon unique fils, divorcée d'un homme qui m'a déchiré le cœur. Et c'est comme si je n'avançais plus à présent, que ma vie privée s'était arrêtée il y a de ça sept ans ; l'année où j'ai sombré. Il y a bien eu quelques histoires : Indianna, Violet entre autre. Mais rien qui puisse raviver la flamme, rien qui puisse ramener la Helga d'avant. Mais tout cela est gardé bien au chaud sous une couche de glace impénétrable pour le plus grand nombre. Edward n'est pas autorisé à savoir qui je suis réellement. Je me méfie de lui encore plus des autres. Malgré sa sympathie évidente, je me dis que quelque chose cloche forcément. Qui me dit qu'il ne cherche pas à en savoir plus sur moi pour ensuite le raconter à tous nos autres collègues? Je suis déjà assez sujette aux rumeurs en tout genre comme ça, pas besoin d'en rajouter d'avantage.

Alors on commence à travailler, dans le silence le plus total, après avoir soufflé d'un ton strict « Vous n'avez qu'à commencer par les statues de droite, et je ferais celles de gauche. » qui ne laisse pas la place au débat. Et puis j'ai rejoins mon propre côté. J'ai conscience d'avoir mis un grand froid dans la pièce, mais si je devais me sentir mal pour toutes les fois où c'est déjà arrivé je n'en finirais plus. Du coin de l'oeil je vois Edward s'approcher des statues. De mon côté, j'annote les premiers détails qui me viennent à l'esprit en observant la fameuse statuette d'Aphrodite. Dans un calme presque oppressant -je me demande à ce moment-là s'il ne vaudrait pas mieux que je réengage la conversation car après tout nous devons nous concerter puisqu'il s'agit d'un travail de groupe-, j'entends distinctement le crissement du crayon de mon collègue sur son vieux cahier, et je ne peux m'empêcher de jeter un regard par dessus mon épaule pour l'observer plus attentivement. De là où je suis, son carnet ressemble d'avantage à celui d'un aventurier de type Indianna Jones qu'à un cahier de restaurateur d'oeuvre d'art. Les feuilles sont jaunies et des schémas débordes de tous les côtés. Edward fronce légèrement les sourcils, abordant une mine très sérieuse alors qu'il regarde attentivement l'une des statues devant lui avant de se replonger dans son carnet. Je n'ose rien dire, par crainte de le déranger. Et aussi parce que si on interrompt nos travaux toutes les deux minutes, nous ne sortirons pas d'ici avant le lever du jour. Et ça, ce n'est décidément pas dans mes plans. Alors je continue moi aussi de travailler, me forçant à ne plus regarder mon collègue de travail pour éviter toute dissipation. Mais cela ne dure finalement pas longtemps. « Alors vous travaillez ici depuis dix ans... » Commence à dire Edward. Sa voix grave raisonne dans la large pièce essentiellement vide. Je lève les yeux au ciel, dérangée par sa nouvelle intervention. N'arrête-t-il donc jamais de parler ? Comment veut-il qu'on avance s'il fait ça tout le long ? Je remarque cependant que l'information n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. « C'est une chance, vous devez connaître tous les recoins du musée ! C'était aussi mon cas il y a quelques années, mais beaucoup de choses ont changé depuis... » Continue-t-il alors que jusqu'ici je faisais mine de ne pas l'entendre. Je me tourne vers lui un instant, l'étudiant sans pour autant répondre directement. Il est là, observant la salle, et son regard s'imbibe soudainement d'une lueur nostalgique. Je ne comprends pas bien où il veut en venir cependant. Peut-être a-t-il déjà travaillé ici, ou simplement était-il un visiteur régulier du musée autrefois. « Je connais assez bien les lieux oui. Il m'arrive parfois de jouer les guides lorsque certains manquent à l'appel. Mais il paraît que je ne suis pas très bonne à ça. « Pas très agréable » est le terme qui revient le plus souvent à la fin de mes visites guidées, et ni vous ni moi ne pourrons dire le contraire là dessus. » Ai-je finalement répondu dans un haussement d'épaule, la tête penchée vers ma pochette cartonnée. Je fais mine d'annoter des informations sur la statue devant moi en même temps. Mais en réalité, j'ai dessiné un rond sur le coin de ma feuille, que j'ai retracé de plusieurs coups de crayon.

Le silence finit par retrouver sa place dans la pièce un court instant. Je passe de statue en statue, annotant chaque nom et chaque détail qui me parait important pour déterminer si oui ou non, chacune d'entre elles doit aller faire un tour en restauration. Je pense que cette fois, Edward n'ouvrira plus la bouche, du moins jusqu'à ce qu'on ait fait le tour des statues présentes dans la grande salle. Peut-être l'ai-je dissuadé de parler en insinuant que j'ai conscience d'être désagréable la plupart du temps, mais que je ne compte pas y remédier pour autant. Finalement, l'homme aux cheveux châtains ne se démonte pas et reprend une nouvelle fois la parole. « Et sinon, c'est une habitude de se vouvoyer entre collègues ? Non parce que... je suis plutôt partisan du "tu". Et puis maintenant qu'on a partagé un café... » Je le regarde, ses yeux joyeux trahissant l'amusement qui semble l'habiter. Je lève un sourcil, l'inspectant une nouvelle fois longuement, avant de détourner ma tête vers une nouvelle statue. « Nous avons peut-être partagé un café, mais nous ne nous connaissons pas plus qu'il y a une heure ou un mois. En dehors de votre nom et de votre métier je ne sais absolument rien de vous. Et je n'ai pas pour habitude de tutoyer des inconnus. » Je marque une pause, fronçant les sourcils, légèrement agacée par les propos d'Edward. Même si ce dernier ne se trouve qu'à deux ou trois mètres de moi, je le sens commencer à empiéter mon espace vital. Il veut que l'on se tutoie, et ensuite, quelle sera la prochaine étape ? Va-t-il me demander un câlin parce qu'il en est aussi partisan ? « Et pour ce qui est de votre question, oui, je vouvoie pratiquement tous mes collègues de travail.» Le ton employé est glacial et distant, trahissant mon agacement évident. C'est bien loin de la façon dont Edward s'adresse à moi. Un long silence s'en suit, et je me sens coupable de l'avoir remballé de cette manière. Le trentenaire ne semble pas bien méchant. En fait, c'est tout le contraire. Il s'est vraiment montré amical avec moi depuis le début. Pas seulement aujourd'hui, mais depuis son arrivée au British Museum en fait ; lorsque l'on se croise dans l'enceinte de notre lieu de travail, il m'adresse toujours un sourire et un bonjour bienveillant. Peut-être ne mérite-t-il pas tant de méfiance de ma part. Mais qu'est-ce qui me dit qu'il ne se joue pas de moi ? Dans le doute, j'adresse un regard sincère à mon interlocuteur. « Ne le prenez pas mal Edward. C'est juste que j'ai du mal à m'entendre avec les gens qui travaillent ici. J'adore mon métier, mais les autres ne sont pas toujours tendres avec moi... » Je marque une courte pause pour reprendre mon souffle, ne manquant pas de remarquer l'air interrogateur de mon collègue. « Et ça essentiellement parce qu'ils me trouvent étrange et que je suis hostile avec eux. Ils s'amusent à m'épier pour en savoir plus sur ma vie, et à raconter des rumeurs idiotes sur moi. Ce qui en soit ne m’atteins pas, c'est plus agaçant que blessant. Mais je pense que vous pouvez comprendre que du coup, j'ai de quoi me méfier de vous. » Ai-je conclu d'un ton serein, souhaitant expliquer calmement les choses à Edward. Peut-être qu'il ne sait rien de tout ça, ou peut-être fait-il partie de cette catégorie de collègue que je n'aime pas. Je ne suis pas du genre à faire des amalgames; Mais dans les deux cas, j'espère l'avoir définitivement dissuadé de vouloir faire ami-ami avec moi. Qu'il soit sincère ou manipulateur, Edward n'a pas envie d'entrer dans ma vie, c'est certain. Je me replonge finalement dans mes notes, me raclant la gorge. Je me sens gênée de m'être ouverte si facilement à cet homme, et il est difficile pour moi de reprendre le travail comme si de rien n'était à présent.


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() message posté Dim 20 Aoû - 23:05 par Edward O'Sullivan
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Helga & Edward

   
Même s'il avait cru entrevoir que sa collègue se détendait un peu, cette impression ne fut que de courte durée et la jeune femme ne tarda pas à reprendre les choses en main. Helga était clairement là pour faire ce qu'ils avaient à faire le plus rapidement possible, en communiquant le moins possible avec Edward, tout ça pour quitter les lieux dans les plus brefs délais. Mais le restaurateur, lui, avait une toute autre vision des choses. Quitte à devoir rester au musée en soirée, il comptait bien profiter un peu du calme des lieux et de cette ambiance si particulière qui s'en dégageait en l'absence des masses de visiteurs qui défilaient ici à longueur de journée. Et plus que tout, Edward entendait bien profiter de ce moment pour apprendre à connaître cette collègue si mystérieuse qui avait retenu toute son attention dès l'instant où il l'avait rencontrée. Pour l'heure, il se heurtait malheureusement à l'équivalent de ces statues qu'ils étaient en train d'examiner, mais le jeune homme savait se montrer têtu lorsque cela en valait la peine. Et sans trop savoir pourquoi, il avait la certitude qu'Helga en valait la peine. Alors, ignorant ses nombreux signes d'agacement, il poursuivait la conversation tout en griffonnant quelques notes sur son carnet. Edward apprit ainsi qu'il arrivait à Helga de jouer les guides à travers les allées du musée, bien que ces expériences ne soient visiblement pas très concluantes pour les visiteurs. Bizarrement, cette remarque fit sourire le jeune homme qui n'avait pas quitté sa collègue des yeux, observant distraitement ces dessins qu'elle semblait tracer sur ses papiers. Les visiteurs qualifiaient ses prestations de "pas très agréables" et pourtant, Ed ne put s'empêcher de songer qu'au contraire, le fait d'arpenter les allées du musée en sa compagnie devait être passionnant.

Après un bref silence, ne comptant décidément que sur lui-même pour entretenir un semblant de dialogue avec sa collègue, Ed relança la conversation en s'aventurant inconsciemment sur un terrain visiblement glissant. Pour lui, tutoyer ses collègues de travail était quelque chose de tout à fait normal, et sa question avait été des plus innocentes. Mais bien vite, il réalisa qu'il venait de commettre une erreur en touchant un point sensible. Retrouvant toute sa froideur habituelle, Helga le renvoya en effet dans ses foyers en précisant bien qu'il n'était qu'un inconnu pour elle et que, par conséquent, il ne devait pas compter sur elle pour le tutoyer. Un peu surpris sur le coup, le restaurateur ne se démonta pas pour autant et tout en haussant les épaules, répondit avec aplomb : « C'est faux, vous savez aussi que je suis accro au café et que je fais souvent ce dont j'ai envie quitte à outrepasser quelques règles... Et je peux même vous dire que je suis né à Londres il y a 36 ans, que j'ai fait mes études en Italie et que j'y ai travaillé pendant des années... » Se livrant un peu au passage, après tout c'était de bonne guerre, Edward espérait de nouveau détendre l'atmosphère mais ce fut en réalité l'inverse qui se produisit. Plus sèche que jamais, la jeune femme conclut qu'elle vouvoyait effectivement la majorité de ses collègues, anéantissant du même coup toute tentative de réplique d'Edward. Il l'agaçait clairement depuis qu'elle l'avait rejoint ici et même si son objectif de la soirée avait été de mieux la connaître, il ne souhaitait absolument pas se la mettre définitivement à dos. Commençant à se résigner, le restaurateur décida donc de se taire et se replongea immédiatement dans l'examen de la statue suivante. Mais après quelques instants d'un silence de plus en plus lourd, et contre toute attente, ce fut finalement Helga qui reprit la parole et débuta des explications qui intriguèrent son collègue. Edward se redressa lentement alors qu'il écoutait le discours de la jeune femme avec la plus grande des attentions, captant le regard étonnamment sincère qu'elle lui adressait. Et visiblement, l'incompréhension put se lire dans ses yeux puisqu'Helga ne tarda pas à poursuivre ses explications sans qu'il ne prenne la peine de les lui réclamer. Au fur et à mesure de l'avancement de son discours, les sourcils d'Edward se fronçaient alors qu'elle lui dépeignait un portrait peu engageant de leurs collègues respectifs. Visiblement, la conservatrice faisait l'objet d'un certain nombre de rumeurs et de la pression incessante des autres personnes qui travaillaient au musée, ce qui expliquait très clairement cette méfiance presque maladive qui était la sienne. « Quel intérêt...? » souffla le jeune homme, sans comprendre pourquoi elle faisait l'objet de tant d'acharnement. Peut-être était-ce un indice pour lui. Une raison qui pourrait expliquer cette lueur si familière qu'il avait tout de suite reconnue dans on regard et qui l'intriguait encore tellement aujourd'hui... Mais quoi qu'il en soit, le comportement qu'elle décrivait était ignoble et inacceptable, et le jeune homme ne souhaitait absolument pas être associé à ce genre d'agissement. « Vous me croirez si vous voulez, et je suis presque sûr que vous ne me croirez pas, mais je peux vous assurer que je ne suis pas adepte de ce genre de gamineries. » déclara Edward, soucieux de gagner la confiance d'Helga même s'il était conscient d'être encore très loin du compte. Les autres avaient peut-être leurs raisons d'agir ainsi, mais le restaurateur avait la curieuse certitude qu'il se placerait toujours du côté d'Helga, quelles que soient les choses qui lui étaient reprochées. C'était idiot, et comme elle l'avait légitimement précisé quelques instants plus tôt, il  ne la connaissait pas. Pourtant, quelque chose lui disait qu'ils pourraient se comprendre un jour, quel que soit le temps que cela prendrait. « Oui... oui, je vois. » répondit-il, concevant effectivement que la jeune femme puisse se méfier de n'importe quel nouvel arrivant dans l'équipe du musée. Un peu décontenancé par ces aveux, Edward se retourna finalement vers les statues qu'il était censé étudier en tentant de se remettre au travail. Mais cette fois, il lui était impossible de ne pas cogiter sur tout ce qu'il venait d'apprendre. Et après un énième silence, le jeune homme reprit sans broncher : « Je sais que ça vous ennuie d'être ici avec moi... Et je vous agace certainement avec mes questions. Mais... j'vous trouve pas étrange. Pas comme vous semblez l'entendre en tous cas. Et même si vous pouvez paraître hostile, je suis sûr qu'au fond vous feriez une excellente collègue de travail. » déblatéra-t-il en accélérant la cadence, écumant les quelques statues qu'il lui restait encore à examiner de son côté. Puis, revenant à des considérations plus professionnelles pour respecter la volonté de sa collègue, Edward la rejoignit en questionnant : « Qu'est-ce que vous avez de votre côté ? » tout en jetant un coup d'œil aux notes de la jeune femme par-dessus son épaule, et en esquissant un sourire en coin lorsque son regard s'arrêta sur le rond approximatif qu'elle avait gribouillé en lui parlant.

   
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() message posté Mar 7 Nov - 14:47 par Helga S. Lindholm
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À cet instant, l'ambiance est plus que tendue et contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est loin de me faire plaisir. La froideur et l'immensité de la salle aux briques épaisses et blanches ne m'ont jamais paru aussi évidente. Un courant d'air traverse la pièce et picote ma nuque, faisant dresser les poils qui s'y trouve. Toutes les statues semblent me suivre du regard. Je plante mes yeux clairs successivement dans les leurs, vides et inexpressifs. J'annote de nouvelles informations sur mon papier griffonné. J'ai l'impression que leur prunelle blanche me jugent, à moins que ce ne soit moi qui ne le fasse intérieurement. Y-aura-t-il un jour quelqu'un pour comprendre les raisons qui me pousse à agir ainsi ?

Quand Edward commence à se confier sur sa vie, j'apprends qu'il est né à Londres et a essentiellement travaillé en Italie. Sept ans plus tôt j'aurais réagis positivement à cette information. J'aurais demandé plus de détails, j'aurais insisté pour qu'il m'en dise d'avantage. Pourquoi l'Italie ? Dans quel école a-t-il fait ses études ? Je lui aurais probablement dis que j'ai visité Florence une fois, une seule, et que j'ai adoré cette ville. Je lui aurais raconté quelques anecdotes dont moi seule est le secret sur ce pays. Peut-être en aurait-il connu certaines. La conversation aurait duré un long moment, c'est certain. On aurait rapidement abandonné nos stylos, les feuilles de papier pour se concentrer sur ce futile échange. Malheureusement ça ne passe pas comme ça. Ces quelques mots passent à la trappe aussi rapidement qu'ils n'en sortent de la bouche du trentenaire puisque j'y coupe court, feintant l'indifférence. Le silence retrouve sa place, trônant lourdement autour de nous. Je sens mon estomac grogner et me rappelle soudainement que je n'ai rien avalé de consistant depuis ce midi. Je finis par reprendre la parole, je sens le besoin de me justifier. Peut-être qu'Edward est comme mes autres collègues, mais ne m'a-t-on jamais assez répété lorsque j'étais petite de ne pas juger avant de connaître ? Et quand bien même ce dernier aurait déjà entendu les rumeurs qui circulent à mon sujet, peut-être ne serait-il pas totalement imperméable à ma version de la situation. Alors je commence à lui expliquer calmement, échangeant un regard sincère avec mon interlocuteur. Et lui semble plutôt réceptif, alors je me sens tenter de continuer. L'incompréhension se lit sur son visage à mesure que les mots quittent la barrière de mes lèvres, ce qui me conforte dans l'idée de lui avoir parlé de tout cela. Étrangement, dire ces quelques paroles à voix haute semble me libérer d'un poids. J'ai souvent parlé de cette situation à Ethan, mon ami et psychologue. Mais jamais une personne travaillant au British Museum n'avait eu le droit à ce genre de discours. Je n'avais jamais jugé nécessaire de le faire, sûrement parce que j'ai pensé que ça ne servirait à rien. Peut-être qu'Edward est différent des autres. En tout cas, c'est ce qu'il essaye de me faire comprendre en me répondant d'un ton impliqué « Vous me croirez si vous voulez, et je suis presque sûr que vous ne me croirez pas, mais je peux vous assurer que je ne suis pas adepte de ce genre de gamineries. » J'aurais presque envie de le croire, de lui accorder une infime confiance, là, tout de suite. Son regard est sincère, ses yeux bleus plantés dans les miens ne tressaillent à aucun moment. Ce qui me déconcerte encore plus. Plus les minutes passent, et plus j'en apprend sur cet homme ; Mais je peux de moins en moins véritablement le cerner. S'il se joue de moi, on pourra lui décerner l'oscar du meilleur acteur ; parce que sa performance est vraiment convaincante.

Au final, ma méfiance commence doucement à se transformer en interrogation et en curiosité. Mon ventre continuer de crier famine, tandis qu'un sourire triste, pas le plus radieux que j'aurais pu offrir à cet homme, se plante sur la commissure de mes lèvres. « Ce n'est pas l'envie qui me manque. J'aimerais bien pouvoir croire qu'après tout ce temps, une personne entre ces murs soit enfin digne de confiance. Peut-être qu'avec le temps... » Ma dernière phrase s’extirpe dans un murmure. Comme une promesse, une espérance, une prière, qu'avec le temps, si Edward sait se montrer patient et bienveillant, les choses changeraient entre nous. J'espère à ce moment-là ne pas tomber de haut un jour, ,e pas regretter d'avoir placer trop d'espoir sur Edward. Pour l'instant je tente de modérer mes émotions, de doser les choses pour que ce ne soit pas trop précipité. Je ne veux pas que les points de sutures sautent, et que la blessure béante s'ouvre à nouveau.

Un nouveau silence s'installe, avant que le trentenaire ne reprenne la parole. « Je sais que ça vous ennuie d'être ici avec moi... Et je vous agace certainement avec mes questions. Mais... j'vous trouve pas étrange. Pas comme vous semblez l'entendre en tous cas. Et même si vous pouvez paraître hostile, je suis sûr qu'au fond vous feriez une excellente collègue de travail. » Sa voix raisonne dans la pièce, je tourne la tête vers lui. Il capte de nouveau mon attention, et presque inconsciemment, mon corps finit par se planter en face de lui, écoutant consciencieusement ses paroles. Il est fort, très fort. Mais plutôt que de lui laisser gagner cette manche, je hausse un sourcil, et tente contre toute attente et bien maladroitement de détendre l'atmosphère d'une voix ironique. « Et bien, je ne sais pas sur quoi vous vous basez pour affirmer que je pourrais être une excellente collègue de travail. À moins que pour vous, une bonne acolyte soit celle qui ait tout le temps l'air de s'être levée du mauvais pied. » Un sourire narquois se dessine sur mes lèvres, risette que j'efface très rapidement de mon visage pour aborder une mine beaucoup plus sérieuse. Je me remets à travailler tout aussi vite, bien que mon esprit divague rapidement et que je me remette à tracer des cercles sur ma feuille. Décidément, la concentration n'y est pas ce soir et je peux affirmer avec certitude que le trentenaire en est la cause direct. Si j'avais dû faire ce travail toute seule, je suis sûre que j'aurais été beaucoup plus efficace.

Quelques minutes plus tard à peine, Edward se dirige vers moi pour me demander ce que j'ai de mon côté. Il regarde ma feuille par dessus mon épaule par la même occasion, ce que je trouve assez inconvenant, surtout que ce dernier a franchi la barrière d'espace vital en se tenant plutôt près de moi. Mes yeux parcourent au même moment que les siens le petit cercle dessiné sur le côté de ma feuille. Je me racle la gorge et exécute un petit pas sur le côté, cherchant à m'éloigner de mon interlocuteur. Je croise furtivement le regard d'Edward puis finis par faire mine de m'intéresser à la statue plantée devant moi. « Rien de bien intéressant. À part quelques petites traces d'érosions dont on ne peut pas faire grande chose sur certaines statues, à première vue elles sont toutes en bonne état. Et vous ? » Je plonge mon regard dans le sien pour appuyer ma réponse, exprimant mon intérêt pour la courte question que je viens de lui poser. Au même moment, je sens mon estomac gargouiller une nouvelle fois. Laissant un temps pour répondre à Edward, mais beaucoup plus préoccupé par la faim qui commence à prendre une place considérable dans mon esprit, je finis par lui couper la parole, quitte à surprendre le trentenaire et paraître malpolie. « Dites, je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas mangé depuis ce midi alors je me disais... Ça vous dirait de faire une pause et d'aller à la cafétéria ? » Je me rends soudainement compte qu'un peu plus et on pourrait croire que je l'invite à dîner avec moi. Je rajoute un instant après, tentant de dissiper le malaise qui s'installe en moi à la suite de ma demande quelque peu farfelue. « Après tout, vous qui aimez tant transgresser les règles, j'imagine vous ne saurez probablement pas contre le fait de piquer un peu de nourriture là-bas. » Ai-je finis par dire, une pointe de malice dans la voix. Le musée étant fermé depuis plusieurs heures, il n'y aurait que les vigiles à éviter pour ne pas se faire prendre. En outre, ça ne devrait pas être trop compliqué.


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() message posté Mer 8 Nov - 22:42 par Edward O'Sullivan
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Plus le temps passait, et plus Edward avait l'impression de mettre sa collègue de travail en confiance. Bien sûr, elle dressait toujours des barrières infranchissables autour d'elle mais en quelques dizaines de minutes à peine, il l'avait déjà vue sous un autre jour. Bien loin de la femme qu'il croisait quotidiennement dans les coulisses du musée et qui lui adressait à peine un regard. Edward avait bien conscience de l'exaspérer et pourtant, il sentait aussi que quelque chose pouvait se débloquer malgré l'attitude d'Helga qui semblait se braquer et freiner des quatre fers à chaque fois qu'elle se laissait aller à baisser un peu sa garde. Et l'une des meilleures preuves de ce vent qui était probablement en train de tourner fut l'aveu de la jeune femme. Sans qu'Edward ne voit rien venir et surtout sans qu'il ne s'y attende, elle s'était confiée sur la vision que les équipes du musée avaient d'elle. Et bien évidemment, ceci expliquait en grande partie la méfiance dont elle faisait preuve à son égard, et à l'égard de quiconque pouvait s'approcher d'elle. Avec autant d'incompréhension que de sincérité, le jeune homme se saisit de l'occasion pour tenter de prouver à Helga qu'il ne partageait pas l'opinion de ses collègues. Et même s'il doutait sérieusement du fait qu'elle puisse le croire, la brune aurait au moins l'information et serait libre d'en faire ce qu'elle voulait. Contre toute attente, Helga sembla de nouveau s'ouvrir un peu à son interlocuteur et lui confia ses espoirs. D'ailleurs, ses derniers mots ne furent qu'un murmure qui fit relever les yeux d'Edward et les braquer dans ceux de la jeune femme. Cette promesse qui semblait transparaitre dans la tournure de son discours ne lui avait pas échappé et inconsciemment, le restaurateur lui adressa un petit sourire entendu. Sourire qui ne s'effaça que pour quelques instants, puisqu'il ne tarda pas à réapparaître lorsqu'Helga lança : « Et bien, je ne sais pas sur quoi vous vous basez pour affirmer que je pourrais être une excellente collègue de travail. À moins que pour vous, une bonne acolyte soit celle qui ait tout le temps l'air de s'être levée du mauvais pied. » Amusé par cette image qu'elle se donnait elle-même, Ed haussa légèrement les épaules en soufflant de manière presque inaudible : « Ca peut aussi avoir son charme... » Bien que narquois, le sourire qu'il avait aperçu sur le visage d'Helga avant qu'elle ne se remette au travail suffisait à le satisfaire pour le moment,  et ce fut donc d'un ton apaisé qu'il répondit : « Je ne sais pas sur quoi je me base. Sûrement une intuition. »

L'ambiance ne tarda pas à redevenir plus studieuse, l'heure tardive encourageant certainement les deux collègues à ne pas trop trainer pour avancer dans leur mission nocturne. Mais alors qu'Edward s'approchait de la conservatrice, un nouvel élément vint le distraire et le faire sourire une fois de plus. Elle avait dessiné sur son cahier des cercles approximatifs certainement synonymes d'une forme de nervosité. Et le petit pas de côté qu'elle esquissa pour s'éloigner du jeune homme témoigna d'ailleurs d'une certaine gène qui amusa Edward autant qu'elle l'attendrit. « Rien de particulier non plus. En tous cas rien qui ne nécessite une intervention pour le moment. » reprit finalement le jeune homme en retrouvant son sérieux et tout le professionnalisme dont il savait faire preuve lorsque les circonstances le nécessitaient. Mais cette fois, Edward ne fut pas le premier à se laisser distraire par un élément extérieur et à sa plus grande surprise, ce fut Helga qui changea de sujet en proposant : « Dites, je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas mangé depuis ce midi alors je me disais... Ça vous dirait de faire une pause et d'aller à la cafétéria ? » Ces mots semblaient tellement improbables dans la bouche de la brune qu'Edward mit un petit temps avant de réaliser et de se persuader qu'elle était sérieuse. Et alors qu'il s'apprêtait à rétorquer que la cafétéria était fermée depuis bien longtemps, la jeune femme le devança en lui livrant une proposition encore plus surprenante. Son idée était bel et bien d'aller se rassasier à la cafétéria sans demander une quelconque permission, et en entamant les stocks prévus pour le lendemain. Un sourire à a fois entendu et malicieux se dessina sur les traits d'Edward, ravi de constater qu'il ne s'était pas trompé au sujet de la jeune femme. Elle qui avait éveillé tout son intérêt et sa curiosité dès l'instant où il l'avait croisée était en train de lui prouver qu'il avait vu juste. Derrière les barrières qu'elle dressait autour d'elle se cachait un personnage bien différent. Un personnage que le restaurateur avait hâte de découvrir, si toutefois elle lui en laissait l'occasion. Sans se départir de son sourire, il lança : « Vous voyez ! Vous y viendrez vous aussi...  » d'un ton espiègle, avant de poursuivre : « Et dire que vous vous offusquiez de mon café... Ce n'était rien comparé à votre proposition ! » La mine faussement effarée d'Edward laissa de nouveau place à son sourire, alors qu'il concluait : « Mais je partage l'idée, je meurs de faim. Allons-y ! » Déposant ses notes dans un coin, le jeune homme traversa la pièce mais au moment où il bifurqua dans le couloir qui menait vers la cafétéria, il stoppa brusquement sa course en étendant le bras pour empêcher Helga de faire un peu de plus. Discrètement, il recula de quelques pas pour se dissimuler à l'angle d'un mur, tout en posant un doigt sur ses lèvres et en désignant le vigile qui marchait à quelques mètres devant eux d'un mouvement de tête. Comme un enfant, Ed se prenait au jeu en surveillant l'homme de loin jusqu'à ce qu'il disparaisse et poursuive sa ronde interminable qui le ramènerait rapidement dans leur couloir. Ni un ni deux, le restaurateur reprit donc son chemin du pas le plus discret possible et s'arrêta à la croisée du couloir suivant en restant caché pour se prémunir de l'arrivée d'un nouveau vigile. « Vous savez s'il y a un accès direct aux cuisines ?  » murmura-t-il à l'attention d'Helga, comptant sur sa grande connaissance des lieux pour emprunter le chemin le plus cours. Car même s'il connaissait les galeries par cœur depuis son enfance, les coulisses et autres raccourcis dédiés au personnel avait encore quelques secrets pour lui.  


   
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() message posté Ven 17 Nov - 12:15 par Helga S. Lindholm
It is said that late night conversations make you learn a lot about people.

Je n'écoute que d'une oreille distraite la dernière réponse de mon interlocuteur à ma question. Non pas que ça ne m'intéresse guère, bien au contraire ; Mais en réalité, c'est parce que je suis bien trop focalisée sur la faim qui semble me ronger l'intérieur de l'estomac. Alors je fais cette proposition indécente. Edward et moi, tous les deux en train de voler de la nourriture à la cafétéria. Le portait est surréaliste. En effet, il y a une heure à peine, j'ai aboyé sur le pauvre bougre parce qu'il avait amené un thermos de café dans la galerie. Et à présent je lui soumet l'idée d’enfreindre le règlement une seconde fois dans la même soirée. Quelle mouche l'a piqué, pourrait-on penser. Il n'est pas toujours facile de me suivre, j'en suis consciente. Qu'est-ce que la faim ne me ferait pas faire. Mais ce n'est pas la seule raison qui me pousse à faire cette proposition. Avec le ventre qui crie famine, une autre idée m'est venue en tête : ça pourrait être une manière de tester le trentenaire. Il prétend que je peux lui faire confiance, qu'il n'est pas comme nos autres collègues de travail. Et bien je vais rapidement en avoir le cœur net. Je veux voir comment Edward se comporte, s'il a vraiment l'air d'être bienveillant envers moi. Déjà en premier lieu, s'il accepterait d'entraver les règles avec moi, quitte à se faire prendre la main dans le sac par ma faute ; parce que c'est moi qui lui aurais soufflé l'idée d'aller voler de la nourriture en ma compagnie alors que nous étions censé travailler. Après tout, c'est dans les moments les plus intenses qu'on peut apercevoir le vrai visage des gens. S'il mène la mission à bien et dans son intégralité tout en ayant l'air d'y prendre part, je pourrais en conclure qu'une renégociation de l'estime porté à Edward serait envisageable. Peut-être est-ce malhonnête de ma part d'utiliser un tel stratagème pour tester Edward. Mais je ne ferais rien pour le mettre en danger ou le mettre dans une situation compromettante. Et je ne vois pas d'autre façon pour prouver sa sincérité envers moi que d'user de cette ruse. Il y a aussi une troisième explication à ce revirement de situation ; une partie de moi qui cherche l'excitation en ce moment. En effet, c'est mon psychologue et ami Ethan lui-même qui m'a conseillé d'essayer des nouvelles choses ; des situations un peu folles qui me changeraient de l'ordinaire et me sortiraient du quotidien ; et par conséquent de la déprime. Le vol sur son lieu de travail n'est sûrement pas l'idée principale se cachant derrière ses mots, mais j'en fais l'interprétation qui me convient, n'est-ce pas ? Même si au départ je l'avoue, c'est surtout la faim qui contrôle mon esprit, mes dires et mes faits.

Et je suis plutôt satisfaite de la réaction du trentenaire face à ma proposition. Il me regarde avec malice, presque même avec complicité. Je me suis peut-être totalement trompée à son sujet en effet. Si cet Edward est capable de m'accompagner dans la moindre de mes folies, alors je suis tombée sur la bonne personne. Il me sourit, et se formalise faussement en évoquant notre échange tumultueux à propos du café qu'il a ramené toute à l'heure au début de notre entrevue. « Et dire que vous vous offusquiez de mon café... Ce n'était rien comparé à votre proposition ! » Je hausse un sourcil de manière espiègle et croise les bras tandis qu'Edward ajoute qu'il meurt également de faim. Sans plus tarder et avec une touche hautaine dans la voix, je m'empresse de lui répondre tout en me dirigeant vers la porte principale de la galerie. « On ne fait rien de mal, je dirais même que ça nous est dû ! Après tout, je ne suis même pas sûre que nous serons payés en heure supplémentaire pour le travail qu'on fait actuellement... Et puis sans vouloir vous offenser, c'est toujours moins grave que d'agiter un café brûlant près de statues vieilles de plus de trente siècles pour certaines ! » Et puis, à hauteur du couloir, mon interlocuteur m'arrête dans mon avancée à l'aide de son bras. Je ne fais plus aucune bruit et retient mon souffle. J'entends au loin les bruits de pas d'un vigile de nuit qui fait sa ronde dans les environs. Il est sûrement au courant qu'Edward et moi sommes ici pour travailler cette nuit, mais je ne suis pas sûre qu'il approuverait qu'on aille piquer de la nourriture à la cafétéria. Le soucis principal, c'est qu'il y a un nombre incalculable de caméras réparties dans tous les couloirs et toutes les pièces du musée. Enfin presque toutes les pièces. Celles de l'espace réservé au personnel, les cuisines et les toilettes n'en sont en effet pas équipées.

J'avance avec prudence derrière mon collègue de travail qui ouvre la marche et on s'enfonce dans un premier couloir qui devrait nous mener rapidement vers la cafétéria. Nous nous arrêtons à nouveau, si près du but et pourtant si loin. Un autre vigile fait son apparition à quelques enjambées d'ici, et nous nous cachons alors dans l'ombre d'un angle du couloir, tentant d'apprivoiser nos respirations pour ne pas se faire repérer. Je ne peux m'empêcher de sourire à la situation, parce qu'on dirait deux gamins qui tentent une mission « vol de chocolats et sucreries » dans la cuisine de leur maison en pleine nuit sans réveiller les parents. Mais Edward me sort de mes pensées en murmurant : « Vous savez s'il y a un accès direct aux cuisines ?  » Notre proximité soudaine me donne une bouffée de chaleur, c'est tellement inhabituel de se retrouver à quelques centimètres d'une personne qu'on ne connait pas; Ça m'arrive bien évidemment dans les wagons des métros aux heures de pointe, mais le contexte est tout à fait différent. En plus il fait vraiment sombre dans ces couloirs, seule la lumière de la lune nous éclaire ; Alors que mon interlocuteur me parle, je remarque avec attention qu'elle se reflète dans les yeux clairs de ce dernier, et je me fais la réflexion que cette scène en ferait presque une belle peinture. Je reprends rapidement mes esprits et hausse la tête, abordant un froncement de sourcils pour exprimer mon idée de façon claire. « Oui, il y a une entrée depuis l'espace réservé au personnel. En plus si nous passons par là il n'y aura aucune caméra. » Ai-je finalement répondu en chuchotant. Je lui adresse un sourire complice, puis reprend un air plus sévère en levant l'index de ma main droite devant Edward. « Mais jusque là, ayons l'air naturel. Il ne faudrait pas que sur nos fronts il y ait écrit « On a l'air d'être sur le point de faire une bétise ». Nous n'avons qu'à faire croire qu'on se rend juste dans les bureaux et marcher tranquillement comme si tout était parfaitement normal.  » J'attention l'approbation du trentenaire avant de l'attraper par le bras et de conclure dans un sourire enthousiaste. « Allez, suivez-moi. »

On croise plusieurs vigiles à qui on raconte à tour de rôle qu'on se rend dans mon bureau pour récupérer quelques papiers nécessaires pour notre travail. Vu qu'ils n'y connaissent absolument rien en restauration ni en conversation d'oeuvre d'art, et que nous sommes apparemment tous deux de très bons menteurs, aucun n'a insisté (quoi que certains ont changé de tête et ont sourit de façon assez suggestive lorsqu'on a évoqué le fait qu'on se rendait tous les deux dans mon bureau) et nous avons pu poursuivre notre chemin tranquille en déambulant dans les couloirs. Finalement, quelques minutes plus tard, nous sommes arrivé dans l'espace réservé au personnel. On passe devant la porte de mon bureau où il est gravé « Conservateur du patrimoine » en lettre d'or sur le bois. Je jette de temps à autre un œil à Edward dont j'ai lâché les bras depuis un moment maintenant. Je ne sais pas ce qui m'a pris de faire ça d'ailleurs, même si en soit j'ai toujours été plutôt tactile. Nous demeurons tous les deux silencieux pour ne pas attirer l'attention des vigiles. Quelques instants plus tard, nous arrivons finalement à hauteur de la cuisine, devant une petite porte blanche. Je me tourne vers Edward et chuchote « Normalement c'est ouvert vu que c'est l'accès aux personnels de cuisine. » puis enclenche la poignée pour vérifier immédiatement mes dires ; et dans un petit grincement sourd, la porte s'ouvre finalement. Je l'ouvre en grand et cède l'entrée à mon collègue de travail, une main sur ma hanche tout en m'exclamant d'un petit « Et voilà ! » murmuré mais enthousiaste. Je rentre après lui et tâtonne les murs dans le noir pour trouver l'interrupteur des lumières. Je finis par le trouver après un petit moment de galère ; une lumière agressive jaillit au dessus de nous, avec des grands néons blancs qui aveugleraient presque au début. Je regarde Edward et lui fait signe de ne pas faire trop de bruit. « Je vais voir dans le frigo ce qu'il reste d'aujourd'hui. » Ai-je ajouté tout en me dirigeant vers l'interpellé à pas de loup. J'essaye de faire le moins de bruit possible car le moindre déplacement trop bruyant pourrait alerter les vigiles. Nous ne sommes pas censés être ici après tout. Je pénètre dans le grand frigo et je suis forcée de constater qu'il n'y a rien d'interessant à se mettre sous la dent. La plupart des aliments doivent être cuisinés et chauffés, et on ne peut pas se permettre avec Edward de faire un tel raffut dans la cuisine. À part de la glace à la vanille et des petits gâteaux que j'emporte avec moi, grosse déception. Je soupire. Je ne m'attendais pas à me faire un festin, mais j'espérais qu'il resterait quelques trucs intéressant. Il faut dire que les livraisons s'effectuent bien plus tard dans la nuit, dans les environs de trois-quatre heures du matin. Mais c'est toujours mieux que rien, et mon estomac crie tellement famine que la glace à la crème fera l'affaire. Je sors rapidement du frigo, frottant l'une de mes mains contre mon avant-bras opposé pour me réchauffer tandis que l'autre tient notre butin. J'offre un sourire narquois au trentenaire en murmurant « Glace à la vanille et gâteaux de soirées, votre repas préféré j'en suis sûre. Mais il n'y a rien d'autre d'intéressant à manger je le crains. » Ai-je plaisanté avant de me diriger vers lui. Mais par mégarde, voilà que je trébuche avec mes talons et manque de m'étaler de tout mon long par terre. Je me rattrape à ce que je peux, c'est à dire le plan de travail, et fais tomber une partie de la vaisselle entreposée sur l’îlot central de la pièce en aluminium. Les casseroles, les poêles, les couverts, et la nourriture, tout tombe au sol dans un vacarme frénétique. Et je reste figée face à cette scène. « Vittu* ! » Me suis-je exclamée en regardant l'état de la cuisine. Je finis par lancer un regard un peu désemparée à Edward. Je me sens vraiment idiote d'avoir été aussi étourdie, et d'avoir en plus embarqué le trentenaire dans cette folie. Je suis pratiquement sûre que le bruit à dû raisonner et alerter les vigiles. D'ailleurs, j'aurais mis ma main à couper qu'à ce moment-là, dans la salle de la cafétéria, j'entends des bruits de pas se rapprocher de nous...

* Merde ou putain en finnois.


☆☆☆ Beerus
@edward o'sullivan
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