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The most wasted of all days is one without laughter. ┊Tiger Lilly.

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Guyliner.

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() message posté Sam 5 Aoû - 2:29 par Ethan I. Hemsworth

The most wasted of
all days
is one without laughter
Un sacré bordel. Je ne vois pas d'autres mots pour qualifier l'état de mon appartement ce jour-là. Non, je n'ai pas retrouvé mes habitudes d'homme célibataire. Pas de pyramide de cartons de pizza, pas de stand de chamboule-tout en canettes de bières ou autre truc que je serai sûrement censé faire depuis que ma femme ne vit plus avec moi. Mais non, rien de tout ça. C'était plutôt de Lego et autres trucs petits, étalés, traitres quand on fout le pied dessus dont se composait ma nouvelle décoration d'intérieur. Une nouvelle tendance dans l'air du temps ces dernières semaines, précisément depuis que ma fille s'était prise de passion pour ces trucs et transformait mon salon en véritable chantier naval tous les mercredis. Ouais, parce qu'il n'est pas question que papa ramasse tout si il ne peut pas s'amuser aussi. Y’avait des tours de partout, immenses, de toute les couleurs. Des châteaux forts d’après Ava qui voulait que leurs donjons touchent le plafond. Les terres étaient délimitées par le tapis, après, c’était l’océan et la flopée de bateaux pirates qui allaient tout faire voler en éclats à coup de canons. Ce fut ainsi qu’une pluie de lego inonda mon salon. Rien de grave puisqu’une seule règle comptait : que les pirates gagnent. Ca n’avait pas l’air de déranger la capitaine aux cheveux blonds qui détruisait sans pitié, quant à moi, elle pouvait bien retourner tout l’appartement, je n’en avais pas grand chose à faire. Comme je n’ai pas grand chose à faire de cet appartement. En pleine attaque, le son strident de la sonnette nous prit par surprise. Silence. Echange de regards. Capitaine Ava n’avait pas encore foncé droit sur la porte pour satisfaire sa curiosité. Peut-être parce qu’elle me vit hésiter. Je ne reçois pas grand monde ici à part Indianna, mais Ava et moi savions bien qu’on ne les attendait pas aujourd’hui, et… Lilly. Un truc avait dû passer dans mon regard pour que celui de ma fille s’illumine aussitôt, ou alors elle avait acquis le don de télépathie. Je la vis bondir bien trop rapidement pour moi, mais parvins je ne sais trop comment à l’attraper en plein bond sans m’étaler sur les cadavres de Lego au sol. Le privilège des jambes de taille adulte je suppose. Je la soulevai, tournoyant sur moi-même, elle cria, puis la fis redescendre pour ouvrir la porte le premier. Avant même que je m'exécute, je sus que si Lilly se trouvait de l'autre côté, elle-même savait déjà que je n'étais pas seul. Impossible qu’elle ne l’ait pas entendue rire et crier, et j’espérai que ça ne la ferait pas fuir. Je tenais à ce que mon semblant de chez moi reste un refuge pour ma nièce. Enfin… celle que je considère encore comme telle malgré tout un tas de faits qui devraient me faire penser autrement. Que la dernière fois qu’on se soit vus avant Londres remonte à ses huit ans, que ma femme ne soit plus vraiment ma femme, donc son frère plus vraiment mon beau-frère de même que sa fille plus vraiment ma nièce j’imagine. Au diable tout ça, c’était à ma porte qu’elle sonnait.

« Salut. Entre si tu l'oses ! » J'écartai un peu plus la porte pour la laisser passer et lui laisser le temps de comprendre mes paroles. « Le monstre est là. » Au moins le décor était planté, elle savait dans quoi elle mettait les pieds.

Dans des jouets pour enfant si elle ne faisait pas attention. Je balayai ceux à ma portée d'un geste du pied et refermai la porte derrière elle, un sourire amusé sur ma tronche de gamin en la regardant contempler les dégâts. Elle ne savait sûrement pas à quel point ça aurait pu être pire. Ouais, aujourd'hui aurait pu être un jour pyjama, moi et Ava collés au canapé devant des disney en mangeant un savoureux assortiment de céréales, ou planqués sous un tipi de fortune construit avec des draps. Les jeux de construction... plutôt soft en fin de compte et, détail important, j'étais à peu près présentable.

« Bizarre. Elle a dû aller dans sa chambre te chercher un dessin, à tous les coups. » Pariai-je, constatant la disparition de ma fille pourtant toujours excitée de voir la grande fille brune avec laquelle elle voulait tant jouer. « Est-ce que ça va ? J'peux lui demander de patienter un moment dans sa chambre si tu veux parler tranquillement. »

Est-ce qu'elle m'en croyait seulement capable ? Une tentative de sourire assuré typique d'un père tout à fait sérieux naquit au coin de mes lèvres pour la convaincre. Ce n'était pas la première fois que Lilly venait ici, mais il n'y avait pas toujours Ava et Lilly n'allait pas toujours bien non plus. Je craignais qu'elle soit venue se réfugier là après une dispute avec son père, ou son petit-ami peut-être, et se retrouve désapointée. À ce propos...

« Est-ce que je dois envoyer un sms à Samuel pour lui dire que sa fille est chez moi ou c'est pas la peine ? »

C'était devenu une sorte de blague. J'avais pris l'habitude de prévenir Samuel pour ne pas qu'il s'inquiète, au début. Avec le temps, ce n'était plus vraiment nécessaire, juste un moyen détourné de savoir s'il s'était passé quelque chose entre eux.

EXORDIUM.
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MEMBRE

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() message posté Mar 31 Oct - 11:23 par Lilly R. Adams

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Ethan & Lilly

The most wasted of all days is one without laughter


Depuis maintenant plusieurs semaines, j’étais sortie de l’hôpital. Mon père avait reçu l’autorisation pour que je termine ma convalescence chez lui tout en veillant à ce que je prenne mon traitement, mais aussi et surtout, que j’arrive à trouver le sommeil pour récupérer plus vite encore. Si certaines personnes avaient la chance d’avoir des infirmières à domicile, moi j’avais carrément le chirurgien, donc autant dire que je ne risquais pas d’empirer mon cas et puis très honnêtement, je n’étais pas non plus en état d’aller gambader dans les rues de Londres. Aujourd’hui je marchais à nouveau et reprenais mes habitudes d’antan en essayant de laisser ce mauvais chapitre derrière moi. Bizarrement, c’était beaucoup plus facile pour cet accident que pour oublier Pierre. Encore jamais auparavant je n’avais ressenti cette sensation, jamais je n’avais eu le cœur brisé. C’est douloureux, et pire encore ça perdure un peu trop à mon goût. Pourtant je rencontre des gens, je passe du temps avec des visages connus et le reste du temps, j’essaie de m’investir dans ma nouvelle école. Mais le reste du temps, j’aimais autant le passer à dessiner les traits de son visage sur mon calepin. Comme si, de manière contradictoire, j’avais peur de l’oublier. Et pourtant il le fallait, c’était obligé. Mes parents sont au courant de ce petit… gros détails. Et puis il m’est difficile de leur cacher. Je sais que mon père est soulagé que cette relation soit terminée, mais sans doute ne se réjouissait-il pas de l’état dans lequel ça me mettait.

Depuis peu, ma vie changeait petit à petit. Dans un premier temps, j’avais laissé tomber l’architecture pour l’art, ou plus exactement pour l’illustration puisque telle était ce que j’aimais faire la plupart de mon temps libre. Dessiner, dessiner et encore dessiner. C’est une discipline qui prend beaucoup de place dans ma vie et qui, à mes yeux, avait une certaine symbolique. L’annoncer à mes parents m’avait valu beaucoup de courage et pourtant, aussi bien l’un que l’autre avait été relativement compréhensif. Evidemment, j’avais eu droit au discours de ma mère sur l’importance d’aller au bout des choses, mais cette fois-ci j’étais certaine de mon choix. Et puis mieux encore, j’avais réussi à dégotter un stage de quelques heures au sein d’une galerie d’art. Un stage qui me tenait à cœur étant donné mon choix d’avenir. Et puis, autant dire que ça m’occupe l’esprit et que ça m’évite de penser que si moi j’essaie de me remettre un peu comme je peux de mon accident, mais aussi d’oublier le premier garçon dont j’étais vraiment amoureuse, lui il vit la belle vie dans sa boulangerie et semble vivre comme si je n’étais jamais passé dans sa vie, ou comme si jamais je n’avais eu une quelconque importance. Un tableau amer mais qui est une réalité et à laquelle j’évite de songer.

En sortant de mes cours, je savais à l’avance qu’une fois rentrée, je me retrouverais toute seule. Certes, je voyais les efforts de mon père quant à sa présence et son attention plutôt que d’en venir à jalouser toutes ces personnes malades et hospitalisées avec qui il passait tout son temps, mais il restait un homme avec un boulot prenant et même si je lui demandais le strict minimum, je sais qu’à un moment je dois faire avec sans lui en demander plus. Mes pas me menèrent jusque chez Ethan, où j’aimais passer même en coup de vent, pour dire de discuter un peu parfois, ou encore se prêter aux jeux d’Ava, débordant d’imagination et toujours pleine d’enthousiasme à l’idée de faire partager ses envies, ses désirs, mais surtout les mondes dans lesquels elle aimait nous entrainer. Avec elle on en oublie le temps qui passe, ou simplement le monde si imparfait dans lequel on se trouve et parfois, ça fait un bien fou.  

Devant la porte d’entrée, je passe une main dans mes cheveux après avoir presser le bouton de la sonnette. Je pouvais d’ores et déjà en conclure que ma petite cousine se trouvait actuellement chez son père aux cris entendus derrière la porte malgré moi ce qui me tira un sourire. La complicité qu’avait Ava avec son père m’avait toujours fascinée alors que je n’avais jamais – ou presque – jamais eu la même avec le mien. Les vagues souvenirs que j’avais avec mon paternel était des petits moments passés au zoo, en Australie, ou des petits jeux entre nous qui ne duraient jamais longtemps. Mais jamais je n’aurais autant de souvenirs qu’elle. Au fond, je lui en souhaite plein d’autres, comme je lui souhaite de toujours garder son papa dans sa vie. Vraiment.

Lorsque la porte s’ouvrit sur Ethan, je lui adressai un sourire et me faufilai à l’intérieur le temps qu’il puisse refermer la porte « Salut. Figure-toi, que je l’avais deviné avant même que tu n’ouvres la porte. J’suis trop forte » Ou pas, j’avais surtout une bonne audition. Encore qu’il ne fallait pas avoir l’oreille absolue pour le deviner. Et malgré les pseudos mises en garde d’Ethan, je ne fis pas marche arrière. J’aimais beaucoup passer du temps ne serait-ce qu’avec Ava, même si au fond je ne prenais peut-être pas assez de temps pour la famille du côté de mon père. J’essayai déjà d’arriver à vivre avec ce dernier et à ne plus voir cette nouvelle vie comme une punition avec l’espoir qu’un jour, je pourrais retourner chez ma mère. « Dis donc, elle ne fait pas les choses à moitié » ajoutais-je amusée par le spectacle que j’avais sous les yeux. Des jouets, il y en avait partout. A l’âge d’Ava, moi j’éparpillais surtout les poupées et les Barbie, mais peut-être qu’au jour d’aujourd’hui, tout ça était révolus. Ou peut-être simplement qu’Ava préférait avoir le rôle d’une Jack Sparrow plutôt que d’une princesse quelconque. « Ahhh, chouette ! Un dessin. J’adore les dessins.» et c’était vrai. Je ne faisais pas partie de ces artistes voulant donner des leçons de dessins sous prétexte que la personne en face d’eux n’avaient pas un coup de crayon aussi aisé qu’eux. Ava avait autant d’imagination sur le papier que dans la vie réelle, et à tous les coups j’allais encore me retrouver face à une énigme, cherchant à comprendre le message qu’elle a voulu faire passer à travers le dessin « J’en ai un aussi pour elle, mais je ne l’ai pas ici. Je sors seulement des cours, je ne suis pas encore repassé chez mon père » chez mon père. Oui, à mes yeux je ne vivais pas chez moi, mais plutôt chez lui. Toujours parce que j’avais cette impression qu’un jour on me dirait que désormais, je pouvais retourner chez ma mère… ou chez moi. « Ça va. J’ai repris le chemin des cours, mais plus dans la même option… et je marche à nouveau » continuais-je en désignant ma jambe qui, il y a quelques semaines encore, était plâtrée suite à l’accident que j’avais subi. Quant à Ava, elle ne me dérangeait pas et puis je m’en voudrais de demander à Ethan de couper court à cet enthousiasme « Oh non, t’en fais pas. Je veux la voir en pleine action de piraterie » ajoutais-je amusée par la situation, ou plutôt le décor dans lequel je me trouvais.

Je souris face à la réflexion d’Ethan concernant mon père. Si déjà avant il s’inquiétait facilement alors que moi je prenais un vilain plaisir à filtrer ses appels et SMS, depuis cet accident, j’ai parfois l’impression que c’est pire que tout. Pourtant, il était hors de question que je reste enfermée, que je ne vois pas des gens, ou que ma vie s’arrête à cause de cet accident… Ou cette rupture amoureuse « C’est pire que tout maintenant, mais j’peux pas lui en vouloir je l’ai un peu cherché… » Certes, c’est pas moi qui avais pris le volant ce soir-là, mais je savais que Julian n’était pas sobre, tout comme moi et j’avais accepté de monter dans cette voiture. « Je suppose qu’il lui faut le temps de se remettre, et de se dire que quoi qu’il arrive la vie continue, et que je ne peux pas rester éternellement chez lui de peur qu’il m’arrive encore quelque chose… » un sourire plus crispé et moins sincère se dessinait sur ma bouille « Et toi, comment tu vas ? »



(c) black pumpkin



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