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10 years ago feat frank ( flashback)

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() message posté Mer 9 Aoû - 22:06 par Marlon D. Wallenstein
J'avais eu une mauvaise journée. Une très mauvaise journée. Ça faisait maintenant quelques semaines que Gabriel m'avait largué comme une vieille chaussette, des semaines que lui et ses amis, qui étaient sensés être les miens aussi me font des saloperies. Ils me balancent tout et n'importe quoi pendant les cours, de la gomme aux cartouches d'encre. Je les entends rire sur mon passage et vous savez ce qui a de pire ? C'est qu'aucun des professeurs ne réagis, personne ne les voient, où ils ne veulent pas voir peut-être ? J'ai une boule au ventre à chaque fois que je dois partir pour le lycée, à chaque fois que je mets le pied dans l'établissement, je me demande ce qui m'attends. Ils regorgent d'inventivité et se font un malin plaisir à mettre tout le monde de leur côté. Je suis seul. Très seul. Je pourrais aller en parler au proviseur ou au conseiller, mais qu'est-ce que ça changerait ? Ça empirerait les choses, j'en suis certain. Je préfère me taire et subir. Je ne me défends pas, pas toujours, ils sont trop nombreux et puis je n'ai jamais été un bagarreur. Mais aujourd'hui, ça a été la goutte de trop. La goutte qui a fait débordé le vase. Ils m'ont enfermé dans les toilettes, ils m'ont humiliés, Gabriel n'était pas là, mais ça ne change rien, il n'aurait rien empêché. Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans cette cabine, toute la journée … C'est le concierge qui m'a trouvé là attaché. Il m'a aidé à sortir et je suis parti en courant n'écoutant pas ce qu'il me disait. J'ai pris mes affaires dans mon casier et je suis rentré en courant jusque chez moi.

Il n'y avait personne à la maison. Ma mère était soit au travail, soit dans un bar à se bourrer la tronche, Mike était à je ne sais quel cours du soir pour apprendre je ne sais qu'elle nouvelle langue et Miles ne vivait plus à la maison depuis un an et mon père … il n'avait jamais été là de toute manière. Je suis allé dans le placard de ma mère, j'ai attrapé les pilules qu'elle prenait pour dormir et une de ses bouteilles d'alcool qui traînait dans le placard. Je me suis assis dans le canapé, j'ai vidé la moitié de ses pilules et j'ai bu toute la bouteille. J'avais déjà bu auparavant, un peu, pas autant c'était une évidence et l'alcool me brûlait à la gorge plus que les autres fois. J'en avais assez vu, je ne voulais pas continuer si c'était pour qu'on me déteste à ce point là. Je me suis senti comateux au bout de quelques minutes et j'ai fermé les yeux. Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé après.

Je me suis réveillé dans un lit, j'avais une perfusion et j'ai compris que j'étais aux urgences et surtout que j'étais encore vivant. Les jours suivant mon réveil ont étés très long. Ils me nourrissaient par perfusion, mon estomac refusait tout ce qu'il y avait de solide, c'était normal apparemment après la dose que j'avais pris de médicament. Miles me faisait la tête, c'était lui qui m'avait trouvé. Il était passé pour rapporter des livres que Mike avait oublié en passant chez lui et il m'avait trouvé inconscient. Il avait appelé les pompiers. Je n'avais pas parlé depuis mon réveil, je restais assez muet. Je ne voulais pas en parler. Au bout de quelques jours j'ai reçu une visite inattendue. Un flic … je l'ai regardé un peu bizarrement quand il est entré et j'ai demandé :

« Vous êtes qui ? »

Ça me faisait bizarre d'entendre ma voix. Je n'avais rien dis depuis un moment, je répondais souvent par oui ou par non aux question. J'avais l'impression d'être un zombie ou un robot. Je ne savais pas ce qui venait faire ici. Je m'imaginais n'importe quoi, ils avaient arrêté ma mère parce qu'elle était ivre ? Ou mon frère avait eu un accident ? Non c'était idiot comme pensé, je venais de les voir. Je ne me disais pas une seule seconde que c'était à cause de ce que j'avais fais qu'il était là.
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() message posté Jeu 10 Aoû - 16:39 par Frank Turner




10 years ago

Flash-back ft Marlon

Il y a quelque chose d'étrange avec la nouveauté. En règle générale, on l'attend, surtout lorsque notre quotidienneté se fait morne. Mais lorsqu'elle survient dans nos vies telle une tornade sur la route, on se rend compte que l'on ne s'est pas préparé assez pour la savourer pleinement cette vile nouveauté. Voilà un mois déjà que Frank Turner avait quitté les bureaux situés près de Scotland Yard après quatre ans de bons et loyaux services au sein de la police londonienne. Enfin, tout est relatif. Le jeune flic, s'il était sorti major de sa promotion, n'en demeurait pas moins instable. Prenons des pincettes et targuons-nous d'évoquer l'instabilité avec des parenthèses. Que l'on se rassure, il n'était pas un drogué, un alcoolique ou un malade mental, personne à qui d'ordinaire l'on attribue plus aisément le statut peu enviable « d'instable » Non Frank Turner était juste une tête brûlée, qui se pliait difficilement à l'autorité si ce n'est celle de son oncle. Toutefois, l'on ne pouvait nier son potentiel et c'est sûrement cet état de fait, qui lui avait permis de ne pas être congédié malgré les nombreux blâmes. Ça et les bonnes relations de son oncle qui s'envoyait quelques cocktails avec les bonnes personnes lors des soirées dansantes et autres festivités organisées par la police pour récolter des fonds. La marge de progression ayant été atteinte, le jeune Turner aspirait dès lors à autre chose que le port de l'uniforme, c'est pour cela qu'il avait entrepris toutes les démarches et de ce fait, passait les examens d'été. Un premier échec qui le désarçonna quelque peu. Et pour cause, il devait sa défaillance à l'entretien psychologique : « Le candidat est trop impétueux. Son ambition est indéniable, mais son rejet constant de l'autorité est un frein. Nous ne pouvons dès lors l'intégrer dans notre groupe d'intervention… » Il fallait se remettre en question et à 27 ans ce n'était pas facile encore plus lorsque l'on venait de passer si près du but. Oui, Frank rêvait d'intégrer l'unité d'intervention de la police londonienne. Oui, Frank s'en sentait capable, mais non Frank ne réaliserait pas ce rêve. Une porte venait de lourdement se refermer sur lui et sans qu'il ne s'y attende une autre venait de s'ouvrir.

« -C'est une nouvelle unité de la police. Ça va t'intéresser Franky, je n'en doute pas »
« -Ouais et je vais encore porter l'uniforme et me taper la paperasse et la verbalisation d'incivilités ! Comme le non port des tongs et sandales au volant ? Où alors l'exhibition à la plage, à la piscine aussi ? Ou attends j'ai mieux, l'apéro à dix heures du matin, face à la mer, à poil sur une bouée Bob l'éponge. Et ne me regarde pas comme ça ! C'est arrivé et plus d'une fois ! Donc j'ai donné. J'aspire à quelques jours de vacances là ! Si ça ne tenait qu'à moi, je serais déjà à l’heure tropicale à l'heure qu'il est !»
« Arrête un peu de te conduire comme un connard ! Pense à ta mère qui cumule deux jobs pour subsister et ton frère qui a besoin d'un exemple à suivre. D'ailleurs, j'en profite au passage pour te dire que la climatisation n'a toujours pas été réparée et que ta mère n'ose plus te demander de passer de peur de t'embêter. Tu sais combien ça coûte de faire appel à un professionnel de nos jours ?! » L'oncle marquait un point décisif, Frank ne pouvait continuer à se conduire de la sorte, puisque l'on comptait sur lui, il devait de ce fait revêtir le costume de chef de famille et jouer pleinement ce rôle. C'est pourquoi il délesta son appartement pour revenir vivre avec sa mère et son petit frère Dylan âgé de dix ans à l'époque et qui considérait son grand-frère comme un super-héros auquel il voulait ressembler plus tard. Un rêve là aussi avorté. Et nous y voilà, quelques mois plus tard.

Frank avait donc intégré la nouvelle unité de la police. L'USM, une unité venant en aide et traitant de ce fait, toutes les affaires liées à des mineurs. Assit à son bureau, à trier de la paperasse, Turner observait la plupart de ses collègues tous plus âgés que lui. Mais il en fallait plus pour le désarçonner. Toutefois, les paroles de son oncle résonnant encore dans sa tête, il prenait sur lui pour se plier aux ordres et s'appliquer dans son travail, une initiative qui plut tellement à son supérieur qu'il lui confia ENFIN sa toute première affaire. « -C'est quoi ? Une enquête sur un meurtre ? Un trafic de drogue ? Un corps retrouvé dans le système de climatisation ? Sur la plage ? Dans les algues ? » demanda la jeune recrue une fois dans le bureau de son supérieur qui mit aussitôt fin à ses pronostics en dévoilant la nature de l'intervention. « Une TS » Un jargon qui serait malheureusement coutumier à l'avenir. Le jeune flic, conscient que ce premier dossier pourrait lui ouvrir quelques portes, prit sur lui. Calepin en main et quelque peu anxieux par ce qu'il allait découvrir, il se rendit à l'hôpital où le médecin en charge du patient, lui fit un premier briefing : « -Nous lui avons fait un lavement au vu de la trop grande absorption de somnifères et barbituriques ingérés. Ajoutez de l'alcool et vous obtiendrez un cocktail mortel. »  Frank appliqué nota presque mots pour mot les dires du médecin avant d'enfin lâcher son calepin pour poser de nouvelles questions à son interlocuteur. « -A-t-il de la famille ? Si oui les avez-vous contactés ? »
« -Il vit chez sa mère avec son frère. Ils sont d'ailleurs venus lui rendre visite il y a peu. Mais vous comprenez qu'en de telles circonstances nous nous devons de contacter les services sociaux. »
« -Laissez-moi lui parler avant. Je sais que ça échappe sûrement à vos procédures, dont je ne suis pas encore coutumier, mais je préfère l'interroger avant qu'une quelconque mesure ne soit prise. »
« -Bien d'accord ! »
« -Je peux lui parler au moins ? »
« -Oui bien sûr ! » Le jeune inspecteur rangea son calepin et consentit à suivre le médecin qui le conduisit jusqu'à la chambre du jeune Marlon qui s'apprêtait à sortir de son état léthargique au moment même où Frank s'approchait de son chevet. « -Bonjour Marlon ! Je suis l'inspecteur Turner de l'USM. Vive les acronymes hein ?! Au cas où tu te demanderais ce que c'est, ça correspond à l'Unité Spéciale pour les Mineurs. Je sais que c'est un peu compliqué là, que le cocktail n'était pas ce qu'il y avait de mieux en magasin. L'avantage, c'est que maintenant, tu as le droit à quelques jours de vacances Était-il maladroit dans sa façon de faire, oui à n'en pas douter. Lui-même s'en était d'ailleurs rendu compte bien après coup. « -Bon écoute, je ne suis pas là pour te mettre une quelconque pression ok ? » dit-il en attrapant un siège pour s'asseoir. « -Le toubib veut appeler les services sociaux, c'est la procédure. J'ai quand même réussi à le convaincre d'attendre, mais il faut qu'on converse tous les deux au préalable. Qu'est-ce que tu as envie de me dire pour commencer ?! D'ailleurs, est-ce que tu veux en parler avec moi ? Dis-toi que je suis sûrement plus commode que le psy qu'ils vont sûrement te mettre à disposition. »

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() message posté Jeu 10 Aoû - 20:08 par Marlon D. Wallenstein
Je regarde ce type qui se présente à moi comme étant un flic, je ne connais pas le sigle qu'il me dit et je ne trouve pas vraiment son humour très adapté. Je ne sais pas s'il fait ça avec tout le monde, ni s'il le fait pour me détendre, mais ça ne me détend pas vraiment, au contraire ça me crispe et ma gorge se noue. J'ai raté mon coup, c'est tout que ça me renvoie à la figure. Des vacances … comme si j'en avais besoin. Ce n'était pas pour avoir des vacances que j'avais essayé de me tuer. Je n'ai rien dit. Je n'avais pas envie de parler de toute manière. Ça ne servait à rien de parler. C'était toujours pour servir le même baratin et je n'avais pas envie d'entendre que ça allait s'arranger alors que je savais pertinemment que c'était faux. Je l'écoutais me parler et quand il a évoqué les services sociaux et j'ai eu un instant de peur qui a sûrement du se lire sur mon visage. Je n'avais pas envie que les services sociaux débarque à la maison. Ils verraient que ma mère buvaient et ils finiraient par me mettre dans une famille d'accueil moi et mon frère et c'était la dernière chose que je voulais. Je n'avais pas pensé aux conséquences que ça pourrait avoir sur ma famille. Il ne voulait à part ça pas me mettre la pression … c'était raté.

« Pourquoi les services sociaux?»

Je ne comprenais pas pourquoi ils devaient intervenir. Ça n'avait rien avec avec ma famille. Je ne voulais pas que les choses changent à cause de moi. Je n'avais pas envie qu'ils pensent que ma mère était une mauvaise mère, elle faisait de son mieux, on le faisait tous. J'avais juste plus de mal à gérer le regard des autres et tout ce qu'on m'avait fait. Je me sentais inutile, je ne voyais pas pourquoi on s'intéressait à moi. J'ai soupiré, ils voulaient toujours qu'on parle c'était agaçant. Je n'avais pas envie de voir de psy, même si je savais qu'on ne me laisserait pas le choix.

«Qu'est-ce que vous voulez savoir? Il n'y a pas grand chose à dire à part que ce n'est pas à cause de ma famille que j'ai fais ça.»

Je voulais qu'il sache que ce n'était pas ma famille qui m'avait poussé à vouloir me suicider et je n'avais pas forcément envie de lui dire que c'était des camarades de classe, si jamais il allait leur poser des questions ma vie serait encore bien plus compliqué. Je n'avais pas besoin de ça. Je ne savais même pas ce qu'on allait dire encore sur mon dos quand je retournerais en cours, je craignais d'ailleurs de sortir d'ici et de devoir affronter à nouveau la vie. Je n'étais pas encore prêt.
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() message posté Ven 11 Aoû - 15:41 par Frank Turner




10 years ago

Flash-back ft Marlon



Lui qui aspirait à un homicide en guise de première affaire, se retrouvait à collecter le témoignage d'un jeune homme ayant décidé de mettre un terme à son existence. Et lui qui n'était pas du genre sociable, devait à présent trouver les mots, les bons de préférence pour mettre en confiance le garçon répondant au nom de Marlon. Ça n'était pas gagné et la maladresse du jeune flic ne parlait bien évidemment pas en sa faveur. Il en arrivé même à se demander pourquoi son supérieur l'avait choisi lui à l'inverse d'un de ses collègues plus expérimentés et de ce fait plus avertis sur la procédure à suivre autour d'une tentative de suicide. Était-ce un bizutage ?! Non, impossible ! On ne joue pas avec la détresse des gens. Frank cessa dès lors d'émettre tout un tas d'hypothèses et se reconcentra sur le pauvre Marlon qui peinait encore plus à se détendre à présent. Assit sur son siège, le jeune flic prit une grande respiration et rangea son calepin dans la poche de sa veste. « -Excuse-moi ! Ce que je viens de dire est déplacé. Bien-sûr que non tu ne vas pas savourer tes vacances, car ce ne sont pas des vacances. Quant aux services sociaux, c'est la procédure en de telles circonstances. L'hôpital se doit de les contacter. Mais ne t'en fais pas, ils ne vont lancer aucune enquête. » Un tout nouveau Frank venait de voir le jour. Plus mature, plus calme et surtout plus à l'écoute du jeune garçon. Il n'avait même pas besoin de se forcer, pour le coup il se contentait juste d'être là à ses côtés, prêt à l'écouter sans le juger.

« -Tu ne veux pas du psy hein ?! Je peux comprendre ! Perso moi ce n'est pas mon truc, mais passons. » Il sortit à nouveau son calepin et son crayon. « - Je vais devoir prendre quelques notes, j'espère que ça ne t'ennuis pas. Le plus important ce n'est pas ce que je veux savoir, mais ce que tu veux me dire. Et si comme tu le dis, ce n'est pas à cause de ta famille, je le transmettrais aux services sociaux pour qu'il n'y ait aucun amalgame. Dis-moi juste ce que tu as envie de me dire Marlon et si tu ne veux pas en parler, on pourra peut-être trouver un autre sujet de conversation, qu'est-ce que tu en dis ?! Sache que quoiqu'il arrive je ne suis pas là pour te juger. » Le carnet sur le genou il opta dès lors pour le silence, conscient qu'il n'avait plus grand-chose à ajouter et que c'était à présent à Marlon de faire l'effort ou non de s'exprimer. Enfin ça c'est ce que Frank avait prévu avant de tenter une toute autre approche. Sacré Frank, il n'était finalement jamais à court d'arguments et parvenait à se surprendre lui-même.

« -Punaise tu as vu la chaleur qu'il fait ?! Une saleté de canicule hein ? Le pire c'est l'humidité. A San Francisco, d'où je viens c'était pire, mais gérable paradoxalement. Tu aimes la mer, la plage et les vagues ?! Tu as déjà surfer ?! Je me souviens moi, d'une petite plage privée, style tropicale près du Golden Gate Bridge. C'était déments surtout les soirs d'été. On se faisait des soirées dansantes de malade. On buvait des cocktails, on se bouffait des pastèques, certains se fumaient quelques pétards. C'était magique! Les filles en maillot de bains, voir même en bikini, le bruit des vagues sur les récifs, marcher en tongs sur le sable chaud… Que de bons souvenirs, si je mets de côtés, le capitaine de l'équipe de foot et ses acolytes. Ce n'était pas des cadeaux ceux-là ! Le pire c'est quand tout le monde s'y met. Que tu subis les regards en coin, les rires sur ton passage, les brimât. Pourquoi ? C'est ce que tu n'as de cesse de te demander. Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Moi j'aimais lire et écrire, j'étais du genre à ne pas me mêler aux autres. J'avais bien un ou deux amis et surtout une amie, la meilleure c'est ce que je croyais. Elle m'a tourné le dos, popularité oblige ! » Le flic se tue un court instant se rendant compte qu'en plus de se livrer à un parfait inconnu, il avait peut-être une piste quant aux motivations de Marlon, mais il préféra ne rien dire pour lui laisser un peu d'espace au cas où il voudrait s'exprimer.

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() message posté Ven 11 Aoû - 17:40 par Marlon D. Wallenstein
Je ne savais pas d'où sortait ce flic, mais il n'avait pas l'air comme les autres et ses mots ne firent pas l'effet qu'il attendait, du moins j'imaginais qu'il s'attendait à ce que ça me fasse sourire, mais non. Il s'en était rendu compte. Il n'avait sûrement pas eu a faire à des cas comme le mien. Il a répondu à ma question et j'ai haussé les sourcils. J'étais inquiet même s'il disait qu'ils ne feraient pas d'enquête. Je n'en étais pas aussi sur. C'était toujours ce qu'on disait pour rassurer ou pour minimiser les choses. Je ne voulais pas qu'ils viennent à la maison. Ils verraient que je n'avais pas un lieu de vie très sain. Je n'avais pas besoin d'eux pour le savoir, mais c'était ma maison et c'était ma mère, même si elle buvait, elle travaillait dure et je ne voulais pas être séparé d'elle, parce qu'elle était tout ce qui me restait. Je n'avais pas de père, je ne pouvais pas la perdre elle aussi. Je lui ai demandé :

« Vous allez leur dire que ce n'est pas à cause de ma famille ? Je ne veux pas qu'ils viennent c'est tout ce que je demande. Ma mère n'a rien à se reprocher. »

J'avais peur que ça lui retombe dessus et je m'en voulais. Je commençais à culpabiliser d'avoir agis ainsi, mais je me demandais pourquoi je n'avais pas réussis. Je n'avais pas pris assez de cachets ? Ou mon frère était arrivé trop tôt?S'il n'était pas venu je serais sûrement mort. Ils n'auraient pas pu me sauver et je n'aurais pas tous ces problèmes. Je me sentais mal. Je ne savais pas comment décrire ce que je ressentais, mais j'avais l'impression d'être un gouffre sans fin et que je tombais, je tombais. J'avais cette sensation horrible de faire un mauvais rêve éveillé. Il voulait que je lui parle mais je ne pouvais pas. Comment est-ce que je pouvais lui dire ce que j'avais vécu ? C'était au dessus de mes forces. Je voyais bien qu'il essayait de savoir et que c'était son travail de me faire parler.

Je ne comprenais pas ce qu'il était entrain de me faire. Il me parlait beaucoup et je me disais que c'était parce qu'il aimait parler ou qu'il essayait de me mettre à l'aise. Il me demandait si j'avais déjà surfer, j'ai fais non de la tête et puis j'ai compris ou il voulait en venir quand il m'a parlé du capitaine de l'équipe de foot, il décrivait exactement ce que j'avais vécu. Est-ce qu'il avait compris ? En tout cas le fait qu'il parle de tout ça me faisait encore me sentir plus mal. Parce que j'avais tellement honte de les avoir laissé faire. Je les revoyait m'attacher et me bâillonner dans ce chiotte, je les entendais rire à nouveau et je ne pouvais pas le supporter plus longtemps. Je n'ai pas pu empêcher mes larmes de couler et j'ai craqué. Je ne pleurais pas souvent mais j'avais des raisons de le faire vu la façon dont j'avais été humilié.

« Arrêtez de parler de ça comme si vous saviez ce que ça faisait de se faire humilier et d'être seul. »

Je n'arrivais pas à m'arrêter de pleurer. J'avais passé une sale journée ce jour là et personne ne pourrait comprendre ce que j'avais vécu, parce que ce n'était pas seulement ce jour là que j'avais eu une mauvaise journée, j'en avais tous les jours dans ce lycée.
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() message posté Sam 12 Aoû - 16:06 par Frank Turner
La chaise était inconfortable, autant que la situation. Carnet en main, le jeune flic peinait à savoir s'il allait le garder où le remettre dans la poche de sa veste au risque de rater des éléments importants pour l'enquête. Il voulait bien faire, trop bien sûrement. Mais pouvait-on le blâmer d'agir de la sorte ? Après tout, c'était sa toute première affaire et nul doute que s'il se plantait, elle serait aussi la dernière. Mais l'humain dans tout ça ?! Bien plus qu'une histoire de pression sur les épaules du nouvel inspecteur, n'y avait-il pas d'autres enjeux dans cette affaire ? Plutôt que de penser à lui et à son désir de bien faire, Frank ne devait-il se concentrer davantage sur le jeune garçon allongé dans son lit d'hôpital ?! La question est tellement évidente qu'elle en devient presque idiote ! Bien sûr que Frank devait se concentrer sur Marlon. Et pour commencer, il devait d'abord le mettre en confiance. Out donc l'humour hasardeux, qui en plus de faire passer le jeune Américain pour un idiot, étaie au grand jour son manque de compétence et pour une première approche, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux. Turner présenta donc ses excuses, changeant de lui-même ses propos déplacés. Il est clair que si le jeune Marlon avait eu besoin de vacances, il aurait opté pour autre chose que la tentative de suicide, c'est évident ! Incompétence : 1- Frank : 0. Ça commence bien !

Frank, avant de pénétrer la chambre, était parvenu à négocier avec le médecin, le convainquant pour le moment de ne pas prévenir les services sociaux. Il espérait, par le biais de la conversation avec la jeune victime, trouvait les arguments pour se passer des services sociaux et en voyant l'inquiétude dans le regard de Marlon, l'inspecteur comprit que ce n'était certainement pas la meilleure des décisions à prendre. Le pauvre, il avait plus peur pour ses proches que pour lui-même. D'ailleurs, il réitéra sa question auprès du flic afin d'avoir au moins un semblant de certitude quant à la non-venue des services sociaux. « - Si c'est vraiment ce que tu veux, oui ! Je ferais tout pour les éloigner de ta famille, je te le promets ! Tu vis seul avec ta maman et ton frère, c'est ça ?! » Il tenta un léger sourire afin d'encourager le jeune homme à répondre puis il se permit de reprendre la parole pour enrichir l'échange et mettre en confiance le blondinet. « -Je sais ce que c'est ! Mes parents se sont séparés quand j'étais jeune, j'avais un peu près ton âge. J'ai quitté l'Amérique pour venir ici. Ma mère m'a élevé seule avec mon petit frère. Elle s'est beaucoup démenait pour nous deux. Ta maman aussi se démène pour vous deux, je me trompe ?! Tu ne veux pas lui causer du tort, c'est ça ?! » Marlon ne semblait que moyennement réceptif, en tout cas, il l'était plus que lors des premiers échanges. Évidemment, que Frank s'identifiait à lui, comment ne le pourrait-il pas avec toutes similitudes qui jalonnent leur parcours respectif ! Mais on lui avait toujours appris à contourner cela, à garder une certaine distance avec les victimes pour ne pas trop s'identifier. Oui c'était un des fondamentaux lors des sessions de formation, mais notre Américain pas très au fait des règles et de l'autorité, était prêt, dès à présent à faire valdinguer les codes.

Ce gamin avait besoin d'aide, mais plus encore d'un humain à l'écoute et non d'une machine. Les expériences bonnes ou mauvaises ne sont-elles pas faites pour être partagées ? Frank en totale impro se lança dans un monologue où il égrainait quelques épisodes de son adolescence et à en jugeait par la réaction de Marlon, son récit trouvait écho auprès de lui, tellement que le jeune homme supplia son interlocuteur de s'arrêter. Les larmes aux yeux, il venait d'ouvrir les valves. « -Marlon écoute moi ! Avant toute chose, sache que quoiqu'il arrive, je serais de ton côté ! Ce qui est arrivé est grave, très grave. Regarde-moi ! » Il se tue aussitôt, laissant le temps à son interlocuteur de se reprendre. « -Tout ce que je viens de te raconter est vrai. Je sais ce que c'est que de faire humilier crois-moi ! Et d'être seul, délesté de tes derniers amis, qui ne comprennent pas ta détresse et préfèrent te fuir ! Mais tu n'es pas seul, tu ne l'es plus maintenant. Je sais que tu n'es pas en confiance, que je suis un étranger, un flic qui plus est, mais mon boulot à moi, c'est de protéger les jeunes comme toi contre les autres. Ceux qui brillent par leur popularité, mais pas par leur humanité. Il faut que tu me dises ce qui s'est passé, ce qui t'as poussé à en arriver à de telles extrémités. Il faut que cela s'arrête, que ceux et celles qui t'ont fait du mal, qui t'ont harcelé soient punis afin de ne plus recommencer. Crois-moi, c'est un cercle infernal, qui s'il n'est pas brisé, continuera à faire des victimes. Tu as eu de la chance d'avoir ton frère pour te sauver, mais peut-être que la prochaine personne qui subira ce que tu as subi, n'aura pas la chance d'avoir quelqu'un pour la sauver. C'est à toi de décider Marlon. Tu peux tout me raconter maintenant, ou prendre le temps qu'il te faut. De mon côté, je ferais tout pour que ces incompétents des services sociaux, laissent ta famille tranquille, je t'en fais la promesse ! »
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() message posté Sam 12 Aoû - 18:12 par Marlon D. Wallenstein
J'étais à moitié rassuré quand il m'a dit qu'il ferait tout pour que les services sociaux ne s'occupent pas de ma famille. C'était déjà ça, mais ça ne me rassurait pas pour le reste. Je me sentais toujours aussi mal et je n'étais pas certain qu'il puisse comprendre ce que j'avais vécu. Il m'a demandé si j'étais seul avec ma mère et mon frère, j'avais l'impression qu'il me prenait pour un gamin dans sa façon de me parler, mais il voyait juste. Je l'ai écouté me dire qu'il avait vécu avec sa mère et son petit frère et son histoire ressemblait assez la mienne, même si de mon côté je n'avais jamais connu mon père je lui ai répondu :

« A la différence que mon père est parti sans lui demander son avis. Il nous a laissé tout seul. »

Ma mère n'était pas vraiment la mère parfaite mais au moins elle était là. Elle travaillait dur pour qu'on ai un toit. Elle buvait parfois et je m'occupais d'elle avec mon frère et je préférais autant que les services sociaux ne viennent pas voir ce qu'il se passait à la maison. Je n'avais pas envie de perdre ma famille. Je me rendais compte que j'avais été égoïste et que je n'avais pensé qu'à moi et pas à eux, mais je n'avais pas voulu leur parler de mes problèmes, j'avais trop honte.

Il a fini par me dire qu'il avait été aussi humilié et qu'il savait ce que c'était mais j'avais du mal à croire que ça ait été aussi loin. J'ai fini par craquer en entendant ce qu'il avait ressenti parce que c'était ce que je ressentais à chaque fois que j'allais dans ce lycée. Je me sentais seul. Ce n'était pas évident d'en parler parce que je ne voulais pas passer pour celui qui ne sait pas se défendre, mais au fond je devais me rendre à l'évidence, j'étais incapable de me sortir de là tout seul. Je n'avais pas assez de courage. Il avait beau me dire que je n'étais pas seul, qu'il savait ce que c'était, j'avais du mal à le croire. Il avait l'air de s'en être bien sorti. J'avais fini par craquer et par lui demander d'arrêter de parler de ce qu'il avait vécu, ça me faisait trop d'échos sur ce qu'on m'avait fait subir. Il me promettait de laisser ma famille en dehors de tout ça mais je devais lui raconter ce qui s'était passé, ce qui m'avait poussé à vouloir en finir. Je regrettais de ne pas avoir réussis, au moins je n'aurais pas eu à me rappeler que j'avais servi de bouc émissaire. J'ai séché mes larmes et j'ai fini par lui dire :

« D'accord … ça à commencé il y a plusieurs semaines. Au début ils se moquaient juste de moi, c'était juste des mots et comme je ne réagissais pas ils ont commencé à me balancer des trucs en cours, ça les amusait … parce que je suis différent … ils me le font payer et puis l'autre jour ... »

Ma gorge s'est serré en repensant à ce qui s'était passé. Je sentais déjà les larmes me monter aux yeux. Je m'en voulais d'être aussi faible et pathétique. S'ils me voyaient aujourd'hui ils se moqueraient encore plus de moi.

« Ils m'ont attrapé quand je sortais des toilettes, ils étaient plusieurs je n'ai pas eu le temps de me débattre. Ils m'ont bâillonné et ils m'ont attaché sur la cuvette … ils m'ont balancé un seau d'eau sur la tête et ils m'ont enfermé là … »

J'avais la gorge serré et des larmes se sont remises à couler pendant que je lui racontais

« Personne n'a remarqué que je n'étais pas là, personne ne s'est inquiété. C'est le concierge qui m'a trouvé à la fermeture du lycée. Je suis rentré chez moi, il n'y avait personne ma mère travail tard et mon frère avait un cours. Et j'ai … j'ai pris la boîte de somnifère et une bouteille d'alcool et j'ai avalé la moitié de la boîte. Je ne pensais pas que ça ne marcherais pas ... »

Je n'avais clairement pas envie de continuer à être là. Je n'avais pas envie de retourner au lycée, ni de retourner chez moi. Je voulais juste que tout se finisse et je ne savais pas comment j'allais faire pour faire face à tout ça.
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() message posté Lun 14 Aoû - 2:23 par Frank Turner
C'est dingue ! L'on pensait avoir réussi à oublier, ce qui de prime abord nous semblait inoubliable, puis voilà que du jour au lendemain, la vie, vile traîtresse avide de votre souffrance, vient toquer à votre porte pour réclamer son dû au moment où vous vous y attendez le moins. Tout ça pour vous renvoyer en pleine poire certains éléments de votre passé et pas les meilleurs à votre grand dam. Marlon ne pouvait bien évidemment le savoir et comment le pourrait-il à moins d'être médium ou bien rencarder sur l'inspecteur en charge de son dossier, ce qui semblait tout bonnement impossible. Le hasard, le destin… Appelons ça comme on veut, avait de toute évidence œuvrait pour que la route de ces deux âmes abîmées par l'usure du malheur, se croisent. L'impact passé, Frank se retrouva comme confronté à une version plus jeune de lui-même. Bien sûr certains évènements différaient. Si Frank avait effleuré la pensée d'attenter à sa vie l'espace d'un fugace instant, il n'aurait certainement jamais eu l'audace de dépasser le stade de la pensée et malgré la souffrance engendrée par les brimât à répétition, il avait continué à « survivre » à tout cela. D'ailleurs le fait de se remémorer cette bien triste période lui rappela à quel point sa vie était déplorable à cette époque et à quel point il en avait souffert, plus encore lorsqu'il eut perdu le soutien de la seule personne pourvue d'un tant soit peu d'importance à ses yeux. Il refusait d'ailleurs de dire son nom et ceux même dans ses pensées. Elle ne devait plus avoir de place ni d'importance, elle ne devait n'être qu'une chose insignifiante trop vague pour que l'on puisse l'évoquer. Son existence même se devait d'être une incertitude. Il était loin de se douter que dix ans plus tard, la vie re frapperait à sa porte avec tout autant de fracas pour remettre sur sa route son passé avec un grand P

Pour l'heure, il devait se concentrer sur le présent et sur Marlon qui avait besoin d'aide bien qu'il ne soit pas encore en mesure de l'accepter, sûrement par honte. Frank ne connaissait que trop bien cette façon de faire. L'air désolé, il regarda le jeune garçon immobilisé dans son lit. De toute évidence, l'espoir avait déserté son regard et la peur semblait le dominer de toute part. C'est pourquoi le flic, qui n'était d'ordinaire pas du genre prévenant avec les personnes qu'il rencontrait, prit sur lui pour continuer à mettre en confiance l'adolescent, quitte à parler un peu de lui, histoire de vraiment lui faire comprendre qu'il n'était pas seul, chose dont il aurait aimé avoir conscience lorsqu'il avait le même âge et qu'il traversait la même crise. Est-ce que cela payait ? Peut-être, pour l'heure, il était sûrement trop tôt pour émettre un pronostique viable toujours est-il que l'hostilité dont faisait preuve l'adolescent dès les premières secondes de l'entrevue, s'amenuisaient de minutes en minutes. Cela annoncerait-il une première victoire pour l'inspecteur en herbe ?!

« -Un abandon ?! Hum… je vois. Ce ne doit pas être facile tous les jours n'est-ce pas ?! » L'histoire semblait se répéter. Frank ne savait rien de la mère de Marlon, mais il imaginait sans mal que, comme la sienne, la femme se démener pour offrir ce qu'elle pouvait à ses enfants. Étant seule la tâche se compliquait, c'est indéniable. Elle devait sûrement accumuler les heures supplémentaires, voir les boulots pour subvenir au besoin de sa famille. Peut-être, (sûrement) était-elle pourvue de quelques défauts susceptibles d'ameuter les services sociaux d'où l'inquiétude du jeune Marlon qui continuait encore à supplier Frank. Attristé par la situation à laquelle il s'identifiait sans mal, le jeune flic se pourvût d'une nouvelle mission à sa portée et promit dès lors au jeune garçon, qu'il ne laisserait pas les services sociaux intervenir. Comment allait procéder ? Il l'ignorait encore, mais nul doute qu'il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que ces fouilles merdes aillent jouer les pseudo-héros ailleurs. Passé la mise au point, l'Américain continua à se montrer rassurant à l'égard de l'ado quitte à lui raconter à son tour son histoire. Une histoire qui faisait bien sûr tristement écho avec ce qu'il vivait actuellement. L'émotion à son paroxysme, le blondinet ne put se résoudre à lutter plus longtemps et craqua devant Frank qui sortit un paquet de mouchoirs de la poche de sa veste dans laquelle trônait encore son petit calepin. Démontrant d'une abnégation dont il ignorait encore l'existence, l'Américain fit promettre à la victime qu'il était de son côté, mais qu'il fallait toutefois trouver le courage de tout lui raconter afin de mettre un terme à l'agissement des harceleurs avant qu'il ne soit trop tard.Turner ne manquait pas d'arguments pour servir son propos et sembla convaincre l'adolescent qui après avoir séché ses larmes commença son récit. L'inspecteur en herbe pour ne rien louper, récupéra aussitôt son calepin et le crayon gris hp qui allait de paire avec l'objet.

Les premières notes noircirent très rapidement la première page du carnet avec des écrits et annotations que lui seul serait capable de retranscrire. Marlon semblait bien parti jusqu'à l'évocation d'un évènement survenu récemment. Frank cessa aussitôt d'écrire et posa un regard bienveillant sur son interlocuteur. « -Sache que tu si tu ne veux pas en parler, rien ne t'y oblige Marlon. Je veux que tu te sentes libre de me dire ce que tu as envie de me dire d'accord ?! » Mais il voulait aller au bout démontrant d'un grand courage malgré la rudesse de son récit. Mâchoires serrées, Frank continua à prendre des notes, sentant en lui la colère monter. Lui-même avait subi pareils sévisses et parvenait à se souvenir sans mal, des éclats de rire de ses bourreaux qui en groupe se sentait tellement fort à l'inverse de Frank seul contre tous. Nul doute que Marlon avait ressenti la même chose. Le flic tenta de ne rien laissait paraître et continua à prendre des notes jusqu'à arriver à la conclusion de l'histoire. Conscient de la difficulté de l'adolescent, le flic délesta son calepin pour couvrir le gamin de toute son attention. « Écoute, j'irai parler au concierge, car il me faut aussi son témoignage. Je serais discret ne t'en fais pas.De même que je dois me rendre à ton lycée pour interroger le proviseur. C'est la procédure. Ca te déplaît, je sais, mais ça doit être fait. Dans cette histoire, l'équipe éducative a aussi sa responsabilité Marlon. Maintenant, je vais te demander quelque chose que tu n'es pas obligé d'accepter si vraiment, tu ne t'en sens pas capable. Il me faut les noms de tes agresseurs tous sans exception. Ce qu'ils t'ont fait en plus d'être dégradant, n'est pas légal. C'est un délit et les délits doivent être punis. Tu comprends ? De toute façon, je trouverais, je suis du genre têtu et ayant moi-même subit ce genre d'attaque, je suis à même de vite trouver les coupables. Je vais te laisser ma carte. Il y a mon numéro de portable dessus. Tu peux m'appeler à n'importe quel moment, je répondrais. Maintenant, je vais te laisser te reposer un peu. Je repasserais te voir avant ton départ promis. »

Il se leva prenant soin de ranger son calepin à la bonne place, puis déposa sa carte de visite sur la table de chevet du jeune adolescent. « -Et si jamais tu veux parler d'autre chose, tu peux aussi m'appeler. Considère-moi comme un ami et non comme un flic d'acc ?! » Il lui offrit le plus franc de ses sourires avant de tourner les talons pour regagner la porte.
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() message posté Lun 14 Aoû - 16:11 par Marlon D. Wallenstein
J'ai fais non de la tête quand il me dit que ça ne doit pas être facile. Non c'est le moins qu'on puisse dire. Je lui en voulais à ce père que je n'avais pas vraiment connu. Je ne savais pas pourquoi il était parti, je ne savais pas si c'était à cause de nous où si c'était parce qu'il avait d'autres raisons, quoi qu'il en soit je n'arrivais pas à ne pas lui en vouloir. C'était peut-être mieux pourtant que je ne le connaisse pas selon les descriptions de ma mère. J'ai pourtant haussé les épaules ne voulant pas avouer que ça me touchait, parce que j'étais déjà bien trop misérable pour en plus ajouter ça.

Je ne savais pas si ce qu'il m'avait dit était vrai mais il confirmait. C'était étrange qu'il soit devenu flic. Il aurait pu prendre une toute autre voix mais il s'en était sorti. Peut-être qu'il y avait de l'espoir ? Je me demandais comment il avait fait pour devenir policier et pour oublier tout ça. Ça n'avait pas du être facile et je savais que ça ne le serait pas pour moi. J'avais déjà de la misère a passer les couloirs de l'école sans avoir la boule au ventre alors y retourner serait tout autant compliqué et je n'avais pas envie d'ailleurs d'y remettre les pieds. J'espérais quelque part qu'on me changerait de lycée. Il m'a tendu un mouchoir que j'ai pris. Je me trouvais tellement nul. J'avais l'impression parfois de ne pas être vraiment un homme et ça me rendait furieux. Je ne savais pas pourquoi j'étais toujours aussi sensible et ça m'agaçait. Je n'avais pas envie qu'il aille voir le concierge ni le proviseur et quand il m'a demandé des noms j'ai fait non de la tête. Je lui ai répondu :

« Non. Je n'ai pas envie de donner de noms … je ne peux pas faire ça. Si je retourne au lycée ça va être pire et je n'ai pas envie qu'ils me déteste encore plus ... »

Je n'envisageais pas de retourner au lycée tout de suite de toute manière, c'était trop demandé pour moi mais on ne savait jamais. Je ne voulais pas me retrouver nez à nez avec eux. J'ai fais confiance à la mauvaise personne. C'était en partie de ma faute mais je ne pouvais pas savoir qu'il me ferait ce coup là et je n'avais pourtant pas envie qu'il ai des ennuis.

« Je ne veux pas qu'ils aient des ennuis à cause de moi.»

C'était assez comique de m'entendre dire ça alors que c'était moi la victime au final, mais je n'avais pas envie que ça empire et pourtant j'étais en colère, pourquoi est-ce qu'ils étaient aussi dur avec moi simplement parce qu'ils m'avaient vu embrasser un autre garçon ? Est-ce que c'était mal ?

«Si je dis leur noms qu'est-ce qui leur arriverait ? »

Je voulais savoir avant d'envisager de les dénoncer ou pas. Je n'avais pas non plus envie que ça se reproduise avec d'autres, mais je ne voulais pas avoir d'ennuis.
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() message posté Ven 18 Aoû - 15:36 par Frank Turner
C'était étrange, tellement que ça en devenait troublant. À quelques détails, près, ils partageaient la même histoire. Frank en arrivait à se dire que sa présence sur cette enquête n'était aucunement le fruit du hasard. Un constat qui paraissait impossible toutefois. Il aurait déjà fallu que son boss soit au courant de son passif d'enfant battu et d'adolescent humilié. Chose qui à l'heure actuelle ne figurait sur aucun dossier. Oui, tout le monde dans le service ignorait cette triste vérité, qui justifiait en partie l'attitude du jeune homme. Toujours est-il que le hasard avait bien fait les choses en mettant Marlon sur la route de Frank à ce moment très précis. Les sceptiques se contentaient d'un hochement de tête, tandis que les superstitieux y verront là un coup de pouce du destin. Ni loin ni l'autre, Frank n'était pas du genre croyant, sûrement trop pragmatique toujours est-il qu'il était là et qu'il devait faire son boulot et rendre la vie de Marlon moins difficile. Cela commencé par récolter des informations supplémentaires pour comprendre et pour se faire le jeune inspecteur avait prévu d'interroger le concierge et le proviseur, les personnes censées avoir des informations fiables à lui transmettre.

Mais si la procédure semblait simple à appliquer pour le pauvre Marlon, c'était une toute autre affaire. Tout dans son attitude laissait présager le repli sur lui-même. Le regard fuyant, l'air distrait voir même absent, le pauvre adolescent était totalement perdu. Allait-il même un jour retourner au lycée ?! N'avait-il pas fini par renoncer à se battre tout simplement ? L'air désolé, Frank le fixa, le calepin sur le genou, le crayon en main, il venait de poser ce qui semblait être la question fatidique. Dans une telle affaire, il était primordial d'avoir des témoins et donc des noms. Mais il fallait aussi des responsables à punir. Là encore, l'inspecteur en herbe tâcha de se montrer rassurant pour calmer les appréhensions de la jeune victime. « -Hey je t'arrête tout de suite ! Je sais que c'est dur et plus facile à dire qu'à faire, mais si tu pars de ce principe, ça recommencera. Et si ce n'est pas toi, ça sera quelqu'un d'autre Marlon. C'est un cercle vicieux. Je veux t'aider, mais pour ça, j'ai besoin de connaître toute l'histoire et tous les protagonistes qui en font parti. Marlon tu ne rend service à personne et encore moins à toi-même » Il prit donc soin de déposer sa carte et de lui faire savoir qu'il était à sa disposition si l'envie lui prenait de parler. Et alors qu'il s'apprêtait à s'en aller le jeune homme émit une dernière interrogation qui força le flic à mettre un terme à son entreprise.

« -Déjà ce qu'il faut que tu saches, c'est que les faits sont punis même s'ils n'ont pas été commis dans l'enceinte des bâtiments du lycée. En cas de condamnation, ce sont les parents des auteurs des faits, s'ils sont mineurs, qui peuvent être amenés à indemniser la victime ou ses parents. Et ça peut s'alourdir au vu des circonstances. Je pense que si le directeur fait correctement son travail, ils seront expulsés. Mais puisque tu ne veux pas qu'ils aient des ennuis, je suppose que nous n'irons pas jusque-là. Tout dépend de toi Marlon ! Moi, je ne demande qu'à t'aider, tu sais ! Aller repose-toi, je passerais plus tard ! » Et sans attendre, l'inspecteur Turner quitta la chambre, avec le secret espoir que le jeune homme se décide à témoigner vraiment contre ses agresseurs afin qu'il puisse l'aider au mieux.
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