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She ran away in her sleep and dreamt of paradise, every time she closed her eyes ♥︎ Samuel

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() message posté Jeu 31 Aoû - 17:05 par Lilly R. Adams

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Samuel & Lilly

She ran away in her sleep and dreamt of paradise,

every time she closed her eyes


Depuis l’accident, mes journées sont un peu moroses. Un peu pareilles. Elles se ressemblent et pourtant j’ai toujours voulu faire en sorte qu’elles passent rapidement. Parce qu’il paraît que seul le temps peu aider à avancer. Il m’a fallu du temps pour me remettre de cet accident et si physiquement je retrouve petit à petit un semblant de forme et d’autonomie, j’ai toujours l’esprit embrumé, les souvenirs douloureux et un cœur souffrant toujours de ce genre de blessures qu’on ne peut vraiment réparer que par nous-même, qu’avec le temps paraît-il. Ce matin-là, j’ai passé une partie de mon temps allongée sur mon lit à dessiner. A croire que je ne fais que ça depuis que j’ai retrouvé les moyens de le faire. C’est toujours ce même visage, ce brun à la mèche rebelle. A chaque nouvelle page, ce même visage avec un trait toujours un peu plus franc à chaque nouvel essai. Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle je m’évertue à le dessiner, ce gars-là. Peut-être que lorsque j’estimerais que mon croquis sera assez ressemblant, qu’il s’agira d’un déclic pour arriver à l’extirper de ma tête. Ou pas. C’est un visage que je peine à mettre de côté, lui ou ses belles paroles. Je crois que finalement, les souvenirs que j’ai avec Pierre sont agrafés à ce visage que je ne cesse de dessiner, comme pour me le sortir de la tête. Il y a des jours avec, et des jours sans. Aujourd’hui j’ai l’impression que ça commence mal et pourtant, chaque jour se ressemble. Son absence se fait ressentir un peu plus au fur et à mesure des jours qui défilent. Alors non, je n’arrive pas à comprendre comment le temps peu apaiser la douleur alors que c’est un peu plus dur chaque jour. Une épreuve, un level à passer pour repousser ses limites. A force d’avancer, la difficulté est plus grande. Je me demande combien de niveaux a cette « mauvaise passe que le temps doit effacer ». Mais je crois que le plus dure dans cette histoire, c’est qu’au fond, j’ai toujours un peu d’espoir. Et c’est sans doute ce qui me blesse le plus.

Finalement j’abandonne mon calepin à dessins sur mon lit et prends la direction de la salle de bain pour me doucher, mettant de côté mes pensées les plus déprimantes. La journée était censée être bonne aujourd’hui. Et si j’avais longuement reproché à mon père son cruel manque de temps, il aurait été hypocrite ou simplement déplacé de tirer une tronche de six pieds de long alors qu’il a mis son travail de côté pour passer la journée avec moi. Pourtant depuis ce matin je ne suis pas encore réellement entrée dans une discussion quelconque, ni avec qui que ce soit, mais je sais par expérience que la douche est un peu comme un remède miracle. Une façon naturelle de chasser les mauvaises pensées et faire revenir la bonne humeur. Au moins le temps de quelques heures. Depuis que je suis à Londres, je n’ai pas mis un pied dans un zoo. En réalité je ne me rappelle pas en avoir mis un en Espagne non plus. Si, dans un aquarium offrant un spectacle de dauphins et autres mammifères marins susceptibles de pouvoir animer la galerie en montrant ses prouesses dans une piscine. Un peu comme au Loro Parque à Ténériffe, là où ma maman m’avait emmenée alors que je n’étais encore qu’une enfant. Depuis son travail lui a pris du temps et moi, je crois que ce genre de distraction ne me tentait plus vraiment. L’idée du zoo avec mon père, je l’avais acceptée avec le sourire aux lèvres. Rares étaient les souvenirs d’enfances que j’avais avec lui, mais je me rappelle au moins d’une journée dans un zoo, à croire que c’était un peu comme une piqure de rappel ou bien simplement une façon de se remémorer le passé pourtant un peu trop lointain pour que je m’en rappelle totalement. Quoi qu’il en soit, j’avais au moins mis mes pensées négatives de côté, ne serait-ce que pour cette après-midi.

Vêtue d’un pantalon blanc en jeans, d’une blouse blanche et d’Adidas fuchsias j’avais assorti le tout d’une veste de la même couleur que mes chaussures. Devant le miroir de ma chambre, je mis plusieurs dizaines de minutes à dompter mes cheveux à l’aide d’un élastique. J’avais finalement glissé mon portable dans la poche de mon jeans ainsi que ma carte d’identité m’évitant la corvée de me trimballer partout avec un sac, et puis je rejoignis le salon en m’adressant à mon père « C’est bon, j’suis prête ! On y va ? » Le sourire aux lèvres, j’enchainai « Ca va, tu ne te sens pas trop vieux d’emmener ta fille de vingt ans au zoo ? »




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() message posté Ven 1 Sep - 16:11 par Samuel A. Adams

J’espère que tu en tireras le meilleur, j’espère que tu verras des choses qui te secoueront. Que tu ressentiras des choses que tu n’as jamais ressenties. Que tu rencontreras des personnes qui ont un point de vue différent. J’espère que tu seras fière de ta vie. Et que si tu découvres que ça n’est pas le cas, j’espère que tu auras la force de tout recommencer.Father & daughter

La vie est une série de destins et d’incidents croisés échappant à notre contrôle.


L'été touchait à sa fin. Dans peu de temps, toute la ville serait de nouveau agitée. C'était sans doute le premier vrai été que Samuel avait passé depuis qu'il avait emménagé à Londres. Il avait réduit ses horaires, prit quelques congés, bref c'était pour lui quelque chose de nouveau. L'accident de Lilly avait pas mal bouleversé leur quotidien. Cela faisait plusieurs mois que cela c'était déroulé et ils commençaient tous à voir le bout du tunnel. Samuel avait veillé au grain les premiers temps, parce que la rééducation était nécessaire et qu'il ne voulait pas laisser sa fille seule trop longtemps. Il avait chaperonné chaque séance, avait tenu à ce qu'elle prenne son traitement, à ce qu'elle puisse voir du monde si elle le souhaitait. Avec Callie, ils avaient également fait des efforts pour communiquer. Le bien être de Lilly passait avant leurs disputes et leurs désaccords. Et Samuel devait reconnaître que sa relation avec sa fille était meilleure également. Ils avaient apprit à se supporter l'un l'autre, à s'appréhender, à se connaître d'avantage. Au delà de la relation père-fille, Samuel avait tenté de soigner ses blessures comme il pouvait. Si changer ses pansements et veiller à ce qu'elle soulage sa jambe était une chose, essayé d'éponger sa peine en était une autre. La perte de Pierre semblait avoir laissé un vide infini dans le cœur de sa fille. Samuel n'était pas vraiment bon à ce jeu là. Il était médecin et tout ce qui concernait les blessures physiques était dans ses cordes, mais quand il s'agissait de consoler une peine de cœur, il était mal embraqué. Et puis Lilly n'était pas du genre à se confier à son père sur sa rupture sentimentale.

Samuel s'était donc levé tôt ce matin. Bientôt, l'année scolaire allait reprendre et avec elle son rythme caractérisé. Lilly avait eut l'accord de son kiné pour reprendre une vie normale et elle finirait bien assez vite par retrouver la poudre d'escampette. Aussi, Samuel avait eut l'idée de lui proposer une sortie ensemble afin de terminer l'été en douceur. Il avait le souvenir d'elle au zoo étant enfant. Quand Lilly venait passer du temps avec lui en Australie, Samuel l'emmenait souvent voir les animaux. La petite pouvait passer des heures à observer les bêtes, sans oublier de lui poser un tas de questions. Ces moments complices lui manquaient et il espérait qu'il n'était pas trop tard pour en connaître de nouveaux. Quand il avait proposé cela à Lilly, il s'était attendu à ce qu'elle se moque de lui. Elle avait 20 ans aujourd'hui et il était loin le temps où elle tirait son père par la main pour lui montrer les éléphants pour ensuite réclamer une glace. Mais contre toute attente, la jeune femme avait accepté avec joie. Sans grimaces, sans mauvaises blagues, elle avait juste dit oui. Alors en se levant ce matin-là, il avait préparé un brunch sympa. A ce niveau là, il avait fait quelques efforts. Lilly avait passé le plus clair de son été ici, alors il avait voulu lui apporter un peu de gaieté. Après le repas, Lilly était allé se reposer dans sa chambre tandis qu'il était allé courir. A son retour, il fila sous la douche. Il laissa tout son temps à Lilly pour se préparer. Pendant des mois, elle avait souffert de la perte de motricité de sa jambe ainsi que de son bras, rendant tout geste du quotidien compliqué. Il savait qu'elle avait besoin de temps et il était prêt à le lui offrir.  Finalement, la jeune femme le rejoignit dans le salon. « C’est bon, j’suis prête ! On y va ? ». Son sourire lui réchauffa le cœur. Ils étaient devenu rares depuis l'accident, aussi, il appréciait de voir sa fille s'ouvrir un peu plus chaque jour. « Ca va, tu ne te sens pas trop vieux d’emmener ta fille de vingt ans au zoo ? » Et elle avait retrouvé son sens de la répartie. Il lui souria franchement. « Absolument pas. Et je te remercie de me traiter de vieux mais je me sens encore jeune dans ma tête ». Et il le pensait. « Bon ça suffit jeune effrontée, en route ! ».

Ils venaient de franchir l'entrée principale. Samuel constatait que Lilly avait encore des craintes en montant en voiture. Malgré sa conduite prudente, il avait vu sa fille sursauter à quelques reprises. Il était toujours aussi en colère contre ce type, ce Julian. Et aussi contre ce Pierre qui la rendait si triste. Aucun père n'aimait voir son enfant souffrir et en quelques mois, Samuel avait vu Lilly survivre à un grave accident de voiture et subir une rupture amoureuse. Samuel glissa un regard vers sa fille. Elle semblait à l'aise ici, même s'il devinait qu'elle serait fatiguée en rentrant. « Bon, on commence par quoi ? ».  


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() message posté Jeu 28 Sep - 17:29 par Lilly R. Adams

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Samuel & Lilly

She ran away in her sleep and dreamt of paradise,

every time she closed her eyes


Si j’avais pu avoir plusieurs choix d’avenir, je ne pense même pas que travailler dans un zoo, ou avec des animaux simplement m’aurait vraiment conquise. J’aime les animaux, au moins au point de passer un peu de temps au travail de Joleen, à nourrir ses petits pensionnaires, mais pas au point de vouloir m’y rendre tous les jours et vouloir faire de ce passement de temps, un réel métier. Néanmoins, passer l’après-midi au zoo, j’avais accepté même si ça pouvait sembler un peu enfantin. Je suis d’ailleurs certaine qu’une fois sur place, je ne serais pas la seule fille de la vingtaine à m’y rendre. Est-ce vraiment une histoire d’âge, le zoo ? Est-ce vraiment les animaux qui m’avaient motivée ? Un peu, mais d’un autre côté j’avais aussi voulu faire des efforts quant à la relation avec mon père. Entre nous, c’est pas ce qu’on peut appeler un lien père-fille très présent, bien que ça se soit un peu améliorer depuis l’accident. Malgré tout, j’ai l’amère impression qu’on a peu de choses en commun, à part peut-être le nom de famille. C’est décevant d’avoir cette pensée, mais je vis toujours cette pseudo-expérience à Londres comme si un jour on me dirait que finalement, je pourrais retourner chez ma mère. C’est probablement naïf, et pourtant j’ai pas envie de passer ma vie à Londres, j’aime pas cette ville, ni les gens qui y vivent. J’ai pas encore vécu de moments me donnant envie d’y rester, pire encore j’ai même l’impression que cette ville me donne de bonnes raisons de vouloir la quitter.

Me reposer, j’ai l’impression de faire que ça en ce moment. Je crois que même ma grand-mère est plus active que moi. D’ailleurs, je suis persuadée que ne rien faire épuise encore plus que faire quelque chose de ses journées. Les miennes sont d’un ennui mortel et le fait de les passer avec un climat comme celui de Londres, c’est encore pire. Ou bien c’est totalement subjectif étant donné que je ne porte pas cette ville dans mon cœur ; si je voulais, je lui trouverais tous les défauts du monde, tous les défauts qu’une ville pourrait porter. Finalement, lorsque je fus enfin prête, j’avais mis mes pensées maussades de côté pour laisser place à une perspective journée agréable. Un peu sceptique au fond, mais je ne pars pas démotivée, plutôt souriante même si ce n’est pas mon sentiment le plus présent en ce moment. En entendant la réponse de Samuel, je levai les yeux au ciel, sceptique. Non pas qu’il était bien vieux, c’est vrai que comparé à mes amies, mes parents étaient plus jeunes. De ce côté-là, je n’avais pas trop à me plaindre et si ma mère avait un esprit relativement ouvert, je demande à garder le bénéfice du doute quant à celui de mon père « Donc le weekend prochain je peux aller à Malaga pour l’anniversaire d’un ami ? » lui demandais-je, curieuse de voir sa réaction. En réalité, je n’avais aucun anniversaire de prévu ou du moins pas en Espagne, mais je voulais surtout tester sa jeunesse d’esprit en sachant pertinemment qu’avec Callie, je l’aurais eue à l’usure. Néanmoins, s’il venait à accepter, je comptais bien en profiter et passer le weekend chez ma nana. « Remarque, si toi tu veux pas, maman elle voudra bien. Il suffit de la travailler un peu pour qu’elle cède » ponctuais-je. Pour ça, je connaissais assez ma mère et puis l’Espagne était son pays, l’endroit où elle était née, où elle avait grandi. Forcément qu’elle accepterait, j’en étais certaine. Non, je n’étais pas du tout en train de le tester, pas du tout.

Arrivés au Zoo, je m’imprégnais de l’endroit, alors que je n’y avais jamais mis les pieds. Certains parcs animaliers étaient plus beaux que d’autres, plus accueillants et celui-ci n’était pas si mal. En pleine réflexion suite à la question de mon père, je me laissais guider par mes coups de cœur « On peut peut-être aller voir les éléphants ? » non pas que je trouve cet animal adorable, ni magnifique, mais j’ai toujours été un peu attirée par ce mammifère. Ne serait-ce que par le doudou que j’avais quand j’étais petite, et que j’ai toujours d’ailleurs, représentant un éléphant ou encore ce symbole de l’Inde qui est un des pays pour lequel j’éprouve une vraie passion pour la culture « Tu sais qu’en Inde, le dieu le plus vénéré c’est Ganesh et qu’il est représenté par une tête d’éléphant ? » Je ne suis pas croyante, mais si un jour je devais l’être, je crois que la religion la moins stupide est la plus fascinante reste encore l’hindouisme « Ca te plait vraiment de vivre à Londres ? » finis-je par demander, alors que ça n’avait strictement rien à voir avec ce dont on parlait juste avant. « Moi c’est bon, j’en suis vaccinée… »




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() message posté Mar 10 Oct - 16:19 par Samuel A. Adams

J’espère que tu en tireras le meilleur, j’espère que tu verras des choses qui te secoueront. Que tu ressentiras des choses que tu n’as jamais ressenties. Que tu rencontreras des personnes qui ont un point de vue différent. J’espère que tu seras fière de ta vie. Et que si tu découvres que ça n’est pas le cas, j’espère que tu auras la force de tout recommencer.Father & daughter

La vie est une série de destins et d’incidents croisés échappant à notre contrôle.


Sans trop se l'avouer, Samuel attendait beaucoup de cette journée. Durant les derniers mois, il avait vu sa relation avec sa fille évoluer, puis régresser, avant de finir par stagner. Il aurait pu se contenter de ça, prétendre que c'était mieux que rien et qu'il devait s'estimer heureux que Lilly le déteste un peu moins. Mais ce n'était pas le genre de Samuel de baisser les bras. C'était un compétiteur dans l'âme, un homme qui n'aimait pas perdre, et avoir l’impression que sa fille lui filait entre les doigts lui était intolérable. L'accident avait, contre toute attente, permit au père et à la fille de mieux se comporter l'un envers l'autre, sans pour autant mieux se comprendre. Samuel était jaloux de la relation qu'avait Lilly avec sa mère. Les deux femmes se connaissaient par cœur, en plus d'être fusionnelles. Samuel observait leur relation comme un étranger, comme s'il voyait la scène à travers un judas de porte, sans être invité, mais pouvant être témoin d'une scène. Néanmoins, il souffrait moins de cela maintenant que Lilly était plus souvent à la maison. Ils n'avaient jamais autant passé de temps ensemble que cet été, même si pour Lilly, cela n'était pas un choix mais la conséquence de ses séquelles de l'accident. Aussi, Samuel savait qu'elle finirait par partir de nouveau, par fuir le loft pour retrouver ses amis et plus souvent Callie. Le temps était compté avant qu'elle ne s'échappe à nouveau et qu'elle mette en péril, sans le savoir, la fragile nouvelle relation entre eux.  « Donc le weekend prochain je peux aller à Malaga pour l’anniversaire d’un ami ? Remarque, si toi tu veux pas, maman elle voudra bien. Il suffit de la travailler un peu pour qu’elle cède » Samuel hausse un sourcil. La simple idée que Lilly parte deux jours loin de Londres le met dans tous ses états. Elle se remet tout juste et au delà du rôle médical qu'il s'est octroyé dans son suivi, en tant que père, il n'a aucune envie de la savoir aussi loin. Pas après Pierre. Pas après Julian. Néanmoins, il ne peut lui dire non directement de peur de la voir se braquer le reste de la journée et donc de voir voler en éclat cette journée rien que pour eux. De plus, il n'aime pas vraiment le fait que Callie pourrait accéder si vite à sa demande. Là encore, ils semblent en désaccord, mais pas question de le faire comprendre à Lilly. « On en reparlera avec ta mère, mais je pense que tu n'est pas encore assez remise pour prendre l'avion », dit-il simplement. Ce qui est vrai, même si cela cache d'autres arguments bien plus égoïstes comme la crainte de savoir sa fille si loin avec des inconnus.

 « On peut peut-être aller voir les éléphants ? » Samuel n'est pas vraiment surprit et il lui fait un franc sourire. Il aime que certaines choses ne changent pas, comme le fait que Lilly apprécie toujours les éléphants, même des années après. Ils entament donc doucement le chemin vers l'enclos des pachydermes. Samuel songe alors qu'ils pourraient croiser Lorena. C'est ici même qu'il l'avait quitté, des mois plus tôt, alors qu'elle lui faisait visiter son lieu de travail. Avec un sourire, il songea aux arguments qu'il lui avait donné et coula un regard vers Lilly. C'était en partie pour elle, mais aussi pour son poste de chef, qu'il avait prit cette décision. Et il ne l'avait jamais regretté. Après tout, sa vie n'avait pas été des plus simple ces derniers temps et il était heureux d'avoir prit du temps pour lui, mais surtout pour Lilly. « Tu sais qu’en Inde, le dieu le plus vénéré c’est Ganesh et qu’il est représenté par une tête d’éléphant ? » Samuel se tourne vers elle. C'est vrai que sa fille adorait l'Inde... « Je savais pas, non. », lui répond-il en poursuivant leur route. Il était assez fière de voir que sa fille s’intéressait à pas mal de choses et pas seulement aux garçons. Il se souvenait vaguement de ses sœurs au même âge, toutes deux plongées dans des études qui les passionnaient également. Samuel allait justement lui parler de sa rentrée quand elle le prit au dépourvu :  « Ca te plait vraiment de vivre à Londres ? Moi c’est bon, j’en suis vaccinée… » Il esquissa un sourire. Dans le fond, il le savait. Lilly avait été forcé de quitter Madrid, de quitter son monde, sa famille, ses racines, pour venir vivre chez un homme qu'elle considérait comme un étranger. Il y avait de quoi être dégoutté. Samuel ne lui en voulait pas, il avait lui même vécu le départ de son pays pour ici, mais ne l'avait jamais ressentit comme elle. « Je trouve que c'est une jolie ville, oui. Et puis c'est un lieu très intéressant pour les débouchées professionnelles... », commença-t-il avant de voir le regard appuyé de sa fille, visiblement agacée qu'il parle déjà de travail. « Enfin moi je m'y plaît maintenant. Mais je comprend que tu veuille retourner à Madrid, non, je te jure. Ta grand-mère et ta tante te manquent ? », demanda-t-il gentiment. Il savait que sa fille était très liée à sa famille maternelle, alors même que sa famille paternelle ne vivait que tout près. Seulement Lilly n'avait jamais eu la même accroche avec Amanda et Charlotte, qu'avec Mila. « Dit toi que c'est une nouvelle année qui commence, avec de nouvelles opportunités. Tu vas pouvoir reprendre ta fac d'archi et tu pourra même le faire sans béquilles, cool non ? ».


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@Lilly R. Adams
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() message posté Sam 21 Oct - 0:26 par Lilly R. Adams

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Samuel & Lilly

She ran away in her sleep and dreamt of paradise,

every time she closed her eyes


Lorsque j’avais prévenu ma mère que j’allais passer la journée au zoo avec mon père, cette dernière s’était aussitôt empressée de me rappeler d’en profiter, mais surtout d’être indulgente. Elle savait que la relation entre lui et moi n’était pas toujours au beau fixe. Parfois les reproches volaient, parfois la maladresse opérait, et parfois le silence régnait. Un silence de plomb, comme si chacun faisait sa petite vie de son côté, sans se rappeler que l’autre existe. Quant aux reproches, il y en avait des deux côtés, mais sans doute étais-je celle qui aimait les clamer le plus haut et le plus fort. Néanmoins, depuis l’accident, j’essayais de mettre ma rancœur à part, au moins encore quelques semaines. Ca n’a pas été facile pour moi, mais je sais également que pour mon père non plus. Et j’ai beau lui en vouloir d’avoir loupé une grande partie de ma vie, et de ne pas avoir désiré mon existence, je crois que je ne lui en veux pas assez au moins de lui faire vivre un autre enfer que celui de mon accident. Et puis je sais aussi que ma mère s’inquiète un peu pour lui. Je le sais, ou je l’espère. Elle veut que lui et moi trouvions une relation père-fille. Un désir qui à mon sens est un peu précoce étant donné l’eau qui doit encore couler sous les ponts, avant de vraiment regagner cet équilibre familial. Je sais au fond de moi que le papa pour qui j’éprouvais toute cette affection et cet amour de petite fille alors que je ne mesurais encore qu’1m10 les bras levés me manque cruellement, et que j’en ai besoin. Mais j’ai aussi l’impression que cette petite fille d’antan n’existe plus et qu’aujourd’hui, je ne peux plus que me retourner, et contempler ce souvenir si lointain. Un temps révolu inaccessible, que je ne parviens pas à rattraper et c’est peut-être ce qui me brise un peu plus chaque jour.

Si j’ai l’impression de vivre avec un inconnu, j’ai quand même appris à le connaître après ces quelques mois de vie commune. Je sais qu’il est beaucoup plus fermé que ma mère quand il s’agit de sortir, par exemple. Et pourtant, ça ne m’a pas empêché de le faire, avec ou sans son accord. Sans doute sautais-je sur ses absences, ses horaires de folie à l’hôpital alors que je ne manquais pas de lui rappeler que dans sa vie, il n’y avait pas que ses malades. Moi aussi, j’existe. Depuis l’accident, les choses ont changé, et pour ça, je ne peux le lui reprocher. Ses efforts, je les vois et j’essaie d’en faire autant de mon côté, comme accepté cette petite balade, ou sauter sur l’occasion pour le taquiner surtout quand il me lance une perche telle que celle concernant sa jeunesse d’esprit. Son haussement de sourcil me montre ce que je veux voir : de l’inquiétude, ou du moins cette appréhension quant à l’idée que je me rende toute seule en Espagne, et pire encore quand il s’agit d’un anniversaire. Le dernier anniversaire que j’ai fêté là-bas est le mien, et autant dire que ma mère s’en souvient par l’état dans laquelle on lui a littéralement retourné toute sa maison. Sur mon visage un sourire sincère et chaleureux se dessine, presque fière d’avoir réussi à le faire marcher « Tu devrais voir ta tête, j’ai l’impression de t’annoncer que je pars vivre à Walis et Futuna… » lançais-je, enthousiaste « Mais je rigole, papa ! J’voulais voir le visage de ta jeunesse d’esprit. Il ressemble drôlement à celui du père réac’ d’ailleurs. » continuais-je en le taquinant un peu plus encore.

Quant aux éléphants, c’est toujours cette même histoire d’amour. Peut-être pas au point de dormir avec le doudou de mon enfance, bien que je l’ai toujours quelque part dans mes affaires, mais c’est un mammifère que je trouve symbolique, comme les indiens. Non pas que je crois en l’hindouisme, mais je me sens assez intéressée par cette culture pour m’être renseignée sur la question « Joleen elle travaille au zoo parfois et elle a dit que le jour où elle ira dans l’enclos des éléphants, elle me tiendrait au courant pour que j’aille avec elle. J’ai trop hâte ! » Je ne sais pas vraiment si mon père connaît Joleen. Ma mère bien, pour m’avoir déjà emmenée à son cabinet de vétérinaire une fois ou l’autre, mais je pense quand même lui en avoir déjà parler. Au moins un peu. J’apprécie beaucoup cette femme et les petits moments passés avec elle et son arche de Noé aussi.

J’écoute mon père me parler de Londres comme étant une jolie ville. Esthétiquement parlant, on ne peut pas lui enlever, c’est vrai. C’est même plus beau que l’Espagne à certains endroits, mais c’est pas comparable. Si les anglais semblent trouver un certain charme à cette pluie, moi j’ai encore du mal à positiver en voyant un ciel gris et morose « En Espagne ils ont aussi des hôpitaux, tu sais. » Autrement dit, autant demander directement pourquoi cette ville et pas Madrid ou Barcelone. Peut-être que la barrière de la langue fait qu’il ne pouvait pas s’y installer, ou peut-être n’en ressentait-il juste pas l’envie. Et pourtant, je sais que ça fait partie de mes reproches. Pour partir de son pays vers un autre, à sa place j’aurais au moins choisi celui où vit ma fille, si vraiment j’avais envie de faire partie de sa vie. Une pensée, qui efface directement le sourire que j’arborais un peu avant « Pas vraiment. Nana elle va venir une semaine chez maman, donc je pourrais la voir et Mila, on fait des appels audio-vidéo sur skype, ou sur facetime. Ca comble un peu et puis je crois qu’elle va venir à Noël. C’est juste le mal du pays. J’ai pas de repère ici, juste des mauvais souvenirs. » Entre ma rencontre et ma rupture avec Pierre et cet accident, j’avais du mal à aimer cet endroit et à trouver quelque chose qui me donne envie de rester « T’as jamais envie de retourner vivre en Australie ? J’sais pas, rien que le climat pourri de Londres, ça devrait te faire fuir… Techniquement, t’es plutôt conditionné pour les belles plages, les kangourous, le soleil, le surf tout ça et pas la pluie, les bus rouges, les gens pressés ou encore cette allure coincée qu’ont les anglais…» Les yeux portés vers les éléphants, je me prenais d’affection pour ce moment présent jusqu’à entendre parler de cours. Oui, en fait… ben non. « Euh… en fait… » commençais-je. J’avais repoussé ce moment où il était temps d’annoncer que non, je ne voulais pas continuer l’architecture. Pourtant, mon père me tendait une perche que je ne pouvais louper. Oui oui, saisissons-la. « … J’ai pas envie de continuer l’archi. » avais-je terminé de but en blanc. Puis j’expliquais mon choix « l’histoire c’est pas mon truc. Et en architecture, on ne fait presque que ça. Etudier l’histoire des civilisation, l’histoire des matériaux, l’histoire de l’art. C’est 95 % d’histoire et 5 % de dessin. Moi j’aimerais juste… de l’art. Je m’en tape de savoir ce qu’il s’est passé il y a 500 ans. C’est révolu de toute façon. » Pinçant mes lèvres, j’appréhendais la réaction de mon père, alors aussitôt, je m’empressais d’ajouter « Je chercherais un job d’étudiant à côté s’il faut pour payer mes études, je le jure mais je ne veux pas retourner en archi. » suppliais-je à nouveau. Bon, je n’ai pas de doute sur le fait que mes parents n’ont pas besoin d’aide pour payer mes études, mais c’est un peu comme pour montrer ma motivation à vouloir entrer dans une école d’art. Au moins, si vraiment c’est la condition pour que puisse changer d’option, je suis prête à le faire. Enfin, lorsque je pensais au moment où je devais l’annoncer à ma mère, je grimace et reprends, l’air de rien « Et sinon, ça serait vraiment trop cool si tu pouvais en parler toi, à maman. Mais surtout tu lui dis de pas me crier dessus, parce que sa leçon de moral sur l’importance des études dans la vie, je peux la lui ressortir au mot près, tellement elle me l'a chanté. Tu veux bien ? » Oui oui, j’avais beaucoup d’espoir en cette demande. « Toi les crises de maman, tu les gères depuis plus longtemps que moi donc c’est bon. Finger in the nose comme vous dites, vous les anglais ! ».


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() message posté Jeu 2 Nov - 20:11 par Samuel A. Adams

J’espère que tu en tireras le meilleur, j’espère que tu verras des choses qui te secoueront. Que tu ressentiras des choses que tu n’as jamais ressenties. Que tu rencontreras des personnes qui ont un point de vue différent. J’espère que tu seras fière de ta vie. Et que si tu découvres que ça n’est pas le cas, j’espère que tu auras la force de tout recommencer.Father & daughter

La vie est une série de destins et d’incidents croisés échappant à notre contrôle.


Avait-il été indulgent, lui, avec ses parents ? Leur avait-il pardonné leurs erreurs, leurs fautes ? Samuel n'en n'était pas certain. En même temps, il n'avait pas l’impression qu'ils avaient vraiment merdé avec lui. Certes, il était l’aîné, donc celui qui prenait avant les autres, qui servait de cobaye pour les prochains. Mais Samuel l'avait bien vécu. Il avait eu une enfance heureuse, même son adolescence avait été plutôt sympa à bien y repenser. Mais il ne voulait pas comparer, même si parfois, il le faisait s'en le vouloir. Lui n'avait pas l’impression d'avoir été un enfant terrible, surtout avec ses deux sœurs plutôt agitées, qui avaient suivi. Mais une conversation avec sa mère avait remit les choses en perspective. Sa mère vivait loin, loin de ses trois enfants, de ses deux petites filles, elle pouvait donc se montrer plus lucide que lui. Samuel n'avait pas été si sage que ça du point de vue la matriarche, mais surtout, elle ne voulait pas que son fils reproduise les mêmes erreurs qu'autrefois. Et Samuel faisait son maximum pour l'éviter. Il cherchait véritablement à se rapprocher de sa fille. Ces derniers mois lui avaient prouvé à quel point la vie pouvait être courte, brutale, mais aussi magnifique. Aujourd'hui, il passait la journée avec sa fille de 20 ans au zoo, alors que le soleil était à son zenith et que l'accident se trouvait derrière lui. Il y a un an de ça, il n'aurait pas pu l'envisager. Il avait la sensation d'avoir fait du chemin depuis que Lilly s'était installé chez lui, contrainte et forcée. Pour elle, pour eux, il avait revu ses priorités, il avait travaillé sur lui-même. Mais surtout, il s'était confronté à son rôle de père, sûrement le statut le plus difficile du monde mais aussi le plus gratifiant. Quand il la regardait aujourd'hui, il voyait une jeune femme magnifique, une fille dont il était fière d'être le père. Sa pudeur l’empêchait de lui dire par moment, mais pas un jour ne passait s'en qu'il le ressente, au plus profond de lui, dans sa chair, dans ses tripes. Avant de partir, Lilly l'avait taquiné sur le père qu'il était. Elle pouvait bien le voir réac, il s'en foutait. Il préférait jouer au vieux con plutôt que tout lui céder, au risque de la perdre. Bien sûr, il préférerait qu'elle dise de lui qu'il était un père sympa, drôle et tendre, mais il savait que le chemin serait encore long. C'est pourquoi il s'était contenté de la prendre doucement par la nuque, dans un geste d'affection, sans se départir de son sourire de père poule. Une nouveauté pour lui mais qui semblait devenir une vrai nature. Il ne savait pas vraiment comment le prenait Lilly. Samuel savait à quel point elle aimait préserver sa vie privée et qu'elle serait folle de savoir ce qu'il avait pu faire pour la protéger. Néanmoins, il ne regrettait rien, persuadé de l'avoir fait pour son bien. Si elle ne comprenait pas aujourd'hui, peut être le comprendrait-elle plus tard. Après tout, lui aussi avait mit longtemps avant de comprendre certaines choses.

« Joleen elle travaille au zoo parfois et elle a dit que le jour où elle ira dans l’enclos des éléphants, elle me tiendrait au courant pour que j’aille avec elle. J’ai trop hâte ! » Il lui souria tendrement. Pendant une seconde, il crut revoir la petite Lilly, celle d'autrefois. Il revit son sourire enfantin, insouciant, celui qu'elle ne destinait qu'à lui quand ils passaient des moments ensemble. Quand Lilly n'était encore qu'une enfant qui ne savait pas la vérité, celle qui fâche et qui blesse, celle qui l'avait tant éloigné de lui. Avant, quand sa petite fille n'avait pas le cœur brisé pour un garçon, quand elle se blottissait dans ses bras par envie, par besoin. « Tu m'en fais un beau d'éléphant toi ! », plaisanta-t-il avec un sourire malicieux. Lilly n'avait rien d'un pachyderme, c'était seulement une petite blague. En vérité, il trouvait sa fille très jolie, vraiment. On pourrait dire de lui qu'il n'était pas objectif, mais il n'en démordait pas. Plus elle grandissait, plus il retrouvait Callie dans les traits de sa fille. « En Espagne ils ont aussi des hôpitaux, tu sais. » Hum... Il semblait à Samuel qu'ils avaient déjà eu cette discussion. Lilly lui en voulait toujours d'avoir prit un poste à Londres et non à Madrid. Elle avait beau connaître l'histoire, elle semblait toujours vouloir changer la fin. « Oui, mais ils n'avaient pas de poste à me proposer la-bas », conclu-t-il. Londres s'était avéré une meilleure option que rester à Sydney cependant, mais Lilly campait sur ses positions. Cela aussi, elle le tenait de sa mère. « Pas vraiment. Nana elle va venir une semaine chez maman, donc je pourrais la voir et Mila, on fait des appels audio-vidéo sur skype, ou sur facetime. Ca comble un peu et puis je crois qu’elle va venir à Noël. C’est juste le mal du pays. J’ai pas de repère ici, juste des mauvais souvenirs. » Samuel entendit la détresse de sa fille, mais il ne la comprenait pas forcément. Si ses parents étaient resté en Australie, ses sœurs et ses amis proches étaient tous ici. Il avait adopté Londres car elle abritait tous les êtres qui lui étaient chers. Néanmoins, il était heureux qu'elle puisse voir sa grand-mère et sa tante prochainement. Il avait été proche de Mila autrefois mais les choses avaient changé. Comme toujours. « Les mauvais souvenirs ça se transforment tu sais ? Je sais que c'est pas évident pour toi, mais tu peux vraiment te plaire ici. » Il le pensait vraiment. Lilly s'était braqué dés le départ, laissant peu de place au changement. Samuel, lui, était plus optimiste, plus téméraire, il laissait toujours sa chance à l'imprévu. Mais sa fille était une tête de mule et il n'était pas sûr de pouvoir changer ça. « T’as jamais envie de retourner vivre en Australie ? J’sais pas, rien que le climat pourri de Londres, ça devrait te faire fuir… Techniquement, t’es plutôt conditionné pour les belles plages, les kangourous, le soleil, le surf tout ça et pas la pluie, les bus rouges, les gens pressés ou encore cette allure coincée qu’ont les anglais…» Samuel souria à cette image. Il se souvint de sa vie australienne et par bien des aspects, cela pouvait lui manquer. Il est vrai que la mer lui manquait, tout comme les vastes étendues de plaines, mais il s'était fait une raison. Il s’adaptait vite, c'était sans doute une de ses plus grandes qualités. Lily, quant à elle, semblait avoir plus de mal. « C'est vrai que ça me manque par moment », admit-il. Il ne pouvait pas toujours la forcer à voir le positif, il devait aussi accepter qu'elle puisse ne pas voir les choses comme lui. « Mais c'est à Londres que j'ai appris à vivre avec toi, que je t'ai eu plus d'une semaine consécutive à la maison. C'est ici qu'on à découvert ensemble le petit restau libanais dans shoreditch. Donc je peux dire qu'il y a aussi des bonnes choses à Londres ». Samuel n'était pas très doué pour les déclarations, mais il tenait à lui ouvrir son cœur. Pour lui, toutes ces choses avaient de l'importance. A Sydney, il avait vécu avec le vide, la douleur de son absence, de leur absence à toutes les deux. Alors qu'à Londres, il l'avait retrouvé et ce n'était pas rien.

Ils avaient porté leurs regards vers les éléphants. Samuel n'avait pas la même fascination pour eux que sa fille, mais il se sentait bien. La conversation convergea alors vers l'avenir professionnel de Lilly.  « J’ai pas envie de continuer l’archi... L’histoire c’est pas mon truc. Et en architecture, on ne fait presque que ça. Etudier l’histoire des civilisation, l’histoire des matériaux, l’histoire de l’art. C’est 95 % d’histoire et 5 % de dessin. Moi j’aimerais juste… de l’art. Je m’en tape de savoir ce qu’il s’est passé il y a 500 ans. C’est révolu de toute façon. Je chercherais un job d’étudiant à côté s’il faut pour payer mes études, je le jure mais je ne veux pas retourner en archi. » Samuel glissa son regard vers elle. Il est vrai que sa première réaction fut la surprise. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle change de voie. Peut être qu'elle ne lui avait jamais fait comprendre qu'elle n'aimait pas. Il se mordit la lèvre. Il s'en voulait un peu de ne pas l'avoir vu venir, comme si son accident avait occulté tout le reste, même le fait que sa fille n'aimait pas ses études. Il est vrai qu'il ne s'était jamais vraiment intéressé à son travail, même s'il était fasciné par les dessins qu'il avait l'occasion de trouver en pénétrant dans son antre. Il sentit son regard comme une pique, comme s'il attendait de voir si elle devait taper une crise ou non. Une seconde fois, il crut voir la Lilly d'autrefois, mais son regard déterminé le fit revenir à la réalité. « Tu y retournera, tu finira par t'y faire », dit-il, très sérieusement. Et il s'empressa d'ajouter avant de voir un déferlement de larme ou pire, une crise de nerf en public : « Je plaisante Lilly. Je vais pas te forcer à faire un truc que t'aime pas. J'ai eu de la chance de pouvoir faire médecine sans que personne ne s'y oppose, mais peu de gens croyait en moi, à part ta mère. Je veux que tu sois fière de ce que tu fais, que tu prenne du plaisir au quotidien » Il se souvenait encore du regard de ses parents quand il avait annoncé qu'il s'était inscrit en fac de médecine. Ils ne donnaient pas cher de son échec, mais ils avaient quand même accepter de financer ses études. Par amour, par compassion. Et il avait fini premier de sa promo, il leur avait prouvé qu'il savait faire autre chose que donner des coups sur un ring ou faire le con à scooter. Aujourd'hui, il ne regrettait pas de leur avoir donné tord et il était plutôt fière que sa fille s'assume ainsi. « Du coup tu ferais quoi, une école d'art ? Et je pense pas qu'il soit nécessaire que tu travailles à côté, mais si tu veux bien faire à manger de temps en temps, ça me va », dit-il avec un clin d’œil. Parce que ni lui ni elle n'étaient des grands cuisiniers. Et qu'ils ne pouvaient pas se faire nourrir éternellement par Amanda, aussi géniale soit elle comme sœur et tante. « Et sinon, ça serait vraiment trop cool si tu pouvais en parler toi, à maman. Mais surtout tu lui dis de pas me crier dessus, parce que sa leçon de moral sur l’importance des études dans la vie, je peux la lui ressortir au mot près, tellement elle me l'a chanté. Tu veux bien ? Toi les crises de maman, tu les gères depuis plus longtemps que moi donc c’est bon. Finger in the nose comme vous dites, vous les anglais ! ». Samuel éclata de rire. Celle là, il l'avait pas vu venir non plus ! Il pouvait dire que sa fille ne perdrait pas le nord. Un brin manipulatrice, il la trouva à la fois rusé et gonflé. « Eh j'veux bien te laisser faire autre chose, mais je vais pas assumer à ta place ma grande », commença-t-il. « Mais je reconnais que c'était bien tenté. Et je sais pas si tu as remarqué, mais avec ta mère, on s'engueule moins, donc pour notre bien moral à tous, il vaut mieux continuer comme ça ».


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() message posté Ven 17 Nov - 13:53 par Lilly R. Adams

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Samuel & Lilly

She ran away in her sleep and dreamt of paradise,

every time she closed her eyes


Je n’aime pas la médecine. Ou plutôt, je n’aime pas cet hôpital. J’aimerais même foutre le feu à la maison de celui ou celle qui a proposé ce poste à mon père, tellement je lui en veux. Heureusement pour lui je ne suis ni pyromane, ni criminelle, mais sincèrement je lui souhaite tout le malheur du monde. Et si certains trouvent ça trop cool d’avoir un père chirurgien, moi je ne partage absolument pas cet avis. Après, peut-être que les autres chirurgiens n’ont pas cet emploi du temps presque aussi chargé que celui d’un président, ou peut-être est-ce simplement une façon de savoir gérer son temps. Quand je demande à ma mère ce qu’elle pense de la médecine en tant qu’étude ou travail, elle semble moins violente que moi à ce propos et pourtant elle a aussi subi ce cruel manque de temps de la part de mon père. Je pense qu’elle lui en veut toujours, mais qu’elle arrive à vivre avec ça. Alors que moi j’évite d’y penser, ce qui m’évite d’entrer dans une réelle colère contre le monde entier, mais surtout contre lui. A choisir, j’aurais préféré l’Espagne à Londres, si j’étais à sa place, mais j’aurais aussi sans doute choisi ma fille à mon travail. Sa réponse est une bonne réponse en soit, mais je ne cesse de me dire qu’elle est trop facile, et pas suffisante pour calmer ma frustration. Mais est-ce qu’une réponse serait-elle suffisante ? Je n’en suis même pas sûre « Ouais, mais maintenant ils en ont peut-être un. » Je n’avais pas l’envie de passer ma vie dans cette ville. Je ne m’y plais pas, je ne cherche même pas à m’y plaire d’ailleurs. Je sais que ma mère préfère elle aussi l’Espagne, mais sans doute est-elle plus tolérante, parce qu’elle a ce petit côté globe-trotteur qui fait qu’elle sait s’adapter à l’endroit où elle se trouve. Sydney, Londres, Madrid, Malaga et tous les autres pays où elle a déjà pu se rendre pour son travail prouvent que peu importe l’endroit où elle se trouve, elle arrivera toujours à trouver satisfaction. C’est du moins l’impression que j’ai « Au moins, tu ne perdrais même pas ton temps pour des bêtes petits rhumes, parce qu’en Espagne, personne n’a le rhume. On a quelque chose que les anglais n’ont pas : le soleil ! » repris-je avec sarcasme. En fait, je n’étais même pas certaine qu’il se préoccupe des gens ayant un rhume, ou alors autant dire qu’il perdait vraiment du temps à rien. Il devait surement y avoir du personnel moins compétent pour ce genre de chose, mais c’est peut-être simplement une façon de lui dire que son travail finira toujours par prendre le dessus sur le reste, c’était du moins ce dont j’ai la certitude.

Encore une fois, il a probablement raison en disant que les souvenirs se transforment. Ou du moins, pour certaines personnes. Je fais partie de celles qui ont beaucoup de mal à oublier, ou à passer à autre chose et faire comme si rien ne s’était passé. J’en veux toujours à Alma pour m’avoir poussée dans la cours de récréation alors que je n’avais que sept ans et pourtant, ce ne sont que des querelles d’enfants « On peut changer les souvenirs, mais on ne peut pas les oublier. Avec la meilleure volonté du monde, transformer un accident, j’y arrive pas. Et puis vous n’y avez pas été de mains mortes avec maman. Je ne connais pas la ville et je vais vivre avec toi alors que je ne te connais pratiquement pas. Et maman, elle fait sa vie sans moi, comme si j’existais plus » J’exagérais un peu, mais c’était l’impression que j’avais en voyant qu’elle faisait sa vie de son côté et moi, j’étais là à la regarder de loin en ayant l’impression d’être de trop, ou d’y être étrangère. « Maintenant quand j’ose rester plus longtemps que prévu chez elle, elle ne cesse de me dire que j’dois aussi penser à rentrer. » Certes, elle ne le faisait sans doute pas aussi maladroitement, mais c’était toujours difficile à entendre. Je ne savais pas trop les arrangements qu’ils avaient, et à vrai dire j’en avais que faire, puisque j’étais majeure. « En plus normalement c’est pas à vous à décider, c’est à moi. Surtout qu’une fois que j’irai nettement mieux, toi tu vas reprendre ton boulot et ton emploi du temps de ministre, et je vais encore passer mes journées toute seule, ou dehors avec Zara à faire tout et n’importe quoi juste pour passer le temps » Les filles d’archi n’étaient pas le genre de personnes avec qui j’aimais passer mon temps. Quant à Eden, elle n’avait pas autant le temps qu’on pouvait le croire avec son école de danse. « Ou avec les internes de ton service, aussi. » ajoutais-je. En effet, Djawny était une chouette rencontre, bien que je ne le connaissais pas vraiment et la dernière fois que je l’avais croisé, il broyait du noir accoudé à un bar suite au décès d’un enfant dont il s’occupait scrupuleusement. Et puis il y avait Adam, que je ne connaissais pas vraiment, mais qui avait adouci un peu mon cauchemar dans cet hôpital. Peut-être que ça le dégouterait de son hôpital, non ? Autant tenter un coup de poker…

En me rendant compte de tout ce que j’avais pu déballer, à l’instant, je me pinçai les lèvres avant de reprendre sur un ton moins accusateur « je t’en fais baver hein ? » Je n’en étais pas vraiment fier, je crois que c’était surtout la rancœur qui me faisait agir de la sorte. Ca reste quelque chose d’impulsif, que je regrette parfois dans la seconde d’après, comme cette façon plutôt dure de lui dire que je préférais vivre chez ma mère plutôt que chez lui. C’était pas tellement lui le problème dans cet aveu, mais plutôt l’absence de ma mère. J’étais ce genre de fille un peu trop accro à sa maman pour vouloir vivre sans elle et ressentir cette impression de rejet lorsqu’elle me rappelait que désormais, ce n’était plus chez elle que je vivais. Est-ce que cette nouvelle vie avec mon père se résumait à l’enfer sur terre ? Non, quand même pas. Comme il le soulignait, il nous arrivait de passer de chouettes moments, mais est-ce que ça rattrapait vraiment le temps perdu ? Non, pas tant que ça et c’était ça le plus triste au fond « Oui… Puis le zoo c’est pas mal non plus, remarque. Mais ne te repose pas trop sur tes lauriers, ce que t’as vécu avec moi jusqu’à maintenant, ce n’était qu’un avant-goût » plaisantais-je. Non, en temps normal je ne pense pas être une fille si difficile à vivre, sauf si j’avais vraiment décidé de faire vivre un enfer aux personnes m’entourant. Comme j’avais déjà eu l’envie il y plusieurs mois avec ma mère et si je pestais à longueur de temps sur cette ville dans laquelle je me trouvais, je ne pouvais pas vraiment lui retirer le fait que j’apprenais à grandir, ou petit à petit. « Tu retournes jamais en Australie, même pour les vacances ? »

Avançant toujours dans ce parc animalier, je m’intéresse de temps en temps aux animaux qui nous entourent quand la réaction de mon père me sort littéralement de ma bulle, l’éclatant complètement « Quoi ?! Mais … » commençais-je déjà sur les chapeaux de roue lorsqu’il reprit aussitôt, me mettant face à mon impulsivité « Comment on peut prendre du plaisir avec des batiments ? » finissais-je par lui demander. C’était pas plus vivant qu’une toile ou un dessin, mais à mes yeux, l’art pouvait dire les choses, alors que l’Architecture, à part raconter le passé, ça ne racontait pas grand-chose finalement. « Ouaip, au Camberwell College of Arts en Illustration. C’est à dix minutes en métro de chez toi et à 8 minutes à pieds de ton hôpital ! Je suis désolée, je ne pouvais pas faire plus proche. » plaisantais-je à nouveau. Néanmoins, je réagis à son souhait de cuisine « Ah ben si tu comptes sur moi pour faire la popote, on est mal barrés. Faut demander à Maman qu’elle vienne la faire. Elle aime bien cuisiner et c’est la meilleure cuisinière au monde. » déclarais-je dans un rire. Mais j’étais sérieuse, à mes yeux ma mère était la personne qui cuisinait le mieux. Certes, Amanda se défendait bien, mais il était impossible qu’elle passe avant ma maman. « D’ailleurs tu t’arranges comme tu veux, mais à partir d’aujourd’hui je décrète que la seule nourriture que je mangerai, c’est celle de maman ! T’as plus qu’à voir avec elle. » Une ruse ? Non pas du tout. Du tout ! « Eh mais t’as pas le droit, tu me dois au moins ça ! Puis tu dis que vous vous engueulez moins, mais jusqu’à quand ? Tu verras, la semaine prochaine elle va encore peter sa crise, tu vas rien voir venir et moi non plus. » Non pas que je n’espérais pas que mes parents s’entendent à nouveau, mais autant dire que je n’y croyais pas vraiment. Peut-être parce qu’à part se crier dessus au téléphone, j’avais jamais vraiment connu autre chose ?

Devant l’enclos des singes, je grimaçais. Ces bêtes ne m’avaient jamais vraiment attirée, bien qu’elles semblaient parfois particulièrement intelligentes, ou ressemblantes. Le regard porté sur ces animaux, je détaillais le singe du regard et finalement je repris à l’adresse de mon père « passe ta main » lui demandais-je. En la prenant, je mimais exactement ce que le singe en face fit et toujours dans la rigolade, accompagnait mon sourire d’un « Pas de doute, tu descends bien du singe ». C’était ma vengeance pour le coup du pachyderme de tout à l’heure après tout. Enfin, avec plus d’attention, je remarquais les doigts abimés de mon père « T’es sûr que t’es doué dans ton boulot ? » lui demandais-je en lui montrant ses doigts alors que mon sourire s’élargissait sur mon visage, toujours dans l’humour et la taquinerie. « Qu’est-ce que t’as fait ? » finis-je par me renseigner sur un ton un peu plus sérieux.

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