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She ran away in her sleep and dreamt of paradise, every time she closed her eyes ♥︎ Samuel

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MEMBRE

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() message posté Mar 9 Jan - 16:56 par Lilly R. Adams

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Samuel & Lilly

She ran away in her sleep and dreamt of paradise,

every time she closed her eyes


Il est certain que je ne posais pas beaucoup de questions quant au travail respectif de mes parents. Encore que celui de ma mère me gênait moins, puisque malgré tout, j’avais passé la plus grande partie de ma vie avec elle et que je n’avais jamais vraiment eu de réelle impression qu’elle me laisse de côté pour ses campagnes de publicités et compagnie. Concernant celui de mon père, c’était beaucoup plus compliqué. A mes yeux, c’était ce qui nous éloignait tant, peut-être même ce qui avait créé un si grand fossé entre lui et moi. Il était le résultat d’un choix qui m’avait écarté de sa vie et avait fait en sorte que mes parents se séparent. Il était presque donc tout naturel pour moi que je ne pose aucune question quant à ce qu’il faisait de sa vie, ou encore ce qui lui prenait autant de temps. Si j’avais parfois espéré être une patiente pour qu’il s’occupe un peu plus de moi, depuis mon accident j’avais essayé d’éviter cet hôpital, plus encore que d’habitude. Cette nuit avait été terrible, probablement plus pour lui que pour moi, et pourtant même si j’éprouvais un peu moins d’animosité envers son travail, ça restait toujours la raison pour laquelle on en était là aujourd’hui. Je l’écoutai donc m’expliquer comment lui était venu l’envie de devenir chirurgien et si j’avais pris plaisir à glisser une petite touche d’humour, un peu comme une sorte de calumet de la paix. A force qu’il me conte son histoire, mon sourire disparu petit à petit. Je n’avais jamais vraiment imaginé que l’envie de devenir médecin lui provenait d’une histoire telle que celle-là. Je ne savais pas vraiment quoi ajouter, à part peut-être le fait qu’au final, j’étais peut-être simplement égoïste à l’idée de vouloir mon père pour moi toute seule sans même me demander le comment du pourquoi « Je connaissais pas cette histoire » ajoutais-je d’une voix à peine audible. Oui, pour le coup je me sentais un peu bête. Alors je repris, en me disant que mon histoire à moi pourrai peut-être lui réchauffer le cœur. Au moins un peu « Quand j’étais petite et que je demandais à maman quand j’allais pouvoir te voir, elle me disait que je n’avais qu’à dessiner tout ce que je voudrais te raconter quand je te verrai : ce que j’avais fait avec elle, avec nana. Ce que j’avais fait à l’école, plein de truc. Alors je l’ai fait et à chaque fois que j’avais quelque chose de nouveau à raconter, je prenais l’habitude de les dessiner pour pouvoir te les donner. Je dessinais affreusement mal, mais j’aimais ça et ça m’aidait à patienter jusqu’à la prochaine fois. » je fis une micro-pause, les yeux posés sur les animaux droit devant moi, puis repris « Puis je t’en ai voulu terriblement et même si je ne venais plus, j’avais gardé cette habitude de dessiner ce que j’avais envie de dire, ce que je pensais. Mes joies ou encore mes peines que j’aurais pu partager avec toi si vraiment on avait eu une relation père-fille normale, mais je les ai gardés pour moi. Ca me permettait juste d’extérioriser ce que je ressentais, un peu comme une sorte de journal intime en fait. A force de dessiner, de mettre sur papier je me suis affranchie en dessin et j’ai jamais abandonné parce que ça m’aide à avancer et je me dis qu’un jour, quand j’aurai plus rien à dessiner, peut-être que c’est le jour où j’irai vraiment bien, où j’aurais panser mes blessures et où j’aurais décidé d’accepter mon histoire et mon passé. »  au final, on avait tous les deux choisi notre voie pour tenter de soulager ce que l’on ressent au plus profond de nous. C’est sûr qu’à côté de la mort de son meilleur ami, mon histoire semble un peu plus banale, mais au moins maintenant il sait aussi le comment du pourquoi. Et puis c’était sans doute aussi la première fois que je lui avais confié quelque chose, alors qu’ordinairement ma maman était plutôt la personne vers qui j’aimais me tourner pour dire tout ce que j’avais sur le cœur. « En fait tu dois me prendre pour la fille super égoïste qui pense qu’à elle, qui se fiche pas mal de ce que toi tu peux ressentir, ou encore qui se moque que tes patients ont besoin de ton aide. Mais je n’arrive pas à faire autrement, parce que comme eux moi aussi j’ai le droit d’avoir mon père plutôt que d’accepter de le laisser aux autres… »

La question de mon père était légitime lorsqu’il me demandait ce que je pensais réellement. Je ne suis pas vraiment ce genre de personne exposant ses sentiments ou simplement ce qu’elle ressent. Certes, j’ai mon franc parler, mais il y a des choses dont je ne parle jamais, sans doute la relation père-fille que nous avons par exemple. « Je sais pas trop » J’avais toujours cette idée que plus jeune, il avait préféré ses études à sa fille. J’avais beaucoup de mal avec cette idée et peut-être était-ce le plus blessant dans cette histoire. J’esquissai un léger sourire quand à cette histoire d’héritage « Qui te dit que t’as qu’un seul enfant ? T’en as peut-être d’autres dont t’es pas au courant. J’espère pas, mais au point où on en est … Et puis de toute façon, on ne peut pas déshériter ses enfants, Monsieur Adams. Donc même si tu ne m’aimes pas, ton argent me reviendra de plein droit ! » ajoutais-je avec un sourire faussement intéressé. Au fond, je m’en fichais pas mal d’hériter ou pas. Ce n’était en aucun cas ce dont j’avais besoin réellement. Et non, je ne m’étais pas renseignée sur la question, mais même en fac d’architecture, on apprenait un peu de droit. « D’accord, et bien alors les soirs où tu ne travailles pas et que tu meurs d’envie de me supporter, tu me préviens » commençais-je en lui montrant mon téléphone « Et moi je reste. Mais t’as pas intérêt à prévoir des trucs avec tes potes ou tes conquêtes, ou que sais-je »

A mes yeux, l’hopital n’avait rien de bien réjouissant et même s’il pouvait y avoir de jolies choses comme des naissances, ou des miracles quelconques. Il était beaucoup plus difficile de voir le bon, que le mauvais, surtout après un accident. J’avais d’ailleurs fait de chouettes rencontres, mais ça n’était pas pour autant que j’avais envie d’y retourner. « Mouais. Mais c’est difficile de voir le positif…Puis, t’imagines si un jour tu décides de calculer le taux de décès dans tes opérations par rapport au taux de réussites. Et que tu te rends compte qu’en fait, ton taux de décès est plus élevé. C’est directement avoir l’impression d’être l’ange de la mort un peu non ? » En tout cas, je sais que je n’aurais jamais pu travailler là-dedans, déjà parce que je n’avais pas le goût du risque ou du challenge au point de flirter avec la vie ou la mort des gens.  « Moi je ne veux plus y mettre un pied dans ton hôpital » finis-je par ajouter. C’était absolument pas contre lui, c’était plutôt par principe, parce que la seule fois où j’y étais entrée, c’était le soir de mon accident. « Elle a sans doute plusieurs cordes à son arc, mais elle ne sait pas faire ce que toi tu sais faire, ça va dans les deux sens. Et puis tu as aussi plusieurs cordes à ton arc dans ton domaine. Toi c’est la médecine, elle c’est… la pub ou le business je sais pas trop. » Il est vrai qu’à mes yeux, le monde serait vachement triste sans cette petite folie que l’on retrouve dans l’art. Mais à mon sens, les gens passent très peu de temps dans les galeries et pourtant, un joli tableau peut donner une certaine ambiance ne serait-ce que dans une pièce quelconque d’une maison. Encore que mon domaine de prédilection est plutôt l’illustration, mais flâner dans ce genre de galerie reste une chose que j’aime faire. « Moi je pense que quand on est enfant, on en est rempli et puis on l’oublie, ou on la laisse faner. Sauf quand on y passe la plupart de son temps… Ou qu’on est bordélique ça marche aussi. D’ailleurs, je compte bien le dire à maman : je ne suis pas bordélique, je suis créative ! » D’autant plus qu’il s’agit presque d’un bordel organisé, puisque la plupart du temps, je m’y retrouve. C’est pas toujours le cas, mais ça m’arrive !

Je levais mes yeux au ciel en entendant le discours bien trop réac de mon père « je t’ai écrit un mot sur une serviette en papier, même ! Je t’ai dit que j’allais en cours, puis que j’allais chez maman. Si quand je vais chez maman je dois aussi te prévenir de ce que je fais, peut-être que tu devrais penser à investir pour des bodyguards ! Et je te signale que dans ce genre de soirée, bien souvent il n’y a pas de réseau ! » sans parler du bruit, et peut-être de l’alcool que j’avais bu qui a fait que je ne pensais même plus à prévenir qui que ce soit, ou simplement à regarder mon téléphone. Surprise, je le regardais face à la réponse qu’il venait de me sortir. Je ne savais pas trop si c’était le fait de réserver des billets pour l’Australie, ou bien simplement le fait qu’il était capable de prendre des vacances qui me choquait le plus « J’te crois pas. Tu bluff ! T’es bien trop accro à ton hôpital pour quitter, ne serait-ce que le quartier.  » Quant à ma grand-mère… « Et Nana n’a jamais vraiment montré d’animosité à ton égard, enfin pas avec moi du moins. » Elle aurait très bien pu pester à tout va, mais jamais elle ne m’avait démoralisée ou pousser à abandonner mon espoir de pouvoir un jour avoir une relation normale avec mon père. Elle m’avait même plutôt poussée à continuer mon rituel artistique « D’ailleurs, c’est même avec elle que j’allais poster des deux ou trois dessins que je t’ai envoyé par la poste et c’est même pas parce que maman n’avait pas le temps ; on allait à la boite au lettre, et puis après on revenait par la plage. Parce que tu sais, là où maman vivait, il y avait une plage juste devant sa maison et non pas du bitume, des bus rouges et de la pluie tout le temps ! » Non, non. Je ne loupais jamais l’occasion de critiquer Londres quand elle se présentait.

A la réplique de mon père en me rappelant que je n’étais pas un cas unique, je fronçai les sourcils, sur le point de rétorquer une pique bien plus acerbe que la sienne « Tu ne devrais pas me lancer sur cette discussion-là. Le problème, il n’est pas tellement dans le fait que toi et maman soyez séparés, si tu vois ce que je veux dire. Ca ma foi, je m’y fais. C’est pas comme si je vous avais déjà connu ensemble…» La cuisine, en effet ce n’est pas mon truc et si en plus je suis archi mauvaise, je ne m’y intéresse pas non plus. Avec ma Nana, parfois je me prête au jeu des pâtisseries, mais c’était avant. Avant quand je vivais en Espagne et qu’en attendant que ma maman revienne, je m’occupais avec ma grand-mère. Je ne peux réprimer un rire lorsque je l’entends me renvoyer le problème de ma mère juste parce qu’il a la sienne. Il n’allait pas s’en sortir aussi facilement « Nope, ça compte pas parce que t’as plus l’âge de te faire engueuler par ta mère. Moi la mienne, dès que je vais chez elle, elle me saoule déjà pour que je range ma chambre. J’aimerais bien voir ta mère te dire ça, tiens ! » Pas sûre de pouvoir le voir un jour, parce que pour ça fallait encore que sa chambre soit aussi en bordel que la mienne, ou simplement que sa mère soit assez intrusive pour y mettre les pieds.

Les minutes suivantes basculèrent dans une toute autre ambiance. Je n’avais jamais imaginé que mon père pouvait en arriver à cette limite, une limite que je ne cautionnais que très difficilement et ce, même s’il n’avait pas s’agit de Julian. Sans doute que le fait que ce soit lui change quand même un peu la donne, mais n’empêche « Et t’aurais fais quoi ? Tu seras pas toujours là pour m’éviter les pires conneries de ma vie, faudrait peut-être que tu t’y fasses. Pourtant, t’as eu de l’entrainement en dix-neuf ans non ?! Ca ne te donne en aucun cas le droit de te défouler après. C’est un être humain, certes c’est pas le mec le plus appréciable ni le mec idéale d’ailleurs, mais ça reste un être humain et pas un punching ball ! » Je m’éloignais, avant de finalement me retourner « Il m’a pas forcé à monter dans sa voiture, je te signale, j’y suis montée toute seule comme une grande, alors je suis aussi responsable que lui. J’étais aussi entamée que lui ce soir-là, on l’était tous ! Ca ne te donne absolument pas le droit de faire ce que t’as fait » Je lui adresse un regard noir, alors que je n’essaie absolument pas de défendre Julian. Je lui en veux et à mon sens, c’est déjà bien suffisant. Mais c’était déjà assez compliqué comme ça pour moi, pour qu’en plus mon père décide d’y mettre son grain de sel. « Tu sais, quand toi et maman avez subitement décidé que je devais venir vivre dans cette ville de merde, sans même m’en toucher un mot, je me suis retrouvée toute seule du jour au lendemain, sans connaitre personne, mais surtout sans l’avoir voulu. Alors que ce soit Julian ou Zara, ils ont tous les deux étés là pour moi pendant que TOI tu passais tout ton temps avec tes patients. Et Julian a beau avoir été un parfait abruti inconscient et totalement irresponsable, j’oublie pas qu’il m’a aidé à accepter cette nouvelle vie que j’ai jamais voulu, ni demandé ! » je marque une pause, puis reprends « Alors je sais que pour toi, ça ne vaut rien, mais pour moi ça compte. Il a été con, papa. Mais tu l’as été aussi toi quand t’étais jeune il me semble ? Tu roulais trop vite, lui il était pas sobre…» Je lâchais un rire jaune en l’entendant parler, ce n’était pas les gestes qui changerait quelque chose, à mon sens « Tu te dis pas que l’accident, c’était suffisant pour me prouver que j’avais eu tort de monter avec lui ? Il a fallu que t’en rajoute, pour quoi au juste ? Juste pour que toi tu sentes mieux. C’est tout, et tu te sens mieux au fond ? Je crois pas. » je reculais de quelques pas, toujours dans l’intention de partir, mais repris à nouveau « Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Merci ? Que je suis désolée ? Etre chirurgien, ça ne te donne pas le droit de faire ce que t’as fait. Peut-être que tu devrais aussi te déchainer sur Pierre, dans ce cas… Ah mais non, c’est vrai, c’est juste pour te soulager toi que tu l’as fait… »



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() message posté Lun 15 Jan - 13:16 par Samuel A. Adams

J’espère que tu en tireras le meilleur, j’espère que tu verras des choses qui te secoueront. Que tu ressentiras des choses que tu n’as jamais ressenties. Que tu rencontreras des personnes qui ont un point de vue différent. J’espère que tu seras fière de ta vie. Et que si tu découvres que ça n’est pas le cas, j’espère que tu auras la force de tout recommencer.Father & daughter

La vie est une série de destins et d’incidents croisés échappant à notre contrôle.


Samuel ne s'était pas étendu sur le sujet. Il pensait en avoir assez dit pour que Lilly comprenne le message qu'il voulait lui faire passer. Et puis parler de Danny n'avait rien d'évident, même aujourd'hui, même plus de vingt ans plus tard. Il avait laissé une cicatrice, une marque indélébile qui venait se rappeler à se son souvenir quelques fois, notamment la nuit. Pour autant, Samuel avait d'autres amis, des vrais. Il ne s'était pas arrêté sur la perte de son meilleur ami d'enfance. Samuel était un homme sociable qui avait besoin de sortir, de s'entourer de bonnes personnes. Il comptait sur Liam pour ça. Parler de cette histoire à Lilly lui semblait nécessaire au vu des derniers éléments. Il aurait sans doute pu le faire plus tôt. Après tout, il trouvait cela important que sa fille comprenne quelques éléments de son passé pour mieux le comprendre, lui. Pas qu'il se cherchait des excuses, mais la perte de Danny avait influencé ses choix de vie. Parfois, il se demandait ce qu'il aurait fait de sa vie s'ils avaient tous deux survécu à cet accident. Samuel se serait sûrement enfoncé un peu plus dans sa colère. Peut être qu'il serait remonté sur un ring, juste pour emmerder le destin. Et il serait probablement mort aussi, rattrapé par son diagnostic. Il coule un regard vers sa fille. En tout cas, il y avait fort à parier qu'il ne serait pas là avec elle aujourd'hui, qu'il aurait raté tout ça, qu'il ne serait pas devenu l'homme d'aujourd'hui. En silence, il écoute Lilly lui parler de son propre exutoire. Avec émotion, Samuel prend conscience que sa fille pensait à lui, même de la-bas. Mais très vite, il est rattrapé par la honte. Lilly s'est mit à dessiner pour lui démontrer à quel point elle souffrait de son absence. Samuel met les mains dans ses poches, l'écoute toujours d'une oreille attentive mais affiche un léger sourire désolé. Il venait de mettre le doigt sur la passion que sa fille avait du dessin. Il avait toujours pensé que cela ne venait pas de lui, lui qui n'avait aucun talent dans ce domaine, mais il semblait en être le déclencheur pourtant... Accepter mon histoire et mon passé. Il lui jette un regard. Elle n'avait que 20 ans et elle pensait déjà comme une trentenaire. Nostalgique, il se souvenait de ses dessins arrivés par colis. Ils avaient traversé des milliers de kilomètres pour arriver jusqu'à lui. A chaque fois qu'il partait manger chez ses parents, il emmenait le dernier dessin en date et le montrait, fièrement, à sa famille. Pour eux aussi c'était l'occasion de rencontrer Lilly à travers le papier. « En fait tu dois me prendre pour la fille super égoïste qui pense qu’à elle, qui se fiche pas mal de ce que toi tu peux ressentir, ou encore qui se moque que tes patients ont besoin de ton aide. Mais je n’arrive pas à faire autrement, parce que comme eux moi aussi j’ai le droit d’avoir mon père plutôt que d’accepter de le laisser aux autres… » Il comprenait. Vraiment. Il avait eut de nombreuses années pour comprendre que son absence ne ferait qu'entacher un peu plus le lien avec son enfant. Il savait que sa carrière était un frein à une vie de famille. Pour autant, Samuel n'avait jamais perdu de son vue son envie de se marier, d'être attaché à une autre personne. Il avait vu trop de couples se détester, se faire du mal... Il savait que la carrière trop prenante de Charlotte lui avait coûté son mariage également. « J'ai fais le serment de sauver mon prochain Lilly. Mais je me suis aussi juré d'être un père pour toi. Je sais que les débuts ont été difficiles, mais je fais mon possible pour inverser la tendance ». Parce que s'il avait bien comprit une chose, c'est qu'il était aussi un père et non pas juste un chirurgien. Depuis plusieurs mois, il essayait de jongler avec tous ses rôles, cherchant l'équilibre entre sa fonction d'homme, de père et de médecin.

« Je sais pas trop ». Samuel s'attendait à cette réponse. Lilly était comme lui, peu démonstrative. En ça, il ne pouvait que reconnaître qu'elle était bien de lui. Pas qu'il en est douté une seconde, non, il l'avait toujours su. Lilly ne le remarquait peut être pas, mais elle lui ressemblait par de nombreux aspects, autre que physiques. Avec Callie, ils avaient pu en plaisanter, notamment face à son caractère parfois orageux, parfois attendrissant. Il ne montra pas que cette réponse lui fit de la peine. Sans doute aurait-il préféré l'entendre dire que si, elle savait, qu'elle n'avait pas de doute quant à l'amour qu'il lui portait. Mais Samuel semblait avoir encore des efforts à fournir de ce côté là. La discussion se détendit légèrement et avec humour, Lilly abordait une éventuelle descendance. Samuel se mit à rire. « Pas que je sache et c'est mieux comme ça. J'ai déjà toi à m'occuper et c'est largeeeeement suffisant. Et j'ai pas eu tant de conquêtes que ça, tu sais ?! » Question purement rhétorique. Bien sur qu'elle ne savait pas. Samuel ne parlait pas de sa vie intime avec sa fille et c'était bien volontaire. Il n'avait aucune envie de la mêler à ça. Il s'était toujours dit qu'il le ferait le jour où il rencontrerait une femme avec qui il voudrait quelque chose de réellement sérieux. Même petite, Samuel ne lui avait jamais présenté ses copines. Il conservait ses rares moments avec elle, délaissant ses conquêtes le temps de sa présence chez lui. Il y avait bien eu Lorena, mais Samuel avait préféré la quitter, pour des raisons qui lui étaient propre. Et aujourd'hui, il devait bien reconnaître qu'une seule femme occupait vraiment ses pensées et, pour le coup, Lilly la connaissait déjà... Samuel chercha ensuite à lui faire voir le positif dans son métier, mais au discours de sa fille, cela semblait peine perdue. « C'est déjà le cas. Quand mes patients arrivent, ils sont déjà dans un état très préoccupant donc oui, j'ai un taux d'échec plus élevé que de réussite. Mais au moins j’essaie, je lâche rien », dit-il en appuyant sur sa dernière réplique. Pour elle, il s'était battu comme un lion, il s'était épuisé et il avait eut raison. Si elle tenait debout aujourd'hui, si elle pouvait parler correctement, si elle souvenait de son nom, c'était grâce à lui. A lui et à ses confrères qui n'avaient pas hésité à se joindre à lui dans cette opération de la dernière chance. « Moi je ne veux plus y mettre un pied dans ton hôpital » Samuel souria, continuant d'avancer. « Rien ne t'y oblige. Enfin si, moi. Je te rappelle qu'il te reste encore quelques séquelles et je peux assurer quelques soins à la maison, mais pas tous. Donc t'aura encore quelques tests à faire avant d'être définitivement débarrassé. » Et il s'y tiendrait. Il préférait la garder à l’œil le temps que sa convalescence soit totalement terminée. Et si elle ne voulait pas avoir à faire à lui, il pourrait toujours l'orienter vers ses collègues. « [...]D’ailleurs, je compte bien le dire à maman : je ne suis pas bordélique, je suis créative ! ». Samuel éclata de rire puis se tourna vers sa fille avec un regard qui en disait long. « T'es bordélique Lilly. Ta chambre est un tsunami à elle toute seule. J'ose même plus y mettre un orteil. Et tu peux dire que je suis un père chiant, le mien m'aurais jamais laissé faire de ma chambre un bordel pareil ! ».

Comme à chaque fois qu'ils mentionnaient cette fameuse soirée, Samuel se raidissait. « Ne me tente pas », dit-il à l'idée d'engager des gardes du corps. Il se voulait drôle mais ses lèvres restaient crispées. « J’te crois pas. Tu bluff ! T’es bien trop accro à ton hôpital pour quitter, ne serait-ce que le quartier.  » Samuel soupira. « Tu veux pas essayer un peu de changer de discours ? » C'était une réelle demande. Lilly était rancunière et elle ne pouvait s’empêcher de le replonger sans cesse dans ses travers. Samuel avait beau y mettre du sien, Lilly semblait prendre un malin plaisir à le torturer. « Oui en Espagne c'était super, c'était parfait, je sais. Et l'Australie c'était cool aussi, tu te rappelles au moins ? ». Parce qu'elle n'avait beau être qu'un bébé quand Callie l'avait emmené avec elle, Lilly avait passé pas mal de vacances scolaires à Sydney. Elle avait joué dans l'immense jardin familiale de ses grands-parents et passée de nombreux moments à la plage avec ses tantes. En gardait-elle le moindre souvenir ? Il avait parfois l’impression que seule l'Espagne n'avait d’intérêt à ses yeux. Et ça, et son éternel discours sur le fait qu'elle avait attérit ici de force. « Et c'est quoi le problème alors ? Je trouve qu'il y a pire dans la vie que d'avoir déjà connu trois pays, d'être une parfaite bilingue et d'avoir des parents qui ont assez d'argent pour que tu puisse mener un train de vie correct ». Pas qu'il se cherchait une excuse, mais il avait envie que Lilly voit le positif dans cette situation plutôt que tout dépeindre un noir, comme toujours. « Nope, ça compte pas parce que t’as plus l’âge de te faire engueuler par ta mère. Moi la mienne, dès que je vais chez elle, elle me saoule déjà pour que je range ma chambre. J’aimerais bien voir ta mère te dire ça, tiens ! » Ils s'étaient arrêté pour discuter. Samuel songea à sa mère. Certes, elle était plus patiente que Callie, mais elle n'en restait pas moins une mère intrusive et légèrement trop protectrice à son goût, même aujourd'hui. « Tu crois qu'il y a un âge ? Ta grand-mère est sûrement la femme la plus tendre que je connaisse, mais c'est pas pour ça qu'elle me prend pas la tête même à bientôt quarante ans ». Sa mère était souvent navré de voir la vie sentimentale de son fils. A l'époque, elle avait été très attristé de voir que lui et Callie s'étaient séparés et encore plus de perdre le lien avec Lilly.

Visiblement, le côté justicier de Samuel ne plaisait pas à Lilly. Il ne savait pas si cela tenait plus de fait qu'elle soit anti-violence ou du fait qu'elle est l’impression qu'elle ne pouvait pas se défendre toute seule. Quoi qu'il en soit, la réaction de la jeune adulte ne mit pas longtemps à éclater au grand public. Si Samuel voulait se contenir, faire preuve d'un calme olympien, il avait du mal à rester de marbre devant les remarques acides de sa fille. « Très bien, alors parlons du fait que tu étais ivre toi aussi. Je t'aurais bien sermonné Lilly, oui, pas de doute que si tu étais rentré déchiré à la maison je t'aurais pas loupé mais c'est pas arrivé n'est-ce-pas ? Non au lieu de ça, t'as attérit dans mes urgences sur un brancard totalement inconsciente ! ». Pour ne pas dire quasiment morte. Parce que Lilly avait fait un arrêt cardiaque, mais elle ne pouvait pas s'en souvenir. « C'est quoi qui te gêne le plus Lilly ? Que je lui est cassé la gueule ou que je sois allé le voir ? T'aurais préféré t'en charger toute seule, t'avais dans l'idée d'en discuter avec lui ? » Son ton ne laissait aucune place à la discussion en réalité. Il était en colère, sa voix tremblant légèrement même s'il cherchait à se maîtriser. « Parce qu'il est hors de question que tu revois ce type, c'est bien comprit ? ». Et il ne supportait pas qu'elle s'y oppose. Il avait fait des compromis avec elle jusque là, mais cette injonction ne trouverait aucune négociation à ses yeux. Et il était presque sûr d'avoir l'accord de Callie. Elle, elle savait, elle avait deviné et ils avaient choisi tous deux de ne pas en parler pour ne pas qu'elle se retrouve en conflit direct avec Lilly. « Tu vas arrêter avec ça maintenant ! J'ai bien compris que tu te plaisait pas ici, je crois que la terre entière à comprit même. Mais ça te donne pas le droit de tout remettre sur mon dos. Tu vas bientôt dire que je suis responsable du fait que tu te sois mit à traîner avec ce connard ? C'est trop facile ça. Assume un peu ! ». Il y était allé un peu fort, il le devinait. Mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle se serve de Julian comme d'un rempart contre lui ou même Callie. Il maudissait ce sale type et une partie de lui regretta de ne pas l'avoir amoché davantage. « Alors je sais que pour toi, ça ne vaut rien, mais pour moi ça compte. Il a été con, papa. Mais tu l’as été aussi toi quand t’étais jeune il me semble ? Tu roulais trop vite, lui il était pas sobre…» Samuel  se figea. Venait-elle de se servir de ce qu'il lui avait dit contre lui ? Quelque part, c'était mérité, mais pour lui cela n'était pas comparable. Parce que Samuel avait beau avoir trop but ce soir-là, c'est le camion qui avait grillé le feu. C'est pour ça qu'il n'avait pas été inculpé. Là, on parlait d'un gars qui avait abusé de la naïveté d'une jeune fille pour faire le con et qu'il avait bien faillit la tuer. « Danny et moi c'est une autre histoire. J'avais pas d'enfant à l'époque, je savais pas ce que tout ça pouvait impliquer. Et puis Danny était mon meilleur ami, il me faisait confiance, sûrement à tord, mais quand même. Tu lui a fais confiance à Julian ? Assez pour lui confier ta propre vie à priori et regarde où ça t'a mené. », dit-il en pointant son doigt vers elle. Il ne parlait pas forcément des marques physiques mais aussi des autres, plus ancrées, plus intimes, qui étaient venu la rendre si vulnérable. « J'ai agis sans réfléchir, c'est vrai, mais je le regrette pas. Si c'est ça que tu veux m'entendre dire, ça n'arrivera pas. J'ai pété un câblé voilà. J'ai faillit te perdre Lilly ». Sa voix s'était adoucit, prit dans une émotion qu'il pensait contenir. Il se détourna d'elle, posant ses deux mains contre la rambarde la plus proche. « Etre chirurgien ça m'a permit de te sauver. Tu sais combien de fois ton cœur s'est arrêté de battre ? Tu sais combien de temps il m'a fallut pour que tu sois stabilisé ? Ou combien de litres de sang j'ai dû te transférer ? ». Il savait qu'elle n'avait pas les réponses, parce qu'un médecin n'entrait pas dans ce genre de détails. Seule la vie sauvée comptait. Il l'avait peut être dégoutté, mais peu lui importait à présent. « Pierre ne t'a pas laissé pour morte. Je peux encaissé qu'un homme te brise le cœur Lilly, c'est moche, mais on s'en remet toujours avec du temps. Mais je peux pas laissé passer qu'un mec te laisse dans cet état et qu'il s'en sorte sans une égratignure ». Sa voix était blanche, presque lointaine.


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() message posté Dim 28 Jan - 19:32 par Lilly R. Adams
[quote="Lilly R. Adams"]

Souviens-toi du soleil qui réchauffe ta peau. Souviens-toi du vent qui fait danser les arbres, de la pluie qui ruisselle le long de tes joues, se mêlant à tes larmes. Souviens-toi de la terre qui te soutient, qui t'ancre dans le présent, ici, avec nous. Souviens-toi de lui, souviens-toi de moi, de nous. Souviens-toi de nos yeux qui brillent, de nos sourires, de mon rire, de ma voix. Ancre-toi ici, avec nous. Tu n'oublieras rien, je le sais, mais s'il te plaît, vis. Recommence à espérer, a croire, a rire, sourire, t'énerver. Demain est un autre jour. Demain est une autre chance, un nouvel espoir. Crois en l'avenir, crois en cette nouvelle année, en ce nouveau départ. 366 chances, 8 760 rencontres, 525 600 fous rires. Je ne te promets pas que cette année sera meilleure, mais je te promets qu'elle ne pourra être pire. Samuel & Lilly

She ran away in her sleep and dreamt of paradise,

every time she closed her eyes


Je ne pense pas que je peux vraiment me mettre à la place de mon père. Déjà, je ne suis pas chirurgienne. Je ne travaille pas dans un hôpital pour ne pas dire que je ne travaille pas du tout. En plus, je n’ai pas d’enfant, et pourtant je sais qu’au fond je lui en veux depuis plusieurs années et que la rancœur m’empêche de voir le verre à moitié plein. Je fais des efforts, j’essaie de lui proposer des idées afin qu’on puisse au moins apprendre à se connaître et depuis l’accident, je dois dire qu’il en fait aussi. Même si je ne dis rien, je les vois, et j’essaie d’éviter de lui reprocher tout et n’importe quoi. Ma mère ne cessait de me dire qu’élever une jeune fille de vingt ans n’était pas la chose la plus facile et que mon caractère ne facilite pas toujours les choses. Mais à la base, je n’ai rien demandé. Oui, je lui ai longtemps reproché de ne pas vraiment trouver de place dans sa vie pour sa fille, mais j’avais fini par « faire avec » et surtout, j’avais fini d’espérer de pouvoir trouver ma place dans sa vie, ou encore dans sa famille. Alors lorsque j’ai appris que du jour au lendemain, que ma vie allait être bouleversée et que mes habitudes allaient changer, je l’ai réellement mal pris. Aujourd’hui, je ne sais pas réellement quoi en penser, ni que croire et j’aime autant laisser faire les choses. Alors je vis au jour le jour et je me dis qu’un jour peut-être que j’y trouverais mon compte moi aussi. J’aurais aimé rester en Espagne, mais peut-être est-ce une pensée égoïste, ou peut-être qu’il me faut juste encore un peu de temps pour arriver à adopter ce pays, cette ville, mais aussi ses habitants. J’ai fait des rencontres à Londres, des bonnes comme des moins bonnes, mais je crois que certaines resteront marquées au fer rouge. « Non mais rassure-toi, j’en demande pas tant. Tu fais ce que tu veux avec tes conquêtes, papa. J’ai juste pas envie de les connaître, ni de les rencontrer. Sinon, moi aussi je fais défiler les hommes ! » finis-je par lui dire lorsqu’il me parle de ses conquêtes. Non pas que ça ne m’intéresse pas, mais que ce soit du côté de ma mère, ou de mon père, j’aime autant être épargnée de leur vie intime. De plus, je sais que je ne suis pas apte à accepter le ou la conquête de l’un ou de l’autre et donc, j’aime autant rester dans l’indifférence la plus totale concernant. Lorsque ma mère était avec son Macsen, elle faisait en sorte que je le vois le moins souvent possible et je dois dire que ça m’arrangeait.

L’hôpital est un tout autre sujet, qui me pousse aussi à grincer des dents. Je n’aime pas les hôpitaux, plus encore depuis que j’ai eu cet accident. Je ne tiens donc pas du tout ça de mon père puisque lui, son hôpital est sans doute sa deuxième maison. Ou sa première… à voir. Remettre les pieds sur son lieu de travail ne me dit rien, même si comme il semble me le faire remarquer, j’ai encore de quoi m’y rendre pour divers suivis. Je lève les yeux au ciel à l’évocation de ces chapitres à venir « Et on ne peut pas les faire TOUS en même temps histoire d’en être rapidement débarrassé ? D’ailleurs, je suis sûr que toi non plus t’as pas envie de me voir trainer dans ton hôpital. Non seulement je découvre des choses que je ne devrais pas, mais en plus j’y fais des rencontres plutôt intéressantes » Non pas que j’ai envie de le taquiner avec ça, ou peut-être un peu. Néanmoins, je garde en mémoire qu’au sein de son service tout n’est pas clean, Il n’y avait qu’à voir ce chirurgien et son interne que j’ai surpris dans une cage d’escalier, et qui faisait tout sauf revoir des protocoles comme ils avaient voulu me le faire gober. « C’est ça d’avoir une fille magnifique ! » Lui lançais-je avec humour, manquant cruellement de modestie. Encore qu’il s’agissait là d’un sujet délicat et si en surface je semblais montrer que j’allais bien de ce côté là, Pierre avait fait beaucoup plus de ravage qu’on ne pourrait le croire. Mais je préférais broyer du noir toute seule dans mon coin plutôt que de faire subir mes histoires de cœur à mon entourage. Quant à ma chambre, certes c’est un vrai souk, mais j’arrivais plus ou moins à m’y retrouver dans mon bordel. Par contre, mon père venait de me souffler l’idée pour le tenir éloigner de ma chambre « Ah ben au moins je sais que je ne risque pas de t’y voir, si mon bordel te fait peur. Et puis je te signale que toi et maman vous dites ça, mais n’empêche que moi je m’y retrouve dedans ! Et puis si j’avais une chambre plus grande et pas une dans chaque maison, peut-être que je ne foutrais pas le souk à chaque fois que j’y mets les pieds. Je dois chaque fois me trimballer mes affaires à cause de vous ! » Oui, ben oui. Toutes les excuses étaient bonnes pour refoutre la faute sur un autre dos que le mien. Et pour le coup, ils faisaient de parfaites victimes tous les deux. « Non, toi t’es réac’ c’est pas pareil. Je doute que ton père ait été aussi chiant que toi avec ses filles. » et si c’était le cas, on ne peut pas vraiment dire que ça a eu l’effet escompter quand on voit la vie sentimentale de l’une ou de l’autre.
Une des choses que je faisais souvent, et peut-être même que je le faisais à la perfection, était probablement de remettre les histoires et les reproches sur le tapis. Avec mon père, je le faisais même assez souvent, mais lorsqu’il me parle de l’Australie, je grimace. Oui, j’ai des vagues souvenirs, mais pas de quoi raconter une histoire « Je me rappelle de quelques trucs, mais pas énormément. Pas de quoi être nostalgique… Je ne peux pas vraiment dire que l’Australie représente un symbole de réussite pour moi. Je sais que toi t’y as grandi, que t’as fait tes études et que t’as une montagne de souvenirs, mais moi à part l’échec familial et me rappeler que mon père a préféré ses études à sa fille, franchement… ça représente pas beaucoup plus pour moi » C’était pas réellement une pique, juste la vérité. Je ne me sentais pas franchement proche de la famille de mon père et aujourd’hui, rares étaient les fois où j’avais des contacts avec ses sœurs. Certes, Amanda cuisine, mais jamais je n’ai réellement émis l’envie de passer du temps avec l’une ou avec l’autre pour la simple et bonne raison que j’ai grandi sans, et qu’aujourd’hui, chacune fait un peu sa vie de son côté ou avec leur famille à elles.. « Pourquoi tu me demandes ça ? Faut pas m’en vouloir, moi à la base j’ai rien demandé. C’est pas moi qui ai choisi cette vie-là. C’est vous…» En effet, j’étais bien trop petite pour pouvoir dire quoi que ce soit, ou ne serait-ce que pour comprendre. Et pour ce qui est des vacances, certes ça doit être les seuls moments complices que j’avais passé avec lui, mais j’aimais autant éviter de penser à l’Australie afin d’éviter de nourrir ma rancœur qui me suit un peu partout.

A nouveau, je fronce les sourcils « Ah… ben super. Je dis ça, je dis rien mais l’Espagnol à part en Espagne et en Amérique du sud… ca sert à rien. Sauf qu’en Espagne je ne peux pas y retourner et en Amérique du Sud, on n’en parle même pas. Et le problème, c’est que vous me trimbalez partout où vous allez comme si j’étais une poupée sans pensée, sans sentiment, sans émotion ! J’ai une vie, j’ai des attaches et figure toi que j’ai même un cerveau. Alors oui, parfois j’aimerais que vous me demandiez mon avis avant de prendre des décisions à ma place ! A la base, j’suis majeure et si demain je décide de bouger, et bien t’auras beau appeler les flics, Interpol ou même le FBI si ça te chante, la seule chose qu’ils te diront, c’est que je suis majeure et que si j’ai envie de me barrer, je me barre ! Tu vois où il est le problème ?! A un moment donné, j’aimerais que vous preniez mon avis en considération. Vous me rabâcher les oreilles à me dire que je dois me comporter en adulte, et bien commencez par le faire plutôt que de dicter ma vie comme si j’avais cinq ans » lachais-je exaspérée. Oui, le problème c’était peut-être plutôt la manière dont ça avait été fait plutôt que le résultat. J’aurais aimé qu’on me demande mon avis, plutôt que d’arranger ça dans mon dos et me soumettre ça à la manière « non négociable ». Cependant, je restais étonnée en sachant que mon père était toujours au stade des prises de tête avec sa propre mère. « Genre ta mère te soule ? Pour quoi par exemple ? »

« Je suis déjà rentrée déchirée, mais t’as rien vu parce que t’étais tout simplement pas là… et j’aurais aussi pu me faire renverser par une voiture en rentrant à pied. Alors oui Julian a foiré, mais ça aurait pu arriver dans une toute autre situation. C’est la fatalité et c’est tout !» Encore que ça n’arrivait pas tous les weekends, ni tous les soirs. A ce niveau, je restais encore plus ou moins raisonnable. C’était du moins ce que j’essayais de croire. Certes, j’en voulais à Julian, et pas qu’un peu mais ça reste avant tout un être humain « Ce qui me gêne, c’est que tu l’aies pris pour un punching ball ! T’as cru que parce que t’avais fait de la boxe quand t’étais jeune que ça te donne le droit de faire ta propre justice ?! Si tu m’avais dit que t’avais été lui parler, j’en aurais rien eu à foutre, parce qu’au pire il le mérite. Mais que tu te sois déchainé dessus, alors non ça j’admets pas et j’en ai rien à foutre de passer pour la grosse peace and love. S’il y avait un peu plus de gens comme moi et un peu moins de gens comme toi, on vivrait peut-être dans un monde moins dégueulasse que celui dans lequel on vit ! Si pour toi c’est une fierté d’avoir fait de la boxe, et bien crois moi que pour moi, ça l’est pas du tout. Le but du jeu ? Se taper dessus jusqu’à mettre l’autre KO. Waouw ! Ca c’est du sport dis donc…» Je lui adresse un pouce levé, faussement épatée par cette discipline que je trouve totalement débile et horriblement mal pensée. Quant au fait de revoir Julian ou pas, il pouvait encore danser sur sa tête, je ne comptais pas lui promettre quoi que ce soit. « Et tu m’expliques comment tu comptes t’y prendre ? Me séquestrer chez toi ? Me faire suivre ? et pour ta gouverne, je ne regrette pas les moments que j’ai passé avec lui. J’ai beau lui en vouloir, je n’ai pas passé QUE des mauvais moments. Alors arrête de noircir le tableau, c’est pas un terroriste non plus » Je me doutais que parler de sa situation avec son meilleur ami n’allait pas le laisser de marbre. Et si à ses dire, ce n’était pas la même chose, à mes yeux ça l’était bel et bien. Julian je l’apprécie, je lui ai fait confiance comme j’ai fait confiance à Zara. « Les parents de Danny ont quand même eu un fils tué. Donc toi t’étais peut-être pas dans la même situation, mais eux oui. Et je sais que pour toi Julian n’est qu’un petit con qui fout rien de ses journées, mais pour moi c’est pas juste un gars avec qui j’ai passé du temps. Et si je suis montée en voiture avec, c’est que oui je lui faisais confiance. C’est pas seulement un gars comme ça, Papa. J’ai vécu des trucs avec lui, comme avec Zara et pire encore, les seuls bons moments que j’ai passé dans cette ville, c’était avec lui et avec Zara. Alors c’est exactement la même situation que toi et Danny. Et toi, on t’a pas cassé la gueule pour autant » lui balançais-je avant de reprendre « De toute façon rien de ce que tu peux dire n’excusera ce que t’as fait. La violence gratuite, je ne supporte pas et c’est exactement ce que t’as fait. »

Ce que j’appréciais pas du tout, c’était sans doute les détails de ce qui c’était passé cette nuit-là. Et l’entendre de la bouche de mon père me blessait d’autant plus. Non, j’avais pas envie de savoir et ni même envie d’en parler. Pas avec lui. « Arrête de me parler de ça. Ca m’intéresse pas. Tu balances toujours à tes patients les détails de l’opération ?! Non. Et bien t’es gentil tu m’épargnes. Remuer le couteau dans la plaie ça sert à rien, à part peut-être te soulager toi, mais j’suis pas là pour ça et j’ai pas à savoir tout ça, je veux pas le savoir. J’veux juste passer à autre chose, mais avec toi sincèrement c’est compliqué » Quant à sa dernière remarque, à nouveau je fronçais les sourcils. On n’avait évidemment pas du tout la même façon de penser, ni la même façon de voir les choses. « C’est pas parce que physiquement il s’en est sorti qu’il est forcément sorti indemne de cette situation, mais ça tu t’en fous totalement. »

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() message posté Mar 13 Fév - 13:57 par Samuel A. Adams

J’espère que tu en tireras le meilleur, j’espère que tu verras des choses qui te secoueront. Que tu ressentiras des choses que tu n’as jamais ressenties. Que tu rencontreras des personnes qui ont un point de vue différent. J’espère que tu seras fière de ta vie. Et que si tu découvres que ça n’est pas le cas, j’espère que tu auras la force de tout recommencer.Father & daughter

La vie est une série de destins et d’incidents croisés échappant à notre contrôle.


Décidément, être un père était de loin le rôle le plus difficile qu'il est eu à endosser. A côté de ça, gérer toute une équipe de chirurgiens survoltés était un jeu d'enfant. Enfin presque. Avec Lilly, il avait l’impression d'être constamment sur le fil du rasoir. Il devait rythmé avec ses humeurs mais aussi les siennes, et bien souvent, les deux étaient en contradictions. En vrai équilibriste, Samuel devait jouer de finesse, tenter de déjouer les pièges, d'arrondir les angles ou de les affûter, selon les circonstances. Oui, être un père n'avait rien de simple, mais être celui de Lilly Adams encore moins. Parce que Lilly avait du caractère. Un tempérament de feu qu'il était parfois bien en peine de comprendre. Était-ce le fait qu'il l'avait peu vu pendant de nombreuses années ? Ou le fait qu'elle ai été élevée par une espagnole au sang chaud ? Il ne savait pas vraiment, mais s'il était sur d'une chose, c'est que Lilly avait de qui tenir. Samuel n'était pas un expert en adolescent, ni en jeunes adultes. Sa seule nièce, Ava, n'était encore qu'une petite fille, tout comme son filleul, le fils de Liam. Il n'avait jamais côtoyé d'adolescents et parfois, il était presque – presque - heureux d'avoir manqué la période d'adolescence de sa fille. Elle avait élue domicile chez lui quand sa majorité était atteinte, mais par moment, elle semblait encore proche de la gamine d'autrefois. Aujourd'hui, il la voyait grandir, s'affirmer comme une vraie femme. Et cette image le terrifiait. Lilly grandissait, elle s'émancipait un peu plus chaque jour et elle finirait par partir pour de bon. Aussi, quand elle parlait des garçons ou de l’Espagne, ses craintes revenaient à la charge, lui rappelant qu'elle n'était plus une fillette. Tôt ou tard, Lilly le délaisserait pour un autre homme que lui ou pire, elle repartirait en Espagne et Samuel n'aurait plus aucun droit de regard sur sa vie. Samuel avait donc froncé les sourcils quand elle parla de faire un défilé sous son toit. Il n'était pas prêt pour ça, il ne le serait probablement jamais. A ce sujet, il comptait vraiment sur Callie pour tempérer sa fille. Mais l'espagnole semblait avoir plus vite comprit que leur fille avait besoin de liberté, besoin de s'émanciper loin d'eux. Callie le lui avait expliqué, notamment le lendemain de l'accident, alors que Lilly se réveillait juste de son opération, Pierre à ses côtés.  Samuel, tu ne peux pas l’empêcher de vivre sa vie, voilà ce que Callie lui avait dit. Mais il ne l’empêchait en rien, du moins de son point de vue. En quoi protéger son enfant venait s'opposer à sa prise de liberté ? Et puis, encore aujourd'hui, il avait l’impression qu'il avait fauté. Il ne l'avait pas protégé suffisamment puisqu'elle avait fini en état plus que critique en arrivant dans son service. « Non on ne peut pas, ça ne marche pas comme ça. Et je n’accélérais pas le processus pour ton bon plaisir... Et puis comme ça t'es obligé de venir me voir... », commença-t-il. Samuel avait prit l'habitude de la voir traîner dans les couloirs, si bien que le personnel hospitalier la connaissait aussi. Bon, il ne l'avait pas à l’œil non plus, il connaissait assez son personnel pour savoir qu'elle devait être sous surveillance immédiate à chaque fois qu'elle mettait un pied à l'intérieur des locaux. « Comment ça des rencontres intéressantes ? », demanda-t-il en haussant les sourcils, curieux. S'agissait-il d'un garçon encore ? Il n'était pas sur de vouloir savoir en fait... Mais si sa fille fricotait à l'intérieur de son service, il était en droit de le savoir, non ? Peut être qu'il devait être soulagé que sa fille passe enfin à autre chose. Après tout, Pierre lui avait brisé le cœur, et bien que Samuel était soulagé qu'il ne fasse plus partit de la vie de Lilly, il l'était moins de voir la mine défaite de son enfant. Et le fait qu'elle se dise magnifique n'arrangeait pas les choses. Oui Lilly était magnifique, forcément, mais non il n'avait pas envie que les garçons se jettent sur elle pour autant. Pas envie du tout ! « Faut dire que tes tantes n'étaient pas aussi chiante que toi aussi », dit-il avec un large sourire à l'attention de sa fille. Il fallait appeler un chat, un chat. De toute façon, ce n'est pas comme si Lilly ignorait qu'elle avait un sale caractère, sa mère et lui le lui rappelaient bien assez souvent. Si Samuel s'était posé des questions au début, il semblait aujourd'hui que la tornade avait fait un mélange des tempéraments entre ses deux parents, le tout devenant explosif plutôt rapidement. Des deux, s'était Callie la plus électrique, la plus imprévisible. Samuel était le posé, le réfléchit, mais comme tout un chacun, il avait ses petits défauts, que Lilly avait tout bonnement reçu. Il aurait préféré qu'elle lui emprunte d'autres aspects de sa personnalité mais il était bien placé pour savoir que la génétique n'avait aucune logique.

Bon, si Lilly avait récupéré quelques données du patrimoine génétique de son père, elle ne semblait pas avoir attrapé le virus de l'Australie. Il faut dire que Samuel n'avait pas eu le loisir de lui démontrer à quel point ce pays était magnifique. Il avait quitté ses racines à trente ans et était venu emménager à Londres, s’empreignant d'une autre culture. Mais Lilly n'avait pas réussi à en faire autant, bien trop rancunière envers sa mère et surtout envers lui. Du coup, elle ne put s’empêcher de reparler de la rupture de ses parents, du fait qu'ils l'avaient forcé à venir ici et... Samuel connaissait ce discours par cœur pour l'avoir entendu un milliard de fois de la bouche de sa fille. Mais il pensait que cela allait lui passer, surtout depuis que leurs rapports s'étaient amélioré. Bien que Lilly en parlait avec un ton beaucoup plus adapté qu'autrefois, les remarques étaient les mêmes. Et la suite de son laïus était de la même trempe. Lilly était revendicative, un trait qu'elle ne tenait pas de lui, pas qu'il sache. Constamment dans le reproche, elle ne pouvait s’empêcher de lui rappeler à quel point lui et Callie avaient gâché sa vie. Il ne manquait plus qu'elle lui balance dans la tronche qu'en restant à Madrid, elle n'aurait jamais eu cet accident... Ce qui était vrai dans un sens, mais Dieu sait ce qui aurait pu se passer la-bas. Et puis Samuel n'était pas d'humeur à entendre ce genre de truc. « Ok, message comprit ! Tu veux partir ? Très bien, quand tu sera parfaitement guéri, tu pourra bouger. Je te laisse en parler à ta mère, je suis sur qu'elle sera ravie de savoir que tu comptes quitter Londres pour l'inconnu total », commença-t-il d'une voix blanche. « Seulement je suis pas sûr que tu sois prête à voler de tes propres ailes. Regarde ta relation avec ta mère, tu l'appelles constamment. J'étais un adulte bien plus tôt que toi, que tu l'entendes ou non. C'est pas juste une question de majorité, mais une question de maturité ma grande », termina-t-il en appuyant sur ce dernier mot. Il voulait simplement lui faire entendre raison. Il n'imaginait pas sa fille partir à l'aventure, pas maintenant, il la sentait trop fragile, trop angoissée pour lâcher ses parents et son petit confort Londonien. « Pour un tas de trucs », dit-il vaguement. En vérité, il n'avait pas envie de dire à sa fille que sa mère le soûlait par rapport à sa relation avec elle, principalement. Cecilia se faisait constamment du souci pour ses enfants et leur avait imaginé une vie meilleure. Elle était profondément peiné de voir que pour deux d'entre eux, leur carrière avait prit un ascendant sur le reste.

« Je suis déjà rentrée déchirée, mais t’as rien vu parce que t’étais tout simplement pas là… ». Il l'avait vu venir, évidemment. C'était l'attaque favorite de Lilly. C'était devenue une litanie avec le temps. Bien sûr, elle ne pouvait le reprocher à Callie ou à n'importe qui d'autre, cela lui était entièrement dédié. Mais il avait apprit à faire avec, il n'avait pas vraiment eu le choix. Cela continuait de le peiner, mais il n'en montrait rien, préférait l'accepter avec détachement plutôt que de s'énerver comme autrefois. Quant à la fatalité, ce n'était pas sa gamine de vingt ans qui allait lui apprendre ce que c'était. Lilly pouvait bien parler, elle ne savait rien. Elle était jeune, trop jeune, pour comprendre ce que Samuel traversait tous les jours. Voir un patient décédé malgré tous ses efforts, c'était son quotidien. Par contre, devoir opérer sa propre fille était inédit et l'expérience la plus traumatisante de sa vie. « T'as raison Lilly, je suis le pire père de l'univers ! », dit-il froidement. Elle le lui avait fait comprendre tellement de fois que ça avait finit par rentrer à priori. Tandis qu'elle crachait sur la boxe, Samuel faisait craquer la jointure de ses doigts. Il n'avait jamais imaginé que sa fille s'intéresse à sa vie d'autrefois, mais l'entendre lui reprocher son ancienne passion l'exaspérait. Comment avait-il pu imaginer que Lilly serait fière de lui, ne serai-ce qu'une fois ? Il savait que c'était un truc de parent d'encourager leurs enfants, de leur dépeindre leur fierté, mais il aurait apprécié que Lilly puisse en faire autant. Mais non, clairement non. Elle méprisait son travail et maintenant la boxe. « C'est une discipline sportive Lilly, mais tu ne fais pas de sport, donc tu ne sais pas. C'est ça le problème avec toi Lilly, tu parles souvent de choses dont tu ne connais rien. Tu n'es qu'une jeune fille insouciante et naïve ». Il y était allé un peu fort, mais elle l'avait cherché. Il devait garder le contrôle, c'était lui le père, mais cette discussion commençait à lui échapper. Il espérait presque voir surgir Callie pour calmer le jeu. Bon, elle lui aurait sûrement fait les gros yeux en l’entendant parler ainsi, mais ce serait toujours mieux que voir le regard noir de Lilly en cet instant. « Ce sont des idées, mais je peux sûrement trouver mieux », railla-t-il. Oui, Samuel pouvait même l'envoyer dans un couvent s'il le fallait. Lilly le détesterait jusqu'à la fin de ses jours, mais au moins, elle resterait en vie. Il était prêt à prendre le risque. « J't'ai pas parlé de Danny pour que tu t'en serve contre moi Lilly ! », s'emporta-t-il. Ok, là, il sentait que ça dérapait. « Et non ça n'a rien à voir. Zara et Julian ne sont pas tes meilleurs amis. Ils sont juste là parce que tu t'ennuyais à Londres. Et ils étaient où après l'accident ? Je crois pas avoir vu Zara à l'hôpital, et l'autre, j'en parle même pas ! Donc, encore une fois, ne parle pas de ce que tu ignores ». Elle voulait être traité comme une adulte ? Alors Samuel n'allait pas mâcher ses mots. Après tout, Lilly lui avait déjà prouvé qu'elle avait un bon sens de la repartie et qu'elle ne l'épargnait rarement. Il pouvait bien en faire autant, non ? « C'est ça le truc, c'est que toi, t'étais pas juste une patiente. Tu est ma fille. MA fille. Donc à toi je peux le dire ce que j'ai fais pour sauver ma vie et j'm'en moques tu ne veuille pas le savoir. C'est la réalité, c'est ça la vérité Lilly. Pas celle que tu te caches en défendant presque cet abrutit, la vérité c'est que je t'ai sauvé la vie ». Sa voix était un mélange de colère et de sanglot. Mais il ne craquerait pas devant elle. Il s’interdisait de se laisser happer par cette conversation. « Tu crois que je veux pas passer à autre chose moi ? Tu veux oublier mais tu ne pourras jamais. Tu pourras pas, crois moi, j'en sais quelque chose. Et continuer de voir Julian ne t'y aidera jamais parce qu'il ne fera que te rappeler cette nuit là ». Et il le pensait sincèrement. Jamais plus Lilly ne pourra voir le visage de Julian sans se souvenir de ce qu'elle avait traversé. Samuel n'avait rien oublié, alors que cela faisait plus de vingt-ans... « Oui je m'en fous. Julian n'est pas mon fils. C'est toi qui m'importe. Mais il y a une chose que tu oublie, c'est que Julian est en liberté aujourd'hui. Il n'est pas en taule, alors que c'est sa place. Tu crois pas que c'est déjà bien assez gentil de notre part à ta mère et moi de le laisser se balader tranquille en ville ? Il n'est jamais trop tard pour porter plainte... ».

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