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Un jour il comprendra et il se dira « merde, elle m’aimait vraiment » ♥︎ Lilly

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MEMBRE

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# Un jour il comprendra et il se dira « merde, elle m’aimait vraiment » ♥︎ Lilly
message posté Ven 15 Sep 2017 - 9:44 par Callie M. Dos Santos
Un jour il comprendra et il se dira « merde, elle m’aimait vraiment »
Lilly & Callie
Depuis son arrivée à Londres, Callie avait vécu une vie légèrement mouvementée. Dans un premier temps, s’habituer à cette ville lui avait demandé un peu de patience et d’adaptation. La mentalité était différente, mais heureusement l’espagnole n’avait pas trop de problème à s’habituer dans un nouveau pays, un nouvel endroit, ni à démarrer un autre tournant de sa vie. Elle l’avait déjà fait il y a une vingtaine d’années, tout comme lorsqu’elle s’était rendue à Madrid toute seule avec sa fille pour ses études. Callie n’était pas ce genre de femme à ressentir le besoin d’avoir toute sa famille et sa smala près d’elle pour être heureuse, tant qu’au fond elle avait sa fille c’était le seul moteur qu’elle avait besoin dans la vie. Néanmoins, si vivre dans une autre ville ne semblait pas trop compliqué, vivre sans sa fille l’était beaucoup plus. Jamais Callie n’avait été séparée de sa princesse plus de quinze jours, peut-être trois semaines tout au plus, mais Lilly avait toujours vécu avec elle, sous son toit. Aujourd’hui, la roue avait tourné et même si la savoir chez son père lui donnait la certitude de quelque chose de beau et de nouveau dans la vie de sa brunette, elle ne pouvait ressentir parfois cette envie de pouvoir la savoir près d’elle, pas bien loin. Plutôt que chez Samuel, mais c’était bénéfique pour elle. Callie le savait pertinemment, alors elle prenait sur elle et patientait de pouvoir passer quelques instants avec Lilly.

A Londres, Callie avait opté pour une jolie maison typiquement anglaise extérieurement parlant et décorée comme elle aimait le faire intérieurement. Une décoration moderne cherchant à avoir un logement cosy, éclairé et agréable. Evidemment, sa fille y était la bienvenue, elle y avait même sa chambre et une partie de ses affaires qu’elle n’avait pas eu envie d’emporter chez son père. Après quelques mois, Callie voyait enfin le bout de son emménagement. Si elle avait stocké les cartons dans le grenier pour ne pas avoir l’impression d’être submergée par l’entretien de sa maison, elle en descendant un peu tous les jours et continua de trier et vider ces maudits cartons. Au moins, elle retrouvait ses affaires petit à petit et sa maison donnait une meilleure impression d’habitation que le début. La jeune femme avait plus de temps désormais. Ayant vendue ses parts de la société avec Macsen lors de leur rupture, elle avait néanmoins continué une activité freelance, ce qui lui laissait beaucoup plus de temps pour elle, mais aussi pour sa fille. Hormis le weekend, Callie continuait de se lever vers six heures du matin afin de travailler sur les demandes de ses clients, et ainsi elle avait l’après-midi pour elle, mais aussi la soirée. Comme aujourd’hui en somme.

Lorsqu’elle eut terminé de trier un carton, Callie jeta un œil vers la fenêtre. La pluie ne cessait de tomber, un peu comme souvent dans cette ville. Sachant sa fille à l’étage, l’espagnole hésita avant de prendre les escaliers jusqu’à la chambre de cette dernière. Depuis l’accident, elle savait que Lilly avait parfois besoin de repos et le lui accordait bien volontiers. Elle avait fait son rangement de carton une partie de l’après-midi en veillant à ne pas trop faire de bruit et désormais, elle s’avança dans la chambre de Lilly et s’assied sur le bord du lit « - Ca va mon chat ? » Callie fixa un bracelet avec des perles en bois que Lilly tripotait. Un bracelet que l’espagnole ne connaissait pas, et qu’elle n’imaginait pas à sa fille ne serait-ce que par la taille beaucoup trop grande pour appartenir à cette dernière « - Il est beaucoup trop grand pour toi, tu l’as eu à qui ce bracelet ? » Elle se doutait un peu de la provenance à vrai dire, et savait aussi ce que ça signifiait. Il n’y avait qu’à voir la moue de sa fille pour comprendre que le bracelet appartenait à Pierre et qu’en ce moment précis, il lui manquait. Peut-être un peu trop.


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MEMBRE

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# Re: Un jour il comprendra et il se dira « merde, elle m’aimait vraiment » ♥︎ Lilly
message posté Sam 23 Sep 2017 - 11:20 par Lilly R. Adams

En fixant l'eau, je me suis rendu compte que je n'avais nulle part où aller, plus aucun endroit où fuir. Je n'avais plus qu'à rester ici et à affronter la terrible vérité. J'ai mesuré, alors que d'autres larmes coulaient, combien j'étais fatiguée d'esquiver, fatiguée de ne pas en parler tout court, fatiguée de prétendre que tout allait bien quand ça n'avait jamais été aussi mal. Callie & Lilly

Un jour il comprendra et il se dira « merde, elle m’aimait vraiment »


Dans ma chambre, chez ma mère je balayai l’endroit du regard. Je n’y viens pas souvent et quand j’y viens, l’envie de ranger mes affaires, ou simplement de les défaire ne me dit rien. A quoi bon de toute façon, puisque je n’y vis pas. J’y reste une nuit, parfois deux, et puis je dois retourner chez mon père. Comme si j’avais dix ans, comme si j’avais pas le droit de choisir où je voulais vivre. Certes, c’est moins compliqué de vivre chez lui qu’au début, mais n’empêche que vivre avec ma maman me manque. Comme l’Espagne me manque. Non, je n’aime toujours pas Londres, je fais avec c’est tout. Assise par terre, je vide un carton, je trie ou presque avant de finalement tout remettre dans le carton et de le pousser au fond de la pièce. Si ça ne tenait qu’à moi je balancerais tout à la poubelle, à quoi bon garder des souvenirs ? Après tout, même si les souvenirs nous réchauffent de l’intérieur, ils nous déchirent violemment le cœur en même temps. Parce qu’on finit toujours par tomber dans la nostalgie des beaux jours, ces jours qui ne viendront plus. Qui sont passés. On n’a plus qu’à les regarder s’éloigner, impuissants et se dire que le meilleur est peut-être à venir. En tout cas, me concernant, j’avais moins de problèmes en Espagne, alors oui j’ai envie d’y retourner et de croire que Londres est une ville maudite, qui ne me convient absolument pas. Que je ne suis pas faite pour ces gens, pour cette météo, pour ce mode de vie. Non, vraiment, je déteste Londres.

Physiquement, je me remets comme je peux de l’accident. Je crois que même si mes blessures, fractures et compagnies disparaissent avec le temps, ça laisse un traumatisme. Je n’aimais déjà pas l’idée de devoir apprendre à conduire un jour, mais là c’est bon. Je suis vaccinée. Je préfère aller d’un point A à un point B à pieds, plutôt qu’en voiture. Les priorités de droites sont si rapidement brulées que je suis à la limite de l’angoisse lorsque j’en vois une alors que je suis confortablement assise dans une voiture avec un conducteur qui a un permis. Mais Julian aussi avait son permis et pourtant ça l’a pas empêché d’être con, débile. Totalement irresponsable. Je lui en veux et je suis déçue. Terriblement déçue. Une raison de plus pour ne pas aimer Londres, ici les gens déçoivent terriblement. Ou peut-être est-ce moi qui attend trop des Londoniens. Assise sur mon lit, je vide mon sac et y retrouve un bracelet. Des perles en bois, un bracelet lambda que je ne peux m’empêcher de mettre autour de mon poignet. Il est beaucoup trop grand parce qu’il ne m’appartient pas et que Pierre avait des mains plus grandes, des doigts plus longs. Des mains dont je ne pouvais me passer et qui me manquent terriblement aujourd’hui. Instinctivement, je jette un œil à mon portable, comme si j’attendais un message. Quelque chose de lui. Je sens mon estomac qui se contracte et le manque qui me pèse. Je tourne les perles entre mes doigts alors que je ne le quitte pas des yeux. Je ne sais pas quoi faire, je devrais le balancer par la fenêtre, comme lui m’a balancée de sa vie, mais j’y parviens pas, je veux le garder encore un peu au moins. Je ne sais pas pourquoi, parce que ça ne me fait clairement pas de bien, mais je sais que je veux le garder.

Finalement je relève la tête en entendant la voix de ma mère. Je ne l’ai pas entendue arriver, probablement trop perdue dans mes pensées. Est-ce que ça va ? Non, pas vraiment. Je suis fatiguée par les suites de cet accident, je suis brisée et ça aussi, ça m’épuise. J’ai la gorge nouée, impossible de lui dire que oui, je vais bien tellement ça sonnerait faux. Alors je me contente de lui répondre un oui de la tête. Lorsqu’elle me pose la question concernant ce bracelet, je soupire à l’idée de lui répondre « A Pierre. Mais je ne sais pas ce que je dois en faire. » finis-je par dire d’une voix peinée. Je la regarde, avant de plonger mes yeux toujours sur ces petites boules en bois, me remémorant le jour où il me l’a donné. Je me rappelle que j’avais été contente, que c’était stupide, mais que je l’avais regardé une partie de la nuit, avant de finalement m’endormir le bracelet à mes côtés, comme une petite adolescente découvrant l’amour pour la première fois « Maman, comment t’as fait pour oublier papa et vivre d’autres histoires sans avoir mal ? »






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Un jour il comprendra et il se dira « merde, elle m’aimait vraiment » ♥︎ Lilly
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