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So come on, spin me around { Nolan }

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# So come on, spin me around { Nolan }
message posté Lun 25 Sep - 0:32 par Lilly R. Adams

On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas: Souris au monde et le monde te sourira. Nolan & Lilly

So come on, spin me around


Assise sur mon lit, mes doigts pianotent sur l’écran de mon iphone. Zara se déchaine, tentant de me motiver à sortir. J’ose pas imaginer la tête de mon père lorsque je lui dirai que je sors ce soir alors qu’il y a quelques mois, c’est en revenant de l’une de ces soirées que j’ai eu mon accident. Qu’il me croie ou non, j’ai été vaccinée, mais j’ai pas non plus envie de passer ma vie enfermée chez moi à attendre que ma vie me file entre les doigts. A un moment, il faut recommencer à vivre, et puis sans doute que cette soirée me fera du bien, me changera les idées et me fera oublier que quelque part dans ma poitrine, mon cœur brisé ne pense qu’à prendre l’air, vivre d’autres sensations que ce qu’il subit actuellement. Est-ce de cette façon que l’on raccommode un cœur brisé ? Je n’en sais rien, mais tous les moyens sont bons pour essayer, je pense.

Finalement, je capitule et j’accepte d’accompagner Zara dans ce nouveau lounge bar venant tout juste d’ouvrir. D’après elle, ce n’est rien comparé à là où on avait l’habitude d’aller avant, c’est plus classe et puis l’inauguration de l’un de ses bars était synonyme de public bien moins débile et écervelé que ces soirées pourries et suffisantes où elle avait l’habitude de m’emmener. J’étais déjà idiote de m’y rendre, certes, mais l’idée de me changer les idées, de bouger et simplement d’oublier un peu que je me trouvais à Londres et non plus en Espagne me donnait envie de me retrouver n’importe où, sauf chez mon père. Alors je me fichais pas mal qu’il s’agissait d’une ‘night party’ situé dans une rue mal éclairée et organisée par un gros naze dont personne ne connaît le nom. Je voulais juste changer d’air et faire passer plus rapidement cette journée passée à Londres.

Après une douche revigorante et une bonne demi-heure devant le miroir de la salle de bain à tenter de faire quelque chose de mes cheveux, j’éveille mon visage avec un soupçon de maquillage et finalement me perd dans ma penderie à la recherche d’une tenue à la hauteur de cette soirée. Au bout du compte, j’enfile une robe mettant mes formes en valeur, sans pour autant tomber dans la vulgarité et je l’assortis d’une paire d’escarpins me faisant prendre une dizaine de centimètres. Enfin, je quitte le loft pour rejoindre mon amie m’attendant en bas, prête à passer une nouvelle soirée dont j’espère différente de la dernière que j’ai bien pu passer.

A l’intérieur, ça grouille de monde et comme me l’a si fièrement vendu Zara, cette soirée est totalement différente. Les adolescents ou jeunes étudiants en quête de beuverie se font plus rares, ou préfèrent se la jouer subtiles. La musique est passe partout, bien que sympa pour se déhancher sur une piste de danse encore pauvre en amateur et l’endroit est classe. Propre. On opte pour une table dans un coin quand le portable de mon amie sonne. Déjà exaspérée, je lève les yeux au ciel et en attendant qu’elle mette un terme à sa conversation, je regarde autour de moi, pour finalement abandonner l’idée qu’elle raccroche en décidant de me lever et de me diriger vers le bar où je commande deux cocktails. Non, je ne compte pas me bourrer la gueule. Enfin j’espère pas, ou peut-être que si. En fait j’aime mieux pas savoir. Lorsque le barman me tend les verres, je tente de me frayer un chemin jusqu’à l’endroit où se trouve mon amie toujours en grande conversation, quand un des serveurs se lance droit sur moi. L’évitant de justesse, ce fut moins une que mes verres se renversent sur un homme proche de moi. « Pardon, je suis sincèrement désolée ! » Après un bref coup d’œil, je ne suis pas certaine qu’il ait été arrosé par ma maladresse, ou la maladresse du serveur, quand finalement je décide de poser à nouveau les verres sur le bar et reprends aussitôt « je ne vous ai pas arrosé ? Je m’excuse vraiment ». Sincèrement mal à l’aise, je jette un œil rapide à Zara qui ne semblait même pas avoir remarqué ma disparition quand je glisse un des verres de cocktails près de l’inconnu « Cadeau, pour me faire pardonner. »

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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Lun 25 Sep - 21:02 par Nolan P. Donnelly
Ça fait maintenant deux mois que je suis de retour à Londres et si j'ai très rapidement revu ma famille, le lendemain de mon arrivée pour être exact, mes collègues et moi avions du pain sur la planche entre l'installation dans les nouveaux locaux, deux recrutements et, surtout, le démarchage de clients. Notre portefeuille de base était déjà prometteur, mais comme dans toute entreprise, plus on en a et mieux c'est, même en tant qu'avocat d'affaires. Les meilleures occasions restaient toujours les même pour faire mordre à l'hameçon les gros clients ; les repas, les galas ou les inaugurations en tout genre que ce soit une nouvelle salle d'exposition ou, comme ça allait être le cas pour ce soir, celle d'un bar. Je ne parle pas d'un pub classique, non, ça ne serait pas le même standing même si de mon côté c'est typiquement le genre d'endroit que j'aime. Là, il s'agissait d'un bar réservé à une cliente plutôt chic et potentiellement avec un compte en banque bien garni. Bref, une soirée à ne pas manquer !

De ce fait, le Directeur de cabinet nous laissa tous partir à 16h, le temps pour chacun de rentrer chez lui et de se préparer sans se retrouver dans l'urgence, ça ferait un peu tâche d'arriver essoufflé et tout transpirant dans ce genre d'endroit. A chaque fois que nous étions conviés pour des événements de ce type, j'ouvrais en grand mon armoire en me disant que la gente féminine avait bien de la chance. C'est vrai, nous à part un costume, le choix est plus que limité. Tandis que les femmes, elles, peuvent mettre une robe, un tailleur, une jupe avec un chemisier et j'en passe. Soit. Direction la salle de bain tout d'abord pour passer sous la douche et me tondre un peu la barbe pour éviter de faire négliger. L'image tout d'abord... Un peu triste, mais c'est comme ça.

Place donc aux vêtements. Noir, gris, bleu marine, blanc. Je crois que si j'étais une femme, je serais vraiment chiante pour m'habiller vu que là déjà j'hésite. Je mets de côté le blanc, non pas pour le prendre mais pour l'écarter des autres car c'est sûr que je ne le porterais pas. Ensuite, ce fut au tour du noir, trop classique, presque triste, mais le gris n'est pas forcément mieux. Ce sera le bleu marine alors avec une cravate assortie, une chemise blanche et des chaussures marrons. Bref, un ensemble assez classique en somme.

A peine arrivé au bar qu'on me demande déjà ce que je souhaite boire. Étant plutôt exigeant et un peu connaisseur en la matière, je leur demande presque sur le ton de la plaisanterie s'ils ont du Midleton et plus particulièrement du Barry Crockett Legacy, une bonne bouteille donc. Ce à quoi, on me répond tout naturellement « Évidemment Monsieur. » et me voilà quelques secondes plus tard avec un verre d'un whisky irlandais très réputé dans la main droite. On ne m'avait donc pas menti quant au ''standing'' de l'établissement. Je reste un instant au bar afin d'observer la foule incroyablement chic, une belle brochette de londoniens. Après une première gorgée d'alcool que je sens descendre lentement dans mon corps, je décide finalement de patienter encore un peu ici.

Et là, je vois une jeune femme manquer se faire bousculer par un serveur. Comme première journée de travail, il y a mieux et le risque pour lui de déjà perdre son emploi est élevé, l'invitée peut être une personne importante après tout. « Oh c'est rien, ne vous en faîtes. » lui dis-je avec un petit sourire en coin. A première vue, pas de dégât pour moi ou alors quelques gouttes que je ne vois pas. « A première vue non et puis, ça reste que du tissu vous savez. – répondis-je en baladant mon regard sur mes vêtements - Et vous, ça va ? » demandais-je, parce qu'au final, c'est elle qui s'est faite chahuter. Elle semble sincèrement désolée en plus alors qu'elle n'y est pour rien, mais je trouve ça plutôt touchant. Mais ce n'est pas fini, voilà qu'elle m'offre l'un des verres à présent pour se faire pardonner. « Oh.. C'est gentil, merci ! Le prochain sera... » je ne finis pas ma phrase parce que par habitude j'allais dire que le prochaine serait pour moi, sauf que dans ce genre de soirée les boissons sont gratuites.

Alors, à part passer pour un radin qui saute sur l'occasion de ne devoir rien payer pour offrir un verre, je ne vois pas trop à quoi ça ressemblerait, mais je préfère en rire. « Désolé... En tout cas, encore merci. – lui dis-je en attrapant le verre en souriant une nouvelle fois. – Il ne manquera pas à la personne à qui il était destiné par contre ? » Sait-on jamais, elle faisait peut-être signe de simple politesse sans s'attendre à ce que je l'accepte au final. « Je ne voudrais pas vous retenir d'ailleurs si cette personne vous attend, après, si sa compagnie vous ennui, ça ne me dérange nullement. » ajoutais-je en me rendant compte au fil des mots sortant de ma bouche que la première partie de ma phrase pouvait laisser penser que je voulais absolument la voir partir.
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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Mar 26 Sep - 10:16 par Lilly R. Adams

On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas: Souris au monde et le monde te sourira. Nolan & Lilly

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J’avais longuement hésité avant d’accepter de sortir, mais les mots de Zara avaient fini par me motiver. J’ai sorti à peu près le même discours à mon père, lui certifiant qu’il s’agissait d’un tout autre cadre que les endroits où j’avais l’habitude de me rendre avec mes copines. Tout comme je lui avais promis de revenir sobre, et de ne plus monter en voiture avec une personne assez stupide pour avoir l’idée de bruler un feu rouge dans le but de défier la chance qu’il n’a pas. Mon père aussi semblait s’inquiéter depuis mon accident, mais je refuse de rester enfermée éternellement comme une petite chose qu’on garde cachée pour ne pas l’abimer. Je ne lui avais donc pas vraiment laissé le choix. J’accepte de faire des efforts avec Samuel, mais à mes yeux, ça devait aller dans les deux sens : lui devait aussi me faire confiance et me laisser vivre ma vie de jeune adulte. C’était sans doute une chose assez difficile alors qu’il ne m’a même pas vue grandir, mais je n’ai qu’une vie, et je veux aussi la vivre pleinement. De plus, en sortant de ma vie, Pierre avait emporté avec lui toute envie de bouger, de sortir, de voir d’autres gens. Et si je ne ressentais pas l’envie de m’amuser comme j’aurais pu le ressentir avant, je voulais me laisser une chance de mettre mes pensées de dépressive de cœur brisé de côté pour permettre à des réflexions plus positives d’envahir mon esprit.

Dans cette salle où grouillaient les invités tous à peu près tirés sur quatre épingles, je m’imprégnais un peu de l’endroit en posant mon regard sur tout et tout le monde. Zara semblait elle plus intéressée par son coup de fil que par ce qu’il se passe dans cet endroit, me poussant à bouger jusqu’au bar pour commander nos boissons. J’avais l’espoir qu’en revenant, elle aurait raccroché, mais la connaissant j’avais un léger doute. Cette fille parlait presque autant qu’une grand-mère de quatre-vingts ans enfermée dans une maison de retraite et qui, dès qu’elle voit une seule personne, a besoin de lui raconter ses songes, ses pensées, sa vie. Se frayer un chemin jusqu’au bar relevait presque du parcours du combattant. Les hommes semblaient s’y rendre avec une facilité déconcertante, il leur suffisait juste de mettre un coup d’épaule à gauche à droite pour arriver à s’infiltrer. Du haut de mon 1m70, je ne suis pas gâtée, néanmoins j’y parviens. Le retour fut plus délicat étant donné le serveur qui vient en un temps record de renverser son plateau en me fonçant droit devant. Certes, je ne suis pas très grande, ni très grosse mais j’espérais quand même ne pas être transparente à ce point. « Dans le pire des cas, on se fera tous les deux éjecter de la soirée pour des raisons de taches apparentes et donc pas aussi chic que la soirée. » plaisantais-je avec l’inconnu que je venais tout juste de bousculer à mon tour. Je jette un œil sur ma robe à la question de mon interlocuteur « Ca va, c’est du noir donc ça ne devrait pas trop se voir. Je lui enverrai la note du pressing » en jetant un œil discret au serveur en question.

« Si on se fait foutre dehors, alors le prochain pourra être pour vous, oui. »
 La question du verre pouvait se poser en effet. Mais Zara ne semblait pas s’inquiéter de ne pas voir arriver le sien et donc, je pouvais sans grande crainte lui refiler le verre de mon amie. Avec une pointe d’audace, je pris son verre à lui pour humer le contenu et me rendre compte qu’il tapait bien plus haut qu’une vulgaire Margarita, puis le lui rends « J’ai l’air bête avec mon petit cocktail de femme, maintenant. » le sourire aux lèvres, je réponds néanmoins à sa question de manière plutôt détachée « Je ne suis même pas sûre qu’elle ait remarqué mon absence. Donc on va dire que non. » répondis-je portant mon regard sur Zara à l’autre bout de la salle. Finalement, en entendant ses paroles je lui adresse un regard étonné. S’il avait voulu touché mon égo, au moins il y était parvenu « C’est cela, au moins vous êtes presque doué pour vous rattraper… » finis-je par répondre avec une touche de sarcasme, puis je reprends « Est-ce que vous êtes aussi le genre de gars à remballer les filles de vingt-ans après les avoir fait espérer ? » Cet homme n’a pas la tête ni la prestance d’un type de mon âge et inconsciemment, je ne peux m’empêcher de l’associer à Pierre qui sans même se rappeler que j’étais dix ans plus jeunes que lui, m’avait entrainée dans une belle histoire pour finalement me briser en se rappelant, ou en réapprenant qu’en fait, je n’avais que vingt-ans.

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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Mar 26 Sep - 21:07 par Nolan P. Donnelly
A la réponse de la jeune femme je ne peux pas m'empêcher de rire tellement j'ai trouvé drôle d'imaginer la scène. ''Ah non, ça va pas être possible là, sortez !'' voilà ce qui me traversa l'esprit sur le coup. Étouffant ce son en l'entend, je serre les lèvres pour retrouver un visage plus normal « Toutes mes excuses... Votre remarque était vraiment pertinente, mais je ne suis pas sûr que mon patron le prendrait aussi bien que nous. » parce que, oui, malgré que ce genre de soirée devienne presque habituel depuis mon retour à Londres, ce n'est pourtant pas le genre d'endroit qui me plaît spécialement. Tout est trop... Trop. Les relations sociales restent du domaine du paraître, elles sont fausses et servent uniquement à se mettre en avant. Un peu comme un concours débile de gars faisant du tuning et s'amusant à se péter les tympans avec les multiples haut-parleurs et trucs dont je ne connais même pas le nom. Bref, quelque chose d'idiot.

« Excellente idée ! Si vous souhaitez vous montrer un brin sadique, vous pourriez tout aussi bien adresser cette facture au gérant de l'endroit en décrivant le coupable. » lui dis-je avec un sourire taquin. Comportement plus puéril qu'autre chose, j'en conviens, mais qui reste assez amusant je trouve même si je me doute bien que le serveur n'a pas fait exprès, il a peut-être aucune expérience pour ce poste, donc oui, ce serait vache. Je doute quand même fortement que pour entrer ici il suffise de sonner et de réclamer un emploi pour en obtenir un.

A peine ai-je eu le temps de goûter à ce cocktail que je trouve bien trop sucré que me voilà dépossédé de mon whisky par la jeune femme. Interloqué, j'arque un sourcil non pas pour exprimer un outrage, non, mais parce que je suis surpris de la voir le goûter. Je connais peu de femme qui aiment l'alcool fort, et encore moins lorsque celui-ci n'est pas dilué avec un soda ou un jus de fruit. Finalement, l'odeur la rebute, elle n'y trempe même pas les verres et me le redonne. Ça remarque me fait une nouvelle fois sourire, c'est qu'elle est douée ! Mais ça me fait penser au cliché des femmes avec leur petit cocktail tandis que les hommes eux préfèrent ce qui est plus alcoolisé. Chose un peu stupide tout de même.

Ne sachant pas qui se trouve en face de moi, je préfère éviter tout amalgame et lui réponds en gardant la même expression « Tout dépend de la manière dont on voit les choses, vous pourriez penser que j'en bois souvent pour aimer et ça me ferait passer pour un alcoolique. » Peut-être est-elle une potentielle future cliente ou une personne importante dans le coin qui pourrait nous faire connaître. Je ne dis pas que je vais jouer le mec sympa dans l'espoir de décrocher des contrats, je ne suis pas comme ça, c'est simplement qu'il est préférable que je reste moi-même, mais professionnel aussi. « Tant pis pour elle que voulez-vous. Trinquons à... Son absence ? » tentais-je de plaisanter en portant le cocktail vers elle.

L'ambiance est vraiment agréable, ça fait presque oublier tout ce monde autour, enfin, je devrais dire ça au passé étant donné que le ton change d'un coup. Je me prends des reproches dans la gueule sans comprendre pourquoi. Quoi que... Peut-être qu'en me montrant sympa je n'ai pas fait attention et que j'en ai fait trop, mais même si c'est le cas je n'arrive pas à comprendre. Dans ce genre de situation, certaines personnes vont s'énerver, sauf que moi ça me fait rire. Alors, je ris un bon coup avant de la fixer d'un regard doux « Je ne sais pas ce qui vous ait arrivé, et ça ne me regarde pas on est d'accord, mais vous vous emportez un peu trop quand même. » et je rigole de nouveau à la fin de ma phrase comme pour la ponctuée.

« Ne le prenez pas mal, ce n'est pas de la moquerie ou de l'irrespect. En revanche, peut-être était-ce déplacé. Si vous m'avez fait cette remarque c'est forcément que mon comportement a fait écho à votre passé et quelque chose de plus que désagréable, mais sachez qu'en aucun cas je n'ai voulu vous faire penser que je me jouais de vous ou bien même vous faire croire quoi que ce soit, j'étais simplement moi-même, rien de plus ou de faux. » lui répondis-je en toute franchise. Cette première rencontre de la soirée a pour avantage de me faire tenir sur mes gardes à présent. Est-ce que je vais pour autant changer ? Non, certainement pas. Je veux bien faire des efforts pour cette soirée en restant professionnel, mais je ne vais pas subitement me transformer ou jouer un rôle pour le plaisir. « On repart de zéro ? Sans le serveur qui manque de vous faire renverser les cocktails, cela va de soi. Je m'appelle Nolan Donnelly, enchanté mademoiselle... » je laisse la fin de ma phrase en suspend afin de savoir si elle accepte ou non ma proposition ou si elle va me balancer le contenu de son verre dans la figure. Quoi que, elle pourrait tout aussi bien recommencer à déverser sa haine enfouie. Punching-ball humain... Jamais essayé, mais il y a un début à tout non ?
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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Mer 27 Sep - 22:19 par Lilly R. Adams

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Je souris en se rendant compte que ma bêtise pouvait au moins faire rire quelqu’un, mais aussi et surtout qu’elle arrivait à faire oublier mon cruel manque d’adresse. Il est vrai qu’on aurait au moins animé la soirée en se faisant foutre dehors pour une ou plusieurs petites taches, faisant de nous des souillons plutôt que porter le style ‘bon chic, bon genre’. Un style que je n’avais d’ailleurs pas l’habitude de porter, pour la simple et bonne raison que je ne me rendais jamais dans ce genre d’endroit. Je ne travaille pas, je suis encore étudiante en art et pourtant je n’ai pas mis longtemps pour dénicher une de ces robes faisant très bien l’affaire dans cet endroit. « Votre patron… Vous faites quoi comme travail. J’vous vois bien gérant d’un nightclub. Ou bien dans le marketing, non ? Vous avez ce sourire qu’ont les marchandisers. » Ce genre de sourire qu’on pouvait avoir du mal à passer outre. Ce qui permettait dans un cas de négociation ou de vente, de mettre plus facilement le client dans sa poche. Il était clair que cet homme n’était pas en train de me vendre un de ses produits miracles, mais le sourire était bien là, lui. Cependant, il est clair que j’abusais un peu. Beaucoup. Londres n’est pas une ville que j’aime et si ça n’avait tenu qu’à moi, je serais restée en Espagne. Je n’ai jamais voulu vivre ici et depuis janvier, je ne vis toujours pas cette expérience comme quelque chose d’enrichissant. J’ai toujours autant l’espoir d’y retourner, mais là n’est pas la question aujourd’hui malheureusement.

Cette fois-ci, c’est à mon tour de laisser échapper un rire « Sadique, c’est peut-être mon deuxième prénom, qui sait ? Vous seriez bien étonné » ou pas. Je sais que j’ai un caractère de merde, que je ne suis pas facile à vivre et qu’il me faut peu de chose pour me faire criser, mais au fond je m’en fiche un peu que cet homme a failli me rejouer la scène des chutes du Niagara avec son plateau. « Désormais, nous sommes donc complices. Vous êtes même le conspirateur et un témoin clé. » Eh oui, c’est ça de souffler des idées sadiques et prémonitoires. Mais je n’en perds pas mon sourire pour autant, bien que si j’avais vraiment voulu faire ma petite peste, ce serveur finissait surement au chômage dès ce soir. J’adresse un regard intéressé bien qu’un brin mystérieux face à ce que je pouvais bien penser d’un homme avec un whisky entre les mains. S’il était vraiment alcoolique, j’ai la certitude qu’il aurait une toute autre dégaine que celle qu’il a « Vous n’avez pas de panse d’alcoolo, vous ne puez pas l’alcool à trois kilomètres donc je ne pense pas que vous êtes alcoolique. Ce sont des stéréotypes bien placés, je vous l’accorde, mais c’est à peu près comme ça que je les repère, et après j’essaie de les fuir. Dois-je fuir, ou j’ai raison ? » Mon regard se pose à nouveau sur Zara, mais au fond je ne m’en fais pas pour elle. Elle arrivera à trouver le chemin du bar sans aucun problème et peut-être même qu’elle rencontrera le grand amour en chemin. Il lui faudrait certes, un vrai coup de chance, mais sait-on jamais. Je joins mon verre au sien en ajoutant « Oui, ou on peut aussi trinquer à la personne qui a eu la bonne idée de l’appeler. Parce que je pense que sinon, vous seriez fichu. Le genre grand brun mystérieux, c’est un peu son genre » plaisantais-je, bien que je suis sûre d’être sur la bonne voie. Zara était ce genre de fille à aimer les grands ténébreux du style de cet homme avec qui je suis en train de parler. Et puis elle est plus âgée, donc il y a même des chances pour qu’en un temps record, il oublierait qu’il m’a adressé la parole un peu avant. Peut-être que si je lui avais flingué son costard, qu’au moins j’étais sûre qu’il ne m’oublie pas si vraiment la tempête Zara venait à frapper.

Si lui se met à rire, je ne l’accompagne pas. J’allais bien, j’étais même de bonne humeur et pourtant je me suis raccrochée à une phrase qu’il a dite. Une phrase que j’ai interprétée différemment que je l’aurais fait si je n’avais jamais rencontré un homme de sa tranche d’âge il y a quelques mois. Une rupture encore douloureuse, bien que j’essaie d’avancer et de me montrer agréable, souriante et joyeuse pour ne pas être un fardeau dépressif. Voir du monde, rencontrer de nouvelles têtes ça me fait un bien fou au fond, et pourtant je trouve à me vexer pour une réflexion qui, si ça tombe ne voulait absolument rien dit et était là dans le seul et l’unique but de dire quelque chose. Néanmoins, je garde mon regard porté sur mon interlocuteur, non sans quitté mon air un tantinet agressif. J’ouvre la bouche et la referme aussitôt en entendant la suite de ce qu’il est en train de me dire « Non. Mais je pense que si j’avais vingt-sept ans, voir même trente, vous n’auriez pas cherché à me remballer. Certes, très poliment je vous l’accorde, mais quand même. Parfois, il existe que des filles de vingt ans peuvent être tout aussi intéressantes que des filles de trente ans. » Je baisse mon regard vers mon verre, alors que je n’y ai pas encore touché et finalement, je le dépose sur le comptoir, pas certaine d’en avoir envie, après réflexion. Je tourne à nouveau les yeux vers Zara et la voyant toujours dans sa grande conversation, j’en viens à soupirer. Mes yeux à nouveau posés sur mon interlocuteur, je fronce à nouveau les sourcils en l’entendant parler. Sceptique, je prends plusieurs secondes avant de répondre quelque chose. La première chose qui me vient à l’esprit en fait « Est-ce que vous comptez me sortir l’excuse du "on m’attend" ?» lui demandais-je sans même répondre à sa question, ou à son intention de connaître mon prénom « Non parce que si c’est le cas, je ne vois pas l’intérêt de vouloir connaître mon prénom… » Je le regarde à nouveau en fronçant les sourcils, cherchant une once d’honnêteté, ou plutôt de confiance. « Moi c’est Lilly, mais je ne sais pas si je suis enchantée, parce que vous m’avez vexée en essayant de me refourguer à quelqu’un d’autre ! » repris-je faussement blessée, bien que je n’étais pas loin de la mine boudeuse. Quand même.


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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Jeu 28 Sep - 12:04 par Nolan P. Donnelly
Je reste un instant de marbre en me demandant si ce qu’elle venait de dire l’était sur le ton de la plaisanterie ou bien si ça reflétait vraiment qu’elle se faisait moi. Voyant qu’il s’agit de la seconde option malheureusement, j’éclate de rire. « Oh la vache, sympa… – commençais-je à répondre avant de rire une nouvelle fois et d’ajouter ensuite – Non, mais c’est vraiment ce que vous pensez en me voyant quoi. » j’avais bien envie de lui dire que j’étais sur le cul, mais je venais déjà de me montrer suffisamment familier dans ma réaction pour ne pas continuer dans cette voie. Pourtant, je le suis vraiment. C’est la première fois qu’on me dit ça, mais parmi toutes les personnes que j’aie pu croiser, elle ne pouvait pas être la seule à penser ça. N’allez pas croire que ça me blesse, non, ça m’amuse en réalité. « Et pour vous répondre, je suis avocat d’affaires, bien loin d’un patron de nightclub et du marketing donc. » répondis-je en gardant mon sourire. Il m’en fallait bien plus pour le perdre de toute manière. « Allez, à mon tour d’essayer de trouver. » lançais-je en la scrutant.

Après quelques secondes d’observation à regarder ses mimiques drôles et de grattage de barbe, je me lance « Alors… Je dirais que vous êtes étudiante, maintenant dans quelle branche, c’est là le plus dur. » je ne prends pas trop de risque étant donné qu’elle m’a déjà communiqué son âge avant. A vingt-ans, la majorité des gens sont encore dans le système scolaire même si d’autres travaillent déjà. Par contre pour son domaine, je dois bien avouer que je n’en ai pas la moindre idée, mais j’exclue tout ce qui est lié aux relations clients parce que de l’aperçu que j’aie eu, ça ne semble pas être son fort. L’informatique ? Non, ça reste majoritairement masculin, il faut que je trouve quelque chose qui pourrait lui coller davantage. « Dans la mode ? » tentais-je en haussant les épaules tant ma conviction est basse.

« Ce serait un peu tordu de la part de vos parents tout de même. » dis-je amusé de sa réponse avant de tiquer sur le sujet. Les parents. C’est toujours risquer de les évoquer, et ce, peu importe l’âge de l’interlocuteur. Séparation, accident, décès, drame et compagnie resurgissent lorsqu’il y en a eu. Mais Sadique, oui je l’appelle comme ça du coup comme je ne connais pas son prénom, ne réagit pas, en tout cas pas négativement, et enchaîne. Tant mieux ! « Ça donne l’impression que nous avons commis un crime, mais soit, ça ne me dérange pas, je nierai en bloc vos propos si arrestation il y a de toute manière. » lançais-je d’un air taquin avant de rire une fois encore.

En tout cas, elle prouve bien qu’il ne faut pas se fier à l’âge des gens car elle a un sens de l’observation aiguisé. Certes, je ne ressemble pas à un alcoolique, ça se voit, mais la manière qu’elle a de détailler et d’argumenter vont dans le sens de ce que je disais. « Fuyez pauvre folle ! » rétorquais-je avec une voix de vieillard en tentant une imitation un peu ratée de Gandalf. Et merde, je suis de nouveau trop naturel, je ne dois pas oublier que je suis ici pour le boulot, mais c’est plus fort que moi. « Alors, juste pour préciser qu’aucun sens caché n’est présent, que je n’essaye pas de dire que je suis extrêmement vieux par rapport à vous ou dans le sens inverse que vous êtes très jeune. Je préfère prendre les devants, je ne sais pas pourquoi. » ajoutais-je en hochant la tête avant d’afficher un large sourire. « Et non, vous n’avez pas à fuir puisque vous avez raison chère Sadique. »

Trinquons maintenant ! « Mystérieux ? Hm, je ne pensais pas l’être. Merci à cette personne de l’avoir contacté alors. » répondis-je avant de porter le verre à mes lèvres et de boire une gorgée. D'ailleurs, juste après, je pose le cocktail sur le comptoir, il est bon, mais j’ai vraiment du mal avec tout le sucre présent. J’ai l’impression de boire un jus de fruit auquel deux kilos de sucre ont été ajoutés, je me contenterai de ce whisky ô combien meilleur, mais avant de pouvoir y regoûter, je dois attendre que le goût de la boisson précédente parte de ma bouche.

Comme je l’avais pensé, ma remarque n’était pas passée et les précisions apportées n’ont pas porté leurs fruits. La jeune femme repart au quart de tour, bien que son agressivité soit un peu moins forte. J’écoute avec attention ce qu’elle me raconte, mais j’ai un mal fou à comprendre pourquoi est-ce qu’elle réagit de la sorte. Un peu étourdi par les propos de Sadique, je me repasse le film de ces quelques instants passés en sa compagnie et… Non, je ne vois pas. « Ecoutez, je suis sincèrement désolé de vous avoir fait de la peine, ce n’était pas mon intention. J’aimerais bien savoir en revanche en quoi j’ai essayé de vous remballer pour éviter de commettre l’impair une nouvelle fois car j’ai beau essayer de me souvenir de ce qui a pu vous faire penser ça, mais rien ne me vient. Sachez que je ne juge pas les gens sur leur âge, leur physique ou quoi que ce soit. J’aime découvrir les personnes pour me forger un avis, c’est un peu comme un livre, ne dit-on pas qu’il ne faut pas le juger à sa couverture ? » expliquais-je d’un ton calme pour tenter de calmer ses ardeurs ou ses névroses, c’est selon.

Mais ça ne s’arrête pas là, non, elle poursuit dans la même ligné en s’imaginant des choses qui me dépassent. Un rire m’échappe, peut-être que ça la confortera dans ses idées, tant pis, d’autant plus que je ne compte pas m’amuser à jouer le perroquet pour répéter tout ce que j’avais pu dire. « Ok, ok… Euh, Lilly… Chère Lilly… Que dire… – commençais-je avant de m’interrompre pour boire tout le whisky contenu dans le verre – Non, je ne vais pas vous dire qu’on m’attend puisque c’est faux et que si vraiment je dois aller voir quelqu’un, un collègue peut me rappeler à l’ordre et le cas échéant, pour vous prouver que vous psychoter à tort à mon sujet, nous pourrons y aller ensemble. Cela vous convient ? » demandais-je d’une mine interrogatrice.
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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Jeu 28 Sep - 19:41 par Lilly R. Adams

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So come on, spin me around


Je ne pus réprimer un rire face à la réaction de mon interlocuteur qui semble outré par les métiers que je venais de lui coller. Ca va, j’aurais tout aussi bien pu dire gigolo, quoi que vraiment ça ne m’était pas passé à l’esprit. Non, moi je trouvais qu’il irait bien dans le marketing, mais à en croire sa réaction j’étais clairement à côté de la plaque et pourtant, ça m’amusait « vous auriez préféré stripteaseur ? Ca va, les gars dans le marketing ils ont la classe quand même, mais je vous l’accorde ce sont des beaux parleurs en général et on les voit venir de loin ». On a souvent envie de leur fermer la porte au nez aussi, ou de leur raccrocher au nez une fois qu’ils nous harcèlent au téléphone à pas d’heure. Globalement, il est clair que ce n’est pas vraiment le ressenti que j’ai pour le moment en échangeant avec mon interlocuteur. Dans le pire des cas, j’avais encore mon verre pour me défendre si vraiment il avait tenté de me retourner le cerveau pour un produit quelconque « Oui bon, j’étais carrément à côté de mes pompes quoi. Et qu’est-ce qu’un avocat vient faire dans ce genre d’endroit ? Je croyais que votre espèce se cachait surtout dans les restaurants chics, calmes, ou encore dans les tea rooms. Les trucs plus raffinés, plus coincés, plus anglais…» me justifiais-je plus ou moins sans perdre le sourire, peut-être même pour le piquer un peu au vif et ainsi le faire réagir. A vrai dire je n’aime pas Londres et donc, je sais que je suis bourrée de préjugés sur cette ville, que c’est mal et je ne demande qu’à en découvrir de jolies choses, m’y attacher etc. Mais non, depuis que je suis là, on ne peut pas dire que cet endroit m’ait donné envie d’y rester, alors j’aspire à une autre vie ailleurs, mais en attendant, je suis quand même là, alors je fais avec.

Je ne peux retenir un sourire en le voyant me dévisager comme s’il allait pouvoir trouver réponse à ce qu’il cherche en m’observant. J’ai un doute, vraiment, parce que ce n’est pas quelque chose qui se voit. Je n’ai même pas la dégaine de l’artiste révoltée, ou bohème. Je ne me prends même pas pour une artiste, même si j’aime vraiment le domaine de l’art, ou bien du dessin, de l’illustration plus précisément. Après les galeries d’art dégagent ce petit quelque chose qui me cloue le bec à chaque fois, mais tout ça, il ne pourrait le savoir ni le voir comme ça, d’un premier coup d’œil. J’acquiesce d’un signe de tête le fait qu’il devine que je suis étudiante, je porte mon verre à mes lèvres en attendant qu’il me sorte une vague idée de ce qu’il pense être mon domaine de prédilection et me retiens de rire en l’entendant me sortir le stéréotype de la nana par excellence, ou presque : ‘la mode’. « Négatif. J’aime bien le shopping, mais pas au point d’en faire un futur plus ou moins proche. Ou alors dépensière compulsive peut-être. Try again ! »

Les parents, autant dire que pour moi c’est un sujet tabou, mais ce soir je laisse les soucis et les prises de tête de côté les concernant. Mieux, je tente même de mettre un pied dans l’humour, malgré tout, je souris à sa remarque « Certes, mais je me trouve à Londres là où il pleut sans cesse, plutôt qu’en Espagne avec le soleil. Alors oui, à mes yeux ils sont un peu tordus sur les bords. » Et pourtant j’ai vingt ans, l’âge de faire un peu ce que je veux, en partie. Mais encore aux études je devais aller là où va le compte en banque qui nourrit le mien, autrement dit à Londres « Oui mais non c’est de la triche en fait. Vous êtes avocat ! Vous allez vous sortir de la merde en un claquement de doigt et moi je n’aurais plus que mes crayons pour passer le temps, partageant une cellule avec une prostituée lesbienne si ça tombe…» Je le regarde en fronçant les sourcils, faussement outrée et pas du tout convaincue de cette idée absolument pas équitable.

Au moins, si je suis sûre d’une chose c’est qu’il n’est pas un alcoolique pénible et rebutant comme ils pouvaient si bien l’être. Mais j’étais plutôt certaine qu’il n’était pas alcoolique du tout, et ce même avec son imitation qui m’arrache un sourire « Mmh ça va, si ça peut vous rassurer vous êtes quand même un peu plus sexy que ce vieillard de Gandalf, donc je pense sincèrement que vous n’avez pas plus que trente-cinq ans. Ou alors vous faites vraiment jeune et dans ce cas, j’ai du souci à me faire quant à mes intuitions. » Je marque une pause et, inquiète je reprends « Pitié, ne me dites pas que vous en avez quarante »

Si Zara semblait plus intéressée par ce qu’on lui racontait à travers son téléphone, moi j’étais satisfaite de m’être éclipsée. Au moins, j’en oubliais que j’étais ici pour … du vent puisqu’elle ne semblait pas se soucier du fait que je me sois peut-être faite écrasée par tous ces assoiffés agglutinés près du bar « Ben un peu, vous ne faites pas avocat. Vous cachez bien votre jeu en fait… » concluais-je, presque satisfaite d’avoir trouvé la clé d’un mystère qui n’existait même pas. En le voyant boire ce cocktail, je laisse à nouveau un rire franchir mes lèvres « Non, mais ne vous forcez pas à le boire. Je m’en voudrais de vous ruiner un coup sous prétexte que vous vous forciez à boire un cocktail de femme. Promis, je ne vous en voudrai pas »

Si la soirée semblait avoir bien débuté, ou du moins si j’avais trouvé plus intéressant à faire que d’attendre que mon amie mette fin à sa conversation, l’homme en face de moi m’avait clairement piquée à vif. Peut-être que dans une autre situation, dans un autre contexte je ne l’aurais surement pas mal pris et pourtant j’avais vu dans sa remarque une façon polie de me demander de tracer mon chemin. Je n’avais même pas pensé à l’éventualité qu’il aurait pu être là avec quelqu’un en particulier, comme peut-être sa petite amie ou autre. Non, j’avais vu ça comme un rejet parce qu’il était plus vieux et que moi, du haut de mes vingt ans je n’en menais pas large. Une sorte de remake de ma relation avec Pierre qui fut une véritable déception. Sans doute ma plus grosse dans un cadre autre que celui de la famille « Vous avez dit ‘je ne voudrais pas vous retenir’ autrement dit, une façon polie et détournée de me demander d’aller voir ailleurs. Du moins moi, je l’ai pris comme ça… » Avec un peu de recul, je me rends compte que c’est une réaction purement impulsive et qu’il ne devait même pas comprendre la raison de ce changement soudain de situation ; après tout il ne connait même pas ma vie. Néanmoins, je le laisse terminer sa justification « ça pose problème si moi je suis le genre de personne à choisir un livre parce que je trouve sa couverture jolie et attirante ? » Objectivement, oui ça pose problème, parce que si on en revient à son explication, je faisais exactement ce que je lui reprochais.

Finalement, je fronce à nouveau les sourcils en le voyant rire. Un rire que je ne sais pas non plus comment prendre pour le coup « Vous voulez vraiment me faire croire qu’on va vous rappeler à votre travail à cette heure-ci ? » je le regarde toujours aussi sceptique, mais tant qu’à faire, vu qu’il lance la proposition pourquoi pas « … mais okay on fait ça. Par contre ça dépend où vous allez. J’vais pas n’importe où avec des gars comme vous, j’ai assez donné de ces moment-ci. » Après tout, peut-être que si j’avais chanté à Pierre, un peu tous les jours, l’âge que j’avais qu’on en serais pas là, bien que lui ne m’avait pas parlé de sa fille non plus. Normalement c’était 1 partout balle au centre, non ? Dans le foot c’est à peu près ça, mais pas pour lui visiblement. « Et si une nana qui me ressemble comme deux gouttes d’eau, mais qui, elle, a trente ans se plante là dans l’espoir de vous emmener dans un autre endroit pour discuter. Vous faites quoi ? Et ne me dites pas que vous me prenez avec vous, parce que je ne tiens pas à faire la chandelle » finis-je par lui demander, curieuse de sa réponse, mais avant de lui laisser le crédit de répondre, je reprends « Et non, c’est pas un problème d’égo surdimensionné qui a besoin d’être satisfait d’une quelconque façon »



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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Sam 30 Sep - 21:43 par Nolan P. Donnelly
Comment faire pour ne pas rire encore une fois à ce qu'elle dit ? C'est impossible ! J'ai l'impression de faire que ça depuis tout à l'heure, je ne sais pas trop s'il s'agit d'une bonne chose ou non, mais bon. « Stripteaseur... Hm... Je n'y avais jamais pensé, mais remarquez, pourquoi pas ! Peut-être que je me trompe totalement dans mon choix de carrière et que je suis fait pour ça. » répondis-je en plaisantant puisqu'il est plus qu'évident que jamais de la vie je ne ferais ça. Attention, je ne critique pas les personnes, hommes ou femmes, exerçant cette profession, c'est juste que je ne me vois pas me foutre à poil devant des gens et que je ne suis pas un très bon danseur, même si ça, à mon avis, ce n'est pas le critique principal de recrutement. « En fait, nous sommes ici pour affaires, à la recherche d'éventuels clients. Et vous, comment avez-vous fini par vous retrouver ici ? » enchaînais-je en me rendant compte d'une éventuelle bêtise dite de ma part sur la raison de notre présence. Si elle se trouvait être une potentielle cible, le fait d'avouer un intérêt pour ça pourrait la vexer et si ce n'est pas le cas, elle pourrait de nouveau s'emporter en pensant que je lui parle par pur intérêt. Il n'y a pas à dire, elle n'est pas commode à cerner par moment. Du moins, je ne sais pas trop sur quel pied danser pour l'instant.

Place maintenant à ce qu'elle fait elle dans la vie. Bon, pour le fait qu'elle soit étudiante c'est en revanche correct puisque la confirmation est venue de son mouvement de tête. Par contre, pour la spécialisation, j'ai tout faux. « Ok, ok. » répondis-je simplement en plissant les yeux comme si une idée lumineuse viendrait d'un coup. Le droit ? Ce serait un hasard plutôt amusant, mais je n'y crois pas trop. Je réfléchis encore et encore, mais là je sèche vraiment. Alors comme ultime chance je lance à tout hasard en grimaçant « Étudiante en musicologie ? » sans raison apparente. Il faut savoir tenter dans la vie même si je suis très probablement une fois encore à côté de la plaque, mais sait-on jamais, la chance peut nous sourire quand on ne s'y attend pas. D'ailleurs, si elle fait bien ça, je sors tout de suite m'acheter un ticket de loterie !

« Oh, vous êtes espagnole donc ? - lançais-je de surprise tant elle n'avait pas d'accent avant de reprendre – A moins que vous parliez simplement de votre prochaine destination pour des vacances. » parce qu'après tout, rien ne laissait penser qu'elle venait d'un autre pays et aucune réelle mention n'avait été faite. Elle peut aussi émettre un désir d'y habiter et le refus de ses parents de la laisser partir, ça me rappelle d'ailleurs un couple de clients à Bruxelles où leur fils souhaitait vivre au Canada, mais ils exerçaient une pression financière sur lui du genre ''si tu pars, on te coupe tout revenu'' et comme il avait 25 ans, n'avait jamais travaillé et vivait toujours aux crochets de ses parents, l'idée de partir lui était vite sortie de la tête. Je m'égare un peu trop dans mes pensées, j'espère qu'elle n'a rien dit durant ce court laps de temps, en tout cas, je réagis pour la suite que j'entends « Ah mais ça, c'est le risque du jeu vous savez. Rassurez-vous, je ne suis pas un gougeât, je viendrai vous rendre visite à la prison et je vous apporterai en douce un de ces cocktails. » lui dis-je avec un grand sourire taquin.

Oh mais, qu'entends-je ? Un compliment ? C'est que ça me ferait presque rougir en plus, mais je ne le relève pas, j'essaye même d'y rester de marbre bien que ce soit toujours quelque chose de plaisant à entendre je dois bien l'admettre. Je grimace tout d'abord pour essayer de lui faire croire qu'elle a tort. « Ah.. Bon bah je ne vais pas le dire. » Je laisse quelques secondes de plan avant d'afficher un franc sourire « Effectivement, vous avez raison, j'ai trente ans. » finis-je par dire amusé de la situation. Ça aurait pu être l'inverse en me disant que je dois bien en avoir quarante, là j'aurais été vexé.

Ce satané sucre dans le cocktail ne me réussit pas spécialement, ma bouche est comme endolorie, et ça, elle le voit très bien. Sa remarque provoque un énième rire chez moi. Ruiner un coup. Peut-être que cela n'a pas le même sens pour elle que pour moi, mais peu importe, dans les deux cas ça me fait rire. « C'est fort aimable de votre part. Je vais rester au whisky, ce sera mieux oui. - Répondis-je en souriant – Vous ne voulez pas boire autre chose ? » lui demandais-je juste après avoir bu tout l'alcool contenu dans mon verre. Je me tourne alors légèrement vers l'un des barmans pour en recommander un qu'il s'empresse de me servir. « Merci. »

Vint maintenant le moment des explications sur la raison de sa réaction. J'espère obtenir une réelle réponse car je ne vois pas pourquoi est-ce qu'elle a réagi de la sorte. Au final, c'était ça ? Juste ça ? Je me contrôle pour ne pas éclater de rire tellement ça me paraît ridicule, sa réaction était plus que disproportionnée. Ok, donc maintenant je vais vraiment devoir bien choisir chaque mot pour ne pas la rendre de nouveau folle. « Alors, oui c'était poli, mais non ce n'était pas pour vous demander de partir. C'est juste que sans le serveur, on ne se serait potentiellement pas parlé, vous seriez partie rejoindre votre amie ou en tout cas vous ne seriez pas encore là. J'ai plus dit ça parce que ça arrive assez fréquemment que des hommes se montrent trop collant dirais-je alors que la femme en face a juste envie de partir et vite. C'était plus pour pas que vous vous sentiez obligée de rester voilà tout. » lui expliquais-je d'un ton calme et sérieux. « Et non, vous faites ce que vous voulez, ça m'est égal. En toute honnêteté, il y a toujours quelque chose qui fait qu'on est attiré par un livre et sa couverture même si on ne s'en préoccupe pas plus que ça, c'est inconscient. Ça peut être par sa couleur, son titre, le caractère des lettres, l'image... » Eh bah, c'est presque une métaphore poétique ! Presque.

J'ai l'impression qu'à chaque fois, je vais devoir me justifier et apporter des explications. Ou alors, ça vient de moi et j'emploie vraiment les mauvais mots ce soir, ça reste assez fou quand même. « En réalité, je travaille là normalement, je suis là pour ça, parce qu'entre-nous, ce n'est pas dans ce genre d'établissement que j'aie l'habitude de me rendre pour le plaisir. » dis-je avec un sourire en coin. Un pub, un putain de pub irlandais, il n'y a pas meilleur endroit pour boire un verre c'est bien connu ! « Oh et bien du coup pas bien loin, ça risquerait d'être toujours ici même, juste un peu plus loin. Où précisément, je n'en sais rien en revanche. » Ce qui est vrai. J'espère juste que mon responsable ne m'invite pas, pour ne pas dire m'oblige, à le rejoindre pour discuter avec ses clients étant donné qu'il se trouve au beau milieu de la foule. Je n'aime pas devoir discuter sérieusement avec tout ce monde autour, on ne s'entend pas forcément bien et des oreilles indiscrètes traînent.

« Vous êtes sûre ? » la taquinais-je face à ce problème d'égo qui n'en est pas un d'après elle, pourtant ça en a tout l'air. Quoique, ce serait plus un problème d'estime en réalité, en tout cas, c'est ce que je pense. « Là, je dois bien avouer que le problème se pose – petit rire – En réalité, pas du tout, je... Je suis un peu perdu même, pas par cette hypothèse farfelue, mais pas notre conversation. Vous pensez que mon but est de vous emmener ailleurs ? Ou c'est ce que vous voulez ? J'ai un peu de mal à bien saisir l'intérêt de ce choix. » c'est vrai, je ne lui ai pas sauté dessus pour la draguer, je ne la drague d'ailleurs pas, on discute, point. Alors pourquoi demander ce genre de choses ? « Pourquoi voudriez-vous que je mette fin à notre discussion pour en entamer une autre avec une parfaite inconnue, quel en serait le but ? Vous ne trouvez pas que vous allez un peu loin ? » Mon ton est sérieux, mais toujours calme. Malgré ce côté un brin énervant de Lilly, je la trouve touchante, sa blessure est encore présente d'où ses réactions. Alors, je décide d'arrêter les questions et avant même qu'elle ne puisse répondre, j'ajoute une dernière « Je pense que je perdrais au change de toute manière, j'aime bien notre discussion en plus vous êtes drôle. Et je peux vous garantir que c'est une chose très appréciable ! » lui dis-je avec un sourire se voulant être rassurant.
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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Lun 16 Oct - 16:58 par Lilly R. Adams

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So come on, spin me around


Je souris face à l’image que j’essaie de me faire de ce gars en tenue de stripteaseur. Le toisant de haut en bas, et même pas de façon discrète, je tente de l’imaginer sans me forcer à retenir un sourire. Ca valait le coup et même si ça pouvait sembler risible à imaginer, j’étais curieuse. Oui, vraiment « J’ai un doute sur le fait que la tenue vous irait, quoi qu’en faisant abstraction du petit maillot collant ça peut être intéressant, mais après c’est peut-être une vocation. Vous devriez y songer plus sérieusement » rétorquais-je avec la même touche d’humour qu’il avait emprunté il y a de cela plusieurs secondes. C’est vrai, on pouvait parfois être étonné et puis peut-être avait-il des talents cachés en danse. Encore une fois, je ne pouvais le juger, même si j’étais vraiment, mais alors vraiment tentée de lui demander une démonstration. Peut-être pas là, ici, dans ce genre de soirée, mais oui un jour je comptais bien le retrouver pour lui demander une démonstration de danse. « Nous ? Y’en a d’autres des comme vous ? » C’est vrai, ça restait intéressant si vraiment ils étaient plusieurs dans le même genre. Peut-être même que la salle entière grouillait de gars ’comme lui ‘. Rapidement, je balayai l’endroit du regard, comme si soudainement des indices les désignant me sauteraient aux yeux. Mais non, vraiment. Toutes les personnes ici se ressemblaient à peu près tous. Ils avaient tous plus ou moins respecté le dress code qu’était demandé sur les invitations et de ce fait, ça compliquait vachement le repérage. « Et bien… Mon amie a voulu me sortir de ma caserne, et elle n’a rien trouvé de mieux que cette soirée. Ce qu’elle avait oublié de me préciser, c’est qu’elle comptait la passer pendue à son téléphone. Mais ça va, je le vis bien je suis une grande fille » En effet, depuis mon accident, je n’étais plus vraiment sortie dans ce genre de soirée. La rééducation a pris énormément de temps, mais pas seulement. Samuel reste malgré tout mon père avant d’être le chirurgien s’étant chargé de moi et l’idée de me laisser vagabonder en pleine soirée après ce que j’avais vécu, lui demandait un certain self contrôle. J’étais d’ailleurs étonnée qu’il ne m’ait rien dit de très négatif sur la soirée à laquelle je me trouve. Sans doute arrivait-il à se dire que me garder chez lui de peur qu’il m’arrive encore quelque chose n’était pas non plus une idée à laquelle s’accrocher.  

Je l’observe chercher après ma spécialité à l’école et à nouveau, ça me tire un sourire. Il est un peu à côté de la plaque et pourtant je ne lui viens pas en aide, curieuse de voir ce qu’il compte me sortir comme cursus. Il a déjà trouvé le fait que j’étais encore étudiante, mais ça à la limite c’était donné. Il suffisait de me regarder pour savoir que je n’avais pas vingt-cinq ans « Mmmh.. Non plus » finis-je par lui répondre. La musique j’aime bien l’écouter, mais j’ai vite mis les instruments de côté. Je jouai avec la paille dans mon verre, lorsque finalement je décidai de lui venir en aide « En réalité, je faisais architecture. Mais j’ai réalisé que j’aimais pas et que c’était pas ce que je voulais faire. J’ai donc changé et je suis en Illustration au Camberwell College of Arts. Mon truc à moi c’est le dessin, mais c’était bien tenté sinon » Je lui adresse un autre sourire quand je reprends « J’ai envie d’ouvrir une galerie d’art. C’est cliché un peu non ? » Ce sont des endroits qu’il faut aimer et surtout comprendre, mais moi ça m’apaise et la curiosité de voir comment se débrouillent d’autres artistes me poussent à y passer une partie de l’après-midi. Oui vraiment, j’aimerais ouvrir ma propre galerie un jour et faire mon petit bout de chemin en essayant de faire vivre d’autres artistes. « Et sinon, vous. Vos clients vous les repérez comment ? Enfin je veux dire, moi si je ne vous avais pas arrosé avec mon verre, jamais vous ne seriez venu me parler, j’ai tort ? » Non, j’étais sûre d’avoir raison. Mais j’étais curieuse de voir comment allait-il faire fonctionner cette magie qu’ont les avocats pour se sortir de ce genre d’affaires.  

A nouveau je lui adresse un sourire. Bingo. Ma mère porte plus le type espagnol que moi, tout comme l’attitude et le caractère. Voir même l’accent, mais j’y avais quand même passé plus de dix-huit années « Pour dire vrai, ma mère est espagnole, et moi je suis née en Australie parce que mon père est australien. Mais j’ai passé 80 % de ma vie en Espagne oui. » je me retiens d’ajouter que je rêvais d’y retourner parce que Londres me sortait par les trous de nez. Mais autant ne pas tenter le diable et peut-être fâcher un Londonien de pure souche. « Après, si je pouvais y retourner pour les vacances, ça serait cool aussi. Londres c’est bon, j’ai assez donné » et pourtant, je n’étais là que depuis le mois de janvier. En huit mois et demi, j’avais quand même dû supporter un accident + une rupture amoureuse. A mes yeux je n’étais donc pas destinée à vivre dans cette ville qui semblait m’aimer autant que moi je l’aimais : une véritable aversion l’une pour l’autre « Vous êtes anglais ? » demandais-je ensuite. Autant m’assurer de ne pas vexer mon interlocuteur si vraiment il venait à me demander mon avis sur cette ville. Après, je en pensais pas pouvoir cacher mon hostilité pour cet endroit, mais je pouvais y mettre les formes si vraiment cet homme était un véritable londonien. Un rire s’échappe de mes lèvres face à sa remarque. Le voir arriver avec un cocktail en prison, je doute que les policiers adhèrent, mais pourquoi pas « C’est trop sympathique de votre part, dites-donc. Vraiment, j’apprécie votre bonté, même si j’y verrai une manière de vous faire pardonner. » lui lançais-je, sûre de moi. Et même s’il nierait, je continuerais à le voir de cette façon c’était un fait.

Si demander l’âge d’une femme n’est pas le truc le plus conseillé, je ne me prive pas de partir sur ce terrain avec cet homme que j’ai en face de moi. Je sais une chose : c’est qu’il est plus vieux que moi. Déjà rien qu’en disant qu’il était avocat, ça fait de lui un homme de passé vingt-cinq ans. Ou alors fâcheusement intello. Sauf qu’à le voir, je crains qu’il ait bien plus que ça, sur le coup, un peu choquée, j’ai peur de ce qu’il va me répondre. Je le regarde avec une certaine appréhension quand il finit par me répondre. Je ne sais pas si je suis rassurée. « Donc vous êtes avocat, vous avez trente ans et vous êtes ici pour chercher des clients. » récapitulais-je et je repris « Honnêtement, si vous m’annonciez en avoir quarante j’aurais coupé court à la conversation et je vous aurais planté là » Je jouais au moins le jeu de la franchise. Une chance pour moi, il n’en n’était pas encore aux 2x20.

Je vois bien que finalement, même si ça partait d’une bonne intention de lui « offrir » le verre que je comptais rapporter à Zara, qu’il se forçait pratiquement à le boire. Il est vrai que c’est quelque chose de sucré et que les femmes préfèrent cela. En général du moins. Moi c’est ce que j’aime, mais je suis loin d’être le genre de jeune fille de vingt ans à avoir déjà goûté à beaucoup de cocktail. Et puis ça doit lui changer de son whisky qui est clairement une boisson que je ne saurais boire. Finalement, je capitule et lui propose de le laisser là. Je ne vais pas me formaliser pour si peu, d’autant plus que c’est pas ce qui m’intéresse le plus de savoir ce qu’il a envie de boire là, tout de suite. « Non, c’est gentil mais moi ça me plait ce genre de boisson plein de sucre. » je marquai une pause et trempai mes lèvres dans le verre sans pour autant quitter ma mine souriante et joviale « J’ai beaucoup de choses à apprendre sur les boissons alcoolisées. Je sais que c’est le genre de pensées qui pourraient traverser votre esprit à l’heure actuelle où nous discutons et où je vous avoue que j’aime ce genre de boissons » Et même si ce n’était pas ce à quoi il pensait, je savais que c’était une vérité. Après est-ce vraiment important dans la vie ? Non, je ne pense pas.

Il est vrai que pour le coup, j’ai vraiment mal pris sa remarque. Je sais qu’en temps normal je ne l’aurais pas prise de cette façon et que peut-être même je n’y aurais pas attaché de l’importance, mais le fait est que dans l’état d’esprit dans lequel je me trouve, ça ne peut que me pousser à relier la situation à l’excuse que m’a sorti Pierre lors de notre rupture. Je généralise, mais c’est comme si j’avais pas d’autres choix par cruel manque de confiance. Comme si tous ces hommes de la trentaine devaient finir dans une seule et même catégorie sans même essayer de pousser à chercher d’autres choses plus intéressantes que l’âge que Pierre n’avait pas. « Sachez, mon cher monsieur que je ne me sens jamais obligée et qu’en plus, je ne fais que ce qui me plait » lui lançais-je sur un ton faussement hautain. Non, en réalité je ne suis pas tout à fait comme ça, mais avec les hommes, j’avais décrété que désormais je le serais. Peut-être ça m’éviterait de me faire encore avoir. « C’est un peu comme vous, si j’avais été grosse, les cheveux gras, pleine de bouton et les dents jaunes, vous n’auriez pas voulu continuer cette discussion » ou peut-être que si, même si j’avais un gros doute. Après tout, il restait un être humain et je faisais partie de ces gens qui pensaient qu’on ne pouvait pas condamner quelqu’un qui ne porte de l’intérêt que pour ce qui pourrait potentiellement l’intéresse, même un peu. « Et non, je ne crois pas au concept de la beauté intérieure pour lequel certains magazines dépenses de l’argent par millier dans le simple but de faire gober une psychologie de comptoir à des femmes désespérées. C’est humain d’aimer les jolies choses, parce que ça nous procure des sensations » J’étais cependant étonnée de sa proposition de me prendre avec lui si vraiment il était appelé pour son boulot. D’après ses dires ça se passerait ici même, mais je ne le voyais pas s’enticher d’une fille de vingt ans alors qu’il s’engouffrerait sans doute dans une discussion parlant d’affaires avec des termes que je ne comprendrais probablement pas. « Donc, vous êtes en train de dire que si imaginons votre collègue fait appel à vous, vous êtes prêt, juste pour me prouver que j’ai tort, à traiter votre affaire avec moi dans vos pattes ? C’est audacieux, ça me plait. » concluais-je avec un sourire taquin. Quelque part, c’était vrai, mais probablement qu’il s’en fichait bien de mon avis.

Bon, c’était probablement un problème d’égo, mais un tout petit alors. Je me contentais de me retenir de sourire, mal à l’aise de voir qu’il m’avait démasqué, bien que c’était pas difficile pour le coup. Cependant, l’hypothèse qu’il proposait, ou du moins la question qu’il me posait était de près ou de loin une véritable colle. A nouveau, je fus prise d’un léger malaise face à cette divergence de compréhension. Que dire ? « Moi je ne veux rien, si ce n’est que vous ne me méprenez pas parce que j’ai juste vingt ans. Après, ici ou ailleurs qu’est-ce que ça peut bien faire ? » je marquais une pause avant de reprendre « Je ne crois rien d’ailleurs. Si ce n’est que j’ai bien failli vous ruiner votre costard et que j’ai, peut-être réagit relativement impulsivement. J’ai tendance à m’entourer de forteresse quand je suis en contact avec des hommes de votre âge. Faut pas m’en vouloir » Je jouai à nouveau avec la paille dans mon verre alors que j’évitais le regard de mon interlocuteur. Oui, c’était complètement démesuré et puéril comme comportement, je l’avoue. « Au moins, je vous amuse, c’est déjà ça. » De ces temps-ci j’étais pas toujours d’une bonne compagnie et pourtant ce soir je n’avais pas le comportement de la déprimée de service. J’avais accepté de changer un peu mon fusil d’épaule « J’aimerais vous demander deux choses… » mais je ne lui laissais pas vraiment le temps de m’en donner la permissions, que j’enchainais aussitôt « La première, ca serait que vous me tutoyez, parce que moi j’ai pas trente ans » oui bon, c’était une petite pique pas bien méchante au fond, juste comme ça, pour s’amuser « Et puis la seconde, ça vous embête si on s’assied à une table, parce que contrairement à vous je ne mesure pas 2 mètres et donc, j’ai pas le choix de mettre ces chaussures et c’est une vraie torture. Je sais qu’il faut souffrir pour être belle, mais je crois que pour la soirée je crois que mon capital n’est pas loin d’être à découvert… » J’enchainais avec un sourire, me mordant la lèvre inférieure par la même occasion. Et puis Zara ben.. Elle fera bien ce qu’elle voudra de sa soirée, après tout.

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# Re: So come on, spin me around { Nolan }
message posté Hier à 19:56 par Nolan P. Donnelly
Que ce soit avec son regard baladeur ou avec sa remarque, je commence presque à me demander si elle n'a pas envie de me voir en stripteaseur, mais le coup du maillot collant me fait de nouveau rire. Non, vraiment, ça ne va pas être possible de rester sérieux, et le pire, c'est qu'à cause d'elle je me vois en train d'en porter un en cuir... Bordel que je me sentirais mal à l'aise ! « J'y songerai, mais pas ce soir, ni demain, je vais me laisser du temps hein, m'en voulez pas ! » répondis-je avec un large sourire. Dans d'autres circonstances, peut-être aurais-je tenté quelques pas de danse pour lui prouver qu'elle se trompait vu mon talent ô combien développé dans ce domaine, mais là, je préfère éviter de me taper l'affiche devant mes collègues et de futurs clients. « Oh oui, nous sommes partout ! » lançais-je en faisant les gros yeux amusé par la jeune femme. Le but de la soirée est pourtant clair, je le sais, j'en connais les enjeux, mais je me laisse prendre au jeu. J'aime profiter de chaque instant offert par la vie, alors même si cette rencontre resterait au stade de rencontre et de discussion d'un soir, je m'en fiche, je trouve la brune amusante et attachante à la fois et je n'ai pas envie d'être quelqu'un d'autre. « Drôle d'amie pour le coup, enfin, je ne la juge pas étant donné que je ne la connais pas, je ne me permettrai pas, mais disons que vous faire sortir pour finalement vous laisser de côté ce n'est pas très sympathique en tout cas. » répondis-je en me sentant désolé pour elle. Certes, elle a du caractère et de l'aplomb et se débrouille très bien pour se sociabiliser, mais je trouve que son amie est plutôt vache avec elle. En tout cas, ça me ferait chier à sa place, alors qu'elle, même si je sens une petite pointe d'amertume, je n'ai pas l'impression qu'elle réagisse si mal que ça. Tant mieux pour elle après tout.

Les devinettes et moi, on fait deux ce soir. Je suis complètement à côté de la plaque à part pour le fait qu'elle soit étudiante, mais ça c'était cadeau étant donné qu'elle n'a que vingt ans, j'avais très peu de risque de me tromper. En revanche, la branche dans laquelle elle étudie, je me trouve totalement à la ramasse. Franchement, jamais j'aurais pensé à l'architecture ou au dessin, pas parce que ça ne lui va pas, mais parce que ce qui me venait à l'esprit était plus généraliste. En stock il me restait les Lettres, l'Histoire et la géo, des filières basiques si je puis dire. « Pourquoi cliché ? Je trouve qu'avoir des objectifs élevés dans la vie restent une source de motivation et nous pousse à ne pas nous relâcher. » lui dis-je en toute sincérité. Je ne suis pas le genre de personne à encourager les gens à atteindre inatteignable, mais dans la mesure du réalisable, pourquoi ne pas chercher à viser quelque chose d'élever ? Alors oui, il y a le risque de ne jamais réussir, et après ? Sans en prendre on se contente bien trop facilement de ce qu'on a et il n'y a pas cette motivation qui nous pousse à faire mieux. « Par contre je me demande une chose, comment êtes-vous passée de l'architecture au dessin ? Du moins, pourquoi ne pas avoir choisi ce que vous aimiez directement ? » demandais-je intrigué. La première chose qui vient à l'esprit est forcément les parents, mais ça, je ne peux pas le savoir et je préfère connaître la raison que de rester sur une fausse idée.

« Là-dessus, je ne peux pas nier. – avouais-je en grimaçant – L'âge ne signifie rien, mais les généralités se montrent malheureusement assez justes, donc je me serais plutôt dirigé vers des personnes plus âgées que vous et moi. » je me place à ses côtés et commence à passer rapidement en revue les personnes en face de nous. « Par exemple, l'homme aux cheveux longs juste là ne serait pas la personne vers qui j'irais en premier, mais plutôt son interlocuteur car lui n'a pas sa veste de costume un peu trop courte, au contraire, on voit que ça lui va parfaitement bien, que ça tombe comme il faut, donc potentiellement du sûr-mesure. En plus il a des boutons de manchettes à sa chemise, on les voit lorsqu'il lève un peu trop le bras. Rares sont les personnes en portant encore de nos jours. » expliquais-je sincèrement et amusé à la fois. J'ai l'impression de passer pour un psychopathe en lui disant cela, pourtant, ça aurait pu être pire si j'avais poussé davantage les explications comme par rapport à la montre clinquante que l'homme possède ou les chaussures parfaitement cirées avec des nœuds symétriques. Tout dans l'image pour justement montrer qu'il n'est pas n'importe qui. Une tête-à-claque donc, mais intéressante d'un point de vue professionnel.

Sacré parcours pour une fille de son âge. Alors, oui, c'est un parcours subit étant donné que ces changements de pays viennent de ses parents, mais ce n'est pas rien. Et dire qu'avec ma sœur on avait eu du mal pour simplement venir à Londres. « Ah oui quand même. C'est sûr qu'au niveau du climat vous n'êtes pas du tout gagnante dans l'histoire malheureusement. » admettais-je sans mal. Je comprends mieux sa première réaction en évoquant cette ville et le dégoût qui s'en dégageait. « C'est tout ce que je vous souhaite, surtout pour des vacances, ça devrait pouvoir se faire facilement non ? » demandais-je convaincu que ça ne représentait pas quelque chose d'insurmontable pour elle. Peut-être qu'elle devrait convaincre ses parents, mais ce n'est pas comme si elle leur annonçait partir y vivre. Puis, à sa question, je me mets à rire. « Houla non, surtout pas malheureuse ! Je suis Irlandais et fier de l'être ! » rétorquais-je avec un large sourire. Il y a toujours ces petites querelles identitaires au Royaume-Uni, mais à chaque fois, peu importe si vous croisez un Irlandais, un Écossais, un Gallois ou un Anglais, il vous dira toujours avec la banane ses origines.  « Possible en effet, mais ce serait la moindre des choses après tout non ? Je vous apporterai même un drapeau Espagnol pour que vous puissiez décorer votre cellule ! » ajoutais-je en riant une fois encore.

La franchise. Je ne peux pas lui retirer le fait qu'elle dise ce qu'elle pense, mais je dois bien avouer qu'elle m'intrigue car elle peut se montrer toute souriante et l'instant d'après afficher un visage très sérieux et balancer ce qui lui passe par la tête sans prendre des pincettes. Comme présentement à propos de l'âge. « Mince, j'aurais dû me vieillir, nous allons devoir continuer à discuter alors ! » dis-je d'un ton faussement déçu. Mais au cas où, j'ajoute quand même une chose en plantant mon regard dans le sien « Je vous taquine hein. » comme pour essayer de la devancer étant donné sa successibilité, je préfère éviter une nouvelle crise ou une bien plus grave au milieu d'un endroit comme celui-ci tant qu'à faire. « A mon tour ! Vous avez donc vingt ans et êtes née en Australie où vos parents se sont rencontrés, puis vous êtes arrivée très jeune en Espagne pour finalement atterrir dans cette ville incroyablement ensoleillée que vous aimez qu'est Londres depuis quelques temps. Vous êtes étudiante en illustration et aimeriez ouvrir une galerie plus tard, en Espagne je suppose. Vous aimez également les cocktails sucrés, vous savez ce que vous voulez et avez du caractère... Vous êtes franche, râleuse, colérique et sûre de vous et de vos idées... Pas d'erreur ? » la questionnais-je avec un sourire en coin en m'attendant à un retour violent.

Plus jeune, j'adorais les boissons sucrées, même quand je me suis mis à boire du café et du thé, il me fallait toujours au minimum un sucre pour ne pas dire deux même dans une petite tasse, mais avec l'âge, j'ai totalement enlevé ça de mes boissons, même ma consommation de soda a baissé. J'apprécie d'en boire un verre de temps en temps, mais ça s'arrête là. Alors, peut-être que durant la période ''sucre'', le cocktail qu'elle consomme m'aurait également plus. « A votre santé ! » dis-je en levant une fois encore mon verre avant de prendre une gorgée de l'alcool s'y trouvant dedans. « Pas du tout, vous êtes dans l'erreur. Nous avons tous des choses à apprendre de toute manière dans tous les domaines, même ceux que nous connaissons, mais pour ce qui est de l'alcool, ça reste une chose secondaire. Nul besoin de goûter à tout. » répondis-je en me demandant bien ce qui lui avait fait penser que je lui dirais le contraire. Enfin, à part par rapport à son âge qui a l'air de la perturber par rapport au mien.

Même lorsqu'elle se montre sérieuse, j'ai envie de sourire. Ce n'est pas de la moquerie, mais son attitude et ses mimiques m'amusent, c'est comme ça. Étant donné le sujet, je me contrôle fort heureusement et l'écoute avec attention sans l'interrompre dans sa réponse. « Bien. » commençais-je avant de me lancer à mon tour. « Deux choses. La première par rapport au fait que si vous n'étiez pas comme vous étiez physiquement. Vous vous trompez, si on continue à discuter c'est parce que vous êtes intéressante et intrigante, pas pour votre physique. Je me fiche pas mal de ça lorsqu'il s'agit d'une simple discussion que ce soit personnelle ou professionnelle, j'en ai strictement rien à carrer ! » oups, petit abus de langage familier, tant pis. « Seconde chose, qui du coup est liée à ce que je viens de commencer à dire, vous avez raison sur le fait d'être attiré par les jolies choses et c'est valable pour tout et n'importe quoi. Sauf que j'ajouterai une sorte de nuance. Tout dépend de ce que l'on attend et dans ce cas, le point de vue peut changer, du moins, ce qui va nous attirer sera tout à fait autre chose. Si vous allez dans un grand magasin pour trouver un joli tableau basique, oui, vous allez choisir celui qui vous attirera le plus parce qu'il s'agira d'une simple déco. Mais si, sans prendre en compte un quelconque budget, vous en cherchez un qui procure quelque chose d'unique en vous, vous n'allez pas vous fier uniquement à ce que le tableau dégage à première vue. Il pourrait être peint avec uniquement des couleurs qui vous indiffèrent, mais si en le regardant un peu plus intensément et longtemps vous ressentez une émotion particulière, vous le prendriez certainement bien que visuellement il ne s'agit pas du plus beau. » tentais-je d'expliquer en développant au maximum. La comparaison est un peu hasardeuse, les mots employés maladroits ou mal choisis, mais je ne doute pas un instant qu'elle comprenne ce à quoi je veux en venir. Et si je me trompe, encore, tant pis pour moi, ça n'a pas d'importance. « C'est bien ça, ça ne veut pas dire que je souhaite que ça arrive, mais si ça devait se produire, je le ferais sans souci. » la rassurais-je en souriant. Parole d'Irlandais !

Le moment presque tant redouté arrive. Presque parce qu'au final il est toujours préférable de crever l’abcès surtout que là, il serait plus qu'idiot de rester tous les deux sur la défensive sans trop de raison. Si la fois précédente sa franchise pouvait être mal prise, il n'en était rien, c'était même l'inverse, je la trouvais attendrissante. Je l'écoute donc avant de répondre. « Mettons les choses au clair une bonne fois pour toute, ce sera plus simple pour tous les deux. Votre âge m'indiffère, vous pourriez tout aussi bien en avoir le double que ça ne changerait rien, je me comporterais exactement de la même manière. C'est vous qui faîtes une fixette sur vos vingt ans, je ne sais pas pourquoi et ça ne me regarde pas – répondis-je en premier lieu de manière très sérieuse avant d'ajouter d'un ton plus léger et taquin – Quoi que pour l'âge, vous seriez un peu plus jeune je vous enlèverais ce cocktail quand même. » et de lui sourire. Que je sois ou non dans l'erreur m'est égal, mais j'ai vraiment le sentiment que sa fixette sur son âge vient d'un événement négatif, que ça a dû lui jouer un mauvais tour. En tout cas les choses commencent à s'apaiser, et c'est tant mieux. « Ce n'est rien, je m'excuse aussi de m'être éventuellement un peu emporté et de vous avoir blessé. » dis-je en haussant les épaules. Il n'y a pas mort d'homme, surtout qu'elle est amusante, je sais, je me répète, mais c'est vrai. Je ne prenais pas mal ces piques, heureusement d'ailleurs puisqu'elle m'en offre un nouveau qui me fait, devinez quoi... Sourire, et oui. « Très bien, je vais te tutoyer alors Lilly. » puis un rire franc sortit avant même que je m'en rende compte. Comme par automatisme, je me baisse mon regard vers ses pieds. Il est vrai que j'ai la chance de ne pas avoir à utiliser ses chaussures, qui lui vont d'ailleurs très bien. Et non, je ne compte pas en essayer un jour pour ressentir la torture qu'elles infligent. Relevant la tête je fixe la jeune femme en gardant mon sourire, mais avec un petit rictus de compassion tout de même. « Pas de souci, tu pouvais le dire plus tôt tu sais, même si j'aurais pensé que tu voulais te débarrasser de moi. » taquinais-je amusé avant de tirer un tabouret de bar en arrière pour l'inviter à s'asseoir. « A moins que tu préfères qu'on trouve une table là-bas et tu pourras peut-être même enlever discrètement tes chaussures. » la taquinais-je en murmurant après m'être penché vers elle.
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