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So come on, spin me around { Nolan }

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MEMBRE

» Date d'inscription : 21/01/2017
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() message posté Ven 27 Oct - 18:18 par Lilly R. Adams

On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas: Souris au monde et le monde te sourira. Nolan & Lilly

So come on, spin me around


Je regarde autour de moi, instinctivement, comme si soudainement, un indice s’inscrirait sur le front de chacune de ces personnes avec qui travaillait mon interlocuteur. Et pourtant, rien. Enfin, certains pouvaient peut-être donner cette impression, mais l’habit ne faisant pas toujours le moine, rien ne m’assurait qu’il s’agissait vraiment de gars « comme lui ». Quant à Zara, en effet, drôle d’amie. Surtout quand on sait qu’elle fait aussi partie de ceux avec qui j’ai eu mon accident et qu’elle, contrairement à moi, elle s’entend toujours aussi bien avec Julian. Ce garçon a failli m’ôter la vie avec ses conneries et si ce ne sont que des actes dit comme ça, je sais que dans mon entourage, il a fait plus de dégâts qu’on ne pourrait le penser. Mon père vit mal cet accident, et malgré que je ne sois pas aussi proche de lui que je devrais l’être, ça me touche de le voir aussi affecté. Pourtant, aujourd’hui je vais mieux, beaucoup mieux et je suis vivante. Je n’ai pas vraiment de séquelles, à part peut-être des douleurs dans le bras, ou dans la jambe, mais globalement je raisonne à nouveau, je respire, je marche, et je vis. Mon père quant à lui semble se remettre plus difficilement de cet accident, et si j’aimerais essayer de le rassurer en lui disant que je vais bien, quelque chose me bloque et je préfère le regarder de loin, et me dire que dans son entourage, une personne plus proche encore est là pour lui. Ma mère peut-être ? Je l’espère au fond. « J’crois que c’est plus pareil entre elle et moi….» finis-je par répondre en gardant le regard fixé sur elle. Non, en effet, je lui en voulais de trouver l’attitude de Julian normale, de trouver ses conneries marrantes alors que moi, j’avais passé une partie de mes vacances coincée dans un lit d’hôpital. Si elle, elle avait trouvé ça drôle, moi j’avais trouvé ça particulièrement puéril, con et égoïste.

A mes yeux, j’ai l’impression que les artistes ne trouvant pas une voie plus originale se lancent d’office sur les galeries d’art. Pourtant moi c’est un endroit qui m’apaise, avec cette vague impression que même si ces peintures ou tableaux ne parlent pas, ils peuvent au moins faire ressentir certaines choses. Et puis c’est calme, c’est silencieux, c’est beau et on peut même parfois se prendre au jeu de se plonger dans la tête de l’artiste en regardant son œuvre, et chercher à savoir ce qu’il a voulu transmettre à travers ce qu’on a sous les yeux. Et pourtant, de nos jours ce sont des endroits où peu de gens aiment se rendre, peut-être justement par ce manque de vie, je ne sais pas. « Parce que beaucoup ont pour objectif de finir dans une galerie d’art, à défaut de pouvoir réellement percer comme peintres ou dessinateurs, par exemple. Je crois que le domaine de l’art reste une voix risquée. On aura toujours besoin d’avocats, peut-être même plus qu’il n’en faut. Alors que des artistes, si demain ça venait à disparaitre, est-ce que ça changerait vraiment quelque chose à la face du monde ? J’en doute. Sans parler du fait que la vie coute chère, la population s’appauvrit et que bientôt, les gens préféreront dépenser de l’argent pour de la nourriture, pour payer des factures ou pour des choses moins futiles que des tableaux. Et ils auront raisons. » Alors pourquoi voulais-je me lancer là-dedans ? Parce que c’est une passion et que rien d’autre ne me branche vraiment. Mais au fond, quel avenir avais-je ? J’en sais trop rien. Je crois que sur ce plan, je suis encore un peu paumée et pourtant, l’idée de changer d’option et d’école – encore – ne me dit absolument rien. J’aime ce que je fais, n’est-ce pas le plus important ? « Quand j’ai commencé l’architecture, c’était en Espagne et à ce moment-là, j’en avais rien à faire des études, de mon avenir. Je faisais n’importe quoi, et il n’y avait que les soirées qui m’intéressaient vraiment. J’avais choisi architecture parce que naïvement je pensais que j’allais passer mon temps à dessiner, même des édifices ou des plans. Je m’en fichais un peu à vrai dire. C’est la raison pour laquelle j’ai dû venir vivre chez mon père, avec l’espoir que je prenne mon avenir un peu plus au sérieux. Puis finalement, faut croire que j’en ai eu marre de faire semblant, donc j’ai changé pour quelque chose que j’aimais vraiment. » je réfléchis quelques secondes avant d’ajouter « et puis au fond je pensais que comme mon père est à la tête du service de chirurgie d’un hopital, et que ma mère faisait tourner une entreprise de pub’, j’avais pas trop le choix de choisir un métier un peu moins… lambda que l’art. Il m’a fallu beaucoup de courage pour leur dire que je voulais changer et finalement, ils ne se fichent pas mal de savoir que je veux faire l’université ou une simple école d’art, tant que je trouve quelque chose que j’aime vraiment. » Comme quoi la communication reste importante et que même si ma mère m’a rabâché à longueur de journée de prendre mes études au sérieux, elle préfère me savoir faire quelque chose que j’aime et ce même si ça ne touche pas à un niveau universitaire.

Je passais en revue la salle et puis comme me le montrait l’homme avec qui j’échangeais depuis plusieurs minutes déjà, fixais l’individu et le détaillai du regard en partant de la tête, jusqu’aux pieds. Mon sourire s’étira petit à petit sur mon visage en me rendant compte de la magie du détail qu’était en train de me souligner mon interlocuteur vers qui je coulai un regard amusé « Vous détaillez les gens à ce point ? Tout le temps ? » Non parce que moi, je n’aurais même pas remarqué les boutons de manchettes, ni même les chaussures cirées. Et quand bien même, je n’aurais sans doute pas poussé jusqu’à la conclusion. « C’est pervers un peu votre job si vous devez détailler vos clients à ce point » affirmais-je accompagné d’un sourire en coin. Bon, il y avait pervers et pervers. Je n’étais pas en train de le traiter de gros pervers dégueulasse, non. Mais plutôt un genre plus fourbe, ou vicieux. Rien de bien méchant en soi et probablement qu’il était important dans son travail d’user de cette façon d’observer les gens pour trouver de bons clients.

A nouveau, je me pinçai les lèvres à l’évocation de vacances. Concernant ma mère, il ne devait pas trop y avoir de problème, mais du côté de mon père c’était plus délicat. J’avais déjà testé lorsqu’on s’était baladés au zoo. Certes, je lui avais directement annoncé la couleur en parlant de soirée en Espagne alors qu’un de mes amis avait son anniversaire. Evidemment, c’était faux, mais il avait sauté dans le piège les deux pieds joints et j’avais pu y voir ce cruel manque d’envie de me voir partir pour une semaine ou deux en Espagne. Alors je soupirai, rien qu’à l’idée du genre de bataille que je devais mener pour pouvoir envisager ne serait-ce qu’une semaine loin de ce pays pluvieux qu’est l’Angleterre  « En fait, je sors d’un accident de voiture assez grave, et d’une longue rééducation. La façon dont ça s’est passé, laisse mes parents un peu refroidis à l’idée de me laisser partir une semaine en Espagne. Je crois que c’est mieux de me dire que je vais passer mes prochaines vacances dans ce pays si triste. Ou alors je dois tenter de pousser ma mère à motiver mon père, mais ils arrivent à peine à se parler sans se hurler dessus, donc j’aime autant éviter de tout foutre en l’air… » A nouveau, j’étire un sourire en voyant la réaction qu’avait l’homme en face de moi en osant évoquer le fait qu’il aurait pu être anglais. « Aaah, donc les bières, l’Irish stew, la Saint-Patrick ou encore les Irish coffees c’est votre truc ! » Je jouai avec mon verre, et puis repris de plus belle « D’ailleurs, j’ai appris en cours qu’en réalité à la base il ne s’appelle même pas Patrick mais Maewyn succat et qu’en plus, il ne serait pas Irlandais. C’est vrai ? Pourquoi Saint-Patrick alors ? » Malheureusement, j’avais toujours cette curiosité à vouloir tout savoir, même sur des cultures que je ne connaissais pas vraiment. Malgré tout ça m’avait interloqué d’apprendre ça, et non je n’avais jamais pensé à vérifier sur le net. « Et les churros ! N’oubliez pas les churros » lançais-je faussement vexée, mais au fond ça me faisait rire, je devais l’avouer.

Fronçant les sourcils, je lui adresse un regard, prête à démarrer au quart de tour s’il continuait à titiller mon égo « Vous cherchez la guerre, vous » Désormais, je comptais bien lui mettre des bâtons dans les roues si la simple idée de m’abandonner auprès du premier alcoolique venu lui traversait l’esprit. Enfin, j’écoute son monologue, ou plutôt sa description me concernant alors que je porte mon verre à mes lèvres. Lorsqu’il termine, j’agite ma tête négativement « Vous avez oublié jolie, agréable, souriante, sociable, et cultivée » complétais-je avec beaucoup d’assurance accompagné d’un sourire taquin. Non, mais il est bien mignon de me balancer que mes défauts à la figure, mais il n’y a pas que ça et je tiens à les mettre en avant « Si c’est comme ça que vous faites le portrait de vos potentiels clients, vous êtes très limité » ajoutais-je dans toute ma franchise, mais pas sans un soupçon d’espièglerie sur le visage.

Je ne suis pas une fervente amatrice d’alcool. Oui j’en bois, quand je suis en soirée, mais si on pouvait me mettre un soft entre les mains, c’est tout aussi parfait. Ici j’avais délibérément choisi deux cocktails bourrés de sucre, certes, mais faible en alcool. Et la prochaine consommation que je comptais prendre, si vraiment j’en prenais une, ne serait malheureusement qu’un vulgaire coca, ou une grenadine à l’eau. Rien de bien folichon et pas de quoi se mettre la tête à l’envers ou de finir dans un lit autre que le mien « Oui enfin vous, vous êtes irlandais, ça vous aide quand même. D’ailleurs pourquoi pas une Guinness plutôt que ce que vous buvez là ? C’est mal vu de boire de la bière dans votre métier ? » Encore des questions, toujours des questions. La curiosité est une vilaine chose et pourtant je ne m’en sépare guère. Et ce, qu’importe mon interlocuteur.

A nouveau, on se lance dans une nouvelle discussion avec l’homme que j’ai en face de moi. Il essaie de me démontrer que non, le physique ou l’âge n’a rien à voir avec le fait qu’il est en train d’engager une discussion avec moi. Et je dois dire que je suis assez satisfaite de ce qu’il essaie de m’expliquer, et pourtant j’ai quand même l’intime conviction que beaucoup de gens abordent une personne uniquement parce que cette dernière leur plait physiquement « Certes, vous avez raison en sous-entendant que tout dépend de ce qu’on cherche réellement. Après j’ai du mal à croire que les gens ici sont là pour chercher le grand amour dans un premier temps. Ils sont plutôt là pour se détendre, pour faire des rencontres sans pour autant chercher la future personne avec qui ils pourront parler mariage et enfants et donc, dans ce genre d’endroit, le physique compte. En général ils sont là pour boire, puis ils rencontrent la personne avec qui ils discutent une partie de la soirée. Parfois même ça continue durant toute la nuit dans un lit et le lendemain ca se termine en ‘au revoir et merci’. Les plus chanceuses de ces personnes sont parfois rappelés par l’autre qui veut aller plus loin, mais c’est rare, je pense. »

Une fixette sur mes vingt ans, oui carrément même. Mais j’avais des circonstances atténuantes. Ou bien je m’infligeais ces circonstances. « Okay, si vous le dites » je pouvais au moins lui laisser le bénéfice du doute. Quant au cocktail, je l’approchai un peu plus de moi, de peur que cette idée de me l’ôter des mains lui monte vraiment au cerveau « dans ce genre d’endroit, on n’enlève jamais un cocktail des mains d’une fille, quel que soit son âge. C’est votre conscience d’avocat qui vous chante ces lois disant qu’il est interdit de servir de l’alcool à des mineurs. J’ai tord ? » A nouveau je fronce les sourcils en le voyant rire. Les femmes se torturent en se forçant à porter ce genre de talons. J’en fais partie, même si j’ai plus tendance à préférer les semelles plates. « Je ne me voyais pas lâcher ça au beau milieu de la conversation, ça aurait un peu fait bizarre. » Je tournai le visage vers la table dont il me parlait, puis lui adressai un sourire alors qu’il se penchait vers moi. « Moi j’opte pour la table ! » répondis-je certaine de mon choix. Non pas que j’étais contre le bar, mais tout le monde s’agglutinait à cet endroit lorsqu’il fallait commander une boisson ou passer une simple demande au barman, et puis enlever les chaussures, c’est une bonne idée, qui plus est « la prochaine fois, dress code ou pas il ira se le foutre là où je pense. » lançais-je alors que je me dirigeai vers la table que Nolan avait désigné un peu plus tôt, puis une fois installée je repris « Alooooors… Nolan, 30 ans, avocat, irlandais qui n’aime pas les alcools sucrés et qui est ici pour le travail, mais qui au lieu de ça discute avec la première demoiselle venue. Je ne compte pas vous signer de contrat, vous en êtes conscient ? » lui lançais-je avec un sourire taquin « je dirais que vous aimez embêter votre monde histoire de décompresser de ce que vous faites au quotidien, Maitre. Et… quoi d’autre ? » demandais-je alors que je jouais avec la paille dans mon verre.


(c) black pumpkin

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() message posté Dim 12 Nov - 19:06 par Nolan P. Donnelly
En entendant ses explications, et n'étant pas un connaisseur d'art, je ne risque pas de juger sur les bienfaits réels ou non de ce domaine, même si chacun a son avis. Elle dit vrai pour certaines choses comme l’appauvrissement de la population, mais malgré ça, je ne suis pas vraiment d'accord avec elle. Balançant ma tête de gauche à droite en faisant une moue sceptique, je finis par lui répondre « Alors, pour la galerie, rien ne vous empêche d'exposer vos propres œuvres après tout non ? » demandais-je tout d'abord de manière innocente tout en me disant intérieurement que, oui, elle le pouvait. « Et pour les artistes de manière générale, le monde en aura toujours besoin et peu importe le domaine. Vous évoquiez la nourriture, mais pour beaucoup de personnes, en dehors du prix, ce qui va différencier un produit d'un autre sera le packaging, il faut qu'il attire l'œil et donne envie aux gens d'acheter. Alors, oui, je me doute bien qu'on ne fait pas ce genre d'études en ayant pour rêve d’exercer ce talent pour ça, mais ce n'est qu'un exemple. Nous aurons toujours besoin dans notre monde d’artistes, peut-être sous des formes différentes, mais sans vous, la tristesse serait présente quotidiennement. » Mon explication se tient je trouve, bien qu’elle ne réponde pas forcément à sa question première. Elle pourrait la trouver des plus étranges également ou me voir comme un idéaliste un peu simplet, mais tant pis. Puis, la jeune femme m’explique alors un peu son parcours dans les études supérieures, sa déception pour l’architecture, mais surtout, l’amour de ses parents qui est bien perceptible. Ce n’est pas pour rien qu’ils souhaitent tout simplement le bonheur de leur fille, peu importe ce qu’elle fait, ils ont l’air de vouloir la soutenir tant qu’elle est heureuse. « Beaucoup de calculs en tout genre avec, j’imagine aussi, des lois à prendre en compte et un tas de choses bien moins intéressantes que le dessin en effet. » commençais-je à dire en esquissant un léger sourire « En tout cas, vous avez de bons parents car souvent lorsque les deux ont des postes à responsabilités, ils aiment que leurs enfants suivent un cursus similaire ou qu’ils prennent en un sens la relève. C’est une sacrée chance que vous avez. » Oh, de mon côté c’était la même chose, ni maman, ni papa ne nous avait poussé à faire telles ou telles études, l’un et l’autre s’en fichaient également. « En tout cas, j’espère que vous réussirez à vivre de votre passion, je vous le souhaite de tout cœur. » ajoutais-je avant de porter mon verre à mes lèvres et de prendre une nouvelle gorgée d’alcool.

En dévoilant la manière dont je repère de potentiels clients, je ris intérieurement tellement ça peut sembler surréaliste « Non, non, je vous rassure. » répondis-je avec un large sourire amusé. Heureusement d’ailleurs que je ne scrute pas tout le monde de cette manière, même si involontairement je vais par moment juger quelqu’un simplement à ce qu’il dégage, mais ce n’est pas la majorité des cas. « Peut-être que vous avez raison en effet, mais pour tout vous dire, je ne sais pas si mes collègues fonctionnent de la même manière. On a probablement chacun notre truc, moi, c’est l’observation. Ce n’est pas sans faille, je peux évidemment me tromper hein. » précisais-je en hochant la tête en repensant à une femme croisée à Bruxelles. Mon jugement était complètement faux, d’ailleurs, je crois bien que c’était la première fois que je me trompais à ce point sur quelqu’un. D’apparence négligée et peu sûre d’elle, elle était en réalité bien consciente de ce qu’elle dégageait et jouait avec ça pour duper les requins. Terme employé par cette personne pour désigner toutes celles venant vers elle par le passé à cause de son apparence soignée justement.

Pour une accidentée, elle a l’air d’être plutôt en forme, ce qui est une très bonne chose évidemment. Mais il y a toujours l’aspect psychologique qui peut lui en revanche mettre bien plus de temps à guérir. Une logique tristesse s’entend dans son récit et pas seulement par rapport à ce tragique événement, mais aussi par rapport à la réaction de ses parents. « Qu’ils souhaitent vous protéger est normal en un sens, mais que ce soit à Londres, en Espagne, en Chine ou je ne sais où, ils ne pourront pas indéfiniment vous protéger réellement de tout. Vous pourriez très bien glisser en sortant de la douche et vous blesser gravement ou pire. Et puis, vous n’êtes plus une enfant, même si je peux comprendre qu’à leurs yeux vous resterez toute votre vie leur bébé. » répondis-je tout d’abord avec un regard attendri en pensant forcément aux miens et leurs réactions. « En tout cas, sans connaître les détails qui ne me regardent pas, vous faites effectivement bien de ne pas trop les pousser vu ce que vous me dites. » ajoutais-je, ce n’est pas la peine d’envenimer les choses entre eux, et ça, elle l’a parfaitement compris, c’est tout à son honneur. Puis je me mets à rire pour les exemples cités « C’est bien ça oui ! Le vert aussi, mais pour le roux on repassera ! » plaisantais-je en grimaçant comme pour m’excuser étant donné que pour ce critère, j’en suis bien loin. Mais mon rire ne dure pas bien longtemps, non pas parce que la jeune femme n’est pas marrante, mais parce qu’elle m’épate pour le sujet abordé. Peu de non-irlandais le savent, certains irlandais non plus cela dit, mais elle a en partie raison en tout cas. Hochant la tête en guise d’approbation, je finis par ouvrir la bouche pour répondre vraiment « Alors déjà, chapeau pour savoir cela – lui dis-je en faisant une courte révérence – Et ensuite… Oui et non. Vous avez raison, il n’était pas irlandais mais romain. Par contre, pour Maewyn Succat, ça vient plus de traditions locales où le nom apparait sous différentes formes à cause de son véritable nom qui était un truc comme Magonus Su...ccatus Patricius ou quelque chose dans ce style je ne saurais plus trop vous dire avec exactitude. Mais Patricius pour Patrick donc et on le célèbre parce qu’il a apporté le christianisme en fait. » tentais-je d’expliquer en creusant dans mes souvenirs d’enfance. A chaque fois qu’on me demande quelque chose en lien avec mes origines irlandaises, j’ai une sorte de pression énorme, un peu comme si qu’au moindre dérapage, à la moindre inexactitude j’allais me faire publiquement lyncher. Un peu idiot, je sais.

Secouant la tête négativement à son affirmation, je ne peux cependant pas la contredire sur ce qu’elle ajoute puisqu’elle dit vrai. Peut-être aurais-je dû également citer ces qualités, même si la beauté reste une chose subjective, mais il était plus marrant de ne pas trop lui en dire non plus. « Non, j’essaye d’être le plus complet possible, chose que je n’ai pas faite avec vous je l’avoue, mais de toute manière, ils n’apprennent jamais le portrait fait d’eux, donc ce n’est pas bien gênant.  – dis-je avec un nouveau sourire. – Et puis, jolie, agréable, souriante, sociable et cultivée ne sont pas des traits intéressants d’un point de vue purement professionnel. » ajoutais-je d’un ton taquin rien que pour la titiller un peu plus. Ce n’est pas uniquement pour ça que je l’ai dit, c’est aussi une véritable raison qui, en plus, peut peut-être justifier ces oublis.

Portant une nouvelle fois mon verre à mes lèvres, je manque de m’étouffer et de recracher par le nez mon whisky que je parviens à avaler avant de me mettre à rire. « Ah ok, donc pour vous, les irlandais sont des alcooliques. Sympa, sympa. – plaisantais-je en affichant un air faussement outré – Plus sérieusement, vous avez en partie raison. La bière peut faire tâche dans l’esprit de certaines personnes, beauf, bouseux, simplet ou tout autre qualificatif dans le genre. Ce n’est pas assez chic voyez-vous – dis-je en prenant une voix de vieux bourgeois anglais avant de reprendre avec mon intonation classique – C’est moins dérangeant si vous en buvez dans un bar lambda, que vous regardez du rugby ou du football par exemple, mais c’est justement un autre public pour ces gens-là. » précisais-je en désignant du regard les personnes se trouvant tout autour de nous. Pourtant, de l’alcool reste de l’alcool, peu importe que ce soit une bonne Guinness bien fraîche, un Whisky ou autre.

La jolie brune soulève un point intéressant auquel je n’avais pas pensé étant donné que je suis là pour les affaires, le côté rencontre et drague m’étaient complètement sortis de l’esprit. « Sans parler d’amour ou de relation d’un soir, ça peut être une relation amicale également ou d’affaires. Surtout avec l’inauguration d’un tel établissement où tout est dans l’apparence, je pense que ce soir par exemple, il y aura bien plus de contacts professionnels d’établis qu’autre chose. Mais je comprends ce que vous voulez dire. De façon générale, on peut effectivement rendre dans un endroit de ce type pour draguer oui, mais même là, encore une fois, tout dépend de la manière dont on voit les choses, ce que l’on attend et désire. Après, si les deux personnes sont sur la même longueur d’ondes, tant mieux pour elles hein, je ne juge pas. » dis-je en haussant les épaules sans ajouter plus de choses. Intérieurement, je suppose fortement que son exemple est un mauvais souvenir. A tort ou à raison, je ne le saurais certainement jamais et ce n’est pas bien grave.

Finalement, le sujet tant épineux de l’âge et du fait de l’aborder ou non si elle n’était pas ceci ou cela, touche à sa fin, ce qui ne me dérange pas le moindre du monde. Pas que je sois à court d’arguments, en cherchant bien on presque en trouver indéfiniment ou en tout cas réussir à en reformuler certains, mais là, c’était différent, très personnel pour elle et donc vraiment délicat d’en parler avec une inconnue, que ce soit pour elle ou moi d’ailleurs. Se révéler et apprendre à connaître l’autre est une chose en général plaisante, amusante et distrayante, mais se livrer est bien différent, plus délicat et gênant. Alors cet apaisement ne pouvait être que bénéfique pour tous les deux. « Ah là, pour le coup, vous êtes dans l’erreur en effet. L’avocat n’a strictement rien à voir là-dedans, c’est simplement ma conscience d’individu, rien d’autre. » répondis-je avec un large sourire presque heureux de la voir se tromper. « Et dans ce genre d’endroit, il vaut mieux ne jamais quitter son verre des yeux non plus, en tout cas, j’ai toujours dit ça à ma sœur. » Ce qui est vrai, même si je m’attends déjà à ce qu’elle me fasse une remarque comme quoi j’ai déjà drogué une fille. Mais plutôt que d’anticiper, je lui laisse cette possibilité de réagir. Un brin maso sur le coup. Le choix de la table est parfait, on sera un peu plus tranquille et ce sera bien plus confortable que les chaises du bar, sans oublier le fait que ça peut faire alcoolique d’incarner le pilier de bar. « Ça me va ! » lui dis-je en guise de réponse. Quant à sa remarque sur le dress code, elle me fait bien rire, surtout le langage familier, ça change de celui employé jusqu’à maintenant. Nous migrons donc pour nous asseoir, et comme ça, elle pourra enlever les chaussures qui lui apportent une certaine souffrance.

En revanche, je suis un peu perdu sur un point, Lilly parlait de tutoiement, mais au final, elle continue de me vouvoyer. Etait-ce en réalité un test de sa part ou le sucre de son cocktail lui est monté à la tête ? « Oh oui, oui, j’en suis pleinement conscient ne… T’en ou vous en faites pas d’ailleurs ? Parce que tu me dis qu’il faut qu’on se tutoie, mais tu ne le fais pas, du coup j’ai l’impression d’être vraiment impoli. » lui dis-je en faisant tourner lentement mon verre sur la table pour éviter tout bruit énervant, un simple frottement pourrait s’entendre dans le cas où le silence total régnerait dans l’établissement. Mais elle marque un point sur le portrait d’écrit. « Effectivement et aussi parce que l’humour peut aider pour éviter de parler de certains sujets, mais surtout, parce que la vie est belle, il faut en profiter et relativiser. Quant au quoi d’autre… Bonne question ! » répondis-je en haussant les épaules. Parler de moi n’est pas du tout mon fort, ça me donne toujours l’impression de vouloir me mettre en avant alors que pas du tout. Réfléchissant un instant en regardant dans le vide, je tourne finalement la tête jusqu’à croiser le regarde de la brune « Tu m’as parlé de ton parcours, alors, même si ça va beaucoup moins faire rêver, je me lance aussi. Je suis donc né en Irlande, j’ai une sœur comme je l’ai dit un peu plus tôt, on a vécu dans une petite ville à une quinzaine de kilomètres de la capitale avant de partir pour l’Angleterre et en 2012 je suis parti pendant cinq ans en Belgique avant de revenir cet été… Et voilà… Sinon, j’adore le chiffre 7. Aucun rapport je sais. » admettais-je avec un sourire se dessinant sur mon visage. « T’as beaucoup voyagé en dehors de l’Australie, l’Espagne et le Royaume-Uni ? » finissais-je par demander un peu curieux, je dois bien l’admettre.
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