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A future turns us into silent gods _ Abigail&James

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() message posté Dim 15 Oct - 19:43 par James M. Wilde



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Abigail
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Deux ans plus tôt... Quelque part sur le chemin de la perdition.

La tête enfoncée dans l'épais cuir de mon canapé, je ne l'entends que comme un être atténué, sorti tout droit des limbes complexes de mon esprit pour venir me rappeler à mes inénarrables devoirs. La fameuse soirée des Brit Awards dont je n'ai strictement rien à foutre sachant qu'il s'agit là d'y apparaître uniquement pour témoigner de notre état de cadavres ressuscités au milieu du parterre bavard et niais d'une industrie en déliquescence. Nous ne présentons aucun album, nous ne sommes pas nominés. Comment pourrions-nous l'être sachant que l'ensemble de nos projets sont en stand-by, maintenus entre la vie et la mort par mon attitude changeante, qui préfère prétendre que le Viper Room, notre nightclub, passe avant notre carrière plutôt que d'affronter tous les symptômes de mon ennui brutal. Fatal également. Plus une note, dans l'océan de celles que je cherche à étouffer à présent que l'oeil sombre et moqueur de notre producteur est venu les ternir. Connard arrogant. Je devrais le penser au pluriel, sachant mon caractère enfiévré dès lors qu'il s'agit de recevoir le jugement de mes pairs... Machine à fric, broyeuse de symphonie, devenue mutique dans ma tête. Le grand blanc accablé et aphone de mon amertume. Je crois que je vais continuer à provoquer cet éternel médiocre qu'est Rodgers, jusqu'à ce que sa production nous vire. Une de plus. Sans doute pas la dernière, c'est pourtant une course que je me crois capable de gagner, même si je ne sais que trop où elle me mènera. Nous mènera. Qu'importe n'est-ce pas ? Mieux vaut encore le vide plutôt que la distorsion de mes compositions par leurs âmes malades et avilies, trompées par le faste, vautrées dans le lustre, irriguées par ces facilités qu'ils appellent succès.
"Ils souhaitent... au moins toi... je ne peux pas te remplacer sur ce... Vraiment y aller. Ils croient déjà que... quasi morts alors si tu veux à un moment..."
Je grogne pour m'empêcher de hurler un mécontentement qui croît peu à peu dans mes entrailles, les oppresse à me donner envie de gerber. J'ai sans doute trop bu. Et pas assez mangé. Comme de coutume me direz-vous.
_ Mais qu'ils croient donc ce qu'ils veulent, bordel, Gregory !
Je relève le museau, la passion de mes haines dévalant mon visage pour le rendre froid et agressif. Ma voix blesse, filtre à travers mes dents serrées. Toute la frustration s'évade et vient trouver mon ami de toujours qui n'y est toutefois pas pour grand chose :
_ Qu'ils croient donc que nous sommes morts, enterrés, has been, finis ! Qu'est-ce que ça peut te foutre au final ? Il sera toujours temps de les détromper quand on sortira ce putain d'album qu'ils s'empresseront de louer parce qu'ils ne pourront pas faire autrement. Ils mentiront, ils feront semblant de nous aimer quand ils nous ont tant décriés, et nous on ira leur sourire à la gueule pour éviter de leur arracher la gorge avec les dents. Laisse-moi tranquille, fais-moi de l'air. La résurrection attendra. Encore.
Elle attendra deux longues années, le temps de rencontrer un sourire et de croiser ses yeux, de lire ce qu'en elle j'ai fini par oublier de moi. Deux longues années avant de te rencontrer, Moira... Mais je ne le sais pas encore. Ce que je sais, c'est l'horreur d'une compromission qui pèse sur ma peau, s'infiltre jusque dans mes os pour rendre à mes journées une souffrance de plus en plus prégnante. J'aimerais partir, revenir sur d'autres routes qui furent celles de nos évasions américaines. J'aimerais. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas. Greg a le visage fané et son murmure est comme un reproche ourlé par des ombres qu'il finit par hériter de moi. Je ne lui lègue que cela. Que cela.

"Non James. Non, à un moment, ça n'attendra plus car ça sera trop tard pour reparaître. Il sera trop tard pour prétendre être vivant quand tu ne sauras même plus aligner un mot ou une note pour qu'ils fassent sens. Mais c'est ça, obstine-toi, continue donc à fuir ce qui est déplaisant. C'est peut-être ce que tu fais de mieux."
Wells ne m'attaque jamais. Jamais sur les femmes que je dénigre et que je blesse, jamais sur mes réflexions médisantes, jamais sur mes altercations avec la presse, jamais sur mes comportements malsains avec le personnel. Jamais sur la vie en général, en vérité, le tableau global de nos évasions n'a guère à être parfait. Sauf dès lors que mes excès mettent véritablement en péril notre carrière et dessinent les tons rouges et ostentatoires du bourreau. C'est sans doute le seul à ne pouvoir se projeter en dehors de la toile, car il sait que sans notre musique, je ne ferai que dépérir plus rapidement encore que je ne le fais déjà. Ma constante négligence envers les conseils de notre producteur commence à le pousser dans un malaise croissant. Si Rodgers dénonce notre contrat, nous n'aurons plus grande valeur dans la sphère publique, et cette idée le ronge, elle le ronge depuis des jours, et ce sans discontinuer. Je le vois à son teint pâle, à ses quelques tremblements qu'il cherche à dissimuler. La détresse dans ses yeux gris. Noyés. Noyés. Je sombre depuis si longtemps... Mais pas avec lui. Pas avec lui. Je me redresse et cesse de faire l'enfant, avant de poser la seule question qui vaille dans notre débat devenu éternel :
_ Tu veux que je me pointe à cette soirée ?
Il me considère un instant, un instant bien trop long, qui balaye l'anodin pour rendre à nos souffles un peu trop de gravité. Je n'en ai pas envie Gregory, et tu le sais. Je n'ai pas envie de retrouver tous ces gens, leur médisance, leur ton hautain, leur vide infâme. Je m'y sens mal. Tu le sais... Tu l'as toujours su. Sans doute que mon supplice lui est désagréable, il esquisse un très léger sourire :
"Ils nous demandent d'y être. Tu sais bien que notre groupe est le seul qui donne encore sa renommée à leur label. Si nous avions sorti l'album cette année... Si..."
Il soupire et je le laisse continuer tout en sortant une clope du paquet de Morley qui traîne sur la table basse :
"... Bref, tu sais que nous devrions être au milieu des nominés. Et revenir avec un prix. C'est ça que nous faisons, c'est ce genre de groupe que nous sommes et c'est ce qui leur a donné envie d'investir dans nos projets. Alors la moindre des choses, c'est juste de se pointer, de parler à trois journalistes, de dire que nous sommes en train de travailler et qu'on sera bientôt en studio. Ça calmerait tout le monde. Et nous aussi."
Nous ne serons pas bientôt en studio. Mes compositions sont trop lentes, ma paresse devient générale. Je suis sur pause... Sans trop savoir ce que j'attends. Je dévale des airs qui ne parlent qu'à moi, je les tais sans parvenir à les délivrer de mes angoisses. Mais... Je n'ai pas le droit de soustraire nos rêves à mes délires de destruction. Non. Non. Un droit que je ne peux jamais avoir. Sur lui. Sur Ellis. Sur moi... La condamnation est mienne. Uniquement mienne. Je me mords la lèvre, je n'aime pas trop qu'il ait raison mais c'est bien souvent le cas lorsqu'il s'agit de manoeuvrer pour le bien des Wild. J'aurais fait couler le groupe depuis longtemps sans sa constance, et ses rares exigences. Il souffle plus bas :
"J'irai si je pouvais. Ellis aussi. La plupart du temps on y va à deux. Fais ça pour nous d'accord ?"
J'inspire longuement la fumée qui s'enroule dans mon ventre vide, remplace le noir qui s'y broie pour y former une culpabilité que je n'afficherai pas. Je fais mine de me moquer de lui :
_ Ouais ouais. Si j'y pense. J'irai. Peut-être. Pour peu qu'une fille m'accompagne.
Lui et son sourire satisfait se cassent, m'abandonnant à mon inconscience perturbée. J'aurais aimé jouer le mort quelques jours de plus. Pour oublier sans doute que je le suis déjà.

***

Deux heures pour retrouver le nom du gars qui un jour m'avait invité. Une heure de plus pour me rappeler de son prénom à elle, parce que les autres ne sont pas disponibles, et que sa voix joue des échos dans ma tête. Son rire surtout en vérité. Ce qu'il y a de bien chez les mannequins, c'est qu'en général ce sont des parfaites idiotes que l'on peut arborer pendant des heures tout en étant assuré de pouvoir les sauter après le dessert. Si on a quelques arguments, bien avant cela même, dans les toilettes reluisantes des palaces dans lesquelles nos soirées nous entrainent. Je les aime parce qu'elles savent se taire, et qu'en général elles sont tant passionnées par leur nombril qu'elle ne font pas attention à qui je suis sous mon masque. Elles ne voient que mon nom, la célébrité enchâssée à ses lettres, le fric, le monde sulfureux de la musique. Je ne me souviens pas d'Abigail. Hormis son rire, et vaguement son visage. Il a fallu faire faire à mes neurones un tour de force pour qu'ils parviennent à me peindre son identité. A priori, je ne me la suis pas faite. Pas cette fois-là. Sans doute est-elle plus intelligente que la moyenne, à moins que le soir de ce dîner, je n'ai pas été très bien luné. Je me souviens avoir servi mon humeur massacrante à une fille dans son genre il y a quelques mois, à prétendre que son métier était sans doute le comble de l'inexistence, et qu'il ne fallait pas grand talent pour sucer les photographes et s'afficher dans des frusques que l'on ne conçoit même pas. Peut-être est-ce elle qui reçut mes discours enténébrés, je ne sais pas, je m'en fous. Un caprice m'indique qu'elle doit m'accompagner aux Brit Awards. Parce que j'ai envie d'entendre son rire de nouveau... et de le transformer en pleurs. Ou pas. Question de distraction. Ou instinct malsain quand je me sens contraint d'aller montrer ma gueule dans des milieux hostiles.

Le dit faux ami dont le portrait se parfait par son caractère de vrai idiot a fini par me délivrer son numéro que je compose mollement dans cet après-midi radieux que j'ai rapidement masqué par les persiennes, tombées telles un châtiment obscure sur tout le penthouse. Je déambule, presque certain d'avoir son répondeur quand elle décroche, peut-être intriguée par un numéro inconnu tombé tout droit sur son portable personnel :
_ Salut. Je crois t'avoir croisée tu sais... Chez cet imbécile de Jeremy qui était si fier de son tout dernier... Était-ce son chien ou sa femme d'ailleurs ? Quelle importance n'est-ce pas ? Je pense que nous avons parlé, Abigail. Je m'appelle James Wilde, et j'ai particulièrement envie de te soustraire à ton emploi du temps pour te traîner à Earl's Court aux Brit Awards. Il y aura du champagne. Les filles comme toi aiment le champagne non ?
Arrogance. De ton et d'esprit. Tout cela presque sans respirer, mais à présent je termine ma cigarette, les yeux rivés sur mes murs blafards, attendant je ne sais quelle révélation de notre conversation très impromptue.
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() message posté Mar 17 Oct - 2:14 par Abigail E. Reynolds
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La matinée a été longue, pour Abigail. Elle n’a pas eu à se lever aussi tôt depuis des lustres. Le travail semble reprendre, ce qui a pour effet de la contenter plus qu’autre chose. Elle est fatiguée, et c’est presque avec des cernes sous les yeux qu’elle est arrivée sur le lieu du rendez-vous ce matin, pour la promotion d’une marque quelconque de vêtements dont elle est l’égérie. Elle se souvient à peine du visage de la styliste qui l’a accueillie, même si le reste de la matinée tournoie dans sa tête alors qu’elle se laisse doucement ramener chez elle par son chauffeur personnel. Elle n’a plus rien à faire avant la fin de la semaine, et encore, il s’agira d’une fête pour célébrer ses dix ans dans le métier, à peu de mois près. Ce n’est pas pour rassurer Abigail, qui fait tout un plat de ses trente ans qui approchent peu à peu, mais ce n’est pas à vingt-sept ans qu’elle va faire sa dépression nerveuse. Surtout qu’elle est encore beaucoup demandée, dans le milieu. Elle a su s’y faire un nom. Et un nom pas mal réputé.

Abigail trouve son appartement plutôt vide, comparé à l’animation dont elle était le centre depuis le début de la matinée. Une bourrasque de solitude manque de la faire trébucher quand elle passe la porte coulissante de son grand salon, mais cela a pour l’effet de l’apaiser. Un peu de tranquillité, et de repos. Elle n’est pas de celles qui aiment à se lever tôt, même quand il s’agit d’être mise en beauté plusieurs heures durant. Un reste de nourriture mis au four à micro-ondes, un café coulé dans une tasse, et le mannequin peut enfin s’installer sur son canapé, sous une couverture plus douce que la douceur elle-même. C’est son moment. Elle se laissera peut-être emporter par le sommeil pour quelques heures, devant une série quelconque. Elle veut à tout prix récupérer. Elle mange sans se presser, midi est déjà passée depuis pas mal de temps mais il n’y a pas d’heure pour se nourrir, a-t-elle pensé en ouvrant son frigo quelques dizaines de minutes plus tôt.

Au moment où elle repose son assiette et qu’elle se saisit de sa tasse de café, les yeux d’Abigail sont attirés par son téléphone qui se met à vibrer, sur la table basse, non loin des télécommandes qu’elle entrepose de façon nonchalante, sans jamais les ranger dans le tiroir prévu à cet effet. C’est un numéro inconnu. Elle fronce un sourcil, se saisit de l’appareil et l’approche de son visage. Elle hésite quelques secondes à répondre. Elle se dit qu’elle a peut-être oublié quelque chose au studio ce matin, et décide de décrocher malgré le fait qu’il est très difficile d’avoir son numéro personnel et sachant très bien que d’habitude pour ce type de problème les gens passent par son agent. Elle lance un clair et franc “Oui ?”. Abigail ne reconnaît pas la voix de l’homme qui lui parle au bout du fil. Elle l’a peut-être déjà entendue, puisqu’il prétend la connaître. Il parle de Jeremy. Oui, lui, Abigail le connaît. Elle le remet enfin quand il dit son nom, et se rappelle de la soirée où elle a rencontré ce dénommé James. Ils s’étaient parlé sans donner suite, ce qui n’avait pas frustré Abigail, habituée à être prise pour un objet.

Le but de l’appel est donc de l’inviter aux Brit Awards. Une soirée sûrement réservée à l’élite musicale, ou cinématographique, elle ne saurait dire. Que ferait-elle aux bras de cet homme, si ce n’est jouer les potiches ? Elle n’a pas eu à subir ce genre de contrat depuis des années, et n’a pas réellement envie de recommencer. Le dénommé James termine sa proposition sur une note qui ne donne pas à Abigail l’envie de sourire. Elle lui répond du tac-au-tac ”Les filles comme moi ?” sur un ton agacé.

(c) Gasmask


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() message posté Dim 22 Oct - 16:26 par James M. Wilde



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Il y a toujours une sorte de frisson lorsque vous laissez filtrer ce silence quelques secondes de plus, dans le creux d'un appareil. Quelques secondes de trop. Pour que le classique prenne le faciès de l'anormalité. Que le quotidien paraisse sous le sursaut d'une autre réalité. J'entends sa voix, je la reconnais à peine, les souvenirs ressuscitent tous estropiés, malingres, informes dans ma mémoire parasitée par l'ennui grandissant de mes journées. Et de toutes ces nuits que j'égraine, sans discontinuer. Abigail se peint dans des couleurs changeantes, qui miroitent de soirées toutes semblables. Saveur d'amer et de douceur sur le bout de la langue. Je me sers un verre de Lagavulin pour chasser les voix, les murmures et les cris de jouissance. J'abats mes discours pour troubler ce silence que j'ai étiré entre nous, dans l'unique but de faire rouler son "Oui" presque distingué dans ma bouche, enrobé de whisky. Je suis un inconnu pour elle également. Les cartes sont redistribuées, mon intérêt piqué par un enjeu que je forme pour ne pas céder à la langueur des bras de l'apathie. La lumière caresse l'une de mes paupières, que je frotte pour l'en chasser telle une importune, je fais volte-face pour me consacrer à mon nouveau tête à tête. La dame n'aime pas mon ton. La dame n'aime pas la cadence de mes mots qui blessent. La dame veut être courtisée, visiblement. Ou bien laissée à son temps libre que l'on nomme ainsi pour ne pas le targuer de solitude. Je ne peux guère lui en vouloir, j'en ai l'extrême envie qui grogne dans mon ventre. De raccrocher plutôt que de m'élancer dans un argumentaire qui me fatigue déjà. Je pourrais contraindre Gregory... À abandonner ses retrouvailles familiales, à les décaler, à les considérer comme négligeables pour m'accommoder une fois de plus. Je pourrais. Mais je ne le fais pas. À la place, ma voix furète dans les graves, teintée d'une ironie presque amicale :
_ Les filles qui possèdent toutes les qualités, bien entendu : le goût pour l'opulence de notre société et suffisamment de tact pour savoir quand il faut mordre ou savourer.
Un autre silence qui traine, plus éloquent celui-ci. J'attends la musique de sa réponse, pour savoir si je la trace dans des oripeaux qu'elle sera bien incapable de porter. Je me moque... Peut-être. Ou pas. J'ai si peu de souvenirs d'elle que je ne peux avoir que cette estime trop neuve qui tient à ses accents farouches. J'apprécie que l'on ne se laisse pas faire. Particulièrement par moi. J'ajoute très doucement :
_ C'est bien cela que tu souhaites entendre ? Ou plutôt la vérité ? Dis-moi. Dis-moi tout. J'ai tout mon temps.
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() message posté Jeu 2 Nov - 0:03 par Abigail E. Reynolds
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Abigail est sur le point de raccrocher, quand la réponse du dénommé James coule par le combiné minuscule de son smartphone, directement dans son oreille agacée. On lui montre rarement autant d’intérêt et de dédain à la fois. C’est une sensation inouïe pour le mannequin. Cet homme fait preuve d’une ironie à laquelle elle est peu habituée, puisque c’est elle qui, d’ordinaire, l’assène à ses congénères. Elle ne répond rien, et réfléchit. James lui demande ensuite, d’une voix qui pénètre jusqu’à l’âme d’Abigail, si c’était cela qu’elle voulait entendre.

La brune laisse passer deux secondes qui lui paraissent finalement des heures. Elle ne sait que répondre. Doit-elle refuser et camper sur ses positions de femme orgueilleuse ? Doit-elle accepter au risque de passer pour une femme-objet ? Tout se mélange dans la tête d’Abigail, pendant qu’elle réfléchit à la réponse à donner à ce coup de fil incongru. Elle soupire finalement, avant de déclarer :

- C’est d’accord.

Elle prononce cela distinctement, d’une voix claire, et ne laisse pas le temps à James de commenter cela car elle risquerait alors de changer d’avis. Elle ajoute :

- Ce soir ? Quelle heure ? Tu passeras me chercher, bien entendu.

Son emploi du temps lui importe peu, même si la soirée se déroule le soir-même alors qu’elle a une interview le lendemain en début d’après-midi, elle s’en moque. Ce genre d’événement ne finit jamais bien tard, ce sont surtout les after qui se terminent à l’aube. Et quelque chose murmure à l’oreille d’Abigail que ce James est bien du genre à traîner sa patte jusqu’à la toute fin des soirées.

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() message posté Dim 12 Nov - 19:02 par James M. Wilde



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Je passe ma main à la base de la nuque, tire légèrement sur mes cheveux jusqu'à sentir toute tension me quitter. Le jeu presque établi me nargue et m'ensorcèle, je suis suspendu à mon téléphone, à la respiration muette qui trahit les pensées. Si elle m'éconduit, je pourrais toujours prétendre n'avoir personne pour aller me montrer à Earl's Court. What a shame, indeed. L'ironie brutalise mes oreilles qui bourdonnent de l'impatience qui pulse à chaque fois que j'inspire. Réfléchis, Abigail, réfléchis-bien. Car mes invitations ne sont jamais gratuites, désintéressées, ou communes. Il a dans la sécheresse du ton employé jusqu'alors quelque chose d'extrêmement rafraîchissant. Je ne compte plus le nombre de filles qui pouffent de plaisir quand j'émets l'envie de les accrocher à mon bras. Des filles sans importance, sans saveur, sans nom d'ailleurs. Elle a l'air d'osciller entre deux images contradictoires. Dans ma tête, elle passe de l'objet d'art glacé à la tentation la plus brutale, simplement parce qu'elle fait mine de résister. Soudain, les Brit Awards revêtent un intérêt certain. Je patiente. Difficilement, en jouant avec la lame des persiennes, qui vibre en rythme sous mes doigts. Un rayon de soleil caresse l'une de mes phalanges, j'observe ma peau changer d'aspect. Le vivant flirte avec la déliquescence...

Puis elle répond. Et quelque part, j'exulte d'une victoire artificielle qui me transperce. Je me tiens bien plus droit, bien plus sûr de moi, j'ouvre la bouche pour ponctuer la conversation de mon orgueil délivré mais elle ne m'en laisse guère l'occasion. Joueuse avec ça... Je souris en coin, relâche brutalement la lame qui s'agite sur son fil, jouant des ombres et des éclaircies sur tous les murs du penthouse. L'ennui m'abandonne un court instant et je me sens exister de nouveau. Elle exige et elle affirme, qui suis-je donc pour ne pas obéir. J'imagine venir la cueillir en moto mais elle risque de vouloir faire la belle dans une robe apprêtée, donc j'abandonne ce projet décalé et me contente de répondre, après qu'elle m'ait communiqué l'adresse :
_ 21h30. Je n'aime pas me pointer à l'heure à ce genre d'événement. À ce soir. Abigail...
Je souffle et savoure son prénom sur le bout de ma langue avant de raccrocher sans lui ménager l'occasion de rajouter quoique ce fut. Juste retour des choses. Alors que je me détourne de la baie vitrée entièrement masquée, la lumière danse encore. Tout comme ma respiration perturbée.

***

J'ai choisi d'éviter de me ramener tel un pingouin cérémonieux. Je veux bien faire plaisir à Gregory mais certainement pas me balader dans un costume qui m'exposerait au milieu de tous ces connards comme celui que je ne suis pas. Alors que je réajuste la chaîne en argent autour de mon cou, je passe mon t-shirt qui clame dans mon dos "Storm Terror", et fais claquer mes bretelles noires sur mon ossature sèche. Mon jean du même ton, je consens à passer ma veste en cuir par dessus mon accoutrement qui me fait ressembler à l'énergumène qui parade sur les scènes dont j'ai l'habitude. Dommage qu'ils n'aient pas daigné nous décorer d'une nouvelle récompense inutile ce soir... Surtout qu'ils ont choisi les Rocking Pistols qui appartiennent au même label que nous. Je les hais. À mon sens ils sont plus que mauvais... Et vides avec cela  un regard bovin, un son facile et sans grabdiloquence. Ce qui me fait en permanence discuter le fait d'être produit par les mêmes idiots qu'eux mais qu'importe. J'ai dans l'idée de me les payer d'une façon ou d'une autre ce soir. Il ne fallait pas me forcer à ramener ma gueule en milieu hostile. Je referme mon étui argenté plein de cocaïne et le glisse dans ma poche intérieure, accompagné de mes clopes et de mon zippo. Le taxi est déjà en bas, il est 21h25. Je sais que je me pointerai en retard chez Abigail et j'espère qu'elle sera plus enragée encore que mon appel ne le laissait présager.

Un long quart d'heure et quelques minutes supplémentaires nous mènent jusqu'en bas de sa résidence, j'ouvre la portière comme une invitation mais je ne descends pas, je sais que le chauffeur fermera la portière juste derrière elle et je n'ai jamais été quelqu'un de galant. J'attends qu'elle s'installe avant de lui accorder un regard qui la détaille dans le silence retombé de l'habitacle enténébré.
_ Prête à dénoter dans le paysage si propret de la scène barbante et musicale ?
J'ai un léger sourire, j'ouvre mon paquet de cigarettes pour lui en proposer une, avant de glisser une Morley entre mes lèvres. Le chauffeur me lance un coup d'oeil mais se ravise, il a tellement l'habitude de ma personnalité qu'il sait que me rappeler le règlement de la compagnie qui l'emploie ne sert strictement à rien. "Directement à Earl's Court, monsieur Wilde ?"
_ James. Monsieur Wilde c'est pour l'autre austère que vous trimballez à l'occasion, Martin. Bougez... À moins que mademoiselle n'ait soudain quelques envies excentriques.
Je reviens à Abigail, hausse un sourcil qui sous-tend un défi. Il est toujours temps de renoncer.
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