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Rape me, my love [Jean]

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MEMBRE

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() message posté Sam 21 Oct - 21:55 par Gia Williams

RAPE ME MY LOVE
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Elle avait été rencardée par John. Un indic plutôt minable mais c’était un début de piste. Une filière de blanchiment d’argent. Le gros truc. Une transaction prévue le soir même. Cela faisait des semaines qu’elle bossait sur ce coup. Elle avait repéré les lieux. Dans le quartier Nord de Londres. Un entrepôt servait de lieu de transaction et de stockage en partie. L’argent sale était écoulé toutes les semaines. Il fallait donc  bien choisir le moment de l’intervention. Gi avait tout planifié et comme toujours, elle n’avait rien laissé au hasard. Elle avait choisi ses gars. Les meilleurs naturellement. On la surveillait, bien sûr. Elle avait un entretien une fois par semaine avec un psy, devait remplir des pages et des pages de rapport pour justifier la moindre demande de matériel. En même temps, elle sortait de l’hosto pour dépression et pétage de plomb, c’était un minimum normal que le MI5 ne lui redonne pas les clefs de la baraque comme ça.

Il était très tard, la nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà. Elle était fin prête. Elle avait chargé son M16 et avait enfilé son gilet pare-balle. On ne rigolait pas avec les mecs qui étaient de garde de l’entrepôt, ça non. Il fallait les prendre par surprise, sinon ça allait être une boucherie sans nom.

Ils s’étaient fringués et étaient montés dans les pick-up banalisés pour rejoindre l’entrepôt. Gia regardait ses gars. Tout ça lui avait sacrément manqué, bordel ! Certes, cela ne valait pas ce qu’elle avait perdu et de loin. Mais son job, c’était tout ce qui lui restait. Alors elle s’y donnait à trois milles pourcent. Elle descendit du camion en même temps que ses hommes. Elle leur fit signe d’encercler le bâtiment en silence. Se postant devant la porte, elle lança le signal de l’assaut. Mais à ce moment-là…

Et merde !!!

Lorsque les portes s’étaient ouvertes, des hommes armés étaient déjà présents. Etaient-ils des ennemis ? En tout cas, ce n’étaient pas les gardiens, dont les corps étaient inertes au sol. Gia pivota sur elle-même et elle pointa son arme sur l’homme qui dirigeait la troupe inconnue. Et là… Elle le reconnut. Son cœur s’arrêta. Elle plongea son regard dans celui de l’homme. Les yeux de son petit garçon… Les larmes lui montèrent aux yeux mais elle les refoula fermement. Et ce fut la colère qui monta. Jean… Son ex-mari. Que faisait-il ici ? Elle resta immobile et silencieuse. Une foule de sentiments l’envahissait.

Et soudain, les digues cédèrent. Elle fit deux pas et lança un violent coup de poing dans la mâchoire de son ex-mari.

Qu’est-ce que tu fous là, bordel ?!!! Tu as fait échouer cette mission !!!   
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Dona Nobis Pacem

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() message posté Dim 22 Oct - 18:18 par Jean Marceau
Je ne bossais plus pour l’équipe financière d’Interpol Londres, mais ça pouvait encore arriver qu’on m’appelle en renforts dans certains cas, comme j’avais déjà traité ce genre de dossiers par le passé. C’était plutôt facile, en fait, bien que traquer des mouvements de fonds était un job long et fastidieux, vous pouvez me croire. Je n’appréciais pas trop ce genre d’enquête, à laquelle je ne pouvais finalement pas apporter beaucoup de valeur ajoutée ; on ne demandait que rarement un grand esprit d’analyse, sauf pour les montages financiers les plus complexes. Et de très bons analystes financiers de l’Union Européenne ou de la Brigade de la City, comme on la surnommait dans le milieu, suffisaient à ce genre de boulot. Mais voilà, quand le milieu de l’argent rencontre celui de la bonne vieille pègre bien crasseuse… Là ça devenait beaucoup plus dangereux pour les mecs de la financière. Arrêter un trader c’est une chose. Arrêter Heinsenberg à la breaking bad, c’est carrément autre chose. Les mecs des grosses organisations criminelles faut putain pas les faire chier, si vous voyez ce que je veux dire ! Bref, j’étais appelé en renfort sur une opération de terrain.


Ce que j’avais pas dit à mon responsable, au directeur d’Interpol Londres, c’était que j’étais bourré comme un coing quand j’avais entendu l’appel radio dans ma caisse. Ouais, j’étais encore dedans. Sans aucune vraie raison ; je n’étais pas allé me cuiter dans un bar, pas plus que je n’avais été chercher un peu de réconfort une fois la nuit tombée chez les filles en bordure de Chelsea… Non, je vérifiais juste des infos auprès d’un indic’, et c’est en sortant de chez lui que j’avais vu le bordel sur les ondes, et l’appel à du renfort. Je me rendais donc sur place, faisant crisser les pneus dans le virage et me garant un peu plus loin que l’adresse indiquée. Lorsque j’arrivais, l’opération était déjà en cours. Et en quelques minutes, c’était fini. Les types étaient au sol et menottés, ils s’étaient rendus une fois que l’équipe d’intervention était descendue en rappel depuis le toit, où elle avait été déposée par hélico. On les menottait et on les emmenait un par un pour les interroger, quand une bande de types armés jusqu’aux dents fit son entrée. Je les dévisageais, ils n’avaient pas l’air d’être des gangsters… J’aurais dit une agence locale, des brits.



| Hé, on se calme et on rengaine les boloss, on vous a coiffé au poteau. |


Ok, moi j’y étais pas pour grand-chose, là-dedans, mais ça n’empêcha pas l’une des gonzesses de ce groupe de me sauter dessus et de m’evoyer un coup de poing en pleine gueule. J’étais estomaqué. Pas par le choc cuisant au niveau de la mâchoire, mais je regardais benoitement la femme. Putain, Gia. Je pris l’air arrogant et souriant du type qui s’attribuait tous les lauriers de ce qu’il venait de se passer, et je le faisais par pur réflexe de casser les couilles de mon ex-femme. Quelle connasse, j’avais rien demandé moi !


| Echec, échec… Si le MI5 servait encore à quelque chose ça se saurait. Mais ravi de te voir, chérie. Tu veux vraiment te donner en spectacle et retourner avaler tes p’tites pilules roses ? |


Ok, déjà de base j’étais ni le mec le plus sympa ni le plus gentil du monde, mais l’alcool plus la colère et le ressentiment lié à notre relation…


| Laisse-faire les grands et casses-toi avec tes guignols. |
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() message posté Mar 24 Oct - 19:39 par Gia Williams

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Son regard restait figé sur le visage de son ex-mari. La colère, la haine, l’amour, tout se mélangeait dans un imbroglio improbable et foireux. Le coup de poing qu’elle lui avait envoyé avait été d’un grand soulagement. Pour un temps seulement. La haine recommençait à l’envahir. Tout était de sa faute. Il avait fui. Il n’avait jamais reconnu sa responsabilité. Elle lui en voulait. Il avait tué leur fils. Certes, il ne conduisait pas la voiture qui l’avait percuté mais c’était tout comme. S’il avait été le chercher, comme prévu, Tom serait encore de ce monde. La psy lui avait dit quoi déjà ? Que si elle était amenée à recroiser son ex-mari, elle devrait s’extraire de ses émotions et faire le vide en elle. C’est ça ! Elle était bien trop remplie de peines et de tourments pour faire le vide, elle en avait de bonnes elle !

Pour l’heure, elle en était tout bonnement incapable. Elle voulait juste le frapper jusqu’à ce que cette peine et cette rage s’évacue enfin. Le sang qu’elle voyait perler de sa bouche lui faisait du bien. Mais elle savait que tout était loin d’être clair entre eux. Oui, elle l’avait quitté. Oui, elle avait demandé le divorce. Mais elle l’aimait toujours en réalité. Elle ne pouvait juste plus voir son visage sans penser à leur fils. Il lui ressemblait tellement.

Le sourire narquois qu’il affichait lui donnait encore plus envie de lui en foutre une. Elle se maîtrisa en se mordant violemment les lèvres. Elle se tourna vers ses hommes.

On remballe. Allez-y. Je me débrouillerai.

Les hommes quittèrent les lieux. Elle se retourna vers Jean. Des foules de souvenirs remontaient. Leur rencontre. Leur première fois. L’appartement dans lequel ils avaient aménagé. La naissance de Tom. Sa mort. Les crises qui avaient suivies. Le divorce. Tout était superposé dans son esprit et elle ne parvenait pas à dissocier quoi que ce soit. Elle resta concentrée sur Jean, répliquant à son attaque minable sur les petites pilules :

Si ça te fait te noyer dans ta binouse, je serai ravie d’avaler mes petites pilules roses.

Oui, les nanas sont mauvaises quand elles sont en colère car elles savent pertinemment frapper pile à l’endroit où ça fait mal, à l’endroit où elles peuvent détruire.

Tu crois qu’un ramassis d’alcoolique est considéré comme grand ?! Laisse-moi rire !

Oui, c’était minable et méchant.    
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Dona Nobis Pacem

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() message posté Mer 1 Nov - 20:50 par Jean Marceau
Là, j’étais sur le cul. Déjà parce qu’Interpol se frottait aux plus dangereux criminels, d’accord, mais jamais sans l’appui des flics locaux. Ensuite parce que cette histoire semblait avoir bien des ramifications, puisque visiblement le MI5 était au courant de leurs agissements. Ces espèces d’espions, enfin, agents du contre-espionnage, se l’était jouée cow-boys et étaient visiblement venus bardés de flingue… Mais trop tard. Le comble pour une agence de renseignements, c’était d’être informé de quelque chose de louche après tout le monde. Ca les faisait passer pour des rigoler et des amateurs, et personne n’avait envie de passer pour un clown. Moi, ça me faisait plutôt marrer. Les brits étaient tellement convaincus d’avoir tout inventé, la police, l’espionnage, le crime organisé même, qu’ils avaient du mal à admettre lorsqu’ils passaient pour des glands. Ah ah, et en plus ma radasse d’ex-épouse était de la partie. Je ne savais même pas qu’elle était sortie de l’hopital psy, la dernière fois où je l’avais vue pour signer les papiers du divorce. Tu parles d’une épreuve. Elle n’avait pas l’air si mal, quand je l’avais vue.


Mais c’était tout le contexte. Ca allait forcément mal si elle se trouvait là bas. En plus de ça, échanger un regard avec elle ne me rassurait pas tant que ça mais me donnait une furieuse envie d’en faire des tonnes. Gia dit à ses mignons de remballer et de se tirer. Bien sûr, elle reste ici. Parce qu’elle a sans doute envie de savoir ce qu’il se passait ici, comment on avait trouvé ces gars, et aussi, sans doute parce que j’étais là. Alors j’en profitais. Elle voulait jouer ? J’allais lui faire payer son abandon. C’était si facile, de s’être barrée, hein, et qui avait dû gérer la merde ? Moi, comme ce soir. L’alcool me susurrait à l’oreille qu’elle n’avait que ce qu’elle méritait.



| Ah ah, très drôle. J’risque pas de me noyer dans un truc que je peux boire. Toi par contre, tu peux très bien partir en sucette toute seule comme une grande, pas vrai ? |


Ouuuuh, coup bas. Mais je suis beurré, l’adrénaline irrigue toute ma psyché de pensées nauséabondes car gratuitement vengeresses. Et la voilà qui attaque les équipes sur place, qui sont en train de faire leur boulot. Je pose mes mains de part et d’autres de mon bassin, adoptant une posture pleine de confiance. Inconsciemment, je la poussais à agir. Je la poussais à bout. C’était moche, mais c’était plus fort que moi.


| Tu veux vraiment continuer de te donner en spectacle devant tout le monde comme une mauvaise perdante ? Donne-moi ce que t’as et tu pourras participer aux interrogatoires, et t’auras même ta copie du dossier. |


Et voilà ; je la prends en traître, me faisant grand prince et l’accablant de toutes les mauvaises pensées du monde.

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() message posté Mer 1 Nov - 22:53 par Gia Williams

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Naturellement, Gia savait qu’elle avait merdé. Que des mecs locaux soient au courant d’une affaire comme celle-là avant les services secrets de sa majesté, c’était franchement la loose. Et cela l’exaspérait d’autant plus. On devait l’avoir court-circuiter, au vu de son passif sûrement. Et elle n’appréciait que moyennement. Ok, elle n’était pas encore redevenue directrice mais elle saurait le fin mot de cette histoire. Bref, déjà ça partait plutôt mal. Mais en plus tomber sur Jean. Génial… Quand le sort s’acharne… Elle avait bien son flingue mais tuer son ex-époux et c’était sûr qu’elle ne retrouverait jamais son job, en plus de finir derrière les barreaux pour pas mal de temps. Valait pas le coup. La dernière fois qu’elle l’avait vu… Son cœur se serra. Elle s’en souvenait comme si c’était hier. L’hôpital psy. Les papiers du divorce. Oui, ça avait été dur. Mais Gia était dure. Elle n’avait rien montré de sa détresse. Elle avait été froide, cassante. Alors qu’en réalité, elle n’avait pas envie de divorcer. Oui, c’est totalement con de faire quelque chose dont on n’a pas vraiment envie. Mais c’est comme ça. Quand on a lancé la machine, on ne peut plus faire marche arrière.

Elle connaissait ce regard de fouine qu’il avait. Il allait l’emmerder jusqu’à ce qu’elle craque. Et étrangement, ce n’était pas parce qu’elle en avait parfaitement conscience qu’elle parviendrait pour autant à se contrôler. Jean avait toujours réussi à la faire péter un câble, surtout depuis la mort de Tom. Il sentait l’alcool à plein nez et elle savait qu’il allait être exécrable. Elle ferait face. Comme toujours. Elle n’avait pas peur de lui. C’était plutôt à lui d’avoir peur. Elle lui lança un regard venimeux et rétorqua :

Oh non, tu sais bien, j’ai toujours besoin de ton aide pour partir en cacahouètes. Mais je compte sur tout, con comme tu es, tu vas bien m’aider à y arriver, non ?

Jean pose ses mains sur ses hanches. Ca y est. Superman est de sortie. Manque plus que le caleçon rouge sur le pantalon. Elle ne peut retenir un sourire narquois à cette pensée. Ouais, elle se fout de sa gueule. C’est mieux que de la lui briser, non ? Elle savait qu’il cherchait à la provoquer. Mais elle n’avait jamais réussi à se maîtriser. Lorsqu’il lui fit sa proposition de grand seigneur, elle vit rouge. L’attrapant par le col, elle lui fit perdre l’équilibre et l’entraîna vivement dans la pièce d’à côté. Les hommes de Jean, ayant compris qu’il s’agissait d’une histoire de vieux couple, se contentèrent d’hausser les épaules et de commencer à se préparer à vider les lieux.

Gia se rendit compte qu’elle l’avait entraîné dans une sorte de cagibi avec des étagères remplies de couvertures. Elle n’y prit garde, elle n’avait d’yeux que pour Jean. La colère irradiait de tout son être.

Pourquoi, Jean ?!! Hein ??? POURQUOI ?? Tu aurais dû être là ! Rien ne serait jamais arrivé si tu avais été là !!!

Sa voix se brisa et les larmes lui montèrent aux yeux. Non. C’était trop dur. Beaucoup trop dur. Il allait sûrement se foutre d’elle mais elle ne pouvait s’empêcher de pleurer. Pleurer la perte de leur petit garçon.
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() message posté Dim 5 Nov - 10:06 par Jean Marceau
Je sens que ma femme va dérailler. Ex-femme. Gia avait complétement péter les boulons suite à la mort de Tom, elle avait perdu tout sens commun. Je ne pouvais pas dire que ça m’avait laissé insensible, de mon côté. Non, loin de là même. Mais ça n’avait pas eu les mêmes conséquences sur moi. Moi ça m’avait foutu en l’air à l’intérieur mais j’avais quand même gardé un certain axe commun avec le reste de la société ; je me sentais en décalage, mais j’avais encore un pied dans le réel. Gia quant à elle… Disons que c’était moins évident, et à peine étais-je en train de la tancer que je voyais bien qu’elle commençait à claquer ses derniers fusibles ; je voyais la lueur de la folie s’enflammer dans le fond de ses yeux et cela contribua largement à me mettre sur mes gardes. Gia était dans les renseignements et comme moi, elle avait déjà reçu un entraînement quasi-militaire par le passé. Je la savais dangereuse, pour avoir partagé sa vie pendant plus de dix ans. Ca allait partir en vrille. Quelque part, une partie de moi s’en fichait éperdument et ne se sentait d’ailleurs pas spécialement impliquée. Je lui fis un large sourire, l’air bienheureux et sans doute un rien imbécile, mais en tout cas ravi de sa situation.


| Ah merde, dans mon souvenir pourtant t’y arrivais très bien toute seule. T’as toujours été meilleure toute seule de toute façon, pas vrai ? Besoin de l’aide de personne, et surtout pas de la mienne. Regardons un peu comment tu te débrouilles pour te ridiculiser en public. |


J’allais loin, mais avec Gia j’avais appris que retenir mes coups ne servait à rien, c’était même plutôt tout le contraire. Et je ne suis pas déçu de sa réaction, voilà qu’elle m’attrape par le col et je ne réagis pas, car avec la cravate et tout le toutim je suffoque à moitié le temps qu’elle m’entraîne dans la pièce d’à côté. Putain, j’étais seulement venu en renforts et on allait encore me demander des explications sur mon comportement, bordel de merde. Cela dit, Gia me donnait beaucoup plus d’armes que l’inverse, là-dessus vous pouvez y compter. C’était elle qui pétait un câble en direct et devant plein de témoins. Ca ne faisait pas très pro et j’imaginais que ça serait encore un peu plus salissant dans sa carrière. Je la repousse violemment, mais sans pour autant la planter là, je lui emboîte le pas, prêt à la bagarre. Et la voilà qui explose pour de bon. Et elle me reproche encore la mort de notre fils. Putain de merde ! Je serre les poings et je réprime les tremblements dans ma main gauche. Le muscle de ma mâchoire se crispe convulsivement alors que je serre les dents, encaissant comme je le pouvais ce coup bas.


| Qu’est ce que tu veux que je te dise, putain de merde ? Tu crois que j’ai repris le cours de ma vie comme si de rien n’était ? Tu crois que je pense pas à lui chaque jour, chaque heure, chaque minute ? Tu fais chier Gia, à peine tu reviens sur le terrain et tu te comportes déjà comme une putain de débutante psychopathe là ! Si t’es pas capable d’être professionnelle tu restes chez toi, nom de dieu, ici y’a des vies qui sont en jeu et même bourré, je suis moins dangereux pour mon équipe que toi pour la tienne alors tu te reprends ou tu te casses, merde ! |
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() message posté Lun 6 Nov - 11:08 par Gia Williams

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Ils avaient été si bien ensemble. Dans une autre vie. Il y a bien longtemps. Tout était fini à présent. La mort de Tom avait tout gâché. Jean avait tout gâché. Et Gia n’arrivait pas à lui pardonner. Ce n’était pas qu’elle ne le voulait pas. C’est qu’elle ne pouvait tout simplement pas. Chaque mouvement, chaque expression de son visage lui rappelait l’enfant qu’elle avait perdu. Oh oui, elle avait aimé Jean. Elle l’aimait encore en fait. Malgré tout le mal qu’il lui avait fait, malgré tout le mal qu’elle-même lui avait fait, elle l’aimait encore. Elle en avait pris douloureusement conscience à l’hôpital psy. Elle savait que Jean avait souffert. Les hommes n’exprimaient pas leur souffrance comme les femmes. Ils avaient besoin de péter un mur mais ne parlaient pas de leurs sentiments. Gia était comme cela. Elle avait été forgée comme une arme. Et une arme blesse, fatalement. Surtout quand elle-même avait été blessée.

La remarque qu’il lui avait lancée lui avait fait l’effet d’un coup de poignard. Elle savait qu’au fond, il avait raison. Elle aurait pu lui demander son aide, ils auraient pu se soutenir pour parvenir à dépasser la mort de leur enfant. Mais non, Gia s’était repliée sur elle-même. Une façon de se protéger. Parce qu’elle lui en voulait. Si Tom était mort sans qu’elle estime son père responsable, naturellement qu’elle se serait accrochée à lui comme à une bouée de sauvetage. Mais là, la bouée n’avait pas remplie sa fonction de secouriste. Elle avait laissé couler ce qu’elle avait de plus cher.

Et toi ? Tu n’as eu besoin de l’aide de personne pour tuer Tom !!!

Paaf. In your face. C’était venu du fond de ses tripes. Elle avait craqué et l’avait attrapé par le col, l’étouffant à moitié et l’entraînant dans la pièce d’à côté. Elle avait fermé la porte derrière elle. Il la repousse violemment une fois seuls. Elle se dresse face à lui, les larmes perlant à ses yeux, la peine commençant à outrepasser la colère. Quand il a cette expression butée, il ressemble tellement à Tom. Elle voit bien qu’elle lui a fait du mal et elle se déteste déjà pour ça. Mais ils ne sont plus à ça près, non ? Ils se sont déjà fait mutuellement tout le mal qu’ils pouvaient. Les mots que lui balancent Jean la figent. Elle baisse la tête, ses épaules se voûtant légèrement. Elle est fatiguée. Fatiguée du fantôme de Tom qui la hante. Jour et nuit. Fatiguée d’être seule. Fatiguée qu’ils se déchirent. Fatiguée de lui en vouloir.

Elle relève la tête, plongeant son regard dans celui de Jean. Les larmes emperlent son regard. Elle ne sait plus ce qu’elle veut. Tout s’embrouille dans sa tête. La colère, la peine, l’amour, la haine. Elle se mord la lèvre. Elle ne veut pas craquer et s’écrouler en larmes.

Je suis tellement désolée, Jean… Désolée de ne pas avoir… réussi. De ne pas pouvoir l’oublier… C’était notre petit garçon… Si joyeux… Si plein de vie… Il te ressemblait tellement… Après le… Après tout ça, je ne pouvais plus te regarder sans le voir… Je le vois toujours…

Les larmes coulent sur ses joues. Et merde. Et voilà qu’elle craque. Elle a de la fierté, Gia. Et elle n’aime pas montrer qu’elle est faible…        
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() message posté Lun 6 Nov - 20:22 par Jean Marceau
Gia semblait toujours aussi tarée, elle n’avait plus aucun sens commun c’était maintenant évident à mes yeux. Je savais que c’était ma faute, ce qu’elle était devenue. C’était moi qui avait donné l’impulsion nécessaire pour qu’elle grille tous ses fusibles en un seul coup. Bien sûr, le mal qui l’atteignait était plus profond. Comme moi, elle avait fait des choses qui marquaient au fer rouge dans une existence. Sans doute moins graves que mes propres actions, mais je savais que Gia avait déjà été responsable de la mort de quelqu’un. Elle n’avait pas le droit de parler de ses missions, mais on ne donne pas dans le contre-espionnage sans devoir montrer les muscles à un moment ou à un autre. Bref. J’en avais parfaitement conscience pour être moi-même dans ce genre de cas ; j’avais tellement fait de saloperies dans ma vie que tout m’avait pété à la gueule au moment où Tom avait été tué ; j’avais énormément culpabilisé, directement pour n’être pas arrivé à temps pour le ramener en personne, et indirectement parce que je me disais quelque part que l’univers rétablissait l’équilibre à grands coups de poings dans la gueule. Et quand mon fils était mort, j’avais eu l’impression d’être écorché vif ; mon corps à nu et mes chairs dévastées et corrompues à la vue de tous. Elle, c’était l’inverse complet. Elle semblait toujours solide, extérieurement. Mais je savais qu’elle s’était roulée en boule en PLS dans un recoin de sa tête et qu’elle avait bien eu du mal à sortir de cet espace capitonné entre ses deux oreilles. Il lui avait fallu plus qu’un an pour ça, et maintenant elle menaçait déjà de péter à nouveau un boulon.


Et voilà qu’elle me lâche la vacherie qui me remue les boyaux et qui me serre le cœur plus durement que si elle avait plongé les mains dans ma poitrine. Tuer Tom. C’était ça, ce qu’elle pensait que j’avais fait ? La réalité était toute autre mais elle n’était pas moins cruelle, loin de là. Savoir que ce n’était pas directement ma faute et ne pas savoir ce qu’il se serait passé si c’était moi qui était allé le chercher, ça n’était pas plus rassurant. Nous aurions pu mourir tous les deux. Impliquer d’autres gens encore dans un autre accident. Allez savoir. C’était la différence entre Gia et moi. Même si ça m’avait pulvérisé sur place, j’avais accepté la mort de mon gamin. Je la dévisage, l’air furibond. Si elle croit que je vais avoir envie de la recroiser en me balançant des horreurs pareilles… Je vois bien que Gia est à deux doigts d’exploser en pleurs, de craquer une fois de plus. Je la connais. J’ai passé dix ans de ma vie avec elle. Ce n’était pas énorme, mais ça n’était pas du tout anodin non plus. Et la voilà qui est à deux doigts de craquer. Jadis, deux ans plus tôt, j’aurais pu le prendre dans mes bras, la serrer doucement, et l’embrasser sur le front. Mais elle venait de me dire que j’avais tué notre gamin. Et ça me faisait mal, bien plus que ma propre culpabilité.



| Je me rappelle très bien de comment il était. | répliquais-je sèchement. | Quoi de plus normal, puisque je l’ai tué ? Les remords, la culpabilité, je rêve de lui toutes les nuits. Et toi putain tu débarques avec tes gros sabots et tu viens me chier sur les pompes ! |


J’inspire, fermant les yeux, cherchant à me calmer par tous les moyens même si c’était difficile.


| C’est bon, ça va mieux ? On peut retourner bosser ? |
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