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It's you and your world and I'm caught in the middle ◇ Julian ♥︎

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() message posté Mer 1 Nov - 18:26 par Lilly R. Adams

Parce que y a des gens qui s'en vont, d'autre qui restent, ou qui reviennent dans notre vie. Parce que des fois c'est moi qui m'en vais, qui reviens puis qui regrette d'être restée ou partie. Parce que le monde est inconstant, éphémère et indécis. Julian & Lilly

It's you and your world and I'm caught in the middle


Les journées de cours ne ressemblaient en rien à celles que je devais supporter lorsque je me trouvais en architecture. Le temps passait plus vite, et me lever pour aller en cours est beaucoup moins pénible qu’à la fac. Comme quoi faire ce qu’on aime est important, et à vrai dire je suis plutôt heureuse d’avoir sauté le pas et de me retrouver dans cette école d’art. Mon avenir prenait tout son sens à mes yeux, il n’y avait plus qu’à mettre les chances de mon côté afin d’y parvenir réellement. Et pourtant, il m’a fallu un certain courage, ne serait-ce que pour l’annoncer à mes parents. Persuadée qu’ils allaient refuser, ou bien qu’ils allaient tous les deux me faire passer un quart d’heure de bourrage de cerveau quant à l’importance des études, j’étais relativement étonnée de leur compréhension. J’avais entamé cette nouvelle année sereinement et ce, malgré l’accident dans lequel j’avais été entrainée. De longs mois de rééducation barbants et épuisants pour finalement terminer ma convalescence chez mon père. De quoi donner un nouveau souffle à cette patience que je n’avais pas pour enfin pouvoir sortir, voir des gens et tout simplement vivre à nouveau normalement.

Ce soir-là, j’avais eu terminé mes cours dans les alentours de dix-sept heures. C’est souvent le jour le plus long pour moi et pour cause, Zara m’ayant harcelée toute la journée, je lui avais finalement demandé de reporter notre sortie prévue pour la simple et bonne raison que même si j’étais à nouveau sur pied, j’avais toujours un traitement à prendre et un manque cruel d’énergie. C’est le temps de se réhabituer à une vie active, comme avant. Je le sais, je dois faire preuve de patience. Alors ce soir, je prens sur moi pour être attentive jusqu’à la fin des cours quand finalement le professeur annonça la fin de la journée. Je rangeai mes notes dans mon classeur et fourra le tout dans mon sac à main que j’avais voulu large afin de pouvoir y enfuir aussi bien mes cours que mes effets personnels. Mon bordel de fille comme on pouvait trouver dans le sac de n’importe quelle femme. Mes nouvelles copines m’attendirent à la sortie du local de cours. Ces dernières étaient totalement différentes des filles avec qui j’avais l’habitude de trainer. Il n’y avait qu’à voir Zara qui préférait le monde de la nuit, les sorties et l’amusement au sérieux des études ou encore Eden qui vivait dangereusement malgré la stabilité de son avenir dans cette école de danse. Moi, je crois qu’au fond je me forçais à me raccrocher à ces nouvelles personnalités, fuyant les idées farfelues de Zara depuis cet accident. Certes, elle n’y était pour rien à proprement parler, mais si elle n’avait pas eu l’idée de m’entrainer dans cette soirée, aujourd’hui je ne ressentirais pas cette angoisse à l’idée de grimper dans une voiture. Une peur qui finira bien par disparaitre avec le temps, mais pour le moment c’est encore un peu tôt. Encore une fois, il fallait être patiente, juste patiente.

Il ne me faut pas beaucoup de temps pour rejoindre la rue et enfin sortir du bâtiment. Les yeux sur mon téléphone, j’écoute à peine ce que me disent les filles, puis finalement comprend qu’il est temps pour elle comme pour moi de rentrer. Chacune de nous se sépare, et finalement, je fourre l’iphone dans mon sac, relevant enfin mon visage sur ce qui m’entourent, je pose mon regard sur Julian que je fixe pendant plusieurs secondes ne sachant pas trop ce que je voulais vraiment : lui hurler dessus ou bien fuir et continuer à nier son existence comme j’aurais sans doute le faire depuis le début ? Depuis cet accident, j’évite d’entendre parler de lui lorsque Zara tente ne serait-ce que de glisser subtilement la moindre info le concernant, j’évite aussi de lui parler et même de le voir. S’il a été l’une des premières personnes que j’ai rencontré à mon arrivée à Londres, il est aujourd’hui la dernière à qui j’ai envie d’adresser la parole. Pourtant la curiosité semble plus forte que tout, puisque mes pas me dirigent vers lui « Pourquoi t’es là ? Si c’est des cours de conduite que tu cherches, tu t’es planté d’endroit » lui lançais-je amèrement. Je regrette déjà d’avoir pris la décision de venir lui parler et pourtant je sais qu’au fond de moi j’ai envie de savoir ce qu’il fout là.



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() message posté Mar 7 Nov - 20:27 par Julian F. Flemming
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JULIAN  X  LILLY

Citation :
« Yeah I know that I let you down, Is it too late to say I'm sorry now ?»

Alors qu'il ne commençait à travailler qu'en début de soirée (vers 20 heures) au MINISTRY OF SOUND, Julian avait décidé de traîner dans les alentours. C'était surtout dans un but bien précis, revoir la jeune femme qu'il "surveillait" depuis quelque temps déjà. En fait, cela ressemblait plutôt à du harcèlement mais Julian préférait le terme précédent. Depuis leur accident, dont il avait été reconnu, à juste titre, responsable et en tort, elle ne lui avait plus jamais adressé la parole. Il avait eu beau multiplier les appels et messages téléphoniques rien n'y faisait. Alors, il avait décidé de prendre le taureau par les cornes et d'aller la voir directement. Mais avant cela, il s'était renseigné depuis des semaines sur son emploi du temps et venait tourner autour de l'école dans ses horaires de sortie, "comme par hasard". Personne n'y croirait et encore moins Lilly, mais il se devait de lui parler, au moins pour sa conscience, et tenter de faire amende honorable. La tâche s'annonçait titanesque voire impossible et il s'attendait à subir les foudres de la jeune demoiselle. Il préférait tout de même se prendre de pleine face la rancune, les reproches et la colère plutôt que l'indifférence dont elle avait fait preuve jusqu'à ce jour.

Il alla donc se placer stratégiquement dans une des ruelles par laquelle elle passerait forcément pour retourner chez elle et il attendit là en pensant et repensant à ce qu'il pourrait bien lui dire si elle daignait lui adresser la parole. Une chose était sûre, il n'avait aucune carte en mains à jouer et il aurait tout à gagner à faire profil bas. Oui mais voilà, ce n'était pas tout à fait dans son caractère d'agir de la sorte et l'idée de le faire le mettait déjà très mal à l'aise. Malgré tout, il n'avait aucune intention de faire demi-tour et était prêt à assumer les conséquences de ses erreurs et les éventuels propos vexants de Lilly.  Comme prévu, elle passa par l'endroit où se trouvait Julian sauf qu'à son plus grand étonnement, elle dirigea droit vers lui et lui sortit une phrase bien piquante dont elle avait le secret et à laquelle il s'attendait.

Depuis qu'il la connaissait Lilly n'était jamais passée par quatre chemins lorsqu'elle s'adressait aux autres. C’était cette franchise naturelle et quasi-insolente qui l'avait marqué la première fois et cela n'avait pas changé depuis. C'était déjà ça de gagner. Lui aussi, d'habitude, évitait de tourner autour du pot lorsqu'il se trouvait sur ses terrains de jeux favoris; aussi bien en soirée que dans les rues. Cette fois-là était forcément des autres parce qu'il était clairement en position de faiblesse et cela ne lui arrivait que très rarement. Aussi, lorsqu'il se sentait démuni, il avait toujours une pirouette ou une ruse derrière laquelle se cacher.

« C'est bon la rue n'est pas à toi non plus alors calme toi et puis figure toi que je bosse dans le coin, C'est un hasard ça arrive non ? »

Valait-il vraiment la peine de préciser qu'il s'agissait d'un mensonge tellement c'était gros ? Réellement pas, mais tout ceci n'était évidemment qu'une diversion pour ne pas laisser paraître son malaise, le temps de retrouver son calme et de trouver les mots justes qui ne lui revenaient pas malgré les nombreuses fois où il se les était répétés.

« Bon ok tu m'as grillé, je voulais absolument te parler. Je sais que j'ai pas d'excuse pour ce que je t'ai fait et qu'un désolé ne changera rien. Mais j'aimerais que tu me laisses une chance de me racheter ou de faire quelque chose pour toi, n'importe quoi ! »

Même s'il avait quelque peu hésité dans ses paroles et qu'il n'avait pas pu soutenir son regard, lui rappelant sa mauvaise conduite, les mots avaient tout de même finis par sortir. Et en les entendant, Julian se demandait s'il avait fait le bon choix de tenter de revenir dans la vie de Lilly. Elle avait été gravement blessée physiquement à cause de lui, et il s'en voudrait pour cela, pour le restant de ses jours. Il s'était longtemps posé la question de savoir s'il devait reprendre contact avec elle et la sagesse l'avait poussé à répondre négativement. Il n'avait cependant pas grand-chose de sage et était donc parti à contre-courant de ce que lui avait dicté sa raison.

Il devait s'expliquer avec elle à tout prix, ne serait-ce pour qu'elle puisse tourner la page sur ces événements qui devaient toujours la hanter. Il ne fallait pas se voiler la face, Julian aussi en avait besoin pour ne pas tout haïr de ce qu'il voyait dans le miroir. Il était prêt à accepter tout jugement de la part de la jeune femme, quitte à s'entendre dire "qu'elle ne voulait plus jamais le revoir" mais ce ne serait pas suffisant ni si facile pour se débarrasser de lui sans qu'il n'ait pu lui prouver sa bonne foi.  

lumos maxima
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() message posté Dim 12 Nov - 14:51 par Lilly R. Adams

Parce que y a des gens qui s'en vont, d'autre qui restent, ou qui reviennent dans notre vie. Parce que des fois c'est moi qui m'en vais, qui reviens puis qui regrette d'être restée ou partie. Parce que le monde est inconstant, éphémère et indécis. Julian & Lilly

It's you and your world and I'm caught in the middle


Je n’imaginais pas qu’en sortant des cours, je tomberais nez à nez avec Julian. En fait, non seulement je ne l’imaginais pas, mais en plus je ne l’espérais pas. Cet accident avait changé ma vision des choses, mais aussi ce que je pensais de lui. Si mes parents m’avaient mise en garde le concernant, bien avant qu’il ait joué au con ce soir-là, je n’en avais fait qu’à ma tête… pour finalement me rendre compte qu’ils avaient peut-être raison. Peut-être… Surement. Pourtant, j’étais loin d’imaginer qu’on pouvait en arriver à ce stade, et si Zara essayait tant bien que mal de le décharger de ce pourquoi je lui en voulais, ça ne fonctionnait pas vraiment. Certes, il n’était pas clean ce soir-là, mais en quoi ça l’excusait ? Peut-être que si elle s’était assise à l’avant, elle, qu’elle n’aurait plus eu le même discours. A l’hôpital, je me suis demandée à plusieurs reprises pourquoi étais-je montée dans cette voiture. C’est pas comme s’il était réputé pour avoir de bonnes idées, et pourtant même en étant consciente du tempérament de Julian, j’arrive toujours à accepter de suivre le mouvement. Ce soir-là, j’aurais pu appeler pour qu’on vienne me chercher, tout comme j’aurais pu aller jusque chez Pierre, lui qui n’habitait qu’à quelques minutes. Mais non, j’avais suivi mon instinct. J’étais persuadée qu’il ne pouvait rien nous arriver en seulement quelques minutes de trajet. C’aurait été un coup de pas-de-chance, avais-je pensé. Et effectivement, ce soir-là ma bonne étoile était aux abonnés absents.

Si cet accident m’a affectée, m’a changée et m’a fait prendre conscience de certaines choses, je sais qu’il n’a pas été anodin dans la vie de mes parents, de mon père. Si déjà avant il semblait avoir ce côté saint-bernard surprotecteur, aujourd’hui il en devient presque carrément parano. J’ai besoin de reprendre une vie normale, ou plus ou moins normale. J’ai eu la chance de m’en sortir assez bien, comparé à d’autres accidentés de la route et pour ça, je veux retrouver un semblant de routine, ou bien arriver à avancer sans avoir l’impression que le ciel va me tomber sur la tête. Je ne suis pas une enfant qui n’a aucune idée des dangers, même en prenant des risques, j’assume le fait de vivre dans un monde qui n’est pas celui de mon enfance. Tout le monde n’est pas gentil, tout le monde n’est pas beau, mais parfois il faut savoir faire des choix, prendre des risques et essayer de miser sur le bon cheval. Le soir de l’accident, ma confiance avait pris le dessus sur le reste. J’avais fait confiance à Zara, j’avais surtout fait confiance à Julian, peut-être parce que naïvement je me suis dit qu’il n’était pas assez stupide pour risquer sa vie et celle des autres. Qui serait assez stupide pour ça, à part un suicidaire ou un kamikaze ? Personne. Enfin si, Julian.

En sortant des cours ce soir-là, j’avais abandonné les filles. Chacune avait pris son chemin de retour et moi, j’étais restée là quelques instants, à les regarder s’éloigner. La différence entre elles et celles avec qui j’ai l’habitude de trainer est flagrante. Elles sont sages, calmes, et studieuses. Zara m’aurait déjà proposé de repasser dans un café, ou un bar histoire de décompresser. Non pas pour boire ou oublier, juste décompresser et discuter de tout, de rien. Organiser les prochaines sorties, les prochains plans qu’elle avait, les soirées dont elle avait eu vent et où elle voulait m’emmener. Ces filles ne pensent qu’à faire les travaux qu’on nous demande pour la prochaine leçon, alors que moi je songe plutôt à ce que je vais bien pouvoir faire une fois rentrée, mais certainement à pas comment réaliser ce travail attendu par le professeur. Une fois chez mon père, il y a de grandes chances pour que je me retrouve toute seule, que je me mette devant la télé, ou bien simplement que je décide d’aller jusque chez ma mère où je déciderais de passer la soirée avec l’excuse toute faite de ne pas vouloir me retrouver toute seule, toute la soirée. C’était facile, c’était tout trouvé et en plus, ça fonctionnait.

Dans cette ruelle se trouvait cette silhouette qui ne m’était pas inconnue et à laquelle je ne m’attendais pas. J’aurais aimé ne pas le croiser, ou peut-être aurais-je simplement dû passer mon chemin plutôt que laisser mes pas me mener à lui. Pas de bonjour, les banalités d’usage au placard lorsque je m’adresse à lui. La seule chose qui m’importait vraiment c’est de savoir ce qu’il fait là. Une façon agressive d’essayer de lui soutirer l’info alors qu’il réagit lui aussi au quart de tour. « Je ne crois pas au hasard, trouve autre chose. Et puis on est rarement par hasard dans cette ruelle, faut le vouloir pour prendre racine ici » finis-je par lui dire toujours sur ce même ton agressif. Moi-même j’aurais pris un autre chemin si ce n’était pas deux fois plus long. Encore que je ne connais pas Londres comme lui, puisque je ne suis là que depuis une toute petite année. « Quoi qu’avec toi, ça ne m’étonnerait même plus. Tu m’as prouvé le niveau élevé de ta connerie. » Oui, ce gars devrait sans doute être enfermé au pénitencier de la connerie humaine si vraiment ça existait. Je sais qu’au fond c’est la rancœur qui parle, et pourtant difficile de faire autrement alors que j’avais été à deux doigts de perdre la vie dans cet accident dont il était le seul responsable.

Je continuais mon chemin lorsque son timbre de voix se glisse jusqu’à mes tympans et m’oblige à m’arrêter, énervée « Et ça changerait quoi ? Absolument rien. Ah si, peut-être que ça soulagerait ta conscience, mais je ne suis pas là pour t’absoudre. Ca t’empêche de dormir la nuit ? Tant mieux. Tu t’en veux ? Encore tant mieux. Tu vis mal le fait d’être un abruti et de ne pas savoir discerner le bien du mal ? C’est tout ce que tu mérites. Assume tes conneries pour une fois, et à l’avenir, oublie-moi. » Je fis quelques pas et puis me retourne à nouveau « Si t’as besoin de quelqu’un pour gonfler ton égo, tu devrais voir Zara. Elle fait ça très bien, mais compte pas sur moi. Qu’importe ce que tu feras, ça ne sera jamais suffisant Julian, fais-toi une raison ; j’ai bien dû m’en faire une te concernant, moi. » terminais-je en le dévisageant du regard, prête à continuer mon chemin « Ce soir-là, t’as pas simplement failli ruiner ma vie ».



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() message posté Mer 22 Nov - 20:07 par Julian F. Flemming
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JULIAN  X  LILLY

Citation :
« Yeah I know that I let you down, Is it too late to say I'm sorry now ?»

Comme notre barman s'en était douté, Lily lui réserva un accueil des plus "chaleureux". Après ce qu'il lui avait fait, c'était amplement mérité et un strict minimum qu'il pouvait endurer. Mais même après avoir imaginé tous les scénarios et discours possible dans sa tête, il fallait avouer que se l'entendre dire en face, le blessait plus qu'il ne l'aurait imaginé. L'important restait tout de même qu'au lieu de l'ignorer comme Julian s'y attendait, elle lui avait adressé la parole. Et cela signifiait beaucoup pour lui. Il avait franchi une étape dans sa tentative de rédemption et bien qu'elle ne fût pas prête de lui pardonner cela lui faisait tout de même plaisir. Après tout, il ne cherchait absolument pas un pardon dont il savait ne pas être digne.

Le but de la manœuvre était surtout d'aider Lily à aller de l'avant en faisant table rase du passé. Mais en ignorant Julian elle n'y arriverait pas car bien qu'elle doive le haïr, ne pas lui faire face, c'était ne pas faire face à ce qui s'était passé. Partant de là, la seule raison que Julian avait en tête pour qu'elle agisse de la sorte était sûrement un sentiment de culpabilité. Hors, le seul coupable dans toute cette histoire, c'était uniquement lui et il n'accepterait pas que d'autres personnes puissent endosser une quelconque part de responsabilité.

« Ok c'est de bonne guerre! Je suis le plus con du monde et je fais que des conneries, je suis un peu au courant de tout ça tu sais ! C'est ce que tu voulais entendre ?  Tu te sens mieux maintenant ? »

S'il était venu pour s'excuser, Julian s'y prenait très certainement de la pire des façons. Mais la provocation c'était un peu son seul moyen de communication, voire même son carburant. Bien sûr, en utilisant ses méthodes très peu recommandables, il risquait d'attiser encore plus la colère de la jeune femme, l'idée restait tout de même de savoir ce qu'elle pensait réellement de tout ça. Pensait-elle tout ce qu'elle disait ou la moitié des propos étaient-ils guidés par la haine? Il ne tarderait pas à le savoir, s'il continuait sur sa lancée. Il n'y arriverait pas très longtemps car étant en tort, la moindre des choses était de mettre de l'eau dans son vin pour tenter de calmer le jeu avec la jeune femme. Quelque chose, lui disait que peu importe ce qu'il dirait ou ferait cela reviendrait au même, il était donc retombé dans ce qu'il savait faire le mieux.

Pour autant, il ne tentait pas non plus de se défendre. Il voulait juste qu'elle se lâche et lui dise tout ce qu'elle devait en face pour ne rien regretter par la suite. Des propos sous le coup de la colère, la culpabilité d'avoir été trop méchante, Lily ne devrait pas expérimenter cela envers Julian et il fallait qu'elle sache qu'il ne l'avait pas volé. D'un autre côté, il s'agissait aussi et surtout d'apaiser sa haine ou sa rancœur, histoire d'éviter que cela la ronge pour le restant de ses jours. Notre barman s'y connaissait plus que bien dans ce domaine, pour avoir lui-même haï son géniteur, depuis sa plus tendre enfance. Cela l'avait rongé et il continuait à ruminer sa haine jusqu'à aujourd'hui. Il appréciait assez Lily pour ne pas souhaiter qu'elle puisse subir le même sort que lui et encore moins à cause de lui.

« Même défouloir ça me va. Au moins tu m'adresses la parole, c'est déjà une victoire pour moi. Mais tu ne comprends pas, on s'en fout de moi c'est toi. Ça a toujours été toi ! La haine, la rancoeur tout ça c'est du poison ! Je ne veux pas que tu tombes là-dedans à cause de moi. Je ne veux pas non plus que tu t'en veuilles pour quoi que ce soit, le seul responsable de ce soir-là c'est moi. »  

Julian avait baissé le ton et avait cessé de faire dans la provoc. C'était l'effet que lui faisait Lilly avant. Avec elle, il avait la fâcheuse tendance à retirer son masque et à baisser son bouclier. En résumé, il baissait les armes car il n'aimait pas se battre contre elle. Ce n'était pas pour autant qu'il se confiait facilement,même s'il faisait son possible pour être sincère avec elle.

« Je m'en fous de savoir si c'est suffisant ou pas tant que c'est quelque chose qui compte. Zara elle, est passée à autre chose mais ça n'enlèvera jamais le fait que tout le monde aurait pu mourir ce soir là mais pourquoi tu me parles d'elle ? Zara c'est une autre histoire, c'est toi de toi que je veux parler. »

Julian voyait bien que Lilly était prête à repartir aussitôt et de son côté faisait quelque pas pour revenir à ses côtés, se préparant à la suivre au cas où elle déciderait de s'en aller sans crier gare. La conversation ne tournait pas à son avantage comme il s'y était attendu. Le simple qu'elle dure lui redonnait un peu de courage pour affronter la colère de la jeune femme. Pour un peu, il aurait presque retrouvé le sourire de pouvoir enfin entendre de nouveau sa voix ailleurs que sur un répondeur. L'atmosphère actuelle ne le permettait cependant pas, et Lilly aurait pu mal le prendre, croyant qu'il se moquerait d'elle. Il préféra donc se raviser et sembla quelque peu satisfait de voir que la jeune femme semblait se calmer à mesure que la discussion avançait, malgré la dureté de ses mots.

« Ecoute, je sais que j'ai vraiment merdé sur ce coup-là  et que c'est la pire connerie de toute ma vie et je ne pourrais rien y changer. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais ! Si c'était possible de prendre ta place sur ce lit d'hôpital, je le ferais avec plaisir et si même j'avais du donner ma vie pour la tienne, je l'aurais fait sans hésiter. Je ne te demande rien si ce n'est de me laisser essayer de  t'aider. »

Cela sonnait peut-être un peu présomptueux de la part de Julian de lui dire qu' elle avait besoin d'aide, quand lui s'était rendu coupable d'une grave erreur qui aurait pu coûter la vie à d'autres personnes, mais c'était la vérité ou du moins sa vérité et il ne se voyait pas la cacher à Lilly. Evidemment, cela demanderait sans doute du temps à la jeune femme pour considérer sa proposition et il savait pertinemment que l'issue la plus probable était le mur monumental qu'il allait se prendre. Entêté, il ne perdait tout de même pas espoir se disant qu'au moins, il aurait tout tenté pour ne rien regretter ensuite.

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() message posté Ven 8 Déc - 21:50 par Lilly R. Adams

Parce que y a des gens qui s'en vont, d'autre qui restent, ou qui reviennent dans notre vie. Parce que des fois c'est moi qui m'en vais, qui reviens puis qui regrette d'être restée ou partie. Parce que le monde est inconstant, éphémère et indécis. Julian & Lilly

It's you and your world and I'm caught in the middle


A la sortie de mes cours, je me demandais ce qu’il se serait passé si j’avais continué mon chemin. Si j’avais pris la décision de ne pas aller vers Julian, de ne pas lui parler et de continuer mon petit bonhomme de chemin. Mais il était là, dans cette ruelle où j’avais l’habitude de passer pour rentrer chez moi. Je n’étais pas bien loin du loft de mon père, je pouvais très bien m’y rendre à pied, ce que j’avais décidé en remarquant que mon abonnement de métro était aux abonnés absents dans mon sac. Je ne comptais pas faire la route avec Julian, mais si je n’étais pas venue lui parler de moi-même, sans doute que lui l’aurait fait. Surement, pourquoi était-il là, sinon ? Il n’avait rien à y faire, et s’il semblait prétendre que son lieu de travail ne se trouvait pas loin, je ne voyais pas ce qu’il venait foutre dans cette ruelle. A notre première rencontre, j’étais cette fille paumée dans cette ville que je ne connaissais pas. Il avait été une des premières personnes que j’avais rencontrées ici et inconsciemment, je m’étais attachée à cette première rencontre. J’avais eu la naïve impression qu’il pourrait m’aider à aimer cet endroit et finalement, c’est tout le contraire. Pourtant, j’y avais vraiment cru et c’était sans doute le plus blessant dans l’histoire.  

« Tu ne crois pas un mot de ce que tu dis, sinon tu ne les prononcerais pas avec autant de facilité. Tu dis juste ça pour satisfaire ma frustration. T’as pas la moindre idée de ce que t’as fait ! » M’énervais-je. Il semblait me réciter tout ce que je voulais entendre avec une facilité déconcertante au point que ça enlevait toute la sincérité qu’il pouvait y mettre, si vraiment sincérité il y avait. A mes yeux, c’était un cas de conscience, mais au jour d’aujourd’hui je me demandais vraiment si Julian en avait une, de conscience. Je le regardai en croisant les bras sur ma poitrine. Cette discussion ne menait à rien, je ne comprenais même pas pourquoi on en était encore là, pourquoi j’avais pris l’initiative d’aller lui parler « Ben prends ton pied, parce que c’est la dernière fois que je t’adresse la parole. Et pour ta gouverne, la rancœur j’y ai gouté avant même de te connaitre, donc si ça peut te soulager, j’ai appris ça toute seule comme une grande ! » En effet, j’éprouvais encore aujourd’hui une certaine rancœur envers mon père et même si ça s’améliorait avec le temps, je n’en étais pas encore au point de tirer un trait sur mon passé. Les faits étaient là et si je pouvais changer l’avenir, j’avais du mal à ne plus regarder en arrière. « Tu veux vraiment savoir ce que je regrette ? D’être montée dans cette voiture. Non, en fait je regrette même d’avoir dit oui à Zara pour aller à cette fête pourrie, dans cet endroit pourri ! J’aurais dû rester chez moi. J’aurais dû appeler quelqu’un de sobre pour venir me chercher, peut-être même que j’aurais dû aller chez Pierre. Mais non, naïvement je me suis dit que pour cinq minutes de trajet, il pouvait rien nous arriver. Je savais que t’étais pas totalement clean, mais je pensais pas que t’étais complètement con au point de nous mettre TOUS en danger, y compris TOI. Tu vois, j’avais CONFIANCE au point de monter avec toi en voiture ! » dis-je non sans hausser le ton. Je fis quelques pas, exaspérée de devoir reparler de ce soir-là, puis je revins vers lui « Mon père m’avait prévenue te concernant. Je me suis dit que c’était son côté papa poule, ou surprotecteur qui prenait le dessus, mais que s’il me ruinait toutes mes relations j’allais finir par me tirer une balle à force d’être isolée. Mais tu sais quoi ? Il avait raison ! Et ça me bouffe de me dire qu’il avait raison, parce que malgré tout ce côté festif, soirées, conneries qui te caractérise en temps normal, j’avais confiance ! Mais non, il avait raison. »

Ce soir-là, je n’avais aucune idée du pourquoi je n’avais pas rejoint l’appartement de Pierre. Il ne vivait pas loin et pourtant, j’avais accepté de monter dans cette voiture. Le résultat avait été lamentable, entre l’accident et ma rupture amoureuse, autant dire que j’avais payé cash ma décision. Aujourd’hui, j’avais moins de contact avec Zara, peut-être parce que ses plans me faisaient toujours autant flipper depuis cet accident. Je passais mon temps avec des filles qui ne m’intéressaient pas vraiment, à qui j’avais pas grand-chose à raconter et qui semblaient diamétralement opposées de la fille que je suis. C’était une décision que j’avais prise alors qu’au fond, les meilleurs moments que j’avais passé dans cette ville pour laquelle je n’avais aucune affection avait été avec Zara, avec Julian, ou encore avec Pierre. Et aujourd’hui, je savais que je devais tirer un trait sur les trois, et chercher d’autres personnes à qui me rattacher, des personnes avec qui je ne risquais pas une nouvelle fois ma vie. « Mais forcément qu’elle est passée à autre chose, elle s’en est sortie sans trop de séquelle, elle ! Moi j’ai passé mon été sur un lit d’hôpital. Quand aujourd’hui elle me propose encore des soirées aussi pourries que ce soir-là, t’as pas l’impression qu’elle est un peu égoïste ?! Ni toi ni elle n’avez la moindre idée de ce que moi j’ai vécu, ni ce que mes parents ont vécu ce soir-là. Et puis pour ce que ça compte de toute façon… Tu savais que t’étais pas clean, Julian. T’aurais aussi pu abandonner ta voiture  et te servir de tes jambes. On aurait peut-être mis la nuit pour rentrer, mais au moins, on n’aurait pas risqué notre vie en prenant la décision la plus stupide au monde ! » Je pris à peine le temps de respirer avant de reprendre « et peut-être même qu’aujourd’hui on en rigolerait de cette nuit passée à essayer de rentrer en n’étant pas très sobres. Mais non, on a été cons. TU as été con. »

Je fus interpellée par les paroles de Julian qui semblait vouloir m’aider. M’aider à quoi ? Je doute qu’il puisse faire quelque chose pour m’aider ne serait-ce que pour aimer cette ville, plutôt que d' avoir cette envie constante de vouloir retourner en Espagne. Je doute qu’il m’aide à arrêter d’en vouloir à mon père, tout comme je doute également qu’il arrive à me faire oublier qu’à cause de lui, j’avais aussi rompu avec Pierre « Tu veux m’aider à quoi ? A marcher à nouveau sans avoir besoin de béquilles ? Ca va, des professionnels s’en sont chargés. Tu veux m’aider à oublier cet accident ? T’y arriveras pas, c’est pas quelque chose qu’on peut oublier. Et puis tu sais quoi ? J’ai jamais voulu apprendre à conduire parce que justement, j’avais déjà peur des fous du volant comme toi, tu n’as fait que confirmer tout ce qui me poussait à prendre le métro. Alors non, pour ça non plus tu ne peux pas m’aider. Je t’épargne les histoires de famille, cette ville de merde et mes histoires de cœur, bien entendu. A part ça, je vais très bien, je pète la forme, j'ai pas besoin de ton aide » Les bras croisés, je gardai mes yeux fixés sur lui, curieuse de voir ce qu’il allait me répondre, mais avant de le laisser parler, je repris à nouveau avec la perspective minime de lui couper l’herbe sous le pied « Et si t’as ne serait-ce qu’une once d’espoir qu’un jour je puisse te pardonner ce que tu me fais subir depuis ce soir-là, alors épargne ton temps et ta salive, c’est mission impossible. T’es fiché. Tu vois, tu peux pas m'aider pour grand-chose finalement» Je m’apprêtais à reprendre le chemin du loft de mon père quand une question me vint à l’esprit « D’ailleurs, t’étais pas censé apprendre la vie en prison ? Laisse-moi deviner, tu t’es servi de tes beaux yeux pour enfumer la juge ? Tu l’as droguée ? Ou tu lui as montrer à quel point Lewis Hamilton a du souci a se faire en ce qui concerne la conduite automobile ? » J’abusais pas du tout. Presque pas non…

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() message posté Jeu 28 Déc - 13:16 par Julian F. Flemming
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caught in the middle.



JULIAN  X  LILLY

Citation :
« Yeah I know that I let you down, Is it too late to say I'm sorry now ?»

Tout le monde connaissait l'histoire de Pierre et le loup, à force de crier au loup sans raison, plus personne ne crut Pierre au moment où il y en avait vraiment un. Pour Julian, c'était à peu près la même histoire. A force de se cacher derrière le masque de la rigolade et de prendre tout à la légère rien de ce qu'il disait, n'était pris au sérieux.  Il en allait de même pour Lily et il ne pouvait lui en vouloir. En temps normal, il aurait sans doute tenté de se défendre mais là, il avait tout à gagner à faire profil bas. Pourtant, il ne lui avait que très rarement menti voire même jamais. Il comprenait qu'elle lui trouve tous les défauts du monde, après tout, il n'en était pas si éloigné. 

« Je suis sincère Lily, t'as le droit de pas me croire mais je sais que j'ai gâché ta vie et qu'être désolé ne changera rien. Mais vraiment, je m'excuse de tout le mal que j'ai pu te faire et je promets de passer le restant de mes jours à tenter de me racheter et de faire des efforts. Laisse-moi juste la chance d'essayer.»  

N'étant pas du genre à admettre ses torts et encore moins à mettre de côté sa fierté, toutes paroles avaient beaucoup coûté à notre barman. Mais en repensant à tout ce qu'il avait fait subir à Lily, il se dit que c'était la moindre des choses. Llily lui faisait comprendre qu'il ne risquait pas de la revoir de sitôt. Julian de son côté, était persuadé qu'ils seraient amenés à se revoir. A présent, qu'elle lui avait parlé, elle avait fait l'erreur de lui laisser une ouverture et il risquait d'en profiter. Une fois calmée, sans doute penserait-elle autrement.

Tous ces mois sans la voir ou lui parler, lui avaient montré ô combien il tenait à elle. Sa fraîcheur, sa joie de vivre et sa spontanéité manquaient à Julian bien plus qu'il ne voulait l'admettre et il était forcé de constaté qu'il avait besoin d'elle dans sa vie. Evidemment, il ne risquait pas de l'avouer et ce même sous la torture ou alors s'il ne restait que ce seul et unique moyen de ne pas la perdre à tout jamais. Même si cela se retournait contre lui, il était ravi de voir qu'elle n'avait rien perdu de son naturel, ni de ce qu'il faisait d'elle qui elle était. Il s'en serait d'autant plus voulu. 

« Et j'en suis désolé pour toi parce que je sais aussi ce que ça fait et tu es la dernière personne à qui je le souhaiterais.» 


La rage de Lily continuait de plus belle et Julian ne pouvait rien y faire, si ce n'était la subir. D'un côté, il s'en voulait d'être aussi impuissant face à tous les regrets qu'évoquait la jeune femme mais d'un autre, il tentait de se dire qu'en se lâchant ainsi sans doute cela lui servirait à faire un trait sur tout ce qu'il s'était passait et à passer enfin à autre chose. Il n'imaginait qu'avec peine ce que cela devait être de se dire qu'elle avait pris la mauvaise décision, alors qu'elle n'avait rien à se reprocher, en réalité.

« Tu n'as pas à te remettre tes choix en cause Lily, ce qui s'est passé est entièrement de ma faute, je te l'ai déjà dit et ni toi ni Zara ni êtes pour quoi que ce soit. Si tu dois en vouloir à quelqu'un ce n'est qu'à moi qu'il faut  en vouloir ni à toi-même, ni à Zara.»  

Plus difficile à dire qu'à faire en effet, il la voyait se repasser les images de cette soirée une par une en se disant que si elle avait été plus prudente ou si elle avait autrement rien de tout cela ne serait arrivé. Mais la vérité était toute autre, même avec toute la prudence du monde, un accident pouvait survenir n'importe où et à n'importe qui. Julian lui avait clairement  favorisé ces facteurs et il ne mettait en doute sa propre responsabilité; Mais s'il pouvait faire en sorte que Lily aille de l'avant, ce serait déjà une petite victoire.

« Ton père hein ? Personne ne sera jamais assez bien pour sa fille chérie Lily, c'est son boulot de père de te surprotéger. S'il pouvait te garder dans une boule de cristal, il le ferait. Alors il a peut-être eu raison une fois parce que j'ai fait une grosse connerie cette fois-là, mais son discours ne changera pas pour autant quand ce sera quelqu'un d'autre.» 

Entre Julian et Samuel, le père de Lily, on ne pouvait pas vraiment dire que c'était l'amour fou, mais Julian admirait ce qu'il avait fait pour sauver sa fille, quand lui avait failli la lui ôter. C'était d'ailleurs, la seule raison pour laquelle il ne balançait pas à sa fille le passage à tabac de Julian par ce dernier. Sauver la vie de sa fille avait quasiment relevé du miracle et il n'osait pas imaginer ce qu'il avait dû ressentir quand il l'avait vu sur le brancard. Mais de là à vouloir imposer sa propre justice à Julian et à dicter sa ligne de conduite à sa fille, il y avait des limites. Aussi tôt ou tard, Samuel finirait par regretter son geste et Julian se ferait un plaisir de s'en charger personnellement. Il fallait tout de même avouer que Julian était mal placé pour juger de quoique ce soit.

« Tu ne devrais pas être aussi dure avec Zara, Lily vous vous entendiez bien toutes les deux avant cela et ce n'est pas de sa faute si elle s'en est sortie avec moins de blessures que toi. Je sais que je suis très mal placé pour te dire ce que tu devrais faire, alors prends le plutôt comme un conseil, tu devrais lui reparler et tenter de lui pardonner. Elle est ton amie et elle n'a jamais voulu qu'une chose pareille t'arrive. La peur ne devrait pas prendre le pas sur tes décision tu es une fille très forte et je sais que tu pourras surmonter tout ça.» 

Le plus dur pour notre barman dans cette histoire c'était qu'il ne se rappelait plus vraiment de ladite soirée. Zara lui avait raconté beaucoup et entre temps il avait eu la version du père de Lily et à présent celle de la concernée. Mais lui, n'avait que des bribes, des flash-backs qui lui revenaient parfois en mémoire. Lors de ce tragique événement, il n'avait pas vraiment conscience de ces faits et gestes et encore moins des conséquences de ces actes. Il se revoyait au volant l'humeur était plutôt joyeuse et pour une raison qu'il ignorait, il avait revu son père, qu'il lui disait à quel point il était incapable, et bon à rien.

Il se souvenait d'une rage qui l'avait envahi sans trop de raisons valables et puis de la lumière, des sirènes et le silence. Par respect pour Lily, il ne pouvait qu'assumer la tête haute plutôt que chercher une piètre excuse comme le fait d'être sous stupéfiants et ne pas être vraiment en état de réfléchir. Mais il n'avait aucune raison à donner pour expliquer son geste, puisqu’il ne s'en rappelait pas vraiment.   

« Je sais que je suis en tort Lily, j'ai jamais dit que c'était pas ma faute et c'est vrai que j'ai vraiment merdé sur ce coup-là. Je remercie le ciel tous les jours qu'il ne te soit pas arrivé le pire.»


Cette pensée l'avait hanté pendant de long mois, et il s'était dit qu'il n'aurait jamais pu vivre avec la mort de Lily sur la conscience. De la lâcheté ? Sans aucun doute, mais l'idée même d'imaginer son corps inerte par sa faute, lui était insupportable et il se serait très certainement ôté la vie. Petit à petit, il y pensait de moins en moins, se disant que tous les deux étaient encore là et que c'était l'important. Si le destin lui avait laissé cette seconde chance, il ne devait pas la manquer et il passerait le restant de ces jours à tenter de se racheter.

Une vie ne suffirait pas, il aurait tout de même le mérite d'avoir fait de son mieux pour y parvenir. Le chemin de la rédemption était long et abrupt et il passait d'abord par les reproches et la colère de Lily qu'il devait  tenter de gérer. En entendant les propos de la jeune femme sur sa vie qui tournait mal, il se dit qu'il avait véritablement la possibilité de pouvoir l'aider à améliorer certains aspects de sa vie.

« Je suis désolé que tout ne se passe bien pour toi parce que t'es vraiment une fille géniale et tu mérites d'avoir ce tu veux et d'être heureuse. Et je sais que tôt ou tard ça t'arrivera. Non ne m'épargne rien Lily, si tu pouvais juste essayer de me parler, j'ai vraiment envie d'en savoir plus sur ta vie même si je comprends que je suis la dernière personne avec qui tu veux parler dis-toi juste que je suis là si un jour tu changes d'avis.»

Un sourire involontaire était apparu sur le visage de Julian quand il l'avait entendu parler "d'histoire de cœur" dans la liste des choses qui n'allaient pas. Cela signifiait très certainement qu'elle s'était séparée  de son cher mec. Au début de leur relation, Julian avait eu un faible pour Lily et il avait cru que c'était réciproque. Mais lorsqu'elle s'était mise à sortir avec ce mec sorti de nulle part, Julian n'avait pas tellement apprécié et s'était quelque peu éloigné d'elle aussi, se disant qu'elle méritait mieux que lui. Peut-être aurait-il dû se tenir à cet éloignement puisque lorsqu'elle était revenue vers lui, il n'avait rien trouvé de mieux que de l'envoyer directement à l'hôpital.

Était-ce toujours le cas aujourd'hui ? C’était possible mais vu la situation dans laquelle ils se trouvaient, Julian ne se faisait pas beaucoup d'illusions et préférait ne pas se poser la question, mettant ces idées et ses sentiments si tant est qu'on pouvait les appeler ainsi, de côté. Il se mélangeait à présent un sentiment de culpabilité qui ne ferait certainement pas bon ménage avec une éventuelle relation. On était dans le domaine de l'imaginaire quand on voyait l'attitude que Lily avait envers lui pour le moment, mais il avait bon espoir qu'avec le temps cela commencerait à s'atténuer. Le problème était qu'il ne se voyait plus devoir s'éloigner d'elle sachant que s'il ne le faisait pas, il ne risquerait pas d'arranger son cv envers elle. 

« Je ne mérite absolument pas ton pardon et j'en ai conscience je ferais quand même mon possible pour être un peu moins le monstre que je suis à tes yeux, pour le moment. Et je ne pourrais pas t'aider non si tu ne veux pas de mon aide et que tu ne me laisse aucune chance de le faire.»

La défense de Julian restait quelque peu aléatoire et il n'y mettait pas non plus la conviction nécessaire parce qu'il savait pertinemment que c'était peine perdue. L'essentiel pour lui était tout de même de montrer à Lily qu'il s'en voulait et qu'il avait conscience de son acte ignoble. Il lui avait promis d'essayer de changer et il s'y tiendrait mais rien ne pourrait jamais lui enlever ce poids sur la conscience même après être allé de l'avant. 

Vint alors une question à laquelle Julian n'avait pas de réponse. Pourquoi n'était-il pas en prison ? En sortant de l'hôpital, quelques jours après l'accident, les flics l'avaient arrêté et il se serait même rendu, de toute manière. Pourtant, après quelques jours de garde à vue et un petit séjour en cellule, il s'était vu retiré son permis et assigné d'une somme de Travaux d'Intérêts Généraux monumentale lors de son procès. Il n'avait aucune idée des raisons qui avaient poussé le juge à prendre une telle décision et quand il avait demandé à son entourage, ces derniers étaient restés assez flous sur la question. 

Que devait-il dire à Lily dans ce cas-là ? Lui avouer la vérité ? Elle n'y croirait pas une seule seconde. Mais il ne se voyait pas non plus inventer une histoire improbable alors que lui-même n'y croirait pas. D'ailleurs, comment pensait-elle qu'il avait échappé à la justice ? Elle l'avait chambré et à juste titre sans pour autant émettre une hypothèse qui tenait la route. Peut-être parce qu'elle s'attendait à ce qu'il éclaircisse se point d'ombre. Malheureusement, il en était incapable. 

« C'est bon Lily, j'ai capté merci ! Mais si tu veux tout savoir, je sais pas trop ce qui s'est passé. Je suis resté en taule le temps de mon jugement et après ils m'ont juste donné des travaux et enlevé mon permis évidemment. Personne n'a rien voulu me dire, je comprends toujours pas, en fait. » 

Cette histoire n'allait sûrement pas faire plaisir à celle qui était en quête de revanche et de Justice. Il n'en restait pas moins que c'était la vérité. Jusqu'à présent, leur rencontre ne s'était pas passé aussi mal que ce qu'il avait imaginé. Lui avait  plutôt pensé à des pleurs, des cris, et des coups partir dans tous les sens. Au final, elle était bien plus forte que ce qu'il avait cru et cela le rassurait aussi,  de voir qu'elle ne suivait pas les traces de son paternel. Décidément, cette Lily était pleine de ressources et de surprises; et malgré toutes les horribles choses méritées qu'elle sortait à son encontre, il était tout même content de pouvoir de nouveau reparler avec elle. 

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() message posté Dim 7 Jan - 20:17 par Lilly R. Adams

Parce que y a des gens qui s'en vont, d'autre qui restent, ou qui reviennent dans notre vie. Parce que des fois c'est moi qui m'en vais, qui reviens puis qui regrette d'être restée ou partie. Parce que le monde est inconstant, éphémère et indécis. Julian & Lilly

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A mes yeux, la sincérité n’est pas un gage de vérité. J’ai du mal à faire confiance et si ma naïveté peut facilement animer mes sentiments au quotidien, il n’en est rien de la confiance que j’accorde à autrui. Julian a beau me répéter ô combien il est sincère dans ses paroles, je n’ai pas envie de me lancer à corps perdu et me laisser envouter par de si jolis mots. J’en ai assez entendu, pour finalement n’être que des mots sans aucune réelle valeur, des mots qui, sur le moment, font du bien et qui après quelques mois ne veulent plus rien dire. Pierre m’avait aussi balancé plein de jolis choses, de jolies phrases toutes faites et comme une grosse naïve, j’y avais cru et avais foncé les yeux fermés pour finalement me prendre un mur imposant et douloureux. Un mur tellement grand qu’il est impossible de passer au-dessus et d’espérer que tout ça n’était qu’un mauvais moment à passer. Mettre tous les hommes dans le même sac est probablement une erreur, et pourtant celui que j’ai en face de moi ne m’a pas moins blessée. Peut-être même que c’est encore plus douloureux que ce que Pierre a pu me faire, alors comment pourrais-je vraiment me rattacher à ces mots qu’il dit être sincères ? Je garde mon regard posé sur lui, toujours les sourcils froncés face à tant d’incertitude quant à l’authenticité de ce qu’il me déballe, et même si dans mon fort intérieur j’ai envie d’y croire, mon vécu m’oblige à camper sur mes positions et laisser ces mots s’envoler plutôt que d’essayer d’en saisir, ne serait-ce qu’un seul « Et pourquoi tu ne me promets pas de faire ta vie de ton côté et me laisser faire la mienne ? Tu sais, comme avant. Comme quand on ne se connaissait pas » Les bras croisés en gardant mon carnet de notes de cours contre moi, je reprends de plus belle « Je ne pense pas que ce soit bien compliqué pour un gars comme toi de mettre une nana au second plan. Toi, ça t’épargnerait tes pseudos remords et moi, ça m’épargnerait d’avoir des envies de meurtre à chaque fois que je te vois » Je sais qu’au fond de moi, ce n’est pas aussi simple, tout comme je sais que même si j’ai envie de lui hurler dessus toute ma rancœur pour qu’il sache à quel point je lui en veux, lui demander de sortir totalement de ma vie me demande un réel effort. C’est une décision un peu trop radicale, mais pourtant je ne cesse de me forcer à croire que c’est mieux pour lui, mais aussi et surtout pour moi. « En plus, c’est bien joli tes paroles là, mais il n'y a rien qui me prouve que tu vas vraiment le faire. J’ai plus envie de croire les gens aveuglément pour finalement être déçue. J’ai assez donné là-dedans. »

La rancœur est un sentiment que j’ai connu relativement tôt et que j’ai essayé d’apaiser à l’aide du dessin. Parfois ça fonctionne, parfois pas. Mais pour mon père, j’ai continué à penser que c’était la seule façon d’extérioriser tout ce que je pouvais vouloir lui dire, tout ce que je pensais ou encore toute la colère et tout le mal que son absence et ses choix peuvent me faire. Aujourd’hui, je vis avec et pourtant, ça ne comble pas vraiment ce vide qui n’a cessé de s’élargir au fil des ans. Je sais qu’il fait des efforts pour que ça fonctionne, et parfois j’essaie d’en faire aussi. Mais au fond je suis ce genre de fille qui ne pardonne pas et qui peine à oublier les choses telles qu’elles sont, même si je parviens plus ou moins à faire avec. Cette nouvelle vie avec mon père ce n’est pas un choix, on me l’a imposée et de mon propre gré, je pense que j’aurais sans doute continué à garder des distances qui au final sont bien plus rassurantes. Rien ne me dit qu’un jour il ne m’écartera pas encore pour une raison quelconque… Evidemment, Julian connait les quelques problèmes que j’éprouve avec mon paternel, tout comme la rancœur que je nourris depuis bien des années maintenant. Malgré tout, j’ai toujours un peu d’espoir qu’au fond ça finira par s’arranger. Peut-être est-ce là ma motivation de faire quelques efforts avec mon très cher Samuel Adams. Malgré tout, j’évite d’en dire plus et me contente simplement d’entendre sa réplique qui semble peut-être sincère, mais qui comme pour le reste m’empêche d’y croire véritablement. « Evidemment que je t’en veux. Et je ne suis pas la seule d’ailleurs et pour mon bien être, je compte bien t’en vouloir les cinquante prochaines années. Au moins, je suis sûre qu’à 70 ans, même s’il te prend encore l’envie de faire de la merde, j’aurais au moins eu le droit de vivre ma vie sans que tu ne m’envoies à nouveau sur mon lit de mort. » la mine renfrognée, je ne bougeais pas vraiment, quant à Zara, j’évitais de revenir sur le sujet, auquel quoi j’allais sans doute m’énerver. Certes, dans les faits elle n’était pas responsable de ce qui m’était arrivé, mais pourtant je lui en voulais de vivre une vie normale, comme si rien ne s’était passé à me demander toutes les semaines pour la rejoindre dans une de ces soirées où elle avait l’habitude de se rendre au moins deux fois par semaine. Cet accident m’a laissé un goût amère pour ce genre de soirée, alors j’ai besoin d’un certain temps pour reprendre le goût du monde de la nuit, ou de ces endroits où j’aimais me rendre avant avec elle, ou encore avec Julian.

Je suis consciente que même sans cet accident, mon père ne porte pas Julian dans son cœur, comme il ne portait pas non plus Pierre et qu’il ne portera sans doute aucun homme s’approchant à moins d’un mètre de moi. Mais je sais aussi qu’un jour il n’aura pas d’autre choix que de faire avec, parce que je ne suis pas cette petite chose fragile que l’on peut garder dans une cage à l’abri de tous les dangers, de tous les hommes. « Je sais qu’il ne veut pas qu’un homme quelconque m’approche de trop près, mais un jour il n’aura pas le choix et si par principe il n’aimait pas Pierre, il ne m’interdisait pas non plus de vivre ma relation avec lui. Il faisait avec et voilà, parce qu’il n’avait pas le choix. Mais toi il ne pourra jamais te tolérer pour ce que t’as fait, là est toute la différence. Alors je sais que même l’homme le plus gentil, le plus adorable, le plus parfait, il me sortira le même refrain qu’il m’a chanté avec toi, mais ça n’empêche que pour toi il avait raison. Et c’est probablement ce qui est le plus blessant dans cette histoire. » Peut-être qu’au fond j’aurais préféré qu’il ait raison à propos de Pierre, plutôt que Julian. Avec la différence d’âge, c’était probablement plus logique, mais non la réalité est toute autre et c’est bien Julian qu’il a dans le collimateur « Je ne supporte pas quand mon père s’occupe de ma vie privée. D’ailleurs je ne lui confie rien, parce que je pense qu’aucune fille se confie à son père à propos de ça. Quand il m’a prévenue pour toi, je ne l’ai pas écouté. Mais maintenant, tu ne peux pas m’enlever qu’il avait raison, les preuves sont là. Alors on fait quoi ? » et si je peste souvent contre mon père, je n’ai pas la moindre envie de lui faire revivre, ni à lui ni à ma mère ce qu’ils ont déjà vécu. Surtout pas à ma mère, alors vraiment, que fait-on ? Je sais que ma mère pourrait passer au-dessus en se disant que le pire est derrière nous, mais je doute fortement qu’elle accepte aussi facilement de pardonner alors qu’après autant d’année, je doute qu’elle ait pardonné à mon père pour les choix qu’il a pu faire.

Zara comme Julian fait partie des premières personnes que j’ai rencontrées à mon arrivée dans cette ville pour laquelle je n’aime pas, dans laquelle je ne me plais pas et qui me donne de plus en plus de raison de vouloir repartir d’où j’étais. Je n’ai jamais demandé à venir et j’aurais aimé qu’on me laisse avec mon soleil, mes plages et mes habitudes. La fatalité ne se repose pas sur des éléments tels que ceux-là, mais il est plus facile pour moi de me dire que si j’étais restée en Espagne, rien de tout cela ne se serait produit. Probablement contre son gré, Zara fait partie de ces éléments qui, quoi qu’il arrive, me rappelleront cet accident et puis je ne cesse de me dire que si elle n’avait pas des idées aussi peu sérieuses que les soirées qu’elle propose, cet accident se reproduirait certainement, peut-être sous une autre forme. Quoi qu’il en soi, c’était à moi à redouter de prudence et à choisir les personnes avec qui je décidais de passer mon temps. Ces filles partageant les mêmes cours de dessin que moi ne ressemble en rien à mes fréquentations habituelles. Passer du temps avec elle semble beaucoup moins intéressant pour moi, mais au moins elles ne risquent pas de m’entrainer dans des soirées dignes de celle de ce soir-là. « Il n’y a pas de fumée sans feu, Julian. Si elle faisait autre chose de sa vie que la passer en soirée comme elle le fait, peut-être que ça ne serait pas arrivé non plus. Et je sais que je ne devrais pas la lier à cet accident, mais j’arrive pas à me dire que si je passais moins de temps avec des filles comme elle, et plus de temps avec des filles moins festives, que j’aurais moins de souci » déclarais-je. Sauf qu’on ne se refait pas, et les filles qui n’ont jamais entendu parler de soirée, qui restent tout leur temps chez elle sans voir personne ne m’intéresse pas. Sans doute est-ce pour cette raison que je me suis directement entendue avec Zara, parce qu’on se ressemble, malgré tout ce que je peux prétendre. Cependant, J’ose espérer qu’il a raison, et je pense que oui je pourrais surmonter tout ça toute seule comme une grande, mais il me faudra du temps et comme me dit souvent ma mère, le temps est un présent éternel. Je n’avais jamais vraiment compris la définition de cette citation, mais maintenant je commence doucement à comprendre et je pense qu’elle a raison. Il faut savoir laisser le temps au temps et pour cet accident, j’en ai vraiment besoin.

Les mots de Julian se fraient un chemin jusqu’à mes tympans, et autant dire qu’ils raisonnent dans ma tête malgré moi. Je ne relève pas les yeux pour autant, évitant le contact visuel avec lui. Au fond, ça me touche, mais je n’ai pas envie qu’il le voie, ni même qu’il le lise dans mon regard si vraiment il en est capable. Je me rends compte de la chance que j’ai eu et peut-être même que si mon père n’était pas aussi doué dans son travail, qu’aujourd’hui je ne serais plus là. Je pense que de ce côté-là, je suis véritablement ingrate, mais le fait qu’on n’ait pas un lien père-fille ordinaire m’empêche d’être reconnaissante, ou peut-être l’orgueil mal placé. Oui, c’est sans doute ça. « Si tu te fais tant que ça manger par les remords, pourquoi tu n’es jamais venu me voir ? » Certes, avec mon père, ça pouvait peut-être le refroidir, mais il n’était pas avec moi H24, et quand bien même je me serais dit plus facilement qu’il regrette réellement tout ce qu’il s’est passé. Aujourd’hui, j’ai plus de mal, comme j’ai plus de mal à vouloir lui parler, ou simplement lui dire ce qui me blesse le plus dans toute cette histoire.

Quant à ma vie, je ne pouvais pas prétendre qu’elle était la plus merveilleuse, mais comparé à d’autres je n’avais pas à me plaindre. Après bien évidemment, certaines choses me blessent, d’autres me bouffent de l’intérieur, mais je n’ai pas envie de tout lui déballer. J’ai besoin d’avoir confiance, comme j’ai besoin d’arrêter de lui en vouloir pour parvenir à m’ouvrir comme j’aurais pu le faire avant « Pourquoi tu veux faire tout ça ? Si c’est juste pour te racheter, à quoi ça sert ? Tu sais, dans des églises tu peux te confesser, ils pourront te pardonner, eux et ils font ça mieux que moi» au fond, moi ça m’apporte quoi ? Puisqu’une fois qu’il aura l’impression que je suis passée outre de toute cette histoire, probablement que comme beaucoup, il pourra recommencer une vie normale, à faire n’importe quoi comme il peut le faire sans trop de difficulté. Et moi je continuerai à essayer d’avancer à mon rythme, en risquant peut-être ma vie, une autre fois encore. En continuant de nourrir ma rancœur petit à petit. « Même si je voulais te pardonner, je n’y arriverais pas, parce que je ne sais pas le faire et je n’ai pas besoin d’aide. Je ne veux pas que tu m’aides, parce que mes problèmes je dois les régler toute seule comme une grande et puis parce que j’ai plus confiance, et que je ne mets plus ma vie entre les mains d’un gars comme toi. »

Lorsque je me suis retournée à nouveau vers lui, j’avais voulu savoir pourquoi il était là, ou plutôt comment. Comment s’était-il retrouvé avec sa liberté après ce qu’il avait fait ? Non pas que j’espérais le voir croupir en prison, mais je peinais à comprendre comment était fait le système si les personnes qui méritent de payer pour leurs erreurs se retrouvent dehors aussi facilement « T’as capté ? Je ne crois pas non. Tu sais quoi ? Je suis convaincue que tu n’as aucune idée de ce que tu as vraiment fait. Et je ne suis pas sadique au point de vouloir te savoir en train de croupir en prison, mais j’estime qu’avec ce que tu as fait, c’était au moins ce que tu méritais. T’as juste eu de la chance que mon père soit un excellent chirurgien et que ma mère ne soit pas une folle à lier, parce que crois moi que si c’est pas moi qui mourrais, c’était toi ! » Je connaissais l’impulsivité de ma mère et je sais aussi que cet accident l’a beaucoup affecté. Sans doute parce qu’on est très proches l’une de l’autre, très fusionnelle aussi, et si elle avait été cette femme totalement dépourvue de bon sens et de force de caractère comme elle l’est aujourd’hui, peut-être que Julian aurait eu moins de chance. Mais non, ma mère était une femme réfléchie, qui préférait avancer et laisser le mal derrière elle, plutôt que de se morfondre et rester butée sur la haine qu’elle éprouve envers lui.  

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() message posté Mer 10 Jan - 10:01 par Julian F. Flemming
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JULIAN  X  LILLY

Citation :
« Yeah I know that I let you down, Is it too late to say I'm sorry now ?»

A mesure que la conversation avançait, les mots de Lilly se faisaient plus durs et Julian ne faisait que subir. C'était compliqué, plus difficile que ce qu'il avait imaginé. Après une dure dispute qu'il avait eu, bien des années avant et qu'il regrettait toujours, avec sa mère, c'était sans doute la deuxième situation la plus blessante pour Julian. Il se disait même qu'avoir son propre père en face, aurait sans doute été plus facile. Tout d'abord parce qu'il aurait été en position de victime et même si elle n'avait rien d'enviable, c'était tout de même plus gérable, qu'être le coupable. Pour le moment, Julian parvenait à faire le dos rond, encaisser les coups tel un punching-ball humain. Décidément, c'était une coutume chez les Adams de le prendre pour un sac de frappe ? En ce qui concernait Lilly, ce n’était certes que des mots, ils ne faisaient pas moins mal pour autant.

« Mais je ne peux pas Lilly, je ne pourrais jamais faire une croix sur toi et faire comme si tu n'existais pas. Je pourrais encore moins faire comme si rien ne s'était passé ! C’est tout simplement impossible!!! Je comprends que tu sois énervée mais ne dis pas n'importe quoi je t'en prie! »

C'était certainement un sentiment d'impuissance entremêlé de désespoir qui lui avait fait dire ces mots, La tâche de Julian était d'autant plus complexe qu'il n'avait pas vraiment d'excuse ou d'arguments derrière lesquels se réfugier. En temps normal, cela lui aurait importé peu car il n'avait pas grand-chose à gagner ni même à perdre dans la vie. Mais avec Lilly, c'était différent. Il savait qu'il n'était pas loin de la perdre, si ce n'était pas déjà le cas et cette pensée lui était insoutenable. Car s'il y avait bien une chose à laquelle Julian était sensible dans la vie, c'était le rejet. Son père l'ayant abandonné alors qu'il n'était qu'un enfant, il avait encore du mal à gérer cette émotion, ayant même tendance à réagir de manière excessive lorsqu'il devait y faire face. Il n'y arrivait, d'ailleurs, tout simplement pas à y faire face. La dispute avec sa mère il y avait 15 ans de cela, avait tourné autour de cet abandon que notre barman ne digérait toujours pas aujourd'hui.

« T'as raison de te méfier des beaux parleurs et le temps te le dira, je ne suis pas comme ça, je tiens toujours mes promesses ! »  

Se méfier des beaux-parleurs signifiait aussi se méfier de lui. S'il était vrai que Julian avait une certaine aisance à parler avec les gens et notamment, les filles, il ne faisait pas référence à sa personne, bien que quelque part un peu, mais surtout à ce cher Pierre, le mec avec qui elle sortait aux dernières nouvelles. La question lui brûlait les lèvres, mais en parler-là n'aurait fait qu'aggraver son cas, si la rupture qu'il soupçonnait s'avérait exact. Il préféra donc se taire, se promettant de lui reposer la question la prochaine fois qu'il la verrait, si prochaine fois il y a avait, lorsqu'elle serait un peu plus d'humeur aux confidences, comme par le passé.

« Ok je l'ai pas volé celle-là non plus.  Hum, mais au moins tu penseras à moins pendant les 50 prochaines années!!! Ce n'est pas si mal, même si j'aurais aimé que ce soit autrement. Tu as de la chance d'avoir des personnes qui se font du souci pour toi et ils ont raison, tu le mérites amplement.»

Sa "plaisanterie" il l'avait illustré par un clin d’œil. Ce n'était certes pas le moment de rire, mais oppressé, il n'avait trouvé que cela comme échappatoire. Cela ne risquait certainement pas de plaire à Lilly, mais au point où il en était cela n'avait plus vraiment d'importance. Ou du moins, c'était ce dont Julian tentait de se convaincre. Il n'y croyait, cependant, pas lui-même. Autrement, pourquoi ferait-il des pieds et des mains pour tenter de faire bonne figure ?  

« Je suis loin d'être le plus parfait c'est vrai, et j'ai pas mal de défauts aussi, mais si pour chaque faux pas que quelqu'un fait, tu rejoins l'avis de ton père qui te mettra en garde contre toute la gente masculine, tu ne t'engageras jamais. Tout le monde fait des erreurs et la mienne était la pire boulette qui soit. Mais par pitié, épargne-moi les jugements de ton paternel. Lui aussi doit en faire des erreurs. Tu fais ce que tu veux Lilly, je ne t'oblige à rien, mais fais vraiment ce que tu veux et pas ce que les autres voudraient que tu fasses, à commencer par ton cher papa. Il "n'aimait " ? Ça veut dire que toi et Pierre ? »

La curiosité avait surpassé l'idée de sauver les apparences. En l'entendant faire référence à cette histoire, ça avait été plus fort que lui, il n'avait pas pu résister. A présent, il regrettait un peu son geste, mais comme bien souvent chez lui, trop tard. Elle finirait sans doute par croire, qu'il le faisait exprès pour qu'elle sorte de ses gonds et pourtant c'était plutôt le contraire. Il avait aussi tiqué sur les nombreuses références à son paternel, n'ayant toujours pas avalé la pilule concernant son altercation avec ce dernier. Il connaissait la relation un peu houleuse qu'elle avait avec lui et pour cette raison, il ne risquait pas de lui raconter ce qui c'était passé avec lui.

Evidemment, il le faisait bien plus pour elle que pour le monsieur. Et sans doute le faisait-il aussi pour lui-même ? Il n'était pas du genre non plus à balancer, car d'où il venait, dans la rue, c’était assez mal vu. Peu importe qui vous blessait, les bonshommes n'avaient pas besoin de cafter pour régler leur problème. Au final, peut-être le faisait-il par pur égoïsme et fierté. D'un autre côté, il n'aimait pas non plus mentir à Lilly et si par malheur elle venait à l'apprendre un jour, elle risquait fort de lui en vouloir pour ne lui avoir rien dit. Comme s'il n’était déjà pas assez mal vu la jeune femme pour se la mettre encore plus à dos à cause des accès de colère de son paternel. Il aurait pu croire que la jeune femme eût été satisfaite de connaître le traitement que le Sir Adams lui avait fait subir, mais Julian en savait assez sur elle pour savoir qu'elle détestait toute forme de violence.

Aussi, elle l'avait dit elle-même, elle n'appréciait pas quand celui-ci se mêlait de ses affaires. Or Samuel ne s'était pas gêné pour déroger à ce qui semblait être pour Lilly, une règle d'or Alors oui, il faisait des erreurs lui aussi, mais Julian ne pouvait pas faire en sorte qu'il en paye le prix fort avec sa fille, car il ne voulait surtout pas l'utiliser à titre de vengeance personnelle. Parce qu'il savait aussi le mal que cela risquait de faire à Lilly et elle avait déjà bien assez souffert à cause de lui, pour qu'il en rajoute une couche.  

« Des filles comme elle ? Non mais t'es sérieuse là Lilly ? Tu vas pas me dire que tu te fais pas chier avec le genre de filles coincées avec qui je t'ai vu traîner tout à l'heure ! T'es faite pour faire t'amuser, te défouler, t'as ça dans le sang ! Ne laisse pas un con comme moi te gâcher ce que tu kiffais tant et profites de ta vie à fond ! Ose me dire que ça te manque pas le monde de la nuit ou sortir avec Zara ? Regarde-toi cracher sur ta meilleure amie, vous vous entendez comme les deux doigts de la main et ne laisse pas mes conneries t'enlever ça aussi ! »  

A ne pas douter, il était allé beaucoup trop loin mais entendre Lilly parler ainsi de son meilleure amie à cause de son accident lui était insoutenable. Pourtant elle aurait dû prendre conscience qu'il fallait vivre sa vie pleinement parce qu'elle était courte non ? Pourquoi tout à coup jouait-elle les filles à papa sages et obéissantes ? Sans doute, l'accident avait-il eu l'effet contraire sur une personne qui, d’ordinaire, profitait déjà de sa vie ? On pouvait remettre en doute son style de vie mais l'amitié c'était sacré non ? N'était-ce pas la famille que l'on avait choisie ? Alors comment pouvait-elle se montrait aussi implacable avec sa sœur de cœur ? Julian ne faisait que s'en vouloir d'autant plus, en sachant  qu'il était en grande partie responsable de ce changement de comportement.

« Euh… je… euh »

Il prit cependant une douche froide lorsque Lilly lui demanda la raison pour laquelle elle n’était pas venue le voir. Alors qu’elle avait détourné le regard et qu’il ne savait pas pourquoi, c’était à son tour de fuir son regard. Il s’était pourtant préparé mentalement à ce genre de questions, cela ne suffisait tout de même pas à atténuer la douleur qu’il ressentait. Cette espèce de boule dans son ventre, qui ne l’avait pas quitté pendant tant de mois en ressassant tous les jours ce qu’il avait fait à Lilly et à s'apitoyer sur sa misérable existence, avait fini par s'atténuer avec le temps. Elle lui était remontée à la gorge quand vint la question fatidique.

Il en avait passé des soirées à pleurer et à imaginer le corps de la jeune femme gisant sur un lit d'hôpital, inerte. Il aurait pu en perdre la raison, mais il avait tenu bon, se disant que tout irait bien, que tout cela n'était qu'un mauvais rêve et qu’elle ne finirait pas lui revenir. Et il avait eu raison parce qu'elle était à présent en face de lui, mais son égoïsme l'avait poussé à s'isoler n'assumant son geste.Julian avait écrit à Lilly aussi. Des lettres, beaucoup, au début et puis de moins en moins, jusqu'à ce qu'il trouve le courage de venir lui parler en face. Mais, il ne risquait pas de les lui donner un jour, ou alors pas encore, il n'était pas prêt. Avant d'ajouter le moindre mot, il s'éclaircit la gorge tentant de ne rien laisser transparaître de sa voix qui trembloterait sans doute.

« Il m'a fallu du temps pour accepter ce que j'avais fait.... et ... j'arrivais juste pas à t'imaginer sur ce lit d'hosto à cause de moi, c'était juste au-dessus de mes forces. C’est égoïste je sais, mais il n'y a pas une seconde où je n'ai pas pensé à toi. J'ai essayé de venir, plusieurs fois, mais j'arrivais jamais à franchir ses portes...Et je m'en veux pour ça aussi.... d'avoir été ...f... faible quand t'avais besoin de moi... »

Il était parvenu à tenir sa voix, plus ou moins, sans encombre, si on oubliait des passages un peu compliqués, dans ses propos. En général, Julian avait du mal à se confier sur ses émotions et ces confidences lui avait demandé beaucoup. S'ouvrir aux autres, n'était pas aussi pas si facile pour lui que ce qu'on aurait pu penser. Il avait beau se faire remarquer, la plupart du temps et connaître beaucoup de monde, il n'avait que très peu de véritables amis. Derrière cette façade, Julian était plutôt solitaire et avait tendance à rester dans sa bulle en dehors des fêtes.

« Parce que c'est toi, parce que je t.... tiens à toi. Rien de ce que je ferais ne pourra me racheter j'ai bien compris mais on pourrait peut-être essayer de redevenir amis et repartir sur des bonnes bases. Je sais que les choses ont changé et que rien ne sera plus comme avant et que c'est peut-être beaucoup te demander pour le moment, mais réfléchis-y ! »    

A en avouer autant, Julian risquait fort de tomber de haut. Plus il en disait, plus l'enjeu prenait de l'importance et plus il jouait sa vie, sachant qu'il pouvait tout perdre. Mais le jeu en valait la chandelle lorsqu'il s'agissait de Lilly. Un refus pourrait lui faire mal et il s'y attendait un peu mais s'il y avait la moindre chance qu'elle puisse l'accepter de nouveau dans sa vie, Julian était prêt à la saisir.  

« Un gars comme moi ? Ok Lilly ! Je peux pas imaginer l'enfer que t'as vécu à cause de moi, c'est un truc mais quand même je te reconnais plus à juger les gens comme ça! Tain' on croirait entendre ton père quoi ! Je mérite tout ce que tu m'as dit et plus encore ! Clairement, t'as changé et c'est de ma faute aussi c'est vrai.  Mais fais pas comme si tu me connaissais parce que tu ne sais rien de ma vie et encore moins des "gars comme moi "! C'est ton paternel qui t'as bourré le crâne  c'est ça?  Mais ouvre les yeux putain , tous les jours tu joues avec ta vie, c'est le but du jeu. C'est quoi le but maintenant ? Rester dans la jolie prison dorée ou la boite en coton que Papa t'as préparé ? Je suis triste pour toi Lilly et t'en as sûrement rien à foutre de ce que je pense, mais je croyais que tu surpasserais tout ça, que tu resterais toi-même.... Alors quoi ? Tu vas te la jouer petite fille sage maintenant ? Wow... je te souhaite bonne chance dans ta nouvelle vie....de solitude. T'auras besoin de personne, c'est sûr ! »

Julian n'avait pas encore terminé son discours, qu'il regrettait déjà ses paroles. Peut-être pas le fond mais au niveau de la forme, il y aurait très certainement pu faire mieux. D'un autre côté, il ne pouvait pas la laisser s'isoler et continuer à gâcher sa vie, une nouvelle fois. Julian avait failli y arriver une première fois et il comprenait la nécessité de vouloir se protéger et d'être plus prudente, mais il lui semblait qu'elle exagérait légèrement. Il n'en restait pas moins que si avant les propos de Julian, il y avait eu une infime chance pour qu'elle accepte de lui parler encore un jour prochain, il venait très certainement de la gâcher.

Deux choix s'imposaient à lui, s'excuser et tenter de rattraper le coup, sachant que c'était mission impossible. Ou se murer dans le silence et assumer, peut-être aussi par fierté. De toute façon, peu importe ce qu'il dirait, elle ne comprendrait pas. Aussi parce qu'il ne lui disait pas tout et notamment combien le monde avait besoin d'elle, l'humanité avait besoin d'une personnalité si authentique, sans détours, mais surtout IL avait besoin d'elle dans sa vie. C'était pour cette raison qu'il faisait des pieds et des mains pour trouver un moyen d'y rester, mais cela s'avérait de plus en plus relever du rêve que d'autre chose.

« Désolé de te décevoir ma belle, mais si tu tiens tant que ça à ce que je finisse derrière les barreaux, ce ne sont pas les moyens qui manquent pour y arriver. Crois-moi, je sais très bien que j'ai fait maintenant et encore mieux maintenant que tu es là, en face de moi. Je ne risque pas de reprendre le volant de si tôt, si ça peut te rassurer. Je sais aussi que ton père t'a sauvé la vie, là où t'aurais pu mourir à cause de moi et je ne le remercierais jamais assez pour ça.C'est normal qu'ils me détestent et que tu me déteste aussi. Mais tu essayes de me dire quoi  Adams? Que j'ai pas assez payé pour ce que j'ai fait c'est ça ? Dis-le si tu veux que je crève, que je disparaisse de ta vie pour toujours, j'emmerderais plus personne comme ça,vas-y je t'écoute ! »  

Julian commençait sérieusement à dépasser les bornes mais surtout à péter un câble. A force d'être poussé à bout, il avait fini par craquer. C'était tout de même un comble que lui se mette en colère, quand on connaissait l'histoire. Pourtant, nombre de fois il se répétait l'inutilité de son existence, à quel point sa vie ne rimait à rien. Seulement, l'entendre de la bouche d'une des personnes à qui il tenait le plus n'avait pas le même effet. Sans doute, n'avait-elle pas utilisé ces mots-là mais Julian les interprétaient de la même manière.

Il avait placé tant d'espoir en elle, la voyant différente des autres et avait pensé qu'avec elle se serait différent, qu'elle le changerait, le rendrait meilleur. Il se rendait compte qu'au final, il avait eu tort. Et cela lui était douloureux. Ce n'était pas tant Lilly qui était en cause car elle était réellement spéciale, mais bel et bien lui. C'était un cas désespéré et rien ni personne ne pourrait changer cela. Julian reproduisait ce schéma, à chaque fois qu'il sentait qu'on se rapprochait de lui ou qu'il commençait à apprécier quelqu'un, il trouvait toujours le moyen de tout faire foirer. Après tout, c'était dans sa nature, tout d'être misérable. Il fallait juste l'accepter.

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() message posté Jeu 25 Jan - 20:07 par Lilly R. Adams

Parce que y a des gens qui s'en vont, d'autre qui restent, ou qui reviennent dans notre vie. Parce que des fois c'est moi qui m'en vais, qui reviens puis qui regrette d'être restée ou partie. Parce que le monde est inconstant, éphémère et indécis. Julian & Lilly

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J'ai eu le temps de réfléchir lorsque je me trouvais à l'hôpital. En fait, je n'ai eu que ça à faire, entre deux visites. Penser, repenser à cet accident, mais aussi aux conséquences que ça allait engendrer. J'ai même décidé de m'éloigner considérablement de Zara et de sortir Julian de ma vie de manière plutôt radicale. Mais c'était avant de le croiser devant mon école. Le voir là m'a d'abord fait ressentir beaucoup de colère et de rancœur, et puis à force, j'ai l'impression de me laisser rattraper par tout ce temps que j'ai passé avec lui, comme avec elle. Cependant je ne veux pas me laisser avoir aussi facilement. Ces belles paroles sont entendues, mais pas écoutées ; Il est plus facile de sortir de jolis mots que d'oublier ce qu'il s'est réellement passé. Encore qu'ils s'en sont tous sortis plus ou moins indemnes alors que je suis restée des mois sur un lit d'hôpital, puis encore plusieurs semaines, cloitrée chez moi à ne rien faire à part dormir, comater, penser encore et encore " Et bien alors apprends à vivre avec des remords, mais pas avec moi. J'ai déjà fait l'erreur de te faire confiance une première fois, j'ai pas envie de risquer ma vie une seconde fois. Rassure-toi, tu trouveras vite une autre pigeonne à balader, je ne suis pas irremplaçable. " Je suis d'ailleurs persuadée qu'il doit déjà avoir d'autres noms dans la tête, ne serait-ce qu'avec son boulot, il doit en croiser des tas. Il n'est pas à cours de ressources, alors non je ne m'en fais pas pour lui. Je lui adresse un regard faussement étonné, parce que je ne crois pas un traitre mot de ce qu'il me dit. Jusqu'à présent, le temps ne m'a en rien aidé, pire encore il m'a juste prouvé que faire confiance aux hommes est une belle connerie. " Au moins on est d'accord sur une chose : t'es qu'un vendeur de rêves complètement inconscient et fou du volant qui plus est ! " lui lançais-je avec beaucoup d'amertume. Je campe sur mes positions, et il n'est pas question que je change d'avis et ce, malgré tout ce que je peux réellement ressentir, ou tout ce que j'ai envie de croire. " Et si ça peut te rassurer, il existe des plus naïves que moi, t'as qu'à te baisser pour les ramasser " Julian a beau être con, inconscient, chiant et tous les autres adjectifs que je peux lui sortir présentement , je ne peux pas lui enlever qu'il a un physique avantageux et que donc, les filles doivent très certainement faire la file. Il ne va donc pas trop ramer pour trouver chaussure à son pied, c'est un fait " Et ne me promets rien parce que le restant de ton existence, tu vas surtout le passer à faire ta petite vie, peinard, de ton côté et sans moi. Je ne suis pas encore kamikaze, désolée ! "

Julian semble amusé de mes dires, et même si effectivement ça sonne comme une petite touche d'humour, ça ne me fait pas vraiment rire. Je suis très sérieuse, je ne compte pas lui pardonner de sitôt, je ne suis même pas certaine de lui pardonner un jour. Il ne s'agit pas là d'une petite querelle amoureuse ou d'un caprice de ma part, mais bien d'une prise de risques énorme, étant donné celui que j'ai déjà couru avec lui. Malgré tout, sa dernière remarque me fait grimacer. Je ne connais que vaguement sa situation familiale, mais malgré tout je n'ai jamais osé le questionner sur ses parents, ou simplement sa famille. Certes, j'ai de la chance, parce que ma mère et moi sommes très fusionnelles, mais je ne peux pas en dire autant de mon père. Pourtant il m'a bien sauvé la vie, il a réparé les erreurs du garçon que j'ai en face de moi, chose qui ne serait peut-être pas arrivé si un autre chirurgien s'était occupé de moi ce soir-là. J'ai conscience que je suis parfois un peu trop dure avec lui, et peut-être même absolument pas reconnaissante quant à ce chapitre de ma vie… de notre vie, mais ça reste un sujet tabou que je n'arrive à briser qu'avec Julian, parce que toute ma frustration y passe. De plus, ça nous concerne tous les deux. " Je ne rejoins pas son avis à chaque fois. Je suis même souvent contre son avis, mais là tu ne peux pas lui enlever qu'il avait raison. Les preuves sont là, tu n'as fait que lui donner raison, alors peut-être que pour ça tu devrais t'en prendre qu'à toi même. " Mon père n'est pas un homme parfait, je ne l'ai jamais pensé. Mais il a un certain recul qui fait que oui, il voit les choses différemment ; Il a l'expérience puisqu'il est plus âgé. "Et sinon t'as quoi à dire sur ma mère ? Non parce qu'elle, elle ne t'a jamais vu de sa vie et pourtant, elle m'a aussi mise en garde à ton sujet. Alors, vas-y, tant qu'on y est, fais le procès de ma famille à défaut d'arriver à faire le tien " Certes, je lui donne l'occasion de critiquer ma mère, mais s'il a ne serait-ce qu'une once d'instinct de survie, et s'il me connait un minimum il se retiendrait. A mes yeux, ma mère est la personne la plus importante, mon modèle sur terre et même si je lui en veux de m'avoir obligée à venir dans cette ville, elle reste parfaite à mes yeux. Ca fait sans doute peut-être enfantin, voir totalement gamine, mais qu'importe. Lorsqu'il aborde le sujet de Pierre, je fronce à nouveau les sourcils " Moi et Pierre ? C'est pas la question Julian, pourquoi tu veux savoir ça ? Comme si tu ne le savais pas déjà en plus … " Les rumeurs vont vite, non ? Puis Zara est au courant, peut-être qu'elle lui a balancé l'information. C'est du moins ce que j'imagine, mais je peux encore être étonnée en apprenant qu'elle ne s'est pas précipitée pour le lui dire. Je croise les bras, pas forcément chaude pour en parler. Ma rupture avec Pierre a été difficile, et en parler avec lui ne me semble pas être une bonne idée. Avec personne d'ailleurs.

Aujourd'hui, je n'ai plus de nouvelle de Pierre et peut-être que c'est pas plus mal, finalement. J'en ai souffert plus que je n'aurais pu l'imaginer, j'en ai même voulu au monde entier, ou du moins aux hommes de la trentaine. J'en ai conclu qu'ils prennent les filles de mon âge pour un simple passe-temps, pour un jouet alors qu'il m'a dit de jolies choses auxquelles j'ai bêtement cru. Avant lui, je ne me suis jamais impliquée dans une relation, je n'ai jamais espéré quoi que ce soit avec un homme, peut-être un peu trop peureuse, mais désormais je me rends compte que j'avais raison et qu'on est surement mieux seule que mal accompagnée. " Oui ben figure toi que ça m'apporte que des emmerdes de passer mes soirées avec elle ! Il y a peut-être AUTRE CHOSE dans la vie que les soirées, l'alcool et toutes vos conneries. Alors je te l'accorde, c'est pas l'éclate avec ces filles-là, je n'ai probablement rien en commun avec elles et leur mode de vie ne me convient pas, mais au moins je ne risque pas de me retrouver dans le décor. Je sais que toi la sécurité et l'instinct de survie, ça te dépasse, mais moi je tiens un peu à ma vie. " Je suis radicale, peut-être beaucoup trop radicale, mais en même temps je ne vois pas vraiment comment faire autrement. J'ai changé d'école, j'en ai profité pour me lier avec des filles totalement différentes qui m'appellent pour me demander des idées pour les cours plutôt que pour passer la soirée dans un bâtiment désaffecté, à faire n'importe quoi et en sortir complètement déchirée " Et ne viens surtout pas me faire un cours de moral sur l'amitié, parce que je te signale que si t'avais moins pensé à ta gueule ce soir-là, on en serait pas là, alors je doute que t'aies ne serait-ce qu'un petit peu la notion de l'amitié tu vois "

Ma question est légitime et oui, je veux qu'il me donne une réponse. Réponse qui ne semble pas arriver. Je n'en attends pas moins, et je pense qu'au fond, c'est une déception de plus. " Laisse tomber. J'ai ma réponse " ajoutais-je. Je ne veux pas entendre d'excuses toutes faites, ni même une explication rocambolesque pour expliquer la raison pour laquelle il n'est jamais venu assumer ses actes, ou encore admirer l'ampleur de SES dégâts. Je sais que mon père l'aurait probablement dégagé de son service, mais l'intention aurait été là malgré tout. Même si je ne l'avais vu que cinq secondes, j'aurais apprécié de voir qu'il était venu. Qu'il avait fait cet effort. Finalement, Julian reprend la parole, se lançant dans des explications que, malgré mes dires, j'écoute " Je vois. " Malheureusement pour lui, je n'ai pas envie d'y croire parce que je suis clairement blessée. Je n'ai aucune preuve et je ne suis pas prête à faire confiance. Les belles paroles, c'est terminé, je veux passer outre et tout ça, malgré l'émotion que dégagent ses dires.  " Vous êtes tous les mêmes avec vos belles paroles de toute façon " Il est clairement à mettre dans le même sac que Pierre, du moins c'est ce que j'ai envie de penser. Bien que Pierre m'a brisé le cœur et qu'indirectement, Julian en paie aussi les frais, en plus de tout le reste " Et puis j'ai aucune preuve de ce que t'avances. Il me faut plus que des belles paroles, Julian. " Finis-je par lui répondre plus calmement et avec une once de désolation. Si tout pouvait rentrer dans l'ordre d'un claquement de doigts, sans doute que je sauterais sur l'occasion, parce qu'au fond je sais que j'aimerais oublier, j'aimerais me dire que tout ça n'est qu'un mauvais rêve et que ça ne s'est pas réellement passé. Mais c'est le cas et ça n'a pas laissé que des dégâts physiques.

Je sais qu'il fait partie des premières personnes que j'ai rencontrées à Londres. Je sais aussi qu'il m'a aidée à accepter cette nouvelle vie, dans cette ville où je ne veux pas vivre. J'ai passé la plus grande partie de ma vie en Espagne, j'ai grandi avec des jeunes de mon âge et du jour au lendemain, j'ai dû tout quitter pour vivre avec un homme que je n'ai vu que très peu de fois dans ma vie. J'ai dû me faire adopter par une ville qui ne me plait pas et que je ne compte pas aimer non plus, mais aussi par ses habitants. Les anglais sont différents ; ils sont plus fermés, beaucoup plus sérieux et très à cheval sur des valeurs et des comportements qui passent presque inaperçus en Espagne. Alors non, tout ça je ne l'oublie pas, mais la déception est grande, et le manque de confiance aussi. " Mais t'as rien compris, Julian. Encore une fois tu penses qu'à ta gueule. Je te signale quand même que par TA faute j'ai failli y rester. C'est pas rien, c'est pas un état d'esprit et ça n'a rien à voir avec ma façon de penser. Mais j'ai le droit de souffler, ok ? J'ai besoin d'avoir confiance en mon entourage, d'avoir confiance en la vie que je mène. Alors je sais que toi tu kiffes prendre des risques, merci j'ai bien compris. Mais après ce qu'il m'est arrivé, j'ai quand même le droit de vouloir vivre et de faire attention à ma vie. Ca te plait, ça ne te plait pas, j'en ai rien à foutre parce que ma vie ne dépend pas de toi. Alors peut-être que dans les prochaines années je deviendrais cette fille avec une vie ennuyeuse au possible, mais au moins je vivrais et j'arrêterais de me coltiner des imbéciles de ton calibre ! J'ai des buts dans la vie. Les soirées, l'alcool c'est bien un temps, puis il faut avancer. Et moi, mon but dans la vie c'est pas de passer mes nuits à me défoncer et mes journées à décuver. C'est pas non plus à zoner dans des bars en attendant de trouver quelque chose à foutre de mes journées. Peut-être que je vivrais toute seule avec 15 chats, mais au moins je ferais ce que j'aime et j'aurais fait attention à ma vie et c'est tout ce qui compte ! Si ta vie à toi se résume à prendre des risques, bah continue à faire de la merde, mais ce sera sans moi et ce que t'en penses ou ce que Zara en pense, j'en ai absolument rien à faire. C'est clair ? "

J'ai conscience que j'ai été trop loin dans mes dires. Au fond, je ne veux pas qu'il finisse en prison, puisque de toute façon ça ne me soulagerait en rien. Je ne suis pas assez sadique au point d'espérer que quiconque de mon entourage finisse là-bas et pourtant, je veux qu'il se rende compte de la gravité des faits et surtout, de ce que j'ai vécu et ce que je continue à vivre encore aujourd'hui suite à ses conneries. " J'ai pas dit ça … " finis-je par lui dire sur un ton plus calme. Je n'espère surtout pas qu'il meurt tout comme je ne veux pas que ma mère se déchaine dessus. La seule chose que je voudrais est que tout ça ne se soit jamais passé, chose qui n'est plus possible puisqu'on ne peut pas revenir en arrière. " J'peux pas faire comme avant, comme s'il ne s'était rien passé. J'peux pas faire comme si t'étais pas responsable et me dire " c'est pas grave, tout le monde fait des erreurs ". Tu ne te rends pas compte de l'enfer que j'ai vécu, de l'enfer que mes parents ont vécu. Et toi je suis même pas certaine que t'aies conscience de tout ça, justement parce que t'es resté dans ton coin. J'ai aucune preuve que demain, tu ne recommenceras pas alors la seule chose que je peux faire pour me préserver, c'est de faire ma vie de mon côté et toi de faire la tienne. J'ai plus envie de croire aux belles paroles, Julian. Ca ne me suffit plus, parce que j'ai qu'une vie et j'ai déjà failli la perdre une fois et à cause de toi. On peut pas avoir de la chance à chaque fois, ça marche pas comme ça. Tu peux pas défier la chance comme tu sembles le dire quand ça concerne une vie. En tout cas, moi je ne veux pas. Je veux des preuves, je veux m'assurer que je ne risque pas ma vie encore une fois. J'veux pouvoir m'assurer que je ne fais pas encore une connerie en te faisant à nouveau confiance. ". Je suis peinée, parce que je sais que tout ce que j'ai vécu avant sont des bons souvenirs et qu'il en fait partie. Tourner la page est quelque chose de compliqué quand les sentiments et les souvenirs s'en mêlent, mais je sais aussi que j'ai besoin de concret, de croire en des choses simples et non plus prendre des risques inutiles. " Certes, je peux mourir demain en traversant sur un passage pour piéton, mais cet accident-là, on aurait pu l'éviter si on avait été moins cons… Et ça, c'est juste insupportable à vivre, Julian. "

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