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Let them think it's just a dinner. [Lilly]

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Jack Falahee
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() message posté Jeu 2 Nov - 11:38 par Adam S. Pearson


"Let them think it's just a dinner"
Il jette un dernier coup d'oeil à son téléphone. Il y avait peu de chance que Lilly accepte parce que même s'ils se voient quelque fois pour un café ou un déjeuner rapide, il ne leur ai jamais arrivé de sortir, un soir, pour dîner. Il y a pensé, repensé. Il a bien remarqué que son amie n'est pas du genre à accepter les avances et encore moins les invitations. Elle n'a pas l'air intéressée par les hommes tout court. Il bloque sur son message.

"Un petit dîner au Westfield pour discuter?"

Il est toujours étonné qu'elle ait accepté. Rien ne lui a mis la puce à l'oreille de toute évidence. Il se souvient de la première fois qu'il l'a rencontré, sa belle amie. Il quittait le boulot, enfin, après des heures interminables. Il était pressé. Il avait envie de rentrer, de boire un verre, de se reposer. Son grand-père était étrangement venu le rejoindre. Une chose qu'il faisait quelque fois mais assez rarement tout de même. Il s'était questionné en le voyant avec une femme. Son grand-père était toujours poli, sympathique mais tout comme lui, il n'avait pas réellement d'amis. Des connaissances de boulot, surtout. Il demandait alors à l'infirmière près de lui qui était cette femme. Elle lui avait appris que ce n'était pas la première fois que son grand-père lui parlait et que c'était, de toute évidence, une personne avec qui il faisait des affaires.

Certain que son grand-père n'allait pas le présenter, il décidait d'aller l'attendre à l'accueil mais c'était le moment qu'il avait choisi pour l'interpeller et lui présenter la mère de Lilly. Il lui demandait alors, expressément et devant sa mère, de bien s'occuper de la patiente. La pauvre fille avait fait un accident et elle était restée un bon moment à l'hôpital. Lors de la rééducation, Adam se faisait donc un plaisir d'aller la voir quelque fois. Il tentait de lui redonner le sourire. Il n'avait jamais osé lui demander comment s'était déroulé l'accident exactement mais, sans avoir besoin d'en parler, il avait compris que quelque chose avait changé en Lilly après cela.

Il l'imagine insouciante, drôle, tout le temps en train de s'amuser. Elle a changé, un peu. Elle semble raisonnable. Elle semble être tout ce plaît à son grand-père. Il se perd en général dans ce que lui ressent parce qu'il tente avant tout de faire ce que son grand-père lui demande de faire. Ce qu'il sait, c'est qu'il se sent bien quand il est avec elle. Il a envie d'en savoir plus sur elle et il ne se pose pas de questions sur ce qui serait bien ou pas à faire. Son grand-père et sa mère lui ont déjà réclamé plusieurs fois sa présence mais il ne se sent pas encore près à la ramener. Il est certain qu'elle pourrait trouver cela étrange et qu'elle ne comprendrait pas immédiatement pourquoi il voudrait la présenter à sa famille, même amicalement parlant. Mais il la sous-estime peut-être. Elle a accepté le restaurant, après tout.

Il évite de s'habiller de manière trop classique. Inutiler de l'effrayer. Arrivé sur place, il prend une profonde inspiration. Il a hâte qu'elle arrive, inconsciemment. Il est temps d'en savoir plus sur cette fille. D'en s'avoir plus sur la chère Lilly. De savoir ce qu'elle veut, aime et qui elle est. Surtout, il est temps de découvrir, une bonne fois pour toute s'il pourrait avoir une chance, même minime d'être la personne de son choix à elle. Parce qu'elle est le sien. Plus ou moins. Il se lève, lui sourit dès qu'il la voie. Il se rapproche, pose un baiser amicale sur sa joue, une main sur son épaule avant de lui tirer sa chaise.

"Je suis content que tu sois venue Lilly. Est-ce que ça va?"

Le médecin en lui baisse légèrement les yeux sur ses jambes mais le jeune homme se rappelle que ce n'est pas pour ça qu'ils se voient. Il lui désigne sa chaise et attend qu'elle prenne sa place avant de reprendre.

"Tu voudrais boire quelque chose?"
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() message posté Ven 3 Nov - 14:55 par Lilly R. Adams

Elle vivait sur un petit nuage, à deux-trois pieds du sol, et paraissait étonnée d'être là, si différente, sans ostentation. On avait peur de la déranger, on ne savait jamais quelle porte pousser pour pénétrer ses rêves. Adam & Lilly

Let them think it's just a dinner.


On peut le dire, l’hôpital m’avait permis de rencontrer des gens. C’était sans doute la seule chose positive de cet accident. Aujourd’hui, je vois la vie différemment, peut-être même que je ne me rends pas vraiment compte de la chance que j’ai eue. J’en veux beaucoup à Julian, tout comme à Zara alors que la pauvre n’y est pour rien. Si elle ne m’avait pas entrainée dans ses plans foireux, je serais restée paisiblement chez moi ce soir-là, peut-être devant un film, ou à dessiner ce qui me passait par la tête. Je me serais occupée comme je pouvais, mais j’aurais été en sécurité et n’aurais pas risqué ma vie parce que l’inconscience d’un jeune homme de vingt-sept ans complètement bourré, ou défoncé avait pris le dessus sur tout le reste. Mais sans cet accident, la relation que j’ai avec mon père aurait continué à s’effriter ; lui passerait toujours autant de temps dans son hôpital et moi je continuerais à lui reprocher tous les maux de la terre. Je n’aurais pas non plus fait les rencontres que j’ai faites et s’il ne s’agit là que de simples personnes avec qui je me plais à échanger lorsque je les croise, c’est toujours du positif à prendre alors que dans cette ville je me sens toujours aussi étrangère. L’Espagne me manque, ma vie d’avant me manque et pourtant je commence doucement à me faire à l’idée que ma mère ne compte pas repartir à Málaga à part peut-être pour une semaine ou deux. Non, vraiment je pense que je n’ai pas d’autres choix que d’adopter cette ville pour laquelle je n’ai aucune affection, et de me faire à l’idée que je vais continuer à vivre chez mon père comme je le fais actuellement.

J’ai appris à connaitre un jeune homme qui travaille dans cet hôpital. Il avait été là lors de ma rééducation, peut-être avait-il même été une des personnes qui avaient fait en sorte que ce soit moins pénible. Sa présence avait été déroutante au fur et à mesure des jours qui passaient, mais pas déplaisante. Je me suis prise au jeu, et avais appris à apprécier le moment aussi simple pouvait-il être. Je ne sais pas grand-chose de lui, à part peut-être qu’il travaille dans ce même hôpital, que ma mère connait son grand-père qu’il a un prénom qui colle à son visage si confiant et qu’il a un don pour me faire oublier que j’avais passé les mois les plus longs de ma vie dans cet hôpital. Sa présence était agréable, mais mon histoire avec Pierre m’a vite fait comprendre que tout ça n’est peut-être simplement que de la gentillesse et que je ne dois pas bêtement m’attacher à cette présence si réconfortante soit-elle. Alors oui, je souris à ses dires, je suis attentive et aimable, mais je garde en tête que quelque part, les relations humaines sont loin d’être faciles. Le monde des bisounours c’est terminé et même inconsciemment, je reste sur mes gardes malgré moi, malgré tout.

Le message reçu un peu plus tôt dans la journée m’avait laissé perplexe dans un premier temps. Je ne m’attendais pas vraiment à recevoir ce texto, ou du moins pas d’Adam. La première chose que j’avais faite : déglutir dans un premier temps. Les doigts osant à peine bouger, mon regard ne se détacha pas de cette proposition. Oui ? Non ? Je ne savais pas trop quoi répondre. La moue douteuse, j’avais fini par déposer mon portable sur mon lit, juste en face de moi pour prendre le temps de réfléchir. Je ne sais pas trop ce qui me retenait, si ce n’est la peur de me bruler les ailes. Encore. Ou de ne pas savoir à quoi m’attendre. Je me remémorai à peu près toutes les fois où on s’était croisés, où on avait échangé puis finalement en conclus qu’il ne s’agissait là que d’un diner. Rien de plus, rien de moins. Je ne devais pas me prendre la tête, je ne savais même pas pourquoi j’hésitais vraiment, peut-être justement parce que la confiance que je portais aux personnes avait été ébranlée deux fois dans la même semaine et qu’aujourd’hui, la moindre petite chose me faisait prendre conscience que dans la vie d’un être humain, la confiance est un élément majeur pour le pousser à avancer. Mais est-ce que ça vaut vraiment la peine de prendre le risque ?

« Okay, pour discuter. A quelle heure ? »



Avais-je fini par lui répondre, toujours un peu fébrile en envoyant le message. Je ne savais pas si c’était la meilleure solution, ni la meilleure option. Mais c’était trop tard, et puis je crois qu’au fond j’étais contente d’avoir accepté. Ou impatiente.

Pour cette soirée, j’avais opté pour une robe noire légèrement volantée, m’arrivant un peu au-dessus des genoux. Une tenue un peu passe-partout sans tomber dans le trop classique, ni le vulgaire. Une légère touche de maquillage pour éveiller le teint et le regard, puis une goutte de parfum et j’étais fin prête. Je passai une main dans mes cheveux que je laissais détachés et légèrement ondulés avant de passer la porte du loft pour me rendre à cette soirée. Poussant la porte du restaurant, je cherche le jeune homme du regard dans un premier temps, pour finalement le rejoindre avec ce léger sourire sur les lèvres. Je m’approche pour le saluer et le gratifie d’un sourire en le voyant tirer la chaise. Il n’y avait pas de doute, Adam avait ce petit truc de différent des autres gars que je connaissais, ou que j’avais l’habitude de côtoyer « Je vais bien, merci. Et toi ? » Depuis mon accident, j’avais enfin pu reprendre le cours de ma vie : marcher, sortir, retourner en cours. J’avais même changé d’option pour me spécifier dans l’art avec l’ambition de pouvoir posséder ma propre galerie d’art dans un futur plus ou moins lointain. Un avenir que je n’osais même pas imaginer lorsque je me trouvais encore en architecture. Le sujet de la boisson reste toujours un peu délicat, puisque la dernière fois que j’avais osé boire de l’alcool, j’avais fini à l’hôpital. Certes, je ne suis pas venue pour me saouler, mais n’empêche qu’avec les antidouleurs que je continuai à prendre, j’aimais autant tourner à quelque chose de plus soft. « Je préfère opter pour de l’eau » ajoutais-je un peu mal à l’aise. Ca me fait certes un peu passer pour la fille sage, mais tant pis.  

Pendant un court instant, j’observai discrètement l’endroit, ou encore les gens qui nous entourait, puis repensai à ce message, cette invitation. Qu’avait-il voulu dire par « discuter » surtout autour d’un diner « J’ai été un peu surprise par ton message, à vrai dire. » déclarais-je en portant mon regard sur Adam « Est-ce que tu invites souvent les filles que tu rencontres dans ton hôpital à diner, ou bien je suis une exception parce que tu as eu pitié de mon sort ? » lançais-je avec amusement. C’était une question qui ne lui reprochait en rien son geste, mais qui donnerait peut-être satisfaction à ma curiosité.


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Jack Falahee
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() message posté Sam 4 Nov - 14:27 par Adam S. Pearson


"Let them think it's just a dinner"
Il n’en revient toujours pas. Elle est venue. Malgré ses évidentes réticences qu’elle n’avouera jamais. Malgré son accident, qui de toute évidence lui a causé un traumatisme qu’elle ne lui a jamais dit. Malgré le caractère énigmatique  d’un dîner, malgré le fait que cela puisse ressembler à un rencard. Malgré tout. Il en a pris conscience sûrement après la demande de l’heure et c’est toujours un peu incertain de sa venue qu’il lui a lancé ce 20h ? Il avait pourtant déjà réservé et il n’aurait souffert d’un lapin qu’à moindre mesure. Sans compter que cela ne l’aurait sûrement pas arrêté. Ou sinon juste pour quelque temps. Mais rien ne sert d’y penser, puisqu’elle est là. Elle est arrivée. Toute fraîche, dans une robe tout ce qu’il y a de plus simple. Sauf qu’elle peut porter ce qu’elle veut Lilly. Elle ne peut pas être simple. Sûrement ce teint pâle magnifiquement accordé à la blondeur de ses cheveux naturel. Ou alors ses yeux noisettes, s’approchant de l’œil du tigre. Si clairs, si brillants. Ou encore ce visage parfait. Elle ressemble à un elfe quelque fois. C’est exactement ce à quoi elle le fait penser et s’il pense à Tolkien, s’il pense au Seigneur des Anneaux, il ne peut que confirmer. Il sait qu’il est préférable de garder cette remarque pour lui, d’en faire une réflexion personnelle. Lui lâcher qu’elle est très belle ou encore magnifique peut lui valoir un vent. Et il faut savoir qu’il préfèrerait encore le lapin.

« Aussi bien que possible. J’ai enchaîné des gardes. Peut-être un peu trop.»

Son rythme de vie effrénée lui permet difficilement d’avoir une vie hors de l’hôpital où il passe le plus clair de son temps. La seule raison pour laquelle il n’a pas accepté d’être de garde ce soir, c’est pour voir Lilly mais en général, il y est tout le temps. Dès que possible, tant qu’il en a la force. Les soirées qu’il s’accorde pour se reposer sont si rares qu’il se demande parfois s’il saura s’arrêter quand il le faudra, quand les études seront finies, quand il faudra faire sa vie. Il est sincère avec elle parce que c’est ça qu’il choisit ce soir. La carte de la sincérité. A l’exception d’une. Quelque fois, quand il la regarde, il se demande encore s’il aurait fait ce choix sans l’aide de son grand-père. S’il l’aurait choisi elle. Elle n’a rien pour lui déplaire, bien au contraire mais il n’arrive pas à savoir. Il n’arrive pas à être sûr. Il s’assied en face d’elle quand elle a fini de se poser et il fait un petit signe au serveur pour qu’il vienne prendre la commande. Il l’entend opter pour de l’eau et fronce les sourcils. Elle pense sûrement qu’il serait préférable de ne pas mélanger l’alcool à ses antidouleurs et en tant que médecin, cela lui a également traversé l’esprit. Pourtant, il ne parlait pas nécessairement d’alcool.  Il se tourne vers lui.

« Un cocktail maison sans alcool pour elle et avec pour moi. De l’eau plate et du temps pour réfléchir au menu, merci. »

Il a l’habitude d’avoir un contrôle infini sur tout. Sur lui, les autres, sa vie et ce n’est pas facile de lâcher prise à ce sujet. Pourtant, il fait un effort considérable en sa présence parce qu’elle est quelqu’un de bien. Il le sait. Elle mérite d’être respectée et surtout appréciée à sa juste valeur. C’est ce qu’il veut lui apporter. C’est ce qu’il veut lui montrer. Il croise ses mains, coudes sur la table et pose son menton dessus pour la fixer.

« Comme ça tu pourras me dire ce que tu en penses, d’accord ? Qu’est-ce que tu as envie de manger ?»

Ne pas commander à sa place sans l’impliquer. Règle importante. Détail important. Il s’est retenu de leur prendre d’avance un assortiment de tous les plats en mini buffet. Non, sérieusement. Il ne faut rien laisser filtrer et pourtant, il ne peut s’empêcher de sentir dans le ton humoristique de Lilly quelques interrogations profondes et sincères quand elle avoue avoir été surprise de son message. Mieux encore quand elle plaisante en demandant s’il invite souvent les filles qu’il rencontre à l’hôpital. En somme, ses anciennes patientes. Ou même actuelles. Elle ne doit pas avoir les hommes en haute estime et cela doit forcément venir de quelque chose, de quelque part. L’enfance, ou plus proche que ça.

« Cela ne devrait pas te surprendre. Tu es de très bonne compagnie. Il est donc normal qu’elle soit recherchée par le commun des mortels ou par moins que ça. Comme par moi. »

Essayer de la charmer tout en ne rendant rien sérieux. C’est bon, il sait que le sérieux la rendrait folle à lier. Elle a presque fait la tête de la fille qui s’enfuirait si jamais il lui faisait un baisemain en arrivant. Elle s’est habillée si simplement que cela dit clairement. « Je suis venue, en tant qu’amie. » Et elle ne laisse pas de doute planer à ce sujet.  

« Mais si c’est vraiment mon intégrité qui t’inquiètes alors non Lilly. Je ne sors pas avec mes patientes en général. Mais tu n’as jamais été ma patiente et toi et moi nous avons sympathisé, je crois. J’avais envie d’avoir de tes nouvelles. Un déjeuner t’aurait moins questionné peut-être ? »


Il suffit de rendre cela informelle. Presque. Parce que pour lui, c’est tout le contraire. Il se laisse aller contre son dossier quand le serveur leur apporte leur cocktail dans deux grands verres aux pieds magnifiques, en forme de flamant rose. Il prend le sien et le soulève vers Lilly.

« Alors dis moi. Qu’est-ce que tu fais de beau depuis ta sortie ? »  

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() message posté Dim 12 Nov - 13:04 par Lilly R. Adams

Elle vivait sur un petit nuage, à deux-trois pieds du sol, et paraissait étonnée d'être là, si différente, sans ostentation. On avait peur de la déranger, on ne savait jamais quelle porte pousser pour pénétrer ses rêves. Adam & Lilly

Let them think it's just a dinner.



Les gardes. C’est un mot que je connais que trop bien pour les haïr lorsque mon père a le courage de m’en parler. A vrai dire, je déteste cet hôpital, peut-être est-ce pour une raison totalement puérile, voire encore égoïste ou simplement niaise, mais j’ai la nette impression qu’il est au centre de sa vie, ses patients, son travail, son service, ses horaires. Ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour moi et c’est ce que je vis mal, je crois. Je suis ce genre de fille qui se plaint du manque de temps de la part de son père, mais je n’ai pas grandi avec et je crois que c’est ce qui fait la différence. Ou bien est-ce le fait qu’à côté de son travail, j’ai été un second choix, ou un choix imposé. Un choix qu’il n’aurait pas pris s’il n’avait pas été forcé de le prendre, justement. Je n’ai pas été désirée, et tout ça pour quoi ? Pour la médecine. Si cette discipline permet de sauver le monde, moi j’ai l’impression qu’elle m’a pourri la vie, ou une grosse partie de ma vie. Si j’étais plus impliquée dans la vie privée d’Adam, peut-être que je me permettrais de le mettre en garde contre ces emplois du temps trop remplis qu’imposent les hôpitaux lorsqu’on y travaille. Mais qui suis-je au fond pour lui balancer ma façon de voir les choses ? Personne. C’est bien qu’il veuille sauver des vies et je l’encourage, parce que je n’ai rien à voir avec lui, ou avec sa vie et en fait, je ne lui souhaite même pas de trouver une jolie femme à épouser, parce qu’à moins que d’être totalement maso, elle finira sans doute par lui reprocher ce manque de temps, ou tout simplement le fait de faire passer la médecine avant tout. Encore qu’Adam semble avoir du temps, au moins un peu. Puisque je suis là, face à lui. Je le toise du regard et si intérieurement ce mot « garde » me crispe, je me contente de lui adresser un sourire compatissant. « C’est bien une parole de médecin » finis-je par lui glisser aussi délicatement que possible. J’aime autant ne pas lui reprocher le manque de temps de mon père, parce que même si nous ne valons pas grand-chose l’un pour l’autre, il a quand même réussi à se dégager une soirée pour moi, lui. « J’ai envie de croire que t’as eu le choix entre te reposer ou passer un bout de ta soirée avec moi et que t’as choisi la dernière option. » Un sourire timide, bien que taquin se dessine sur mon visage. C’est un choix qui gonfle mon égo et même si je ne suis pas cette fille aussi hautaine qui a constamment besoin d’être rassurée sur sa personne en cherchant à gratter quelconque compliment, ça me fait sourire de jouer le jeu, de temps en temps.

Depuis l’accident, j’évite l’alcool, peut-être déjà parce que le mélange de l’alcool et des médicaments ne font pas bon ménage, mais aussi parce que je n’ai plus confiance en la Lilly avec un verre dans le nez. Cette fille qui est capable de monter avec le premier insouciant venu plutôt que de choisir la sécurité. Je ne suis pas la personne la plus prudente dans la vie, mais jamais je n’aurais voulu jouer avec la vie comme l’avait fait Julian. Encore aujourd’hui j’essaie de comprendre pourquoi, ou plutôt comment il en est arrivé là, et ce, malgré tout ce qu’il avait ingurgité ce soir-là. Mon regard est posé sur Adam alors qu’il commande deux cocktails, dont un sans alcool pour moi. Les sourcils froncés, je l’écoute se justifier quant à son choix de commande différent du mien. Certes, je finis par lui adresser un sourire en coin, acquiesçant l’idée de lui donner mon avis sur ce cocktail « Que commanderais-tu pour une jeune femme sans trop d’appétit qui ne demande qu’à être surprise ? » lui  demandais-je. Une façon de voir le genre d’homme qu’il est peut-être. S’il vient à choisir un bête sachet de frites, je pourrais au moins affirmer que l’habit ne fait pas le moine et que si physiquement il semble faire partie de ces hommes distingués, il serait en fait beaucoup plus simple que ce qu’il dégage.

Je ne sais pas trop quoi penser de la gente masculine, à vrai dire. Et si les filles ne m’ont jamais intéressées, les hommes me laissent perplexe. Surtout ces derniers temps. J’évite d’en faire une généralité pour chacun croisant mon chemin, et pourtant inconsciemment je n’éprouve que de l’appréhension à leur égard. Celui que j’ai en face de moi est encore différent de Pierre, ou même de Julian, mais l’idée que ça cache quelque chose me traverse l’esprit. Pourtant, je soutiens mon regard posé sur lui, essayant de déceler ne serait-ce qu’un petit quelque chose avant de me faire la moindre idée à son sujet « Tu n’as pas peur de te tromper me concernant ? » Je n’ai pas pour habitude de me rabaisser, mais je sais au moins que mon caractère ne plait pas à tout le monde, qu’il a tendance à dérouter mon père alors que lui-même apprend doucement à me connaître et que ma franchise n’est pas toujours bien réceptionnée par ces personnes avec qui j’échange le fond de ma pensée « Je sais pas ce qui m’inquiète. J’ai tendance à me méfier des plus âgés de vingt-cinq ans, ça ne me réussit pas trop. » Je pouvais déjà mettre Pierre et Julian dans le même sac, peut-être même mon père aussi bien que dans une catégorie à part. « Ils sont décevants… » Avec un soupçon de malice, je souris et reprends « Non, un diner c’est très bien et visiblement, ça ne change pas grand-chose si ? Puis, je ne voudrais pas empiéter sur ton emploi du temps » Je sais par expérience qu’il ne faut pas trop en demander aux médecins, encore que, je suis certaine de généraliser et de me fier à ce que mon père m’a démontré avec son emploi du temps, sans plus vraiment de place pour moi dans sa vie.

Finalement, le serveur vient apporter les boissons avec un joli rendu et bien présentées. J’imite Adam en levant mon verre, et finis par le déposer sur la table lorsque sa question me parvient aux oreilles. Mon doigt vient délicatement effleurer le pied de mon verre en suivant les formes du flamand rose, puis je relève le regard vers lui « J’ai repris les cours, je dessine, je sors un peu, je dors beaucoup, j’aime profiter de mon stage à la galerie d’art et parfois j’accepte les invitations à diner, t’es un vrai chanceux. » Je suis contente d’avoir laissé l’architecture pour le dessin, ou plutôt l’illustration dans cette école d’art. C’est quelque chose que j’aime, c’est une véritable passion et ce depuis ma plus tendre enfance. Mais depuis l’accident, ma vie est au ralenti. Les antidouleurs et autres traitements assomment et si j’étais un véritable courant d’air avant, aujourd’hui j’ai l’impression d’être une plante verte qui, petit à petit reprend le court de sa vie sans trop se froisser, sans trop prendre de risques, sans trop oser. J’essaie d’éviter les plans foireux, comme les trentenaires et quant à Adam… J’ai accepté. Peut-être parce que je sais que ma mère connaît sa famille. Ou peut-être simplement par curiosité. « Et toi, à part opérer, avoir un emploi du temps de ministre et inviter les jeunes femmes à diner qu’est-ce que tu fais de ta vie ? » je porte le verre à mes lèvres, intriguée par ce qu’il va bien pouvoir me répondre. Finalement, je ne sais rien sur lui, ou presque rien. Peut-être était-ce l’erreur en acceptant ce diner ?
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