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I appear missing now _ June&James

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MEMBRE

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() message posté Mer 8 Nov - 17:51 par James M. Wilde



« Pieces were stolen from me
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June
& James




Il y a que parfois je songe à ce temps perdu qui défile devant mes deux prunelles mortes. Il y a que tu les habites pour les enténébrer et que parfois le noir et blanc de l'existence la délave pour la rendre détestable. Il y a que pulsent dans mes veines tant de voix et de hurlements que j'aimerais arracher mes pensées une à une pour m'en débarrasser, expier le corps et l'esprit. Enfin décharnés de toi. Il y a que je m'enfuis toujours mais que je ne sais plus où aller. Car certains jours comme aujourd'hui tu es là. Partout. Partout. Sur les murs qui grisonnent de nos années navrées. Sur mon visage fermé aux autres. Ton nom enfoui au plus profond de mon être. Et pourtant sur mes lèvres. Il y a... Il y a... Tant de toi. Je ne peux disparaître. Car c'est toi qui l'a fait la première.

Je marche. Vite. Trop vite pour oublier. Oublier les lignes. Biaiser l'anarchie pour la contenir encore avant qu'elle ne me dépasse et ne me laisse désœuvré, l'amertume au coeur. L'on me bouscule. Je manque d'insulter chaque personne que je croise et si j'aboie sur certaines, c'est pour éviter qu'elles ne se risquent à m'aborder. Quelle riche idée une fois encore, James Matthew Wilde, de te plonger dans la foule qui ne peut manquer de te reconnaître alors que ta gueule traîne sur les pages des magazines à la mode, grâce au shooting très réussi d'Indianna. L'album s'envole. Moi j'essaye de creuser un peu plus. Encore un peu plus pour m'enfoncer. Je les hais. Tous. À piailler comme des hystériques tout justes lâchés en liberté à se jeter pour avoir un piètre griffonnage de mes mains abîmées. Quand Greg et Ellis sont avec moi je fais mine de consentir mais pas aujourd'hui. Pas quand j'improvise mon envolée factice dans les rues bondées. Je rembarre une connasse qui croit soudain être ma meilleure amie en attrapant mon bras pour faire son selfie de merde, bras que je lui retire d'un mouvement brusque. Ne me touchez pas, putain. Jamais. Encore moins en ce moment. Les gens ne comprennent-ils pas ce que cela produit ? Ils m'ont catalogué un jour, le terme qu'ils ont employé c'est ... Hmm... agressif-agressif je crois. J'ai cru le journaliste pris d'un soudain bégaiement avant de comprendre qu'il s'agissait là d'une terminologie pseudo-savante pour me faire entrer dans la case des dérangés. Mais j'y suis déjà, espèce de con. J'y suis déjà ! Agressif-agressif. Mieux que la passivité. Mieux que contrer l'attaque. Mieux que ne faire que la gérer en l'ignorant. Mieux que la sagesse arborée par tous ces endormis. Moi je mords. Je mords d'abord. Ainsi personne ne m'atteint jamais. Pas même... Pas même... Je ferme les yeux en m'arrêtant. Derrière mes lunettes de soleil, portées dans ce soucis d'anonymat ridicule, accessoirisé comme un monstre de foire qui confond toutes les saisons, le monde vire à la nuit. Moira se dessine dans l'hérésie de ma colère et je ravale cette salive qui brûle encore ma langue de n'avoir pas su mieux la cracher pour vitrioler sa faiblesse. Nous nous sommes vus hier... Hier quand tout était brisé à nos pieds, ma rancoeur sur le front, l'insulte de ses remords dans ses iris. J'aurais voulu qu'elle me secoue. Qu'elle m'écartèle. Qu'elle me fasse mal. Qu'elle réponde à toutes mes piques pour mieux savoir me les renvoyer. Mais non... Rien de cela. Rien du jeu qui fit nos passés reliés. Rien de ce que nous sommes car nous n'existons plus. Il y a... Il y a... Tant d'images déformées de cette nuit-là.

Je frissonne et me remets en marche, de cet automatisme invincible qui doit me porter jusqu'au Sud de la ville afin d'écouter un groupe qui ne m'intéresse pas, pour croire encore me passionner pour la scène de mon propre nightclub. Ils sont jeunes, ils sont bons, je n'ai rien à redire, c'est moi qui les ai sélectionnés. J'ai cru que le leader, Brian, allait défaillir en direct, lorsque je l'ai eu au téléphone pour lui assurer que je me déplacerai en personne. C'était avant le concert au Royal Albert Hall. C'était avant que tout ne bascule. Avant que je ne m'aperçoive que la réussite d'une carrière ne pouvait définitivement pas signifier la réussite d'une existence entière. Avant que je ne comprenne que ça ne suffirait pas. Qu'il me faudrait Moira, et qu'une fois obtenue, j'aurais l'impression de porter plus durement mes fers qu'auparavant, quand le fantasme peignait des infinis, et qu'Explorers m'apparaissait la libération de mes sens, quand à présent ils sont tous entravés par elle. J'aurais pu prendre ma moto, j'aurais pu disparaître dans le bruit et la vitesse de ma déraison lancée sur le bitume. J'aurais dû. Marcher n'est pas aussi apaisant que je ne l'aurais cru. Je heurte une fois encore une autre âme qui blesse le mienne, déjà par trop oppressée, j'éructe, le corps sclérosé par cette colère qui semble destinée à l'humanité toute entière :
_ Allez vous le coller où je pense, votre putain de selfie !
Mais c'est l'ombre qui me répond. J'ai les yeux grands ouverts par la stupeur, mes lunettes abandonnées dans ma poche, à force de me maudire de les porter, mais tout se referme car je ne vois qu'elle. Je ne vois plus que toi, et mon coeur tambourine du paradoxe qui me broie. J'oublie les mots, j'oublie même la colère, je disparais enfin. Car tu viens de réapparaître brutalement. J'ai peur, j'ai chaud, j'ai mal. Je ne sais pas, je perds 15 ans, j'en prends pourtant 120 à ne plus pouvoir me mouvoir et à demeurer là, blême, interdit au milieu des gens qui continuent de nous contourner sur le trottoir. Ce n'est pas elle. Ce n'est pas elle. Non. Non. Ce n'est pas toi. Mon cerveau peint des résurrections malsaines, et il y a tout au fond de moi, une sensation qui dispute à l'horreur une très brutale frénésie. La savoir vivante rend mes iris un bref instant brillants d'un espoir lové contre toutes mes folies, puis... La réalité nous rattrape, me gifle avec l'ironie perverse et cendreuse qui pèse sur ma respiration devenue laborieuse. Je suis là. Je suis là. Et pas elle. Elle... Elle c'est une autre. L'univers est si cruel parfois. Dire qu'elle se nomme June, tout comme sa mère. Dire qu'elle a son visage, même des années après, revenu de quelques limbes pour venir me juger. Je baisse le regard, je ne sais plus si je dois partir, fuir plus loin et prétendre que cette rencontre n'a jamais existé. Je ne peux pas la confronter, pas avec ce qu'elle sait de moi, pas avec tous les souvenirs qui nous relient, ceux que j'ai le plus loin reniés. Ils disent déni. C'est la même chose j'imagine. Je ne suis plus ce garçon-là. Je ne suis plus... Je ne suis que James Wilde. Le masque parfait de la survie hérétique, pulsée par ma musique. Mes yeux lui reviennent, plus froids, mais je peine à assurer ma voix lorsque je souffle :
_ J'espérais ne jamais vous revoir. J'espérais ne jamais revenir ici, cependant. Et... Nous voilà.
Je fourre mes mains encore bandées, les jointures à peine cicatrisées des coups échangés, dans les poches de ma veste en cuir, comme pour lui dissimuler un présent. Aussitôt dérobé. Je ne peux pas masquer mon arcade sourcilière toutefois. J'aurais dû conserver mes lunettes sur mon nez, elle ne m'aurait ainsi peut-être même pas reconnu. L'existence bascule d'un entre-deux qu'on ne saurait vraiment décider. Est-il vrai ? Est-il faux ? La réalité se froisse dans le silence de mes ponctuations. Réalité de nos passés composés. Que je renie. Ils disent déni. Elle dit déni. Elle disait. Qu'ils aillent tous se faire foutre.
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() message posté Ven 10 Nov - 9:50 par June Meynert
Elle aurait voulu prendre le vélo, mais les stations étaient déjà vides. Non de toute façon, il aurait été impossible de lui trouver une place à l'arrivée. Ce n'est pas la bonne heure. Elle avait des courses à faire, elle avait le temps et l'envie de s'aérer. Et une énorme envie d'oublier que les mots ne s’enchaînent pas ces derniers temps. Seulement, elle a une sainte horreur des rues bondées et soudain devant elle un curieux attroupement s'annonçait. Il y a toujours du monde sur les trottoirs de Londres, mais là il serait même difficile de passer. Elle observa un instant le bâtiment à côté et haussa les épaules, aucun lien ne connectait les deux. Tant pis, elle n'était pas non plus agoraphobe, elle jouerait des coudes pour se frayer un chemin. Elle n'avait parcouru que quelques mètres dans la foule qui semblait aller dans le sens contraire du sien lorsqu'elle se fit percuter de plein fouet et insulter. Cependant les mots ne faisaient aucun sens avec elle-même. Elle reprit l'équilibre et se retrouva face à une vieille ombre du passé. Quelqu'un, quelque chose qu'elle aurait préféré garder dans le passé. Il avait changé, jeune homme devenu homme à présent tout comme elle-même n'était plus une jeune femme. Son air sévère se posa sur lui, elle ne souriait pas.

Une seconde elle plongea dans ses pensées. En début de semaine chez le coiffeur elle l'avait vu dans un magasine, chanteur dans un groupe de rock qui commençait à se faire remarquer. Elle avait émis des réserves intérieures sur cette situation. Elle ne le croyait pas assez stable pour faire face à la célébrité, sa créativité musicale en était la preuve même. Les artistes se nourrissent de leurs démons, c'est ce qui faire leur génie. Des équilibristes sur un fil toujours à la limite de tomber d'un côté ou de l'autre. Il joue avec le feu et il sombrera, elle en est sûre. Soudain elle se demanda ce qu'elle faisait ici, serait-il possible qu'elle ait cherché inconsciemment à le recroiser ? Après le coiffeur, elle a écouté sa musique, agréablement surprise et touchée par sa voix. Non, impossible, elle est une femme pragmatique et Londres est beaucoup trop grand pour se fier à la chance.

Son visage impassible masqua sa surprise. Pourquoi tant de froideur, pourquoi cette réflexion cinglante après tant de temps. Elle était son docteur et elle l'avait aidé, comme tant d'autres gamins pendant des années. Mais sans doute porte-t-elle avec elle le souvenir de l'asile et de moments douloureux. Il n'y a pas que ça, et elle le sait très bien, elle le connaît parfaitement pour l'avoir analysé depuis son canapé. Il cherche à la déstabiliser pour lui faire rejoindre son propre état, il avait toujours fait ainsi et il avait presque réussi à l'époque. Nul doute qu'en grandissant il avait parfait sa technique, mais elle en avait connu d'autres et des pires que lui. Il serait sans doute trop égocentrique et narcissique pour l'admettre mais il ne faisait pas partie de ses démons. Pas comme lui. Même si elle n'avait jamais cessé de les comparer et d'admettre leur ressemblance. Elle ne lui donnera pas ce qu'il cherche, elle n'affichera aucun trouble, elle ne le laissera pas l'atteindre par sa noirceur.

« Bien. En ce cas, rien ne t'y oblige, tu as juste à t'écarter pour me laisser passer. »

Son ton est ferme, glacial par l'absence de sentiment qu'elle présente. Il n'y a rien, réellement qui puisse montrer que ses paroles l'ont choquée ou vexée. Tout qui laisse entendre qu'elle n'en a rien faire de lui ou de ce qu'il peut dire, encore moins du fait de le revoir. Même si c'est faux. Même si dans son esprit elle sait qu'il en souffrira et que c'est aussi pour son bien. Elle n'est pas psychiatre pour perdre son sang-froid à la première provocation. Elle a appris à se montrer droite et inflexible et plus encore avec les années. Il serait surpris. Elle est professionnelle. Si elle avait eu une autre réaction, sans doute l'aurait-elle invité à prendre un café, le genre de petits imprévus qu'elle tolère.

Alors qu'elle se décale sur le côté afin de reprendre sa route, un flash de lumière vint l’éblouir. Une horde de fan, voilà donc ce que c'était. Un nuage orageux qui le suit de partout. Il fait si bon d'être célèbre. Le docteur fusille du regard cet étranger aux mœurs invasives, sans crier gare elle lui arrache des mains son téléphone, le jette par terre et l'écrase avec son talon. L'homme abasourdi met assez de temps à réagir pour qu'elle reprenne sa route. Elle lui lâche tout de même qu'il y réfléchira à deux fois la prochaine fois avant de violer l'intimité de quelqu'un d'autre et puis, sans se retourner :

« Bonne journée James. »
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() message posté Ven 10 Nov - 15:40 par James M. Wilde



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Elle ne sourit pas. Non. Non. Elle ne sourit pas. Et moi non plus. Il y a l'arrêt sur image de notre chute immobile en pleine rue, au milieu du monde et du bruit. Je reconnais le froncement de sourcil qu'elle arbore, cet air professionnel que je lui connais, et que pourtant j'aimerais tant ne pas me rappeler avec l'exactitude cruelle d'une réalité devenue cauchemar éveillé. Je l'entends avant qu'elle ne parle, je la vois plus que quiconque, les autres visages devenus anonymes, mon abrutissement aux airs suspects comme ambiance empesée. Suspendue dans l'air du désaveu. Alors elle ne sourit pas. Et moi non plus. Car il n'y a pas d'extase dans cette chute-là, et un retour en arrière n'est pas toujours uni au charme de certains souvenirs. Je n'ai de souvenirs que brutaux de ce qu'elle m'inspire. Et trop de silence pour tous les habiller. J'ai plus froid encore, et les gens qui me bousculent même s'ils n'osent plus véritablement venir troubler mon calme apparent et cette rencontre importune, me font mal à chaque fois qu'ils me heurtent. Le contact physique devient une entrave des plus horribles, la même prégnance que dans ce passé qui nous relie, la même détestation pour un corps qui m'enferme, et que je ne supporte pas à chaque fois qu'un autre en me frôlant me le rappelle. Je me crispe, j'ai des réactions avec une dizaine d'années de retard, le rebours de mes névroses, celles que j'ai pourtant combattues avec acharnement, et presque vaincues. Aujourd'hui j'accepte une main sur l'épaule, pour peu que je m'y sois préparé. J'accepte une accolade, si tant est qu'elle vienne de Greg ou d'Ellis, et même de Moira. Surtout d'elle désormais. De plus en plus. De mieux en mieux. Je crois. Je croyais. Cette semaine, je ne suis sûr de rien, il y a trop de haine pour ma propre déchéance qui se dessine déjà au noir de jais dans mes veines, à chaque ligne de coke qui me distingue de la réalité que je rejette.

Elle n'a pas l'air surpris. Elle n'a pas l'air ravi non plus. Elle a l'air impassible, celui du corps médical. Ma colère est plus brusque encore, alors que je l'accueille avec aigreur. Qu'est-ce que j'attends ? Une délicatesse arrachée à cette mélancolie furieuse peinte aux flashs désagréables du désespoir sur les murs ternes de l'asile ? Non... Il n'y a pas de souvenirs qui ne soient une blessure là-bas. Même mon départ aux atours d'évasion fut une peine supplémentaire, car elle m'a plongé dans l'inconnu, le monde décharné d'elle. Elle avait réellement disparu, de mes pensées, de mon quotidien, de mes fantasmes écoeurés qui s'accrochaient encore à mes iris. Mais ils reviennent en nombre, tous mélangés, tous infamants, liant mon présent complexe avec mon passé perturbé, accouchant d'un monstre de sensations contraires qui me donne la nausée. Je ne veux pas, je ne peux pas penser à elle. Pas en ce moment. Pas maintenant alors que les gens me dévisagent ou me prennent en photo. J'imagine un instant la froideur du papier glacé avec les traits de la psy en face de moi. Un duo ressuscité malgré elle. Un couple dans une réalité alternative, qui n'aurait alors pas sombré dans la mort et la destruction. Celle qui la porterait encore... Elle. Elle. Je ne peux pas penser son prénom. Je ne dois pas. Je n'y arrive pas. Au sien se substitue celui de June, que je peux dessiner en pensées avec moins de dommages encourus.

Le tutoiement me hérisse. J'ai l'impression d'être diffamé par une familiarité malvenue. Celle qui avoue que nous nous connaissons suffisamment bien pour l'employer. Trop bien sans doute. Qu'elle me connaît par coeur, plus exactement. Ou tout du moins qu'elle connaît de moi ce que je fus à 22 ans. Foutu. Estropié. Muet. Ravagé. J'ai l'impression de me présenter à l'identique devant elle, elle me surprend dans un moment où je périclite et où je ne peux qu'afficher ces cernes qui trahissent mes nuits sans sommeil, cette maigreur maladive de drogué, cette fureur dans le regard à ne pouvoir assassiner celle qui me hante pour m'avoir trop deviné. Assassiner ma productrice... Quel terrible choix de langage. Je ne lui retourne pas la politesse, je ne me rapproche pas, je demeure dans cette distance frigorifiée :
_ Aux dernières nouvelles, vous aviez toutes les capacités à le faire par vous-même. Contourner... Ça n'a pas toujours été votre domaine de prédilection ?
Brutalité des mots une fois encore, des reproches sous-tendus, je ne sais pas pourquoi. Je devrais passer mon chemin, entraîner au loin ma kyrielle tapageuse, mais je ne parviens pas à la quitter des yeux. Elle aurait été semblable. Si semblable. Même dans ce ton parfois si froid. Je me contracte pour éviter de trembler sous ma veste. Je suis blessé. Blessé par l'apparition de mes démons, blessé par sa façon de me toiser, blessé par cette distance que pourtant je ne fais que creuser. J'aimerais qu'elle réagisse, j'aimerais que son teint de porcelaine s'empourpre violemment, j'aimerais qu'elle me maudisse. Pourquoi tant de lâches soudain ? J'ai besoin de l'affrontement que l'on dénigre, que l'on continue de me refuser alors que mon corps se voit dévoré par tous les feux de mes désirs inassouvis.

Puis l'aveuglement, une seconde de trop. Mon regard meurtrier se pose sur l'importun, elle est plus rapide que moi dans l'action, règle son compte au coupable, à la fois dans le choix des mots et dans la virulence de son geste. Virulence qui tranche son masque de froideur, laissant deviner la puissance d'une fureur rentrée. Mes prunelles reviennent à sa silhouette dérobée, brûlent la peau de son visage, sur lequel je traque une preuve qu'elle finit par me donner. Mon prénom glisse de ses lèvres, me retourne toute mon altérité. Je fais volte-face à mon tour, avant d'inviter toute cette petite cour à me laisser tranquille désormais dans un langage suffisamment fleuri pour que la plupart obtempèrent. Pour les paparazzi qui se tiennent à des dizaines de mètres, je ne peux rien, je me contente de les ignorer alors que j'allonge mon pas pour me retrouver à son niveau. Je suis si proche d'elle soudain, trop proche, suffisamment pour que mon murmure flatte son oreille :
_ Tant de violence docteur, si peu de maîtrise. Et trop de colère pour le comportement anecdotique d'un idiot qui ne représente rien.
Je tourne la tête pour détourer son profil :
_ Je vous ai connue plus... douce. Même si nous savons vous et moi que ce n'est là qu'une fable qui entoure votre caractère indocile.
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