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(New-York)Homo homini lupus est

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MEMBRE

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() message posté Mar 14 Nov - 0:32 par Frank Turner
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Septembre 2014- Février 2015


Quelques jours avant le grand départ

Le premier jour ! Voilà comment ça se passe. Ça commence par un mail. Rien de bien folichon de prime abord. Étant à la tête de son unité à Londres, Frank recevait beaucoup de mail de ce genre, du moins c’est ce qu’il croyait avant de prendre le temps de détailler le contenu de l’écrit qu’il venait de recevoir.

Cher Inspecteur Turner,

Je suis le Capitaine Cragen de la SVU de NY. J'ai eu ouïe dire que vous étiez sur une affaire d'un calibre potentiellement international. Je suis moi-même sur une enquête du même type et il est fort à parier au vu des trop grandes similarités, que nous travaillons sur la même affaire. Rappelez-moi au plus vite, je vous en serai reconnaissant !

Cordialement  Don Cragen


Frank n'en croyait pas ses yeux. Un homologue de New-York était entré en contact avec lui. Son premier réflexe fut d'ailleurs de se rendre sur Google, histoire de voir en quoi consistait cette fameuse SVU. La Special Victim Unit était en effet une unité spécifique de la police de New-York, qui se concentrait uniquement sur les crimes sexuels. En outre, une sorte de penchant plus mature de l'USM qui elle se contentait de prendre en charge toutes les affaires concernant des mineurs. L'espace d'un instant et malgré l'heure tardive à laquelle Frank prenait connaissance du mail, le flic se sentit honoré que le supérieur d'une telle unité s'adresse à lui qui œuvrait bien plus modestement avec une unité tout aussi modeste. Un verre de whisky en main, et ce, malgré l'heure tardive, il se replongea dans le dossier inhérent à l'affaire qu'il était en train de traiter actuellement. Il ressortit donc en plus de ses notes, quelques coupures de presse aux titres bien accrocheurs.

« Trois jeunes filles, âgées de 16 ans, ont été retrouvées près des docks »

« Originaires d'Europe de L'Est, elles ont subi des violences »

« Des politiques impliqués ? »

« Conflit d'intérêts ? »


Frank souffla longuement avant de déposer son verre et de se saisir du clavier de son ordinateur. Il se rendit à nouveau sur Google afin d'y checker les actualités new-yorkaises et quelle ne fut pas sa surprise en découvrant des titres de presses à peu près semblables aux siens. Ni une ni deux, il s'enquit des informations misent à disposition. Les minutes s'écoulèrent, ainsi que les heures avant qu'il ne se décide à répondre au capitaine Cragen de la SVU.

Cher Capitaine,

J'ai bien pris connaissance de votre mail et des quelques informations misent à disposition sur ce qui semble être une enquête commune. Je pense... Je n'en doute pas pour tout avouer, qu'il s'agit d'un réseau. Peut-être devrions-nous aussi contacter Interpol, puisque de toute évidence, nos deux continents sont impliqués. Je me tiens à votre disposition, n'hésitez pas à m'appeler

Cordialement Frank Turner


Il hésita l'espace d'une infime seconde avant d'appuyer sur « envoyée » et c'est ainsi que quelques jours plus tard, il se retrouva à New-York, au sein de la SVU, dans le bureau du Capitaine Cragen ravit d'accueillir son homologue britannique.

« - Bien je suis là comme promis. »

« Nous serons rejoints sous peu par Interpol. J'ai pris les devants »

« - Vous avez bien fait. Attendons donc cette personne alors ! »



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Dona Nobis Pacem

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() message posté Dim 19 Nov - 11:34 par Jean Marceau
Tom est en train de jouer dans le jardin. Il court au milieu des traverses, entre les rangées de plants de tomate et d’herbes aromatiques, essayant d’échapper à son père qui lui court après avec un casque bricolé à partir de cartons et de différents matériels de récup’. Le gamin a ses ailes de Buzz l’éclair fixées dans le dos grâce à des bretelles, et produit de petits sons aigus à chaque fois qu’il me tire dessus avec son laser intégré dans son armure. Je crie que ma revanche, celle du terrifiant Zod, dévoreur de planètes, sera terrible. Le gamin crie de joie, de rire et de peur quand je l’attrape et que je lui « mange » le ventre. Il essaie de me repousser en disant qu’il a une armure et que les dents de Zod ne sont pas assez solides. Je fais claquer mes dents devant son visage et il rit de plus belle en me mettant par mégarde son petit poing en plein dans l’œil.


Je me réveille en sursaut. Quelqu’un me secoue.


Une hôtesse de l’air. Je reprends mon souffle, et elle a l’air d’avoir sursauté, en peu effrayée peut être par ma réaction, et elle s’éloigne un peu précipitamment. Je réprime un grognement en me frottant les yeux et le visage, j’ai l’impression qu’en ayant dormi contre l’appui-tête j’ai toute la moitié droite du visage qui est endolorie, et ce n’est pas forcément une sensation plaisante. Je me retrouve à essayer de me réveiller juste avant l’attérissage, et je suis encore dans le pâté au moment de passer la douane. J’ai du mal à chasser les sentiments et le raz-de-marée d’émotions violentes qui se bousculent dans ma tête et me serrent le cœur, le sentiment persistant que tout était si bien pendant quelques instants… Avant de replonger dans le carnage de ma vie, et Heureusement, je n’ai aucun problème de papiers, ni pour l’arme de service ni pour rien d’autre. L’avantage d’être à Interpol, c’est que l’administration est efficace. Un taxi m’emmène au siège du service qui a fait appel à mes services et a demandé mon détachement provisoire, chemin pendant lequel j’enfile mon costard avec l’autorisation du chauffeur… Comme on est dans les bouchons, il a rien contre le fait que je retire la ceinture pour changer de chemise, de pantalon et de veste. Ajuster la cravate est difficile, et je note que je n’ai pas pris le temps de me tailler la barbe. Tant pis. J’arrive enfin au service des crimes sexuels, où le bâtiment grouille déjà d’activité alors qu’il est encore tôt. Après une courte attente le temps de me renseigner, on m’introduit dans le bureau.



| Capitaine Craven, je présume ? Enchanté. | dis-je en saluant brièvement l’homme derrière le bureau. Et je me tourne vers l’autre homme, en face du premier et donc, plus proche de moi. Et vous êtes ? | dis-je en tendant la main.


J’espérais qu’on en vienne vite au briefing ; j’avais eu le dossier et sa lecture m’avait rappelé ces vieilles opérations avecKat’ et Samuel, mais ça manquait de détails…
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() message posté Mar 21 Nov - 22:48 par Frank Turner
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Septembre 2014- Février 2015


En descendant du taxi pour rejoindre le bâtiment affilié à la SVU, Frank mettait un pied dans le concret. Sans trop réfléchir au préalable, il s'était embarqué dans cette affaire, une de plus s'offusquera Megane, qui depuis la mort de sa belle-mère, peinait à ramener son mari vers elle. Pourtant elle n'avait rien fait, du moins pas encore. Elle était une bonne avocate, la meilleure de son équipe, une mère dévouée qui prenait le temps de lire une histoire au petit Samuel avant qu'il ne se couche. Elle se levait la nuit pour chasser ses cauchemars et la bête fictive qui habitait la penderie du petit garçon. Oui, elle n'avait rien à se reprocher et ne comprenait pas l'éloignement de Frank. Un éloignement qui se traduisant par une surcharge inutile de travail alors qu'il pouvait déléguer. Étant désormais à la tête de son unité, c'est un privilège dont il pouvait jouir. Mais non, Frank passait encore et toujours pour un égoïste, absent, focalisé sur son travail. Megane n'avait quant à elle pas compris que c'était la seule façon pour lui de ne pas sombrer suite à la perte de sa mère, la femme la plus importante dans sa vie. Son moteur, son héroïne, son équilibre. Mais tout bonnement incapable d'extérioriser, l'Américain avait tout gardé pour lui contrairement à Dylan adepte du grand n'importe quoi, en échec scolaire et sans cesse dans la provocation. Le flic n'en demeurait pas moins un être humain qui tôt ou tard explosera. En s'enfonçant dans le travail, il espérait néanmoins retarder l'échéance.

« Avez-vous fait bon voyage inspecteur Turner ? » demanda Cragen avec bienveillance. Sortant de ses pensées et prenant place sur la chaise face au bureau de l'homme dégarni, l'Américain acquiesça. Pas adepte de la parlotte avec des inconnus, il allait cependant devoir faire un effort pour que la coopération se passe sous les meilleurs auspices « - Un long voyage dira-t-on ! Donc vous avez contacté Interpole ? » L'homme acquiesça avant de prendre place à son tour derrière son bureau, quelque peu intrigué par son interlocuteur. « Pas d'accent ? » demanda-t-il presque circonspect. «- Non ! Je ne suis pas britannique. Je suis natif de Seattle, mais j'ai passé tout mon cursus policier à Londres. »

« Ah, je vois ceci explique cela ! »

« - Toujours est-il que je suis ravi de revenir au pays et de collaborer avec votre unité »

« Moi tout autant. Surtout, que j'ai eu de bons échos de la vôtre qui est tout jeune »

« - Oui elle va bientôt souffler ses huit bougies » La discussion était sommaire, mais l'amabilité de Don Cragen perdit à Frank de se détendre et d'enrichir la conversation avant d'être interrompu par un bleu en uniforme qui annonça l'arrivée de l'agent d'Interpol qui entra sans attendre. Le capitaine quitta son bureau et s'approcha pour serrer la main du nouveau venu en rectifiant poliment la prononciation de son nom. « Monsieur Marceau ! » lança-t-il pour introduire le nouvel arrivant à Frank qui lui serra ensuite la main. « - Inspecteur Frank Turner de l'USM de Londres. » La poignée de main fut plus virile que la précédente, ce qui n'échappa au Capitaine Cragen qui toujours dans la bienveillance, fit signe aux deux hommes de le suivre hors de son bureau pour rejoindre celui des inspecteurs en charge de l'enquête. Une petite équipe de quatre personnes, dont une femme, le bras droit du capitaine qui présenta les deux nouveaux arrivants. « - Donc est-ce possible de débriefer histoire de rentrer rapidement dans le vif du sujet ? » demanda Frank bien décidé à s'y mettre. « Qu'est-ce que vous avez ? » lança l'un des inspecteurs à son homologue Britannique. « - Trois jeunes femmes de type caucasien, originaires de l'Europe de l'Est, retrouvées près des Docklands. Mineures évidemment. Le transport portuaire est typique dans les réseaux organisés. Nous avions des suspects qui nous ont mené à un poisson un peu plus gros qui n'a pas été inquiété grâce à ses bonnes relations. Mais c'est une petite échelle tout ça. »

« Effectivement. 500 arrestations, on était réalisées en Californie il y a peu. Il était bien évidemment question de trafic humain et malheureusement de pédophilie. Nous avions affaire à plusieurs réseaux. La presse en refusant de s'impliquer ne nous a pas rendu la tâche facile. Cependant, cette fois, j'ai comme l'impression que nous sommes sur un seul et même réseau » Frank se tourna alors vers Jean « - Et pour Interpol ? Vous avez le droit de nous communiquer des informations ? » Tant pis pour les pincettes, Frank voulait savoir quitte à ouvrir la boîte de Pandore.



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Dona Nobis Pacem

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() message posté Mar 5 Déc - 14:19 par Jean Marceau
Un instant, j’oublie la raison de ma présence ici. L’enquête, bien sûr. Mais laquelle ? Les cris de joie de mon gamin se superposent aux visions de mon gosse, froid, pâle, étendu sur un lit d’hôpital. Je me rendais bien compte que je n’étais pas en train de cueillir des pâquerettes, j’étais armé et j’étais aux Etats Unis pour mener à bien une enquête délicate, mais sans avoir le degrè de concentration qui convenait. Je devais me reprendre. Sinon, je ferais ce que j’avais toujours fait en cas de situation de crise, de difficulté énorme à surmonter ; j’allais agir d’instinct, et j’avais une conscience très aigüe du fait que mon instinct avait toujours été violent. Déjà gamin, je réagissais brutalement si on me surprenait, mais à l’armée cet instinct avait été encore remodelé, de même que mes réflexes, pour être capables d’isoler et d’éliminer les menaces sûrement et rapidement. Reprends-toi, mon Jeannot, sinon des gens allaient souffrir de cette situation. Je ne connais pas ces gens avec qui je vais travailler, et je me demande qui était le petit malin de l’agence de Londres qui avait cru qu’un père d’un enfant qui venait de mourir serait le candidat idéal pour une opération de ce genre. Me focaliser m’aidait à remettre un peu la situation actuelle dans son contexte. Je serrais la main du capitaine avant de me tourner vers un autre mec, qui se présentait comme « Turner de l’USM de Londres ». Je ne savais pas ce qu’était l’USM. Enfin, ça me disait quelque chose l’acronyme, mais les britanniques autant que nous autres français adorions nommer nos services avec des sigles assez peu parlants. Je me présentais à mon tour.


| Jean Marceau, commandant à l’OCRB de Paris, détaché auprès d’Interpol. |


Nous avancions donc au sein du staff chargé de l’enquête que nous venions assister, et Turner commença à expliquer le contexte. Petites jeunes prises dans les docks, Europe de l’est... En fait, j’avais plus que ma place au sein de l’équipe, depuis le milieu des années 90 les frontières de l’est avaient dégorgé toute une bordée de vice supplémentaire, se surajoutant à ce que nous connaissions déjà en Europe. A peine la guerre était-elle en passe d’être gagnée contre le Grand Banditisme que déjà l’ennemi se musclait et contre-attaquait. Je mis un instant à m’éclaircir les idées, donnant sans doute l’impression d’être un peu ailleurs, mettons ça sur le jet lag.


| Trois cadres importants de la city ont été arrêtés à Londres la semaine passée. Tous avaient participé à une espèce d’orgie malsaine dans le East End, impliquant plus d’une vingtaine d’invités et plus d’une cinquantaine de mineures, principalement venues des ex-républiques soviétiques. Biélorusses en majorité, mais aussi quelques baltes et des ukrainiennes. La plus jeune avait huit ans. Beaucoup d’orphelines, mais pas que. On tape les réseaux d’acheminement, ceux de distribution et bien sûr, les consommateurs. Vous en êtes où de ce côté-là ? Si vous n’avez pas les points d’entrée, on peut remonter la filière en sens inverse. |


Je savais que j’allais cogner férocement une porte fermée, et que j’allais passer pour un cognard, mais ça m’inquiétait pas.


| C’est qui votre gros poisson ? On peut lui rendre visite ? Même en prétextant autre chose, chez Interpol on peut chercher des témoignages sur presque n’importe quoi. |
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() message posté Lun 11 Déc - 15:56 par Frank Turner
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Septembre 2014- Février 2015
« Tu me fais quoi là Frank ? Tu es là sans être là. Le matin tu es le premier à partir et le soir le dernier à revenir. Je n'ai pas signé pour ça moi »

« -Signer !? Je rêve où tu résumes notre mariage à de la paperasse ? »

« Non ne va pas sur ce terrain, c'est trop facile. Encore une fois, tu te donnes le bon rôle ! »

« -J'ai un travail Megane. Tu sais ce que ça veut dire non ? Moi aussi je ramène de l'argent, moi aussi je paie les factures. »

« Mais tu n'es pas là pour Samuel. Il n'a pas besoin d'un portefeuille, mais d'un père merde ! »

« -Ah oui je vois ! Le discours de la mère exemplaire ressort. »

« Et tu me donnes le mauvais rôle ! Bravo Frank ! Mais regarde-toi! Je ne te reconnais même plus. Parle-moi bon sang ! »

« -On parle là non ? »

« Mais on ne règle pas nos problèmes »

Cette conversation résonnait encore dans sa mémoire, une espèce de funeste rappel illustrant la décadence de leur couple. Ils ne communiquaient plus, sinon par des formules et des mots blessants. Cette dispute, la plus violente, était certainement la dernière, car nul doute qu'en acceptant de se rendre à New-York, Frank avait signé la fin de son mariage. Il lui restait toutefois le travail pour se consoler de chacun de ses maux. Il était donc près à faire ce qu'il fallait pour s'investir complètement, quitte à oublier tout le reste, quitte à s'oublier lui-même. Le Capitaine Cragen était sympathique, quoique de la vieille école. Les rides au coin de ses yeux le trahissaient, il n'était pas tout frais dans le métier contrairement à Frank tout récemment promus à la tête de son unité à Londres. Un autre homme vint s'ajouter à l'équation, un certain Jean Marceau. Un français à en juger par l'accent. Le londonien se montra poli et le salua, il n'en demeurait pas moins sur ses gardes. L'homme dégageait une insolente certitude et semblait bien décidé à prendre les choses en main. « Sûrement un solitaire, pas adepte du collectif » songea Turner en acceptant de suivre Cragen hors de son bureau pour que les présentations soient faites avec le reste de l'équipe. Chacun étala sa connaissance du dossier apportant ainsi la petite pierre à l'édifice. New-York avait plus de moyens que Londres, c'était évident et regrettable pour Frank qui espérait ne pas être un poids. Par chance, en bon élève qu'il était, il connaissait le dossier et s'était renseigné au préalable, mais ces quelques connaissances suffiraient-elles à le faire briller ?

Marceau parlait bien et vite. Lui-même connaissait son dossier, qu'il avait surement bien étudié dans l'avion. Charismatique, après tête à claques, était, selon Frank l'adjectif qui le représentait le mieux. Le Londonien l'observait du coin de l'œil, il ne voulait pas l'interrompre, préférant attendre son tour pour reprendre la parole. Ce n'était pas juste de la politesse, mais l'envie d'instaurer, dès le départ, une bonne ambiance au sein des équipes afin de faciliter la coopération entre les services et les pays.« -Effectivement, trois cadres disons renommés, bien que nous n'ayons pas de noms, ont été arrêtés. Bien qu'il soit question de victimes mineures, Scotland Yard, nous a un peu écarté. Nous bossons de façon indépendante par rapport à la police, c'est ce qui rend les échanges compliqués. Nous avions des suspicions sur certaines personnes, j'ai donc mandaté certains de mes inspecteurs pour des filatures en bon et due forme, mais ça n'a rien donné. Il y a des passes droits pour certaines personnes, mais j'imagine qu'une fois qu'on aura donné un bon coup dans la fourmilière, il sera difficile de continuer à couvrir ces enflures. Je suis d'accord avec Jean, on doit taper là où ça fait mal tant qu'on le peut »

« Oui bien sûr, nous sommes tous d'accord, mais nous manquons de moyens pour le moment. »


« -Ca c'est la réponse de bureaucrate capitaine Cragen. Marceau a raison je le maintiens, on doit remonter jusqu'aux réseaux d'acheminement, le haut de la pyramide. S'attaquer juste aux consommateurs, c'est un peu comme couper l'une des têtes de l'hydre. Ça finira par repousser et il y en aura encore plus. Il faut frapper dans les fondations pour que tout s'écroule, mettre en lumière toutes ces pratiques. On est muselé, même la presse l'est. Ca prouve qu'on nous cache quelque chose. Loin de moi l'idée, d'être un adepte de la conspiration, mais je pense que le poisson est immense. Là on parlait de trois cadres importants de la City et si c'était plus haut encore. Moi je pense qu'on doit agir en souterrain si on veut remplir nos filets. L'immersion c'est dans vos cordes Marceau non ? »
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Dona Nobis Pacem

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() message posté Sam 16 Déc - 22:01 par Jean Marceau
[HJ c’est volontaire que Jean à ce stade considère que Frank est british, comme il vient de Londres :p ]


Je n’avais pas totalement tort, même si je savais que j’allais encore avoir quelques soucis avec la hiérarchie et le service d’éthique et déontologie. Il fallait au moins ça pour rassurer les grands pontes sur le fait qu’on venait tous de pays et de services différents mais qu’on bossait tous dans la même direction. Avant le décès de Tom, j’étais connu pour mon impétuosité, et par le côté parfois un peu bancal du point de départ des enquêtes, pour aller plus vite avant de recueillir assez de preuves. Un culot monstre et honte de rien. C’était ce qui avait fait mon succès dans la reconnaissance parachutiste, quinze ans plus tôt. Autant se servir de cette témérité pour arrêter des méchants, pas vrai ? L’américain et le british semblent me considérer avec distance, tant qu’ils ne savent pas trop à quel point je peux contribuer au dossier. En vérité, assez peu. L’enquête que j’avais menée était liée, mais seulement de façon indirecte. Turner, si je me rappelais bien de son nom, me confirme l’arrestation. Et indique bosser de façon indépendante par rapport aux autres services de police. Ah merde. Encore un casse-tête administratif de juridictions, qui me donnait envie d’un bon verre pour me détendre. Je note que le mec me donne du « Jean » mais moi, par habitude depuis l’armée, j’appellerais tout le monde par son petit nom de famille.


| Et surtout, si ces mecs sont aussi puissants et influents que vous le dites, ils connaitront nos tronches et nos postes dès la seconde personne qu’on ira interroger. Autant y aller en direct et voir ce qu’il se passe sans passer par la case « témoins ». On va là où vous avez eu des infos et où il y a suspicion, on prend la température, et on trouve des preuves. |


Bien sûr, l’amerloque freine des quatre fers. Ok pour l’efficacité, mais pas trop quand même. Manquer de moyens. Je savais depuis l’armée qu’on n’avait pour seules limites que celles qu’on se laissait fixer par d’autres. Je n’avais aucune responsabilité ici, et j’avais un mandat international pour agir. Je ne pouvais rien faire sans l’appui des locaux, et Turner me demande tout en me prenant à partie, si l’immersion c’était dans mes cordes. Pour le coup je n’avais que peu de doutes sur le sujet. Jouer au mec verreux, c’était pas le rôle le plus compliqué pour quelqu’un comme moi. J’acquiesce de la tête, même si ça ne contribue pas à chasser les maux de têtes induits par l’alcool ingurgité sans eau ni nourriture tout au long de mon voyage.


| Je n’ai pas de souci avec le fait de me faire passer pour un pourri. Tout dépend des pistes que vous avez. Si vous connaissez uniquement des fournisseurs de bas étage, des petites frappes, ça va prendre du temps et je ne suis pas sûr de pouvoir rester très longtemps. Si vous suspectez déjà quelques gros poissons et avez l’idée d’une date ou d’un lieu pour la prochaine « sauterie » de ces fils de putes, je peux y aller avec un paquet de fric, m’insérer dans la masse et « profiter » de la soirée jusqu’à étaler mon pognon, d’éventuels contacts friqués, et dire que je veux organiser le même genre de soirée prochainement. On me mettra j’imagine en relation avec un type ou deux, chez les « commerciaux » de cette organisation. De là, on prévoit un rendez-vous, on fait coup de filet et on les fait avouer, tout en ayant récolté les noms des participants au passage. Ca a l’air simple sur le papier, mais ça ne l’est pas. Déjà, il faudra trouver une identité crédible en peu de temps, avec témoins et anticiper les vérifications. Ensuite, ça veut dire m’infiltrer discrètement, me filer le passe-droit pour y aller. Ca fait beaucoup de si… A vous de me dire Turner, ce qu’il est possible de faire en fonction de ce que vous savez de ce qu’il se trame dans ce pays. SI on veut que ça soit cohérent, il faut qu’on joue sur l’aspect récent de mon arrivée, quoiqu’il arrive, pour justifier le fait que personne ne me connaisse. Ce qui veut dire jouer à l’équilibriste pour me faire entrer, entre le besoin que l’on me fasse immédiatement confiance, en tout cas assez pour m’ouvrir la porte, et le fait qu’on me connaisse peu, ou que de noml. |

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() message posté Jeu 4 Jan - 14:29 par Frank Turner
Tout n'est qu'une question de confiance. Cette phrase résonne encore dans ma mémoire, comme le triste rappel illustrant à merveille l'infériorité de mon unité dans l'esprit collectif, mais plus encore dans celui des organismes "compétents" Cela commence toujours pareil. Un type sorti de nulle part, qui en plus appartient à un autre service, débarque en plein interrogatoire, au moment même où vous pensez tenir quelque chose. J'étais fier de moi ce jour-là, qui plus est après avoir passé autant de temps à débusquer le lapin. J'en étais sûr, en plus d'être sur la bonne piste, nous flairions le bon coup. Le type que je tenais avidement entre les mailles de mon filet, n'était toutefois pas un gros poisson, il n'en demeurait pas moins l'un des rouages de la grosse mécanique et ce même en étant un petit poisson dans la rivière. Les têtes pensantes, je le savais, nageaient dans un autre court d'eau, mais ce type-là était ma prise de guerre à moi. Je l'avais arrêté, je l'avais cueilli et c'est avec une hargne dont j'ignorais l'existence, que j'ai mené à bien ce putain d'interrogatoire avant que ce putain d'homme mystérieux ne débarque. Putain ! Il s'est approché de moi, m'a baragouiné tout un monologue à l'oreille avant de me parler de confidentialité, puis de confiance. Il venait de Scotland Yard (tu parles d'un mystère) et venait, grâce à notre investigation dont il suçait l'os tel un charognard, de plonger à son tour pour attraper le gros poisson. Ils n'ont rien fait ou très peu, ce sont les informaticiens et les autres services de police (incluant le mien) qui ont mené ces branleurs jusqu'aux grosses têtes. J'avais la haine, je l'ai encore et je l'aurais pendant longtemps à n'en pas douter. Pourquoi se sentent-ils obligés de nous regarder de haut ? Bande de connards, de gratte-papier de merde, de charognards qui se délectent des restes et qui récoltent tous les lauriers.

Oui Frank, l'avait mal digéré autant qu'un bon joueur que l'on choisit malgré tout de laisser sur le banc un soir de match. Il est vrai, qu'en temps normal cela ne l'aurait pas plus ébranlé. Il se serait contenté d'incliner la tête et d'obéir à cette pseudo-hiérarchie qui plaçait toujours Scotland Yard (malgré son incompétence) devant tous les autres services. La situation différant des autres fois, Turner se laissa gagner par l'amertume du second de la classe et commença à s'isoler de sa propre famille, traînant tard le soir pour éplucher le dossier, avec quelques verres en prime. Il se focalisa délibérément sur l'affaire, prétextant une assiduité qui ne lui ressemblait guère. Ça lui occupait le cerveau et ce même si l'on frôlait l'obsessionnel. Au moins en procédant de la sorte, il ne pensait plus à la disparition de sa mère et à la tristesse engendré par un tel départ. « Vous parlez vite en besogne tous les deux ! » Don Cragen sortit à nouveau Frank de ses pensées et le remobilisa aussitôt. « - Non, on énonce une réalité Capitaine. Dans cette affaire, ce qui va nous faire défaut, c’est le temps. Ces enflures sont placées sous bonnes gardes à Londres. Et nul doute qu’il en sera de même ici avec la CIA, le FBI où que sais-je encore. On doit agir et vite. » Il écouta avec une attention quasi-religieuse, ce que Marceau avait à dire. Lui-même maîtrisé l’affaire bien plus que le sympathique et procédurier Donald Cragen qui en voulant bien faire, entraver l’avancement de l’enquête au grand dam de Frank, qui se délesta peu à peu de ses pincettes.

« - Je suis d'accord avec tout ce que propose Marceau, mais je veux en être totalement. Ce n'est pas qu'une question d'ego vis-à-vis de mon service et du fait qu'il ait été aussi injustement écarté. Je pense, je suis même certain, qu'un gros truc va nous éclater dans la tronche. Si ça n'était pas aussi important, de telles précautions n'auraient pas été à l'encontre des personnes suspectées. »

« Je vous le concède. D'ailleurs, je ne devrais le dire à vive voix, mais j'ai été contacté par le FBI, il y a peu. »

« - Ecoutez on va faire notre travail correctement. Moi perso, je suis prêt à collaborer avec Interpol si vous nous laisser participer et ce même si nos deux unités sont moindres comparées à Scotland Yard ou le FBI. D'ailleurs aussi modeste soit mon raisonnement, je pense que ça peut être un avantage. Étant de plus petits services, nous échapperons plus facilement aux radars. On a un type d'Interpol *regard sur Jean* Cela veux dire que nous ne sommes pas totalement en roue libre, si plus tard, l'on nous accuse d'avoir joué les cow-boys solitaires. Je précise que je ne suis pas adepte du complot, loin de là, mais je pense que certains services vont chercher à protéger certaines personnes, c'est évident si on parle d'hommes influents et c'est ce que sont nos gros poissons. Pour preuve, aucune identité n'a filtré et l'on se contente de dire des « hommes de la City » C'est vaste comme dénomination. Je pense qu'on ne va pas avoir besoin de jouer les pourris, où peut-être opter pour des hommes de main. Je pourrais être le vôtre Marceau. Une infiltration en binôme serait plus efficace non ? On trouve le lieu de la prochaine sauterie comme vous dites. Vous, vous causez avec les gros poissons et moi, je récolte des infos avec les petites mains. C'est un bon début. Mais il nous faudrait vos pistes Cragen pour savoir où l'on peut commencer à creuser. »

« Nous avons interrogé un type qui bosse à l'Ambassade britannique. Il est aussi le gendre de l'ambassadeur. »

« - Bah voilà, nous allons commencer par là. Les ambassades sont le meilleur endroit pour ce genre de trafic. »

« On n'a du bol ! » lança l'un des inspecteurs depuis son bureau. « Il y a un cocktail demain soir donné en l'honneur de l'ambassadeur allemand qui vient de prendre ses fonctions. D'ailleurs, ma source me fait savoir que ça ne se passera pas à l'ambassade, ce qui est étrange »

« - Sauf si ce n'est pas une soirée officielle. Il y a une adresse ? »

« Ouais, il est question du domicile d'un homme d'affaire proche de l'ambassadeur. »

« -Et bah voilà, rendons-nous à cette petite sauterie. Marceau vous vous faites passer pour un homme d'affaires et je joue votre chien de garde. Qu'est-ce que vous en dites ? Je sais ce n'est pas structuré, je ne suis pas doué en impro, mais des occasions comme ça, ne vont pas se représenter de sitôt non ? »
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Dona Nobis Pacem

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() message posté Lun 8 Jan - 20:28 par Jean Marceau
C’était un jeu de composition absurde, une sorte de poker menteur de compétition, un endroit où on misait quelque chose de coûteux, et je ne parlais pas forcément d’argent, pas forcément de sa vie… Mais quand même, sa propre sécurité. Il pouvait arriver beaucoup de choses à ce genre de soirée ; à l’OCRB, en France, j’avais déjà dû faire le ménage chez certains gangs qui avaient laissé la situation dégénérer, dans des soirées poker, des soirées de charme ou ce genre de choses. Un mec armé ou une vieille inimitié, et tout pouvait partir en cacahuète, sans parler du risque inhérent propre à la proximité de tant de personnes alcoolisées, droguées ou excitées d’une façon ou d’une autre. Le danger était partout, dans ce genre d’endroit. C’est pour ça que beaucoup de gens qui s’y rendent le font : pour le frisson, pour la mise en danger que cela impliquait. Je savais dans quoi je me fourrais, et ça promettait d’être encore plus sale que ce que j’avais déjà pu voir par le passé ; des gosses étaient impliqués. Le genre de truc qui faisait naître une réaction violente et viscérale à la majorité des gens sur cette Terre, mais pas tous, et c’était justement le problème. Mais j’allais devoir jouer au connard fini, alors que j’avais perdu mon gosse peu de temps auparavant. Ca allait être sportif, mais j’avais peut être une excellente occasion de me vider la tête, de me précipiter dans l’abîme.


Turner semble avoir les boules. Je ne le connais pas, mais il me fait l’effet d’un mec nerveux. C’était mon boulot d’avoir conscience de ce genre de choses, d’autant que Cragen, l’américain, commence à rouler des mécaniques. Typiquement américain, de vouloir garder les rênes d’une affaire, ça flattait leur égo mais sachant que les trois quarts d’entre eux devaient primes et avancement à l’efficacité de leurs services, autrement dit en pourcentages d’affaires résolues… Forcément, ça ne poussait pas toujours les gens à la meilleure des collaborations. L’inspecteur londonien s’impatiente, et pour une fois que ce n’est pas moi qui me donne en spectacle à gueuler un bon coup, je laisse couler avec la mine de celui qui donne son assentiment à ce qui a déjà été énoncé. Et en plus, le gars balance que son service a été injustement écarté de l’affaire, en tout cas à ses prémices. J’acquiesçais donc, surtout au moment où le mot « FBI » changeait la donne. C’était notre seule ouverture avec Turner. Je ne peux pas m’empêcher d’être amusé quand l’inspecteur semble me considérer comme une certaine forme d’autorité, si elle n’est pas hiérarchique au moins un peu morale ou procédurale.



| Eh bien, c’est tout à fait mon point de vue. De toute manière en tant que représentant d’Interpol dans cette affaire, je serais dans l’obligation d’ajouter aux dossiers de chacune des institutions concernées la totalité des pièces ; comptes-rendus de garde-à-vue, pièces à convictions, informations données ou récoltées sur le terrain, tout. Donc je peux y aller avec Turner. Il est sans doute le plus compétent de nous tous dans cette affaire, puisque ce genre de crime est de son ressort. Il a l’habitude de ce genre de mec qu’on chasse aujourd’hui. Lui, c’est l’expert, et moi je suis la caution que personne n’est oublié ou négligé dans cette affaire, que tout le monde récolte informations et preuves en temps et en heure. Avec un peu de chance, ça nous permettra d’abonder suffisamment dans le sens de procédures dans chacun des pays impliqués, ce qui serait idéal. De plus, s’il faut être rapide pour émettre des mandats d’arrêts internationaux, je pourrais appuyer l’avis de l’inspecteur Turner. Il n’y a que des avantages à y aller en binôme. |


Et j’avais encore un intérêt personnel à ce que quelqu’un nous accompagne ; je savais que je déraillais, je savais que j’avais des absences durant lesquelles il ne se passait rien, ou alors il se passait trop et je ne pouvais absolument pas


| Ne vous en faites pas, je mens comme un arracheur de dents à l’occasion. Quitte à ce qu’on paraisse suspects du fait de notre invitation, j’attirerais l’attention sur moi pendant que vous pourrez vérifier que c’est bien l’endroit qu’on recherche. On aura besoin d’une équipe d’intervention en back-up. Pas dit qu’on la sollicite si on a besoin d’un second round pour tous les coffrer, mais au cas où ça barde ou si des victimes sont en danger immédiat, il ne faudra pas tarder. Est-ce que vos hommes en auront les nerfs, Cragen ? D’attendre le feu vert d’inconnus, je veux dire. Et vous, Turner ? |


[i]Sous-entendu qu’on ne pouvait pas tout prévoir, et qu’il était possible qu’on ne puisse pas sauver les mineurs en une seule fois, ou qu’on devra peut être bouger en plusieurs mouvements avant de savoir mettre KO l’organisation. A ce stade, nous avions une fenêtre de tir, mais aucune idée encore de ce qu’elle allait donner. Je savais que je me posais un maître zen, là, alors que ce n’était pas du tout dans ma nature, mais j’avais déjà dû faire des choix difficiles –et condamnables- lorsque j’étais militaire. Il était malgré tout envisageable que là-bas, sous l’emprise de l’alcool, les choses dégénèrent vraiment. Et je venais de perdre Tom. J’aurais dû me déssaisir, j’aurais dû prévenir quelqu’un. Mais même maintenant, je ne le faisais pas. Je me tournais vers le flic qui avait trouvé l’adresse.



| Mettez-nous sur la liste. Turner, vous viendrez avec moi à l’hôtel, au cas où on se fait filer, on devra arriver ensemble. Vous armé, moi non. On doit pouvoir garder nos noms, vous nous arrangez ça ? Bon. Hôtel de luxe, ils doivent surveiller les noms, les réservations. Si on trouve les leurs, ils chercheront les nôtres, c’est aussi simple. Et on risque d’éveiller quelques précautions en étant rajoutés si tard sur les participants. En route ? |


J’attends que tout la babillage administratif soit fini et hop, taxi direction le Bellevue, un trois étoiles plus loin vers Manhattan Avenue. Je reclaque la porte derrière moi, et ne regarde pas mon partenaire improvisé, mais tous ces gens, dehors, qui comme toujours n’ont jamais conscience du travail fait en permanence pour les protéger.


| C’est votre première fois en infiltration, Turner ? |

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() message posté Sam 20 Jan - 15:32 par Frank Turner
Ma vie prend un tournant qui ne me ressemble pas. J'imagine déjà mes quelques connaissances émettre l'hypothèse du départ de ma mère, comme prétexte pour « péter un câble » Dans le fond, je ne peux les blâmer, ils ont raison, mais ils ne comprennent pas, ils ignorent tout de nous. Peu de personnes connaissent mon histoire, du moins dans mon cercle restreint. En quittant, comme des voleurs le continent américain, ma mère m'a fait promettre, entre deux crises de larmes, de ne jamais raconter cela, mon père était un homme influant, l'on ne pouvait écorner sa belle image et puis si on se faisait remarquer, il nous retrouverait facilement et cela était impensable pour ma mère. J'ai tenu promesse, je n'ai pas fait savoir à la face du monde que Victor Turner était un ivrogne qui battait sa femme et qui avait par la suite, pour préserver son deuxième fils à venir, décidé de passer ses nerfs sur son aîné. Quand nous sommes parti, j'ai dit adieu mentalement à cet enfoiré. Il était mort à mes yeux, seul comptait mon petit frère et ma mère. Nous sommes longtemps restés dans ce schéma. Nous étions trois, ma mère notre principale fondation, le ciment même de cette famille atypique. Nous nous sommes reconstruits aux prix de ses efforts. Le cliché me diriez-vous, elle cumulait les petits boulots pour que nous ne manquions de rien. Elle se privait elle-même pour nous faire passer devant. Ma mère n'a pas eu la vie qu'elle méritait, même son départ n'était pas digne d'elle.

Ce départ n'est pas le premier et ne sera pas le dernier, telle est la vie. Elle commence et se finit, c'est inéluctable, on ne peut lutter contre ça. Mais en la perdant elle, la première femme de ma vie, l'instigatrice de mon arrivée sur terre, c'est une part de moi qui a disparu. Quelque chose qui paraît infime, cette petite pièce de prime abord, qui fait cependant tenir tout l'édifice. Sans elle, rien n'est semblable et malgré mon âge avancé, je me sens perdu et incapable de retrouver ma route, je n'ai de cesse de m'enfoncer vers un horizon où l'avenir arbore de sombres atours. Mon couple ne survivra pas à tout ça, je le sais. Le pire, c'est que je n'ai même pas envie de me battre, même pas pour Samuel, notre fils que j'aime profondément. Ma seule consolation, c'est le travail, je m'y enfonce au point d'oublier tout ce qui m'entoure. Je dois compenser la mort de ma mère, sauver d'autres vies pour que ma balance interne retrouve un parfait équilibre. Je dois réussir, la défaillance n'est pas une option. Des vies sont en jeu, celle de dizaine, de centaines, peut-être même de milliers de gamins et gamines incertains sur leur avenir. Ca vaut le coup de se battre pour eux et de s'oublier soi-même l'espace d'un instant.


Un combat de coq entre service prenait vie entre les murs de l'unité spéciale de New-York. Frank savait que par fierté et aussi parce que le service était avide de reconnaissance, le capitaine pouvait être un obstacle, mais le temps jouait contre eux. Frank qui n'était pas là pour faire ami ami avec la concurrence, fut toutefois surpris de trouver en Jean, un interlocuteur plus à même d'œuvrer dans le bon déroulement de l'affaire. Il était d'Interpol, le terrain était forcément son domaine, bien plus que celui de ce Cragen proche de la retraite et puis ses inspecteurs forts sympathiques au demeurant, n'avaient pas l'expérience et les épaules pour une opération en « undercover » C'était son moment et Turner avec bien l'intention de jouer sa partition comme il se doit. « - J'aime ce que j'entends moi ! Vous êtes un homme de terrain, vos conseils sont à prendre avec attention. Nous avons une chance d'entrer dans la fourmilière donnons nous les moyens de réussir. Vous pouvez compter sur mes nerfs Marceau. » Frank n'était pas du genre à sociabiliser facilement, toutefois, il sentait qu'il pouvait faire confiance au nouvel arrivant en tant qu'éventuel binôme. Et puis n'était-il pas missionné par Interpol ? Avec une telle entrée en matière l'Américain d'origine ne pouvait que se sentir honoré qu'il daigne lui accorder un minimum de crédit. Et en moins de temps qu'il faut pour le dire, le Français et le Londonien quittèrent les lieux, après quelques interludes administratifs, pour prendre la direction du Bellevue, un hôtel huppé aux alentours de Manhattan Avenue le tout dans l'un des traditionnels taxis jaunes. Jean lança la discussion, Frank encore un peu sur les nerfs, prit toutefois le temps de répondre.

« - Ca se voit tant que ça ? N'allez pas croire que je ne suis pas un routinier du terrain. J'en faisais beaucoup il y a peu. Ecoutez, je ferais tout pour que cette affaire soit synonyme de réussite. Toutefois, je pense que l'on devra prendre des initiatives. Vous avez vu comment ils sont frileux là-bas ? Trop procéduriers même ! La collaboration risque d'être compliquée s'ils ne se sortent pas les doigts du derrière. Et loin de moi l'idée de jouer les adeptes du complot, mais je doute que le FBI nous soit d'une grande aide. Il est question de politicard, d'hommes d'affaires, certains bénéficieront d'une couverture, c'est évident. Qu'est-ce que vous en pensez ? »
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Dona Nobis Pacem

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() message posté Dim 21 Jan - 16:26 par Jean Marceau
Le mec qui sera à mes côtés pour cette mission au pied levé n’est pas un bleu, ça se voit qu’il a du kilométrage, mais d’un autre côté il est aussi évident que ce n’est pas forcément dans ses habitudes de tous les jours que de devoir jouer un rôle et s’infiltrer. Sans être plus simples que les autres enquêtes, celles qui portaient sur les enfants, leur trafic, leur rapt, les sévices qu’ils subissaient, devaient assez peu requérir dans mon esprit que l’on doive s’infiltrer dans ces réseaux. Mais je pouvais me tromper. Finalement, pour ne pas avoir baigné toute ma vie dans un contexte de flic, je ne pouvais que me faire une idée relativement précise de ce qu’il se passait dans ce genre de cas, en m’appuyant sur mon instinct et sur quelques idées un peu préconçues que j’avais sur le sujet. Quoiqu’il en soit, ce n’était pas vraiment comme si j’avais le choix, si je voulais en être je n’avais plus d’autre choix que celui d’assumer et de composer avec, même si je n’avais pas vraiment eu le temps de me faire un avis à son sujet. Je n’allais pas me plaindre. Même si je me sentais un peu creuvé avec le vol, le jet-lag et tout le reste, c’était pas la situation la plus confortable. J’avais l’impression que si je toussais un peu fort, mais yeux allaient me sortir de la tête.


La voiture file dans New-York et je ne ressens aucune chance, aucune impression de gigantisme. Je ne ressens rien. Ici ou ailleurs, l’endroit pue le crime et le vice et j’ai toujours la même sensation de crasse qui me recouvre, qui me taraude à chaque heure du jour ou de la nuit. D’un côté, je pouvais dire que la petite expédition que l’on se programmait m’arrangeait bien ; elle me permettait sans conteste possible d’éviter d’avoir à trop traîner par ici, a priori. D’une façon ou d’une autre, la situation ne pouvait que se régler rapidement. Turner acquiesce et semble déjà nourrir une certaine confiance. Je hoche la tête, mince sourire aux lèvres, quand il me complimente. Ca ne flatte pas vraiment mon égo, mais c’était toujours bon à prendre ; au moins il encaissait le fait qu’il ne serait pas forcément aux manettes une fois la mission lancée.



| Parfait alors, je préférais juste que les choses soient claires ; dans ce genre d’endroit on doit parfois se faire passer pour le pire des enfoirés, dire des choses horribles, ou parfois, faire des choses assez… Regrettables, pour ne pas éveiller l’attention. C’est pas toujours facile d’équilibrer son action dans ce genre d’endroit. Comptez sur moi, et sur votre propre instinct. Ne prenons pas de risques inutiles non plus ; n’hésitez pas à mentir éhontément en vous appuyant sur la vérité, ça fait toujours beaucoup plus vrai et ça ne fera pas trop dévier vos histoires. |


C’était parfois ça le piège, quand des types qui n’avaient pas encore expérimenté ce genre de situation se retrouvaient bloqués dans leur récit et inventaient un peu trop pour s’en sortir, avec la logique de « plus c’est gros, plus ça passe ». En réalité, c’était assez rare. Et c’était souvent le meilleur raccourcis possible pour terminer sur le bas-côté d’une route paumée avec une balle derrière la nuque. On allait arriver à l’hotel, mais avant ça, nous avions encore un temps pour briser la glace. Je suis rapidement assez d’accord avec ce que dit l’inspecteur. Je n’avais jamais vraiment eu confiance en des mecs qui avaient un peu trop de pouvoir à mon goût, car leur juridiction leur laissait un peu trop d’espace de manœuvre, et c’était parfois la porte ouverte à la corruption bienveillante, plus que directe. Les américains se surveillaient eux-mêmes suffisamment pour éviter que leur police fédérale ne soit gangrénée par les pots de vin, mais les « services » existaient comme partout, et quand on a des pouvoirs étendus depuis le 11 septembre, on a plutôt tendance à vouloir en profiter.


| C’est pas tant que ça se voit que j’imagine moins vos services sur ce genre de missions. Et je comprends. Je… Disons… Ce genre d’enquête me tient particulièrement à cœur aussi. |


Mon fils avait beau avoir été tué dans un accident de voiture il y a peu, ça m’avait foutu en l’air mais rien enlevé de ce que ce genre de situation pouvait réveiller comme sentiments chez moi ; si je n’avais pas pu protéger mon gamin, mort dans d’autres circonstances, je ferais tout pour protéger ceux des autres. Je sors de la voiture et le regarde par-dessus la voiture pendant que le chauffeur accepte mes billets et les recompte.


| Je pense pareil. Il faut en finir ce soir, si c’est possible, ou ramener autant de preuves accablantes possibles qui ne puissent pas être étouffées, minimisées, ou diluées dans une grosse enquête qui ne déboucherait sur rien. J’essaierais de faire suffisamment diversion pour vous laisser le champ libre. On aura du mal à prendre des photos des invités, par contre. |


En quelques instants, on monte dans les étages pour prendre possession de notre couverture.


| Bon, faut que j’arrange un peu ma tronche de cul, si je dois passer pour un mec important. Si vous voulez vous poser, profitez en un peu, la nuit risque d’être longue. On sait quand les tenues de soirée doivent arriver, et comment on se rend là-bas ? |


Turner avait peut être reçu des infos sur son portable, comme il était le lien et le moteur de l’enquête…
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