Bienvenue sur le forum.
Nous vous souhaitons une agréable visite sur London Calling.
Résultats de la Guerre des groupes !
Après presque un mois de lutte acharnée, il est temps de découvrir les résultats. Rendez-vous par ici.
Version #28 & nouveautés.
LC vient d'enfiler sa 28ième version pour fêter les 4 ans du forum, dont vous pouvez découvrir toutes les nouveautés par ici.
Underbelly Festival Southbank.
L'Underbelly Festival est arrivé en ville, rendez-vous par ici pour en savoir plus.
Fiches dans le besoin.
Besoins de liens ? Venez jeter un coup d’œil par ici pour vous aider.
Trouver des amis.
Rendez-vous par ici pour trouver vos liens manquants.
Encourager le forum en votant.
Aidez-nous à faire connaître London Calling en votant sur le top-site, merci. Plus d'infos.


The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything. (Indie,Ethan)


avatar
J'aurai l'oscar de l'amant, De l'âme en peine.

» Date d'inscription : 24/05/2017
» Messages : 627
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : james hot mcavoy.
» Âge : trente-six ans.
» Schizophrénie : helga & benedict & astrid.
() message posté Lun 20 Nov 2017 - 21:11 par Daley K. Brady
The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything.



What have I become my sweetest friend. Everyone I know goes away in the end. And you could have it all my empire of dirt, I will let you down, I will make you hurt. I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time the feelings disappear, you are someone else; I am still right here. ⊹ Hurt (Johnny Cash)
Un bouquet de fleur à la main, une cravate noir autour du cou ; Les cheveux brossés en arrière, la barbe coupée pour l'occasion et une chemise blanche correctement repassée ; J'ai même pensé à mettre du parfum pour masquer l'odeur persistante du tabac. Je marche en direction du Great Ormond Street Hospital, mon long manteau en laine noir sur les épaules. L'hiver s'installe doucement dans les rues de Londres, le Grand brouillard comme ils l'appellent parfois. Une brise désagréable me chatouille le visage. La fraicheur de cette fin de journée fait rougir mes joues et le bout de mon nez, contrastant avec la pâleur de ma peau et les cernes marquées de mes yeux. Je tente tant bien que de mal de protéger les lys du bouquet que je tiens dans les mains en les plaquant délicatement contre mon buste, sous mon caban. Je ne suis pas sûr d'avoir choisi les bonnes fleurs, mais j'ai été conseillé par la fleuriste. « Les roses, c'est tellement surfait, offre-lui plutôt des lys. » s'est-elle exclamée avant de m'en montrer diverses variétés. J'ai toujours été nul pour ce genre de chose. Habituellement, je prends des roses. Tout le monde aime ça, elles sont intemporelles. Et avec le peu de sensibilité que j'ai concernant la botanique, je peux affirmer que ce sont de belles fleurs. Mais je me suis laissé tenter par des lys. Allez savoir pourquoi. Il paraît que leur signification est « Ose m'aimer ». Je ne suis pas sûr que ce soit le message que je veuille faire passer ce soir, c'est même sur que c'est pas le cas. Mais elles ont au moins le mérite d'être agréable à regarder.

Je marche un long moment dans les rues de Londres jusqu'à ma destination. Je n'ai pas pour habitude d'aller dans cet hôpital ; je ne suis à Londres que depuis quelques mois, et même si j'habite dans le quartier d'à côté, mon lieu de travail lui est plutôt éloigné de Bloomsbury. C'est à l’hôpital de St. Mary que j'exerce mon métier d’anesthésiste, pas ici. En temps normal je n'aurais aucune raison de venir jusque là ; c'est un centre hospitalier pour les enfants. Je n'ai aucun lien de près ou de loin avec cet établissement. Mais j'ai tout de même fais l'effort de venir jusqu'ici en cette fin d'après-midi, et ce n'est pas pour rien.

Je finis par arriver jusqu'à l'hôpital, pas trop mécontent d'avoir pu conserver le bouquet de lys en parfait état malgré le vent. Je rentre dans l'établissement, agréablement surpris par la chaleur qui y règne. Je me dirige vers la réception et demande à ce qu'on m'indique le numéro d'une chambre. « Vous êtes de sa famille ? » Me demande la jeune femme derrière le comptoir. Je lui déroche un sourire tout en lui répondant négativement. « Je suis juste un ami. Ça pose un problème ? » Ai-je répondu innocemment. Je sais bien que ça en pose un, moi aussi je bosse dans les hôpitaux. Je sais comment ça se passe en général. Mon interlocutrice me sourit en retour, et prend le combiner du téléphone qui se tient à sa droite. Elle compose un numéro, et me désigne les sièges qui sont aux alentours. « Je vais demander. Vous pouvez vous assoir en attendant. » Je m'exécute sans rien ajouter. Le bouquet de fleurs à la main, je m'assois sur les fauteuils multicolores qui ornent le hall d'entrée. Je pose les lys à côté de moi, et passe mes mains sur mon visage. Je sens mes doigts trembler et mes pensées divaguer. Putain, pas maintenant. Les minutes passent, je commence à penser que la réceptionniste m'a oublié. Je déteste attendre, surtout en ne faisant rien. Je sors mon portable et commence à flâner d'une application à l'autre. Je jette de temps à autres des regards vers la réceptionniste. Au bout d'une dizaine de minutes, elle finit par me faire signe de m'approcher. Je me lève d'un bond et la rejoint en deux enjambées. C'est à ce moment-là que j'ai cru voir quelqu'un. Comme une apparition, un fantôme du passé. Une chevelure blonde et une silhouette qui ravive ma mémoire. « C'est bon, vous pouvez aller la voir. C'est la chambre 203 au deuxième étage. » Je n'ai pas le temps de m'attarder plus sur ce que je crois avoir vu. Car non, ça ne peut pas être réel. Le hasard ne peut pas si bien faire les choses. Je remercie la réceptionniste avant de m’éclipser dans les escaliers.

Un instant plus tard, je frappe à la porte 203, le bouquet de fleur caché dans le dos. J'entre dans la petite pièce aux murs blancs. Mon regard se pose directement sur le corps frêle allongé sur le lit au milieu de la chambre. Un grand sourire m'accueille pourtant, ainsi qu'un « Daley! Je m'attendais pas à te voir ! » Elle se redresse contre les coussins avec une certaine difficulté. Mais son sourire ne faiblit pas. Je m'approche un peu plus et sort le bouquet de fleurs de sa cachette un peu grotesque. « Je t'ai apporté des fleurs, j'espère qu'elles te plaisent. » Elle me regarde, ses yeux bleus fatigués me transpercent le cœur. Je pose les lys entre ses bras, et je m'assois au pied du lit. « Je les adore ! Tu es le premier à m'en offrir. » S'est-elle exclamée avant de poursuivre. « Les autres m'ont offert des chocolats, des peluches et des bijoux. Mais les fleurs c'est trop classe. Ça me donne l'impression d'être... » Elle hésite et ne finit pas sa phrase. Je regarde la pièce autour de nous et observe ce qu'elle vient d'énoncer. Puis je plante un regard doux et compatissant dans les yeux clairs de mon interlocutrice. « Une dame ? » Ai-je demandé. Je la connais assez bien maintenant pour connaître la réponse. Elle hoche la tête de haut en bas et me sourit à nouveau. Je m'approche d'elle et prend sa main droite entre les miennes. « Comment tu te sens Beth ? » Ai-je finis par demander, le ton de ma voix trahissant mon inquiétude. Elle a failli mourir, c'est ce qu'on m'a dit à la dernière réunion des Narcotiques Anonymes. Une overdose, putain. Elle a que dix-sept ans. Une si belle jeune fille avait failli crever à cause de la drogue. Dans quel monde on vit pour que de telles choses arrivent. « Bien. Et maintenant que tu es là, ça va encore mieux. » Sa main libre vient se poser sur l'une des miennes, qu'elle sert avec le peu de force qu'elle a. Je lui souris sincèrement. La jeune fille se relève pour se pencher vers moi. Je l’accueille volontiers dans mes bras, posant ma tête au dessus de la sienne. Une question me brûle soudain les lèvres, et je ne peux me résigner à me taire. « Pourquoi t'as fais ça Beth ? Je croyais que c'était derrière toi maintenant. Et puis ça faisait un moment qu'on t'avait pas vu. » Elle se met à trembler, elle savait que je demanderais. Et elle sanglote un long moment avant de me répondre dans un murmure. « Je sais pas Daley, j'ai craqué. Je me sentais pas bien, on s'était encore moqué de moi au lycée. J'avais envie d'oublier. Je suis vraiment conne. » Je ressers mon étreinte sur la jeune fille. Je lui embrasse le front. « Dis pas n'importe quoi. Ça peut arriver à tout le monde. L'important c'est que tu t'en sortes pour de bon cette fois. » Je sens ses petites mains frêles dans mon dos appuyer un peu plus fort. Puis je m'éloigne doucement. Elle me fixe avec ses yeux larmoyants. « Comme toi. Toi tu t'en es sorti. T'es mon modèle Daley. J'espère qu'un jour je serais aussi forte que toi, et que j'aurais plus jamais envie de toucher à cette merde. » Son regard est plein d'espoir. Je lui inspire tellement de respect. J'ai l'air d'être un homme fort et équilibré, bien dans sa peau et qui sait où il va. Alors que tout ça, c'est qu'un putain de mirage. Si elle savait, je suis sûre qu'elle me cracherait à la gueule. Je dois avoir au moins autant envie de reprendre un médicament que Jodie pense à la cocaïne. Je sais pas si c'est le cas de tout le monde. Ou s'il n'y a que les ratés qui finissent comme ça. Mais j'ai envie de faire espérer cette pauvre enfant que la porte de sortie, elle existe. Parce que sinon, pourquoi se bat-elle ?

Je passe un long moment avec la jeune fille, une demi-heure, peut-être une heure. Je finis par me lever, je lui promets que je repasserais souvent. Jodie me dit qu'elle pensera à moi à chaque fois qu'elle sentira les fleurs que je lui ai offertes. Je quitte la pièce dans un dernier geste de la main, dans un dernier sourire, et je referme la porte derrière moi. Mon sourire s'efface dès que je me retrouve dans le couloir. Je dessers ma cravate parce que j'ai l'impression de suffoquer. Je repense à tout ce que la jeune fille m'a dit. Je devrais être heureux d'être son modèle. Mais ça me bouffe de l'intérieur. Je finis par redescendre dans le hall. Je remets mon manteau sur mes épaules, et j'adresse un sourire aimable à la réceptionniste avec qui je me suis entretenue toute à l'heure. Et c'est là que je les ai vu. Je pouvais pas les rater. C'est là que je me suis rendue que j'avais pas rêvé toute à l'heure. Indianna, sa crinière de lumière, sa silhouette fine et élancée ; je m'étais pas trompé. Maintenant, je suis certain que c'était elle. Surtout parce qu'à présent elle est à seulement une dizaine de mètres de moi. Et parce que l'homme qui l'accompagne, je suis sûr de le connaître aussi. Ethan. Ethan le ténébreux, avec ses cheveux bruns et ses yeux bleus perçants. Difficile de les oublier tous les deux. Surtout après avoir passé autant de temps à les retrouver. C'était mon objectif principal, la raison pour laquelle j'avais choisi Londres plus qu'une autre ville. J'aurais pu rester en Écosse, continuer le petit train quotidien que j'avais lentement instauré là-bas après plusieurs années. J'avais pas prévu que nos retrouvailles soient aujourd'hui. J'avais prévu un plan précis depuis plusieurs semaines. Mais maintenant qu'ils sont là, devant moi, ça serait bête de reculer, de partir en courant. Je m'approche doucement. Je remarque qu'Ethan est en blouse blanche, et je peux qu'en déduire qu'il bosse dans cet hôpital. Étrange coïncidence, lui aussi travaille dans un hôpital. Je sais pas comment les aborder. À mesure que je m'approche, je sens mon cœur bondir dans ma poitrine, et ça de plus en plus fort. C'est tellement étrange de les avoir devant moi. Si près, après toutes ces années. Il reste plus que quelques mètres. Je sers les poings, j'ai l'impression de bouillir de l'intérieur. Je me plante à un mètre en face d'eux. Ils ne m'ont pas vu, mais moi je vois bien leur complicité. Ça paraît évident. Je me racle la gorge, pas très sûr de ce que je fais. Leur tête finissent par pivoter vers moi. Et j'ai l'impression de me retrouver dix-huit ans en arrière. Tout me revient dans la face. J'ai la tête qui tourne, les mains qui tremblent. Et d'un sourire au coin de la bouche, trahissant que très peu ma crispation, je finis par m'exclamer d'un : « Eh bien, salut vous deux. Ça fait un bail. »
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1912 WORDS.

Revenir en haut Aller en bas

avatar
So let me be and I'll set you free.
.
» Date d'inscription : 03/12/2015
» Messages : 1122
» Pseudo : Mom's
» Avatar : Natalie Dormer.
» Âge : 34 yo. (6/8/83)
» Schizophrénie : Lucian T. (j.momoa) + Samuel A. (j.gyllenhaal) + Victoria S. (o.wilde)
() message posté Mar 21 Nov 2017 - 16:56 par Indianna L. McCarthy

❝ Just gotta figure out. ❞
 Daley & Ethan & Indie  
Don't get caught up in me feeling off course today. You can take a minute before you go slipping away. I know I took some time but I realized my mistake. You don't have to be part of the problem. I just need a second chance
Le verdict était tombé comme un couperet. Tranchant, sévère et sans appel. Pendant une seconde, peut être même une minute, elle avait crut à une blague. Une blague pas drôle du tout, limite cruelle, mais une blague quand même. Parce que c'était tout bonnement impossible, si ? Non. Impossible. Comment un enfant pouvait connaître une telle horreur ? Il ne pouvait pas. Il ne devait pas. « Mme. McCarthy ? » Indianna leva son regard vers le médecin. En d'autres circonstances, elle aurait relevé le mot employé. Madame. Elle ne supportait pas cela. Elle n'était pas marié, ne le serait probablement jamais, alors s'était une demoiselle. Même quand elle serait vieille et ridée, elle resterait une demoiselle. Elle se sentait plus libre ainsi et la liberté, c'était ce qu'elle avait de plus cher. Mais là, elle ne parvint pas à le reprendre, ni à lui tenir son discours féministe qui disait merde à cette appellation de Madame. Là, rien. Pas même une réaction, simplement un regard vide, creux, incompris. « Est-ce que vous avez saisit ce qu'il va se passer à présent ? ». De quoi ? Comment ? Non, elle ne saisissait pas et elle luttait pour ne pas foutre le camps, pour ne pas écouter à nouveau son discours brutal et cruel. Son putain de ton conciliant qui se voulait tendre alors qu'elle avait l’impression qu'il venait de la gifler. Elle voulu partir et vite, disparaître, emmener son fils avec elle et s'enfouir très loin de cette réalité de merde. Mais même si elle le voulait, elle avait l’impression que ses jambes ne la porteraient pas, qu'elles allaient flancher à la moindre tentative de fuite. Elle avait le sentiment que plus rien n'allait la porter à présent, que tout allait foutre le camps. N'était-elle pas plus combative en temps normal ? Ne devait-elle pas dire quelque chose en cet instant ? Le toubib refit un essai en s'approchant d'elle, mais même là, elle ne semblait pas le voir, pas vraiment. Pourtant, ce n'était pas ses larmes invisibles qui lui brouillaient la vue, non, c'était plus son esprit qui avait bloqué. La réalité était-elle qu'elle préférait la fuir en cet instant. Elle sentit un contact sur son épaule et elle finit par réagir en levant son regard vers son interlocuteur. « Je suis là », dit-elle, laconique. Oui, visiblement, elle n'était pas encore partit. Mais si physiquement elle sentait ses pieds bien ancré dans le sol, trop peut être, elle sentait son esprit divaguer, désirant s'enfuir aussi vite que possible. Elle vit son regard compatissant et elle eut, de nouveau, envie de le gifler. Pourtant, il ne faisait que son travail, il faisait sans doute au mieux, mais Indianna n'avait pas vraiment conscience de ça actuellement.

Au bout de quelques jours, elle dut se résoudre à accepter que tout ceci était bien réel et qu'il n'existait aucune caméra cachée dans cette histoire. En même temps, cela aurait été cruel, mais largement préférable. Voilà qu'elle se retrouvait à l'hôpital, entre ses murs délavés et ses sols aseptisés. Elle détestait les hôpitaux, elle les avaient toujours haït. Sans doute parce qu'ils lui rappelaient tous ses mauvais souvenirs, tous ceux qu'elle avait choisi d'enfouir au plus profond. Elle avait écumé ceux des pays en difficulté pourtant, elle en avait vu des blessés, des gamins sous-alimenté, mais cela restait professionnel. Une barrière indicible avec sa sphère privée. Mais là, elle était là pour elle, pour son fils et tout ce qu'elle avait cherché à fuir tout ce temps venait de la rattraper en un temps record.  Nolan remua près d'elle et elle revint à elle, comme éveillé après un long rêve, une très longue torpeur. Mais elle ne sortait pas du cauchemar, elle y était plongé en permanence et il semblait ne pas trouver d'issue. Pourtant, cette chambre était bien réelle, tout comme le petit corps de Nolan endormit dans ce foutu lit d'hôpital. L'odeur de l'antiseptique vint lui gratter la gorge et elle se prit à suffoquer. Ce n'était rien en soit mais c'était devenu tout. Tout ici était insupportable, mais le pire, c'était son incapacité à y faire quoi que se soit. Vulnérable, elle ne pouvait que rester passive devant cette situation, ne pouvait absolument rien faire pour soulager son fils. Sa propre chair. C'en était trop. Elle se leva, fit des allers retours dans cette petite chambre mais l'air commençait de nouveau à lui manquer. Elle refoula les larmes qui lui venaient. Elle s’interdisait de pleurer devant Nolan, même s'il dormait et qu'il ne risquait pas de se réveiller tout de suite avec ce qu'ils lui avaient administré. La crise d'angoisse s'amplifia, l'obligeant à quitter la chambre et à se plaquer contre le mur le plus proche. Elle chercha à se calmer mais plus elle y pensait, plus la pression dans sa poitrine prenait de l'ampleur. Elle ne comprit pas tout de suite que quelqu'un s'était agenouillé face à elle. Elle sentit deux mains enserrer ses épaules secoués de spasmes et reconnu Ethan. Il lui parlait mais elle ne comprenait pas tout, elle s'attacha simplement à sa présence et la pression retomba doucement. Elle finit par le suivre, encore hagarde, mais se raccrocha à cette silhouette familière.

Une fois dehors, elle gonfla ses poumons d'air frais. Elle avait laissé sa veste dans la chambre de Nolan mais le froid lui fit du bien. Elle avait envie de hurler, de crier sa colère, son indignation à la terre entière, mais rien ne vint. Elle fut simplement soulagé d'avoir Ethan auprès d'elle. Jusque là, elle était seule pour mener ce combat. Bien sur, il savait, il l'avait su très rapidement même, mais elle n'avait pas voulu mêler sa peine à la sienne. Quelle amie serait-elle pour lui offrir ce spectacle après son propre drame ? Visiblement, il s'en moquait, car il était toujours là, patient, attentif. Leurs pas les menèrent dans le hall. « Merci. Ça va, je me sens mieux. », mentit-elle avec le meilleur aplomb qu'elle pouvait avoir aux vues des circonstances. Qui pensait-elle berner ? Elle-même bien sur. Jusque là, elle n'avait pas pleuré, refusant que quelqu'un puisse la surprendre à craquer. Par pudeur, peut être, mais aussi par détermination. C'était ça qui l’avait tenu en vie ces dernières années et aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour, elle ne devait rien lâcher. Elle passa ses mains sur son visage encore rougi quand elle tourna son regard sur la gauche. Sur le moment, elle crut que son imagination lui jouait des tours. Parce que c'était impossible. Décidément, trop de choses qui n'étaient pas sensé se produire lui tombaient dessus ces derniers temps. Daley. Alors qu'elle pensait encore être soumise à une hallucination, elle l'entendit : « Eh bien, salut vous deux. Ça fait un bail. » Plus de doute possible. Vraiment aucun. « Daley... », souffla-t-elle. Dire son nom à haute de voix confirma que tout, encore une fois, était bien réel. « Tu... Enfin, oui, ça fait longtemps ». Elle ne savait comment l'expliquer, mais au fond d'elle, elle sentait que cette journée n'avait pas fini de la surprendre.
code by lizzou — gifs by TUMBLR — .



@Daley K. Brady ; @Ethan I. Hemsworth
Revenir en haut Aller en bas
Guyliner.

En ligne
avatar
Guyliner.

» Date d'inscription : 13/10/2016
» Messages : 8552
» Avatar : Colin O'Donoghue.
» Âge : 36 ans.
() message posté Sam 25 Nov 2017 - 0:50 par Ethan I. Hemsworth

But I remember everything

- Indianna — Daley — Ethan -


My friends are so distressed and standing on the brink of emptiness. No words I know of to express this emptiness. I love all of you, hurt by the cold, so hard and lonely too when you don't know yourself. - my friends, rhcp. -

Etonnant, comme un même endroit peut être à la fois le lieu de vos pires cauchemars et celui de votre salivation. Tous les jours je prenais sur moi quand je voyais un petit garçon franchir un couloir, une chambre. Une lutte permanente pour ne pas compter quel âge il devait avoir, deviner d’où lui venait sa jolie couleur d’yeux. C’était fou, savoir de quoi un gamin allait sûrement mourir et ne pas connaître son âge. Peut-être que c’était moi, le fou. Peut-être qu’un jour j’allais finir par péter un câble au beau milieu d’une séance, ou dans le bureau de la pédiatre, et terminer mes jours interné entre les murs de l’hôpital dans lequel j'aurais travaillé des années. J’arrivais à apprécier l’ironie d’un tel scénario catastrophe. Fallait avouer que l’ironie, je connaissais bien. Combien de temps s’était écoulé depuis le dernier incident ? Un mois ? Deux mois ? C’était flou. Je me revoyais courir, affolé, du service psychiatrique jusqu’au bureau de pédiatrie, après quoi, un grand écran noir. En me concentrant, je visualisais le visage de ma femme, son esprit quittant son corps, moi, agenouillé devant elle, essayant de la ramener à elle en lui parlant, avec des promesses que je ne pouvais pas tenir. Parce qu’en réalité j’étais comme elle, mort de trouille à l’idée que notre fille ne ressorte jamais du bloc opératoire, et ça, en dépit des compétences inégalées de la chirurgienne, en dépit de la toute petite opération dont il s’agissait. Peu importe, ça avait suffit à rendre sa mère et moi blancs comme un linge, à ranimer nos vieilles angoisses, les vieux démons venus nous rappeler qu’ils avaient toujours été là. Une peur irrationnelle. Encrée. Viscérale. La pire des peurs. Alors comment j’étais censé visiter un petit garçon après ça ? Pas n’importe quel petit garçon. Un que je connaissais sûrement mieux que le plus proche de mes jeunes patients. Son âge, la couleur de ses yeux, la teinte de ses cheveux, le son de sa voix, ce qui le faisait rire ou lever les yeux au ciel, ce qu’il aimait et ce qui l’énervait au point de demander à Ava de l’aider à se venger, malin qu’il était d'entrainer ‘’une grande’’ dans ses farces. Nolan. Je connaissais presque tout de lui. Ce que je ne savais pas par moi-même, je l’apprenais par ma fille. Je connaissais Nolan autant que sa mère, ma plus vieille amie, et je devais leur mentir à eux aussi ? Leur dire que tout irait bien, qu’il s'en sortiraient ? La dernière fois que j’avais crû cela, je m’étais retrouvé avec un bébé mort dans les bras. Mon bébé. Chaque jour j'apprenais à vivre avec la douleur de cette perte, le douloureux souvenir qui ne s’effacerait jamais, à en tirer quelque chose de positif, pour la mémoire de mon garçon et pour rendre mon frère fier de moi. Pourtant, je n’avais aucune envie d’être là. C’était mon lieu de travail, j’y passais mes journées, des nuits parfois. Mais j’aurais tout donné pour m’enfuir comme un lâche. Fermer les paupières et disparaitre aux yeux du monde. Mes mains tremblaient légèrement, pas assez pour que les quelques patients de la matinée le remarque, planquées sous le bureau ou dans mes poches. Ma veste ne quitta pas mes épaules, déjà prêt à partir dans ma tête. Les tremblements, tout habillé pour sortir, on aurait pu croire que j’avais hâte, que je trépignais d’excitation comme un écolier comptant les secondes avant la sonnerie. Je l’aurais été pour retrouver Nolan ailleurs que dans un lit d’hôpital, les moments passés en sa compagnie étaient toujours joyeux. Sauf qu’en pareilles circonstances, ce n’était pas de l’excitation. Tout le contraire même, c’était de l’anxiété.

Je tombai sur Indie au détour d’un couloir, fondue dans le mur immaculé. Difficile de savoir s’il la soutenait ou s’il s’écroulerait sans son appui. Mon poignet s’accrocha à mon sac désespérément, y trouvant une bouée de sauvetage en me concentrant sur ce qu’il y avait à l’intérieur pour ne penser à rien d’autre. Rien qu’un sac de voyage petit format dans lequel j’avais mis tout un tas d’objets en sachant que certains seraient inutiles. Des jeux les moins encombrants possibles, beaucoup de matériel de dessin, des livres audio, de la musique aussi. Ava et moi nous étions appliqués à faire des compiles. N’importe quoi pour faire passer le temps plus vite à Nolan, aussi dans l’espoir de le rendre le moins désagréable possible. J’y avais également glissé une petite bougie parfumée, parfaitement naturelle. Un conseil d’Amanda. Elle avait essayé de mettre des mots sur ce qui la troublait le plus dans sa phobie des hôpitaux. Moi, je ne faisais plus attention à l’odeur si caractéristique. Quelque chose de tellement inseptisé qu’on ne pouvait pas vraiment parler de parfum. Il n’y avait justement aucun parfum. C’était bien ce qui perturbait. L’absence de vie dans l’air. Il fallait croire qu’en y travaillant depuis près d’un an j’avais fini par m’y habituer. Me remémorant les objets un à un tel un mantra de fortune pour continuer d’avancer le plus calmement possible, j’arrivais à la hauteur d'Indiana l'air serein. Une sérénité pas plus solide qu’une façade mais qui devait faire suffisamment allusion. J’avais l’habitude. Surtout, je n’étais pas celui à plaindre ni à soutenir. Ce n’était pas mon fils prisonnier de la chambre d’à côté. Ce n’était pas moi le parent qui devait en vouloir au monde entier et se ronger les sangs. Non, c’était Indianna qui vivait cette épreuve. J’avais beau savoir ce que ça faisait, avoir déjà vécu ce sentiment révoltant d’injustice, je n’allais pas la ramener. Non, s’il y avait une chose qu’un évènement aussi tragique m’avait appris, c’était de fermer ma gueule. Parce qu’il n’y avait tout simplement rien à dire en de pareilles circonstances. « Indie... » Rien qu’un prénom à prononcer. Une main à tendre. Ce que je fis, le plus lentement possible pour ne pas la surprendre avec un geste brusque. Pas de réponse. « Indie je suis là. » Je me penchais dans l’espoir de la sortir de sa torpeur, posant doucement mes mains sur ses épaules au cas où elle s’écroulerait. Je le craignais en me penchant, quand mon regard toisait le sien, rouge de colère et de larmes refoulées. Elle devait lutter tellement fort, putain, il fallait qu’elle sorte de là avant d’imploser dans mes bras. Elle n’aimerait pas se mettre à pleurer, même devant moi, c’était certain. « Viens prendre un peu l’air. On me bipera s’il se réveille. » Ce que je pensais en réalité c’était sors vite de là. Moi aussi je devais sortir. Sentir l’air fouetter nos visages livides, réveiller nos esprits en sommeil. Rien de mieux à lui proposer sur le moment. Saloperie d’impuissance.

« Merci. Ça va, je me sens mieux. » Mieux… Mieux que pire. Et loin de se sentir bien. Comment pourrait-il en être autrement ? Je ne relevai pas ses paroles, gardant simplement un bras au plus près d’elle tandis que nous rentrions dans le hall, prêt à la soutenir à tout moment. Je maintenais juste assez de distance pour ne pas lui laisser penser qu’elle avait besoin d’aide, qu’elle était faible d’une quelconque façon. Des abrutis en blouse blanche semblable à celle que je portais m’avaient fait sentir faible à l’époque, m’administrant de force une quantité affligeante de calmants. Ça avait été le pire. Je m’étais senti comme un chien qu’on euthanasie. Résultat, j'en étais ressorti plus enragé encore, l’envie de mordre jusqu’au sang, de leur baver dessus. Au moins, avec moi à ses côtés, la mère ne manquerait pas le réveil de son fils et aurait droit aux meilleurs spécialistes pour s’en occuper. « Merde j’ai laissé le sac dans le couloir. » Dans ma hâte d’apaiser sa crise d’angoisse, j’en avais oublié mes affaires, remarquant trop tard que l’irlandaise n’avait même pas de veste. « Ava et moi on lui a apporté quelques affaires. » J’esquissai un sourire, peut-être que cette nouvelle la distrairait une seconde. Ou elle lui rappellerait que son enfant devait rester à l’hôpital et ferait de moi un psychologue vraiment merdique. Au moins l’information retint son attention, et elle continuait de parler un peu. C’était déjà bon signe. « Tu veux boire quelque ch… » Quelque chose de chaud. Mais ces mots restèrent coincés dans ma gorge quand j’entendis une voix masculine nous interpeller. « Eh bien, salut vous deux. Ça fait un bail. » Mes sourcils se froncèrent, agacé que quelqu’un ose nous déranger, puis je réalisai ce qui se passait en suivant le mouvement d'Indianna. « Daley. » Si elle n'avais pas tourné la tête en sa direction, je n’aurais surement pas posé un oeil sur lui. Alors que j’en posais deux, je le fixais complètement, ébahi par ce que je voyais. « Tu... Enfin, oui, ça fait longtemps » Est-ce que je pouvais dire un truc de ce genre là moi aussi ? Ça fait un bail ? Est-ce qu’on pouvait dire ça après vingt ans ? Le son de sa voix s’effaçait déjà. Un écho d’outre tombe. Bordel, je n’avais même pas reconnu sa voix. Son visage par contre… La ressemblance avec l’adolescent que j’avais laissé me fascinait. « Vieux… » Un souffle. Ouais, j’étais complètement soufflé. Je le reconnaissais comme on se remémore un rêve, comme on repense à un souvenir d’une autre vie. « Qu’est-ce que tu fais là ? » La vie pouvait-elle être aussi simple ? Déposer un souvenir d’enfance à vos pieds, vous ramener un ami perdu, un bout de votre terre natale ? Vous faire ce cadeau par pure générosité puis reprendre son cours ? Je voulais y croire. Avancer, l’enlacer, comme on enlace un membre de sa famille qui retrouve le chemin de sa maison. Rentrer chez moi, c’était ce que je souhaitais le plus au monde. Mais quelque chose me faisait douter. Je ne rentrerai pas aujourd’hui.

code by lizzou —
@DALEY K. BRADY  @INDIANNA L. MCCARTHY

Revenir en haut Aller en bas

avatar
J'aurai l'oscar de l'amant, De l'âme en peine.

» Date d'inscription : 24/05/2017
» Messages : 627
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : james hot mcavoy.
» Âge : trente-six ans.
» Schizophrénie : helga & benedict & astrid.
() message posté Dim 10 Déc 2017 - 18:07 par Daley K. Brady
The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything.



What have I become my sweetest friend. Everyone I know goes away in the end. And you could have it all my empire of dirt, I will let you down, I will make you hurt. I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time the feelings disappear, you are someone else; I am still right here. ⊹ Hurt (Johnny Cash)
J'ai imaginé mille et un scénarios différents pour ces retrouvailles. En presque vingt ans, on a le temps d'en échafauder dans sa tête, dans ses rêves et dans ses cauchemars aussi. Mais les avoir là, en face de moi dans un hôpital pour enfants, c'est vraiment pas ce que j'avais prévu. Et j'aurais pu m'en tenir au plan, redresser le col de mon long manteau noir et passer les portes de sortie de l'établissement. Attendre quelques jours, c'est tout ce que j'avais à faire. Ça serait revenu au même. Mais j'ai pas pu m'en empêcher. Ouais, je suis peut-être pas quelqu'un de patient, mais ça fait dix-huit ans que j'attends ça. Vous vous me dites que j'étais plus à quelques jours près, que là, dans cet hôpital c'était surement pas le bon moment. On est jamais dans ce genre d'endroit pas hasard après tout. Quelque soit la raison, c'est jamais le bon moment quand ça se passe dans un hôpital. Mais j'imagine que vous savez pas ce que ça fait d'attendre qu'une chose se produise après autant d'années ; ça vous ronge de l'intérieur, c'est comme une démangeaison qui s'arrête jamais. Pendant pratiquement vingt ans. J'ai envie que tout ça cesse. Extérioriser presque vingt ans de frustration, c'est tout ce dont j'ai besoin. Et quand l'occasion, bien trop belle et trop nette se présente, même à quelques jours près du but final qu'on s'est fixé, c'est le moment de se lâcher. Tant pis pour le plan, tant pis pour tous ces scénarios que j'ai finement échafaudé. J'envoie tout en l'air au moment où mes pieds se tournent dans leur direction. Je me dirige vers eux, je les salue. Avant, j'étais sûr que lorsque le jour viendrait, je leur balancerais directement des insultes à la gueule. Probablement avais-je envisagé une centaine de fois de foutre un coup de poing dans la gueule trop parfaite d'Ethan dès que l'occasion se présenterait. Juste pour libérer la pression. Mais je reste planté là. Au fond, c'est prévisible. J'ai beau penser à des gestes violents, des paroles brusques, des choses qui me feraient passer pour le pire des connards, je sais que je suis pas quelqu'un de mauvais. Parfois je peux être maladroit et blesser les autres, mais je suis pas du genre à faire du mal intentionnellement. Pourtant j'aimerais pouvoir en avoir la force. C'est ça ce qu'il me faudrait, moins de lâcheté, plus de force.

Je sais pas ce que je pense à ce moment-là. Je crois que ma tête se vide totalement de toutes pensées. C'est comme s'il y avait un gros bug. Je reste là, stoïque, un sourire cachant à peine tout ce que je ressens, tout ce que j'ai pu ressentir toutes ces années. Je balance cette phrase débile. Ça fait un bail. J'aurais pu dire autre chose, n'importe quoi d'autre, mais je vois pas ce qui aurait pu sortir de mieux. Je vois la tête d'Indianna ; elle a l'air au moins aussi surprise qu'Ethan. Mon prénom passe la barrière de ses lèvres, et un frisson parcourt l'intégralité de mon corps. Je crois même que les poils de mes bras et de ma nuque s'hérissent à cette appellation. Mais c'est pas comme si je faisais vraiment attention aux messages que m'envoie mon corps. La seule chose qui retient mon attention, c'est la façon dont mon cœur est erratique, il s'emballe comme s'il a peur de ce qu'il va se passer ensuite. J'ai imaginé ce moment tellement de fois. Mais j'ai toujours buté sur ce qu'il allait se produire après. Après qu'ils m'aient vu. Après les avoir salué, insulté, cogné, ou qu'importe le scénario choisi. Je les voyais souvent surpris, sans savoir vraiment quoi dire. Et ensuite, il pouvait toujours se passer tout et n'importe quoi. Mais au fond, je sais pas quelle serait la meilleure chose à faire, là. Indianna me balance avec une certaine difficulté que ça fait longtemps. Elle approuve ce que je dis, ou elle sait juste pas quoi dire. Des excuses pour m'avoir abandonné, pour en avoir rien eu à foutre de moi pendant les vingt dernières années, ça serait bien. Je remarque même pas sa fatigue, sa détresse qui se lisent pourtant si facilement sur son visage pâle; et qui semblent jumelles aux miennes. C'est le genre de détails que je remarque d'habitude. Probablement quand je suis dans un état normal. Mais là c'est pas le cas, tout m'échappe. La seule chose qui m'importe, c'est que la situation me file pas entre les doigts. Pas après tout ce temps. Puis vient au tour d'Ethan de parler. Il m'appelle « Vieux... » comme si on s'était quitté la veille. Comme si hier encore, et les jours d'avant il m'avait appelé de la même façon. Mais ça fait vingt ans qu'on m'a pas appelé de cette façon, pas avec ce timbre de voix. C'est étrange, c'est à ce moment précis que je me rend compte que dans mes scénarios, dans mes rêve, j'ai oublié leur voix. Elles se sont effacées de mon esprit sans que je m'en rende compte. Mais leur visage eux, sont restés intactes. C'est surement pour cette raison que je les ai reconnu immédiatement d'ailleurs. J'ai tellement fixé nos anciennes photos, celles qui se trouvent dans un vieux carton. Leur tête, leur regard, j'aurais jamais pu les oublier. Pourtant eux, on dirait qu'ils voient un fantôme, tous les deux. Ils m'ont oublié oublié, eux. Je suis sûr que ça fait des années qu'ils ont pas eu une pensée pour moi.

Mon sang bouille dans mes veines. Le sourire que j'ai eu au coin des lèvres disparaît petit à petit, pour laisser une expression imperceptible sur mon visage. Mes sourcils se froncent légèrement, alors qu'une question raisonne finalement dans l'air. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Une question si simple pour le commun des mortels. Pourtant, je sais pas quoi répondre. Ça serait long de tout expliquer. Je suis pas venu pour ça. Je suis pas venu pour me confier, c'est eux qui me doivent des explications, pas l'inverse. Ce que je fais là, ça les regarde pas. Et puis est-ce que ça les intéresse vraiment ? Après tout, ils ont pas l'air de s'être beaucoup demandé où est-ce que j'étais ces vingt dernières années ; quand moi, je me suis retrouvé seul à Belfast, avec tous ces souvenirs à chaque coin de rue. Ces putains de souvenirs douloureux, j'ai voulu me les arracher de la tête plus d'une centaine de fois. Ils se sont pas aussi demandé où j'étais lorsque je me suis retrouvé au plus bas, seul, à suivre un programme de désintoxication. Est-ce qu'ils ont demandé de mes nouvelles quand je suis parti en Écosse ? J'étais seul encore cette fois-là. Et est-ce qu'ils ont seulement remarqué ma présence lorsque je suis arrivé à Londres ? L'ont-ils seulement ressenti ou imaginé une seule fois ? Alors, non, j'ai pas d'explication à leur fournir. Je les regarde d'un air de plus en plus sévère. Je fourre mes mains dans les poches de mon manteau en haussant un sourcil. « Tu veux dire qu'est-ce que je fais là spécifiquement dans un hôpital pour enfant, ou bien qu'est-ce que je fais là à Londres en général ? » Jouer avec leur nerfs, fut un temps où ça a été une façon de les taquiner. Mais là, je rigole pas du tout. J'évite délibérément de répondre à la question d'Ethan. S'ils s'attendent à une rétrospective argumentée de la façon dont je me suis retrouvé aujourd'hui ici, ils risquent d'être déçu. Je compte pas leur en décrocher un mot pour le moment. Je les fixe à tour de rôle, avant d'ajouter un instant plus tard sans leur laisser l'occasion de répondre à l'un comme l'autre. « Je pourrais vous poser la même question. Je pensais pas que Londres ça serait... » Je marque une pause, passant lentement ma main droite le long de ma barbe jusqu'au bout de mon menton. « Votre truc. Au contraire j'aurais plus eu tendance à parier que ça serait un peu trop... Anglais pour vous deux. » Je cherche mes mots. Le ton que j'emploie est distant, sarcastique. Et froid surtout. C'est pas facile de parler à des gens qu'on a pas vu depuis tant d'années. Autant dire que c'est comme parler à de parfaits inconnus. Même si je joue au jeu des faux étonnés, parce qu'après tout je suis au courant qu'ils vivent à Londres depuis un moment déjà, je sais pas pourquoi cette ville en particulier. Ça m'a étonné quand je l'ai appris. Eux qui étaient si fiers de leur origine irlandaise lorsqu'on était que des gamins. Je me suis toujours considéré comme un anglais contrairement à eux. Sûrement à cause de ma famille protestante. Sur le moment, je me demande même pas pourquoi eux aussi sont dans cet hôpital. Je fourre à nouveau mes mains dans les poche de ma veste, et je hausse les épaules. Je conclus finalement un instant après. « Mais bon, je suppose que je vous connaissais pas aussi bien que je l'imaginais. » Pour ça, et pour un tas d'autre chose. Le pic est envoyé, et ça sera sûrement pas le dernier. La rancune est amer. Je suis pas sûr de vous avoir déjà connu au final. Les amis que je connaissais eux, m'auraient jamais abonnée après tout. Mais encore faudrait-il qu'ils aient déjà existé en ce bas monde. Je donne des petits coups contre le sol à tour de rôle avec mes pieds, trahissant mon malaise. Je baisse la tête un instant avant de la relever et d'esquinter un léger sourire sans grande conviction. « En tout cas c'est plutôt marrant, physiquement vous avez pas tant changé que ça. Je vous ai directement reconnu quand je vous ai vu. » Sourire que s'efface très rapidement au dépend d'un air plus sérieux. Mes yeux clairs fixent sans cesse ces deux amis d'enfance dont seule l'enveloppe me semble à présent familière.


code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1645 WORDS.

Revenir en haut Aller en bas

avatar
So let me be and I'll set you free.
.
» Date d'inscription : 03/12/2015
» Messages : 1122
» Pseudo : Mom's
» Avatar : Natalie Dormer.
» Âge : 34 yo. (6/8/83)
» Schizophrénie : Lucian T. (j.momoa) + Samuel A. (j.gyllenhaal) + Victoria S. (o.wilde)
() message posté Jeu 14 Déc 2017 - 19:27 par Indianna L. McCarthy

❝ Just gotta figure out. ❞
 Daley & Ethan & Indie  
Don't get caught up in me feeling off course today. You can take a minute before you go slipping away. I know I took some time but I realized my mistake. You don't have to be part of the problem. I just need a second chance
Quelle sensation cela serait que de se laisser aller, comme ça, juste un moment, un tout petit instant pour ne plus penser à rien ? Ce n'est pas qu'elle y songe vraiment, mais il lui arrive d'y penser, quand l'obscurité est trop tenace, quand le silence est trop pesant. Juste une petite piqûre et quelques instants plus tard, on s'endort simplement d'un sommeil sans rêve. Et au réveil, plus rien, la vie à reprit son cours et tout ce qu'on pensait avoir connu à tout simplement disparu. Oui, ça serait beau, ça serait même révolutionnaire. Mais Indianna n'a plus de temps à perdre avec ce fol espoir. Nolan est malade, gravement malade, elle doit tenir pour lui. Et quelque part, elle se sent moins forte qu'avant. Pourtant, il est son fils, ce qu'elle a de plus cher, la meilleure raison qui soit de se perdre et de s'accrocher de toute ses forces. Mais Nolan la rend faible et elle s'en veut aussitôt de penser ainsi, mais c'est la vérité. Être mère à créé une fêlure, une fragilité qui vient entacher sa carapace, sa protection contre le monde. Pourtant elle l'aime le monde, elle veut le protéger, elle a même donné tellement de son temps pour venir le soulager un peu, à son échelle, de ses peines. Mais là, elle ne se sent plus assez forte, pas comme avant. Mais pas assez pour lâcher prise, non, elle sait qu'elle ne lâchera rien, qu'elle s'accrochera jusqu'au bout, qu'elle ne s'avouera jamais vaincu, qu'elle inventera même un vaccin elle-même s'il le faut, mais que tout sera plus dur, plus long. Parce qu'avant, elle était seule, une solitude recherchée, et qu'elle pouvait bien s’effondrer sans que cela ne soit dramatique. Mais si Nolan part, s'il disparaît de sa vie, alors elle sera perdu aussi, aussi certain que l'amour qu'elle lui porte. Plus rien n'aurait de sens s'il venait à partir. « Indie je suis là. » Oui, il est là, il n'a pas tourné les talons. Ethan est là. Mais elle n'a pas la force de lui répondre, c'est à peine si elle comprend. Seulement ils n'ont pas besoin de se dire ce genre de choses. Il est là, comme à l'époque, comme autrefois quand tout était partit en vrille. Non, elle ne doit pas faire de comparaison, elle ne veut pas remonter à cette perte, à celle qu'elle ne pensait plus jamais ressentir. Et Ethan non plus ne doit pas. Il a déjà trop perdu. Mais comment ne pas penser à lui alors que tout semble s’effondrer autour d'elle ? Elle pourrait presque entendre sa voix dans sa tête, l'entendre lui dire que tout irait bien, qu'il allait bien s'occuper d'elle et du petit. Connord lui manquait atrocement et sûrement bien plus maintenant qu'elle avait ardemment besoin de sa présence.

Ils sont dans le hall et Indianna semble reprendre conscience. Mais elle sait que cela sera de courte durée, qu'une fois au chevet de Nolan, le brouillard viendra à nouveau l'emplir, la bouffer de l'intérieur. « Ava et moi on lui a apporté quelques affaires. » Indianna lève son retard vers son ami. Malgré toute sa peine, toute cette colère interne, elle lui sourit. Un sourire tendre, un brin de biais certes, mais sincère. De nouveau, ses yeux se mettent à la brûler et elle les clignent pudiquement, histoire qu'Ethan ne le prenne pas pour lui. Pourtant il n'est pas étranger à sa douleur, il ne la connaît que top bien. Et surtout, il connaît ses larmes pour les avoir épongés autrefois, pour l'avoir veillé alors qu'elle ne pensait jamais se relever. « Merci. Merci pour tout », souffle-t-elle. Elle lui prend la main une seconde pour le remercier encore, pour ne pas paraître froide et distante. Non, elle ne l'est pas, c'est juste qu'elle sait que si elle se laisser aller contre lui, elle ne pourra retenir ses larmes. Elle finira par craquer pour de bon et elle ne veut pas qu'Ethan en soit le spectateur. Quant bien même cela n'aurait rien d'inédit pour lui qui avait été le témoin de la plus grosse perte de sa vie. Et elle l'espérait bien, de la dernière.

Et le passé semble refaire surface soudainement. Passé la surprise, Indianna accuse le coup. C'est bien Daley face à elle, face à eux. Il se tient bien droit, le regard pointé vers eux comme si le temps n'avait pas eut de prise sur eux. Mais si, bien sûr. Parce qu'ils ont changé tous les trois, parce qu'ils ne sont plus les adolescents d'autrefois. Et en cet instant, Indianna se sent plus adulte que jamais. Et sans doute que la présence d'Ethan et Daley ne fait qu'accentuer cet état d'esprit. Combien de temps s'est-il écoulé depuis la dernière fois qu'ils se sont retrouvé tous les trois ? Une éternité. Presque 20 ans. Dieu qu'ils sont devenus grands tout d'un coup. Mais elle n'arrive pas à s'expliquer la présence de son ami en ce lieu. Et ce n'est pas forcément l'hôpital, non, c'est plus vaste que ça. La dernière fois c'était à Belfast, c'était dans un autre contexte, à une autre époque. Et finalement Ethan pose la question qui brûle les lèvres de l'irlandaise : « Qu’est-ce que tu fais là ? » Elle s'en veut aussitôt de n'avoir pas été plus démonstrative, de ne pas l'avoir serré contre elle, sincèrement heureuse de le revoir. Mais quelque part, elle sent une certaine retissance venant de Daley. Son sourire se fige et finit par disparaître sur son visage si adulte désormais. Elle remarque ses traits plus dur, ses yeux clairs mais tellement plus sérieux. « Tu veux dire qu'est-ce que je fais là spécifiquement dans un hôpital pour enfant, ou bien qu'est-ce que je fais là à Londres en général ? » Le ton est distant, neutre et Indianna sent derrière une certaine raideur à lui répondre. Elle coule un regard vers Ethan, tentant de percevoir son avis à lui, de voir si son ressentit ne vient pas uniquement d'elle. Parce qu'elle n'est pas sur d'être le meilleur des juges aujourd'hui. En temps normal, elle aurait ressentit plus aisément les choses, elle n'aurait sans doute pas réfléchit avant d'embrasser son vieil ami. Mais là, elle se sent comme dans du coton, dans un sorte de torpeur sur le point de s’enfoncer. « C'est simplement qu'on est surprit de te voir », dit-elle simplement pour rejoindre Ethan. Son ton se voulant chaleureux mais elle n'est pas sûr du résultat. Sans doute parce qu'une partie de sa chaleur naturelle a disparu en même temps que l'annonce de la maladie de son fils. Mais elle souhaite être ouverte envers Daley. Après tout, ils sont amis, non ? « Je pourrais vous poser la même question. Je pensais pas que Londres ça serait... Votre truc. Au contraire j'aurais plus eu tendance à parier que ça serait un peu trop... Anglais pour vous deux. » Ce coup-ci, elle est sur de ne pas se faire d'idée. Le ton est glaciale, emplit d'une colère sourde. Sa remarque la blesse aussitôt. Peut-être parce que ce n'est pas comme ça qu'elle se souvient de lui ou plutôt qu'elle préférait garder un autre image que cette agressivité soudaine sur son visage. « Je peux savoir ce que tu reproches à Londres ? », demande-t-elle, un peu plus abrupte qu'avant, mais sans se montrer virulente. Parce qu'elle ne veut pas s'énerver, au contraire, son tempérament chercherait plus à arrondir les angles. Seulement, au fond d'elle, elle est vexée qu'il s'adresse à elle, à eux, de cette manière. Elle trouverait presque cela risible de parler de Londres alors qu'ils ne sont pas vu depuis tant de temps, mais au vu de l'attitude de Daley, cela semble un passage obligé. « Mais bon, je suppose que je vous connaissais pas aussi bien que je l'imaginais. ». De nouveau, Indianna accuse sa remarque. Elle le sent fébrile, tandis qu'elle se met à croiser les bras sur sa poitrine. Des reproches. Dans son souvenir, c'est aussi la dernière chose qu'il est faite, avant qu'elle ne quitte Belfast. Lui reprocher sa « fuite », lui reprocher de ne pas rester quand tout lui faisait bien trop mal. « En tout cas c'est plutôt marrant, physiquement vous avez pas tant changé que ça. Je vous ai directement reconnu quand je vous ai vu. » Même si la conversation se veut plus adaptée, Indiana ne peut s’empêcher de se sentir mal à l'aise. Pourtant, en son fort intérieur, elle ne comprend pas sa rancœur, si tenté que c'est bien ça qu'il ressente. S'est-il arrêté à leur dernier échange à Belfast ? Est-il figé dans le passé au point de conserver cette même colère d’antan ? « On a vieillit quoi. On est devenu adultes finalement », dit-elle. « Mais t'es plutôt bien conservé », ajoute-t-elle en accompagnant sa phrase d'un léger sourire. Elle avait toujours trouvé ses yeux magnifique, mais aujourd'hui, ils avaient une teinte bien plus sombre qu'autrefois.
code by lizzou — gifs by TUMBLR — .



@Daley K. Brady ; @Ethan I. Hemsworth
Revenir en haut Aller en bas
Guyliner.

En ligne
avatar
Guyliner.

» Date d'inscription : 13/10/2016
» Messages : 8552
» Avatar : Colin O'Donoghue.
» Âge : 36 ans.
() message posté Dim 21 Jan 2018 - 3:00 par Ethan I. Hemsworth

But I remember everything

- Indianna — Daley — Ethan -


My friends are so distressed and standing on the brink of emptiness. No words I know of to express this emptiness. I love all of you, hurt by the cold, so hard and lonely too when you don't know yourself. - my friends, rhcp. -

« Merci. Merci pour tout » Ce n’était pas grand chose. Quelques affaires. De quoi occuper Nolan, réchauffer le coeur d’Indianna aussi. Mais il ne s’agissait pas vraiment de ça. Je lisais en elle avec la même facilité qu’une vingtaine d’années en arrière, elle ne me remerciait pas pour les affaires, pas que. Plutôt de lui montrer que j’étais là. Je ne l’avais pas toujours été, la vie nous avait éloignés longtemps, maintenant j’étais là et comptais le rester. Nolan n’aurait pas à supporter l’enfermement tout seul dans la chambre d’hôpital qu’il occupait. Je serai là, à chaque pause, chaque horaire sans rendez-vous, chaque soirée où je pourrai rester jusqu’à la relève de l’équipe de garde. Parce que j’en avais décidé ainsi et que j’allais m’y tenir. Aucune réponse ne franchit mes lèvres, pas même un de rien. Ça n’aurait pas vraiment eu de sens. Et puis ça n’aurait pas valu grand chose non plus comparé à un geste. C’était tentant de retenir sa main, je la serrai, renforçant son geste une fraction de secondes pour lui signifier que je comprenais. Pas besoin de plus. Pas besoin d’en faire cas. Je me tenais à ses côtés, au propre comme au figuré, parce que je le voulais. Elle pouvait pleurer, faire couler autant de larmes qu’elle voulait jusqu’à l’épuisement. Je pouvais tirer sur sa main, à coup sûr elle serait tombée contre moi sans la moindre résistance, et c’est ce qui se serait produit. Un long flot de larmes gelées dans le froid de l’hiver londonien. Moi silencieux tout du long. J’avais séché ses larmes pour Connor, je pouvais sécher celles pour son fils. Mais je l’ai laissée. Je l’ai regardée reprendre sa liberté et avancer dans le hall de l’hôpital en faisant comme si je ne remarquais rien. Je choisissais de croire à son sourire -par quelle force sur-humaine arrivait-elle à me sourire ?- et pas à son regard fuyant, aux larmes cachées en toute hâte derrière. Comment anéantir ses effort ? Comment briser sa dignité ? Comment j’aurais pu lui faire ça. Je me rendais compte que pendant des années elle n’avait eu que ça à quoi se raccrocher quand la vie la bousculait. Elle n’avait pas toujours eu ma main, mon épaule à quoi se raccrocher dans sa vie. J’espérais qu’elle savait qu’elle les aurait eues, si seulement j’avais su… Tout avait changé depuis la tragédie Connor et en même temps tout semblait si proche. Elle pouvait toujours pleurer sur mon épaule, mais c’était tout ce que j’avais à lui offrir.

Puis une voix, et plus rien, et tout à la fois. Salut vous deux ça fait un bail. Comme si l’on s’était quitté la veille, sauf que non, ça faisait un bail en effet. Vingt ans dans la gueule et tout à coup tout se joue en une seconde. C’était comme si je devais assimiler un million de choses toute plus impossibles les unes que les autres, alors qu’en réalité ce n’était que Daley. Sa présence, c’était tout ce que j’avais besoin de comprendre. Il était à Londres. J’hésitais à le chopper par les épaules, le secouer un peu comme au bon vieux temps pour m’assurer qu’il soit bien là, pour me réjouir aussi, revoir son sourire moitié agacé moitié amusé fendre sa gueule d’ange. Mais quelque chose me retient. L’ange avait pris de la barbe, quelque part entre les années, des cernes marquait son teint froid. Sa voix aussi manquait de chaleur. Je ne me formalisais pas, après tout il venait nous parler de sa propre initiative non ? « Tu veux dire qu'est-ce que je fais là spécifiquement dans un hôpital pour enfant, ou bien qu'est-ce que je fais là à Londres en général ? » En général, quand on ne voit pas quelqu’un pendant longtemps on lui demande ce qu’il a fait. J’aurais peut-être dû lui demander comment il allait, plutôt que ce qu’il faisait ici. Ici, plutôt vague comme concept en effet. Vu que nous étions tous les trois au sein d’un hôpital, en toute logique je m’inquiétais du motif de sa présence. À croire que j’étais naïf de penser que nos retrouvailles pouvaient être plus joyeuses pour lui qu’elles ne l’étaient pour nous. Sans même nous toucher, alors qu’indie se tenait à quelques centimètres de rien du tout de moi, je sentis son corps se raidir. Quelque chose dans l’air, quelque chose qui émanait de Daley et qu’il essayait de nous refiler. Quelque chose en sur-tension permanente. Je m’apprêtais à répondre, pas de chance, ou pas assez rapide, Indie me devança. « C’est simplement qu’on est surpris de te voir. » Bah ouais, dieu merci une surprise pouvait encore être bonne. En vingt ans on pouvait se permettre un petit effet de surprise ! Une phrase entière. D’une traite. Et bienveillante en plus de ça. Venant d’elle dans ces circonstances, ça me mettait en joie. Mais l’arrivé surprise lui semblait s’en foutre, sa réplique déjà toute prête quoi qu’on aurait pu dire. Tant mieux, l’idée de devoir expliquer ce que nous nous faisions là ne me mettait pas très à l’aise, d'où mon sourire légèrement crispé. S’il nous la retournait je n’aurais aucun scrupule à l’ignorer à mon tour. « Je pourrais vous poser la même question. Je pensais pas que Londres ça serait... Votre truc. Au contraire j'aurais plus eu tendance à parier que ça serait un peu trop... Anglais pour vous deux. » S’il savait, à quel point ce n’est tellement pas mon truc. Mais quoi ? Je devais me mettre à raconter que j’adorais l’Australie mais vu que ma femme s’était barrée avec ma gamine à Londres j’avais été contraint de m’y pointer pour la revoir ? Valait mieux commencer par du plus banal. Du genre, ça fait longtemps que tu es à Londres ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Mais Daley avait raison, la banalité, pas notre genre. « Je peux savoir ce que tu reproches à Londres ? » J’oubliais, Indianna aime beaucoup Londres. Je me demandais si ça l’avait vexée d’être jugée ‘pas assez anglaise’ pour Londres. C’que j’en avais à foutre de ne pas faire assez anglais… Quoi que non, ce qu’il avait dit c’était que la ville était inadaptée pour nous. Une nuance non négligeable qui me donna une idée. S’il fallait déterminer le moment où je me sentis lâcher prise, c’était celui-là. « Hmm je crois qu’il veut plutôt dire que c’est nous qui reprochons quelque chose à Londres. » Voilà qui devenait intéressant. D’abord ce ‘hm’ à rallonge pour me donner un air sérieux que font les gens quand ils veulent montrer qu’ils réfléchissent -somme toute agaçant-, puis cette façon de parler comme s’il n’était pas là, et, surtout, comme s’il nous reprochait quelque chose directement. Quelque chose qui pouvait vexer. Quelque chose qui, dans ma réponse, nous plaçait en victime Indie et moi. Je ne prenais pas sa phrase comme un reproche, simplement une remarque que je pouvais entendre. Je n’avais jamais été un grand fan de l’Angleterre je devais le reconnaitre. Vicieux, pourtant, de prétendre qu’il m’avait piqué pour le piquer lui. Au ton plus sec employé par mon amie je me doutais que nous ressentions la même chose, une sorte de malaise. J’avais l’impression que Daley était venu jusqu’à nous pour nous balancer son monologue et repartir aussitôt. La suite ne fit que rendre cette impression plus tangible. « Mais bon, je suppose que je vous connaissais pas aussi bien que je l'imaginais. » Haussant les épaules, je m’attendais à ce qu’il tourne les talons et disparaisse de la même façon qu’il nous était apparu : improbable. Ma tête vrilla en direction d'Indianna, prête à lui lancer le regard du ‘qu’est-ce qui vient juste de se passer’, mais non, le plus anglais des irlandais était toujours là. Et elle avait croisé les bras. Aïe. Sans déconner, j’étais sensé faire quoi ? Pleurer ? M’étonner de ne pas coller à ses souvenirs ? Lui non plus ne collait pas vraiment… Si l’on passait sur son côté caliméro. « Il parait qu'on ne peut jamais réellement connaître quelqu'un. » Lançai-je d'un calme olympien, de la façon dont on place une référence. Les gens, ce qu'ils laissaient paraitre et qui ils étaient vraiment, les ''j'aurais jamais crû ça de lui'', ''il a changé'' qu'on entendait de partout... Visiblement, si l'adage s'avérait vrai, il n'était pas valable pour Indianna et moi uniquement. L'appeler vieux et lui claquer une accolade me paraissait totalement irréalisable maintenant. Position défensive à ma gauche, devant moi, un homme tête baissée, le pied frappant nerveusement le sol. Je réprimai un sourire en coin in-extrémiste. En tant que psychologue je remarquais ce genre de détails. Si mon métier consistait à apaiser les gens, je pouvais tout aussi bien les pousser à bout. Jouer au plus malin avec moi n’était pas une idée très judicieuse. Il devait pourtant se souvenir de mon année universitaire en psychologie à Belfast, avant qu’Indie s’en aille, avant que la vie nous cueille. Soit il ne se méfiait pas, soit il bouillonnait au point de ne pouvoir se contenir. « En tout cas c'est plutôt marrant, physiquement vous avez pas tant changé que ça. Je vous ai directement reconnu quand je vous ai vu. » Mon sourire grandissait à mesure que le sien s’effaçait. Très vite ses yeux bleus recommencèrent à nous toiser, moi, je gardais volontiers mon sourire provoquant. Il se mariait bien à mon attitude nonchalante. Daley livrait un combat intérieur, sûrement en train de remuer une colère de laquelle il nous accusait d’en être l'origine, moi je lui souriais. Une mécanique bien huilée. Le coeur pas à la fête, je luttais également dans mon coin : pour ne pas adopter la même posture défensive d'Indianna, pour réussir à étirer les lèvres surtout. Et si je ne m’autorisais aucune réplique cinglante pour le moment, ce n’était qu’en souvenir de mon ami resté à Belfast. L’homme devant moi me faisait l’effet d’un fantôme, d’une enveloppe dématérialisée que j’avais un mal fou à percevoir. « On a vieilli quoi. On est devenu adultes finalement. Mais t'es plutôt bien conservé » Une touche de fierté vint intensifier mon sourire enjoué, s’il était possible de le rendre plus théâtral. Indianna venait de me faire un cadeau. L’anglais m’avait déjà tendu une belle perche, Indie, elle, l’avait attrapée pour moi. « On est encore plus beau qu’avant tu veux dire ! » Ce tu pouvait aussi bien s’adresser à lui qu’à elle, tous deux ayant fait remarquer un changement physique. « C’est vrai que t’es pas mal non plus, mais je ne sais pas si je t’aurais reconnu avec cette barbe. Elle a fini par pousser. » Vu son attitude, il ne s’attendait surement pas à ce que je le reconnaisse un jour au détour d’une rue londonienne, barbe ou pas. Pourtant, j’eus l'impression que mon aveu passerait mal. Même si cette histoire de barbe ressemblait à une taquinerie entre amis de toujours. « Qu’est-ce que tu veux faire ? » À mon tour je ne lui laissais guère le temps d’en placer une, déjà je reportais mon attention sur Indianna. Pas que mon attention d’ailleurs, je m’écartais légèrement et parlais un ton plus bas. Plus de petit jeu provocateur, c’était une question très sérieuse. Elle était là pour attendre le réveil de son petit garçon, un sujet que je ne comptais pas aborder devant Daley. C'était à la maman d'en parler si elle le souhaitait.

code by lizzou —
@DALEY K. BRADY  @INDIANNA L. MCCARTHY

Revenir en haut Aller en bas

avatar
J'aurai l'oscar de l'amant, De l'âme en peine.

» Date d'inscription : 24/05/2017
» Messages : 627
» Pseudo : expectopatronum. (alizée)
» Avatar : james hot mcavoy.
» Âge : trente-six ans.
» Schizophrénie : helga & benedict & astrid.
() message posté Mar 13 Fév 2018 - 0:55 par Daley K. Brady
The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything.



What have I become my sweetest friend. Everyone I know goes away in the end. And you could have it all my empire of dirt, I will let you down, I will make you hurt. I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time the feelings disappear, you are someone else; I am still right here. ⊹ Hurt (Johnny Cash)
Indianna semble totalement décontenancé. C'est d'ailleurs ce qu'elle dit en premier lieu. Elle est surprise de me voir ici. Et comment pourrais-je le lui reprocher. Je suis certainement la dernière personne qu'elle aurait imaginé voir à Londres dans cet hôpital, n'est-ce pas ? Si tant est qu'on imagine qu'elle ait pensé à moi ne serait-ce qu'une seconde en l'espace de dix-huit ans. Celui qui me dérange le plus reste tout de même Ethan, qui porte sur son visage et dans ces paroles cette indifférence qui m'agace profondément. Je me rappelle encore nos chamailleries, alors qu'au lycée je me laissais toujours prendre assez facilement à ses taquineries et ses provocations. J'ai toujours eu tendance à rapidement m'énerver, bien qu'étant moi aussi d'un tempérament plutôt plaisantin, je savais reconnaître certaines de ses farces malicieuses. Ethan savait jouer avec moi et s'y prenait plutôt bien. J'aurais aimé pouvoir modifier mes paroles dites un peu plus tôt, car en vérité, certaines choses ne changent jamais vraiment, certaines choses restent indéfectibles avec le temps. On retrouve par moment ces détails que l'on a toujours connu par cœur, et qui s'avèrent être le reflet de la réalité ; pour ce qui est du reste, tout me semble d'avantage être un lointain souvenir, effacé, altéré par le temps passé, comme un doux rêve qui ne se serait en réalité jamais vraiment produit.

Ethan s'adresse à Indianna, lui expliquant comme si je n'étais moi-même pas présent, que je leur reproche d'avoir toujours eu quelque chose contre Londres. Ma patience commence déjà à atteindre ses limites, alors qu'il ne jette que très rarement des regards vers moi. Au final, on dirait qu'il assiste à la scène de l'extérieur, d'un point de vue spectateur dirons-nous, comme si tout cela ne le concernait pas vraiment. J'ai franchement déjà envie de lui foutre mon poing dans la figure. Mais je me retiens. Contrôler sa colère, oui, surtout dans un hôpital. Je ne veux pas passer pour un poivrot, pour un pauvre fou, ou que sais-je. Je ne veux pas le laisser gagner encore une fois, cette sorte de dualité qui semble s'imposer une fois de plus entre nous. Ce qui n'était qu'un jeu au lycée devient beaucoup plus sérieux avec les années. Je pense deviner que mon vieil ami joue avec mes nerfs, et je ne me laisserais pas avoir aussi facilement. Je finis par ajouter dans un murmure « Peu importe... » comme si au final, tous les deux s'étaient déjà bien trop éloigné du sujet vers lequel j'avais souhaité les amener. Ethan prend cet air sérieux, agaçant, calme, trop calme, se donnant un air de philosophe ou d'homme de bonne figure. Il me balance un « Il parait qu'on ne peut jamais réellement connaître quelqu'un. » comme un gamin de sept ans citerait la morale d'une fable de la Fontaine. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont vraiment l'air d'être loin de se douter de ce qui m'a amené à venir à leur rencontre pour oser me défier de cette manière. Un rire jaune s'échappe d'entre mes lèvres, furtif, presque imperceptible. Je remarque à ce moment-là le badge en plastique sur la chemise de l'homme brun, avec son nom inscrit dessus. Docteur Ethan Hemsworth. Tout me semble plus clair quant à leur présence tous les deux dans cet hôpital. Indianna vient sûrement rendre visite à son cher et tendre, peut-être lui apporter son petit encas ? Comme c'est touchant, comme c'est agaçant. Mes poings se serrent dans les poches de ma veste, face à cette nouvelle information intégrée ; de la même façon qu'ils se sont serrés lorsque j'ai vu leur photo de la parfaite petite ménagerie sur internet quelques mois plus tôt. Ils me dégoutent, ils me mettent hors de moi. La seule chose qui me retient de les pourrir, là, maintenant, c'est probablement que je tiens trop à l'image que je renvoie pour craquer, et hurler de rage dans ce hall d'un hôpital où certains de mes collègues travaillent parfois. D'ailleurs, n'est-il pas étrange qu'Ethan se soit aussi converti dans le milieu médical ? Décidément, le hasard fait atrocement bien les choses.

J'enchaîne sur autre chose, peut-être une sorte de compliment. À moins que ce ne soit que la continuité d'une accusation. Mentalement, ils avaient clairement changé, mais au premier abord, j'aurais pu croire que non, vu que physiquement ils étaient toujours plus ou moins les mêmes ; Voilà ce que j'ai voulu dire, caché derrière le rideau de ces quelques mots. Je ne suis pas vraiment d'humeur à offrir un compliment, surtout à eux, mais peut-être que ça calmera les ardeurs, cette phrase à double sens. Le moment n'est pas encore venu pour vider mon sac. Au final, Indianna est plutôt réceptive, puisqu'elle me répond sans détour, un sourire en fin de phrase « On a vieilli quoi. On est devenu adultes finalement. Mais t'es plutôt bien conservé.». La trentenaire semble bien comprendre qu'il y a de l'électricité dans l'air, mais tente d'adoucir les bords, chose que j'ai rarement vu venant d'elle auparavant. Où est passée la Indianna franche, parfois tempétueuse que j'ai connu autrefois ? Serait-ce encore là le temps qui a fait son œuvre ? Je ne fais une fois pas de plus attention à l'air accablé de tristesse qui s'inscrit pourtant fièrement dans les yeux de la belle blonde. Elle a l'air fatigué; En fait, on a l'air tous les trois fatigués. Peut-être sommes-nous un peu hypocrites les un envers les autres pour oser se dire que physiquement, on a pas tant changé que ça. Parce que c'est faux. On a tous l'air d'avoir vécu la guerre, on ne sourit pas vraiment. Nos regards sont tristes, plein de suspicion, emplis d'émotions qui ne s'expriment pas à voix haute. Mais tout ça, encore une fois sur le coup, je le remarque pas. J'ai clairement un manque de jugeote, parce que je suis trop aveuglé par ma rancoeur, par mon orgueil maladif. Je raisonne mal, je me laisse trop transporter par ma colère vieille de dix-huit ans, celle qui ne cherche qu'une seule chose : s'exprimer au grand jour, sortir enfin après tout ce temps. Je suis sur le point de répliquer quelque chose à Indianna, mais Ethan me coupe dans mon élan. « On est encore plus beau qu’avant tu veux dire ! » Je manque de lever les yeux au ciel, je me contente simplement d'hausser un sourcil. Certaines choses ne change définitivement pas, et les chevilles de cet homme sont toujours aussi enflées. Cependant, il ne ment pas ; c'est vrai que d'une façon objective, Ethan a pris de l'assurance, et des marques qui le rendent plus attrayant. Il n'a plus l'air du jeune garçon tout juste sorti de l’adolescence qui m'avait tourné le dos. Mais s'il pense que je lui en toucherais un mot, il se fourre le doigt dans l'oeil, et bien profondément. « C’est vrai que t’es pas mal non plus, mais je ne sais pas si je t’aurais reconnu avec cette barbe. Elle a fini par pousser. » Le voilà qui en remet une couche, et cette fois je peux pas me retenir plus longtemps de rouler des yeux, affichant un air clairement plus qu'agacé. N'a-t-il clairement rien de mieux à me faire parvenir qu'une remarque sur ma barbe ? Des excuses pour m'avoir lâchement abandonné dans l'une des pires périodes de notre vie, un petit mot sur le fait qu'il n'est pas cherché à me contacter en dix-huit ans ? Hello ? Dans quel univers parallèle je suis tombé, bordel.

Je peux pas m'empêcher de riposter, d'un ton posé d'avantage sur l'agressivité et le détachement, que sur la taquinerie pour le coup; cela trahit par ailleurs plus que clairement l'agacement qui s'opère sur moi. « Ouais, il paraît que tout vient à point à qui sait attendre, puisqu'on est sur les adages. » Ai-je finalement répondu, faisant référence à la phrase toute faite de mon interlocuteur masculin entendue quelques instants plus tôt. Encore des mots à double sens. Dix-huit ans, ça fait long pour vider son sac, mais rien n'aurait pu mieux illustrer le fond de ma pensée que cette phrase. Bien assez rapidement, Ethan se tourne vers Indianna et me laisse cette fois spectateur de sa discussion confidentielle avec elle. En tendant l'oreille, je suis pratiquement sûr d'avoir entendu « Qu’est-ce que tu veux faire ? », m'écartant définitivement de la conversation. J'imagine que c'est vraiment le truc de trop, la goutte qui fait déborder le vase, la cerise sur le gâteau. Je serre mes poings tellement forts que je pourrais m'en exploser les phalanges. Je suis même plus sûr que mon sang arrive jusqu'au bout des doigts. Mais j'en ai plus rien à foutre. C'est vraiment tout ce que ça lui fait, de retrouver son vieil ami d'antan ? Finalement, je souris. C'est pas un sourire amical, c'est pas un sourire narquois. C'est d'avantage un sourire désabusé. Je me rends soudainement compte à quel point je m'étais fais des illusions. Ouais, Indianna a été surprise de me voir, mais au final, c'est un peu comme si tous les deux, ils s'en foutaient. Au final, ça alimente d'autant plus cette rancoeur tenace qui a ravagé mon cœur et rongé mon esprit. J'ai aucune importance à leurs yeux, c'est bien ça ? Je finis par me mordre violemment la lèvre inférieure, sortant les mains de mes poches. J'agrippe Ethan par l'épaule, d'une poigne puissante avant qu'il ne s'éloigne encore plus en compagnie d'Indianna. « Oh non, vous pensez pas vous en tirer comme ça j'espère. » J'ai toujours ce sourire étrange aux lèvres. Peut-être que j'ai l'air d'un fou. Peut-être que j'ai l'air totalement paumé. Peut-être que je vais bien finir par attirer leur attention, pour de vrai. « Je me suis pas tapé tout ce chemin depuis l'Écosse pour que vous tourniez les talons une deuxième fois devant moi. » Ouais, là c'est peut-être le moment où j'en ai déjà trop dis. Je sais que maintenant, la machine est enclenchée, et qu'il est déjà trop tard pour reculer. J'ai perdu le sourire, j'ai jamais eu l'air aussi sérieux de toute ma vie. Enfin si, je l'ai déjà eu ce regard, d'ailleurs la tête que je tire devrais sûrement leur remémorer quelques souvenirs. « Vous êtes vraiment une bande d'enflure tous les deux. Regardez-vous, le parfait petit couple londonien. Ça vous a jamais traversé l'esprit de donner des nouvelles à votre bon vieux copain ? Ou vous étiez peut-être trop occupé à procréer votre mioche ? » Ai-je ajouté sur une note beaucoup plus agressive, accusatrice et moqueuse. C'est sûrement la phrase avec le moins de tact que j'ai pu balancer à quelqu'un de toute ma vie. Mais c'est sorti avec un tel naturel et une telle franchise qu'il est à présent difficile d'émettre un doute sur la façon dont ils sont censés interpréter ma présence à Londres. Je fronce hardiment les sourcils, j'ai même haussé le ton. Ouais, je suis en colère, parce qu'ils ont pas le droit d'être aussi indifférent. Ils ont pas le droit de me laisser en plan, dans ce hall de l'hôpital, sans réponse, sans même une marque d'attention de leur part.

code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1645 WORDS.

Revenir en haut Aller en bas

avatar
So let me be and I'll set you free.
.
» Date d'inscription : 03/12/2015
» Messages : 1122
» Pseudo : Mom's
» Avatar : Natalie Dormer.
» Âge : 34 yo. (6/8/83)
» Schizophrénie : Lucian T. (j.momoa) + Samuel A. (j.gyllenhaal) + Victoria S. (o.wilde)
() message posté Mer 28 Fév 2018 - 16:37 par Indianna L. McCarthy

❝ Just gotta figure out. ❞
 Daley & Ethan & Indie  
Don't get caught up in me feeling off course today. You can take a minute before you go slipping away. I know I took some time but I realized my mistake. You don't have to be part of the problem. I just need a second chance
C'est tellement étrange comme retrouvailles... Dans un sens, pas plus que celles avec Ethan, quelques années plus tôt. Elle revoit encore son sourire quand elle l'avait croisé par hasard dans les rues de Londres, accompagné de sa ravissante épouse et de leur petite fille. Dieu comme il était beau, comme leur famille semblait parfaite. Mais Indianna n'avait pas été jalouse, non. Elle était heureuse pour lui, pour ce qu'il avait construit... Et qu'elle n'aurait jamais. Enfin elle le pensait à cette époque. Elle était seule, vivant à la rue, mais elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Tout était les conséquences de son mode de vie. Alors elle n'avait rien dit, s'était contenté de serrer son vieil ami dans ses bras, de lui jurer que tout allait bien pour elle... Ce mensonge semblait tellement loin maintenant. Sa vie avait changé depuis, plus rien ne devait basculer, tout devait aller pour le mieux. Ouais, elle s'était bien planté. Tout partait en vrille.

La présence de Daley aurait dû la réconforter, dans un sens. Avec toute sa peine, sa colère, elle aurait du être heureuse de revoir son ami. C'était dans ce genre de moment qu'on avait le plus besoin d'être entouré, pas vrai ? Parce qu'Indianna n'avait plus de famille, seulement sa mère qui vivait encore à Belfast mais qui n'était plus vraiment la même depuis la mort de son fils. Sa famille à présent c'était Nolan, et Ethan, dans un sens. Ils ne s'étaient plus quittés depuis leurs dernières retrouvailles à Londres. Après tout, ils étaient tous deux parents, ils avaient tellement de souvenirs en commun... Et Daley venait de s'imposer à elle. Le revoir faisait remonter tout un tas d'images à la surface. Mais c'était surtout irréel de le voir ici, dans un cadre si... Triste. Parce que l'hôpital, c'était ça pour Indianna. Elle ne comprendrait sans doute jamais comment faisait Ethan pour passer ses journées ici. Elle n'y était que depuis quelques semaines et elle sentait son moral au plus bas. Et pas seulement pour la présence de son fils entre ses murs, non, mais aussi parce que les visages qu'elle croisait aux détours des couloirs portaient le deuil, la peur, le désarrois... Et c'est dans ce lieu atypique que Daley les avaient retrouvés. Ou plutôt tombés dessus. Oui ça faisait un bail, oui le hasard faisait bien les choses... Mais, il sonnait comme un appel de détresse. Parce que tout sonnait faux et Indianna s'en rendit compte un peu tard. Ethan, lui, semblait avoir saisit que les attentions de Daley n'étaient pas honorables, pire, il semblait même s'en amuser. En d'autres circonstances, cela ne l'aurait pas étonné. Les garçons avaient toujours eu cette fâcheuse tendance à se chamailler et c'est ce qu'elle aimait chez elle. Avec eux, elle ne se sentait pas orpheline. Quand elle fermait les yeux, elle se projetait dans le garage familiale à Belfast. Elle, assise sur un vieux pneu à griffonner, Ethan et Daley entrain de se disputer sur un mauvais accord et Connord qui leur mettait à chacun une petite tape à l'arrière de leur crane pour reprendre la répétition. C'était sans doute les événements les plus heureux de sa vie, tous ces instants passés à leur côté, loin d'imaginer que tout finirait par basculer et qu'ils vivaient leur derniers moments ensemble. Indianna inspira profondément à cette pensée. Tout semblait se jouer à nouveau. Ethan et Daley face à face, elle à les observer... Non, elle avait tord, c'était différent. Rien de leur échange n'était drôle et le sérieux avait remplacé l'amusement. Et puis le dernier membre du groupe n'était pas là pour tous les remettre sur la bonne voie. « Il parait qu'on ne peut jamais réellement connaître quelqu'un. » Oui, cela semblait tomber sous le sens maintenant qu'elle regardait Daley et son visage se crisper un peu plus à chaque instants. Elle n'y comprenait rien. Pourquoi une telle réaction de sa part ? Est-ce qu'Ethan en avait une idée ?

Alors Indianna fit ce qu'elle savait faire de mieux : elle tenta de dérider la situation. Elle n'avait jamais aimé les conflits. Dans le fond, elle avait toujours sut que Daley avait son tempérament, qu'il était l'enfant terrible du groupe, mais elle s'en moquait. Il était avant tout son ami, le meilleur ami de Connord, celui qui faisait paraître leurs journées meilleures. Elle n'oubliait pas leurs bons moments, elle s'en délectait même encore aujourd'hui quand le chagrin la prenait en otage. Alors elle le complimenta. Parce que Daley était beau, même énervé, même dans cet état d'esprit. Mais cette nouvelle barbe ne trompait personne, pas même son regard devenu si froid... Que s'était-il passé pour lui pour qu'il dégage une telle détresse ? Et elle ? Indianna avait beau être forte, garder la tête haute alors que les larmes menaçaient de couler, elle savait bien que cette facette ne trompait pas Ethan. Mais Daley ? Il s'était écoulé tellement d'année qu'elle ne pouvait plus se vanter de connaître l'homme devant elle. Elle avait connu celui d'autrefois, le jeune homme fougueux, blagueur, toujours prêt à rendre service, mais elle n'était pas sur qu'il le soit toujours. Et ce n'était sans doute pas le meilleur jour pour le découvrir. « C’est vrai que t’es pas mal non plus, mais je ne sais pas si je t’aurais reconnu avec cette barbe. Elle a fini par pousser. » La réaction de Daley est immédiate. Indianna serre les lèvres. Sa tentative de « réconciliation » tombe à l'eau. Elle n’essaie même pas de rajouter quoi que ce soit. « Ouais, il paraît que tout vient à point à qui sait attendre, puisqu'on est sur les adages. » Indianna se tourne vers lui, le toise quelques instants, les bras toujours croisé sur sa poitrine. Elle est de plus en plus agacé par son comportement. Si Ethan semble trouver la situation amusante, ou du moins s'en accommode, elle n'y arrive tout simplement pas. « Bon, je crois que ça suffit, non ? », finit-elle par dire, sa voix trahissant son exaspération. Que Daley l'affronte elle aussi si cela l'amuse, après tout, il semble assez en forme pour attaquer toute une armée. Elle chercherait bien la raison de sa colère mais elle n'est pas d'humeur et puis Nolan ne vas sans doute par tarder à se réveiller. Ethan semble d'ailleurs l'entendre car il lui murmure :  « Qu’est-ce que tu veux faire ? ». Elle sait qu'elle n'aurait qu'un mot à lui dire pour qu'il la raccompagne à l'étage, pour qu'il veille sur eux encore un moment. Mais elle ne veut pas lui imposer quoi que ce soit, il en déjà fait assez pour aujourd'hui. « Je vais aller le voir... », mais elle n'as pas le temps de finir sa phrase qu'elle voit Ethan pivoter, attraper par l'épaule par Daley. « Oh non, vous pensez pas vous en tirer comme ça j'espère. » Indianna a sursauté. En cet instant, elle est sûr d'une chose : le Daley qui leur fait face n'est pas celui de son souvenir. Son sourire en biais n'est en rien signe de bienveillance. Elle appréhende aussitôt la réaction d'Ethan et fait un pas en avant, une main sur son épaule. « C'est quoi le problème Daley ? ». Parce qu'il est inutile de se bercer d'illusion à présent : Daley a clairement un litige avec eux, mais Indianna ignore encore lequel. Elle mesure sa voix tout en l'affrontant du regard. Au fond d'elle, elle redoute une joute direct entre les deux hommes, quand bien même Ethan n'est pas un homme violent. Quant à Daley, elle ne sait plus quoi penser. « Je me suis pas tapé tout ce chemin depuis l'Écosse pour que vous tourniez les talons une deuxième fois devant moi. ». Une fraction de seconde, les yeux d'Indianna s'ouvrent tout rond, incompris. Puis elle comprend, du moins une partie. Et son regard s'adoucit légèrement. « Daley, je... », commence-t-elle, mais le Brady est plus rapide. Cette fois-ci, il crache son venin avec rage mais le pire est sans doute sa voix accusatrice. Indianna, qui était partit pour calmer le jeu, se redresse puis se postant directement en face de Daley lui jette : « Ferme là ! ». En règle général, Indianna n'a pas besoin d'être grossière pour se faire entendre. Mais la violence de Daley vient réveiller quelque chose en elle, quelque chose qu'elle pensait éteint. « Et de quoi tu parles bordel ? ».  
code by lizzou — gifs by TUMBLR — .



@Daley K. Brady ; @Ethan I. Hemsworth
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
() message posté par Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything. (Indie,Ethan)
London Calling. :: Zone 1-2-3 :: Central London :: Bloomsbury :: Great Ormond Street Hospital

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-