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The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything. (Indie,Ethan)

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MEMBRE

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() message posté Lun 20 Nov - 21:11 par Daley K. Brady
The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything.



What have I become my sweetest friend. Everyone I know goes away in the end. And you could have it all my empire of dirt, I will let you down, I will make you hurt. I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time the feelings disappear, you are someone else; I am still right here. ⊹ Hurt (Johnny Cash)
Un bouquet de fleur à la main, une cravate noir autour du cou ; Les cheveux brossés en arrière, la barbe coupée pour l'occasion et une chemise blanche correctement repassée ; J'ai même pensé à mettre du parfum pour masquer l'odeur persistante du tabac. Je marche en direction du Great Ormond Street Hospital, mon long manteau en laine noir sur les épaules. L'hiver s'installe doucement dans les rues de Londres, le Grand brouillard comme ils l'appellent parfois. Une brise désagréable me chatouille le visage. La fraicheur de cette fin de journée fait rougir mes joues et le bout de mon nez, contrastant avec la pâleur de ma peau et les cernes marquées de mes yeux. Je tente tant bien que de mal de protéger les lys du bouquet que je tiens dans les mains en les plaquant délicatement contre mon buste, sous mon caban. Je ne suis pas sûr d'avoir choisi les bonnes fleurs, mais j'ai été conseillé par la fleuriste. « Les roses, c'est tellement surfait, offre-lui plutôt des lys. » s'est-elle exclamée avant de m'en montrer diverses variétés. J'ai toujours été nul pour ce genre de chose. Habituellement, je prends des roses. Tout le monde aime ça, elles sont intemporelles. Et avec le peu de sensibilité que j'ai concernant la botanique, je peux affirmer que ce sont de belles fleurs. Mais je me suis laissé tenter par des lys. Allez savoir pourquoi. Il paraît que leur signification est « Ose m'aimer ». Je ne suis pas sûr que ce soit le message que je veuille faire passer ce soir, c'est même sur que c'est pas le cas. Mais elles ont au moins le mérite d'être agréable à regarder.

Je marche un long moment dans les rues de Londres jusqu'à ma destination. Je n'ai pas pour habitude d'aller dans cet hôpital ; je ne suis à Londres que depuis quelques mois, et même si j'habite dans le quartier d'à côté, mon lieu de travail lui est plutôt éloigné de Bloomsbury. C'est à l’hôpital de St. Mary que j'exerce mon métier d’anesthésiste, pas ici. En temps normal je n'aurais aucune raison de venir jusque là ; c'est un centre hospitalier pour les enfants. Je n'ai aucun lien de près ou de loin avec cet établissement. Mais j'ai tout de même fais l'effort de venir jusqu'ici en cette fin d'après-midi, et ce n'est pas pour rien.

Je finis par arriver jusqu'à l'hôpital, pas trop mécontent d'avoir pu conserver le bouquet de lys en parfait état malgré le vent. Je rentre dans l'établissement, agréablement surpris par la chaleur qui y règne. Je me dirige vers la réception et demande à ce qu'on m'indique le numéro d'une chambre. « Vous êtes de sa famille ? » Me demande la jeune femme derrière le comptoir. Je lui déroche un sourire tout en lui répondant négativement. « Je suis juste un ami. Ça pose un problème ? » Ai-je répondu innocemment. Je sais bien que ça en pose un, moi aussi je bosse dans les hôpitaux. Je sais comment ça se passe en général. Mon interlocutrice me sourit en retour, et prend le combiner du téléphone qui se tient à sa droite. Elle compose un numéro, et me désigne les sièges qui sont aux alentours. « Je vais demander. Vous pouvez vous assoir en attendant. » Je m'exécute sans rien ajouter. Le bouquet de fleurs à la main, je m'assois sur les fauteuils multicolores qui ornent le hall d'entrée. Je pose les lys à côté de moi, et passe mes mains sur mon visage. Je sens mes doigts trembler et mes pensées divaguer. Putain, pas maintenant. Les minutes passent, je commence à penser que la réceptionniste m'a oublié. Je déteste attendre, surtout en ne faisant rien. Je sors mon portable et commence à flâner d'une application à l'autre. Je jette de temps à autres des regards vers la réceptionniste. Au bout d'une dizaine de minutes, elle finit par me faire signe de m'approcher. Je me lève d'un bond et la rejoint en deux enjambées. C'est à ce moment-là que j'ai cru voir quelqu'un. Comme une apparition, un fantôme du passé. Une chevelure blonde et une silhouette qui ravive ma mémoire. « C'est bon, vous pouvez aller la voir. C'est la chambre 203 au deuxième étage. » Je n'ai pas le temps de m'attarder plus sur ce que je crois avoir vu. Car non, ça ne peut pas être réel. Le hasard ne peut pas si bien faire les choses. Je remercie la réceptionniste avant de m’éclipser dans les escaliers.

Un instant plus tard, je frappe à la porte 203, le bouquet de fleur caché dans le dos. J'entre dans la petite pièce aux murs blancs. Mon regard se pose directement sur le corps frêle allongé sur le lit au milieu de la chambre. Un grand sourire m'accueille pourtant, ainsi qu'un « Daley! Je m'attendais pas à te voir ! » Elle se redresse contre les coussins avec une certaine difficulté. Mais son sourire ne faiblit pas. Je m'approche un peu plus et sort le bouquet de fleurs de sa cachette un peu grotesque. « Je t'ai apporté des fleurs, j'espère qu'elles te plaisent. » Elle me regarde, ses yeux bleus fatigués me transpercent le cœur. Je pose les lys entre ses bras, et je m'assois au pied du lit. « Je les adore ! Tu es le premier à m'en offrir. » S'est-elle exclamée avant de poursuivre. « Les autres m'ont offert des chocolats, des peluches et des bijoux. Mais les fleurs c'est trop classe. Ça me donne l'impression d'être... » Elle hésite et ne finit pas sa phrase. Je regarde la pièce autour de nous et observe ce qu'elle vient d'énoncer. Puis je plante un regard doux et compatissant dans les yeux clairs de mon interlocutrice. « Une dame ? » Ai-je demandé. Je la connais assez bien maintenant pour connaître la réponse. Elle hoche la tête de haut en bas et me sourit à nouveau. Je m'approche d'elle et prend sa main droite entre les miennes. « Comment tu te sens Beth ? » Ai-je finis par demander, le ton de ma voix trahissant mon inquiétude. Elle a failli mourir, c'est ce qu'on m'a dit à la dernière réunion des Narcotiques Anonymes. Une overdose, putain. Elle a que dix-sept ans. Une si belle jeune fille avait failli crever à cause de la drogue. Dans quel monde on vit pour que de telles choses arrivent. « Bien. Et maintenant que tu es là, ça va encore mieux. » Sa main libre vient se poser sur l'une des miennes, qu'elle sert avec le peu de force qu'elle a. Je lui souris sincèrement. La jeune fille se relève pour se pencher vers moi. Je l’accueille volontiers dans mes bras, posant ma tête au dessus de la sienne. Une question me brûle soudain les lèvres, et je ne peux me résigner à me taire. « Pourquoi t'as fais ça Beth ? Je croyais que c'était derrière toi maintenant. Et puis ça faisait un moment qu'on t'avait pas vu. » Elle se met à trembler, elle savait que je demanderais. Et elle sanglote un long moment avant de me répondre dans un murmure. « Je sais pas Daley, j'ai craqué. Je me sentais pas bien, on s'était encore moqué de moi au lycée. J'avais envie d'oublier. Je suis vraiment conne. » Je ressers mon étreinte sur la jeune fille. Je lui embrasse le front. « Dis pas n'importe quoi. Ça peut arriver à tout le monde. L'important c'est que tu t'en sortes pour de bon cette fois. » Je sens ses petites mains frêles dans mon dos appuyer un peu plus fort. Puis je m'éloigne doucement. Elle me fixe avec ses yeux larmoyants. « Comme toi. Toi tu t'en es sorti. T'es mon modèle Daley. J'espère qu'un jour je serais aussi forte que toi, et que j'aurais plus jamais envie de toucher à cette merde. » Son regard est plein d'espoir. Je lui inspire tellement de respect. J'ai l'air d'être un homme fort et équilibré, bien dans sa peau et qui sait où il va. Alors que tout ça, c'est qu'un putain de mirage. Si elle savait, je suis sûre qu'elle me cracherait à la gueule. Je dois avoir au moins autant envie de reprendre un médicament que Jodie pense à la cocaïne. Je sais pas si c'est le cas de tout le monde. Ou s'il n'y a que les ratés qui finissent comme ça. Mais j'ai envie de faire espérer cette pauvre enfant que la porte de sortie, elle existe. Parce que sinon, pourquoi se bat-elle ?

Je passe un long moment avec la jeune fille, une demi-heure, peut-être une heure. Je finis par me lever, je lui promets que je repasserais souvent. Jodie me dit qu'elle pensera à moi à chaque fois qu'elle sentira les fleurs que je lui ai offertes. Je quitte la pièce dans un dernier geste de la main, dans un dernier sourire, et je referme la porte derrière moi. Mon sourire s'efface dès que je me retrouve dans le couloir. Je dessers ma cravate parce que j'ai l'impression de suffoquer. Je repense à tout ce que la jeune fille m'a dit. Je devrais être heureux d'être son modèle. Mais ça me bouffe de l'intérieur. Je finis par redescendre dans le hall. Je remets mon manteau sur mes épaules, et j'adresse un sourire aimable à la réceptionniste avec qui je me suis entretenue toute à l'heure. Et c'est là que je les ai vu. Je pouvais pas les rater. C'est là que je me suis rendue que j'avais pas rêvé toute à l'heure. Indianna, sa crinière de lumière, sa silhouette fine et élancée ; je m'étais pas trompé. Maintenant, je suis certain que c'était elle. Surtout parce qu'à présent elle est à seulement une dizaine de mètres de moi. Et parce que l'homme qui l'accompagne, je suis sûr de le connaître aussi. Ethan. Ethan le ténébreux, avec ses cheveux bruns et ses yeux bleus perçants. Difficile de les oublier tous les deux. Surtout après avoir passé autant de temps à les retrouver. C'était mon objectif principal, la raison pour laquelle j'avais choisi Londres plus qu'une autre ville. J'aurais pu rester en Écosse, continuer le petit train quotidien que j'avais lentement instauré là-bas après plusieurs années. J'avais pas prévu que nos retrouvailles soient aujourd'hui. J'avais prévu un plan précis depuis plusieurs semaines. Mais maintenant qu'ils sont là, devant moi, ça serait bête de reculer, de partir en courant. Je m'approche doucement. Je remarque qu'Ethan est en blouse blanche, et je peux qu'en déduire qu'il bosse dans cet hôpital. Étrange coïncidence, lui aussi travaille dans un hôpital. Je sais pas comment les aborder. À mesure que je m'approche, je sens mon cœur bondir dans ma poitrine, et ça de plus en plus fort. C'est tellement étrange de les avoir devant moi. Si près, après toutes ces années. Il reste plus que quelques mètres. Je sers les poings, j'ai l'impression de bouillir de l'intérieur. Je me plante à un mètre en face d'eux. Ils ne m'ont pas vu, mais moi je vois bien leur complicité. Ça paraît évident. Je me racle la gorge, pas très sûr de ce que je fais. Leur tête finissent par pivoter vers moi. Et j'ai l'impression de me retrouver dix-huit ans en arrière. Tout me revient dans la face. J'ai la tête qui tourne, les mains qui tremblent. Et d'un sourire au coin de la bouche, trahissant que très peu ma crispation, je finis par m'exclamer d'un : « Eh bien, salut vous deux. Ça fait un bail. »
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() message posté Mar 21 Nov - 16:56 par Indianna L. McCarthy

❝ Just gotta figure out. ❞
 Daley & Ethan & Indie  
Don't get caught up in me feeling off course today. You can take a minute before you go slipping away. I know I took some time but I realized my mistake. You don't have to be part of the problem. I just need a second chance
Le verdict était tombé comme un couperet. Tranchant, sévère et sans appel. Pendant une seconde, peut être même une minute, elle avait crut à une blague. Une blague pas drôle du tout, limite cruelle, mais une blague quand même. Parce que c'était tout bonnement impossible, si ? Non. Impossible. Comment un enfant pouvait connaître une telle horreur ? Il ne pouvait pas. Il ne devait pas. « Mme. McCarthy ? » Indianna leva son regard vers le médecin. En d'autres circonstances, elle aurait relevé le mot employé. Madame. Elle ne supportait pas cela. Elle n'était pas marié, ne le serait probablement jamais, alors s'était une demoiselle. Même quand elle serait vieille et ridée, elle resterait une demoiselle. Elle se sentait plus libre ainsi et la liberté, c'était ce qu'elle avait de plus cher. Mais là, elle ne parvint pas à le reprendre, ni à lui tenir son discours féministe qui disait merde à cette appellation de Madame. Là, rien. Pas même une réaction, simplement un regard vide, creux, incompris. « Est-ce que vous avez saisit ce qu'il va se passer à présent ? ». De quoi ? Comment ? Non, elle ne saisissait pas et elle luttait pour ne pas foutre le camps, pour ne pas écouter à nouveau son discours brutal et cruel. Son putain de ton conciliant qui se voulait tendre alors qu'elle avait l’impression qu'il venait de la gifler. Elle voulu partir et vite, disparaître, emmener son fils avec elle et s'enfouir très loin de cette réalité de merde. Mais même si elle le voulait, elle avait l’impression que ses jambes ne la porteraient pas, qu'elles allaient flancher à la moindre tentative de fuite. Elle avait le sentiment que plus rien n'allait la porter à présent, que tout allait foutre le camps. N'était-elle pas plus combative en temps normal ? Ne devait-elle pas dire quelque chose en cet instant ? Le toubib refit un essai en s'approchant d'elle, mais même là, elle ne semblait pas le voir, pas vraiment. Pourtant, ce n'était pas ses larmes invisibles qui lui brouillaient la vue, non, c'était plus son esprit qui avait bloqué. La réalité était-elle qu'elle préférait la fuir en cet instant. Elle sentit un contact sur son épaule et elle finit par réagir en levant son regard vers son interlocuteur. « Je suis là », dit-elle, laconique. Oui, visiblement, elle n'était pas encore partit. Mais si physiquement elle sentait ses pieds bien ancré dans le sol, trop peut être, elle sentait son esprit divaguer, désirant s'enfuir aussi vite que possible. Elle vit son regard compatissant et elle eut, de nouveau, envie de le gifler. Pourtant, il ne faisait que son travail, il faisait sans doute au mieux, mais Indianna n'avait pas vraiment conscience de ça actuellement.

Au bout de quelques jours, elle dut se résoudre à accepter que tout ceci était bien réel et qu'il n'existait aucune caméra cachée dans cette histoire. En même temps, cela aurait été cruel, mais largement préférable. Voilà qu'elle se retrouvait à l'hôpital, entre ses murs délavés et ses sols aseptisés. Elle détestait les hôpitaux, elle les avaient toujours haït. Sans doute parce qu'ils lui rappelaient tous ses mauvais souvenirs, tous ceux qu'elle avait choisi d'enfouir au plus profond. Elle avait écumé ceux des pays en difficulté pourtant, elle en avait vu des blessés, des gamins sous-alimenté, mais cela restait professionnel. Une barrière indicible avec sa sphère privée. Mais là, elle était là pour elle, pour son fils et tout ce qu'elle avait cherché à fuir tout ce temps venait de la rattraper en un temps record.  Nolan remua près d'elle et elle revint à elle, comme éveillé après un long rêve, une très longue torpeur. Mais elle ne sortait pas du cauchemar, elle y était plongé en permanence et il semblait ne pas trouver d'issue. Pourtant, cette chambre était bien réelle, tout comme le petit corps de Nolan endormit dans ce foutu lit d'hôpital. L'odeur de l'antiseptique vint lui gratter la gorge et elle se prit à suffoquer. Ce n'était rien en soit mais c'était devenu tout. Tout ici était insupportable, mais le pire, c'était son incapacité à y faire quoi que se soit. Vulnérable, elle ne pouvait que rester passive devant cette situation, ne pouvait absolument rien faire pour soulager son fils. Sa propre chair. C'en était trop. Elle se leva, fit des allers retours dans cette petite chambre mais l'air commençait de nouveau à lui manquer. Elle refoula les larmes qui lui venaient. Elle s’interdisait de pleurer devant Nolan, même s'il dormait et qu'il ne risquait pas de se réveiller tout de suite avec ce qu'ils lui avaient administré. La crise d'angoisse s'amplifia, l'obligeant à quitter la chambre et à se plaquer contre le mur le plus proche. Elle chercha à se calmer mais plus elle y pensait, plus la pression dans sa poitrine prenait de l'ampleur. Elle ne comprit pas tout de suite que quelqu'un s'était agenouillé face à elle. Elle sentit deux mains enserrer ses épaules secoués de spasmes et reconnu Ethan. Il lui parlait mais elle ne comprenait pas tout, elle s'attacha simplement à sa présence et la pression retomba doucement. Elle finit par le suivre, encore hagarde, mais se raccrocha à cette silhouette familière.

Une fois dehors, elle gonfla ses poumons d'air frais. Elle avait laissé sa veste dans la chambre de Nolan mais le froid lui fit du bien. Elle avait envie de hurler, de crier sa colère, son indignation à la terre entière, mais rien ne vint. Elle fut simplement soulagé d'avoir Ethan auprès d'elle. Jusque là, elle était seule pour mener ce combat. Bien sur, il savait, il l'avait su très rapidement même, mais elle n'avait pas voulu mêler sa peine à la sienne. Quelle amie serait-elle pour lui offrir ce spectacle après son propre drame ? Visiblement, il s'en moquait, car il était toujours là, patient, attentif. Leurs pas les menèrent dans le hall. « Merci. Ça va, je me sens mieux. », mentit-elle avec le meilleur aplomb qu'elle pouvait avoir aux vues des circonstances. Qui pensait-elle berner ? Elle-même bien sur. Jusque là, elle n'avait pas pleuré, refusant que quelqu'un puisse la surprendre à craquer. Par pudeur, peut être, mais aussi par détermination. C'était ça qui l’avait tenu en vie ces dernières années et aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour, elle ne devait rien lâcher. Elle passa ses mains sur son visage encore rougi quand elle tourna son regard sur la gauche. Sur le moment, elle crut que son imagination lui jouait des tours. Parce que c'était impossible. Décidément, trop de choses qui n'étaient pas sensé se produire lui tombaient dessus ces derniers temps. Daley. Alors qu'elle pensait encore être soumise à une hallucination, elle l'entendit : « Eh bien, salut vous deux. Ça fait un bail. » Plus de doute possible. Vraiment aucun. « Daley... », souffla-t-elle. Dire son nom à haute de voix confirma que tout, encore une fois, était bien réel. « Tu... Enfin, oui, ça fait longtemps ». Elle ne savait comment l'expliquer, mais au fond d'elle, elle sentait que cette journée n'avait pas fini de la surprendre.
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@Daley K. Brady ; @Ethan I. Hemsworth
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() message posté Sam 25 Nov - 0:50 par Ethan I. Hemsworth

But I remember everything

- Indianna — Daley — Ethan -


My friends are so distressed and standing on the brink of emptiness. No words I know of to express this emptiness. I love all of you, hurt by the cold, so hard and lonely too when you don't know yourself. - my friends, rhcp. -

Etonnant, comme un même endroit peut être à la fois le lieu de vos pires cauchemars et celui de votre salivation. Tous les jours je prenais sur moi quand je voyais un petit garçon franchir un couloir, une chambre. Une lutte permanente pour ne pas compter quel âge il devait avoir, deviner d’où lui venait sa jolie couleur d’yeux. C’était fou, savoir de quoi un gamin allait sûrement mourir et ne pas connaître son âge. Peut-être que c’était moi, le fou. Peut-être qu’un jour j’allais finir par péter un câble au beau milieu d’une séance, ou dans le bureau de la pédiatre, et terminer mes jours interné entre les murs de l’hôpital dans lequel j'aurais travaillé des années. J’arrivais à apprécier l’ironie d’un tel scénario catastrophe. Fallait avouer que l’ironie, je connaissais bien. Combien de temps s’était écoulé depuis le dernier incident ? Un mois ? Deux mois ? C’était flou. Je me revoyais courir, affolé, du service psychiatrique jusqu’au bureau de pédiatrie, après quoi, un grand écran noir. En me concentrant, je visualisais le visage de ma femme, son esprit quittant son corps, moi, agenouillé devant elle, essayant de la ramener à elle en lui parlant, avec des promesses que je ne pouvais pas tenir. Parce qu’en réalité j’étais comme elle, mort de trouille à l’idée que notre fille ne ressorte jamais du bloc opératoire, et ça, en dépit des compétences inégalées de la chirurgienne, en dépit de la toute petite opération dont il s’agissait. Peu importe, ça avait suffit à rendre sa mère et moi blancs comme un linge, à ranimer nos vieilles angoisses, les vieux démons venus nous rappeler qu’ils avaient toujours été là. Une peur irrationnelle. Encrée. Viscérale. La pire des peurs. Alors comment j’étais censé visiter un petit garçon après ça ? Pas n’importe quel petit garçon. Un que je connaissais sûrement mieux que le plus proche de mes jeunes patients. Son âge, la couleur de ses yeux, la teinte de ses cheveux, le son de sa voix, ce qui le faisait rire ou lever les yeux au ciel, ce qu’il aimait et ce qui l’énervait au point de demander à Ava de l’aider à se venger, malin qu’il était d'entrainer ‘’une grande’’ dans ses farces. Nolan. Je connaissais presque tout de lui. Ce que je ne savais pas par moi-même, je l’apprenais par ma fille. Je connaissais Nolan autant que sa mère, ma plus vieille amie, et je devais leur mentir à eux aussi ? Leur dire que tout irait bien, qu’il s'en sortiraient ? La dernière fois que j’avais crû cela, je m’étais retrouvé avec un bébé mort dans les bras. Mon bébé. Chaque jour j'apprenais à vivre avec la douleur de cette perte, le douloureux souvenir qui ne s’effacerait jamais, à en tirer quelque chose de positif, pour la mémoire de mon garçon et pour rendre mon frère fier de moi. Pourtant, je n’avais aucune envie d’être là. C’était mon lieu de travail, j’y passais mes journées, des nuits parfois. Mais j’aurais tout donné pour m’enfuir comme un lâche. Fermer les paupières et disparaitre aux yeux du monde. Mes mains tremblaient légèrement, pas assez pour que les quelques patients de la matinée le remarque, planquées sous le bureau ou dans mes poches. Ma veste ne quitta pas mes épaules, déjà prêt à partir dans ma tête. Les tremblements, tout habillé pour sortir, on aurait pu croire que j’avais hâte, que je trépignais d’excitation comme un écolier comptant les secondes avant la sonnerie. Je l’aurais été pour retrouver Nolan ailleurs que dans un lit d’hôpital, les moments passés en sa compagnie étaient toujours joyeux. Sauf qu’en pareilles circonstances, ce n’était pas de l’excitation. Tout le contraire même, c’était de l’anxiété.

Je tombai sur Indie au détour d’un couloir, fondue dans le mur immaculé. Difficile de savoir s’il la soutenait ou s’il s’écroulerait sans son appui. Mon poignet s’accrocha à mon sac désespérément, y trouvant une bouée de sauvetage en me concentrant sur ce qu’il y avait à l’intérieur pour ne penser à rien d’autre. Rien qu’un sac de voyage petit format dans lequel j’avais mis tout un tas d’objets en sachant que certains seraient inutiles. Des jeux les moins encombrants possibles, beaucoup de matériel de dessin, des livres audio, de la musique aussi. Ava et moi nous étions appliqués à faire des compiles. N’importe quoi pour faire passer le temps plus vite à Nolan, aussi dans l’espoir de le rendre le moins désagréable possible. J’y avais également glissé une petite bougie parfumée, parfaitement naturelle. Un conseil d’Amanda. Elle avait essayé de mettre des mots sur ce qui la troublait le plus dans sa phobie des hôpitaux. Moi, je ne faisais plus attention à l’odeur si caractéristique. Quelque chose de tellement inseptisé qu’on ne pouvait pas vraiment parler de parfum. Il n’y avait justement aucun parfum. C’était bien ce qui perturbait. L’absence de vie dans l’air. Il fallait croire qu’en y travaillant depuis près d’un an j’avais fini par m’y habituer. Me remémorant les objets un à un tel un mantra de fortune pour continuer d’avancer le plus calmement possible, j’arrivais à la hauteur d'Indiana l'air serein. Une sérénité pas plus solide qu’une façade mais qui devait faire suffisamment allusion. J’avais l’habitude. Surtout, je n’étais pas celui à plaindre ni à soutenir. Ce n’était pas mon fils prisonnier de la chambre d’à côté. Ce n’était pas moi le parent qui devait en vouloir au monde entier et se ronger les sangs. Non, c’était Indianna qui vivait cette épreuve. J’avais beau savoir ce que ça faisait, avoir déjà vécu ce sentiment révoltant d’injustice, je n’allais pas la ramener. Non, s’il y avait une chose qu’un évènement aussi tragique m’avait appris, c’était de fermer ma gueule. Parce qu’il n’y avait tout simplement rien à dire en de pareilles circonstances. « Indie... » Rien qu’un prénom à prononcer. Une main à tendre. Ce que je fis, le plus lentement possible pour ne pas la surprendre avec un geste brusque. Pas de réponse. « Indie je suis là. » Je me penchais dans l’espoir de la sortir de sa torpeur, posant doucement mes mains sur ses épaules au cas où elle s’écroulerait. Je le craignais en me penchant, quand mon regard toisait le sien, rouge de colère et de larmes refoulées. Elle devait lutter tellement fort, putain, il fallait qu’elle sorte de là avant d’imploser dans mes bras. Elle n’aimerait pas se mettre à pleurer, même devant moi, c’était certain. « Viens prendre un peu l’air. On me bipera s’il se réveille. » Ce que je pensais en réalité c’était sors vite de là. Moi aussi je devais sortir. Sentir l’air fouetter nos visages livides, réveiller nos esprits en sommeil. Rien de mieux à lui proposer sur le moment. Saloperie d’impuissance.

« Merci. Ça va, je me sens mieux. » Mieux… Mieux que pire. Et loin de se sentir bien. Comment pourrait-il en être autrement ? Je ne relevai pas ses paroles, gardant simplement un bras au plus près d’elle tandis que nous rentrions dans le hall, prêt à la soutenir à tout moment. Je maintenais juste assez de distance pour ne pas lui laisser penser qu’elle avait besoin d’aide, qu’elle était faible d’une quelconque façon. Des abrutis en blouse blanche semblable à celle que je portais m’avaient fait sentir faible à l’époque, m’administrant de force une quantité affligeante de calmants. Ça avait été le pire. Je m’étais senti comme un chien qu’on euthanasie. Résultat, j'en étais ressorti plus enragé encore, l’envie de mordre jusqu’au sang, de leur baver dessus. Au moins, avec moi à ses côtés, la mère ne manquerait pas le réveil de son fils et aurait droit aux meilleurs spécialistes pour s’en occuper. « Merde j’ai laissé le sac dans le couloir. » Dans ma hâte d’apaiser sa crise d’angoisse, j’en avais oublié mes affaires, remarquant trop tard que l’irlandaise n’avait même pas de veste. « Ava et moi on lui a apporté quelques affaires. » J’esquissai un sourire, peut-être que cette nouvelle la distrairait une seconde. Ou elle lui rappellerait que son enfant devait rester à l’hôpital et ferait de moi un psychologue vraiment merdique. Au moins l’information retint son attention, et elle continuait de parler un peu. C’était déjà bon signe. « Tu veux boire quelque ch… » Quelque chose de chaud. Mais ces mots restèrent coincés dans ma gorge quand j’entendis une voix masculine nous interpeller. « Eh bien, salut vous deux. Ça fait un bail. » Mes sourcils se froncèrent, agacé que quelqu’un ose nous déranger, puis je réalisai ce qui se passait en suivant le mouvement d'Indianna. « Daley. » Si elle n'avais pas tourné la tête en sa direction, je n’aurais surement pas posé un oeil sur lui. Alors que j’en posais deux, je le fixais complètement, ébahi par ce que je voyais. « Tu... Enfin, oui, ça fait longtemps » Est-ce que je pouvais dire un truc de ce genre là moi aussi ? Ça fait un bail ? Est-ce qu’on pouvait dire ça après vingt ans ? Le son de sa voix s’effaçait déjà. Un écho d’outre tombe. Bordel, je n’avais même pas reconnu sa voix. Son visage par contre… La ressemblance avec l’adolescent que j’avais laissé me fascinait. « Vieux… » Un souffle. Ouais, j’étais complètement soufflé. Je le reconnaissais comme on se remémore un rêve, comme on repense à un souvenir d’une autre vie. « Qu’est-ce que tu fais là ? » La vie pouvait-elle être aussi simple ? Déposer un souvenir d’enfance à vos pieds, vous ramener un ami perdu, un bout de votre terre natale ? Vous faire ce cadeau par pure générosité puis reprendre son cours ? Je voulais y croire. Avancer, l’enlacer, comme on enlace un membre de sa famille qui retrouve le chemin de sa maison. Rentrer chez moi, c’était ce que je souhaitais le plus au monde. Mais quelque chose me faisait douter. Je ne rentrerai pas aujourd’hui.

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() message posté Dim 10 Déc - 18:07 par Daley K. Brady
The old familiar sting try to kill it all away, but I remember everything.



What have I become my sweetest friend. Everyone I know goes away in the end. And you could have it all my empire of dirt, I will let you down, I will make you hurt. I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time the feelings disappear, you are someone else; I am still right here. ⊹ Hurt (Johnny Cash)
J'ai imaginé mille et un scénarios différents pour ces retrouvailles. En presque vingt ans, on a le temps d'en échafauder dans sa tête, dans ses rêves et dans ses cauchemars aussi. Mais les avoir là, en face de moi dans un hôpital pour enfants, c'est vraiment pas ce que j'avais prévu. Et j'aurais pu m'en tenir au plan, redresser le col de mon long manteau noir et passer les portes de sortie de l'établissement. Attendre quelques jours, c'est tout ce que j'avais à faire. Ça serait revenu au même. Mais j'ai pas pu m'en empêcher. Ouais, je suis peut-être pas quelqu'un de patient, mais ça fait dix-huit ans que j'attends ça. Vous vous me dites que j'étais plus à quelques jours près, que là, dans cet hôpital c'était surement pas le bon moment. On est jamais dans ce genre d'endroit pas hasard après tout. Quelque soit la raison, c'est jamais le bon moment quand ça se passe dans un hôpital. Mais j'imagine que vous savez pas ce que ça fait d'attendre qu'une chose se produise après autant d'années ; ça vous ronge de l'intérieur, c'est comme une démangeaison qui s'arrête jamais. Pendant pratiquement vingt ans. J'ai envie que tout ça cesse. Extérioriser presque vingt ans de frustration, c'est tout ce dont j'ai besoin. Et quand l'occasion, bien trop belle et trop nette se présente, même à quelques jours près du but final qu'on s'est fixé, c'est le moment de se lâcher. Tant pis pour le plan, tant pis pour tous ces scénarios que j'ai finement échafaudé. J'envoie tout en l'air au moment où mes pieds se tournent dans leur direction. Je me dirige vers eux, je les salue. Avant, j'étais sûr que lorsque le jour viendrait, je leur balancerais directement des insultes à la gueule. Probablement avais-je envisagé une centaine de fois de foutre un coup de poing dans la gueule trop parfaite d'Ethan dès que l'occasion se présenterait. Juste pour libérer la pression. Mais je reste planté là. Au fond, c'est prévisible. J'ai beau penser à des gestes violents, des paroles brusques, des choses qui me feraient passer pour le pire des connards, je sais que je suis pas quelqu'un de mauvais. Parfois je peux être maladroit et blesser les autres, mais je suis pas du genre à faire du mal intentionnellement. Pourtant j'aimerais pouvoir en avoir la force. C'est ça ce qu'il me faudrait, moins de lâcheté, plus de force.

Je sais pas ce que je pense à ce moment-là. Je crois que ma tête se vide totalement de toutes pensées. C'est comme s'il y avait un gros bug. Je reste là, stoïque, un sourire cachant à peine tout ce que je ressens, tout ce que j'ai pu ressentir toutes ces années. Je balance cette phrase débile. Ça fait un bail. J'aurais pu dire autre chose, n'importe quoi d'autre, mais je vois pas ce qui aurait pu sortir de mieux. Je vois la tête d'Indianna ; elle a l'air au moins aussi surprise qu'Ethan. Mon prénom passe la barrière de ses lèvres, et un frisson parcourt l'intégralité de mon corps. Je crois même que les poils de mes bras et de ma nuque s'hérissent à cette appellation. Mais c'est pas comme si je faisais vraiment attention aux messages que m'envoie mon corps. La seule chose qui retient mon attention, c'est la façon dont mon cœur est erratique, il s'emballe comme s'il a peur de ce qu'il va se passer ensuite. J'ai imaginé ce moment tellement de fois. Mais j'ai toujours buté sur ce qu'il allait se produire après. Après qu'ils m'aient vu. Après les avoir salué, insulté, cogné, ou qu'importe le scénario choisi. Je les voyais souvent surpris, sans savoir vraiment quoi dire. Et ensuite, il pouvait toujours se passer tout et n'importe quoi. Mais au fond, je sais pas quelle serait la meilleure chose à faire, là. Indianna me balance avec une certaine difficulté que ça fait longtemps. Elle approuve ce que je dis, ou elle sait juste pas quoi dire. Des excuses pour m'avoir abandonné, pour en avoir rien eu à foutre de moi pendant les vingt dernières années, ça serait bien. Je remarque même pas sa fatigue, sa détresse qui se lisent pourtant si facilement sur son visage pâle; et qui semblent jumelles aux miennes. C'est le genre de détails que je remarque d'habitude. Probablement quand je suis dans un état normal. Mais là c'est pas le cas, tout m'échappe. La seule chose qui m'importe, c'est que la situation me file pas entre les doigts. Pas après tout ce temps. Puis vient au tour d'Ethan de parler. Il m'appelle « Vieux... » comme si on s'était quitté la veille. Comme si hier encore, et les jours d'avant il m'avait appelé de la même façon. Mais ça fait vingt ans qu'on m'a pas appelé de cette façon, pas avec ce timbre de voix. C'est étrange, c'est à ce moment précis que je me rend compte que dans mes scénarios, dans mes rêve, j'ai oublié leur voix. Elles se sont effacées de mon esprit sans que je m'en rende compte. Mais leur visage eux, sont restés intactes. C'est surement pour cette raison que je les ai reconnu immédiatement d'ailleurs. J'ai tellement fixé nos anciennes photos, celles qui se trouvent dans un vieux carton. Leur tête, leur regard, j'aurais jamais pu les oublier. Pourtant eux, on dirait qu'ils voient un fantôme, tous les deux. Ils m'ont oublié oublié, eux. Je suis sûr que ça fait des années qu'ils ont pas eu une pensée pour moi.

Mon sang bouille dans mes veines. Le sourire que j'ai eu au coin des lèvres disparaît petit à petit, pour laisser une expression imperceptible sur mon visage. Mes sourcils se froncent légèrement, alors qu'une question raisonne finalement dans l'air. « Qu’est-ce que tu fais là ? » Une question si simple pour le commun des mortels. Pourtant, je sais pas quoi répondre. Ça serait long de tout expliquer. Je suis pas venu pour ça. Je suis pas venu pour me confier, c'est eux qui me doivent des explications, pas l'inverse. Ce que je fais là, ça les regarde pas. Et puis est-ce que ça les intéresse vraiment ? Après tout, ils ont pas l'air de s'être beaucoup demandé où est-ce que j'étais ces vingt dernières années ; quand moi, je me suis retrouvé seul à Belfast, avec tous ces souvenirs à chaque coin de rue. Ces putains de souvenirs douloureux, j'ai voulu me les arracher de la tête plus d'une centaine de fois. Ils se sont pas aussi demandé où j'étais lorsque je me suis retrouvé au plus bas, seul, à suivre un programme de désintoxication. Est-ce qu'ils ont demandé de mes nouvelles quand je suis parti en Écosse ? J'étais seul encore cette fois-là. Et est-ce qu'ils ont seulement remarqué ma présence lorsque je suis arrivé à Londres ? L'ont-ils seulement ressenti ou imaginé une seule fois ? Alors, non, j'ai pas d'explication à leur fournir. Je les regarde d'un air de plus en plus sévère. Je fourre mes mains dans les poches de mon manteau en haussant un sourcil. « Tu veux dire qu'est-ce que je fais là spécifiquement dans un hôpital pour enfant, ou bien qu'est-ce que je fais là à Londres en général ? » Jouer avec leur nerfs, fut un temps où ça a été une façon de les taquiner. Mais là, je rigole pas du tout. J'évite délibérément de répondre à la question d'Ethan. S'ils s'attendent à une rétrospective argumentée de la façon dont je me suis retrouvé aujourd'hui ici, ils risquent d'être déçu. Je compte pas leur en décrocher un mot pour le moment. Je les fixe à tour de rôle, avant d'ajouter un instant plus tard sans leur laisser l'occasion de répondre à l'un comme l'autre. « Je pourrais vous poser la même question. Je pensais pas que Londres ça serait... » Je marque une pause, passant lentement ma main droite le long de ma barbe jusqu'au bout de mon menton. « Votre truc. Au contraire j'aurais plus eu tendance à parier que ça serait un peu trop... Anglais pour vous deux. » Je cherche mes mots. Le ton que j'emploie est distant, sarcastique. Et froid surtout. C'est pas facile de parler à des gens qu'on a pas vu depuis tant d'années. Autant dire que c'est comme parler à de parfaits inconnus. Même si je joue au jeu des faux étonnés, parce qu'après tout je suis au courant qu'ils vivent à Londres depuis un moment déjà, je sais pas pourquoi cette ville en particulier. Ça m'a étonné quand je l'ai appris. Eux qui étaient si fiers de leur origine irlandaise lorsqu'on était que des gamins. Je me suis toujours considéré comme un anglais contrairement à eux. Sûrement à cause de ma famille protestante. Sur le moment, je me demande même pas pourquoi eux aussi sont dans cet hôpital. Je fourre à nouveau mes mains dans les poche de ma veste, et je hausse les épaules. Je conclus finalement un instant après. « Mais bon, je suppose que je vous connaissais pas aussi bien que je l'imaginais. » Pour ça, et pour un tas d'autre chose. Le pic est envoyé, et ça sera sûrement pas le dernier. La rancune est amer. Je suis pas sûr de vous avoir déjà connu au final. Les amis que je connaissais eux, m'auraient jamais abonnée après tout. Mais encore faudrait-il qu'ils aient déjà existé en ce bas monde. Je donne des petits coups contre le sol à tour de rôle avec mes pieds, trahissant mon malaise. Je baisse la tête un instant avant de la relever et d'esquinter un léger sourire sans grande conviction. « En tout cas c'est plutôt marrant, physiquement vous avez pas tant changé que ça. Je vous ai directement reconnu quand je vous ai vu. » Sourire que s'efface très rapidement au dépend d'un air plus sérieux. Mes yeux clairs fixent sans cesse ces deux amis d'enfance dont seule l'enveloppe me semble à présent familière.


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() message posté Hier à 19:27 par Indianna L. McCarthy

❝ Just gotta figure out. ❞
 Daley & Ethan & Indie  
Don't get caught up in me feeling off course today. You can take a minute before you go slipping away. I know I took some time but I realized my mistake. You don't have to be part of the problem. I just need a second chance
Quelle sensation cela serait que de se laisser aller, comme ça, juste un moment, un tout petit instant pour ne plus penser à rien ? Ce n'est pas qu'elle y songe vraiment, mais il lui arrive d'y penser, quand l'obscurité est trop tenace, quand le silence est trop pesant. Juste une petite piqûre et quelques instants plus tard, on s'endort simplement d'un sommeil sans rêve. Et au réveil, plus rien, la vie à reprit son cours et tout ce qu'on pensait avoir connu à tout simplement disparu. Oui, ça serait beau, ça serait même révolutionnaire. Mais Indianna n'a plus de temps à perdre avec ce fol espoir. Nolan est malade, gravement malade, elle doit tenir pour lui. Et quelque part, elle se sent moins forte qu'avant. Pourtant, il est son fils, ce qu'elle a de plus cher, la meilleure raison qui soit de se perdre et de s'accrocher de toute ses forces. Mais Nolan la rend faible et elle s'en veut aussitôt de penser ainsi, mais c'est la vérité. Être mère à créé une fêlure, une fragilité qui vient entacher sa carapace, sa protection contre le monde. Pourtant elle l'aime le monde, elle veut le protéger, elle a même donné tellement de son temps pour venir le soulager un peu, à son échelle, de ses peines. Mais là, elle ne se sent plus assez forte, pas comme avant. Mais pas assez pour lâcher prise, non, elle sait qu'elle ne lâchera rien, qu'elle s'accrochera jusqu'au bout, qu'elle ne s'avouera jamais vaincu, qu'elle inventera même un vaccin elle-même s'il le faut, mais que tout sera plus dur, plus long. Parce qu'avant, elle était seule, une solitude recherchée, et qu'elle pouvait bien s’effondrer sans que cela ne soit dramatique. Mais si Nolan part, s'il disparaît de sa vie, alors elle sera perdu aussi, aussi certain que l'amour qu'elle lui porte. Plus rien n'aurait de sens s'il venait à partir. « Indie je suis là. » Oui, il est là, il n'a pas tourné les talons. Ethan est là. Mais elle n'a pas la force de lui répondre, c'est à peine si elle comprend. Seulement ils n'ont pas besoin de se dire ce genre de choses. Il est là, comme à l'époque, comme autrefois quand tout était partit en vrille. Non, elle ne doit pas faire de comparaison, elle ne veut pas remonter à cette perte, à celle qu'elle ne pensait plus jamais ressentir. Et Ethan non plus ne doit pas. Il a déjà trop perdu. Mais comment ne pas penser à lui alors que tout semble s’effondrer autour d'elle ? Elle pourrait presque entendre sa voix dans sa tête, l'entendre lui dire que tout irait bien, qu'il allait bien s'occuper d'elle et du petit. Connord lui manquait atrocement et sûrement bien plus maintenant qu'elle avait ardemment besoin de sa présence.

Ils sont dans le hall et Indianna semble reprendre conscience. Mais elle sait que cela sera de courte durée, qu'une fois au chevet de Nolan, le brouillard viendra à nouveau l'emplir, la bouffer de l'intérieur. « Ava et moi on lui a apporté quelques affaires. » Indianna lève son retard vers son ami. Malgré toute sa peine, toute cette colère interne, elle lui sourit. Un sourire tendre, un brin de biais certes, mais sincère. De nouveau, ses yeux se mettent à la brûler et elle les clignent pudiquement, histoire qu'Ethan ne le prenne pas pour lui. Pourtant il n'est pas étranger à sa douleur, il ne la connaît que top bien. Et surtout, il connaît ses larmes pour les avoir épongés autrefois, pour l'avoir veillé alors qu'elle ne pensait jamais se relever. « Merci. Merci pour tout », souffle-t-elle. Elle lui prend la main une seconde pour le remercier encore, pour ne pas paraître froide et distante. Non, elle ne l'est pas, c'est juste qu'elle sait que si elle se laisser aller contre lui, elle ne pourra retenir ses larmes. Elle finira par craquer pour de bon et elle ne veut pas qu'Ethan en soit le spectateur. Quant bien même cela n'aurait rien d'inédit pour lui qui avait été le témoin de la plus grosse perte de sa vie. Et elle l'espérait bien, de la dernière.

Et le passé semble refaire surface soudainement. Passé la surprise, Indianna accuse le coup. C'est bien Daley face à elle, face à eux. Il se tient bien droit, le regard pointé vers eux comme si le temps n'avait pas eut de prise sur eux. Mais si, bien sûr. Parce qu'ils ont changé tous les trois, parce qu'ils ne sont plus les adolescents d'autrefois. Et en cet instant, Indianna se sent plus adulte que jamais. Et sans doute que la présence d'Ethan et Daley ne fait qu'accentuer cet état d'esprit. Combien de temps s'est-il écoulé depuis la dernière fois qu'ils se sont retrouvé tous les trois ? Une éternité. Presque 20 ans. Dieu qu'ils sont devenus grands tout d'un coup. Mais elle n'arrive pas à s'expliquer la présence de son ami en ce lieu. Et ce n'est pas forcément l'hôpital, non, c'est plus vaste que ça. La dernière fois c'était à Belfast, c'était dans un autre contexte, à une autre époque. Et finalement Ethan pose la question qui brûle les lèvres de l'irlandaise : « Qu’est-ce que tu fais là ? » Elle s'en veut aussitôt de n'avoir pas été plus démonstrative, de ne pas l'avoir serré contre elle, sincèrement heureuse de le revoir. Mais quelque part, elle sent une certaine retissance venant de Daley. Son sourire se fige et finit par disparaître sur son visage si adulte désormais. Elle remarque ses traits plus dur, ses yeux clairs mais tellement plus sérieux. « Tu veux dire qu'est-ce que je fais là spécifiquement dans un hôpital pour enfant, ou bien qu'est-ce que je fais là à Londres en général ? » Le ton est distant, neutre et Indianna sent derrière une certaine raideur à lui répondre. Elle coule un regard vers Ethan, tentant de percevoir son avis à lui, de voir si son ressentit ne vient pas uniquement d'elle. Parce qu'elle n'est pas sur d'être le meilleur des juges aujourd'hui. En temps normal, elle aurait ressentit plus aisément les choses, elle n'aurait sans doute pas réfléchit avant d'embrasser son vieil ami. Mais là, elle se sent comme dans du coton, dans un sorte de torpeur sur le point de s’enfoncer. « C'est simplement qu'on est surprit de te voir », dit-elle simplement pour rejoindre Ethan. Son ton se voulant chaleureux mais elle n'est pas sûr du résultat. Sans doute parce qu'une partie de sa chaleur naturelle a disparu en même temps que l'annonce de la maladie de son fils. Mais elle souhaite être ouverte envers Daley. Après tout, ils sont amis, non ? « Je pourrais vous poser la même question. Je pensais pas que Londres ça serait... Votre truc. Au contraire j'aurais plus eu tendance à parier que ça serait un peu trop... Anglais pour vous deux. » Ce coup-ci, elle est sur de ne pas se faire d'idée. Le ton est glaciale, emplit d'une colère sourde. Sa remarque la blesse aussitôt. Peut-être parce que ce n'est pas comme ça qu'elle se souvient de lui ou plutôt qu'elle préférait garder un autre image que cette agressivité soudaine sur son visage. « Je peux savoir ce que tu reproches à Londres ? », demande-t-elle, un peu plus abrupte qu'avant, mais sans se montrer virulente. Parce qu'elle ne veut pas s'énerver, au contraire, son tempérament chercherait plus à arrondir les angles. Seulement, au fond d'elle, elle est vexée qu'il s'adresse à elle, à eux, de cette manière. Elle trouverait presque cela risible de parler de Londres alors qu'ils ne sont pas vu depuis tant de temps, mais au vu de l'attitude de Daley, cela semble un passage obligé. « Mais bon, je suppose que je vous connaissais pas aussi bien que je l'imaginais. ». De nouveau, Indianna accuse sa remarque. Elle le sent fébrile, tandis qu'elle se met à croiser les bras sur sa poitrine. Des reproches. Dans son souvenir, c'est aussi la dernière chose qu'il est faite, avant qu'elle ne quitte Belfast. Lui reprocher sa « fuite », lui reprocher de ne pas rester quand tout lui faisait bien trop mal. « En tout cas c'est plutôt marrant, physiquement vous avez pas tant changé que ça. Je vous ai directement reconnu quand je vous ai vu. » Même si la conversation se veut plus adaptée, Indiana ne peut s’empêcher de se sentir mal à l'aise. Pourtant, en son fort intérieur, elle ne comprend pas sa rancœur, si tenté que c'est bien ça qu'il ressente. S'est-il arrêté à leur dernier échange à Belfast ? Est-il figé dans le passé au point de conserver cette même colère d’antan ? « On a vieillit quoi. On est devenu adultes finalement », dit-elle. « Mais t'es plutôt bien conservé », ajoute-t-elle en accompagnant sa phrase d'un léger sourire. Elle avait toujours trouvé ses yeux magnifique, mais aujourd'hui, ils avaient une teinte bien plus sombre qu'autrefois.
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@Daley K. Brady ; @Ethan I. Hemsworth
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