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A friend can never be replaced but will always be remembered ✘ Kenzo A. Armanskij

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() message posté Mar 19 Déc - 2:48 par Zola Monroe

A friend can never be replaced but will always be remembered
Zola Monroe & Kenzo A. Armanskij


Ma vie n'avait jamais été un long fleuve tranquille et ce n'est pas demain la veille que mon existence allait devenir plus paisible. En fait, je crois qu'en un sens, je n'avais pas envie que cela se produise: bien évidemment, je ne voulais surtout pas revivre les drames que j'avais enduré dans un passé plus ou moins récent mais à contrario, je ne souhaitais pas non plus que mon quotidien devienne soporifique. J'aimais l'aventure et le frisson, cela ne datait pas d'aujourd'hui: j'adorais que l'on me surprenne et j'avais toujours pensé que l'imprévu était ce qui rendait nos vies passionnantes. Je pense d'ailleurs que c'est pour cette raison que j'avais trouvé en Kenzo la femme parfaite. Au fil des années, j'avais découvert à quel point elle pouvait se montrer intrépide et sa simple présence m'avait permis de mener l’existence dont j'avais toujours rêvé. Même encore aujourd'hui, elle parvenait à me surprendre et c'est d'ailleurs pourquoi elle était rapidement devenue irrésistible à mes yeux. Kenzo n'était pas toujours simple à suivre mais je considérais que cela rajoutait à son charme: il lui arrivait parfois d'être tout et son contraire selon ses humeurs mais cela ne m'avait jamais dérangé le moins du monde. J'aimais sa complexité et je crois même que c'est pour cette raison qu'elle m'avait totalement envoûté. Kenzo était clairement une rebelle dans l'âme mais même si elle possédait un caractère bien prononcé et qu'elle pouvait clairement montrer les crocs, je savais aussi qu'elle possédait une autre facette beaucoup plus douce. J'étais bien placé pour dire qu'elle était sensible et que même si elle ne manquait pas de ressources, elle demeurait fragile. Autant dire que sous certains aspects, Kenzo pouvait être une jeune femme déstabilisante: il m'était déjà arrivé de ne pas savoir sur quel pied danser en sa compagnie mais encore une fois, j'estimais que c'était ce qui la rendait si unique à mes yeux: pour rien au monde, je n'aurais voulu qu'elle change car lorsque mon cœur l'avait choisi, c'est aussi parce j'avais succombé à ses défauts.

J'aimais tout chez Kenzo; sa beauté n'avait d'ailleurs d'égal que sa personnalité au combien croustillante. Chacun de ses sourires illuminait mes journées au même titre que je frissonnais de plaisir dès que j'avais l'occasion de contempler ses courbes parfaitement dessinées. Elle seule avait cette capacité de me procurer des émotions indescriptibles quand elle me lançait un regard des plus séducteurs tout comme il lui suffisait parfois d'effleurer ma peau pour que chaque parcelle de mon corps se mette brusquement à vibrer. Quand elle le voulait, elle n'avait aucun mal à me faire perdre tous mes moyens: d'ailleurs, il m'arrivait parfois d'avoir la sensation d'être totalement sous son contrôle mais c'était loin de me déplaire. En réalité, on se complétait à tous les niveaux comme deux moitiés indissociables d'un même tout.

Je ne savais pas d'où m'était venu l'idée que nous fassions un tour en péniche mais quelque chose me disait que cela devait être une expérience unique à vivre. A dire vrai, je réservais encore une autre surprise à Kenzo mais en premier lieu, je croisais les doigts pour ne pas m'être planté sur toute la ligne. Je m'amusais tout d'abord de sa réflexion tout en sachant pertinemment qu'elle était tout à fait capable de mettre cette menace à exécution puis finalement, le verdict tomba et je fus soulagé de constater que Kenzo était sous le charme de ma proposition. Elle m'embrassa alors pour me remercier puis sans perdre une seconde, elle me prit par le main pour que je lui emboîte le pas afin que nous montions sur la péniche. Je la suivais sans discuter tout en étant déjà persuadé que nous allions passer une soirée des plus délicieuses. Mon but était que cette soirée soit la notre et je ne voulais donc pas prendre le risque qu'un inconnu vienne troubler notre tranquillité. L'avantage, c'est qu'il était possible que cette balade sa fasse en amoureux et bien évidemment, j'avais dans l'idée de demeurer seule avec Kenzo pour que nous puissions profiter pleinement de ce petit tour en péniche.

L'espace d'un instant, je m'appuyai contre la rambarde située à l'avant du bateau et je me mis à contempler le paysage tout en passant un bras autour de la taille de ma colombe pour qu'elle se colle contre mon corps. Par la suite, je ne pus alors m'empêcher de la contempler avec douceur avant de lui offrir un baiser des plus passionnés quittant presque ses lèvres avec regret.

- Ne bouge pas mon cœur, je reviens tout de suite: évite juste de faire des bêtises en mon absence.

Accompagnant ma réplique d'un clin d’œil malicieux, je délaissais donc Kenzo le temps de remplir quelques formalités d'usage: malheureusement, tout avait un prix même si pour l'occasion, je ne comptais pas regarder à la dépense. J'en profitai alors pour échanger quelques mots avec le batelier qui me confirma que nous allions partir dans quelques minutes. Après l'avoir remercié, j'entrepris de rejoindre Kenzo et vint me blottir contre son dos tout en ne me privant pas pour déposer quelques bisous dans sa nuque.

- Tout va comme tu le désires mon ange?
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() message posté Mer 27 Déc - 21:59 par Kenzo A. Armanskij
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Je n’avais jamais aimé l’ennui, et plus jeune, je m’étais toujours débrouillée pour trouver un moyen de combler le vide. Le vide que mes parents instauraient chaque jour, le vide que représentait l’absence de Zola ou d’Alexandra lorsqu’ils n’étaient pas là. Le vide que Suzon avait laissé en me quittant lâchement alors que je n’avais que huit ans. Ma vie, amoureuse ou personnelle, avait toujours été faite de hauts et de bas. Je n’avais jamais eu le temps pour l’ennui, et lorsque j’en avais eu l’occasion, je m’étais donné toutes les raisons de ne pas m’apitoyer sur mon sort. J’avais vécu avec difficulté, mais néanmoins, personne ne pouvait remettre en cause le fait que j’avais déjà bien vécu. A pleins poumons, avec le cœur. J’avais tout eu. L’abandon, l’ignorance, l’amour, le deuil, la séparation, la perte. La vie n’avait plus grand chose à m’offrir désormais, car j’avais profité de l’essentiel et m’étais relevé du plus dur. Aujourd’hui, j’avais une chance que les choses rentrent dans l’ordre pour de bon, pourtant je restai sur la défensive, à attendre que le destin frappe une nouvelle fois et nous couche à terre. Une fois pour toute. J’avais peur de la suite, alors je protégeais mon cœur des éventuels coups. Zola était mon seul baume, mais j’avais peur de son pouvoir. J’avais toujours été entièrement dépendante de son amour et c’est sûrement ce qui avait rendu la séparation si difficile. Pendant trois ans nous nous étions efforcés de remettre notre couple sur les bons rails, mais malgré nos efforts, les choses ne s’étaient pas arrangées. Il avait fallu trois ans de plus pour permettre à nos cœurs de se remettre de notre perte. Il me fallait trois ans de plus pour intégrer le fait que tout cela n’avait été qu’un mensonge. Qu’une vulgaire manipulation d’une infirmière dérangée et sans scrupules. On m’avait volé mon fils. Ma vie. On avait brisé mon histoire d’amour par pure égoïsme. Madame Sallinger avait voulu ma vie, la seule chose qu’on m’avait donné. Je n’avais jamais pu lâcher ma colère, haïr cette femme de manière injuste et incontrôlée. J’aurai voulu la défigurer à coups d’objets en pleine face et lui cracher toutes les insultes du monde. Lui raconter tout ce que la perte de mon enfant m’avait poussé à faire par la suite. Le départ, la luxure, le suicide. Des choses que je ne m’étais jamais imaginée faire auparavant. Avant qu’il soit question que je devienne maman.
Zola et moi nous étions aimés trop tôt, et j’avais la sensation que désormais il nous était interdit de s’aimer de la même manière. Avec insouciance, sans limites. La seconde chance qui nous était accordé concernait notre rôle de parent, non d’amant. L’amour ne partirait jamais, mais les manières d’aimer avaient changé en six ans. J’étais bien loin de la Kenzo de mes dix-neuf ans. Il n’avait plus rien à voir avec le Zola de ces jours heureux. Nous avions traînés dans les fins fonds de Londres, parmi la drogue, le sexe et la cupidité. Nous étions parvenus à refaire surface, mais malgré tout, nous y avions laissé une partie de nous mêmes dans ces enfers. Mais faire une ballade en péniche semblait être venu tout droit d’un doux rêve. Un désir que je m’étais longtemps interdit pensant qu’il n’arriverait plus jamais. Il n’y avait rien de plus romantique, rien de plus propice pour faire renaître cette flamme éteinte par nos cœurs gelés. J’avais le sourire aux lèvres, mais une prudence indomptable me soufflait de garder la tête froide. Pourtant, le sourire grandissait alors que Zola vint me prendre dans ses bras. J’observais l’eau et ses reflets dorés des réverbères de la ville. La nuit était tombée et la température avait chuté. Mais je me sentais bien, enveloppée dans mon long manteau, pelotonnée contre Zola. Je sentis son regard se poser sur moi, et après quelques secondes, je tournais la tête vers lui, gênée par ce regard langoureux et amoureux qu’il avait posé sur moi. Il m’embrassa avec douceur. Mon cœur s’emballa. Le rouge me monta aux joues. C’était comme si je retombais une fois de plus amoureuse de lui. C’était ce sentiment, longtemps présent et trop longtemps disparu qui revenait. Ce sentiment qu’aucune épreuve n’était en mesure de changer mes sentiments à son égard. Ce sentiment qu’ils continueraient de grandir avec le temps. Il fini par me souffler qu’il revenait et m’indiqua de ne pas faire de bêtises. Je lui tirais la langue, boudeuse, en croisant les bras et lançais d’un ton moqueur : « C’est l’hôpital qui se fout de la charité. » Ce n’était pas méchant, et cette remarque eu l’effet escompté. Il me jeta un dernier regard espiègle avant de me quitter, auquel je répondis par un sourire. Cette complicité aussi m’avait manqué. En soupirant, je m’appuyais sur la rambarde et commençais à mémoriser chaque détail de cette vue. J’aurai tellement aimé avoir toile et pinceaux pour représenter les lieux, comme le faisait les grands peintres comme Van Gogh. Les projections mentales n’étaient pas suffisantes, mais de nos jours, il était difficile de poser son chevalet n’importe où avec le désir de peindre sans être dérangé. Le monde n’était plus ce qu’il était autrefois. Zola me sortit de mes pensées lorsque je le sentis dans mon dos. Il passa ses bras autour de ma taille et je collais ma joue contre son cou en fermant doucement les yeux. J’entendis sa voix me parvenir aux oreilles et me tournais pour me retrouver face à lui. Je passais mes bras autour de son cou, et tout en embrassant son nez, répondis avec douceur : « Tout va très bien. » Pour une fois. Pour une fois je m’autorisais à l’avouer, je m’autorisais à y croire.
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() message posté Ven 29 Déc - 16:02 par Zola Monroe

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Cela pouvait paraître absurde à bien des égards mais cette petite escale en péniche avait presque une valeur symbolique à mes yeux. Lorsque l'on commença à s'éloigner des berges, j'eus comme l'impression que d'une certaine manière, nous étions en train de refermer un chapitre de notre existence. Notre couple prenait véritablement un nouveau départ à cet instant précis en laissant derrière lui tous les drames qui avaient failli avoir raison de notre amour en même temps qu'ils avaient été à deux doigts de causer notre perte à de multiples reprises. Il est vrai que la vie ne nous avait jamais fait le moindre cadeau et qu'à de nombreuses occasions, on avait frôlé la noyade. Et pourtant, chaque fois que l'on était sur le point de couler à pic, nous avions trouvé les ressources nécessaires pour sortir la tête de l'eau et ainsi éviter d'être emporté par les vagues de souffrance qui n'avaient de cesse d'assaillir chaque parcelle de nos cœurs. Et si finalement, le destin nous avait fait vivre toutes ces épreuves pour que notre couple soit désormais indestructible? Etant assez superstitieux dans mon genre, j'en venais à me poser la question. Personne n'aimait être confronté à une peine plus ou moins grande et bien évidemment que j'aurais préféré que le ciel évite de me causer tant de chagrins. Malgré tout, je ne niais pas que c'est aussi au travers des difficultés que j'avais connu tout au long de mon existence que j'étais devenu un homme plus fort car j'étais désormais mieux préparé pour affronter les aléas de la vie. Au fil des obstacles que j'avais affronté, j'avais acquis plus de maturité et j'avais surtout retenu certaines leçons qui m'évitaient aujourd'hui de commettre certaines erreurs que j'avais pu faire dans le passé. Connaissant Kenzo, j'avais tendance à croire qu'avec tout ce qu'elle avait également enduré depuis son plus jeune âge, elle était désormais une jeune femme qui possédait un mental d'acier à défaut d'être inébranlable. Alors, c'était peut être présomptueux de ma part mais j'avais vraiment envie de croire que si notre couple était encore debout aujourd'hui malgré tout ce que l'on avait subi depuis des années, on avait désormais toutes les cartes en main pour qu'il perdure pour l'éternité: il fallait juste que l'on se donne les moyens d'entretenir la flamme de notre amour au quotidien tout en demeurant soudé en toutes circonstances devant les difficultés que nous allions affronter dans un futur plus ou moins proche.

Sur un plan plus personnel, j'avais aussi le sentiment de devenir un nouvel homme. En m'éloignant des berges, je laissais derrière moi une certaine facette de ma personnalité qui m'avait sans doute empêché de jouer pleinement mon rôle au sein de mon propre couple. Je délaissais ma part d'égoïsme pour me consacrer entièrement à ma famille afin qu'elle devienne désormais ma priorité absolue. Cette péniche nous conduisait vers notre avenir et j'espérais qu'il allait s'annoncer aussi merveilleux que le paysage qui se dressait devant mes yeux. Voir Londres depuis ce point de vue alors que la nuit revêtait ses plus belles couleurs me laissait rêveur. Dans d'autres circonstances, j'en aurais sûrement profité pour emmener ma guitare car c'est lorsque je vivais des moments aussi magiques que mon inspiration tournait à plein régime. D'ailleurs, la prochaine mélodie que j'allais élaborer me tenait particulièrement à cœur car j'avais déjà décidé de la composer en l'honneur de Kenzo: comme je n'étais pas toujours très doué pour lui dire combien je l'aimais, je savais que la musique me permettrait de me remédier à ce problème car depuis toujours, c'est quand je ne formais qu'un avec ma guitare que j'exprimais mes émotions sans la moindre retenue.

Suite à ma question, Kenzo me confirma que tout allait pour le mieux et je ne pus m'empêcher de me sentir à la fois rassuré et comblé. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'elle me donnait une telle réponse lorsque je la questionnais à ce niveau mais pour la première fois depuis bien longtemps, je sentais qu'il n'y avait aucune retenue dans sa voix et ce sourire qui illuminait son visage n'était aucunement feint: ma moitié paraissait réellement épanoui et j'en étais pleinement heureux. Je ne savais pas durant combien de temps nous allions naviguer sur cette péniche mais je ne voulais pas y penser car je me doutais déjà que je trouverais cette nuit bien trop courte à mes yeux. De longues minutes s'écoulèrent alors durant lesquelles je me contentais d'enlacer Kenzo sans dire le moindre mot: le silence qui nous entourait n'était en rien pesant comme il l'avait parfois pu l'être par le passé. En cette soirée en tout point parfaite, je le trouvais apaisant car il apportait même une touche de romantisme à cet instant délicieux. Néanmoins, une question me traversa brusquement l'esprit et je ne pus m'empêcher de la poser à ma moitié.

- Dis moi ma princesse, est ce qu'il y quelque chose qui te fait rêver plus que tout au monde et dont tu ne m'aurais jamais parlé?
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() message posté Dim 7 Jan - 19:24 par Kenzo A. Armanskij
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A seize ans, j'avais imaginé ma vie future avec Zola comme cet instant précis. Romantique, passionnée, exceptionnelle. L'homme de ma vie m'offrait un tour en péniche pour me changer les idées, pour m'aider à surmonter toutes ces mauvaises choses qui nous étaient arrivées ces dernières années. J'étais fière de notre parcours, mais j'avais prit le goût à vouloir plus. Je voulais que tout aille pour le mieux, qu'on ne pense plus à faire les choses bien, mais qu'on songe à avancer. Je voulais d'autres enfants, un mariage radieux, une belle maison et des Noëls joyeux et remplis de monde. Mais pour l'instant, j'en étais encore au deuil et à l'adaptation. Zola m'offrait un merveilleux cadeau, celui de ne penser qu'à nous deux l'espace d'une soirée. Depuis que j'avais appris l'existence de mon enfant à l'intérieur de moi, je n'avais plus prit la peine de songer pour deux. Je m'étais mise à penser à mon enfant avant toi. Puis à plus rien. Aujourd'hui, je ne parvenais pas à avoir le bon regard sur les choses pour être heureuse. J'étais trop occupée à bien faire pour vivre. Je souriais, observant l'eau alors que la péniche quittait la berge. Je sentais Zola pensif à mes côtés et j'aimais ce silence. Il était réparateur. Il ouvrit enfin la bouche pour me demander s'il y avait quelque chose que je désirais le plus au monde. J'affichais mon éternel sourire au coin. Il y avait tant de choses que je désirais. Mais il y avait une chose, évidente, et pourtant jamais avouée. Je me tournais vers lui et attrapais ses mains dans les miennes. Je le regardais et doucement, je collais mon front au sien avant de murmurer : « Je veux que l'on forme une famille, Zola... » Doucement, je m'éloignais et me tournais à nouveau vers l'eau. Gênée, je passais une main dans mes cheveux avant de m'appuyer sur la rembarde. « Depuis qu'on a retrouvé Louis, on s'efforce à faire les choses correctement pour être de bons parents. La mise à l'épreuve est terminée... Il est temps qu'on voit plus loin. Je veux construire quelque chose avec toi...» Comme toujours, je parlais des choses sans les évoquer. Il y a quelques années, Zola m'avait demandé de l'épouser, et j'avais refusé car il avait fait sa proposition pour les mauvaises raisons. Aujourd'hui, je n'étais toujours pas pressée, mais je ressentais cette envie d'envoyer se faire foutre le passé et de devenir une épouse, une mère, le pilier d'une famille. Je n'avais plus peur, sauf celle de passer à côté de mon histoire d'amour avec Zola. Il était temps que l'on pense à nous. « Je n'ai plus peur, Zola. » Ajoutais-je simplement. J'avais toujours tendance à garder les choses pour moi, mais il était temps que je lui redonne ma confiance que lui ouvre à nouveau mon coeur.
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() message posté Mar 27 Fév - 8:09 par Zola Monroe

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Ma question pouvait sembler anodine mais en réalité, elle était lourde de sens. Si je tenais tellement à savoir ce qui pourrait combler Kenzo au delà de ce qui était possible et imaginable, c'est qu'aujourd'hui plus que jamais, je me sentais prêt à lui donner tout ce qu'elle désirait. Je voulais qu'elle nage dans un bonheur incommensurable, qu'elle vive un rêve éveillé au quotidien et pour cela, j'étais prêt à lui offrir la lune si elle me le demandait. Je connaissais assez Kenzo pour savoir qu'elle n'était pas une jeune femme superficielle : en clair, ce n'était pas en la couvrant de bijoux que je la rendrais plus heureuse que jamais. Je n'étais aucunement angoissé, pas plus que je n'éprouvais la moindre crainte : j'avais juste hâte que mon ange me dise ce qui lui traversait le cœur. Rapidement, elle se tourna dans ma direction et je m'empressai de plonger mes yeux dans son regard de braise tandis que dans le même temps, nos deux mains se joignirent. Puis tout en collant son front contre le mien, elle me glissa au travers d'une simple murmure presque inaudible qu'elle souhaitait que l'on forme une famille.

Dans la foulée, un frisson des plus intenses ne tarda pas à parcourir mon dos tant et si bien que j'eus l'impression de recevoir une véritable décharge électrique. Kenzo avait l'art et la manière de manier la subtilité mais depuis le temps que je la fréquentais, j'avais appris à déchiffrer ce qu’elle avait l'habitude de me confier. Ce qu'elle venait de me révéler pouvait paraître d'une banalité affligeante mais il suffisait de lire entre les lignes pour réaliser qu'il y avait une sorte de message caché derrière cette phrase. Par la suite, elle s'appuya contre la rambarde tandis que de mon côté, je ne lâchais pas du regard décryptant chacun de ses faits et gestes pour lire en elle comme dans un livre. Lorsque je la vis passer sa main dans ses cheveux, je compris alors qu'elle était quelque peu confuse comme si d'une certaine manière, il lui avait fallu prendre son courage à deux mains pour se lancer et ainsi dire ce qu'elle avait sur le cœur.

Lorsqu'elle m'annonça finalement qu'elle n'avait plus peur, je crus presque défaillir. Soudainement, je comprenais pourquoi elle m'avait donné l'impression d'être troublée à bien des égards : en vérité, elle affichait clairement sa volonté de m'aimer à nouveau sans la moindre retenue comme si à cet instant précis, elle avait décidé de ne plus se préoccuper du passé et de se focaliser seulement sur notre avenir. En prenant conscience de cette réalité, j'eus aussitôt la sensation d'être libéré d'un énorme poids et mon premier réflexe fut de rejoindre Kenzo pour lui offrir un baiser des plus langoureux qui témoignait de l'amour infini que je lui vouais. Tout en demeurant à quelques centimètres de ses lèvres, je caresserai alors l'une de ses joues avant de prendre la parole.

- Désormais, nous allons former une famille que rien ni personne ne pourra jamais détruire et dans un avenir proche, je souhaite plus que tout au monde que tu deviennes ma femme.
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() message posté Sam 17 Mar - 22:31 par Kenzo A. Armanskij
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La vie, ce n'est que des épreuves. Des choses que l'on doit aquérir, d'autres que l'on manque. Que l'on perd le temps de se rendre compte de leur valeur. J'avais eu le temps de sentir la perte de mon enfant, j'avais eu le temps de ressentir le manque de l'homme que j'aimais. Sans lui, ma vie n'avait plus eu de sens. Pourtant j'existais, je respirais. Pourtant j'étais là. Mais mon coeur n'y était pas. Les rencontres, ce sont des probabilités. Selon nos choix, nous risquons de manquer le plus important. Par chance, j'étais tombée sur lui au bon moment. A plusieurs reprises. Mais longtemps. Longtemps j'avais eu peur de revenir en arrière. De recoller ces morceaux du passé pour tenter d'y voir notre reflet à nouveau. Nous avions changé, l'image renvoyée n'était plus la même. Mais les traumatismes étaient encore là. Présents plus que jamais. Malgré ma volonté de croire en la suite, je gardais toujours cette réserve. J'avais peur de cet évènement de trop. De cette fêlure dans le miroir. J'avais peur de manquer quelque chose, et de tout perdre à nouveau. L'avenir n'était pas tracée, et je voulais encore croire que j'étais celle qui allait le dessiner. Mais cette peur grandissait. Je regardais Zola. Ce visage que j'avais toujours connu, cette personne que j'avais toujours aimé sans savoir pourquoi. Il était arrivé de nulle part et avait radicalement changé ma vie. Par sa simple présence. De temps en temps, je m'étais demandée quelle vie aurais-je eu sans lui. Mais c'était inimaginable. Il n'y avait personne d'autre sur cette Terre capable de lire en mon coeur ainsi, sans que j'ai besoin de parler. Il y avait toujours eu cette évidence, terriblement effrayante. Nous le savions depuis le début. Lui et moi, c'était pour la vie. Depuis nos huit-ans, la terre s'était mise à tourner autour de nous. Seulement autour de nous. Là où il se trouvait, mon coeur le suivait. Je fermais les yeux et plongeais mon visage dans le creux de son cou. Au loin, une musique s'éleva dans le silence et je souriais. Notre histoire avait été digne des plus gros drames d'amour, pourtant aucun geste, aucune parole n'avait été réfléchie ou calculée. Nous étions restés nous mêmes. Des diamants bruts. Nous nous étions aimés et détruits dans toute notre complicité. D'un amour violent, dangereux. Et ce soir, les choses semblaient être rentrées dans l'ordre. Nos cris avaient disparus. Il ne restait qu'une tamise calme, et nous deux. Lentement, je me mis à bouger mon bassin sur le rythme de la musique, entraînant Zola vec moi. Doucement. En silence, je profitais de cet instant. Il m'embrassa langoureusement. Comme avant. Mais doucement, sa voix s'éleva dans le silence et je restais tétanisée quelques instants. Je m'éloignais de lui et demandais dans un souffle : « C'est une demande? » Soudainement, le souffle me manquait. Je m'éloignais de lui, et m'appuyais sur la rembarde, le temps de reprendre mes esprits. Peu importe le véritable de sens de ses mots, j'avais toujours su qu'un jour notre mariage serait le lieu d'autres rencontres. J'eus un sourire et me tournais vers lui.  Finalement, je n'avais pas abandonné. Je m'étais battue et j'avais récupéré ce qui m'étais dû.
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() message posté Lun 26 Mar - 5:19 par Zola Monroe

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Zola Monroe & Kenzo A. Armanskij


 L'amour que je portais à ma rose était infini au même titre que le lien qui nous unissait était indestructible. A mes yeux, son charme n'avait d'égal que la splendeur d'une nuit étoilée tandis que son regard aussi étincelant qu'un saphir faisait vaciller mon cœur ainsi que mon âme. Le fait est que les sentiments que j'éprouvais à son égard étaient sans limite et qu'une vie entière n'aurait sans doute pas été suffisante pour lui dire à quel point je l'aimais et combien je chérissais chaque minute passée à ses côtés. Collé contre le corps de ma moitié, je rayonnais de bonheur et cela allait sans dire que j'étais plus heureux que je ne l'avais encore jamais été. Cette soirée devenait tellement magique que cela finissait par me troubler au plus haut point : chaque fois que cette petite escapade en péniche semblait tutoyer la perfection, un événement se produisait et rendait cette balade en bateau encore plus féerique. J'avais presque peur d'être dans un rêve tant ce moment passé en compagnie de Kenzo paraissait trop beau pour être vrai. J'avais déjà vécu un nombre incalculable d'instants merveilleux à ses côtés mais je crois que cette nuit me donnait l'impression d'avoir un avant-goût du paradis car j'étais vraiment sur mon petit nuage. D'ailleurs, une musique brisa soudainement le silence ambiant comme pour ajouter une touche de romantisme à cette soirée où le ciel paraissait décidé à réaliser le moindre de nos désirs. Dans la foulée, je sentis alors mon ange déhancher son corps de rêve et je ne tardai pas à lui emboîter le pas : j'avais la musique dans la peau et je ne boudai jamais mon plaisir de me lancer dans une danse sensuelle avec ma moitié.

Peut-être qu'à cet instant précis, j'aurais dû simplement me taire et me délecter de la magie du moment. Toujours est-il qu'emporté par mon enthousiasme ainsi que le bonheur enivrant qui inondait chaque parcelle de mon cœur, je prononçai alors une phrase lourde de sens. Dans l'absolu, je n'avais rien dit de compromettant mais de toute évidence, je m'étais mal exprimé : c'est en tout cas la première pensée qui me traversa l'esprit quand Kenzo me posa une question aussi directe que délicate. Bien évidemment, je n'avais aucun doute à ce sujet : je voulais demander la main de ma moitié et que l'on se marie dans le courant de l'année. Le problème, c'est que je tenais à faire les choses en grand et à préparer cet événement en amont pour que ma colombe vive un moment qui marquerait sa vie à tout jamais. Or, à cet instant précis, je ne me sentais pas du tout d'attaque pour me lancer à l'abordage : j'avais déjà foiré ma première demande en mariage et je ne voulais donc pas me planter encore une fois. Le problème, c'est que désormais, j'allais devoir trouver les bons mots pour ne pas blesser Kenzo et ce n'était pas gagné d'avance. Tout en arborant un visage un peu confus, je me grattais la tête avant de me rapprocher de mon ange puis j'attrapai délicatement l'une de ses mains et décidai de prendre la parole.

- Disons que c'est une demande officieuse pour le moment mon cœur. Je n'ai aucune bague à te passer au doigt à vrai dire et je suis sincèrement désolé si d'une manière ou d'une autre, je t'ai induite en erreur, ce n'était pas du tout dans mes intentions.

Dans la foulée, je lui offrai un tendre baiser avant d'arborer un sourire gêné.

- Tu me pardonnes ?
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() message posté Lun 2 Avr - 21:21 par Kenzo A. Armanskij
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L'évidence m'avait toujours fait peur. Aujourd'hui, je l'accueillais à bras ouverts. Enfin, je m'autorisais à penser en l'avenir, je m'autorisais à y croire. J'avais toujours su que Zola était l'homme de ma vie, mais je ne m'étais jamais sentie prête d'en assumer les conséquences. Il avait fallu du temps à ce que je m'habitue à être femme et mère. Aujourd'hui, je me rendais compte que je souhaitais devenir une épouse. Aujourd'hui seulement, j'étais prête à dire oui et à préparer les festivités pour que tout soit parfait. Comme Suzon l'avait fait avant moi. Au fond, je ne m'étais jamais pardonnée d'avoir refusé la demande de Zola, car que l'on se marie il y a quelques années ou dans vingt ans n'aurait rien changé. Il serait toujours question de notre mariage à tous les deux. J'avais refusé sa demande par peur, et j'avais toujours craint depuis qu'il n'y songe plus. Qu'il n'essaye plus par peur d'un autre refus. A ma question, Zola sembla embêté que j'aborde le sujet avec franchise. Mon éternel sourire en coin se nicha au bord des lèvres. Mais je restai silencieuse, bien curieuse d'entendre la suite de ses paroles. Avec tendresse, il tentait de me consoler et me donna un baiser. En souriant, j'attrapais son visage entre mes mains et répondais d'une voix douce : « Je n'ai rien à te pardonner. Que l'on se marie maintenant ou dans cinquante ans je m'en fiche, je suis déjà à toi de toute façon.» Je me rendis compte très vite que mes paroles pouvaient l'induire lui aussi en erreur. Je passais une main dans mes cheveux et détournais le regard, soudainement pudique. Tout en regardant au loin, j'ajoutais : « J'avais simplement peur que tu ne me le proposes plus...» Après quelques secondes, je tournais la tête vers lui et lui adressais un sourire. J'avais soudainement le coeur lourd et de nombreuses choses à lui dire. Des choses que je ne lui avais jamais dite, j'amais avoué. Alors, sans quitter des yeux l'eau qui défilait sous notre péniche je parlais : « J'ai été stupide Zola. Quand je suis tombée enceinte du Loulou, quand j'ai refusé de t'épouser, quand je suis partie en pleine nuit.. J'ai été stupide pendant un long moment et je me suis rendue compte de tout le temps que l'on avait perdu à cause de moi. Je sais que tu m'aimeras qu'importe les circonstances, mais je veux que tu saches que j'ai changé. Je ne te rejetterai plus, je n'ai pas d'autre homme à aimer que toi. Je n'ai plus peur... Je n'ai plus peur de toi. » Je tournais la tête vers lui, et lui souriais doucement. Par peur qu'il me détruise, je m'étais braqué contre lui. Je l'avais repoussé, brisé. Et ça m'avait d'autant plus détruit. Mais les choses étaient rentrées dans l'ordre. J'avais payé pour mes erreurs, j'étais devenue une bonne personne et la vie m'en avait récompensé. Après tant d'épreuves je m'étais relevé. J'avais connu la misère, le vice, la mort. Je ne voulais plus de cette vie là, ni de cette Kenzo là. Tout était à ma portée pour que les choses soient parfaites. Il ne me restait plus qu'à vivre, désormais.
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() message posté Mer 4 Avr - 16:57 par Zola Monroe

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 Ma réaction pouvait paraître aussi stupide que disproportionnée car dans l'absolu, il n'y avait pas mort d'homme mais elle montrait  dans quel état d'esprit je me trouvais. Je ne voulais plus commettre le moindre impair avec Kenzo car la simple idée de la décevoir ou de lui causer du tort me terrifiait au plus haut point. Pourtant, qui pouvait se targuer d'être irréprochable ? Même avec la meilleure volonté du monde, il arrivait parfois que l'on fasse une bourde : l'erreur était humaine après tout. Étais-je trop exigeant avec moi-même ?  Sans doute mais de mon côté, je ne voyais pas les choses ainsi : à mes yeux, c'est justement parce que j'avais déjà utilisé tous mes jokers avec Kenzo que je m'interdisais la moindre erreur de parcours. Et puis surtout, le sujet que l'on était en train d'aborder n'avait absolument rien d'anodin à mes yeux car il me ramenait inévitablement à ce qui s'était produit il y a quelques années. Qu'est ce qui avait bien pu me passer par la tête ce jour où je lui avais demandé de m'épouser ? Comment avais-je pu croire une seule seconde qu'à l'époque, elle accepterait ma proposition ? Kenzo avait sans doute senti que j'avais fait cela dans la précipitation et avait trouvé à juste titre que le moment était sans doute mal choisi pour que je lui demande sa main. A mon grand regret, elle avait donc refusé que je lui passe la bague au doigt ce qui n'avait pas manqué de me chagriner au plus haut point. Autant dire tout de suite que ce souvenir au combien douloureux continuait de hanter mes pensées mais contrairement à ce que l'on pouvait imaginer, je n'éprouvais pas la moindre rancœur contre ma moitié : en réalité, c'est moi qui me sentais idiot de m'être foiré en beauté.

Dans ces conditions, il était normal que que je me sente penaud à cet instant précis : j'avais l'impression d'avoir gaffé et je craignais donc que ma moité passe d'une joie intense à une profonde déception. Pourtant, Kenzo se chargea rapidement de chasser toutes mes craintes : que ma princesse se montre aussi douce à mon égard me conforta une fois plus dans l'idée qu'un déclic s'était produit en elle. Il me suffisait de contempler son regard envoûtant pour réaliser qu'elle s'était libérée de ses peurs : seul l'amour incommensurable qu'elle me portait, guidait désormais chacun de ses pas. L'attitude qu'elle adopta par la suite ne manqua pas pour autant de me laisser sans voix : tout en paraissant désarçonnée, Kenzo me confia des choses que de toute évidence, elle devait garder au fond de son cœur depuis déjà pas mal de temps. Sans doute qu'elle s'était toujours refusée à le faire jusqu'à présent car elle n'avait de cesse de se raccrocher au passé. Si j'avais encore le moindre doute à ce sujet, ma moitié venait de me prouver au travers de cette déclaration aussi touchante que saisissante qu'elle était désormais prête à m'aimer sans concession.

Par la suite, je suis totalement incapable de rebondir sur ses propos : j'ai le souffle court et mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine pour la simple et bonne raison que Kenzo a réussi à m'émouvoir. Je suis bouleversé par ce que je viens d'entendre car je me sens soulagé d'un poids et pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'être mal à l'aise. A l'entendre, j'aurais presque l'impression que ma moitié pense que c'est elle qui a merdé sur toute la ligne alors que la vérité est toute autre. A mes yeux, c'est à cause de moi que notre couple a couru droit à sa perte, je n'ai pas le moindre doute à ce sujet. Toujours aussi décontenancé par ce qui vient d'arriver, je m'appuie sur la rambarde et essaye tant bien que mal de retrouver mes esprits puis je prends enfin la parole tout en laissant mes yeux se perdre dans le vide.

- Comment tu peux dire que tu as été stupide ? Tout ce que tu viens de me confier me va vraiment droit au cœur mais tu n'avais aucune excuse à me présenter et surtout je t'interdis de penser que l'on a perdu du temps par ta faute. Tu avais toutes les raisons d'être sur la défensive et de rester sur tes gardes au regard de ce que je t'avais fait endurer ces dernières années : même-moi, je me suis longtemps demandé si je te méritais toujours.

Je poussai un léger soupir avant de poursuivre sur ma lancée.

- Je crois qu'en un sens, tu as eu raison de me rejeter. Cela m'a permis de me remettre en question, de tirer des leçons du passé et j'ai surtout la conviction que je suis devenu un homme meilleur.
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() message posté Mer 11 Avr - 20:09 par Kenzo A. Armanskij
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Je n'avais pas encore trente ans, mais je sentais le temps peser sur mon dos. Je ressentais encore toutes ces épreuves traversées, ces larmes séchées. J'avais déjà trop vécu pour mon jeune âge. Pourtant, lorsque je songeais au passé, il ne m'apparaissait que des bribes de souvenirs, des morceaux de moi-même, éparpillés à travers deux décennies. Ma vie venait tout juste de commencer. ll avait fallu un quart de siècle pour que je trouve enfin. Il m'avait fallu endurer le pire pour entrevoir le meilleur. Cette soirée sur la Tamise avait tout de féérique. Elle était la représentation même de mes plus beaux contes de fées. Pour une fois, j'étais celle qui possédait tout, après avoir été celle née sans un sou. Ma vie n'avait jamais été particulièrement riche, ni affectueuse. Chaque relation s'était un jour brisé, parfois pour un temps, d'autres pour toujours. Mais celle qui ne s'était jamais déliée était faite de sang. Au fond, j'avais toujours ressenti la perte de mon enfant comme un vol, comme s'il m'avait été arraché. Je l'avais ressenti perdu, et non révolu. La douleur avait été si grande car j'avais ressenti ce manque. Je ne m'en serai sans doute jamais sorti si je n'avais pas retrouvé Louis. L'amour de Zola n'avait pas été suffisant à l'époque. Il ne le serait jamais. J'existais parce que j'étais devenue maman, mais son enfant, je n'étais plus rien. Je m'en voulais d'avoir si mal aimé Zola car nous partagions tous deux ce deuil. Mais j'étais la seule à l'avoir ressenti physiquement. Mon corps avait changé pour laisser Louis prendre de vie, du jour au lendemain, ce changement s'était arrêtée en cours de processus. Je pensais avoir échouer. Ne plus être digne d'aimer et d'être aimée. Ma façon de penser m'avait attiré jusque dans le vice, jusque dans l'autodestruction. Et malgré moi, j'y avais entraîné Zola, sans comprendre que nos vies seraient à jamais liées. Avant l'existence de notre enfant, notre vie se resumait à ce tandem. Nous deux, contre le monde entier. Mais faire un enfant nous avait désunit l'un de l'autre, pour nous relier à travers ce mélange de nous deux. Sans lui, nous n'avions plus lieu d'être. En un sens, c'était beau d'être ainsi uni ou de ne pas l'être du tout. Mais c'était surtout cruel, car il suffisait que l'un de nous trois manque pour gâcher la vie des deux autres. Mais quand bien même je connaissais le risque, j'étais prête à le prendre de nouveau. A fonder une famille et à ne jamais reproduire les erreurs de mes parents pour que la vie ne nous sépare jamais. Je regardais Zola, un léger sourire aux lèvres. Je venais de lui ouvrir mon coeur, et plein d'ivresse il prit un temps pour digérer ce surplus d'amour. Il n'y était pas franchement habitué. Après un long moment, il me répondit enfin, et je l'écoutais, fronçant peu à peu les sourcils. « On a merdé tous les deux Zola... » Je devais sans cesse lui rappeler, car il n'acceptait jamais de ne pas être le seul fautif. « J'ai laissé mes traumatismes prendre le dessus... Je ne recommencerai plus.  »  Je m'en foutais de ses excuses, ce soir je ne voulais pas ressasser le passé, mais regarder vers l'avenir. Ce qui était fait était fait. Ce soir commençait une autre vie.
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