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(Jean) Il y a des vides qui ne se comblent jamais et des souvenirs qu'on ne peut effacer.

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() message posté Jeu 7 Déc - 2:57 par Helga S. Lindholm
Il y a des vides qui ne se comblent jamais et des souvenirs qu'on ne peut effacer.

Il y a des larmes qui ne cessent de couler, des vides qui ne se comblent jamais ; des souvenirs qui ne s'effacent pas, et des personnes qu'on ne peut remplacer. Contrairement à ce que l'on pourrait croire lorsqu'un malheur nous arrivent, les sourires finissent toujours par revenir. Mais uniquement pour masquer la peine. J'avais appris à sourire. Malgré les larmes sur mes joues, et le trou béant dans mon cœur ; malgré ma mémoire qui prenait un malin plaisir à raviver régulièrement les souvenirs, et l'absence pensante durant toutes ces soirées silencieuses. J'avais mis sept ans à y arriver, sept longues années. Mais je commençais à en voir le bout. La douleur ne disparaitrait jamais et j'en avais conscience. Mais j'apprenais à vivre avec. En présence des bonnes personnes, un rictus se dessinait sur mes lèvres, parfois un rire s'en échappait. La culpabilité me rongeait chaque seconde de ma vie ; celle d'avoir encore la possibilité de vivre un moment heureux entouré de gens que j'aime, de sentir la brise frôler mon visage ou même d'expirer un nouveau souffle à chaque seconde. Parce que mon fils n'avait pas cette chance, parce qu'on la lui avait arraché. Et que même si on m'avait répété mainte et mainte fois que je ne devais pas me reprocher ce qu'il s'était passé, en tant que parent, je ne pouvais me sentir autrement que coupable. Mon fils était mort, et moi j'étais en vie, ma souffrance était aussi simple que ça. Et beaucoup tentait de compatir, en vain. Personne ne pouvait réellement comprendre l'enfer dont il était question, et le calvaire pour sortir la tête hors de l'eau ; Pour ne plus avoir cette impression de suffoquer à chaque nouvelle respiration, comme une punition de ne pas avoir pu empêcher le pire d'arriver. Alors je vivais avec ce fardeau sur la conscience, comme un rocher enchaînée à mon pied. C'était un drame qui m'empêchait d'avancer et ne me donnait que l'opportunité de regarder derrière moi pour le contempler dans toute son horreur. Les cauchemars étaient récurrents depuis sept ans. Et jusqu'à mon lit de mort ils seraient certainement les seuls compagnons à mon sommeil. Mais la journée, j'avais appris à vivre à nouveau. Je ne cachais pas ma douleur, je l'apprivoisais.

En revanche, ce que je ne pouvais toujours pas contrôler, c'était ma colère. Surtout lorsque j'étais témoin d'une injustice. Et encore plus particulièrement lorsque cela me touchait personnellement. En effet, en cette journée pluvieuse, on m'avait volé mon sac à main. La journée n'avait pas trop mal démarré. C'était mon jour de repos, mon seul de la semaine, et j'avais pour projet d'aller faire un peu de shopping. C'était tout enjouée que j'avais pris la direction du Nord de Londres dans le but de rejoindre une de mes boutiques de friperies favorites ; Mais à la sortie d'une bouche de métro, un jeune homme m'avait arraché mon sac à main du bras et s'était enfui en courant. Réagissant au quart de tour dans un élan d'adrénaline, je lui ai couru après. Mais le voleur m'avait rapidement semé. Je n'ai jamais été une très grande sportive, mais c'était surtout courser quelqu'un avec des bottines à talons de sept centimètres qui relevait d'un niveau olympique. J'avais finis par perdre l'homme de vue, il s'était volatilisé dans une des nombreuses petites ruelles qui ornaient le quartier. J'avais envie de hurler de rage. Un besoin incontrôlable de fumer pour me calmer me prit, mais évidemment je ne pouvais pas assouvir cette envie, puisque mes cigarettes étaient dans mon sac. En faisant rapidement le point sur ce qu'il me restait de cette fructueuse après midi en fouillant les poches de mon long manteau noir, je fis la conclusion rapide qu'il ne me restait plus que les clés de mon appartement, et mes yeux pour pleurer de rage d'avoir perdu tout le reste. Ça aurait pu être pire ; J'aurais pu me retrouver à la rue. Mais prise d'un pessimisme qui me caractérise si bien, je ne pus contenir ma colère plus longtemps. Adossée contre un mur d'une des bâtisses du quartier, tentant de reprendre mon souffle, je me recroquevillais sur moi-même tout en plongeant ma tête entre mes mains, expirant un grognement de rage. Mais ce n'était déjà plus le moment de m'apitoyer sur mon sort. Il me restait encore à déclarer toutes mes affaires volées. La partie la plus amusante de l'histoire sans aucun doute.

C'est d'un pas plus que déterminé qu'une vingtaine de minute plus tard, je franchissais les portes d'un des commissariat se trouvant dans le nord de Londres. Le hall d'entrée était spacieux, épuré et lumineux, si on faisait abstraction de toutes les autres personnes présentes à ce moment-là. Je me dirigeais sans une once de faiblesse vers l'accueil. Une fois devant le comptoir, je posais à plat et fermement mes mains devant la réceptionniste qui sursauta légèrement. « Bonjour, je voudrais signaler le vol de mon sac à main et de tous les effets personnels qui se trouvaient à l'intérieur s'il-vous-plait. » Dis-je d'une froideur cachant à peine ma colère. Étrangement, j'étais restée polie, peut-être par habitude ou simple bonnes manières. La réceptionniste, d'un âge plus avancé que le mien au premier abord, me fixa un instant avant de froncer les sourcils. Elle me regardait avec un air condescendant à la limite du mépris. « D'accord ma petite dame on va s'occuper d'vous. Mais il faut d'abord attendre votre tour. » Elle balança sa tête en direction de fauteuil en moquette grise pour me les désigner. « Allez attendre là-bas, j'vous ferais signe quand ça s'ra à vous. » Je soupirai. Évidemment, je n'étais pas la reine d'Angleterre, j'aurais dû me douter qu'on ne s'occuperait pas de mon cas immédiatement. En attendant, le voleur de mon sac était peut-être en train de s'offrir un nouvel ordinateur dernier cri et un voyage aux Bahamas avec ma carte bleue, mais j'étais consciente que la réceptionniste n'en avait que faire de mon problème. Je la remerciais finalement avec autant de mépris qu'elle m'en avait accordé et gagnait les fameux sièges en tissus. Assise droite comme un piquet sur l'un d'entre eux, j'observais le moindre des mouvements autour de moi. Peut-être qu'en exécutant un numéro de charme sur l'un de ses agents de police on s'occuperait de mon cas plus rapidement. Mais personne ne semblait vraiment m'accorder une quelconque importance; Ce qui m'énervait d'avantage, et disons-le clairement, me donnait encore plus envie de pleurer. Mais je ne pleurais jamais en publique, j'avais une fierté ; alors je me contenais. Et je restais assise ainsi, le dos aussi droit que la justice durant de longues minutes.

Jusqu'à ce que je l’aperçoive. Lorsque mes yeux se sont posés sur lui, j'en ai presque sursauté. J'ai d'abord cru que ce n'était qu'un homme banal lui ressemblant. Mais ma mémoire et mon instinct ne me faisaient que très rarement défaut ; c'était bien lui. Jean Marceau. J'en ai subitement oublié le sujet de ma visite dans ce commissariat, alors que tous les souvenirs me revenaient en pleine figure comme un coup de massue. La disparition de Walter, l'enquête qui m'avait semblé interminable. Jean devant l'encadrure de ma porte avec son regard penaud au petit matin, cherchant les mots les plus justes pour m'annoncer la mort de mon enfant après des semaines d'enquêtes. Sa main qui se voulait réconfortante sur mon épaule tandis que le monde semblait s'écrouler autour de moi. Tout avait été bien enfouie dans de petits tiroirs reclus de ma mémoire et fermés à double tour, cachant la misère qui me rongeait. Mais j'avais vu Jean dans ce hall de commissariat, et finalement c'est comme si on avait tout déterré, et qu'on m'avait tout balancé là, une nouvelle fois devant les yeux. Des larmes menaçaient furieusement d'entamer une course sur mes joues pâles, tandis que je me levais d'un bond. Plantée sur le fauteuil qui quelques instants auparavant m'avait porté, j'hésitais à m'avancer. Cela faisait plusieurs années que je n'avais pas eu des nouvelles de cet homme. Ça avait d'ailleurs été brutal, du jour au lendemain pour ainsi dire. Je ne savais pas trop sur quel pied danser à ce moment-là ; mais une chose était sûre, je ne pouvais pas rester planter là. Au bout de sept ans, les souvenirs commencent doucement à s'estomper, ne laissant qu'une douleur lancinante et silencieuse. Mais Jean lui, est bien réel. Il était le dernier lien qui me restait avec mon fils, même si son association à lui était la pire qui soit. Si ma foi envers Dieu n'avait pas autant décliné ces dernières années, j'aurais même pu penser que tout cela n'était pas un hasard. Mais la seule pensée qui m’obsédait à ce moment-là était l'idée d'adresser la parole à Jean. M’exécutant de plusieurs pas en sa direction, faisant claquer les talons de mes bottines sur le sol, je me plantais finalement à quelques mètres de lui, légèrement tremblante pour une raison qui m'échappait. « Jean ? » L'ai-je interpelé d'une voix frêle. Je me raclais la gorge tout en posant le poing droit devant ma bouche. Puis mes mains se rejoignirent dans mon dos. Je ne savais pas s'il fallait que je l'appelle par son prénom, « Monsieur Marceau », « Sergent » ou même « Commissaire ». Comment aurais-je pu le savoir, je n'avais plus de nouvelles depuis deux ans. Lui et moi nous nous étions échangés régulièrement des courriers après la mort de mon fils. Et puis il y avait eu ce silence radio. Je n'étais même pas sûre qu'il me remettrait en me voyant là, devant lui. Après tout la dernière fois que nous nous étions vu physiquement, c'était il y a déjà sept ans. C'est d'ailleurs sur cette dernière pensée que j'ajoutais d'une voix plus affirmée, prenant par ailleurs la liberté de lui offrir un sourire poli. « Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis Helga Lindholm... » Les yeux brillants, j'osais ancrer mon regard clair dans ses yeux sombres, oubliant finalement et totalement pourquoi au départ j'avais mis les pieds ici.


@Jean Marceau
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() message posté Mer 13 Déc - 13:03 par Jean Marceau
Lorsque mon alerte, placée sur les dossiers de la police britannique et de Scotland Yard, avait renvoyé une remontée, je n’y avais tout d’abord pas cru. Y avait-il une chance que mon intuition ait été la bonne ? J’ouvrais l’email de rapport et je notais la date, l’heure et le poste qui s’était chargé du relevé des indices avant l’arrivée de Scotland Yard. Bien sûr, je n’avais pas accès aux comptes-rendus préliminaires des enquêteurs britanniques, mais j’avais les premières infos. Vive les moteurs de recherche par mots-clefs, paramétrables à l’avance... J’avais donc su qu’il y avait eu un corps retrouvé dans le Nord de Londres, pas très loin de mon bureau en fait. Et ce corps portait des marques très précises d’incisions. Apparemment, le type avait été découpé et charcuté mais de manière nette et précise. Uniquement des parties charnues, peu nerveuses. Du muscle. La victime était un individu lambda, il n’avait rien d’atypique. C’était ça qui m’avait douté.


Le monstre que je poursuivais ne faisait normalement pas ce genre de choses ; il ne s’attaquait qu’à des personnes ou connues dans l’univers social et culturel dans lequel elles évoluaient. Lui était un anonyme. Un homme sans histoire, vivant seul, la quarantaine. Encore très en forme, et qui arbitrait des matchs de foot pour les moins de 18 ans. Il bossait dans une usine d’assemblage pas très loin de la Tamise. Je laissais un mot à Williams pour dire à ma partenaire que j’allais suivre une piste et que je la tiendrais au courant, et je me mis en route tout seul comme un grand. Même s’il était encore tôt, les bouchons me gonflaient bien vite. Et je ne parvins pas à m’empêcher de m’enfiler une gorgée de whisky prise dans ma flasque, histoire de passer le temps et de chasser les images de mon fils alors que des gamins traversaient n’importe comment pour aller à l’école. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et bien sûr les plantons qui gardaient l’appartement le temps que la police scientifique n’arrivent n’avaient pas voulu me laisser passer. Bon. J’étais parti pour le commissariat du coin alors, pour essayer de toper les flics locaux histoire de savoir un peu mieux à quoi je devais m’attendre.


Mais une fois sur place, la déception. Les types n’avaient aucune idée de ce que le mec avait fait des parties prélevées sur le corps de cet homme. Apparemment, ils suspectaient un gang d’Europe de l’Est de s’adonner au prélèvement d’organes forcé sur ceux qui lui étaient débiteurs. Les parties charnues n’étaient, d’après un premier avis du légiste, que des dégâts collatéraux occasionnés par les manoeuvres vouées à dégager le foie et les reins. La victime était apparemment un gros parieur qui devait plusieurs centaines de milliers de livres cumulées sur dix ans à divers bookmakers peu recommandables. Il avait eu de grosses rentrées d’argent grâce à un héritage l’année passée, d’après Scotland Yard qui avait déjà eu accès aux informations bancaires du mec trucidé, mais il n’avait fait que temporiser et avait continué à accroître son niveau de dettes. Bon, choux blanc donc. Ce n’était pas la première fois et pas la dernière, mon oiseau n’avait pas ce profil-là a priori. Les flics me disaient qu’ils me tiendraient informé de l’évolution de l’affaire mais je ne nourrissais qu’assez peu d’espoir que les choses puissent aller dans mon sens. Par dépit, j’accepte malgré tout. Il n’est pas trop tard, j’ai sans doute le temps d’engloutir un sandwich et de boire un coup dans la voiture avant de repartir au bureau pour les réunions de la journée, quand j’entends une voix qui m’appelle.


Quelque chose me glace, me serre le coeur, alors que cette voix je me rends bien compte que je la reconnais. Je me retourne, alors que je sais déjà quel désespoir va s’étaler sous mes yeux. J’aperçois une femme que je connais, pour m’être jadis occupé d’une affaire la concernant.. . Elle et son enfant... Helga Lindholm. J’ai toujours eu la mémoire des prénoms. Et cette affaire-là faisait partie de celles qui vous marquaient au fer rouge. Je déglutis péniblement. Ca faisait deux ans que je ne lui donnais plus de nouvelles et que je ne cherchais plus à savoir comment elle allait. Ca faisait deux ans que Tom était mort, lui aussi, et je n’avais pas eu le courage de requérir cette aide potentielle pour affronter ça ; tout ce qui me rappelait mon gamin me mettait au supplice. Et instantanément, cela me remit en tête Tom, Helga, la famille que j’avais à l’époque et celle dont j’avais été privé depuis, celle dont elle avait aussi été privée... C’était douloureux. Pas impossible à surmonter, mais ça me serrait la gorge et me nouait l’estomac. Elle m’avait reconnu, malgré tout, et mon premier réflexe, naturel, qui était de fuir la confrontation avec les souvenirs et tout ce qui touchait à mon fils, c’était de me barrer. Mais là je ne pouvais pas. Helga voyant que je la reconnaissais, semblait prendre un peu plus d’assurance. Elle me rappelle son nom, mais je le savais déjà. Elle est pourtant fragile, d’un air prêt à partir en vrille.



| Helga ! Oui, bien sûr... Je me rappelle très bien de vous... |


Je me rapproche, hésitant. La bise ? Serrer la main ? Rien de ces deux choses ne semblaient adaptées. Je gardais mon manteau, serré dans mes mains pour les occuper et me faire une contenance, tandis que je ne peux pas éviter l’incontournable...


| Qu’est-ce que vous faites ici, Helga ? Tout va bien ? |
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