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better late than never (woolfes)

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() message posté Mer 13 Déc - 19:09 par Margot Bernstein-Woolf



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{better late than never}
✰ w/robbie

On avait enterré Thomas Woolf le 9 avril 2016, à Oxford. On aurait pu le faire plus tôt, cet enterrement, si il n’avait pas fallu rapatrier son corps d’Afghanistan, et une épouse effondrée et blessée de surcroît. Quand l’officier m’avait demandé, après avoir moi-même du constater et déclarer mort mon propre mari, où je voulais l’enterrer, j’avais immédiatement dit « Oxford ». Sans même réfléchir, ma ville natale, celle qui m’avait supportée pendant seize ans, s’était exprimée dans mes paroles. C’était stupide. Thomas n’avait jamais été à Oxford. Nous avions notre appartement à Londres. La seule personne qui restait à Oxford, c’était ma mère. La seule. Et pourtant, j’avais choisi Oxford. Un choix de coeur, qui s’avéra être un choix de raison avec le temps. Ca avait été plus facile pour moi, les premiers temps, de ne pas pouvoir courir pleurer sur sa tombe parce qu’elle était à une heure de Londres. Et ça avait été d’autant plus satisfaisant de voir ma belle-mère m’en vouloir, parce que je lui enlevais, une fois de plus, son fils chéri.
On avait convenu presque silencieusement elle et moi qu’on devrait éviter de se croiser à partir de maintenant. Naturellement, on avait toujours réussi à s’éviter. Et il en valait bien. Mrs. Halstead-Woolf n’aurait pas supporter de voir celle qui avait soit disant tuer son tout petit. Et moi, je n’aurais pas supporter de voir sa mine toujours si attristée après plus d’un an et demi.
Exceptionnellement, j’étais montée dans le train vers Oxford un autre jour qu’un dimanche. Parce que j’avais envie de lui parler, de lui rappeler qu’il avait de toute façon été un sale con mais que j’avais été triste de le voir me quitter comme ça sans me prévenir. Ah. Thomas Woolf. Un individu aussi caractériel et jaloux qu’attentif. Un idiot parmi tant d’autre qui restait le mec qui m’avait passé la bague au doigt.
On ne serait pas rester ensemble. Je pense. Nous étions peut-être trop identiques.
Et même si aujourd’hui, bien que je porte encore son nom, la page Woolf était tournée, je ressentais toujours ce besoin de lui parler, encore plus à l’approche de noël.
Je descendis alors du train, m’emmitouflant par la même occasion au creux de mon écharpe. Je connaissais le chemin par coeur depuis la gare, et ce n’était pas trois flocons de neige qui allait m’arrêter.
Arrivée devant la tombe de Thomas, je soufflais. Comme d’habitude, je finissais par lire ce que j’avais fait gravé sur sa pierre tombale « Thomas Samuel Halstead-Woolf, 16 juin 1986 - 4 avril 2016 » C’était la date qui me marquait plus qu’autre chose. Cette fichue date. Cet idiot n’avait pas pu s’empêcher de mourir après avoir eu trente ans. Non.
Je sentis quelqu’un s’approcher de moi, et s’arrêter lui aussi devant la tombe de Thomas. Sans aucun doute, d’après son gabarit et la façon qu’il avait eu de s’approcher, je pouvais savoir qu’il s’agissait de son frère. Sans même lever la tête.
« Je sais que c’est pas mon jour pour venir le voir, mais je m’en fous. » je finis par aboyer. « Mais c’est cool d’enfin te voir Robin. On aurait du convenir de la mort de ton frère plus tôt pour que je puisse enfin voir toute sa famille. »
Je finis par me retourner afin de le regarder. C’était bel et bien le portrait craché de Thomas. Des cicatrices minimes en plus. C’était perturbant, et fascinant à la fois.

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MEMBRE

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() message posté Jeu 21 Déc - 21:46 par Robbie Halstead-Woolf



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✰ w/robbie

Je n’avais jamais aimé Noël. Ni les jours avant, ni les jours après. Les gens prétendaient tous que c’étaient les plus beaux moments de l’année, un merveilleux moment à passer en famille. Un moment de réunion, de partage. Sauf que le partage, j’en avais rapidement eu ma claque, une fois passé dix ans. Ma famille ne me correspondait pas. Assis en bout d’une longue tablée, constituée de Woolf et d’Halstead, je regardais les plats se succéder sans avoir envie d’y toucher. Quelqu’un finissait toujours par remarquer avec un grand sourire que je ne disais rien, et c’était à ce moment que j’avais envie de hurler que je ne parlais pas parce que je n’avais rien à dire. C’était ça, dans le fond, mon problème. Je n’avais rien à dire aux gens autour de moi, à ma « famille ». Thomas, lui, avait toujours quelque chose à dire. Il aimait raconter sa journée à l’école, babiller pendant des heures sur les cours du matin et ses amis du club sportif. J’étais incapable de me forcer à soutenir la cadence. Ce n’était pas moi. Mes parents s’énervaient sur moi, me criant de raconter ma journée, parce que si je ne disais rien, c’est que je faisais la forte tête, et que j’étais en crise d’adolescence. C’était injuste. J’avais commencé à croire, vers treize, quatorze ans, que c’était simplement la volonté de protéger ma vie privée qui me poussait à ne rien dire, à ne pas évoquer des fréquentations que mes parents n’approuveraient pas, à ne pas parler de problèmes qu’ils ne chercheraient pas à comprendre. J’étais buté, c’était ce que tout le monde disait. Et à partir du moment où les parents le disaient, tout le monde se sentait autorisé à le dire. A dix ans, j’avais un fichu caractère ; à treize ans, j’étais buté. Avec les années, l’absence de communication avec ma famille s’était faite de plus en plus criante. A Noël, j’avais de moins en moins de choses à dire, je riais de moins en moins aux blagues de tel ou telle personne, je roulais de plus en plus souvent des yeux et me sentais de plus en plus en colère, assis en bout de tablée, avec rien à dire, rien envie de dire, comme si je n’appartenais pas à ces gens-là. La clé du problème avait été là dès le début ; Thomas faisait partie de la famille, moi non. Il n’était pas rare que je me serve de mon boulot comme d’un moyen pour échapper à la pression familiale des fêtes de fin d’année. Sauf que l’an dernier, personne n’avait eu le cœur à faire la fête. J’avais pris la route le matin, avec l’envie de me vider la tête à moto. Quand on avait pas de femme, pas d’enfants, et que la très grosse majorité de mon temps était engloutie par un job prenant, il fallait occuper les cours de congé où il n’y avait rien à faire. Certains auraient pensé que sortir un jour de neige en moto n’était pas une brillante idée ; mais le temps anglais était généralement très humide – trop peut-être. La neige ne tenait jamais bien longtemps. Je finis par arriver devant l’entrée du cimetière. Je n’y venais pas souvent. Trois fois, quatre peut-être. Les quatre fois s’étaient déroulées exactement de la même façon : un jour de congé, un tour à moto, et une heure trente plus tard je me retrouvais à circuler dans les allées gravillonnées. Je n’essayais pas de lutter. Ce n’était pas pour le nombre de fois que je me fendais d’une visite à Oxford que je pouvais me permettre de trouver ça dérangeant. Je vis une silhouette près de la tombe. La première pensée qui me traversa l’esprit fut que si c’était ma mère, je préférais faire demi-tour. Sauf que ce n’était pas ma mère. C’était Margot. Techniquement, ma belle-sœur. « Je sais que c’est pas mon jour pour venir le voir, mais je m’en fous. Mais c’est cool d’enfin te voir Robin. On aurait du convenir de la mort de ton frère plus tôt pour que je puisse enfin voir toute sa famille.» J’arquai un sourcil. Belle entrée en matière. Elle finit par se retourner. C’était la deuxième fois qu’on se retrouvait tous les deux seuls à seuls. « Si quelqu’un a établi un planning, alors je suis pas dessus non plus », répondis-je simplement. Ils avaient été mariés six mois – six mois ! –, étaient partis la majorité du temps vadrouiller à l’autre bout du monde, et maintenant elle était ma belle-sœur et la femme de mon frère aux yeux de l’éternité. C’était ironique. Les mains serrées dans mes gants de motard – l’hiver était la seule saison qui rendait agréable le port de vêtements de sécurité –, je restai là un moment. « Faudra sûrement la faire nettoyer, au printemps », dis-je d'un ton neutre en désignant la tombe d'un geste du menton.

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() message posté Jeu 18 Jan - 16:24 par Margot Bernstein-Woolf



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✰ w/robbie


Je n’avais jamais été proche de la famille de Thomas. Et il n’avait jamais été proche de la mienne. Il n’y avait, à vrai dire, rien d’étonnant à ce sujet. Ma famille se limitait à ma mère, qui vivait à Oxford pendant que nous étions soit à Londres, soit en mission. Jamais l’idée de faire en sorte que ma mère et son gendre s’entendent. Ce qui m’importait, moi, Margot, dans cette histoire, c’était de m’entendre avec Thomas en premier lieu. Et ce n’était sûrement pas la chose la plus facile à faire, vu la tête de mule qu’il était. Il devait tenir de sa mère. Le clan Halstead-Woolf avait eu du mal à voir son fils prodige convolé avec une pauvre petite roturière qu’il avait rencontré dans une boîte de nuit. Mrs. Halstead avait sûrement imaginé quelqu’un de plus prestigieux que moi. Et je l’avais senti. Je l’avais senti lors de ce premier diner où il m’avait ramené. J’avais senti que je ne serais jamais accepté. Et ça continuait d’être le cas. J’étais l’épouse de Thomas. Et je continuerais de l’être, et ça, ça lui brisait le coeur, à cette vieille peau.
Aller à Oxford, c’était devenu un rituel à force. Chaque troisième dimanche du mois, j’allais à Oxford, pour Thomas. Je lui parlais. Pas parce qu’il me manquait. Juste par habitude. Ca faisait un an et demi qu’il était mort. Et j’avais pris l’habitude d’aller le voir. Pour le traiter de connard quand l’envie m’en prenait, ou pour lui raconter les dernières nouvelles.
Et si j’avais décidé, pour une fois, d’y aller un autre jour que le troisième dimanche de décembre, je ne pensais malgré tout pas voir une partie de sa famille.
Robin était le portrait craché de Thomas. Enfin, je crois. Peut-être que c’était mon cerveau qui me jouait des tours et qui tentait de me convaincre que, parce qu’ils étaient jumeaux, ils devaient forcément se ressembler. Ils avaient la même fossette, le même regard. Et même s’ils partageaient le même ADN, les jumeaux Woolf étaient totalement différents. Thomas était jaloux, caractériel, impatient, parfois violent. Et même si je n’avais vu Robbie que deux fois dans ma vie, incluant celle ci, j’avais l’impression qu’il était totalement différent.
« Si quelqu’un a établi un planning, alors je suis pas dessus non plus »
Mes yeux se reposèrent sur la tombe de Thomas.
« T’es venu ni à notre mariage, ni a son enterrement, comment tu aurais pu savoir que ta mère et moi nous étions mis d’accord pour ne plus jamais nous croiser ? »
Il y avait peut-être une pointe de reproche dans ma voix. Peut-être. Mais je n’avais pas réellement blessée par l’absence de Robbie lors de ces deux évènements. Notre mariage ? J’avais eu assez de sa mère pour me lancer des regards désapprobateurs. L’enterrement de Thomas ? J’étais trop concentré sur le cercueil en chêne pour me rendre compte de l’absence de qui que ce soit.
« Faudra sûrement la faire nettoyer, au printemps »
« Il a jamais fait le ménage dans notre appartement, je lui laisse le privilège de le faire dans sa dernière demeure. Au pire ta mère le ferait. Et continuera sûrement de se plaindre que Margot ne fait jamais rien pour Thomas. »
Ca en devenait presque un jeu. Je l’aurais sûrement nettoyée, cette tombe, si ma belle-mère ne prenait pas un malin plaisir à être aussi… chiante.
« Que vaut cette visite à ton frère mort ? »
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