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(Zola) I'm not perfect, I make mistakes, I hurt people. But when I say sorry, I mean it.

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() message posté Mer 13 Déc - 19:38 par Daley K. Brady
I'm not perfect, I make mistakes, I hurt people. But when I say sorry, I mean it.

Ouais, j'ai merdé. Bien comme il faut, bien comme je déteste. Je me suis laissé emporté par mes émotions. J'ai eu l'impression de suffoquer, de me retrouver coincé devant lui, avec toutes ses questions. Zola, un habitué d'un groupe de soutien pour les dépendances, comme moi. Je le connaissais pas il y a encore quelques jours. Puis on a commencé à discuter. Et là, il s'est introduit dans ma vie privée. Sans faire gaffe, je pense pas que c'était intentionnel. Mais je l'ai ressenti comme ça. J'ai eu envie de fuir tout à coup. Mais je pouvais pas. Parce qu'on était en pleine réunion. Qu'on faisait des exercices. Tout allait bien jusqu'à ce qu'il me pose cette question. Celle qui devait lui brûler les lèvres depuis un moment déjà pour qu'elle sorte de manière aussi spontanée. « Pourquoi tu deviendrais pas un parrain toi aussi ? » C'était ses mots à peu près. Je me rappelle plus exactement, mais je suis pratiquement sûr que c'était ça. Et lorsque je peux pas fuir en courant, lorsque je me retrouve coincé comme un rat devant le piège qui lui est destiné, j'ai fais ce que je savais faire de mieux. M'énerver, me braquer. J'ai essayé de me contenir, je lui ai d'abord répondu froidement. Mais il a insisté. Il m'a dit qu'il me trouvait tellement confiant, tellement attentionné envers les autres, il fallait forcément que je devienne le parrain de quelqu'un. Mais il a rien compris évidemment. Il sait pas, et personne ne sait d'ailleurs. Je suis pas confiant, je suis pas serein. Tout ça c'est que de la poudre aux yeux. C'est qu'un rôle. Ouais, j'ai pas avalé un seul médicaments depuis quoi, quatre ans ? Mais je veux pas devenir un modèle pour quelqu'un. Je veux pas qu'un accroc prenne exemple sur moi, parce que je suis loin d'être la personne qu'il faut pour le rôle. Je suis qu'un raté, une merde qui a abusé des psychotropes jusqu'à en mettre la vie d'un enfant en jeu, jusqu'à en détruire la seule relation seine que j'avais dans ma vie. Je suis pas un mec bien. Je veux bien faire semblant, je veux bien être le mec pour qui tout va pour le mieux. Mais je veux pas assumer une deuxième personne comme moi. Je m'assume déjà pas tout seul. J'ai pas la réponse à leurs questions, à tous ces gens. Comment on arrête d'y penser, comment on fait une fois qu'on arrête définitivement de se droguer. On peut pas. Enfin, moi je peux pas. J'y repense à chaque moment de solitude, à chaque fois que j'ai pas autre chose en tête. C'est toujours ça qui revient en premier. Prendre un médicament. Rien qu'un seul, pour combler l'ennui. Pour voir à nouveau la vie en rose. Pour planer un peu. Alors Zola a insisté avec ces questions, et moi j'ai rien trouvé de mieux à faire que de le rembarrer, de couper court à la discussion, et de l'ignorer jusqu'à la fin de la réunion.

Quelques jours sont passés depuis. Évidemment, j'ai immédiatement regretté mes paroles aussitôt qu'elles ont passés la barrière de mes lèvres. Je suis à cran, dès qu'on me pose des questions personnelles sur le sujet, je pars en vrille. Je veux pas aborder le sujet. Je veux juste laisser penser aux autres que je vais bien, pour continuer à m'en persuader moi-même. Ça marche comme ça depuis quatre ans, et je pourrais encore vivre une année de cette façon, peut-être même plusieurs. Est-ce que c'est un bon équilibre, est-ce que je ne fonce pas droit dans le mur ? Je ne sais pas, mais je n'ai trouvé que ça pour m'en sortir. Assister à des réunions dans des groupes de soutien, écouter les autres, les rassurer, les laisser pleurer sur mon épaule. Avoir cette démangeaison dans le fond de mon crâne qui s'arrête jamais, mais ne pas essayer d'y penser. Me dire que ça serait peut-être mieux que je reprenne des cachets. Peut-être même jusqu'à en crever. Puis me raisonner, trouver des raisons de continuer, plus dormir et retourner bosser le lendemain. J'ai rien trouvé de mieux. Je dois des excuses à Zola. C'est pas de sa faute. Sa démarche a été bienveillante, c'est moi qui suis le pourri dans l'histoire. Bouffé, torturé. Lui il avait pas à payer les pots cassés parce qu'il a posé les mauvaises questions. Alors après le boulot, en début d'après-midi, je passe dans l'établissement où on a l'habitude d'aller aux réunions anonymes lui et moi. J'explique rapidement la situation à la responsable, et après quelques sourires et phrases bien placés, je récupère le numéro de Zola. Au début, je pense juste à l'appeler, ou à lui envoyer un message. Un truc simple. Mais les échanges téléphoniques, c'est pas mon truc. Je veux être sûr d'obtenir son pardon. Je veux être sûr de pouvoir retourner à la réunion la semaine prochaine sans avoir la boule au ventre parce que quelqu'un m'aura descendu en flèche auprès des autres en mon absence. J'ai besoin de ces groupes de soutien. C'est ça mon équilibre. Si je perds celui-là, j'aurais l'impression de tout perdre. Parfois j'ai l'impression que les groupes de soutien c'est devenu une nouvelle sorte d'addiction. Mais bon, on peut pas dire qu'elle soit mauvaise celle-là au moins. Elle manquera jamais de tuer un petit bonhomme de onze ans, ou de détruire des fiançailles.

Je lui envoie un texto donc. Un message tout basique. « Salut c'est Daley, le mec du groupe de soutien qui s'est un peu emporté l'autre fois. Enfin, ça m'étonnerait que tu m'aies oublié, j'ai tellement agis comme un con. Je pense que j'ai des excuses à te présenter. Du coup si ça te dit, rejoins-moi au Kaffeine. L'adresse c'est 66 Great Titchfield St, à Fitzrovia. » La réponse se fait pas trop désirer. Zola est d'accord. Je l'attends donc, attablé en terrasse malgré le froid de ce mois de décembre. J'allume une cigarette, la troisième depuis le début de l'après-midi. Je patiente, en pianotant des doigts sur la table en bois. Je sirote un thé. Je l'attends un moment, je regarde autour de moi en attendant. J'ai toujours trouvé ça divertissant d'observer les passants depuis un café. Tout le monde a des comportements si différent. L'humain est vraiment passionnant. Souvent complètement con et illogique dans sa manière d'être, mais passionnant tout de même. Lorsque ma quatrième cigarette touche à sa fin et alors que je suis profondément plongé dans la lecture de « Doctor Who : Myths & Legends », un bouquin dérivé de la série britannique acheté un peu plus tôt dans la semaine, Zola finit par se pointer. Je relève les yeux, et je le vois un peu plus loin. Je me redresse d'un bond, et l'interpelle d'une voix grave et accentuée d'une fort accent d'Irlande du Nord qui passe difficilement inaperçu. « Zola ! Ici ! » L'intéressé se retourne vers moi. Je le laisse me rejoindre, et plante mes deux pieds fermement au sol, droit comme un pic. Pas très fan des poignées de main, je préfère poser amicalement ma main sur son avant-bras d'un geste vif. « Tu veux boire quelque chose, un thé, un café ? Je te l'offre. » Après tout, ne dit-on pas que le pardon ça commence par le don de soit ? Je suis plus très sûr que ce soit ça la phrase exact. Mais l'idée est là; j'ai vraiment envie que Zola accepte mes excuses, et ça passera mieux autour d'une bonne boisson chaude.


@zola monroe
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() message posté Ven 15 Déc - 2:43 par Zola Monroe

❝ I'm not perfect, I make mistakes, I hurt people. But when I say sorry, I mean it. ❞
- Daley K. Brady & Zola Monroe -
I'm selfish, impatient and a little insecure. I make mistakes, I am out of control and at times hard to handle. But if you can't handle me at my worst, then you sure as hell don't deserve me at my best
Comme souvent ces derniers jours, je prenais le temps de m'occuper de Louis. Bien que je n'avais pas dans l'idée d'abandonner mes études de journalisme car elles me tenaient vraiment à cœur, je m'étais arrangé avec un ami pour qu'il me passe tous ses cours une fois que les fêtes de fin d'année seraient terminées. En attendant, j'avais choisi de ne plus me rendre à l'université pour consacrer un maximum de temps à Kenzo ainsi qu'à mon fils. J'étais conscient de prendre beaucoup de risques en agissant de la sorte surtout que dans quelques semaines, se déroulaient les premiers examens de l'année mais j'avais décidé d'effectuer ce choix pour privilégier mon couple. Bien évidemment qu'en procédant de la sorte, je pouvais en payer le prix fort en particulier si je me ramassais lamentablement lors de mes prochains examens mais si ce sacrifice m'aidait à reconquérir ma moitié, j'estimais que j'avais tout à y gagner: rater mes études de journalisme me ferait sans doute beaucoup de peine mais c'était une douleur que j'étais en mesure de surpasser alors qu'à contrario, perdre l'amour de Kenzo revenait à signer mon arrêt de mort. Je n'estimais pas être un modèle d'exemplarité car ce n'était pas le but recherché mais je me donnais sans compter pour que Louis nage dans le bonheur le plus complet: je voulais lui offrir un Noël inoubliable dont il se souviendrait toute sa vie. Parfois, je me surprenais moi-même mais la route risquait d'être encore longue et le tout était de savoir si j'allais être capable de tenir la distance.

Alors que je continuais de focaliser toute mon attention sur Louis, mon portable se mit soudainement à vibrer: je m'attendais à recevoir un message de la part d'un membre de ma famille mais ma surprise fut de taille quand je compris que la personne qui venait de m'écrire était en réalité Daley. Ce jeune homme n'était pas l'un de mes amis mais malgré tout, cela faisait un petit moment que je le fréquentais dans la mesure où nous allions tous les deux aux réunions des dépendants anonymes. En vérité, nos échanges s'étaient longtemps limités à de simples regards puis récemment, j'avais éprouvé l'envie de lui parler car mon intuition me disait que l'on se ressemblait sur bien des points. De plus, j'avais souvent remarqué que c'était quelqu'un de très attentionné qui tendait toujours la main aux autres: d'ailleurs, je ne comptais plus le nombre de fois où il avait prêté une oreille attentive à certains membres qui avaient besoin de conseils pour éviter de céder à certaines tentations. Au regard de son attitude, j'avais pensé qu'il pourrait encore s’invertir davantage en devenant parrain comme je l'étais de mon côté depuis peu. Je ne m'attendais pas alors à ce que ma proposition le pousse à se braquer: pourtant, dès que je lui avais fait part de mon idée, j'avais aussitôt senti son visage se crisper et dire qu'il s'était fermé comme une huître serait un euphémisme. J'admets que cela m'avait pris de court et qu'à l'instant même où il avait tourné des talons sans même me donner la moindre explication, j'étais resté sans voix.  

Je me demandais comment il avait fait pour avoir mon numéro de portable mais selon toute vraisemblance, il avait dû l'obtenir en s'adressant à l'un des responsables qui supervisait nos réunions. Quoi qu'il en soit, son initiative ne me déplaisait pas le moins du monde mais restait encore à savoir si je pouvais donner suite à son invitation. Je ne cachais pas que cela m'embêtait quelque peu d'abandonner Louis: certes, je ne devais pas m'arrêter de vivre sous prétexte que je voulais réparer mes erreurs du passé mais malgré tout, si je commençais à me disperser, je prenais le risque de retomber dans certains de mes travers. Poussant un large soupir, je m'accordais un temps de réflexion puis finalement, je décidai de répondre favorablement à la demande de Daley. Après avoir embrassé mon fils, je fis en sorte de le confier à Kenzo tout en lui promettant de ne pas rentrer trop tard puis je pris la route pour me rendre à l'adresse que le jeune homme m'avait indiqué dans son texto.

Un quart d'heure plus tard, j'arrivais à destination: dune certaine manière, j'étais impatient de voir Daley, non pas pour lui foutre un pain dans la gueule mais simplement pour comprendre pourquoi il s'était comporté de la sorte en ma compagnie. Cela m'intriguait au plus haut point et je tenais à avoir des réponses aux questions que je me posais pour tirer tout cela au clair. Le cherchant du coin de l’œil, je finis par l'apercevoir à l'instant-même où il m'interpella. Je m'empressai alors de le rejoindre et le saluai brièvement avant de m'asseoir à sa table. Je ne savais pas encore quelle tournure allait prendre notre discussion mais au regard de ce qui s'était passé la dernière fois, il n'était pas dans mes intentions de prendre la moindre initiative dans un premier temps: je n'avais pas envie de le brusquer cette fois-ci.

- Je ne serai pas contre un bon chocolat chaud je dois dire.

Le temps qu'un serveur prenne notre commande, je jetais un rapide coup d’œil à mon portable pour vérifier que je n'avais reçu aucun message avant de reporter mon attention sur Daley. Sans doute qu'il regrettait ce qui était arrivé la dernière fois mais j'arborai alors un air qui se voulait rassurant pour lui montrer que je ne lui faisais aucun reproche.

- Comment vas tu depuis la dernière fois?
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