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Trois ans - ft.Ben Hugues

 :: Zone 1-2-3 :: Central London :: Soho :: Chinatown

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() message posté Jeu 28 Déc - 16:48 par Kennedy Harris

Trois ans

@"Benedict Hugues"  & Kennedy Harris

Les portes du cabaret venaient de se refermer derrière Lana Divine, les festivités terminées depuis un bon moment déjà. Il avait mis son épais manteau de fausse fourrure noire dans lequel il avait l'air infiniment filiforme, sa longue chevelure châtaine claire ondulée cascadant dans son dos. Ses bottes à talon haut lui empêchaient d'avoir froid. Quelques gros flocons de neige commençaient à se déposer sur lui à mesure que d'un pas lent, il traversait le Chinatown de Londres. 

Il ne ventait pas vraiment. L'air était frais et humide, mais la température était tolérable. L'endroit était étrangement silencieux, on entendait de temps à autres des talons claquer, un couple discuter, le moteur d'une voiture ou deux. De jour, on y voyait toute sorte de gens, l'odeur des restaurants chinois embaumait l'air, c'était un endroit vivant. De nuit, c'était un endroit où il adorait passer quand il manquait son autobus pour retourner chez lui, comme aujourd'hui. 

Son esprit était calme. Il venait de texter une de ses bonnes amies qui venait de rompre avec son petit ami, étrangement agile avec son portable malgré ses faux ongles du même bleu royal que ses lèvres. La marche serait longue, mais il n'avait pas les moyens de prendre un taxi. Un jeune couple saoul passa à côté de lui en s'exclamant sur sa grandeur avant de tout haut se mettre à débattre à savoir s'il était un homme ou une très grande femme. Cela eut pour don de sortir Kennedy de ses pensées. Il décida d'ignorer le duo, mais alors qu'il continuait à marcher, il était plus conscient de son entourage. 

Outre le couple, une femme asiatique était assise sur un banc en silence, les yeux rivés sur son portable et un homme passait près d'elle. 

Un homme beaucoup trop familier. 

Kennedy arrêta de marcher et son regard le trouva immédiatement, le coeur battant. Sans être certain qu'il s'agissait bien de lui, il lui semblait reconnaître Benedict, son ancien professeur à qui il n'avait pas parlé depuis des années. Il fit quelques pas en sa direction. Il essayait de tasser de son esprit l'effervescence caractéristique de ce moment où on croit reconnaître un être cher afin de bien analyser ses traits. 

Il n'y avait plus aucun doutes. Il s'agissait de Benedict.

La seule pensée égaya le visage de la grande drag queen qui sans faire ni un ni deux marcha en sa direction, faisant claquer ses talons sur l'asphalte. Il traversa la rue afin de se trouver du même côté que lui. Il était assuré qu'il ne le reconnaîtrait pas, mais une fois les explications données, il savait qu'il n'avait pas à craindre sa réaction comme Ben lui avait toujours montré être ouvert d'esprit, alors c'est avec aise qu'il s'approcha de lui, le sourire fendu jusqu'aux oreilles et le coeur battant à la chamade.

"Alors là Benedict, je ne pensais jamais avoir la chance de te revoir un jour! Tu n'as pas changé d'un poil ! " s'exclama-t-il, tout sourire en le regardant de haut en bas.

Il avait toujours trouvé en lui une figure réconfortante et limite fraternelle, mais aujourd'hui, il le trouvait également bien beau, plus beau encore que dans ses souvenirs. Toutefois, il s'aperçu qu'il oubliait la partie justification. 

"Désolé, tu ne me reconnais sûrement pas.. c'est Kennedy, Kennedy Harris. Je suis trop content de te voir, j'en oublie que je ne suis pas facilement reconnaissable. "
dit-il en ricanant, une de ses mains gantées de satin alla se poser sur son torse recouvert de fourrure noire.

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() message posté Mar 9 Jan - 15:00 par Benedict J. Hughes

TROIS ANS

Il est tard, très tard. Je déambule dans les rues de Londres depuis une petite heure déjà. Emmitouflé dans un long et épais manteau de laine bleu marine, je sens tout de même le froid de cette nuit calme s'attaquer agressivement à moi. Mes mains sont recouvertes d'une paire de gant noir, et une écharpe grise préserve mon cou dans une chaleur réconfortante. On aurait pu croire que j'ai l'habitude de la fraicheur, et que je ne la crains pas ; mais c'est faux. J'ai beau avoir habité en Irlande toute mon enfance durant, j'ai toujours été quelqu'un de très frileux. Par ailleurs, ma peau est rougie par cette agression externe. Mes tâches de rousseurs, petits points parsemés partout et de façon inégal sur l'intégralité de mon visage, un peu comme une éclaboussure de peinture d'ambre, semblent ressortir d'avantage lorsque je passe sous un lampadaire. Lupin, marchant au pas à ma droite, reste enjoué malgré le froid, malgré l'heure tardive. Il me jette de temps à autres des regards furtifs tout en remuant gaiement la queue. Lorsqu'une personne nous croise, il ne peut s'empêcher de la renifler quelques secondes, et reçoit parfois quelques caresses en retour. Je pense à rentrer avant que l'un de nous n'attrape un vilain rhume. Les rues du quartier chinois sont désertes, et j'imagine que je ne devrais pas être rassuré de me promener seul à cette heure. Mais je sais que mon dogue allemand peut dissuader toutes mauvaises attentions de la part d'une personne qui nous voudrait du mal. Les gros chiens, ça fait toujours un peu peur. Et pourtant Lupin ne ferait pas de mal à une mouche.

Nous contournons des ruelles plus étroites, des chemins moins bien éclairés. Mon esprit divague alors que je marche d'un pas nonchalant. Sans vraiment réfléchir, je tourne au coin des rues avec assurance. Depuis le temps que j'habite à Londres, je commence à en connaître le moindre de ses recoins. De temps à autres, je jette des regards sur mon portable, vois que de nouveaux commentaires s'affichent régulièrement sous mes dernières publications twitter. Je range mon portable, car il n'est pas concevable pour moi d'enlever mes gants pour répondre aux messages que j'ai reçu. Je verrais ça en rentrant. Je pense en silence aux prochaines vidéos que je posterais sur ma chaîne Youtube. Lupin me fait sortir de mes pensées. Je suis secoué par l'arrêt brutal du chien qui fait tendre la laisse à son maximum, se répercutant brutalement dans la souplesse de mon bras droit. Il renifle longuement un lampadaire et finit par faire ses besoins comme si de rien n'était. Je sors un petit sac en plastique de ma poche pour ramasser ce qui en résulte, sans m'empêcher d'en ressentir un certain dégout. Je me dépêche de tout jeter à la poubelle, frottant mes mains entre elles dans un automatisme inutile, avant de continuer notre route. « Allez viens Lupin, il est temps de rentrer maintenant. » Me suis-je exclamé en m'adressant à mon chien. Un peu plus loin, une dame est assise sur un banc, les yeux rivés sur son portable qui éclaire d'une lumière blanche son visage. Je me demande ce qu'elle peut bien faire seule dehors à cette heure, si ce n'est pas imprudent pour elle d'être là.

Je passe près d'elle tout en continuant de l'observer. Mes pensées sont rapidement coupées, lorsqu'un instant plus tard, une voix semble m'interpeler. « Alors là Benedict, je ne pensais jamais avoir la chance de te revoir un jour! Tu n'as pas changé d'un poil ! » La locution de mon prénom me fait relever la tête dans la direction de mon nouvel interlocuteur. Une longue silhouette longiligne, avec une chevelure châtaigne descendant en cascade et des jambes qui ne semblent plus en finir, un épais manteau de fourrure noire sur les épaules. J'avoue me retrouver désemparé face à ce drôle de personnage. Non pas que je me demande s'il s'agisse d'un homme ou d'une femme. Lorsque ses mots m'ont désigné, j'ai de suite compris qu'il s'agissait d'un homme, comme si mon subconscient me l'avait susurré aux creux de l'oreille. En vérité, je me pose surtout la question de savoir de qui il s'agit. Puisqu'apparemment cette personne me connait, et me connait même d'une longue date d'après ses dires. Mais de mon côté je n'ai pas souvenirs d'avoir croisé la route d'un quelconque individu répondant à toutes ces caractéristiques physiques. Et pourtant, sa voix me semble familière. Elle semble remuer des souvenirs enfouis dans un coin de ma tête, temps où les choses n'étaient pas encore devenues si compliquées. J'ose ancrer mon regard dans celui de mon interlocuteur, fronçant les sourcils pour témoigner de mon incompréhension. Peut-être cette personne s'est-elle tout simplement trompée, peut-être m'a-t-elle confondu avec quelqu'un d'autre ? Pourtant, il m'a appelé Benedict. Je serais bien curieux de savoir si un autre Benedict se balade dans Londres avec le même physique que moi. « Euh, hm. Pardon mais je ne pense pas que l'on se connaisse... » Me suis-je finalement aventuré à dire avant de fuir son regard affirmé. Le rouge me monte aux joues. Peut-être est-ce un de ces abonnés que j'ai déjà rencontré à une convention ? Lupin s'assoit entre nous deux et semble observer la scène d'une manière tout à fait détachée. L'autre individu finit par me répondre en commençant par s'excuser. « Désolé, tu ne me reconnais sûrement pas.. c'est Kennedy, Kennedy Harris. Je suis trop content de te voir, j'en oublie que je ne suis pas facilement reconnaissable. » Mon visage finit par se détendre pour finalement s'arquer dans une nouvelle expression de surprise. Kennedy Harris. Dieu Tout Puissant, en effet, je ne l'aurais jamais reconnu. Maintenant que l'identité du jeune homme m'a été révélé, sa voix qui me semblait si familière quelques instants plus tôt s'accorde parfaitement avec son visage et les souvenirs que j'ai de lui. « Ken... Kennedy ? » Ai-je commencé par dire sans cacher mon déroutement. Je passe une main à l'arrière de ma tête, grattant nerveusement la naissance de mes cheveux « Je... Wow, par tous les dieux, c'est vrai que je n'aurais jamais deviné que c'était toi ! » Je reste bouche-bée, ne sachant pas trop quoi dire. Cela fait plusieurs années que nous ne nous sommes plus vus, et il est déconcertant de voir que Kennedy a l'air d'avoir beaucoup plus changés que moi durant ce même laps de temps. « Je suis heureux de te voir moi aussi, cela dit. Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de nouvelles de toi... Comment vas-tu depuis tout ce temps ? » Je n'ose pas lui demander pourquoi est-il habillé en femme, je suis pratiquement sûr que sous l'impulsion de la surprise ma demande serait un peu trop brusque ou hésitante. Au final,  seuls les souvenirs d'une vie plus facile me revienne indéniablement dans la figure alors que j'observe les traits du visage encore juvénile de mon ancien ami. Temps où j'étais encore avec Ambre, temps où je n'étais pas malade. Je me rends soudainement compte que la vie est imprévisible et comparable à l'enveloppe d'une coquille fragile ; à tout instant, elle peut se briser irrémédiablement.


@kennedy harris
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() message posté Mar 9 Jan - 23:51 par Kennedy Harris

Trois ans

@"Benedict Hugues"  & Kennedy Harris

Aux premiers abord, Kennedy sut qu'il avait gravement manqué de tact en ne se présentant pas d'emblée à Benedict quand devant lui, son ancien professeur, de beaucoup plus petit que lui comme le reste de la population quand il avait ses talons haut, revêtit un air mais alors complètement vulnérable à voir comment il détournait le regard avec le rouge au joue. Encore une chance qu'il était en drag, au final. Le pauvre, s'il se serait fait interpeller par lui juste en homme noir comme ça dans la rue de la même façon et qu'il aurait eu le malheur de ne pas le reconnaître, à lui voir la tronche, il aurait probablement fini menotté à plat ventre sur une voiture de police. Parce que c'est ça. C'est généralement comme ça que ça fini, même pour les biches comme Kennedy. Quoique... peut-être pas, il y avait quand même ce géant molosse entre eux.

Puis il en avait pas souvenir, de ce chien monstrueux.

L'explication donnée changea tout et illumina le visage de Benedict en une fraction de seconde. Devant lui se tenait enfin son ancien professeur et non un étranger mal à l'aise de s'être fait aborder par une créature étrange. C'est comme s'il pouvait à présent mieux voir ses traits, comme si dans sa confusion, il avait convenu un marché avec les ombres pour se garder au maximum de cette rencontre et qu'à présent, il les avait remercié. Chaque taches de rousseurs lui fut visible, ce visage qu'il aimait tant regarder, ses superbes yeux (il les avait toujours aimé) avec la fascination d'un enfant devant un jeune homme qui lui semblait si grand, si vieux, sans la conscience qu'à peine dix ans les séparaient. Car dix ans, quand t'en as onze, c'est toute une vie. C'est au delà de la puberté. Même si Benedict avait quitté les "teen" deux ans avant qu'ils se soient rencontré à peine, pour Kennedy, il était un adulte au même titre que s'il avait eu 50 ans à ce moment-là. Un adulte qui peut encore jouer facilement au foot, s'il veut. Puis pendant un moment, pour lui, Benedict avait été M.Hughes et quand il avait été temps de quitter son programme, l'accord de sa mère avait été nécessaire pour qu'ils continuent à s'envoyer des e-mails et se voir.

D'ailleurs, ces contacts avaient cessé trois ans plus tôt.

La surprise de Benedict sembla bonne, ce qui rassura au plus haut point Kennedy. Non pas qu'il avait craint qu'il ait dédain de son apparence, mais après trois ans de silence, il craignait quand même au fond que Benedict ait coupé les ponts intentionnellement entre eux deux. Il avait osé espérer que la raison de son silence radio était une mauvaise transmission de e-mail. Après trois fois où Ken avait tenté de le rejoindre, il s'était résolu à ne plus essayer, de peur d'être trop insistant.

Benedict le rassura aussitôt quand il lui dit être heureux de le voir. Le poids d'une enclume complète tomba de sur ses frêles épaules, quoi qu'il lui en restait toujours une peut-être même un peu plus lourde. Son enthousiasme se traduit par un grand sourire plein de dents blanches et malgré lui, quelques battements de cils. N'osant pas franchir l'énorme molosse pour lui faire la bise ou le serrer dans ses bras comme il en avait tant envie, Lana Divine se contenta de joindre les mains devant elle autour des courroies de son sac à main. Il pencha la tête sur le côté, le regard affectueux.

"Ah si tu savais, le temps passe vite, c'est long trois ans et je te dirais que ma vie a beaucoup changé depuis la dernière fois qu'on s'est vu... je n'habite plus chez mes grand-parents avec ma mère, je vis en coloc maintenant. "  

C'était si étrange de lui dire ces choses-là, sachant que Benedict avait tout connu sa famille jadis. Kennedy songea à ses prochains mots pour ne pas faire passer ses grand-parents pour les méchants, même si c'était un peu le cas et qu'il avait très envie de dire à l'enseignant tout ce qu'il avait sur le coeur comme avant. Pourtant, il se garda une réserve. Ces choses-là ne se disent pas comme ça sur le coin d'une rue.

"Sinon je pense qu'il est facile à voir que je suis devenu drag queen avec le temps, ça me permet de payer mes études et-AH!"

Sa phrase s'arrêta là quand il sentit quelque chose de froid et humide sur sa jambe. Kennedy regarda plus bas pour n’apercevoir que l'immense dogue qui venait de poser sa truffe sur sa jambe.

Surpris et effrayé, il fit un bond d'arrière, fort heureusement qu'il était agile du haut de ses talons hauts car la moitié des femmes seraient tombées.

"Désolé! Il m'a juste surpris, j'ai pas l'habitude des chiens. "


Il reprit contenance, retrouvant son grand sourire et son enthousiasme au passage.

"Et toi, comment vas-tu? Tu as bien reçu mes derniers e-mails? Je t'en ai envoyé trois, puis j'ai tenté de t'appeler et tu n'as jamais répondu, je me suis dit que tu ne m'aimais plus..!" dit-il à la blague.

Au fond, ce n'étais pas une blague, mais c'était en quelque sorte la première chose que Kennedy voulait savoir : s'il avait été abandonné, ou si il avait juste été malchanceux.

Quoiqu'au final, Benedict ne lui avait quand même pas parlé depuis trois ans...

Il arrêta de battre des cils. Malgré son épais maquillage et les années qui avaient passé, pour ceux qui connaissaient Kennedy au point où Benedict l'avait connu, il était possible d'y voir un brin d'inquiétude et de tristesse.

Il se tenait à présent bien droit devant le rouquin, à une distance sécuritaire du chien et les mains jointes sur la courroie de son sac à main, il attendait une réponse.

Même s'il voyait maintenant Benedict de haut parce qu'il avait poussé comme une mauvaise herbe, que sa voix était mure et grave, qu'il était maintenant une superbe drag queen aux jambes sans fin et tout cela, devant lui ce soir, il se sentait comme le petit Kennedy qui ramenait fièrement ses bulletins scolaire à son professeur préféré, à cette figure impressionnante qui connaissait tout sur tout, à un homme qui malgré la maigre différence d'âge avait été le modèle masculin qu'il lui manquait dans des années où il en avait tellement besoin.   .


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() message posté Mar 16 Jan - 15:22 par Benedict J. Hughes

TROIS ANS

Il est difficile de cacher ma surprise pour avoir croisé le jeune homme au détour de cette rue sombre, en pleine nuit. Une fois les premières phrases échangées, on peut néanmoins observer que je suis plus détendu ; je confesse me sentir honteux d'avoir été si dubitatif juste avant. J'ai toujours été quelqu'un de très tolérant. Les drags queen, ces hommes habillés en femme ne m'ont jamais choqués, voir même interpelés. J'en ai toujours été assez indifférent à vrai dire ; J'ai toujours pensé qu'une personne ne doit jamais renier ce qu'elle est au fond d'elle, même si cela casse les codes de notre société. J'aime voir les gens heureux, épanouis dans leur corps. Nombre sont les jeunes filles dans l'école où j'enseigne qui subisse des moqueries de leur camarades. Les enfants sont cruels entre eux, les filles encore plus j'ai l'impression. Lesbienne, poil de carotte, traînée, garçon manqué, tant d'insultes et de jugements qui me laisse perplexe pour le développement de ces jeunes filles. Je n'hésite jamais à les rappeler à l'ordre et à leur expliquer ma vision des choses. Mais devant cette immense créature, cet homme aux allures de femme, qui plus est qui m'interpelle en pleine nuit, j'avoue avoir été le temps d'un instant plus méfiant. Et que Dieu me pardonne pour cet égard, je n'aurais pas dû. Car nous sommes tous de sa création divine.

Quoi qu'il en soit, je me rattrape bien assez vite en adoptant un comportement beaucoup plus avenant à l'annonce de ce prénom. Kennedy. J'ai l'impression qu'un siècle s'est écoulé entre le moment où je lui ai enseigné les lois fondamentales de la chimie et aujourd'hui. Il faut dire que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Des événements ont marquées mon existence à tout jamais. Certains agréables, tandis que d'autres m'ont donné l'impression d'être seul au monde. Un jour, le diagnostic est tombé, on m'a annoncé de but en blanc que j'étais porteur du VIH. Mon monde s'est écroule ce jour-là. Pas seulement parce que je me savais malade, mais aussi parce que je me savais trahi. Ambre, mon ex petit-amie, m'avait trompé, et m'avait refilé cette création du démon comme témoignage de son infidélité. J'avais été infecté par sa faute. Je n'ai pas seulement perdu l'amour ce jour-là, j'ai aussi perdu foi en l'humanité. Je ne suis jamais apitoyé sur mon sort, mais je ne pense pas avoir mérité un tel traitement. Qu'avais-je donc fait de si mal pour mériter un tel dénouement ? Je ne me le demande toujours, et je pose parfois la question au Tout Puissant. Malheureusement je n'ai jamais de réponse, mais je sais qu'il m'écoute. Je sais qu'il a un plan pour moi, comme pour chacun d'entre nous, et c'est pour ça que malgré les souffrances, malgré les obstacles, je continue de respirer, et de vivre. Cependant, j'ai eu du mal à m'en remettre. Et c'est la raison pour laquelle Kennedy n'a plus eu de nouvelles de moi. Je me suis enfermé dans une bulle. Au début, c'était bien trop dur de faire face à cette réalité. J'ai coupé contact avec pratiquement tout le monde. Même mes proches n'avaient que très peu de nouvelles de ma part. Ensuite, les choses se sont enrayées, et j'ai perdu  de vue ce jeune homme à qui j'avais tant apporté ; Et qui m'avait tant apporté également en retour. Il avait été plus qu'un élève, il avait aussi été un ami. C'est donc tout naturellement que je lui demande de ses nouvelles, particulièrement honteux de ne l'avoir pas fais avant, finalement. Et c'est tout aussi naturellement que le jeune homme m'offre un doux regard en me répondant. « Ah si tu savais, le temps passe vite, c'est long trois ans et je te dirais que ma vie a beaucoup changé depuis la dernière fois qu'on s'est vu... je n'habite plus chez mes grand-parents avec ma mère, je vis en coloc maintenant. » Le temps passe vite, c'est bien la triste vérité. Je ne le vois pas défiler, personne ne le peut vraiment et pourtant ; en voyant Kennedy ce soir, je me rends compte que j'ai bien raté des épisodes. Au delà de son allure féminine, il avait affreusement grandi. Même sans ses talons je suis pratiquement sûr qu'il est me dépasse largement en hauteur. Alors que la dernière fois que je l'avais vu, il m'arrivait au niveau du visage. Le temps passe vite, en effet. La phrase du jeune homme tourne et retourne plusieurs fois en boucle dans ma tête. Pendant ce temps, je laisse au jeune homme l'occasion de continuer son récit. Il ajoute qu'il est devenu drag queen pour payer ses études, ce qui bien malgré moi n'a pas échappé à mon regard affuté. Je n'ignorais cependant jusque là que c'était pour financer une école, ou l'université. Car j'ignore encore dans quoi Kennedy a décidé de s'orienter après le lycée. Au fond de moi, j'espère qu'il est parti dans une branche scientifique, car le jeune homme a toujours été doué dans ce domaine et que je sais qu'il y réussirait facilement.

Nous sommes cependant coupés assez rapidement par l'intervention de Lupin qui se met à renifler et à coller sa truffe humide sur les jambes de Kennedy. Ces deux-là n'ont jamais eu l'occasion de se rencontrer jusqu'à présent, bien que j'ai adopté Lupin avant de couper cours à toute discussion avec mon interlocuteur. Alors que la drag queen fait un bond en arrière en remarquant pleinement la présence du chien, je rappelle ce dernier à l'ordre en disant fermement son nom, et le tire tout contre moi à l'aide de sa laisse pour éviter qu'il ne recommence dans la seconde. Les gens ont bien souvent cette réaction devant le dogue allemand, et ce n'est pas difficile à comprendre vu la taille du chien comparable à celle d'un poney. Je n'en veux donc pas à Kennedy lorsque celui-ci s'excuse en justifiant sa réaction par le fait qu'il n'a pas l'habitude des chiens. Bien malgré moi, un rire s'extirpe de ma bouche en voyant la tête quelque peu horrifiée et déconcertée du jeune homme. « C'est moi qui m'excuse, je ne faisais pas attention à ce qu'il faisait. » Ai-je commencé en riant. Je reprends assez rapidement mon sérieux, un large sourire sur le visage cependant. « Lupin n'est pas méchant, il fait toujours ça lorsque l'on croise quelqu'un de nouveau pour lui. » Après cette interlude, je reviens rapidement sur ce que Kennedy disait juste avant, jetant de temps à autres des regards vers le dogue allemand pour vérifier qu'il ne fasse pas d'autres bêtises lorsque je ne le regarde pas. Un sourire sincère trône sur mes lèvres. « En tout cas, si tu t'épanouies de cette façon j'en suis vraiment heureux pour toi. Je confesse que tu es très convaincant en drag queen, j'imagine que tu dois avoir un certain succès dans ce milieu. » Je reprends une longue inspiration, tandis que Lupin s'allonge finalement. J'en profite pour lâcher la laisse car je sais qu'il restera tranquille maintenant.

Mes mains rejoignent les poches de mon manteau à la place. De son côté, Kennedy reprend la parole. « Et toi, comment vas-tu? Tu as bien reçu mes derniers e-mails? Je t'en ai envoyé trois, puis j'ai tenté de t'appeler et tu n'as jamais répondu, je me suis dit que tu ne m'aimais plus..! » Dit-il en rigolant. J'ai su à la première seconde où le jeune homme a prononcé son nom qu'on en viendrait à cette discussion. Kennedy n'est pas le genre de personne à avoir la langue dans sa poche après tout, c'était à prévoir. Je souris à mon interlocuteur, gêné, désemparé. Je ne veux pas lui dire ce qu'il s'est passé. Personne n'est au courant. Ce n'est pas que ça ne le regarde pas, mais je ne veux pas mettre des mots là dessus. Ce n'est même pas que je fais un déni sur ma maladie, c'est juste que je n'aime pas en parler. C'est toujours difficile à accepter pour moi. Et je ne veux pas tressaillir devant le jeune homme alors que nous nous retrouvons après tout ce temps. « Je suis vraiment désolé de ne t'avoir jamais répondu Kennedy... J'ai vécu une période difficile, ça n'avait rien à voir avec toi. Mais je vais mieux maintenant, en quelque sorte. » Je marque une pause, baissant le regard, trop honteux pour soutenir les yeux perçants du jeune homme. Le rouge monte une fois de plus jusqu'à mes joues, et cela de manière justifiée. Ma voix semble plus fragile et hésitante également. « Je m'en veux vraiment d'avoir coupé court à nos discussions, j'imagine qu'ensuite j'étais bien trop gêné pour revenir vers toi après tout ce temps... » La franchise est une vertu, ne serait-ce qu'à cause de sa rareté, dirait Jean-Claude Clari. Je préfère être honnête avec Kennedy plutôt que de partir dans des mensonges hasardeux et malhonnêtes. Je tente de briser l'ambiance un peu étrange et pesante qui s'est installée entre nous en rajoutant un instant plus tard « Tu disais ne plus habiter chez tes grand-parents, comment vont-ils ? J'imagine que ta conversion en drag queen n'a pas dû les enchanter, si tant est que tu leur en aies déjà parlé. » Je me rappelle de la famille de Kennedy que j'avais eu l'occasion de croiser plusieurs fois. Ils n'étaient pas les personnes les plus ouvertes que j'avais pu rencontrer dans ma vie. Parfois même, dans les écrits que je recevais du jeune homme, ils me faisaient un peu penser à mon propre père. Cela me rapprochait d'autant plus de lui par ailleurs. Ce sont le genre de gens qui ont du mal à évoluer avec notre temps, ancrés dans des règles et façon d'être archaïques. Mon interlocuteur m'avait touché dès son plus jeune âge par son histoire et son caractère. Et au fil du temps, j'avais appris à le connaître sous d'autres coutures ; Et plus j'en apprenais sur lui, plus mon envie d'être à ses côtés était forte. Il est le genre de personne dont j'aime m'entourer. J'espère secrètement retrouver un jour une place de choix pour lui, comme ça avait pu être le cas auparavant. Je suis peut-être loin de me douter de ce qu'est devenue Kennedy aujourd'hui, mais peu importe ; maintenant qu'il se trouve une nouvelle fois devant moi après toutes ses années, je veux de nouveau faire partie un tant soit peu de sa vie.


@kennedy harris
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() message posté Jeu 18 Jan - 7:50 par Kennedy Harris

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@"Benedict Hugues"  & Kennedy Harris

Quel avait été son soulagement quand Benedict avait tiré sur la laisse de l'énorme molosse et que ce dernier avait fini par se coucher à ses pieds docilement! Lupin, l'avait-il entendu l'appeler. Quelque part, au fond de ses souvenirs était écrit dans un des e-mails le nom du dogue, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Le roux lui avait décrit ce qui semblait pourtant être une créature pleine d'amour, mais malgré tout cela, Kennedy aujourd'hui en était terrifié. Sa relation avec les animaux, pour tout dire, n'avait jamais vraiment été optimale. Jamais ses parents n'avaient eu d'animal de compagnie, ni ses grand-parents, et il n'était pas prêt d'en avoir. Au moins pour l'instant, ce denier était couché et même si sa laisse avait été lâchée à côté de lui, la grande drag queen parvint à en oublier sa présence, d'autant plus que le sujet suivant sa frayeur passagère évoqua en lui bien plus d'émotions que la boule de poils aux crocs d'acier.

Quand Benedict lui affirma combien il était convainquant en drag queen, cela lui fit chaud au coeur. De tout ceux qui pouvaient lui dire ces mots, les deux personnes pour qui à ses oreilles ils avaient une valeur inestimable étaient son père, si jamais il venait qu'à le croiser un jour dans sa vie, puis il y avait Ben. Son commentaire lui fit l'effet d'être entouré dans une couverture chaude, fraîchement sortie de la sécheuse à linge, malgré cette enclume qui pesait toujours sur ses épaules. C'est pourquoi en seule réponse, il lui offrit un sourire et des yeux doux. Sa main avec une certaine timidité qui pourtant ne connaissait pas Lana Divine vint replacer une de ses longues mèches ondulées châtaine qui avait glissé d'au-delà son épaule. Comme il était vulnérable devant lui...

Puis il y avait cette phrase qu'il avait prononcé. Kennedy avait parlé d'amour, lui demandant à la légère s'il avait cessé de lui parler parce qu'il ne l'aimait plus, il cherchait en fait par sa blague à savoir le fond des choses. Aussitôt vit-il le sourire de Benedict qu'il fut complètement, mais alors complètement rassuré sur les sentiments qu'il pouvait y avoir entre eux. Son ton de voix était si lourd... surement malgré lui. Ben n'avait jamais aimé lui montrer qu'il faiblissait, quand les temps étaient plus durs. Il avait toujours voulu devant lui garder cette image imperturbable de l'enseignant, de l'homme solide comme le rock et même si Kennedy avait appris à reconnaître ses hauts et ses bas, le roux l'en avait toujours gardé, comme pour le protéger à sa façon du poids qu'il pouvait avoir sur lui en les énonçant simplement, s'était-il dit. Puis il semblait être comme ça pas juste avec lui, mais autant aurait-il eu envie de l'aider à porter ses fardeaux, autant avait-il accepté que Ben n'aurait jamais risqué qu'ils lui plient les genoux ne serais-ce que d'un degré par sa faute. Comme l'aurait fait un vrai père.

La totale honnêteté de Benedict alla directement au coeur de la grande drag queen qui dût avaler discrètement la boule qui s'était formée dans sa gorge quand il l'avait écouté lui formuler ses excuses. Il avait tellement envie de le gifler pour ne simplement pas lui avoir dit qu'il vivait des choses difficiles, même s'il savait qu'il ne pouvait le changer. Pourtant, même sachant cela, Kennedy lui en voulait un peu de ne pas avoir plutôt partagé un peu de sa charge avec lui plutôt que de couper les ponts. Un peu, beaucoup. En fait, il en était à ne plus savoir ce qu'il préférait entre un Benedict qui ne l'aime plus et un Benedict qui a souffert au point de s'isoler même de lui. L'une ou l'autre perspective l'horrifiait autant.

Il dû déglutir une seconde fois afin de briser la boule qui récidiva dans sa gorge, plus persistante cette fois-ci.

Il se contenta d'hocher la tête, ses mains devant lui jouant avec la ganse de son sac à main afin de passer un brin de ce qu'il vivait dans les torsions qu'il lui infligeait. Des mains occupées étaient bien souvent le meilleur moyen de canaliser son énergie afin de ne pas laisser ses émotions couler d'un seul flot incontrôlable. La vérité était qu'il avait tant envie de l'engueuler que de le serrer dans ses bras pour ne plus jamais le lâcher, maintenant qu'il l'avait retrouvé. Il réprimait aussi une envie cuisante d'en sortir une cigarette, mais si Ben avait bien réagi à son habillement, il avait l'intention de lui cacher un peu plus longtemps ce mauvais pli qu'il avait pris, comme s'il avait peur de se faire gronder.

Malgré tout cela, Kennedy, somme toute soulagé, lui offrit un sourire compatissant.

"Je vois... " pu-t-il seulement répondre pour l'instant en baissant la tête, se plongeant ainsi dans ses propres émotions et non dans une tentative de l'éviter.

Benedict ensuite tenta de toute évidence de relancer la conversation en parlant de ses grand-parents dans une question qui lui sembla un brin naïve venant de lui, comme si tous deux savaient déjà d'avance la réponse, mais que le silence nécessitait qu'on dise ces choses-là tout haut.

Toutefois, Ken sauta sur l'occasion et un petit sourire tira ses lèvres alors que, relevant la tête, il sortit aussi de ses pensées beaucoup trop chargées, voulant profiter au maximum de Ben, maintenant qu'il l'avait en face de lui.

Une de ses mains lâcha la ganse de son sac à main pour balayer l'air gracieusement devant lui.

"Mes grand-parents? Ah! Bien sûr qu'ils ne l'ont pas pris. En fait, c'est ce qui m'a valu un allé simple hors de chez eux. Ils ne pouvaient pas tolérer un pédé dans leur milieu de vie, Dieu leur en aurait probablement voulu de m'accepter, vois-tu. Puis ma mère a pris leur bord, mais tu connais l'histoire. J'avais aucune chance à partir du moment où mon grand-père s'est ligué contre moi. Déjà, tu te rappelles quand ils ont su que j'étais gay, combien ils ont été l'enfer même avec toi... Je suis bien plus heureux maintenant que je vole de mes propres ailes. Des fois ma mère m'appelle pour savoir si son garçon est encore en vie, je lui dis le stricte minimum. Elle me parle un peu d'elle, me "rassure" que mes grand-parents sont encore en vie, puis c'est à peu près tout. C'est pas comme si je m'ennuyais d'eux, de toute façon. "


Si plus tôt il s'était dit qu'il garderait le silence sur ses grand-parents et tout, maintenant il n'en avait juste plus envie. Les vannes étaient ré-ouvertes comme à l'époque. Il avait tant envie de rattraper tout ce temps qui avait passé. Il avait envie d'être authentique, comme avant.

Ses yeux allèrent retrouver ceux du roux. Plus aucun filtre n'était présent entre eux, Kennedy ne se garda pas de le regarder avec une dose évidente d'amour. Peu importe ce qu'il avait pensé de lui quand il s'était excusé, le point qui avait primé dans le coeur de la grande drag était cet amour qu'il ressentait encore pour lui après ces trois ans, plus ardent que jamais.  

"Mais par contre, je me suis ennuyé de toi - "

 
Sa voix s'était faite un peu plus faible à la fin de sa phrase, légèrement cassante malgré lui. Déglutissant une fois de plus, il retint son menton de trembler en ramenant sur elles-mêmes ses lèvres charnues peintes de rose. Kennedy s'empressa de regarder ailleurs.

Benedict était plus que tout pardonné.  


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() message posté Ven 19 Jan - 14:20 par Benedict J. Hughes

TROIS ANS

Je ne me suis jamais considéré comme quelqu'un de fort ; j'ai pas mal trimé dans ma vie. Mais c'est le cas de beaucoup d'autres personnes sur notre modeste planète, n'est-ce pas ? Chacun porte son fardeau en ce bas-monde. Alors pourquoi devrais-je me sentir plus puissant que le commun des mortels ? Mes épaules ne sont pas plus larges que celles des autres, elles ne portent pas mieux les malheurs, les peines, la souffrance. Devant Kennedy, j'ai toujours adopté cette apparence pourtant ; l'homme inébranlable, celui qui ne faiblit pas devant les obstacles ; celui qui a toujours une solution à tout. J'ai été le professeur de ce jeune homme, il a toujours eu cette image idéalisée de moi. Cette image de l'homme, avec ses grosses lunettes noires, qui a réponse à tout, avec la même aisance que s'il résolvait un problème de mathématiques. Souvent, lorsque le jeune homme a eu des soucis, il est venu se confier à moi, tel un enfant viendrait quémander de l'aide à l'un de ses parents. Parce qu'au fond, en temps normal, nos parents sont toujours la réponse à tous nos maux. Lorsque notre cœur est trop lourd, on partage le poids de nos fardeaux avec eux, et ça va mieux ; on délègue cette souffrance dans l'espoir que tout s'arrange après. Et c'est bien souvent le cas. Parce que nos parents ont plus d'expérience sur la vie que nous ; parfois même, ils ont déjà vécu ce qu'on vit à notre tour, et tout est plus facile. Mais je ne suis pas le père de Kennedy. J'ai parfois un peu endossé ce rôle devant la fragilité du jeune homme, lorsque celui-ci n'était encore qu'un adolescent. Sans qu'il sache, sans même qu'il se doute que moi aussi, j'avais cette même fragilité. Non, je ne suis pas quelqu'un de fort ; je pleure, je suis emprunt à des doutes, j'ai du mal à m'endormir le soir face aux résultats de mon existence. Mais dans ces cas-là, Dieu est mon plus proche confident lorsque tout est trop difficile à supporter. À la différence d'un enfant qui courrait dans les jupons de sa mère parce qu'il est triste, je n'ai jamais partagé ma souffrance avec d'autres personnes. J'ai toujours porté l'entière responsabilités de mes actes sur mes épaules, comme un Titan en porterait le ciel pour sauver l'humanité ; ma souffrance transparait à travers tout mon être, mais il n'y a aucune personne sur cette Terre qui n'en connaisse la véritable cause. Et peut-être est-ce là mon véritable fardeau ? Je ne suis qu'un être faible, trop faible pour parler, trop faible pour mettre des mots sur ce qui le bouffe, trop faible pour supporter la réaction de ses interlocuteurs face à ses propres démons, mais assez fort pour tout supporter. Continuer à avancer, une boule de forçat attachée à mon pied ; elle me ralentit, elle m’affaiblit, elle laisse des traces indélébiles sur ma cheville ; Mais au fond elle fait partie de moi, et il n'appartient à aucune autre personne de la porter à ma place.

J'ai été plus que vague sur les raisons qui m'ont poussé à couper les ponts avec Kennedy. Parce qu'il n'est pas de son devoir d'endosser mon fardeau. Ce n'est celui de personne en réalité. Il baisse la tête, probablement déçu de mes explications évasives. Ce n'est pas ce qu'on attend quand une personne à laquelle on tient se représente devant nous après des années d'absence. On attend des monologues, des longues tirades où notre respiration en devient saccadée tellement il y a de choses à dire. Mais pas ça. Pas des plates excuses, des flous sur ce qu'il s'est réellement passé. Mais je n'ai rien de mieux à lui offrir. Mon regard est sincère, emprunt à cette souffrance, cette mélancolie qui ne me quitte plus depuis trois ans. Kennedy voudrait sûrement que je lui dévoile ce qu'il se cache derrière l'épais rideau rouge. Mais il n'y a rien que je puisse lui dire de plus. Tel est mon fardeau. Il a déjà bien assez à penser en ce moment, j'en suis certain. Je connais le jeune homme, je sais qu'il n'a pas eu une vie facile. Miroir déformé au mien si je puis dire. Un père absent, une mère effacée. Un grand-père, propre reflet de mon paternel. À mesure que la drag queen répond à ma dernière question, j'ai l'impression que rien n'a vraiment changé. Le temps passe vite, certes, mais certaine chose ne se modifie pas avec le temps. La pierre s’érode avec la pluie, l'arbre meurt avec les parasites, la vie suit son court, certes. Mais l’obstination du genre humain elle, traverse tous les âges, tous les siècles. La guerre, la rancoeur, l'acharnement. On traverse le temps de part en part, du début de l'humanité jusqu'à la fin, et le résultat est toujours le même. Nous détestons la différence. Nous la rejetons. Comme le grand-père de Kennedy a rejeté son petit fils, comme mon propre père m'a rejeté. Nous sommes les monstres engendrés par Dieu à leur yeux, des erreurs qu'Il n'aurait jamais dû mettre au monde, mais qu'Il a fait pour une raison qui nous échappe encore. Mon cœur se meurtri, il se serre dans ma poitrine. Au fond, je m'attendais une telle réponse, je le savais avant même qu'il est formé les mots sur sa langue; mais j'avais encore cette pointe d'espoir que les choses se soient arrangées. Un nœud se forme dans ma gorge, s'entremêle avec mes cordes vocales. Je regarde tendrement Kennedy, avec cette compassion qui m'éveille depuis déjà des années à son égard. Pauvre garçon. Je pense bien pouvoir encore porter quelques souffrances sur mes épaules. Je le veux, à vrai dire. Donnez-moi tout, ôtez-lui le fardeau de ses épaules, laissez-moi en prendre la responsabilité encore une fois. Mon empathie est tel que je serais capable de tout prendre, jusqu'à m'écrouler au sol lorsque tout ça sera devenu trop lourd à porter. Mais jusque là, je suis encore debout, alors autant en profiter.

Et puis, la phrase qui fait tout chavirer sort des lèvres du jeune homme. Je me suis ennuyé de toi, me dit-il, avec bien trop d'émotions dans la voix. Si ce n'est pas encore fait, mes yeux transpirent de tendresse, de toutes ses émotions que je tente toujours de refouler, que je n'arrive jamais à dire. Mais le regard ne peut indéfiniment pas jouer les sourdes oreilles ou les muets. Je baisse les yeux à mon tour, ma main droite rejoint le haut de ma nuque. Que dire, comment trouver les mots justes ? Bien malgré moi, mes yeux s'humidifient. J'en ai oublié le froid qui nous accapare, cette femme à quelques pas de nous, toujours assise seule sur son banc de bois. « God, Kennedy... Je me sens tellement honteux. » Ai-je commencé à dire d'une voix faible, presque dans un murmure. « J'aurais dû être là. J'ai été si égoïste de m'éloigner de toi, de te laisser derrière moi en pensant que tu t'en sortirais dans tous les cas. J'aurais dû... » Je déglutis difficilement. C'est si difficile de se confier. J'ai l'impression d'être une vieille machine rouillée. Balancer ce qu'on ressent, ce qu'on a sur le cœur comme ça, c'est tellement compliqué. Pas insurmontable, mais compliqué, oui. J'ai toujours l'impression de tout ressentir différemment, en plus fort, en plus puissant. Et quand les mots doivent sortir, ces flots d'émotions peuvent ressurgir à tout moment, et je ne pourrais bien ne plus rien contrôler. Imploser, ou exploser. J'aimerais m'arracher le cœur, être insensible parfois, juste pour avoir un peu de répit. J'ose enfin ancrer mon regard dans celui de Kennedy. Et entre le rougissement de mes joues et mes tâches de rousseur se tient fièrement un air penaud, qui orne les traits de mon visage sincère. « Je n'aurais pas dû faire ça. J'espère que tu trouveras dans ton cœur la force de me pardonner un jour. » Je sais que je ne mérite pas tant. Aucune récompense ne s'attribue sans efforts. Je recommencerais du début s'il le faut, et je m'armerais de patience. Parce que Kennedy en vaut la peine, parce qu'il m'a touché en plein cœur dès les premiers instants. Et car quand les efforts des hommes tendent vers un but commun, leurs souffles d'harmonisent d'eux-même, je veux tenir la main de ce vieille ami, de cet homme que je revois encore enfant, l'aidant à se propulser vers le haut rien qu'à la force de mes bras.


@kennedy harris
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() message posté Sam 20 Jan - 5:14 par Kennedy Harris

Trois ans

@"Benedict Hugues"  & Kennedy Harris

Si Kennedy avait tourné la tête quand son menton s'était mis à trembler, il la retourna aussitôt qu'il entendit les paroles de Benedict.

"God, Kennedy... Je me sens tellement honteux. "

Ses yeux étaient humides, il le remarqua rapidement. Puis ses paroles résonnèrent dans son esprit vivement. Honteux. Il avait honte. Si Kennedy avait pu à ce moment-là entrer dans sa tête et lui arracher la possibilité de ressentir de la honte, il l'aurait fait. Le brave professeur continua de parler, son discours tellement sévère envers lui-même. Même s'il lui avait dit plus tôt que des événements difficiles l'avaient empêché de répondre, il avait honte. Si par le passé il avait rarement vu les sentiments de Benedict, aujourd'hui, il s'imprégnait de la douceur de ses traits, de sa vulnérabilité, il accueillait sa tendresse et se révoltait de sa honte. Car il n'avait pas à avoir honte.  

Son regard ancré dans le siens, Kennedy ne retint pas une seconde fois sa lèvre de trembler.

"Non..." formula-t-il, à peine audible, sa voix simplement cassée par la boule dans sa gorge qui remontait malgré lui. Il hocha la tête à la fois pour appuyer ses mots et monta sa main à son visage pour essuyer la larme qui coulait sur sa joue.

Il n'avait pas la force de l'avaler une autre fois. Les larmes se mirent à couler à ses yeux. Elles coulaient pour tout ce que Benedict avait dû endurer pendant ce temps, ces choses qu'il ne connaîtrait surement jamais le connaissant, mais aussi pour cet homme qui s'en voulait d'avoir pu seulement que porter un fardeau à présent et qui en avait la larme à l'oeil. Une nature comme lui, ça ne se faisait simplement pas. Personne n'avait de meilleure nature que Benedict aux yeux de Ken. Enfant, il le réalisait, mais pas complètement. Maintenant qu'il était adulte, il comprenait aussi que le genre de personne comme lui finissait par craquer un jour.

Puis il y eut cette phrase...

"Je n'aurais pas dû faire ça. J'espère que tu trouveras dans ton cœur la force de me pardonner un jour. "


C'était les mots qu'il avait toujours espéré entendre de son père, le jour où il reviendrait. Aujourd'hui, Benedict les lui prononçait au bout de trois ans de silence radio. Kennedy resta planté là un moment, soutenant son regard alors que l'information faisait son chemin dans sa tête.

Quand on lui avait enlevé son père, cet homme était apparu sur son chemin et l'avait soutenu. Puis ce même homme devant lui, avec toute la sincérité du monde, lui disait toute ces choses et s'excusait de ne pas l'avoir épaulé. Pour toute les fois où il avait prié pour ravoir son père, quelqu'un là-haut avait décidé de lui en donner un autre. S'il y avait cru pendant son adolescence alors qu'il se tournait vers Benedict pour lui donner ce dont il manquait, aujourd'hui, il avait la preuve définitive, dans ses excuses, que malgré cette absence (pour des raisons qu'il croyait valables, cela dit, car la vie réserve souvent des mauvaises surprises qui nous font nous renfermer sur nous-même et il en était conscient), ne l'avait pas oublié et même l'aimait encore. Il l'avait vu en drag queen et ne l'avait même pas jugé. Puis ses yeux humides, son ton de voix...

Kennedy céda. Incapable d'en prendre plus, il s'approcha de Ben.

"Ce que tu es bête..."


Bien qu'il dû se pencher pour le faire, il le serra fort dans ses bras. Aussitôt l'eut-il touché qu'il perdit sa retenue et laissa l'émotion remonter. Il l'avait enfin avec lui, tout ça était terminé. Trois ans de silence plus tard, il le serrait dans ses bras. Son odeur familière qu'il reconnaissait d'entre celles de trois millions d'hommes lui prouva que c'était bien réel. Kennedy pleurait à chaudes larmes, à la fois heureux et triste. Ses grandes mains gantées de satin tantôt s'agrippaient au manteau de Ben, tantôt le caressaient.

" Comment as-tu osé croire une seconde que je t'en voulais. Mais merde, moi aussi je suis la pour toi. Quand je vis des choses je t'en parle, toi aussi tu aurais dû m'en parler. Juste me dire "ça va pas Kennedy, mais je peux pas te dire pourquoi", j'aurais été inquiet, mais j'aurais pas cru que tu ne voulais plus de moi! Mais je ne t'en veux pas... j'ai juste mal à l'idée que tu aies souffert et que tu te sois reclus, Ben. Tu aurais dû me le dire!"
  , lui dit-il vivement.

Il déglutit, prit une grande respiration et ferma les yeux. Son ton se baissa, un murmure à peine. Comment ça lui faisait un bien fou de juste tout dire ce qu'il avait sur le coeur...

" Ben, c'est pas trois ans qui ont détruit ce qu'on avait, ok? Tu es tout pardonné. Tu l'étais à la seconde que je t'ai revu. J'ai jamais eu le courage de te le dire noir sur blanc quand j'étais ado, mais je t'aime. J'aurais voulu te le dire à plusieurs occasions, mais j'ai jamais eu les couilles et je m'en suis voulu de ne pas te l'avoir dit quand tu ne m'as plus répondu. Et depuis, j'ai pas arrêté de t'aimer une seconde. Tu as tellement été important dans ma vie... J'ai eu tellement peur que toi, tu ne m'aimes plus par contre et que ce soit pour ça que tu aies arrêté de me parler... Puis t'es vraiment le pire des idiots de croire que j'ai quelque chose à te pardonner. T'es tout pardonné. "

Les larmes coulaient encore abondamment sur ses joues, mais il avait terminé ses paroles avec un sourire aux lèvres, prêt à recommencer un autre chapitre avec Benedict. Puis de lui avoir sorti ce qu'il avait toujours voulu lui sortir lui avait fait un bien fou. En quelque part, il se disait intérieurement que s'il avait dit plus tôt à Benedict qu'il l'aimais, les choses auraient pu être différentes et qu'il aurait répondu à ses derniers e-mails. Toute ces fois où il s'était privé de le lui dire, ces fois où Ben lui avait fait du bien de ses conseils, ces louanges après une réussite et ses réprimandes après un mauvais coup, ces fois où il avait adopté tous ces comportements qui sont supposé appartenir à un père seulement, Kennedy avait tourné sa langue sept fois dans sa bouche pour ne pas le mettre mal à l'aise en lui disant qu'il l'aimais. Après tout, malgré le rôle qu'ils avaient naturellement pris l'un pour l'autre, Ben n'en restait pas moins que son ancien enseignant. Aujourd'hui toutefois, plus que jamais auparavant, en voyant comment le rouquin était chaviré et combien il se sentait misérable, Ken n'avait plus peur de lui dire ce qu'il avait eu sur le coeur tout ce temps. Puis l'amour, c'est un beau sentiment duquel on ne devrait pas se cacher, qu'il soit charnel ou non et alors que certaines formes d'amour sont plus éphémères que d'autres, ce qu'il ressentait pour Ben était de celles qui traversent le temps, les événements, les bons et les mauvais coups. Les mariés se disent qu'ils s'aimeront pour le meilleur et pour le pire et divorcent quelques mois plus tard. Kennedy aimait Benedict de ces amours que seul la famille que l'on choisit peut offrir, de celle qu'un enfant qui deviens adolescent peut avoir pour un homme qu'il perçoit comme plus grand que nature, peu importe la couleur de leurs peaux .  

Heureusement, son make-up était waterproof...


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() message posté Ven 9 Fév - 12:14 par Benedict J. Hughes

TROIS ANS

Le pardon. Dans la bible, on traduit ce mot par le terme « laisser aller ». Pardonner, c'est renoncer au dédommagement de la peine éprouvée, de la tristesse ressentit, de la douleur imprégnée dans notre cœur ; Dans la Bible, on nous enseigne une chose essentielle, l'amour ne tient pas compte du mal subi. En autre, l'amour désintéressé est le fondement du vrai pardon. Depuis mon plus jeune âge, j'avais appris à pardonner aux autres. Pas toujours pour les bonnes raisons, mais je l'avais fais. J'avais pardonné à mes frères et mes sœurs d'avoir regardé ailleurs lorsque mon père s'acharnait injustement sur moi. J'avais pardonné à ma mère pour n'avoir pu me protéger de cet homme et avoir pansé mes blessures plutôt que d'affronter le tyran. J'avais aussi pardonné à Dieu pour m'avoir imposé tant d'épreuves difficile dans ma vie. J'ai essentiellement fait ça par peur de la solitude. Par peur de les perdre pour toujours. Mais aussi car ça me soulageait d'un poids. J'avais déjà perdu beaucoup de chose dans ma vie. Lorsque je fouille au creux de mon cœur, la rancune est tenace. La colère a dévoré la relation avec mon paternel, et je n'ai pu pardonner Ambre de m'avoir trahi. Mais l'amour est là pour adoucir le reste. Et aujourd'hui, un tout autre obstacle se dressait devant moi. Aujourd'hui, tout est différent, car je ne pardonne pas, je demande à être pardonné.

C'est pas une chose aisée, que de laisser aller définitivement la rancoeur. Il y a toujours cette part de nous qui nous impose de rester fier, et de ne pas lâcher aussi facilement. Parce qu'on a souffert, parce que notre cœur se protège ; Les émotions sont bien souvent conflictuelles dans ce genre de moment. J'ai conscience que j'en demande beaucoup à Kennedy. Et je ne demande pas à ce qu'il me pardonne de suite. Je l'ai abandonné, délibérément, je ne cherche pas à le cacher, à cause de ma propre peine que je ne supportais plus. C'était trop à porter, et je ne pouvais pas prendre d'avantage sur moi. J'ai préféré m'éloigner de tout, m'enfermer dans cette bulle invisible, ne plus jamais laisser quelqu'un y pénétrer. C'était une forme de défense face aux obstacles qui s'imposaient à moi. Je ne veux pas que Kennedy me pardonne dans la contrainte, dans la colère ; dans un sentiment d'abandon, de rancoeur, dans un manque d'affection. Je veux qu'il me pardonne de son plein gré, qu'il ne regrette jamais son geste. Je veux qu'il me pardonne pour les bonnes raisons, et pas pour les mauvaises, car nous pourrions prendre un nouveau départ. Et partir sur des mauvaises bases ne suggèrent jamais le début de quelque chose qui vaille le coup.

Je m'attends à une réponse comme « J'ai besoin de temps pour réfléchir à tout ça ». Quelque chose qui meurtrirait d'avantage mon cœur en peine, voyez vous. Je m'attendais à ce qu'il me rejette, car au fond, n'est-ce pas ce qu'ont toujours fait la plupart du commun des mortels avec moi ? Mon père, mes frères et sœurs, ceux qui n'observent que la surface de mon enveloppe humaine. Les gens ne n'apprécient pas, j'en ai bien conscience. Ils ne prennent pas la peine de me pardonner, d'insister pour que notre relation tienne le coup, car je leur semble toujours trop étrange pour se donner autant de mal. Mais il faut croire que Kennedy, lui, n'est pas comme les autres ; et au fond, comment aurais-je pu en doute un seul instant ? Alors que mes yeux s'humidifient de plus en plus, autant à cause du froid qui fait violence sur mon visage que par la tristesse qui s'empare de tout mon être, je me retrouve plaqué contre son manteau en fausse fourrure au poil si réconfortant, deux longs bras entourant le haut de mon dos avec force. J'extirpe un soupire de surprise alors que je crois entendre Kennedy rajouter à son geste « Ce que tu es bête... » Depuis combien de temps n'avais-je pas reçu un tel geste de tendresse ? Trois ans, trois longues années déjà, raisonne dans ma tête. Instinctivement, j'ai eu automatiquement envie de m'extirper des bras du jeune homme. Par instinct, par habitude de n'avoir que mes mains pour me cajoler. Mais Kennedy me tient avec force, et je ne peux que me laisser aller à ce geste d'affection. Au final, je me rends compte que c'est probablement ce dont j'ai besoin. Une embrassade entre deux amis au beau milieu d'une rue déserte, dans le froid de Janvier. Ce n'est probablement pas le scénario parfait, le moment parfait, mais pourtant, rien ne m'a semblé plus agréable ces dernières années que ce furtif geste d'affection. J'entoure mes bras autour de l'épais manteau à mon tour, me sentant incroyablement petit et fébrile à cet instant. J'ai de nouveau cette envie de pleurer ; et moi, l'être si sensible que je suis, ne peut contenir d'avantage ses émotions en ce moment si particulier.

Je me dis qu'il est peut-être temps que je dise quelque chose, mais tous les mots qui me viennent à l'esprit semblent maladroits et inappropriés lorsque j'y songe plus sérieusement. Et puis Kennedy s'engage finalement dans une longue tirade. Je m'en veux d'avantage lorsqu'il évoque le fait que j'aurais dû lui parler de tout ça. Mais ce n'est pas aussi simple. On pense que les personnes atteintes du VIH sont mieux acceptées dans notre société aujourd'hui. Qu'il n'y a plus qu'à en parler à ses proches, et à prendre ses médicaments pour vivre une vie normale. Peut-être est-ce le cas par rapport à il y a trente ans. Mais je sais pertinemment que le chemin est encore long avant qu'il n'y ait plus aucun préjugés, plus aucun mouvement de dédain à l'annonce de ce terme. J'ai eu peur du regard des autres toutes ces années, d'être jugé pour quelque chose que je n'avais pas choisi. Mais aussi de me sentir incompris. Alors j'ai préféré m'enfermer dans ce mutisme, car il serait moins douloureux de me sentir isoler par ma propre initiative, que part l'annonce de ma maladie. Je me suis emmuré, fait souffrir par mon propre chef, par appréhension, plutôt que ce soit quelqu'un d'autre qui le fasse. Cela pourrait sembler idiot, mais c'est pourtant l'idée qui m'a semblé la plus instinctive sur le moment. Pour autant, elle me semble parfaitement injustifiée lorsque finalement, Kennedy se laisse aller à dire qu'il me pardonne, et qu'il m'aime. Je t'aime. Ces mots restent vacants dans mon esprit et tournent en boucle comme une prière, comme un aboutissement. Des larmes coulent à mon tour sur mes joues froides et rougies par le froid, à moins que ce ne soit par rapport à tout ce que le jeune homme ait pu me dire à l'instant. Je resserre mon étreinte sur le jeune homme, alors que j'opère un reniflement disgracieux, chassant d'une main les perles salées sur mon visage.

Je m'éloigne finalement de Kennedy, gardant tout de même une distance proche de lui. Je baisse la tête un instant, n'osant ancrer mon regard dans celui du jeune homme. Je trouve un intérêt tout particulier à la fermeture du manteau de mon interlocuteur que je me mets mécaniquement à tripoter, cherchant les mots les plus justes pour lui répondre. Mettre des mots sur ce qu'on ressent, c'est vraiment compliqué. Je sais que j'aurais dû lui répondre que je l'aime aussi, car c'est la vérité après tout. Mais ce n'est pas aussi facile qu'il n'y paraît de laisser ces mots glisser sur sa langue, s'extirper de notre bouche. Ce n'est pas quelque chose que j'ai dis souvent, voir même pratiquement jamais pour tout dire. Je l'ai déjà dis à ma tendre mère, et à Ambre aussi quelques fois. Sa confession ne me surprend guère, car la mère de Kennedy m'avait déjà fait des confidence sur son fils. Je savais qu'il m'aimait, d'une façon dont personne ne m'avait jamais aimé jusqu'ici. « Je... Merci Kennedy. » Ai-je commencé à dire d'une voix fébrile. Ce n'est peut-être pas la réponse qu'attendait mon interlocuteur, mais je ne peux pas offrir mieux sur l'instant. Je relève les yeux encore tout embués de larmes dans la direction des siens, osant soutenir son regard malgré mon embarras. « Je crois que j'en avais vraiment besoin. » Je passe une main sous mon nez, chassant le liquide disgracieux qui s'en écoule bien malgré moi. Je renifle une fois de plus, détournant le regard vers Lupin. « Je sais que je ne peux pas rattraper trois ans d'absence, j'en ai conscience. » Je relève les yeux une fois de plus vers le visage androgyne de mon ami. « Mais maintenant que je te vois devant moi, je ne peux pas me résoudre à me passer de toi une deuxième fois. Je veux à nouveau faire partie de ta vie, quoi qu'il en coute. » Je pose mes mains sur ses avant-bras, geste d'affection maladroit, tandis que mes yeux sont emprunt à une lueur de détermination. « Et pas au travers d'un écran cette fois-ci, peu importe ce que ta famille, les autres pourront penser ou dire, je veux être présent pour toi, autant physiquement que mentalement. » Je relâche mon emprise sur le jeune homme, et conclus d'une voix moins affirmée, jetant un regard aux alentours, soudain quelque peu gêné par mon emballement face à la situation. Je range mes mains dans mes poches de mon long manteau. « J'ai souvent eu cette impression que c'est toi et moi contre le monde, tu sais. Et si tu l'acceptes, ça pourrait être de nouveau le cas. » Ma demande est sincère, posée d'une voix frêle, dans un souffle froid. Je ne saurais dire comment je me positionne par rapport à Kennedy. Peut-être comme une sorte de père spirituel. Nous avons vécu tellement de choses semblables lui et moi. Nous avons probablement pris des chemins différents en quelques années. Mais nos passés restent les mêmes, nos blessures aussi. Nous avons besoin de l'un comme de l'autre pour nous épanouir dans ce bas-monde. En regardant Kennedy, je revois finalement ce petit bonhomme maladroit, demandant de l'aide en science à un jeune adulte tout aussi maladroit. Et mon cœur se gonfle finalement de cet amour inconditionnel que j'ai mis en sourdine pendant trois ans. Mais aujourd'hui je ne peux plus d'avantage l'ignorer, et faire semblant que je n'ai pas besoin de sa présence dans ma vie.


@kennedy harris
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() message posté Sam 3 Mar - 1:09 par Kennedy Harris

Trois ans

@Benedict J. Hughes  & Kennedy Harris

Parler de tout ce qu'il avait ressenti lui faisait définitivement un bien fou. En fait, c'était tout con, cette histoire qu'il s'était fait dans sa tête quand il était adolescent et n'avait pas eu le courage de dire à Benedict qu'il l'aimait : il avait cru que trop de proximité, trop de mots lui feraient peur et le ferait fuir. Il avait tellement eu peur de faire des faux mouvements avec lui, autant il s'était complètement ouvert à lui, autant il avait eu si peur de le perdre pendant si longtemps. Puis après un temps, c'était bel et bien arrivé. Souvent, il s'était demandé si ça n'avait pas été de sa faute, par hasard...

Aujourd'hui, il le serrait pourtant dans ses bras et rien dans l'attitude de Benedict ne lui disait qu'il ne ressentait pas la même chose pour lui. Il ne s'était écoulé que quelques secondes, sans doute de surprise pour qu'il sente sur son manteau la pression de ses bras autour de lui. Beaucoup plus grand que lui malgré la bonne grandeur de l'irlandais, son coeur léger, il avait posé quelques instants la joue contre sa tête, ses yeux humides fermés, un sourire tirant ses lèvres d'un vermillon métallique. Le froid mordait ses joues humides, rafraîchissait son cou, mais il était heureux. Son reniflement le fit sourire davantage, mais il le suivit aussi la seconde d'après.

Comme si leurs pensées étaient liées, leurs bras brisèrent à l'unisson leur étreinte et Kennedy fit un petit pas vers l'arrière. Son coeur battait pourtant aussi vite, mais serrer Benedict plus longtemps aurait été malaisant, leur relation n'ayant jamais impliqué une quelconque dimension physique. Tout au plus s'étaient-ils serrés dans leurs bras à l'anniversaire l'un de l'autre ou à Noêl, s'étaient tenus la main pendant une petite randonnée où ils avaient traversés un ruisseau ou pour rendre grâce avant de manger un repas avec sa mère et ses grands-parents, mais ce devait être tout. C'était d'ailleurs bien assez. Mais aujourd'hui, c'était différent. Ils en avaient eu besoin. C'était une façon de chasser le mauvais, de repartir à neuf, de concrètement sceller son pardon complètement. Après tout ce temps aussi, même s'il ne l'avait jamais ressenti avant, il avait eu besoin de sentir sa chaleur malgré l'hiver autour d'eux. Benedict trouva la fermeture éclair dorée de son manteau, comme s'il avait besoin encore de le toucher. Kennedy le laissa faire. Il ne trouva pas ses yeux, par contre. Mais ça, c'était typique de lui, quand ils parlaient des vrais choses. C'est pourquoi quand il se décida à relever le regard pour venir le planter solidement dans le siens, la drag queen fut surprise.

"Je crois que j'en avais vraiment besoin."

Le simple fait que Benedict aussi ait eu besoin de ça, de cet amour qu'ils venaient de partager l'espace d'un instant lui fit chaud au coeur et il ne put lui répondre qu'en hochant la tête, en ayant eu lui aussi tellement besoin.

Benedict lui exprima ensuite avoir envie qu'il fasse partie de sa vie, “quoi qu'il en coûte”. Si Kennedy lui avait souvent caché toute l'affection qu'il éprouvait, il sentait aujourd'hui que ça avait dû être le cas aussi de son ancien enseignant. Ses mots étaient si puissants, la drag queen hocha une fois de plus la tête, dans ses larmes naquirent un long soupire, du soulagement à l'état pur qui lui fit lever et redescendre les épaules. Son menton ne tremblait plus. Il déglutit et ses émotions semblèrent bien passer, cette fois-ci.

Ses mains se posèrent une seconde fois sur lui, il se laissa faire. L'intensité de son regard lui dit que cette fois-ci était la bonne. Plus jamais il n'allait le perde, à moins d'un événement majeur. Il allait pouvoir reprendre sa place, celle qu'il avait tellement aimé prendre. Le temps des correspondances était terminé, Le soulagement était grand. Comme il connaissait Ben, s'il l'avait dit, c'était vraiment parce qu'il le pensait car ce genre de choses ne sortait pas de ses lèvres toute les semaines. Il l'avait connu comme si secret, comme une oreille qui écoute et communique rarement ses besoins à lui, ses sentiments restaient cachés derrière ses jolis yeux clairs sans jamais redescendre vers ses lèvres. Une huître se laisse ouvrir par la force d'un couteau, mais pas Ben. Ben reste fermé, même sous la menace.

Il l'observe ensuite reculer, retirer ses mains de sur lui, les reclure dans ses poches. La drag queen en profita pour fouiller dans sa petite bourse et en retirer un petit paquet de mouchoirs. Il en prit un et en tendit un au rouquin. Il l'avait vu plus tôt s'essuyer avec le nez, lui-même l'aurait fait s'il n'était pas ganté de satin. Cela ne l'avait jamais dégoûté de le faire...

La grande drag queen écouta ses derniers mots et son regard s'attendrit d'un seul coup. La réflection de Benedict résonna dans sa tête. “Toi et moi contre le monde”. Oui, tout était juste dans son impression. Pendant des années, ils avaient été une force de la nature ensemble, un parfait duo. Kennedy qui avait enfin réussi à ravaler ses larmes senti une fois de plus ses yeux s'embuer, mais l'émotion fut facilement contrôlable, il ne lui suffit que d'un grand respire et un bref regard vers le ciel étoilé pour tout ravaller. Il se rappela sa famille, la pression folle qu'il avait à la maison, la pression qu'il avait à l'école d'être un de ces étudiants modèle qui ne dit rien et qui a des bonnes notes, un jeune garçon qui avait longtemps été plus petit que les autres avant de pousser comme une mauvaise herbe. Celui qui avait mué après les autres, qui était plus efféminé que les autres, tout fin à la démarche trop légère. Avec Benedict, il n'était rien de tout ça. Il avait cru en lui quand les autres ne voyaient que le mauvais. Il pouvait tout lui dire. Il avait pu lui confier être tombé amoureux d'un autre adolescent sans avoir peur de se faire rejeter. Et Benedict était si gentil avec lui, si sincère quand il affirmait vouloir passer du temps avec lui. Personne ne l'obligeait. Ils avaient cette bulle à eux où le temps n'avait plus la même couleur, il était agréable, enfin. Kennedy avait toujours aimé cette paix qu'il ressentait autour de lui.

C'est ce qu'il avait fini par identifier comme étant simplement de l'amour que l'on porte à la famille. Benedict était la famille qu'il avait choisi, la famille qui l'avait également choisi. La seule qui l'avait choisi, au bout du compte.

“Toi et moi contre le monde... “ répéta-t-il , le nez embourbé.  

Kennedy s'approcha une seconde fois, mais cette fois-ci, seul une main gantée se posa sur son épaule. Il ferma les yeux, ses lèvres rouges se tirèrent en un grand sourire et allèrent trouver son front pour un baiser court et franc, un de ceux qui ne sont pas malaisant en famille. Son pouce ni aucun autre de ses doigts ne caressa son épaule. Il se recula tout de suite après, soulagé de ce trop plein de sentiments qui lui restait, de joie extrême, de son envie de rire frénétiquement, de celle de sauter partout, de tout ça. Ses talons claquèrent dans le silence de la nuit quand il se recula d'un pas supplémentaire. Ses yeux foncés ne quittèrent pas son Benedict.

Enfin, dans le mouvement de la vie, il avait retrouvé son allié favori. Son allié qui lui l'avait suivi au combat. Ne parlons plus de ses trois ans d'absence... ils n'étaient plus que quelques minutes de chagrin à inscrire au tableau de leur relation. Enfin... pour lui.

“J'aime cette idée, que tout redevienne comme avant comme si on avait juste fait une pause, que le temps s'était arrêté un peu. C'est sur que ça ne chasse pas le fait que tu aies été si malheureux pendant ce temps, ça ne chasse pas non plus ce que moi j'ai vécu avec ma famille, que mon trois ans ait aussi été difficile, mais si tu savais combien je suis heureux de te retrouver, Au moins comme avant, on sera deux, comme tu dis on sera toi et moi contre le monde. Oui, c'était effectivement ça. On faisait une bonne équipe, on en fera une meilleure.”

Dans le froid de janvier, il sentit son nez couler disgracieusement et donc déplia le petit mouchoir de papier et y déchargea tout ce que le froid et l'émotion lui avait fait produire. Son nez maintenant dégagé, il prit une respiration que pour sentir le froid lui mordre les narines et les sinus.

Son regard plus bas lui fit remarquer à nouveau l'immense chien qui était sagement couché par terre. Le même immense molosse qui lui avait foutu la chair de poule plus tôt.

“Oh et il faut qu'on ratrappe un peu le temps! Il s'est tellement passé de choses de mon côté depuis trois ans. La je m'en allais vers la maison, je suis en colocation dans Kensington. J'ai raté mon bus, alors je marchais. J'ai tellement envie que tu me dises tout de nos trois ans séparés, le bon et le mauvais même si tu veux... même si je ne t'oblige à rien. Puis s'il reste du mauvais dans ta vie, je t'aiderai à partir de maintenant à l'oublier un peu! J'ai tellement de choses à te partager... “

Il rigola à la simple idée de lui et Ben qui réapprennent à se connaître, de tout ce qu'il avait à lui dire. C'était une image qui lui plaisait tellement. En fait, il se sentait aussi léger et heureux que quand il était petit et que Benedict venait le chercher.  

“Tu as envie qu'on marche un peu ensemble ou si tu es trop fatigué à cette heure-ci? Je comprendrais que tu veuilles rentrer et qu'on se revoit bientôt dans le jour."  

Il fit quelques pas de côté vers le chien, même s'il en était effrayé afin d'encourager Ben à reprendre sa laisse.

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DEV NERD GIRL

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Trois ans - ft.Ben Hugues
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