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(Nevada) ☆ Science is the poetry of reality, and i'll show you how it's possible.

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() message posté Mer 3 Jan - 16:37 par Benedict J. Hughes
Science is the poetry of reality, and i'll show you how it's possible

Aujourd'hui, nous sommes dimanche. Et qui dit dimanche, dit tournage de vidéo pour moi. J'ai passé ma journée du samedi à corriger les copies des derniers exams passés par mes élèves. J'ai aussi pris le temps la veille au soir de préparer mes cours pour la semaine prochaine. Un jour très productif en somme, mais pas forcément super amusant. Il ne faut pas se méprendre, j'adore être enseignant. Et je sais que j'ai de la chance de m'être retrouvé à exercer mon métier dans une si bonne école. Mais comme tous instituteurs, les corrections de copies et la préparation des cours restent pour moi une étape barbante. Il m'arrive de repenser à mes professeurs lorsque j'étais moi-même élève, et au retard que certains prenaient pour nous donner les résultats d'un examen ; cela pouvait prendre plusieurs semaines, et je ne peux que compatir. Contrairement à ce que les jeunes ont parfois l'air de penser, il n'y a rien d'amusant pour nous, professeurs, à corriger les devoirs des étudiants ; On ne prend pas notre pied en rayant d'un coup de feutre rouge toutes les sottises qu'un élève est capable de déblatérer sur une feuille blanche. Mais heureusement pour moi, aujourd'hui devrait être beaucoup plus agréable.

Un sentiment à la fois d'excitation et d'appréhension s'est emparé de moi depuis mon réveil le matin-même. Malgré la fatigue liée aux médicaments, je me suis levé sans trop de difficulté et à une heure décente. Je me suis préparé, un peu nauséeux en ce début de journée, puis j'ai promené Lupin dans les rues de Londres. Le froid m'a fait me sentir mieux. Nous nous sommes ensuite posés dans le parc de Shoreditch, qui ne se trouve qu'à quelques pas de mon appartement. Emmitouflé dans un long manteau de laine couleur camel et avec une épaisse écharpe grise autour du cou, j'ai eu le loisir de bouquiner une petite demi-heure sur un banc, malgré l'hiver s'abattant dans une brise glaciale sur mes joues exposées. J'ai laissé le temps au fougueux dogue allemand de se défouler les pattes dans l'herbe verte et la terre. J'ai jeté de temps à autres des regards furtifs en sa direction afin de vérifier qu'il ne s'éloignait pas trop. Nous sommes finalement rentrés dans les alentours de midi. Lupin s'est affalé sur le tapis du coin salon et s'est endormi presque aussitôt, exténué par notre longue balade de la matinée. J'ai ensuite eu le loisir de déjeuner en compagnie de Shinya, discutant longuement avec lui, avant que ce dernier ne parte faire une promenade dehors à son tour en ce début d'après-midi.

De mon côté, après avoir fait un peu le ménage dans le vaste appartement, je me suis attelé à mettre en place le matériel qui allait me servir à tourner la vidéo de cette après-midi. J'ai tout installé sur la grande table de la salle à manger en prenant soin de tout d'abord disposer correctement ma caméra sur son trépied. Puis je me suis concentré sur le micro que j'ai surélevé aux alentours, et enfin j'ai positionné l'éclairage de façon à ce que le rendu en vidéo soit le meilleur possible. J'ai l'habitude d’effectuer toutes ces manœuvres, et pourtant, je sais que le tournage ne sera pas comme les autres. Et pour cause ; j'ai convié une abonnée de ma chaîne Youtube à intervenir dans la séquence que j'allais filmer. Une initiative que je ne prends jamais d'ordinaire. Il m'est déjà arrivé de tourner une vidéo avec d'autres youtubeurs, mais jamais avec une personne qui suit simplement mes publications. Je n'ai cependant pas pris la première venue au coin de la rue en lui proposant cette aventure folle. Nevada, c'est son prénom. Je ne la connaissais pas il y a encore quelques jours, mais il faut dire que j'ai bien accroché avec elle dès les premiers messages que nous nous sommes envoyés. Et pourtant, elle n'y était pas passée par quatre chemin. J'ai l'habitude de toujours lire les commentaires qui se trouvent sous mes publications Youtube. Et le sien était quelque peu accusateur. La jeune femme avait voulu reproduire une expérience que je faisais moi-même dans cette vidéo, sans y parvenir. J'ai toujours été très communicatif avec mes abonnés, et je lui ai alors répondu. Nous nous sommes finalement retrouver à bavarder par l'intermédiaire de messages privés. C'est là que je lui ai proposé de venir filmer la prochaine vidéo avec moi. Ce n'était pas vraiment prévu au programme. Mais il faut croire que mon envie de transmettre mon savoir aux autres est plus fort que tout. Et de son côté l'idée l'a forcément séduite, puisqu'elle a accepté. J'ose espérer que ce genre de contenu plaira à ma petite communauté, puisque c'est une première pour moi. Bien qu'heureux à l'idée de recevoir Nevada chez moi, je ne peux m'empêcher d'appréhender ses réactions en me rencontrant. Me trouvera-t-elle à la hauteur de ses espérances ? Elle m'a dit avoir regardé plusieurs de mes vidéos. J'ai peur d'avoir l'air moins à l'aise face à la caméra avec elle à mes côtés. J'ai toujours été un peu intimidé par les filles. C'est un peu comme si je me comportais toujours comme un jeune garçon à l'école primaire face à elles. Et cette manie s'est aggravée depuis qu'Ambre et moi nous nous sommes séparés il y a maintenant trois ans. Et si elle me détestait en vrai, qu'elle se rendait compte que je suis beaucoup plus timide hors caméra que je n'en ai l'air quand je publie une vidéo ? Je n'avais pas pensé à l'idée qu'elle puisse nuire à ma réputation avant ce début d'après-midi où je commence à douter. Non, elle avait l'air honnête par messages, elle n'oserait pas me faire ça, me répétais-je sans cesse dans ma tête, alors que distraitement, je finissais de préparer le matériel qui allait nous servir plus tard.

C'est finalement une sonnerie stridente qui me sort de mes pensées. J'enlève mes lunettes de vue et les balance sur mon bureau avant d'accourir vers la porte d'entrée. Lupin se retrouve réveillé par cette intervention sonore et n'hésite pas un seul instant à se diriger dans la même direction que moi en se mettant à gratter la porte. « Lupin, reste tranquille ! » Me suis-je exclamée en le repoussant sans méchanceté. C'est forcément elle. Les battements de mon cœur accélèrent ridiculement, alors que doucement, j'enclenche la poignée. Je me retrouve finalement nez à nez avec une jeune et jolie brune bien plus petite que moi. Je lui adresse un sourire accueillant, sentant déjà le rouge me monter aux joues. Mais quelle idée stupide m'a traversé l'esprit. C'est totalement ridicule, je devrais la renvoyer chez elle tout de suite. « Hm, salut ! Tu dois être Nevada. » Finis-je par lui dire en passant une main derrière l'arrière de ma tête, grattant nerveusement la naissance de mes cheveux. Je lui cède le passage d'un pas maladroit. Et sans oser croiser une nouvelle fois son regard, j'ajoute d'une voix quelque peu étranglée « Je t'en prie, ne reste pas là, entre. » Une fois tous les deux à l'intérieur de l'appartement, je referme la porte derrière nous. J'expire un long soupir silencieusement, tentant de reprendre le contrôle de mes émotions. Et lorsque nos regards se croisent une nouvelle fois, j'aborde un sourire gêné tout en m'exclamant solennellement. « Bon et bien... Hm, bienvenue dans l'envers du décor. » Je croise les doigts de mes deux mains devant mon nombril avant de m'approcher soudainement d'elle en fuyant ses yeux. « Laisse-moi te débarrasser de ton manteau. » Ai-je ajouté nerveusement en ajoutant le geste à mes paroles. J'accroche le caban de mon interlocutrice au porte manteau dans l'entrée, et Lupin profite de ce moment d'inattention de ma part pour aller renifler la jeune femme. Lorsque je le remarque finalement je m'empresse de le repousser, ne sachant pas si Nevada est à l'aise avec les animaux. « Lupin ! Désolé, il manque un peu de bonnes manières. » Me suis-je précipité de justifier avant d'obliger le chien à rester tranquille.


@NEVADA F. ARTEMIEVA
☆☆☆ Beerus
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() message posté Sam 6 Jan - 11:06 par Nevada F. Artemieva
Science is the poetry of reality, and i'll show you how it's possible. Créer et reconstruire. Transformer et recréer, éblouir ceux qui ne comprennent les choses, surprendre ceux qui avaient jadis tenté mais n'avaient pas réussi. ↠ La science ne consiste pas en ce qui est conservé dans les livres, mais bien en ce qui se grave dans les coeurs.
inspiration.
☆ Benedict & Nevada ☆

Le temps filait de ces pattes aussi vite que la vapeur sortant des transports en commun, que le battement de cils, les tambourinements de cœur effrénés. Un peu plus discrètement, un peu plus dans le soucis de contradiction, à contrario des fois, il semblait durer éternellement, se figeant dans les moments importants comme pour les prendre en photo. Et quelque part, cela rendait légèrement nostalgique, pencher la tête en arrière, se rendre compte qu'il découlait bien plus rapidement que l'on aurait cru. Un regard sur le côté, un soupir, elle souleva sa manche et fixa sa montre quelques instants, simplement pour observer, constater que l'aiguille tournait toujours. Étrange, il lui était pourtant venu à l'esprit que cette montre était cassée. Tu t'égares, jeune fille. Nevada tourna la tête, attrapant une mèche de cheveux entre son index et son majeur, la glissant derrière son oreille comme un geste que l'on répète étant enfant. Sur ses lèvres, un semblant de sourire masqué, elle s'agita en faisant les cent pas dans la pièce, avançant et reculant aussitôt, revenant en place pour repartir. Il semblerait que son cœur battait un peu plus vite en ce jour. Respire. Avance. Ne ferme pas les yeux. Un clignement d'yeux et elle croisa ses bras devant sa poitrine, dodelinant légèrement la tête, c'était ridicule de se sentir stressée par une rencontre, n'est-ce pas ?

L'inconscient n'était pas logique.
On l'apprenait à ses dépends.

Pourtant, elle n'était pas réellement le genre de personne peu sociable, au contraire, lorsqu'on faisait un métier comme le sien on était forcé d'être au contact avec les gens, d'aimer les fréquenter ou tout du moins ne pas le détester. Elle n'avait jamais eu aucun mal à discuter de choses ou d'autres, ni encore de faire la rencontre de quelqu'un de nouveau. Cependant, cette fois-ci les choses étaient légèrement différentes, les vidéos et la communauté d'Internet étant un domaine inconnu auquel elle n'était pas du tout habituée. Tout cela lui ramenait un flot d'émotions qu'elle n'arrivait pas à appréhender ou tout du moins, difficilement, ce n'était pas comme si elle arrivait aisément à mettre des noms dessus en temps normal. C'était également aussi peut-être ça le problème.

— Shakespeare ?

Le bruit de sa voix se répercuta sur la large pièce encore peu éclairée, elle plissa les yeux comme pour s'y habituer, s'avançant un peu pour regarder les environs. Silence. Aucun bruit autre que sa respiration ne lui répondit, aucun autre bruit... si ce n'était que celui des minis pattes parcourant le sol tacheté par l'immense tapis dont elle venait récemment d'en faire l'acquisition. Nevada fit quelques pas, pencha la tête tout contre la porte et baissa les yeux. Elle vit au loin la silhouette encore ébouriffée de son compagnon le plus récent.

— Mais... qu'est-ce que tu fais ?

L'animal fit rouler sa silhouette tout contre les rideaux pourpres, semblant s'amuser à tirer sur les tissus, surtout s'amusant de son expression surprise lorsqu'elle remarqua qu'il avait réussi à entremêler le tissu autour d'une patte. Elle soupira, levant les yeux au ciel, remarquant qu'ils avaient encore un peu de mal pour communiquer tous les deux. Et dire qu'elle avait rendez-vous dans peu de temps. Alors tout doucement, la russe s'accroupi à ses côtés, glissant sa main sur le haut de sa tête comme pour lui faire quelques caresses. Il avait toujours tendance à stresser lorsqu'elle n'était pas là ou qu'elle s'apprêtait à partir, tout le contraire de son Ragdoll qui avait l'air ravis de pouvoir profiter du silence pour roupiller un peu plus. De nombreuses minutes de caresses plus tard, elle le détacha alors qu'il semblait plus calme, l'animal se redressa, s'étirant devant ces yeux tout en la fixant de ces deux billes hétérochromes. Elle lui sourit tout en tapotant sur le haut de son crâne couleur de neige, lui murmurant de rester tranquille le temps de son absence.  

Il fallait qu'elle se dépêche.

S'armant de son manteau beige, Nevada enfila ses clés dans ses poches, contrôlant que son chat était toujours couché près du radiateur, attrapant ensuite son sac tandis qu'elle quittait son chez elle. Il lui fallait bien quelques dizaines de minutes pour rejoindre l'habitation de son hôte, elle avait autant hâte qu'une légère appréhension. Ce n'était pas tous les jours qu'elle avait une telle invitation, ni encore qu'une personne qu'elle suivait sur internet grâce à son contenu l'invitait à aller faire une expérience chez elle. À vrai dire, elle n'avait pas réellement réfléchi et s'était contentée d'accepter aussitôt tout en étant ravie, ce genre d'expériences, ça n'arrivait qu'une fois dans une vie. Pourtant, tout était simplement parti d'un visionnage alors qu'elle attendait un coup de fil du décorateur pour son travail. Petit à petit elle s'était perdue dans les diverses vidéos proposées par YouTube, c'était son plaisir secret que de chercher à trouver les perles éducatives et ensuite de les conseiller aux personnes et aux jeunes de son entourage en particulier. Et puis, elle était tombée sur une chaîne de vulgarisation scientifique, le genre de choses sur lequel elle ne tombait pas tous les jours, le genre de choses devant lequel elle s'était surprise à s'y perdre. Finalement, c'était devenu comme les petits pains que l'on dévore à la suite, elle avait regardé une vidéo de plus et une autre, en se demandant comment elle pourrait reproduire ça chez elle. Ce n'était pas réellement le genre de domaine qu'elle maîtrisait, elle n'avait jamais excellé dans tout ce qui était scientifique et cela s'était avéré vrai lorsqu'elle s'était retrouvée à complètement échouer son expérience.

Heureusement pour toi, il a pris la peine de lire ton message.

Finalement, elle avait fini par contacter Benedict, -tel était son nom - pour lui en parler plus franchement. C'était ainsi qu'elle s'était retrouvée à accepter de venir le voir, elle ne le regrettait pas, malgré le léger stress qui pouvait la parcourir sur le moment. Le bruit des talons haut claquant contre le sol du bus la fit relever la tête, se concentrer sur le présent et l'instant. Lorsqu'elle baissa les yeux en direction de sa montre, elle se surprit à remarquer qu'elle n'était finalement pas en retard. C'était suffisant.

Au bout de plusieurs minutes, elle descendit du bus, non sans se surprendre à remarquer que les horaires de pointe et l'amas de gens lui manquaient presque. Les transports en commun, c'était toujours divertissant, beaucoup mieux que de sortir avec sa propre voiture, elle finissait toujours par s'ennuyer au volant. Concentre-toi, il est temps. Ainsi, le bout du museau emmitouflé dans son manteau beige, elle se faufila dans les rues londoniennes, se retrouvant malgré elle à reconnaître certaines rues, à contourner les quelques passants à vélos qui roulaient beaucoup trop vite. Avant même qu'elle ne s'en rende compte elle était déjà devant chez lui, hésitant un peu à sonner à la porte, mais n'attendant pas éternellement. Les bruits environnants qui se firent entendre l'informèrent d'ailleurs qu'il ne se retrouvait pas seul dans sa demeure et lorsque la porte s'ouvrit, elle lui offrit un petit sourire ravi.

— Salut ! Je suis peut-être un peu en avance, navrée...

Ses yeux se posèrent sur l'homme venant de lui ouvrir la porte et elle constata qu'il était légèrement plus grand que l'idée qu'elle s'était faite de lui. La caméra ne lui permettant que de se faire une pauvre idée, il semblerait que celle-ci ne lui ait donné une mauvaise et qu'elle se retrouve à effectivement être plus petite que lui. Pourtant, il avait toujours le même air enjoué en vrai, bien qu'elle ne distingue une part de gêne, cette même qui devait lui parcourir les veines quelques minutes auparavant. Nevada souleva son sac et le ramena sur son épaule, relevant un peu plus la tête pour mieux lui faire face. Elle espérait ne pas le déranger.

— C'est bien ça ! Je conçois que je n'ai pas vraiment eu le temps de me présenter comme il le fallait avant. J'espère que je ne dérange pas trop, c'est la première fois qu'on m'invite pour ce genre de choses.

Sa main vint se glisser devant ses lèvres, affichant son air pensif quelques instants avant que son sourire ne s'agrandisse, Benedict semblait tout aussi troublé qu'elle face à cette situation particulière. Elle n'avait pas pu le remarquer avant, mais ses réactions avaient une part tendre qui la touchaient malgré tout. Elle décida cependant de garder le silence, ce serait mieux que de le gêner davantage. Le temps se plu à chevaucher le monde cette fois-ci plus doucement, pendant qu'elle l'observait encore, qu'il devait sans doute en faire de même. C'était à la fois particulier et évident, un peu comme si elle possédait ce sentiment de déjà-vu et qu'il se mêlait avec l'idée que ce n'était pas réellement le cas. Cela lui ôtait les quelques mots qu'elle aurait pu prononcer, comme de la neige fondait au soleil. Finalement, Benedict l'invita à entrer, les gestes quelques peu nerveux ne la dérangeant pas plus que cela, elle aurait sans doute eu la même réaction si la situation était inversée et que cela avait elle qui l'avait invitée. Qui savait ce qu'il aurait pu penser de sa demeure et de ces animaux un peu particuliers.

Pendant un court moment, son regard dévia sur la pièce près de l'entrée, elle observa le tout de cette manière curieuse qui lui ressemblait bien. Mélange d'innocence et curiosité, elle paraissait tout découvrir, pour ensuite tout redécouvrir lors d'un deuxième passage de ces deux orbes brunes. Bienvenue dans l'envers du décor... Ces mots firent le tour de son esprit et y restèrent ancrés le temps de deux battements de cils.

— C'est un peu... surréaliste. C'est fou on a l'impression de connaître un peu de décor en voyant tes vidéos, mais en vérité c'est très grand, ici.

C'était son impression sur le moment et ce n'était pas mauvais en soit non, juste différent.

— Ah, merci beaucoup ! J'ai failli oublier.

Juste le temps d'ôter son immense manteau et elle le lui tendit, faisant en sorte de ne pas laisser tomber maladroitement son sac. Nevada n'eût que le temps de faire deux pas dans la pièce qu'une grande silhouette à quatre pattes vint la saluer en la reniflant un peu. Et encore grande, son berger australien devait sans doute faire deux fois moins la taille de celui qui venait la saluer sur le moment. Un peu étonnée,  elle tendit quand même la main, le laissant renifler celle-ci, faire doucement sa connaissance, elle ne voulait pas le brusquer. Un petit rire vint détendre l'atmosphère lorsqu'elle fit son hôte courir à sa rescousse, tentant de dompter l'immense bête.

— Ne t'en fais pas, j'adore les animaux, surtout les chiens. Je pense qu'il a dû sentir l'odeur du mien, c'est... Lupin c'est bien ça ? Je peux ?

Ses yeux se baissèrent pour regarder le compagnon canin, elle lui fit quelques gratouilles sur le haut du crâne et du dos, comme découvrant la texture de ces poils et son comportement.

— Je pense bien qu'il doit faire deux fois la taille de celui que j'ai à la maison, c'est une grosse peluche.

Et elle aurait pu s'y perdre et le cajoler encore un long moment, si seulement elle n'était pas là pour affaire. Ce détail sembla soudainement la réveiller, elle se redressa un peu soudainement, levant les yeux pour reprendre le contact visuel quelque peu évité jusqu'ici.

— Hm... pardon, j'ai tendance à me laisser emporter quand il s'agit des animaux. Je ne savais pas trop quoi prendre ou si je devais prendre quelque chose, du coup je me suis contentée d'un bloc-notes, sait-on jamais !

Ralliant gestes à la parole, sa main glissa à l'intérieur de son sac, sortant avec elle l'objet en question au bout de quelques secondes de recherche. C'était fou ce que son sac pouvait contenir comme objets inutiles mais qui le semblaient au premier coup d'œil. C'est encore un peu perplexe qu'elle vint loger l'objet contre sa poitrine, attrapant et remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.

— Bien, je compte sur toi pour le guider dans ce que je dois faire. Je suis un peu... perdue. Ça t'a fait le même effet la première fois que tu as tourné ta vidéo ?

Elle avait besoin de mettre des mots dans cet étrange stress qui la prenait et malgré toutes les difficultés qu'elle avait à définir ses émotions, c'était le premier qui était venu. Maintenant c'était à voir si elle n'allait pas tout mettre en l'air, bien que le stress était un bon moyen de gagner en force, tout cela la dépassait un peu. Et ce n'était pas plus mal.
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() message posté Mar 16 Jan - 13:45 par Benedict J. Hughes
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Je me sens terriblement anxieux à partir du moment où mon regard croise celui de Nevada sur le pallier de ma porte. Je ne peux cependant m'empêcher de ressentir également un certain sentiment d'excitation à l'idée de tourner une vidéo avec elle. En dehors de l'école où je travaille, de Shinya, et des quelques amis que je me suis fais au fil des années à Londres, je ne vois pas grand monde. On a souvent l'image des youtubeurs qui ont des amis à n'en plus en compter ; qu'ils sortent dans des endroits très huppés à peu près tous les soirs de la semaine ; et qu'ils sont invités à de divers événements le reste du temps. La vie d'un rêve moderne en somme. Mais la réalité est bien tout autre, du moins pour moi. Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis casanier. Non pas que dans l'absolu, j'aime rester cloîtrer chez moi le plus possible. Cela n'a jamais été un choix, mais plutôt une habitude que j'ai prise au fil des années. J'ai toujours été quelqu'un d'assez solitaire depuis ma tendre enfance ; mon père, par pur sadisme, m'a éloigné le plus possible de ceux qui m'entouraient en me discriminant par tous les moyens. Certains de mes frères et sœurs m'ont ainsi rejeté, confortés dans l'idée que c'était la meilleure des choses à faire, certains parfois même par simple envie de faire plaisir à mon père. D'un tempérament timide, mes amis se sont également toujours comptés sur les doigts d'une main à l'école. Et la situation ne s'est pas arrangée lorsqu'Ambre et moi nous nous sommes séparés bien des années plus tard. Au final, Youtube a été pour moi comme un chemin de sortie, une alternative à la difficile réalité. Je me sentais seul comme jamais je ne l'avais été auparavant. Pourtant, j'ai été mis à l'écart par ma famille, j'ai débarqué à Londres à l'aube de mes dix-huit ans, seul, sans connaître personne. Mais après que l'on m'ait diagnostiqué le VIH, après avoir quitté Ambre, ça a été encore différent. Je me suis senti incompris, atteint par quelque chose que personne ne pouvait voir à première vue. Je me suis renfermé sur moi-même, dans une coquille invisible. J'ai commencé à vivre à l'écart des autres ; reclus comme une ermite dans ma souffrance, dans ma solitude, dans mon malheur. Et Youtube est arrivé dans ma vie, avec sa communauté et son lot de bonne humeur. Et c'est devenue une des bouées à laquelle je me suis raccroché. Alors cette visite par cette abonnée, c'est peut-être angoissant pour moi. Mais au fond, c'est aussi l'occasion de faire quelque chose de nouveau, d'inédit. Ça me change du quotidien. Et oui, bien sûr que mon cœur s'emballe, évidemment que mes mains sont devenus moites et que je me bats contre moi-même pour ne pas rougir à la moindre occasion. J'ai envie de fuir à cet instant précis ; Mais il y a cette part de moi qui veut que tout cela arrive, qui tente de garder la tête hors de l'eau, de remonter la pente coûte que coûte. Dieu me montre la voie, le chemin à suivre pour atteindre ma destinée. J'imagine que c'est la raison pour laquelle je préfère l'accueillir plutôt que d'annuler notre entrevue à la devanture de ma porte.

Je suis d'autant plus rassuré lorsque je pense remarquer la gêne de Nevada face à la situation. En effet, en l'espace de quelques secondes, la jeune femme passe par l'excuse puis continue dans sa lancée en ayant l'impression de déranger. Je comprends bien assez rapidement que la jolie brune est d'une nature bavarde, n'hésitant pas à exposer son ressenti du moment, ce qui risque d'être plutôt pratique pour briser la glace. Les vidéos sont toujours plus animés avec des gens bavards devant la caméra après tout. Je ne prends cependant pas la peine d'essayer de la rassurer, ne trouvant pas les mots sur l'instant, n'osant pas ajouter quelque chose. Je me contente simplement de lui céder le passage dans un sourire gêné, afin de lui laisser tout le loisir de pénétrer dans l'appartement, quelques mots accompagnant finalement mon geste. Et j'ai tout le loisir d'observer Nevada qui regarde, scrute tout autour d'elle de longs instants cet environnement nouveau pour elle. Je me demande bien ce qu'elle pense à ce moment-là. Tout cela est-il à la hauteur de ses espérances, de ce qu'elle a imaginé ? Je me suis toujours demandé l'impression que cela ferait à un abonné de se retrouver dans le décor de mes vidéos. Probablement la même sensation que cela me ferait de me retrouver dans le décor d'un film que j'ai déjà eu l'occasion de voir plusieurs fois, en moins impressionnant j'imagine. Finalement, après lui avoir souhaité la bienvenue en ces lieux, la jeune femme se tourne, et sa voix semble raisonner dans le grand appartement jusqu'ici emprunt à un long silence. « C'est un peu... surréaliste. C'est fou on a l'impression de connaître un peu de décor en voyant tes vidéos, mais en vérité c'est très grand, ici. » Je souris timidement, une nouvelle fois, ne sachant pas vraiment quoi ajouter à ces franches paroles sur le coup. J'imagine qu'il est difficile de se faire une idée de l'agencement de mon appartement devant un écran d'ordinateur ou de portable. Je tourne la plupart de mes vidéos dans le coin salle à manger, ou vers le salon, là où la grande pièce principale est le plus baignée par la lumière du jour, car proche à ces endroits des grandes fenêtres qui ornent les murs. Aucun abonné ne sait à quoi ressemble les chambres ou la salle de bain de l'appartement cependant ; j'aime l'idée de pouvoir garder une sphère privée. Je ne suis pas de ces youtubeurs qui racontent l'intégralité de leur vie en vidéo, qui montre chaque moment, chaque détails parfois insignifiants de leur existence. Je n'ai également jamais énoncé à proprement parlé l'école où j'enseigne, et je ne sais pas trop par quel miracle il n'y a jamais eu de fuites jusqu'à présent à ce sujet. Beaucoup de mes élèves sont très jeunes il faut dire, et celles qui sont assez grandes pour me connaître en dehors du contexte de professeur savent qu'il est de leur devoir de garder ça secret pour mon bien-être et celui de l'école. Je finis par acquiescer, passant une main sur ma nuque en la frottant nerveusement. Je garde toujours ce même sourire qui ne quitte plus mes lèvres, tentant de paraître le plus courtois et agréable possible, mais mon regard est fuyant, mes yeux cherchant n'importe quel objet à proximité pour s'accrocher à lui telle une sangsue. «J'ai un peu mal à me rendre compte vu que j'habite ici depuis un moment déjà. Mais je te rassure, je ne vis pas dans ce grand appartement tout seul, j'ai aussi un colocataire. » Je ne sais pas si cela est vraiment nécessaire de me justifier là-dessus, ni même si la jeune femme en attend tout autant ; j'ai conscience que peu de gens peuvent se permettre de vivre dans la ville de Londres et qui plus est, dans un si grand appartement. Cela m’embarrasse parfois, je ne peux que le confesser. Je sais à quel point je suis chanceux. En vérité, Shinya, mon colocataire, a débarqué dans ma vie bien après que j'ai emménagé ici. Mais je garde ce détail pour moi, me contentant de proposer à Nevada de la débarrasser de son manteau à la place, tandis que celle-ci s'exclame d'un « Ah, merci beaucoup ! J'ai failli oublier. » tout en s'exécutant.

Le temps de revenir vers elle, c'est à dire quelques secondes, vingt tout au plus, Lupin refait son apparition et en profite pour saluer comme il se doit notre invité du jour. Lorsque je m'en aperçois, je me rabat subitement à côté de lui pour le tirer derrière moi. J'ai conscience que le dogue allemand peu en effrayer plus d'un, et à juste titre ; c'est un molosse sur quatre pattes, presque aussi grand qu'un poney. Lorsque je vais le promener la nuit, je sais que jamais personne ne viendra m'embêter, car aucune personne sur Terre ne prendrait le risque de créer une altercation avec un homme possédant un chien aussi impressionnant. En vérité, Lupin est loin d'être agressif, au contraire ; je n'ai jamais connu d'animal aussi sociable et affectueux. Il n'hésite jamais à aller à la rencontre d'autres humains ou d'autres animaux pour faire leur connaissance. On croirait qu'il s'agit d'un manque de rigueur de ma part. Mais en vérité, il est juste très avenant. J'avoue cependant avoir été un peu laxiste avec lui par moment. Je n'aime pas le réprimander, et il faut dire que sa bouille m'attendrit à chaque fois que mes yeux la croisent. Difficile de résister dans ce cas. Mais Lupin n'est pas mal élevé, il ne monte pas sur le canapé, ni déchire par les tapis ou les rideaux, ne grignote pas les meubles. Il obéit lorsqu'on le lui demande. C'est un bon chien fougueux par son jeune âge, qu'il faut savoir tenir en place, voilà tout. Je suis cependant agréablement surpris de constater que Nevada ne cherche pas à fuir la grande bête. Au contraire, lorsque je cherche à m'interposer entre Lupin et elle, lui offrant des plates excuses sur les manières peu recommandables de mon chien, celle-ci s'exclame d'un « Ne t'en fais pas, j'adore les animaux, surtout les chiens. Je pense qu'il a dû sentir l'odeur du mien, c'est... Lupin c'est bien ça ? Je peux ? », précédé par un rire léger qui a pour conséquence de détendre mon emprise sur le dogue allemand. Je lâche ainsi son collier, observant la jeune femme avec une certaine surprise. Il est rare de voir des gens réagir ausis positivement devant Lupin. La plupart, même s'ils apprécient les chiens, ont toujours un léger moment d'hésitation face à l'immense bête. Mais Nevada n'a pas tressaillit une seul seconde. Même Shinya avait eu peur lors de sa visite de l'appartement, et cela est amplement justifié. Aujourd'hui cependant, tous les deux s'entendent à merveille. Mais ce n'est pas tous les jours qu'un chien de cette taille vous accoste aussi soudainement.

Je réponds à la question de la jolie brune dans la seconde, ancrant mon regard clair dans ses yeux noisettes. « Je-Oui, évidemment, je t'en prie. » Lupin rejoint ainsi Nevada une seconde fois après que je l'ai lâché, fixant attentivement les gestes du chien comme ceux de la jeune femme. L'information qu'elle possède elle aussi un chien n'est cependant pas tomber dans l'oreille d'un sourd, mais je laisse en premier lieu l'occasion à Nevada de se confesser à propos du fait que le dogue allemand doit bien faire deux fois la taille du sien. Je la regarde ensuite offrir de longues caresses à l'animal qui se met à expirer joyeusement avant de s'écrouler par terre sur le dos, quémandant plus d'attention sur le ventre cette fois. Je ne peux m'empêcher de rire face à la scène. Ce chien me fait littéralement craquer, et je m'adonne vaincu à quelques grattouilles de plus à mon tour. La vie semble être si simple lorsque l'on est un chien ; J'aimerais avoir l'assurance de Lupin parfois, et son lâcher-prise. Nevada se relève finalement la première, ajoutant « Hm... pardon, j'ai tendance à me laisser emporter quand il s'agit des animaux. Je ne savais pas trop quoi prendre ou si je devais prendre quelque chose, du coup je me suis contentée d'un bloc-notes, sait-on jamais ! » plus solennellement. Je m'aligne à elle en me redressant, et lui offre un large sourire, osant poser mon regard de façon plus prononcé dans les yeux de mon interlocutrice. « Il n'y a pas de mal, c'est toujours agréable d'être en compagnie de personnes qui les apprécient. Je pourrais moi-même en parler toute une journée sans me lasser ! » La jeune femme pourrait sans difficulté remarquer que le sujet des animaux me libèrent presque automatiquement ; savoir que la jolie brune semble les aimer tout autant que moi semble briser la glace entre nus et ouvrir la coquille qui m'entoure, quelque peu hermétique jusqu'à présent due à ma timidité naturelle. « Et tu n'avais rien à apporter en particulier ne t'inquiète pas. Je n'aurais moi-même pas pensé à te demander de prendre un bloc-note. » Ai-je ajouté avec bienveillance un instant plus tard avant d'enjamber le molosse toujours allongé sur le parquet, et de passer à côté de la jeune femme. J'aurais bien pris le temps de présenter Salazar à Nevada, mon python vert vivant paisiblement dans le terrarium un peu plus loin dans le salon, mais malheureusement si nous voulons être efficace cette après-midi, ne nous pouvons pas nous permettre de trop traîner. Le tournage d'une vidéo est souvent long et hasardeux, certaine d'entre elles demandent beaucoup de prises différentes. Et nous devons nous dépêcher avant que la lumière du jour ne montre ses premières faiblesses et que la luminosité n'en pâtisse.

J'invite d'un geste bienveillant Nevada à me suivre vers la salle à manger où sont entreposés tous le matériel que j'ai installé peu de temps avant son arrivée, tandis que la jeune femme s'exprime une nouvelle fois, la tonalité dans sa voix trahissant son inquiétude, voir même son angoisse. « Bien, je compte sur toi pour le guider dans ce que je dois faire. Je suis un peu... perdue. Ça t'a fait le même effet la première fois que tu as tourné ta vidéo ? » Une fois devant la grande table en bois massif, je tourne la tête vers elle et lui offrir un sourire bien que mes yeux fixent d'avantage la fenêtre derrière elle. Je cherche mes mots, une phrase rassurante qui pourrait la détendre. Mais je ne veux pas non plus mentir. Sa question me gêne quelque peu, car elle me ramène indéniablement à il y a de cela trois ans. Là où tout a basculé pour moi. Alors après quelques instants, un main attablée sur le plan de travail, je finis par baisser les yeux vers les ustensiles de chimie présents, fuyant l'altercation avec le regard insistant de la jolie brune. « Je-je t'avoue que je ne me rappelle plus vraiment mon état d'esprit à ce moment-là. Je crois que je ne savais pas trop ce que je faisais. Mais je ne m'imaginais pas que ça prendrait une telle ampleur, ça c'est certain. Au début, si je faisais des vidéos, c'était surtout dans le but d'aider les adolescents à voir la chimie autrement, à l'apprécier. » Je finis par poser mes prunelles dans les siennes, sentant le rouge me monter aux joues alors que je m'aventurer à soutenir son regard franc. « Mais tu n'as pas à t'en faire, tout va bien se passer. Je ne t'ai pas invité pour que tu passes un mauvais moment, je veux que ce soit agréable pour toi de tourner cette vidéo, pas le contraire. » Je me concentrer ensuite ensuite sur ce que j'ai pu disposer sur la table avant l'arrivée de la jeune femme, approchant notamment de petits bidons semi-opaque blanc avec des étiquettes vers nous, dans un élan gêne où je souhaite occuper mes mains. Tentant finalement de convaincre définitivement la jeune femme de prendre part à cette expérience, j'ajoute d'un ton plus léger et d'une voix calme « Et petit bonus à la clé, il n'y aura pas d'interrogation surprise à la fin, c'est promis. Tu peux donc te détendre. » J'offre un sourire réconfortant à la jolie brune avant de me diriger vers la chaise de mon bureau à quelques pas de là où nous nous trouvions. Je ramasse deux blouses blanches fraîchement lavées de chimistes et en offre une à Nevada en la lui tendant doucement. « Je te conseille de mettre ça par contre, tu risquerais de tâcher tes vêtements sinon. » J'enfile moi-même la mienne en un tour de main, le tissu brassant l'air libérant une odeur de linge propre au passage, et me racle la gorge, sachant que nous approchons du moment fatidique où il faudra enclencher le mode « ON » de la caméra. Je donne cependant à la jeune femme l'occasion de s'accoutrer correctement avant de lui offrir d'avantage d'indications sur comment tout allait se dérouler, ne souhaitant pas non plus aller trop vite de peur de la brusquer et de paraître inconvenant.


@NEVADA F. ARTEMIEVA
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» Schizophrénie : la craintive aéris et son monde imaginaire.
() message posté Sam 10 Fév - 16:04 par Nevada F. Artemieva
Science is the poetry of reality, and i'll show you how it's possible. Créer et reconstruire. Transformer et recréer, éblouir ceux qui ne comprennent les choses, surprendre ceux qui avaient jadis tenté mais n'avaient pas réussi. ↠ La science ne consiste pas en ce qui est conservé dans les livres, mais bien en ce qui se grave dans les coeurs.
inspiration.
☆ Benedict & Nevada ☆

Les pages vierges glissaient entre ces doigts avec la légèreté des feuilles encore sèches des arbres. Elles se pavanaient devant ces prunelles, rapides comme des flèches, parfois recouvertes de quelques notes qu'elle s'empresserait de relire plus tard. Ce joyau, c'était son outil de travail, avant même que l'électronique ne vienne remplacer la caresse du stylo et l'odeur des feuilles neuves. Et Nevada ne pouvait s'empêcher de finalement plaquer le bloc contre elle, le garder entre ses mains, comme une valeur sentimentale. Cette même qui n'existait qu'envers son métier et qui disparaissait avec l'objet, elle ne tenait pas au matériel. Un geste, grand et audacieux, celui de poser ces mains contre les doux poils de la bête, de glisser ses phalanges contre ses babines et de gratouiller près de ses oreilles et elle ne retint pas son rire. Il était grand Lupin, cette pensée ne cessait de tourner dans sa tête, comme une farandole de mots, suivie par d'autres points qui ponctuèrent le sourire sur ces lèvres. Pour elle, c'était tellement habituel et normal de ne pas craindre la bête, les animaux la fascinaient par cette manière honnête de réagir et par le pardon qu'ils pouvaient accorder malgré tous les reproches qu'ils pouvaient recevoir. Ils avaient cette parcelle innocente comprenant l'humanité, ils pressentaient plus encore qu'ils ne sentaient, ils la faisaient craquer, fondre comme neige au soleil. Pourtant, elle n'avait pas été en énorme contact avec eux plus jeune, elle n'avait pas eu la chance de grandir dans une ferme et de les garder pour sois, égoïstement. Jadis, le seul animal qu'elle avait pu avoir était un chien, un immense Saint-Bernard qui la suivait partout et qui aisément parvenait à différencier sa sœur d'elle. Elle se souvenait avoir pleuré lorsqu'ils avaient dû le piquer, cinq années après qu'elle ne l'ait eu, à cause d'un cancer des os. C'était invraisemblablement le seul souvenir qui entachait ses mémoires animaliers.

Toutefois, elle s'était découverte un amour tendre pour eux au fur et à mesure qu'elle grandissait, optant pour une carrière dont ils en seraient le centre malgré ses pauvres rencontres avec les différents genres. Tout cela lors de ses plus jeunes années, périodes où elle changea sans cesse d'avis pour finalement faire autre chose. Elle préférait encore être peu en contact avec eux mais pouvoir bien s'en occuper, c'était le plus important. Le perfectionnisme et la fierté ruisselaient dans ses veines et elle ne savait s'en débarrasser. En quelques gratouilles, l'immense créature se coucha sur le dos, lui proposant de prolonger la caresse sur son ventre, extirpant un rire clair qu'elle sembla ne serait-ce que remarquer sur l'instant. Malgré tout le molosse avait le cœur tendre, elle imaginait que cela était de même pour son maitre, son observation lui permettait de se dire que l'un ne créait pas son caractère sans l'autre. Et quelque part, cela l'amusa de l'imaginer promener Lupin le long des avenues et des parcs, Benedict paraissait avoir une part de sincérité qui lui brillait dans les yeux, cette même qu'elle semblait aimer observer en silence, sans jamais émettre le moindre jugement ou commentaire pouvant froisser ou au contraire, gêner la personne en question.

Et Nevada les enviait, les personnes qui parvenaient à se faire comprendre rien qu'avec leur gestes et mimiques.
Ils étaient chanceux. Ils débordaient d'une chaleur qui lui brûlait presque les ailes.

La tête soulevée en sa direction tandis qu'il lui répondit de sa voix aux tonalités plus proches des sons suaves que des électrons libres graves. Nevada fini par finalement croiser son regard, s'y tenant finalement quelques instants sans ne rien prononcer. Elle avait cette sainte habitude de toujours fixer profondément les gens, comme cherchant la petite bête, comme tentant de lire en eux et d'y découvrir leurs secrets. Certains pensaient ainsi qu'elle était un peu étrange, la vérité étant plus proche de la déformation professionnelle que de l'envie de mettre un quelconque être mal à l'aise. Et puis dans le fond, les gestes en disaient plus que les mots. Dans son propre cas. Certainement. « Il n'y a pas de mal, c'est toujours agréable d'être en compagnie de personnes qui les apprécient. Je pourrais moi-même en parler toute une journée sans me lasser ! » En un instant, il semblait s'ouvrir un peu plus à elle que précédemment, les yeux pétillant de cette passion habitant dans les prunelles de ceux qui se plaisaient à parler de leurs sujets favoris. Elle ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire, le coin de ses yeux se plissant légèrement, sans doute serait-il plus facile de capter son regard désormais. De la pulpe de ces doigts, elle offrit une dernière caresse à l'animal, s'amusant de voir qu'elle avait beaucoup moins le besoin de se pencher pour le faire devant lui que devant ces autres animaux. Il était immense, certainement, mais néanmoins affectueux.

— Je dois t'avouer que j'ai toujours tendance à me demander ce qui fait que certaines personnes ne les aiment pas, ça restera un mystère, sans doute...

Tout en parlant, sa tête se pencha légèrement sur le côté, ponctuant sa phrase de ce qui paraissait être une mimique pensive. Et effectivement elle s'était déjà posée la question, mais celle-ci n'avait pas duré plus de quelques minutes dans son esprit avant d'être dégagée par un autre souci quotidien. « Et tu n'avais rien à apporter en particulier ne t'inquiète pas. Je n'aurais moi-même pas pensé à te demander de prendre un bloc-note. » Sur le moment, elle réalisa que l'objet n'était certainement pas nécessaire à leur activité et que sa tendance à l'organisation débordait parfois un peu trop. Toutefois, elle tenait toujours à ses petits habitudes, se raccrochant autant au bloc-notes qu'à l'écriture au crayon à papier plutôt qu'au clavier électronique. Et puis, elle aimait également encore les anciennes lettres que plus personne - ou très peu - n'envoyait, ça lui ramenait à son petit confort personnel bien que le tout soit obsolète. Finalement, hormis avec ses clients et avec Daley, elle n'aurait eu sans doute aucun problème à se passer des messages écrits par téléphone, malgré leurs quelques petits avantages. Le temps avait passé et elle n'avait pas vraiment évolué de ce côté. Nevada retint un soupir entre la résignation et la satisfaction, rageant le cahier dans son sac, ce serait le genre de détail qui ne changerait jamais chez elle.

— Je crois que c'est un peu surfait le bloc-notes, c'est une sainte habitude que je devrais tenter de perdre.

Quelques mots et elle le suivit le long des couloirs de son appartement, contournant Lupin qui sembla accepter que les caresses cesseraient pour le moment. À chaque pas, une petite observation, elle se plaisait à tout découvrir et à tout retenir, sans rien toucher, elle n'oserait jamais. « Je-je t'avoue que je ne me rappelle plus vraiment mon état d'esprit à ce moment-là. Je crois que je ne savais pas trop ce que je faisais. Mais je ne m'imaginais pas que ça prendrait une telle ampleur, ça c'est certain. Au début, si je faisais des vidéos, c'était surtout dans le but d'aider les adolescents à voir la chimie autrement, à l'apprécier. » Sa question sembla le déstabiliser sans qu'elle ne le veuille, ramenant cette gêne qu'il devait éprouver et la rougeur sur ses joues, c'était bien une des premières fois qu'elle remarquait son absence de tact en la présence du brun. Cependant, il tentait tout de même de la rassurer malgré tout, elle s'en rendit compte, par sa réponse, par la manière qu'il avait eu de prendre la parole malgré tout alors qu'il aurait pu tout simplement garder le silence. « Mais tu n'as pas à t'en faire, tout va bien se passer. Je ne t'ai pas invité pour que tu passes un mauvais moment, je veux que ce soit agréable pour toi de tourner cette vidéo, pas le contraire. » Nevada s'avança légèrement, le regard se baissant en direction des objets posés sur la table. Tout ça avait un arrière goût de nouveauté qui lui plaisait énormément.

— Ça va bien se passer, en tout cas mieux que lorsque j'ai tenté de reproduire l'expérience chez moi.

Elle retint une moue à mi chemin entre la gêne et une quelconque envie de ne pas assumer cette partie là de l'expérience. Le bordel qu'elle avait pu mettre chez elle avait été plus que conséquent, elle se souvenait encore du fait d'avoir réussi à tout renverser et d'avoir tout nettoyé ensuite. Sur le moment, il lui avait même semblé voir un élan d'amusement venant de la part des yeux de son chat. Sûrement juste une impression, n'était-il pas ?

Le bout de son index se posa sur la surface encore semi opaque d'un des nombreux instruments installés sur le lieu de travail, elle s'amusa à y tapoter légèrement contre, retrouvant les sensations qu'elle avait vécu bien plus jeune lors de ces quelques cours de chimie. Ils avaient été bien moins amusants et constructifs que ceux que Benedict donnait sur le net, c'était sans doute ça qui lui avait tant plu dans ses vidéos. Nevada ramena délicatement son sac contre elle, finissant par tourner la tête et par fouiller l'endroit des yeux, cherchant un endroit où elle pourrait le poser sans pour autant qu'il ne soit visible à la caméra. Ah. La caméra, une toute autre histoire à laquelle elle devrait s'habituer.

— Je peux le poser là ? Ça ne va pas trop te gêner j'espère.

Cette fois-ci ces yeux ne vinrent pas se poser longuement sur le faciès de son hôte, bien trop occupés à parcourir les différents bidons et autres accessoires devant elle. Elle en prit d'ailleurs un entre les mains, caressant l'étiquette collée du bout du pouce, lisant rapidement ce qui y était marqué avec une attention sélective. « Et petit bonus à la clé, il n'y aura pas d'interrogation surprise à la fin, c'est promis. Tu peux donc te détendre. » Sa voix sonna plus tendre et moins embarassée, elle s'empressa d'y répondre en se tournant vers lui, maintenant un bidon dans la main.

— Ah tu me rassures ! Surtout que je n'ai pas de quoi écrire, je n'aurais même pas pu espérer tricher en notant.

Bien qu'elle n'aurait pas tenté de le faire, son rire se répercuta quelques instants entre eux avant qu'elle ne repose l'objet à sa place, se rapprochant juste un peu des autres verres sans pour autant ne poser sa main dessus. Tout cela la rendait curieuse, mais la bonne curiosité, celle qui forçait l'admiration. Avant même qu'elle ne le réalise, Benedict eu le temps d'aller leur chercher deux blouses blanches, lui en tendant une qu'elle attrapa doucement, histoire de ne pas plier les tissus. Les blouses de ce genre lui rappelaient les hôpitaux, les dizaines de médecins qui courraient le long des couloirs et l'agitation. Également Daley, elle se demandait d'ailleurs comment il allait, en espérant que tout se passait bien pour lui, elle n'avait pas eu énormément de temps pour lui parler dans la journée.

— Merci c'est gentil, on a l'impression de devenir un chimiste laborantin rien qu'en enfilant les blouses.

Sa voix se fit moins audible tandis qu'elle enfila la blouse qu'il lui tendit, caressant les tissus pour éviter les moindres plis, soigneuse comme en temps normal. Finalement, quelques dizaines de secondes plus tard elle se redressa, glissant une mèche sur l'arrière de son oreille et deposant ses mains dans les immenses poches de la tenue blanche. Nevada se pencha davantage sur la table où tout était déjà arrangé pour leur expérience, l'habitude de jongler avec tous ces récipients lui manquait, alors elle préféra juste imaginer à quoi ils pouvaient servir, tester sa mémoire et les anciens souvenirs de ces cours. C'était bien mieux que de sentir le stress l'envahir à l'idée que bientôt ils commenceraient à tourner leur vidéo.

— Dis-moi... est-ce que je pourrai regarder un peu comment tu montes le tout après ? J'avoue que je trouve ça intéressant, c'est un peu comme une nouvelle forme d'art.

Elle avait conscience que sa demande pouvait paraître étrange et fortuite sur l'instant, toutefois elle ressentait l'envie de regarder comment il s'organisait ensuite, comment il faisait pour rassembler le tout si jamais il y avait une coupure. Ce genre de choses, jamais de sa vie elle n'avait pu le faire, elle était celle qui trouvait des monteurs et des photographes pour les événements, pas celle qui avait le plaisir d'exécuter ce genre de tâches. Nevada fronça légèrement les sourcils, compatissant par avance à la surprise que sa question pouvait causer au youtubeur, elle ramena sa main devant ses lèvres, pensive.

— A moins que ça ne te dérange bien sûr, dans ce cas je n'insisterai pas.

Son but n'étant pas de le déranger dans ses démarches ni de piétiner sa concentration, elle préférait encore que sa demande en reste une ouverte, qu'il puisse se sentir libre de la refuser si celle-ci lui apportait trop d'ennuis. Peut-être bien qu'en restant pour observer le début du montage elle marcherait dans son espace privé, c'était quelque chose qu'elle pourrait aisément comprendre et qu'elle voudrait à tout prix éviter. Sa respiration fût contenue dans sa poitrine, le temps d'une seconde, deux, cinq, elle expira tout en sentant ses battements de cœurs s'accélérer. Ça, s'était les émotions cachées qui parlaient, l'insécurité qui parfois donnait le vertige mais qu'elle aimait tenter de combattre à chaque fois. Mais alors, que se passerait si le public du jeune brun ne l'aimait pas ? Sa fierté l'empêcherait de se dire que tout pouvait être sa faute, ces viewers avaient l'habitude de le voir seul lors de ses explications. Tout cela n'était pas un domaine trop éloigné du sien ? Trop tard pour réfléchir.

— Bien... Par quoi on commence ?

Elle avait hâte de commencer et c'était sans doute le meilleur moyen de réaliser que ces raisons de s'inquiéter étaient vaines. Elle était venue de son plein gré, pour s'amuser et découvrir un peu son univers. C'était ce qu'elle comptait faire, une fois que ces émotions seraient domptées.
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